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 Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]

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MessageSujet: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   Lun 3 Juil - 15:58



Les morts s'étaient réveillés... Les règles de la vie venaient de s'inverser, c'était les morts qui tuaient les vivants et les vivants qui tuaient les morts. Les plus observateur remarquent la marche à l'unisson de cette armée vers Sienne. Et la peur devenait palpable, partout. L'espoir disparaisait. Car un nouveau mort, c'est un cadavre de plus pour cette armée maudite. Et leur marche ne peut être arrêtée. Pourtant, même dans ses instants où l'humanité tremble et menace de s'effondrer, certaines choses restent comme telle, ce qui fait de nous... des humains. On prie les morts, on protége les enfants, on survit tant que l'on peut. On aime, on déteste, on donne la vie, on la prend. On aide son prochain, ou on le dépouille de ce qu'il a pendant qu'il se fait dessus...

Une proie facile, pensait le bandit. Car comme dit précédemment, même lorsque la fin du monde approche, les bandits pillent, violent et tuent. Une proie facile donc. Un homme, ou ce qu'il en reste. Le genre auquel on pense que c'est pitié que de l'achever. Avec sa grande épée dans son dos qui écrasait, le bandit pensait avoir trouvé une bonne prise. Mais même dans ces moments sans espoir... on survit.

Un bruit macabre d'acier entrant en contact avec de la chair résonnait dans la forêt. Tchak, un silence, Tchack. Encore et encore. Dans la brume fine des arbres, la silhouette d'un homme abattant péniblement son épée au sol avant de la relever et recommencer, pouvait être aperçu. De loin, on aurait dit un bucheron, du moins, un mauvais avec un gabarit pareil.

L'homme s'arrêta, avant de relever une dernière fois son épée pour l'abattre contre le cadavre du bandit, désormais en morceau. Il avait entendu qu'on s'approchait de lui, et il répondit d'une voix grave avec un souffle animal.



"Seuls les morts marchent dans cette forêt... Et bientôt vous rejoindrez leur rang..."

Sa tête pivota doucement vers eux, son long souffle agitait un nuage de vapeur devant lui, presque bestial. Ses cheveux rouges étaient collés contre son visage par la sueur et le sang. Il était tournés vers les deux silhouettes de brume désormais, révélant dans toute son horreur les morceaux de chair ensanglanté sur sa veste et son épée, dégoulinante de sang qui perlait goutte par goutte.

"Mais en morceaux, vous ne leur serrez d'aucune utilité."

L'homme avanca lentement, avec une démarche d'une extrême fatigue. Mais il avançait, son épée trainant dans la boue, son visage horriblement pâle et ses yeux cachés sous sa crinière de sang. On pouvait désormais voir le cadavre du bandit, découper grossièrement de la tête au pieds. Ca dernière 'purge'.
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MessageSujet: Re: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   Jeu 6 Juil - 0:32

L'hiver avait été long. Comme toujours à Daein, et dans le coeur de Catô. Les froides neiges faisaient remonter tant de souvenirs chaque année, et son coeur se serrait encore lorsque son regard se posait sur les pics au loin, enveloppé de leur manteau de velours glacé.
Bien des années plus tard, le mage noir accueillait encore le vent du nord et sa brise givrée avec des émotions contraires, les soupirs du temps qui passe, l'aigreur d'une blessure qui ne referme pas, les échos lointains de rires d'enfants...et avec eux, les inévitables changements d'humeur de la saison froide et de douloureux souvenirs. Et puis, sa fragilité ne l'aidait en rien, le rendant d'autant plus vulnérable aux fléaux de l'hiver. Il lui était difficile de garder le moral lorsqu'il peinait à respirer des semaines, des mois durant et qu'il lui était parfois presque impossible de se reposer véritablement lorsque la fièvre montait jusqu'à le faire délirer, ou qu'il grelottait à s'en faire mal aux dents.
Mais cette année avait été différente, pour de vrai.

