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 Du tout au tout [CdC Pandora - Finit]

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MessageSujet: Du tout au tout [CdC Pandora - Finit]   Sam 3 Juin - 20:45



Prologue - Le début d'une coïncidence.

Nevassa. Il n'avait jamais visité cette ville, mais il avait souvent été curieux. Voila qui constituait une occasion en or d'y faire un tour. Ce n'était pas une visite innocente puisqu'il avait un objectif en entrant dans la cité, mais tant qu'à faire autant profiter de l'occasion, non ? En tout cas, ce n'était pas lui qui allait se priver. Mais avant, il avait quelques vérifications à faire. Il se lança donc à la recherche des quartiers nobles de la ville...

Interlude : Ma plume sur le vélin.

Au moment où j'écris ces lignes, les événements que j'y consigne se sont déjà déroulés depuis quelques temps. Il est donc possible que je ne me souvienne pas de certains détails, mais j'essayerai de tout retranscrire du mieux que je le pourrais, pour la bonne tenue de cet ouvrage. Vous comprendrez rapidement quel malheureux concours de circonstances m'a empêché de mener à bien la rédaction de ces lignes dans les mémoires des dirigeants de notre famille, puisque le dernier ouvrage aurait dû me revenir dès le décès de ma mère, Dame Espéra de Cendrefer. Je me souviens que, peu avant sa mort, elle me convoquai dans ses appartements pour me remettre les clefs de son coffre. Une précaution judicieuse, qui ne devait cependant pas suffire.

Partie I - Entretien avec une mourante.

Lorsque je pénétrai dans la chambre de ma mère, je ne pus m'empêcher de plisser le nez, assaillie par la forte odeur des plantes médicinales qui embaumait la pièce. Je luttai toutefois contre ma répugnance pour franchir le seuil de la chambre et refermer la porte derrière moi, nous plongeant, ma mère et moi, dans une semi-obscurité. Seul deux chandelles étaient allumées, car depuis peu les lumières trop vives blessaient les yeux de Dame Espéra. Le léger claquement de la porte fut couvert par une quinte de toux. J'attendis qu'elle passe pour prendre la parole.

- Vous m'avez fait demander, Mère ?
- Oui, approche... Et cesse avec ces formalités, nous n'avons que peu de temps.

La voix était faible et enrouée, et je fus effarée de voir à quel point la maladie progressait vite dernièrement. Encore une semaine auparavant, elle parlait encore normalement. Le coeur serré par l'inquiétude, je vint m'asseoir sur un tabouret non loin du lit de la souffrante, écartant la mèche de cheveux qui cachait mon œil marqué. Je n'avais besoin d'aucune dissimulation en la présence de ma mère. Je glissai mes doigts dans sa main aux doigts recourbés, frissonnant en les sentant glacés contre ma peau. Elle n'avait jamais été aussi mal. Un pauvre sourire éclairait son visage, et j'eus un pincement au cœur. De toutes les personnes sur cette terre, elle était la seule pour laquelle j'éprouve une réelle estime, et même de l'amour.

- Ma santé se dégrade un peu plus chaque jour qui passe. Si j'en crois les prêtres qui me soignent, je ne vivrais plus très longtemps...

J'aurais voulu protester. Tout en moi me criait que ce ne pouvait pas être possible, ma conscience refusait d'accepter les paroles de ma mère, et pourtant... J'étais bien trop rationnelle pour mon bien. Je ne pouvais que constater son teint cireux, la faiblesse de sa voix et de sa poigne. Elle ne serrait presque pas mes doigts. Elle allait bientôt mourir. Et toutes les protestations du monde n'y changeraient rien. Alors je gardai simplement le silence, la laissant parler. Elle ne m'avait surement pas appelée pour m'entendre pleurer sur son sort... Elle était une femme bien trop forte pour se complaire ainsi dans sa situation, elle avait encore des affaires à régler. L'une d'elles m'appelait d'ailleurs probablement dans cette pièce.

- J'ai des choses à te dire avant de m'éteindre...

