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 Du pain et du fromage pour une âme à la dérive[PV: Brindille]

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Arthen
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MessageSujet: Du pain et du fromage pour une âme à la dérive[PV: Brindille]   Mar 25 Nov - 0:55

Le silence était pesant, seulement brisé par le "plic-ploc" régulier de gouttes d'eau qui filtraient par le plafond de la cellule et allaient s'écraser sur les pierres du sol, où s'était formé dans un creux une petit flaque d'eau.
Arthen, le criminel, était toujours attaché au fond de sa cellule, contre le mur, à genoux les bras écartés, la tête lâche tombant en avant, sale et suintant de transpiration, de terre et de bien pire encore. De temps à autres il laissa s'échapper un léger rire, plus un soubresaut haletant qu'un réel rire, qui résonnait contre les murs et allait mourir de l'autre côté du couloir au bout de quelques secondes.

Puis, la porte du fond s'ouvra et par son encolure passa l'homme aux cheveux blancs et aux petites lunettes rondes qu'il cotôyait depuis quelques jours. Le scribe chargé de retranscrire ses mémoires.
Il s'approcha de la cage du prisonnier, tira le tabouret pour s'y asseoir, et ouvrit son carnet.


"Êtes-vous déjà allé dans la forêt de Serenes?
- Bonne journée à vous aussi monsieur Kelthera.
- Ne faites pas celui qui n'a rien entendu. Vous savez très bien comme moi qu'il ne me reste plus que quelques jours à vivres, alors épargnez-moi vos futiles politesses et répondez à ma question. Êtes-vous déjà allé dans la forêt de Sernes?
- Non. A vrai dire, comme vous le savez, je n'ai jamais quitté le pays, comme tout bon citoyen de Goldoa qui se respecte.
- Ah oui c'est ça! C'est bien ça! Vous, comme tous les autres n'êtes jamais sortis de votre trou à rat! Et c'est moi le criminel? Hahaha...et c'est moi le...c'est moi le criminel?! HAHAHAHAHAHAHAHAHAHAH
- Comme vous le mentionniez plus tôt, il ne vous reste plus beaucoup de temps, alors je vous prierai de bien vouloir continuer votre récit.
- J'avais quitté Daein quelques semaines auparavant, et j'ai fait un détour par Criméa pour contourner les montagnes, et me rendre à la forêt de Serenes. Enfin devrais-je plutôt dire la nation! De Serenes, depuis ce bon vieux roi Tibarn. J'en ai aussi profité pour visiter un peu la région, ça faisait quelques temps que j'avais pas mis les pieds sur le sol de Criméa, mais c'est sans importance."

Je me souviens avoir marché longtemps sur cette petite route en pleine forêt, plusieurs jours. Elle était interminable. Cela faisait peut-être un jour complet que j'avais quitté Criméa et je n'avais rien croisé d'autre que des arbre, et une auberge la veille au soir, tombée comme pour m'accueillir dans l'un de ses lits. C'était la fin de l'après-midi et je voyais à la couleur du ciel que le soleil ne tarderai plus à complètement disparaître derrière l'horizon. Et quand justement je prie pour un second miracle, je vois se dessiner au loin une autre maison, avec ce qui semblaient être des chevaux. Quelque chose qui ressemble donc à une auberge. Soulagé, je m'empresse de m'y rendre.

J'ouvre la porte, je vois quelques poivrots, et l'aubergiste derrière son comptoir, entrain de faire quelques comptes. A cette heure-ci c'était normal s'il n'y avait personne, il y aurait sûrement plus de fréquentation plus tard dans la soirée.
Je m'asseois donc sur un tabouret et je commande de quoi me ravitailler.


" Bonsoir aubergiste. Donne moi du pain, du fromage, du raisin, et suffisamment de boisson pour satisfaire un homme qui vient de voyager.
- Avec plaisir étranger, mais sache que chez moi personne n'entre le visage caché. C'est un principe personnel que j'applique aussi à l'établissement. Alors si monsieur veut se donner la peine de dévoiler son visage, je ferai un plaisir de servir un monsieur.
- Il vaut mieux pour tout le monde que mon visage reste là où il est.
- Nan nan nan, pas de ça chez m-"

J'ai rapidement passé mon bras de l'autre côté du comptoir pour l'attraper par le col et rapprocher son visage du mien. De là où il était il voyait mon oeil, et mon visage carbonisé. Il a aussi aperçu une lueur rouge/orangée monter dans ma gorge ainsi que quelques flammèches lécher mes dents noirs. Lorsqu'il compri à quel genre de personne il avait affaire, je l'ai lâché.

" Tu disais vouloir du... du raisin l'a...l'ami. Blanc ou r-rouge?
- Du blanc, merci."

Il parti en cuisine pour revenir quelques minutes plus tard avec un magnifique plateau de nourriture ainsi qu'une grande chope de bière. De quoi rassasier un homme.
Je commençais à manger allègrement ce qui se présentait à moi lorsque j'ai entendu quelqu'un rentrer derrière moi. J'ai jeté un coup d'oeil par-dessus mon épaule pour rapidement me retourner lorsque j'ai pu apercevoir de qui il s'agissait. C'était un membre de la chevalerie royale de Crimea. Et comme tous les militaires du monde, ces gars-là ne se déplaçaient jamais seuls. Ou alors ce mec était plus qu'un militaire, une sorte de représentant, de conseiller, de noble, ou que sais-je encore.

Une longue journée de marche m'avait un peu fatigué, je dois l'avouer, et je ne me sentais pas de combattre ce soir. Donc pas de grabuge pour cette fois-là. Enfin, pas outre mesure. Comme on dit, on sait jamais ce qui va se passer. Pas vrai?
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MessageSujet: Re: Du pain et du fromage pour une âme à la dérive[PV: Brindille]   Mar 25 Nov - 13:13

La route parmi les montagnes était tortueuses, accidentée et encore mal sécurisée. La guerre n'avait pas laissé beaucoup de temps pour colmater les chutes provoquées de roches et de pans entiers de falaises. L'objectif avait été de ralentir la progression ennemie, désormais il entravait les voyageurs. Mais ce n'était pas bien grave, personne n'était pressé. Afin d'éviter de fatiguer outre mesure les chevaux déjà bien chargés en vivres et en présents pour les peuples oiseaux, les soldats avaient quitté leurs montures et avançaient devant elles, bride lâche et pas prudents. Ce n'était qu'un voyage de courtoisie, et bien que Serenes soit une nation amie, Elincia et Bastian avaient insisté pour que le général emmène une garde. L'incident de Daein ne devait pas se reproduire. Mysti avait répondu à l'ordre royal par un sourire, assuré la reine qu'il en ferait selon sa volonté.

C'est donc avec une escorte de cinq hommes, trois vétérans et deux jeunes recrues, que le général franchit la porte de l'auberge peu après la tombée de la nuit. Pour la première fois depuis longtemps, il laissait ses attributs militaires parler pour lui. La paix était là, alors il pouvait arborer les vêtements à ses armes, légers mais raffinés, l'épée de verre à son côté gauche et la cape de voyage cousue du blason royal de Criméa. Des murmures s'élevèrent à leur entrée et lorsqu'il ôta son capuchon. Il désigna une table rapidement à ses soldats pendant qu'il se dirigeait vers le comptoir.