Emmitouflé dans plusieurs couches de vêtements chauds et de gants de laine épais, le dernier Sicarius soufflait tout de même sur ses mains en hasardant ses lèvres par-dessus son écharpe en coulant un regard inquiet vers la petite flamme vivace qui avait illuminé ses journées, durant cette période difficile qui lui avait autrefois tout pris.
Khar'a restait fidèle à elle-même, telle qu'il se l'était imaginé à leur rencontre, quelques temps après la fin de l'automne. Une enfant, une petite chatte. L'innocence incarnée, tout ce qu'on pouvait vouloir protéger réunis dans un minuscule corps avec des grandes oreilles.
Durant tout l'hiver, elle n'avait eu de cesse de le surprendre. Par son énergie débordante, par sa logique propre et incompréhensible - dangereux cumul de la pensée féline et féminine - mais plus que tout par son optimisme inébranlable. Quand le froid et la maladie lui faisaient ruminer de noires pensées, qu'il n'avait plus qu'une envie, s'enfermer quelque part et souffrir seul, elle avait été là. Toute petite flamme dans les grands vents de l'hiver, mais à ses yeux la minette brillait comme la torche dont il avait besoin. Non pas le flambeau qu'il devait suivre, ou brandir pour guider les autres. Simplement quelque chose pour éclairer ses propres pas et se réchauffer un peu.
Il appréciait tellement sa présence, sa bienveillance, tout ce qu'elle avait fait pour lui sans même s'en rendre compte et tout ce qu'elle pourrait encore apporter aux autres, à leur monde, à ces rêves fous qu'ils partageaient, eux, un adepte des Sombres Arts et une femme-chat. Oh bien sûr, elle avait été exubérante parfois. Souvent en fait, et il ne comptait plus le nombre de migraines qu'elle lui avait collé...mais ce n'était rien, rien qu'une magnifique démonstration de vitalité et d'espoir.
Catô aimait réellement la compagnie de la jeune Laguz aux grands sourires. Ses voyages étaient devenus infiniment plus agréables, les paysages plus beaux, et les nuits plus douces depuis qu'elle partageait sa route. Entre deux quintes de toux, le Shaman souhaitait ardemment que cette aventure à deux se poursuivre encore.

Alors pourquoi diable se retrouvaient-ils ici, au nom de tout ce qui peut être sacré ?

Peu de temps après le début du printemps, alors que les neiges commençaient à fondre et que quelques routes retrouvaient leur aspect d'antan, Catô s'était écroulé quand une vague sinistre déferla sur le continent. Un mage normal aurait eu un mauvais pressentiment, peut-être un frisson d'appréhension s'il était sensible...mais le survivant n'était pas "un mage normal". Il était un sorcier noir, un magicien de l'occulte qui s'était donné, sacrifié aux arts dont on taisait le véritable nom. Le sortilège, quel qu'il soit, l'avait secoué comme une véritable tempête. Du moins, c'est ainsi qu'il l'avait ressenti, lui le fragile garçon.
Dans les heures qui suivirent, si Catô ne garda qu'une certaine fatigue de ce choc inattendu, l'humeur générale s'écroula en revanche net. Le pays était encore morose d'avoir perdu son roi durant une fête censée être joyeuse, pour réunir les peuples, et l'hiver avait mordu juste après ce drame, mais Daein - comme tout Tellius - avait essayé de garder la tête haute et de continuer sa vie.
Mais quand les premiers cris d'alerte retentirent, le moral et l'espoir s'effacèrent, balayé par l'acharnement d'un vicieux destin. "Les morts se relèvent !" entendait-on crier. "Les morts se relèvent !". Il ne fallut pas longtemps pour qu'on en apprenne plus. Les non-vivants marchaient, errant tous vers un but apparemment commun, mais encore inconnu alors aux simples mortels. Si on leur barrait la route, ils ripostaient. Parfois avec une dangereuse férocité, leur insensibilité post-mortem en faisant de dangereux adversaires. Le pire était que, ceux qui tombaient malheureusement face à cette légion maudite se relevaient à leur tour pour grossir leurs rangs.
Bien évidemment, on commença à se regrouper vers les villes, s'unir face à ces périls qui ne cessaient de s'enchainer contre ce monde misérable, se retrancher.