Je hochai simplement la tête pour lui montrer que je m'en doutais, refoulant mes larmes. Il ne sied pas à une femme de mon rang de s'abaisser à ces effusions sentimentales.

- Comme tu t'en doutais, tu n'est pas la fille de Friederik.

Un nouveau signe de tête de ma part. Un seule regard, et nous nous comprenions. Elle n'avait pas oublié les questions que je lui avais posées, lorsque j'étais encore une enfant qui cherchait à savoir pourquoi son père ne l'aimait pas.

- Il ne t'a pas reconnue...

Une quinte de toux, et elle reprenait le fil de sa phrase. Elle ne perdait pas son objectif de vue, jamais. Ma mère...

- Toi seule porte mon sang. Toi seule peut hériter de la Cendrefer et du nom de notre famille. Mais il ne permettra pas que cela arrive... Prends ceci.

La main que je ne serrai pas tendit un doigt squelettique vers une table de nuit de bois sombre, et je me levai pour faire le tour du lit et ouvrir le tiroir. Il contenait quelques lettres, un flacon de médicament et...

- La clé... Prend la clé.

Je m'emparai de l'objet. Une grosse clé en argent, qui semblait porter le poids de toutes les générations qui m'avaient précédées. Je ne me trompais pas vraiment, et j'allais rapidement le comprendre.

- Cette clé ouvre le coffre familiale. Tu y trouvera le dernier ouvrage de nos mémoires, et la Cendrefer dont je ne me sert plus depuis longtemps... Mais tu ne dois pas l'ouvrir tant que je serais encore en vie.

Je hochai la tête. Ma gorge était si serrée que je n'étais pas certaine d'arriver à prononcer le moindre mot. Je me contentai alors de passer le cordon de soie autour de mon cou et d'enfoncer la clé dans mon décolleté, la dissimulant entre mes deux seins. Je regardai ensuite le visage de ma mère. Il semblait plus serein qu'à mon arrivé. Elle était visiblement heureuse d'avoir réglé ceci avant de mourir.

Je passai encore un long moment avec elle, ma main glissée dans la sienne, jusqu'à-ce que les chandelles se consument entièrement et que mes muscles se crispent en raison de leur immobilité. Lorsque je quittai enfin la pièce, je me promis de m'occuper de mon père dès que possible... Cela ne pouvait plus continuer ainsi. Il fallait que je l'écarte des affaires familiales. Cela me faisait mal au cœur, mais une fois ma mère décédée, j'aurais le champ libre pour agir enfin contre lui.

Interlude - Pourquoi ?

Le lendemain même, elle expirait. Pas au milieu de la nuit, et pas en s'éteignant paisiblement comme dans beaucoup d'histoires, non... Les docteurs étaient à son chevet et tentaient d'apaiser sa souffrance, mais une gorge qui s'arrache a force de toux et un cœur qui s'emballe jusqu'à cesser de battre n'est pas indolore. Je me souviens de ses yeux paniqués. Elle avait beau savoir que la mort la cherchait, elle était comme tout le monde lorsqu'elle la trouvait enfin : Elle n'avait pas envie de partir, et elle avait peur.
Maintenant que j'ai accès à ses mémoires, je peux savoir pourquoi elle n'a pas cherché à se débarrasser de mon père plus tôt. Elle se cherchait des excuses. Elle l'avait trompé, elle devait se racheter pour ses adultères. Il était le garant de nos accords commerciales avec certaines personnes dont on ne pouvaient pas se passer. Mais à travers son écriture, je perçoit sa main qui tremble. Elle était simplement faible... Elle l'aimait, à sa manière, et elle ne voulait pas le voir disparaitre de sa vie.
Si elle avait su ce qui allait se produire après sa mort, elle aurait peut-être mis ses sentiments de coté. Peut-être.


Partie II - Retournement de situation.

Finalement, j'étais humaine moi aussi. Lorsque le médecin posa sa main sur mon épaule, sa mine désolée m'apprit tout ce que je souhaitai savoir. Mon cœur cessa de battre pendant un instant, et je dus investir toute ma force dans la confection de mon masque d'indifférence. Ma main claqua celle de l'homme avec violence, et je tournai les talons. J'avais besoin d'être seule.

