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 Rencontre aux portes de la mort [Kiméra]

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❝ Invité ❞



MessageSujet: Rencontre aux portes de la mort [Kiméra]   Mar 17 Jan - 22:42

    La pluie battait à mes tympans. Le soleil perçait les nuages. Au loin, j’apercevais un arc-en-ciel. Les rayons caressaient mon corps fatigué. Je baissai les yeux vers la plaie béant à mon flanc. Le sang commençait doucement à sécher là où la peau était déchirée. J’avais été abandonné là, en pleine nuit. Il m’arrivait parfois de dormir trop profondément. Trop déchiré de pensées diverses pour me souvenir des dangers qui rôdaient la nuit.
    Les brigands étaient arrivés sans bruit, m’avaient bâillonné, assommé, puis je m’étais réveillé là, sous la pluie, le soleil se levant doucement à l’horizon, le flanc déchiré par une lame émoussée. Je n’avais plus mon cheval. Je n’avais plus mes flèches, ni mon arc. Je n’avais plus mon couteau.
    Et pire, on m’avait arraché mon cache-œil. La paupière définitivement close sur mon orbite vide pulsait doucement, sans que je ne m’en rende vraiment compte. Les rayons chauds du soleil faisaient comme une brûlure sur cette peau fragile n’ayant plus rien à protéger.

    J’étais pieds et poings liés, ayant pour seule compagnie le vent doux qui soufflait, la peau qui allégeait quelque peu ma douleur, et ce soleil magnifique, merveilleux, qui faisait miroiter les couleurs sur la grisaille des nuages. Je ne pouvais rien faire, bien évidemment. Peut-être allais-je mourir. Ce sont des choses qui arrivent. Personne n’est parfait. Mais tout de même. C’était un peu dommage. J’aurais bien voulu mourir en combattant. Mourir en portant un jugement erroné, qui me reviendrait dessus, faisant tomber sur moi, en cascade, tous mes péchés et toutes mes erreurs.
    J’aurais voulu mourir en serrant Aylin dans mes bras.
    Mais mourir ainsi, le ventre ouvert, la vie se glissant hors de moi goutte à goutte, dans ce paysage magnifique… Je ne savais que penser. Il y a des morts plus tristes. J’étais si frigorifié par la pluie que je ne sentais plus la douleur. Bien des hommes me jalouseraient d’une telle mort. Dans un si beau cadre, sans réellement éprouver de souffrance, pouvant laisser son être vagabonder. S’envoler sans en prendre conscience. Et déjà, disparaître dans le néant, sans laisser de trace. Moi, archer monté, qui m’éteignais sans mon arc, sans mon cheval, sans avoir atteint le grand but de ma vie. Mais au moins m’éteignais-je sans souffrir.

    Un oiseau se posa sur mon épaule. Une colombe. Elle lissa doucement ses plumes rendues humides par la pluie, roucoula à mon oreille, puis s’envola. Je fixai le petit point blanc jusqu’à ce que l’horizon ne me le cache. J’étais à nouveau seul. Seul, et me demandant bien ce que j’avais fait pour en arriver là. J’avais pourtant dressé mon camp comme tous les soirs. J’avais pourtant demandé à Vifargent, durant mon court temps de repos, de rester alerte. Nous faisions ainsi, il dormait pendant que je veillais, puis nous changions les rôles. Nous avions toujours fait ainsi, depuis des années. Alors que s’était-il passé, mon cher compagnon. Pourquoi m’avais-tu fait défaut.
    Ils t’avaient certainement empêché de hennir. Peut-être t’ont-ils violenté, toi aussi. Peut-être te meurs-tu dans un lointain fossé, loin de moi, loin de tout. Non. Non, je le sentirais… Je te sentirais.

    Je fermai les yeux lentement, me préparant mentalement à accueillir ce linceul qui devrait m’entourer. Point de drap blanc pour Elryn Dueran. Seulement la pluie, seul compagnon de cette journée infinie. Le vent chantait une chanson que je ne connaissais que trop. Ce chant qui prépare la tempête, qui balaie les arbres, qui cache le soleil. Le temps du repos était terminé. J’allais souffrir le martyre en subissant les assauts d’une pluie violente et d’un vent qui frapperait chacun de mes os jusqu’à ce que mort s’en suive. Je n’en pouvais plus.
    De fins grêlons commencèrent à battre à mes tempes. D’ici quelques minutes ils auraient triplé de volume, et c’en serait rapidement fini de moi. Ma chair à nu ne pourrait supporter bien longtemps les attaques répétées de ces petits pics de glace.
    Je soufflai un instant, cherchant dans la lourdeur naissante la blancheur de ma buée. Comme pour me rassurer, me dire que la mort ne m’avait pas encore entouré de ses bras rachitiques. Je ne pouvais même pas tenter de me retourner. Mes bras étaient attachés de telle façon que tenter cela ne ferait que me faire plus de mal. J’étais coincé, totalement coincé face à une mort stupide en plus d’être inévitable.

    Puis, d’un seul coup, brillant et déchirant les ténèbres, je sentis une énergie. Une énergie qui s’approchait, se tendant vers la mienne comme guidée par l’appel de mon corps meurtri. Mais cette énergie, à mesure qu’elle s’approchait, me semblait étrange, erronée. Nombreuse. Inter-raciale. Il s’agissait d’une énergie dont l’enveloppe paraissait bien Beorc, mais l’intérieur… L’intérieur, si animal, si perdu… C’était comme si de nombreuses personnalités se perdaient en une seule… Non, comme si plusieurs personnalités avaient été liées de force en une seule. Comme si la mort des uns avait été greffée à celle de l’autre.

    Je serrai les dents et me recroquevillai comme je le pus. Cette présence, bien qu’elle n’exprimât aucune violence envers moi, me glaçait. Qui devais-je attendre. Qui devais-je accueillir. Les anges de mort avaient-ils des énergies semblables, avec de tels mélanges qui faisaient qu’on ne reconnaissait pas une énergie unique, mais bien une énergie multiple ?
    Je vis la silhouette s’approcher. Doucement, je fis un geste, levant légèrement ma tête pour attirer son attention vers moi.

