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 Devil Never Cry

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avatarQuintessence de l'Absurde


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MessageSujet: Devil Never Cry   Lun 16 Mai - 4:39

« Eh, Curtis!
-Ta gueule connard. »

La cible du dit Curtis leva les bras au ciel en tournant la tête sur le côté, indigné. En voilà une façon de parler à ses coéquipiers. Il venait d'émerger de l'escalier juste en dessous de la cloche. Ce grand clocher qui dominait la ville endormie était un parfait point d'observation. La nuit était noire, et les rares lumières qui transperçaient les ténèbres se distillaient le long des bâtisse dans un jeu de quadrillage et de silence.
Curtis avait une vue perçante, mais pour voir aussi bien, rien de mieux qu'une longue-vue. Il tenait l'objet d'une main, pointant vers la chapelle d'où les lumières avait cessées de manifester leur existence depuis quelques secondes. Il était accroupi, penché sur la rambarde avec la discrétion d'un ninja de haut rang. Ses cheveux blond cendrés d'une dizaine de centimètres étaient parfaitement plaqués sur le haut de son front, descendant sur un visage élégant aux yeux bleus pure. Taillé comme un athlète, il abordait une chemise noire à manche longue dont les rebords étaient blanc ainsi qu'un pantalon plutôt serré noir également. Une simple ceinture de cuir et des chaussures normales, il était typiquement vêtu de façon banal. Mais il était ce stéréotype du beau gosse en puissance, avec sa barbe de trois jours et ce regard provocateur. Ceci dit, ce physique avantageux compensait un défaut conséquent: une vulgarité sans précédent.

« Il est presque l'heure.
-Qu'est ce que tu comprend pas dans « Ferme ta saloperie de clapet à merde », Stark? »

Stark soupira en posant ses mains sur ses hanches. Il était svelte bien que recelant une certaine musculature. Les cheveux courts et bordéliques auburn voletaient du doux vent régnant à cette hauteur, ses yeux violet illuminés par la lune. Une simple tunique blanche et violette possédant une seule manche au niveau du bras droit, terminée par un gant semblant faire partit du vêtement jonchait un pantalon blanc large. Ses bottes noir lui remontant jusqu'au genoux, on aurait pu croire que les semelles étaient si épaisse qu'elles tamisaient tout bruit de pas. En tout cas, ce sourire toujours naquis malgré les insultes devait naître de la sécurité du gigantesque arc qu'il portait dans son dos. Une magnifique arme ouvragée dans le bois le plus souple pour ses deux mètres de hauteur. Le carquois était attaché au niveau de l'arrière de la jambe gauche, étrange pour un archer.

Il se tenait debout derrière Curtis. Même si il souriait, il était toujours mal à l'aise en sa présence. Son odeur était étrange: pesante et puissante. Il était celui qu'il aimait le moins des cinq autres. Mais bon, tant pis.
Dans la finesse de la nuit, la lumière de lune se reflétait sur la bague qu'ils portaient tout deux au majeur gauche. Une sorte d'anneau d'argent gravé du symbole alpha. Stark vînt se positionner à côté de Curtis, posant ses coudes sur la rambarde. Il contempla la cité d'Aegis. Tout ces matériaux embringués les uns sur les autres ne connaissaient pas la notion de destin. Mais pourtant, ils allaient la vivre.

Non loin de là, quelques gardes faisaient tranquillement leur ronde. Ils étaient trois, et s'occupaient de quartier nord. Comme eux, cinq autres patrouilles travaillaient de nuit, les quartiers ouest et sud étant plus grand et nécessitant chacun deux corps armés pour être surveillés.
Les trois gardes allaient arriver prêt de la chapelle. Ils connaissaient bien leur chemin, puisse qu'ils le faisaient tous les jours depuis cinq ans. Enfin pas le petit dernier, Miller, qui était arrivé depuis deux jours dans la garde. Il n'avait pas eu de mal à s'intégrer parmi les anciens, ce petit gars de seize ans aux cheveux bruns bien peignés et au visage passe partout. Plutôt fin, il avait du mal à tenir dans son armure de service un peu trop grande pour lui. En plus, ça le grattait.
Lui et ses deux coéquipiers étant en pleine discussion, aucun ne trouva anormal que les perpétuelles bougies du lieu saint fussent éteintes:

« Alors Miller, c'est pour bientôt, ha ha!?
-Et oui, elle accouchera dans deux mois!
-Tu sera pied et points liés, ah!
-C'est pour ça que j'ai accepté ce travail, et je suis très heureux de me marier!
-Ouais, c'est c'que j'me disais avant d'épouser ma femme, ha ha!
-Tu vas appeler ton gosse comment? »

Miller se gratta l'arrière du crâne, ses collègues le gênait un peu. Mais il était tellement heureux qu'il n'avait aucune once de honte à leur répondre:

« Si c'est un garçon Will, et si c'est une fille, Oli...
-Oliquoi? »

Il s'écroula en arrière. Ce sifflement étrange fut la dernière chose qu'il entendit. Et alors qu'il contemplait le ciel pour la dernière fois, une larme coulait.
Les deux autres se retournèrent pour voir Miller avec une flèche entre les deux yeux. Même pas le temps de crier pour le premier, il subit le même sort au niveau de la nuque. Le garde restant, se tourna instinctivement vers l'origine du projectile. Il ouvrait grand la bouche pour crier à l'aide au moment où sa langue fut punaisée au fond de sa bouche, et qu'il s'affale au sol dans le silence éternel de la mort.

***

« La chapelle est sécurisée, Lexi', t'es en place? »

Adossée contre un mur, une charmante demoiselle au minois fins et aux formes généreuses scrutait la nuit les yeux à demi-clos, ne laissant qu'une lueur verte se refléter dans l'obscurité. Dans une tenue de cuir noir et moulante, elle laissait sa longue queue de cheval noir voler au vent. Une femme fatale équipée de deux lames courtes en croix au niveau de ses reins. Elle jetait un regard neutre vers la rue annexe, où la deuxième patrouille du sud arrivait.
Normalement, elle aurait du croiser la première à ce carrefour. Si leurs cadavres ne trainaient pas quelques mètres plus loin.

Les gardes passèrent tout droit, ne s'arrêtant pas. Ils devaient se dire que l'autre patrouille avait juste un peu de retard. Ils ne se doutaient pas que tapis dans l'ombre, l'heure de leur glas les regardaient patiemment.

Un craquement sonore signifia à tous que les cervicales de celui le plus en arrière venaient de dire bonjour à position physiquement impossible. Deux couteau de lancé prirent la vie des gardiens de la paix adjacents tandis que leurs alliés se tournaient vers eux en sortant leurs armes. Ils firent silence pendant que les cadavres de leurs amis tombaient au sol. Il n'y avait rien ni personne dans leur champs de vision. Regardant à droite et à gauche, les jambes un peu flageolante, l'un ne put s'empêcher de partir en courant. Et hors de son champs de vision, le seul resté sur place sentit une lame lui ouvrir la gorge avant de rejoindre les abysses.
Elle se tenait debout derrière lui, retirant le sang de sa lame d'un coup sec avant de la ranger dans son étui. Elle soupira longuement, tirant un couteau de sa ceinture dorsale. Elle le lança vivement, et porta la bague alpha à sa bouche:

« Je passe à la phase deux. »

Alors qu'elle disparaissait dans le néant, le fuyard s'échouait dans sa course.

***

Le quartier ouest était bien plus silencieux que les autres. Il y régnait un silence de mort. Tout ces axes qui permettait de se déplacer dans la ville étaient vide. Pas un chien errant, pas un garde, rien. Juste quelques ordures en tas, dans un coins. Ordure de cuir, de métal et de chair.
Sur le toit d'une maison il tapotait la tête de ce gros reptile gris amicalement. Se déplaçant sur ses flanc, il resserra la bride de la scelle de l'animal avant de s'attarder sur l'accroche des six javelots attachés sous son ventre. Ceci fait, il se détacha de son dragon apprivoisé pour se baigner dans le clair de lune. Une longue lance à la main dans une veste et un pantalon blanc, surplombés de pièces d'armures de cuir brune à toutes les articulations et sur le torse. De long cheveux vert en bataille jusqu'à la moitié du dos, il avait l'air d'un psychopathe s'ennuyant. Et rien n'est plus dangereux qu'un psychopathe qui n'a rien à faire:

« Ici Stark, la bûcheron a t'il fait tombé le sapin?
-C'est débile, Stark. Je les aient butés en deux secondes. C'était pas drôle, quand est-ce qu'on fend encore de la chaire tendre?
-Tu t'en donnera à cœur joie si ça tourne mal, White. »

Il se passa la langue sur les lèvres. Ce type portait vraiment mal son nom, car à l'intérieur ne résidait que les ténèbres.

***

Les trois gardes en faction dans le quartier est s'étaient arrêté pour s'enfiler un godet à la taverne du coin, et venaient à peine de reprendre du service. Leurs pas métalliques résonnaient dans la rue, le son rebondissant de façon assourdissante sur les murs. Émèches et zigzaguant, ils s'interrogeaient en langage de poivrot sur le bruit du vent. Tout en sachant qu'il n'y avait... Pas de vent.
Oui, ils avançaient dans les murmures insalubres et leurs équipements leurs semblaient plus lourd, de plus en plus lourd. Leurs pas ralentissaient. Jusqu'à s'arrêter. Puis les faire tomber au sol.
Ils commençaient à tousser, leur cage thoracique comprimée par leur armure. Leurs côtes craquèrent leurs unes après les autres, lentement. Puis, ils s'étouffèrent dans leur propre sang.

Ainsi, une simple ombre quitta la scène.

***

Les créatures nocturnes ne s'étaient pas agités longtemps au dessus d'Aegis, cette nuit. Tous les volatiles, peu importe leur race, avaient fuit la place dès le coucher du soleil. Comme ses habitants, aspirant à une vie calme et sereine. Personne n'était encore au courant de ce qui se passait. Et encore moins de ce qui allait se passer, car même ceux qui allaient le provoquer ne connaissaient pas le résultat. Ainsi, même sans sécurité il n'aurait pas fais bon pour un malfrat de se trouver dans les rues à cette heure. Oh, sans doute y en avait-il eu un ou deux. Les fous, tenter de délester l'un de ses inconnus fut une fin tragique. Mais qu'importe. La ville était calme. Silencieuse. Elle-même ne s'attendait pas à ça, même aux vues de ce qui se tramait dans son ventre.
Oui, tout était en place. Le pion appâté dans le piège du Roi.

Le gong résonna à travers toute la cité. Il était quatre heure. La cloche s'agita une première fois. Rien ne se produisit.

Une seconde fois, le son se rependant en échos.

Une troisième fois, et ce fut la fin du monde. Les vibrations de cette note monocorde réveilla tous le monde. Homme, femme et enfant. Pourtant, il n'y avait rien de différent avec cette cloche. Alors, chacun se sentis libre. Alors qu'il ne l'était plus.

Au quatrième coup, une explosion. Le quartier des alchimistes:

« PUTAIN STARK!
-J'ai rien fais! »

Curtis l'avait choppé par le col en hurlant son nom, les yeux pourtant rivés sur l'incendie naissant. En quelque seconde, le feu se propagea de battisse en battisse. Dans une minute, la ville entière sera la proie des flammes. Voilà qui apprendrait aux futurs architectes à ne pas construire des maisons si proches. En tout cas, le plan avait mal tourné. Stark repoussa la mains de Curtis avec dédains:

« Ça ne doit pas être nous. Sois la vibration n'a pas été assez loin, soit il y a eu un cas de rébellion.
-C'est quoi cette merde?
-Ch'ai pas, c'est le Chef qui envisageait cette possibilité. »

Stark haussa les épaules, tournant ses pupilles ennuyées vers la ville en flamme. Il fallait quand même suivre le plan, tant pis pour les morts. De toutes façons, il y en aurait bien plus après. Et à quel prix? Celui du pouvoir.



***

Résumé de la Situation: Je vous laisse gré de choisir comment vous êtes arrivé en ville et où vous avez commencé à passer la nuit. Vous vous réveillez donc environ deux minutes avant que le feu ne se déclare dans toute la ville et que la panique s'installe, que les gens commencent à être bloqués dans leur propre maison ou dans les rues. La situation est totalement votre. Vous pouvez donc aller sauver des gens, tenter de vous enfuir ou que sais-je encore...


"Les Dieux jouent avec les Hommes.
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Alan
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MessageSujet: Re: Devil Never Cry   Lun 16 Mai - 10:35

DONG...



DONG...


<< Mmmgnnnnn... >>

DONG !

<< Putain mais pourquoi ils font sonner cette connerie de gong ? >>

DONG !

BOUM !

Même les paupières closes ne purent masquer la lueur soudaine qui força l'épéiste à se tirer du lit. Rien que le bruit était convainquant. Une explosion. Et qui dit explosion dit flammes. Qui dit flammes dit incendie et qui dit incendie dit...


<< Bordel ! Dans quel merdier je me fous encore, moi ? >>

Il n'y a pas à tergiverser sur la question. Alan était déjà dehors, épée à la ceinture. Son habitude de dormir avec ses armes quand il n'était pas chez lui lui a permit une réaction prompte. Un coup d'oeil et il en déduit que l'incendie à trouvé sa source au quartier des alchimistes. Ces apprentis sorcier... voilà ce qui arrive quand on fait mumuse avec le feu. Dans la rue, c'était la panique bien sur. Tous se ruaient sur la sortie de la ville la plus proche avec enfants ou nourriture dans les bras. Les plus infirmes étaient abandonnés et tentaient de sauver leur peau décrépie.

Que pouvait faire un misérable épéiste dans cette situation ? Il n'était pas apte à s'occuper d'un incendie aussi violent. Le temps était compté et vu la vitesse de propagation des flammes, il ne faudra pas longtemps avant que toutes les bâtisses finissent calcinée... Eh bien il ne pouvait plus qu'apporter son soutien aux victimes. Sa première BA se résuma à se diriger vers une femme avec trois enfants. Elle avait le plus jeune dans ses bras et les deux autres trottinaient derrière elle, fonçant aussi vite que leurs jambes, encore trop courtes pour permettre un sprint digne de ce nom, leur permettaient. Alan attrapa les marmots, un sous chaque bras, et incita la mère à accélérer un peu le mouvement. Une fois hors de la cité, il déposa les gosses près de leur mère et retourna dans la ville en flammes à la recherche d'autres victimes à secourir.

A l'embranchement d'une rue, il trouva trois personnes au sol. Vu leurs armures, c'étaient des gardes. Intoxication par la fumée ? Il s'apprêtait à les examiner avant que la cause du décès ne lui saute aux yeux. Criblés par des flèches... et d'une précision terrifiante avec ça.


*l'incendie n'était pas accidentel... faut pas trop s'attarder ici*

Les flammes gagnaient du terrain et la fumée se faisait toujours plus menaçante. Non seulement ça brouillait sa vue, mais en plus elle risquait de l'étouffer. Il a fait tout ce qu'il a pu ici, il devait partir maintenant. Il fera part de ses découvertes à Aurora et Eve décidera de la suite...


I'm nuclear


Spoiler:
 
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Jaffar
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MessageSujet: Re: Devil Never Cry   Lun 16 Mai - 19:50

- Où l'ai-je fourrée ? J'avais pourtant tout bien préparé pour ton arrivée.
- ...

L'assassin regarda un instant la petite vieille se démener avant de laisser son regard vagabonder alentour. L'atelier de Tracy McMillen ressemblait exactement à ce que l'on pourrait s'imaginer de la part d'un alchimiste. Un fatras de tout et de rien encombrait chaque centimètre carré d'espace. Dans un coin, une impressionnante pile de livre semblait soutenir le plafond, menaçant toutefois de s'écrouler au moindre choc. A côté, diverses caisses s'emplissaient de bocaux hermétiquement clos, bocaux recouvrant également toutes les étagères du lieu aux côtés d'alambiques divers et variés. Des potions de toutes les couleurs recouvraient les tables, parfois en équilibre précaire, leur contenu gouttant sur le sol poussiéreux, des parchemins couverts de graffitis leur servant de set de table. Même le lit disparaissait sous un bordel des plus notoires et l'assassin n'osait se déplacer librement sous peine de casser quelque chose... Ou de tout simplement disparaître dans l'effondrement de la demeure.

Situé sous les toits, le « laboratoire » de Tracy contenait sans doute tout ce que la création possède de plus dangereux ou meurtrier en terme de bestioles, poisons ou autre arme chimique. Sous ses airs inoffensifs, cette petite femme ridée d'un mètre quarante-cinq à peine portait toujours sur elle de quoi terrasser le plus robuste ou le plus inconscient des agresseurs et il eut été très mal avisé de sous-estimer l'une des alchimistes les plus talentueuses du Black Fang. Pour l'heure, cette dernière farfouillait à grand bruit dans un fatras de fioles, en propulsant certaines encore pleines dans les airs. Le plus impressionnant était certainement qu'aucune ne se brisait, atterrissant toujours sur le lit ou sur un livre dépassant de la colonne voire parfois sur une étagère sans le moindre dommage. Une performance assez impressionnante à vrai dire mais qui confortait le Croc Pourpre dans son idée de rester immobile jusqu'au bout.

- Ah ! Les voilà!

Fièrement, la petite alchimiste se redressa autant que lui permettaient son age et sa taille, exhibant fièrement plusieurs petites fioles toutes contenant le même liquide...
- Le Lys Sanglant...
- Exactement mon p'tit ! Nan recule inconscient!

Devant la main tendue de son client, l'alchimiste avait rapidement écartées les petites fioles.
- Un simple contact avec ta peau ou même les vêtements que tu portes et c'en serait fini de toi!
- ...
- Donne-moi tes armes.

Saisissant les fourreaux que lui tendait l'assassin, la petite vieille se dirigea vers sa table de travail en grommelant quelque chose sur l'inconscience des jeunes d'aujourd'hui et la stupidité de tous ces mortels pour lesquels elle travaillait. La chaise racla le plancher lorsqu'elle la tira avant de se hisser dessus, déposant le contenu de son précieux chargement sur la table. D'un geste visiblement expérimenté, elle tira la Dague létale de son fourreau et en examina le tranchant d'un air appréciateur.
- Tu as de bons goûts Croc Pourpre. Ta lame est à ton image. Rien d'exceptionnel mais droite et efficace.
- ...

L'assassin encaissa le « compliment » sans broncher tandis que l'ancêtre s'emparait d'un chiffon étrangement immaculé au vu de l'état des lieux.
- Mais grâce à moi, et surtout grâce à cette petite merveille, ta lame pourra enfin prétendre véritablement à ce titre. Elle déboucha précautionneusement la première fiole. Connais-tu les effets du Lys Sanglant monsieur l'assassin?
- Il tue plus efficacement que n'importe quelle arme, c'est tout ce que j'ai besoin de savoir.
- Je suis le cerveau et toi le muscle hein... Pitoyable.

L'alchimiste secoua la tête d'un air parfaitement hautain. Pendant qu'elle parlait, elle avait soigneusement étalé le chiffon par dessus la lame et versait désormais le contenu de la fiole goutte à goutte sur ce dernier, le liquide irisé colorant délicatement le tissu d'une couleur orangée assez vive avant de brusquement virer au noir tandis qu'une faible odeur de brûlé emplissait l'atmosphère.
- Le Lys Sanglant... Très rare, très coûteux, très difficile à distiller... Mais avec un peu de talent et de patience... La liqueur obtenue est un poison extrêmement corrosif... Seul l'acier et la roche lui résiste, il s'incruste entre les mailles du tissu et les pores de la chair en brûlant tout sur son passage. Ca ne fait pas de gros trous impressionnant comme un simple acide mais... On obtient une couleur carbonisée des plus intéressante.

Elle releva la tête de son ouvrage avant d'adresser un sourire édenté mais malicieux au tueur inexpressif. Rebouchant soigneusement la petite fiole vide elle la déposa délicatement sur la table avant de saisir le chiffon avec des pincettes. Le tissu n'était pas troué mais virait lentement du blanc immaculé au noir charbon. En deux minutes, l'objet s'effrita entre les pinces de l'alchimiste qui contemplait fièrement son client. Le Lys Sanglant était TRES cher mais il était aussi TRES efficace. Cependant, l'absence totale de réaction de la part de son client rappela la petite vieille à son travail et c'est en maugréant qu'elle réitéra l'opération sur la deuxième lame.
- Il faut laisser quelques minutes au poison pour se fixer totalement sur l'acier. Toutefois, il se dilue extrêmement rapidement et avec une telle superficie d'acier tu n'en as pas pour longtemps avant que tout ne se soit engouffré dans l'organisme de tes victimes...
- Combien.

L'empoisonneuse leva la tête de son travail avant de lever un sourcil visiblement intrigué par la soudaine prise de parole de son hôte.
- Eh bien on dirait que tu n'as pas perdu ta langue finalement. Voyons voir je dirais une petite dizaine de coups. Pour un assassin de ton rang cela ne représente certainement pas grand chose cher Croc Pourpre...
- Non combien pour ton travail.
- Oh mais qu'il est pressé!

La bouche de la vieille s'était tordue en une petite moue de désapprobation. Qu'il était pressé ! L'alchimie était un métier de patience et de savoir-faire mais cela aucune de ces brutes ne pouvait le comprendre.
- Une fiole de cette petite merveille te coûtera cinq mille écus mais...

Dans un bruit clinquant, l'assassin balança littéralement sur la table les deux bourses pleines à craquer qu'il avait transporté avec lui jusqu'ici sous le regard complètement désintéressé de la scientifique. L'argent n'avait d'autre valeur pour ces gens que de pouvoir continuer leurs expériences.
- Voilà quinze mille.
- A moins que tu ne saches pas compter j'en déduis que tu as besoin d'une troisième fiole. Quelle arme veux tu enduire?
- Aucune.

L'alchimiste observa lentement le deuxième chiffon se désagréger avant de reporter son regard sur le rouquin.
- Tu prends de gros risques assassin. La moindre fêlure dans le verre pourrait t'apporter la mort bien plus rapidement et douloureusement que tu ne le crois.
- ...
- Enfin... soupira-t-elle Heureux les simples d'esprit. Essaies juste de ne pas la casser ici, il est très difficile de se débarrasser du cadavre des gens de ton espèce.
- ...

Sans un mot, l'alchimiste rengaina précautionneusement les lames avant de les tendre à son client ainsi qu'une minuscule fiole du liquide mortel.
- Fais attention, il y a de quoi abattre une wyvern là dedans et si l'on compte ce que je viens de faire à tes épées, c'est le troupeau tout entier que tu pourrais décimer.

C'est au moment où il allait s'emparer du précieux récipient qu'elle arriva. Une puissante détonation qui pulvérisa les vitres des habitations au dessous d'eux, le laboratoire en étant dénué. Le choc fut suffisamment violent pour les faire trébucher et c'est avec horreur que la femme vit le poison lui échapper des mains. La fiole tomba lentement, pivotant sur elle même. Un mètre quarante-cinq ce n'est pas bien haut... Mais c'est tout de même suffisant pour briser une aussi petite fiole. Sauf lorsqu'on est à coté d'un homme aux réflexes surentraînés. De cette même main qui avait péter des têtes un nombre incalculable de fois, le Croc Pourpre s'empara délicatement du conteneur avant de le ranger précautionneusement dans une petite sacoche à sa taille.
- Fé... Félicitations.. Qu'est-ce que c'était!

L'odeur de la fumée leur parvint rapidement tandis que la lueur rougeoyant filtrant à travers les lattes de bois les renseigna sur leur très forte chance de finir en grillades s'ils ne décampaient pas, ce que l'assassin s'empressa de faire... Mais tout seul.
- Que faîtes-vous!
- Quelle question! Je sauve ce qui peut l'être!

