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 Initiation d'une nouvelle nature - Quelque part dans Begnion

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MessageSujet: Initiation d'une nouvelle nature - Quelque part dans Begnion   Sam 21 Sep - 22:36

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*Où suis-je ? Que se passe-t-il ?*

Le bruit de l'eau qui s'écoule paresseusement. Les feuillages verts qui bruissent au vent. Le parfum des fleurs de printemps qui éclosent à mesure que le soleil leur permet de s'épanouir.

C'était à peu près tout ce que Mysti parvenait à ressentir. Sur son torse, la tête de sa jument qu'il enserrait avec douceur. Il se souvenait l'avoir vue près de lui rechercher le contact bienveillant d'un ami. Et ils étaient là, tous les deux, couchés sur le bord de la rive. Le seul souvenir qui parvenait à franchir l'écrin de la mémoire du général était celui de la chute en elle-même. Le bord de la falaise qui se dérobait soudain sous ses pas, la jument qui basculait aussi à cause de son poids sur les rênes, la poussée de l'air dans son dos avant le vacarme de l'eau qu'il avait englouti comme on gobe un œuf. Sans doute avaient-ils dérivé. Probablement. Peut-être...


"Psst ! Hé regarde là-bas ! Il y a un Beorc et un cheval !
-Un Beorc et... quoi ?! Me prendrais-tu pour un âne, par ma barbe !
-Non regarde ! Ils ne bougent presque pas...
-Allons voir. Ils ont peut-être besoin d'aide."

Ils s'approchèrent prudemment. Devant eux, la jument tenta de redresser la tête, les regarda et hennit faiblement, visiblement à l'agonie. L'homme à côté d'elle également n'avait pas l'air bien. Les yeux demi-clos, ses bras étaient retombés sur son ventre lorsque sa monture avait redressé le chef. Son corps était immergé jusqu'aux reins dans l'eau froide de la rivière tandis que son poitrail reposait sur le sable humide. Il ne semblait même pas avoir perçu leur présence.
Ils approchèrent un peu plus et découvrirent que les deux jambes de l'inconnu au sol formaient un drôle d'angle avec la flottaison de l'eau... La jument avait les mêmes blessures et tous deux se trouvaient donc incapables de bouger.


"Regarde dans sa chemise s'il n'y a pas quelque chose qui pourrait l'identifier...
-Moi ? Et puis quoi encore ?
-Je ne connais pas les armoiries des seigneurs moi ! Allez ! Le cheval... la jument a l'air d'être nerveuse..."

Mysti vit des ombres... De simples ombres qui tournaient autour d'eux. Autour de lui. La chaude présence entre ses bras s'était échappée. Une silhouette floue avec un semblant de visage se pencha au-dessus de lui et il perdit connaissance.


***


De nouveau un semblant de conscience. Une pâle lumière venant de droite. Des murmures sans syllabes.

*Suis-je déjà mort ?*

Les quatre employés firent silence. Le blessé avait entrouvert les yeux. Seulement entrouvert.


"Messire... ? Osa un homme rondelet à la voix fluette."

Le silence fut sa seule réponse et de longues minutes ils contemplèrent celui qui marchait entre la vie et la mort.

"Nous devrions passer outre aux ordres et aller le prévenir ! Ne voyez-vous pas que ce pauvre peut s'en aller à tout moment ! Il s'agit tout de même du général des armées de Criméa, les experts sont formels ! Une chance qu'il ait eu ce sceau dans sa poche..."

Plusieurs regards s'échangèrent. Les autres n'osaient rien dire. Le général ne bougeait toujours pas. La servante posa son seau plein d'eau dans un recoin de la pièce, en face du lit.

"Il a fait dire qu'il passerait dans moins d'une heure... Et de toute façon qu'il vienne ou non, on peut pas savoir si cet homme n'a pas volé l'insigne des De Méline pour s'en faire un sauf-conduit ! Et s'il ne reprend pas ses esprits, nous ne pourrons pas en être sûrs.
-Dans ce cas je vais lui faire retrouver ses sensations... à la manière de la maison !
-Ce n'est pas un bonne..."

Un soupir traversa les lèvres de l'intendant alors que son homologue féminine prenait place avec mille précautions au-dessus du bassin du blessé. D'un doigt léger, elle traça un sillon sur le torse nu de Mysti qui ne montra aucun signe de réaction. Elle le caressa de façon plus appuyée, se pencha afin de mettre en valeur son décolleté généreux. Les yeux du mage restaient invariablement à demi-ouvert sur la seule chose qu'il pouvait voir sans tourner la tête : le plafond. Vexée, la tentatrice décida de sauter les préliminaires et d'aller tout de suite dans le vif du sujet. Avec la souplesse d'une gymnaste, elle prit appui sur ses jambes, recula.

"Ne fais surtout pas ça !!! TU VAS---"

Le hurlement de douleur qui suivit fut si puissant qu'il se répandit dans six couloirs différents proches de la pièce. La fautive se releva d'un bond et trébucha près du lit, atterrit sur les fesses en voyant le général tétanisé par la douleur qu'elle venait de lui infliger : ses paupières s'étaient ouvertes en grand, jusqu'aux larmes et ses poings s'étaient crispés sur le drap jusqu'à avoir les jointures blanches. Son cri mourant laissa place à une respiration saccadée beaucoup trop rapide pour son état de santé.
La porte s'ouvrit à la volée sur un homme grand et maigre comme une asperge.


