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 La Bastille [PV : Engar]

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MessageSujet: La Bastille [PV : Engar]   Ven 9 Fév - 11:20



Que se passe-t-il quand on met en cage un homme qui a toujours vécu à ciel ouvert. Dont les grandes lignes de sa vie pouvaient se résumer à simplement marcher dans les dunes sous le Soleil de plomb. Un homme qui n’a que pour possession son nom, ses épées et sa liberté. Prêt à défendre cette dernière comme si sa vie en dépendant… Eh bien.  Nous le saurons peut-être un peu plus tard. Fraichement mis en cellule de garde à vue avec une paire de menotte aux mains, Blaze n’avait pour compagnon qu’Engar, les murs, l’odeur nauséabonde et la douleur accompagnant le coup du sang de la dernière baffe subit. Il y avait plusieurs cellules, certaines vides, d’autres avec des gens dedans, attendant aussi. Bien que le silence qui régnait était relatif, c’était la combinaison des différents bruits qui donnait cette ambiance angoissante et désagréable.

Soupirant, le bretteur était contre un mur, assis et les jambes en tailleur. Vraiment, c’était d’un ennui… Il n’y avait rien à faire et cette inactivité grignotait sa confiance. Mais au moins, il n’était pas seul, bien qu’il y avait peu de réconfort à partager ce genre de moment. Un bruit de pas retentit l’obligeant à se lever pour se mettre à la porte. Un garde arrivait, silencieux comme pour essayer de se montrer intimidant pour apporter de quoi manger.


« Tu sais que manger avec des menottes n’est le plus pratique ? »

« Pas mon problème. » lança-t-il en posant le plateau au sol pour Engar et Blaze. Il fit demi-tour immédiatement et referma la porte.

« … Pas commode. »

Le bretteur se rapprocha d’Engar et mit le plateau au milieu.

« Bien, on risque d’être là pour un bout de temps… Je suppose qu’on peut un peu discuter. Ce n’est pas commun d’avoir deux Marqués dans une même cage. » Un rire léger accentua l’aspect comique. « En tout cas, j’étais mieux à Daein moi. »


Bien que l’envie de communiquer et échanger avec Engar le démangeait, il préférait rester relativement calme et de ne pas se lancer dans un monologue, chacun avait certainement beaucoup de questions pour l’autre. Blaze réfrénait sa curiosité pour ne pas embarrasser son compagnon de cellule.
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Engar
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MessageSujet: Re: La Bastille [PV : Engar]   Lun 12 Fév - 22:10

Et bien sûr, avec sa grande gueule, Blaze n'a pas pu s'empêcher de se montrer insolent, aggravant encore notre cas... Mais dans le fond je suis plutôt d'accord avec lui et je crois bien que si je n'étais pas aussi las j'aurai eu des propos à peu près similaire... Enfin bref, dans le fond, hormis un coups pour lui ça n'a sans doute pas changé grand chose à notre situation, jeté en prison en attendant que le général se réveille, s'il se réveille, pour témoigner de l'agression dont il avait été victime... Maintenant que j'y pense, j'ai beau avoir déjà été emprisonné c'est la première fois que je suis dans une véritable prison, et c'est à peu près comme je l'imaginais. Puant, Bruyant et ennuyant... Une atmosphère bien malsaine et oppressante en somme, surtout avec ces menottes qui entravent mes gestes... Une sensation que je n'aime vraiment pas, j'ai l'impression d'être vulnérable, de ne pas être capable de me défendre si quelque doit arriver, quelque chose comme cet assaut de mort vivant je serai impuissant, encore.. NON, je ne dois pas y penser, je ne dois pas m'attarder, ça ne va pas se répéter, je serai sorti avant, Mysti va nous faire sortir de là et avec un peu de chance j'aurai même le droit de taper un ou deux ingrats ! Vraiment, même si Blaze a été un peu sanglant, il suffisait d'un coups d'oeil pour comprendre ce qui s'était passé !

J'ai beau savoir qu'il n'y a rien à faire, je sens ma colère qui enfle en moi, petit à petit et la venue du garde et de la nourriture n'est pas faite pour me calmer. Oh bien sûr pour la qualité même de la nourriture je ne me suis pas fait d'illusion au vu de l'endroit où je me trouve. Dans le fond, j'ai déjà connu des jours durs où je n'avais rien à manger, donc je ne vais pas me plaindre de cela, par contre le fait de devoir le faire, ainsi entraver c'est... Tout bonnement dégradant, sans même parler du manque de praticité de la chose ! D'ailleurs peu m'importe Blaze et sa désinvolture.

"Ça le sera quand vous recevrez ces menottes dans votre gueule !"

Mais je n'ai pas le temps de finir ma saillie que la porte s'est déjà refermée, me laissant seul avec Blaze et ma colère... Je n'ai même pas faim, et ignorant le plateau je me contente d'aller m'adosser à un mur, ne me tournant vers l'épéiste que quand il m'adresse la parole. Je ne le comprends pas à vrai dire. Comment peut il prendre la chose avec autant de calme ?! Pourtant il s'était encore plus emporté que moi à l'origine ! Enfin, malgré ça, faute de mieux pour tuer le temps je lui réponds tout de même, en un grommellement.

"Peut être bien.. .Quand j'y pense j'y suis pas resté longtemps à Daein, mais à peine y ai je mis le pieds que j'ai entendu parler de l'assassin d'un type bien important, et vu mes tendances à m'attirer les ennuis, je me suis dit qu'il valait mieux que j'évite de traîner dans un coin où les gens allaient être parano... Mais faut croire que c'est partout pareil !"

Mon poing frappe violemment le mur. Bien sûr, ça me fait plus mal qu'autre chose, et vu la chaleur liquide que je sens entre mes doigts, je me suis juste blessé... Mais ça a le mérite de me calmer un peu, me permettant de poursuivre d'une voix toujours agacée mais moins agressive.

"Et ouais... C'est que la deuxième fois que je croise un marqué et l'autre était sacrément vieux ! Cela dit... Je sais pas trop ce que ça signifie. Dans mon village j'étais un fichu mouton noir, mais visiblement en fait la plupart des gens n'en ont rien à faire ou ignorent tout bonnement ce qu'on est... Enfin dans le fond, humain, laguz ou marqué, on devrait s'en foutre après ce qui s'est passé à Sie..."


Mais alors que j'évoque de nouveau ces événements je blêmis, et ma main plonge dans ma poche, n'en ressortant qu'une poignée de feuille. Il.... Il n'y en avait que pour 3 jours au mieux !

"Non... Non, non, non..."


J'en avais plus au baraquement, et j'aurai bien fini par trouve un substitut, mais là ça ne sera jamais assez le temps que Mysti se réveille... Mes nuits sont déjà assez peu reposantes comme cela, je n'ai pas besoin d'être nouveau tourmenté ! Un tourment que seuls ces herbes me permettent de chasser...

Ahaha... Mon inquiétude doit paraître tellement ridicule pour Blaze mais qu'est ce que j'en ai à foutre de lui ? Vu sa nonchalance coutumière il ne peut pas comprendre, non... Il ne peut pas...

"Aha... Je crois qu'on va tout les deux passer des nuits dérangeantes..."


J'essaye de plaisanter, mais... Ca se voit que je ne suis pas d'humeur je crois.
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MessageSujet: Re: La Bastille [PV : Engar]   Mar 13 Fév - 15:49



Ne souhaitant point rendre la situation plus désagréable qu’elle ne l’était déjà, le bretteur prit un peu d’eau et un morceau de pain, rassis certes mais c’est mieux que rien. Engar semblait plus troublé, beaucoup plus même. La colère est naturelle dans ce genre de situation mais il n’y pouvant rien, cela ne sert pas à grand-chose. Le Marqué eut une réponse dans un marmonnement, visiblement la discussion serait courte et un peu forcée.

Blaze hocha le sourcil à la mention de Death. Cela remontait un peu, lui arrachant une expression mélancolique et empli de déception. Il y avait une certaine vérité dans ces paroles, en ce moment, bien peu d’endroit était sûr. Ce n’était pas sa faute dans tous les cas. Toutefois, sa haine le dépassa un instant et Blaze sursauta quand il frappa le mur. La suite de l’histoire mentionnait un autre très vieux Marqué. Avec leur vieillissement ralenti, il devait avoir plusieurs siècles dans les bras ! Son discours coupa court à Sienne, une panique le prit alors qu’il tenait une poignée de feuille et ce n’était définitivement pas du thé. Ne connaissant pas ce genre de plante et à la réaction, le bretteur identifia les herbes comme une drogue, quelques choses du genre du moins. Engar y semblait très attaché, dépendant presque. Après, quelle était l’effet de ces feuilles ? … Cela était son défi, possédant le tact d’un Loup Laguz, c’est-à-dire quasi nul, ça s’annonçait particulièrement difficile.


« Espérons qu’on n’en passera pas beaucoup… Tu sais que j’étais à la fête où l’assassinat du roi de Daein est arrivé ? Je bossais pour Nailah à l’époque, tu y crois ? Héh, même moi j’y croirais pas. » Blaze s’écroula sur le dos, les mains reposant sur sa nuque malgré les menottes. « Malgré une tentative, un général Daeinien nous a pris moi et Mysti, pour des ennemis. Et au lieu de forcer le passage, notre général préféré s’est contenté de menace. Tu imagines que cela n’a pas mordu malgré le fait que ce général de Daein ait exécuté un de ses soldats devant tous. »

Un long soupir finit sa phrase avant de laisser un silence s’installer. Le bruit de goutte tombant et s’écrasant au sol dans un *ploc* régulier et frustrant. Le bretteur se rassit droit pour observer ses chaines en continuant son propre récit.


« Après, j’ai coupé les ponts avec Nailah pour faire ma route. Jusqu’à entendre l’armée des morts. Peut-être que j’aurais dû y aller mais, j’avais d’autres idées en tête pendant ce moment. » Un doux sourire d’homme amoureux se dessina sur son visage pour s’évaporer aussi rapidement. « Enfin bref. Jsuis pas expert mais c’est pas des feuilles de thé ça hein ? » Il lança un petit rire « Ne t’en fais pas, je suis personne pour juger. Mais tu devrais essayer de manger quand même, on ne récupère sur un estomac vide. »
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Engar
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MessageSujet: Re: La Bastille [PV : Engar]   Lun 19 Fév - 22:57

Je suis... Surpris, c'est bien ma première réaction, si intense qu'elle me permet d'oublier un instant la situation dramatique de mon somnifère botanique, rangeant d'ailleurs les feuilles dans ma poche, les garder en main ne servant en rien. Je suis proprement suspendu aux lèvres de mon interlocuteur. Ainsi il avait été présent lors de l'assassinat du roi ? Décidément... Ce vagabond est vraiment quelqu'un de plus important que je ne le pensais, ou en tout cas avec les bonnes relations, ce qui semble être le cas s'il était au service d'une des dirigeantes de ce monde... Mais ce n'est pas ce qui me choque le plus, pas plus que la stupidité manifeste du général de Daein, non ce qui me choque c'est bien ce qu'il me dit sur Mysti...

"On a tué un de ses hommes devant lui ? Et... Il... Il n'a rien fait ?!"

Un bref instant j'essaye de me dire qu'il devait avoir des raisons, notamment diplomatique, mais au vu de la situation et du résultat final... Non même sans cela c'était scandaleux ! Un de ses soldats était exécuté par un officier étranger et il n'avait pas levé le petit doigt pour le venger ou au moins forcer le passage ?! Je ... Je suis déçu sur le coups, je ne pensais pas un instant que Mysti pourrait être comme cela... Mais justement ça ne lui ressemble vraiment pas et c'est avec un certain scepticisme que je détaille le bretteur.

"Sincèrement, j'ai du mal à te croire... Mysti a été sur le point de se sacrifier si cela pouvait sauver la vie de ne serait ce qu'un seul homme, alors imaginer qu'il soit aussi inactif alors même qu'on a exécuté un des soldats placer sous son autorité, ça me paraît difficile à avaler."

En même temps... Je ne vois pas quel est son intérêt à mentir, surtout au vu du fait qu'il a l'air de bien s'entendre avec le général. Cela dit, c'est vrai que de ce que j'ai pu voir il est homme à ne pas hésiter à broder une histoire pour des raisons futiles, bien qu'en l'espèce ça serait vraiment de mauvais goût. De fait, un bref instant, j'oublie la cellule, les murs humides, la nourriture misérable qui nous est laissé, et mon regard n'est tourné que vers lui... Mais non rien, pas le moindre amusement, pas le moindre sourcillement, à le voir il pourrait aussi bien mentir froidement que dire la vérité... Et les deux possibilités sont aussi préoccupantes l'une que l'autre...

Mais mon esprit est rapidement occupé par autre chose, à la mention de l'armée des morts, au fait qu'il était informé et aurait pu venir... Un bref frisson de colère me parcourt. Combien de personnes comme lui ont été informé et ont choisi de ne rien faire. J'essaye de me calmer en me disant qu'il n'aurait rien pu changer;.. Mais si c'est vrai individuellement, peut être que tout ces individus qui ont sciemment choisi de ne pas venir auraient pu ensemble changer quelque chose et, d'une certaine façon ils sont responsable de ce qui est arrivé, ne cédant en terme de responsabilité qu'à Death et aux souverains des autres nations ! C'est à peine si je remarque son sourire avec cette pensée et je préfère ne pas m'attarder sur ce qui a pu causer ce semblant de joie au vu du sujet ! Enfin... Je blâme, je blâme, mais en même temps... Qu'est ce que j'ai fais moi? Rien... Rien malgré tout mes efforts et c'est bien cela la source de la réponse à la question que m'adresse Blaze... Bien sûr, n'ayant pas été vraiment discret il a remarque les feuilles que j'avais en main, mais ai je vraiment intérêt à lui en parler ? Après tout je ne le connais pas ou si peu, et personne d'autre au courant !

Mais c'est peut être bien cela mon problème... Et puis quel mal peut il y avoir à lui dire ? Ce n'est pas comme s'il pouvait faire grand chose de pire, hein ? Cela dit je ne lui réponds pas sur le champs, me dirigeant plutôt vers ce qui reste de la nourriture pour la manger. Ce n'était pas pas appétissant, mais je ne peux en effet pas me laisser mourir de faim et ça m'aide à faire passer ma colère... Ce n'est finalement qu'entre deux bouchées que je réponds à sa question.

