AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatarMarqué


Messages : 298
Age : 21
Localisation : Sur les routes
Autre Indication : Puis-je vous aider?
Groupe : Windwaker

Feuille de personnage
Niveau:
25/60  (25/60)
Points d\'Expérience:
35/100  (35/100)

MessageSujet: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   Lun 3 Juil - 15:58



Les morts s'étaient réveillés... Les règles de la vie venaient de s'inverser, c'était les morts qui tuaient les vivants et les vivants qui tuaient les morts. Les plus observateur remarquent la marche à l'unisson de cette armée vers Sienne. Et la peur devenait palpable, partout. L'espoir disparaisait. Car un nouveau mort, c'est un cadavre de plus pour cette armée maudite. Et leur marche ne peut être arrêtée. Pourtant, même dans ses instants où l'humanité tremble et menace de s'effondrer, certaines choses restent comme telle, ce qui fait de nous... des humains. On prie les morts, on protége les enfants, on survit tant que l'on peut. On aime, on déteste, on donne la vie, on la prend. On aide son prochain, ou on le dépouille de ce qu'il a pendant qu'il se fait dessus...

Une proie facile, pensait le bandit. Car comme dit précédemment, même lorsque la fin du monde approche, les bandits pillent, violent et tuent. Une proie facile donc. Un homme, ou ce qu'il en reste. Le genre auquel on pense que c'est pitié que de l'achever. Avec sa grande épée dans son dos qui écrasait, le bandit pensait avoir trouvé une bonne prise. Mais même dans ces moments sans espoir... on survit.

Un bruit macabre d'acier entrant en contact avec de la chair résonnait dans la forêt. Tchak, un silence, Tchack. Encore et encore. Dans la brume fine des arbres, la silhouette d'un homme abattant péniblement son épée au sol avant de la relever et recommencer, pouvait être aperçu. De loin, on aurait dit un bucheron, du moins, un mauvais avec un gabarit pareil.

L'homme s'arrêta, avant de relever une dernière fois son épée pour l'abattre contre le cadavre du bandit, désormais en morceau. Il avait entendu qu'on s'approchait de lui, et il répondit d'une voix grave avec un souffle animal.



"Seuls les morts marchent dans cette forêt... Et bientôt vous rejoindrez leur rang..."

Sa tête pivota doucement vers eux, son long souffle agitait un nuage de vapeur devant lui, presque bestial. Ses cheveux rouges étaient collés contre son visage par la sueur et le sang. Il était tournés vers les deux silhouettes de brume désormais, révélant dans toute son horreur les morceaux de chair ensanglanté sur sa veste et son épée, dégoulinante de sang qui perlait goutte par goutte.

"Mais en morceaux, vous ne leur serrez d'aucune utilité."

L'homme avanca lentement, avec une démarche d'une extrême fatigue. Mais il avançait, son épée trainant dans la boue, son visage horriblement pâle et ses yeux cachés sous sa crinière de sang. On pouvait désormais voir le cadavre du bandit, découper grossièrement de la tête au pieds. Ca dernière 'purge'.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatarBeorc


Messages : 96

Feuille de personnage
Niveau:
17/60  (17/60)
Points d\'Expérience:
72/100  (72/100)

MessageSujet: Re: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   Jeu 6 Juil - 0:32

L'hiver avait été long. Comme toujours à Daein, et dans le coeur de Catô. Les froides neiges faisaient remonter tant de souvenirs chaque année, et son coeur se serrait encore lorsque son regard se posait sur les pics au loin, enveloppé de leur manteau de velours glacé.
Bien des années plus tard, le mage noir accueillait encore le vent du nord et sa brise givrée avec des émotions contraires, les soupirs du temps qui passe, l'aigreur d'une blessure qui ne referme pas, les échos lointains de rires d'enfants...et avec eux, les inévitables changements d'humeur de la saison froide et de douloureux souvenirs. Et puis, sa fragilité ne l'aidait en rien, le rendant d'autant plus vulnérable aux fléaux de l'hiver. Il lui était difficile de garder le moral lorsqu'il peinait à respirer des semaines, des mois durant et qu'il lui était parfois presque impossible de se reposer véritablement lorsque la fièvre montait jusqu'à le faire délirer, ou qu'il grelottait à s'en faire mal aux dents.
Mais cette année avait été différente, pour de vrai.

Emmitouflé dans plusieurs couches de vêtements chauds et de gants de laine épais, le dernier Sicarius soufflait tout de même sur ses mains en hasardant ses lèvres par-dessus son écharpe en coulant un regard inquiet vers la petite flamme vivace qui avait illuminé ses journées, durant cette période difficile qui lui avait autrefois tout pris.
Khar'a restait fidèle à elle-même, telle qu'il se l'était imaginé à leur rencontre, quelques temps après la fin de l'automne. Une enfant, une petite chatte. L'innocence incarnée, tout ce qu'on pouvait vouloir protéger réunis dans un minuscule corps avec des grandes oreilles.
Durant tout l'hiver, elle n'avait eu de cesse de le surprendre. Par son énergie débordante, par sa logique propre et incompréhensible - dangereux cumul de la pensée féline et féminine - mais plus que tout par son optimisme inébranlable. Quand le froid et la maladie lui faisaient ruminer de noires pensées, qu'il n'avait plus qu'une envie, s'enfermer quelque part et souffrir seul, elle avait été là. Toute petite flamme dans les grands vents de l'hiver, mais à ses yeux la minette brillait comme la torche dont il avait besoin. Non pas le flambeau qu'il devait suivre, ou brandir pour guider les autres. Simplement quelque chose pour éclairer ses propres pas et se réchauffer un peu.
Il appréciait tellement sa présence, sa bienveillance, tout ce qu'elle avait fait pour lui sans même s'en rendre compte et tout ce qu'elle pourrait encore apporter aux autres, à leur monde, à ces rêves fous qu'ils partageaient, eux, un adepte des Sombres Arts et une femme-chat. Oh bien sûr, elle avait été exubérante parfois. Souvent en fait, et il ne comptait plus le nombre de migraines qu'elle lui avait collé...mais ce n'était rien, rien qu'une magnifique démonstration de vitalité et d'espoir.
Catô aimait réellement la compagnie de la jeune Laguz aux grands sourires. Ses voyages étaient devenus infiniment plus agréables, les paysages plus beaux, et les nuits plus douces depuis qu'elle partageait sa route. Entre deux quintes de toux, le Shaman souhaitait ardemment que cette aventure à deux se poursuivre encore.

Alors pourquoi diable se retrouvaient-ils ici, au nom de tout ce qui peut être sacré ?

Peu de temps après le début du printemps, alors que les neiges commençaient à fondre et que quelques routes retrouvaient leur aspect d'antan, Catô s'était écroulé quand une vague sinistre déferla sur le continent. Un mage normal aurait eu un mauvais pressentiment, peut-être un frisson d'appréhension s'il était sensible...mais le survivant n'était pas "un mage normal". Il était un sorcier noir, un magicien de l'occulte qui s'était donné, sacrifié aux arts dont on taisait le véritable nom. Le sortilège, quel qu'il soit, l'avait secoué comme une véritable tempête. Du moins, c'est ainsi qu'il l'avait ressenti, lui le fragile garçon.
Dans les heures qui suivirent, si Catô ne garda qu'une certaine fatigue de ce choc inattendu, l'humeur générale s'écroula en revanche net. Le pays était encore morose d'avoir perdu son roi durant une fête censée être joyeuse, pour réunir les peuples, et l'hiver avait mordu juste après ce drame, mais Daein - comme tout Tellius - avait essayé de garder la tête haute et de continuer sa vie.
Mais quand les premiers cris d'alerte retentirent, le moral et l'espoir s'effacèrent, balayé par l'acharnement d'un vicieux destin. "Les morts se relèvent !" entendait-on crier. "Les morts se relèvent !". Il ne fallut pas longtemps pour qu'on en apprenne plus. Les non-vivants marchaient, errant tous vers un but apparemment commun, mais encore inconnu alors aux simples mortels. Si on leur barrait la route, ils ripostaient. Parfois avec une dangereuse férocité, leur insensibilité post-mortem en faisant de dangereux adversaires. Le pire était que, ceux qui tombaient malheureusement face à cette légion maudite se relevaient à leur tour pour grossir leurs rangs.
Bien évidemment, on commença à se regrouper vers les villes, s'unir face à ces périls qui ne cessaient de s'enchainer contre ce monde misérable, se retrancher.

Catô aurait voulu en faire de même. Mais Khar'a l'avait empêché de l'entraîner vers la cité la plus proche, le tirant au contraire plutôt vers les bois, à sa grande détresse. "Moins de gens veut dire moins de morts !" avait-elle à peu près déclaré avec une relative sagesse. Le Shaman avait tenté de la convaincre que des positions fortifiées seraient plus sûres, mais au final il sentait lui aussi que ça sonnait faux. Si les morts parvenaient à passer, les défenses de l'Humanité deviendrait leur tombeau. Serrés les uns contre les autres, cette...épidémie se répandrait comme une trainée de poudre.
Et...après réflexion, le sorcier ne put se résoudre à se terrer comme un rat. Lui et Khar'a rêvaient d'un monde meilleur, d'un monde où Beorcs et Laguz pourraient vivre main dans la main, se respecter, s'aimer pourquoi pas, et où ils pourraient construire tous ensemble leur avenir sans craindre de pareils événements.
L'héritier Sicarius savait ne pas être le plus puissant ou sage magicien de Tellius, très loin de là...mais cette affaire puait une magie si noire et si puissante qu'il en avait la poitrine serrée. Ou alors c'était la peur. Sans doute un peu des deux. Le monde volait en éclats, et même les lois naturels les plus évidentes étaient remises en question, par une menace sans nom ni visage. Seul un fou serait resté de glace.
Mais il avait Khar'a avec lui, et après lui avoir exposé sa théorie et son plan, il lui avait demandé de l'accompagner pour observer ces fameux morts qui marchent, d'étudier autant que possible de visu l'immonde phénomène.
Il savait que seul, il n'en aurait jamais eu la force physique, et encore moins le courage.

C'est ainsi que, quelques temps plus tard, l'étrange couple errait dans une brumeuse forêt. Le Sicarius avait la respiration sifflante, une main serrée sur sa poitrine qui lui faisait mal, l'autre posée nerveuse sur le tome noire à sa ceinture. Ce contact était un réflexe, la plus évidente des manies, mais Catô ignorait si elle le rassurait ou l'angoissait. Il souhaitait absolument éviter le combat, s'il avait à ouvrir ce livre, c'est qu'ils devraient défendre leurs vies...sans doute au prix d'une autre. Bon, "sois positif !" lui crierait sans doute cette brave Khar'a s'il lui disait le fond de sa pensée, aussi le Shaman devait reconnaître que "tuer" un de ces...mort-vivants ne devraient pas trop le choquer. Enfin, moins qu'un véritable meurtre...et il en connaissait hélas que trop bien le poids.
Mais le vrai problème que son esprit critique ne pouvait ignorait, était la question de l'efficacité. Ses arts surnaturels qui visaient à détruire l'âme et l'esprit, seraient-il seulement capable de causer le moindre dommage à des cadavres réanimés, par le bien d'une magie infiniment plus puissante que la sienne ?
Si non, alors il était inutile. Pire, il était un poids. Sa présence mettait Khar'a en danger...et ça l'angoissait d'autant plus.

Il faillit faire une attaque, et la minette aussi s'il devait en juger sa réaction, lorsque l'un des cadavres ambulants les croisa. Dès qu'il avait réalisé sa présence, Catô avait senti ses veines se glacer. Horrifié, il crut qu'il allait à nouveau tourner de l'oeil lorsqu'il regarda le mort-vivant, et qu'il le sentit. C'était...c'était tout ce qui n'aurait jamais du être. Ce pauvre homme, qui qu'il ait été, aurait du reposer en terre jusqu'à ce que sa chair et ses os ne soient plus que souvenirs lointains. Pas errer, extirpé de son sommeil éternel, à pourrir ainsi sur pieds.
S'il les avait attaqué, Catô ne doutait pas que le zombie les aurait tué. Lui aurait été incapable même de lever les bras pour se protéger. Peut-être Khar'a aurait-elle pu faire quelque chose, peut-être...mais la question resterait fort heureusement sans réponse. Comme ils se figèrent hors de la route du mort-vivant, celui-ci les dépassa, sans même leur accorder un regard.
Ce phénomène laissa l'analytique magicien particulièrement perplexe, et quand il put à nouveau respirer correctement il commença à concevoir des théories. Mais face à un tel mystère, une telle anomalie, son esprit logique souffrait sévèrement.
Ils aperçurent parfois d'autres victimes de la non-vie. Engaillardis par la précédente "rencontre", ils évitèrent de rester sur leur chemin et s'en tirèrent à bon compte à chaque fois, si ce n'est par le profond écoeurement que leur proximité causait, et Catô avait beau réfléchir encore, et encore. Observer, étudier, décomposer. La question restait floue. On aurait dit...des pantins. Tout ce qu'il savait, c'est que quelqu'un devait les commander, et c'était la marque de fabrique de la magie noire.
Autrement dit, il n'avait pas plus avancé...ça vaut le coup de risquer sa vie et celle d'un être cher, hein ?

La tension monta à nouveau d'un cran quand ils entendirent - enfin Khar'a surtout, elle et ses grandes oreilles tellement plus affutées que les siennes - des bruits de combat. Oui, de combat. Pas de bagarre brute et bête d'un non-vivant qui répond presque instinctivement à une agression. C'était un être sensé qui luttait. Probablement.
Curieux de savoir qui pourrait s'aventurer dans un tel lieu, à un tel moment, Catô était partagé entre la peur et l'empressement. Il s'agissait peut-être d'un criminel qui profitait du chaos pour piller, ou d'un barbare sans foi ni loi qui se faisait la main sans craindre aucune justice...mais peut-être était-ce des confrères, d'autres...volontaires qui voulaient faire quelque chose.
Ou pire, d'un malheureux pris au piège dans un cercle vicieux de violence. Ils se hâtèrent de rejoindre la source des bruits, Khar'a les guidant avec une appréciable habilité dans la brume et les bois, bien que Catô trébucha plusieurs fois, se prenant les pieds dans de sournoises racines ou bien son grand manteau s'accrochant dans une branche, jusqu'à ce qu'ils aperçoivent enfin une silhouette. A sa démarche et sa tenue, ce devait être un vivant. Ou alors un mort tout frais, aie.
Vivant confirmé. Il leur avait parlé. C'était un soulagement, jusqu'alors aucun mort n'avait jamais prononcé un véritable mot. Mais aie quand même, il penchait plus vers le barbare que vers le malheureux, s'ils pouvaient en croire ses propos.

