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 Les routes ne sont pas sûres [PV : Maëlly] [Terminé]

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Kerorian
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MessageSujet: Les routes ne sont pas sûres [PV : Maëlly] [Terminé]   Mar 9 Sep - 17:20

Avance
Recule
Plus vite

"Silence !"
A qui parlait-il ?
Tu dois t'en débarrasser...

"La FERME !!"

Une nuée d'oiseaux décolla à son cri. Sa main se crispa sur la poignée de l'immense épée qu'il transportait sur le dos, son œil bougeant de droite à gauche, à l'affût d'une cible. Les silhouettes paniquées des volatiles s'éparpillèrent dans tous les sens alors qu'il relâchait sa prise. Une branche craqua. Le guerrier attrapa à deux mains son arme colossale et faucha d'un grand geste en direction du bruit, le sombre acier arracha feuilles et branches, entraînant derrière lui un souffle violent. Un lapin détala précipitamment.

"Pff...crétin."

Le géant raccrocha son instrument de mort et reprit sa marche. Ca n'allait pas mieux, le pauvre homme pensait que ça s'arrangerait en restant isolé mais il avait tort. En passant près d'un point d'eau, il s'y arrêta quelques temps pour manger un morceau et surveiller l'évolution de sa blessure.
Devant l'onde paisible, il se regarda. Son reflet sembla se pencher sur lui alors qu'il s'avançait, le regardant d'un œil attentif. Sa plaie paraissait avoir bien cicatrisé, laissant une méchante balafre en travers de son œil droit. Kerorian s'étudia ensuite de plus près, il n'avait pas encore vingt-deux ans qu'il lui semblait déjà avoir passé la trentaine. Son visage s'était creusé, ses traits tirés trahissaient son inlassable fatigue et des cernes grandissaient de jour en jour sous ses yeux.

T'as une sale tête, vieux
"La ferme..."

Une brise fit onduler son reflet qui semblait désormais lui sourire d'un air moqueur. Il n'avait déjà eu que trop de problèmes avec des entités étranges qui s'amusaient à mettre le bordel dans sa tête, aussi tentait-il autant que possible de ne pas leur prêter attention. Mais c'était si difficile, elles apportaient toujours une vérité dérangeante avec elles.

Tu dois te débarrasser d'elle...

Mais tu le sais déjà

Penses à elle


L'eau retrouva son calme, mais son double continuait à lui sourire. Parfois il avait l'impression que ses lèvres remuaient, mais qu'il parle ou non le vagabond l'entendait. Ou plutôt il savait, dans sa tête, ce qu'il disait. Il lui cracha au visage, l'onde se rida légèrement alors qu'un rire résonnait dans sa tête.

Oui, penses à elle, penses à ce que tu devrais faire

Penses à ce que tu pourrais faire

Penses à ce que tu VAS faire


L'écarlate chevelure du reflet commença à s'embraser alors que son oeil unique semblait envahir tout l'espace présent, ce regard dégénéré qui réclamait plus de fureur, cette pupille flamboyante qui ne recherchait qu'une victime de plus pour sa sanguinaire haine, cet iris inhumain qui s'est abandonné à la violence la plus pure.

Alors, qu'est-ce que tu attends !

Alors, qu'est-ce que tu attends !

Alors, qu'est-ce que tu attends !


Dans un cri de rage, le Rôdeur enfonça son poing dans la surface de l'eau. L'onde claqua bruyamment sur son gantelet, les remous effaçant son double aux atours démoniaques, laissant place à un miroir fidèle lorsque le fluide se calma. Kerorian s'essuya le visage puis reprit sa route, il n'était plus très loin de la frontière de Begnion. Mais la vision de ce œil unique et meurtrier obséda son esprit encore un long moment.
Cet œil, c'était le sien.