    Ange de mort ou bien ange de vie, de toute manière si je ne le portais pas près de moi, cela n’avait aucune importance.
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MessageSujet: Re: Rencontre aux portes de la mort [Kiméra]   Jeu 26 Jan - 0:43



Il pleuvait, il faisait froid, il avait faim. Les pluies battantes et les tempêtes s’étaient vraiment pas sont trucs. C’était exténuant. Il était trempé jusqu’à la moelle des os, ses ailes humides alourdies par l’eau suintante rendait son vol déséquilibré et disgracieux.
Fatigué, éreinté, il décida de s’arrêter. De se poser tranquillement en attendant que le déluge passe. Des fois, il n’y avait rien d’autre à faire que d’attendre que le déluge passe, en le regardant de loin à l’abri des branches d’un arbre et de ses feuilles salvatrices.

- Putain de tempête de merde… c’n’est pas un temps à mettre un chien dehors ! A moins qu’on aime l’odeur du chien mouillé…

Il s’assit contre le tronc et profita du sec et de la chaleur que lui offrait la nature. D’un mouvement vif il secoua ses ailes humides pour en faire tomber les gouttes de pluies. Puis il s’enroula dans ses plumes et se recroquevilla il ne dormirait pas mais il se devait de ne pas avoir froid, de ne pas tomber malade. Quel comble pour un soigneur d’être malade.

Son regard scrutateur se posa sur la plaine, sur la brume qui l’empêchait de voir à plus d’un mètre à la ronde… il s’ennuyait.
Soudain, la pluie se calma, se transformant en une fine brume désagréable. L’espace se dégagea, le soleil prit place dans la plaine. L’atmosphère se réchauffait de quelques dixièmes de degré. Il allait pouvoir reprendre sa route.
Mais ses yeux de faucon captèrent une forme anormale, plus grande que celle d’un gibier et aussi… plus puante… c’était l’odeur de la mort.

- Putain… même dans les coins paumés, faut que je tombe sur des problèmes.

Avec nonchalance, il se lança dans sa direction trainant un peu la patte bien qu’il comprenait l’urgence de la situation. Il arriva bientôt sur le corps inerte s’était un Beorc… salement amoché d’ailleurs…

- Alors p’tit père… tu es mal en point dis moi… ?
_ Il examina plus précisément ses blessure et releva ses manches _ Bon voyons ce que je peux faire.

Il se pencha sur lui et le retourna du bout du pied il avait beaucoup saigné. Il devait vraiment se dépêcher.

- Vous êtes vraiment doué pour vous mettre dans la merde vous…

Soupirant longuement, il s’assit en tailleur et tendit son bâton au dessus de sa tête. Puis il délivra ses incantations. Il espérait au moins que ce jeune homme aurait la bonne idée de le remercier gracieusement, de lui payer un verre ou deux. Espoir qu’il savait vain au vue de son léger attirail. En plus d’avoir été méchamment blessé ils lui avaient piqués son attirail les salauds.

Il lui fouta une légère claque dans la figure pour le réveiller rapidement.

- Allez petit gars, on s’accroche et on n’me claque pas dans les doigts sinon Tonton Allen ne va pas être content de moi
_ Il le regarda ouvrir légèrement les yeux _ Allez, parle moi un peu pour me tenir éveillez et que je reste concentré. En plus rester éveillé t’aidera à te maintenir un peu.

Il n’avait pas l’air méchant, par contre son œil borne faisait assez froid dans le dos. Ça n’allait pas être une mince affaire et ça prendrait du temps. La pluie n’avait pas aider, il risquait l’infection, il risquait…

- Bon allé, haut les chœurs mon tout beau, Kiméra le magnifique va te remettre d’aplomb en moins de deux.

Il n’est pas ce que l’on pouvait appeler la douceur même mais bon qui irait se plaindre auprès de celui qui le soigne ?
Il espérait que ce ne serait pas lui car à vrai dire il n’avait pas envie d’un ingrat encore une fois.
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MessageSujet: Re: Rencontre aux portes de la mort [Kiméra]   Mar 14 Fév - 21:30

    Il arrivait près de moi. Sa présence me glaçait bien plus que la pluie battant sur ma peau dénudée. Je ne comprenais pas ses énergies, trop multiples. Sa présence était bourrue mais pas violente. Je l’entendis marmonner quelques phrases éparses. Mon ouïe batailla un instant afin de tout saisir. Il me sembla l’entendre marmonner quelques incantations. Rapidement, un flux d’énergie magique bienfaisante m’emplit, refermant les chairs meurtries, recollant les nerfs tranchés. Une vague de douleur m’arracha un frisson, alors que je gardai mon œil unique rivé sur le visage de mon bienfaiteur.

    Celui-ci n’hésita pas à me frapper afin de me maintenir éveillé. Je ne cherchai pas à l’en empêcher. Le coup eut pour résultat de me faire ressentir le sol humide, sa main fatiguée par l’effort, sa présence bien réelle. Ce coup me permettait lui aussi de fuir la mort à grandes enjambées, à parvenir à retrouver cette étincelle de vie qu’il me semblait, si peu de temps auparavant, avoir perdu à jamais. J’observai un instant mon étrange sauveur. Les traits étaient décidément ceux d’un Beorc, mais les grandes ailes ne pouvaient être que celles d’un Laguz. Je tentai de lever faiblement un bras afin d’effleurer les longues plumes trempées par la pluie. Elles étaient douces au toucher, bien réelles. Je lâchai bien rapidement ma prise.


    « Merci de votre aide… »
    Il n’y avait rien à ajouter avec une telle déclaration. Il m’aidait, je le remerciais, c’était bien tout. Mais il me faudrait encore rassembler mes forces afin de parvenir à récupérer tous mes biens. Un instant, je me demandai si ce jeune homme serait capable de m’aider dans cette tâche.
    Je restai encore focalisé sur son énergie si étrange alors qu’il continuait de fredonner quelques formules. La blessure, au bout de quelques minutes, se referma. Il faudrait encore quelques journées avant que mes muscles ne soient entièrement opérationnels, mais la souillure du sang et du sable dans ma chair ne se faisait plus sentir. Doucement, je m’assis, observant de l’œil mon jeune interlocuteur. Il n’était pas un soigneur débutant ; sa puissance était effrayante. J’esquissai un sourire.