"L'armée des morts je... Je... Je ne suis pas un lâche ou traumatisé par les morts eux mêmes. Bien sûr je... j'y pense parfois et la peur m'a saisi plus d'une fois ce jour là, mais si je dois les affronter je sais que je teindrai bon et ce n'est pas la terreur qui me rend dépendant de ces herbes. Non, c'est... La culpabilité... J'étais là bas contre mon gré à la base, je purgeais déjà une peine tu vois, et je me suis retrouvé enrôlé de force, mais... Malgré mes défauts je me serai de toute façon battu pour ces gens et... Et c'est ce que j'ai fais bon sang! J'ai décoché jusqu'à ma dernière flèche, mais elles n'ont fait que se planter dans la chair morte et ricocher contre l'armure de leur chef ! Je ne crois même pas en avoir abattu un seul ton mon arme était inutile face à eux ! Et... Et c'est ça qui me hante ! Le fait de n'avoir rien pu faire malgré mes efforts pour contribuer à les repousser, pour sauver ne serait ce qu'une personne de plus ! J'entends encore parfois les cris, je revois les corps et... Sans ces herbes ils me rappellent jour et nuit à quel point ce que j'ai fais est vain et inutile, et que ça sera toujours ainsi ! Mais... Mais j'ai malgré tout envie d'essayer ! Et sans eux... sans ces voix... C'est bien plus facile... Surtout quand je peux dormir..."

Moi qui comptait être bref c'est raté... A peine ai je commencé que les mots m'échappent, empreints d'une pointe de désespoir, de plus en plus rapidement, l'un après l'autre, et, d'une certaine façon ça me soulage, quand bien même c'est une faiblesse et une honte, ça me fait du bien de mettre des mots dessus et... Même tout simplement de m'en justifier. J'ai des raisons pour cela et elles sont valables ! Et il suffit juste de ces plantes et tout... Tout va comment avant. Il n'y a vraiment pas de quoi trop m'en faire, hein ?
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MessageSujet: Re: La Bastille [PV : Engar]   Mar 20 Fév - 11:46



Au moins, converser permet d’oublier un instant le mauvais prédicament de cette situation dans laquelle ils se trouvaient. Blaze n’avait pas vraiment parlé de cela à qui que ce soit, pas que l’envie manquait, mais simplement parce qu’il ne trouvait pas le moment adapté. Engar semblait suivre le même chemin que lui, assez pour l’inquiéter et lui raconter sa propre histoire. Une tasse de thé et des conditions plus confortable seraient définitivement un plus en revanche… Bah, un vagabond sait se contenter de peu après tout.

La surprise d’Engar envers ces propos lui mit le sourire aux lèvres. Il préférait remettre en cause ses paroles sur Mysti plutôt que son rôle à Hatary ? Cela était amplement suffisant pour juger le respect qu’il tenait envers le général. Respect qu’ils auraient partagé il y a quelques années, plus maintenant…

« Et pourtant… Il n’a pas forcé le passage. J’ai beau essayé de ne pas juger, je ne lui ai pas pardonné… Peut-être qu’il avait peur des répercutions politiques ? Peut-être voulait-il passer en paix alors que le chaos ambiant rendait cela naïf ? Je ne sais pas. » Pourtant, il affichait un petit sourire. « C’est une réponse que seul lui possède. »



Toutefois, il suffit de mentionner une seule fois l’armée des morts pour faire trembler Engar. Pas physiquement, dans son regard, on pouvait y lire une histoire et une épreuve terrible. Il hésitait à parler et le bretteur comprenait totalement s’il refusait. Tout le monde n’avait pas la volonté d’être franc, ouvert et brutalement honnête. Seul un idiot le serait et Blaze l’assume totalement. Son comportement peut paraître stupide, mais il se sentait vivant à être ouvert aux autres. Son silence et son attention furent totales lorsqu’Engar lui conta son histoire.

Un complexe d’infériorité, l’impression d’impuissance. Des émotions qui peuvent véritablement détruire un guerrier. Chose qui lui est arrivé. Peut-être était-il plus proche qu’il ne le pensait ? Blaze était au-dessus de cela, heureusement pour lui. Tout le monde n’avait pas la chance d’avoir retrouvé ses esprits aux portes de la folie.

« Je vois. Insomnie... Qui t’en voudrais, tu as fait de ton mieux, c’est déjà un acte qui parle plus fort que tout. Et puis… Ca ne t’a pas brisé non plus après tout. » Blaze tenta de lui mettre une petite tape amicale sur l’épaule mais les menottes rendaient cela impossible, son sourire se déformant un instant en grimace. « Quand j’ai entendu l’armée des morts, au lieu d’aller aider leur cible, je suis allé chercher quelqu’un d’important pour moi. Mais avant de la trouver… J’ai passé des journées entières sans dormir dans la peur et l’horreur, à découper des cadavres en assez de morceaux pour qu’ils ne puissent rien faire. Ça m’a… brisé. J’ai commencé à tuer tout ce qui se trouvait sur mon chemin, les mettant en charpie pour m’assurer qu’ils ne se relèveraient pas. J’étais presque prêt à tuer la personne que je cherchais. » Un petit rire arrêta la conversation, la laissant suspendu à son éponyme. « Et quand je l’ai revu… Eh bien… Disons que je vais beaucoup mieux si ça ne voyait pas déjà. »
 
Il mangea un petit peu, le gout n’était vraiment pas terrible mais c’était mieux que de mourir de faim.
 
« Et surtout, cela m’a donné un objectif plus simple. Clairement, je n’ai pas la force d’arrêter ses fléaux, pas encore. Mais je ne vais pas rester les bras croisés à m’entrainer tous les jours en espérant faire mieux la prochaine fois hein ? Nah. Avec mes amis Laguz et Beorc, on va fonder une guilde de mercenariat, spécialisé dans l’entraide des races. Si mes voyages et mes combats m’ont enseignés quelques choses, c’est qu’on ne fera rien contre ces monstres tant qu’on se bat entre nous.»
 

Il laissa Engar juger ce projet. Probablement plus fou encore que celui du général, mais aux yeux du bretteur venant d’Hatary, il y avait du potentiel et surtout une idée de fond. Tant qu’on ne règle pas nos propres soucis, comment peut-on même espérer faire un front devant une menace pareille ? Plus que l’aspect du respect que Khar’a, la Laguz, prônait, Blaze prêchait la nécessité d’une telle attitude pour la survie. Car si on laisse un combat à nos voisins, combien de temps avant que ce combat ne devienne le nôtre ?
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Engar
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MessageSujet: Re: La Bastille [PV : Engar]   Mer 21 Fév - 22:31

Si on écarte la possibilité d'un mensonge de la part de Blaze, la volonté d'éviter l'incident diplomatique semble être l'explication la plus probable, mais je reste sceptique. Cela dit il a certainement raison sur un point. Seul Mysti sera capable de dire la vérité exacte sur ce qui s'est passé et je ne vais pas argumenter davantage sur ce sujet avec le sabreur, surtout que je n'ai rien pour le contredire ne pouvant me baser que sur mon opinion du général et non des faits.

Et pour être honnête le sujet suivant m'accapare bien plus l'esprit. Heureusement, l'épéiste ne m'interromps à aucun moment de mon récit et je le déroule au fur et à mesure des mots qui me viennent naturellement jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à dire. A cet instant mon regard croise le sien et je m'attends à y voir bien des choses. L'indifférence, la colère ou encore, et surtout, le mépris, mais rien de tout cela. Au contraire il semble extrêmement compréhensif... Une compréhension qui se retrouve également dans ses mots alors qu'il en vient... Tout simplement à me complimenter.

C'est tellement inattendu que je craque un peu nerveusement, quelques larmes m'échappant alors que je suis en pleine confusion, ne sachant pas quoi penser exactement. Quelque part j'ai tout simplement envie de croire en ces mots pour cesser de me tourmenter, mais une part de moi m'en dissuade, me soufflant qu'il ne fait ça que pour me réconforter, qu'il ne peut pas réellement le penser, ou alors que c'est tout bonnement moi qui me cherche des excuses...

Mais à défaut de pouvoir me décider et faire taire ainsi ses voix, je me concentre plutôt sur les propos de Blaze, alors qu'il parle de lui même, se dévoilant bien plus que ce à quoi je m'attendais. J'avoue... ne pas tout comprendre honnêtement, tout simplement car je pense qu'il me manque un élément important, à savoir le pourquoi exact de ce comportement, même si je peux le deviner... Tout bonnement la peur qu'il soit arrivé quelque chose d'horrible à cette personne qu'il aime tant et justement que, comme moi, toute sa force ne serve à rien pour ce qui était de la sauver. Une peur qui l'avait poussé aux portes de la folie, mais justement, j'en viens à l'envier, car lui, dans sa furie sanguinaire, a pu prouver qu'il était capable de la protéger... Ca ne fait d'une certains façon qu'attiser ma hargne quant au fait qu'il ne soit pas venu nous aider ! Mais après tout... Qu'est ce que je sais des raisons d'un homme amoureux ? Ai je vraiment le droit de le juger ? Dans le fond, oui sans doute, mais je ne sais même pas comment !

Mais alors que je suis en train de me débattre dans mes pensées, et de manger en même temps, il en vient à aborder un autre sujet, son objectif actuel, qui n'est pas sans m'interloquer... Il se moque de moi là, non ? Il le présente d'une façon différente, un peu moins idéalisée, mais je ne suis pas dupe ! Un moment je pense à une blague, comme il semble en avoir l'habitude, et je le détaille de haut en bas, à plusieurs reprises, mais non il semble... Des plus sérieux ! Décidément, il ne doute de rien ! Cela dit j'ai un peu de mal à me concentrer sur ce sujet...

"Pas juste des insomnies, des... Voix aussi parfois qui raisonne, l'herbe aide aussi à les faire taire, mais pas toujours. Cela dit,je t'envie sincèrement... Ouais t'as été poussé aux mêmes extrémités, mais au final toi tu as pu prouver ta valeur, alors que j'ai bien compris moi. Peu importe à quel point je m'entraîne avec mon arc je serai inutile face à ces créatures. Il faudrait que j'apprenne dès lors à me battre autrement, mais ça serait alors... Être encore pire qu'une bleusaille ! Enfin il le faudra bien, je suppose... Ou alors peut être me trouver une raison concrète de me battre un peu comme la tienne."


Je lui adresse un maigre sourire en coin, séchant d'un revers de manche mes larmes nerveuse... Voilà qui est dit, il est maintenant temps que je réponde à son idée, et finalement je décide de le faire de but en blanc.

"Sincèrement ? Ça ressemble beaucoup à l'idée Mysti, et tu osais lui faire des reproches ? La seule différence c'est la façon de voir les choses. Lui c'est un noble encore plein d'idéaux et de valeurs de noblesses et d'honneurs, alors que toi, comme tu l'as dis, tu es un vagabonds et tu n'es pas du genre à t’embarrasser avec ces considérations. De fait je te trouve un peu osé d'avoir écarté comme ça son idée alors que dans le fond tu as exactement la même, peut être plus utopiste encore, pourquoi ? Car certes, Mysti vise peut être trop haut en ne cherchant que des héros et en cherchant l'approbation des souverains, mais toi... Tu penses vraiment qu'une bande de mercenaires composés de diverses race pourra agir comme il l'entend alors que toutes les nations se regardent avec méfiance ? Ça me paraît assez naïf aussi. Je ne m'y connais pas en politique, mais quelque chose me dit qu'on cherchera le moindre moyen de vous mettre des bâtons dans les roues, voir même de vous donner la traque, là où Mysti cherche à avoir un ordre un minimum reconnu, bien qu'indépendant... Je suis d'accord avec toi dans le sens que son idée a peu de chance de se réaliser, mais... Je ne peux m'empêcher de penser que la tienne est vouée à l'échec sur le long terme alors que si la sienne se réalise, elle pourra perdurer..."

Oh pourtant, je suis loin de partager les idéaux de Mysti, et quelque part c'est vrai que j'ai plus l'âme d'un mercenaire que d'un soldat, alors d'une certaine façon l'idée de Blaze me tente... Mais justement, je cherche un but concret et il y a autre chose qui me retient ici.

"Et puis bon... Mysti a besoin qu'on lui remette les pieds sur terre. C'est bien parti et ce dans la douleur, mais ça risque d'être gâché s'il n'est entouré que de soldats chantant exagérément ses louanges car ils aiment leur général."

J'exagère un peu mais... Oui je me dis que Mysti a peut être bien besoin de quelqu'un d'objectif à ses côtés, qui le respecte, mais n'a aucun lien avec lui dans le fond. Après tout je ne suis pas né à Criméa et je ne le connais que bien peu à vrai dire, même si elle accepte qu'on se côtoie, mais il y avait une dernière raison.

"Et puis ça te semblera idiot, mais... Parmi ceux que je n'ai pu sauver était un de ses amis proches, dont je lui ai annoncé la mort avec bien peu de tact et beaucoup de souffrance pour lui. Je me sens un peu... Responsable, je me dis que je dois veiller sur lui."


Ça... Je pense que Blaze peut le comprendre...
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MessageSujet: Re: La Bastille [PV : Engar]   Mar 27 Fév - 9:02



On peut s’attendre à de nombreuses réactions, du dépit, de la méfiance. Mais là… Blaze mit ces larmes sur le compte des nerfs et de ce qu’Engar a déjà subi. Peut-être que c’était cette innocence mêlée à son attitude joueuse ? Non, cela faisait bien longtemps que son innocence paraissait pour de l’arrogance et de l’égo. Pourtant cela ne l’empêchera jamais de dire ce qu’il pense. Toutefois, il fut un instant effrayer de voir de presque de la jalousie dans son regard. Pourquoi ? Comment ? Peu importe, cela était son histoire et comment il y réagirait lui conviendrait tant que c’était honnête.

Le sujet de son groupe de mercenariat amena un mélange d’interrogation et de consternation. Sur la mention des voix, Blaze n’était pas expert dans ce genre de domaine, l’obligeant à simplement hocher de la tête en approbation. Comprenant cet aspect de protection, Blaze fit un geste de bras contraire.

« Prouver ma valeur ? Je ne pouvais pas les arrêter non plus, et le pire c’est que c’est elle qui m’a sauvé, pas l’inverse. Mais soit… Parfois faut redevenir une bleusaille si on veut devenir plus fort. »

Blaze échangea le sourire, content d’avoir réussi à au moins arracher une demi-émotion positive de son colocataire de fortune. La suite de sa réponse fut honnête, ce qui, malgré son caractère offensant pour l’Hatarien, lui arracha un magnifique sourire avec un rire franc. Ainsi son idée était comme Mysti ? Il allait devoir expliquer on dirait.


