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 Mauvais rêves. [Concours cny]

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❝ Invité ❞



MessageSujet: Mauvais rêves. [Concours cny]   Lun 22 Nov - 2:10




    « Fragmentée.

    Les souvenirs vont et viennent dans ma mémoire. Créant un ramassis de détails, sans grande importance - tout du moins en apparence - parsemant tout le long de ce chemin infini.

    Un scénario sans queue ni tête. Sans début, ni fin. Mais au refrain pourtant incessant...
    Des silhouettes floues mais pourtant étrangement familières..
    Des sons vagues dont je ne discernais même pas la source..
    Quelques éclats..
    Tout était mêlé et si confus dans cette atroce ritournelle.

      Joie comme tristesse.
      Merveilles comme horreurs.

    Une fenêtre s'ouvrit sur mon chemin créé dans les abysses insondables de mes pensées et dans lequel j'avançais. Ah, il semblerait que j'aurais encore droit à celui-là.
    Ce souvenir que j'aimerais tant pouvoir oublier, ne serait ce qu'une fois. Loin d'être le fruit de mon imagination, il apparaissait chaque fois un peu plus éclatant de réalité...
    Sous les lumières transperçantes des flammes rougeoyantes dansant dans les ténèbres, je suffoquais. Comme bloquée, sans air, au milieu de ces créatures monstrueuses et de cette mare de sang qui ne cessait de monter.
    Et je savais pertinemment que je m'y noierai.
    Tout se fragmentait.
    Les ombres se rapprochaient, le décor tournait encore et encore, se déformait presque.
    Les silhouettes, sans visage et sans vie, tournées vers moi m'y entrainaient petit à petit.
    Et lorsque je saisis enfin le sens de leurs paroles, je me sus perdue.

    "Rien ne pourra te sauver toi aussi. Tu es si faible." disaient-elles.


    Si Faible.
    Si FAIBLE.

    S I____F A I B L E .


    L'écho se répercutait aussi bien sur les murs invisibles de ces abysses qu'aux tréfonds de mon âme, dans une litanie sans fin. Et, aussi impuissante et fragile qu'un pantin désarticulé, je tombais, inexorablement.
    Dans ce gouffre qui s'était ouvert sous moi.
    Accompagnée de rires sardoniques qui virevoltaient impunément dans ces mêmes ténèbres qui m'engloutissaient.
    Ces voix qui criaient tout leur saoul pendant mon interminable chute avaient raison.
    J'étais incapable de quoique ce soit.

    Tout en ritournelles, tout se fragmentait.
    »

*


    "Je ne vivais que parce que j’étais encore en vie. "

Sursaut.
Haletante et en sueurs, la petite fille avait le regard fixé sur les pavés gris où elle gisait. Ses yeux tout aussi gris que son lit d'infortune, reflétaient l'effroi et le dégoût.
Elle resta un bon moment ainsi, contemplant sans voir réellement l'environnement dans lequel elle se trouvait. Elle essaya de se calmer tandis que le monde alentour renvoyait à son regard des images bien peu enviables : déchets et autres immondices rejetés des hommes, telle était sa seule compagnie dans cette sombre ruelle où presque personne ne se risquait à jeter un œil.

Toujours la même scène. Toujours la même sensation… Encore et toujours la même douleur. Insupportable.

Les raisons de ce cœur qui se comprimait atrocement dans sa poitrine ? De ce ventre noué ? De ces poings rageusement fermés et de tout ce rouge qui en suinte ?

Un cauchemar d’enfance.
Elle y était emprisonnée depuis ce jour maudit. Et depuis, elle n’avait jamais pu s’en réveiller. Où qu’elle aille et quoiqu’elle fasse, il la rattrapait toujours.
Peu à peu, elle reprit conscience de la réalité. Se forçant à respirer profondément alors qu'elle tremblotait toujours, ses poings se desserrèrent, laissant ses petites mains rougies.
Mais, bizarrement, aucune larme refusait de couler.. Peut-être qu'elle n'en avait plus une seule en elle après tout.

Lain, se remit difficilement en position assise, tant elle avait le tournis. Pour échapper à son nouveau quotidien qui n'était guère mieux à l'enfer, elle ne pouvait même pas trouver refuge dans le sommeil... Non, elle préférait mille fois les souffrances de sa nouvelle vie. C'était sa punition.
Quelques mois s'étaient écoulés après la tragédie de son village détruit. La reconstruction avait fini par s'achever petit à petit. Mais pour elle, qu'importait les bâtiments tout neufs et la mine réjouie des habitants, rien ne pourrait remplacer ce qu'elle avait perdu.
A neuf ans, l'enfant errait dans les rues de son propre village qu'elle ne reconnaissait même plus.
Lain haïssait les monstres qui avaient détruit tout ce qu'elle connaissait.
Elle haïssait ceux qui les avaient laissé faire, à commencer par elle.
Elle haïssait les gens.