    « Merci, Kiméra le Magnifique. Je suis Elryn. »
    Il me voyait là bien démuni. Je n’avais absolument rien à lui proposer en remerciement, pas même la promesse d’un bon repas à partager dans une auberge environnante. Mon regard vrilla sur la forêt, là où très certainement les bandits s’étaient nichés. Je me concentrai un instant, mais ne put rien percevoir par le biais des énergies. La présence tranquille de la forêt était trop grande. Je me décidai, encore une fois, et à contrecoeur, à demander de l’aide à mon sauveur.
    « Je n’ai rien à vous proposer pour vous remercier… Je vais devoir retrouver quelques malfrats pour récupérer mes biens. M’accompagneriez-vous ? »

    Son existence même m’intriguait. Je ne sentais en lui aucune envie de vivre pleinement, de faire le mal ou le bien. Il ne m’avait certainement sauvé que parce qu’on lui avait enseigné de sauver les êtres blessés. Sa présence multiple m’intriguait au plus haut point, et pour le moment, je ne pouvais rien dire… Il prendrait certainement la mouche. On est toujours vexé de sentir ses différences pointées du doigt. Et ma curiosité serait certainement satisfaite plus tard, si jamais nous cheminions quelques temps.
    Passant une main dans mes cheveux trempés, je fis tomber des gouttelettes d’eau en cascade. C’était glacé. J’esquissai un pas vers la forêt, invitant la jeune créature à me suivre.

    « Pourquoi m’être venu en aide ? Comment avez-vous fait pour me voir ? »
    Si peu de voyageurs arpentaient cette région en s’éloignant des sentiers que je ne pouvais cacher ma surprise de me savoir encore en vie parce qu’on m’avait trouvé. Quoi, il aurait simplement pu m’ignorer, ou même me croire déjà mort. Mais non, il s’était élancé, sans même réfléchir à qui je pouvais être. Il n’avait même pas réfléchi au fait que j’aurais pu être effrayé devant sa condition. Ou peut-être ne le savait-il que déjà trop, et avait-il pris le parti d’ignorer les réprimandes et les bravades envers sa personne. Je le détaillai encore un instant ; sa démarche souple, son air renfrogné, je me remémorai ses mots acerbes.
    L’absence de mon cache-œil se faisait cruellement sentir. Je n’étais pas habitué à ne plus le porter.
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MessageSujet: Re: Rencontre aux portes de la mort [Kiméra]   Mer 22 Fév - 12:45

- Pourquoi m’être venu en aide ? Comment avez-vous fait pour me voir ?

- Je ne vous ai pas vu, je vous ai senti. Vous puez la mort à 200 mètres à la ronde
Et c’était peu de le dire. Le sang caillé, mélangé avec la terre humide et la pluie fraiche donnaient à cet homme une odeur putride digne de la décomposition des cadavres. Enfin, pas besoin de partager les détails peu ragoutant avec cet homme. Il venait de frôler la mort pas besoin de lui faire tourner l’œil avec ce genre inutilité.
- Bref, pour vos vêtements, effets personnels et votre cheval _ tient il pensait maintenant au fait que le crottin de cheval ne devait pas aider non plus à l’odeur _ Si vous le souhaitez je peux vous aider à les récupérer. Je suis un bon pisteur et d’après ce que je peux voir, ils sont partis par là.

Il indiqua une direction semblant prise au hasard, pointant la forêt. Pour tout dire, il avait repéré des tâches de sang qui partait dans cette direction ainsi qu’une sorte d’aplatissement au niveau de la flore. S’il avait fait plus beau, il aurait pu repérer les effluves de Beorcs mais la pluie avait le dont d’effacer ce type de trace.
Sans retenu, il s’étira bruyamment et d’une main, il releva le Beorc.

- Debout ! Les blessures guériront en marchant et puis si vous espérez retrouver vos effets il vaut mieux le faire avant qu’il ne soit vendu.


Ses yeux se firent plus perçants que jamais alors qu’il repérait dans les bois l’odeur et la lumière d’un feu. S’il se concentrait un peu plus, il pouvait presque distinguer quelques silhouettes mais vu la taille du camp, tous ses occupants ne devaient pas être présents. Il devrait pouvoir s’en tirer sans problème, du moins espérons le.
- On y va avant que la nuit tombe et qu’ils rappliquent tous. Ça me détendra de taper sur du brigand

Même si intérieurement, il savait qu’il devrait tous les soigner après… Quelle plaie que d’être un gentille.

Rangeant ses ailes pour ne plus paraître si différent de la norme, il se remit au niveau du Beorc paraissant tout d’un coup bien plus petit. Avec son mètre soixante il ne payait pas de mine le gamin. Bah, de toute façon Kiméra était habitué. Il se faisait raillé et dénigré pour beaucoup de chose bien pire que pour sa petite taille.

- Bon alors, dis moi pourquoi un p’tit gars comme toi parcours les routes et manque de se faire tuer ? Tu es riche ? Un marchand peut être ? On t’a volé quoi au juste ? A part ton honneur peut être

Bah, il fallait pas s’attendre à mieux de la part de Kiméra. Il était gentil mais il restait une vraie purge. Gambadant tranquillement, ils se rendirent dans la direction indiquée. La chimère avait une drôle d’impression, comme s’il avait oublié quelque chose dans son équation. Il n’avait vu que deux trois hommes, n’avait rien pu entendre à cause du battement de la pluie et encore moins sentir quelque chose… Mais ces brigands avaient les mêmes avantages sur eux, ils étaient en plein milieu d’une plaine, à découvert… pour peu qu’ils aient posté des sentinelles ou des gardes… eux arrivant comme des fleurs devaient s’être fait repérer depuis longtemps… et pour peu qu’ils aient des avis de recherches sur eux, ils avaient pu reconnaître l’ange noir et leur tendre…
- Elryn ! Un piège !!!