"Par la bonté de l'impératrice, loué soit son nom ! Qu'êtes-vous en train de faire subir à ce malheureux ?!? Lord Azelian arrive et il va vous faire passer un mauvais quart d'heure !"

Un autre beorc entra dans la pièce et le silence revint. Richement vêtu, un sceptre à la main, il foudroya l'asperge et la tentatrice du regard, sans stopper sa marche avant d'arriver près du lui. Le spasme du général passé, les muscles de ses mains et de ses paupières se détendaient à nouveau. Une main bienveillante lui ferma les yeux afin qu'il ne souffre pas trop de la lumière.

"Mon pauvre ami... Je vais te remettre sur pieds. Guérison !"

Une lumière blanche envahit la pièce, puissante sans être éblouissante. Il fallut attendre longtemps qu'elle se dissipe, puis le possesseur du bâton ordonna à tout le monde de sortir. La suite s'annonçait sévère pour certains.

Mysti s'était rendormi.
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MessageSujet: Re: Initiation d'une nouvelle nature - Quelque part dans Begnion   Dim 22 Sep - 16:44

A mi-chemin entre le rêve et la réalité, une colombe s'envola. Le froissement de ses plumes sur son épaule fit frissonner le jeune mage anima.

"...et la déesse en deux se scinda : sa main gauche devint Yune la Toute-Puissante, celle qui donne aux choses la force d'être et aux êtres la force des choses. Sa main droite se changera en Ashera et fut nommée Justice, déterminant ce qui était bon pour le monde et ce qui le détruisait...
-Psaume 21, verset 4...
-?!?"

La caresse de la colombe cessa aussitôt. Un bruit violent de bois qui percute le sol et d'eau qui se renverse fit ouvrir les yeux à Mysti. Un éclair roux traversa la porte avant que cette dernière ne claque, ne laissant qu'un baquet d'eau répandue sur la pierre. Le temps que ses yeux ne fassent la mise au point, le jeune homme s'était retrouvé seul dans la pièce. Avait-il seulement été accompagné ? Il était possible que dans son sommeil il ait lui-même renversé le baquet...

Il regarda les murs. Rien ne donnait d'indication sur le lieu où il se trouvait. Etait-il prisonnier ? Rescapé ? Qu'était-il advenu au juste ? Des bribes de souvenirs non sollicitées lui fendirent le crâne d'une migraine sournoise. Sa tendance à vouloir connaître son ennemi quand il en avait un se manifestait alors même qu'il était alité. Il fallait dire qu'il avait connu de mauvaises surprises par le passé...

Un long moment s'écoula, non mesurable pour ses sens engourdis. Et finalement deux hommes de haute stature, aux corps sculptés comme des œuvres d'art, entrèrent et le saluèrent. Sans fioritures inutiles ils le rassurèrent sur la rapidité et l'entièreté de sa guérison puis lui proposèrent de l'accompagner jusqu'à leur maître, lequel l'attendait pour prendre un repas copieux et mérité. Ne sachant trop que répondre, Mysti accepta et c'est ainsi qu'ils se retrouvèrent dans le couloir, le général soutenu de part et d'autre par les deux hommes. Ils croisèrent quelques domestiques qui examinaient l'invité du regard puis s'écartaient, visiblement curieux. Enfin, une porte s'ouvrit sur une grande salle à manger avec une table conçue pour au moins trente personne, en bout de laquelle un homme était assis dans un véritable trône. Ils s'avancèrent sans se presser sur le signe de leur seigneur. Après quelques mots échangés que Mysti ne comprit pas, trop confus pour tendre l'oreille, il fut finalement installé sur le trône, seul à posséder des accoudoirs qui l'empêcheraient de tomber, tandis que le maître des lieux prenait place à ses côtés.


"Vous pouvez disposer. Revenez dans une heure, nous n'aurons pas fini avant."

Un silence passa pendant lequel le regard du général s'attarda lentement sur des plats fumants n'attendant que d'être mangés. Il trouva le regard de son hôte qui lui sourit.

"Alors comment te sens-tu ? Tu nous a vraiment inquiétés.
-Azelian... ?
-Hum ? Oh, je vais peut-être trop vite pour toi. Ravi que tu te souviennes de moi !
-Qu'est-ce que...
-...tu fais ici ? Avant que tu ne poses la question, nous sommes à Begnion, dans mon château. En sécurité pour un Criméan de ton rang.
-Begnion ?
-Oui. Mes intendants t'ont trouvé gisant avec ta jument sur la rive du fleuve à quelques trente lieues d'ici. Vous étiez dans un sale état..."

La scène de la chute traversa l'esprit de Mysti, de façon très nette cette fois. Ils avaient coulé à pic et sans doute dérivé à cause des forts courants. Jusqu'à Begnion.

"Vous avez dû dériver pendant approximativement trois jours, donc, depuis Daein... Sacré voyage. Je ne te demande pas ce que tu faisais là-bas bien entendu.
-Comment sais-tu que...?
-La barbe. C'est un détail absurde, mais mon intendant à estimé que si tu avais perdu connaissance depuis le moment où tu étais tombé dans la rivière... alors ne t'étant pas rasé, tu as dérivé environ trois jour... Je ne sais pas comment il fait pour avoir des idées aussi précises des choses avec de tels indices, mais cela ne semble pas impossible. Ajoute également trois autres jours de convalescence pendant lesquels tu étais inconscient.
-Et Fraise ?
-Fraise ? Tu veux dire ta jument ? Elle va bien. Elle se repose, comme toi."