Le crépitement des flammes s'intensifia alors que l'assassin saisissait la petite vieille par le bras, sans parvenir pour autant à lui faire lâcher la caisse qu'elle essayait de tirer.
- Vous allez y rester!
- Toute ma vie est là espèce de roux stupide ! Si tout brûle, en plus d'être mortellement dangereux pour les gens à proximité, je n'aurais plus aucune raison d'exis... AAAAH!

Les flammes avaient déjà commencées à ronger la paroi et s'attaquait désormais aux poutres soutenant la bâtisse. En à peine une seconde, livres, paperasses, meubles... Le laboratoire se transforma en une gigantesque torche. Profitant de la diversion, le tueur colla une manchette bien placée à la vieille avant de la charger sur son épaule et de déguerpir. Dévalant les escaliers comme si la petite alchimiste ne pesait rien, le tueur émergea de la bâtisse au moment où le toit s'effondrait sur l'antre toxique.

Mieux valait déguerpir avant d'être tué par une quelconque projection toxique. Les flammes attaquaient les bâtiments avec une voracité sans précédent, n'épargnant rien ni personne et un flot de réfugiés envahissait peu à peu les rues, qui tentant de fuir, qui tentant d'éteindre u n brasier bien trop puissant pour être arrêté. Le quartier au moins était condamné. Sans aucun remord, le tueur rééquilibra la petite vieille sur son épaule avant de piquer un petit sprint à travers la cohue, bousculant homme femme et enfant sans la moindre gêne. Les plus forts survivraient comme à leur habitude... Les plus fort et ceux qu'ils protégeaient songea-t-il en jetant un coup d'oeil à celle qu'il avait sauvée bien malgré elle.
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MessageSujet: Re: Devil Never Cry   Mar 17 Mai - 0:50

    Hélène bailla à s'en décrocher la mâchoire. Elle avait bien mérité une bonne nuit de sommeil, ça oui. La journée avait été longue et éprouvante ; joyeuse aussi.
    Elle regarda le lit confortable de la petite chambre qu'elle avait louée pour la nuit. Épars sur le sol se trouvaient ses pièces d'armure ainsi que sa lance au manche d'ébène et à pointe d'argent. Dans un coin, elle avait jeté son sac de voyage qui contenait une bourse pleine d'argent, un livre, des affaires de toilette, et une élégante robe de soie couleur ivoire. Elle laissa couler son regard vers ses bottes, et puis décida qu'elle était trop fatiguée pour se déshabiller. Le lendemain se devait festif.
    Elle s'écroula sur le matelas moelleux. L'oreiller sentait bon la lavande juste cueillie, et les draps étaient frais du matin. Elle inspira une ou deux fois profondément, puis se tourna sur le flanc droit en regardant, par la fenêtre, la lune qui pointait. Il devait être minuit passé.

    Ce matin-là, sur la table de la cuisine, il y avait près de son petit déjeuner une lettre cachetée par de la cire dorée. Hélène avait reconnu immédiatement le sceau d'une amie chère qu'elle avait rencontré à l'époque où elle battait les rues avec ses petits camarades de jeu. Cette amie - Annabelle de son prénom - était une fille modeste et un peu ronde, dotée de deux yeux immenses et aussi purs qu'une eau cristalline. Elle était, quelques temps plus tôt, tombée follement amoureuse d'un marchand de Daein, et elle avait tout abandonné, famille, amis, boulangerie (qu'elle tenait avec son frère), pour le suivre. Personne n'y avait cru, on l'avait attendue quelques jours, se disant qu'elle allait revenir... Mais non, pas l'ombre d'Annabelle.
    Elle avait toujours aimé les mûres, Annabelle. C'était une gourmande. Elle faisait les meilleures pâtisseries du village. Alors, dès qu'elle envoyait du courrier, elle scellait ses lettres avec de la cire dorée comme du pain sortant du four, révélant la jolie arabesque d'une mûre sur le cachet.
    Hélène, dès qu'elle eût aperçu le courrier, avait arraché littéralement le petit point de cire afin de lire avidement le contenu. Elle avait poussé un glapissement de bonheur. Elle se mariait ! Elle l'invitait à son mariage avec le gentil marchand de Daein !!
    Hélène avait couru comme une folle dans la maison, s'alarmant de ne pas avoir reçu la lettre plus tôt. Le mariage était pour le lendemain ! Bien sûr, ce devait être la légendaire étourderie d'Annabelle qui faisait encore des siennes, mais tout de même !
    Alors ni une ni deux, la jeune femme s'était habillée rapidement, avait empoigné un sac, y avait fourré quelques affaires pèle-mêle (en prenant cependant soin de ne pas trop froisser la robe, il y a des limites à la hâte), avait bu une grande tasse de café, collé un gros baiser sur la joue de son frère et de sa belle-soeur, puis était sortie en courant vers les écuries de la garnison où Liam avait préféré rester cette nuit-là.


    " Sergeeeeeeeeeeeeeeent !!"
    "Holà, te voilà bien matinale Hélène ! Qu'est-ce que tu as donc ?"
    "Sergent, s'il vous plaît, une de mes chères amies se marie, et il faut que je me rende immédiatement à Daein !"
    "Ah non, la dernière fois que tu m'as fais le coup, tu n'es même pas venue à ton tour de garde ! Alors je veux bien échanger mon tour avec toi, comme ça tu le fais maintenant, mais tu ne partiras pas avant d'avoir fait tes huit heures !"
    "Maiiiiis Sergent, s'il vous plaîîîît..."
    "Non, c'est non. Et je me trouve déjà bien clément, puisque je suppose que tu ne seras pas là demain. J'attends de toi que tu redoubles d'efforts lorsque tu reviendras."

    La jeune femme avait tristement hoché la tête, puis avait accompli avec ardeur son tour de garde, surveillant bien chaque coin, envoyant les nouvelles recrues se perdre dans les couloirs du palais, et jouant aux cartes avec les autres soldats.
    Puis, seize heures tapantes, elle s'était précipitée aux écuries, scellant son pégase, et se lançant à la conquête du ciel bleu afin de rejoindre le joli petit village de Daein où Annabelle avait élu domicile. Où elle allait se marier, vivre et élever ses enfants. C'était à vous mettre tout en joie.

    Hélène rit en se retournant une nouvelle fois, les pensées prises par la journée qui était passée, finalement, à toute allure. Elle était encore grisée du vent de la nuit. Elle était arrivée il y a peu, et l'aubergiste l'avait déclarée chanceuse d'avoir encore une chambre de libre. Il ne fallait pas embêter Annabelle à cette heure tardive.
    Elle ferma les yeux, et, cette fois-ci, s'endormit pour de bon.

    Enfin, pas aussi longtemps qu'elle l'eût souhaité, puisque ce fut comme une explosion qui la réveilla en sursaut. Une lumière cramoisie filtrait derrière la vitre. La couleur du feu. Elle se leva d'un bond, enfila ses pièces d'armures en vingt secondes, attrapa sa lance, laissant son sac dans la chambre. Elle ne pouvait pas s'encombrer de telles choses. Des vies étaient peut-être en danger.
    Elle courut vers l'écurie, attrapa la selle et le harnais de Liam qu'elle attacha alors qu'elle chevauchait déjà le pégase. Il battit des ailes une, deux fois.


    "NON ! Ne t'envoles pas, cours ! Galope, il faut sauver ces gens !"

    Elle eut une pensée pour Annabelle. Mais elle ne savait pas où résidait son amie ; le temps de la chercher, des dizaines de vies seraient peut-être perdues.
    Elle parcourut les rues à toute vitesse, tentant de secourir les personnes coincées par les flammes qu'elle croisait. Liam peinait, avait chaud. Ses belles ailes frémissaient. Courage. Il fallait garder courage.

    Elle finit par arriver à un embranchement, où un homme ceint d'une épée regardait trois corps. Arrivée à son niveau, elle regarda les cadavres mutilés. Ses yeux s'agrandirent.


    "C'est vous qui..."

    L'expression dubitative peinte sur la face de l'épéiste ne lui fit pas douter une seule seconde qu'il n'y était pour rien dans ce massacre. Mais c'était justement le massacre qui l'inquiétait. Elle chuchota, plus pour elle-même que pour l'épéiste :

    "Il n'y a pas que l'incendie qui tue cette nuit..."

    Puis, ses habitudes de soldate reprenant le dessus, elle tendit une main gantée à l'homme. La fumée se faisait plus épaisse.

    "Un coup de main peut-être ? Vous aurez du mal à vous sortir du brasier si l'on continue d'attendre ainsi."

    Qu'il se dépêche de choisir s'il la suivait ou pas. S'il vous plaît.
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MessageSujet: Re: Devil Never Cry   Mer 18 Mai - 1:11


Le bruit des cloches, le bruit des cris, le bruit des pleures. Personne commençait à connaitre cette mélodie de désastre par cœur il manquait seulement la note habituelle de rage de ceux qui continuent à se battre pour une cause perdue. Sortie de son lit de paille loin d’être douillet mais restant confortable, la louve se redressait faisant frémir les chevaux cloitrés à l’autre bout de l’enclos qu’elle avait squatté pour la nuit. Elle restait une prédatrice redoutable bien qu’elle n’ait rien tenté durant la nuit pour les faire rôtir et les dévorer.
Sautant par dessus la rambarde avec l’aisance que son corps juvénile et svelte lui permettait, elle retomba sur le dallage sans un bruit pas même celui d’un souffle et sortit dans la rue.

Des flammes dévoraient les bâtiments et dansait dans le regard de la jeune Laguz alors qu’instinctivement, elle replongeait dans la noirceur accueillante de l’écurie. Rentrant sa tête dans ses épaules et s’accroupissant sur le sol, elle portait ses mains à ses oreilles pour s’isoler du bruit de crépitement si typique de ces langues brûlantes léchant les toits de la ville. Peut être était-ce psychologique mais maintenant qu’elle avait vu les flammes, elle avait l’impression de les sentir jusqu’à l’intérieur de son corps, elle avait le sentiment que la chaleur douloureuse de ses flammes allait la brûler vive…
Soudain, le toit craqua laissant apparaitre une part du ciel entrecoupée de la lueur vive et éclatante de l’incendie. La poutre enflammée s’écrasa au milieu de l’écurie enflammant à une vitesse subliminale le foin sec et excitant les chevaux présents dans l’endroit. Sortie de sa torpeur par le hennissement paniqué des animaux, Personne se releva et d’un mouvement mécanique guidé par la raison et non plus par la peur elle ouvrit le box et laissa s’échapper les trois animaux en furie. Elle devait faire de même cependant, elle avait trop peur pour sortir sous sa forme humaine mais savait qu’une Laguz au milieu d’une ville Beorc en plein milieu d’un incendie… elle serait le bouc émissaire parfait et elle avait assez d’ennui comme ça.
Brusquement, une silhouette massive dans l’écurie éclairait par le feu violent se dessina révélant la présence d’un énorme andalou à la robe baie et à la musculature rassurante. L’animal à peine intrigué par les flammes, commençait à s’énerver de cet élément perturbant son sommeil. Personne s’approcha de lui posant une main sur son flanc. Elle sentit alors un fluide passer entre eux, sans une parole, sans un son, elle comprit qu’elle pouvait lui faire confiance pour la sortir de là. S’agrippant à la crinière de l’animal, elle passa une jambe par-dessus son flanc et se pencha proche de son corps sentant la chaleur de son être et chacun de ses muscles se contracter. Sous la simple pression de ses talons sur ses flancs, l’animal se lança dans la rue et le carnage se révéla dans sa totalité à la vue de la Laguz. L’incendie s’était répandu partout apportant sa lumière oscillante sur la ville entière et éclairant le visage effrayé des humains.
La jeune fille ne savait pas où aller et se mit donc à suivre machinalement les mouvements de la foule. Son cheval ne rechignant finalement pas à un peu d’exercice nocturne. Il se mit à galoper parmi ses fourmis se frayant un passage à travers la foule. Mais alors qu’ils rejoignaient enfin la route principale, une explosion souffla la rue où il se trouvait et par un pur réflexe de survie, Personne prit forme semi-animale dépassant facilement de deux têtes le plus grand des Beorcs. Ses bras devant son visage elle se tenait les jambes pliée le ventre contractée juste devant le quadrupède. Celui-ci se releva et à la vue de l’être mi-bête, mi-homme… disons-le un véritable monstre, il fuit dans la direction opposée.

- MAMAN !!!

Une petite enfant juste à ses cotés et ayant profité de sa protection pleurait toutes les larmes de sont corps montrant la lycanthrope du doigt.

- Sale sous-humain !!! Tout est de votre faute c’est ça !!

Comme elle le pensait, elle ne pouvait garder cette forme dans la ville. Elle se releva surplombant de toute sa taille l’homme qui avait lancé les paroles insultantes et sans y répondre se retourna prenant totalement sa forme de louve et ignorant les humains.

Alternant entre ses différentes formes, la jeune fille essaya tant bien que mal de s’éloigner des endroits les plus peuplés se cachant dans les endroits les plus sombres pour rester invisible aux humains, ce qui en un sens n’était pas trop difficile au vue de la panique ambiante…
Petit à petit, les rues se vidèrent, le silence regagna la cité seulement rompu par le crépitement des flammes, des bâtisses qui s’écroulaient et des cris lointains des fuyards. Rassurée voyant l’incendie s’éloigner pour gagner les quartiers sud, il n’en restait pas moins une épaisse fumée asphyxiante qui lui torturait les poumons. Affichant désormais sa forme de Laguz dans sa totalité, elle se mit au ras du sol et s’engouffra dans un bâtiment dont elle distinguait à peine les contours.

Les nombreux bancs qu’elle y distingua ainsi que l’autel dédié à la déesse eurent rapidement fait de la renseigner sur le lieu où elle se trouvait, elle était dans la chapelle.
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MessageSujet: Re: Devil Never Cry   Mer 18 Mai - 16:52

Eli ouvrit les yeux pour la quatrième fois depuis qu’elle avait soufflé les bougies. Ne cessant de se tourner et retourner dans tout les sens, la literie avait finit dispersée aux quatre coins de la chambre. Tym avait quitté sa place habituelle qui consistait à squatter le cou de la jeune femme pour un fauteuil de cuir usé disposé dans un coin sombre de la pièce. De son lit, elle pouvait voir ses yeux dorés scintiller par moment. Il prenait un air blasé démontrant le dégout profond qu’il avait pour son coussin préféré. Mais elle n’y pouvait rien ; pas moyen de trouver le sommeil ce soir malgré tous ses efforts. Et il y avait de quoi.

Cherchant un peu de réconfort, Eli appela Tym d’une voix douce reflétant la promesse d’une bonne dose de caresses. Le chat lui tourna le dos. Dépitée, elle se lassa retomber sur le matelas avec un profond soupire. Mais qu’était-elle revenue faire dans ce fichu pays ?

Tout d’abord il y avait eu cette lettre. Une semaine auparavant, un gamin en haillon la lui avait apportée accompagnée d’un grand sourire de sa bouche édenté. Malgré toute ses questions, Eli ne put rien obtenir de concret sur la personne ayant chargé le gamin de cette course. Vêtue de noir, voix grave… le parfait stéréotype de l’homme ou la femme voulant rester discret. C'était tellement gros! La jeune femme se décida tout de même à ouvrir l’enveloppe sale et tachée par des substances dont elle préférait ignorer la nature. Une feuille de papier en sortie, sur la quelle n’étaient inscris que quelques mots d’une belle écriture faisant un contraste étrange avec le papier bon marché utilisé.

« Concernant l’affaire d’il y’a quinze ans, tu trouveras tes réponses à Aegis. »


Rien de plus. Sur le moment, elle avait hésité entre deux solutions possibles : une farce ou un piège. Une date vague, une phrase courte donnant peu d’indice, et une petite ville de… Daien ce pays où elle s’était juré de ne plus jamais remettre les pieds sauf en cas d’absolue nécessité. Elle ne croyait pas au hasard. La personne ayant écrit ça devait la connaitre un minimum. C’était peut être pour la piéger mais il fallait tirer cette affaire au clair. Comment avait-on pu la retrouver au milieu de Criméa alors que la petite fille qu’elle était à l’époque avait disparu de la surface du monde ?

Quittant la petite vie tranquille qu’elle menait perdue dans la campagne de Criméa, Eli était partit pour Aegis, sans plus tergiverser. Un peu d'action lui éviterai aussi de se rouiller. La routine commençait à s'installer et devenir désagréable. Surtout qu'ainsi elle avait pu se libérer d'un pot de colle assez pénible.

Arrivée tôt dans la matinée, elle avait passé la journée à parcourir la ville posant des questions discrètes sur l’éventuel auteur de la lettre. C’était sans doute quelqu’un ou une organisation avec un certain pouvoir. Mais malheureusement, rien de bien concluant ne résulta de ses recherches. Ce n’était pas une surprise. Visiblement ces personnes étaient intelligentes et discrètes. Bref, à part avoir faillit se faire écraser par un pégase, rien de bien passionnant. Eli prit une chambre dans une auberge renâclant contre le prix exorbitant qu’on lui en demandait. Elle ne payait pas de mine, mais « Reposez en paix » était l’une des auberges les plus réputés de la ville. Mais ceci bien sûr, la jeune fille l’apprit après avoir payé d’avance. Un pays de grippe sous en plus d’un pays d’assassins. Surtout qu'il fallait être stupide pour installer une auberge si prêt d'alchimistes jouant aux apprentis sorciers.

Trop chaud, trop énervée, Eli se leva pour ouvrir la fenêtre et savourer la brise tiède de la nuit. Dans son dos, il y’ eu un craquement, une intense lumière bleue, puis Tym lui effleura la joue en s’envolant par la fenêtre sous sa forme de faucon. Eli soupira une nouvelle fois en s'accoudant sur le rebord.

Décidément, sa mauvaise humeur était contagieuse. Elle reporta son attention sur le monde endormit. Quelque chose n’allait pas. Il n’y avait pas un bruit et la lune paressait comme voilée. L’atmosphère pesante de la journée prenait un ton étouffant qui la fit frémir. Mal à l’aise, Eli allait refermer la fenêtre, ne s’inquiétant absolument pas de Tym qui passerait la nuit dehors, quand le bruit d’un gong vint ébranler la cité. Puis il y eu trois sons de cloche sonnant comme le glas annonçant le malheur et la douleur. Eli inspira bruyamment alors que le quatrième résonnait sinistrement.

L’explosion qui suivit la souffla à l’intérieur de la pièce. Eli s'écrasa contre le bois du lit. Quant elle reprit ses esprits elle se précipita à la fenêtre ou ce qu'il en restait. Le verre avait éclaté et le mur du bâtiment continuait de fumer. Les craquements caractéristiques du feu qui se répand emplit l'air tout autour. Il se déplaçait à grande vitesse rongeant les maisons aussi facilement que des fétus de paille. Des gens commençaient à sortir d’un peu partout courant paniqués dans tous les sens.

La jeune femme sauta sur ses vêtements et s’habilla de la tête aux pieds avec une efficacité impressionnante. Il faut dire qu’elle était habituée aux situations de crise. Elle boucla le ceinturon auquel pendait Belthil, attrapa sa sacoche et s’engouffra par le couloir. Elle hurla aux clients hébétés restés sans bouger au milieu du corridor de "se bouger le cul" tentant de les faire réagir. Poussant ceux en travers de son chemin, Eli sorti enfin dans la rue pleine de monde où la fumée commençait à se répandre. Entourant son écharpe autour de son nez, à moitié toussant et les yeux larmoyants, la jeune femme se frayait un chemin à travers cette masse grouillante de personnes déboussolées. Tout ceci avait t-il un rapport avec la lettre ? Pour l’instant, la première chose à faire était de trouver un endroit où échapper aux flammes ronronnant dans son dos.

Les artères de la ville étant bouchées, la jeune femme coupa par des ruelles, ce qui lui fit gagner un temps précieux sur la foule fuyant vers le sud. Direction que l’incendie semblait lui aussi avoir pris. Eli reprit son souffle un moment appuyée contre un mur. Elle avait un peu de répit sur les flammes.

C'est ce moment que choisit Tym pour réapparaitre au dessus d’elle. Il tourna un moment devant son nez puis lança un cris plaintif en partant dans la direction opposée de celle qu'elle comptait prendre. Apparemment, la boule de poil lui indiquait de la suivre. Haussant les épaules, la jeune femme se laissa guider, revenant vers le centre de la citée. Le plus gros du désastre était passé, mais la fumée persistait et le feu ronflait toujours par endroit. Ne voulant pas finir rôtie, Eli s'aspergea d'eau, puisant dans les réserves de sa gourde.

Tym perché sur un cadavre le regardait en penchant la tête. L'épéiste s’approcha au milieu des bâtiments qui crépitaient encore. En fait il y avait plusieurs cadavres, qu'on distinguait mal dans la nuit malgré le rougeoiement des flammes. Sur leurs corps brulés, on pouvait reconnaitre l'armure des gardes de la cité, portant encore le blason de la ville. Ils n’étaient pas mort à cause du feu.

Caressant Tym venu se percher sur son épaule, Eli prit la direction du mur d'enceinte en marchant calmement, la main posée sur la garde de Belthil.


Cette nuit s'annonce passionnante tu ne pense pas?


Pour toute réponse, l'oiseau lui pinça l'oreille.

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MessageSujet: Re: Devil Never Cry   Ven 20 Mai - 12:35

« Eh, mais dans Curtis y'a « Cul »!
-...Eh! Mais dans Stark si on change toutes les lettres et qu'on en rajoutes y'a: « Gros trou de balle gluant »!
-... »

***

Le combat faisait rage depuis plusieurs minutes. L'homme au long manteau blanc enchaînait les coups sur son adversaire avec une fluidité et une précision à la limite de l'absurde. Plus étonnant encore, celui en rouge les esquivaient tous dans d'amples mouvements entrainant tout son corps. Le métal de la lame runique de Génésis glissait sur le manteau renforcé du Faucheur, le son résonnant en échos sur les parois de ce lieu à l'acoustique parfaite. L'immense manteau rouge était presque projeté comme une arme pour contrer certains coups. Ils virevoltaient tout deux en tout sens.

Mettant un pied en arrière, le Faucheur du le poser en appuis sur un banc alors qu'il jetait le haut de son corps en arrière pour éviter de justesse une attaque horizontale au cou. Tournant sur lui même, Génésis reporta son attaque vers le milieu du corps. Poussant sur sa jambe; le criminel officiel se lança en arrière. Sans que la gravité ai de prise sur son poids, il se rétablit droit en plein vol et en profita pour shooter dans l'arrière du banc avant de se réceptionner au sol. Le coup avait été violent et digne d'un tir cadrer de l'équipe de France en mille-neuf-cent-quatre-vingt-dix-huit. Frappant du plat du pied maintenant tendu, l'autre, genoux plié en arrière pour maintenir l'équilibre, le banc s'envola en emportant Génésis au niveau du ventre. Fauchant la dizaine de bancs derrière lui, il s'étala sur ces derniers une fois bien entassés au fond de la pièce.