Il rejoignit le sentier, jugeant qu'il était préférable de suivre la route normale quoiqu'il puisse bien vouloir faire. Le géant ajusta quelques plaques de son armures, vérifia que son épée bâtarde coulissait bien dans son fourreau puis leva le regard. Il n'était pas souvent allé à Begnion, mais on entendait souvent parler de banditisme, ou de magouilles entre nobles dans ce fichu pays. Et puis ça l'éloignait d'Hatary... Le vagabond aurait bien évidemment préféré rester à Daein à surveiller la frontière avec désert, mais il y avait trop de risques que sa "famille" ne le retrouve s'il restait aussi proche.

Il n'est pas trop tard

Tu peux encore te les faire !

Kerorian...


"Kerorian est mort ! Foutez-moi la paix !"

D'un violent coup de pied, il envoya voler une pierre qui avait eu le malheur d'être sur sa route. Un grand silence tomba brutalement dans son esprit et il se sentit alors plus seul et vide que jamais. Cela faisait déjà un moment qu'il voyageait comme un criminel, se dissimulant, disparaissant dans la nuit, les bois et la montagne, sentant qu'il perdait un peu plus quelque chose chaque jour alors qu'il mangeait et dormait de moins en moins, poursuivant son voyage solitaire avec toujours plus d'insensibilité.
Il empoigna son arme, angoissé par cette brusque rencontre avec le néant. Il n'y avait pas de vent, pas d'animaux courant dans les bois, pas le moindre bruit. Rêvait-il ? Ou bien avait-il finalement succombé sans même s'en rendre compte ?
Un lent murmure commença à revenir, une brise ou bien un écho de sa folie ? Le guerrier n'en distinguait rien, sinon une discrète preuve de son existence, si tant est qu'il ne s'agissait pas d'une hallucination qu'il se créait lui-même. Le vagabond dégaina la Tueuse-de-Dragons, manipulant sans mal l'arme effroyable, ses muscles épais gonflant sur son corps décharné, enfermé sous une robuste masse d'acier.

Quelque chose
Brise
Demi-tour
Approche
Tue
Vite
Attends
Brûle
Evite


Des tics nerveux commencèrent à tordre son rictus, les mâchoires serrées, une veine enflant sur sa tempe. La paranoïa, la folie, la haine se disputaient le premier mouvement. Une humanité se dégradant, une conscience brisée et sa résolution essayant de trouver une autre approche d'une attaque directe.


"Qui est-là !?"




"Il y a...des ombres...dans ma tête..."


Dernière édition par Kerorian le Mer 31 Déc - 17:32, édité 1 fois
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Maëlly
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MessageSujet: Re: Les routes ne sont pas sûres [PV : Maëlly] [Terminé]   Jeu 6 Nov - 19:44

Acte III ~ Scène 1 : La Guerre.


La guerre. La guerre n’épargne personne. La guerre est sombre, perfide. La guerre ruine votre vie. La guerre arrache votre famille, votre patrie. La guerre vous ronge. La guerre vous rend immondes. La guerre ne vous laisse pas le choix. La guerre ne prévient pas. La guerre est folle. La guerre est sanglante. La guerre ne regarde pas qui vous êtes. La guerre est impartiale, chacun a la même peine. La guerre ne s’arrête jamais. La guerre est dans votre cœur. Parce qu’après tout, la guerre, c’est vous.

J’ai vu la vie, j’ai vu la mort. J’ai vu des gens sourire, j’ai vu des gens souffrir. Puis je t’ai vu partir. Pourquoi, Louka ? Pourquoi est-ce que le sort s’acharne, pourquoi n’y a-t-il jamais plus d’un rayon de Soleil après la tempête ? Je n’aurais jamais la chance de connaître le vrai bonheur, tu crois ? Ou alors, peut-être faut-il que je le définisse à ma façon ? Que je trouve ma voie, ma vision du bonheur ? Et si, au fond, tout n’avait toujours été qu’histoire de définition, de compréhension ? C’est à moi et moi seule de choisir, alors. Et si je pense être heureuse de la façon définie, alors je le serais. Pour l’heure, je dois trouver comment. Ça, c’est une autre histoire.