Le seigneur se tut, guettant une réaction. Mysti assimilait lentement toutes les informations, sans réellement les relier les unes aux autres. Le dénommé Azelian se pencha vers lui, lui releva le menton et rencontra ses yeux un peu hagards encore. D'un geste affectueux, il écarta quelques longues mèches châtaines qui barraient la vue du général puis se leva de son siège et le prit dans ses bras chaleureusement.

"Tu es dans un triste état mon ami... Le Mysti que je connais ne serait pas contenté de tout cela. Te souviens-tu de notre jeunesse ou faut-il encore attendre ?
-Je ne comprends pas..."

Azelian relâcha Mysti, prit une tendre brioche sur la table et la lui tendit.

"Reprends des forces, nous parlerons plus tard. Lorsque mes gens t'ont retrouvé, tu avais les deux jambes brisées et tu étais mourant, de même que Fraise... La magie des bâtons est certes puissante entre les mains d'un mage puissant, mais elle ne peut surpasser la nature. Tu devras rester un peu plus longtemps, je ne te laisserai pas repartir ainsi. Comprends-tu, Mysti ?
-Oui. Je ne suis pas assez fort pour repartir..."

Le repas fut pris en silence, meublé par moment par le bavardage du seigneur. A chaque fois qu'il posait une question, le Criméan répondait vaguement. Se concentrer sur la nourriture l'absorbait. Néanmoins, malgré cette faiblesse de corps et d'esprit, le lord retrouva quelques traits de caractère qui n'avaient jamais fait défaut à son ami. La peau du ventre tendue, Mysti se laissa choir bien au fond du trône, qu'il n'avait même pas remarqué comme tel.

"La cuisine de mon château te plaît-elle ?
-Elle est... délicieuse !"

Ils échangèrent un discret rire puis le lord raccompagna Mysti dans sa chambre de repos. Le chevalier était désormais plus serein.
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MessageSujet: Re: Initiation d'une nouvelle nature - Quelque part dans Begnion   Dim 29 Sep - 18:00

Le château était gigantesque. Les couloirs, les escaliers et les salles se succédaient sans fin, de sorte que Mysti se perdit plusieurs fois avant de commencer à comprendre la configuration des lieux. Étrangement, le nombre de garde dans certaines parties du château était réduit, mais on y trouvait au contraire beaucoup de femmes aux tenues colorées, parfois osées, et de jeunes éphèbes qui n'avaient pas grand-chose de guerrier. Le chevalier se demandait pourquoi sans se douter que la réponse lui viendrait dans la journée.

Enfin assez fort pour se lever, Mysti avait saisi l'occasion de marcher un peu. Il se rappelait désormais la poursuite avec les cavaliers du Black Fang, l'ouverture qu'il avait ménagée pour Reyns dont il ne connaissait toujours pas le nom ou les quelques secondes après la chute de la falaise, pendant lesquelles il avait percuté le fond de la rivière de plein fouet et perdu connaissance. Et puis... Azelian.

Ils s'étaient connus à l'époque de l'Armée de Libération Intérieure criméane... Tous deux très jeunes, trop pour combattre en tant que soldats, ils avaient appris à devenir adultes et à voir l'atrocité en face. Azelian était un membre de l'unité de soins, un simple clerc à qui on avait donné un bâton. Et c'était lui, un jour, qui avait rattrapé le fil de vie de Mysti avant qu'il ne se rompe, à la bataille des Deux Frontières. Après cette victoire, le futur général était resté de longues semaines dans le coma, et bien sûr il avait perdu l'usage de l'épée comme le contaient les bardes qui s'en souvenaient encore. Depuis, Azelian était parti perfectionner son art...

Mysti s'arrêta au beau milieu d'un couloir désert et soupira. La garde de son épée de verre lui manqua et il se souvint qu'on lui avait prêté des vêtements à sa mesure en attendant que les siens soient raccommodés proprement. Plus rien de ce qu'il avait sur lui ne lui appartenait pour le moment.


"Ma vie appartient à Elincia et à Criméa...
-Cela semble vous peiner, sire."

Le mage fit volte-face et vit une femme s'avancer pieds nus dans le couloir. Habillée à la mode orientale (ventre découvert, de légers voiles et un pantalon très fins pour cacher l'essentiel), elle ne produisait pratiquement aucun bruit en marchant. Elle s'approcha jusqu'à presque le toucher et se prosterna devant lui, baisant pratiquement le sol.

"Je viens vous présenter mes excuses pour l'autre fois sire. Peut-être votre état de faiblesse vous l'a-t-il fait oublier, mais je vous ai causé de terribles douleurs par négligence. Je vous prie de m'en excuser.
-Je n'en ai point souvenance en effet... J'accepte vos excuses, bien que je ne les comprenne pas.
-Si je puis me rendre utile de la moindre manière..."