Quelques secondes de silence s'écoulèrent lentement alors que personne ne bougeait. Et ainsi, le gong du clocher retentit au loin. Génésis sortit des décombres en repoussant gentiment le bois l'en empêchant. Avançant vers son opposant, et levant une main cinématique en l'air il s'exprima ainsi:

« Mon ami prends tu ton envol a présent,
Vers un monde qui nous rejette toi et moi,
Tout ce qui t'attends est un sombre lendemain,
Peu importe ou les vents souffleront. »

La fin de ses mots furent souffler par le vent alors qu'il avançait toujours. Les vitraux avaient explosés dans une détonation puissante. Et alors que le verre tombait en poussière dans toute la cathédrale, Génésis plaça son épée à l'horizontale devant lui avant de passer sa main gauche sur les runes de la lame. Cette impétueuse caresse illumina l'épée d'un étrange halo rouge.

Le Faucheur tira son épée. Doucement, ouvrant les ceintures magnétiques au fur et à mesure que sa pression sur le pommeau s'accentuait. Les deux se penchèrent en avant, se contemplant dans les multitudes de morceaux de verre en apesanteur autour d'eux. Et dans l'infinité de leurs dimensions visuelles, leur regard se croisa.

Les choses sérieuses allaient enfin commencer.
***

« White? »

White était tranquillement installé sur le dos d'Ezekiel, quoique légèrement penché sur le côté pour contempler avec dédain le spectacle des fourmis fuyant leurs tunnels souterrains. Et il souriait. Il souriait à en perdre la vue:

« Haha, c'est trop bon ce truc! Ils les as tous! Tous! Oh, comme j'aimerais jouer avec eux moi aussi!
-Parfait, retourne à ton poste. On va avoir besoin d'un coup de main je crois. »

***

Au sommet de la mairie, le clocher était toujours intact. Tenant son arc parallèle à son corps, il en exultait comme un vent d'hiver. D'un bleu pure et en plusieurs filins visibles qui plus est. Stark tirait des flèches sur les flammes s'approchant un peu trop. Installé au milieu de la grande place, le bâtiment ne craignait pas grand chose.
Lexiel débarqua par les escaliers, essuyant une de ses lames ensanglantée avec une tissu déchiré:

« Une famille s'était réfugiée dans la mairie.
-Et?
-J'ai parlé au passé. »

Le ton de l'espionne était froid, et gelait les doigt de Stark. A moins que ce soit son arc, enfaite. Elle s'adossa à la rembarre, dépassant de celle-ci de tout son buste alors que Curtis jouait la discrétion toujours accroupis avec sa longue vue:

« Combien ont résisté?
-J'vois kedall avec la fumée, imbécile.
-Te fous pas de moi.
-Cinq. Six si on compte notre enfoiré d'invité.
-Avec nous ça fais douze. Le maître va être content.
-Quels sont les prochains ordres?
-Attendre. »

***

Un loup dans la bergerie. Ou plutôt une ombre tapis dans le lieu de culte de la lumière. Là, elle pouvait voir ces deux hommes échanger des coups d'épée à une vitesse ahurissante alors que les lucarnes s'embrasaient de flammes léchant le plafond à en décoller les fresques représentatives d'Ashéra. Cachée derrière les bancs restants du fond, elle pouvait voir que chaque coup paré projetait des étincelles ainsi que de minis ondes de choc. Au dernier coup en date, ils avaient tout deux projeté leur lame vers l'autre avec un mouvement de recul d'épaule amplifiant l'impact.

Les deux lames se touchèrent.

Les deux hommes glissèrent sur deux mètres en arrière a rythme du dallage s'envolant sur leurs côtés du à la puissance de leur attaque. Une fois le léger vent d'une demi-seconde dissipé; Génésis replaça son épée au bas de ses pieds alors que l'autre restait en garde. Et tout simplement, il lui sourit. Le vent se leva.

Le bâtiment vola en éclat. En trois morceaux distinct, séparés horizontalement à hauteur humaine: genoux, abdomen et cou. La puissance du coup était hors du commun. Les trois pans de bâtiment s'envolèrent de quelques mètres avant de se disloquer et de retomber tout autour.

La chapelle n'était plus que ruines.

Juste derrière le loup, de là où était venu le coup, il se tenait jambe à moitié écartée pour tenir ses appuis, main derrière la tête tenant son épée à la verticale dans son dos, tranchant vers l'extérieur. Ce ne fut qu'un simple réflexe, de sentir une présence et de la protéger. Il ne l'avait même pas regardée et resta dans cette position jusqu'à ce que toutes les pierres retombent.
Derrière lui, une main retomba le long d'un corps. Il tourna son regard vers la silhouette s'approchant. Cette même personne que Génésis contemplait avec fierté.

Il était vêtu de noir. Tout de noir; une longue cape à capuche recouvrant corps et visage. Surplombé de runes rouge et or. Ses vêtements amples empêchaient totalement de l'identifié, et ses longues manches emmitouflaient même ses mains jusqu'à la déraison. Pire que cela, il dégageait une aura si puissante que chacun de ses pas parmi les ruines résonnait de chaos pur.
Dépassant le Faucheur comme si de rien était:

« Monsieur le Bras Armé de la Déesse, ravis de vous rencontrer. »

Sa voix était caverneuse, semblant venir des abysses elle même. Malgré le danger qu'il représentait le Faucheur ne pouvait s'empêcher de le suivre des yeux:

« Douze survivants. Douze apôtres. Maître Lucifer avait raison. »

Le nom prononcé par cet être quasi-surnaturel semblait contenir le monde entre ses doigts, la situation n'était pas rassurante. Il leva les bras au ciel, dans un mouvent théâtral:

« Car là-bas, ils s'entretuent par mon simple désir! »


***

La sortie sud. Seule passage pour entre ou sortir de cette ville au bord de la montagne. Là, les gens n'étaient pas normaux. Non, ils ne contemplaient pas leur ville partir en cendre, la larme à l'œil. Ceux qui n'avaient pas été tués par les flammes étaient les plus fort. Maintenant, ils se battaient. Avec rage, fureur et sans aucune pitié. Avec tout ce qui leurs passait par les mains, ils s'acharnaient sur les personnes les plus proches d'eux, les massacrant horriblement avant de passer à la suivante. C'était un festival du carnage, et personne ne tentait de résonner personne. Tous le monde tuait et s'enivrait de l'odeur du sang.

Sous peu, les coquelicots pousseront ici.

***

« Il n'y a aucun moyen de les sauver. »

Ce sont les dernières paroles que Personne entendit avant de se faire soulever au niveau du ventre par un bras, et de commencer à voler en arrière. Le Faucheur courait, l'entrainant vers les portes sud en prenant bien soin d'éviter les flammes.

« Eh, c'est Stark. On fait quoi maintenant, chef?
-Capturez les apôtres après les avoir identifiés. »


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MessageSujet: Re: Devil Never Cry   Ven 20 Mai - 21:10

<< C'est vous qui... >>

Alan leva la tête en direction de la voix. Une cavalière pégase, sur son fidèle destrier, l'observait, choquée. Mais vu l'expression suivante, elle s'était rappelée que les épées ne lançait pas de flèches.

<< Il n'y a pas que l'incendie qui tue cette nuit... >>

Alan acquiesça, sans voix. Il ne fallait pas trainer dans le coin. L'incendie se faisait de plus en plus violent. La femme tendit une main vers Alan. La fumée lui irritait déjà la gorge. Sous peu, ça deviendra irrespirable.

<< Un coup de main peut-être ? Vous aurez du mal à vous sortir du brasier si l'on continue d'attendre ainsi. >>

Une monture pour quitter cet enfer plus vite, ça se refusait pas. Alan attrapa la main de la femme et ce fut à ce moment qu'Alondite convulsa violemment dans son fourreau. Au début, il crut que c'était la femme qui avait provoqué cette réaction (pourquoi elle ? Il l'ignorait), mais la source se manifesta bien vite après cela.

La chapelle surplombant les maisons qui séparaient les deux jeunes gens , plus ou moins visible à travers la fumée, se disloqua. Alan crut d'abord que c'était ses fondations qui causaient un tel choc, mais elle tomba en deux morceaux (selon son point de vue, il ne pouvait pas voir le bas de la chapelle, juste le haut que permettait de voir maisons et fumées, coupés nets. Seule une grande puissance magique permettait pareil prodige. Alan trembla. Son instinct de survie prit le dessus sur son âme « chevaleresque » et il eut grand peine à retenir un flot soudain d'urine se pressant de quitter son corps.


<< Fichons le camp... VITE ! >>

Si les premiers mots étaient à peine chuchoté, le second était limite hurlé. Ca faisait si longtemps que la peur ne l'avait pas submergé comme ça. La dernière fois remontait à... en fait, il n'a jamais eu autant peur. Même voir son père mourir sous ses yeux n'avait pas éveillé ce sentiment qui pouvait faire flancher n'importe qui, bien employé. Il ne pensait qu'à une chose maintenant. Fuir, survivre, rentrer chez lui et ne plus en sortir.

Sans attendre l'avis de la femme, il grimpa derrière elle et agrippa son corps au niveau du ventre pour pas tomber.


<< Vous attendez quoi ? En avant ! >>

Pourquoi ? Pourquoi était-il la au pire moment ? Pourquoi cette cité à-elle pris feut ? Pourquoi l'inconnu qui dégageait une puissance magique destructrice s'en prenait-il à cette cité ?

Pourquoi son 6ème sens, qui détectait les ennuis, sonnait-il l'alerte maximale, mais pas pour ce qu'il venait de voir ?


I'm nuclear


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Devil Never Cry   Ven 27 Mai - 1:34

Les flammes... Les cris... Le sang... La chaleur atteignait désormais une hauteur presque insupportable. Les flammes couraient plus vite que les réfugiés, bondissant de toit en toit et c'est un incendie général, sans aucune possibilité d'être stoppé, qui se déclenchait désormais dans toute la ville, condamnée par un sinistre accident à partir en fumée en l'espace d'une simple nuit. Une poutre craqua et dans un fracas de tous les diables, un toit embrasé se répandit sur la chaussée, brûlant et écrasant les survivants, manquant de peu de mettre un terme à l'épopée du Croc Pourpre.
- Tsh... Quelle merde!

Ignorant les cris de panique l'entourant, l'assassin bouscula un homme avant de bondir vers les ruines enflammées. Prenant appui sur un roc chauffé à vif, le Croc Pourpre fit un véritable saut de champion par dessus l'obstacle, sentant les flammes lui lécher les pieds, la chaleur faisant perler la sueur à son front et embrasant le bas de sa cape. Réception parfaite, aucun risque pour le poison dans sa sacoche ni pour la vieille. Le regard glacial de l'assassin pivota vers la ruelle la moins exposée aux flammes avant que ce dernier ne s'y engouffre, laissant les hurlements de souffrances s'éteindre lentement derrière lui. Il ne pouvait rien pour ces gens.

A nouveau sa course reprit, rythme précipité de pas à travers le dédale rougeoyant de la cité, uniquement perturbé par les craquements du bois rongé par le brasier et les cris d'agonie. Un nouveau mur de flamme s'éleva devant lui, l'obligeant à bifurquer rapidement pour ne pas finir comme ce couple, enlacé pour l'éternité dans le ventre ardent de la bête écarlate. Triste fin pour de si jeunes personnes... Triste... Non il ne l'était pas, ils étaient faibles et avaient perdus face à leur ennemi c'était tout. L'instinct de survie reprenait le dessus sur chacun de ses sens. La Loi du Fang résonnait au plus profond de son âme alors que sa course se faisait plus vive, évitant les pièges tracés par l'ennemi.

Un toit qui cède à la pression, évité d'un simple saut sur le côté, une pierre bloquant le passage escaladée, un mur de flammes franchit au prix de quelques brûlures anodines. L'ange de la mort volait à travers ce décor de fin du monde, sa silhouette sombre se découpant sur le fond pourpre qu'était devenue la cité, sa chevelure entrant parfaitement en résonance avec ce qui l'entourait. Non, le Croc Pourpre ne périrait pas cette nuit, même la nature ne pouvait rien contre lui !

Par delà les flammes, le tueur parvint à rejoindre la masse grouillante des survivants, lent flot de vie suivant la même route en direction des portes de la ville. Son regard sans vie se fondait désormais admirablement bien dans la masse de ceux des habitants désespérés. Ils avaient tout perdus : leur vie, leur ville, leur maison... Aucun n'avait de bagage et certains étaient encore en tenue de nuit, il leur avait fallu être rapide pour fuir les flammes. Ils étaient les plus forts et paradoxalement, ceux qui allaient devoir se battre le plus pour s'en sortir. Cela ne l'atteignait pas. Sa vie n'était pas ici, le bureau de l'organisation avait peut-être brûlé mais il y aurait toujours un Black Fang ailleurs pour le recueillir. Jaffar était un loup solitaire mais n'était jamais réellement seul... La magie d'une organisation.

Les survivants se regroupaient lentement sur une petite colline à l'écart, à l'abri des flammes et suffisamment proche de la cité pour y repénétrer en cas d'agression... Mais le mal ne vint pas de là où on l'attendait. Un homme hurla, s'agrippant la tête des deux mains sous les appels paniqués de sa femme et de ses deux filles. Se convulsant, il tomba lentement à genoux avant de se redresser et de décocher un coup de poing magistral à la femme de sa vie. Les gamines hurlèrent et leur mère tituba. L'impact avait du lui briser la mâchoire mais elle ne tomba pas et, alors que son mari se jetait telle une bête sur elle, seule les ongles si effilés de son épouse l'attendaient pour s'enfoncer cruellement dans son œil, plongeant dans l'orbite le plus profondément possible en lui arrachant un rugissement de douleur tandis que l’aînée de ses filles étranglait consciencieusement sa sœur. Dans le dos de l'assassin, une jeune femme hurla alors que les dents de son père venait de pénétrer profondément sa carotide. Très rapidement l'affrontement devint général, tournant au massacre pur et simple des plus faibles par les forts.

D'abord prudent, le Croc Pourpre avait reculé lors des prémices mais il ne put empêcher les créatures autrefois humaines de le repérer. Sans aucune galanterie, il laissa tomber son fardeau au sol pour se protéger de l'assaut de l'homme le plus proche. Roulant à terre il le dégagea d'une brutale poussée des jambes avant de se redresser pour aussitôt faire face à un deuxième adversaire. L'homme, plus puissant que son prédécesseur, ne vit cependant rien venir lorsque le svelte assassin lui glissa entre les pattes pour lui asséner une béquille suffisamment puissante pour l'abaisser à son niveau. Le cou craqua aussi facilement que s'il avait s'agit d'un fétu de paille. Et avant même que le grand costaud ne s'effondre, le premier homme se retrouvait violemment propulsé au sol alors qu'une pierre à portée de main s'enfonçait dans son crâne malléable.

Jonglant avec son nouveau jouet, le Fang se releva pour faire face à une nouvelle vague d'arrivants. Le sang recouvrant son outil dégoulinait déjà le long de ses doigts tandis que son regard imperturbable jaugeait le meilleur moment pour esquiver la donzelle qui le chargeait toutes griffes dehors, gueulant comme un putois. La créature voulut frapper mais sa proie n'était déjà plus là et elle perdit l'équilibre. Une poigne puissante agrippa pourtant ses beaux cheveux blonds, souples, lisses, doux au toucher... Et suffisamment résistants pour qu'une brutale traction la propulse sur le dos, toute gorge offerte. Le sang macula rapidement son imposante poitrine rendue flasque par la mort.

Nettoyant rapidement le sang qui maculait sa joue, l'assassin balada son regard meurtrier sur le charnier qui s'organisait devant lui. Il se trouvait légèrement à l'écart, dos à la ville, mais pas suffisamment assez pour que certaines bêtes ne le repèrent pas. Le son du combat l'avait repris et le Croc Pourpre rayonnait de toute sa noire splendeur cependant, il s'interrogeait sur ce brusque changement. Il avait instinctivement éliminé ses premiers agresseurs mais il ne s'agissait à la base que d'innocents citoyens... Un empoisonnement général ? Non, il avait partagé le même air, l'eau de la rivière toute proche et la nourriture que ces gens consommaient. La magie était-elle capable d'affecter un si grand nombre de personne ? Alors pourquoi se sentait-il parfaitement maître de lui même.

Son genou fracassa le bassin de l'homme le plus proche avant que dans un tourbillon noir, le voleur n'expédie son pied dans la mâchoire du zombie. Car c'était ça, la populace entière s'était transformée en une armée morbide et avec pour seul désir de tuer tous ceux qui les approchaient. Grognant, la créature tenta d'articuler un vague cri guerrier à travers sa cavité buccale défoncée mais la rencontre entre son crâne et celui de celle qui avait due partager sa couche mit fin à ses efforts musicaux. Il était peut-être temps de déguerpir, il ne pouvait tout simplement pas perdre son temps à éliminer une armée complète de pantins sans âme.

Saisissant l'alchimiste par le col, il tenta de la redresser mais celle-ci se débattit violemment et tenta brusquement d'enfoncer un minuscule poignard dans le ventre tout proche. La poigne de fer du rouquin l'en empêcha pourtant tandis que ce dernier eut tout juste le temps de faire un bond en arrière, esquivant de justesse une mort rapide et douloureuse. Chancelant sur ses maigres jambes, la petite vieille se redressa et posa un regard absent sur son sauveur. La théorie de l'empoisonnement s'écartait, il avait passé presque trois jours à partager le laboratoire de la personne la plus à même de provoquer le dit empoisonnement. De sa voix haut perchée et éraillée, l'alchimiste poussa un grognement avant de se jeter sur l'assassin. Ridicule... Si elle avait été au mieux de sa forme, elle aurait elle-même eut honte de sa faiblesse. Le bras de l'assassin vola avant que le plat de sa main ne s'enfonce violemment dans la gorge de sa cible. Un mince craquement l'informa de la neutralisation totale de l'alchimiste mais mieux valait être sur. Son coude s'abattit impitoyablement sur la nuque un peu basse de son ancienne coéquipière tandis qu'elle s'effondrait, hors d'état de nuire pour un sacré bout de temps. Elle aurait sans doute très mal à son retour à un état normal mais c'était mieux que de finir en cadavre... Comme la gamine à couette qui venait de s'agripper sur son dos pour enfoncer ses fines quenottes dans son épaule protégée par sa cape.

- Ca suffit...

D'une main ferme il chopa le crane de la petite et l'arracha sans la moindre difficulté au vêtement tandis qu'elle battait des poings et des pieds en braillant, tentant d'assouvir cette soif de meurtre qui l'assaillait. Le tueur la réduisit au silence d'un simple regard, une œillade plus profonde que la nuit et plus terrorisante que les pires ténèbres, un cauchemar pour n'importe quel gamin, y compris un marmot zombie. Basculant sur le côté, Jaffar propulsa alors la gamine tel un véritable boulet de canon sur les trois créatures qui s'approchaient. Sans un mot elle pulvérisa l'estomac de l'homme avant que les deux autres ne se jettent avec toute la barbarie possible sur eux.

Il fallait fuir, retourner dans la cité pour ne pas être poursuivi. D'autres ennemis arrivaient, la pierre se leva et... Un morceau de clocher mit fin à la menace tandis que la cloche correspondante s'abattait deux mètres plus loin dans un fracas de tous les diables. Un silence morbide interrompit la violence des combats tandis que tous levaient les yeux.

- Oh putain...

L'assassin n'eut que le temps de se jeter à terre, évitant le monstrueux pic rocheux qui se ficha à sa place. Bondissant il souleva son fardeau du moment avant de détaler tandis que la ville, la plaine aux zombies et les alentours étaient pilonnés des restes disloqués de l'abbaye. En deux temps trois mouvements, l'assassin se jetait à l'abri du portique qu'une gargouille défonça visiblement sans le moindre remord. Plongeant à labri des structures les plus solides, le tueur parvint à survivre à la pluie monstrueuses tandis que son regard terrifié plongeait vers l'abbaye désormais réduites à néant. La peur le tenaillait, de cette poigne capable de vous broyer les entrailles. La personne qui avait accomplie cet exploit était infiniment plus puissantes que lui. Son corps tout entier était parcouru de tremblements plus violents les uns que les autres. Qu'est-ce que c'était que ce bordel ? Comment une telle chose pouvait exister... Les bruits des zombies se massacrants, l'odeur de la fumée, le crépitement des flammes... Et ce gong qui semblait ne jamais vouloir s'arrêter... L'assassin se recroquevilla sur lui même, fermant les yeux, saisissant des mèches de ses cheveux rouges vifs à pleine mains. Il avait l'impression de vivre un cauchemar. personne ne pouvait être assez fou pour provoquer un pareil désastre... Personne ? Un rire, d'abord faible puis de plus en plus dément franchit ses lèvres. Oui et personne n'était assez dingue pour lever une organisation destinée à assassiner ceux qui ne respectaient pas la loi... Personne n'était assez fou pour lutter contre une armée de zombie tout en protégeant une petite vieille... Où était la normalité dans son monde, le responsable des effort qu'il avait du fournir pour rester en vie se trouvait là bas.

Oui il y avait un monstre dans cette cité. Un monstre auquel il ne pourrait échapper, un monstre qu'il avait hâte de rencontrer ! En cette nuit de fin du monde, tous les coups étaient permis et si ce combat était son dernier, alors il y prendrait son pied ! Laissant l'alchimiste reposer le long d'un muret encore debout, l'assassin quitta son abri pour s'avancer le long de la ruelle principale, juste en direction de l'abbaye. Un dernier regard au portique défoncé derrière lequel les survivants s'affrontaient encore... Son poing frappa le plat de sa paume avant qu'il ne fasse craquer les articulations d'une rapide pression. Assez de fuir, les responsables allaient payer.
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MessageSujet: Re: Devil Never Cry   Ven 27 Mai - 17:05

    Un battement. Deux battements. Trois, quatre. Le bruit avait été assourdissant. Au début, Hélène avait tenté de faire grimper l'épéiste sur sa monture, mais il y avait eu ce bruit. Pendant de vagues secondes, la jeune femme avait regardé la chapelle s'effondrer. A moitié assourdie, elle n'entendait plus que les battements de son cœur, qui après s'être affolé avait commencé à pulser doucement, trop doucement. Son ventre et sa gorge se nouèrent alors que les lourdes pierres du bâtiment de culte continuaient de tomber une à une en se disloquant violemment sur le sol.
    Qui. Qui pouvait donc être capable d'un tel prodige ? On ne pouvait pas briser un bâtiment à la force d'un coup... C'était impossible, impensable ! Sa vue se brouilla un instant alors que des larmes lui montaient aux yeux. Ses mains se crispèrent violemment sur les rênes du pégase. Elle fut arrachée à sa rêverie par l'épéiste qui, décidant qu'il valait mieux réagir et tenter de survivre plutôt que de mourir de peur en regardant une chapelle s'effondrer et une ville partir en fumée, grimpa derrière elle, s'accrocha à sa taille comme un marin naufragé s'accroche à une poutre de bois, et lui ordonna, paniqué, de s'enfuir.
    Elle eut un moment de flottement, puis, lorsqu'il lui réitéra sa demande, elle serra les flancs de Liam et commença à le faire galoper à toute vitesse à travers les rues. Il fallait retourner à l'entrée de la ville ; elle avait vu des secours se former. Mais il fallait à tout prix s'échapper de ce brasier suffoquant.

