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 Quand les Lions partent en chasse

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Nemesis
avatarBeorc


Messages : 49
Localisation : Into Darkness
Autre Indication : Nemesis
Groupe : Lui

Feuille de personnage
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MessageSujet: Quand les Lions partent en chasse   Ven 24 Oct - 2:10

/!\ Ce post se déroulera majoritairement du point de vue de Seth, le ion Rouge et compagnon de Nemesis.

- Seth.
- Ouais, ouais j’arrive! J’voudrai bien t’y voir avec une seule putain d’main.

Nemesis posa son regard aux reflets d’or sur son imposant compagnon. Celui-ci se battait hardiment contre son handicap et tentait d’enfiler l’imposante cape de voyage qu’ils avaient dénichée dans les ruines de Dagran un peu avant que le Lion Rouge ne soit ramené à la vie. En apparence le corps musclé du barbare s’était sorti de leur escarmouche sans trop de heurts. La vérité cependant était toute autre. Outre les quelques cicatrices sans importance que les lames et les poignards avaient pu laisser sur sa chair, le terrible combat qu’avait mené Seth contre les Barons Rouges avait laissé son bras dans un état pitoyable. Presque entièrement paralysé, chacun de ses mouvements s’avérait être une cruelle source d’efforts et de douleur. Ses os, sans être de verre, se révélaient bien plus fragiles que ce qu’ils avaient pu être, forçant le monstrueux combattant à une consommation extrême de lait et de produits laitiers dans l’espoir de les renforcer. Plus terrible encore sans doute était son incapacité à saisir et à maintenir en sa poigne le moindre objet, qu’il s’agisse d’une pierre, d’un couvert ou tout simplement du manche de sa fidèle hache.

Afin d’éviter un surplus de douleur au blessé, son bras se trouvait désormais constamment maintenu dans une attelle que le Lion Rouge passait en écharpe en fonction de son humeur et de son état de santé. Malgré son état, le fier brigand ne s’était jamais plaint outre mesure, effectuant ses exercices de rééducation dans le silence le plus complet et appliquant son rôle de garde du corps avec la même efficacité que si son bras avait été parfaitement fonctionnel. Bien sûr, depuis le temps qu’il le côtoyait, Alexander avait suffisamment appris à connaître le terrible combattant pour remarquer les détails indiquant sa condition : une rapide crispation des muscles de sa mâchoire lors d’un mouvement un peu trop brusque, la discrète couche de sueur qui ornait son front lors de ses exercices… Le mage noir n’en était pas sûr, mais il soupçonnait également le poison des barons de n’avoir pas laissé intact les entrailles de son compagnon de route. Sa maîtrise des arts curatifs était cependant impropre à soulager le Lion. Nemesis savait également pertinemment que la fierté de celui-ci ne lui permettrait jamais de reconnaître sa propre faiblesse.

Déglutissant, Alexander porta à nouveau le morceau de viande séchée à sa bouche et en sectionna un plus gros morceau d’un rapide coup de crocs. Pour sa part, sa rencontre avec les Barons et Lavinia l’avait mis dans un état d’esprit plus positif et lucide que jamais… Et elle lui avait surtout redonné cet appétit d’ogre qu’il avait lors de son ancienne humanité.

- Je n’ai pas l’impression que tu t’en sortes si bien que cela. Un coup de main peut-être ?
- Ah ta gueule hein !

***

Serrant les dents, il réajusta le vêtement d’un bref coup d’épaule et parvint à en faire retomber un large pan par-dessus son bras blessé. Un bout du tissu coincé entre les dents, il passa finalement le valide dans sa manche avant de rabattre prestement la capuche. Ses os l’élancèrent jusque dans le dos alors qu’il se tordait le bras afin d’ajuster sa hache de façon à la rendre le moins visible possible. Vu leur état, le récit de leurs exploits avait voyagé bien plus vite qu’eux. Même si cela faisait un moment qu’ils ne s’étaient montrés dans un lieu public, il était loin d’être impossible qu’un indigène local, avide d’histoires glauques, ne les reconnaisse. Ils évitaient d’ailleurs de marcher sur les routes trop fréquentées depuis qu’ils avaient aperçus des avis de recherche à leur nom placardés à un croisement. Les Barons étaient peut-être des criminels mais ils avaient des contacts influents dans toutes les couches de la société moderne, ce qui leur avait permis de déplacer rapidement une cellule aussi imposante que celle de Dagran. De plus ils n’avaient pas été les seuls à assister à leur petite démonstration de force : mercenaires, pouilleux en tout genre et bien sûr, la copine du boss et ses petits protégés. La suite n’avait surement été qu’une question de temps et de bouche-à-oreille. Les deux malandrins n’avaient cependant pas pris leurs jambes à leur coup comme tout homme sensé l’aurait fait. Premièrement, ils étaient loin d’être sensés et deuxièmement, le boss voulait collecter un maximum d’informations sur leurs proies. Les Barons Rouges les avaient peut-être mis sur le devant de la scène mais la quasi-totalité de leurs membres possédaient également leur propre avis de recherche. Et si les membres de l’organisation travaillaient à la chute du Nemesis, alors il était obligatoire qu’ils se trouvent dans les environs de leur dernière prise de baffes générale. Aussi les deux brigands avaient-ils décidés d’explorer l’un des villages aux alentours de Dagran. Rien ne laissait prévoir qu’ils trouveraient quelque chose. Dans ce cas, ils quitteraient la région et tenteraient certainement un replis sur l’ancien fortin de la Lance d’Argent afin d’y regrouper leurs forces… mais savait-on jamais, le boss sembliat attirer les ennuis autant que la merde attire les mouches. Remuant délicatement son épaule endommagée, le Lion Rouge serra les dents lorsque son bras déclencha une autre vague de douleur et se força à sourire.
- Bon ça c’est fait ! Boss, passe-moi un truc à damer. Tous ces efforts, ça m’a donné les crocs ! Enfin… Tu sais de quoi j’parle j’suppose huk huk !!

Très fier de sa propre blague nulle, le barbare attrapa au vol le morceau de viande que son chef lui lança. Levant les yeux au ciel, le mage noir rabattit la capuche de son propre manteau et s’éloigna alors que Seth arrachait un énorme morceau de viande séchée et l’avalait en mastiquant bruyamment.