Merde quoi, il fallait qu'ils trouvent comment "à peu près" survivre à cette...infestation de zombie, tout ça pour se faire menacer de mort par l'un des leurs ! Foutu destin. La panique recommença à étreindre le magicien qui haletait déjà. Cela dit, il ne sera pas dit qu'il n'aura rien tenté pour calmer le jeu et éviter le combat. Ce n'était peut-être qu'un pauvre type dont les nerfs ont lâché. Par prudence quand même, Catô poussa doucement son amie féline vers l'arrière, l'invitant à reculer prudemment, alors qu'il sentait avec angoisse le contact familier du cuir de son livre magique.
Par tout ce qui peut être sacré, pourvu qu'il n'ait pas à s'en servir...


"Hola l'ami... *kof* on est des vivants, et on ne veut pas se battre *kof* calme toi..."

L'air était encore froid, et la brume n'était pas l'environnement le plus sain à respirer. Mais ce qui faisait vraiment trembler les doigts du shaman et l'empêchait de garder son souffle, c'était la peur. La peur d'être attaqué, la peur qu'ils soient blessés, ou pire.
D'autant que la mort ne semblait plus désormais une fin en soit...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Khar'a Mell
avatarLaguz


Messages : 63
Age : 25
Localisation : All around the world~
Autre Indication : I like dancing
Groupe : Laguz

Feuille de personnage
Niveau:
19/60  (19/60)
Points d\'Expérience:
49/100  (49/100)

MessageSujet: Re: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   Jeu 6 Juil - 22:15

Les oreilles de la minette remuèrent légèrement. Dans ce brouillard, l'ouïe était plus utile à Khar'a que la vue pour s'orienter. Or, elle avait clairement entendu les bruits d'une bataille. Attrapant la manche de Catô, elle se retrancha derrière lui, encore craintive du peuple Beorc malgré le fait qu'elle accompagne l'un d'eux dans ses voyages depuis un certain temps déjà. La moitié d'un hiver en réalité. Elle savait quel faiblesse physique tourmentait le mage, mais elle ne pouvait pas s'en empêcher : le fracas des armes indiquait la présence de Beorcs, et Catô était un Beorc, il était donc le plus indiqué pour négocier. Elle craint à un moment qu'il ne s'agisse de morts vivants, mais les créatures faméliques ne représentaient pas un danger immédiat... Bien que Khar'a l'eut d'abord crut. Elle avait failli mourir de peur lorsqu'ils avaient rencontré un zombie la première fois.

Bientôt cependant, les bruits de bataille s'estompèrent et une voix retentit à travers la brume. Une vois qui sembla étrangement familière à la minette. Plissant ses yeux de chat, elle tenta de percer l'opacité de la brume tandis que Catô prenait la parole pour tenter de convaincre leur interlocuteur et possible agresseur qu'ils n'étaient pas hostiles. Une masse de cheveux rouges, une silhouette dégingandée, un sabre, et une voix familière... Elle se concentra un peu plus. Elle tenait quelque chose... La silhouette approchait encore... Et le souvenir se fraya un chemin dans sa mémoire pour remonter à la surface.

Le souvenir d'une rencontre, plus d'une année auparavant, au pied d'une cascade. Le souvenir d'un homme qui l'avait aidé à oublier la première fois qu'elle avait tué un humain. Dans la vie d'une petite minette dont les contacts étaient réduits au minimum en raison de sa peur des Beorcs, le souvenir de la moindre rencontre était notable, et celle-ci encore plus puisque c'était lors de cette soirée, où elle avait été surprise en pleine danse, nue sous la cascade, qu'elle avait appris à vivre avec le souvenir du sang sur ses mains. Elle arrivait même à se souvenir de son nom...

- Blaze !

Et elle s'écarta de Catô, les bras grands ouverts, pour se jeter sur le rouquin dans une attaque câlin des plus spontanées.

- T'as l'air tout mal en point ! Qu'est-ce qui t'est arrivé !?




« Comment les hommes peuvent-ils être si merveilleux et horribles à la fois ? »
– Khar'a Mell
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatarMarqué


Messages : 298
Age : 21
Localisation : Sur les routes
Autre Indication : Puis-je vous aider?
Groupe : Windwaker

Feuille de personnage
Niveau:
25/60  (25/60)
Points d\'Expérience:
35/100  (35/100)

MessageSujet: Re: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   Dim 9 Juil - 20:19



Ce qui animait l'homme aux cheveux de sang était des plus incompréhensible. Un mélange terriblement malsain de peur, d'instinct de tueur et de logique macabre. Un cadavre est une menace en plus, une personne vivante est un cadavre à en devenir, donc une menace potentielle. Ou plutôt même, à retardement, si jamais ce mal ne connaissait jamais de fin. Un cadavre en morceau en revanche, n'était plus une menace. Alors. Par un passage inexplicable dans l'esprit brisé du bretteur, mettre en morceau les vivants étaient une manière de s'assurer qu'ils ne rejoindraient jamais l'armée des morts. Au début, cela l'avait révulsé de transformer en spectacle immonde les corps des tombés. Puis, il avait arrêté de réfléchir, son cerveau, ou ce qu'il en restait, agissait par automatisme. Ceci marqua la fin de ce qui lui donnait vie : l'espoir. Vivre sans, ce n'est pas vivre du tout.

Alors l'homme voyait devant lui deux vivants. Deux morts à en devenir. Alors les tuer, ce n'était pas ce qui l'animait. Les mettre en morceaux pour les empêcher de nuire quand ils mourront. Et s'ils mourraient durant le processus me diriez vous? C'était trop réfléchir pour un humain ayant manqué de sommeil, de nourriture et surtout, de but. Son alliance au désert était désormais rompu, et sans cette direction, bien vite il s'est perdu. Se cantonner à son désert l'aurait certainement sauvé du destin tragique qu'il prenait. Car le but qu'il s'était fixé était inatteignable. On n'arrête pas les morts. On fait juste ce que l'on peut pour survivre...

Alors comment me direz-vous. Comment cette Laguz qui venait de lui sauter dans les bras pourrait le sauver? Eh bien, ce qui défait un homme, peut aussi le refaire. Ce qui brûlait avec hargne dans les yeux de Khar'a, c'était l'espoir. La vie, la chaleur, tout ce qui pouvait rappeler que tant qu'un cœur bat, il y a de la vie. Et tant qu'il y a de la vie. Il y a de l'espoir. Ainsi, même d'un feu éteint, les braises peuvent ranimer la flamme.
Le bretteur s'immobilisa au contact de la Laguz, malgré ses jambes qui tentaient de pousser pour avancer. Ils échangèrent brièvement un regard, avant qu'il puisse formuler quelque chose.

"Je... Connais ton visage." dit-il en laissant son épée s'écraser dans la boue, levant doucement sa main pour la passer sur la joue de la fille. Son bras tomba, las et à court de force. Il se recula, comme s'il venait de subir un choc qui l'avait retourné l'estomac. Son souffle se calma et son regard devint terriblement fuyant, regardant le sol frénétiquement de droite à gauche, en pleine panique.

"Tu... hantais mes rêves, puis mes cauchemars... Combien de fois je t'ai vu mourir aux mains de ces morts..."



Il recula d'un autre pas, celui-ci encore plus tremblant et fébrile que le dernier. Il y a longtemps, il rêvait d'elle, revivant cette soirée qu'il avait passé avec elle et imaginant celles à venir. Puis... Les morts s'étaient réveillés, et la peur l'avait dévoré. Ce n'était pas la peur de mourir, ni celle de voir l'humanité être réduite en cendres... Pour une des rares fois dans sa vie, Blaze avait laissé son cœur dicté ce pourquoi il devait avoir peur. Il avait peur, pour elle. Au lieu d'affronter ces cadavres, il les avait fuit pour la retrouver, mais chaque jour, des cauchemars horribles de la Laguz se faisait attaquer par les horreurs qu'il avait observé l'hantait. Ces visions horrifiques, et l'espoir de la retrouver qui s'amenuisait de jour en jour, l'avait doucement amener à faire le funambule sur la dangereuse ligne de la folie. Risquant de sombrer à chaque pas et avec aucune fin en vue... La fin semblait s'être annoncé, et pourtant, il avait désormais les pieds sur la terre ferme à nouveau. Les ténèbres laissèrent place à la lumière, et ce n'est qu'en se retournant qu'il pouvait comprendre l'horreur de ce qu'il venait de faire, et de ce qu'il avait déjà commit.

"Mais tu... *snif* tu es en vie..." Loué soit Yune? Ashera? Peu lui importait. Elle était la, devant ses yeux. Et par dessus tout vivante... Des flots de larme chaude se mirent à couler de ses joues, lavant doucement le sang et la poussière pour révéler un peu mieux son visage. Ses sanglots étaient assez pour le mettre à terre. Passant sa main pour essuyer un torrent qui ne semblait pas vouloir s'arrêter, il releva sa tête et dégagea les cheveux de son visage, révélant un sourire unique. Mélangé par les larmes, l'expression d'un bonheur intarissable pouvait s'y lire malgré toute la douleur exprimé par son visage.

"Je suis si *snif* heureux. *sob* C'est... bon de te revoir. Khar'a." Combien de fois avait-il rêvé de prononcer cette phrase? Il essuya tout de même une dernière fois son visage mais les sanglots ne semblaient visiblement pas prêt à se tarir. Son regard se porta sur l'homme à la robe noire. Il tenta de s'avancer un peu plus pour que sa voix puisse porter aux deux personnes, malgré le fait qu'elle se meurt dans sa gorge.

"Que faites-vous ici? Vous seriez tout les deux plus à l'abri dans une ville..." Il lâcha un soupir pour essayer de s'alléger des émotions qui le submergeait, il regarda avec dégoût son épée au sol avant de la reprendre et de l'essuyer difficilement, étant lui même horriblement sale de sa dernière action. Une fois rangé, il se sentit soudainement horriblement lourd. La fatigue? Une nouvelle peur? Ou ses pêchées...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatarBeorc


Messages : 96

Feuille de personnage
Niveau:
17/60  (17/60)
Points d\'Expérience:
72/100  (72/100)

MessageSujet: Re: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   Jeu 13 Juil - 12:48

L'homme paraissait totalement perdu. S'il ne leur avait pas parlé, Catô aurait probablement pu le confondre avec un de ces mort-vivants. En plus, si on réfléchissait bien, rien ne garantissait que ces choses ne pouvaient pas parler juste parce qu'aucun ne l'avait fait jusqu'à maintenant. Et s'ils y en avaient plusieurs catégories ? Ou qu'il y avait plusieurs sorciers, avec plusieurs buts ? Sans avoir de preuve fiable que ce type était de leur côté, le mage noir angoissait à l'idée de le laisser approcher. Il allait même suggérer à Khar'a de reculer, de garder leurs distances, quan la minette - dans son éternelle prudence - sauta carrément au cou de l'épéiste. En la voyant se suicider avec un tel entrain, le jeune sorcier crut faire une attaque, la dévisageant bouche bée et figé, tétanisé par la frayeur qu'elle venait de lui faire alors que son sang paraissait geler dans ses veines.

Mais bon sang de bonsoir mais quelle tarée ! Heureusement que le type en face parut aussi stupéfait que lui, avant de la reconnaître, le faisant passer d'un pseudo-zombie à un pauvre gars qui paraissait sortir d'un cauchemar, pendant que Catô, voyant qu'il n'y avait aucun danger de sa part, prenait appui sur un arbre pour ne pas s'écrouler, les jambes tremblantes et le souffle court. Trop d'émotions d'un coup, et trop fortes. c'était trop pour sa constitution fragile.
Au moins eut-il le temps de voir le bonheur, le soulagement sur le visage du rouquin, qui finit par rebrancher ses neurones et leur demanda ce qu'ils faisaient là avant d'aller récupérer son arme. Encore à deux doigts de l'asphyxie, le sorcier sentit un frisson d'appréhension le saisir lorsque ce "Blaze" nettoyait sa lame. Il n'avait pas l'air bien sain d'esprit, et il s'inquiétait pour Khar'a.
D'autant qu'il se sentait un peu de trop. Au vu de sa réaction, il ne considérait pas la minette que comme une simple amie, même s'il le comprenait bien. Quant à ce qu'en pensait Khar'a...aucune idée. Cela faisait un moment que le magicien essayait autant que possible d'éviter de tenter de comprendre son raisonnement.
La respiration encore sifflante, peinant à se reprendre dans cette atmosphère putride, Catô fut tenté de leur proposer de leur laisser un peu de temps, pour fêter leurs retrouvailles tous les deux...mais autant l'idée lui serrait le coeur - et bon sang que c'était pas le moment - autant ce n'était pas le bon endroit pour les réjouissances.
Quand il arriva enfin à marcher sans son arbre, il fit quelques pas pour les rejoindre, n'aimant pas parler à longue distance aux gens, bien qu'il se tint encore la poitrine.


"C'est ce qu'on s'était dit *kof* au début...mais je ne pouvais pas rester sans *kof* sans rien faire...pas avec ce...ça une quinte de toux plus violente l'obligea à s'arrêter. L'air était vicié ici, chargé par la brume et par le sang, il lui irritait la gorge et l'empêchait de reprendre son souffle "Je suis Shaman *kof*, on pensait qu'en observant ces choses de plus près on...on trouverait quelque chose à faire.."