    Ils finirent par arriver près de la sortie sud. A nouveau, Hélène n’en crut pas ses yeux. Des cadavres, partout, s’amoncelaient, déchiquetés et broyés. Certains n’avaient presque plus forme humaine, tant des marques de dents et de griffes les défiguraient. Les pavés gris pâle de la rue étaient tachés de sang encore frais. Mais ce n’était pas le pire. Le pire était les vivants. Les pauvres villageois semblaient avoir été frappés d’un sort, quelque chose. Leur œil vitreux ne renvoyait plus rien, leurs membres flasques cherchaient la moindre parcelle de peau inconnue qu’ils pourraient arracher, leurs bouches ouvertes étaient emplies de sang et de chair. Hélène aperçut l’aubergiste, qui l’avait gentiment acceptée à une heure tardive, se repaître du cadavre d’un jeune garçon qui se convulsait encore. Plus loin, des enfants d’à peine huit ans s’entretuaient à coup de pavés qu’ils avaient tiré du sol, s’arrachant au passage la quasi-totalité de leurs ongles. Plus loin encore, une femme dévorait les entrailles d’un homme. Hélène reconnut en eux des amants qui se bécotaient à l’entrée de la ville lors de son arrivée.
    La jeune femme tenta de contenir un cri de terreur. Elle y parvint, mais la maigre pitance qu’elle avait eue pour tout dîner ne survécut pas aux contractions douloureuses de son ventre, et, se penchant sur le côté gauche de Liam, elle vida le contenu de son estomac sur le pavé. Pantelante, elle s’accrocha à la douce crinière de son pégase pour reprendre son souffle. Ils n’avaient pas encore attiré l’attention, mais elle savait que cela ne saurait tarder. Elle se tourna à demi vers l’épéiste toujours accroché à elle, et souffla quelques mots, encore nauséeuse.

    « Je pense que l’on va avoir du mal à s’enfuir d’ici. »

    D’un signe de tête, elle indiqua quelques cadavres criblés de flèches.
    « En plus de villageois carnivores et de dieux qui se battent dans la chapelle, il me semble que la présence d’archers (et plus, qui sait), est très probable. Je ne peux pas prendre le risque que mon pégase soit touché, on ne peut pas s’enfuir par la voie des airs. »
    Elle soupira et flatta doucement le cou de Liam pour le calmer un peu. Le stress et la confusion s’emparaient de la bête violemment, et il commençait à piétiner sur place et à hennir de terreur. Il ne fallait pourtant surtout, surtout pas qu’ils se fassent repérer par trop d’ennemis à la fois.
    Mais ce qui devait arriver arriva, et bientôt une petite dizaine de villageois commencèrent à les encercler. Hélène descendit souplement de sa monture et s’arma de sa lance. Liam frappa le sol de ses sabots en brassant l’air ambiant de ses ailes.

    Elle se débrouillait surtout pour assommer les villageois, ou leur infliger des blessures non létales. Le principe était de maintenir une distance entre elle et leurs dents. Mais bien vite, elle se rendit compte que lorsqu’elle parvenait à en culbuter l’un d’entre eux, les autres allaient voracement se repaître de diverses parties de son corps. Un fort sentiment d’impuissance l’envahit. A quoi bon être un soldat si malgré tout ses efforts, on ne pouvait pas venir en aide à des villageois frappés d’un maléfice étrange ? Et qu’on ne pouvait pas les empêcher de s’entretuer ? Elle aurait les morts de ces pauvres gens sur la conscience, elle le savait. Si l’air avait été moins sec, des larmes auraient envahi ses grands yeux noisette. Mais non, rien ne vint. Elle sentait juste l’air brûlant sur ses joues, ses habits plaqués de sueur dans son dos, elle entendait les grognements rauques et inhumains de ses agresseurs, ainsi que la lame de l’épéiste qui produisait un son cristallin en fauchant l’air.
    Ses mains se resserrèrent sur le manche de son arme alors qu’un nouveau villageois l’attaquait. Elle para, mais la femme pila, se retourna et l’attaqua à nouveau. Des bouclettes blondes rebondissaient sur son dos et sa poitrine. Hélène eut un hoquet de terreur.

    « Annabelle ! »

    Evidemment, ce n’était plus Annabelle pour le moment. Juste une bête sauvage émoustillée par le sang et les flammes, préférant mordre et attaquer plutôt que d’être mordue et attaquée. Elle grogna, et se jeta à nouveau sur Hélène, ignorant tout à fait le cri de son amie. La chevalière évita à nouveau l’attaque en se baissant, utilisa son dos pour faire tourner et chuter son agresseuse, puis elle la frappa dans le plexus solaire assez fortement pour lui faire perdre connaissance.
    Son cœur s’affola à nouveau alors qu’elle réalisait qu’elle avait peut-être mené son amie vers une mort certaine. Mais elle avait déjà bien du mal à protéger Liam, et elle-même, ainsi qu’à faucher quelques villageois si trop s’amoncelaient autour de l’épéiste, dont elle ne connaissait même pas le nom.
    Ils finirent par être tout à fait repoussés au centre de la place principale du village. Les villageois semblaient s’agglomérer préférentiellement près de la porte sud, là où il faisait moins chaud. Seuls les plus téméraires et les plus inconscients avaient poursuivi Hélène et l’épéiste au milieu du brasier. Dès qu’elle le pouvait, la jeune femme se tournait vers la sortie sud pour vérifier que l’entrée était toujours praticable. Liam souffrait de déshydratation. Sa maîtresse aussi. Parfois, le pégase battait des ailes en direction d’Hélène et de l’épéiste, afin qu’ils puissent respirer un peu d’air et se rafraîchir. Mais la plupart du temps, le gracieux animal devait se débrouiller pour ne pas se faire goûter par les villageois qui le harcelaient.

    Hélène revint au niveau de l’épéiste, hurlant par-dessus le vacarme.

    « Il doit rester dans la ville quelques personnes qui, comme nous, ne sont pas frappées par cette folie meurtrière ! Pensez-vous qu’il faudra s’en méfier aussi ? »
    Elle se baissa souplement pour éviter un grand coup désordonné de la part d’un villageois muni d’une poutre. Elle le fit tomber d’un croc-en-jambe et l’assomma d’un coup de pied. Elle finit par se relever.
    « Au fait, je sais que ça n’a pas grand intérêt, mais si l’un d’entre nous se perd il vaudrait mieux connaître nos prénoms ! Je suis Hélène ! »
    Elle ne put en ajouter plus car Annabelle, réveillée et avec quelques morceaux de chair des bras en moins, se jeta furieusement sur elle. Hélène, par réflexe, son corps agissant plus vite que son esprit embrumé par la fatigue et la chaleur, brandit sa lance qui s’enfonça profondément au niveau du cœur. Annabelle s’affaissa dans son élan, grogna, puis ferma les yeux. Elle les rouvrit un instant, et Hélène put y déceler une lueur d’humanité reconnaissante. Elle mourut tout de suite après.
    La chevalière ne put avoir beaucoup de temps pour réagir, puisque de nouveaux assaillants s’étaient jetés sur eux. Les larmes, à nouveaux, ne purent remplir ses yeux, mais son cœur s’était serré à la terrible vue du corps de son amie, flasque sur le manche de son arme. Elle serra les dents.

    « M… »
    Ca aurait presque pu rester coincé dans sa gorge.
    « … Merde !!! »

    Comment ça, un juron ? Ce devait vraiment être la fin du monde, pour arriver à de telles issues. Il fallait espérer que quelque chose arrive, mais qu’au moins que cette situation se modifie, même infimement.
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MessageSujet: Re: Devil Never Cry   Dim 29 Mai - 22:34


Lui ! En un tel endroit, à un tel moment… Personne ne pensait jamais le revoir et aurait d’ailleurs préféré que ça reste ainsi… Elle avait vendu la peau de cet homme pour la survie des siens, elle s’en était servi comme d’un bouc émissaire sans aucun scrupule, sans aucun remord. Sacrifier la vie de cet humain ne lui avait pas semblé être un prix déraisonné pour assurer le bien-être de ceux quoi l’avaient accueillie comme un membre de leur famille. Cependant, le revoir maintenant, se battant comme un dément face à un adversaire de taille alors qu’à l’extérieur tout brûlait… c’était incongru…
Ils semblaient totalement coupés du monde, inconscients de ce qui se passait à l’extérieur ou même rien que de sa présence à elle sur leur lieu de duel… La fumée emplissait l’espace et donnait au combat des allures de théâtre fantomatique… Leurs épées fendaient l’air et s’entrechoquaient en de magnifiques étincelles rougeoyantes, laissant apparaître à travers le sillon de la lame les visages concentrés et fous des deux protagonistes. Leurs voix graves et puissantes résonnaient par-dessus la mélodie de leurs attaques s’enchainant à une vitesse surhumaine et leurs mouvements étaient d’une précision et d’une fluidité digne de celle des plus grands danseurs… Ça en était presque beau…

Quand soudain, un bruit derrière elle, le vent qui souffle, le son des épées qui s’arrête, le sifflement du vent… la prémonition d’une mort certaine et … rien. Personne se retourna, entendant déjà les murs de la chapelle craquer sous leur propre poids et tomber en ruines. Derrière elle l’homme au manteau rouge se tenait droit face à elle, l’épée perpendiculaire au sol dans son dos pour bloquer une lame à la puissance phénoménale.
Les murs se désagrégèrent laissant alors apparaître la silhouette d’un homme tout de noir vêtu, Personne sentit les poils de son dos s’hérisser et un sentiment de peur s’empara de son corps… son intuition lui hurlait de rester immobile car le moindre mouvement entrainerait sa mort immédiate…

- Monsieur le Bras Armé de la Déesse, ravis de vous rencontrer… Douze survivants. Douze apôtres. Maître Lucifer avait raison…Car là-bas, ils s'entretuent par mon simple désir!

Personne entendit ces mots sans les comprendre et au fond d’elle-même, elle avait l’impression que ces quelques mots allaient changer sa vie… Elle devait faire quelque chose, elle devait bouger et le tuer avant que lui ne la tue. Ces simples mots ne pouvaient avoir une incidence sur son future… elle se releva sur ces deux pattes de lycan et se tourna vers lui lentement. Elle devait le tuer c’était une certitude non pas pour protéger les siens mais pour protéger toutes les espèces réunies…
Mais alors que cette simple idée se faisait une certitude, un bras la saisit par l’abdomen et la souleva comme un vulgaire sac à patate pour l’emporter loin de sa proie.

Pourquoi ???

Elle devait le tuer, il devait mourir ça en allait de la survie de tous…

Personne se tortilla dans tous les sens essayant de voir le visage de celui qui l’avait interrompu et … certainement sauver. L’homme au manteau rouge était inexpressif, tel un animal il semblait avancer comme pour fuir le danger… Son aura était effrayante par rapport à la première fois qu’elle l’avait rencontré mais la base restait la même… la puissance. C’était effrayant mais également incroyablement attirant. Il est étrange comme la flamme attire les insectes. Dans le cas de Personne, c’était la puissance.
Observant, le chemin qu’il prenait et ayant déjà visité tous les coins et recoins de ce lieu insolite, la louve compris rapidement qu’il se dirigeait vers la sortie de la ville là où chacun se battaient et s’entretuaient selon les dires du mage. Si tel était le cas, ils devaient surement intervenir… Cependant, la Laguz devait bien reconnaître qu’elle n’avait aucune envie de sauver du Beorc actuellement. Si elle les aidait elle ne recevrait en signe de gratitude que reproches, accusations,… Mais en même temps, cet homme venait de lui sauver la vie et s’il souhaitait sauver celle de ces êtres stupides et bestiales tel serait également son souhait. Elle n’aimait pas avoir des dettes envers les gens et encore moins envers une personne qu’elle avait utilisé vilement pour se sortir d’une situation quelque peu compliqué.

Mais il était trop lent.

Personne essaya de se défaire de la prise de l’homme sachant qu’elle serait bien plus rapide que lui mais malgré ses efforts il ne bougea pas d’un poil, il semblait complètement ignorer sa présence. Il n’avait même pas du faire le rapprochement entre elle, la louve et le monstre Lycanthrope qui lui avait tendu une épée ensanglanté… peut être était ce mieux ainsi… mais en même temps…
Respirant profondément son corps commença à se métamorphoser, elle avait placé ses deux mains près de son abdomen entre celui de l’homme et son bras et diminuant sa corpulence elle se glissa hors de son étreinte retombant à quatre pattes sur le sol terreux. Son visage était toujours un peu déformé par les traits de la bête qu’elle contenait en elle et les dents pointues qui perçaient ses lèvres souriantes lui donnaient un air espiègle. Des petites moustaches marquaient ses joues et lui prêtait un air animal presque séduisant. Ne s’arrêtant qu’un dixième de seconde pour reprendre ses appuies sur le sol, elle se projeta en avant comme un prédateur se lançant à l’assaut d’une proie mais plutôt que de se jeter sur l’homme elle passa à coté de lui, lui attrapant la main au passage. Ses jambes de louve plus rapides, plus longues et plus puissantes que celles d’un humain les projetaient en avant triplant facilement leur vitesse et en moins de quelques minutes ils arrivèrent au milieu du champ de bataille.

C’était terrible… plus que de simples combats, un véritable massacres, une tuerie… mais pourquoi agissaient-ils ainsi. Lâchant la main du Beorc. Son besoin de se différencier de ces bêtes se manifesta par une métamorphose rapide. Ses griffes, ses poils ses dents tous ce qui pouvait l’éloigner de ses êtres étaient une bonne chose. Trois de ses créatures se jetèrent sur elle avec des pieux, fourches et autre idioties, elle les esquiva d’un simple mouvement et d’un violent coup de queux elle les envoya s’écraser contre le sol.
Regardant de droite à gauche rapidement, analysant son environnement elle cherchait ces huit autres êtres que le monstre avait cité, elle cherchait des humains encore capable de raison…

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MessageSujet: Re: Devil Never Cry   Mer 1 Juin - 16:12

Dans la nuit noire, l’incendie donnait à la scène une lueur fantomatique ; alternance de jaunes et de rouges mouvant dans la pénombre. Une épaisse fumée s’échappait vers le ciel d’une grosse maison bourgeoise qui brulait à l’autre bout de la rue, tandis que des crépitements retentissaient tout autour. Le feu continuait son œuvre dans ses rues désertées par presque tout êtres vivants… presque.

Tym vint se percher sur son épaule, toujours sous sa forme de faucon. Il enfonça ses serres dans sa peau mais Eli ne sembla même pas s’en apercevoir. Elle contemplait l’étrange petite fille plantée à quelques mètres au milieu de la rue, serrant une boule de poile grise dans ses bras. A première vue, c’était un chaton dont les pattes et la queue pendaient mollement hors de l’étreinte de la fillette. Il ne montrait aucun signe de vie mais elle le tenait contre son cœur comme si elle espérait qu’il se réveillerait d’un long sommeil. Elle devait avoir entre six et sept ans, deux couettes hautes rassemblaient ses longs cheveux blonds cendrés. Elle penchait la tête sur le coté, regardant l’épéiste d’un air interrogateur des ses yeux presque noirs à la lumière des quelques flammes restantes. Le plus étrange était qu’elle ne portait aucune trace de blessures. Ses vêtements paraissaient tout juste sortis d’une armoire, aucune trace de suie ne les maculait. La fillette était vêtue d’une robe courte et blanche ornée de fine dentelle sur son ourlet, le vêtement dégageait des bras laiteux aussi maigres que le reste de son corps. Un foulard de la même couleur était passé autour de sa tête dont les extrémités pendaient dans son dos. Et elle la regardait, droit dans les yeux, plongeant l’épéiste dans un profond malaise.

La fillette ouvrit la bouche et une petite voix clair et ferme retentit au dessus le grésillement des flammes. Il n’y avait aucune peur, aucune hésitation dans cette voix, elle semblait vide, dénuée de tout sentiment.

« -Vous vous… êtes perdue Mademoiselle ? »

Un craquement sonore retentit dans son dos, Eli se retourna vivement pour voir le toit d’une maison s’effondrer dans des éclats d’étincelles. La fillette n’esquissa pas un mouvement. Elle continuait d’observer l’épéiste, ne semblant même pas attendre une réponse à sa question. Elle était là c’est tout. Elle paraissait vide de sentiments et d’intérêt, sa question posée mécaniquement, comme un restes d’une autre vie n’avait pas besoin de réponse.

Même si son instinct la poussait à fuir, Eli s’approcha. Elle était dans un état étrange, la situation lui paraissait trop irréelle. Tym descendit sur son avant bras qu’elle plia devant elle, puis la jeune femme passa pensivement sa main sur les plumes de l’oiseau en avançant.


« -Perdue ? C’est possible. »

Le coin des lèvres de la jeune femme remonta avec amusement.


« - Mais pas géographiquement parlant. »

Elle fit une pause tout en stoppant à deux mètres de la petite fille qui leva la tête pour ne pas lâcher des yeux le visage de l’épéiste. Eli enfonça ses doigts plus profondément sous les plumes de Tym, si bien qu’il laissa échapper un caquètement indigné. Une poutre tomba à gauche alors que la fumée lui amenait presque les larmes aux yeux.


« -Et toi, que fait tu ? »

La petite fille serra plus fort le corps de chaton, et inspira un grand coup. Elle regarda la femme, les yeux exorbités. Ils n’étaient pas noirs finalement, juste d’un bleu très foncé Un petit cri plaintif sortit de sa jolie bouche rose pâle. Jolie mais blême, abandonnée de toute vie.


« -Je ne sais pas Mademoiselle… »

Puis sa tête tomba sur son épaule comme celle d’une poupée désarticulée. La petite se mit à hurler de rire avec toute la puissance de ses cordes vocales. Elle lâcha le corps du chat laissant ses bras pendre sur ses flancs, le corps agité de spasmes. Eli ne bougea pas et la regarda s’esclaffer de ce rire sinistre dans lequel aucune joie n’était perceptible. Elle leva le bras et Tym s’envola planer en cercle au dessus des deux humaines.


« -Et cela à de l’importance ? »


Sur ses derniers mots, la fillette bondit au cou de l’épéiste. Il y eu un éclair d’argent et le petit corps coupé en deux morceaux au niveau de la taille s’étala dans la poussière. Eli secoua sa lame d’un geste vif pour en ôter le sang rouge vif, puis rengaina d’un geste sec.

« -Plus maintenant je le crains. »

Là haut, Tym lança un cri plaintif.


Un choc sourd ébranla la citée. Eli fit volte face et se tourna vers le nord. Une pluie de débris, de pierre et autre s’abattait non loin. Dans cette direction… si ses souvenirs étaient exacts, s’était proche de l’endroit ou elle s’était abritée en ce jour de pluie mémorable. Un bâtiment venait d’exploser, non, on avait fait exploser ce bâtiment. Qui que se soit, cette personne devait avoir un lien avec les événements de la nuit, cette personne ou ces personnes. Ce bordel paraissait trop important pour être l’œuvre d’un seul individu aussi taré soit-il. Résumons rapidement : assassinat, incendie, panique, zombies, et… destruction spectaculaire.

Finalement, Eli ne s’était pas trompée, la nuit était plus que passionnante. Que ressentait-elle ? Une excitation intense ? De la peur ? De la tristesse ? De la surprise ? Elle ne savait pas trop. Elle était étrangement tranquille. Son esprit était clair et lavé de toutes interrogations. Le calme avant la tempête en quelque sorte. Elle sentait qu’elle devrait se battre… bientôt. Tous son corps était prêt. Il suffisait de voir la réaction au quart de tour qu’elle venait d’avoir face à l’attaque de la fillette. Se battre. Mieux valait que se soit tôt que tard s’il fallait y passer. Surtout… que ça ne lui déplairait pas. Pourquoi fuir alors que l’affrontement se présentait, les bras grand ouvert ?

Eli siffla. Tym revint au sol et reprit sa forme de gros matou avant de partir devant, en direction des nuages de poussières qui s’élevaient encore au nord. La jeune femme lui couru après, sautant par-dessus les décombres, le cœur se gonflant peu à peu de toute l’excitation qu’elle contenait jusqu'alors. Que trouverait-elle là bas ? Qui pouvait posséder une puissance si extraordinaire ? Eli se jeta à terre dans une roulade sautée pleine de souplesse. Une poutre encore flambante s’écrasa à l’endroit où elle se tenait quelques instants auparavant. Quant le reste du toit s’écroula, la jeune femme était déjà loin, suivant la queue touffue de Tym qui passait d’ombres en ombres.

Arrivée à une intersection, elle aperçue de dos un homme qui courrait dans la même direction qu’elle. Au moins, il semblait animé et vivant celui là. Cela valait la peine d'engager la conversation.

« -Tym ! »

Le chat comprit et pour une fois voulu bien se prêter à l’exercice. Eli n’en fut pas étonnée, elle savait qu’il adorait faire ça. Il fonça jusqu'à passer entre les jambes de l’homme aux cheveux rouges et le déséquilibrer jusqu’à ce qu’il s’étale par terre. La jeune femme arriva juste au moment où il se relavait, lui tendant la main pour l’aider.


« -Désolée, la boule de poile a toujours eu le sens de l’humour. Vous n’êtes pas un zombie au moins ? »

Détendue, un sourire amène s’épanouissait sur ses lèvres. Tym sauta sur la poitrine de l'homme encore à terre et fit sa toilette.
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MessageSujet: Re: Devil Never Cry   Jeu 7 Juil - 17:13

« Capturer les apôtres, hein? Ça m'a l'air complexe comme boulot ça.
-Aller, fait pas ta tafiolle. Ce ne sont que de simples Beorcs.
-Ne les prends par à la légère, Curtis.
-Et qu'est ce que tu fais de la Laguz bizarre là?
-Elle, je m'en charge.
-Oh, et pour le Faucheur?
-Génésis s'en occupe.
-Bien bien. On a une cavalière pégase et un épéiste qui à une arme... Intéressante.
-Ils sont pour toi, j'ai déjà piégé le terrain.
-Quoi, j'y vais tout seul?
-Après tout, tu es le plus puissant d'entre nous.
-Ha ha ha, c'est bien vrai! Et donc toi, White et le Maître sur le mec du Fang et la blonde tarée?
-Non, ni nous, ni le maître, Il s'en occupe.
-... Tu veux dire qu'on leur envoi LE disciple de Lucifer?
-Oui.
-Eh bah putain... Et vous faites quoi alors?
-Nous allons nous occuper des renforts qui arrivent par le sud.
-Les renforts?
-Ils ont envoyés des secours... Et un corps armé, au cas où ce soit une attaque Laguz.
-Bien, bien... Je sens que je vais m'am... »

Un grondement ébranla la structure de la mairie avec force, et seul Stark s'éclata au sol. Certains blocs de pierre de l'édifice se détachaient alors que le gong se taisait enfin. Ce mini tremblement de terre localisé s'intensifiait alors que des éclairs d'énergie pure bleuté parcouraient les parois:

« Eh merde, le pilier d'âme déconne!
-Cela est normal. Le prototype est incontrôlable.
-AAAAAAAH! »

Stark se tenait le cœur, haletant de peur sous les grondements terrestres. L'énergie s'intensifiait alors qu'il posait les yeux sur celui qui venait de parler, étant apparu sur le rebord du clocher toutes capes au vent. Impassible sous toutes ces couches de vêtements déchirés qui lui donnaient un aspect large et puissant:

« Tout ces gens s'entretuent car la machine à péter?
-Le système est un mensonge. Le pilier ne permet pas de contrôler le libre arbitre des gens comme prévus. La perte de contrôle sur une partie de leur esprit les rends fous.
-Ah, c'dommage ça. Mais pourquoi j'ai l'impression que ça va exploser, là?
-Le pilier d'âme fonctionne en stockant les âmes de ceux qui meurent à proximité, stockant leurs informations pour déterminer un code moral à appliquer. Ensuite elle draine la substance de l'âme pour fonctionner. Voilà pourquoi nous avons attendu dix ans, qu'il y ai assez d'énergie pour déclencher sa véritable utilité.
-Celle de contrôler le libre arbitre, donc?
-Pour un monde parfait. En attendant, toutes les âmes vont s'échapper et je dois récupérer les données pour le véritable pilier d'âme. Aller vous occuper des autres. »

Sans rien ajouter, Lexiel bondit par dessus le parapet alors que Stark faisait la moue:

« Tu me déposes, Curtis? »

Soupirant; le blondinet apposa une main sur la balustrade avant de balancer ses jambes par dessus et de se laisser chuter dans le vide. Amorçant la transformation, son corps s'étirant et se changeant dans le rite même des flammes de l'enfer.