Catô aurait voulu en faire de même. Mais Khar'a l'avait empêché de l'entraîner vers la cité la plus proche, le tirant au contraire plutôt vers les bois, à sa grande détresse. "Moins de gens veut dire moins de morts !" avait-elle à peu près déclaré avec une relative sagesse. Le Shaman avait tenté de la convaincre que des positions fortifiées seraient plus sûres, mais au final il sentait lui aussi que ça sonnait faux. Si les morts parvenaient à passer, les défenses de l'Humanité deviendrait leur tombeau. Serrés les uns contre les autres, cette...épidémie se répandrait comme une trainée de poudre.
Et...après réflexion, le sorcier ne put se résoudre à se terrer comme un rat. Lui et Khar'a rêvaient d'un monde meilleur, d'un monde où Beorcs et Laguz pourraient vivre main dans la main, se respecter, s'aimer pourquoi pas, et où ils pourraient construire tous ensemble leur avenir sans craindre de pareils événements.
L'héritier Sicarius savait ne pas être le plus puissant ou sage magicien de Tellius, très loin de là...mais cette affaire puait une magie si noire et si puissante qu'il en avait la poitrine serrée. Ou alors c'était la peur. Sans doute un peu des deux. Le monde volait en éclats, et même les lois naturels les plus évidentes étaient remises en question, par une menace sans nom ni visage. Seul un fou serait resté de glace.
Mais il avait Khar'a avec lui, et après lui avoir exposé sa théorie et son plan, il lui avait demandé de l'accompagner pour observer ces fameux morts qui marchent, d'étudier autant que possible de visu l'immonde phénomène.
Il savait que seul, il n'en aurait jamais eu la force physique, et encore moins le courage.

C'est ainsi que, quelques temps plus tard, l'étrange couple errait dans une brumeuse forêt. Le Sicarius avait la respiration sifflante, une main serrée sur sa poitrine qui lui faisait mal, l'autre posée nerveuse sur le tome noire à sa ceinture. Ce contact était un réflexe, la plus évidente des manies, mais Catô ignorait si elle le rassurait ou l'angoissait. Il souhaitait absolument éviter le combat, s'il avait à ouvrir ce livre, c'est qu'ils devraient défendre leurs vies...sans doute au prix d'une autre. Bon, "sois positif !" lui crierait sans doute cette brave Khar'a s'il lui disait le fond de sa pensée, aussi le Shaman devait reconnaître que "tuer" un de ces...mort-vivants ne devraient pas trop le choquer. Enfin, moins qu'un véritable meurtre...et il en connaissait hélas que trop bien le poids.
Mais le vrai problème que son esprit critique ne pouvait ignorait, était la question de l'efficacité. Ses arts surnaturels qui visaient à détruire l'âme et l'esprit, seraient-il seulement capable de causer le moindre dommage à des cadavres réanimés, par le bien d'une magie infiniment plus puissante que la sienne ?
Si non, alors il était inutile. Pire, il était un poids. Sa présence mettait Khar'a en danger...et ça l'angoissait d'autant plus.

Il faillit faire une attaque, et la minette aussi s'il devait en juger sa réaction, lorsque l'un des cadavres ambulants les croisa. Dès qu'il avait réalisé sa présence, Catô avait senti ses veines se glacer. Horrifié, il crut qu'il allait à nouveau tourner de l'oeil lorsqu'il regarda le mort-vivant, et qu'il le sentit. C'était...c'était tout ce qui n'aurait jamais du être. Ce pauvre homme, qui qu'il ait été, aurait du reposer en terre jusqu'à ce que sa chair et ses os ne soient plus que souvenirs lointains. Pas errer, extirpé de son sommeil éternel, à pourrir ainsi sur pieds.
S'il les avait attaqué, Catô ne doutait pas que le zombie les aurait tué. Lui aurait été incapable même de lever les bras pour se protéger. Peut-être Khar'a aurait-elle pu faire quelque chose, peut-être...mais la question resterait fort heureusement sans réponse. Comme ils se figèrent hors de la route du mort-vivant, celui-ci les dépassa, sans même leur accorder un regard.
Ce phénomène laissa l'analytique magicien particulièrement perplexe, et quand il put à nouveau respirer correctement il commença à concevoir des théories. Mais face à un tel mystère, une telle anomalie, son esprit logique souffrait sévèrement.
Ils aperçurent parfois d'autres victimes de la non-vie. Engaillardis par la précédente "rencontre", ils évitèrent de rester sur leur chemin et s'en tirèrent à bon compte à chaque fois, si ce n'est par le profond écoeurement que leur proximité causait, et Catô avait beau réfléchir encore, et encore. Observer, étudier, décomposer. La question restait floue. On aurait dit...des pantins. Tout ce qu'il savait, c'est que quelqu'un devait les commander, et c'était la marque de fabrique de la magie noire.
Autrement dit, il n'avait pas plus avancé...ça vaut le coup de risquer sa vie et celle d'un être cher, hein ?