« Ha ! Hahahaha ! Ça c’est une réponse l’ami. Merci d’être franc avec moi, je me sens moins seul maintenant. Mais tu fais fausse route. Aucune bande de mercenaire ne peut agir à leur guise. Mon groupe ne sera pas différent, il sera banal dans ses missions. Ça sera juste un exemple. Simple et efficace. Si un groupe de mercenaire avec plusieurs races fonctionnent correctement, cela peut faire un exemple à portée du peuple, de tout le monde. »

Il prit une longue pause, pesant ses mots avant de continuer.

« Le soucis de Mysti, c’est que son idée serait… inaccessible aux autres. Une bande de héros n’est pas normal. Surtout si tu considères comment il est vu dans son propre pays. Le fait qu’il joue dans une autre catégorie que le peuple discrédite son idéologie. »  Il cracha par terre. « Héros… De la poudre aux yeux ouais. Le héros des uns est l’ennemi juré de l’autre. Mais. Tu n’as pas tout à fait tort, j’imagine bien les gens qui nous mettront des bâtons dans les roues, toutefois, je me battrais jusqu’à mon dernier souffle pour que cette idée voit le jour. Si son groupe sera retenu dans l’histoire, je m’assurerais que le mien soit celui qui aura appris à tous la possibilité de vivre ensemble. »

Un groupe proche du peuple, mais à la diversité flamboyante. Un exemple pour tous que nous pouvons fonctionner ensemble malgré la race et les cultures différentes. Ce rêve ne fonctionnera que sur la réunion d’un ensemble d’individu singulier après tout. Mais ce rêve était encore loin, Blaze avait un travail bien plus sombre et sanglant à faire avant de se concentrer sur ceci. Un certain général de Daein… Cela lui rappela les dires des soldats envers Mysti, assez pour une grimace de déception, qui se déforma en profonde pitié à l’annonce d’Engar.

« Responsable hein ? Je comprends, mais tu fais une erreur Engar. » Le ton se voulait bien plus sérieux, presque rabat-joie. « Comment expliquer… Dit-toi qu’il y a un moment je me sentais comme toi. Je le voyais comme tu le vois, un général respectable. Puis avec le temps, et surtout en ayant visité d’autres pays, mon point de vue à changer. C’est difficile à cerner mais pour donner exemple, les Loups d’Hatary ont cette phrase : La justice sans force est inutile, la force sans justice est tyrannie. Je trouve qu’hélas Mysti… ne comprend pas qu’il y a degré de peur dans le respect. Tout le monde respecte le héros légendaire Ike, surtout parce que c’est un combattant hors pair qui n’hésite pas. » Il se releva et regarda derrière les barreaux les autres cellules. « Désolé si c’est confus comme explication. Ça n’a jamais été mon fort les mots, je préfère l’épée. Peut-être qu’avec cette épreuve, avoir les pieds sur terre lui fera comprendre l’importance de la force. »

C’était un discours particulièrement noir, Blaze le savait. Mais son voyage d’épéiste lui a enseigné que la force brute avait autant de valeur que la technique et la bravoure. Le bretteur était prêt à parier que le général allait simplement laisser passer cet incident car oh, les villageois ont raison… C’est exactement ce genre de passivité que Blaze haïssait chez le général. Il suffisait de voir cet évènement. Tant que le grand général Mysti de Méline était en forme, tout le monde la ferme, mais dès qu’il se montre faible… C’est pourquoi l’amour ne vaut pas le respect, et la plupart du temps, le respect demande un minimum de peur. Peut que Mysti ne dégage absolument pas.


A l’inverse, le Marqué se savait qu’il avait le sang chaud, encore plus depuis quelques temps, laissant ses émotions dicter une certaine partie de ses actions. Car si l’inverse s’était passé, Engar agressé par les villageois, Blaze était prêt à parier que Mysti aurait préféré une option pacifiste, se résumant à de la menace au mieux. Lui aurait réagi de la même manière. Est-ce que c’était la bonne façon ? Non, peut-être pas. Mais par les standards d’Hatary, c’était comme cela qu’on honorait une amitié. Blaze savait que ce qui manquait à Mysti pour devenir un véritable général et une force respectable, c’est d’inspirer de la peur. Pas uniquement, mais assez pour que chacun réfléchisse à deux fois avant de faire quoique ce soit envers lui et son armée.
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MessageSujet: Re: La Bastille [PV : Engar]   Lun 5 Mar - 12:59

Un bref instant je me demande au vu de sa réaction s'il comprend réellement ce que je ressens... Après tout lui parlait de son échec, mais ce n'était pas ça le problème ! Quand bien même tuer une poignée de mort vivant n'auraient servi à rien et aurait amené à la même défaite sanglante j'aurai au moins eu l'impression de faire ma part, d'être utile ! Mais à la défaite s'ajouter autre chose, une amertume et un sentiment des plus difficiles à supporter, et que lui n'avait pas dû connaître par le simple fait que même s'il avait échoué, il avait au moins pu lutter avec un minimum d'efficacité pour son objectif ! Plusieurs de ses ennemis étaient tombés sous sa lame et il avait survécu à partir de là quelle importance ?

J'ai alors conscience... D'exagérer d'une certaine façon. Dans le fond une défaite reste une défaite, c'est juste que... Je ne sais pas j'ai comme un sentiment de profonde injustice pour la mienne.Après, sans doute en vérité cela devrait il être pardonnable, puisque je n'y pouvait vraiment rien, peu importe à quel point je m'étais entraîné et investi. Ca ne serait cependant plus une excuse désormais. Avec cette défaite j'étais averti, il fallait que je persévère et trouve une nouvelle voie à explorer afin que plus jamais je ne me retrouve à être aussi inutile.

En attendant ce sont d'autres de mes qualités qui se manifestent, à commencer par ma franchise à l'égard du projet de Blaze, une franchise qui semble lui plaire, ce qui me change de l'attention que je dois avoir à l'égard de Mysti. Cela étant, malgré son amusement manifeste, il ne se prive pas de défendre son projet, du moins une fois que son rire se fut éteint et une fois de plus je l'écoute avec attention, oubliant toute considération veule et personnelle pour ne penser qu'à son projet... Mais ça doit se voir, je suis un peu sceptique face à ses propos, le sourcil haussé, une légère moue au visage. Bien sûr, les détails qu'il évoque créent des différences notables, qu'il souligne, avec le projet du général, mais en même temps, pour chaque défaut écarté, j'en vois un autre apparaître, et lorsqu'il prend une pause je ne me gêne pas pour pointer du doigt ceux que je vois déjà.

"Un exemple... Je ne sais pas pour toi Blaze, mais généralement quand je vends mes services je ne suis pas des plus appréciés. On me tolère le temps que je fasse mon travail, on me paye, on me remercie froidement, et on me demande enfin poliment de dégager le plancher. La plupart des personnes ne voient pas les mercenaires comme beaucoup mieux que des brigands, alors je ne suis pas sûr que ta bande sera un modèle que regarderont les gens."

J'étais un peu cru c'est vrai, mais je me souviens bien des récits d'Ethan... Hormis la bande d'Ike qui s'était démarquée par ses exploits, les mercenaires étaient soient perçus comme des soldats seconde classe, soient comme de potentiels bandits si jamais ils ne trouvaient pas d'employeur. Les hommes en armes font toujours peurs après tout, et parfois encore plus lorsqu'ils ne prêtent allégeance à aucune bannière. Ce n'était cependant que le début de ses propos et d'un hochement de tête je le laisse poursuivre, réfléchissant à ses propos. Pour lui l'idée de mercenaire se justifient car étant plus proche du peuple, mais... j'ai toujours autant de mal avec cette idée. A mes yeux, et comme je l'ai dit avant, le peuple a peur des mercenaires ou en tout cas les voit comme des voyous et des vagabonds qui ne font pas un métier respectable. Après, il n'a pas exactement tort, c'est vrai que la notion de héros est subjective, mais seulement dans une certaine mesure, le simple fait qu'il désigne par la suite Ike ainsi prouvant pour moi la chose.

"Le problème c'est que le peuple... A besoin de croire en quelque chose de différent. Comment tu expliques sinon le fait qu'il y ait autant d'idiots pour suivre les déesses, hein ? Au moins les héros restent un minimum humain et leur influence reste limité, mais justement, un héros pourra faire bien plus facilement passer un message qu'un inconnu ou un gars ordinaire. Après tout Ike lui même est probablement l'individu qui a eu le plus d'influence à travers Tellius, même plus que certains souverains, alors bon..."

Et justement on en vient à la question de la force... Et c'est vrai il y a toujours une part de peur dans le respect. Le soldat obéit à son officier en partie parce qu'il a peur de lui, ou bien parce que l'officier réussit à lui faire avoir peur de ce qu'il adviendra aux siens restés au pays s'il devait faillir.... Et c'est vrai que c'est justement cela qui faut défaut à Mysti...

"Il faudrait que je me rende à Hatary un jour, leur façon de penser me plaît... "

Dis je avec un léger sourire, venant m'adosser aux barreaux, l'air pensif, tentant de ne prêter aucune attention aux bruits divers qui résonnent à travers la prison, pour ensuite reprendre.

"Mysti est encore jeune, il peut apprendre, et il a un énorme potentiel... Mais justement il va avoir besoin d'individus qui ne vont pas le ménager... Ts... C'est bien le problème des nobles ça, on les forme à gouverner mais sans avoir un pied sur terre. Enfin bref. Ton idée peut être intéressante, mais j'avoue, je ne crois pas un instant que le peuple te prendra comme modèle, mais...Va savoir, après tout Ike ne devait pas penser un instant qu'il deviendrait un grand héros."

Je lui adresse un large sourire à ces mots, avant de croiser les bras, essayant, en vain, de voir ce qu'il y a plus loin dans le couloir... La seule chose qui est certaine c'est qu'on est visiblement pas les seuls prisonniers. Je me demande avec quel genre d'individu on nous a fichu tiens.

"Mais t'en fais pas, je crois avoir compris ce que tu veux dire... Et encore heureux car si tu veux mener une bande il faudra justement un peu plus que jouer de l'épée. J'avoue, je me demande comment tu vas t'y prendre pour gérer les questions logistiques et ce genre de chose !"

Ça peut paraître être une remarque étrange, mais... Ethan ne m'a pas juste appris à combattre et à chevaucher avec ses histoires, il m'a aussi appris comment c'est d'être dans un groupe relativement grand et tout les petits problèmes que cela peut impliquer, avec la gestion du repos, de la nourriture, de l'alcool... Or je ne sais pas trop si Blaze a ce qu'il faut pour gérer ce genre de problème avec sa nonchalance... Mais c'est alors une autre idée qui me vient à l'esprit.

"Dis une fois que tu seras sorti tu feras quoi ? Si tu restes un peu, j'avoue que j'aimerai te demander de m'apprendre comment me battre à l'épée... Mon mentor avait essayé à l'époque mais j'étais trop mauvais apparemment, ou trop maigrichon pour tenir les haches avec lesquels lui se battait !"

Après tout... j'ai pu avoir un aperçu de ses talents, et comme moi, et contrairement à Ethan, ce n'est pas un colosse du coups... Peut être que lui arrivera à m'apprendre quelque chose d'utile face aux morts qui marchent.
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MessageSujet: Re: La Bastille [PV : Engar]   Mar 6 Mar - 12:00




S’il y avait une chose que le bretteur souhaitait, c’était que l’archer se montre plus clément avec lui-même. L’échec est une leçon difficile à digérer et Blaze n’était pas au bout de ses peines concernant une remise à niveau par un adversaire supérieur. Mais c’est la relativité qui compte, la réalisation que l’on est un poisson dans un grand océan et que ce n’est qu’avec le temps qu’on peut enfin influencer les choses. Après tout, respirer c’est se battre. Vivre c’est se battre. Avec les évènements qui arrivent, survivre relève autant de la chance que des capacités de quelqu’un, et Engar semblait montrer des traits de survie développés.
Le passé de mercenaire d’Engar permit toutefois à Blaze d’obtenir des informations. Effectivement, les Marqués risquent souvent de ne pas attirer la bonté des autres, mais il avait un argument : Une Laguz adorable et un Beorc aussi compétent dans les arts noirs qu’il était fragile physiquement. Peut-être que les définir comme une bande de mercenaire était effectivement une mauvaise idée… La bande de Greil était après tout, une large exception dans un domaine plutôt malsain, sans compter que véritablement, lui-même était le seul adapté à une vie de mercenariat. Toutefois, cela permettrait de créer un groupe qui pourrait agir, et c’était la finalité. Agir, à petite échelle, mais agir. L’image se construira avec les actions.


Ces arguments étaient fondés et reflétaient une certaine expérience dans le domaine, obligeant Blaze à se tenir le menton pour réfléchir. La mention de la religion le fit rouspéter de rage mais c’était un argument parfaitement valable. Vivre dans le désert avec pour mère une guerrière de l’épée l’avait en quelque sorte immunisé contre l’idée d’une entité toute puissante. Et même si elle existait vous pouvez être certains que Blaze ne plierait pas le genou. Malgré cette aversion, il en considérait les vertus : les valeurs du bien et du mal, l’aide mentale qu’apporte la religion. Sans compter la limite de l’influence humaine, encore une fois un bon argument. Mais comment devenir un héros ? Mysti ne lui avait certainement pas donné une image qu’il aimerait suivre… Alors il tracera son chemin comme il l’entend.

« Ce que tu dis à beaucoup de sens. Peut-être que faire de ce groupe une bande de mercenaire n’est effectivement pas la bonne décision… Merci d’avoir partagé ton avis, c’est toujours plaisant d’entendre le point de vue des autres. » Surtout quand on n’y risque pas sa vie pour une fois. La mention qu’Engar voulait passer à Hatary arracha un sourire innocent et heureux au bretteur. « Aaah Hatary, avec ces grandes dunes de sable et ces Laguzs Loups… J’espère juste que les récents évènements n’ont pas trop envenimé la situation par contre. » Duncan, ce foutue cavalier de Daein, était connu pour son aversion envers les Laguzs et c’était exactement ce qui inquiétait Blaze… Mais ce sujet était pour plus tard. Vint son avis sur Mysti… Il se posa à l’opposé de la cellule contre le mur froid pour l’écouter, il en rigola assez fortement.