__________________________

Hélène&Alan

Autour, plus rien. Aucun bruit si ce n'est celui des braises ardentes et des flammes de la destruction. Tous le monde était mort, de ce côté. L'atmosphère se faisait lourde autant par la fumée que l'odeur de cadavre omniprésente. Toute cette ville n'était plus qu'un château de carte, ne demandant qu'à s'écrouler sous la pression du doigt de Seth.
Ils étaient là, tous les deux et le désespoir les tenait entre ses doigts. Ils n'avaient plus qu'à s'enfuir de cette ville maudite, avant que le néant ne les happent. Et pourtant, ils n'y avait rien à faire.

La sortie du manoir se trouvait toute simplement sur la grande place; donnant sur d'autres manoirs et plusieurs routes. Le ciel était rouge et les alentours embués de fumées opaque. Enfin, il suffisait d'aller vers le sud, n'est-ce pas? Peu importe ce qu'ils allaient tenter.
__________________________

Stark

Il marchait lentement, vers ses cibles. Une main dans la poche et le sourire au vent. Il s'étouffa donc avec la fumée, toussant comme un goret un peu trop confiant, s'arrêtant un peu avant de reprendre sa route. Il était émerveillé par un tel carnage. L'environnement n'était qu'un charnier brulant.

Il se demandait bien quel était le plan de Lucifer. Seth lui, allait récolter les informations et utiliser sa Supernova pour réduire toute trace de leur passage à néant. Mais cet être bleuté, si puissant et si mystérieux. Quels étaient les tenants et aboutissants de son entreprise? Après tout, Stark faisait aussi partit des apôtres sans savoir exactement ce que c'était. Seul Seth avait vu Lucifer, et n'avait pas l'air plus au courant que lui. Surtout que lui et Curtis les avaient filés.

Enfin, tout ça n'était qu'une lutte pour le pouvoir. Mais tout ces gens devaient-ils réellement mourir? Il y a bien à parier que chacun des « ennemis » avait tué plus que lui. Mais bon, autant se salir les mains pour éviter de laisser le monde se transformer en sable entre ses doigts.

__________________________

Seth

Il était descendu sous la mairie, dans la cave. Là, une immense machinerie en forme de pilier métallique l'attendait. Elle tournoyait sur elle même; à une vitesse folle. Toujours parcourue d'énergie, et ce de manière croissante.
Sans aucune hésitation, il se dirigea vers le panel d'acier noir planté devant la machinerie. Il y apposa sa main puis un écran magique apparu entre lui et l'horloge géante. Il ne lui restait plus qu'à absorber les informations... Dans son corps.

Ayant sélectionnés diverses choses via les boutons de langue ancienne de l'écran, un sceau magique se développa au sol; sous ses pieds. Et le long processus de transfert commença. Encore une fois, ça allait être douloureux... Et il n'avait que très peu de temps.

__________________________

Hélène&Alan&Stark
Ils n'avaient pas encore bougé, n'est-ce pas? Munit de son arc, il s'interposa dans le cadre de la sortie sud. Lui même ne savait pas où étaient les pièges de son alliée. A une bonne cinquantaine de mètres d'Alan et Hélène, sa silhouette se dessinait à vue dans la fumée:

« Oh, mes amis! Quelle joie de vous rencontrer... Laissez moi me présenter: Stark Heart, pour votre service! Ah tiens, en parlant de service, j'en ai un à vous demander: Obtempérez, ou mourez. »

Sur ces trois derniers mot, son visage c'était renfrogné, et il avait empoigné plus fermement son arc:

« Ah mais suis-je bête! »

Tout son corps se détendit d'un coup, et il se frappa le front de la main gauche:

« J'ai oublié de vous dire quoi faire pour pas mourir: il faudrait que vous me suiviez, s'il-vous-plaît! »

__________________________

Personne&Le Faucheur&Curtis&Génésis

Ils avaient croisés pleins de gens durant leur course. Mais le Faucheur ne faisait pas vraiment attention aux gens, se faisant tirer comme un vulgaire sac à travers les flammes et les fuyards. C'était quoi cette Laguz étrange? Il n'eut pas vraiment le temps d'y réfléchir, ni de se rendre compte qu'ils avaient croisés sur la route du sud deux individus étranges eux aussi. Une blonde et un rouquin. Enfin bref...

Un champ de carnage. C'est tout ce qu'il y avait au sud. Elle le lâcha, se transformant totalement:

« Toi... »

Il la connaissait, elle. Mais il n'eut pas le temps de s'enquérir non plus de cela, tournant la tête vers le haut. Un dragon venait de passer à une vitesse ahurissante, et y était accroché un autre sac à patate. D'ailleurs, ils se saluèrent entre eux du regard. Car c'est la coutume, entre sac à patate.
Doucement, les yeux du criminel le plus recherché du monde redescendirent sur le pelage de Personne. Il ne se préoccupait pas de tout ces morts, il n'y avait rien à faire pour eux, pour le moment.

Ils avaient tous été tués, ou s'étaient entretués. Le dernier survivant avait même du se suicider tellement il était dans un état de rage. Comme quoi, il ne servait à rien de les aider à mourir:

« Que deviens le bras armé de la déesse, quand son épée est rangée? »

Génésis, il arrivait derrière eux, en marchant tranquillement. Ce dernier leur adressa un grand sourire, levant l'index au ciel.
Là haut, on pouvait clairement le distinguer. Ce magnifique oiseau, gigantesque mais pourtant si petit vu de là. Jaune, orange, rouge... Il ondulait dans le ciel. Ses flammes ondulaient dans le ciel.

C'était un phœnix.

« Mes amis, cette nuit est la première.
Renoncer à votre rédemption et,
dans un ultime râle d'agonie...
Acceptez la notre. »

Sans tirer son épée, il continuait de s'approcher. Charismatique et sur de lui.
Les morceaux de métal claquèrent contre l'arrière de son manteau, sa gigantesque épée noir et blanche maintenant tendue à l'horizontale au bout de son bras droit.

Lui ne l'entendait pas de cette oreille.

__________________________

Jaffar&Eliwen

Si le chewing-gum avait existé, il serait en train d'en mâcher car il était le branleur absolu. Pourquoi ces insectes retournaient vers le nord? Affronter leur destin? Tant mieux, leur destin, c'était lui.

Munit d'un déhanché provocateur, passant une main dans ses cheveux roux bordéliques avec succès. Une veste en cuir noir taillée parfaitement sur une chemise blanche à col ouvert, très ouvert. Un visage angélique, presque androgyne. La beauté incarnée. Une peau pâle. Des botes noirs de cuir clouté, sanglés de boucles de métal. Trois boucles d'oreilles dans le cartilage de celle de droite. Un corps svelte et élégant, taillé pour l'agilité. Des dents blanches. Un pantalon noir de haute couture. Des yeux bleu pétillants. Et bien sûr, un sourire pouvant faire vaciller Ashera elle même dans la luxure et le plaisir le plus total.

Les mains dans les poches, il avançait vers eux. Marchant doucement, tranquillement en conservant toutefois ses postures dignes d'un acteur, il attendit de les avoirs à porter de vue.

Ses mains jaillirent de ses poches, son corps prenant une forme de croix. L'énergie naquit au creux de ses mains, s'accumulant en une lumière noirâtre avant qu'il ne ramène ses doigts s'entrecroiser juste devant sa poitrine, puis de les tendres en avant dans une posture de type ninja:

« Graviton. »

Et en une fraction de seconde, le poids de toutes choses autour de lui, quintupla. C'était une façon de dire bonjour comme une autre.


"Les Dieux jouent avec les Hommes.
Moi, je me joue des Dieux."
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MessageSujet: Re: Devil Never Cry   Jeu 7 Juil - 19:09

C'est pas vrai, elle était lente à la détente, celle-la ! Au moins, ils étaient partis. Les voilà finalement à la sortie. Alan s'apprétait à poser pied à terre et fuir quand il apperçut une multitude de cadavre au sol. Démembrés, déchiquetés, broyés... mais quel abruti pouvait avoir créé pareil massacre ? Et on aurait dit que tout avait été fait à mains et crocs nus ! Pas de traces d'armes, pas de brulure ou d'autres dégâts magiques... et tout ce sang qui semblait fraichement coulé ! Alan parvint à détacher le regard des cadavres et aperçut les villageois... pire encore que les cadavres. Les yeux vitreux, sans âmes, ils s'entretuaient, se déchiraient, se dévoraient entre eux. Ils n'étaient plus humains, c'étaient des bêtes avides de chair humaine. Les enfants se jetaient des pavés à la figure, deux amants s'entretuaient désormais. C'était... inhumain.

La cavalière vomit puis reprit son souffle avant de lâcher au jeune homme :


<< Je pense que l’on va avoir du mal à s’enfuir d’ici. >>

Alan s'apprêta à suggérer une escapade par la voie des airs, mais il remarqua les cadavres criblés de flèches que désigna la femme.

<< En plus de villageois carnivores et de dieux qui se battent dans la chapelle, il me semble que la présence d’archers (et plus, qui sait), est très probable. Je ne peux pas prendre le risque que mon pégase soit touché, on ne peut pas s’enfuir par la voie des airs.
- On ne va quand même pas retourner dans le village ! >>

Elle soupira et tenta de calmer le pégase qui commençait à s'exciter. Mais trop tard : les zombies n'étaient pas sourd et un hennissement de trop les attira. Ils furent rapidement encerclés par une dizaine de villageois. La cavalière descendit, tout comme Alan qui dégaina Artamon.

L'épéiste, à force de bottes, parades et blessures légères, repoussait les assaillants. Il ne pouvait pas les tuer. Il ne pouvait pas ôter la vie à des innocents atteint d'un maléfice quelconque ! Malheureusement, ça ne servait à rien : quand il parvenait à en mettre un hors jeu sans le tuer, ses camarades le bouffaient aussitôt. Rien à faire... impossible de sauver sa peau sans sacrifier la leur. C'était ignoble ! C'était... c'était... il ne pouvait trouver de mot et se contenta de sauver sa peau comme il le pouvait.


*Alan, le reflet d'argent, agent d'Aurora qui lutte pour la justice et le bonheur de chacun... la bonne blague...*

Il emmura sa conscience au fin fond de son âme et se défendit pour de bon. Ne pas pleurer, ne pas craquer, ne pas se laisser envahir par la culpabilité. Tu ne peux rien pour eux. Tu ne peux pas les libérer par tes seuls moyens. Tu ne peux qu'apaiser leur tourment en les envoyant au royaume des morts.

Alondite siffla quand une main déterminée le tira hors de son fourreau. Sa lame reflétant les lueurs des flammes de l'enfer. Son chant apaisa les âmes qu'elle fauchait à chaque mouvement. Artamon, sa Nemesis, en fit tout autant bien qu'elle n'aie rien de sacré. Ce n'était qu'un bout de métal qui a jadis accueillit le malin, rien à voir avec sa jumelle bénie par la déesse. Plus questions d'engendrer des blessures légères, Alan se donnait à fond. Les cœurs explosaient quand le fer les embrochait, les têtes tombaient, affichant un regard de remerciement étrangement humain. A chaque mort, un regard empli de gratitude le transperça.

Mais Alan tout comme la cavalière et sa monture ne pouvaient lutter contre une vague soudaine de cannibales zombies. C'est à contrecœur qu'il se replongea dans l'enfer à reculons, fauchant toujours plus de vie. Bien vite, ils arrivèrent à la place principale du village. Apparemment, même sans âmes, certains conservaient un instinct de conservation et n'entraient pas dans cet enfer qui était jadis leur demeure, mais certains venaient, malgré tout...

Il faisait trop chaud. De temps en temps, le canasson brassait un peu d'air frais pour ses deux gardiens, mais bien souvent il évitait plutôt griffes et crocs de ceux qui voulaient voir si c'était vraiment bon, le cheval.


<< Il doit rester dans la ville quelques personnes qui, comme nous, ne sont pas frappées par cette folie meurtrière ! Pensez-vous qu’il faudra s’en méfier aussi ?
- Oh mais non, voyons ! On est en enfer, tous ceux qui n'ont pas perdus la raison sont nos amis ! C'est pas comme si des archers ou des spécialistes de la zombification se terraient dans le coin, si ? >>

Non mais franchement, quelle question conne elle pouvait poser dans un moment pareil ! Alan fit un bon en arrière pour éviter d'être assommé par un pot de fleur et trancha la main de son agresseur avant de planter sa lame dans son gosier. Ecoeurant, c'était tout bonnement écœurant...

<< Au fait, je sais que ça n’a pas grand intérêt, mais si l’un d’entre nous se perd il vaudrait mieux connaître nos prénoms ! Je suis Hélène !
- Moi, c'est Alan. >>

Alan poursuivit sa boucherie, emprisonnant ses sentiments à double tour. Il tourna brièvement la tête en entendant l'autre pousser un juron désespéré, pensant qu'elle s'était fait avoir, mais en fait elle a juste embroché un zombie. Une amie, sans doute...

Finalement, après quelques minutes de lutte acharnées, qui lui semblaient pourtant être des heures infinies, les villageois n'étaient plus. Tous morts, à moitié dévorés pour la plupart, mais presque tous d'entailles par épée ou empalés par la lance de la dame. Alan haletait, mains sur ses genoux, tenant toujours Alondite et Artamon. Ses yeux étaient fermés...

Il priait... ça ne lui était jamais arrivé, il n'a jamais prononcé le nom d'Ashera que pour un juron, mais il priait cette fois. Il priait pour ces pauvres innocents qu'il a abattu contre son gré. Tous étaient morts par sa faute, car un pauvre épéiste comme lui ne pouvait rompre un charme comme celui-là. Il se redressa finalement et regarda autour de lui. Cette ville était morte. L'odeur de souffre mélangée à celui des cadavres produisaient un parfum tellement écoeurant qu'il aurait presque vomit. Seul sa volonté retenait le contenu de son ventre et de sa vessie. Il se tourna vers Hélène et lança :


<< On n'a pas le choix. On doit prendre la sortie sud et partir. Je vais tenter une percée et écarter les survivants. Vous, vous filez, ne vous en fai... >>

Il s'interrompit, ayant cru entendre une toux venant du sud. Il avait rêvé ? Non, une silhouette se découpait dans la fumée...

<< Oh, mes amis! Quelle joie de vous rencontrer... Laissez moi me présenter: Stark Heart, pour votre service! Ah tiens, en parlant de service, j'en ai un à vous demander: Obtempérez, ou mourez. >>

Ce mec... il le voyait clairement maintenant, il avait un arc. C'était donc l'archer (ou l'un des archers) qui a tué les soldats. Qui plus est, il devait être lié à cette histoire de zombies. La main d'Alan se crispa sur son épée.

<< Ah mais suis-je bête! >>

Le mec se décrispa, comme s'il savait que quoi qu'il arrive, il s'en tirerait.

<< J'ai oublié de vous dire quoi faire pour pas mourir: il faudrait que vous me suiviez, s'il-vous-plaît! >>

Le suivre... le cerveau d'Alan analysant automatiquement toutes les options envisageable. L'attaquer ? Il y avait une trop forte distance et ce mec savait sans nul doute se servir de son jouet. Alan se fera transpercé avant même d'avoir franchi la moitié du terrain. Et puis Hélène avait vraisemblablement une certaine peur des archers, vu ce qu'elle à dit tout à l'heure. Il faudrait donc la protéger en plus se se charger de l'autre.

Le suivre... oui mais qu'est ce qui les attendait ? Un piège, sans doute... Combien d'innocents non zombifiés se trouvaient dans les parages ?

Fuir ? Pour aller où ? Les flammes avaient gagnés en intensité, le temps ici était compté et trouver une autre issue prendrait trop de temps et ils pourraient tomber sur d'autres zombies.

Au final, il préfèrerait voir avec Hélène quoi faire, mais d'abord, éclaircir certains détails. Cet avec une voix froide qui masquait son appréhension à la perfection qu'il parla.


<< Avant ça, je veux savoir : c'est vous qui êtes à l'origine de ce bordel ? Les zombies, les soldats fléchés, l'incendie... c'est VOUS, pas vrai ? Vous et vos petits copains ! Pourquoi vous avez fait ça ? Pourquoi avoir déclenché cet enfer ? >>

Ce n'était certes pas le lieu idéal pour débattre sur un plan démoniaque, mais il voulait voir la réaction d'Hélène à tout ça et aviser.


I'm nuclear


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MessageSujet: Re: Devil Never Cry   Lun 25 Juil - 2:58

Les cris s'estompaient derrière lui et, tandis que les échos du charnier résonnaient une dernière fois au creux de ses tympans, le Croc Pourpre sentit une rage brutale l'envahir, une rage qu'il ne savait contre qui diriger. Les gens qu'il avait abattus... Non, ces créatures qu'il avait exécutées n'étaient plus que l'ombre d'elles-même. Des abominations aux sentiments inhibés, des monstruosités pourvus d'un libre arbitre plus maigre encore que le sien. Il était un outil, un objet qu'on utilisait selon son bon vouloir mais... Ces choses n'étaient même pas digne de lui servir de boue dans laquelle marcher. Et les enfoirés qui avaient osés réduire ces innocents à un tel stade ne méritaient rien d'autre que le jugement éclair et sans appel du Black Fang. Jugement que l'Ange de la Mort appliquerait, quel qu'en soit le prix.

En tout cas telle eut été son intention si une boule de poil informe ne s'était pas galamment interposée dans sa marche vindicative en direction des ruines de la chapelle. L'intrus aux pattes de velours s'était approché dans ce décor de ténèbres et de chaos aussi naturellement que s'ils avaient été au fin fond d'une campagne sereine et paisible. Trébuchant dans sa course, le terrible Croc Pourpre déséquilibré s'affala au sol, parvenant à s'écraser sur le coté et empêchant la minuscule fiole de poison de se briser au sol tandis qu'un minuscule poids s'installait sur son estomac. Le regard furieux du tueur se déposa sur la stupide bestiole qui le contemplait d'un air nonchalant tandis que sa minuscule langue râpeuse était occupée à nettoyer son pelage bien fourni.

- Désolée, la boule de poils a toujours eu le sens de l’humour. Vous n’êtes pas un zombie au moins ?

La boule de poils en question émit un miaulement approbateur avant de recevoir une taloche la forçant à déguerpir. Ignorant parfaitement la main tendue, le tueur se releva, posant un regard parfaitement méprisant sur la femme blonde qui lui faisait face. Elle était sans doute aussi grande que lui et ses yeux bleus, actuellement plissés par le fin sourire que ses lèvres étiraient tant bien que mal, plongeaient dans les abysses insondables du rouquin aux lames acérées. Elle était habillée sobrement, une chemise, un pantalon, une queue de cheval... Une tenue de voyage banale pour une femme banale. Loin d'avoir atténuée sa fureur, la présence de cet être n'incitait Jaffar qu'à l'utiliser comme véritable exutoire de sa colère. Car qui pouvait se trouver en ces lieux ravagés si ce n'était l'auteur du macabre spectacle au dehors ? Seul le mot zombie qu'elle avait prononcé tantôt obligeait l'assassin à s'interroger rétrospectivement sur la véritable implication de la jeune femme dans l'affaire. Etait-elle une survivante comme lui ? Ou devait-il réellement mettre fin à ses jours comme le lui hurlait son instinct ?

Il en était là de ses réflexions quand un bruit de pas attira son attention. Un bruit de pas à peine dissimulé mais dont le simple écho transcendait l'espace et le temps, surpassant même le vacarme alentour des flammes. Il ne leur fallut pas longtemps pour observer un homme s'approcher d'eux... Un homme habillé de façon bien négligente pour un lieu pareil, un homme à la démarche bien lascive pour les circonstances. Un homme ou plutôt... Une créature dont l'aura monstrueuse soufflait en un véritable vent de ténèbres, dressant les cheveux de l'assassin sur son crane encore plus que de raison. La mince silhouette imposait sa chape de miasme et de mort sur les environs, obscurcissant la lumière, étouffant les êtres et à sa simple vue l'assassin comprit. Ce n'était pas un combat qu'il pouvait gagner. Ce n'était pas un affrontement à la loyale ! Aussi facilement qu'il avait fait implosé la chapelle, cet homme détruirait son corps d'un simple claquement de doigt !

Ce n'était plus la rage qui habitait désormais le louveteau du Fang mais la peur. Une peur panique qu'il ne s'était jamais connue ! Même le Lys Sanglant en sa possession lui semblait désormais dérisoire par rapport aux pouvoirs de cet homme, par rapport à la lueur sombre qu'émettait désormais ses mains. Il aurait du s'élancer pour l'empêcher de poursuivre son invocation, il aurait du se battre avec la rage du désespoir mais non. Son esprit était tétanisé, il ne pouvait rien faire.

Les lèvres de l'homme, du moins s'il en était un, s'agitèrent faiblement avant que la douleur n'arrive. Le sort s'abattit sur eux à l'instant même où les mains de l'homme avaient cessées de luire. Les pavés se fissurèrent sous leur propre poids tandis que l'assassin subissait de plein fouet l'impact de la gravité. Un poids monstrueux lui broyait les épaules, écrasant ses côtes et aplatissant chacun de ses organes. Le sang dégoulina de sa bouche alors que son cœur tentait désespérément de battre, ralentit par sa propre masse. Privé d'air, le tueur tomba à genoux, portant ses mains à sa gorge. Quelle fin pitoyable... Et dire qu'il n'avait rien pu faire... Jamais il ne pourrait effleurer cette créature, sa misérable force frôlait à peine le premier sort qu'il avait encaissé.

Un ultime sursaut agita l'assassin tandis qu'il relevait à peine la tête du pavé où cette dernière s'était posée. La douleur était telle que sa vision se troublait. Ses yeux le piquaient, sa gorge le brûlait mais il parvint à entrapercevoir le sourire... Le sourire... De pur branleur du mage qui l'avait cloué au sol. Un sourire de bellâtre blanc et étincelant, s’accommodant parfaitement avec la crinière flamboyante de l'énergumène à la chemise ouverte qui le contemplait d'un air plus que supérieur.

Avait-il jamais possédé pareil regard ? Avait-il jamais été aussi suffisant et exaspérant ? Pouvait-il seulement se permettre de périr aussi facilement face à un crétin pareil ! Il aurait voulu rugir sa haine, cette haine qui lui était remontée d'un seul coup, amplifiée par la douleur et la souffrance que son abruti d'adversaire lui infligeait ! Il était un membre d'élite du Black Fang ! Comment son Maître le regarderait-il ? Comment regarderait-il cet homme qu'il avait entraîné à dessein, vaincu aussi aisément par le premier crétin venu !

- ...

Un soupir de pitié... Son Maître n'aurait qu'un simple soupir face à la perte de son apprenti, mort écrasé par sa propre masse et probablement digéré par le Lys Sanglant qui s'écraserait sous lui... Une fin trop pitoyable pour lui, trop ridicule pour le Croc Pourpre ! Ses doigts griffèrent le pavé tandis qu'il arc-boutait chacun de ses muscles. Ses poumons en feu s'emplirent de la plus grande inspiration possible et, dans un hurlement de haine et de colère, le tueur s'éleva, repoussant la douleur, la rejetant, ignorant les hurlements de détresse de tout son organisme. D'abord ses bras décollèrent son torse du sol avant que son genou n'empêche son bassin de retomber lourdement sur le pavé. Jamais il n'avait autant souffert pour se remettre debout : la sueur perlait à son front, le sang emplissait sa bouche et commençait à dégouliner de son cuir chevelu, de ses bras, de son dos, sa peau se déchirant sous l'effort.