Par pure précaution, les deux compères pénétrèrent dans la ville par la même entrée mais à une bonne demi-heure d’écart. Contrairement à son sbire complètement encapé, Nemesis avait choisi de conserver son manteau de la lance d’argent, retourné du côté noir, et auquel venait s’ajouter une capuche. Ils devaient rester tout au plus une journée sur place, le temps pour l’un de fureter discrètement et pour l’autre de payer quelque coup à boire voire de distribuer quelques baffes si la bière se révélait monter un peu trop. Le barbare encapé sourit à l’évocation d’une bonne mousseuse autour d’un repas chaud. Le poignard de la danseuse n’avait pas laissé qu’un bref trou dans son organisme, il lui avait fallu quelques temps avant de pouvoir ingurgiter normalement de nouveau ne serait-ce qu’un verre d’eau, quant à l’alcool… Il préférait ne pas songer à ce qui s’était passé la première fois qu’il avait pris un p’tit verre.

*Elle m’a quand même bien amoché la salope. Pas fâché qu’elle soit claquée.*

Chassant les souvenirs du cadavre flasque et brisé qu’l avait laissé derrière lui, le brigand tâcha de se frayer un chemin dans la foule qui emplissait la place qu’il franchissait. C’était visiblement jour de marché et, comme on peut s’y attendre en telle occasion, les rues étaient noires de monde, qui reniflant le poisson d’un air soupçonneux tandis qu’un marchand corpulent argumentait virulemment les prix imbattables de ses fruits. Des mioches galopaient entre les jambes des matrones aux bras lourdement chargés tandis qu’un chariot tiré par deux imposant bœufs tentait de se diriger vers le flot de circulation qui quittait la place pour s’engager dans les étroites ruelles. Et tout ce beau monde se bousculait, se haranguait et se marchait sur les pieds dans un joyeux bordel. Calant fermement son bras dans l’écharpe, Seth joua des épaules et de sa force pour se diriger vers les bords de la place. Le marché et le beau monde, c’était du ressort du boss. Lui se contenterait aisément d’un siège et des piliers de bar du coin, souvent si alcoolisés qu’il ne réalisaient pas eux-mêmes la qualité des informations qu’ils pouvaient distribuer.

Son regard fut soudain attiré par un mouvement, ou plutôt un balancement lent, régulier et délicat. Celui de deux superbes fesses surplombant des jambes galbées quoi que fort peu mises en valeurs par la jupe mal dégrossie que portaient la sympathique créature avançant devant lui. La paysanne tourna la tête et Seth put constater que son profil, loin d’enlever du charme à la grâce de son fessier, ne venait que la compléter. Elle avait le nez un peu trop long, le teint hâlé par son exposition au soleil et, comme l’aurait si bien dit le brigand lui-même, des yeux à en faire bander un bouc ! La chaleur de la journée collait sa chemise trop large à son buste, soulignant la parfaite maturité de ses courbes et le tout était couronnée par une abondante chevelure noire, coincée dans un chiffon aussi grossier que le reste de sa tenue.

Un sourire avide transperça la barbe noire du brigand alors qu’il laissait allègrement son regard se poser sur chaque détail de la jolie créature. Il en venait presque à regretter de devoir rester incognito. Dix ans et une centaine de meurtres de moins et la journée aurait pu être bien plus agréable ! C’était en tout cas ce que devait penser le lugubre inconnu venant de le bousculer sans la moindre gêne. Légèrement plus petit que lui, plus gras aussi, son sourire et sa main palpitante rendait évidente la suite des évènements. Les yeux rouges de Seth se portèrent au ciel alors qu’il poussait un soupir désappointé. On ne pouvait décidément plus profiter de rien sans être interrompu.

[color=red]- Wopopopop !|/color]

Vif comme un serpent, son bras valide avait jaillit et s’était emparé de la main fautive, l’emprisonnant dans une étreinte d’acier tandis que son regard quittait les divins monts pour se planter dans le regard porcin du coupable.
- Est-ce que s’t’une façon de faire ça mon gars. Tu veux qu’j’t’en colle une ?
- Roh ! Allez-l’rabat-joie, s’t’qu’une chti’ tôpe eud’rin du tout. T’vas pas m’courir l’haricot pour….

Son babillage ridicule fut interrompu par un resserrement immédiat et douloureux de la prise sur son avant-bras. Un couinement pitoyable s’échappa de sa gorge nouée tandis que Seth le forçait à s’agenouiller pour échapper à la torsion qu’il lui infligeait. Le gros tas s’agita, frappa mollement du poing le bras qui le tenait sans obtenir beaucoup de résultat. Le sourire avide du brigand s’était effacé pour ne plus laisser que de la cruauté. Pour un peu il le lui aurait arraché à ce porc, ce morceau de charcuterie qui lui servait de bras.
- Barre-toi mon gars. Barre toi très vite ou s’ta gueule que j’éclate.

A peine l’eu-t-il relâché que l’autre détalait sans demander son reste, son bras serré contre son torse. Seth frissonna contre les signaux que lui renvoyaient le mouvement un peu trop violent qu’il venait de faire. Au moins lui restait-il la jeune…
- Ah bah non en fait…

L’action un peu sauvage qu’il venait d’exécuter avait attiré l’attention d’un petit cercle de curieux mais la beauté parmi les bouses n’avait visiblement pas pris la peine de le remarquer.
- Belle journée de merde ça, j’le sens bien.

Ravalant sa déception, il se massa la nuque, espérant en faire disparaître la tension que son bras y avait induite, rajusta son vêtement s’assurant que son tatouage et sa hache étaient toujours invisibles puis se remit en marche, ignorant complètement les badauds qui se dispersaient eux aussi.

Ses pas le menèrent enfin à l’entrée de la rue principale près de laquelle se dressait un panneau recouvert de nombreuses annonces. Le barbare ne put s’empêcher d’émettre un bref éclat de rire lorsqu’au travers des différentes affiches il aperçut deux avis de recherche les représentants lui et le Nemesis. Sans s’attarder il s’engagea dans l’allée, le rire toujours aux lèvres, il savait déjà à quoi ressemblaient les deux pancartes.