« Ahahaha, moi ? Un modèle. Ohohohoho, j’en suis très loin l’ami. Mais pour la gestion, je ne fais pas ce projet seul, j’ai une Laguz et un Beorc qui… ont certaines capacités. » Catô serait certainement à l’aise dans la gestion des ressources et la logistique, c’est un érudit après tout. Khar’a à l’inverse, était une source d’inspiration et d’espoir. Chacun avec un rôle dans le groupe. « J’espère juste que Mysti grandira, on a besoin de quelqu’un comme lui en ce moment… Particulièrement en ce moment ! » dit-il en jetant son regard sur la cellule en rigolant.



Après vint la question de l’épée. Ah. Le bretteur soupira. « Dès que je suis dehors, je pars pour Daein, j’ai un compte à régler avec quelqu’un avant de me lancer dans ce projet… Et même si je restais, je suis loin d’être un modèle. » Retirant sa manche droite, il afficha son bras horriblement marqué par une brulure similaire à un foudroiement. Le simple fait de lever le bras lui infligeait un tremblement d’effort énorme et une belle grimace par-dessus le marché. « Si on est en liberté conditionnelle le temps du jugement, je pourrais te montrer une ou deux bases, mais tu comprends qu’au-delà des essentiels, je ne pourrais t’enseigner comment bien combattre. » Cette blessure datait d’un an ? Deux ? Il ne s’en souvenait plus, la récupération semblait si lente, si difficile, qu’il avait un peu perdu espoir de retrouver à pleine puissance son membre. Et cela a grandement affecté son style de combat, ses techniques ne marcheraient que pour lui et lui seul…


Les prisonniers en revanche, semblaient quelque peu… s’agiter. Du moins, l’un d’entre eux. Des bruits étranges de pierres pouvaient être entendus et les voisins en face de ce prisonnier étaient tout aussi agités. Une tentative d’évasion ? Fort possible. Certains doivent croupir ici depuis un bout de temps…
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MessageSujet: Re: La Bastille [PV : Engar]   Dim 11 Mar - 13:17

Lorsque j'entends Blaze me remercier pour mes propos sensé, je suis quelque peu abasourdi, moi qui ne me considère pas comme un bon orateur... Faut croire que le vieux et Mysti ont vraiment déteint sur moi et que je me met à parler comme eux ! Enfin, il n'y a pas de mal si je peux aider quelqu'un comme ils l'ont fait pour moi, hein ? Quoi que pour être honnête mes propos sont quand même bien moins philosophique que les leurs et bien plus terre à terre. Comme quoi on a beau être influencé on ne change jamais tout à fait, hein ? Cela dit, je suis également surpris par le fait que Blaze reconnaisse aussi facilement mon point de vue, ayant l'habitude que les gens s'accrochent à leur idée, peu importe à quel point elle est mauvaise. J'espère cependant ne pas... Ne pas me tromper et l'induire en erreur, après tout il ne serait pas juste que mes fautes affectent d'autres que moi même, ça serait encore pire que d'être inutile !

Je n'ai néanmoins pas le temps de laisser cette idée me rappeler à mes démons personnels, Blaze semblant tout bonnement heureux à la simple mention de son pays. Le gaillard semble sacrément attaché à sa terre ! Un sentiment qui n'est pas sans problème cela dit, et il les souligne lui même avec son inquiétude quant aux soucis diplomatiques que vont causer ces derniers événements, et je peux comprendre pourquoi. En dehors des problèmes que connaissent tout pays en guerre, je doute qu'Hatary, au vu du peu que j'en ai entendu, soit une grande puissance militaire qui puisse tenir tête aux autres si jamais une guerre généralisée venaient à avoir lieu... Ou même tout simplement lutter contre Death au vu de l'aisance avec lequel ce dernier avait brisé le cœur de Beignon, le plus grand des royaumes... Ma terre natale, c'est vrai, mais cela ne m'importe guère.

"Il y a au moins un de nous deux qui a un peu d'affection pour son pays !"


Bien sûr je doute qu'en vérité Blaze soit particulièrement patriote, ne serait ce qu'avec son idée de bande hétéroclite, mais il aime quand même son pays, c'est évident. Sinon il serait comme moi à finalement se soucier assez peu de ce qui pourrait lui arriver... Car même si ce qui est arrivé à Sienne m'a marqué, je l'aurai tout autant été si ça s'était produit ailleurs, et peut être même davantage. Après tout, contrairement à Beignon je n'avais aucun compte à régler avec les autres nations... Quoi que certaines personnes pourrait me dire que la mort et la souffrance se moquent bien de la nationalité, et sans doute ont ils raisons d'une certaine façon, mais en ai je quelque chose à faire ? Pas vraiment... Après tout mon avis m'est cher et je n'ai pas l'intention d'être davantage un "modèle" que Blaze, qui semble d'ailleurs amusé à cette simple idée...

"En effet, non, tu n'as RIEN d'un modèle ! Je suis déjà surpris que tu ais déjà trouvé des personnes assez inconscientes pour te suivre !"

Bien sûr j'exagère un peu, mon but n'est pas de le vexer, mais tout simplement de rire avec lui... Et puis moi même je suis bien assez fou pour suivre Mysti alors que, comme il le dit si bien, il faut encore qu'il grandisse, mais bon... Il faut bien commencer quelque part non ?

"Oui... Ce serait dommage de perdre tout ce potentiel en des temps si sombres... Mais ne t'en fais pas, je veillerai à ce qu'il retienne les leçons qu'ont dû lui infliger les récents événements. Ca me fait penser que justement je n'aimerai pas être à sa place... Être reconnu, oui, je dis pas, mais supporter le blâme pour chaque malheur subi..."


Le blâme que je m'adresse à moi même me suffit amplement... Dans le fond c'est un sacré poids que Mysti a sur les épaules et je ne suis même pas sûr qu'il en ait exactement conscience. Enfin, je reste avec lui justement pour le soulager un peu, mais pour cela il va falloir m'améliorer. Malheureusement, il semblerait que je ne vais pas pouvoir compter sur Blaze pour m'y aider, ce dernier ayant visiblement des projets biens définis maintenant qu'il avait réglé son affaire à Criméa.

"Je vois... Encore une affaire d'honneur je suppose, à croire que tu ne voyages que pour ça !"

Mon rire cependant meurt sur mes lèvres alors que je constate la cicatrice impressionnante sur son bras, et je comprends ce qu'il veut signifier... C'est vrai que si lui a pu s'y adapter il lui serait probablement difficile d'apprendre à une personne à se battre si elle n'a pas le même handicap que lui. Tant pis, il me faudrait trouver quelqu'un d'autre, ce n'est pas ça qui doit manquer dans l'armée Criméane... Après que je trouve une personne qui en ait la volonté, c'est autre chose, mais chaque problème en son temps.

"Dommage, mais je comprends... Et puis bon, je suis un débutant, alors tout enseignement est bon à prendre. Ça sera en tout cas appréciable de pouvoir me défendre une fois que je n'aurai plus de flèche..."


Je suis néanmoins interrompu dans mes propos par des bruits à l'extérieur de la cellule, dans la prison... De la pierre qu'on déplaçait, une agitation fébrile... Je m'approche de la grille pour essayer de voir de quoi il en retourne, tout en parlant à voix basse à Blaze.

"Qu'est ce qu'on fait ? On appelle les gardes ? pour être honnête, pour ma part, je n'ai pas l'intention de prendre de risque quant à notre jugement pour faciliter l'évasion d'un type dont on ne sait rien."

Après tout nous on est innocent, du moins de mon point de vue, mais je doute que ça soit le cas de beaucoup de personnes présentes, surtout un individu qui aurait l'audace et les capacités de tenter de s'évader... Et quand bien même, empêcher cela pourrait jouer en notre faveur pour le procès, à moins que ça soit moi qui soit trop naïf
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MessageSujet: Re: La Bastille [PV : Engar]   Lun 12 Mar - 22:09



La venue de la tentative d’évasion ruinait un peu la conversation entre les deux Marqués incarcérés dans une cellule. Sans ce moyen pour se distraire, il était clair que le bretteur perdrait un peu la tête. Se concentrant un instant sur les réponses, il souriait, oui il aimait Hatary. Une terre simple, trop simple pour beaucoup, mais cela l’avait forgé comme il était. Simple, très simple, mais solide et tenace, fiable dans ses paroles. Toutefois, la réponse impliquait qu’Engar n’aimait pas Begnion, logique après tout s’il était un hérétique… La religion… Une discussion pour plus tard.

Un rire franc mais discret prit écho dans la prison à la mention de modèle. Totalement, c’était même bien expliqué par Engar. C’était une force au-dessus de la logique qui faisait suivre ce Beorc et cette Laguz. La vérité étant l’inverse, il les suivait, il aimait juste un peu faire le mariole.

« Je t’aurais bien proposé de rejoindre ce projet mais tu as l’air d’avoir déjà fait ta décision, je respecte ça. Mais ouais. Si je ne suis plus mes paroles, comment je peux justifier tout le sang sur mon épée ? »
Sa manière à lui de garder sa raison dans un chemin qui s’annonce de plus en plus écarlate avec les mois qui arrivent. Si tout le monde commence à donner des paroles en l’air, alors l’esprit Kaze aura raison : Les mots sont du vent. Ce n’était pas sur ces bases que le bretteur voulait fonder son futur. Même si cela impliquait qu’il en mourrait.
 
Mais maintenant, il fallait s’occuper du problème de cette potentielle évasion. Blaze au contraire s’éloignait des barreaux. Le mieux restait la passivité totale, mais on n’allait pas se mentir. N’importe quoi était bon pour se bouger, s’il savait quoi faire !


« Et on fait quoi ? Les gardes sont loin, j’ai rien pour forcer une serrure et j’aimerais pas aggraver notre situation sans porte de… Sortie. »

Un sourire malicieux se dessina sur Blaze. Typique d’un gamin qui a trouvé une mauvaise idée. Toutefois, ce dernier s’effaça, dans une autre prison, pourquoi pas. Mais c’était celle de Mysti… Pas la peine de remuer le couteau dans la plaie.

La suite se déroula assez vite. Le bouquant devint fort alors que la cellule d’à côté laissant entendre des briques tomber. On pouvait deviner assez facilement que le mur était en train d’être forcé. Blaze mit son doigt devant sa bouche pour imposer le silence alors qu’au contraire, les autres cellules desservaient leurs compagnons qui tentaient de s’enfuir. Et qui l’eut cru, on les entendait partir.


« Eh ben ils ont réussi leur coup… Oh, voilà la cavalerie. »

Les gardes arrivaient, épée et arc à la main, hurlant à tous de se calmer sous peine d’une punition bien visible pour le restant de leur vie. Mais ce fut leur surprise qui provoqua une hilarité générale dans les cellules de garde à vue. Impossible de comprendre leur parole dans le brouhaha général. Blaze se releva pour essayer de voir depuis la fenêtre, les brigands prenaient la fuite vers la colline la plus proche.

« Hey ! Vous ! Mon ami est un bon tireur il peut vous aider à les rattraper. » dit Blaze avec son tact habituel, se préparant à une baffe, un poing, ou quelque chose. Mais la situation exceptionnel semblait avoir voler toute combativité aux gardes…
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MessageSujet: Re: La Bastille [PV : Engar]   Lun 26 Mar - 19:14

J'avoue qu'avec la tentative d'évasion, je n'ai plus vraiment la tête à simplement discuter poliment, me concentrant plutôt pour essayer d'écouter de quoi il en retournait également dans l'autre cellule, histoire de suivre l'escapade qui prenait place à l'instant. Cela étant, son projet m'aurait tenté si je ne m'étais pas déjà engagé, et... Oui j'ai beau être sans doute bien moins honorable que lui, qui attache une réelle importance à ses propos, je me vois mal revenir sur cet engagement en particulier, peut être moins par honneur que par crainte d'éventuelle conséquences, pas tant pour moi que pour Mysti.

Enfin, pour en revenir à cette évasion, Blaze paraît quelque peu démuni, mais je le suis tout autant car il a raison. Les gardes sont trop loins pour éventuellement nous entendre, du moins je le crois, et les autres prisonniers commencent de toute façon un sacré chahut, et il est en effet hors de question d'aggraver notre situation. Essayer d'en profiter pour s'évader ne nous apporterait rien, même si on réussissait ça ne serait que pour être poursuivi comme le dernier des criminels, considérés comme coupable par défaut, et en ce qui me concerne ça nuirait pas mal à mes projets.

Et ... Je suis incrédule à vrai dire, je vois mal comment on peut s'évader d'une prison autrement que la porte ! Et pourtant, au vu du bruit que je ne tarde pas à entendre, ça ne fait aucun doute. Ces prisonniers, quel qu'ils soient, ont tout bonnement détruit le mur pour pouvoir s'échapper ! J'ignore comment diable ils s'y sont pris, mais sur le coups seules deux pensées me traversent l'esprit. Tout d'abord le constat que nous sommes au niveau du sol et non en sous sol comme je le pensais à la base, enfin en même temps avec la fenêtre... et ensuite... Une certaine colère à leur égard car je doute qu'il y ait un maçon parmi eux et rien ne garantit que tout ne ce serait pas effondré sur nous avec le trou qu'ils ont dû faire !

Mais je n'ai pas le temps de m'attarder sur cela que, comme le fait remarquer Blaze la garde arrive, gueularde et menaçante pour instaurer le calme, mais en vain, d'autant plus au vu de l'hilarité que leur surprise, et probablement leur incompétence, suscite. Enfin pour moi l'anecdote s'arrête là. Je ne vois pas comment ils vont les rattraper et je n'ai rien à faire de mon côté !

Du moins c'est ce que je crois, mais mon compagnon de cellule fait une offre au garde qui m'interloque... Je suis bon archer oui, mais meilleur à cheval, et au vu de la distance à laquelle ils sont il faudrait un arc plus que convenable pour espérer les atteindre...

Et de toute façon ça n'a aucune importance. Je ne sais pas ce que Blaze a espéré faire, mais le chef des gardes, enfin celui que je vois comme tel vu qu'il a plus de pièces d'armure, lui répond exactement comme je le pensais, lui jetant un regard noir et tentant d'asséner un coups du manche de sa lance dans le ventre de Blaze pour le faire reculer de la porte.

"Donner une arme à un prisonnier accusé de meurtre ? Et puis quoi encore ?! De toute façon il ne pourront pas aller bien loin..."

Et alors même qu'il dit cela, un des gardes souffle dans un cor assourdissant, une fois longuement, et deux fois de façon plus courte, probablement le signal pour signaler une évasion. Au moins sont ils un minimum organiser, à défaut d'être aimable...