"Bonsoir aubergiste. Je souhaiterait un repas complet pour six personnes. En limitant le vin raisonnablement."

D'un sourire entendu, le général avança une dizaine de piécettes dorées sur le comptoir.

"Ola, messire ! C'est bien trop je ne peux---
-Fi. Avec ces éboulements dans la montagne, le nombre de vos clients doit être au plus bas. Traitez-nous du mieux que vous le pouvez, la route est encore longue. C'est tout ce que nous demandons. Le reste pourra servir à payer des ouvriers et réparer la voie.
-T-Tout de suite... ! Euh... Messire !"

Le chevalier eut un léger rire, le salua de la tête et rejoignit ses hommes à la table qu'ils avaient occupée.
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Arthen
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MessageSujet: Re: Du pain et du fromage pour une âme à la dérive[PV: Brindille]   Mar 25 Nov - 21:29

Messire! Rien que ça! Vous imaginez mon excitation lorsque j'ai entendu ce mot! Des guss comme ça, on en voyait pas tous les jours. Ce mec était donc vraisemblablement noble, en plus d'être un haut gradé de l'armée royale. C'était une chance inouïe, et je me devais de faire quelque chose avec ce qui se présentait à moi.

J'ai continué un bref moment comme si de rien n'était, jetant des coups d'oeil discrets à la table de messieurs les chevaliers. Y'avait le chef, celui qui s'était montré à l'aubergiste. Puis il y avait cinq hommes, en plus de lui. A en juger par la gueule de leur armure, et surtout par leur propre gueule et leur allure, j'aurai dis qu'il y en avait 3 qui avaient un peu d'expérience, et les deux autres, carrément moins. Là où c'était le plus flagrant, c'était dans leur regard. Les vétérans sont généralement plus sombres, les traits tirés, le visage dur. Ils ont vu la guerre, ils ont vu la mort, la souffrance, ils ont combattu pour en arriver là. Les recrues sont neuves, fragiles, humaines, comme les autres. Soient elles sont fières de faire partie de l'armée royale, soit elles sont impressionées. Mais dans tous les cas, elles ressentent, elles ne sont pas désabusées de la vie comme peuvent l'être leurs aînés qui ont combattu durant de nombreuses années.

Je me suis alors levé de mon tabouret, pris ma chope et mon assiette, et je me suis avancé à leur table.


" Ces messieurs me feraient-ils l'honneur de partager un repas?"

Sans même attendre la quelconque réaction, j'ai tiré du pied droit une chaise derrière moi, j'ai "posé" mes affaires sur la table pour finalement lourdement m'asseoir sur la chaise en bois, avant de me rapprocher de la table. Sans dire un mot, j'ai arraché un morceau de pain sur lequel j'ai rajouté une grossière tranche de fromage avant de tout avaler, et de boire un peu de bière. Si je vous raconte ça avec détail, c'est pour vous forcer à vous imaginer la scène, un inconnu, un peu sale sous sa cape, qui se comporte complètement familièrement à la table de grands chevaliers du royaume. Aucun affront direct et aucun mal pour celui qui ne prête pas attention, mais pour celui qui a un minimum d'esprit, c'était un net affront, quoiqu'indirect. Et les personnes visées par le-dit affront étaient justement de celles qui avaient l'esprit requis pour le remarquer. Mais le problème étant que ces personnes-là représentaient l'ordre, la justice, et actuellement la paix, et une certaine sérénité. Ils devaient se montrer fort et rassurant, en aucun cas ils ne pourraient se permettre d'abuser de leur statut pour traiter méchamment le pauvre homme que je représentais. Soit ils mangeaient tranquilement mais devaient me virer par la force pour aucune raison valable (l'intérêt d'une auberge n'est-il pas justement de rencontrer et partager?), soit ils me laissaient à leur table, mais c'est toujours dangereux de laisser un inconnu à sa table, surtout s'il est grossier, ça peu dégoûter du repas.

" Dites-moi...messire j'ai bien fait exprès d'attendre et d'insister sur le "messire", qu'est-ce qui amène la garde royale de la région? Il y a-t-il un quelconque problème? Je me dirige vers le sud de Begnion, et en vous voyant ici je me demande si c'est tout compte fait une bonne idée..."
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MessageSujet: Re: Du pain et du fromage pour une âme à la dérive[PV: Brindille]   Mar 25 Nov - 21:51

Un long silence avait suivi l'arrivée du "visiteur" à la table des chevaliers, à la fois venant des chevaliers de cette même table et des spectateurs autour. Craignant qu'une bagarre n'éclate, les plus proches s'étaient légèrement écartés. Les soldats, eux, s'entreregardaient, puis interrogèrent leur général, prêts à dégainer leurs armes au besoin. Mysti, d'un signe, leur intima de ne rien en faire.

"Je crois comprendre à votre ton et à vos manières, Monsieur, que vous n'aimez pas vraiment rencontrer des personnes de la noblesse. Et je le puis affirmer même, j'ai souvent eu affaire à des gens qui pensaient de la même façon que vous, qui réagissaient ainsi. Depuis que le sénat de Begnion a été confondu en trahison notamment, on entend plus de mécontentement circuler."

Le général souriait et parlait d'un ton aimable, comme s'il discutait simplement de la pluie et du beau temps avec l'un de ses soldats. Ces derniers n'osaient plus rien dire, même quand l'aubergiste arriva en se raclant la gorge et distribua à chacun son assiette et son pain. Le chevalier le remercia d'un regard puis revint à leur invité surprise.

"Comprenez que je n'ai pas choisi mon rang ni mon sang à ma naissance, et veuillez je vous prie adopter un ton moins hostile. Ainsi je pourrais vous dire en toute sérénité que Begnion n'a à ma connaissance pas connu de trouble depuis le Jugement d'Ashera et que vous pouvez poursuivre votre route sans encombres, à moins que vous n'en provoquiez vous-même."

Il avisa la chope vide du voyageur, s'en empara sans demander tout comme celui-ci s'était installé avant d'avoir obtenu l'accord des chevaliers, puis la remplit du vin frais apporté par l'aubergiste avant de la lui rendre. Il se servit lui-même un demi-verre et le leva en direction de l'inconnu.

"Avec les compléments de Criméa. Hum... Fameux. De quelle année date-t-il ?"

La tension sembla quelque peu retomber et les soldats trinquèrent à leur tour avant d'entamer leur assiette.
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MessageSujet: Re: Du pain et du fromage pour une âme à la dérive[PV: Brindille]   Mer 26 Nov - 19:14

" Non, évidemment que vous n'avez pas choisi ni votre rang ni votre sang à la naissance. Personne ne choisi ce genre de chose, cela serait bien trop facile sinon. Il faut bien quelqu'un ou quelque chose pour décider de qui a des droits et qui en a moins sur cette terre, n'est-ce pas? Sinon on n'irait tout droit au chaos! Et vu qu'aucun être humain ne souhaite tenir le mauvais rôle dans l'histoire, c'est le hasard qui s'en occupe! Le hasard, ou la déesse, selon sa vision des choses. Mais je suppose que tout cela ne me concerne en pas grand chose."