Par reflexe Kiméra prit son envol alors que la terre s’ouvrait sous leurs pieds. Il avait été bête de se focaliser sur ce qui était évident. Ils devaient être un minimum intelligent pour avoir ce Beorc qui ne semblait pas, au vu de son corps, si stupide que ça…
Soudain, il sentit s’abattre sur lui un filet. Les enfoirés avaient piégé la voie des airs en plus… Des pierres accrochées au filet le rabattit au sol comme un vulgaire pigeon alors que in extremis il émit un battement d’ailes pour ne pas tomber dans le piège au sol.

- Eh bien, ça c’est de la prise les enfants, qui aurait cru que la belle au bois dormant nous ramènerait un si beau gibier, elle est bien résistente la jolie blonde.

Kiméra ruminait dans sa barbe inexistante, tout ça ne serait pas arrivé si Magus avait bien voulu supprimer sa plainte comme il avait promis de le faire. En plus de se mettre dans la mouise, il entrainait en plus un innocent… Quoi que en un sens… c’est en l’aidant qu’il s’était retrouvé dans cette situation donc c’est lui qui l’entrainait dans la merde…

*Putain de Beorc, tous les mêmes !!*

Rangeant ses ailes, il se releva. Les liens étaient résistants, aucun humain normal aussi fort qu’il soit ne pourrait les rompre. Heureusement pour lui, il n’était pas humain. Laissant la rage de Senri l’envahir, ses traits se tirèrent de manière féline alors que ses griffes déchiraient ce qui l’entourait.

- D’ailleurs elle est où la belle au bois dormant ?
- Ne vous inquiétez pas d’elle, la bête est déjà sur vous !


Il rugit et plongea sur ses opposants comme une bête mi-humaine, mi-bête. S’écrasant de tout son poids sur le premier venu, il reprit forme humaine saisissant le bâton de prêtre et le frappa d’un violent coup, l’assommant sans cri de semonce.
- Faut pas s’attaquer à ce qu’on ignore les gens

Il releva la tête et vit les cinq arcs cibler sur sa tête ainsi que la demi-douzaine d’homme en arme… Il était dans la merde.

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MessageSujet: Re: Rencontre aux portes de la mort [Kiméra]   Mar 27 Mar - 0:33


    Cette façon d’observer, de se tendre à l’écoute de la forêt… Cet enfant n’était pas seulement oiseau, il était aussi félin. Il était tant de choses improbables en un seul corps enfermées. Je ne répondis pas lorsqu’il proposa que nous allions chercher mes effets ensemble ; j’hochai simplement la tête pensivement, doutant quelque peu de ses capacités au combat. Un enfant et un blessé dépouillé de ses armes partant au combat contre une bande organisée de quelques malfrats. Un semi-sourire fleurit sur mes lèvres à cette pensée cocasse. Nous n’avions pas vraiment de chance de nous en sortir vivant. Mais avec le temps et les pérégrinations, j’avais appris à me laisser parfois surprendre.

    « La nuit eût été plus avantageuse, les ombres nous auraient… »
    Mais il ne m’écoutait visiblement pas, jugeant que l’action vive tant qu’il me restait des forces, ou qu’il lui restait de la patience, serait la meilleure actions. Continuant de cheminer à mes côtés, il finit par se mettre à marcher, faisant disparaître ses ailes. Parfaitement, comme si elles n’avaient jamais connu le jour. De plus en plus intrigué, je préférai répondre à mi-mots à sa question plutôt que de tenter d’étancher ma curiosité et risquer de le blesser.
    « Je suis… Le mot chasseur de primes devrait être celui me convenant le mieux, même si j’abhorre quelque peu ce terme. Qui sait, un rôdeur peut-être. Quelqu’un qui parcourt le monde avec pour seules possessions quelques armes et un cheval, quelques piécettes pour survivre. »
    Je n’osai ajouter que je n’étais en réalité qu’un pauvre fou qui courait après le fantôme d’un amour perdu qu’il ne reverrait jamais. Qu’il ne verrait jamais plus, car elle était finalement partie à tout jamais. Que pouvais-je dire d’autre. Il rirait certainement. Ce n’était pas son histoire. Il n’avait pas à partager ce poids qui m’étreindrait pour le restant de mes jours.

    Puis soudain, m’arrachant de mes silencieuses pensées, je ressentis un grand nombre d’énergies nous entourant. Fermant à demi mon œil unique, je marchai vers les fourrés, ne suivant que mon instinct. Je finis par atteindre un buisson proche du chemin, avant de me rendre compte que mon compagnon n’avait pas senti le mouvement de sa cape que j’avais brièvement serrée avant de m’éloigner pour l’avertir du danger.
    J’observai sans mot dire la scène qui s’en suivit, impressionné par l’organisation dont faisaient preuve les brigands. Comment avaient-ils pu prévoir ce filet, ces hommes ? Puis le visage de cet enfant me revint soudain, sur un avis de recherche. Oui, ce devait être cela. Sa tête devait avoir une mise à prix suffisamment alléchantes pour que ces hommes stupides fassent miraculeusement preuve d’une intelligence insoupçonnée. L’appât du gain dans le cœur des hommes… C’en était écœurant.

    Restant à l’abri pour réfléchir de la façon dont il fallait procéder afin de lui venir en aide, je finis par distinguer une faille dans leur attaque. Des archers. Parfait.
    Le plus discrètement du monde, je commençai prudemment à m’avancer jusqu’aux hommes. Ils étaient douze… Non, onze, car revêtant une forme hybride, faisant penser à un tigre sans vraiment en être un, le jeune Kiméra parvint à mettre à terre l’un des stupides qui le narguait d’un peu trop près. Il eut de la chance que l’enfant ne l’achève pas. Quelle étrange bonté.
    Je finis par atteindre mes cibles sans trop de problèmes, tous obnubilés qu’ils étaient par la transformation monstrueuse de cette frêle silhouette. Ma propre surprise avait été presque inexistante. Je m’étais attendu à d’autres transformations, au vu du nombre d’énergies qui cohabitaient dans son corps.