*J’suis toujours aussi sexy ! C’est con que l’pécore qui les a faites ait autant raté l’boss, faudra qu’on leur dise s’ils nous chopent un jour quand même.*

Sa bonne humeur retrouvée, il sifflotait une chanson à boire lorsqu’un marmot s’empêtra dans ses jambes. Une chance que son armure de plaque ait été réduite en miettes par Michelle II, l’idiot aurait pu s’y couper s’il l’avait encore.
- ‘Tention gamin ! Tu tiens pas à ta peau ou… Il comprit un brin trop tard. Fils de…

Un autre mioche le bouscula de son côté faible déclenchant un spasme de douleur tandis qu’un troisième lui fonçait dessus par la droite, du côté de sa bourse. Déséquilibré, étourdi par le choc, le Lion Rouge lança son bras mais n’attrapa qu’une touffe de cheveux aussi secs que de la paille. Il vit cependant très distinctement son argent s’envoler dans les mains du jeune brigand. Poussant un juron terrible, le brigand fit volte-face plus rapidement que ce que les mômes avaient du prévoir. Sa main attrapa un col et bientôt, une frimousse farouche et rebelle se retrouva hissée à hauteur de son regard effroyablement menaçant.
- Espèce de p’tit merdeux !
- Salaud ! Lâche-moi ! Lâche-moi! S’pas moi qu’ait ton or bâtard! Fumier !

Seth pivota de nouveau mais le dernier complice n’était déjà plus là. Fouillant désespérément la foule du regard il ne parvint qu’à apercevoir la tignasse aux cheveux de paille qui filait à travers la foule.
*La mousseuse !*

La présence d’une veste vide de son occupant entre ses doigts le convainquit très rapidement de la marche à suivre.
- Merde !!!

Bondissant à travers la foule, le Lion Rouge bouscula tous ceux qui se trouvaient sur son chemin sans aucun égard y compris pour les paysannes aux fessiers paradisiaques !
- Putain mais arrêtez-le ! Reviens merdeux !

Fonçant comme un bœuf enragé, le barbare atteint la ruelle juste à temps pour voir la direction que prenait le voleur. Chaque pas faisait vibrer ses os endommagés et claquer ses dents de douleur mais l’adrénaline de la course eut tôt fait d’anesthésier cet ennuyante sensation. Ca faisait longtemps qu’il n’avait pas eu un peu d’action. En trois bonds, le brigand atteint le bout de la rue. Le gamin galopait à travers la foule.
- Stop sale gosse !!!

Sans attendre de voir si l’ennuyant marmot allait lui obéir, le barbare s’élança. Son allong était plus grande mais sa cible était plus petite, plus agile et connaissait mieux le terrain. De plus ni son bras brisé ni une arme gigantesque n’entravaient sa course. Ils quittèrent rapidement l’avenue principale pour s’engager dans le dédalle de minuscules ruelles de la ville. Profitant de l’espace nouvellement acquis, le Lion Rouge en profita pour réduire la distance, rugissant aussi bien pour contrer la douleur que pour exprimer sa frustration d’avoir été ainsi dupé. Le gamin bondit par-dessus une caisse éventrée en plein milieu de la rue que son poursuivant pulvérisa sans sembler se rendre compte de l’obstacle. L’enfant était certes agile mais il était plus endurant, plus fort et plus grand. Cette simple constatation lui arracha un grand et bruyant rire de satisfaction. Même diminué, cette petite course lui rappelait qu’il n’était pas qu’un handicapé inutile. Voyant qu’il se rapprochait, le jeune voleur décida de passer par la voie des airs et s’élança le long d’un mur d’où saillaient plusieurs prises.
- Hey tricheur !

Emporté par son élan, le Lion faillit ne pas s’arrêter avant de rentrer en un contact brutal et soudain avec le mur. Légèrement essoufflé, il leva les yeux vers sa proie qui, agile comme un singe, se hissait déjà sur le toit.
- Petit con…

L’autre lui tira simplement la langue avant de disparaître alors que le brigand faisait le tour du pâté de maison. Furieux contre sa blessure et sa nouvelle inutilité, il se mit à galoper aussi vite que possible, tentant de repérer les maisons proches sur lesquelles ce foutu babouin pouvait s’échapper. Parfois il l’entrapercevait, bondissant en riant par-dessus les rues. D’autre fois il croyait le tenir et l’ennuyeux gamin filait dans son dos, l’obligeant à revenir sur ses pas ou à courir plus vite que jamais à l’autre bout du bâtiment, jusqu’à ce qu’il crut l’avoir complètement perdu.
- RAAAAAAAAAAAAAAAH !

***

En deux bonds il quitta les tuiles, se laissant glisser le long de la gouttière pour finalement atteindre le pavé. Il se trouvait presque à l’extrémité de la ville, les pierres du sol étaient crevassées et nombre d’entre elles manquaient, laissant paraître la gadoue classique des banlieues et autres sous-bassement des villes, mélange de terre, d’eau mais également d’urine, de compost et d’autres déchets. « La Capuche », comme il avait fini par l’appeler, avait été tenace, mais sans pouvoir le suivre sur les toits, il lui avait été impossible de maintenir le rythme. Ouvrant la bourse, il eut un sourire ravi en entrapercevant la quantité phénoménal d’argent qu’elle contenait. Pas étonnant que le vieux ait été si tenace ! Cependant, il n’avait eu aucune chance face à quelqu’un de plus habitué aux lieux que lui. Il avait perdu et maintenant cet argent était à…
- J’TE TIENS SALE GOSSE !!!!

… Putain.

***

Il était épuisé. Pendant quelques minutes il avait vraiment cru que ce sale voleur lui avait échappé et ce n’est qu’après une dernière course désespérée autour du pâté de maison il l’avait par miracle vu se glisser le long de la gouttière. Reprenant difficilement sa respiration, le Lion Rouge tenta de contrôler le tremblement douloureux qui prenait désormais tout son bras gauche.
- Prépare-toi mon salaud… Cette raclée que j’vais t’foutre mon gars…

Le gamin ne l’attendit pas avant de fuir mais la rage de Seth lui donnait des ailes. Il l’avait presque rattrapé lorsqu’ils débouchèrent sur l’avenue menant à la sortie est de la ville. Si le garçon n’avait pas été aussi téméraire, aussi pressé, il aurait peut-être regardé avant de traverser.

La calèche déboula sur lui, comme sortie de nulle part. Le cocher tira les rênes de toutes ses forces, surprenant les chevaux qui se cabrèrent, leurs sabots meurtriers fouettant l’air. Le jeune voleur ferma les yeux, la dernière image s’imprimant sur ses rétines étant celle d’une fer à cheval auquel manquait un clou.

- Ecarte-toi de là ducon !!!