Pour ma part j'avoue me contenter de suivre du regard le groupe de fuyard depuis la fenêtre... Mais en fait, à bien y penser ce type m'énerve, et tant que je reste loin de la porte il ne peut rien me faire, non ? Et quand bien même... Je doute que si j'ai trop de bleus avant même de comparaître cela soit très apprécié.

"J'espère en tout cas que vous êtes motivés, car eux ils semblent l'être, de véritable lièvres !"

Ricanant un peu avec une point de moquerie, je tourne à moitié le dos au garde. C'est mesquin oui, mais sincèrement... Ça l'est tout autant de nous garder ici alors que tout ce qu'on a fait c'est sauver leur général ! Enfin bref... A part si les gardes veulent faire un exemple le calme ne devrait pas tarder à retomber dans la prison, et avec lui la possibilité de reprendre une conversation avec le bretteur.


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MessageSujet: Re: La Bastille [PV : Engar]   Ven 30 Mar - 23:03



Le sourire, toujours aussi caractéristique tant il est empreint d’arrogance et de nonchalance, narguait les gardes. Vraiment il n’y avait pas de meilleur moyen de déguster un règlement de compte mais le bretteur ne l’aurait pas vu autrement qu’avec son manque de respect habituel. Il n’y avait qu’une manière de le gagner : Se montrer soit patient, soit gentil, soit être plus fort que lui. Point bonus pour ceux qui en ont plusieurs. Le regard noir trouva forcement son chemin jusqu’aux yeux de Marqué du désert qui se contentait simplement d’adresser un regard malicieux en retour. Bien évidemment que cela n’allait pas fonctionner, mais cela valait le coup d’essayer. Reculant avec un léger gloussement d’amusement pour éviter le manche de la lance, il écouta sans réellement payer attention le gardien de la prison les traiter de meurtrier. Original…

Prenant place contre le mur en regardant les gardes sonner le cor, il sourit, plus amusé qu’autre chose. Cela donnait de précieuses informations à Blaze, l’alarme était sonné par ce cor et faisait ce son. Les fugitifs allaient certainement se faire rattraper, mais le bretteur trouvait cela bien trop amusant pour lâcher si facilement les gardes devant lui. La remarque d’Engar l’obligea à étouffer encore plus son rire. Ça c’était bien. Il adressa un regard joueur à son compagnon de cellule avant d’apercevoir que les gardes s’en vexaient.

« Oh voyons. Votre système de garde est efficace non ? Arrêtez de vous excitez comme OUF ! »

Le chef avait pris sa lance par le bout armé et atteint assez de porter pour lui mettre un coup au ventre. La suite de son regard indiquait qu’il était clairement capable de se servir de l’autre bout. « Pas la peine hein… »


« Un mot et tu seras l’exemple de ce qu’on inflige aux fuyard. »

Sans un mot, Blaze se rapprocha des barreaux de sa cellule pour les regarder de plus près sans dire le moindre mot. Les gardes entendirent au loin un autre bruit, celui de fuyards se faisant justement ramener. Prenant leur congés, le bretteur se recula et se rassit en se massant le ventre. Le coup n’avait pas été fort mais sa condition physique n’était pas optimale depuis son combat avec Heinkel, il avait besoin de repos… Une cellule était difficilement un endroit de repos.

« Haaah… Vivement qu’on soit libéré de ce putain d’endroit. » lâcha le bretteur en grognant un instant de douleur, le coup et l’agitation avait fait ressortir un peu la douleur de son récent combat.
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MessageSujet: Re: La Bastille [PV : Engar]   Mar 3 Avr - 22:53

...Visiblement le bouchon a été poussé un peu loin, et je recule d'un pas par prudence. Pas que je sois lâche, mais autant éviter les coups tant que faire se peut, hein ? Enfin cela dit, malgré toute sa hargne à notre égard, le garde à mieux à faire que tenter de nous bastonner, surtout que s'il faisait cela il allait devoir faire pareil avec le reste des prisonniers vu les railleries de ces derniers. Néanmoins je dois reconnaître que, quand bien mêmes ils avaient visiblement délégué la capture des fuyards à leur camarade stationnés dehors, ils firent un sacré bon boulot pour ce qui fut de ramener le calme avec un minimum de violence, minimum relatif certes, mais réel à mes yeux.

Une tache qui est d'autant plus facile dès lors que les dits fuyards sont ramenés. On peut presque à cet instant toucher du doigt toute la déception ressentie par presque tout les occupants des geôles. Cela étant... Même si tout laisse à penser qu'ils ont tous été capturé, je suis un peu plus sceptique. Après tout, ils étaient tout de même sur le point de rejoindre la rue, et aussi habile que soit la gardé, j'ai du mal à me dire qu'ils aient aussi aisément remis la main sur la personne qui a mis au point cette évasion et qui bénéficiait du couvert des ruelles et de la volonté de leur échapper.

Mais le gémissement de douleur de Blaze m'arrachent de mes pensées et je me tourne vers lui. A l'entendre, le garde a l'air de ne vraiment pas l'avoir loupé, mais il semblait y avoir un peu plus que cela, assez pour m'inquiéter. Je ne suis pas médecin, je ne peux pas faire grand chose en conséquence, mais je m'approche quand même, et une idée me vient. Fouillant dans la poche de mon pantalon je lui tend une poignée de mes herbes somnifères. Une petite dose, qui ne le fera probablement pas dormir, mais qui devrait atténuer la douleur.

"Tiens prend ça ... Ca t'aidera à tenir le coups en attendant qu'on sorte d'ici... En espérant pour mon sommeil, et incidemment le tien, que cela ne tarde pas."

Avec ce que je lui ai donné, ça me ferait encore un peu moins de temps de repos, mais tant pis. Je ne suis pas à ça près après tout, et de toute façon... Mes spectres peuvent bien me laisser tranquille non ? Après tout, je vois mal en quoi être inutile en cet instant est de mon fait. C'est tout naturel quand on est en prison, hein ?

Il ne savait pas à quel point ça ne serait pas aussi simple...

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Deux jours se sont écoulés, enfin je crois, mais ils n'ont pas été de tout repos, loin de là. Passons sur le voisinage bruyant et vulgaire, ainsi que sur la nourriture franchement immonde, c'est là autant de choses sur lesquelles je peux passer outre... Mais l'inactivité... Ce fut là bien un fléau, car autant quand je peux bouger, je peux m'occuper l'esprit... Mais à rester ici c'est presque comme lorsque je dormais, tant et si bien que mes plantes ne m'ont pas suffit à chasser ces voix, ces fantômes qui me rappellent à quel point c'est vain, à quel point je perds mon temps. Cela m'amène au final à être assez peu bavard, pourtant, converser avec Blaze m'aiderait sans doute, mais...C'est difficile, tout simplement, j'ai du mal à me concentrer sur quoi que ce soit, et quand j'y parviens c'est sur ces mots, mon regard se mettant à fixer le vide, sans but...

Je suis d'ailleurs en train de le faire lorsqu'une annonce soudaine survient, brisant la monotonie de la journée, chassant brièvement les murmures envahissant mon esprit.

"Eyh les deux là ! Vous avez de la visite..."

...Faites que ça soit Mysti, à rester ici plus longtemps je ne suis pas sûr de pouvoir garantir ma santé mentale !
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MessageSujet: Re: La Bastille [PV : Engar]   Mer 4 Avr - 20:04

Le tumulte se calma quelques instants, le temps pour un quatuor de gardes de se positionner devant la cellule et laisser le passage au maître des clefs. Celui-ci, armé d'un trousseau à en faire jalouser n'importe quel détenu alentour, démontra sa longue habitude des geôles en trouvant la bonne clef du premier coup et déverrouilla la porte sans traîner. Des cris de protestations s'élevèrent, auxquels les vigiles demeurèrent indifférents.

"Plus précisément, on vous attend à l'extérieur pour une visite. Votre procès. Et si ça vous surprend, réfléchissez bien à ces derniers jours."

Sans en dire plus afin de limiter les émulsions agressives voisines, le maître des clefs fit signe aux deux Marqués de sortir, solidement entourés par les gardes, qui les menèrent vers la sortie non sans quelques liens aux poignets -plus pour la forme qu'autre chose, étant donnée leur attitude calme des jours précédents, mais mieux valait donner l'exemple à tous ceux qui les verraient passer.
Ce ne fut qu'une fois les couloirs-sas passés, loin des oreilles des prisonniers, que l'homme au trousseau se permit d'en dire un petit peu plus :

"Quelqu'un qui a le bras très long vous en doit une, et il a pas attendu pour le montrer. Donc, si vous vous tenez à carreaux, vous avez de bonnes chances de pas retourner avec les autres. Ce qui signifie pas de tentative d'évasion, pas d'insultes, pas de sarcasmes et tout le tintouin."

Il eut un regard amusé vers Blaze, dont le regard revanchard n'échappait à aucun de ces habitués du milieu carcéral.

Sitôt qu'il avait été capable de tenir debout, ou tout du moins suffisamment longtemps pour se faire escorter d'un bout à l'autre de la ville, Mysti avait fait ses relations au maximum. Pour les criminels recherchés qu'il avait attrapés avec ses unités, pour les vices de procédure qu'il avait pu aider à déceler, pour la garantie de bonnes conditions de travail ou de simples services rendus de noble à noble, les obstacles avaient sauté un par un, réduisant la mise en place d'un procès qui aurait sans doute pris des semaines à seulement quelques jours. Et tout ceci en totale légalité. Être général et duc, parfois, ouvrait plus de portes que de mépris.

C'est ainsi qu'on avait réuni à huit-clos le public minimum pour cette affaire, et que Blaze et Engar comparaissaient avant même d'avoir eu le temps de dire ouf. Un juge dans sa grande robe noire indiqua à l'assistance de s'asseoir : le greffier, les villageoises aux mains liées elles aussi, quelques jurés, et les différents protagonistes administratifs et juridiques habituels. On fit alors entrer les Marqués pour les placer de l'autre côté de l'allée centrale, au même niveau que les deux veuves.

"La parole est à l'accusation."

L'une des femmes fondit aussitôt en larmes, épaulée tant bien que mal par sa consœur qui tentait de rester digne, malgré les cernes profonds sous ses yeux et son teint trop pâle. Aidée dans ses formulations par celui qui leur faisait office d'avocat, elle expliqua qu'elles et leurs défunts maris avaient entendu les fameuses rumeurs sur la "trahison" de Mysti à Daein, le soldat mort par la main du général Duncan, les non-représailles et tous les détails qui lui revenaient à l'esprit sur le commencement de cette histoire. De là, son mari avait cédé à une pulsion de rage et projeté de passer à tabac Mysti pour bien lui faire comprendre qu'il lui en coûterait de nuire à Criméa.
Elle insista fortement sur le fait que son intention n'avait pas été de tuer, mais de menacer, et que sa femme l'avait suivie par solidarité, ainsi que leur voisine et son propre mari. Une fois rendus sur le lieu du duel, et les circonstances aidant, ils avaient frappé fort, plus fort que voulu, mais sans jamais franchir le pas jusqu'au meurtre contrairement au rouquin qui avait brusquement surgi et abattu les deux hommes ! Hélas, aucun témoin, hormis Mysti, ne pouvait confirmer l'entièreté des faits, et elle serra les dents tandis que l'avocat concluait sa plaidoirie sur une présomption d'innocence, les intentions valant autant que les actes dans cette situation.
Cinq témoins de moralité furent appelés à la barre : des commerçants, des voisins, qui s'accordèrent tous sur le fait que les maris et leurs épouses restaient d'ordinaire courtois et sympathiques. Discrets par moments mais sans tenir des propos aussi extrémistes que le meurtre. Les marchands venus de Daein, il était vrai, avaient répandu beaucoup de nouvelles qui pesaient sur le moral de la capitale.

Le juge demanda alors le silence, résuma en quelques mots avec l'accord des jurés autour de lui les principaux chefs d'accusation qui pesaient pour le moment sur Engar et Blaze : coups et blessures pour le premier, tentative de meurtre sur la personne d'un haut dignitaire Criméan (selon la version maladroite de Madame), ainsi que meurtres avérés pour le second.
Les femmes eurent droit à leur lot d'anxiété puisqu'il ajouta à leur adresse les motifs de coups et blessures et tentative de meurtre également, ne sachant pas prouver la nuance entre l'intention et l'action effective si personne n'était intervenu.

On avait également assigné un "avocat" aux Marqués, mais il restait préférable qu'ils s'exprimassent par eux-mêmes, dans des termes simples et précis, sans hausser la voix.

"La parole est maintenant à la défense."
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MessageSujet: Re: La Bastille [PV : Engar]   Jeu 5 Avr - 10:15



Blaze eut un léger sourire à la proposition d’Engar et accepta malgré lui les plantes, un peu d’aide pour récupérer n’était pas de refus. Son endormissement rapide trahit sa faiblesse physique, tombant dans un sommeil profond. Ainsi les jours passèrent, mais n’allaient pas pour le mieux. L’état de son compagnon de cellule l’inquiétait, au point où son propre sommeil en souffrait. Bien qu’il affichait toujours son visage jovial, par moment ce dernier s’effritait pour refléter sa fatigue et sa difficulté à accepter d’être enfermer. L’inactivité le rongeait comme un cancer, il ne tiendrait pas longtemps. Fort heureusement, ce ne fut pas le cas.

Le bruit des gardiens qui rentraient étaient devenu commun pour le bretteur, assez pour qu’il ne réagisse pas et continue de se laisser porter par de doux souvenirs. Mais se faire interpeller, c’était presque du délire. Tournant doucement la tête, le Marqué mit un instant à comprendre et à se relever, visiblement rouillé de ses jours d’immobilités. Les autres incarcérés exprimèrent leur haine, c’était du favoritisme en vérité, le bretteur le savait et soupirait en suivant avec Engar le maître de la prison, après avoir reçu, histoire de bien rajouter du sel sur la plaie, une nouvelle paire de menotte. Génial… Il était entre l’appréciation d’être considéré comme un être humain valide, et vexé de l’absence de considération sur sa condition. Bah. Des futilités.