    Le plus délicatement du monde, je parvins à subtiliser une flèche dans le carquois accroché à la ceinture d’un des archers. Me concentrant sur le projectile, je fis confluer mon énergie dedans, avant d’asséner un terrible coup dans la nuque de mon pauvre adversaire qui ne m’avait toujours pas remarqué. La flèche traversa les os comme si un couteau avait coupé du beurre. Alors qu’il tombait, je parvins à récupérer l’arc que sa main gourde commençait à lâcher, puis je pris une poignée de flèches dans le carquois, mettant chaque goutte qui me restait d’énergie dans chaque petit bâton meurtrier. L’arc chanta deux fois avant que les hommes en armure ne réalisent pleinement ma présence. Déjà trois archers à terre ; ce n’était pas assez, il fallait encore abattre les deux derniers afin que Kiméra soit parfaitement libre de ses mouvements.
    L’absence de mon cheval se faisait cruellement sentir, lui qui savait gérer les distances tellement mieux que je n’en serais jamais capable. Mais alors que la corde d’un arc ennemi vibrait pour délivrer un trait meurtrier en direction de mon allié, il ne fallait pas que je me trompe.
    Mes bras se murent bien plus vite que ce que ma conscience convenait de faire, et le frêle arc chanta à nouveau, ma propre flèche renforcée par l’énergie gagnant en vitesse sur l’autre, avant de finalement la percuter, vingt centimètres avant de toucher sa cible. Les deux flèches tombèrent au sol quelques mètres plus loin, catapultées par la puissance de mon trait.

    Dans mes mains, l’arc fragile que j’avais trop malmené se brisa net. Déjà, les deux derniers archers encochaient. Il me fallait faire vite. Me jetant sur un des autres cadavres, je parvins à récupérer l’arc et quelques flèches. N’ayant pas le temps de les viser, je préférai me jeter sur eux en restant près du sol, prenant parti des dernières onces d’énergies qui m’avaient été rendues par mon jeune allié. Je parvins à crocheter les jambes de l’un pour le faire tomber sur l’autre avant qu’ils ne me percent de leurs flèches. J’encochai à mon tour et commençai à viser l’un des deux crânes. Derrière moi, une présence nette se fit sentir. Et alors que ma flèche se fichait dans l’œil du quatrième archer, j’entendis distinctement le son d’une hache qui n’allait pas tarder à s’abattre dans mon dos, et que je ne pourrais pas éviter. Je me raidis, et me jetai sur le côté en espérant ne pas me faire trancher en deux par la lame traitresse.
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MessageSujet: Re: Rencontre aux portes de la mort [Kiméra]   Mer 28 Mar - 21:54

Kiméra vit son nouvel ami prendre en charge de le secourir alors qu’à chacun de ses coups, une vie de plus s’éteignait… Une vie qu’au moins, il n’aurait pas à sauver. Les archer tombèrent les uns après les autres alors que Kiméra relâchait sa rage pour reprendre sa forme originelle. Un bandit lui sauta dessus et il le repoussa à la manière d’un Beorc, d’un coup de bâton dans le ventre.
Couché mon mignon !

Levant son bâton au ciel il commença à chantonner alors que les coups de haches et d’épées volaient en tout sens autour de lui sans le toucher. Il n’avait aucune résistance physique par rapport à ces gros tas de muscles ambulant mais il avait au moins la fluidité et la vivacité de tout bon mage. Avançant d’un pas avant de bondir sur le coté, il semblait danser sous la pluie de coup. Mais toute dans à une fin quand on n’a pas un bon partenaire et alors qu’une hache retenait sa toge dans le sol, il essuya le violent revers d’un guerrier aguerri. Enfin… moins violent que ce que sa masse laissait présager. Il ne tomba pas dans les pommes mais son attaquant sembla perdre conscience comme s’il s’endormait sur le chant de bataille bercé par la douce voix d’une chimère. Son chant commençant à raisonner dans la forêt, éteignait toutes voix, affaiblissait le fracas des fers…
Peut être même un peu trop car voyant l’homme à la hache au dessus de son acolyte qui manquait de lâcher son arme sur ce dernier… il se dit…

Oups…

La hache tomba alors que l’homme se renversait en arrière assoupit par la mélodieuse berceuse. Et ce n’est que par chance qu’elle manqua la tête du borgne et s’écrasa à coté de lui…
La berceuse ayant cessé ceux encore éveillés, reprirent leurs esprits et plus hargneux que jamais se lancèrent sur les deux acolytes.

Double oups…

Relevant le Beorc d’une main, Kiméra se mit derrière lui, incapable de mener un combat. Après tout, il était prêtre. Cependant, on est au milieu d’un guêpier ou on ne l’est pas et bien qu’il se trouvait derrière le Beorc, il y avait encore des adversaires derrière lui…

Triple oups !

Transformant ses bras, il saisit la lame qui venait s’écraser sur son crâne et la repoussa en poussant un cri strident. N’endormant pas assez vite les brigands, il saisit le manche de ses bâtons et c’est à coup de sceptre qu’il plongea ses adversaires dans le sommeil. Enfin, du moins, ceux à portée de mains.

Vas y prend ça ! Tu n’peux pas m’atteindre avec ton épée, elle est plus courte que mon bâton crétin ! Tient et tient et tient !!! AÏE !!!

Un carreau fiché dans l’épaule, Kiméra le vivait mal… Son regard passant de la folie humain à la bestialité, il se dirigea vers l’archer improvisé …Il avait peur, il le savait. Le semi-monstre prit possession de l’arc et le brisa entre ses mains griffues alors que la pauvre larve entre ses mains suppliait pour qu’on l’épargne… Les humains étaient pitoyables !
Le jetant sur le coté, il l’assomma et d’un coup d’ailes s’éleva dans les branches de l’arbre. Il ne devait pas rester au milieu des combats, il était prêtre, lui, il devait chanter pour la rédemption et la paix des autres.
Levant de nouveau son bâton de sommeil au ciel, il chanta la peine de la réalité et la beauté de l’oubli dans la pérennité des bras de Morphée.

- Dormez mes agneaux!