Une véritable masse le percuta. Non pas au crâne comme il aurait pu le penser mais directement dans les côtes, lui coupant momentanément le souffle, sa bourse lui échappant des mains. Tout tourna un instant devant ses yeux avant le choc, brutal certes, mais moins douloureux qu’il n’aurait pu le croire.
- Putain de magie… Je hais les gosses…

Son bras lui faisait un mal de chien. Il était parvenu à le maintenir replié au-dessus du gosse mais la douleur l’empêchait désormais ne serait-ce que d’en bouger un doigt. L’un des sabots l’avait frappé au dos, les projetant lui et l’enfant brutalement sur le pavé avant que leur course ne soit arrêtée par un étal tout proche. Il voyait déjà en esprit la taille de l’hématome bleu noir en train de se former dans son dos. Sans compter les contusions diverses et variées qu’il ressentait au fur et à mesure. Baissant les yeux sur la forme tremblante recroquevillée au creux de ses bras, le Lion Rouge poussa un soupir qui aurait presque pu passer pour paternel.
- Pousse-toi gamin… Tu m’écrases et j’suis plus tout jeune.

Et de sa grande paluche il le saisit par le col avant de le tirer négligemment sur le pavé. Des étoiles dansèrent devant ses yeux tandis qu’il essayait de se relever, son bras toujours aussi encombrant.
*Du repos qu’il disait… Repos mon cul ouais !*

Ses vertiges se calmèrent lentement alors qu’il parvenait à se mettre sur un genou. Sa hache avait dû lui entailler le dos et lui griffer le mollet pendant la chute car il sentait un liquide chaud, probablement son sang, couler le long de ces derniers. Il n’avait pas eu le temps de la dépêtrer de son vêtement avant de plonger. Brillante l’idée du camouflage. Le vêtement, en plus d’être déchiré en plusieurs endroits, laissait désormais entrapercevoir une partie de son tatouage ainsi que son bras blessé. Après une tentative approximative de se rhabiller, le Lion Rouge finit par perdre patience et arracha purement et simplement le tissu, apparaissant au grand jour.
- Tu f’rais mieux de dégager gamin. Ca risque de chauffer par ici.

Son interlocuteur n’avait pas attendu son conseil. Un rictus cynique se dessina sur le visage du Lion Rouge.
- Tsk… Brave gosse.
- Allons bon! Que se passe-t-il ici!
- Haaa… C’est l’boss qui risque de pas être content…

Un individu de haute taille venait de descendre de la calèche brutalement arrêtée. Sa tenue, quoiqu’apprêtée comme celle d’un noble pédant, révélait un peu trop facilement la cotte de maille et les différentes pièces d’armure que portait le personnage, lui donnant un aspect plus redoutable que ce qu’aurait pu espérer Seth. Ses cheveux noirs coupés courts et impeccablement peignés contrastaient avec l’aspect débraillé de sa barbe. Il était plus grand et plus massif que le Lion Rouge… Et cela ne lui plaisait pas.
- S’agit d’pas faire de vieux os…

Saisissant sa hache, le brigand se dirigea d’un pas calme et lent vers la ruelle la plus proche. Cette ruse fonctionnait étonnamment bien lorsque l’adversaire ignorait qui était la cible... En l’occurrence ça n’était pas le cas.
- Regardez-donc ce que nous avons là messieurs! L’un des hommes les plus recherchés de la contrée qui se jettent directement sous nos sabots !
- …

Jetant un regard derrière son épaule, Seth put effectivement constater que l’individu le considérait d’un air suffisant. Plusieurs hommes l’accompagnaient désormais. Le cocher et les deux hommes chevauchant à l’arrière de la calèche s’avéraient être des gardes. Trois autres sortaient désormais du véhicule.
- Une bien putain d’mauvaise journée…

Pivotant sur lui-même, hache sur l’épaule, Seth posa son regard rouge sur ses opposants. Tous portaient l’épée au côté mais les cavaliers étaient également équipés de lances d’hast et le cocher portait une baïonnette sur les genoux. Autour d’eux la foule murmurait, tentant de trouver le meilleur rapport entre la distance pour être en sécurité et celle qui leur permettrait de voir le spectacle.
- Je cherche pas les emmerdes. Z’avez failli crever un gamin. Maintenant j’vais m’en aller.
- Tu ne vas nulle part Lion Rouge. Pas après ce qui s’est passé à Dagran. En tant que capitaine de la garde de cette ville je ne peux pas te laisser partir. Un sourire mauvais s’afficha sur son visage. Seth aurait pu jurer avoir déjà vu le même sur ses propres traits. D’autant que la prime offerte pour ta capture est très intéressante. Où se trouve ton compagnon.

La voix de Seth s’emplit de mépris.
- Ha ! J’ai pas b’soin du boss pour te coller trois baffes à toi et à tes clowns. Cassez-vous maint’nant avant qu’l’un d’vous n’se fasse mal.
- Tu feras sans doute moins le fier une fois que nous t’aurons coupé cette langue trop pendue. Brigston !
[color=lightgreen]- Oui monsieur ![ /color]
- Abattez cet homme comme le chien qu’il est.

Le cocher s’empara aussitôt de son arme. Seth bondit mais son mollet blessé le ralentit. La balle claqua sur sa hache plantée juste à temps devant lui. Il pivota autour de l’arme monstrueuse mais une lame siffla devant lui. Sa jambe se détendit dans les cotes blindées de l’homme tandis que le fer mordait son flanc. Reculant le Lion Rouge s’empara de son arme et fit un violent moulinet, forçant ses adversaires à reculer. Son dos se tendit et tout son bras sembla s’enflammer d’un seul coup. Un cri lui échappa alors que des étincelles brouillèrent son champ de vision. Au bourdonnement de ses oreilles se mêla le galop d’un cheval en train de charger. Sa hache s’écrasa au sol alors qu’il lançait son bras valide en avant. Surpris par son mouvement, le cavalier le manqua de peu alors que l’énorme poigne du berserker se refermait sur le manche de sa lance. Lâchant son arme, l’homme effectua un vol plané jusque contre le mur de la ruelle où son cri se brisa. Poursuivant sur sa lancée, Seth effectua un large mouvement de la lance ainsi confisquée avant de la projeter de toutes ses forces vers le commandant adverse. Pendant un bref instant ses ennemis cessèrent de le regarder, lui permettant de bondir sur sa hache. La lance se ficha jusqu’à la hampe dans le carrosse, à quelques centimètres de la tête de sa véritable cible. Lorsque les regards se portèrent de nouveau sur leur adversaire, celui-ci s’engageait dans la ruelle la plus proche, laissant une traînée de sang derrière lui. Une balle claqua sur la pierre juste au-dessus de lui, le couvrant de poussière de roche tandis qu’il s’enfuyait.
- Ne le laissez-pas s’enfuir ! Vous là ! Allez me chercher la garde plutôt que de rester là la bouche ouverte ! Rameutez-moi tous les soldats de cette foutue ville ! le Lion Rouge ne doit pas s’échapper !