Ce n’est qu’une fois loin des oreilles indiscrètes qu’on révéla que Mysti avait certainement travaillé d’arrache-pied pour les faire sortir le plus tôt possible. Un procès sinon. Un concept totalement inconnu à notre Hatarien, mais ça devait ressembler à un réglage de compte, avec un arbitre, sans contact physique. Un truc chiant quoi. Mais c’est le général qui lui avait dit de s’adapter aux lois de chaque pays alors qu’il en soit ainsi. Blaze écouta en soupirant les recommandations, cela allait être barbant, mais nécessaire. Un petit sourire sarcastique se dessina sur son visage et ne le quitta pas du trajet. Discrètement, il murmura à Engar :


« Eh bien on peut dire qu’il a fait vite le bougre… » La tâche accomplit par Mysti relevait effectivement de l’acharnement tant il avait entendu la longueur des incarcérations de la bouche des autres emprisonnés. Plus tôt était ce procès, mieux s’était. Son attitude acide se fonda pour un voile plus sérieux, on pouvait rire de beaucoup de chose, mais il y en avait d’autre qui méritait bien plus qu’une attitude désinvolte.

(Ainsi c’était ça la salle d’un procès ? Avec bien peu de monde, j’ai cru entendre qu’il y avait beaucoup plus) pensa-t-il en observant longuement la salle, reconnaissant immédiatement Mysti et hochant la tête pour un signe discret d’appréciation. Beaucoup en revanche, était inconnu pour Blaze, sauf les femmes qu’il reconnaissait. Il n’y prêta pas attention pour l’instant, tout à sa compréhension de ce milieu nouveau. La position faisait qu’il était en dessous du juge qui… le jugeait visiblement.

La suite prit une tournure à laquelle il s’attendait. Ecoutant calmement les paroles des femmes, il en retint l’essence des accusations. L’envie de faire entendre son dédain devant les larmes le prit mais il se retint. Fondre en larme devant un juge était quand même quelque chose de très déloyal. Certes, elle avait ses raisons pour pleurer, mais continuons. Les rumeurs sur Duncan, l’évènement où il était même présent… Ainsi ils ne voulaient pas tuer Mysti, il y croyait, cela semblait assez cohérent.

La véritable épreuve par contre, était d’écouter les témoins de moralité. Ils rappelèrent tous à Blaze à quel point prendre une vie est un fardeau, mais un fardeau qu’il avait choisi et qu’il assumait jusqu’au bout. L’accusation tomba, meurtre avérée hein ? Si vous saviez. La défense ? Fichtre, pour un bretteur, ce terme n’était pas dans le vocabulaire. Blague à part, Blaze regarda l’avocat ? Ce n’était pas un fruit ? Un légume ? Enfin, le type qui devait l’aider à se défendre. Sur un accord rapide, il s’avança et s’éclaircit la gorge.

« Je ne dénie pas l’accusation. J’ai bel et bien tué ses hommes. Je revenais de mon duel avec le chevalier Heinkel, cherchant Mysti qui avait disparu entretemps. Et c’est ainsi que je l’aperçus inconscient, battu au sang pour ne pas dire quasiment à mort, par 4 personnes avec Engar qui se défendait alors que l’un avait brandit un couteau. »

Il s’arrêta et reprit sa respiration, pesant lourdement chaque mot et argument.

« La raison pour laquelle j’ai ainsi agit n’est pas parce que Mysti est noble, ou un général, ou même une grande figure de ce pays. Je l’ai fait car c’est mon ami. Ses quatre villageois l’ont passé à tabac, risquant de le tuer alors qu’il était infirme, et avec une arme pour finir le travail si jamais il se défendait. »

Une nouvelle pause, un nouveau silence pour se ressourcer et retrouver les bons termes. Chacun comptait.

« S’ils avaient pris la fuite à la vue d’Engar, je n’aurais pas poursuivis, mais l’un a tenté de le poignarder. Mes actions étaient, je l’admets, régit par la colère, mais également par la perspective du danger. Engar n’était pas armé si ce n’était une canne, il aurait certainement pût y rester. Je n’ai ni l’armure, ni le bouclier. Ils étaient une menace, et j’y ai répondu de la seule façon que je pouvais, étant également moi-même infirme à un certain degré. »

Blaze retira la manche de sa veste, laissant transparaitre les énormes traces de brûlure magique sur son bras droit. Sans une épée, il aurait été bien moins capable de défendre Mysti et Engar. L’idée de mentionner la loi de l’arme lui vint en tête, mais visiblement ils n’apprécieraient pas. Chaque homme qui porte une arme doit être prêt à mourir, les villageois savaient ce qu’ils faisaient et ce qu’ils risquaient. Il y avait aussi le fait qu'il avait été au côté de Mysti durant l'accident de Nevassa, ce qui l'obligeait d'autant plus à défendre le général devant ces accusations.

Sur ce, il laissa un silence et parole à Engar. L’avocat reprendrait certainement après leurs déclarations afin de mettre le tout sur table. Blaze se savait un piètre orateur après tout…
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MessageSujet: Re: La Bastille [PV : Engar]   Lun 9 Avr - 18:58

... Franchement, même si la nouvelle est plaisante, je crois que j'aurai préféré voir la gueule de Mysti que m'entendre dire qu'il n'était pas là, ne serait ce que pour m'assurer qu'il n'était pas devenu encore plus pâle qu'avant ! Plus sérieusement c'est mieux que rien... Pouvoir bouger, sortir d'ici, penser à autre chose que ce que ces voix répètent encore et encore dans ma tête. A vrai dire, à force de penser à cela j'en viens à ne presque pas entendre les protestations des autres prisonniers et de toute façon quelle importance ? La plupart d'entre eux ont déjà dû être condamnée et pour le reste... Je m'en moque franchement, ce n'est pas à moi de juger de leur mérite. Ce que je sais, c'est que MOI je n'ai rien à faire ici, point.

Oh bien sûr ce n'était pas si simple, nous ne sommes pas libres, loin de là, et les entraves qu'on nous met le montrent bien assez, mais ça fait déjà du bien de se dégourdir les jambes... Et puis je suis optimiste, surtout quand il nous est avoué que Mysti est derrière cette comparution rapide. Après tout il a bien réussi à me défendre et à s'assurer que ma peine n'était pas trop sévère alors que j'étais en tort, alors qu'est ce que ça serait là où j'étais dans mon bon droit ! D'ailleurs le geôlier n'est pas dupe, semblant presque complice de tout cela alors qu'il nous disait que tout irait bien si on se tient correctement... De toute façon je crois ne pas vraiment être en état de m'emporter, quant à Blaze... C'est moins sûr cabotin comme il est !

"Il a ses défauts, oui, mais quand il est motivé il fait au mieux..."

Je suis d'une certaine façon flatté, bien qu'assez peu surpris, des efforts que le général a visiblement déployé pour nous. D'une certaine façon il nous doit bien cela, mais après tout, les nobles ont parfois la mémoire courte, même si lui est différent.

C'est sur cette pensée que je me retrouve pour la deuxième fois devant un juge, et j'espère bien que persévérer aux côtés de Mysti ne va pas faire de cela une habitude. Cela dit, la situation est quand même différente de celle de Beignon. Après tout, il n'y avait pas d'équivalents aux femmes en pleurs là bas, c'était moi face au juge, un juge qui poussé par sa foi pour les deux garces ne pouvait que me déclarer coupable au regard de fait irréfutables ! Là... C'est différent, les faits sont plus troubles, le public est différent, et même le juge semble moins hostile... Que de raisons d'être en confiance !

Je suis d'autant plus satisfait en voyant que nos "adversaires" ont droit au même traitement que nous, les mains liées par des attaches et placé face à nous... Elle ont l'air épuisé physiquement comme moralement et sur ce point qui pourrait les blâmer ? Elles ont perdu leur mari et sont dans une situation fort délicate. Pour autant dois je avoir pitié d'elle ? Non, car cette situation c'est elles qui l'ont causé et c'est de façon impitoyable que je les fixe durant leur discours et celui de leur avocat, tentant de justifier leurs actes, et comment s'y prennent elles ? Par des atermoiement et en invoquant des rumeurs ! En sommes elles invoquaient la colère comme prétexte, et j'ai bien du mal à croire en l'absence d'intention de tuer... C'est sans doute cruel de ma part, mais prendre une vie lorsqu'elle a fait le choix de s'exposer de la sorte ? Je n'ai aucune raison de le regretter, peu importe la tristesse que cela cause.

Mais pour ma part je m'en tire de toute façon assez bien, n'étant retenu que des simples blessures, le genre de chose que je peux facilement justifier, mais c'est pour Blaze que c'est le plus délicat... Blaze qui au signe de notre avocat fait preuve d'une certaine habilité oratoire qui tranche avec son attitude habituelle, et, inconsciemment, j'acquiesce à la plupart de ses propos. Il ne fuit pas ses actes et les assume, tout en soulignant en quoi ils étaient justifiés, voir légitimes, que ce soit ses attaches avec Mysti, ma relative vulnérabilité... Et justement cela prépare le terrain à mon intervention, qui suit la sienne, une fois que tout le monde a eu le temps de bien voir l'impressionnante cicatrice marquant son corps...

"Je ne dénie pas non plus les accusations à mon égard. J'ai effectivement frappé presque chacune des 4 citoyens de Criméa qui ont assailli le général Mysti, pourquoi donc ? J'étais à l'origine présent pour assister au duel mentionné par Blaze, et c'est durant ce dernier que j'ai remarqué le départ du général, ce qui, au vu de son état, m'a surpris. J'ai suivi la piste que lui et ses agresseurs ont laissé, pour finalement les voir en train de rouer de coups le général."

Tout en parlant, je m'efforce de ne pas m'emporter... Mais ce que je cache dans ma voix se transmet par les gestes de main que je bouge avec virulence, à l'image de la violence de la scène.

"Or le général était dans un piètre état après les événements de Sienne et il m'a paru évident que cela n'avait pas dû échapper à ses agresseurs, sans quoi je doute qu'ils auraient ne serait ce que l'audace de s'en prendre à lui, et ce qui m'amène à demander comment ils ont pu penser qu'il aurait survécu à un tel déchaînement de violence au vu de l'état de faiblesse dans lequel il était déjà ! A cet instant quels étaient mes choix ? Appeler à l'aide, ou intervenir !"


Je laisse à cet instant flotter un bref silence, en partie afin de me calmer un peu, éviter que ma voix ne trahisse trop mon énervement.

"Certes... Je suis un étranger, et agit comme si j'étais de la garde était déplacé, mais... Si nul n'avait entendu ce qui se passait, je doute que les personnes seraient arrivés à temps pour sauver Mysti, alors je suis intervenu... Et certes on pourra me reprocher ma violence, avoir fait mal plus que nécessaire pour les maîtriser, mais... Je suis un homme d'arme, oui mais un archer avant tout, le corps à corps, ce n'est pas ma spécialité. ce que je sais par contre, c'est que l'effet de surprise compte pour beaucoup, alors j'en ai profité. J'ai frappé vite et fort pour cela, mais aussi m'assurer que cette fois aucun des responsables ne puissent échapper à ses responsabilités. Je n'ai pas chargé au milieu des morts pour le tirer de là pour qu'ils périssent sous les coups de quelques individus haineux ! Et justement... Nous avons tous entendu quels individus raisonnables et "ordinaires" ils étaient avant cet incident, mais si je puis me permettre... C'est le cas de tout criminel avant qu'il ne commette son premier crime, de fait je ne suis pas sûr de voir ce que les témoins veulent signifier par leur propos."

C'est sans doute présomptueux de ma part, et c'est vrai que je me suis acharné un peu plus que de raison, mais c'était alors réellement mon intention. Qu'ils payent pour leurs actes, et pas forcément de ma main... Un prix que deux d'entre eux avaient plus que payer, mais justement.

"Et... Si je peux me permettre un détail concernant Blaze, un des deux hommes qu'il a exécuté n'aurait probablement pas survécu à ses blessures, qu'il s'est infligé lui même. Voyez vous, alors qu'il a tenté de me poignarder il n'a pas fait attention aux reste de canne que je tenais devant moi et s'est empalé dessus... Une profonde plaie au ventre, le genre de truc dont on crève lentement et qu'il est pratiquement impossible de soigner... "


Des propos crus, et peut être que je me trompe, mais Ethan m'a mis en garde plus d'une fois contre ce genre de plaie, et les récits qu'il m'en a fait ont suffit à me convaincre qu'il valait mieux mourir rapidement d'un coups à la tête que d'une telle plaie... Enfin bref, c'est là tout pour moi, voyons donc la suite...
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MessageSujet: Re: La Bastille [PV : Engar]   Lun 9 Avr - 21:19

Juge et jurés écoutèrent avec la plus grande attention les récits des deux accusés, le silence troublé uniquement par leurs voix plus ou moins assurées et par le grattement du greffier qui consignait sur le papier, selon l'usage.
Au témoignage de Blaze, certaines expressions se firent plus douces, émues par cette amitié qui visiblement comptait beaucoup. Il avait beau parfois ne pas comprendre ou approuver les coutumes criméanes, la loyauté en était une valeur qu'il était bon, ici, de chérir.
Celui d'Engar créa une sorte de malaise perceptible dans l'assistance, surtout lors de sa dernière prise de parole, pas vraiment utile pour relater les faits mais suffisamment explicite en détails. Sur le moment, le greffier hésita même à détailler dans son rapport. Le juge lui-même avait suspendu pour un instant son attention sur cette anecdote, avant de reprendre contenance.

"Nous allons maintenant entendre les six témoins de moralité qui ont été réunis pour votre défense. Premier témoin s'il vous plaît !"

Un premier soldat, reconnaissable à sa démarche cadencée, entra par les portes du tribunal. Il s'agissait d'un individu visiblement ordinaire, qui expliqua avoir connu Blaze lors d'un précédent séjour à Criméa, celui qui avait poussé Mysti à défier l'actuel roi en duel au nom d'Elincia. L'homme s'emballa quelque peu et dériva sur des détails épiques du duel en question, pour finalement terminer après un petit raclement de gorge du juge, sur le fait que le rouquin était fin batailleur, tant en amour, qu'en amitié ou à l'épée. Cela ne faisait pas de lui pour autant un meurtrier, mais une personne prompte à s'enflammer.
Un autre militaire entra en tant que second témoin, que le Marqué pourrait reconnaître bien plus facilement puisqu'il s'agissait de l'un de ses camarades d'infortune de Nevassa, celui qui avait prêté son épée. Il raconta l'anecdote et souligna le point d'honneur qu'avait mis Blaze à rapporter l'objet à son propriétaire, comme promis.
Enfin pour les témoins en faveur de Blaze, arriva Heinkel lui-même, bien moins impressionnant sans sa lourde armure. Il narra de son point de vue le duel, ne l'ayant pas quitté du regard jusqu'à ce que la fin s'imposât entre eux. Même en imaginait qu'il l'avait voulu, l'Hatarien n'aurait pas eu le temps de perpétrer son forfait, et de nombreux témoins pouvaient confirmer qu'il avait récolté toute l'attention.