J'ai pris une gorgée du vin que le noble venait de me servir. Pour être tout à fait franc, c'était du bon vin, et dans un sens je le remercie de m'en avoir servi. Mais ça s'arrête là. Evidemment. Je ne me suis pas lancé dans des louanges ou une gratitude immense envers lui. Il pouvait essayer d'être bon, de faire le gentillhomme,  tout cela n'avait aucune importance pour moi. Les nobles, le clergé... c'étaient les rares personnes que je haïssaient naturellement, et inconditionnellement. Ils imposent au monde un ordre qui n'est pas naturel, pas fluide. Leur vision des choses, VOTRE vision des choses est devenue la norme, certains qui naissent riches et glorieux, d'autres qui naissent à moitié mort dans la boue. Je ne clame aucune justice, cela n'a aucun sens à mes yeux. En revanche je refuse catégoriquement d'accepter sans broncher la mise en place d'un tel obstacle au déroulement naturel des choses. Le chaos est la vie, mais malheureusement personne ne comprend ça. La vie naît de l'ordre, car nous sommes des entités ordonnées, mais elle se développe dans le chaos car les choses vivantes sont imprévisibles, elles ont instinct! Ce sont des choses qu'on ne régit pas par des règles, ce sont des choses qu'on n'ordonne pas selon des critères quantifiables! Un nom de famille? Qu'est-ce que cela représente si ce n'est une trace de nos ancêtres? C'est tout! Un historique de notre ascendance! Mais nous ne sommes pas responsables de ce que nos ancêtres ont fait durant leur vie, pas plus que nous pouvons bénéficier de leurs bienfaits ou leur héroïsme! TOUT CELA N'A AUCUN SENS! VOUS NE COMPRENEZ DONC PAS?!

"Je vous prierai de vous calmer, M.Kelthera. Il m'est impossible et je ne veux de toute façon pas travailler dans de telles conditions.
-..."

...

"Eh bien, vous ne continuez pas?
- ...Arrêtez de m'interrompre.
- Je ne vou
- Vous avez très bien compris ce que je voulais dire."

Evidemment, je ne me suis pas mis à crier cela en plein milieu de l'auberge, car même si je bouillonais intérieurement, il fallait que je reste calme. Je n'ai d'habitude aucun problème, mais en présence de "certaines" personnes, je sens la colère légèrement me titiller la colone vertébrale.

"Permettez-moi de vous poser une question. Vous semblez bienveillant envers les petites gens, alors pourquoi ne pas simplement leur donner un titre, une partie de vos terres et de votre or? Cela simplifierai pas mal de choses vous ne croyez pas?"

A nouveau l'ambiance se figea, et quelques regards se tournèrent vers la table des chevaliers.
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MessageSujet: Re: Du pain et du fromage pour une âme à la dérive[PV: Brindille]   Mer 26 Nov - 20:33

Tout en écoutant l'homme parler, Mysti avait détaché sa cape, saisi ses couverts et commençait à manger. Bien qu'ils étaient dans une petite auberge de passage, la nourriture était excellente, un peu rustique mais en bonne quantité. Le petit goût de la campagne. On comprenait mieux comment elle pouvait survivre malgré le passage bouché dans les montagnes.

Le silence s'était fait de nouveau. Les soldats se raclaient la gorge en essayant de trouver quoi dire tandis que Mysti baissait les yeux, et la fourchette qu'il s'apprêtait à avaler par la même occasion.


"Je le voudrais. Sincèrement je le voudrais. Hélas, je n'ai pas assez de terres et d'or pour tout le monde, et ce n'est pas moi qui décerne les titres. De plus, si je donnais des terres aux uns sans donner aux autres, quelque âme jalouse y verrait du favoritisme. Les personnes favorisées pourraient rire des autres, les autres se révolter, fomenter une nouvelle rébellion et nous tomberions dans le même cycle infernal qui nous a fait mener deux guerres de grande ampleur en moins de 10 ans. Avec mes moyens, voilà ce que je propose aux petites gens : qu'ils viennent sur mes terres, les travaillent patiemment et les fassent fructifier. Pour cela ils ont un salaire, et les récoltes produites sont vendues et génère de l'or, qui servira à payer leur salaire suivant. Ils savent que s'ils mettent du cœur à l'ouvrage, leur travail sera récompensé, alors ils travaillent sans se plaindre, et ils sourient lorsqu'une bourse d'or leur est remise et qu'on les remercie. Je ne donne pas mes terres, mais je les loue en quelque sorte, et je suis ainsi certain qu'un bon usage en est fait. Je ne peux pas imposer ce mode de vie aux autres seigneurs, et je ne peux pas donner de l'or à tout le continent. Et vous voyageur ? Que faites-vous pour les petites gens ? Que pensez-vous que les rois et les reines font ? Si tous avaient des titres, les titres n'auraient plus de valeur. Si tous avaient de l'or, l'or n'en aurait pas plus. Si tous avaient des terres réparties équitablement, il n'y aurait plus de problème. Mais si cela était la réalité, si cela était si simple, le chaos de Yune n'existerait pas. Nous n'évoluerions pas. Nous serons figés. Nos rôles de rois, de reines, de conseillers, de soldats, de paysans, de commerçants, d'artisans, nos rôles à tous sont importants mais inéquitables. Ils se complètent mais ne se ressemblent pas. Que pourrais-je faire contre cela ? Je ne suis qu'un Homme, pas un dieu."

Le regard sincèrement compatissant pour la misère du monde, le noble se remit à manger. L'assiette soudain avait un goût meilleur, baigné des efforts de l'aubergiste et de sa femme, de leur reconnaissance pour les quelques pièces qu'il avait données. Et que pouvait-il faire de plus ? Leur donner tout ce qu'il avait signifierait ne rien donner au prochain aubergiste. Leur donner ce qu'il fallait dans l'intérêt du plus grand nombre, réparer cette voie dans les montagnes, lui semblait la meilleure solution à adopter. Il n'était pas un dieu non, mais il espérait sincèrement faire les bons choix. Les soldats autour de la table se consultèrent du regard, se levèrent tous comme un seul homme, la main sur le cœur.

"Votre bonté est égale à votre noblesse, messire !
-Nous vous serons fidèles jusqu'à la mort car nous croyons en vous et votre sagesse ! Puisse la déesse vous voir et vous soutenir ! Puisse votre attitude être un exemple pour tous les nobles !
-Nous vous suivrons sur le chemin que vous avez choisi.
-Assez messieurs. Rasseyez-vous donc et savourez ce repas pendant qu'il est chaud. La route que nous avons à parcourir est encore longue, il faut prendre des forces. Notre route, comme celle du monde..."