Ecumant de colère, il plongea dans le carrosse afin d’en sortir une deuxième baïonnette avant de s’élancer à la suite de ses hommes dans la ruelle où s’était engagée leur proie.

- Quelle galère ! Quelle putain de galère !!!

La blessure de son mollet s’était refermée, lui permettant de courir plus vite qu’il ne l’espérait, mais la douleur était toujours là. Par moments, de brefs flashs de lumière l’aveuglaient, manquant de lui faire heurter un mur ou un imbécile trop lent à s’écarter. Les gens hurlaient sur son passage et celui de ses poursuivants. De temps en temps, une brève détonation résonnait suivi du sifflement caractéristique des balles. Les armes étaient lentes à recharger mais le Lion Rouge ne souhaitait pas vraiment savoir si ses poursuivants savaient viser. Aussi bifurquait-il régulièrement, si possible dans d’étroites ruelles afin que les fusiliers soient gênés par leurs propres camarades et pour ralentir le seul cavalier restant. Il ne se leurrait cependant pas, il était loin d’être suffisamment en forme pour distancer un cheval lancé au grand galop.

Bifurquant à nouveau, il s’adossa au mur et ferma les yeux un bref instant. Il pouvait tenter de voler la bête mais celle-ci ne supporterait jamais le poids de son arme. De plus, ainsi élevé au-dessus de la foule il constituerait une cible trop facile pour les armes à feu. Le claquement des sabots se rapprochait, la bête était lancée, encouragée par les cris guerriers de son cavalier. Un jeunot sans doute qui espérait se faire un nom en l’abattant. Crétin. Il adossa sa hache contre le mur.

L’homme jaillit de derrière le mur au moment où le Lion Bondissait dans les airs. Son poing se détendit et atteint le jeunot en plein milieu du torse. Surpris par l’assaut, ce dernier bascula sous la puissance du coup manquant de tomber de selle. Ses réflexes le sauvèrent tandis que Seth heurtait de plein fouet la croupe de la monture. Emportée par sa vitesse et par le poids de son maître sur les rênes, la bête ne put tourner suffisamment pour éviter le mur et son flanc heurta brutalement la pierre, écrasant son cavalier sous son poids. Paniquée par les morceaux d’armures qui s’enfonçaient dans son flanc, la bête s’emballa et détala au grand galop, laissant les restes de son maître mordre la poussière.

Allongé dans la dite poussière, le Lion Rouge tentait de supprimer la douleur qui le tenaillait. Des larmes de rage lui échappaient tandis qu’il maintenait son bras blessé recroquevillé contre lui-même, sa bouche grande ouverte sur un hurlement silencieux. A travers le brouillard de sa détresse, il entendit les pas et les hurlements de ses poursuivants qui se rapprochaient. Il fallait qu’il parte… maintenant ! Respirant à fond, le criminel s’appuya sur son bras valide avant de se hisser le long de sa hache. Son bras s’arc bouta tandis qu’il soutenait l’arme monstrueuse jusqu’à ce qu’elle repose sur son épaule.

*Toi… J’t’abandonne pas…[*

Maîtrisant ses vertiges, il repartit directement sur les traces de la bête désormais sans cavalier tandis que les pas de ses poursuivants se rapprochaient.
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Reyns
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MessageSujet: Re: Quand les Lions partent en chasse   Dim 2 Nov - 23:10

Ce rp sera écrit selon le point de vue de Dame Leoni

Elle se tenait contre un mur, le dos contre la brique chaude d’un établissement de petite vertu. Ses jambes à peine dissimulées par un voile chaste mais insuffisant à cacher ses courbes et sa chair rose, attirait le regard loin de son visage. A ses lèvres, elle portait une cigarette, et regardait d’un œil critique ses petits protégés s’exercer.
Leur technique était bien rodée, elle comprenait désormais pourquoi elle avait été attirée par eux. Cette petite bande de garnement était composée de cinq enfants, tous orphelin, tous formé à l’école de la vie, tous à la recherche d’une mère, d’une famille qu’elle se proposait d’être.

- Hé ma jolie, tu n’veux pas entrer avec moi ?
_ Leoni le regarda d’un air surpris quand elle comprit que les yeux du malandrin n’avait pas dépassé la ceinture de perle qui saillait ses hanches.

Elle fit une petite passe de la main, l’autre sur une page de son livre et lui dit attirant son regard vers son visage hideusement brûlé, ne s’offusquant pas de lire le dégout sur son visage.

- A partir d’aujourd’hui et pour toujours, tu aimeras les hommes.

L’homme baissa les yeux comme si une révélation s’effectuait dans son cœur. Il la releva et elle pouvait y lire une nouvelle détermination. Leoni leva les yeux au ciel avant de laisser retomber son regard sur la foule alerte. Ses enfants étaient passés à l’action… Mais où étaient-ils ? Le temps de quelques secondes, elle les avait perdus de vue.

- Putain mais arrêtez-le ! Reviens merdeux !

La lionne écarquilla les yeux alors qu’elle voyait son petit s’échapper entre les pattes du Lion Rouge. Ses yeux recherchèrent ses autres lionceaux. Elle en repéra deux à un coin de rue, observant d’un œil apeuré la scène. Fendant la foule d’un pas souple et félin, la lionne retrouva ses petits avec une rapidité déconcertante et les saisissa par la peau du cou avec une facilité déconcertante.

- Où sont les autres ?

Les enfants la regardèrent d’un air hagard, ils ne l’avaient pas vu traverser la foule avant de sentir ses griffes se refermaient sur eux. L’un des deux plus réactif que l’autre lui indiqua l’arrière cours d’une auberge.

- Très bien, vous allez directement au point de rendez-vous. Je vais ramener votre frère.

Que faisait le Lion Rouge en ses lieux… prévoyaient-ils un nouveau massacre ? Elle devait se retirer le plus vite possible, elle n’était pas en sécurité et ses enfants non plus. La jeune femme remonta ses jupes et fila à nouveau à la poursuite des deux mâles.
Chanceuse, le Lion Rouge n’était pas difficile à suivre. Entre ses hurlements, et les fracas qu’il déclenchait sur son passage la jeune femme le suivait à la trace mais elle n’arrivait pas à le rattraper.
La main sur son tome de magie, elle était prête à dégainer son sort et à annihiler l’homme mais il la distançait.

- Eh bien, eh bien ma p’tite dame vous ne pouvez pas courir ainsi vêtu dans nos…

- Agonie !