C'était juste impensable pour eux deux, qui rêvaient d'un avenir meilleur, de rester à se cacher pendant que tant de gens risquaient de mourir et que les règles de la nature se bouleversaient. Et si ça durait ? Et si après avoir accompli ce qu'ils étaient visiblement appelés à faire, les morts se répandaient sur tout Tellius ? Ils n'auraient pas l'opportunité de répondre à la menace à ce moment là, s'ils devaient agir, c'était maintenant.
C'est ce que Catô aurait voulu dire, mais il était concentré à inspirer suffisamment d'air pour ne pas s'évanouir. Il avait beau être un mage noir, qui avait essayé de se documenter sur la nécromancie à une époque...tout ça dépassait infiniment ses compétences, mais il refusait de se laissait abattre pour autant.
Cela dit, il commençait à se demander à quoi il serait utile une fois crevé au milieu des bois. Ils auraient certainement mieux fait de foncer à une bibliothèque - enfin, lui y serait allé, et Khar'a aurait gambadé dans un parc - pour se documenter. Mais au moins, il avait vu de ses propres yeux ce qui se passait ici.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Khar'a Mell
avatarLaguz


Messages : 63
Age : 25
Localisation : All around the world~
Autre Indication : I like dancing
Groupe : Laguz

Feuille de personnage
Niveau:
19/60  (19/60)
Points d\'Expérience:
49/100  (49/100)

MessageSujet: Re: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   Lun 31 Juil - 16:47

Maintenant qu'elle était proche de Blaze, elle pouvait réellement constater l'état pitoyable dans lequel il se trouvait. Couvert de sang, épuisé, en larmes même... Il semblait au bord de la folie, et quand elle se souvenait de leur dernière rencontre elle se demandait comment il avait bien pu en arriver là. Les sourcils froncés, elle attrapa un pan de sa robe qu'elle déchira et tendit au bretteur pour qu'il puisse essuyer en partie la crasse sur son visage. Sans compter l'épée pleine de sang, et la masse informe et puant la mort qui se tenait derrière lui, dissimulée en partie par la brume. Elle en eut la nausée.

Quelque chose clochait réellement avec le bretteur, mais il n'était pas le seul à se sentir mal à présent.

Catô l'inquiétait aussi, il ne pouvait pas prononcer une phrase sans se mettre à tousser. Voila donc une minette chargée de s'occuper de deux malades... Le cœur serré, Khar'a s'empara du sac de voyage du shamane pour y prélever une outre d'eau qu'elle lui tendit dans un geste brusque.

- Bois ça, avant d'être vraiment malade.

Elle les saisit tout les deux par le bras, pressée de s'éloigner de ce lieux sordide et empoisonné. Même elle, elle sentait sa gorge s'irriter de plus en plus. Elle n'attendit pas plus pour les entraîner plus loin, espérant que s'éloigner des cadavres - bon dieu elle en avait la nausée - les aideraient à se calmer tous autant qu'ils étaient.

- A vrai dire, je me faisais plutôt la réflexion que village égale cimetière, et cimetière égale encore plus de morts. et puis...

Elle frissonna. Malgré le temps qu'elle avait passé à voyager avec Catô, qu'elle appréciait beaucoup et qui partageait sa volonté d'un monde meilleur, malgré les quelques fois où il avait réussi à la trainer en ville, en particulier pour renouveler ses provisions et ses réserves d'eau puisqu'il était incapable de chasser comme elle, elle restait craintive à l'égard des Beorcs... Morts ou vifs.




« Comment les hommes peuvent-ils être si merveilleux et horribles à la fois ? »
– Khar'a Mell
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatarMarqué


Messages : 298
Age : 21
Localisation : Sur les routes
Autre Indication : Puis-je vous aider?
Groupe : Windwaker

Feuille de personnage
Niveau:
25/60  (25/60)
Points d\'Expérience:
35/100  (35/100)

MessageSujet: Re: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   Sam 5 Aoû - 21:03




Le bretteur peinait pour se tenir debout, encore en proie à des émotions se livrant bataille en lui. Toutefois, la voix de l'homme en robe noir le tira de son conflit. Pour l'instant, la vision de Khar'a revenait à regarder le Soleil directement. La lumière, enfin, mais terriblement brûlante. Il avait l'impression qu'une pellicule sur sa peau prenait feu. En tout cas, l'homme s'identifia comme un shaman, et avec une maladie lui rongeant la voix en tout cas. Sa toux semblait terrible et pénible. Du moins, il avait une réponse tangible, étant un artiste des arcanes, ce genre d'évènement allait logiquement attiré son attention. A quelle fin, cela ne le regardait que lui. Blaze hocha faiblement la tête.

"Je... comprends."



Y faire quelque chose... Peut-être qu'il aurait en effet pu faire plus que se cacher et survivre pour retrouver une personne... Il avait le pouvoir, certes, un peu. Mais ce n'était pas une raison pour ne pas le mettre à la disposition des nécessiteux? Avait-il le droit de garder vulgairement la puissance de Kaze pour lui? Sa chasse à Khar'a lui semblait désormais si pathétique et si égoïste... Pourtant, ce n'était ni le moment de s'apitoyer ou de regretter, c'était trop tard, bien trop tard. La Laguz lui tendit un morceau de tissu venant de sa robe, visiblement pour qu'il s'essuie avec le temps qu'elle rejoigne le Shaman... En le passant sur son visage, le pan de robe devint rapidement rouge de sang, mouillé de sueur et de larme et teinté par de la poussière et de la saleté.

D'un bref coup d'œil dans une flaque d'eau, le bretteur voyait à nouveau son visage... Fatigué, mais toujours le même. Un bouc léger sur le bas du menton, la petite cicatrice au niveau du nez, le bleu de ses yeux. Il était toujours Blaze, même après tout ça. Il se risqua à regarde la Laguz. Elle aussi était affectée par les horreurs, cela se voyait sur son visage tant elle avait du mal à soutenir l'épaisseur de la mort. Mais ses mots avaient du sens et malgré la dureté de la situation, elle s'occupait toujours des autres du mieux qu'elle pouvait. Soudainement, elle lui prit le bras... Le mauvais bras. Une douleur si forte lui arracha un cri aiguë de souffrance alors qu'il se dégagea brusquement avant de tenir son bras qui semblait comme brûler de l'intérieur. Il pouvait sentir dans ses tempes le sang monter et descendre de son cerveau pour s'enflammer dans son bras.

"A... Attend."



Blaze se retourna et regarda une dernière fois le corps avant de formuler une brève formule en langue ancienne. Passant sa main sur les yeux du mort, ce dernier sembla plus calme... Un calme absolu même. Il ne s'attarda pas plus longtemps et revint à côté de Khar'a pour suivre le Shaman avec un pas pressant pour fuir cet endroit. Ce n'est qu'en se rapprochant de lui qu'il réalisa à quel point il était physiquement faible. Etait-ce une quelconque maladie? L'air putride lui ferait un tel effet? Dans tout les cas, Blaze lui tendit un petit mouchoir propre avec un design fait pour le mettre sur le visage et filtrer un minimum l'air.

"Si tu... ne te sens pas bien, je peux te donner un appui... Je m'appelle Blaze. J'ai rencontré Khar'a il y a longtemps, et les amis de mes amis sont mes amis."



Il indiqua qu'il n'avait qu'à tendre la main pour prendre appui sur lui avant de se concentrer sur la Laguz, il ne savait pas où aller, mais la suivre semblait déjà la meilleure chose à faire. Si ce Beorc aidait Khar'a, alors il avait l'obligation de le traiter comme elle. Le bretteur avait parcouru les enfers, laisser tant mourir par son inaction juste pour la retrouver qu'il était hors de question de se montrer avide en aide. Bien que la fatigue semblait déjà le mettre au plus mal, la constitution de Blaze cachait une endurance puissante, les constants voyages dans le désert de son enfance lui ayant fourni la force de continuer là où le corps ne voulait que s'arrêter.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatarBeorc


Messages : 96

Feuille de personnage
Niveau:
17/60  (17/60)
Points d\'Expérience:
72/100  (72/100)

MessageSujet: Re: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   Jeu 10 Aoû - 0:52

Et mince...s'il n'avait jamais été un colosse indestructible, Catô regrettait toutefois d'être devenu à ce point fragile, triste prix à assumer au quotidien de la folie de ses jeunes années, et de son désir de vengeance, attisé par ses sombres arts. Alors qu'il s'étouffait à moitié sans raison, voilà que la minette qui l'accompagnait lui tendait de quoi boire pour faire passer la toux, et que le rouquin - prétendument l'ami apparemment schizo' de la féline - venait lui apporter un mouchoir, qu'il refusa d'un geste de la main.

"Urf...ça...ça ira, merci. J'ai l'habitude... essaya d'assurer le shaman, en sortant le propre bout d'étoffe destiné à couvrir sa toux tu devrais plutôt *kof* t'inquiéter pour toi, l'ami."

Il refusa aussi la main qui lui était offerte. Il était faible, vulnérable physiquement, en dépit du fait qu'il se savait probablement apte à ôter la vie de la plupart des hommes d'une seule phrase, mais le dernier Sicarius avait tout de même sa fierté, et en avait assez d'être toujours le pauvre petit gars à protéger.

"Je te remercie de ta prévenance, *kof* mais tu devrais plutôt te soucier de toi-même...que fais-tu ici, dans cet état ?"

Après tout, que faisait un épéiste dans une telle situation ? Avait-il été surpris par les zombies ? Auquel cas, il avait peut-être été blessé et représentait malgré lui une menace ? Catô n'aimait pas ça, mais il ne parvenait pas à se résoudre à relâcher son attention. Il ignorait tout des mort-vivants, s'ils étaient contagieux, s'ils ne relevaient que les morts, et tout le reste. C'est pourquoi il était venu sur le terrain, pour les étudier. Il toussa encore.

"Néanmoins...on devrait peut-être filer...je ne pense pas qu'on trouvera grand chose ici..."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Khar'a Mell
avatarLaguz


Messages : 63
Age : 25
Localisation : All around the world~
Autre Indication : I like dancing
Groupe : Laguz

Feuille de personnage
Niveau:
19/60  (19/60)
Points d\'Expérience:
49/100  (49/100)

MessageSujet: Re: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   Mer 30 Aoû - 15:53

En observant ses deux amis, la minette ne put que se faire la réflexion que l'entente n'allait pas forcément être évidente. Blaze avait visiblement beaucoup changé. Elle se souvenait un peu de la première fois qu'elle l'avait rencontré, il avait été un jeune homme traumatisé comme elle, et ils avaient pu parler de leurs soucis et les exorciser en quelque sortes... Visiblement, elle s'en était mieux sortie que lui. Au moins, il avait accepté qu'elle lui donne un tissu pour se débarbouiller un peu. Bah voila ! Il avait déjà plus figure humaine, débarrassé de la crasse qui le souillait. En revanche, elle ne s'attendant pas à ce qu'il réagisse aussi vivement lorsqu'elle lui saisit le bras. Une vive bouffée d'inquiétude la saisit.

- Oups ! Qu'est-ce qui t'arrive, tu as mal ? Tu as besoin de soins ? Quelqu'un t'a blessé ?

Cela aurait eu le mérite d'expliquer le cadavre dont elle avait entraperçu la forme... Si Blaze s'était défendu face à un agresseur, nul doute qu'il avait été blessé dans le processus. Oui, cela devait être ça...

Cato commençait à réellement l'inquiéter aussi. Il toussait de plus en plus, et la féline ne pouvait pas s'empêcher de penser que l'air vicié y était pour quelque chose. Elle s’efforçait de respirer par petites bouffées, mais l'odeur la prenait toujours à la gorge et elle en avait la nausée.

- Tu as raison, partons d'ici. On regardera le bras de Blaze une fois hors de ce brouillard malsain. Et on pourras faire quelque chose pour ta toux aussi.

Cette fois-ci, Khar'a fit bien attention de ne pas saisir le bras blessé du bretteur. Son autre main se saisissant de celle du shaman, elle les entraina tout deux plus loin, cherchant à s'éloigner de la zone putride. Ce ne fut que lorsqu'elle parvint enfin à inspirer de grandes goulées d'air pur qu'elle consentit enfin à s'arrêter et à lâcher ses deux amis.

- Nous ferions mieux de nous reposer. Trouver un coin d'eau pour se laver, je chasserais quelque chose si vous avez faim...




« Comment les hommes peuvent-ils être si merveilleux et horribles à la fois ? »
– Khar'a Mell
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatarMarqué


Messages : 298
Age : 21
Localisation : Sur les routes
Autre Indication : Puis-je vous aider?
Groupe : Windwaker

Feuille de personnage
Niveau:
25/60  (25/60)
Points d\'Expérience:
35/100  (35/100)

MessageSujet: Re: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   Mer 13 Sep - 4:18




La gentillesse de Khar’a n’avait ainsi pas changé d’un poil. Bien. C’était très rassurant. Le shaman refusa mon aide, il semblait déjà habitué à ses tourments et à sa maladie. Mais le fait qu’il retourne ses inquiétudes sur moi me laissa un bref instant pensif. Qu’est-ce que je faisais ici dans cet état ? Faisait-il référence au but que je m’étais fixé ou au cadavre que j’avais laissé derrière moi ? … Le silence fut ma réponse alors que je regardais mes pieds. Tout du moins, nous étions d’accord sur un pot, il fallait partir, et vite.
Se faire tirer par quelqu’un avait une connotation à double sens pour moi : D’un côté, c’était laisser ma liberté et mon libre arbitre entre les mains de quelqu’un d’autres. Mais c’était aussi accepter de faire confiance aveugle à quelqu’un, pour le meilleur comme pour le pire. Après une brève marche, l’air sembla… plus fin, plus respirable, moins opaque. Le simple fait de prendre de grandes bouffées d’air était divin et lavait mes pensées. Khar’a lâcha ma main, même si j’aurais aimé qu’elle la tienne plus longtemps… D’un hochement de tête, je tourna sur moi-même pour nous repérer, observant les arbres, la terre, n’importe quel signe pour trouver un coin d’eau. Hélas les signes étaient faibles, mais tout de même présent. Certainement un petit cours de rivière. On s’en contentera je suppose.