Désormais, elle n'en était pas moins qu'une simple gamine des rues comme il y en avait tant d'autres. Elle faisait à présent partie de ces personnes oubliées aussi bien de la foule que des dieux, si tant est qu'il en existe.
Plus rien ne semblait avoir d'importance. Oublier. C'était tout ce qu'elle voulait.
Alors elle remerciait ce froid omniprésent qui s'infiltrait par chacun de ses pores et rongeait encore un peu plus son épiderme meurtri ; cette faim atroce qui lui tiraillait l'estomac et le regard méprisant des hommes qu'elle méprisait tout autant... Grâce à eux, Lain trouvait difficilement le sommeil. A vrai dire, elle espérait ne pas se rendormir pour ne plus se confronter à son cauchemar. Peine perdue.

La fillette se leva, malgré le fait qu'elle n'avait absolument nul part où aller, ni même la moindre envie de faire quelque chose. Un peu trop vite peut-être, elle vacilla un moment. Des lumières clignotèrent, le monde crasseux s'en trouva soudainement beaucoup plus clair. Elle ne parvint à trouver un semblant d'équilibre que grâce au mur qui se trouvait derrière elle.
Lain fouilla un moment dans sa poche, pour enfin retrouver un bout de pain qu'elle avait trouvé.. Depuis quand l'avait elle déjà ? Qu'importe.
Elle mordit de toutes ses forces, en vain. Ce truc là était devenu plus dur qu'une brique.
La mine assombrie, la petite fille le remit dans sa poche et s'écrasa lamentablement sur le sol.

Lain passa des heures ainsi, dans la même position, à regarder fixement le mur d'en face. Elle fuyait son passé et rejetait son présent. Son avenir était déjà tout tracé : elle allait mourir dans ce village qu'elle s'était mise à détester.
Quelque chose la tira de ses pensées morbides. Quelqu'un ... ? Trop tard.
Et avant qu'elle ne tourne la tête pour voir l'origine de ce trouble, effectivement quelqu'un lui tomba dessus ; la renversant au passage. Lain posa ses yeux ternes sur lui, sans la moindre marque de surprise même si elle ne comprenait pas grand chose.
Pourquoi le monde tournait il à une vitesse si lente que les secondes elles mêmes étaient difficiles à ressentir ?

Peur et angoisse. C'est ce qu'elle aurait du ressentir à ce moment là.
Pourtant la fillette garda exactement la même expression impassible lorsque des gouttelettes de sang giclèrent sur son visage bien pâle. Seules ses pupilles se dilatèrent davantage. Les yeux rivés sur le visage de celui qui venait de rendre l'âme, elle semblait totalement ailleurs et ne prit même la peine de regarder l'auteur du crime.
Ce dernier retira d'ailleurs sa lame d'un mouvement sec qui donna un dernier sursaut à la victime, apparemment fier de son œuvre.


    - Eh Dirk, t'as vraiment pas perdu la main ! Mais t'as pas un peu trop forcé en le tuant ? On devait simplement le ramener à..
    - Il n'a eu que ce qu'il mérite. Daien est à nous n'est ce pas ? Alors autant la vider de toute cette raclure.
    - Que fais tu de la gamine ? demanda-t-il en désignant d'un coup de tête la petite fille aux cheveux rouges qui n'avait toujours pas bougé d'un seul pouce.
    - Qui ça ? Ah .. Que veux tu que j'en fasse ? Elle va bientôt crever de toute façon.. Viens, on va continuer dans de faire le ménage avant de rentrer à la caserne.

Tandis que les importuns s'éloignaient bruyamment, Lain resta un bon moment à contempler le mort. Tout semblait si irréel. Rêvait-elle encore ?
Elle se rapprocha d'avantage du présumé voleur qui avait péri. Et doucement, ses mains d'enfant fermèrent les yeux du mort.
Ainsi donc, c'était bien la réalité qui lui faisait face... Prendre conscience de cela n'avait pas apporté le moindre changement, la fillette arborait toujours ce masque rigide et livide. Un véritable stoïcisme dont ne faisaient d'ordinairement pas preuve les enfants de son âge..
Il y a quelques mois à peine, elle aurait été horrifiée d'une telle scène. A présent, cela ne lui faisait absolument rien.. Comme si toute son enfance lui avait été ravie en même temps que ses souvenirs heureux.
Machinalement, Lain se saisit d'un objet enveloppé dans d'étranges lanières et resserra son étreinte. Elle ne pouvait voir le métal froid de la lame mais la serrer dans ses bras arrivait à repousser l'échéance ultime de la mort qui avait les bras grands ouverts, prête à l'accueillir.
Puis, comme mue d'une nouvelle volonté, la petite fille se leva, obligeant ses membres engourdis à se mettre en mouvement.