- Je n'ai pas besoin de votre compassion. Vous avez échoué. Hors de ma vue.

J'étais fière de moi, ma voix n'avait presque pas tremblée. Mesurant chacun de mes pas, je me dirigeai vers ma chambre, passant devant mon mère. Il était moins bon comédien que moi : Même ma vision, floutée par les larmes qui menaçaient de déborder et que je contenaient encore de mon mieux, percevait la jubilation sur ses traits. Je serrai les poings, réprimant l'envie presque irrésistible que j'avais de le frapper. comme j'aurais aimé que Kerorian soit encore là pour le faire à ma place, mais il était parti suite au bal désastreux donné par la reine Micaiah. Pour ma part, je ne pouvais me permettre un geste aussi déplacé. Il y avait encore des gens présents dans le couloir, des médecins, des serviteurs qui transportaient des affaires... Même ainsi, même avec ma mère morte allongée à quelques mètres de moi, je ne pouvais me le permettre.

Finalement, je parvint à arriver dans ma chambre avant de ne plus pouvoir me retenir. Le bruit que je provoquai en tournant la clé dans la serrure de ma chambre fut comme un déclic : Je laissai libre court à ma colère, à ma frustration et à mon malheur. J'étais seule, personne pour m'observer, me juger... Je retirai mes talons d'un geste rageur, les jetai dans un coin de la pièce et m'allongeai sur mon lit. Mes bras enserrèrent mon épaisse couverture de plumes, et je fondis en larmes. Je ne parvenais plus à réprimer mes sanglots Enfouissant mon visage dans les draps pour essuyer mes larmes, je me fis l'absurde réflexion qu'il allait me falloir beaucoup de maquillage pour dissimuler mes yeux gonflés lorsque je sortirais enfin de mon isolement.

Ma mère viens de mourir. N'y a-t-il vraiment que de cela dont je doive me préoccuper ?

Une nouvelle bouffée de colère me saisit, et j'envoyai mon oreiller voler à travers la pièce, s'écrasant sur un vase de porcelaine. Une pièce de collection. Il tomba et éclata en milles morceaux, répandant de la faïence aux quatre coins de la pièce. Une flaque d'eau imbiba le tapis et les fleurs, privées de leur récipient, s'éparpillèrent en éventail au milieu, leurs feuilles tombant mollement autour de leurs tiges. La veille encore, je les avaient trouvées magnifiques. Maintenant, elles étaient destinées à mourir sur le sol de ma chambre. Ce ne serait que justice... Pourquoi Mère aurait-elle été la seule à mourir en ce jour ?

A nouveau, je m'écroulai sur mon lit, mais mes sanglots étaient silencieux à présent. Je devais me lever pour mander un serviteur, qu'il nettoie le tapis... Mais je n'en avais pas envie. C'était comme si toute force désertait mon corps. L'effort que j'investis en ce simple geste me surprit moi-même, mais finalement je me dirigeai d'un pas chancelant vers la porte de ma chambre et en tournait la clé...

La porte s'ouvrit à la volée, me faisant sursauter. Je reculai de deux mètres, découvrant mon père dans l'encadrement de la porte. Il ne se donnait même plus la peine d'essayer de jouer la comédie.

C'était exactement ce dont j'avais besoin.

- Pandora.

Même sa voix exprimait son contentement. Porc immonde...

- Sortez immédiatement de ma chambre. Vous n'avez aucun droit de pénétrer ici sans y avoir été invité.

Son sourire s'élargit. Ma haine grandit encore d'un cran.

- C'est là que tu te trompes, "ma fille". Maintenant que ta mère est partie, je suis celui qui détient le pouvoir dans cette maison.

J'eus le souffle coupé par son audace. Comment osait-il même prononcer ces mots ? Il n'avait aucun pouvoir ici ! Il n'avait pas mon nom, il n'avait pas mon sang ! Il n'avait pas la clé, et la Cendrefer n'était pas à lui. J'étais l'héritière de notre maison, et il le savait aussi bien que moi. Alors pourquoi ce sourire satisfait sur son visage ? J'avais envie de le lui effacer à coup de rapière. Mais mon arme était conservée à l'armurerie du domaine, un étage plus bas. Un rire sans joie perça la barrière de ma gorge serrée. La colère m'aidait à oublier ma tristesse.