Avec un sourire reconnaissant, elle se releva et passa une main suggestive sur la chemise de toile qui couvrait le torse du chevalier. Interprétant sa pensée, il la stoppa aussitôt et recula d'un pas pour mettre une distance plus raisonnable entre eux.

"Je n'ai guère besoin de ce genre de services.
-Mon offre reste valable si vous changez d'avis.
-Dans ce cas j'ai quelque chose à vous demander ! Vous avez dit "de la moindre manière" alors... Faites-moi visiter ce château. Je n'en cerne pas les plans et j'ai bien du mal à me diriger. Je souhaiterais m'entretenir avec Azelian.
-Lord Azelian est un peu occupé, sire.
-Lord ? A-t-il été anobli ?
-Depuis plusieurs années messire, tout comme vous avez pris le titre de général des armées criméanes, Lord Azelian a reçu pour ses compétences et ses différents services un certain nombre de terres et de titres qu'il n'a cessé de faire fructifier pour devenir aujourd'hui un puissant seigneur de Begnion. Enfin... puissant par la richesse et l'influence seulement. L'art de la guerre ne fait plus vraiment parti de sa vie, contrairement à vous...
-Cela lui ressemble bien. Mais comment se fait-il que vous me connaissiez ?
-Il nous a parlé de vous et de vos faits d'armes. Il vous tient en grande estime et nul ne doit ignorer les blasons et les valeurs de ses amis en ce lieu. Mais j'en ai déjà beaucoup dit, mieux vaut je pense que vous discutiez directement... Suivez-moi, je vous conduis à sa chambrée. En espérant que nous arrivions à un moment opportun."

Un discret sourire sur son visage n'échappa pas au chevalier qui se demanda ce que ce beau diable pouvait bien comploter. D'après ses souvenirs, c'était un être altruiste mais qui ne disait jamais non à une bourse remplie, aux plaisirs d'une fille de joie ou encore à un service rendu aimablement par un patient dont il avait commandé la guérison... Autrement dit, un gentil opportuniste.
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MessageSujet: Re: Initiation d'une nouvelle nature - Quelque part dans Begnion   Lun 7 Oct - 22:31

Lorsqu'ils arrivèrent devant la porte, une jeune femme attendait, chargée d'un baquet d'eau et de serviettes. La guide du général lui fit signe de patienter pendant qu'elle collait l'oreille à la porte, mais il s'était de toute façon figé à quelques pas. Rousse et pleine de grâce, la jeune femme détourna la tête.

"Était-ce vous qui récitiez... ?"

Elle se mura dans le silence et s'éloigna légèrement, le regard obstinément rivé au sol.

"Cette enfant est une servante au service de Lord Azelian, et c'est elle qui a veillé sur vous. Avez-vous fait les présentations ?
-Je ne m'en souviens pas.
-Bien, approche-toi."

A contrecœur, la demoiselle allait obéir lorsqu'une clochette sonna. Aussitôt elle se détourna et rentra dans la pièce puis referma derrière elle. Sa consœur soupira.

"Elle est un peu trop timide, je crois que vous l'impressionnez. Vous ne seriez pas le seul en fait. Elle s'appelle Aker et va rouvrir d'ici quelques minutes. Quant à moi, étant intendante de ces lieux, j'ai encore du travail. Je vous prie de bien vouloir m'excuser mais je dois vous laisser.
-Aker. Entendu."

Le chevalier campa sur ses positions un moment puis, conformément aux indications reçues, se fit ouvrir par Aker. Elle attendit qu'il soit entré pour sortir derrière lui et refermer en silence. La scène que découvrit alors Mysti lui arracha une expression choquée. L'endroit sentait le fauve à plein nez. Azelian reposait dans un fauteuil profond en robe de chambre, entouré par un homme et une femme encore luisants de sueur et visiblement épuisés qui s'étaient étendus sur deux tas de coussins prévus à cet effet.
Devant la mine bée de son ami, le seigneur eut un sourire, se racla la gorge et congédia d'un geste ses deux compagnons. Un long silence s'écoula une fois la porte refermée et Mysti soupira.


"Tu es encore pire que dans mes souvenirs... N'as-tu donc aucune limite et aucun savoir-vivre ? Ces gens sont tes domestiques pas tes... ! Pas tes... Oh...
-C'est là que tu te trompes cher ami. Sais-tu où tu trouves exactement ? Je t'ai bien dit que ceci était mon château, mais en vérité, on pourrait plutôt dire qu'il s'agit d'une maison de passe aménagée. Et j'en suis le maître. Ces hommes et ces femmes sont à mon service et je les paie grassement pour qu'ils soient heureux de partager cette vie avec moi ! Personne ne se plaint !
-J'aurais dû m'en douter... Ton caractère n'a pas changé depuis si longtemps...
-Toi en revanche tu t'es métamorphosé : plus rabat-joie, plus sérieux, plus fidèle, plus loyal, plus timoré... plus beau aussi..."

D'un geste sans précipitation, le seigneur se leva et s'approcha de son hôte, lui tendant un plat sur lequel trônait du raisin frais. Mysti refusa d'un signe de tête et fit un pas en arrière. Azelian s'arrêta près de lui, le contourna par le dos puis le laissa reculer une nouvelle fois.