Un dernier regard à l'étranger puis le général se concentra sur son plat. Des murmures parcoururent les tables alentours, la plupart enthousiastes, certains le taxant d'hypocrisie et de belles paroles, d'autres objectant que l'aubergiste en avait eu pour ses frais. Pendant ce temps, la proximité de l'homme rappelait de plus en plus à Mysti une présence qu'il avait déjà approchée... Ce devait être à la Tour Sacrée, quand ils s'étaient approchés de plus en plus près des troupes d'Ashera...
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MessageSujet: Re: Du pain et du fromage pour une âme à la dérive[PV: Brindille]   Ven 28 Nov - 20:06

"Je vous rejoins sur ce dernier point, messire, nous ne sommes que des Hommes, pas des dieux. Nous naissons sur ces terres, nous y vivons, et nous y mourrons lorsque notre heure est venue de la quitter, pour laisser de la place aux générations futures. Nous ne sommes que des Hommes, pas des dieux, alors pourquoi s'entêter à respecter un mode de vie et un ordre qui nous est directement dicté par les dieux? La dernière guerre n'a-t-elle pas prouvé que les dieux n'ont plus leur place dans ce monde? Que leur influence n'est plus que nocive pour la vie qui s'y développe? Les dieux ont fait leur temps. Ils ont créé, surveillé, et puni, durant de nombreux siècles. Mais l'ère qui s'annonce n'a plus besoin d'eux. Ils n'ont pas su regarder assez loin pour voir que ceci allait arriver, que le contrôle leur échapperait et, qu'un beau jour, leur existence même serait mis à mal.

Nous ne sommes que des Hommes, pas des dieux, alors vivons comme des Hommes, et pas comme des dieux!
C'est à ce moment là que je me lève et tape du poing sur la table. Il n'y a pas d'ordre naturel, il n'y a PLUS d'ordre naturel! L'ordre est l'affaire des dieux immuables qui surveillent le monde millénaires après millénaires du haut de leur tour d'ivoire! L'ordre amène à la hiérarchie, et dans la nature il n'y a pas de hiérarchie, mais des cycles. Les jours, les mois, les saisons, les années, la vie, la mort, la chaîne alimentaire... Tout, absolument TOUT dans ce monde est cyclique, chacun de nous, chaque entité vivante qui foule cette terre ne signifie rien, elle n'est qu'un maillon d'une chaîne plus grande, d'un cycle qui la transcende, et ce même cycle fait partie d'un ensemble encore plus grand, et ainsi de suite... jusqu'aux cieux! Qui sait ce qui se trouve sur nos têtes? Qui sait de quoi le cosmos est fait? C'est une question à laquelle je n'ai pas la réponse, en revanche je sais ce qui n'est pas la réponse: la hiérarchie.

Les dieux sont hiérarchiques, mais pas la nature. Or nous sommes, "espèce humaine", la seule race, jusqu'à preuve du contraire, doué de conscience sur ces terres. Et à ce titre nous nous plaisons à nous croire uniques, spéciaux, à l'image des dieux que nous apprenons à vénérer plus que notre propre vie. Nous construisons des maisons, des villages, des villes entières! Détruisant sans aucun respect, sans aucune réflexion sur notre place dans le monde, nous refusons notre état d'animal et refoulons nos instincts primaires. On se réfugie dans des illusions qui nous rassurent, plutôt que d'être assez fort pour affronter la réalité et redevenir ce que nous sommes.

Nous ne sommes que des Hommes, pas des dieux, alors de quel droit pouvons-nous considérer raisonnablement que certaines personnes aient des droits de naissance alors que d'autres sont destinés à croupir dans la boue toute leur putain de vie? Que me répondez-vous si je vous proposais maintenant de tout laisser tomber et de donner tout ce que vous avez, or, titres, responsabilités, à cet homme assis juste là, derrière moi? Accepteriez-vous? Et dans votre grande bonté et grande indulgence, accepteriez-vous de travailler pour ce même homme, de la merde jusqu'aux genoux, plus de 10 heures par jour, sans aucune pause, pendant que ce même homme pour qui vous vous tuez à petit feu se repose agréablement dans l'une de ses 4 résidences principales, dans une chambre à coucher plus grande que cette même salle dans laquelle nous nous trouvons? Et vous autres, soldats? Que diriez-vous si je vous proposais de renoncer à votre avenir, à vos envies, de renier vos choix et de rejoindre les paysans qui plantent des pattates du matin jusqu'au soir? Je doute qu'il y ait beaucoup de volontaires lorsque c'est présenté comme ça. Alors oui, on veut donner, on veut suivre l'exemple, on veut être bon et noble, mais il y a des choses "qui sont comme ça donc on peut rien y faire donc on fait rien et on se goinfre pendant que les autres crèvent la dalle". Vous êtes hypocrites. Vous, les nobles, les rois et les reines. Vous aimez les grands principes philosophiques, les grandes idéologies, mais vous êtes content de rentrer au chaud dans vos maisons sécurisées et propres le soir lorsqu'il est temps de se reposer, n'est-ce pas?

Il vous est impossible, à vous et à tous vos semblables, de modifier votre perception du monde, d'envisager une autre réalité, des solutions altenratives. Votre coeur, votre conscience, votre âme sont bien trop incrustés dans ces terres pour que vous pensiez à quoique ce soit d'autre. Vous avez ça dans le sang, dans les os, votre chair est faite du même matériau que vous utilisez pour construire vos maisons, forger vos armes et fabriquer votre or, celui des dieux que vous vénérez malgré le fait qu'ils soient arrogants, hypocrites et malsains.

A force de faire semblant et de vouloir y croire, vous y êtes finalement arrivés, vous avez atteint le stade de dieu. Vous êtes vos propres divinités. Vous chérissez vos civilisations, vos structures, vos coutumes; vous chérissez tout ce qui peut vous rapprocher des dieux et ce qui vous arrache à la terre d'où vous êtes sortis, car ils ne faut jamais, jamais oublier, que nous ne sommes tous que de la poussière putréssible qui finira un jour ou l'autre par disparaître.

Vous m'avez posé une question tout à l'heure, vous vouliez savoir ce que je fais pour les petites gens. Je vais vous répondre. Je ne fais rien. Absolument rien. Car je n'ai ni la prétention ni l'envie de faire quoique ce soit pour quique ce soit sur cette terre. Je ne suis responsable de personne, alors je n'ai le droit ni de dicter mes envies à moins faible ou moins chanceux, ni de m'investir d'une mission de salvation et de me mettre à combattre pour l'opprimé. Voilà ce que fait. Rien. Je laisse le monde vivre sans imposer ma loi ni mon nom. Et croyez-moi, c'est déjà beaucoup plus que vous autres qui vous vous entêtez à vous enfoncer dans une voie sans issue."