« Suivez-moi. »
Encore une dizaine de minute de marche et une zone dégagée avec une petite ligne d’eau qui la traversait apparut. L’eau était peu profonde, et la rivière n’était pas très large, juste assez pour qu’un humain s’allonge dessus, le tout sans couler. Le bruit de l’eau me fit ressentir à quel point ma gorge était sèche. Dans un lourd bruit d’acier, je me débarrassa de tout ce que j’avais, au lieu de m’alléger, cela m’alourdit, m’amenant à mes genoux. Tout était lourd, mes vêtements m’emprisonnaient et me serraient, m’obligeant à les retirer nerveusement. Une fois le manteau de cuir et la chemise retiré, j’arracha mes bandages. De l’eau. Par pitié de l’eau.


Si on observait Blaze d’un œil extérieur, on pouvait remarquer, par ordre du plus évident au moins, son bras blessé : Semblable à ces rares survivants qui se sont fait foudroyés, une sorte de marque de flamme ayant consumé le bras depuis l’intérieur apparaissait comme bien plus foncé que la couleur naturelle de la peau du bretteur. Ensuite, c’était les nombreuses plaies, certaines encore ouvertes, d’autres cicatrisant lentement et le pire, celle qui suppurait dans leurs bandages. Ensuite, l’œil aguerrit remarquera les marques des lanières de cuir au niveau de son épaule et de ses hanches, indiquant le port d’arme. On voyait également la différence de couleur entre les cheveux actuels de Blaze et ceux de sa racine, d’un rouge bien plus flamboyant que la terne et morbide gris rouge dû à la poussière, le sang et la sueur.
De l’eau ! Le contact de cette dernière sur ma main, même glacé, m’envoya un frisson de bonheur. Le contact sur mon visage était incroyablement agréable, j’en profita pour passer de l’eau sur tout mon corps, appréciant chaque seconde de cette renaissance dans la fraicheur. Une sorte de moment de clarté se dessina, où aucune pensée ne me perturbait. Mais je n’étais pas seul et ce genre de moment était réservé à ma solitude sur les routes. Je lava mes cheveux qui semblaient noircir l'eau rien qu'à leur contact, doucement, leur éclat rougeoyant réapparut. Ce coup de fouet frais raviva mes forces, assez pour que je me relève et continue de préparer le campement. Seulement après je pourrais me reposer.


« Je vais chercher du bois pour faire un feu. J'en ai pas pour longtemps. »
Réunir le bois était une excuse pour me donner un peu de temps seul afin de me sentir mieux. La brise sur ma peau mouillé, le froid, le bois entre ma main.  Il ne m’a fallu que quelques minutes pour revenir avec quelques branches relativement sèches. Indiquant un petit sourire à mes deux compagnons, le bois atterrit dans le cercle de pierre. Il ne me manquait que mon épée et mon herbe séché. Effectivement, avec un temps pareil, le plus dur est de démarrer un feu, alors j’ai pris l’habitude de récupérer de l’herbe mouillé et de la laisser sécher dans un compartiment de ma pochette de voyage. Bloquant mon épée contre moi, je sortis une petite pierre et commença à la passer dans un geste vif et brusque sur le bord de la pointe de la lame. Cette pierre se nomme « L’étincellite » parmi les gens du voyage. Je ne connaissais pas son vrai nom, mais celui-ci convenait parfaitement. La pierre laissait des longues gerbes d’étincelles. Soudainement, le feu prit. Doucement, m’obligeant à souffler dessus. Le petit trait de fumée noir indiqua le succès, et en l’espace de quelques instants, un petit feu de camp nous fournîmes de la chaleur.


« C’est bon de voir des personnes en vie. Pendant cette dernière semaine, mes rencontres se sont résumés à des cadavres et à des bandits… Et les deux des fois. »
Certains bandits avaient tournés leurs vestes et protégeaient le mieux possible les villages, ce qui m’avait donné de l’espoir en l’humain. Mais beaucoup profitaient du chaos pour faire pire que les simples bandits. Ce voyage était supposé m’aider à avoir de nouvelles perspectives, et mieux comprendre les Beorcs comme les Laguzs. Je n’ai trouvé que plus de poussières, plus de colère, plus de déception. Posant ma main sur ma tête pour me ressaisir, j’eus soudain un éclair. Et si je… Non ! C’est impossible ! Vite ! Mon sac ! Ouf… Elle était là. Dans un énorme soupir de soulagement, je sorti un sac de cuir qui semblait contenir quelque chose.


« Tiens Khar’a. Je l’ai gardé pour le jour où on se révérait, j’espère que ça te plaira. »
La sacoche de cuir contenait une petite statue de bois faite par mes soins. Avec du temps, beaucoup d’essaies, et du temps à perdre dans les nuits sur la route. Il s’agissait d’un Laguz et d’un Beorc se serrant la main. Enfantin, je sais, mais c’était une vision qui me réconfortait. Alors j’ai essayé de la mettre sur du bois. Soudainement, je réalisais que je laissais le Shaman de côté, et que c’était malpoli.
« Tu es Shaman donc, je ne crois pas avoir saisis ton nom en revanche… Désolé si je coupe directement dans le vif du sujet, mais tu sais quoique ce soit sur ces… choses. »
Je n’arrivais pas à retirer leurs visages de mon esprit. Malgré mon sourire apparent et ce changement d’humeur, j’avais peur, de ces choses et surtout de ce qu’elles m’ont forcés à faire… Mais être assis autour de ce feu, un peu plus propre, sans mes épées autour de moi comme un maniaque qui attend de se faire sauter dessus par un monstre sauvage. C'était... agréable.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatarBeorc


Messages : 96

Feuille de personnage
Niveau:
17/60  (17/60)
Points d\'Expérience:
72/100  (72/100)

MessageSujet: Re: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   Lun 25 Sep - 15:24

De par sa nature calme et son profil modeste, Catô n'était pas quelqu'un de très attaché à l'orgueil. Avec sa santé fragile, le jeune sorcier avait fini par accepter l'idée d'être aidé et soutenu par les autres, d'être celui qu'on protège et qu'on soigne. Avec le temps, le prodige se demandait même si une telle méthode n'était pas préférable en vérité à celle de la "virilité et des muscles", puisque l'échange de service et de bonnes intentions se faisait honnêtement, sur la base de véritables dévotions à autrui.
Mais cela ne l'empêchait de se sentir encore mal à l'aise quand il avait le sentiment d'être un boulet.

Toussant et crachant, faible sur ses jambes maigrelettes, le Shaman frissonnait sous le froid qui l'envahissait en suivant péniblement ses compagnons, regrettant sa fragilité qui les ralentissait. Puis ils finirent par trouver un lieu où camper et ils s'installèrent comme ils pouvaient, Catô se laissant rapidement hélas tomber sur une souche, un mouchoir sur la bouche, toussant à en avoir les larmes aux yeux.
Sa respiration sifflante commençait à se calmer quand le rouquin, ce Blaze, revenait s'extasier d'un sincère bonheur de revoir Khar'a en bonne santé. S'il ne connaissait pas l'épéiste, le sorcier comprenait parfaitement son sentiment vis à vis de la Laguz. Il s'étonna toutefois en le voyant offrir à la minette une statuette de bois, son allure grossière et le semblant de fierté que sembla en tirer le bretteur trahissait l'origine de la sculpture, et fit sourire le shaman. La féline avait-elle le don d'attirer les amateurs de bois ?
Puis, ce Blaze se tourna vers lui, récapitulant ce qu'il avait compris de lui avant de lui demander plus ou moins subtilement son nom. Catô ne savait plus s'il l'avait dit, il en doutait à vrai dire, mais le bretteur s'inquiétait lui aussi de la situation et voulait en savoir plus.


"Je me nomme Catô Sicarius, et hélas...kof...je ne sais pas grand chose sur ces créatures..."

Le magicien se rembrunit et se massa la gorge. Sa voix était encore faible, et parler lui piquait le fond du gosier, quelle misère de ne même pas pouvoir se promener dans la forêt sans finir en carafe...bonjour le cliché du mage.

"Mais de ce que j'ai pu voir...je pense qu'ils sont dirigés...ou quelque chose du genre. Si on ne reste pas...kof...devant eux, ils nous ignorent."

Il se couvrit la bouche de son mouchoir, crachant ses poumons dedans avec peine alors qu'il se creusait la tête, regrettant de ne pas avoir de l'air frais et une tasse de thé bien chaude pour réfléchir. D'une main tremblante, il attrapa un bâton à portée et essaya de dessiner grossièrement dans la terre pour clarifier sa pensée. Il ne s'encombra pas de détails, et résuma la carte du monde à des ronds et des croix.

"Je pense ça...car ils vont dans la même direction. Par-là... il tapota le sud de Daein, vers Begnion, l'air grave. En vérité, il était fatigué "J'ignore pourquoi...mais ils ont l'air de partir vers Begnion...du moins, de ce que j'ai pu observer...kof kof !"

Le shaman se tut quelques secondes pour reprendre le contrôle de sa respiration chaotique. Puis il tapota sa carte, histoire de faire quelque chose, de ne pas rester inactif.

"Et qui que soit leur maître...il possède un pouvoir jamais-vu il jeta un regard soucieux et légèrement voilé à ses camarades d'infortunes, puis baissa le ton j'ai étudié un peu...la nécromancie. Et si je ne puis même pas relever une pauvre souris, je connais toutefois le prix à payer...kof kof...si c'est bien un seul homme qui a relevé autant de cadavres, sur une telle distance, alors il est sans doute le sorcier le plus puissant et malfaisant de l'histoire..."

Une violente quinte de toux le réduisit au silence, son mouchoir se teintant d'un peu de sang alors qu'il s'étouffait dans son épuisement et l'anxiété. La magie noire était coûteuse, éreintante, et plus les sortilèges possédaient une éthique discutable, plus le coût à payer, en vie ou en pouvoir, était écrasant. Il n'osait pas imaginer les sacrifices auxquels s'était livré le lanceur de ce sort de masse...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Khar'a Mell
avatarLaguz


Messages : 63
Age : 25
Localisation : All around the world~
Autre Indication : I like dancing
Groupe : Laguz

Feuille de personnage
Niveau:
19/60  (19/60)
Points d\'Expérience:
49/100  (49/100)

MessageSujet: Re: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   Lun 25 Sep - 21:20

Pour Khar'a, une chose était parfaitement claire : Elle était probablement la plus vaillante de leur petit groupe. Lorsque Blaze se dévêtit pour se laver à la rivière, elle hésita entre deux réactions : La gêne de voir un homme nu, et l'horreur de voir un homme en si mauvais état. Mais il se lavait, et elle n'était pas guérisseuse... Autant dire qu'elle ne pouvait pas faire grand chose. Pour Catô non plus d'ailleurs. En faite, le seul truc qu'elle pouvais faire, c'était tenter de leur trouver un truc à manger pour qu'ils reprennent des forces... Alors tandis que Catô s'installait et que Blaze s'en allait chercher du bois, elle se dit qu'elle pourrait bien essayer de pêcher quelque chose. S'approchant donc à son tour de la rivière, elle ne put s'empêcher de froncer le nez lorsque l'odeur de crasse, de sueur et de maladie que dégageaient les frusques du bretteur l'assaillit.

- Il serait plus qu'urgent de nettoyer tout ça... Brrr, et dire qu'on nous traite de sauvages.

gloussant à sa propre remarque, la féline prit le temps de se changer en chatte avant de se pencher sur le cours d'eau, sa queue noire remuant au dessus d'elle, ses yeux scrutant le courant. A l'affut, ses oreilles remuaient parfois lorsqu'un animal faisait craquer une branche ou que Catô bougeait non loin... Puis elle tendit la patte, toutes griffes dehors, dans un geste si vif que peu auraient pu le voir. Un poisson de belle taille vola jusqu'à la terre où il fit "trempette" quelques fois avant de tomber, a bout de forces, dans l'herbe. Elle l'acheva d'un coup de griffes avant de repartir à la pêche.

Lorsqu'elle eut ainsi obtenu trois beaux poissons, elle les prit entre ses crocs pour les ramener près du feu de camp que Blaze commençait à allumer. Le poisson avait l'avantage de ne pas devoir être dépecé avant d'être mangé. Plantez le simplement sur un pic, mettez le au dessus d'une flamme et il cuit ! Magie ! Encore que le poisson cru, c'est bon aussi... Mais elle doutait que ses deux amis ne pensent comme elle sur ce sujet, aussi reprit-elle sa forme humaine pour ramasser trois bâtons assez longs. Elle s'installait aux cotés de Catô pour en retirer l'écorce lorsque Blaze lui tendit un objet.

Déposant ses bâtons, Khar'a récupéra le mystérieux cadeaux entre ses doigts et le regarda avec attention. Il s'agissait d'une petite statuette de bois, taillée grossièrement. Elle reconnaissait deux personnages, l'un avec des oreilles pointues et une queue, et l'autre sans aucun de ces attributs, se tenant par la main. Enfin, il fallait faire preuve d'imagination hein... Mais le symbole était là, et la Laguz se sentit très touchée par le cadeau.

- Merci... Elle me plait beaucoup.

Un léger sourire, un peu nostalgique, étira les lèvres de l’adolescente. Elle n'avait pas encore un souvenir très précis du jour où elle avait rencontré Blaze, mais elle se souvenait avoir un peu parlé avec lui de son désir de voir Laguz et Beorcs cohabiter dans la paix. Le fait qu'il s'en fut souvenu la touchait, et plus encore qu'il ait pris le temps de lui tailler ce cadeau alors qu'il n'était visiblement pas un artisan. Chacune de ces entailles, chacune des formes de la petite statuette représentait un instant où Blaze avait taillé dans le bois, certainement assis au bord d'un feu de camp comme celui qu'il venait de leur allumer, et où il avait pensé à ce rêve un peu fou qu'ils avaient mis en commun ce soir où ils s'étaient mutuellement soutenus. Emue, elle glissa la statuette dans sa poche pour reprendre l’écorçage de ses bâtons.