La tension monta à nouveau d'un cran quand ils entendirent - enfin Khar'a surtout, elle et ses grandes oreilles tellement plus affutées que les siennes - des bruits de combat. Oui, de combat. Pas de bagarre brute et bête d'un non-vivant qui répond presque instinctivement à une agression. C'était un être sensé qui luttait. Probablement.
Curieux de savoir qui pourrait s'aventurer dans un tel lieu, à un tel moment, Catô était partagé entre la peur et l'empressement. Il s'agissait peut-être d'un criminel qui profitait du chaos pour piller, ou d'un barbare sans foi ni loi qui se faisait la main sans craindre aucune justice...mais peut-être était-ce des confrères, d'autres...volontaires qui voulaient faire quelque chose.
Ou pire, d'un malheureux pris au piège dans un cercle vicieux de violence. Ils se hâtèrent de rejoindre la source des bruits, Khar'a les guidant avec une appréciable habilité dans la brume et les bois, bien que Catô trébucha plusieurs fois, se prenant les pieds dans de sournoises racines ou bien son grand manteau s'accrochant dans une branche, jusqu'à ce qu'ils aperçoivent enfin une silhouette. A sa démarche et sa tenue, ce devait être un vivant. Ou alors un mort tout frais, aie.
Vivant confirmé. Il leur avait parlé. C'était un soulagement, jusqu'alors aucun mort n'avait jamais prononcé un véritable mot. Mais aie quand même, il penchait plus vers le barbare que vers le malheureux, s'ils pouvaient en croire ses propos.

Merde quoi, il fallait qu'ils trouvent comment "à peu près" survivre à cette...infestation de zombie, tout ça pour se faire menacer de mort par l'un des leurs ! Foutu destin. La panique recommença à étreindre le magicien qui haletait déjà. Cela dit, il ne sera pas dit qu'il n'aura rien tenté pour calmer le jeu et éviter le combat. Ce n'était peut-être qu'un pauvre type dont les nerfs ont lâché. Par prudence quand même, Catô poussa doucement son amie féline vers l'arrière, l'invitant à reculer prudemment, alors qu'il sentait avec angoisse le contact familier du cuir de son livre magique.
Par tout ce qui peut être sacré, pourvu qu'il n'ait pas à s'en servir...


"Hola l'ami... *kof* on est des vivants, et on ne veut pas se battre *kof* calme toi..."

L'air était encore froid, et la brume n'était pas l'environnement le plus sain à respirer. Mais ce qui faisait vraiment trembler les doigts du shaman et l'empêchait de garder son souffle, c'était la peur. La peur d'être attaqué, la peur qu'ils soient blessés, ou pire.
D'autant que la mort ne semblait plus désormais une fin en soit...
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Khar'a Mell
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MessageSujet: Re: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   Jeu 6 Juil - 22:15

Les oreilles de la minette remuèrent légèrement. Dans ce brouillard, l'ouïe était plus utile à Khar'a que la vue pour s'orienter. Or, elle avait clairement entendu les bruits d'une bataille. Attrapant la manche de Catô, elle se retrancha derrière lui, encore craintive du peuple Beorc malgré le fait qu'elle accompagne l'un d'eux dans ses voyages depuis un certain temps déjà. La moitié d'un hiver en réalité. Elle savait quel faiblesse physique tourmentait le mage, mais elle ne pouvait pas s'en empêcher : le fracas des armes indiquait la présence de Beorcs, et Catô était un Beorc, il était donc le plus indiqué pour négocier. Elle craint à un moment qu'il ne s'agisse de morts vivants, mais les créatures faméliques ne représentaient pas un danger immédiat... Bien que Khar'a l'eut d'abord crut. Elle avait failli mourir de peur lorsqu'ils avaient rencontré un zombie la première fois.