J'ai arrêté de parler, et un lourd silence est tombé, plombant de nouveau l'ambiance. Ca se passe souvent comme ça quand deux figures charismatiques se confrontent, le peuple va dans un sens, puis refuse de contredire l'autre, puis se manifeste à nouveau lorsque le premier reprend la parole, et ainsi de suite.
Mais je ne voulais pas que cette discussion se poursuive plus que ça, alors pour appuyer mes propos j'ai enlevé mon large manteau, le jetant dans le coin de la pièce, pour me transformer confortablement. J'ai ensuite pris la large table en bois pour la renverser et la faire valser contre le mur, quelques mètres plus loin. Puis, j'ai finalement pris un des deux jeunes, le plus près pour faire simple et rapide, par le coup avant de lui faire fondre le visage et de jeter son corps sans vie et à moitié brûlé contre le mur. J'aimais bien ce mur pour le coup.

Je me souviens avoir alors regardé le noble droit dans les yeux, affichant un large sourire sur mon visage.


"Mais... il faut croire que je suis mauvais pour ce qui est de tenir ses engagements..."
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MessageSujet: Re: Du pain et du fromage pour une âme à la dérive[PV: Brindille]   Ven 28 Nov - 20:43

Un long, très long monologue suivit les mots de Mysti. Le noble ne s'attendait pas à rencontrer un homme si bavard sur un chemin aussi court que le leur. Son visage se mit à rougir au fur et à mesure des paroles de l'homme, rougir de colère de et non de honte comme on aurait pu le penser. Avant la fin de ses mots il s'était levé d'un bond, s'apprêtant à répliquer, lorsque tout à coup l'inconnu se changea... en quelque chose d'effrayant qui ne ressemblait pas totalement à un dragon tout en ayant des similarités avec.

"Qu'est-ce que ?!"

L'effroi le figea quelques secondes lorsqu'il vit le pauvre soldat hurler un bref instant et fondre entre les mains de l'étranger.

"EVACUEZ !"

Les autres personnes, jusque-là choquées, sortirent de leur torpeur en désordre, criant à l'épouvante en se ruant vers la sortie. Le chevalier sortit aussitôt son tome sans quitter le dragon des yeux.

"Qui êtes-vous ?! N'avez-vous donc pas retenu la leçon ! Tout est cycle oui, et c'est pourquoi la déesse renaîtra avec nous, évoluera avec nous, nous soutiendra et apprendra de nous ! Le Jugement d'Ashera a au moins permis aux Beorcs et aux Laguz de prendre un nouveau départ, mais les êtres comme vous n'en ont cure ! Si vous trouvez ce monde si insignifiant, mettez fin à vos jours vous-même et laissez ceux qui veulent vivre en paix !"

Gagner un peu de temps. Une poignée de secondes pour permettre aux civils de s'enfuir. Le second apprenti, complètement terrorisé, s'était réfugié derrière le bar avec ses armes, incapable de bouger. Les trois vétérans, un bretteur, un hallebardier et un archer d'élite, avaient aussitôt mis en joue le laguz difforme. Mysti n'avait pas encore lu sa formule, mais son corps irradiait déjà de la chaleur magique dont il était coutumier. Il ne souhaitait pas tuer, mais cet individu était dangereux et n'hésiterait pas, lui, comme il l'avait déjà prouvé.

"Je ne travaille peut-être pas les champs, mais j'ai versé mon sang et mes larmes pour tous ces gens que je fais travailler aujourd'hui. J'ai eu des milliers de vies sous ma responsabilité. J'en ai perdues dans d'atroces batailles pour le bien de mon pays, j'en ai sauvées grâce à la diplomatie plus de fois encore. J'estime avoir conduit les miens du mieux que je le pouvais et j'ai gagné le droit de ne pas me changer en pierre, de vivre selon les déesses elles-mêmes ! Je ne laisserai pas quelqu'un comme vous gâcher cette paix fragile que nous avons instaurées !"

Ces derniers mots galvanisèrent les soldats. L'archer tira le premier, une flèche létale en pleine poitrine du dragon, le bretteur et le hallebardier s'élancèrent à sa suite avec une synchronisation parfaite, laissant le temps qu'il fallait à Mysti pour lire son sortilège et déchaîner la puissance des flammes sur l'intrus. La marque dans son dos le lança aussitôt et il s'éloigna pour éviter une éventuelle riposte.

**Ô Yune, guide-moi ! La mort est-elle la seule solution pour faire respecter ce pourquoi nous nous sommes tant battus ? Quelle est la réponse ? Quelle est la réponse qu'attend ce monde ?**
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MessageSujet: Re: Du pain et du fromage pour une âme à la dérive[PV: Brindille]   Ven 28 Nov - 21:20

"Hahahahaha....
-Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle là-dedans. Il me semble même que vous vous trouviez à ce moment là dans une position indélicate. Seul, contre 4 soldats chevronnés, c'est un peu compliqué comme situation.
- Je pense qu'il vous sera difficilement possible de comprendre mon point de vue, de comprendre la beauté de cette scène. Je le sentais, ces soldats se lançaient la peur au ventre. Ils avaient connu la guerre, mais ils ne m'avaient pas connu moi. Lors d'une guerre, on combat d'autres hommes. Les hommes sont compréhensibles, bien définis, connus, on peut prédire une partie de leurs réactions, et on peut ainsi développer des jeux politiques et stratégies militaires. Mais face à ce qu'on ne comprend pas, face à ce qu'on ne CONNAÎT pas, ce n'est pas la même donne. On applique les bonnes vieilles méthode, on voit l'effet que ça fait, et on s'adapte après suivant comment ça se passe. Et c'est en cela que c'est beau. Je crois sincèrement qu'à ce moment là, ils ne se sentaient pas capable de survire, mais faisaient leur devoir et suivaient leur chef, qui symbolisait l'espoir pour eux, et qui portait les convictions qui sont chères à leurs coeurs. Il se sacrifieraient sans hésiter pour permettre à leur chef de s'en tirer. Ils défendaient leur existence pitoyable avec une légère illusion que ça serve à quelque chose, dans un cas comme dans un autre. Vous ne connaissez pas ça, vous autres dragons, tenir si fort à ses convictions, que ces mêmes convictions, lors de situations extrêmes comme celle-là, façonnent votre réalité et changent littéralement le monde qui vous entoure. L'espace d'un instant, on est un autre homme, ne connaissant ni peur, ni danger, ni rien. Juste le combat, pur, pour s'en sortir et défendre ses convictions qui nous maintiennent encore en vie. C'est en cela que c'est beau."

Mais ça peut être aussi beau que la lune elle-même, ça n'en reste pas moins futile. Une flèche? Sérieusement, une flèche? Je suis sûr que même vous derrière vos lunettes, vous trouvez ça ridicule.
Les deux gaillards fonçaient sur moi, et je n'avais pas vraiment la place d'esquiver. Alors j'ai battu un grand coup de toute la puissance de mes deux ailes, ce qui renversa les deux joyeux lurons, qui se retrouvèrent les quatre fers en l'air.