Ahanant, le Croc Pourpre se remit debout, portant le monde au bout de ses épaules, son dos craqua lorsqu'il se redressa mais c'est de toute sa stature, immobilisée par le sort, qu'il contempla son adversaire. Des rigoles écarlates empoissaient sa vue, glissait sous ses vêtements suivant le contour de ses anciennes cicatrices désormais rouvertes. Sa jambe gauche se leva de quelques millimètres... Un pas ! La douleur était insupportable... Deux Pas ! Son regard promettait la mort à son ridicule adversaire, ses phalanges craquèrent lorsqu'il crispa le poing... Trois pas ! Une poutre vola en éclat sus la chaleur des flammes, projetant un amas de débris enflammés dans les airs et vers le mage, détournant son attention un millième de seconde. Un millième de seconde pendant lequel il atténua sa concentration. Un millième de seconde pendant lequel le sort faiblit. Un millième de seconde et le tueur aux cheveux de sang n'était plus là.

Son regard de néant transperça la nuque de sa future victime. Il n'était plus que rage et passion, haine et destruction. Il ne voulait plus la mort de cet homme pour la justice du Fang non... Il allait se hisser au dessus de lui. Il allait le tuer et surpasser cette puissance qui l'avait effrayé, qui l'avait apeuré comme un vulgaire chiot ! Son poing se referma, humide de sang et de sueur et dans un rugissement de fureur, le loup du Fang balança purement et simplement son poing dans la tronche du branleur de service qui l'avait défié!
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MessageSujet: Re: Devil Never Cry   Mer 27 Juil - 23:42

    Sa vision était à peine brouillée par un voile de larmes qui recouvrait ses yeux noisette. Le cœur serré, Hélène continuait de frapper, sans plus s’inquiéter de tuer ou de simplement assommer et blesser. Le sang perlait, tâchant son plastron, le bout de son nez, ses gants, ses jambières. Il éclaboussa jusqu’aux ailes alors immaculées de son pégase qui continuait ses puissants battements d’ailes. Ne pas craquer, ne pas céder à la peur.
    Elle ne sentait, de toute manière, plus rien. Écoutant à peine sa respiration, elle finit par frapper presqu’à tâtons, sous un épais cloaque d’ignorance. Le refus de voir ce qu’elle était en train de faire. C’était un massacre. Ou bien de la survie. Ou bien une mort certaine pour tous. Étrangement, l’idée ne la choquait pas. Mourir ici ? C’était un peu dommage, mais il fallait bien mourir un jour ?

    D’un mouvement vif du bras, elle s’essuya les yeux, fronça un peu les sourcils, et envoya valser les cadavres ambulants qui l’entouraient, tentaient de la mordre et d’arracher la moindre parcelle de chair visible avec tout ce qui pouvait leur tomber sous la main. Poussant un grand cri pour expulser l’air plein de fumée de ses poumons, elle se redressa de toute sa hauteur, et un sourire apparut sur ses lèvres. Un doux sourire, presque confiant. Un sourire plein de calme. Le deuil serait pour plus tard. Le deuil serait pour ceux qui survivraient. Et pour l’instant, ce n’était pas si sûr.
    Elle se mit à combattre avec plus de légèreté et d’assurance. Les villageois semblaient voler autour d’elle. Elle savait où frapper sans les tuer, mais les éjectait sans vergogne et avec une précision ahurissante. Elle tourna légèrement, reprit appui, et lança à Alan :


    « Si l’on meurt, mourez avec la fierté de ce que vous avez accompli, au moins ! Souriez ! Combattez avec ce qui vous reste d’honneur ! »

    Elle virevolta, se courba élégamment, comme si elle faisait une révérence, puis donna un violent coup ascendant de son arme, qu’elle avait alors retournée, au ventre du villageois le plus proche d’elle. Se relevant, elle termina sa pirouette en faisant chanter la lame, qui alla lécher le ventre de quelques autres, qui reculèrent en grognant et gémissant.
    Sa danse mortelle continua un temps, le sourire devenant peut-être plus triste, plus effacé. Finalement, autour d’Hélène et d’Alan, les corps s’amassaient. Ceux qu’elle n’avait pas tués étaient trop assommés pour avoir la force de se relever. Alan la pria de courir vers la sortie. Enfin, il essaya, puisque quelqu’un leur barrait la sortie. Quelqu’un d’assez jeune. Semblant assez puissant. Portant un arc long. La chevalière pégase recula d’un pas et se plaça devant sa fière monture alors que l’homme les menaçait. Il se décrispa finalement et eut des propos bien plus posés, qui désarçonnèrent la chevalière. Elle échangea un regard avec l’épéiste, qui semblait aussi étonné qu’elle. Celui-ci posa de singulières questions. Elle ne put s’empêcher d’éclater d’un rire sincère, qui se répercuta dans toute la place. Un son bien singulier dans un tel environnement.


    « Alan ? Pour le moment, ne désirez-vous pas savoir pourquoi ce charmant jeune homme veut que nous le suivions ? Personnellement, ça me préoccupe un peu. »

    Elle termina sa tirade en un grand sourire qui démentait parfaitement sa dernière phrase. La peur ne parvenait plus à l’atteindre. Même pas la méfiance. Cet homme n’avait aucun intérêt à mentir. Au contraire, qu’un archer demande qu’on l’approche était plutôt un bon signe. Elle regarda un instant la distance à parcourir. Elle se prit à hésiter. Et comme toute aide est bonne à prendre, un des villageois se releva avec un râle violent et se jeta sur elle, avant qu’elle n’eut le temps de mettre sa lance devant elle. Elle parvint cependant à le faire trébucher avec le manche de son arme ; le zombie s’étala de tout son long, tenta de se rattraper, trouva la tunique de la chevalière, s’y accrocha, fit céder le tissu jusqu’au ventre, et finalement s’écroula sur la cheville droite qu’il se mit à mordre vilainement. Hélène poussa un petit cri, assomma le villageois, et céda sous son propre poids.
    Elle contempla d’un air surpris son état. Son ventre blanc était presque entièrement découvert, et sa cheville saignait très vilainement et la lançait douloureusement. Elle soupira, arracha les lambeaux de sa tunique pour empêcher le sang de couler, vérifia que son plastron cachait toujours sa gorge et sa poitrine, puis elle se releva et attrapa aussi lestement que sa cheville lui permettait la large encolure de son pégase. Liam hennit doucement en baissant sa grande tête vers la blessure de sa cavalière. Hélène émit un petit rire et se tourna vers les deux hommes.


    « Ah ! Quelle tenue indécente. Je vais être forcée de commander un nouvel uniforme en rentr… Hii ! »

    Elle émit un petit cri de douleur en grimpant sur la selle. Elle ouvrit immédiatement les bras en signe de refus de se battre, craignant une réaction trop vive de la part de l’archer.

    « Ohla ! Vu l’état de ma cheville, j’irai bien plus vite sur mon cher pégase qu’à pieds, appuyée sur l’un de vous. Si vous le désirez, messire archer dont je ne connais le nom, vous pouvez venir jusqu’ici afin de prendre ses rênes ? De toute façon je ne vois pas comment nous pourrions nous échapper par la voie des airs, mon camarade et moi, alors que vous nous avez parfaitement en joue. »

    Elle émit à nouveau son petit rire cristallin. Les flammes rouges dessinaient de curieuses formes sur la peau blanche de son ventre.
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MessageSujet: Re: Devil Never Cry   Sam 30 Juil - 18:52


Quel était ce sentiment, quelle était cette sensation. Une terreur ancestrale qui grignotait petit à petit l’âme, l’esprit de Personne. Sa pensée totalement obsédée par ce point rouge dans le ciel qui virevoltait en déversant sa chaleur brûlante.

Mes amis, cette nuit est la première.
Renoncer à votre rédemption et,
dans un ultime râle d'agonie...
Acceptez la notre.

Elle entendait sa voix, mais les paroles ne formaient aucune phrase dans son esprit. Elle l’avait vu se battre, elle savait qu’elle ne devait pas l’ignorer, pourtant, c’est ce qu’elle faisait, sa tête et ses yeux emplis par les flammes du phénix…

- Damnée soit la Déesse d’avoir créé une telle aberration…

Personne se recroquevilla légèrement sur elle-même alors que l’être improbable la survolait, chacun de ses battements d’ailes déversant des cendres sur son corps apeuré de Laguz. Elle ne pouvait le nier, elle ne pouvait le cacher, sa frayeur du feu prenait le dessus sur son courage et sa témérité naturelle. Elle se savait protéger du moins théoriquement, par la fine cotte de mailles enchantée la protégeant de la chaleur. Cependant, la vue des ailes rougeâtres ondulant dans le vent la terrifiait totalement.
Soudain, la maison à leur coté s’écroula, craquant sous les flammes de l’incendie. Personne plongea sur le coté pour esquiver le toit mais alors qu’elle se relevait le cœur battant, elle comprit quelque chose. Elle n’avait pas sa place ici, elle n’avait même aucune raison de se trouver en ces lieux. Elle était restée une nuit de plus après avoir affronté une organisation de Beorc pour se reposer et maintenant elle se retrouver dans ce foutoir. Elle ne souhaitait pas aider les Beorcs et si elle en avait sauvé ce n’était que parce qu’elle ne voulait pas être responsable de leur mort… mais maintenant qu’ils n’étaient plus, que le dernier des innocents s’était donné la mort de lui-même, pourquoi elle resterait là ? La seule chose que sa présence en ces terres Beorcs lui rapporterait serait des ennuis car on finirait par l’accuser elle et les siens de la folie des leurs.
De plus, quand elle voyait ces deux humains, impassibles devant les flammes, quand elle se souvenait de leur combat dans la chapelle et la présence de cet être de feu et de braises. Aucun d’entre eux ne semblait sentir la peur qui la marquait. Elle devait partir.

Reculant, sans tourner le dos aux deux êtres, elle s’éloigna, son pas de loup aussi silencieux que celui d’un chat à l’affût d’une proie. Et d’un seul bond, elle marqua la distance avec ces monstres de bien des mètres, prenant une rue transversale afin de disparaitre de leur champ de vision.

- Pardonnez moi Faucheur mais je n’ai nulle dette envers vous ou les vôtres, et je ne souhaite ni me battre ni les rejoindre.

Elle était plus rapide qu’eux, plus rapide que chaque humain ici présent. Du moins elle l’espérait.

Un cri se fit entendre dans les cieux.

Elle leva les yeux au ciel pour voir le point rouge la suivre. Elle ne pouvait courir éternellement et si elle pouvait fuir les humains, un « Laguz oiseau » c’était autre chose. Lui ne la perdrait pas de vue si elle tournait à un carrefour. Lui n’avait pas d’opposant à affronter. Il était libre de ses mouvements, il était libre de la tuer…
Faisant volteface, elle rugit ses paroles qu’il comprendrait forcément rien qu’à son ton.


- Viens !

Son corps tremblait mais son esprit était déterminé. Répondant à son appel l’oiseau fondit sur elle et ce n’est que par un reflexe dicté par l’instinct de survie qu’elle réussit à l’esquiver. Elle avait affronté des dragons, elle avait affronté leur souffle enflammé mais la sensation était si différente face à cet être de pure chaleur. Il était puissant, il était magnifique. Un Laguz plus puissant que tous les autres, peut être même plus puissant que les dragons. Pourtant, il se rabaissait à travailler sous les ordres d’un autre, d’un Beorc. Il souhaitait la tuer parce qu’on le lui avait demandé…, elle ne lui avait rien fait.
Comment un tel être pouvait-il se vendre ainsi… ?

- Tu es Laguz comme moi ! Mieux tu es unique, l’être le plus parfait que j’ai pu voir à ce jour. Mais tu es aussi… un sale sous-fifre d’humain, un putain de suiveur et un crétin !!!

Elle avait pesé ses mots mais pas ses actes car alors que ses grognements s’élevaient de plus en plus fort dans l’air, sans savoir si son vis-à-vis la comprenait, elle avait pris une forme qui ne laissait aucun doute quant à la suite des évènements. Ses yeux s’étaient voilés de blanc et elle était prête à se battre, la furie la poussant dans ce combat qu’elle ne croyait gagner ne possédant point d’ailes.

- Viens, traitre !



Hrp : Personne ne parle pas humain ou Beorc mais que Laguz loup donc les seuls personnes à pouvoir la comprendre sont bah peut être Curtis et peut être le faucheur vu qu'il a vécu à Goldoa.
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MessageSujet: Re: Devil Never Cry   Dim 11 Sep - 20:42

Spoiler:
 




Elle s’appelait Marine mais son rêve était d’atteindre les étoiles.

Alors que son prénom rappelait les profondeurs, ses doigts s’élevaient dans le ciel afin de saisir les astres qui y scintillaient paisiblement et restaient… désespérément hors d’atteinte.
Curieux coup du destin ; curieuse histoire que celle d’un être enchainé à son nom portant le poids de ses rêves brisés à travers les lames gigantesques de l’océan du monde.

Il est un fait de vouloir, il en est un autre de pouvoir, même si les deux sont plus intimement liées que deux sœurs siamoises entrain de s’enlacer il n’est pas stupide de ce dire qu’au fond, tout est question de chance. Une éternelle loterie qui amène bonheur ou désespoir, la peur ou la joie, l’amour ou la haine, la paix ou la guerre. Selon la face sur laquelle retombera le dé en train de tourner comme une toupie…

You will survive…

Or not…

Chance ou destin, où est la différence? Tu n’as pas le choix.




Le corps coupé en deux, alors qu’elle s’effondrait sans un bruit sur le sol dallé, Marine voyait repasser sa vie devant ses yeux dans un ultime sursaut de conscience.

Rien de bien intéressant.
Une longue suite d’événements plats et habituels pendant lesquels elle s’était démenée pour se soustraire au poids qui s’accrochait à ses épaules. S’envoler sans sombrer. Pour quel résultat ? Perdre l’esprit en une nuit d’été, devenir moins qu’un sous-humain et détruire une par une les personnes auxquels elle tenait le plus. Les voir agoniser sous ses yeux sans ressentir le moindre repentir. Animée d’une joie sauvage lorsque leurs os craquaient sous ses dents, lorsque leur peau s’ouvrait sous ses ongles et que leurs vaisseaux éclataient sous la pression de ses doigts.

Et maintenant rideau.
Elle agonisait le corps déchiré pour rendre son dernier soupire sur les pavés poisseux. Pendant sa chute, sa main chercha les joyaux du ciel une dernière fois avant de retomber inerte.

Marine venait de sombrer dans les abimes.


L’homme aux cheveux roux-sombre envoya valser Tym d’un revers de main bien placé. Le chat atterrit sur ses pattes, l’air vexé au possible. Hérissant le poil il cracha de dépit en direction de l’homme et de sa « maitresse » avant de s’envoler avec un « pop » sonore le plus loin possible de ses êtres qui ne connaissaient rien à la dignité féline.
Eli, bien contente qu’il ait obtenu juste châtiment pour tout les problèmes qu'il lui apportait généralement, recula d’un pas lorsque l’homme se releva ignorant totalement sa main tendue qui vint donc se placer tout naturellement sur la garde de Belthil. De dos, il ne lui avait pas paru particulier, mais désormais en face de lui, l’épéiste sentait bien qu’il n’était pas un simple citadin en perdition. En colère et effrayé, le jeune homme à la silhouette bien dessinée lui faisait penser à un jeune loup aux aguets, hésitant entre prendre la poudre d’escampette, mais trop fier et trop énervé pour se résigner à suivre son instinct. La voix de la sagesse qui s'agitait dans sa tête lui conseillait d'éviter dans la mesure du possible qu’il la considère comme une proie potentielle, même si l’idée lui paraissait par ailleurs étrangement tentante. Mais se laisser aller aux caprices de ses envies destructrices n’était pas la meilleur idée dans la présente situation les duels sont fait pour les champs au clair de lune ou à la tombée du jour, c’est bien connu. Pas vraiment quand le monde semble tomber en ruine tout autour de soit. Fusillée par le regard noir presque sans vie de l’homme l’épéiste eu un instant d’hésitation : quoique…

Sans vie… plus elle le regardait, plus elle avait une étrange impression. Il semblait déjà mort, quoique d’une espèce bien différente de celle des morts-vivants qui trainaient tout autour d’eux. Un trou noir qui niait l’existance du mot « vie » aspirant dans ses entrailles tout ce qui pouvait passer à ses cotés. Une lueur ou deux scintillaient sans doute à l’intérieur mais l’épéiste avait du mal à sentir « la flamme » en lui. Allier potentiel ou ennemis ? Dangereux de juger les personne vides, dangereux de juger les personnes tout court. Illusion ou vérité, le future qui approchait au pas nonchalant du nouvel arrivant qui venait dans son dos apporterait sans doute un semblant de réponse à cette question épineuse.

Un léger pas sauté, comme un pas de danse au ralenti, lui permit de faire face au nouveau participant de cette partie qui se compliquait coup après coup.
Ce ne serait pas un petit joueur.
L’intérieur de l’épéiste se figea, attentif à l’extrême, tendit qu’elle le vit venir vers eux d’une allure provocante. Elle n'irait pas jusqu’à nier qu’il aurait pu faire une certaine impression si ses exagérations ne lui avait pas donner un air comique qui faillit la faire éclater de rire. Trop superficiel et sans profondeur, un pantin qui ne voit pas les fils qui le font se mouvoir ou qui s’en fou complétement, content d’assouvir ses désirs comme il le souhaite de temps en temps. Un homme pitoyable en somme toute. Pitoyable mais extrêmement dangereux, car cela n’empèchait pas la puissance de couler entre ses doigts amenant la mort au moindre faux pas. Cependant, comme le souffle d’air suffit à éroder la montagne il fallait espérer pour lui qu’il était plus résistant que le roc.

Parvenu en face d’eux, avec l’air de se foutre un peu de tout ce qui peut avoir lieu sur cette bonne vielle terre du moment que ça ne fasse pas une tache sur son pantalon de prix, l’homme stoppa.

Eïlwen expulsa l’air de ses poumons avant de prendre une longue gorgée d’air comme un plongeur prêt à s’enfoncer sous l’eau sans savoir s’il en ressortirait vraiment. Reculant une jambe, cherchant un appui ferme au sol, la jeune femme se mit en position pour dégainer, la main posée sur le pommeau en losange de son épée. Des petit courant électriques provoqués par l’excitation et la peur lui agitaient les muscles, les rendant frémissant, bougeant sous l'action de léger spasmes.
Mais elle adorait cette sensation.
Se trouver en plein milieu de la pente, sans savoir si la chute va être brutale, ou la victoire éclatante, attendant que la balance penche et que les plateaux s’ébranlent. Aucune drogue ne valait cette poussée d’adrénaline préparant les combat, dans lequel son corps se plongeait pour paré à toute éventualité et rester en vie. Même l’orgasme tout en plaisir ne valait pas cette sensation de pure désir qui l’agitait à cet instant. L'attente en est bien plus délicieuse, comme en témoignait cette légère chaleur dans son bas-ventre ou la sensibilité accrue de sa poitrine frottant contre le tissu de son ample chemise. Tout ces sensations décuplées avec le danger et le sérieux de l’épéiste. Sur sa paume, l’argent froid du pommeau de Belthil semblait diffuser comme un calmant dans son organisme en feu. Elle n’avait pas connu souvent une telle intensité, prête à tout lâcher, elle attendait au bord de a falaise.
A lui d’ouvrir le bal.

Il ne se fit pas prier et l’ouverture fut fracassante.

Lorsqu’il exerça sa magie, l’épéiste le trouva beau.
Son corps avait perdu cet air ridicule, la puissance affluant entre ses mains brillait comme un soleil noir miniature, son air concentré alors qu’il donnait la mort faisait ressortir toute la beauté des traits de son visage. Et lorsqu’il prononça l’incantation, sa voix résonna avec des tonalités bien plus graves qu’elle avait en réalité dans l’esprit de l’épéiste comme un signal salvateur donnant enfin le signal du commencement de la jouissance.

Écrasée.
Compressée.
Broyée.

Plus moyen de respirer.
Mais quelle sensation! La pesanteur qui s’accroissant en elle et tout autour, pressante contre son corps de tout coté dans une gaine écrasante, le corps d’un amant qui s’appesantit de tout son poids.
Le temps semblait se figer sous le poids du monde, elle endentait vaguement des sons ténus, son oreille interne malmenée par la pression ne lui permettant pas plus de précision. Les petits capillaires de son corps, éclataient les uns après les autres, déclarant plusieurs hémorragies simultanées. Son corps semblait lui échapper tendis que sa vue c’était obscurcie.
Toutes ces forces la plaquaient à terre mais l’épéiste restait debout.
Lentement, lutant contre le déchirement de ses muscles, la plainte de ses organes internes le râle de sa respiration la jeune femme se courba peut à peut en arrière, et put finalement admirer le ciel. Les nuages de fumée de l’incendit avaient tout obscurci. Son regard se perdit tendit que son esprit s'écartait de ce corps malmené.

Toute cette pression qui l’accablait n’était rien.
Son corps se mourrait sous le trop plein de forces qui s’exerçaient sur lui, mais cela ne voulait rien dire. Son esprit lui restait léger, son excitation et sa passion toujours présente. L’énergie en elle qui luttait contre celle de la magie, permettait à son enveloppe charnelle de rester debout et était loin d’être épuisée.
Mais surtout… que pouvait donc un poids physique par rapport au fardeau qui pesait sur son âme et sur sa conscience. Une telle charge n’était rien par rapport à celle qu’elle devait supporter à chaque seconde pour continuer à vivre. Les atrocités qu’elle avait perpétué sans un remord, le fait qu’elle dusse encore vivre après cela, voila qui était une charge insupportable à porter, ce qui était réellement lourd et insoutenable. La simple douleur physique n’était rien. Le fait que son corps se mourrait sous la pression n’était qu'auxiliaire. Un frémissement dans un tapis d’herbe immobile. Car la tristesse et la détresse son les plus lourdes choses à peser de même que ce que l’on regrette et que l’on ne peut réparer. Et Ashera sait qu’elle en regrettait des moments passés abandonnée à la folie, quand petits et grands, vieux, femmes, nourrissons et infirmes passaient sous sa lame par la seule faute d’habiter dans un pays qu’elle considérait d’elle-même comme entièrement pervertit. Rien ne pouvait alléger le poids de ces crimes et tout autres était dérisoire face à la force et la souffrance qu’induisait ce fléau.