J’aimerais te retrouver, créer de nouveaux chapitres heureux, où tout le monde sourit et où la peine n’existe plus, mais, hé, le monde est une salope, c’est bien connu. Plus personne ne mérite mon pardon, car plus personne n’est apte à l’obtenir. Regarde-les, Louka. Contemple-les, peu importe où tu es. Ils se détestent tous, ils n’ont d’yeux que pour la guerre. Rien ne les arrêtera, seulement la mort. Lorsqu’ils comprendront que la haine n’est pas utile. Mais pour l’instant, ils plongent aussi profondément que moi dans les abysses de la Haine, la grande Haine, celle qui a un H majuscule. Celle qui te colle à la peau et te fait tout oublier. La Haine ? Elle est aussi affreuse que la guerre. Elle peut nous plonger dans des états monstrueux, faire de nous des pantins à son service. Des pantins capables seulement de répandre la mort. Avec un sourire.

Je crois que je succombe, Louka. Peut-être pas entièrement, car, je l’espère vraiment, il existe encore des gens qui méritent non pas qu’on les pardonne, mais qu’on les accepte. Nos corps et nos âmes sont souillés par nos actes, nous ne sommes plus capables d’expier, mais nous pouvons être regardés gentiment malgré tout, non ? Par exemple, ce type-là, qui semble câbler tout seul, dans ce coin. Tu penses qu’il est horrible ? Peut-être. Mais penses-tu qu’il mérite qu’on lui jette la pierre ? Après tout, qui n’a pas tué ? Qui n’a pas commis de pêché répréhensible, ici bas ? Personne. Nous sommes tous pareils. Tous. La blanche colombe elle-même attend que nous dormions pour se salir les ailes.

Regarde-moi, Louka. Entends mes appels. Survis, petit ange. Un jour, je te retrouverai.

Tu sautes de ton perchoir, atterrissant gracieusement près de ce type que tu observes déjà depuis quelques minutes. Un sourire délicat naît sur tes lèvres quand tu t’approches. Il a l’air triste, perdu. Tu n’en vois pas beaucoup, des comme ça. Qu’a-t-il fait ? Qu’est-ce qu’il se reproche ? Aucune de ces questions n’a de réponse, mais tu comptes bien leur en donner. Tu te fraies un chemin entre quelques buissons qui te gênent, puis finis par enfin faire face à l’inconnu.

Il est grand, avec de longs cheveux foncés, dont tu ne détermines pas très bien la couleur. Ton ris s’agrandit, avenant, mais aussi malicieux, comme tu les fais si bien. Qui es-tu ? Oh, quelle bonne question. Maëlly ? Maë-qui ? Quelqu’un d’oublié. D’existant, mais l’ancienne Maëlly n’est plus. Tu t’approches d’un pas félin, léger et gracieux, arrivant au bord de l’eau. Tu t’accroupis pour faire face à ton reflet. Tu es pâle, monstrueusement pâle. Mais tu n’es pas laide. Juste … Vide ? Il te manque ce soupçon de tendresse que Louka amenait sur ton visage. Tu te relèves, chassant ces mauvais songes.

« Je ne suis qu’une âme vagabonde. »

Rien de plus, rien de moins. Tu as presque oublié qui tu étais. Tu te tournes pour lui faire face, toujours aussi radieuse. Tu n’as pas envie de lui jeter la pierre. Mais tu as envie de savoir pourquoi il est comme ça, quel mal le ronge. La curiosité te titille, Maë’, c’est mauvais. Mauvais mais amusant. Tout ce qui est mauvais est amusant, de toute façon.

« Je m’appelle Maë. »

On enlève la dernière syllabe, on casse les murs, on refait tout. Adieu, passé. Bonjour, toi, ô présent odieux.

« Qu’est-ce qui t’amène par ici ? Tu n’as pas l’air dans un très bon état, dis-moi … »

Quel mal te ronge, quel mal te ronge ? Raconte-tout à Tatie Maë, tes secrets seront bien gardés. Mais regarde mieux, corbeau. Regarde mieux l’homme, l’étranger qui te fait face. Ne vois-tu pas qu’il est … fou ? Regarde bien. Il est vidé, ou alors trop plein, tu ne sais pas trop, mais quelque chose traîne en lui. Il est troublé.