Bientôt cependant, les bruits de bataille s'estompèrent et une voix retentit à travers la brume. Une vois qui sembla étrangement familière à la minette. Plissant ses yeux de chat, elle tenta de percer l'opacité de la brume tandis que Catô prenait la parole pour tenter de convaincre leur interlocuteur et possible agresseur qu'ils n'étaient pas hostiles. Une masse de cheveux rouges, une silhouette dégingandée, un sabre, et une voix familière... Elle se concentra un peu plus. Elle tenait quelque chose... La silhouette approchait encore... Et le souvenir se fraya un chemin dans sa mémoire pour remonter à la surface.

Le souvenir d'une rencontre, plus d'une année auparavant, au pied d'une cascade. Le souvenir d'un homme qui l'avait aidé à oublier la première fois qu'elle avait tué un humain. Dans la vie d'une petite minette dont les contacts étaient réduits au minimum en raison de sa peur des Beorcs, le souvenir de la moindre rencontre était notable, et celle-ci encore plus puisque c'était lors de cette soirée, où elle avait été surprise en pleine danse, nue sous la cascade, qu'elle avait appris à vivre avec le souvenir du sang sur ses mains. Elle arrivait même à se souvenir de son nom...

- Blaze !

Et elle s'écarta de Catô, les bras grands ouverts, pour se jeter sur le rouquin dans une attaque câlin des plus spontanées.

- T'as l'air tout mal en point ! Qu'est-ce qui t'est arrivé !?




« Comment les hommes peuvent-ils être si merveilleux et horribles à la fois ? »
– Khar'a Mell
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MessageSujet: Re: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   Dim 9 Juil - 20:19



Ce qui animait l'homme aux cheveux de sang était des plus incompréhensible. Un mélange terriblement malsain de peur, d'instinct de tueur et de logique macabre. Un cadavre est une menace en plus, une personne vivante est un cadavre à en devenir, donc une menace potentielle. Ou plutôt même, à retardement, si jamais ce mal ne connaissait jamais de fin. Un cadavre en morceau en revanche, n'était plus une menace. Alors. Par un passage inexplicable dans l'esprit brisé du bretteur, mettre en morceau les vivants étaient une manière de s'assurer qu'ils ne rejoindraient jamais l'armée des morts. Au début, cela l'avait révulsé de transformer en spectacle immonde les corps des tombés. Puis, il avait arrêté de réfléchir, son cerveau, ou ce qu'il en restait, agissait par automatisme. Ceci marqua la fin de ce qui lui donnait vie : l'espoir. Vivre sans, ce n'est pas vivre du tout.

Alors l'homme voyait devant lui deux vivants. Deux morts à en devenir. Alors les tuer, ce n'était pas ce qui l'animait. Les mettre en morceaux pour les empêcher de nuire quand ils mourront. Et s'ils mourraient durant le processus me diriez vous? C'était trop réfléchir pour un humain ayant manqué de sommeil, de nourriture et surtout, de but. Son alliance au désert était désormais rompu, et sans cette direction, bien vite il s'est perdu. Se cantonner à son désert l'aurait certainement sauvé du destin tragique qu'il prenait. Car le but qu'il s'était fixé était inatteignable. On n'arrête pas les morts. On fait juste ce que l'on peut pour survivre...

Alors comment me direz-vous. Comment cette Laguz qui venait de lui sauter dans les bras pourrait le sauver? Eh bien, ce qui défait un homme, peut aussi le refaire. Ce qui brûlait avec hargne dans les yeux de Khar'a, c'était l'espoir. La vie, la chaleur, tout ce qui pouvait rappeler que tant qu'un cœur bat, il y a de la vie. Et tant qu'il y a de la vie. Il y a de l'espoir. Ainsi, même d'un feu éteint, les braises peuvent ranimer la flamme.
Le bretteur s'immobilisa au contact de la Laguz, malgré ses jambes qui tentaient de pousser pour avancer. Ils échangèrent brièvement un regard, avant qu'il puisse formuler quelque chose.