Alors se fut presque facile pour elle de ramener lentement son visage vers l’avant, de fixer sans le voir le visage de l’homme devant elle puis de murmurer d’une voix enrouée tout en exposant des yeux laiteux au reste du monde :


« -Linuvielle »


La jeune femme lutant contre la pression de l’air fit mouvoir son bras.
Il lui sembla qu’il se déchirait, que les muscles se déliaient et étaient prêt à s’écraser à terre avec son membre à chaque instant.
Mais tout n’est qu’illusion.
Ramenant Belthil en arrière Eli abattit ensuite en avant, dans un grand mouvement qui ressemblait plus à du taillage de blé qu’à un coup d’escrime.
Elle savait ou elle l’avait lancé, elle savait ce que l’onde allait théoriquement toucher, elle savait que l’homme aux cheveux pourpres avançait au même instant vers leur adversaire et qu’il avait besoin de temps.
Savoir était bien, vouloir était mieux, pouvoir était tout.
Et Linuvielle tranchait tout… même la magie. L’onde brillante atteignit sa cible et la poutre enflammée tomba juste au dessus de la tête du mage.
Il n’avait fallu qu’un instant, mais un instant était suffisant pour faire basculer le monde, c’était le temps qu’il fallait pour que le dé s’immobilise. L’homme aux cheveux roux atteignit le mage en pleine face et son point vola dans la face de l’homme qui fut projeté sur quelques pas en arrière, faisant jaillir quelques dents et une fontaine de sang de l’endroit ou il avait eu une bouche et un nez encore un instant auparavant.
C’était le moment.
La pression s’était envolée, le tournis la prenait mais Eïlwen écarta un pied pour ne pas tomber, avant de se recroqueviller sur elle-même pour finalement s’élancer vers leur agresseur.
Son corps explosait dans tous les sens du terme.
Un mélange de sensations plus grisantes les unes que les autres se mêlaient à la douleur, lui apportant l’exctase. Il lui semblait voler après cette absence de pression, même le poids en son cœur, ses doutes avaient disparus. Elle n’entendait plus rien, un filait de sang dégoulinait de ses oreilles. Elle ne voyait plus mais cela était habituel. Grâce à sa perception et son entrainement ses autres sens compensaient. Et théoriquement elle savait exactement ce qu’elle faisait, où était sa cible, où était son "allier", comment la rue était agencée et même ou elle allait frapper. Mais… une légère gène, un doute, un frémissement agitait sa conscience. Ses sens étaient tous altérés.
La compensation se faisait difficilement.
Et pour la première fois depuis qu’elle utilisait cette technique, advint quelque chose qui n’était pas prévu, qu’elle n’avait pas ressentit.
Lorsqu’elle fut en face du mage qui se tenait le nez en pestant, Eli recula un pas dans un dérapage contrôlé au millimètre, passa Belthil dans sa main gauche et tout en ouvrant son poignet vers l’extérieur, elle assénât un coup de coupe, sentant avec satisfaction la chaire céder sous sa lame qui s’enfonça jusqu’à la garde. Le fil acéré de l'arme forgée en cet alliage si rare que bien peu connaissent son secret, découpa peau, chaire et os comme un couteau plongé dans une motte de beurre.

Un hoquettement féminin déchira le silence. L’épéiste résorba immédiatement son pouvoir et révulsa ses yeux. A travers la brume rouge qui lui embuait la vue, un corps portant une robe bleue marine tachée de sang et déchirée s’effondrait découpé. Dans un ultime sursaut la main de la jeune fille s’éleva vers le ciel tendis que ses long cheveux châtain lui offrait une couronne mortuaire en s'étalant au sol. Elle avait surgit de nulle part pour protéger celui qui servait son maitre, sans en être consciente, sans en avoir le choix, contre toute sa volonté de vivre, qui n’avait malheureusement plus aucune part dans la régie de ses actions. Une nouvelle fois une innocente était morte, ses yeux bleus sombres commençant déjà à s’opacifier restant fixés sur le ciel où quelques nuages s’étaient enfin dissipés laissant apercevoir quelques étoiles brillantes.

Eli recula.
Elle crispa sa main autour de la poignée de son arme et se mit hors de portée alors que ses phalanges blanchissaient.
Elle l'avait tuée... comme tous les autres.
Juste une de plus.
C'était tout.

Le mage était blessé, il avait reçu un sacré coup, mais ça n’avait pas été mortel même si sa poitrine ensanglanté laissait voir une profonde estafilade.

Le dé s’était immobilisé, la chance passait reste à savoir qui la saisirait.

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MessageSujet: Re: Devil Never Cry   Sam 26 Nov - 23:22

Son pied droit se posa en arrière. Retenant son corps envoyé dans un mouvement de recul, la tête tourné dans le même sens. Il avait reçu un coup... Et pourtant, il n'avait pas eu ce stupide réflexe humain de fermer les yeux en serrant les dents sous la douleur.
Il avait les yeux grand ouvert, s'y reflétant les flammes de la terreur et de la destruction qui léchaient encore les bâtiments de la ville. Et il souriait. A pleine dents, la bouche presque entre-ouverte. Un léger filet de sang coulant sur le côté de son menton.
Il était content. L'action effrénée, un pur plaisir. Sa main gauche jaillit d'un mouvement fouetté du bras, attrapant l'assassin à la gorge juste après son coup.
Reno n'avait pas l'air puissant. Et pourtant il tenait le corps de l'assassin à bout de bras sans aucune difficulté. Ses doigts se serrant autour de son cou avec haine et violence:

"La puissance est un acte éphémère. Il existe toujours plus puissant que sois."

Il pointa de l'index droit Eliwen, toujours souriant. Et en une seconde, il tourna son pouce vers le bas:

"Porte des Enfers."

Ainsi, quelque chose se brisa. Une brèche s'ouvrait dans la réalité, derrière l’épéiste blonde. Formant une sorte de porte dans le monde lui même. D'un noir absolu, crachant des filaments dégoulinant le malsain et l’opulence ténébreuse. Les fils s'emparèrent de la demoiselle, la laissant luter à gré mais sans aucun espoir. Elle disparu dans les ténèbres:

"Bien, jeune Assassin. Voyons si tu peux survivre. Tu es un loup solitaire, je t'offre l'opportunité de révéler ta vrai nature..."

Il déclencha sa magie sur l'assassin, augmentant le poids de son corps d'une cinq-centaine de kilos:

"Oublie tout. Ce que tu étais, ce que tu es..."

L'onde magique se dédoubla. Allant toujours vers le bas, un autre courant se forma vers le haut. La pression qui déchirait le corps de Jaffar par la gravité fut maintenue. Mais il se sentait écrasé et pourtant indéniablement attiré vers le ciel. Comme si il était collé au sol et que le voile céleste tentait de l'arracher littéralement:

"Abandonne ce que tu aurais du devenir."

La douleur de cet homme devait être intense. Reno se lécha le coin de la lèvre. Celui qui survivrait parmi les flammes ce soir, aura la chance de voir le soleil se lever demain. Car le feu ne s’éteint jamais.


"Parfait! Je suis ravis que nous n'ayons pas à nous battre! Cela m'aurait sans doute décoiffé."

Le truc, c'est qu'il y avait une forte raison que ce soit la vérité qui raisonnait dans la bouche de Stark.
Semblant de bonne humeur pour le coup, l'archer rangea son arc dans un effet de style hors du commun totalement inutile avant de se rapprocher des deux comparses. Peu importe les menaces, il empoigna non pas les rennes de l'animal mais les hanches de la cavalière, afin de l'aider à se relever. Le tout accompagné d'un sourire des plus charmeur:

"Qu'est-il de plus beau qu'un ennemi qui supporte un adversaire?"

Dans le même mouvement, il fit glisser la bague étant à son index au sol, avant de l'écraser du pied:

"Nous n'avons pas beaucoup de temps. Je vous expliquerais plus tard, nous devons aller au centre de la ville. D'ici quelques secondes, vous allez comprendre pourquoi. Toi, prend les rennes."

Sa dernière phrase était autoritaire. Après tout Alan n'était qu'un homme. Il souleva Hélène totalement, la plaçant dans ses bras comme si elle était totalement blessée. Puis il partit rapidement vers le centre de la ville.


Un léger son grésilla dans son oreille. C'était le signal. Il se retourna en plein vol, faisant une pirouette latérale au raz du sol. Ses deux pattes de feu prirent appuis sur un débris pour le propulser à l'envers en direction de la Laguz hybride. A pleine vitesse, il manqua de lui faucher les jambes dans les flammes infernales. Mais comme attendu, elle se projeta assez loin au dessus du sol pour esquiver. Alors il tourna à nouveau afin de remonter dans les airs. Bien plus rapide qu'elle, il arriva à son niveau en une demi-seconde.

Il l’enveloppa alors dans ses flammes en tournant sur lui même dans cette ascension. De ces flammes qui sont ce que tout Laguz craint par dessus tout. Ce qui les faits fuir, ce qu'il leur reste de leur instinct animal. C'était la fin.

De leurs côté, les lames avaient étaient sorties et se trouvaient en plein assaut. D'un seul mouvement puissant du bras droit, la lame légendaire du Faucheur trancha en diagonal le vide où aurait du se trouver Génésis, maintenant en contre-bas, l'épée en arrière. L'épée géante frappa en trombe le sol, détruisant littéralement les dalles sur son chemin en envoyant quelques projections en arrière.
La lame de Généis frotta contre celle du Faucheur durant le mouvement. Il l'attaquait d'un mouvement ascendant porté sur la gauche. Il ne pourrait pas simplement esquiver en sautant ou en se déportant sur la gauche sans lâcher son arme.

Le criminel le plus recherché au monde se projeta en l'air du pied gauche, Génésis sourit. Il l'avait piégé. Tout du moins, il le croyait. L'homme au manteau rouge utilisa ses puissants muscles pour arrêter son arme conséquente durant sa destruction du sol, l'enfonçant dedans de quelques centimètres. Il retourna sa main sur la poignée et prit appuis dessus pour projeter son corps de l'autre côté de la lame, sur la droite, les jambes allant caresser les étoiles.

Génésis tourna un regard mauvais vers son adversaire. Il était doué. Le Faucheur retomba derrière son épée, et lança un énorme coup d'épaule dans le plat de la lame bloquée dans le sol. Elle se décala de deux bon mètres, réduisant la structure de la rue à néant et impactant violemment son opposant n'ayant pas terminé son mouvement.
Génésis décolla du sol sans pouvoir contrôler son corps, ayant prit le coup sur tout son flanc. Il se ressaisit cependant en plein vol, secouant un peu son corps endolori.
Il passa sa main sur sa lame runique, cette dernière se chargeant alors d'énergie magique de vent. Il pivota son corps vers son ennemi, et atterrissant sur ses pieds, contrôlant parfaitement un dérapage en arrière, il émit plusieurs coups dans le vide qui projetèrent de puissantes lames de vent.

Le Faucheur avait relevé son épée. Il se pencha légèrement en arrière, prenant appuis sur tous les muscles de son dos. Dès qu'il vit les lames de vent foncer en sa direction, il projeta toute sa puissance en avant, effectuant d'un mouvement d’athlète un lancer d'épée géante vers son adversaire.

La lame tournoyait à pleine vitesse, vélocitant sans aucune peur vers sa destination finale.

Il leva son bras au ciel. Ainsi, les choses allaient se compliquer. Il fallait tout détruire, et cette main rachitique et semblant pourtant ne pas avoir plus d'une trentaine d'année émergeait enfin des épaisses couches de tissus qui la recouvrait habituellement. Elle était tatouée de toute part, et chaque doigt était entourée de chaine relié du poignet aux ongles. Comme percés.

Dès lors, l'énergie du monde entier semblait se canaliser vers l’hôtel de ville. Elle était si puissante que les flammes n'ondulaient plus. Elles étaient toutes attirés vers ce berceau de la magie:

"Qu'il en soit ainsi. Supernova!"

Le monde se contrit sous les désirs de Seth. Tout fut aspiré. L'âme des morts, la puissance même de la grande machine. Et pire que cela, tel un coup de vent qui éteint les bougies, toutes les flammes furent aspirés d'un seul coup.

La ville s'était éteinte. Le soleil s'y était enfin levé.

A une bonne centaine de mètre au dessus de sol se formait bien trop rapidement une énorme boule de feu, aussi grande que la cité. Voir plus quand elle serait terminée. Créée par la magie noir, nourrit par les âmes et enveloppé. Bientôt, elle allait s'écraser.

Le temps était compté.



Tout du moins, pas pour elle. Car elle aurait du mourir dans les flammes. Pourtant, les flammes n'étaient pas brûlantes. Elle semblaient à peine physique, apportant autant de chaleur que quand l'on tend ses mains vers un feu de camps pour se réchauffer:

"Petite Laguz, je t’emmène sauver ta vie."


______________________

Hélène/Alan/Personne: Stark et Curtis vous emmène vous fritter Seth au milieu de la ville, je vous laisse vous rencontrer. Il va vous poser cacher de la vue de Seth dans une rue à côté, si vous voulez lancer l'assaut.

Jaffar: Tu subit une double gravitation, a toi de trouver un moyen de survivre.

Eliwen: Tu as été téléportée dans le monde des Ténèbres, je te laisse t'y amuser et le décrire à ta guise. Tu peux peut-être en sortir, après tout.

La Supernova s'écrase sur vous dans trois tours. Bon courage.


"Les Dieux jouent avec les Hommes.
Moi, je me joue des Dieux."
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Alan
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MessageSujet: Re: Devil Never Cry   Dim 27 Nov - 21:41

Les yeux plissés pour ne pas être gêné par flammes et fumée, Alan observait l'arrogant archer dénommé Stark. Ce zigoto ne lui inspirait vraiment pas confiance. Que leur voulait-il, bon sang ? Pourquoi eux n'ont pas été zombifié, mais le reste du village, si ?

<< Alan ? Pour le moment, ne désirez-vous pas savoir pourquoi ce charmant jeune homme veut que nous le suivions ? Personnellement, ça me préoccupe un peu.
- Si, aussi, mais... >>

... mais un zombie se releva et agressa Hélène. Celle-ci parvint à assommer l'impoli qui parvint d'ailleurs à déchirer la tunique au niveau du ventre... et il a aussi pu mordre la cheville de la dame. Une fois débarrassée du zombie, Hélène se fit un garrot à la cheville et tenta de grimper sur son pégase. Sans doute était-elle trop blessée pour marcher.

<< Ca va aller ?
- Ah ! Quelle tenue indécente. Je vais être forcée de commander un nouvel uniforme en rentr… Hii ! >>

Elle ne parvint pas à grimper, sa cheville étant trop douloureuse. Avant qu'il n'aie pu esquisser un geste, Hélène écarta les bras et s'adressa à l'archer.

<< Ohla ! Vu l’état de ma cheville, j’irai bien plus vite sur mon cher pégase qu’à pieds, appuyée sur l’un de vous. Si vous le désirez, messire archer dont je ne connais le nom, vous pouvez venir jusqu’ici afin de prendre ses rênes ? De toute façon je ne vois pas comment nous pourrions nous échapper par la voie des airs, mon camarade et moi, alors que vous nous avez parfaitement en joue. >>

La tenue déchirée, les flammes qui dansaient sur son corps parfait... Alan rougit énormément et ne put détourner les yeux alors qu'une phrase tournaient en boucle dans sa tête.

*Je suis déjà marié...Je suis déjà marié...Je suis déjà marié...Je suis déjà marié...Je suis déjà marié...Je suis déjà marié...*

Piégé entre le charme de la demoiselle et son sens de la fidélité conjugale, Alan entendait à peine ce que disait l'autre...

<< Parfait! Je suis ravis que nous n'ayons pas à nous battre! Cela m'aurait sans doute décoiffé. >>

*Je suis déjà marié...Je suis déjà marié...Je suis déjà marié...Je suis déjà marié...Je suis déjà marié...Je suis déjà marié...*

L'autre s'approcha et saisit Hélène par les hanches pour la relever. Ce simple fait fit enrager Alan alors qu'il savait qu'il n'avait aucune raison de l'être... pourtant il ne pouvait que serrer les dents en continuant de se répéter intérieurement sa phrase rituelle...

<< Qu'est-il de plus beau qu'un ennemi qui supporte un adversaire?
- Des tonnes de choses. Des mecs qui prennent les femmes par les hanches, c'est devenu tellement commun que ça en a perdu toute sa beauté. >>

Il a lancé ça sans vraiment réfléchir, toujours occupé à se persuader qu'il n'avait rien à faire avec Hélène qui ne soit pas en contexte avec la situation actuelle.

<< Nous n'avons pas beaucoup de temps. Je vous expliquerais plus tard, nous devons aller au centre de la ville. D'ici quelques secondes, vous allez comprendre pourquoi. Toi, prend les rennes.
- J'ai l'air d'un palefrenier ? >>

... en regardant brièvement ses habits aussi déchirés que ceux d'Hélène et sa peau couverte de cendres, sang et terre, il était vrai que son apparence se rapprochait de celle d'un garçon d'écurie...

Quoi qu'il en soit, non sans une once de rage, Alan saisit les rennes du pégase et suivait le playboy...


<< Et vous n'avez toujours pas répondu à nos question je vous signa... >>

La température, qui était déjà peu supportable, grimpa encore jusqu'à la limite du supportable. Pire encore, en levant les yeux, Alan aperçut une boule de feu tellement énorme qu'il aurait cru qu'un abruti avait tracté le soleil jusqu'au dessus de la ville.

<< Qu...qu...qu...qu... >>

Les yeux exorbités, luttant contre une incontenance qui tentait malgré tout de se faire, Alan fixait la gigantesque boule de feu.

<< Qu'est ce que c'est encore que cette merde ? >>

L'enfer... ça ne pouvait être que ça... il était en enfer... et il allait y être exécuté histoire de célébrer son arrivée sur place et pour qu'il y reste.

<< Bordel, qu'est ce qu'on fout la ? Hé, toi... Stark, c'est ça ? Qui a invoqué cette boule de feu ? Tire nous de cette merde, tout de suite ! >>

La peur lui empoignait les entrailles avec une telle force qu'il pourrait tout lâcher par les trois orifices disponibles... mais il n'allait rien laisser paraître, pas question ! Il survivra et il fera tout pour oublier ce cauchemar dans le moindre détail...


I'm nuclear


Spoiler:
 
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Jaffar
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MessageSujet: Re: Devil Never Cry   Dim 11 Déc - 11:47

- Bien, jeune Assassin. Voyons si tu peux survivre. Tu es un loup solitaire, je t'offre l'opportunité de révéler ta vraie nature.

Souffrance. Le monde tournoyait autour de lui tandis qu'un voile de ténèbres venait de l'envelopper. La magie qu'utilisait cet homme dépassait de loin tout ce qu'il avait pu imaginer. Si la gravité avait été insupportable quelques instants auparavant, ce qu'il subissait surpassait tout ce qu'il avait pu connaître jusqu'ici. Toute son enfance au Black Fang, les multiples blessures que son corps avait endurées n'étaient que broutilles. Il aurait hurlé s'il l'avait pu, si ses mâchoires avaient pu s'ouvrir, si ses cordes vocales avaient eu la moindre chance de vibrer.

Mais non.

Il était suspendu là, au bout de la poigne du mage, bras et jambes ballant dans le vide tandis que sa chair, ses os, son corps tout entier était soumis à une incroyable pression d'écrasement et d'étirement tout à la fois. Le sang dégoulinait de chaque pores de sa peau, de chaque cicatrices rouverte, de ses yeux, de sa bouche et de sa gorge, empoissant la main qui l'enserrait. Son cœur et ses poumons comprimés à l'extrême ne pouvaient plus lui fournir l'oxygène dont il avait besoin et ses yeux exorbités n'auraient du renvoyer qu'un regard aussi vif que celui d'un poisson mort... Mais bien au contraire. Les iris noirs brillaient d'une lueur plus meurtrière que jamais, braqués sur le sourire prétentieux de leur adversaire. Un regard injecté de sang qui ne laissait aucun doute quant à l'état d'esprit du tueur. Les battants ne renoncent jamais... Un prédateur naît et meurt en temps que tel... Quel que soit la cause de la mort!
*Défi................ Relevé !*

Son cerveau avait un mal fou à fonctionner normalement, ne serait-ce que pour penser. Mais il lui soufflait qu'il devait faire vite. Si la pression ne le faisait pas éclater, le manque d'air et l’hémorragie finiraient le travail. Ses doigts se crispèrent en un craquement et une douleur atroce. Les veines de ses mains étaient gonflés à l'extrême et l'une d'elle éclata de façon sonore lorsqu'il referma la paume sur le manche d'une de ses lames. Bouger était un supplice... Mais rester pendu là était la pire des humiliations. La lame glissa lentement hors de son réceptacle, luisante de poison. Le mage voyait tout, admirant la ténacité de son adversaire mais se gaussant de sa lenteur. C'est à peine s'il parvenait à contenir son arme en main. D'un battement de cil, le poids des lames et des vêtements du Croc Pourpre furent multipliés par dix.

Souffrance de nouveau... L'hémoglobine rendait la garde glissante et cette arme, habituellement signe de mort, se retournait contre lui. Il allait mourir... L'articulation de son coude hurla alors qu'il levait lentement le bras, l'os se plia sous l'effort, se fêlant lentement. La douleur était insupportable !

Il ne percevait plus rien, ses sens étaient anéantis par la pression. Comment parvint-il à hisser la dague aussi haut, il l'ignorait. Comment sa deuxième main, au prix d'un doigt brisé, parvint-elle à soutenir son assaut, il l'ignorait. Comment ce cri de souffrance et de haine lui échappa-t-il, il l'ignorait encore. Un assassin n'a pas besoin de savoir ce genre de chose. Un assassin est un outil au service de son maître. Un assassin tue ceux qui se mettent en travers de son chemin... Le Croc Pourpre tuait pour le Black Fang... Jaffar tuerait cet homme pour survivre !

La lame siffla dangereusement, emportée par son propre poids vers le bras qui retenait son maître prisonnier. Sacrifier un bout de chair pour écraser cet homme entre ses doigts ? Ce serait lui offrir un bien trop grand présent. D'une simple poussée, le mage propulsa le Croc Pourpre sur plusieurs mètres, le corps meurtri ricochant sur le pavé à la manière d'un galet avant d'être brutalement stoppé par les pierres encore stables d'un mur toujours vaillant, l'arme d'acier s'écrasant loin derrière, hors de portée. Allongé là sur le sol, reposant dans son propre sang, les yeux vides du Croc Pourpre ne contemplaient plus rien. Hors du temps, hors de l'espace, l'assassin laissait lentement l'ombre de la mort le recouvrir, la silhouette de son adversaire se brouillant alors que ses paupières se fermaient lentement. Il avait mal, il avait froid, il était épuisé...

Une insolente lueur l'empêcha pourtant de sombrer complètement. Une lueur qui perçait à travers le rideau de souffrance qui le domptait, une lueur qui l'obligeait à ouvrir les yeux. Une seconde à peine s'était écoulée depuis qu'il avait lamentablement échoué et pourtant, la luminosité rougeoyante des flammes avait laissé place à un tout autre spectacle. Une boule de flammes, énorme, monstrueuse, étincelante au dessus de la ville, menaçant de tous les exterminer. Par quel prodige... Par quel magie une telle chose pouvait-elle se produire ainsi...

Il n'avait pas de réponse... Il n'aurait pas de réponse s'il abandonnait ainsi... Fou qu'il était... Mourir, lui ? Mourir et laisser la victoire à un être aussi imbus de lui-même ? Un être que le Black Fang désignerait sans aucun doute comme digne de mourir. Son corps tout entier se secoua violemment alors qu'il prenait une profonde inspiration. Le sang encombrait sa gorge et sa vue, la douleur était plus présente que jamais mais il s'agissait là de la preuve même qu'il était vivant. Son cerveau inspectait de lui-même son corps, répertoriant les blessures. Plusieurs côtes brisées et ses membres auraient certainement du mal à le mener plus loin que cet affrontement, sans parler de l'état de ses organes internes... Son cœur pourrait-il supporter un effort supplémentaire ? Il le fallait... Il ne pourrait plus encaisser une telle attaque aussi longtemps. Son corps tout entier lui sembla craquer tandis que ses bras s'arc-boutaient.