« La guerre. La guerre n’épargne personne. », lâches-tu dans un murmure, comme une conclusion.



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MessageSujet: Re: Les routes ne sont pas sûres [PV : Maëlly] [Terminé]   Lun 10 Nov - 11:58

La chose surgit soudainement, tombant du ciel. Ses poings se serrèrent sur son arme, elle le dévisageait, l'étudiait même. Il n'aimait pas ça. La bête était étrange, par sa démarche tant que par ses paroles. Nous sommes tous des âmes vagabondes, mais celle-i était Maë. Maë ? Maë quoi, Maë qui !?
Le guerrier se recroquevilla dans une garde plus défensive quand "Maë" lui demanda la raison de sa venue, se dissimulant par réflexe derrière son armure et la lame responsable de tous ses maux. Non, il était le seul responsable. Sa santé déclinait, tant mentale que physique...peut-être, il n'en était pas certain, il n'était pas fou, juste possédé, ces voix qui résonnaient...dans tête, n'étaient pas des hallucinations ! Elles étaient réelles ! Lui seul les entendait, mais le Rôdeur savait qu'elle étaient réelles !

Quant à sa force... Le géant s'avança cette fois d'un pas, se redressant fièrement. Il était grand, puissant, elle n'était rien. Si, "Maë". C'est quoi "Maë" ? C'est elle. Ce n'est rien, juste une Laguz aux ailes brisées. Même pas digne d'être appelée menace. Et lui qu'était-il ? Il se souvenait de batailles...mais pas de noms, ni celui de son pays, ni même le sien.
La guerre n'épargne personne ? Peut-être...sans doute en fait. Et alors ? Et alors c'est ce que Kerorian voulait éviter, quel con celui là. Le nom le fit réagir, l'oiseau de malheur n'en causerait certainement pas aujourd'hui, il avait le temps de se souvenir.


"Kerorian..."

Le regard dans le vague, le solitaire murmura son propre nom. Ces syllabes lui parlaient, elles évoquaient quelque chose... Quelque chose de fort, de triste, quelque chose de brisé, mais pas assez fort, pas assez vite. Il se mit à chantonner un air de musique, quelque chose de simple, que l'on jouait aisément n'importe où en guise de fond sonore. Le géant abaissa enfin son épée, oubliant presque la sous-humaine.
Il cligna des yeux. La présence de la jeune femme s'imprima à nouveau dans son esprit. Ses traits se fermèrent alors qu'il cessait cet ersatz raté de chant. Kerorian rengaina la lame noire, il n'en avait pas besoin. Pas maintenant, pas ici. Le géant pencha la tête, la guerre n'épargne personne, mais elle attendra avant que leurs chemins ne se recroisent. A l'instant, il était curieux, sa haine enfin remplacée par quelque chose qui ne rongeait pas jusqu'au sang.

Un pas. La masse considérable du guerrier s'avança, se pencha sur la Laguz, ses genoux plièrent pour mettre leurs visages face à face. L'oeil d'un feu sombre se plongeant dans ceux de la frêle créature. Aussi fragile qu'il n'était puissant, il suffirait sans doute de lever la main, attraper cette petite gorge blafarde, une simple pression. Encore plus facile que de brandir sa lame.
Le voyageur baissa un instant le regard. Le lourd gantelet qui recouvrait sa dextre s'était lentement dirigé vers ce cou appétissant. Une seconde le géant contempla sa propre main, la mort ne viendra pas aujourd'hui se dit-il alors qu'un sourire malingre venait étirer ses lèvres desséchées. Il passa doucement un doigt sous le menton de la sous-humaine, comme pour l'admirer un peu plus. Un sourcil se dressa.


"Jolie."

Qu'il était bon d'admirer un peu de beauté, une vie au milieu de la guerre, une autre âme dans la solitude.. La main s'éloigna. Les yeux écarlates regardèrent sur le côté, ses traits redevinrent de marbre. Le géant ne reconnaissait pas cet arbre. Pourtant il lui était familier...où était-il donc ? Des noms se mélangeaient, des souvenirs le fuyaient... Sa lourde stature se redressa, le gant blindé se posa contre son faciès, masquant la moitié de son visage égaré. Sa tête...lui faisait mal. Quelque chose n'allait pas. Un nom revenait parfois, dans les flammes, toujours des flammes. Ce nom l'appelait. Que faisait-il ici alors ? C'est vrai ça...