L’homme lâcha prise se pliant de douleur, hurlant à la mort et attirant le regard des badauds. Elle profita de la diversion pour prendre les devants quand un hennissement la fit frémir. Passant au coin d’une rue, arrivant à la bordure de la ville, elle vit le cheval se cabrer. Il était trop tard. Elle ferma les yeux.

- Ecarte-toi de là ducon !!!
_ Elle entendit un son sourd suivi d’un grognement de douleur _ Putain de magie… Je hais les gosses…

Leoni ouvrit les yeux et vit Garin se relever pataud mais indemne. Le Lion Rouge au sol semblait reprendre ses esprits avec douleur. La lionne voulu intervenir mais à la vue des gardes sortant de la calèche elle se ravisa. Elle ne pouvait s’attirer les foudres des autorités locales.

- Tu f’rais mieux de dégager gamin. Ca risque de chauffer par ici.

L’enfant venez déjà vers elle. Elle l’attrapa au tournant lui mettant une main sur la bouche pour qu’il ne fasse pas de bruit et le collant contre sa poitrine. Il se débattu quelque peu puis reconnaissant sa tortionnaire, il se calma.

- Tout va bien, tu es avec moi désormais, il ne t’arrivera rien.

- C’est bon… c’n’est pas comme si j’avais eu peur de ce crétin !

Leoni lui asséna une claque.

- N’insulte pas ceux envers qui tu as une dette.
_ L’enfant baissa les yeux. _ Maintenant rentre retrouver tes frères. _ L’enfant leva des yeux interrogatifs se demandant pourquoi il ne la suivait pas. _ Maintenant.

Il était hors de question que l’un de ses enfants débute dans la vie avec une dette envers un homme comme le Lion Rouge. Il était d’ailleurs hors de question qu’elle se sente redevable envers lui. La femme du Fang écouta l’échange entre les gardes et le Lion Rouge tout en gardant un œil sur Garin qui partait pour se mettre en sécurité.

- Ne le laissez-pas s’enfuir ! Vous là ! Allez me chercher la garde plutôt que de rester là la bouche ouverte ! Rameutez-moi tous les soldats de cette foutue ville ! Le Lion Rouge ne doit pas s’échapper !


Leoni eut un sourire. Elle laissa le Lion Rouge fuir alors qu’elle intercepta les gardes  à la recherche de renfort.

- Et si vous vous détendiez un peu, messieurs ? Je connais un petit établissement pas si loin ou vous pourriez dépenser tous vos sous.

La suggestion dans leurs esprit devint comme un désir, une volonté… c’est vrai qu’ils avaient passé de longues heures sur les routes, la calèche n’était pas agréable… et combien de temps avait-il passé sans le doux contact de la peau d’une femme. Oui il devait se détendre, leur travail pouvait attendre.
Un sourire aux lèvres, elle les regarda se diriger vers l’établissement de sa connaissance, elle demanderait une commission pour ces clients supplémentaires. Soudain, elle vit le criminel passer quelques rues plus loin, poursuivit par un cavalier. Elle grimpa au mur d’une bâtisse et se posta sur le toit pour voir le Lion Rouge s’en débarrasser. Elle devait bien lui reconnaitre qu’il était fort mais quelque chose semblait différent. S’était-il blessé en protégeant son enfant ? Elle l’observa un peu et remarqua qu’il n’utilisait que difficilement son bras. D’autres gardes arrivaient.
D’un bond leste, la jeune femme sauta et atterrit à coté de l’homme. S’il parut étonné elle ne le remarqua pas. Elle le prit par le bras alors que les gardes arrivaient à leur niveau. Lui écrasant le pied, elle l’incita au silence alors que les gardes se retournaient sur eux.

- Cet homme n’est pas celui que vous cherchez, c’est mon époux. Vous vous êtes trompés de direction.

Les soldats se regardèrent légèrement dubitatif. Le sort n’était pas aussi efficace quand il s’agissait de convaincre plusieurs personnes certaines d’elles... Dire de se détendre à des gardes était plus simple que de leur dire d’aller voir ailleurs alors que leur cible se trouvait en face d’eux.
Elle resserra sa prise autour du bras de l’homme et se montra plus convaincante.

- On a dû se tromper…

Les soldats se retournèrent et partirent en courant dans l’autre direction. Ils avaient un criminel de classe S à retrouver.

- Une vie pour une vie. Ma dette est payée, Lion Rouge.


Elle doutait qu’il se souvienne d’elle et même si ça avait été le cas, elle était si différente désormais… tellement défigurée que même s’il avait le moindre souvenir de Dame Leoni elle doutait qu’il la reconnaisse.
Elle baissa les yeux un instant et lâcha son bras.
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Nemesis
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MessageSujet: Re: Quand les Lions partent en chasse   Lun 17 Nov - 19:15

Il passa lentement sa langue sur l’intérieur de sa joue, là où il s’était mordu après que la femelle tombée du ciel ne lui broie les orteils. Mais plutôt que de se mettre à râler, externalisant ainsi son émoi quant au sans-gêne de la jeune femme, le robuste criminel se contenta d’un silence borné. Premièrement, il était à deux doigts de tomber dans les vapes. Deuxièmement, la nouvelle arrivante semblait décidée à le sortir du pétrin dans lequel il s’était fourré tout seul comme un grand. Jamais son plan ne marcherait, même lui n’était pas assez con pour croire un tel bobard mais troisièmement, et c’était le point qui le poussait le plus à maintenir un silence absolu, sa prétendue épouse était dotée d’un charmant décolleté qu’elle s’appliquait très sérieusement et de façon toute à fait convaincante à maintenir plaqué contre lui… Et c’était décidément la meilleure putain de chose qui lui soit arrivée ces derniers temps !
*Ca fait un peu dernier vœu du condamné… Mais c’est quand même bien mieux qu’une balle dans le crâne tout court!*

Les trouffions en armure les dévisageaient d’un air hagard, visiblement plus perdus que ne pouvait l’être le brigand défaillant. Même leur capitaine, toute à l’heure si fier de brandir son fusil dans sa chasse au lion s’était ratatiné sur lui-même comme absorbé par une force supérieure rodant sous les plaques de son armure.
- On a dû se tromper…
*Eh beh…?*

Dans un mouvement quelque peu hésitant, les hommes en arme firent lentement demi-tour, jetant un dernier regard suspicieux à l’étrange duo, avant de s’éloigner en trottant dans l’autre sens. Bientôt ils ne furent plus qu’une rumeur parmi tant d’autres dans la ville, les beuglements de leur chef se mêlant au brouhaha ambiant du marché tout proche. Sans chercher à comprendre plus avant, le Lion Rouge poussa un large soupir de soulagement et laissa son arme retomber sur le sol avec fracas. Son regard écarlate se posa sur sa faiseuse de miracle personnel. Il était plus grand qu’elle et sa chevelure masquait en grande partie son visage. Ses longues jambes se perdaient dans un voile presque translucide et son bustier ajoutait un effet des plus délicieux à ses courbes. En d’autres termes, il aurait pu tomber sur sacrément plus moche.
- Plutôt pas mal comme tour de magie s’que tu viens de nous faire ma jolie.
- Une vie pour une vie. Ma dette est payée Lion Rouge.
- On se connaît non ?