- Tu n'est rien. Juste une ligne, une signature sur quelques contrats. Je peux les rayer quand bon me semble. Sort d'ici, immédiatement.

J'avais la désagréable impression que la situation m'échappait. Il avança encore d'un pas, son sourire s'élargissant, et il referma la porte de ma chambre derrière lui. Je me rendis alors compte que j'étais coincée.

- Pauvre petite Pandora... Tellement triste, démolie par la mort de sa chère mère, qu'elle s'est enfermée dans sa chambre, refusant toute visite. Elle a fermé la porte, et ne laisse personne entrer.

Mon sang se glaça dans mes veines alors qu'une idée se frayait un chemin dans mon esprit engourdi. Il s'empara de la clé encore fichée dans la serrure de la porte de ma chambre et la fit tourner entre ses doigts, l'air songeur.

- A s'enfermer dans sa tristesse, elle va devenir complètement folle la pauvrette. Il va bien falloir quelqu'un pour gérer le domaine. Quand à moi...

Il s'approcha de moi, mais je campai sur ma position jusqu'à-ce que nous nous retrouvions nez à nez. Il était plus grand que moi, et il me dominait de toute sa taille. Quelle idiote j'avais été, de retirer mes talons...

- J'ai une fille, parait-il, que j'ai élevée avec amour pour ne pas faire honte à sa chère mère. Mais maintenant qu'elle est morte, il est temps que la vérité éclate au grand jour. Tour le monde le saura... Que tu est une bâtarde. Que tu n'est pas de mon sang.

Lorsqu'il se pencha sur moi, j'eus un magnifique aperçu de son halène fétide et je reculai de quelques pas, le nez froncé dans l'espoir d'atténuer l'odeur. Pourquoi est-ce que je me retenais de le frapper, déjà ?

- La lignée ne peut pas s'éteindre avec toi, n'est-ce pas Pandora ?

Je fus saisie par l'horreur de ce qu'impliquait ses paroles. Je n'étais pas sa fille, et il fallait un héritier... Ce pourceau voulait la mainmise sur la noble famille des Cendrefer, quel meilleur moyen d'y parvenir que d'être le père d'un enfant de mon sang ? Moi, enfermée dans cette chambre et officiellement folle de chagrin, dissimulée, enfermée ici, laissant à cet immonde gros porc le soin de gérer MES affaires en portant ses enfants... Je ne pouvais pas l'accepter. Je ne pouvais tout simplement pas le laisser faire une chose pareille. Je fis quelque chose que je rêvait de faire depuis des années.

Je lui crachai au visage.

- Je n'accepterai jamais de faire une chose pareille, chien !

La répartie ne se fit pas attendre. Sa main fendit l'air, et je me retrouvai étalée sur le lit, la joue cuisante et à moitié sonnée. Il dit encore quelque chose que je n'entendit pas, puis quitta ma chambre en éclatant d'un rire sonore. Un nouveau déclic, et ce fut la fin.

Il avait gagné.

Interlude - Ma main tremble.

A l'époque, je réalisai tout juste que le jeu était finit. Il n'était plus question d'être protégée par l'influence de ma mère. J'étais seule, et il avait plus de moyens que moi. Moi aussi j'ai été faible, en particulier ce jour-là, en allant pleurer dans ma chambre au lieux de prendre immédiatement les choses en main. Voila le conseil que je donnerai au prochain lecteur de ce livre : Ne m'aime pas. Ne t'attache pas à moi. Ainsi, lorsque je mourrai, tu ne seras pas aussi faible que moi. Quel dommage que tu ne lise jamais ces lignes avant ma mort... Mais je ferais en sorte que tu applique ce conseil, même sans en avoir connaissance.
Ça aurait pu être la fin pour moi. Encore aujourd'hui, je remercie la chance qui a mis cet homme sur ma route. Celui qui m'évita la disgrâce qui m'attendait. A ceux qui vous dirons que l'on ne peut pas compter sur la chance, parlez-lui donc de ces lignes.