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Euh alors y'en avait 11, je sais plus combien tu en as tué mais moi en gros, j'ai mis hors service le gros à la hache qu'était derrière toi, un autre commes ça à coup de bâton, deux qui ce sont endormis lors de ma première incantation et l'archer improvisé ^^
Le reste c'est pour toi sachant qu'avec mes chants ils fatiguent à vu d'oeil!
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MessageSujet: Re: Rencontre aux portes de la mort [Kiméra]   Jeu 3 Mai - 12:11

    Il ne savait pas ce qu’il était ni ce qu’il faisait, cet enfant. Il se laissait porter par ses pulsions, se rappelant parfois à quel point il était important pour lui de redevenir aimable, de ne pas tuer s’il était possible. Il se transformait, il inspirait la plus grande des peurs dans les yeux de ces brigands qui peinaient à garder leur sang-froid devant des Laguz. Que pensaient-ils en voyant cette abomination de la nature ? Et lui, que pensait-il lorsqu’il réalisait à quel point il leur était supérieur, à quel point le moindre de ses coups de patte pouvait les trancher en deux, leur arracher un membre ?

    Je me relevai tant bien que mal, effleurant pensivement mon cuir chevelu là où la lame de la hache avait bien failli s’abattre. Un mince filet de sang s’écoulait dans mes cheveux pâles. Je posai mon œil unique sur l’enfant qui s’était mis à chanter. Chanter d’une voix douce et claire, encore aigue, gorgée d’innocence et d’incompréhension du monde. Il se cherchait. Depuis combien de temps. Les hommes se laissaient bercer, certains s’endormaient parfaitement.
    Puis il vint derrière moi, qui n’avais rien d’autre qu’un arc pour viser des hommes trop grands se jetant sur moi. Ils étaient deux. Je n’avais pas aperçu le troisième se jetant sur celui que j’étais censé protéger. Fort heureusement, il y parvint seul, utilisant à nouveau ce pouvoir qui coulait dans ses veines.

    Puis le son d’un arc, le claquement sec de la corde raide, résonna depuis les fourrés où il avait fui, et mon jeune compagnon se trouva blessé. Du sang rouge teinta sa cape sombre, et les pupilles apeurées se rétractèrent en une impulsion bestiale. Il se précipita vers lui, brisant l’arc comme s’il s’agissait d’une brindille. Son adversaire mort de peur imagina certainement ses propres os ainsi brisés par la poigne féline du monstre.
    Il put alors me venir à nouveau en aide, faisant chanceler les deux adversaires encore debout. J’encochai les flèches, les visant sans aucun remords. Je n’avais aucun intérêt pour qui ils étaient et ce qu’ils pourraient devenir. Ils avaient tenté de nous tuer. Ils n’auraient eu aucune pitié pour nous, pourquoi en avoir pour eux. La Flèche du Juge chanta deux fois. Et par deux fois elle prit la vie ; mes propres armes montraient douloureusement leur absence.

    Je laissai tomber à terre l’arc emprunté, puis j’attrapai le jeune homme qui chancelait, épuisé par le chant qu’il avait produit de toute sa puissance magique. Je l’allongeai dans l’herbe, là où le sang n’avait pas encore rougi la terre sur cette plaine immense, devant cette forêt imposante.


    « Calmez-vous. Si vous arrêtez de gigoter, je pourrai peut-être arrêter le saignement. Pour le moment, serrez les dents. »

    Je maintins son corps maigrichon par une main, puis de l’autre je saisis la flèche et la retirai d’un coup sec. Un coup rapide à la pointe me prévint qu’elle ne s’était pas endommagée dans la chair, et qu’aucun poison ne l’avait imbibée. La plaie était propre, et ne saignait pas trop abondamment. Je déchirai l’une des chemises d’un adversaire endormi afin de faire un garrot au jeune soigneur.
    « Arrêtez de gémir, cet homme aurait pu bien mieux viser. »
    Il gigotait, refusait qu’on lui enlève son manteau. Oui mais il avait besoin de ce garrot, aussi dus-je mettre plus de fermeté dans mes mouvement afin qu’il veuille bien que j’enlève sa chemise pour faire un bandage serré à son épaule. Il se rhabilla bien vite, visiblement ronchon. J’ignorai parfaitement sa moue enfantine. Il fallait que je retrouve mes affaires.

    Je marchai vers le sentier s’enfonçant dans la forêt. A mesure que je laissais mes pas me guider, je sentais de plus en plus la présence de mon cheval. Parfois, je me retournais vers Kimera afin de vérifier qu’il ne peinait pas à marcher. Nous arrivâmes bientôt à ce qui semblait être un camp de bandits. Il ne restait plus que deux hommes, le reste nous ayant attaqués. Je me retournai vers mon compagnon d’infortune.


    « Bon, ceux que vous avez assommés vont certainement se réveiller afin de prévenir au camp… Je dois retrouver mes effets avant qu’ils ne reviennent. Et cette fois-ci ils n’hésiteront pas à attaquer avant que vous ne puissiez vous transformer. »

    Je levai un œil vers une petite caverne où je supposai qu’ils avaient parqué mon cheval, au vu de l’énergie qui en émanait. Il fallait que je m’y infiltre avant que le gros des troupes ne revienne.

    « … Si je vous demande d’attirer leur attention le temps que je récupère mes armes, vous accepteriez ? Vous pensez y arriver dans votre état ? Sinon je me débrouillerai pour courir… Courir vite. »
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MessageSujet: Re: Rencontre aux portes de la mort [Kiméra]   Lun 28 Mai - 0:24


-Aiiiie !!! Mais ça va as la tête ça fait mal !

Lui on ne lui avait jamais après à anesthésier les blessés avec de l’alcool. Il se releva avec peine se rhabillant comme il le pouvait alors que son bras le faisait souffrir le martyr. Putain de magie blanche qui ne s’utilise pas directement sur lui. Il se releva et laissa le petit excité s’éloigner alors qu’il jetait un regard sur tous les blessés ou les morts…
Le blondinet ne faisait pas dans la dentelle mais pourtant certains vivaient encore. Pas pour longtemps mais suffisamment pour qu’il les sauve. Il prit son bâton le passa au dessus de chaque personne et les ramena sur notre sainte terre, avant de les assommer pour les confier aux bras de Morphée.
Puis aussi rapide que l’éclaire, il le rejoint.

- Bon, ceux que vous avez assommés vont certainement se réveiller afin de prévenir au camp… Je dois retrouver mes effets avant qu’ils ne reviennent. Et cette fois-ci ils n’hésiteront pas à attaquer avant que vous ne puissiez vous transformer.