Elle le lâcha et commença à s’éloigner, ignorant sa question, le plantant là avec sa frustration. Il avait une forte impression de déjà vu, sans pour autant parvenir à mettre la main dessus. Plus que l’impression flottait dans l’air une odeur... Non plutôt un parfum qu’il avait déjà connu. Claquant la langue de frustration, il voulut croiser les bras avant de se rappeler que son bras ne lui autorisait pas ce genre de gestes. Non il fallait qu’il en ait le cœur net. Sans prendre le temps de ramasser sa hache, il franchit la distance qui les séparait en trois bonds.
- Hop la jeune fille ! Est-ce que c’est des manières de se barrer comme ça sans même attendre un merci ? Un coup on est mariés et l’autre on se claque même pas la bise pour se séparer ?

Son large sourire jovial en travers du visage il se planta devant elle et croisa finalement les bras avant de maudire sa mémoire de poisson rouge. Son corps se crispa sous la douleur qu’amplifiaient ses récentes blessures mais il ne perdit pas contenance. Après tout il venait peut-être de dégoter la piste qu’ils étaient venus chercher ici.
- En plus j’suis à peu près sûr qu’on s’est déjà vus toi et moi. Où, j’sais plus mais si y’a un truc qu’on peut pas me reprocher, c’est d’oublier le parfum d’une jolie femme.

Se grattant le bout du nez de l’index il poursuivit, se décalant légèrement pour ne pas obstruer le chemin de la jeune femme. S’agissait pas qu’elle lui fasse le coup de la persuasion magique, tolérer les gosses se révélait déjà assez périlleux comme ça sans que…
- Oh…_ Deux grands pas pour la rattraper à nouveau._ J’savais bien que j‘t’avais déjà vu… Belle lionne !

Son sourire s’étira un peu plus alors qu’elle le dévisageait. Un long sifflement d’admiration à peine contenu lui échappa tandis qu’il contemplait ses traits abîmés.
- Sacré trophée. M’est avis que l’salopard qu’a fait ça a dû bien morfler.
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MessageSujet: Re: Quand les Lions partent en chasse   Mar 25 Nov - 15:15


Le Lion se faisait collant… elle essaya de l’esquiver, d’un mouvement sur la droite, d’un mouvement sur la gauche mais malgré son handicap évident, il semblait déterminé à la suivre, à comprendre qui elle pouvait bien être pour lui. Pourtant, elle n’était pas grand-chose… un phénomène éphémère qui avait croisé sa route et manipulé son esprit.

- Oh…_
Il s’opposa à sa marche d’un bond _ J’savais bien que j‘t’avais déjà vu… Belle lionne !

Leoni s’immobilisa, dévisageant d’un œil noir son interlocuteur. Finalement, elle l’avait peut être plus marqué que ce qu’elle pensait.

- Sacré trophée. M’est avis que l’salopard qu’a fait ça a dû bien morfler.
_ Et désormais, elle doutait qu’il se souviendrait d’elle pour son parfum.

D’un vif mouvement, elle remit la capuche de sa cape sur sa tête, tirant dessus pour mieux couvrir ses cicatrices. Le dernier cadeau du maitre avait laissé un souvenir cuisant sur son visage et bien qu’elle n’avait que peu faire de son apparence, cela lui avait fendu le cœur que de comprendre que plus jamais les enfants n’auraient naturellement confiance en elle. Dans la rue elle en avait vu se détourner d’elle, s’éloigner, crier de peur. L’horreur de ces marques n’était pas dans leur laideur mais dans ce que celle-ci inspiré.

- Pas pour le moment…
_ Leoni connaissait le blasphème qui se cachait derrière ses mots. Imaginer, penser à la mort de l’un des dirigeants du Fang était une trahison en tant que tel, pourtant, elle souhaitait sa mort plus que tout au monde. Elle voulait le voir souffrir comme elle avait souffert, elle voulait voir ses yeux se remplir de peur, de crainte, de souffrance… Leoni n’était pas fondamentalement mauvaise, mais cet homme avait réussi à faire ressortir en elle ses plus noirs désirs…
Soudain, elle se rendit compte qu’elle fixait le sol. Depuis combien de temps, elle ne saurait le déterminer mais elle savait que ça avait été suffisamment long pour paraitre étrange. Elle se racla la gorge pour reprendre de la consistance et releva les yeux vers le Lion Rouge, se rendant compte qu’il était bien grand et musculeux vu de près. Elle se rendit compte également des blessures que portaient son corps… il était bien amoché.

- Lion Rouge !
_ Sa voix était forte et ferme _ Je vous remercie pour votre intervention auprès de l’un de mes disciples… la fin de cet exercice aurait été bien funeste sans vous. C’est pourquoi, je vous suis également venu en aide. Concernant votre bourse… _ Elle eut un léger sourire _ Il serait injuste que de reprendre aux miens un bien qu’ils ont si durement acquis.

Elle eut un regard de défi se demandant s’il allait essayer de la convaincre du contraire. Elle croisa les bras sous sa poitrine la faisant subtilement ressortir et reprit une posture hautaine et supérieure à laquelle elle était plus habituée. Son tome de magie n’était pas loin de sa main et elle avait bien des idées pour réduire ce terrible fauve à un adorable petit agneau.

- Maintenant cher EX-mari… Si vous le souhaitez nous pouvons nous faire la bise et nous quitter là-dessus. Dîtes-vous que la somme perdu n’est que le prix de votre salvation. Et je suis certaine qu’une vie comme la votre vaut bien le contenu de votre bourse.

Elle se fit quelque peu enjôleuse et décroisa les bras. Elle passa alors à coté du guerrier et laissa trainer une main aux doigts fins sur son bras blessé.

- Et soignez donc cette vilaine entaille, Lion Rouge, les cicatrices sont peut être effroyablement attirante de part ce qu’elles racontent… _
Elle eut un frisson en pensant à l’histoire des siennes _ mais que quand elles ne suppurent plus.