"Je... Connais ton visage." dit-il en laissant son épée s'écraser dans la boue, levant doucement sa main pour la passer sur la joue de la fille. Son bras tomba, las et à court de force. Il se recula, comme s'il venait de subir un choc qui l'avait retourné l'estomac. Son souffle se calma et son regard devint terriblement fuyant, regardant le sol frénétiquement de droite à gauche, en pleine panique.

"Tu... hantais mes rêves, puis mes cauchemars... Combien de fois je t'ai vu mourir aux mains de ces morts..."



Il recula d'un autre pas, celui-ci encore plus tremblant et fébrile que le dernier. Il y a longtemps, il rêvait d'elle, revivant cette soirée qu'il avait passé avec elle et imaginant celles à venir. Puis... Les morts s'étaient réveillés, et la peur l'avait dévoré. Ce n'était pas la peur de mourir, ni celle de voir l'humanité être réduite en cendres... Pour une des rares fois dans sa vie, Blaze avait laissé son cœur dicté ce pourquoi il devait avoir peur. Il avait peur, pour elle. Au lieu d'affronter ces cadavres, il les avait fuit pour la retrouver, mais chaque jour, des cauchemars horribles de la Laguz se faisait attaquer par les horreurs qu'il avait observé l'hantait. Ces visions horrifiques, et l'espoir de la retrouver qui s'amenuisait de jour en jour, l'avait doucement amener à faire le funambule sur la dangereuse ligne de la folie. Risquant de sombrer à chaque pas et avec aucune fin en vue... La fin semblait s'être annoncé, et pourtant, il avait désormais les pieds sur la terre ferme à nouveau. Les ténèbres laissèrent place à la lumière, et ce n'est qu'en se retournant qu'il pouvait comprendre l'horreur de ce qu'il venait de faire, et de ce qu'il avait déjà commit.

"Mais tu... *snif* tu es en vie..." Loué soit Yune? Ashera? Peu lui importait. Elle était la, devant ses yeux. Et par dessus tout vivante... Des flots de larme chaude se mirent à couler de ses joues, lavant doucement le sang et la poussière pour révéler un peu mieux son visage. Ses sanglots étaient assez pour le mettre à terre. Passant sa main pour essuyer un torrent qui ne semblait pas vouloir s'arrêter, il releva sa tête et dégagea les cheveux de son visage, révélant un sourire unique. Mélangé par les larmes, l'expression d'un bonheur intarissable pouvait s'y lire malgré toute la douleur exprimé par son visage.

"Je suis si *snif* heureux. *sob* C'est... bon de te revoir. Khar'a." Combien de fois avait-il rêvé de prononcer cette phrase? Il essuya tout de même une dernière fois son visage mais les sanglots ne semblaient visiblement pas prêt à se tarir. Son regard se porta sur l'homme à la robe noire. Il tenta de s'avancer un peu plus pour que sa voix puisse porter aux deux personnes, malgré le fait qu'elle se meurt dans sa gorge.

"Que faites-vous ici? Vous seriez tout les deux plus à l'abri dans une ville..." Il lâcha un soupir pour essayer de s'alléger des émotions qui le submergeait, il regarda avec dégoût son épée au sol avant de la reprendre et de l'essuyer difficilement, étant lui même horriblement sale de sa dernière action. Une fois rangé, il se sentit soudainement horriblement lourd. La fatigue? Une nouvelle peur? Ou ses pêchées...
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MessageSujet: Re: Momento Mori [PV: Cato et Khar'a]   Jeu 13 Juil - 12:48