"Arrête ceci, veux-tu ? Je ne suis pas comme toi.
-Tu devrais essayer avant de condamner ! J'y mettrai ma main à couper que cela te ferait le plus grand bien !
-Hors de question !
-Nous en reparlerons... Pourquoi souhaitais-tu me voir ?
-Comment cela nous... ?!? Ah ! Tu as le don pour m'exaspérer quand tu le veux ! Je venais... te demander de voir ma jument...
-Laquelle ? Fraise ou celle qui t'attend dans ton beau pays ?
-...
-Allons, n'arbore pas cet air consterné. Je l'ai fait examiner par mes meilleurs soigneurs et elle va parfaitement bien. Elle suit une petite cure en ce moment : avoine de première qualité, balades en forêt -sans cavalier- eau pure de la rivière et un mélange de fibre et de légumes qui la fortifieront en un rien de temps ! Tu peux la voir quand tu veux à l'écurie... mais je te déconseille de la monter par contre.
-Telle était mon intention, mais j'aimerais que tu me montres le chemin... Ce "château" est un vrai labyrinthe.
-Je mettrai Aker à ta disposition à partir de demain. Elle te guidera. Pour ce soir, tu as assez erré dans les couloirs, va donc retrouver ta chambre... J'y ai fait déposer quelques cadeaux qui devraient te plaire : un nouveau tome de magie, plus puissant que celui qui s'est abîmé dans la rivière. Tes vêtements reprisés, ton armure remise à neuf et les effets personnels que tu avais sur toi lorsque nous avons trouvé. Ah ! Une potion manquera en revanche. Pour t'éviter la mort, mes gens te l'ont administrée et nous n'avons aucune herboriste pour nous trouver les plantes adéquates à la réalisation d'une autre de même nature...
-Oh... Merci. Merci pour tout...
-Je compte te faire prendre goût à la vie, rassure-toi. Tu me remercieras plus tard, quand tu partiras en pleine santé et les épaules plus légères. Tu m'as sauvé la vie plus d'une fois, je ne puis l'oublier."

Le jeune mage hocha la tête. Tant d'égards l’émouvaient intérieurement. Ils ne s'étaient plus vus depuis des années mais Azelian le choyait comme un prince et lui ne pensait qu'à lui reprocher ses travers, comme au bon vieux temps. Il se fit raccompagner jusqu'à sa chambre et entra avec le souvenir désagréable de ce que son esprit lui avait suggéré se battant à celui du souverain bienveillant, ne sachant lequel lui allait le mieux, lorsqu'il remarqua qu'il n'était pas seule dans la pièce.
Aker se tenait devant lui et laissa tout à coup glisser sa robe le long de son corps, rouge pivoine de gêne.


"Par le sang de la déesse Toute-Puissante !!!"

Il sentit le sang lui monter à la tête, beaucoup trop vite, et il succomba sans attendre à un vertige qui voila sa vue. La jeune femme plaqua une main sur sa bouche de surprise et s'élança pour le rattraper avant que sa tête ne heurte trop fort le sol dur. Elle se rhabilla aussitôt après et courut vers l'aide la plus proche.

"J'avais pourtant dit pas d'émotions trop fortes ! Qu'as-tu fait au juste ?
-Ce... Ce que vous m'avez dit... Il a... Dès qu'il m'a vue il a...
-Tu n'es pourtant pas laide... Serais-tu trop belle au contraire pour ce pauvre bougre ? Il faudra que je lui fasse dire par tous les moyens s'il est encore puceau...
-Ne pensez-vous pas que lui faire des avances pourrait le contrarier ?
-Qui ne tente rien n'a rien ! En attendant... cessons toute tentative. Jusqu'à ce que la conversation se présente dans le bon angle... Oui voilà... Je lui ferais dire d'une manière ou d'une autre, à mots couverts..."
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MessageSujet: Re: Initiation d'une nouvelle nature - Quelque part dans Begnion   Dim 13 Oct - 17:50

Nouvelle reprise de conscience. Nouvelle découverte des lieux. Le chevalier eut la furtive pensée que la scène se rejouait un peu trop souvent ces temps-ci, probablement favorisée par ses excès insupportables de fugue hors de son lit et par la tendance naturelle d'Azelian à rajouter son grain de sel dans sa vie sentimentale.

Il se releva en position assise et croisa le regard d'un homme qui le regardait depuis un siège positionné face au lit. C'était un de ces éphèbes à la carrure parfaitement dessinée et entretenue dont le lord se servait sans doute pour assouvir ses plaisirs si particuliers, mais au grand soulagement du général il ne tenta rien du tout et se contenta de le laisser s'éveiller.

Mysti bâilla un grand coup, la main devant la bouche comme toute personne polie se devait de faire, puis se frotta les yeux. Il regarda l'autre un instant, gêné soudain par cette présence immobile et silencieuse.


"Puis-je sortir ?
-Rien ne l'interdit, messire.
-En ce cas, pourquoi être ici ?
-J'ai pour instruction de veiller à ce que vous ne manquiez de rien si par hasard la santé vous faisait à nouveau défaut.
Allez-vous me suivre où que j'aille ?
-Si vous en ressentez le besoin..."

Le mage acquiesça, ferma les yeux pour réfléchir. Il avait récupéré d'une chute qui aurait dû lui être fatale, cela avait de quoi impressionner. Mais s'il avait dû mourir chaque fois qu'il avait été gravement blessé, il serait déjà dans la tombe au moins dix fois. Il résolut donc de se lever et, accompagné de son surveillant, prit le parti d'explorer de nouveau les couloirs. Il avait vraisemblablement perdu connaissance seulement une heure ou deux cette fois-ci et il ne pouvait donc rendre visite à sa jument.