Alors qu'elle se remettait au travail, elle écoutait la conversation entre ses deux amis. Le ton maladif du Shaman, ses quintes de toux... Tout cela l'inquiétait. La dernière fois qu'elle l'avait vu aussi mal en point, ils étaient tout les deux en train de mourir de froid, et même alors il ne toussait pas autant. Il y avait décidément quelque chose de vicié dans l'air, qui l'avait très certainement rendu malade. Dès qu'il se serait un peu reposé, elle insisterait pour qu'ils sortent de cette forêt. Elle se sentait coupable de l'y avoir entrainé... Mais elle ne voulait pas trainer près des villages, où il y avait des cimetières, alors que les morts se relevaient de partout. Déjà que les Beorcs normaux l'inquiétaient encore, alors des Beorcs morts... C'était même pas la peine. Mais s'il fallait quelques nuits dans une auberge pour que le mage noir retrouve de son aplomb, et bien elle prendrait sur elle...

- Et voila !

Toute à ses pensées, elle venait de planter le dernier poisson sur le dernier pic de bois, qu'elle installait maintenant entre les pierres qui délimitaient le foyer pour qu'ils puissent cuir tranquillement. Elle en salivait d'avance.

- Si vous avez encore faim après ceux-ci, dites-le, j'irais en chercher d'autres.

Il était inutile de dire qu'elle essayait aussi un peu de changer de sujet. Les histoires de nécromanciens archipuissant of the doom... Elle ne voulait juste pas en entendre parler.




« Comment les hommes peuvent-ils être si merveilleux et horribles à la fois ? »
– Khar'a Mell
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatarMarqué


Messages : 298
Age : 21
Localisation : Sur les routes
Autre Indication : Puis-je vous aider?
Groupe : Windwaker

Feuille de personnage
Niveau:
25/60  (25/60)
Points d\'Expérience:
35/100  (35/100)

MessageSujet: Re: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   Mer 27 Sep - 3:04



Le simple sourire de Khar’a était un rayon de Lumière dans les ténèbres les plus impénétrables. Ça me réchauffait de l’intérieur qu’elle réalise la notion de cette statue autant que moi, et je ne pouvais en demander plus. Un petit rêve, celui de vivre en paix avec les autres races. Cela me laissa pensif, nous étions un membre de chaque race après tout. Ma Marque, les attributs félins de Khar’a, et l’art magique des Beorcs… Ce dernier donna enfin son nom : Catô Sicarius. Si ce nom ne me disait rien, il me faisait tout de même penser à la noblesse, sans réellement savoir pourquoi. C’était un nom à haute connotation après tout. Hélas, il ne savait pas plus que moi sur ces créatures, du moins, c’est ce que je cru.

Sa faiblesse physique m’arracha des grimaces d’inquiétudes, cet homme avait besoin de repos et d’un vrai lit surtout. Camper et rester dans cet endroit risquerait de porter préjudice à sa santé déjà fragile. Mais y avait-il un village proche ? Je savais détecter ce que la nature pouvait offrir, pas localiser les bastions humains. Notre meilleur piste serait de remonter le courant d’eau, ou de suivre une route mais encore… Une carte serait la bienvenue. Je préféra rester concentrer sur l’histoire que le Beorc conta… Ces cadavres ont une direction et un but, donc un maître par extension. Ca les rendait déjà moins… effrayant. Son dessin indiqua le point relatif de leur réunion. Begnion ? Je pensais également à ce pays, mais aucune ville ne me vint en tête.

 
Il détailla la puissance du maître, et hélas, je pensais savoir qui était le maître de ses immondices. Dans un murmure, je me maudis pour connaître. L’ignorance est une bénédiction, la connaissance un fardeau qu’il faut savoir porter. Sa toux sembla s’aggraver. « Conserve tes forces l’ami. » Je sortis une petite pochette d’herbe de mon maître ainsi qu’un petit récipient pour mettre de l’eau dedans. Rapidement, je m’échappa pour le remplir et y mit les herbes à infuser. Le gobelet chauffa avec les poissons que Khar’a avait gentiment pêcher pour nous. En vérité, je n’avais pas vraiment faim, mais je savais que mon corps avait besoin de nourriture, simplement que la sensation de la faim était simplement surpassé par d’autres facteurs pour l’instant. Regardant le tout en train de brûler doucement, je poussa un long soupir.

 
« Merci Khar’a, comment s’est passé ta découverte des Beorcs ? »

 
Catô attestait déjà qu’elle semblait être plus à l’aise avec les Beorcs, c’était bien. Un premier pas vers la découverte du monde. Moi-même étant une partie d’eux, et aussi des Laguzs… ça faisait de moi soit quelqu’un qui pouvait entrer dans les deux mondes, ou dans aucun des deux. Et la triste réalité est que le second cas est le plus fréquent. Je restais silencieux, une mine attristée sur mon visage. Un regard sur ma marque… Aimais-je être différent, ou je prenais du plaisir dans la solitude ? … Et leurs visages. Même dans le feu du camp, je voyais les regards vides de cadavre que j’avais abattue, ces yeux me jugeaient, de ce que j’avais fait… Maudit soient-ils ! Ils ne me prendront pas Khar’a !!! La colère se refléta dans mes muscles, tendu un instant alors qu’une colère sans raison perçait tout jugement, avant de brutalement lâcher…

Il me fallut un moment pour réaliser que ce n’était que des visions, et pas la réalité… Parler. Continuer à parler. Voir des visages humains qui bougent, parlent, sourient, ou même expriment de la douleur. Peu importe. Quelque chose qui est vivant… L’odeur du thé me rappela à la réalité un instant. Le retirant en l’entourant d’un tissu pour éviter de se brûler, je le tendis à Catô.



« Du thé, attention c’est chaud… Désolé Khar’a mais je n’en ai assez que pour une tasse…»

Je me souvenais encore de la tête qu’elle tirait lorsque je lui avais présenter ma bouteille de liqueur. Un bon souvenir. D’ailleurs, cela me posa la question.


« D’ailleurs, tu te souviens quand je t’avais proposer de la liqueur ? » Un petit sourire ainsi qu’un rire nostalgique me prit. Des temps plus simples, meilleurs ? Peut-être. Khar’a apprécierait-elle mieux l’alcoolique sans soucis et libre comme l’air, ou l’amateur de thé sombre et broyé par la vie… Une question qui n’a pas vraiment de sens… Au lieu d’attendre la réponse, il me fallait me concentrer sur l’état de ce Shaman qui semblait empirer.


« … Nous ne devrions pas nous éterniser ici et chercher un village, dormir dans cette forêt risque d’aggraver ton état Catô… Mais je n’ai pas de carte et tenter une expédition à l’aveugle ne ferait qu’agrandir les risques. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatarBeorc


Messages : 96

Feuille de personnage
Niveau:
17/60  (17/60)
Points d\'Expérience:
72/100  (72/100)

MessageSujet: Re: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   Mer 4 Oct - 11:14

C'était assez pénible d'être la petite chose fragile à protéger du groupe, en particulier quand les autres membres de l'équipe se constituaient d'une laguz à peine pubère et d'un type qu'avait pas l'air bien frais, de corps comme d'esprit. Cela dit, quand il les vit faire poisson et thé - du moins pour lui la tasse, et le sorcier se dit qu'il revaudrait ça au bretteur quand il aura l'occasion - Catô songea que cette unité entre les peuples que représentait leur petite communauté sortie de nulle part faisait rêver. Si seulement ces liens pouvaient s'étendre à toute personne, dans chaque royaume...

Le magicien garda le silence, économisant son souffle en sirotant son thé mais s'abstint de toucher au poisson. Cela le peinait de sentir cette nourriture grillée sans pouvoir y toucher, surtout alors que cette brave Khar'a s'était donnée du mal pour le lui ramener, mais consommer une créature vivante...enfin, autrefois vivante, était au-dessus de ses forces. Cependant il n'osa pas rappeler qu'il ne pouvait pas toucher à la viande, n'ayant pas le courage dans cette situation de blesser l'adorable minette.
Le rouquin suggéra ensuite qu'il valait mieux ne pas faire de vieux os, sauf qu'il n'avait pas de carte. Si le shaman trouva étrange qu'un aventurier puisse se mettre en route sans une carte, il s'abstint de le faire remarquer, n'en voyant pas l'intérêt, et ne se sentant pas en mesure de gaspiller ses forces. A la place, toussant à manquer de s'en renverser du thé sur la main, il ouvrit son sac et fouilla le fatras qui s'y trouvait pour en extirper une petite carte. Grand amateur d'études en tout genre et de données, Catô aimait amasser ce genre de documents, mais devait déplorer de pas toujours avoir la bonne, ou de la grande qualité.
Une nouvelle quinte de toux le secoua alors qu'il essayait de se repérer sur le papier froissé. Quand elle se calma, il adoucit sa gorge en buvant un peu de thé, puis se pencha plus attentivement à la recherche de repères.


"On doit être par-là fit le sorcier en désignant une zone boisée il devrait y avoir des villages là et là...kof...mais j'ignore s'ils n'ont pas été touché par ce...ça."

Si la carte était très sommaire, représentant grossièrement les reliefs, les bois et quelques chemins et cours d'eau importants, elle permettait toutefois de situer à peu près leur position et celle des patelins alentour...hélas, les plus proches se trouvaient sur ce qui aurait certainement pu être le passage de ces...mort-vivants. A l'idée de tomber sur des charniers, ou plutôt des villages fantômes, vidés de leur population qui se serait relevée sous quelque obscure impulsion en direction de la théocratie, Catô se sentit pris d'un vertige. La journée avait été trop mouvementée pour sa santé fragile, mais il refusait de laisser tomber. Il ne voulait pas être un poids, un boulet à trainer et protéger à tout prix, même s'il accepterait bien volontiers de l'aide.

"Ca ferait loin...mais on pourrait retourner au village d'où on est venus...avec Khar'a. Au moins, on est à peu près sûrs...qu'ils sont encore normaux, et qu'ils acceptent les Laguz..."

Il entoura grossièrement une zone, vers le bord de la carte. Ce n'était pas la porte d'à côté, et parti comme c'était, ils devraient faire un bout de route de nuit, mais au moins c'était un lieu à peu près sûr et ça les éloignait des frontières. Un violente quinte de toux le prit à nouveau, et il préféra poser sa tasse pour se couvrir la bouche de sa manche pendant qu'il s'étouffait, son teint pâle s'empourprant, avant que la crise ne passe. Quelle galère d'avoir été si stupide dans sa jeunesse...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Khar'a Mell
avatarLaguz


Messages : 63
Age : 25
Localisation : All around the world~
Autre Indication : I like dancing
Groupe : Laguz

Feuille de personnage
Niveau:
19/60  (19/60)
Points d\'Expérience:
49/100  (49/100)

MessageSujet: Re: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   Jeu 5 Oct - 12:07


La situation n'était guère brillante malgré la délicieuse odeur des poissons en train de cuir. A la première question de Blaze, elle haussa les épaules et répondit qu'elle en avait beaucoup moins peur. Elle avait passé quelques temps dans des villages avec Catô, même si elle avait toujours fait attention à porter une capuche et une cape pour dissimuler sa queue et ses oreilles. Cela dit, elle pouvait presque tenir un peu de conversation avec un humain sans vouloir prendre ses jambes à son cou, même si généralement elle laissait parler Catô.

A travers le ton de sa voix, on pouvait voir à quel point elle faisait confiance au Shaman. Il était certes un humain, mais peut-être étais-ce sa faiblesse physique qui la mettait à l'aise... Quoi qu'il en soit, elle se sentait à l'aise en sa présence, ce qui était très révélateur de la part de cette petite minette si effrayée par les humains en temps normal. Elle appréciait beaucoup la compagnie de Catô. Alors qu'elle se servait enfin en poisson, elle surprit le regard dégouté que le Shaman jeta à la viande grillée. Elle se souvint alors dans un sursaut que le Shaman était végétarien, un fait qu'elle avait totalement oublié dans l'inquiétude et l'excitation du moment. Portant ses mains avec horreur à sa bouche, elle jura et se releva dans un bond, gardant néanmoins son poisson à la main. On ne gâche pas la nourriture.

- M.... ! J'avais complètement oublié, je suis désolée, Catô ! Je vais voir si je te trouve quelque chose à manger !

Comme une tornade, la danseuse disparut entre les arbres, ses yeux perçants balayant la végétation à la recherche de plantes comestibles. La saison n'était pas réellement propice à ce genre de trouvaille, mais Khar'a finit tout de même par réussir à dénicher quelques champignons qu'elle savait mangeable, et même quelques racines certes coriaces, mais il fallait au moins ça pour survivre à l'hiver. Elle ramena son butin au campement, son poisson entre les dents, alors que Catô et Blaze examinaient la carte. Surprenant les dernières paroles du mage noir, elle se glissa entre les deux hommes et fourra les plantes entre les mains de son ami d'un air autoritaire.

- Tiens, reprend des forces.

Puis elle s'attarda sur la possibilité de rebrousser chemin... La marche serait longue, et elle avait vraiment peur que l'état de Catô ne s'aggrave, mais avec Blaze et elle pour le soutenir, il y avait peut-être moyen d'arriver à destination. Et puis la féline craignait effectivement que l'état de son ami n'empire trop pour qu'il puisse encore se déplacer correctement le lendemain, si ils passaient la nuit dans les bois. Pour elle, la réponse était donc toute trouvée.

- Nous devrions rejoindre le précédent village. On est certains d'y trouver de quoi se reposer au moins... Et si tu reste là, tu va devenir vraiment malade.

L'inquiétude était perceptible dans la voix de la jeune fille, et elle se mordait les lèvres, jetant des regards inquiets au Shaman mal en point.

- Mais avant, tu mange quelque chose. Et tu bois ce thé, il ne pourras que te faire du bien.

Elle porta ensuite son regard rempli d'inquiétude sur Blaze, avant de mordre dans son poisson et de le mâcher rapidement. Ses crocs eurent tôt fait de réduire la viande tendre à l'état de purée qu'elle put avaler sans problème.

- Tu mange aussi, tu n'as que la peau sur les os. Tu m'aidera à soutenir Catô, s'il ne tient pas le rythme, d'accord..?

Elle se préparait déjà à lui servir de béquille, quoi qu'il en dise. Elle ne laisserai très certainement pas son ami marcher tout seul dans son état, et elle était visiblement la seule du groupe à tenir encore debout sans peiner.