Kiméra acquiesçait tout en avalant un peu de sa liqueur de prune qui soulageait incroyablement sa douleur.

- … Si je vous demande d’attirer leur attention le temps que je récupère mes armes, vous accepteriez ? Vous pensez y arriver dans votre état ? Sinon je me débrouillerai pour courir… Courir vite.
- Non mais t’inquiète je peux le faire, mais fais moi le plaisir de ne pas tuer les gens ! Car autant je n’aime pas travailler, autant quand je vois plus de personne mourir devant moi que je n’ai pu en sauver, je me sens coupable. Bon j’y vais !

Kiméra se jeta dans le camps sans même se cacher, sans même prendre de chemin détourné. Il prit son sourire le plus avantageux et alors qu’il déboulait sur leur territoire, les deux gardes se jetèrent sur lui.

- Eh toi que fais-tu ici !

- Je viens vous divertir comme je l’ai fait de vos amis. Je vous présente le monstre de foire !


Ils levèrent leurs armes sur lui, deux belles épées rouillées et puantes couverte de sang séché. Elles s’abattirent sur lui en fendant l’air en un son strident et il les saisit de ses mains crochues et poilues.
Le monstre avait de la force, un corps plus résistant. Mais lui… il avait oublié qu’il n’avait pas aucune capacité physique. Car le monstre n’était pas entièrement lui, rien qu’une partie, une si petite partie.
Alors qu’il pliait sous le poids et la force des deux hommes, ses ailes se déployèrent et il s’envola dans les airs salvateurs, laissant les épées pourfendre le sol.
Les deux gardes étaient des épéistes pas d’archer, pas de risque.
Le Mage sortit son bâton et chanta sa berceuse.

L’un des gardes se jeta dans une tente et en sortit avec un arc. Magnifique arc qui plus est mais à vrai dire il ne savait pas l’utiliser.

- Crétin…

Il chanta d’autant plus fort tous les regards sur lui alors que la voie était libre pour Elryn.
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MessageSujet: Re: Rencontre aux portes de la mort [Kiméra]   Sam 16 Juin - 13:44

    Je ne regardais pas vraiment ce qu’il faisait, ce qu’il comptait faire, cet enfant. Je n’avais plus que mon espoir, mon fol espoir de récupérer ce qui m’appartenait, qui faisait que j’existais. Cet arc noir qui me caractérisait tant, recourbé sur les bords, la corde tendue à un point tel qu’on croirait qu’elle casserait à la moindre pression d’un doigt. Cet arc qui faisait si bien chanter chacune de mes flèches que je taillais avec tant de soin tant d’attention pour que leur courbe soit parfaite, leur trait meurtrier.

    Je courais comme je le pouvais, prenant parti de la diversion qu’il m’offrait en dépit de tout ce qu’on aurait pu penser à son sujet. Et là, dans les bras fébriles de ce brigand, mon arc se tendait, noir et fier. Il peinait à tirer sur la corde. Il ne connaissait pas cet arc. Il était bien trop malhabile, avec ce genre d’arc qu’il faut des années à maîtriser parfaitement.
    Le plus doucement du monde, retenant ma respiration, je me glissai derrière lui. Je n’attendis pas qu’il vise mieux mon jeune compagnon, qui grâce à sa douce berceuse rendait le monde autour de lui parfaitement somnolent. D’un coup sec, je frappai la nuque du voleur, puis je récupérais ce qui était mien. Le grand carquois, l’arc court et recourbé. Dans la tente, j’avais aperçu mon grand couteau ainsi que mon cache-œil.

    Je tendis l’arc, retrouvant avec délectation son toucher si dur, la douceur de son bois. Il chanta une fois, deux fois, mettant à terre définitivement ces hommes qui tentaient de se relever et de vaincre leur somnolence afin d’asséner quelques coups à Kimera, qui se contentait simplement de les éviter avec une grâce et une souplesse animales.
    Puis, un bruit sur ma droite attira mon attention. Avant même de tourner mon œil unique vers l’origine de ce bruit, je savais ce qui m’attendait. L’énergie de Vifargent, affaiblie, pleine de peur, m’attendait. L’homme qui tenait son encolure sans ménagement devait faire une tête de plus que moi, et deux fois ma largeur. Lentement, je bandai l’arc. Lui tira de sa ceinture un coutelas de boucher, avant de le mettre sous le cou de mon fier animal. En guise de réponse, j’encochai une flèche.

    Mais il n’attendit pas.

    Les hommes dans le besoin sont vils et cruels. Ils ne réfléchissent pas à la portée de leur action, et font ce que leur instinct prévaut quand ils le sentent. Et cet homme fit de même. Je n’eus pas le temps de tendre ma corde assez vite ; la menace du fil de sa lame n’en était pas une. C’était une fatalité. Il n’avait jamais compté épargner mon cheval.
    La gerbe de sang éclaboussa le sol à un mètre à la ronde, tandis que Vifargent, mon fier Vifargent s’écroulait au sol en hennissant de douleur et d’incompréhension. Pourquoi, pourquoi. Ce cheval était la seule chose qui me restait d’une époque trop belle et chérie pour que je me permette de l’oublier.
    Aylin était morte dans mes bras, si peu de temps auparavant. Et à présent, je dévisageai sans rien pouvoir faire mon compagnon de si longues années d’errance, incapable de lui venir en aide alors qu’il m’avait toujours offert aveuglément le plus grand soutien qu’un animal pourrait offrir à son maître.

    Le trait fila, si fort que la tête de l’homme sauta net.
    Les bras ballants, je laissai tomber mon arme au sol, retrouvant dans ma bouche le goût amer de la défaite et de la perte.

    J’avais entendu le cri de Kimera. J’avais senti venir l’opposant derrière moi, dont l’énergie explosait de confiance. Je fermai simplement mon œil. La lame pénétra depuis le creux de mon épaule. Elle trancha net tout ce qu’elle rencontra. Mon cœur saignait déjà tant qu’il n’aurait pas pu faire plus de mal en le perçant.
    Le goût acre du sang chaud emplit ma bouche, alors que quelques gouttes s’échappaient de mes lèvres. L’acier froid se retira de mon corps, mordant encore un peu ma chair meurtrie. A côté de moi, l’homme s’écroulait, terrassé par des griffes tranchantes.