Ils déambulèrent sans but précis, visitant les cuisines, les salles de réception, l'entrée principale -oh ! miracle-, ainsi que plusieurs bibliothèques et salles de travail...
Sur le retour, ayant quelque peu sympathisé avec son protecteur, Mysti se sentait un peu plus léger et sûr de lui. Et tout à coup, près d'une pièce sans gardes ni portes, il crut entendre un appel. Il s'immobilisa net pour regarder, manquant de se faire rentrer dedans.


"Messire ! Prévenez quand vous stoppez ainsi ! Qu'y a-t-il ?
-A quoi sert cette pièce ?
-C'est un lieu d'offrandes... Nous ne devrions pas y entrer ce n'est pas le moment des cérémonies et... messire ![/color]"

Le général entra. L'endroit était sombre, éclairé simplement par deux braseros sur pieds de marbre, entourant un autel de pierre rudimentaire. Pour tout mobilier, une armoire avec des instruments rituels.

"C'est ici qu'on prie la déesse lors des périodes consacrées... Murmura timidement le guide. Nous ne devons pas y pénétrer en-dehors de ces périodes ! Ressortez messire, je vous en prie !
-Reste donc là où tu es, ce sera parfait..."

Comme poussé par une envie irrésistible, Mysti s'agenouilla devant l'autel, pria un bref moment, puis se dirigea vers l'un des braseros. Il tendit la main vers les flammes qui semblèrent fuir, puis revenir doucement vers lui.


Le ballet silencieux qui se joua alors ne connut plus aucune limite de temps. Le mage de feu tournait autour du foyer, promenant parfois la main très près des flammes, jusqu'à ce qu'elles lèchent ses doigts. Il parut oublier tout l'environnement autour, plongé dans un monde qu'il était seul à voir en cet instant. Il ôta sa tunique et la laissa choir au sol avant d'approcher cette fois le bras entier dans les flammes.
Le serviteur d'Azelian retint son souffle et regarda autour de lui s'il n'y avait personne. Précipitamment il héla une femme qui passait dans un couloir adjacent pour qu'elle prévienne son maître. Elle alla demander à la première personne croisée si elle savait où celui-ci se trouvait et de fil en aiguille, tout le château fut mis au courant.
Cela n'empêcha Mysti de cueillir les flammes au creux de ses mains comme on cueille la rosée du matin, sans pourtant ressentir le moindre mal. Le nombre de curieux qui se trouvaient à l'entrée de la salle de prières avait doublé lorsque le seigneur des lieux arriva et les flammes se répandre comme un serpent autour du bras du général, caressant sa surface sans la détruire. Commença alors une danse lente entre le feu et son interprète, tantôt s'attirant et tantôt se repoussant l'un et l'autre.
Quelqu'un voulut intervenir au moment où les flammes recouvraient la totalité du corps de Mysti, mais Azelian brisa son élan.


"Il communie avec les flammes..."

La danse accéléra, le feu s'étendit à travers toute la pièce, Mysti en suivait toujours les ondulations, quitte à laisser entrevoir la cicatrice noire sur son dos entre deux étincelles. Ses yeux avaient pris la couleur du brasier, simple illusion ou réalité ? Les couleurs rouge, orange et jaune emplissaient tant la pièce que c'était difficile à savoir. Des animaux de flamme de toutes natures s'invitèrent au bal, tournoyant autour de celui qui les avait tant de fois invoqués, du cervidé au féroce loup sauvage, du moineau au puissant lion. Ils virevoltèrent, s'illuminèrent, s'évaporèrent tour à tour.
Lorsque enfin les projections brûlantes cessèrent de croître, elles se dirigèrent toutes vers le Criméan et semblèrent entrer dans son corps à même la peau dans une formidable concentration lumineuse. Le brasero avait retrouvé son niveau normal. Mysti ferma les yeux avant de poser le regard sur la foule amassée à l'entrée. Il avait l'impression d'être plus en forme que jamais, sans véritablement comprendre pourquoi tous ces gens le regardaient étrangement.

D'un ordre, lord Azelian dispersa tout le monde, sans lâcher son ami des yeux.
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MessageSujet: Re: Initiation d'une nouvelle nature - Quelque part dans Begnion   Jeu 17 Oct - 23:04

Les jours suivants, guidé par Aker, le général des armées criméanes put enfin sortiret construire une carte mentale des lieux, aussi intérieurs qu'extérieurs au château. L'endroit avait été bâti sur une haute colline et était protégé naturellement d'un côté par la montagne, d'un autre par le fleuve qui pouvait considérablement ralentir une troupe ennemie avant qu'elle ne pénètre dans une large plaine à découvert, et elle bénéficiait enfin d'une abondante forêt qui faisait office de garde-manger, mais aussi de repaire.