Spoiler:
 




« Comment les hommes peuvent-ils être si merveilleux et horribles à la fois ? »
– Khar'a Mell
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatarMarqué


Messages : 298
Age : 21
Localisation : Sur les routes
Autre Indication : Puis-je vous aider?
Groupe : Windwaker

Feuille de personnage
Niveau:
25/60  (25/60)
Points d\'Expérience:
35/100  (35/100)

MessageSujet: Re: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   Sam 7 Oct - 18:21



L’absence de réponse de Khar’a pesa doucement sur moi le temps que je réalise que le Shaman n’avait effectivement pas l’air très intéressé par le poisson. Mon ventre n’était définitivement pas de cet avis, il décida qu’il fallait le faire savoir à tous avec un grognement singulier. Génial… Je reporta mon attention sur la carte que Catô avait sortis. Visiblement faite de sa main ce qui allait rendre son déchiffrage difficile mais… Tant que la légende était relativement cohérente et logique, cela suffirait. L’aggravation de sa toux souleva tout de même une inquiétude chez Khar’a, assez pour qu’elle file chercher quelque chose. Quoi ? Je ne savais pas.

Silencieusement, j’écoutais ses explications plus que nécessaire pour donner du sens à cette carte. Le village le plus proche, si on suivait en fonction du Nord approximatif que je m’étais fixé, était certainement dévasté par la marée d’humain mort. Le choix serait donc plutôt sur un village plus éloigné, de nuit, mais visiblement sécurisé. Quitte à forcer un peu plus, je ne pouvais qu’être d’accord avec l’idée de rejoindre un endroit dont la sécurité est garanti. Et si un Laguz pose problème, ma lame réglera cette question sans peine. Du moins, si j’étais encore en état de la brandir ? La toux soudaine de Catô me précipita à le tenir par l’épaule. 

« Tu vas y rester si tu continues. On… doit rejoindre ce village. »

A ce moment, revint la Laguz de mes rêves. Avec la toute la grâce et l’agilité dont je m’étais souvenu. Et la générosité aussi. Apparament, Catô ne supportait simplement pas la viande ? A mes yeux, cela n’était rien d’autre qu’une idiotie sans nom. Mais j’ai appris à respecter les croyances et les traditions des autres, alors qu’il en soit ainsi… Même quoi, une vie sans un putain de bout de viande ? Quelle galère… Un steak… Bien juteux, bien saignant, dégoulinant et fraichement retirer du corps… L’image de Kerowyn me monta en tête, plantant ses dents quasi animales dans la chair à peine cuite. Sur le moment, cette image était… particulièrement excitante sur le moment. Non. Penser à autre chose. Catô restait la priorité. Je ne pouvais qu’être d’accord avec Khar’a mais…

(… Laisse le)

Une petite voix, fourbe, basse, fine et crasseuse comme la folie elle-même, me laissait entrevoir la perspective de bêtement abandonner le Shaman à son sort. L’idée m’effleura l’esprit hélas, et soudainement, je voyais la suite. Moi avec Khar’a dans la forêt, seul. Et… *claque* … Pas le moment de se laisser aller à des conneries pareilles… L’inquiétude dans la voix de Khar’a était à elle seule toute la motivation dont j’avais besoin. Je m’apprêtais à me relever pour chercher mon équipement quand… Elle mordit sans son poisson et pendant un instant, c’était tout ce que je pouvais voir. Impossible de savoir si j’avais faim ou si c’était… un autre type de faim. Mais je ne pouvais refuser le poisson et me mit à mon tour à mordre dedans. Sans la canine d’un félin, je mettais plus de temps, alors je pris mon couteau pour couper et retirer plus facilement les écailles et les arrêtes.

« Que la peau sur les os hein… j’ai été en… pire état que ça. »

Le souvenir de sa rencontre avec Peste était encore vivace, et dans cet état, il avait VERITABLEMENT que la peau sur les os… Mais assez avec le passé, le poisson n’avait aucun goût pour moi pour l’instant, mais je suppose que c’était bon. Alors que le Shamam se sustentait, je remettais péniblement mes épées en place en réponse à Khar’a. L’épée d’acier dans son fourreau sur la hanche, Melly dans le bas du dos, et Kaze lourdement au-dessus à la verticale. Mes jambes semblaient un instant tremblantes… Mais elles tenaient.

« Tout ira bien. Il a besoin de plus d’aide que moi… »

Pour l’instant, je savais tenir debout, soutenir quelqu’un devrait être possible si je pouvais conter sur Khar’a. Rejetant un œil sur la forêt dont on venait de sortir, un frisson terrible me parcourut. J’allais encore entré dans cet endroit avec la brume épaisse.
« … On… va devoir repasser par là… » Je pris une longue inspiration, rassemblant mon courage, ou ce qu’il en restait avant de saisir l’épaule de Catô et le relever après m’être assurer qu’il avait fini. « Courage. Tu vas en avoir besoin… et tu n’es pas le seul. » D’un geste de la tête, j’incita Khar’a à m’aider pour ne pas trop faire trainer la cadence.

---


Blaze était éreinté, ses limites poussés à leur extrême. Ses jambes peinaient à tenir, ses pieds enduraient milles tortures, et son souffle animal était de retour au gallot. Chaque pas lui arrachait un grognement d’effort et de peine. La fatigue physique semblait avoir complètement effacé toute raison et pensé. Mais une lueur continuait d’animer ses mouvements, faible, mais persistante. Dans ses yeux, l’aspect d’une bête pouvait se voir, mais surtout, une chose rare, unique à l’humain. L’amour. Une force capable de transcender les instinct les plus bestiaux et innommables de la race Beorc et Laguz.

Hélas la lueur restait dans la brume de la fatigue et de la folie. Et le Marqué se faisait souffrance pour soutenir la charge du Beorc à chaque pas. Mais il était là. Le village. Et avec le village, venait la lumière, une promesse de sureté.

« Ah… Ah… Ah… Grrrah… » Blaze tira encore sur ses forces pour continuer à soutenir Catô alors qu’ils approchaient du village. Il n’en voyait rien si ce n’était qu’une flamme au loin, dans la nuit. Dans l’espace d’un instant, ses genoux seraient au sol et… Il leva la tête et malgré ses râles bestiaux, il observa Khar’a un instant. Un sourire maigre mais satisfait se dessina sur son visage. Puis il reprit la marche…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatarBeorc


Messages : 96

Feuille de personnage
Niveau:
17/60  (17/60)
Points d\'Expérience:
72/100  (72/100)

MessageSujet: Re: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   Dim 22 Oct - 19:10

C'était tout de même quelque chose de voir Khar'a jurer avant de disparaître comme une tornade à cause de ses petites manies gastronomiques. tout ça pour lui ramener une poignée de champignons et de racines. Ne parvenant pas à réprimer sa moue dubitative, le shaman remercia tout de même son amie, si soucieuse et avenante, même s'il se demandait ce qui l'inquiétait le plus entre le régime forcé ou la consommation de ces végétaux trop coriaces pour son estomac.

Enfin, ce n'était pas le pire. Quand ils se remirent en route, ralentis par le boulet que représentait le pourtant surpuissant magicien, Catô garda le silence sur le problème d'être soutenu ainsi. Ce n'était pas une simple question de fierté mal placée, mais c'était déjà compliqué de se trainer dans son état, et ça n'était ni plus simple, ni plus confortable d'être soutenu. Plutôt mou pour ainsi dire, ce genre d'effort lui était douloureux, mais il préféra se taire, non seulement pour ne pas alourdir encore plus ce groupe qui traînait déjà beaucoup trop les pieds, mais aussi car il n'avait pas de meilleure solution.
Quand ils arrivèrent au village, Blaze paraissait épuisé, et le sorcier dodelinait de la tête alors qu'il menaçait de s'écrouler à tout instant, même à moitié porté par ses compagnons. La journée avait été - trop - riche en émotions, et surtout trop longue. La nuit tombait, et ils n'étaient toujours pas assis autour d'une table, au chaud. Pour son corps de mage, qui est plus si chétif, c'était un véritable supplice, et si on l'avait regardé à la simple lueur d'une torche, on l'aurait vu plus blanc qu'un linge, mais leurs souffrances du jour touchaient bientôt à leur fin.

Avec un dernier effort, digne de mourants sur un champ de bataille qui se trainaient à la force des bras pour seulement signaler qu'ils n'étaient pas encore passés de l'autre côté, les mâles pitoyables parvinrent à se traîner, ridicules à côté de la délicieuse Laguz, jusqu'à l'auberge, où en peu de temps ils allèrent s'écrouler sur une table pour finir d'agoniser en paix.
Quand Khar'a répéta à nouveau ce qu'il voulait prendre, le dernier survivant - peut être pas pour longtemps - des Sicarius releva la tête, pris de violents vertiges alors que sa vision était encore noire, brouillée par la chute de tension et l'épuisement, et il devina qu'il avait du perdre connaissance quelques instants. Péniblement, marmonnant plus qu'il ne parvenait à parler, il laissa la Laguz deviner grâce à l'habitude qu'elle avait de sa façon de parler qu'il demandait un plat assez léger au final. Un bouillon de choses simples, une tisane pour le détendre et le réchauffer, un morceau de pain moelleux si possible, puis sa voix s'étrangla alors qu'il délirait à moitié.

Un certain temps plus tard, Catô rebrancha suffisamment de neurones pour réaliser que la scène avait changé. Chacun était à table, servi, et il avait sa couverture sur les épaules, les doigts emmitouflés dans ses mitaines et vaguement serrés autour d'une tasse. Combien de temps étai-il donc resté à moitié conscient ainsi ? Il n'aurait su le dire... Un frisson désagréable le secoua et il émit une vague plainte en se ratatinant encore sous sa couverture, puis regarda ses compagnons d'un air las, les yeux ne pétillant pas vraiment de vie.


"Vous disiez..?"

Il réfléchit quelques instant, incertain même quant au fait qu'on lui ait parlé. Misère de misère, mais qu'est-ce qui lui avait pris de sortir de son école de magie ? Il était bien entre ses bouquins, plus ou moins au chaud, à ne pas risquer bêtement sa peau chaque fois qu'il avait l'idée de crétin de mettre un pied dehors... Avec un rire amer, Catô songea qu'un jour, on marquerait sur sa tombe :"Mort comme il a vécu, enrhumé" et se dit que c'était une fin bien pathétique pour un adepte de la magie noire.

"Excusez-moi...donc vous vous connaissiez avec Khar'a ? Que faisiez-vous...au milieu de ces choses..?"

Le shaman ferma les yeux quelques instants, la vision floue. Le monde avait l'air de tourner quand il le regardait. Puis il réalisa que ses pensées décousues continuaient à le troubler, et que ses deux questions n'avaient pas le moindre lien...vivement qu'il finisse son repas et qu'ils aillent tous se reposer un grand coup, même si le jeune mage trouvait presque vulgaire de partir dormir sans plus s'intéresser à ses compagnons, alors que même dans un sale état ils s'étaient efforcés de le soutenir...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Khar'a Mell
avatarLaguz


Messages : 63
Age : 25
Localisation : All around the world~
Autre Indication : I like dancing
Groupe : Laguz

Feuille de personnage
Niveau:
19/60  (19/60)
Points d\'Expérience:
49/100  (49/100)

MessageSujet: Re: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   Sam 28 Oct - 21:27

La situation était absolument catastrophique. La marche avait été longue et pénible, la jeune Laguz s’efforçant de soutenir son ami le plus mal en point, aidée par son autre ami presque aussi mal en point. Malgré l'énergie dont elle débordait en permanence, l'adolescente était elle aussi arrivée épuisée au village, et elle n'avait pas pris le temps de couvrir ses oreilles avant d'entrer dans celui-ci et de rejoindre la taverne la plus proche. Et a présent, tout trois étaient attablés et au chaud. Avec un soupire las, Khar'a s'était laissée tomber sur un banc de bois, recouvrant ses oreilles de sa capuche, bien qu'il fut trop tard pour cela puisque l'aubergiste les avaient vues. Mais elle se sentait plus à l'aise ainsi...

Laissant Blaze commander son propre repas, elle s'appliqua à déchiffrer les gribouillis vocaux de Câto pour comprendre ce qu'il souhaitait manger. Elle finit par commander pour lui un bouillon de légumes, précisant bien qu'il ne fallait mettre dedans ni viande, ni graisse animale, ni rien qui ne vienne d'être vivant, car le mage était végétarien. Elle-même s'en voulait encore de l'avoir oublié tantôt, et a mesure qu'elle commandait, elle se gravait dans la tête qu'il ne mangeait pas de viande. Pour elle-même, elle demanda un steak saignant, puis elle attrapa le sac de voyage de Câto pour en sortir tout ce qu'elle pouvait trouver pour le couvrir sans pour autant l'alourdir.

En silence, la minette attendit que le serveur n'arrive avec leurs commandes, et elle en profita alors pour réserver deux chambres. Elle pensait qu'une seule ne serait pas suffisante pour trois, mais elle avait peur que les économies de Câto n'en pâtissent si elle devait en prendre une chacun, sans compter qu'elle voulait que ses amis ne soient pas seuls toute la nuit. Leur état l'inquiétait vraiment trop. Peut-être qu'en les mettant tous les deux dans la même chambre, et en allant voir régulièrement comment ils allaient...

Finalement, alors que le silence s'installait et que tout le monde s'occupait de son assiette - sauf Câto qui semblait sur le point de s'endormir dessus, ce dernier sembla émerger suffisament pour poser une question. La voix du mage noir fit sursauter la féline, et elle hocha un peu la tête, avalant une bouchée de son steak.

-Oui, on s'est rencontrés... Un peu après que j'ai commencé à voyager. Je n'allais pas très bien à l'époque, et Blaze non plus, même si à la réflexion... Il était en meilleur état que maintenant.

L'adolescente s'amusa de constater la manière dont Câto avait déteint sur elle. Auparavant, elle ne se servait pas de ce genre de tournures de phrases, maintenant elle avait parfois l'impression de parler comme une érudite, et cela l'amusait beaucoup.