Ses jambes, si frêles, acceptèrent de la transporter jusqu'à la sortie de la ruelle.
Aussitôt ses yeux se fermèrent. Les couleurs éclatantes du jour se mélangèrent. Elles faisaient si mal contrairement aux douces ténèbres d'où elle s'extirpait.
Passant son bras en visière, Lain souleva péniblement ses paupières. Le monde qu'elle avait fui étincelait d'une myriade de teintes sous les rayons du soleil. Toujours cramponnée au mur, la fillette regardait la foule bouillonnante d'activité. Toujours imperturbable, elle continua d'avancer, prenant bien garde à ne pas lâcher prise de peur de se noyer dans la masse.


*

    "Ce qui définit une personne, c'est sa capacité à se relever après être tombé.
    Peut-être ne me serais je plus jamais relevée si tu n'avais pas été là.."


C'était bien le jour de marché aujourd'hui.
D'où cette cacophonie assourdissante dans toute cette cohue. Perdue au beau milieu de la multitude, Lain ne semblait toujours pas savoir ce qu'elle faisait là.
Son corps, lui, le savait pourtant très bien. Faim... C'était cette faim atroce qui l'avait poussée à venir ici. Bien qu'elle savait pertinemment qu'elle n'avait pas le moindre espoir de voler quoique ce soit. Piètre voleuse qu'elle faisait. Les autres gamins des rues qu'elle avait croisés s'en chargeaient bien de le lui rappeler.
Enfin.. Avec un peu de chance, elle serait morte d'épuisement dans son ultime tentative de vol à l'étalage.. Elle sentait, un peu plus à chaque pas, ses jambes tremblantes céder sous son poids.

Oui, elle le saurait très bientôt.
Son périple tumultueux s'acheva à un étal de fruit. Remuée de toute part à cause de l'agitation ambiante, elle n'en gardait pas moins les prunelles grises fixées sur les chaudes couleurs.
Lain tendit la main pour s'en saisir, tout naturellement, sans se préoccuper du marchand qui était pour l'instant en train de s'occuper d'autres clients.
Si seulement elle parvenait à l'atteindre...
Du rebord de ses doigts souillés, le fruit roula, glissa et tomba. La fillette le suivit dans son mouvement et le rejoignit bientôt lorsqu'une main puissante la fit chuter tel un vulgaire épis de blé. Face à elle se trouvait le marchand qui ramassait déjà la pomme qui gisait non loin d'elle.


    - Non mais tu croyais quoi ? Que je ne te verrai pas avec tout ce monde ? Allez déguerpis et que je ne te vois plus à rôder par ici !

L'enfant le regarda parler mais ne saisit pas le sens de ses paroles dans le brouhaha, toujours aussi impassible, et s'en alla sans se soucier du regard méprisant qu'on lui jetait.
Tous ces efforts pour rien. Elle aurait mieux fait de rester dans les ténèbres de sa ruelle isolée. La fillette refit alors chemin inverse. Mais au détour d'une allée, ses jambes refusèrent d'avancer.
Une nouvelle fois, elle se retrouva face au sol.
Un rire bourru trancha par dessus toute l'agitation. Lain voulut se lever mais son corps trop meurtri par les privations refusa tout simplement. Relevant la tête, elle aperçut à travers le voile de cheveux épars, une main tendue.


    - Ahah. Eh bien, c'est une sacrée voleuse que tu feras plus tard avec de telles performances... Tu m'étonnes que tu passes pas inaperçue avec une telle tignasse rousse ! ... EH ! Attends ! Qu'est ce que tu fais ?!

Sans d'autres mots, Lain avait serré les dents et parvint à se lever sans lui. Faiblement, elle continua obstinément de marcher seule. Mais l'inconnu parvint à la rattraper avant qu'elle ne retombe une nouvelle fois. Entre ses mains rudes et calleuses, la petite fille aux cheveux rouges peinait à respirer mais se débattait toujours aussi farouchement.