La servante parlait peu, se contentait de l'indispensable, suivait en silence le maître qu'elle devait servir jusqu'à nouvel ordre. Au début, Mysti la laissa dans son silence, encore troublé par son geste dernier. Au fur et à mesure du temps et même si elle ne répondait pas toujours, il essayait d'engager simplement la conversation. Parler à Fraise durant leurs longues promenades n'avaient rien de dérangeant, mais on lui avait appris depuis très jeune à ne pas négliger sa compagnie, fusse-t-elle celle d'une humble paysanne. Les meilleures informations, soutiens ou services se trouvaient parfois simplement devant les yeux d'un seigneur plutôt que dans les logis les plus respectables et les plus éloignés.
Et peu à peu, elle parla. Par politesse. Par courtoisie. Par envie enfin...

Le mage s'attira les faveurs de toute la maisonnée par son amabilité ou sa discrétion. Il considérait chacun avec le respect et les honneurs dus, souvent même d'égal à égal alors qu'il était en droit d'exiger plus d'eux. Il sympathisa particulièrement avec sa petite servante puisqu'elle passait le plus clair de son temps à sa disposition, temps qu'il occupait avec sa jument, en méditation, en lectures ou en l'initiant à quelques jeux subtils. Elle se révélait étonnamment douée et cultivée pour quelqu'un de son rang et il n'en prenait que plus de plaisir à l'instruire de choses et d'autres qui faisaient partie de son quotidien.

Un soir, on frappa trois légers coups à sa portée. Un moment s'écoula sans réponse de la part du jeune mage qui s'était assoupi dans une lecture, au fond d'un siège moelleux. Il n'entendit pas la porte pivoter sur ses gonds, ni le cliquetis de la poignet se refermant. On enleva le livre de ses genoux avec mille précautions et on le posa sur le bureau le plus proche. Deux mains se posèrent sur son visage et il ouvrit les yeux sur des traits familiers.


"Aker ?
-Oui messire. La nuit est tombée, je venais voir si... si vous ne manquiez de rien, et je vous ai trouvé là.
-Oh j'ai dû m'endormir sans m'en rendre compte..."

Il allait se lever mais elle retint ses bras sur les accoudoirs de son siège, gênée.

"Voudriez-vous m'accorder un moment ? J'ai un mot à vous dire..."

Elle posa le doigt sur ses lèvres tandis qu'il allait répondre, lui suppliant du regad de ne pas l'interrompre.

"Lord Azelian m'a recueillie étant enfant, lorsque je croupissais dans les rues sans eau ni nourriture, orpheline... Il m'a élevée, donné une éducation, parlé sans détour des choses de la vie... Vous savez comment est sa personnalité. Je lui dois ma survie, mais il n'a jamais abusé de ce droit sur moi pour quoi que ce soit de... de... Bref. Il m'a bien fait des propositions mais j'ai toujours eu le choix de dire non. Ce que je veux vous dire c'est..."

Elle hésita un moment, rougit, puis avec une rapidité qui surprit le général, l'embrassa du bout des lèvres, laissant celui-ci stupéfait.

"C'est à vous que je veux m'offrir messire. Malgré la nature de cet endroit, de ce qu'en a fait maître Azelian... il n'y a qu'à vous que je veuille me donner.
-Je... Aker... Je ne puis accepter... Je ne ressens pas...
-Vous ressentez cela pour quelqu'un d'autre, je le sais !
-Non ! Non ce n'est pas... !
-Messire... Vous méritez la princesse Elincia mais... vous êtes comme moi n'est-ce pas ? Vous avez encore votre innocence.
-Pardon ?! Elincia et moi ne sommes que des amis ! Je suis son général ! Rien de plus !
-On ne murmure pas le nom de ses amis toutes les nuits, même proches..."

Lentement, Aker s'assit sur les jambes d'un Mysti devenu rouge pivoine et se blottit contre lui. Son corps était chaud et dégageait une impression de puissance. Il posa les mains sur ses épaules et la repoussa en douceur.

"Messire, mes consœurs m'ont tout dit de ce qu'elles faisaient... Je peux vous apprendre, et à votre tour vous pourrez lui apprendre si Ashera vous favorise ! Laissez votre corps devenir celui d'un homme le temps d'une nuit. Ces jours passés en votre compagnie furent les plus doux depuis bien longtemps, je ne puis vous remercier autrement qu'avec ce cadeau... permettez-moi.
-Je ne le puis !
-Vous le pouvez ! Et vous le voulez !"

Elle écarta ses mains de ses épaules sans qu'il n'oppose de résistance. Cloué sur sa chaise avec elle sur les genoux, il n'osait pas user de force pour l'en déloger et son corps avait commencé à réagir bien malgré lui.  Elle déboutonna sa tunique, les mains tremblantes. Il sentit que son cœur avait fait un bond sous les assauts de ses premières caresses.

"Cessez pendant qu'il est encore temps !"

Elle se releva à regret et fit une dernière tentative : comme la première fois, elle écarta les pans de sa robe, mais les retint afin qu'ils glissent au rythme qu'elle voulait, à savoir très lentement. Le mage déglutit et ouvrit grands les yeux en voyant surgir sa poitrine puis ses hanches parfaitement dessinées, la courbe de ses fesses et plus encore...

"Vous n'êtes pas le premier homme de belle allure qui tente de s'approcher de moi, mais vous n'avez pas cherché à me séduire, seulement à me faire votre amie... et cela m'a séduite. De bon cœur je vous laisse me gagner."