"Qu'est-ce que tu fais ici..."

Le borgne marmonnait. Pour lui, pour elle, pour un inattendu destin qui veuille bien illuminer sa lanterne. Par l'enfer qu'est ce qu'il foutait là, que devait-il faire ? Et cette fille, cette Maë. Maë...ce nom lui était soudainement familier. Pas ce visage. Il la regarda de plus près à nouveau, joli visage. Que la guerre aille au diable. Le regard du Rôdeur s'embrasa à nouveau de vie alors qu'il se relevait à nouveau.

"Tu voyages seule ? Ce doit être difficile."




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Maëlly
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MessageSujet: Re: Les routes ne sont pas sûres [PV : Maëlly] [Terminé]   Mer 10 Déc - 15:03

Acte III ~ Scène 1 : La Guerre.


Deux créatures face au néant. Tu le regardes avec ce même sourire malicieux, incapable de discerner ce qui l’anime, mais tellement amusée par cette nouvelle trouvaille. Ce monde est peuplé de tellement de gens, et toutes ces personnes sont toujours aussi différentes les unes que les autres. Même si tu ne les aimes pas spécialement, tu ne peux t’empêcher de sourire quand tu les regardes. Ces silhouettes qui s’animent doucement, plient sous le poids de la guerre et de la Haine. Et lui, alors ? Qu’est-ce qu’il a traversé ? Pourquoi est-il aussi dévasté ? Ses murmures te tirent de ta rêverie, tu relèves les yeux. Tu le vois ranger son épée, cette grande lame sombre qui t’inspire quelque chose de désagréable. Où est-ce qu’il a trouvé ça ? Les humains ont des jouets si particuliers … « Kerorian », a-t-il murmuré juste avant. Alors la créature qui se tient devant toi s’appelle Kerorian. Tu le considères un peu plus longtemps. Au final, est-il humain ? Ou a-t-il perdu cette âme qui les rendent tels qu’ils sont ? Il t’intrigue.

Des pas lourds se dirigent alors vers toi, tandis qu’il finit par te faire face. Tu relèves la tête pour croiser son regard. Tout en lui a l’air abîmé, dévasté. Son visage lui-même semble abandonné par le temps lui-même. Qu’a-t-il fait pour mériter ça ? Que lui est-il arrivé ? Est-ce là l’œuvre de la Haine, ou quelque chose de totalement différent ? Tu penches la tête une fois qu’il relâche ton menton. Jolie, hein ? Toi ? Pourtant cela fait bien longtemps que tu as arrêté de faire en sorte que ce soit le cas. Depuis que Louka n’est plus dans ton petit monde, tu ne fais plus attention à rien. Tu n’as plus aucune morale, plus aucun sens de l’esthétique. D’ailleurs, cela ne te surprendrait même pas de trouver des taches de sang sur tes vêtements, ou même sur ta peau. Mais s’il le dit … Tu ne vas pas le contrarier.

Le gant revient sur sa tête. Mais qu’ont les humains à porter toujours ces babioles ? C’est lourd, ça manque de classe, c’est inutile … Enfin, il faut avouer qu’entre un Dragon qui a une constitution naturellement faite pour résister, et les Beorc, si frêles et dénudés … Ils ont peut-être besoin de ça. Avec la Haine qui court et les sempiternelles batailles raciales … Tu souris. Faibles humains. Si faibles. Si attendrissants. Et si perdus … Ils ne savent même plus où ils sont, ce qu’ils font. Que t’est-il arrivé, Kerorian ?