Pantelant, l'ange noir se redressa, ses ailes d'ébènes tachées de son propre sang. Il n'avait plus qu'une lame à disposition pour faire disparaître l'air ennuyé brillant sur le visage du mage. Une seule lame pour lui faire comprendre à quel point un animal blessé était dangereux. Et sous l’œil unique du géant de feu, s'amplifiant de seconde en seconde, l'assassin fondit sur sa proie, lame toujours au fourreau. Il n'avait besoin que d'une seconde, une simple seconde d’inattention... Rugissant, il parcourut deux... Puis cinq mètres avant qu'un rayonnement violet n'illumine le sourire presque malicieux de son adversaire. Une charge monstrueuse s'abattit sur lui, tentant de le clouer au sol alors que ses vertèbres encaissaient le choc. Il hurla. Ce cri de douleur qu'apporte la véritable souffrance, ce cri que même les larmes de sang de votre corps ne peuvent exprimer, ce rugissement de haine à l'encontre du responsable, cette plainte appelant au secours...

Il se sentait mieux.

Ses pieds quittèrent le pavé où la pression l'avait cloué. Les vaisseaux de ses jambes éclataient l'un après l'autre, parsemant le pavé sombre d'une traînée pourpre. Son dos tout entier se déchirait sous l'attaque, son épaule glissait, prête à se déboîter et jamais... Jamais une femme n'aurait pu prétendre avoir une migraine pire que la sienne en cet instant. A travers le brouillard de sa souffrance il repéra ce qu'il cherchait. Sa sacoche... Sa sacoche qui avait eu la bonne idée de tomber lorsque son adversaire l'avait saisi.

Son bras gauche céda.

L'épaule avait préférée se désaxer plutôt que d'exploser tandis qu'il sentait son bras tout entier se fissurer.
Il n'avait pas mal.
Sa main droite s'empara de la sacoche alors qu'il s'abaissait, s'aidant du poids qu'on lui infligeait, pour aussitôt reprendre ses appuis au prix d'un muscle déchiré.
Il ne ressentait pas la douleur.
La pression l'étira dans le sens inverse alors qu'il parcourait les derniers mètres qui le séparaient de son adversaire, tentant de le disloquer, de l'écarteler vivant. Sa chair allait disparaître mais le mage emporterait avec lui cette image, ce regard meurtrier qui lui était destiné : la dernière vision de chacune de ses cibles.

Ses dernières côtes s'écrasèrent alors qu'il propulsait son bras gauche vers l'arrière.
La souffrance n'était rien.
Le sang emplit sa gorge avant de l'aveugler complètement, jaillissant à la recherche d'une échappatoire.
La souffrance était sa vie.
Son poing se crispa brutalement alors que ses phalanges craquaient à leur tour.
Il était la souffrance !
Et le Croc Pourpre frappa... A la manière dont frappe un assassin. En traître.

Son poing avait heurté le bas-ventre de son adversaire avec toute la hargne dont il disposait, sacrifiant le peu de solidité restante de son bras. La pression s'était dissipée... Il lui restait moins d'une seconde, moins d'une seconde dont les restes de son corps devaient profiter. Sa paume ensanglantée quitta sa cible première pour se refermer sur la gorge offerte avec toute la force que peut conférer une haine sans précédent, dressant le Croc Pourpre au dessus de sa victime. Il n'avait rien de splendide, rien d'impressionnant. Sa chair toute entière avait été annihilée par la magie, ses vêtements étaient en lambeau et ce bras chétif n'avait plus de force que celle de sa volonté... La volonté de ce regard qu'il imprimait définitivement en Reno. Sa main extirpa la fiole de son sac tandis que ses dents en arrachaient le bouchon. Même s'il ne l'avalait pas, il lui suffisait de le toucher. Le verre heurta le barrage des lèvres avec une délicatesse toute assassine tandis que le Lys Sanglant se déversait, ruisselant sur le visage et glissant entre les lèvres closes. Le jugement était rendu.
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MessageSujet: Re: Devil Never Cry   Mar 13 Déc - 23:48

    Oh joie ! Il ne désirait pas se battre ! A bien y réfléchir, il devait chercher cela dès le début.
    Se souciant peu des états d’âmes du pauvre Alan qui ne cessait de la fixer d’un œil troublé, elle regarda un instant l’archer blond venir vers eux d’un air satisfait. Sa façon de marcher, son sourire, ce mouvement calculé et en même temps non calculé dans les cheveux… Pas de doute, lui aussi connaissait les us et coutumes de la déstabilisation sur le champ de bataille ! Elle allait bien l’aimer, ce brave garçon.
    Puis il arriva à leur niveau. Elle s’attendait à ce qu’il l’aide à prendre les rênes, mais il fit mieux. Il la prit par les hanches et la posa délicatement au sol, tout en réitérant son envie de les soutenir dans leur survie. Oui, survie était bien certainement le mot. Au pire, si c’était le jour de mourir, elle mourrait en charmante compagnie. Alan fit remarquer l’étrangeté de l’envolée lyrique du blond, mais les deux autres semblèrent ne s’en soucier guère.

    La chute de la bague cependant, n’échappa point à la vue aiguisée de la chevalière –ni de sa monture d’ailleurs. Elle eut comme le temps d’apercevoir un blason. Peut-être était-ce la bague qui le contractait à leurs opposants actuels. Quoi qu’il en soit, c’était une très bonne chose qu’il s’en débarrasse. Puis il souffla quelques mots.

    « On peut s’attendre à quelques broutilles un peu plus graves que les premières, je suppose… »
    Liam s’ébroua lorsqu’Alan prit ses rênes, mais il obtempéra, plus effrayé par le feu et la puissance sourde environnants que par cet épéiste puissant qui avait soutenu sa maîtresse dans la bataille précédente.
    Hélène fut ravie lorsqu’elle se sentit soulevée par le bel archer, puis portée telle une princesse mourante dans un paysage apocalyptique. Ca, c’était digne des grands romans d’aventure !
    Mais ne nous laissons pas aller à la rêverie. Vu que les problèmes sont encore entiers, n’est-ce pas. Une douleur sourde lui perçait toujours la poitrine lorsqu’elle se souvenait de sa lame transperçant son amie. Elle se mordilla les lèvres, puis décida de se rendre utile pendant que son preux chevalier les menait –semblait-il, vers le centre de la ville. Certainement le centre du problème.
    Elle fouilla dans sa sacoche, et en retira une potion qu’elle déboucha à la va-vite et but en quelques goulées. La douleur à sa cheville s’estompa, et la plaie commença sa cicatrisation accélérée. Elle ne pouvait pas faire grand-chose de plus pour le moment. A part se lover dans les bras de son « sauveur pas tout à fait sauveur puisqu’ennemi quelques minutes auparavant ».

    Puis soudain, une chaleur extérieure, bien trop énorme pour être naturelle, envahit l’atmosphère. Hélène, comme Stark et Alan, suffoquèrent sous la puissance de l’invocation. Elle releva doucement ses yeux noisette vers le ciel, et elle la vit. La Supernova. Ce genre de sort d’une puissance telle qu’on en entend parler soit dans les livres d’histoires, soit dans les légendes. Et bien souvent, tout n’est qu’inventé de toutes pièces. Elle se crispa dans les bras de Stark et cacha un instant son visage contre son torse. Puis elle serra les dents, et tourna à nouveau la tête vers la boule de feu gigantesque. Elle devait faire face. Elle était chevalière pégase de Criméa, elle devait faire honneur à sa cité, à sa patrie. Elle regarda la place du village vers laquelle ils se dirigeaient résolument.

    « Là-bas… Celui qui a fait cela est là-bas, n’est-ce pas ? Comment une telle puissance ? … »

    Puis elle se tut alors que Stark la lâchait délicatement sur le sol. Elle effectua une ou deux pressions sur sa cheville pour vérifier qu’elle était bien opérationnelle. Oui, tout allait bien, à peu près. En tout cas les ligaments étaient suffisamment ressoudés pour la porter, et même lui permettre de courir. Par contre sa tenue était toujours en un aussi pauvre état. Il ne lui restait que son plastron fait en pièces d’armures, ainsi que son short. La tunique était totalement en morceaux. Bon, pas grave, on ferait sans.
    Ils se positionnèrent de telle façon qu’ils pouvaient apercevoir l’homme incanter et diriger la gigantesque boule de feu. Liam s’était reculé de quelques pas, son pelage immaculé étant trop voyant sous la lumière rougeoyante de la scène.

    Soudain, une boule de feu sembla foncer vers eux, depuis la direction opposée. Hélène étouffa un cri dans sa gorge, pour enfin apercevoir au travers des flammes deux Laguz. L’une semblait être louve ; elle était magnifique. L’autre était un oiseau qu’Hélène ne parvint pas à reconnaître. Stark s’en chargea, et présenta le rougeoyant Laguz comme étant Curtis, un phénix. Hélène n’osa pas demander qui était l’autre Laguz, ni comment un Laguz phénix pouvait exister. Non, il y avait autre chose qui la taraudait pour le moment… Et cette chose faisait quatre kilomètres de diamètre.

    « S’il vous plaît… Si nous nous y mettons tous ensemble, nous devrions pouvoir l’arrêter dans sa lugubre entreprise… C’est ce que vous vouliez faire dès l début, n’est-ce pas ? » ,ajouta-t-elle à l’adresse de Stark et Curtis. Puis elle se concentra sur la situation et les possibilités de chacun. « Bon, Curtis et moi pouvons le contourner et l’attaquer par la voie des airs, chacun d’un front. Stark peut couvrir Alan si nous avons à charger… »

    Elle posa un regard gentil sur la Laguz loup. Elle ne comprenait vraiment pas cette haine qui coexistait entre les peuples. C’était une trop grande incompréhension qui les avait tous menés là. Elle s’adressa à elle sans mouvement brusque, mais sans la sous-estimer. Si elle avait survécu jusque-là, elle devait être puissante. Et toute la puissance disponible serait nécessaire pour faire front face à cet immonde mage.
    « S’il vous plaît, pourriez-vous nous aider à vaincre cet homme et ainsi détruire la supernova ? »
    En parlant, elle désigna le magicien, puis la boule de feu géante. Le visage de cette Laguz, beau, jeune, était bien trop tristement fermé.
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MessageSujet: Re: Devil Never Cry   Ven 6 Jan - 0:29



Du feu, des flammes, de la chaleur… Une étreinte presque intime alors que la peur s’approprié son cœur pour la tourmenter de mille et une façon. Elle se voyait brûler, elle se voyer mourir dans les morsures déchirantes des flammes. Elle se sentait mourir dans les tourmentes de l’enfer et c’était la fin.

La fin de quoi au fait ?

Une vie placide à suivre ceux qu’on aime pour sa propre survie. Une vie à courir après ceux qui pouvait les menacer. Exister telle une entité, un outil à ceux qu’elle aime, elle ne vivait que pour les protéger sans qu’eux-mêmes le sache un jour… Non, il ne le saurait jamais, et elle continuerait à abattre leurs ennemis un par un.
Une vie placide vouée aux meurtres, à l’annihilation de toutes les forces opposées à ceux qu’elle avait pu un jour considéré comme un ami. Une vie qui serait inutile puisqu’en en éliminant un, dix autres apparaitraient.
Elle aurait dû viser plus haut, s’attaquer à plus grand. Pourquoi ne pas revenir aux sources de ce mal être… aux racines de cette haine, de cette discrimination. Elle devait faire le premier pas pour montrer qu’on pouvait tous vivre en paix.
Elle commencerait par remercier Erin, remercier l’homme en rouge qui l’avait sauvé tant de fois…

Elle commencerait par dire « Merci », premier son qui sortirait de ses lèvres en langue Beorc.

- Petite Laguz, je t’emmène sauver ta vie.

Retour à la réalité, retour à la chaleur qui ne brule pas. Retour à la tendresse de bras l’enlaçant gentiment.

*Encore une chose que je ne connais pas… *

Se sentant transporté dans les airs, elle étreint plus fort son hôte s’accrochant à sa gorge avec plus de hargne, plus de violence et une once de peur.
Personne avait vécue de nombreuse chose dans sa vie mais voler était pour elle une grande première… elle était d’ailleurs loin d’y prendre goût.
Soudain, elle le vie,… l’objet de sa mort, l’instrument de sa fin, l’instrument de leur fin… elle atterrit sans douceur. Elle n’en attendait pas moins de ce Laguz arrogant.
Et maintenant, qu’est-ce qu’elle avait en face d’elle ? Un épéiste, un pote de l’arrogant phénix, une femme et un crétin jouant avec le feu à buter. Elle n’avait pas de temps d’adaptation, ils n’auront pas le temps de s’adapter à elle, alors autant les habituer dès le début à ce qu’elle était vraiment. En une fraction de seconde son museau se recouvrit de poils, elle tomba à quatre pattes alors que les griffes s’enfoncer dans le sol et que son corps s’étirait de tout son long.

- S’il vous plaît… Si nous nous y mettons tous ensemble, nous devrions pouvoir l’arrêter dans sa lugubre entreprise… C’est ce que vous vouliez faire dès l début, n’est-ce pas ? Bon, Curtis et moi pouvons le contourner et l’attaquer par la voie des airs, chacun d’un front. Stark peut couvrir Alan si nous avons à charger… S’il vous plaît, pourriez-vous nous aider à vaincre cet homme et ainsi détruire la supernova ?

Détruire une supernova et un humain menaçant le monde, tout ça en coopération avec des Beorcs… quoi de mieux pour commencer cette nouvelle vie qu’elle s’était redécouverte.

- Je me battrais au corps à corps, je ne crains que le feu, l’humain, j’en fais mon affaire si vous me couvrez.
_elle se tourna vers Curtis, l’air plus mauvais que jamais_Traduit !
- Elle va foncer dans le tas, mais c’est une couille molle face au feu donc faudra assurer son petit cul poilu.

Le coup fut violent, pire que violent d’ailleurs. Une violence qu’elle mettrait au profit de ces humains s’ils souhaitaient d’elle à leur coté.

Etait-ce la meilleure manière de rentabiliser cette nouvelle vie qu’elle voulait se faire. elle aurait du fuir, prendre ses jambes à son cou et utiliser le don du ciel qui avait fait d’elle un être rapide et endurant. Mais on la mettait aux pieds du mur et c’était peut être la meilleure chose qui pouvait lui arriver… ou la pire…

- M. le phenix… craignez-vous le feu de cette supernova ? Et si non, pourriez-vous le maitriser le temps que nous tuons son créateur ?

La question avait été posée avec une froideur glaciale, pourtant, elle savait qu’ils n’auraient que peu de moyen d’annihiler ce cataclysme.
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MessageSujet: Re: Devil Never Cry   Dim 8 Jan - 0:58

Eïlwen MJ, Eïlwen... un jour tu sauras écrire le prénom de mon perso correctement o/


Lorsque l’homme pointa le doigt sur elle, la jeune femme ne fut plus.

Elle senti son corps se distendre dans tout les sens, et une douleur dont nous pauvres mortels, ne pouvons même pas imaginer la moindre parcelle, l’étreignit. Du coup n'essayons pas d'imaginer, n’est ce pas ?
Laissons donc cette jeune femme tomber à travers les ténèbres et les dimensions, souffrir le martyre alors qu’elle sent son être s’échapper et se réduire à néant, délicatement et avec amour par des doigts obscures qui lui apportent les pires tourments.
Ce n’est pas une mort très reluisante, s’il en est une, en tout cas je vous souhaite d’éviter à tout prit le même sort. Enfin, tant que vous ne voyagez pas dans un univers parallèle il ne devrait y avoir aucun risque. Bref, revenons, quelques secondes, heures, jours, années plus tard à ce qu’il reste de notre jeune épéiste absorbée par le néant dans le monde des ténèbres et disloquée par une faille interdimentionnelle.

On ne sait pas où, on ne sait pas quant, et on ne sait pas comment, mais une pensée survécu. Une pensée, un filament d’individualité qui portait pourtant en elle tant de pouvoir qu’elle réussit à ce préserver du néant et à s’enrouler sur elle-même pour se protéger de l’oubli. Cette pensée fut rejointe par quelques autres morceaux d’esprit qui s’étaient accrochés à elle car elle représentaient le fondement de l’être auquel ils appartenaient. Son essence même, contenue en un fragment qui avait réussi à subsister. Les fragments d’esprit s’enroulèrent autour de la pensée et fusionnèrent, grossissant la masse de matière d’être qui recroquevillé sur elle-même se protégea du mieux qu’elle put contre les agressions extérieur.
Puis ils parvinrent dans une zone calme. Lentement, le petit esprit constitué se déroula. Un coup de pensée à gauche, un coup de pensée à droite et l’esprit pointa le bout de son nez hors de son cocon protecteur. Se sentant en sécurité, l’esprit prit ses aises, et se déroula entièrement flottant dans une chaleur agréable. Il lui semblait qu’un torrent d’énergie s’écoulait tout autour de lui, attirant, tellement tentant. Il aurait voulu s’y jeter et même s’y noyer mais une pensée de conservation s’y opposait violemment, peut être même cette même pensée qui s’étaient échappée au commencement.
Réorganisant l'esprit, cette pensée qui le trouvant bien trop incomplet, entreprit de se lancer à la recherche des fragments manquant. Puisant dans le vaste torrent d’énergie quand il le fallait, l’esprit réunit les fragments de lui-même, petit à petit, se reconstruisant. Tous les fragments : souvenirs, idées, convictions, pensées… étaient attirées les uns par les autres, voulant revenir à ne faire plus qu’un tous animés par la même force et la même volonté de fusionner. Ceci facilita le travail, bien qu’il y eu quelques retardataires voir originaux mais au fil du temps ( infini ou indéfini) l’esprit parvint se reconstituer.

Vint le problème du corps. En effet, une fois l’esprit complet, un début de conscience apparu. Conscience qui ne pouvait subsister sans un corps pour la protéger. Il fallu des trésors d’ingéniosité à l’esprit pour retrouver la matière organique et les molécules permettant de reconstruire un corps pour qu’il puisse revivre. Dans le néant, ce n'est pas évident. Mais, la vie attirant la vie, les molécules vinrent de plus en plus nombreuses au fur et à mesure jusqu’à constituer une unité élémentaire dans lequel l’esprit puisse s’abriter. Pour nourrir cette unité, l’esprit se servit allégrement dans le torrent d’énergie qui vibrait en lui et dans chaque atomes parvenus jusqu’à ce point. Si bien que l’être qui renaissait, mêlait cette énergie à ses cellules et elle venaient à faire partie de lui, l’alimentant autant qu’il l’alimentait. Grossissant, grandissant, l’esprit prit sa place jusqu’à occuper un espace qui lui paraissait familier et habituel. Il stoppa tout.

Et se fut finit... ou plutôt cela commençait.

Allongée sur le dos, la femme ouvrit les yeux pour ne rencontrer que… ténèbres. Glissant sa main sur le sol, ses doigts touchèrent une substance qui lui rappelait du… verre. C’était… glacé. Et puis soudain l’acceuil dans le monde des vivant la prit de plein fouet. Une formidable douleur lui brula la poitrine tandis qu’elle prenait sa toute première inspiration. Ses poumons se délièrent sous influx d’air, lui offrant une deuxième naissance, toute aussi douloureuse que la première. Haletant et crachant, il fallut à la femme plusieurs instants pour qu’elle puisse inspirer et expirer sans trop de difficultés. Lorsque sa douleur se fut calmée, elle s’assit lentement. Elle resta quelques seconde comme cela, immobile et la tête baissée puis ramena lentement ses genoux sur sa poitrine et se mit à pleurer.
Elle pleura d’être morte, elle pleura d’avoir eu mal, elle pleura d’être en vie, elle pleura de devoir encore avoir mal, elle pleura sans fin, son être, son moi, son rien. Elle se répéta inlassablement son vrai nom, cherchant à reconstruire son identité, regrouper ses souvenirs, ses envies, son histoire. Cela prit un certain temps, comme tout le reste et quand tout fut au point, elle se leva.

Elle n’avait pas faim, pas froid pas sommeil, elle se sentait neuve, plutôt bien. Elle marchait à travers les abysses toujours tout droit, sachant parfaitement où elle allait dans ce monde pourtant inconnu. Comment se faisait-elle appeler déjà ? Eli ; ah oui Eli peut être, alors va pour Eli.
Eli donc, marcha jusqu'à atteindre ce qu’elle cherchait. A ce moment précis, elle s’arrêta, les bras pendant et resta à attendre que son "hôte" se décide à parler.


« Tu t’apprètes à entrer dans l’entre du dragon monde, tu le sais.

-Bien-sûr.

-Et qu’y cherche tu pour être assez téméraire pour entrer ? »


La jeune femme fit une pause, se mordilla la lèvre avant de répondre à mit voix.


« -Simple curiosité mal placée.

-Tu t’en ai rendue compte n’est ce pas ?

-Oui… Je le... remercie. »

Eli resta silencieuse encore quelques instant, profitant des derniers moments de tranquillité qui lui étaient octroyés.Elle savait très bien ce qu’elle devait faire, mais, elle n’était pas pressée. En vérité elle n’était plus pressée, elle avait changée. Un calme plein l’avait envahit tandis qu’un nouveau pouvoir coulait dans ses veines.


« -Et bien, je vais rentrer.


-Sage décision s’il en est. »


La jeune femme inclina la tête et écarta la main pour ouvrir le voile de l’espace. Sans se retourner elle s’engouffra dans le tunnel qu’elle venait de créer, laissant derrière elle le monde des ténèbres.



Perchée sur la pointe d’un clocher alors que l’univers semblait s’écrouler au dessous d’elle, et le ciel s'écrouler au dessus d'elle, la femme qui se faisait appelée Eïlwen regardait ses mains.
Elles étaient fines comme avant, mais désormais blanches. Très blanches, et une lumière semblait les éclairer par le dessous. Elle baissa la tête et observa son corps tout entier, qui n'était recouvert que par quelques mèches de cheveux détachés et libres autour d'elle, agités par le vent. Son corps brillait de la même lumière indistinct. Elle avait pâlit, tout ton être était plus clair, de la pointe de ses cheveux au bout de ses ongles ronds et nacrés. Pas blanc, mais blond pâle, alors qu'elle était bronzée comme la couleur des blés auparavant. Passant la main ouverte devant ses yeux, elle ne put s’empêcher d’être émerveillée par les flots d’énergie qu’elle voyait courir dans son corps.
Elle était sensée être morte, mais elle avait trouvé bien plus de vie qu’elle ne pensait jamais en posséder. Tout autour d’elle le cataclysme se préparait et elle décida d'observer la situation encore un peu avant de bouger. Après tout elle avait assez donné pour l'instant.

Dominant la fin du monde de son clocher elle se prit à sourire sans vraiment savoir pourquoi.
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MessageSujet: Re: Devil Never Cry   Lun 26 Mar - 16:15

Ils... Discutent? Ils font connaissance? Et ILS sont avec eux?
Pendant quelques secondes, cette pensée l'aurait fait fondre dans la rage. Elle aurait entremêlée son corps dans la fureur pour qu'ils ne fassent plus qu'un.
Mais Seth accumulait le pouvoir des âmes et, derrière lui la machine grondait. Un échec, un tel échec. Mais son pouvoir se déchaînait. Et en guise de punition, ces maudits intrus subiraient son courroux. Peut-être mourrait-ils avant que la supernova ne rase tout.
Mais après tout, cette dernière n'est là que pour s'assurer qu'il ne restera aucune trace des recherches.
Il tendit la main vers le groupe invisible. Et les âmes hurlèrent.


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MessageSujet: Re: Devil Never Cry   

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