Mais c'était une attaque qui servait avant tout de diversion pour permettre à "messire" de préparer son sort pépère dans son coin. J'ai soudainement vu des flammes rouges se diriger vers moi, avant de m'entourer complètement et de commencer à me brûler les écailles. J'ai de nouveau joué des ailes pour dissiper tout ce merdier et me retrouver face à face avec le mage.


"Ce que je suis? Je ne suis qu'un homme, comme tous les autres, seulement le hasard a fait que je suis né avec pas beaucoup de chance. Mais, cela n'a pas d'importance, car il me semble que c'est VOUS qui n'avez pas retenu la leçon. Ce n'est pas que je trouve ce monde insignifiant, c'est la façon dont vous vous l'appropriez que je méprise. Ce monde est magnifique, mais vous le détruisez avec vos concepts futiles et vos civilisations. Vous n'avez instauré aucune paix, et vous n'avez sauvé personne. La paix n'est qu'une illusion. Ca n'existe pas, "la paix", tout ça c'est du vent. Aussitôt que vous aurez des intérêts chez vos voisins, vous déployerez vos troupes et vous attaquerez pour conquérir, et vous aggrandir pour vous enrichir. Ce n'est pas en vous retranchant dans des pays différents avec des cultures différentes, et des intérêts différents que vous réussirez à créer quelque chose comme "la paix".
Le prix du sang que vous versez n'est rien face à la corrumption de la nature même des choses qui se répend dans le monde avec votre mode de vie. Vous n'avez personne, vous avez juste fait du mieux que vous pouviez pour les prémunir du danger dont vous êtes vous-même responsables. Pas d'ordre, pas de pays, pas de guerre. Le monde est fait pour fonctionner sans vous et sans votre système, seulement vous faites croire à vos peuples qu'il est nécessaire à la survie, alors que c'est vous qui remettez en cause cette même survie. Tout ce que vou"


...

"Tout ce que quoi?
- Ma phrase est bien finie. Enfin, elle a été interrompue parce que je me suis pris ce connard de soldat dans le dos."

L'autre imbécile avec sa lance, là. Je croyais l'avoir assommé mais il fallait croire que ses gars-là étaient plus costauds que ce dont ils avaient l'air. Il avait profité de ma petite discussion avec son supérieur pour m'attaquer dans le dos, me plantant son arme dans le bas du dos. Et ça fait pas du bien.
Ca m'a mis à genoux, mais je l'ai de suite retirée pour la planter dans le sol à côté de moi. Je me suis relevé, et pour impressionner un peu, j'ai lâché mes flammes un peu partout autour de moi.


"Vous feriez bien de dire à vos hommes de nous laisser parler tranquillement, "messire", sinon ils risquent de pas revoir leurs femmes de sitôt."
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MessageSujet: Re: Du pain et du fromage pour une âme à la dérive[PV: Brindille]   Ven 28 Nov - 21:55

Craignant le pire pour son camarade, le général s'était élancé pendant que le dragon retirait la lance de son dos pour s'interposer entre eux.

"Général ! Vous ne---
-De simples armes ne lui feront rien, vous le voyez ! Et le feu n'est pas ce qui fonctionne le mieux contre les dragons... Reculez !"

Mysti ne lâchait pas son adversaire des yeux. Les soldats hésitèrent, puis peu à peu obéirent, se dirigeant vers la sortie tout en tenant à l’œil l'improbable face à face. S'il avait fait quelques pas en arrière pour éviter un coup de griffes, d'ailes ou de souffle perdu, le Criméan n'en restait pas moins debout face au dragon. Seul, l'estomac noué, mais bien campé sur ses pieds et son tome prêt à faire usage. On pouvait même voir les flammes lécher son corps, comme s'il était lui-même la source du brasier dont il se servait pour attaquer.

"Qui est ce "vous" dont vous ne cessez de me rabâcher les oreilles ? Vous prétendez être un homme, j'en suis un aussi. Et si vous pensez que je représente toute ma caste à moi seul, je peux vous dire qu'il n'en est rien. J'ai arrêté il y a peu un ministre de mon propre pays après avoir découvert qu'il perpétrait un trafic de laguz. Même les miens peuvent se rendre coupables de crimes et j'en suis bien conscient ! Qu'attendez-vous au juste ?! Que tous les Beorcs meurent pour votre bon plaisir ? Ce n'est pas ainsi que cela fonctionne ! Nous avons tous droit à la vie, nous avons tous droit à avoir une chance ! Et cela est un cadeau des déesses, quoi que vous puissiez en dire ! Vous prétendez que "nous" avons apporté le mal que "nous" combattons ? Je n'en crois rien ! Les laguz et les beorcs descendent du même ancêtre ! Mais cela le monde l'ignorait jusqu'à cette seconde guerre... et nous avons appris à ce moment-là, nous peuples de Tellius, que c'étaient les dragons qui avaient falsifié l'Histoire ! Que c'étaient des vôtres qui avaient tiré les ficelles de tous les conflits ! Ainsi, privés de nos racines, nous ne pouvions que commettre de nouvelles erreurs ! Mais Yune nous a pardonnés, et nous avons pardonné à Yune et Ashera leur maladresse envers nous ! C'est ce pardon réciproque qui a instauré la paix et c'est ce que je défends ! Si vous n'êtes pas convaincu alors je ne puis rien pour vous aider. Je cherche juste à épargner les vies que vous menacez en cet instant. Je tente d'apporter une réponse pendant que vous ne faites rien. Est-ce si reprochable à vos yeux ?!"
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MessageSujet: Re: Du pain et du fromage pour une âme à la dérive[PV: Brindille]   Ven 28 Nov - 22:28

"Pour un mage, vous manquez clairement de clairvoyance. Et moi qui croyait que vos arcanes demandait une intelligence supérieure à la moyenne, m'aurait-on raconté des mensonges?

Vos affaires avec vos ministres, vos pathétiques petits exploits bassement égoïstes ne m'intéressent pas, et ne concernent en rien ce dont je vous ai parlé. Tout cela n'a strictement aucun sens à mes yeux, ni aux yeux de la nature elle-même. Je ne fais pas de différence entre Laguz et Beorc, ni entre pauvre et riche. Je considère l'espèce humaine dans sa globalité, je n'ai que faire des histoires de jalousies, de pouvoir, de territoire ou d'argent. Vous vous faites des illusions sur ce qui est réellement important, et sur ce qui ne l'est pas. Vous croyez être utiles et bons pour le monde, mais vous êtes la cause même de la totalité des malheurs et désastres qui surviennent sur ces terres. Votre rôle ne consiste maintenant plus qu'à tenter de maintenir votre système en place tout en limitant les dégâts de vos erreurs passées. Le problème étant que vous n'apprenez rien du passé, car en ce moment même, demain, durant même toute l'année qui s'annonce devant nous, vous allez faire les mêmes erreurs, engendrer les mêmes maux. Tout cela ne sert à rien, vous ne servez à rien. Vous, comme tous vos semblables, tous ces hommes qui foulent cette terre, vous croyez être éveillés au monde, avoir un oeil avis sur les événements actuels. Mais la vérité est que vous vous faites bernez par vos fameux rois et reines, vos saints, par vos dieux mais surtout par la très haute opinion que vous vous faites de vous-même.