    - Eh petite, arrête, tu vois bien que tu n'en peux plus..
    - Lâche moi.
    - Quoi ?
    - J'ai .. pas besoin d'aide, alors .. je t'ai dit de .. ME LACHER, reprit-elle avec toute l'assurance d'une mourante.
    - Alors que tu n'arrives plus à marcher ou même parler ? Me fais pas rire gamine. T'es même pas fichu de voler correctement, trouve toi une autre voie ou tu finiras crevée comme ces p*tains de rats.
    - ... Elle .. n'était pas assez .. bonne pour .. moi de toute façon.
    - Quoi donc ?
    - La .. pomme, finit-elle pas lâcher dans un dernier souffle, avant de perdre conscience.

*

    "Tu peux pleurer lorsque tu es heureuse."


Qui l'aurait crû ?
Quelques mois après leur rencontre hasardeuse, un bon repas quelque peu forcé et moult prises de tête sans grande importance, ils étaient toujours ensemble.
Rhayran, vieux mercenaire désormais à la retraite, l'avait trainée avec lui - un peu de force, il fallait l'avouer. Recroquevillée dans sa couverture et serrant fortement un étrange paquet, Lain dormait tout près du feu de camp qu'il avait fait. Bien que paisible en apparence, il savait que ce petit moment de paix cesserait bientôt.
En effet, à peine venait-il de le penser que déjà la fille commençait à s'agiter dans son sommeil. Il avait droit à cette scène tous les soirs depuis qu'il l'avait connue.
Mais, obstinément, elle se refusait toujours à lui en parler lorsqu'il la questionnait à ce propos.
Décidément, quelle fillette bornée.

Il est vrai que depuis qu'il l'avait rencontrée, Lain n'avait jamais dit un traitre mot sur son passé qu'il savait difficile. En réalité, elle ne parlait quasiment pas. Il avait beau lui raconter des morceaux de sa vie, lui enseigner des choses et d'autres, Lain restait toujours aussi distante et méfiante.
Pour lui, elle n'en restait rien d'autre qu'une gamine des rues comme il y en a tant d'autres. Enfin.. gamine d'apparence car elle affichait en permanence cet air grave et distant d'adulte.
Rhayran avait d'ailleurs été étonné lorsqu'elle lui avait supplié d'aller chercher "un objet important" lorsqu'elle avait repris conscience. C'était d'ailleurs celui qu'elle gardait serré contre elle en ce moment même. Il s'agissait d'une épée admirablement bien forgée : légère et bien équilibrée. Il se doutait bien qu'elle ne l'avait pas volée étant donné son indéniable talent au vol, mais de la savoir si proche d'une arme à son âge alors qu'elle ne savait même pas la manier l'avait fait tiquer. C'était seulement dans ces cas là, qu'il arrivait à la faire sortir de sa léthargie et à lui arracher plus de deux mots.

Le mercenaire se leva et remit en place la couverture qui était tombée sur les épaules de Lain. Puis, après un léger moment d'hésitation, il tendit lentement la main pour réveiller la fillette de son apparent cauchemar. Mais lorsqu'il fut à deux doigt de ses cheveux rouges, elle ouvrit soudainement les yeux qui avaient pris pour l'instant la couleur et la dureté de l'acier.
Il toussa, embarrassé, et fit mine de s'occuper du feu, toujours sous son regard examinateur.


    - Rhayran .. Merci pour la couverture.
    - Pas de quoi. Tu peux te rendormir, on ne partira qu'à l'aube. Pas la peine de se presser, on sera bientôt arrivé au prochain village. Eh mais qu'est ce que tu fais ?!

Lain s'était levée et fouilla activement dans les affaires en vrac avant de revenir près du mercenaire. Munie d'un chiffon et d'une huile pour lame, elle se mit à astiquer son épée avec application. Seul le crépitement du feu et le bruissement des feuilles dans la végétation alentour parvenaient à rompre le silence entre les deux personnes.
    "Dis Rhayran, comment fait-on pour oublier ?"

La question avait été posée de but en blanc. Toujours sans aucune intonation particulière. L'interpellé jeta un regard surpris à la petite fille qui continuait de prendre soin de sa lame. Toujours aussi imperturbable.
    - Oublier ? Pourquoi voudrais-tu le faire ? C'est à propos de ton rêve ?
    - ...
    - Bon, déjà, ça sert à rien de vouloir effacer des souvenirs. C'est ce qu'il y a de plus important. On pourra tout enlever, tes souvenirs resteront, eux. Bons comme mauvais, ils font de nous ce que nous sommes, alors ne cherche surtout pas à les oublier, tu m'entends ?
    - Mais tu ne crois pas que tu aurais été plus heureux si seulement tu avais pu oublier la mort de ta famille.. ?