Il se leva enfin à son tour, plus rouge que jamais, incapable de prononcer le moindre mot devant sa beauté découverte. Il ne put empêcher son regard de la détailler, jusqu'à ce qu'il se voie lui-même, la tunique ouverte, pris d'une envie tout à fait instinctive.
Aker le fixa dans les yeux à chaque pas qu'il fit, jusqu'à ce que son visage se joigne au sien et que leurs lèvres s'effleurent une nouvelle fois. Sans plus un mot que ceux qu'ils s'échangeaient par les gestes, le Criméan céda.

Le lendemain le réveilla seul. Allongé sur le ventre, les draps en désordre lui arrivaient au creux des reins et laissaient des frissons se répandre sur son dos marqué de magie noire. Il ouvrit les yeux mais resta un moment sans bouger, les yeux posés sur la porte. Avait-il rêvé ? Il regarda vers le bureau. La chaise était à la même place que la veille, le livre aussi. Mais pas Aker.

Il se leva, partit se laver dans l'espace du château prévu à cet effet et se présenta dans la salle à manger alors que le soleil était à mi-parcours de son zénith. Le sourire trop suggestif d'Azelian le convainquit que la nuit passée n'avait pas été un rêve. Il le salua, s'installa et récupéra quelques restes pour se composer un petit-déjeuner digne de ce nom.


"Il serait temps que je retourne à Criméa... J'ai envoyé plusieurs pigeons voyageurs mais tout de même, je ne puis m'absenter trop longtemps, annonça Mysti. Voilà bientôt un mois que j'ai quitté Mélior.
-Tu veux déjà nous quitter ? Ne te plais-tu pas ici ?
-J'ai des responsabilités qui m'attendent...
-En ce cas, si tu veux te rajouter du travail, je te suggère de te rendre en notre capitale et de rendre hommage à l'impératrice Sanaki, ou au moins à sa Cour, afin que Criméa renouvelle ses bonnes relations avec elle.
-C'est une idée intéressante."

Le sourire du maître des lieux s'agrandit un peu plus, au point de mettre Mysti mal à l'aise. Il fronça les sourcils un instant puis planta un regard franc et direct dans celui de son ami.

"Rends sa liberté à Aker.
-Pardon ? Je ne la retiens pas prisonnière.
-Elle m'a raconté qu'elle te devait tout. Efface sa dette, affranchis-la et laisse-la choisir sa voie.
-Alors, vous l'avez vraiment fait hein... Incroyable, j'avais fait la promesse il y a longtemps que j'accorderai une faveur à celui qui y parviendrait, et voilà qu'il s'agit de l'homme le plus frigide que je connaisse ! Tu m'épateras toujours Mysti...
-Elle te l'a dit...?
-Non ! Tout comme elle ne t'a pas parlé de cette promesse. Mais depuis plus de dix ans qu'elle vit près de moi, je sais lire son visage, et une joie indescriptible s'y gravait ce matin, alors que tu ne te présentais pas à l'heure au repas, ce que tu n'as jamais fait sans être alité et incapable de bouger jusqu'à maintenant... J'ai tout simplement lié les deux.
-Espèce de renard... Tiens ta promesse et exauce mon vœu : libère-la de ses engagements. Je paierai ce qu'elle te doit si nécessaire, j'ai depuis longtemps plus de moyens qu'il n'en faut pour vivre à Criméa... Ton prix sera le mien.
-Et Elincia ?
-J'ai appris à distinguer cette nuit le plaisir de chair et celui de l'âme. Mon cœur appartient à Elincia... et ma première nuit à Aker. Qu'elle soit remerciée.
-Entendu. Elle te suivra donc...
-Je resterai ici auprès de vous maître, parce que je sais que j'y ai ma place !"

La servante sortit de derrière un pilier, un air reconnaissant au visage dont elle baigna Mysti comme un rayon de soleil.

"J'ai assez d'assurance à présent pour agir comme j'aurais dû le faire avant... Mysti, votre souvenir m'est acquis jusqu'à la fin de ma vie. Ce moment fut... un des rares que je tiendrai pour secret dans ses détails à mon maître bien-aimé !"

Azelian afficha un air faussement outré, Mysti sourit.
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MessageSujet: Re: Initiation d'une nouvelle nature - Quelque part dans Begnion   Dim 20 Oct - 17:39

Les derniers jours dans le château de Lord Azelian furent paisibles. Libérée de sa timidité, Aker s'était mise à parler avec tout le monde et à s'enquérir du "travail" auquel elle allait être confrontée, mais elle ne l'évoquait jamais en présence du chevalier de Criméa. Elle préférait lui montrer ce qu'elle avait retenu de ses enseignements aux jeux et dans différents domaines de savoir. Azelian se joignait parfois à eux pour des débats animés.

Mysti avait pris la décision de quitter les lieux à la fin du mois, préparant alors quelques vivres et de l'eau, ainsi qu'une bourse prêtée par son ami - l'autre avait probablement coulé dans la rivière - pour tenir jusqu'à Begnion.

Les adieux furent assez longs en raison du nombre de serviteurs qui venait lui rendre hommage, et enfin le général, son ami et quatre gardes officiels de ce dernier partirent vers la capitale. La chevauchée prenait trois jours sans malmener les montures, trois jours pendant lesquels les vieux amis se remémorèrent moult souvenirs.


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Initiation d'une nouvelle nature - Quelque part dans Begnion

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