Quant aux dragons... vous vous avancez un peu trop à mon goût pour oser supposer que je fais partie de la même espèce qu'eux. Et si je n'étais semblable à rien de ce que vous connaissez? Et si, vos dieux m'envoie pour vous forcer à les renier? Et si je suis une création du vide même, inconnu de tout homme et des dieux, anomalie dans ce monde? Et si je n'étais simplement qu'un Beorc ayant souffert d'une malédiction pour me retrouver dans l'état dans lequel je me trouve actuellement? Je ne vous ai rien dit sur ma nature, et de par mon apparence vous supposez des choses qui sont peut-être fausses, et vous extrapolez aveuglément.

Mais plutôt que de disserter sur le sujet, qui se révèle être moi, en l'occurrence, je vais me contenter de vous donner mon nom. Libre à vous ensuite de faire les recherches qu'il vous plaira et d'essayer de trouver ce que je suis. Arthen. J'espère bien que vous n'oublierez pas ce nom, ça me vexerait sinon.

Tenez, vous qui semblez accorder beaucoup d'importance aux déesse, à la dernière guerre, et tout ce merdier, une question pour vous. C'est très simple, vous verrez. Bien: Mon existence ne prouve-t-elle pas de par elle-même que ce en quoi vous croyiez est faux, et que vous avez tort? Soit je suis un produit de vos dieux, dans ce cas ils m'ont envoyé ici pour répandre leur volonté, celle de disparaître de l'esprit des hommes, et du coup ça veut dire que mon point de vu est "le bon", celui défendu par vos précieux dieux, et donc le point de vue que vous devez respecter. Soit, je ne suis pas un produit de vos dieux, mais dans ce cas, comment vous pouvez encore croire et suivre des dieux qui ne sont pas capables d'empêcher une créature telle que moi de voir le jour? C'est insensé! Vous ne trouvez pas?"


Je précise: c'était de la rhétorique. Evidemment que c'était insensé. C'était justement le but de tout ça. Et comme toute rhétorique qui valait un minimum, elle devait se poursuivre par une bonne grosse mandale dans les gencives. J'appelle ça un "argument percutant". On ne laisse pas à l'autre le choix de la réponse, ni le temps d'en chercher une. Bon, du coup, certains diront que c'est un peu inutile, vu que ça devient un échange à sens unique (ce qui n'est pas le but de l'échange), mais ce ne sont que des rabats-joie. Il ne faut pas trop les écouter. Moi je les écoute pas en tout cas.

A peine avais-je donc terminé ma tirade, que mon interlocuteur semblait vouloir dire quelque chose. Et à peine allait-il commencer à l'ouvrir pour déblatérer sa merde, qu'il s'est mangé mon argument. Dans le bide. Je me suis jeté sur lui, propulsé par mes ailes. Ça aide d'avoir un gabarit plutôt moyen mais de la puissance dans les muscles. Sans trop me vanter je dirai que je suis en quelque sorte le rapport poids/force/mobilité assez optimal. Enfin, j'ai pas encore vu mieux jusqu'à présent.

Suite à ce coup, le mage vola quelques mètres avant de se prendre le mur derrière lui. Je me suis alors tourné vers ses subalternes dehors, et aussi vers les quelques cul-terreux assez fous pour rester là.


"Est-ce là toute la puissance des convictions de Criméa? Où sont vos dieux maintenant? Que font-ils pour sauver ceux qui semblent défendre la justice et le peuple? Hein? Hahaha... HAHAHAHAHAHAHA"

Et j'ai pété la baraque. Littéralement. Pas entièrement, mais littéralement. Notre souffle de dragon fait des merveilles pour la destruction. Vas-y que j'explose un mur, que je découpe le toit...
Une fois l'auberge à moitié dévastée, j'ai continué à rigoler. C'est toujours plus impactant. Et plus drôle. Surtout pour moi.


Dernière édition par Arthen le Mer 3 Déc - 20:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Du pain et du fromage pour une âme à la dérive[PV: Brindille]   Ven 28 Nov - 23:31

Cette créature, quelle qu'elle soit, avait était plus rapide que le général ne le pensait. Il eut juste le temps de se protéger le plexus solaire de ses bras et son tome avant d'être projeté contre le mur. La mince structure craqua sous l'impact, laissant le chevalier s'effondrer sur le sol, sonné un instant. Les villageois poussèrent des cris d'horreur et s'enfuirent aussitôt en voyant l'auberge s'effondrer à demi sous les coups de l'hideuse créature. L'apprenti qui y était resté caché prit ses jambes à son cou par une porte de service et l'archer vétéran réarma son arc, protégé par les deux autres, bien décidés à attirer son attention ailleurs en espérant d'improbables renforts.


"Ce sont vos paroles qui sont insensées... Peu importe ce que vous êtes, vous ne ferez pas croire que vous êtes envoyé par les déesses... J'ai entendu de la propre bouche de Yune qu'elle essaierait de s'intégrer parmi les autres races et de recommencer avec eux sur la voie de la paix... Elle ne peut pas avoir changé d'avis si subitement..."

Se tenant au reste de planche constituant le mur d'une main et palpant ses côtes sans doute brisées de l'autre, le chevalier se releva tant bien que mal au milieu des décombres. Dans l'opération, sa tunique s'était accrochée à une planche bardée d'échardes et s'arracha complètement lorsqu'il fut sur ses pieds, de sorte que, de profil comme il était par rapport à l'ignoble individu, ce dernier pouvait parfaitement apercevoir la cicatrice de magie noire qui lui longeait le dos depuis l'épaule jusqu'au rein. Son visage avait également été griffé par les éclats de bois, laissant voir plusieurs coupures qui saignaient à présent paresseusement. Il ouvrit son tome, sa magie plus forte qu'avant autour de lui.

"Elincia ne jalouse aucun territoire, elle n'a même jamais revendiqué la couronne... Pour preuve, elle a laissé le sort Daein libre après la première guerre, elle n'a pas tenu à assurer une tutelle que de toute façon le pays ne pouvait pas se permettre de mettre en place... Je crois en la justesse du jugement de ma reine et des autres monarques que j'ai eu l'occasion de côtoyer... Tu peux m'insulter autant que tu le veux..."

Les flammes frémirent et grandirent sur le corps du chevalier, qui profita que l'auberge soit en bois. Avec un peu de chance, il parviendrait à intensifier suffisamment sa magie pour blesser avec force le dragon-qui-n'en-était-peut-être-pas-un grâce à tout le combustible autour. Il baissa les yeux sur son tome, lut sa formule la plus puissante et prépara psychologiquement son corps à l'épuisement qui allait suivre.

"...MAIS JE T'INTERDIS DE DIRE DU MAL DE MON PEUPLE ET DE MA REINE !"

Il rembourserait au tavernier deux fois la somme que valait l'auberge.