Partie III - La fin d'une coïncidence.

Un léger déclic me tira du sommeil agité dans lequel je m'étais plongée. Quelqu'un ouvrait ma porte. En pleine nuit ? Friederic essayait-il de nouvelles techniques pour me faire céder à son odieux chantage ?
Silencieusement, je me levai de mon lit et posai mes pieds à plat sur le tapis fraîchement remplacé. Je ne portais qu'une fine chemise, et il était hors de question qu'il me surprenne dans cette tenue. Aussi m'emparais-je d'une robe de chambre et la passais-je sur mes épaules, juste à temps : La porte s'ouvrait. Mais la silhouette qui se découpait dans l'encadrement, vaguement éclairée par un mince rayon de lune, n'était pas celle de mon père. Il s'agissait d'un adolescent, un peu plus grand que moi. Dans la pénombre, je ne distinguais pas la couleur de ses cheveux ou de ses vêtements, mais il me rappelait vaguement quelqu'un.

- Qui êtes-vous, et que faites-vous dans ma chambre ? Comment êtes-vous entré ?

Je savais que Friederik gardait la clé sur lui. Ce garçon m'était totalement inconnu, il ne faisait très certainement pas parti du personnel de la maison. A moins que mon père ne l'ai fait intégralement changer après la mort de ma Mère ? C'était une hypothèse tout à fait plausible, mais il ne me tenait au courant de rien... Cela faisait des jours que je n'étais pas sorti de ma chambre. Je tendis la main sur le coté, mes doigts se resserrant sur la cross du tout nouveau vase qui avait été installé sur ma commode. S'il m'approchait trop, il se retrouverait étalé sur le sol avec un joli hématome. Et la porte étant ouverte... Je serais libre. La perspective avait tout pour me séduire.

L'intrus leva les mains pour montrer qu'il n'était pas menaçant.

- Du calme miss, je ne viens pas en ennemi ! J'ai simplement cru comprendre que vous aviez besoin d'aide, et par égards pour une vieille connaissance j'ai décidé de venir vous aider...

Il fit un pas prudent dans la pièce, et le rayon de lune l'éclaira enfin en entier. A première vue, il avait à peu de choses près le même âge que moi. Son visage était fin, encadré de mèches de cheveux verts qui paraissaient presque noirs en raison de la source d'éclairage particulière de ma chambre. Enfin j'identifiai la personne qu'il m'évoquait : Le roi Sothe, décédé quelques semaines plus tôt. Du moins une version beaucoup, beaucoup plus jeune de notre ancien souverain. L'incongruité de la situation me donnai l'impression d'être hantée, et je frissonnai.

- Vous voulez m'aider à sortir ? Et après ? J'ai l'impression que vous n'avez aucune idée de ce à quoi vous vous mêlez...

L'adolescent souriait maintenant. Il faisait sauter entre ses doigts le crochet dont il s'était probablement servi pour ouvrir ma porte. Je m'étonnai de la facilité qu'il avait eu à accéder à ma chambre. Je pensais qu'elle serait gardée. Me penchant sur le coté, j’aperçus une paire de jambes bottées étalées sur le sol. J'avais donc ma réponse : Cet étranger avait réussi à endormir le garde pour m'ouvrir. La manière dont il s'y était pris était un mystère pour moi.

- De toute manière, je n'ai aucunement besoin de l'aide d'un homme du peuple. Je pourrais me sortir seule de ce mauvais pas. Un simple contretemps...
- Dans ce cas, pourquoi vous êtes encore ici ? Ça fait plusieurs jours que j'observe la maison, tout le personnel est neuf, personne ne connait encore bien les lieux. Ils laissent des ouvertures qu'un enfant de cinq ans aurait pu exploiter.