- On avait discuté, et on s'étaient remonté le morale l'un l'autre.

Elle adressa un sourire au bretteur, encore pleine de gratitude envers lui pour ce qu'il avait fait pour elle ce soir-là. Même si elle ne se souvenait pas précisément de la rencontre, qui remontait à loin maintenant, elle entretenait envers Blaze un lien d'amitié d'autant plus précieux que rares étaient ceux qu'elle pouvait réellement considérer comme ses amis. En particulier parmi les autres races que les Laguz.

A nouveau, elle s'émerveilla du petit miracle que constituait leur groupe disparate. Un Beorc, un Marqué et une Laguz. Si seulement le monde pouvait leur ressembler - enfin, la fatigue et la maladie en moins hein...

Soupirant légèrement, la minette acheva de manger son steak et regarda ses deux compagnons, la tête légèrement penchée sur le coté.

- Par contre, je propose qu'on reprenne cette conversation demain, lorsque tout le monde aura dormi. Finissez de manger, tous les deux...

Elle commença par se taire, puis elle se fit une réflexion qu'elle jugea nécessaire de transmettre aux deux garçons. Après un instant, elle ajouta :

- Cato, si tu en as besoin, je t'aiderais à rejoindre ta chambre... Et toi Blaze, tu ne m'aide pas, tu tient à peine debout toi-même.

Et même si elle se doutait que les deux hommes auraient sans doute du mal à accepter, elle était prête à jouer des griffes s'il le fallait pour ne pas laisser Blaze faire quelque chose qui le mettrait encore plus mal en point, ou pour que Câto se laisse aider si besoin malgré sa fierté déjà mise à mal depuis le début de la soirée.




« Comment les hommes peuvent-ils être si merveilleux et horribles à la fois ? »
– Khar'a Mell
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatarMarqué


Messages : 298
Age : 21
Localisation : Sur les routes
Autre Indication : Puis-je vous aider?
Groupe : Windwaker

Feuille de personnage
Niveau:
25/60  (25/60)
Points d\'Expérience:
35/100  (35/100)

MessageSujet: Re: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   Dim 29 Oct - 10:55



N’importe qui aurait été surpris de voir cet arrivage peu commun de 3 personnes représentant chacun une race différente sur Tellius. Malgré son état de presque mourant, sa seule pensée était de protéger la Laguz féline, il murmura dans sa barbe qu’elle devait camoufler ses oreilles. La même chose pouvait lui être reproché : Sa marque était toujours aussi exposé et nous savons tous que la fierté est une cible provoquant à l’attaque. Si Blaze pouvait défendre sa fierté, il n’y avait aucun mal. Mais dans son état, un souffle le ferait tomber.

Lorsqu’il s’étala sur la table, il perdit presque immédiatement conscience, un spasme violent agitant son corps. Sa reprise de conscience fut tout aussi rapide, et cette remise à zéro des sens eut un effet tout aussi dévastateur sur lui. Froid, tremblement, claquement de dent. Pendant un court instant, il n’était rien de plus qu’un enfant effrayé…

Tout ce qu’il pouvait faire, c’était de subir l’instant et espéré bientôt avoir la délivrance de s’endormir. Soudainement, on lui demanda son repas, et il ne put répondre qu’avec une voix horriblement faible. « Viande… » Sans rien de plus. Il prit le verre d’eau pour essayer de le boire, s’étouffant à chaque fois à moitié entre ses gorgées. Entrant dans sa guerre silencieuse contre son corps le trahissant, il écoutait tout à moitié et se focalisait sur sa position, n’importe quoi pour retrouver un peu de réconfort…

 
A l’arrivée d’un steak fumant, avec une odeur de grasse bien cuisiné, sa bouche saliva à profusion et il dévora son repas en l’espace d’un instant, son visage s’adoucissant sous les saveurs. Blaze tenta bien de répondre un peu avec Khar’a pour la question du shamane, mais il devait manger, reprendre des forces et se préparer à la suite. Il esquissa un sourire bref avant de regarder autour de lui… On les observait et en ce moment, il était particulièrement vulnérable à la paranoïa.

« On parlera… demain… » dit-il en buvant la totalité du bouillon, son assiette n’ayant plus une miette. Il savait que son bref regain d’énergie l’amènerait vite à s’endormir. Quand elle mentionna d’aider Cato, il commença à se relever jusqu’à ce que l’ordre contraire, hésitant un instant avant de se rassoir lourdement. « Tu es aussi fatiguée… »

 

Prenant une longue respiration pour se préparer, il se releva, se tenant un instant avec sa stature habituelle qui s’effondra rapidement un celle d’un homme à bout de force. Observant avec peur l’escalier qui allait s’avérer être un effort monumental avec toute sa masse d’acier en plus sur lui. Il monta l’escalier malgré lui avec des pas très lent et prenant énormément ses appuis sur la rambarde, une fois à l’étage, il déambula dans le couloir jusqu’à la chambre, choisissant la plus éloigné. A la vue du lit, il laissa ses affaire s’écraser sans plus de douceur et fit de même avec lui-même sur le matelat. Un peu dur, mais c’était bien plus agréable que le sol… Un sommeil lourd et sans rêve l’emprisonna immédiatement et ce ne fut que dans le lendemain matin, bien après le lever du Soleil, qu’il reprit à moitié conscience.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatarBeorc


Messages : 96

Feuille de personnage
Niveau:
17/60  (17/60)
Points d\'Expérience:
72/100  (72/100)

MessageSujet: Re: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   Lun 30 Oct - 15:36

Quand Catô parvint enfin à s'extraire de la lourde torpeur qui l'assommait, il peina à simplement s'asseoir pour remettre de l'ordre dans ses idées. Il avait un sentiment d'absence, de flou et il se massa les tempes pour s'aider à se réveiller. Le shaman toussa un peu, comme bien souvent, puis détailla la pièce du regard. Elle ne lui était pas familière, mais il reconnaissait une chambre d'auberge. En revanche, l'autre lit était vide. Catô leva une main pour protéger ses yeux de la faible luminosité qui filtrait à travers les volets, trop agressive encore qu'il émergeait tout juste, puis il attrapa son manteau et l'enfila, le trouvant encore frais avec un désagréable frisson.
Il prit quelques minutes pour ajuster sa tenue, lisser les plis, tirer un peu le col, secouer son écharpe et frotter les jambes de son pantalon, puis marcha d'un air encore un peu hébété vers la porte. Khar'a devait probablement l'attendre dans la pièce principale, sans doute en train de profiter de la chaleur de la cheminée ou d'une bonne assiette. Cela lui fit songer distraitement qu'il allait bientôt falloir se soucier de faire rentrer des sous.

Prudemment, il tituba dans l'escalier en se tenant à la rambarde jusqu'à atteindre la salle centrale. Il chercha rapidement son amie à grandes oreilles et sourit en l'apercevant enfin, avant de dresser un sourcil en la voyant en compagnie d'un autre homme, roux. Toujours dans les marches, le sorcier se gratta la tête en s'efforçant de reconnaître l'individu. Il aurait juré le connaître, mais sa mémoire refusait encore de l'identifier. Finalement, Catô se décida à terminer de descendre l'escalier, et les brumes de ses souvenirs commencèrent à s'éclaircir. Il laissa remonter les images de la veille alors qu'il trainait les pieds vers ses compagnons, se rappelant par brides indistinctes leurs conversations, la forêt, les mort-vivants...
Encore faible, il se laissa s'écrouler sur la chaise avec un soupir de soulagement avant de s'efforcer de prendre bonne mine, malgré son teint pâle et ses cernes, et essaya de les saluer avec tout l'entrain dont il était capable.


"Salut Khar'a, et...baize, c'est ça ? Pardon, Blaze !"

Il se morigéna de sa boulette. Les sonorités étaient un peu floues quand il les cherchait, et dans son état sa prononciation était incertaine. Catô se passa une main sur les yeux, encore un peu étourdi par la nuit, et l'épuisement de la veille, mais il devait admettre se sentir assez bien...enfin, par rapport à d'habitude, ça allait.

"Excusez-moi pour hier, j'ai du être un vrai boulet...en plus je me suis certainement plus ou moins évanoui une fois arrivé ici... Heureusement que Khar'a est là pour veiller sur moi, sinon je pense que je n'aurais même pas passé l'hiver, sans parler d'hier..."

Le shaman adressa un doux sourire, quoique frêle, à son amie la griffière. Sans doute encore sous le choc, Catô se sentait pris d'une envie de sincérité et de reconnaissance, et reconnaissant il l'était envers la minette. Il aimait beaucoup sa compagnie, énormément même. Elle avait certes tendance à l'épuiser, mais c'était sa vigueur, son entrain inépuisable qui faisait son charme, sans parler de son optimisme à tout épreuve...sans compter qu'il ne pouvait rester insensible à la franche amitié qu'il développait avec la Laguz, et aussi fatigué qu'un lendemain de cuite, le sorcier se prenait à songer qu'il ne lui manifestait pas assez sa gratitude ou son...
Un bref étourdissement le tira de ses pensées. Quelle plaie d'être aussi faible...puis il reporta son attention sur le rouquin, il ne se rappelait pas vraiment de ce qui s'était dit ou passé, mais il lui semblait qu'il était un ami à Khar'a lui aussi. Donc sans doute un brave gars, d'autant que Catô pensait se souvenir qu'il l'avait aidé...voire même porté. Autrement dit, il lui en devait une, bien qu'il n'ait pas la moindre idée de comment rembourser sa dette.


"Et vous aussi Baize. Blaze merde ! Catô soupira et se passa une main sur les yeux à nouveau. Il n'avait jamais été le plus doué dans les exercices sociaux, et sa santé n'avait rien arrangé, mais de là à faire deux fois la même boulette de suite... Excusez-moi. La journée d'hier est un peu floue pour moi, mais je crois me souvenir que vous m'avez beaucoup aidé quand j'ai fait un malaise...alors merci."

Après tout, pourquoi ne pas être poli et reconnaissant ? Pour une fierté virilement mal placée qu'il ne pouvait pas clamer ? Très peu pour le sorcier, qui au contraire s'émerveillait toujours autant face à la bonté des gens envers de parfaits inconnus, cela lui redonnait à chaque fois l'envie de croire en son rêve.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Khar'a Mell
avatarLaguz


Messages : 63
Age : 25
Localisation : All around the world~
Autre Indication : I like dancing
Groupe : Laguz

Feuille de personnage
Niveau:
19/60  (19/60)
Points d\'Expérience:
49/100  (49/100)

MessageSujet: Re: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   Mer 1 Nov - 11:38

La nuit avait été longue pour Khar'a. Elle n'avait pas pu dormir sur ses deux oreilles, et ce pour plusieurs raisons. Déjà, elle ne parvenait jamais à réellement se détendre lorsqu'elle dormait dans les auberges Beorcs, elle craignait toujours qu'un humain ne vienne la trouver en pleine nuit pour lui faire du mal. Ensuite, elle était très inquiète pour ses deux amis, et elle n'avait pas pu se résoudre à se laisser dormir réellement, se levant sans cesse de son demi sommeil pour vérifier que les deux garçons dormaient bien, et qu'ils n'étaient pas malade. Lorsque le soleil se leva enfin, elle était déjà réveillée depuis une grosse heure sans parvenir à se rendormir. Si bien que lorsque les rayons chauds du soleil passèrent entre les lattes de bois des volets de la chambre, elle poussa un lourd soupire et s'extirpa de ses chaudes couvertures pour s'habiller et enfiler sa capuche.

Un peu indécise quand à la conduite à tenir cependant, elle n'osa pas descendre dans la salle commune seule. Elle aurait été rassurée que Câto se réveille avec elle, il aurait pu l'accompagner... mais il avait grand besoin de se reposer, et elle se résolut donc à s'asseoir sur le lit et à le regarder, attendant qu'il se réveil. Elle ne pouvait même pas danser de peur de perturber son repos.

Elle passa quelques heures ainsi, assise, à ruminer son ennui. Le temps s'étirait et s'étirait encore, passant avec une lenteur à vous scier les nerfs, et lorsqu'elle n'y tenait plus elle se levait pour passer à la chambre voisine et vérifier que Blaze allait bien. Lui aussi dormait comme une souche, alors elle revenait dans la chambre qu'elle avait partagée avec Câto et se réinstallait sur son lit, rongeant son frein.

C'était lors de ce genre d'occasions qu'elle se prenait parfois à jeter un regard sur ce que sa vie était devenue. Lorsqu'elle avait commencé son voyage hors de Gallia pour découvrir le monde des Beorcs, elle avait encore la tête pleine de questions et d'incertitudes. Les diverses rencontres qu'elle avait fait au fil des mois avaient contribué à forger sa nouvelle pensée, et ses questions s'étaient muées en certitudes. Certains Beorcs étaient mauvais. D'autres étaient gentils. Parfois, c'était leur culture qui les obligeaient à faire du mal aux autres, et malgré la paix instaurée entre les races, certaines traditions, certains courants de pensées, avaient la peau dure. Et il en était de même avec les Marqués et les Laguz. Au final, tous étaient extrêmement semblables. La féline déplorait que si peu de personnes le comprennent... Elle-même, conditionnée depuis sa plus tendre enfance à craindre les Beorcs, ne pouvait pas s'empêcher d'avoir encore peur d'eux, alors même que sa raison lui criait qu'elle n'avait rien à craindre. Et au finale, le seul Beorc avec lequel elle se sentait réellement à l'aise était Câto.

Mine de rien, les deux jeunes gens avaient beaucoup voyagé ensembles. Depuis le cœur de l'hiver, ils s'étaient tenus chaud, s'étaient encouragés... La fragilité du mage noir aidait sans doute Khar'a à se sentir à l'aise en sa compagnie, puisqu'elle pensait n'avoir rien à craindre de lui, mais au delà de ça, elle avait découvert un être avec une sensibilité touchante qui partageait ses idéaux de paix. De la part d'un Beorc, cela l'avait tout d'abord surprise, puis ravie. Et puis, il avait toujours un geste gentil pour les autres, que ce soit elle ou les étrangers qu'ils rencontraient.