La bâtisse explosa brusquement, avalée par les flammes. Celles-ci, comme animées de volonté propre, se ruèrent toutes à la fois sur le pseudo-dragon, la traversant de part en part.
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MessageSujet: Re: Du pain et du fromage pour une âme à la dérive[PV: Brindille]   Sam 13 Déc - 15:24

Vous vous rappelez il y a quelques temps, je vous ai parlé de ces 4 mages qui m'ont littéralement pété la gueule à Criméa? Putain, rien qu'en y repensant, ça c'était quelque chose quand même, c'était pas de la magie de tapette. Pour le coup, je pense que les mecs ont envoyé la grosse GROSSE cavalerie, ils ont pas fait semblant. D'ailleurs aujourd'hui si j'en croise un, je lui arrache la tête, sans préliminaires. Juste parce que.

Si je vous reparle de ça, c'est parce que ce mec là, dans un sens, leur ressemblait. Il était déterminé, et mobilisait toute la puissance qu'il semblait avoir. Ce que je me suis pris a fait mal. On peut pas lui enlever ça. Mais en comparaison, c'était rien par rapport à l'histoire des 4 mages. Celui-là avait encore pas mal de chemin à faire.

Je me suis tout pris dans la gueule. Tout l'auberge sembla s'être transformé en flammes, et toutes s'étaient dirigées vers moi. Le feu m'entoura et commença à me consummer. Je voyais des lambeaux de peau qui commençaient à se détacher sous l'effet de la chaleur, ma chair se révelant peu à peu à vif. Le feu ne me laissait aucun répit, il tournoyait autour de moi me lançant des attaques incessantes comme des piques qui me transperçaient, en plus de me recouvrir littéralement. C'était un joli sort qu'il avait là le bougre. Un bien joli sort.


"Hahaha..... HAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA! GNAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA!"



"Attendez, vous avez rigolé?

- C'est bien ce que j'ai dis oui, j'ai rigolé.

- Ca me paraît quand même un peu incompréhensible, vu votre situation.

- Comme je vous l'ai dit, j'ai vu bien pire.

- Oui mais quand même! C'est insensé!

- Ce qui me surprend c'est que ce genre de choses vous surprenne encore. Mais je pense qu'on ne refait pas les gens! Vous ne savez pas ce que ça fait d'être dans les flammes, dans une situation où on souffre. C'est magnifique car on se rend compte de la beauté de la vie, et à quel point notre instinct nous fait nous y attacher. Mon instinct à moi est mort depuis longtemps, mais le reste demeure vrai."

J'ai rigolé durant de longues secondes, pendant que les flammes me dévoraient. Un rire démoniaque, qui sortait du fond de la terre, d'un autre temps. La mise en scène je vous dis! La mise en scène! Les témoins en garderont un souvenir impérissable, je vous le garantie, et s'il y a bien quelque chose qui importait, c'était que la terre garde la trace de mon passage, sur les corps ou dans les coeurs. Et croyez-moi, ça reste bien plus longtemps et bien plus profondément dans les coeurs.

J'ai alors déployé mes ailes, et dans un fracas de bois je me suis élevé à grande vitesse dans les airs, tournoyant sur moi-même pour dissiper les flammes autour de moi. Je me suis arrêté quelques instants, dans le ciel, regardant le massacre en contre-bas. C'était pas beau à voir, un peu comme moi. Brûlé à de très nombreux endroits, saignant au niveau du dos. Mais, un mal pour un bien, les flammes devaient certainement avoir cautérisé ma plaie. C'était déjà ça.

Je me suis enfin décidé à partir "vers d'autres horizons", comme pourraient dire certains écrivains, et après quelques instants déjà, je ne voyais de l'auberge plus que l'épaisse volute de fumée noire qui s'élevait haut dans le ciel, comme pour marquer la carte d'un funeste événement.



"Fin.

- Comment ça, fin?

- C'est la fin de se chapitre, je pensais que c'était suffisamment clair comme ça non?

- Je... ne comprend pas tout. Ce que vous me raconter, vous voulez que ça se fasse en chapitre?

- Mais j'en sais rien moi! Faites votre boulot! Je vous ai dis "fin du chapitre", ça aurait pu être "fin de l'histoire", ou-MAIS ON S'EN FOUT EN FAIT! C'est la fin, point barre, j'ai plus rien à vous dire aujourd'hui, maintenant barrez-vous, j'ai besoin de repos."


Alors, sans dire un mot, le scribe ferma son carnet, ramassa ses affaires et s'en alla du cachot en silence, les gardes reprenant alors leurs positions devant la cellule du dragon fou. Celui-ci se laissa tomber vers l'avant, la tête vers le bas, cachant un large sourire derrière ses longs cheveux gras.
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MessageSujet: Re: Du pain et du fromage pour une âme à la dérive[PV: Brindille]   Sam 13 Déc - 15:47

Comptant sur le fait qu'il n'y avait pas d'autres créatures de la même espèce dans les parages, le Criméan avait donné tout ce qu'il avait. Les flammes, sitôt invoquées, dévorèrent tout : murs, sol, restes de plafond, chaises, table, bar... L'auberge implosa sous l'impulsion de la magie en une colonne de flammes qui fendit le ciel quelques brèves secondes. Mysti se tenait à la périphérie du cyclone et vit son feu poursuivre Arthen jusqu'à l'épuisement de ses réserves magiques. Le "dragon" était parvenu à s'enfuir, malgré des brûlures plutôt graves.

Tandis que les flammes diminuaient, vidant les dernières forces du mage, celui-ci regardait son adversaire partir. Il avait ri ? Pourquoi ? Mysti s'avança au milieu des décombres noircis, puis se tourna vers ce qui avait été autrefois l'entrée du bâtiment. L'archer s'était tétanisé sur son arc, livide, de sorte qu'il le tenait à présent en joue. Ramené à la réalité par le bretteur qui connaissait déjà la force potentielle de son maître, il baissa son arme. Le bretteur fut d'ailleurs le premier à accourir, anticipant ce qui allait suivre.


"Vous présenterez mes plus plates excuses à l'aubergiste... et le dédommagerez en conséquence..."

Sa main affaiblie lâcha son tome intact et il fut rattrapé avant de tomber au sol par son soldat, perdant rapidement conscience. Le premier réflexe de l'homme fut de lui couvrir le dos et de le sortir du champ de bataille improvisé pour qu'il ait un peu plus d'oxygène.

Par chance ce jour-là ne compta qu'une seule victime, l'apprenti qui avait fait les frais de la colère du dragon. On retrouva le second complètement épouvanté plus tard, à des lieues de là. Les voyageurs et les tenanciers de l'auberge remercièrent les soldats pour leur avoir sauvé la vie, même s'ils y avaient tout perdu matériellement.

Après une nuit à la belle étoile, le petit groupe décida de poursuivre jusqu'à Serenes, même si inconscient Mysti ne pourrait pas mener à bien sa mission. Prévenir les oiseaux et les assurer du soutien de Criméa restait une tâche essentielle.
FIN

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Du pain et du fromage pour une âme à la dérive[PV: Brindille]

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