"Pour quelle raison vous battiez-vous ?
-Une revanche sur un duel précédent. Blaze est assez mauvais perdant, et je crois qu'il s'est mis en tête de me défier encore et encore jusqu'à pouvoir me battre. Sur ce point je crois qu'on peut dire qu'il est droit comme une lame, ce qui est qualité chez un bretteur.
-Il pourrait donc, si quelqu'un le contrariait, s'en prendre à cette personne jusqu'à obtenir satisfaction ?
-Seulement dans le cadre d'un duel réglementé. Nous avions un arbitre, un terrain délimité, et en cas de besoin une paire d'infirmiers que j'avais conviés à assister au duel. Ces derniers ont malheureusement été bien utiles, mais pas dans l'usage auquel je pensais...
-Vous vous rangez donc du côté de l'innocence de cet homme ?
-Et comment !
-Bien. Vous pouvez retirer. Quatrième témoin !"

En ressortant, le chevalier donna une tape amicale sur l'épaule de Blaze en passant, laissant sa place à une cavalière-pégase qui avait accompagné Engar et Mysti dans l'unité spéciale partie vers Sienne. Sans s'attarder sur les détails sanglants de cet épisode, elle mentionna le fait que le Marqué avait, comme les autres, combattu, secouru et monté la garde, et les occasions de faire passer le meurtre du général pour la fin logique consécutive à ses blessures n'avaient pas manqué. Il était un étranger certes, mais pas plus malintentionné qu'un autre au regard du contrôle qu'il exerçait sur lui-même.
Le second témoin était un homme de la patrouille qui avait "intercepté" le Marqué dans le petit village criméan qui souhaitait sa tête. Il hésita quelques secondes avant de parler, poussé par l'avocat, des remous que sa Marque avait pu provoquer à l'époque. Aujourd'hui on pouvait la voir clairement, et jusque-là aucun scandale n'éclatait par sa faute, pas plus que des attaques de la part d'Engar sur les honnêtes gens qu'il croisait dans la rue. Interrogé sur le tempérament de l'archer, l'homme se contenta de répondre que la guerre se répercutait aussi bien sur les étrangers que sur les Criméans, amenant à des comportements parfois disproportionnés pour des situations facilement évitées.
Pour conclure la ronde des témoins, on appela Laguerran à la barre. Son statut de noble fit naître quelques murmures parmi les jurés, bientôt étouffés par les faits de Sienne qu'il avança, notamment sur la veille constante exercée auprès de Mysti et la bonne foi qu'il avait démontrée. D'un regard un peu appuyé sur quelques mots bien précis, il fit comprendre au Marqué qu'il désapprouvait encore sa décision d'avouer de but en blanc la mort d'Azelian à son protégé, mais cela n'avait pas à apparaître dans une discussion de tribunal.

"Cet homme traîne quelques démons derrière lui, comme beaucoup d'entre nous. J'ai pu constater par ailleurs que les cauchemars l'assaillaient souvent à notre retour... Toutefois, lorsque l'on rencontre la Mort personnifiée, il est difficile d'échapper à ses griffes, plus encore à son souvenir. Je ne crois pas que cela fît de nous, nous tous, combattants de l'espoir, des criminels en puissance. Si c'était le cas, je me ferais bien plus de soucis pour tous ceux qui gardent dehors les murs de notre belle cité, ceux de Nevassa, ceux de Sienne, ceux des capitales laguz. Nos dirigeants et dirigeantes eux-mêmes, doivent sans doute perdre pieds par moments. Pourtant, en cas de coups durs ils sont toujours là. Ils lèvent le fer pour leurs sujets, leurs amis, leurs familles, leurs pays, pour tout ce qui compte ! Engar, je l'espère, est de cette trempe-là.
-Bien Messire, vous pouvez vous retirer. Il est temps de résumer les faits à nouveau, avec la nouvelle lumière apportées par tous ces précieux témoignages. Greffier, s'il vous plaît."

La plume continua de gratter quelques secondes, puis l'intéressé se leva, un long rouleau de parchemin noirci entre les mains.

"Globalement, les faits sont les mêmes : on retrouve le général Mysti de Méline à terre, suite à une altercation commencée par feu Gundobal, cordonnier du faubourg. Selon la version de l'accusation, le but n'est pas de tuer mais d'intimider, surgissent alors les sieurs Engar puis Blaze, qui les attaquent avec violence. La rixe tourne à l'effusion de sang avec l'assassinat d'un premier, puis d'un second homme par Blaze, lequel prend conscience trop tard de ses actes et parvient à s'empêcher de tuer les deux femmes ici présentes. Si l'une d'elles n'avaient pas hurlé, il aurait probablement perpétré ces meurtres, ainsi que celui du général avec la complicité d'Engar.
Selon la version de la défense, ils sont effectivement arrivés à tour de rôle, mais se sont posés dans le rôle de protecteurs, réagissant de manière instinctive et brutale afin de couper court à l'agression de leur ami. La déposition des militaires qui les ont arrêtés précise en outre qu'ils se sont rendus sans résistance, et en lâchant leurs armes à la première sommation.
-Il y a donc coups et blessures, tentative de meurtre sur la personne d'un haut dignitaire Criméan, ainsi que deux homicides, contre assistance à personne en danger et légitime défense. Aucun des deux partis n'a de témoins directs de la scène, autre que l'accusation ou la défense elle-même. Pour tenter d'éclaircir un peu plus cette affaire avant de délibérer, nous allons donc interroger le principal intéressé de cette affaire : j'appelle à la barre Messire De Méline, victime d'une quadruple agression en état de faiblesse avancée."

Jusque-là très en retrait au point qu'on pouvait oublier sa présence, le mage se leva et avança en claudiquant légèrement sur une nouvelle canne vers le siège désigné pour lui. Si le reste de ses blessures passait relativement inaperçu sous son ample chemise de lin blanc, son visage sur la partie gauche était tuméfié. Une lèvre fendue et quelques hématomes ressortaient sur un fond de bleus et d'égratignures tout juste cicatrisées. Malgré tout, il conservait un air digne et impassible, habitude de commandement durement acquise au fil des années.
Les femmes blêmirent un peu plus de le voir dans cet état, et même de le voir tout court après le traitement qu'il avait reçu si peu de temps avant.

"Jurez-vous, Monsieur le Duc, de nous présenter la vérité, rien que la vérité et toute la vérité ?
-Je le jure, au nom des déesses et de mon pays.
-Demeurerez-vous impartial, malgré l'implication de vos amis dans cette affaire ?
-Tels sont mes vœux de chevalerie.
-Qu'il en soit ainsi. Vous avez entendu les faits de la bouche des deux partis, et étiez donc le seul témoin impliqué, en-dehors d'eux, qu'avez-vous à nous dire ?
-Eh bien... Je ne peux guère vous désigner clairement de coupables, Monsieur le Juge. La situation est telle que, à mes yeux, nous le sommes tous à notre façon."

Les jurés se mirent à s'invectiver à voix basse, rappelés à l'ordre par un énergique coup de maillet qui ramena l'ordre dans la salle.

"Qu'est-ce à dire Messire ?
-Je me rappelle de ceci : les membres de l'accusation, ainsi que leurs époux, vinrent me trouver au début du duel de Blaze et Heinkel, afin de demander mon assistance pour un problème urgent selon leurs dires. Je fus tenté de les aiguiller vers la caserne pour un soutien plus... solide, mais je pensai alors que pour venir chercher un blessé, l'affaire ne devait que de mes propres compétences. J'accédai donc à leur requête. Une fois hors de portée de voix, ils ne se concertèrent que du regard, et je me retrouvai adossé de force à un arbre avant de comprendre. La canne qu'évoquait Engar tout à l'heure devait donc être la mienne.
Je connaissais Gundobal, ainsi que son épouse et les deux autres. Des villageois de modeste condition, pas plus miséreux ni aisés que d'autres, comme on en trouve beaucoup dans les faubourgs et les quartiers commerçants. Je pouvais entendre sa colère, mais sans me laisser le temps d'argumenter ou de poser la moindre question, je fus précipité à terre, et frappé avec force. Pour avoir déjà reçu de nombreux coups durant les guerres, ou après, je peux vous certifier qu'ils n'étaient pas retenus. Et la douleur me fit perdre connaissance. Je ne vis ni Engar, ni Blaze, j'ignore ce qui se produisit après autrement que par les témoignages.
Cependant, ces deux hommes sont des amis de longue date, et ont eu beaucoup d'autres occasions de mettre fin à mes jours, qu'ils n'ont pas saisies. Pourquoi ? Leurs raisons leur appartiennent, mais je pense qu'il s'agit d'un lien. Une amitié pour Blaze, un espoir pour Engar. Quant à ces femmes... eh bien, avec le contexte actuel, je suppose qu'il est tout à fait normal pour des civils de prendre peur à la moindre occasion. Ce qu'il s'est passé à Nevassa, dans nos champs, ou à Sienne, donnerait des sueurs froides à n'importe qui. Mais contrairement aux ragots que l'on colporte, j'estime avoir servi mon pays au mieux !
"

Mysti se leva, d'un geste qui sonna comme de la colère aux yeux des jurés, de la dignité à ceux du juge et de diverses nuances pour les autres personnes présentes. Il posa sa canne sur le côté et commença à défaire les boutons de sa chemise, pour ensuite la retirer. Un homme s'avança alors du fond de la salle, visiblement inquiet.

"Messire je vous le déconseille vivement... !
-Peut-on savoir qui vous êtes ? Tonna le juge. Que faites-vous ?
-Son médecin attitré, Votre Honneur. Je puis attester de son état de santé avant et après les faits, et surtout contester le genre de preuves que...
-Criméa a besoin de voir, alors je vais commencer à prouver à ceux qui m'en veulent qu'ils ont tort. Je vous prie de ne pas interférer."

Le guérisseur vira au rouge et soupira bruyamment, tandis que le chevalier ôtait sa chemise, puis s'attelait à défaire les bandages autour de sa poitrine. Le Juge demanda le silence à nouveau, mais les discussion prirent du volume chez les jurés, au milieu des employés administratifs de circonstances et des avocats. Lentement, la large blessure infligée par Death, qui semblait sur le point de se rouvrir d'une seconde à l'autre, apparut à la lumière. On pouvait aussi voir la trace de lance de Famine au niveau d'un flanc, celle de Peste sur l'épaule gauche, et d'autres bleus et entailles, moins graves mais impressionnants.
Le chevalier grimaça de douleur, encore suturé sur toute la longueur du torse, tandis que le médecin à ses côtés l'aidait à se rasseoir en grommelant à voix basse.

"Ces plaies, Criméanes, sont celles que j'ai reçues pour vos et vos maris, pour tous nos compatriotes, pour les Daeinites comme pour les Begnonnais. Il est vrai qu'une vie n'a pas été dûment vengée à Nevassa; il est vrai que le général Duncan l'a prise sous mes yeux. Si j'avais répliqué, serait-il mort ? Le roi Sothe aurait-il survécu ? Dormiriez-vous plus tranquilles maintenant ? Aurais-je déclaré une guerre contre notre ami d'hier, celui avec lequel nous avons tant de mal à préserver la paix aujourd'hui ?
Ma décision était peut-être la mauvaise, j'en porte le poids chaque jour. Néanmoins, si cette vie, si ce seul homme a pu empêcher une guerre avec son sacrifice, si mon choix a été juste et sage, si toute l'armée n'a pas à prendre les armes pour combattre nos semblables, alors je l'assume et continuerai de la porter.
A écouter les marchands et les rumeurs, vous devenez aveugles mes sœurs. Aveugles à l'avenir, aveugles aux conséquences. Nous confronterons Duncan, avec Elincia, avec Geoffrey, avec Bastian, des démarches sont déjà en cours pour savoir si oui ou non une révolte se prépare contre Criméa. Et croyez-moi, je serais prêt à l'attendre. Seulement, pour cela, j'ai besoin de temps, et j'ai besoin de la confiance de mon peuple. Pas de ses poignards dans le dos.
"

Le regard noisette du chevalier se durcit, et une colère farouche les anima comme d'une lueur brûlante.

"Ce que vous m'avez fait relève de la trahison. J'ai toujours tenté de rester bon pour les petites gens comme pour les nobles, équitable envers tous, les Marqués, les Laguz, les Beorcs, les femmes, les hommes, les enfants, les vieillards, les preux comme les lâches. Je ne changerai pas. Je... Arg...
-Messire, il suffit, vous vous fatiguez trop !
-Un peu de glace...
-Mettez fin à votre témoignage et je pourrai m'occuper correctement de vous.
-En ce cas... Je n'ai rien à ajouter dans cette affaire, Votre Honneur...
-Les jurés et moi-même allons donc délibérer. Veillez à récupérer pendant ce temps Messire."

Le silence fut brutalement rompu par le bruit des chaises qu'on repoussait en arrière, celui d'un garde qui recevait des instructions pour procéder à des soins d'à-point sur le général. A être resté trop longtemps debout, il voyait des Fraise lui tourner autour, et le souffle lui manquait. Les villageoises ne disaient plus rien, celle en pleurs tremblait tant que son avocat l'invita à s'asseoir à son tour. Leur sort, à elles et aux Marqués, reposait désormais dans les mains d'une douzaine d'inconnus.
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MessageSujet: Re: La Bastille [PV : Engar]   Jeu 12 Avr - 16:09



Se tenir tranquille était difficile lorsque l’on est observé. Etre le centre d’attention a toujours été à la fois un plaisir, et aussi une position compliquée. D’un côté, dans sa jeunesse, il adorait faire le show, montrer à tout le monde ce qu’il savait. Mais aujourd’hui, bien que son attitude joueuse subsistait, il n’empêche qu’être aussi comme cela était presque malsain pour lui. Il s’était toujours dit qu’il assurerait le jour où cela arriverait et pourtant… Il voulait vraiment que cela ne dure pas plus que nécessaire. Priant pour qu’Engar soit aussi incisif, il fut hélas… assez perplexe. Ce dernier avait envoyé les faits avec brutalité, clairement, le passif rendait ses explications plus… bancales, on pouvait sentir qu’il se maitrisait difficilement.