La lionne se fit légèrement ronronnante en lâchant ces mots puis elle dépassa le criminel et se dirigea vers son repère, retrouver ses lionceaux.
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MessageSujet: Re: Quand les Lions partent en chasse   Ven 30 Oct - 0:49

Et elle le planta là, comme un bon gros tas de fumier, avec son histoire de dette remboursée et un divorce sur les bras. Le contact de ses doigts fins sur son bras massif rendu ultra-sensible par la douleur lui fit d’une décharge électrique.

Les talons de la mage claquèrent légèrement sur le sol à peine pavé et défoncé de la ruelle tandis qu’elle glissait littéralement sous le regard écarlate du Lion Rouge. Il chercha à grogner quelque chose face à la verve cinglante de son interlocutrice mais trop d’évènements requéraient son attention à la fois.

Tout d’abord il y avait son bras, encore et toujours son putain de bras. En parlant de suppurer, la magicienne – car ça ne pouvait décidément pas être une bretteuse – n’avait pas tort. Les récents évènements avaient rouverts la plaie moribonde que les Barons Rouge lui avaient laissés en souvenir. Avec le temps, une telle blessure deviendrait un véritable trophée, il pouvait déjà la voir. Le long de son bras courrait le tronc de la cicatrice, un trait épais et bien plus clair que le reste de sa peau, véritable creusure au centre de son bras meurtri. Les craquelures, les trous et autres coupures subies par le reste de son membre deviendraient nervures et branches, enjolivant de leur élégance traumatique le premier trait simple et direct. Qui sait, celle-ci lui donnerait peut-être même une idée pour un second tatouage…

Ensuite venait sa propre faiblesse. En temps normal, il n’aurait eu aucun mal à broyer chacun des hommes s’étant lancé à sa poursuite aujourd’hui. Un tel massacre aurait peut-être même pu faire sortir de sa cachette un quelconque informant des Barons, si tant est que ce trou bouseux en accueille un. L’idée de se faire sauver par une femme à la poitrine galbée, aux longues jambes et vêtue d’un bustier, d’une jupe fendue et de talons aiguilles n’était certes pas pour lui déplaire mais son orgueil de mâle viril venait de prendre une sacrée baffe. Ce n’était d’ailleurs pas la première fois que la dite femelle se jouait de lui. La Lionne l’avait déjà profondément marqué lors de leur première rencontre sans qu’il puisse rien y faire.

Ce passif commun le conduisait au troisième point préoccupant son esprit : la perte de son bien monétaire, sa bourse quoi ! Non seulement s’était-il embarqué dans la merde la plus noire qui soit pour sauver un sale mioche mais en plus ce dernier s’en tirait avec la totalité de l’argent ? Et en paiement de son propre sauvetage ? Putain de connerie oui ! Ce salopiaud n’était même pas assez grand pour comprendre la différence entre une blonde et une brune ! Et tout ça pour les beaux yeux d’une femme fatale !

Posant son regard enflammé sur la main d’albâtre qui glissait le long de son bras, le Lion laissa lentement cette dernière pensée s’éteindre tandis qu’une fraicheur inattendue se répandait le long de sa peau brûlante et meurtri. A la manière des doigts de l’ensorceleuse, son regard glissa le long du bras de la créature et se heurta à la capuche recouvrant le visage de la jeune femme – car elle était sans aucun doute plus jeune que lui.

Le contact ne dura qu’un instant et elle s’éloigna sans un mot de plus, le regard fiévreux du barbare planté sur son dos, sur sa taille fine enserrée par le bustier et sur le voile qui laissait entrevoir par instant la blancheur d’un mollet. Au ronronnement qu’elle avait émis, le Lion répondit d’un grondement presque animal. Elle se cassait et le laissait planter là ? Et puis quoi encore.
Son pas dans son dos la fit tiquer.


- Eh ma belle !

Elle fit mine de se retourner mais il fut plus vif. Son bras blessé fusa et il s’empara de son poignet, le maintenant d’une poigne paraissant plus sure que ce qu’elle n’était vraiment. Il la sentit tressaillir. Peur ou pulsion meurtrière ? Rien à foutre.

- Ma vie seulement contre tout cet argent ? Vu mon état j’ai presque l’impression de me faire arnaquer !

Rester immobile trop longtemps c’était risquer le couteau empoisonné dans les côtes ou pire, elle pouvait peut-être le changer en ragondin d’un simple regard ! D’un mouvement vif qui sembla lui arracher toute l’épaule il lui leva le bras et l’attira vers lui. S’il y avait mis toute sa force, nul doute qu’il se serait probablement claqué ou cassé quelque chose et que la pauvrette aurait fait une rencontre assez désagréable avec le mur derrière eux. Mais un Lion sait ne pas être une brute épaisse quand nécessaire. D’une rapide poussée il lui fit effectuer une pirouette qui fit flotter le bas de sa robe au vent. Elle eut pu perdre l’équilibre dans cette petite danse improvisée mais le bras valide et puissant du brigand la rattrapa fermement par le bas du dos.

Le léger choc emporta sa capuche sur l’arrière de son front et elle se retrouva nez à nez avec la figure burinée du tueur et son sourire étincelant.


- Tu pourrais au moins me proposer quelque chose de plus civilisé.

Dévisageant la frêle silhouette au creux de son bras, il plongea son regard de braise dans le [insérer ici une figure poétique et formidable pour désigner la couleur des yeux de Leoni dont je n’ai pas la moindre foutue idée] de sa sauveuse. Il était probablement un homme mort.

- Par exemple un petit verre, une mousseuse quoi.

Ses yeux glissèrent à nouveaux sur les traces ravageant le visage de la jeune femme mais au lieu de poursuivre leur route, s’arrêtèrent pour contempler l’horreur des blessures. La plissure de ses lèvres s’affermit tandis qu’il appréciait les dessins que le tissu cicatriciel formait à travers la chair. Détruire aussi monstrueusement l’identité d’une personne sans rien ôter de l’éclat de son regard… Créer en apportant la destruction, il ne s’agissait pas d’un bête coup d’épée dans le crâne.

- Celle-ci ne suppure plus.

Il haussa un sourcil presque étonné en la regardant de nouveau dans les yeux, comme s’il les redécouvrait à nouveau.

- Pourquoi planquer d’aussi jolis yeux au fait ?

Et merde au ragondin !

NDA: Et biiiiiiiiiiiiiiiiim! (10000 ans après)
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Quand les Lions partent en chasse

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