L'homme paraissait totalement perdu. S'il ne leur avait pas parlé, Catô aurait probablement pu le confondre avec un de ces mort-vivants. En plus, si on réfléchissait bien, rien ne garantissait que ces choses ne pouvaient pas parler juste parce qu'aucun ne l'avait fait jusqu'à maintenant. Et s'ils y en avaient plusieurs catégories ? Ou qu'il y avait plusieurs sorciers, avec plusieurs buts ? Sans avoir de preuve fiable que ce type était de leur côté, le mage noir angoissait à l'idée de le laisser approcher. Il allait même suggérer à Khar'a de reculer, de garder leurs distances, quan la minette - dans son éternelle prudence - sauta carrément au cou de l'épéiste. En la voyant se suicider avec un tel entrain, le jeune sorcier crut faire une attaque, la dévisageant bouche bée et figé, tétanisé par la frayeur qu'elle venait de lui faire alors que son sang paraissait geler dans ses veines.

Mais bon sang de bonsoir mais quelle tarée ! Heureusement que le type en face parut aussi stupéfait que lui, avant de la reconnaître, le faisant passer d'un pseudo-zombie à un pauvre gars qui paraissait sortir d'un cauchemar, pendant que Catô, voyant qu'il n'y avait aucun danger de sa part, prenait appui sur un arbre pour ne pas s'écrouler, les jambes tremblantes et le souffle court. Trop d'émotions d'un coup, et trop fortes. c'était trop pour sa constitution fragile.
Au moins eut-il le temps de voir le bonheur, le soulagement sur le visage du rouquin, qui finit par rebrancher ses neurones et leur demanda ce qu'ils faisaient là avant d'aller récupérer son arme. Encore à deux doigts de l'asphyxie, le sorcier sentit un frisson d'appréhension le saisir lorsque ce "Blaze" nettoyait sa lame. Il n'avait pas l'air bien sain d'esprit, et il s'inquiétait pour Khar'a.
D'autant qu'il se sentait un peu de trop. Au vu de sa réaction, il ne considérait pas la minette que comme une simple amie, même s'il le comprenait bien. Quant à ce qu'en pensait Khar'a...aucune idée. Cela faisait un moment que le magicien essayait autant que possible d'éviter de tenter de comprendre son raisonnement.
La respiration encore sifflante, peinant à se reprendre dans cette atmosphère putride, Catô fut tenté de leur proposer de leur laisser un peu de temps, pour fêter leurs retrouvailles tous les deux...mais autant l'idée lui serrait le coeur - et bon sang que c'était pas le moment - autant ce n'était pas le bon endroit pour les réjouissances.
Quand il arriva enfin à marcher sans son arbre, il fit quelques pas pour les rejoindre, n'aimant pas parler à longue distance aux gens, bien qu'il se tint encore la poitrine.


"C'est ce qu'on s'était dit *kof* au début...mais je ne pouvais pas rester sans *kof* sans rien faire...pas avec ce...ça une quinte de toux plus violente l'obligea à s'arrêter. L'air était vicié ici, chargé par la brume et par le sang, il lui irritait la gorge et l'empêchait de reprendre son souffle "Je suis Shaman *kof*, on pensait qu'en observant ces choses de plus près on...on trouverait quelque chose à faire.."

C'était juste impensable pour eux deux, qui rêvaient d'un avenir meilleur, de rester à se cacher pendant que tant de gens risquaient de mourir et que les règles de la nature se bouleversaient. Et si ça durait ? Et si après avoir accompli ce qu'ils étaient visiblement appelés à faire, les morts se répandaient sur tout Tellius ? Ils n'auraient pas l'opportunité de répondre à la menace à ce moment là, s'ils devaient agir, c'était maintenant.
C'est ce que Catô aurait voulu dire, mais il était concentré à inspirer suffisamment d'air pour ne pas s'évanouir. Il avait beau être un mage noir, qui avait essayé de se documenter sur la nécromancie à une époque...tout ça dépassait infiniment ses compétences, mais il refusait de se laissait abattre pour autant.
Cela dit, il commençait à se demander à quoi il serait utile une fois crevé au milieu des bois. Ils auraient certainement mieux fait de foncer à une bibliothèque - enfin, lui y serait allé, et Khar'a aurait gambadé dans un parc - pour se documenter. Mais au moins, il avait vu de ses propres yeux ce qui se passait ici.

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