Avec lui, Khar'a avait découvert qu'une attitude ouverte encourageait à l'ouverture d'esprit et aux relations amicales, et elle tentait chaque jour qui passait de vaincre sa crainte pour suivre son exemple.

Alors qu'elle le regardait dormir, parfois, un léger sourire étirait ses traits. Lorsqu'il bougeait ou se retournait dans son lit, elle venait ajuster sa couverture pour qu'il ne la perde pas. Et plus elle y pensait, plus elle se surprenait en se disant qu'elle avait probablement plus confiance en lui à présent qu'en les habitants de son village natale...

Finalement, ENFIN, elle entendit des bruits de pas dans la chambre de Blaze. Elle bondit comme un ressort, hésitant entre rejoindre le rouquin ou rester au chevet de Câto. Elle finit quand-même par se dire qu'elle s'ennuyait vraiment trop et elle sortit de la chambre, après avoir soigneusement remonté la couverture sur le mage noir pour qu'il soit bien au chaud. Trouvant Blaze dans le couloir, elle lui adressa un salut un peu fatigué puis descendit avec lui jusqu'à la salle principale de l'auberge.

Lorsqu'elle prit place à l'une des tables avec le rouquin, son ventre gronda et elle s'empressa de commander un petit déjeuner consistant. Elle avait besoin d'énergie pour compenser son manque de sommeil de la nuit. Ceci fait, elle considéra Blaze avec un sourire.

Lui aussi il avait une certaine importance dans la vie de la féline, même si elle l'avait fréquenté moins longtemps que Câto. Lorsqu'elle avait du tuer pour la seule et unique fois de sa vie, un évènement qui lui faisait encore froid dans le dos rien que d'y penser et lui donnait envie de vomir, il avait été le premier à lui venir en aide, à la soutenir moralement, et cela signifiait beaucoup pour la jeune fille. C'était grâce à Blaze qu'elle avait eu le courage de poursuivre son voyage... Elle repensa à la petite statuette de bois dans sa poche, que le bretteur avait taillé pour la lui offrir, et elle s'attendrit un peu plus. Puis elle la sortit de sa poche et la déposa sur la table, en vue.

- Il faudras rajouter un marqué sur cette statuette, ainsi elle représentera réellement l'union entre tous les peuples de Tellius...

Un nouveau bruit de pas lui fit lever la tête alors que Câto se montrait enfin au pied de l'escalier menant à la grande salle. Son sourire toujours plaqué sur son visage, Khar'a remua légèrement les oreilles sous sa capuche pour accueillir son ami.

- Salut ! Ça va mieux, tu as bien dormi ?

Le mage noir semblait encore a moitié endormi, mais il vint s'asseoir avec eux tout de même en remerciant Blaze de l'aide qu'il lui avait apportée la veille. La faute de prononciation qu'il fit sur le nom du bretteur la fit rire, même si elle essaya de garder son hilarité pour elle, et elle regarda tour à tour les deux hommes. Elle espérait de tout son cœur que le courant passerait bien entre eux, et elle se rassurait en se disant qu'ils se ressemblaient dans leurs idéaux... Il n'y avait aucune raison pour qu'ils ne s'entendent pas.




« Comment les hommes peuvent-ils être si merveilleux et horribles à la fois ? »
– Khar'a Mell
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatarMarqué


Messages : 298
Age : 21
Localisation : Sur les routes
Autre Indication : Puis-je vous aider?
Groupe : Windwaker

Feuille de personnage
Niveau:
25/60  (25/60)
Points d\'Expérience:
35/100  (35/100)

MessageSujet: Re: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   Mer 8 Nov - 16:11



La lumière montrait timidement le bout de son nez alors que le bretteur reprenait doucement pied dans le monde éveillé. Son voyage dans le monde du sommeil n’avait pas été aussi calme qui l’aurait souhaité. Car même là-bas, un malaise inconnu lui prenait les entrailles, une sorte de cage l’emprisonnant. Telle une paralysie du sommeil, il se sentait restreint, incapable de bouger. Cette sensation suffisait à l’emplir de frayeur, tel un oiseau pris en cage. Sans rêve et lourd, son sommeil avait au moins le mérite d’être réparateur si l’on ignorait cette sensation qui l’avait dévoré.
 


La première chose qu’il voulait, c’était manger, un plat chaud, sucrée de préférence… Oh comme le sucre doré d’Hatary lui manquait. Ce dernier avait toute la nostalgie des dunes du désert et lui rappelant tendrement l'époque simple avec sa mère. Ruminant ses actions envers Nailah et s’arrêtant un instant pour se regarder dans un miroir, le malaise qui l’avait pris durant son sommeil ressortit. Il n’était pas totalement libre, pas encore. Son regard mauvais plongea sur le long sabre de vent avant de s’en détourner. Cette excursion lui avait appris bien des choses, aussi terribles que difficiles à avaler. Sa décision attendra. Il se dirigea vers le sceau d’eau désormais froid, et s’en arrosa le visage pour briser toutes ses pensées. Assez de sang, assez d’épée, assez de se sentir comme un gamin dans un corps d’adulte. Il avait trouvé celle à qui son âme parlait, c’était bien assez. Délestant toutes ses armes, il se rhabilla en nettoyant brièvement les tâches les plus grossières sur ses vêtements, le sang et la boue ont tendance à rapidement devenir difficile à enlever si l’on ne s’en charge pas.
 


Laissant le manteau en cuir sécher, il se retrouva avec pour maigre habit sa chemise blanche aussi fine que marqué par les voyages. Lorsqu’il ouvrit la porte pour descendre, le Soleil s’empressa de lui bruler un instant les yeux, encore trop adapté à l’obscurité. Puis la Laguz sortit également, fatiguée, plus que lui-même. Cela lui arracha un sourire doux amer. Rendant humblement un geste de main avant de retenir un bâillement, il descendit avec elle, ajustant son gant calmement pour cacher sa marque en remarquant la capuche qu’elle portait. Une fois à table, l’enfant des sables admira un long instant les traits du visage de la féline, rien n’avait changé, peut-être un peu mais c’était infime et sa mémoire ne pouvait que se souvenir de tant de détail. Il retint un rire innocent en écoutant le ventre de Khar’a gronder de faim, et en vérité, le sien aussi l’aurait bien rejoint si son esprit n’était pas occupé à autre chose.

 
Posant son coude et retenant son visage avec sa main, il commanda aussi de l’eau chaude et de quoi faire du thé ainsi que du café. Voir Khar’a avait un effet apaisant pour Blaze, comme voir un court d’eau s’écouler paisiblement, il y avait une sorte de paix à voir cette Laguz sans soucis. Un air serein détendit les traits marqués par les efforts et la tristesse qu’il avait commencé à creuser récemment. Haussant le sourcil en regardant la statuette à nouveau, il fallait dire que ce n’était pas du grand art en vérité. Mais Blaze rougit des joues, à mi-chemin entre la timidité et la joie. Hochant un sourcil, de nombreuses réponses lui venaient en tête. Déjà, le fait qu’ils cachaient tous les deux leurs attributs indiquant une appartenance à cette race. Puis, le fait que les Marqués étaient des exceptions rares, des anomalies. Toutes ses pensées auraient pût le rendre triste, mais au final, il n’eut pas le temps de répondre si ce n’est que par un sourire. Il n’arrivait pas à être rationnel, il n’arrivait pas à faire le bretteur avisé qui savait la difficulté de sa situation et celle du monde. Avec Khar’a devant lui, tout paraissait si simple.


Ce moment d’apesanteur se dissipa quand il entendit la venue du mage. Comment s’appelait-il déjà ? Carotte ? Catro ? … Une douleur sifflante vint avec le souvenir d’hier soir. Catô. Un shaman. Hochant la tête pour l’accueillir, voyant qu’il était tout aussi dans la confusion que lui, il eut un sourire narquois devant le comique de la situation. La faiblesse physique de ce dernier était suffisante pour confirmer qu’il s’agissait bien de l’homme qu’il avait trainer sur son épaule durant trop longtemps. Du moins, il allait rester ici au moins une autre bonne journée, au à la vue de son état déplorable malgré une nuit de repos. La même chose pourrait être bénéfique pour lui en vérité, Khar’a aussi certainement. Une journée sans se ruer sur la route pour fuir quelque chose dont il ne sait pas vraiment l’origine lui ferait le plus grand bien. Du moins, il rigola bien quand ce dernier fourcha sa langue avec son nom. Retenant son hilarité dans sa barbe, il répondit sereinement :


« Ne t’excuses pas, on lui doit tous les deux une fière chandelle tu sais. »


La vérité était qu’il fut également sauvé. Là où le physique défaillant du shaman aurait signé sa mort, c’était celle de ses nerfs qui l’avaient lâché. S’il n’avait pas aperçu la lumière, aussi fine soit-elle, il aurait continué à dériver dans l’océan de la folie pour ne plus jamais s’en échapper. Vraiment, la mort aurait été une fin bien plus agréable plutôt que de vivre comme un monstre. Peut-être qu'il serait devenu comme Kerorian a cherché la mort dans un combat assez glorieux pour être qualifié de bonne mort ? Des pensées bien sombres qu’il chassa en observant la Laguz, muet d’admiration, mais le fourchage de langue de Catô ne l’aidait pas à diminuer sa gêne. Il fut néanmoins assister par l’intervention d’un serveur qui lui apporta le déjeuner ainsi qu’un set pour thé. Versant d’abord un verre d’eau chaude pour Catô, il demanda.


« La prochaine fois que cela t’arrive, appuie toi sur moi, pas besoin de me le demander. J’ai cru comprendre que vous voyagez ensemble depuis quelques temps non ? »





Cette phrase sonna… faux pour Blaze. Une pointe de jalousie qui n’avait pas le droit d’exister monta en lui. Mais cette dernière fut emporté par la curiosité et une sorte d’énergie enfantine qui l’animait. Commençant à manger du pain avec du miel, il attendit patiemment les histoires de ces deux compagnons de voyage. Ça ne peut pas faire de mal n’est-ce pas ? …
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatarBeorc


Messages : 96

Feuille de personnage
Niveau:
17/60  (17/60)
Points d\'Expérience:
72/100  (72/100)

MessageSujet: Re: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   Mar 14 Nov - 22:31

Comme il aurait pu s'y attendre, s'il avait été calculateur, ce "Blaze" se montra aussi...humain que Khar'a. Tous deux n'auraient pas hésité à tirer sur leur propre santé, et n'avaient pas hésité à le faire d'ailleurs, pour l'un durant une journée complète, pour la seconde durant toute une saison, pour veiller à sa santé.
Quelle ironie, songea brièvement le magicien. Lui, qui était l'incarnation du "Beorc". De la puissance de sa race, de la Magie elle-même, alors qu'il possédait tant et tant de connaissance, et une puissance outrepassant n'importe quelle conscience. Lui qui était l'incarnation de la mort, bien plus que ne pouvait l'être une pauvre chatte et un bretteur maladif, il aurait pu les pulvériser d'une seule phrase, d'une seule incantation. Même pour un mage noir, Catô savait, après l'avoir longuement étudié, que sa puissance dépassait toute logique. S'il l'avait souhaité, ses sorts et sa connaissance auraient pu faire un carnage, ou lever un culte entier sans doute, autour de ses capacités.
Mais le jeune shaman était tout sauf violent et ambitieux, sinon pour le meilleur, et la remarque de Khar'a n'avait pas échappé à l'intelligent magicien qui dressa un sourcil. Un marqué ? C'est vrai que ça manquait à la figurine, qu'il aurait lui-même pu faire, vu le niveau artistique...si on était pas trop regardant. Déjà que celui de ce Blaze n'était pas terrible d'ailleurs...

Blaze qui d'ailleurs, se fendit d'une réponse suspecte, aux yeux de tout homme qui se serait respecté. Le survivant, si tant est qu'il méritait un tel titre, préféra ne pas s'attacher à des notions de possessivité virile. De toute façon, que le bretteur veuille ou non défendre son "lien privilégié" avec Khar'a, n'était pas ses affaires, que cela lui plaise ou pas. Qu'importe que l'idée de voir partir sa Laguz à lui avec un autre le blesse profondément, ce n'était pas à lui d'en décider.
Alors il se fendit d'un sourire, aussi convainquant que sa maladresse sociale pouvait lui permettre.


"Hé bien Khar'a a eu de la chance d'avoir des amis robustes ! Vous imaginez si elle n'avait connu que de pauvres types comme moi ?"

Une critique blessante...envers lui-même. Le jeune sorcier avait conscience d'être un poids...autant que d'être la plus puissante des armes. Aucune magie ni magie n'égalait la puissance des arts sombres, et bien peu d'hommes auraient pu se targuer de posséder son potentiel psychique.
Mais parce-qu'il le possédait, et plus encore par le prix qu'il avait payé pour l'avoir, le dernier Sicarius savait à quel point son don était précieux. La vie n'avait pas de prix. La sienne, qu'il avait pourtant offert pour sa puissance hors normes, ou celle de sa victime, pauvre hère, au mauvais endroit au mauvais moment.
Combien d'autre avaient connu un tel sort ?


"Et pour te répondre...nous nous côtoyions depuis le...début *kof* de l'hiver. *kof kof* le shaman marqua un arrêt, pour stabiliser son souffle, maudissant sa constitution fragile "Nous avions froids tous les deux...j'avais fait un feu, elle est venue se jeter auprès de la chaleur, nous avons...facilement fait connaissance."

Le puissant et fragile sorcier se râcla généreusement la gorge, terrassé tant par son éternelle toux que par la gêne, craignant de devoir expliquer comment lui et la féline, sans connaître plus que leurs noms respectifs, s'étaient réunis sous une même couverture?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
❝ Contenu sponsorisé ❞



MessageSujet: Re: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   

Revenir en haut Aller en bas
 

Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» WE need you : Requiem Momento Mori
» Présentation Memento Mori
» Dulce et decorum est pro patria mori (PV Gabushi)
» Partenariat : Memento Mori
» Ki rol Don Cato te jwe ezakteman nan zafè Jacques Roche la

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Fire Emblem - Dawn of Destiny :: Tellius :: 

Daein

 :: Lieux Divers
-