Contrairement à lui, Engar semblait vraiment en avoir dans les tripes, laissant parfois des mentions en plus que juste les faits et ses raisons. Lui s’était abstenu de mentionner ses précédentes rencontres avec Mysti dans l’espoir de les appliquer comme un ajout sur ses arguments. Brut de décoffrage et remontée, l’argumentaire de l’archer était… glissant, n’ayant pas de meilleur terme. Fort heureusement, plusieurs soldats témoins, dont Heinkel qui prit sa défense malgré sa faute qu’il reconnaissait. Il eut même un sourire en l’écoutant. Mauvais perdant, franchement. Non. Il était le pire des perdants plutôt ! Blague à part, il semblerait que le grand oubliait le simple concept de l’honneur. Il n’avait pas la vengeance où la volonté d’humilier Heinkel. Mais en soit, il venait de le défendre, cette remarque n’avait pas sa place. Visiblement, sa défense était plus aisé, celle d’Engar… moins.

Vint ensuite Mysti et… Cringe. Toujours aussi mou, sans tranchant véritable. Cela confirmait une chose, de Méline était avant tout un humanitaire, et un piètre général. Blaze fit littéralement un facepalm en le voyant révéler ses blessures. Ce n’est pas comme ça qu’on intime le respect, surtout quand elle nous affecte encore. La seule chose que cela pouvait faire ressentir envers général était de la pitié. Car aussi impressionnante qu’elles soient, Blaze savait qu’elle était le résultat d’échec, d’échec pas encore réparé. Son discours trahissait sa propre confiance en sa morale. Il ne regrettait pas ce geste, il en portait le poids, mais ce dernier était bien plus léger quand on sait qu’on a raison. Dans sa barbe, Blaze murmura.

« C’est toi qui aveugle à tes propres erreurs… »

La confiance ? De bien belles paroles, c’est, et cela restera la cruelle réalité que Mysti se refuse à voir dans les yeux. On a bien plus confiance en des armes de guerre qu’à de fragiles accords politique. Ce décalage à la réalité le tuera, et cette idée l’attristait tout autant que cela l’énervait. Son ami ne méritait pas cela, mais comment lui faire comprendre ? Accepterait-il simplement qu’on lui dise que ses méthodes, aussi nobles soient-elles, ne sont pas efficaces ? Il pouvait se permettre une telle souplesse en temps de paix, mais la guerre… Quelque chose arrivait, Blaze le savait, les nations le savaient, tout le monde qui avait un minimum de connaissance sur l’état du monde le savait. Le monde n’a pas besoin de Mysti le bon, le juste et le vertueux pour l’instant, Criméa a besoin d’un général…

Secouant la tête, il souffla ses idées de sa tête, ce n’était ni le moment ni l’instant pour confronter ses idées. Il venait de se faire encore souffrir pour lui, encore et toujours…  Blaze ne se retint plus, il regardait Mysti se faire soigner et détourna le regard, las de le voir encore dans un tel état. Pourtant, les avocats commencèrent une sorte de magouillage de mot. Cherchant constamment à mettre l’autre en déroute. Mortifié par un tel spectacle, le juge frappa du marteau et imposa un long silence, pesant longuement le pour et le contre.



« Libre… »

Le juge avait rendu son jugement. Coupable  il était, et à Mélior il devait rester un court instant, mais libre. Sa volonté de protéger et ses intentions étaient retenus comme circonstances atténuantes, ainsi que sa relation avec le militaire, à la fois par le général mais aussi les soldats qu’ils avaient fréquentés. Restait le jugement d’Engar…
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MessageSujet: Re: La Bastille [PV : Engar]   Jeu 19 Avr - 0:31

Visiblement mes propos n'avaient pas plu à tout le monde... Certes ce n'est pas le moment pour susciter ce genre de réaction, mais pourtant j'ai réellement fait des efforts pour ne pas être trop agressif ou vindicatif. En somme j'ai fais ce que j'ai pu et je verrais quel en sera le résultat. Pas ma faute non plus si la plupart des personnes réagissent mal face à l'énoncé de la vérité quand cette dernière est sèche et déplaisante... Mais au moins cela ne sembla pas pousser les témoins à nous lâcher et chacun d'entre eux prirent la parole.

Les premiers défendirent ainsi Blaze, soulignant à quel point il s'agissait d'un individu certes bravache mais respectant les limites de l'honneur et des valeurs morales communément admises... Sans réelle surprise dans le fond, car après avoir discuté avec lui, notamment de son projet, tout cela paraît évident. Cela étant je suis curieux de savoir ce que les témoins pourront dire sur moi... Et je suis surpris à vrai dire que Mysti en ait trouvé autant, mais je n'en suis pas moins flatté par ce qui est dit, et ce malgré la surprise que j'éprouve à voir Laguerran prendre ma défense et le regard noir qu'il m'adresse ! Après quoi je suis plutôt confiant. Après tout, même s'il est vrai que mon comportement passé, comme je l'ai dit à l'égard de nos "adversaires", ne saurait être une excuse à des actes criminels, cela évite, je suppose que je sois perçu comme un fauteur de trouble notoire... Même si c'est un peu vrai, mais pas à Criméa.

Cela étant, j'aurai préféré éviter que mes cauchemars soient évoqués devant tout le monde, mais bon... Je suppose que ça doit me faire paraître plus humain ou une bêtise du genre. je ne peux pas deviner après tout à quoi pensent les juges, même si j'en ai déjà eu un devant moi.

Au moins cette affaire touche à sa fin, du moins c'est ce que je pense alors que sont rappelés les faits et les versions des deux parties. Seulement, quand il est mentionné l'absence de témoin, je sens qu'il y a anguille sous roche...Et je ne peux m'empêcher de me lever assez vivement lorsque Mysti de Méline est annoncé comme se présentant. Bon sang ! Il n'est pas en état ! Seulement... Je suis rappelé à l'ordre par notre avocat, et c'est avec un grommellement que je m'assois et écoute la diatribe du général...

Et je suis bien obligé de dissimuler mon visage pour cacher mon rire... Non pas que je me moque de lui au contraire, mais c'est simplement sa façon de présenter les choses, biens à sa manière, toujours avec des paroles mettant en avant l'honneur et le bien qu'il y avait en chacun ! Pour autant il ne détourne pas les faits... Mais il commence à mes yeux un peu à dériver lorsqu'il ôte sa chemise pour montrer ses plaies, une attitude qui m'efface mon sourire ,d'autant plus au vu de l'agacement manifeste de Blaze à ce spectacle. Seulement... Je ne suis pas tout à fait d'accord avec lui, une fois encore.

Ce qui semble être ainsi de la faiblesse aux yeux de l'épéiste est au contraire pour moi une preuve de force. Malgré les blessures qui l'accablent, Mysti se tient ici, pour nous défendre, nous des personnes auxquels il croit... Alors s'il est capable de cela pour juste nous deux, il est aisé d'imaginer ce qu'il serait déterminé à faire pour sa patrie bien aimé... Et certes on s'éloigne du sujet de l'affaire, mais c'est la peur qui est à l'origine de cela, et le général essaye de la détruire, et ce en commençant à balayer l'ignorance, en partageant ce qui est fait pour corriger les erreurs, mais aussi ce qui reste à faire et ce dont il a besoin... Un discours qui n'écrase pas, mais cherche à fédérer sous un même idéal... Je ne suis pas patriote, et Blaze malgré son attachement à son pays n'a pas la fibre qui existe chez pas mal de personnes, y compris mon mentor dans ses jeunes années, lorsque la guerre ne lui avait pas ôté toutes ses illusions, en partie à cause de général qui les sacrifiait sans jamais leur dire pourquoi ils combattaient... Et cela m'amène au final à répondre à Blaze avec un léger sourire.

"Aveugle ? Il l'admet son erreur, il souligne juste qu'il la supporte... Et si c'est sa façon de faire qui dérange... Dis toi qu'on est là car on a tué deux péquenots comme toi et moi, alors imagine ce que ça aurait été avec un gars comme Duncan..."

... C'est drôle, d'habitude je serai d'accord avec Blaze, la vengeance avant tout, mais après avoir vu les morts à l'oeuvre je ne peux pas... En mon âme et conscience faire passer ce désir égoïste avant une alliance qui m'apparaît comme nécessaire...

Mais rapidement il s'avère que Mysti une fois encore a trop tiré sur la corde. Une vision douloureuse qui m'arrache une grimace, tout en sonnant la fin des plaidoiries proprement dites. Bien sûr les avocats essayent de parler, mais rapidement le juge les intiment au silence, et la sentence tombe.

-----------------------------------

"C'est pas croyable..."

Oh... Ca aurait pu être pire, mais je suis franchement agacé par l'issue du jugement. Blaze et moi coupable, et se voyant infligé la même sentence même si ce que j'avais fait était moins grave. Une histoire de complciité indirecte je crois ou une connerie du genre... Enfin bref au moins pas mal de circonstances atténuantes avaient été retenus et au final la peine était assez réduite, 15 pièces d'or et un mois de travaux forcé...

Sauf que...Réduite tout est une question de perspective. Certes à ce stade on aurait pu être en prison durant des années, voir exécuter, donc je ne devrai pas me plaindre. Seulement, je n'ai plus la moindre pièce d'or sur moi ! Après tout depuis mon jugement à Beignon je n'ai pas vraiment eu l'occasion d'amasser de l'argent. Entre les travaux forcés, les événements de Sienne et mon séjour à Criméa, mon activité de mercenariat était au point mort, et avec ENCORE des travaux d'intérêts généraux pour un mois ça n'allait pas s'arranger. J'apprécie Mysti, mais franchement... Ça continue de se répéter avec lui, et bon sang j'espère que le proverbe jamais deux sans trois ne se vérifiera pas ! Enfin... Ma maigre consolation est que les deux femmes ont été condamnés à la même peine à peu près, elles doivent juste payer moins, 5 pièces d'or... Un écart suffisant pour me paraître assez unique.

Bordel, c'en est au stade où le jugement de Sienne me paraît plus légitime ! Au moins à Beignon j'avais réellement fait des blasphèmes et des hérésies extrêmes, alors que là j'ai beau chercher je ne vois pas ce que je suis sensé me reprocher ! Est ce que je dois laisser crever le prochain Criméen que je vois se faire agresser ?! Faut croire ! Enfin bref... Râler ne m'amènera à rien, et au moins, tant qu'on fait nos travaux, on est libre d'aller où on veut à Mélior...Et ainsi à la sortie du tribunal je me retrouve aux côtés de Blaze soupirant légèrement.

"Ca va être un fichu long mois...Et je me demande comment je vais trouver de quoi payer l'amende à part si je vends mes armes... Sauf que si je les vends autant me mettre à mendier ensuite..."

...En effet je ne me fais pas vraiment d'illusion. Sans arme, je peux dire adieu au mercenariat, quant à l'armée... Je doute qu'ils acceptent les criminels, et Mysti n'est pas homme à enfreindre ce genre de règles juste pour arranger une connaissance.
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MessageSujet: Re: La Bastille [PV : Engar]   Ven 20 Avr - 13:19

Les délibérations se prolongèrent une heure durant. L'atmosphère tendue dans la salle s'était quelque peu délayée avec l'arrivée de boissons fraîches pour tout le monde, quelques discussions entre les gardes, entre les membres des deux parties, voire même entre les avocats sans rapport avec l'affaire présente. Le seul à demeurer strictement dans son rôle était le greffier, qui profitait du répit pour mettre en forme ses notes, les éclaircir ou les agrémenter un peu plus. Le débit de parole se trouvait parfois si rapide qu'il se massait le poignet douloureusement.

Enfin, la porte s'ouvrit et laissa voir de nouveau la totalité des jurés et le Juge, qui reprirent place sur leurs sièges. Le maître du procès attendit quelques instants que le calme revînt, le força en réclamant la discipline.

"Bien, les délibérations ont abouti. En l'absence de témoins directs et neutres de l'affaire, aucune des deux parties n'est capable de prouver son innocence totale, ou la culpabilité de l'autre. Il en ressort donc que la sentence sera partagée par tous les plaignants. Nous retenons les motifs de légitime défense et assistance à personne en danger, agression d'une personne de haute autorité du gouvernement et complicité, meurtres et troubles de l'Ordre public.
Les sieurs Blaze et Engar sont ainsi condamnés, chacun, à verser une amende de 15 pièces d'or à la Chambre du Trésor de Criméa, et pour prouver leur bonne foi quant à leurs actes violents, à remplir 1 mois complet de travaux d'intérêt général.
Pour mesdames Annadelphia et Laurentine, une autre amende de 5 pièces d'or, chacune, devra être adressée au Duc De Méline pour le dédommager des préjudices physiques et moraux, et 1 autre mois de travaux d'intérêt général accompli.
Si vos situations financières, ou familiales, vous empêchent de régler vos dettes dès à présent et en une seule fois, je vous invite à contacter notre administration pour discuter des conditions d'un possible étalonnage. Notez que si vous quittez le territoire avant cela, la justice criméane sera en droit d'alourdir votre peine et de saisir vos possessions. A bon entendeur. Sur ce, le procès est clos !"

Comme la première fois, la salle se leva à l'énoncé de la sentence, puis lorsque la permission fut donnée, les chaises raclèrent le sol bruyamment. Deux gardes vinrent délier les mains des Marqués et des femmes du camp adverse, lesquelles furent entraînées par leur avocat à l'extérieur. Mysti fit signe à ses amis qu'il devait sortir par une autre porte, question de procédure, mais qu'il les attendrait dehors.

Blaze et Engar se retrouvèrent ainsi escortés jusqu'au hall du tribunal, leur avocat leur expliquant quelles démarches ils pouvaient entreprendre dans l'optique de purger leur peine sans trop perdre de temps et de plumes. Le chevalier et son médecin derrière lui les rejoignirent une fois qu'ils en eurent terminé, un certain soulagement au visage.

"Je vois à vos mines que le verdict est contraignant pour vous deux... Vous m'en voyez désolé mais même avec les meilleurs témoins du monde, je ne peux effacer deux meurtres de la balance. Au moins vous n'allez pas en prison."

Il s'avança pour leur serrer la main à chacun, un sourire pâle et fatigué sur les lèvres.

"Je vous remercie d'être intervenus. J'ignore s'ils auraient pu aller jusqu'au bout... Je vous dois probablement la vie, que ce fût intentionnel ou par accident. Laissez-moi vous inviter à ma table ce soir, et vous héberger si vous en avez besoin. Heinkel et Laguerran seront là, et c'est le moins que je puisse faire pour adoucir ces deux pénibles journées passées en prison."
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