C'en était trop pour le vieux mercenaire. Comment pouvait elle se permettre de lui parler de sa famille ? De lui demander d'oublier sa femme et sa fille, qui plus est ?
Il changea soudainement du tout au tout et la prit de court. La gifle cuisante qu'il lui décocha la renvoya valser un peu plus loin. Gifle ou discours, cela eût pour effet de la réveiller pour de bon.


    - Si tu n'es même pas capable de faire face à ça, je te souhaite bonne mort. Retourne donc dans le trou à rats où je t'ai trouvé ! Je ne sais pas ce que tu as du affronter pour en être arriver là.. Mais tu es VIVANTE ! Et tu as sûrement mieux à faire que de dire des âneries pareilles ! Tu fais des cauchemars ? Eh bien, affronte les. Ils ne sont sûrement pas plus terribles que la réalité d'où je t'ai tiré ! Tu veux te faire respecter ? Alors parle ! Mais bon sang, vis ! VIS pour tous ceux que tu souhaites tant oublier ! S'il te plait.. Vis petite car tu n'es plus seule.

Une larme coula sur le visage de Lain qui apparut, pour la première fois, enfantin. Son masque était enfin tombé. Tout comme ce poids si lourd dont elle se libéra soudainement.
Sa main couverte de terre toucha cette larme qui ne tarda pas à être suivie par d'autres. Alors comme ça, il lui en restait encore .. ?

Lain releva la tête. Il faisait toujours nuit noire. Ils étaient toujours aussi seuls dans cette clairière isolée, avec leur petit feu de camp. Mais la scène parut soudainement plus vive à ses yeux. Plus éclatante de réalité dans cette obscurité nocturne. Oui.. Une éclatante obscurité qu'elle se plaisait à admirer. Le froid et toutes ses peurs avaient disparu.
Et sous le regard stupéfait de Rhayran, la petite fille se tourna vers lui en lui adressant un sourire radieux à travers ses larmes qui coulaient toutes seules à présent.


    - C'est bête mais je me souviens d'une chose que m'avait dit mon père : "Ceux sont les faibles qui pleurent pour un rien. Mais n'hésite pas à pleurer lorsque tu es heureuse."
    - Qu'est ce que .. ?
    - Merci Rhayran, et pas que pour la couverture.

Essuyant ses larmes du revers de sa manche, Lain s'avança jusqu'à lui et lui tendit sa lame.

    - Regarde, c'est papa qui me l'a forgée exprès pour moi. Elle est magnifique n'est ce pas ? J'avais toujours rêvé d'avoir une épée rien que pour moi, et maintenant c'est fait.
    - Lain, je suis déso..
    - Oui, vous vous seriez bien entendus je pense, reprit-elle dans un sourire nostalgique. Et, levant ses yeux gris noyés dans un torrent de larmes vers le mercenaire, elle poursuivit : Merci pour tout, c'est exactement ce que je voulais entendre.

Puis, faisant mine d'aller se recoucher, la petite fille ramena la couverture sur elle.

    - Je croyais que tu n'avais plus sommeil ?
    - C'est vrai. Mais tu viens de me rappeler que j'ai un cauchemar à tuer là...

A peine avait elle dit cette phrase, qu'elle semblait déjà être entre les mains de Morphée, tandis que Rhayran marmonna quelque chose dans sa barbe comme quoi il comprenait vraiment rien à cette fille. Remballant son épée, il la redéposa dans les bras de sa propriétaire qui resserra inconsciemment son étreinte.


Rêvait-elle ou est ce qu'il avait bel et bien posé un sourire protecteur sur elle à ce moment là .. ?
Armée de cela et l'épée de son père, elle était bien décidée à faire de ce cauchemar d'enfance un simple mauvais rêve.
Un de ceux qu'elle s'empresserait d'oublier.
Ses paroles et lui même resteraient à jamais gravés dans sa mémoire.
Et tant qu'ils le seront, elle n'aurait plus jamais peur.


**

    E p i l o g u e : Une nouvelle arme pour une nouvelle ritournelle.

    « Hey, toi, raconte-moi ton rêve le plus affreux ...
    - .... LA FERME ! .. Sors de ma tête ! .. Je ne veux plus t'entendre.
    - Les sous humains hein ? Je t'aiderai à t'en débarrasser si c'est vraiment ce que tu souhaites, à condition ... »

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