La rougeur de la colère me monta aux joues, et je fus heureuse que la lumière spectrale ne permette pas au jeune homme de le voir. Il se moquait visiblement de moi... Or, je n'apprécie pas que l'on se permettre une telle familiarité à mon égard, d'autant que cet individu faisait probablement partie du petit peuple. Probablement même un voleur, pour s'être introduit ici sans alerter la garde.
Cela dit, je ne pouvais pas ignorer ses paroles. Aussi désagréable que cela soit, il avait raison : Je ne pouvais pas m'en sortir seule. J'avais besoin de son aide pour quitter cette chambre. Ce faisant, je deviendrais certainement une fugitive. Si Friederik avait besoin de moi, il avait besoin de moi vivante et sous sa coupe. Si je m'en allais, il n'allait certainement pas hésiter à envoyer des assassins à ma poursuite. Mieux valait ne rien en dire à mon "sauveteur". Laissons-le penser que tout ceci est un jeu...

- Très bien, j'accepte votre... Aide.

L'inconnu sourit de plus belle et s’effaça pour me laisser le passage.

- Après vous, magnifique damoiselle.

Epilogue - La fuite

Cette nuit-là, je me suis emparée de tout ce que je pouvais transporter discrètement : Des bijoux, tous ceux que je trouvai dans mon coffret, dans ma commode. Il était hors de question que je dépende de mon sauveur pour vivre. Je savais que ma cavale allait être longue et difficile, il était hors de question d'ajouter à cela la pauvreté. Je n'ai en revanche pas pris la peine de revêtir l'une de mes robes habituelles, bien trop encombrante. Cependant, Niall, puisque c'est le nom de l'adolescent, m'ouvrit les portes de l'armurerie où je m'emparai d'une rapière, mais aussi d'un tome de magie glace, celui avec lequel je pratiquais mes entraînements et que Mère ne me laissait habituellement pas emporter. J'en profitai également pour récupérer ma tenue d'entrainement, plus proche du corps, taillée sur mesure, qui m'offrait un maximum de mobilité. Au matin, nous avions disparus.

Niall me raconta plus tard qu'il était à la recherche de Kerorian lorsqu'il était arrivé à Nevassa. Il avait entendu parler de lui, suivi sa piste et appris qu'il était devenu mon garde du corps pendant un temps... Une simple coïncidence. Lorsqu'il est arrivé, Kerorian était déjà parti. Mais le voleur n'était pas pressé, et il avait envie d'en savoir plus sur moi, car j'avais réussi à faire vivre à mon garde du corps une vie presque respectable pendant quelques temps. Il était caché dans les branches d'un arbre, dans le jardin, juste sous ma fenêtre, lorsque Friederik m'enferma dans mes quartiers.

J'ai appris à connaître Niall, par la suite. Il a tout de suite vu qu'il pouvait tirer avantage de la situation. S'il m'aidait, et que nous réussissions à me rendre la tête de ma famille, il était parfaitement conscient que je n'aurais d'autre choix que de l'en remercier. Je dispose tout de même d'un certain honneur, contrairement à certaines personnes. Alors que nous quittions Nevassa, il m'énuméra les bienfaits qu'il pensait tirer de son entreprise. Parfois, je me demandai s'il ne plaisantais pas. Mais je recouvrai ma liberté, voila qui était le plus important.

Ne me restait plus qu'à trouver un moyen de maîtriser à nouveau la situation.



Thème musicale de Pandora : ~Le bal des vipères~
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Moi, Pandora de Cendrefer, grande vainqueur du Grosbill Award, catégorie "personnage le plus parfait":
 
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MessageSujet: Re: Du tout au tout [CdC Pandora - Finit]   Mer 7 Juin - 21:32

Eh bien eh bien ! Voilà un CdC rondement mené !
J'avoue que je m'attendais à quelque chose de plus brutal, de plus violent de la part de Pandora, mais non. Je sais pas si c'est frustrant ou pas, parce que le texte était très bien écrit et la situation décrite juste ce qu'il fallait ! :3
J'ai beaucoup aimé ton CdC, même si tu aurais pu relire pour passer au crible certaines petites fautes VRAIMENT PAS JOLIES !

Quoi qu'il en soit, te voici validée Épéiste-Mage niveau 1 avec 14 points d'exp !
Amuse-toi bien !
(En espérant que tu récupères tes terres è_é !)
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