    Un grand froid envahissait, pour la seconde fois de la journée, chacun de mes membres. La tristesse qui m’éreintait me coupait parfaitement de la considération de la douleur, de mon sang qui s’échappait à grands flots de ma blessure béante. Je sentis la chaleur de la magie curative m’envahir.
    Je levai une main rougie, et la posai sur la petite paluche blanche qui s’agrippait à son baton, qui faisait ce qu’il pouvait pour me venir en aide.


    « Ne prends pas tant de peine pour quelqu’un qui ne désire que la mort. »

    La respiration sifflante, je fis l’effort d’ouvrir l’œil afin de lui souffler mes derniers mots. Après tout, il n’y était pour rien. Il méritait quelque chose pour ses dernières actions.

    « Laisse-moi partir. Plus rien ici ne me retient. Toi par contre… Vis. Vis tout ce que tu peux, et montre-leur à tous que tu as ta place dans ce monde autant qu’eux, si ce n’est plus. Sois fier de ce que tu es et de ce que tu fais. Merci pour ces instants en ta compagnie… Et a… »



    La main tomba lourdement sur le sol, alors que le sang tachait la chevelure blonde, et qu’en un dernier mouvement il effleurait la crinière tout aussi maculée de Vifargent.
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MessageSujet: Re: Rencontre aux portes de la mort [Kiméra]   Mer 11 Juil - 9:24


Kiméra connaissait la mort, il connaissait ce qu’elle impliquait, il savait la souffrance qu’elle entrainait. Chacun des êtres qui l’habitaient le lui rappelaient chaque nuit le faisant culpabiliser jusqu’au point d’en finir avec sa propre vie. Pourtant, depuis qu’il avait remonté la pente, c’était la première fois qu’il perdait quelqu’un, que quelqu’un mourait par sa négligence. Il ne l’avait pas tué de ses mains. Ce n’était pas si différent d’Elryn qui avait tué des brigands. Pourtant il s’en sentait plus affecté, plus touché.

- Si tu es mort aujourd’hui c’est que ton heure était venue. Désolée de ne pas avoir pu sauver les tiens.

Derrière, le brigand se tordait de douleur, tranché de part en part, Kiméra pouvait le sauver. Il se pencha sur son corps et le regarda. Il souffrait, il agonisait.

Kiméra n’était pas un juge, il n’était que l’instrument du destin. Tout le monde a le droit à la vie, il était là pour la permettre. Si la souffrance croisait son chemin, il la faisait disparaitre. Si la maladie se présentait sur sa route, il l’éloignait. Si le Dieu de la mort lui adressait son salut, il lui répondait avec respect et l’éconduisait poliment.
Kiméra n’était pas juge… il était l’instrument du destin. Et celui de cet homme était de toujours être en vie quand lui était là.

Il incanta profondément, laissant les plaies se refermer et la chair se régénérer. Le brigand essaya de parler, Kiméra l’en empêcha.

- Silence humain, je te soigne car je le peux mais ne pousse pas ma bonté trop loin car tu ne sais pas à quel point je veux te tuer.

Les yeux de sa victime se posèrent sur les siens noirs et cernés d’or. Il brillait d’une étincelle vacillant entre la peine et la rage. Et cette mosaïque d’émotion qu’on pouvait y lire avait quelque chose de fou. La folie habitait cet être. Une folie contrôlée, une folie modérée.
Il était effrayant.

Le reste de la horde arriva alors que Kiméra finissait son œuvre. Il lança un regard vers eux, d’une extrême fatigue.

- Tu ne nous aura pas deux fois avec la même technique ! Tu est notre prisonnier MONSTRE !!!

Kiméra les ignora et ramassa le corps inerte d’Elryn, son compagnon d’une demi-heure. Il plaça son arc dans son dos et le cala sur son épaule.

- Tu nous écoutes, espèce de MONSTRE ?!?!?!

Il se dirigea vers le cheval et le souleva de son autre main pour le caler sur son autre épaule. C’était lourd. Il sortit ses ailes et s’envola. Mais la tentative ne fut pas concluante, la charge étant trop lourde pour ses frêles plumes.

- Tu ne pourras pas nous échapper rend toi !

Il se releva, en s’excusant aux cadavres de les malmener ainsi. Il les repositionna.
Se mettant à marcher dans la direction opposée aux brigands ceux-ci s’énervèrent et se mirent à le poursuivre. Mais l’atmosphère était lourde de la rage et de la mort. Ce sentiment si pesant, si effrayant… ils se rapprochaient du prêtre mais leurs corps ralentissaient. Ils étaient proches de lui mais leurs bras n’arrivaient pas à l’atteindre. Ils ne comprenaient pas, ils ne savaient pas… Ils étaient paralysés.

- Voulez-vous savoir pourquoi vos corps refusent de vous obéir ?

- Tu nous as ensorcelés, Lâche !!!

- C’est parce que l’avidité et la rage n’aveuglent pas leur instinct de survie.

Leurs esprits se rendirent alors compte de l’aura démoniaque qui entourait la chimère, un pas de plus et ils mourraient.


Ils ne le suivirent pas, trop apeuré qu’ils étaient par ce gamin monstrueux. Kiméra s’éloigna et regagna la plaine, baignée de soleil. Epuisé, il laissa les corps suppurant et sanglant sur le sol alors qu’à la seule aide de ses griffes, il creusa sa mère la terre pour lui rendre ses fils. Ça lui prit une journée, peut être deux. Il n’avait pas la notion du temps. Il avait perçu au loin les brigands quitter leur camps mais pas un regard ne lui avait été adressé.
La tombe creusée, il y déposa le cheval et son cavalier. Regardant l’arme, il la jeta grossièrement sur le corps. Une prière, un sermon, un mot pour cet homme qu’il n’avait connu qu’une demi-heure mais qui pourtant lui avait dédié ses derniers mots.

- Tu devais être généreux de ton vivant. Je te souhaite que la mort soit généreuse avec toi et que tu retrouve dans la mort ceux qui te rattachait à la vie. Adieu Elryn
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