« J’erre, à la recherche d’un nouveau but. »

On t’a brûlé les ailes, te laissant pour morte sur cette Terre infâme. Tellius, voleuse d’âmes, voleuse d’amours. Elle t’a tout enlevé, puis maintenant elle te demande de te relever. Pourquoi ? Au fond, tu n’as plus aucune raison d’avancer, mais tu continues, comme poussée par un espoir factice. Quelque chose de beau doit exister, quelque part, dans ce petit monde. Louka te reviendra peut-être, après tout, non ? Mais dans quel état … ? T’aura-t-il oubliée ? Oh, Maë … Toi-même ne sais plus où tu en es, et tu n’as pas d’autre choix que d’avancer, sans même pouvoir faire état de ta situation. Le temps est si long, et pourtant si rapide … Où sommes-nous, où sommes-nous ?

« Je n’étais plus seule, puis je le suis redevenue … Alors je ne cherche plus à avoir de la compagnie, ça me ralentit. »

Bien sûr. Prêche la Haine, prêche la encore. Mens. Arrête d’y croire. Tu es seule uniquement parce que tu l’as voulu. Ou plutôt parce qu’on t’a arraché le cœur et qu’on l’a fait mariner sous tes yeux. Maintenant, tu n’as plus d’autre choix que d’être seule. Après tout, pourquoi te casser la tête à chercher quelqu’un ? Chaque fois, ça disparaît. Tout n’est que poussière, le vent n’a qu’à souffler pour que tout s’en aille. Mais trêve de dépression. Tu regardes Kerorian, chassant d’un seul coup tous tes mauvais songes, souriant à nouveau. Rien n’est arrivé. Tu es heureuse.

« Que t’est-il arrivé, Kerorian ? Pourquoi es-tu seul ici ? »

Tu t’approches d’un pas décidé, ne craignant plus rien. Tu prends quand même garde à ne pas l’effrayer, il a l’air tellement … Perdu ? Un élan de tendresse s’empare de toi, et tu poses ta main sur sa joue.

« Qu’est-ce qui te manque ? »

Son cœur. Son cœur est noir, comme le tien, tu en es sûre. Tu n’arrives pas à croire qu’eux aussi peuvent-être autant détruits. La guerre, hein ? Ou peut-être autre chose … ? Tu caresses sa peau avec ton pouce, doucement. Elle est abîmée. Sèche. Tu penches la tête, puis tu souris.

« Nous ne sommes pas encore morts. »



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MessageSujet: Re: Les routes ne sont pas sûres [PV : Maëlly] [Terminé]   Sam 13 Déc - 12:03

Elle errait à la recherche d'un nouveau but ? Comme c'est intéressant. Et lui, que faisait-il donc de sa vie, si ce n'est...errer. Le géant fronça les sourcils, où était-il en fait ? Le chemin que ses pas suivirent s'estompait dans son esprit. A droite ? A gauche ? Tout devenait flou, de quand datait ce souvenir-ci, d'une heure ou d'une année ?
Peu importe. Il fixa intensément Maë. Lui avait un but. Peut-être. Etait-ce vraiment un but ? Peu importe.
Ses traits décharnés se crispèrent un peu. Il devait tuer. Tuer les méchants. Tuer les traîtres. Tuer les monstres. Tuer encore, tuer plus, plus et encore plus ! Tuer tout le monde, ils sont tous des futurs ou des anciens ennemis, tous devraient mourir. Il peut le faire, il peut tous les tuer.
Mais pourquoi cette haine ? Quel intérêt à exécuter la moindre forme de vie sur son chemin, et plus encore pourquoi ne pas l'avoir déjà fait ? Dis-moi Maë...

L’œil unique, la fenêtre sur la folie de mille vies s'ouvrit un peu plus. Intéressé à nouveau. Gentille Maë, jolie Maë. Pas tuer Maë. On ne fracasse pas un cœur brisé, on abandonne pas un âme solitaire. Peut-être disait-elle vrai, peut-être se cachait-elle derrière ses propres mensonges. Le géant s'en foutait. Lui était fort, lui était rapide. Son armure n'était même pas lourde, sa lame démesurée devenait de plus en plus légère entre ses doigts. Lui ne la ralentirait pas.
Il avait de la place pour elle, elle ne serait plus seule. Plus on est de fous plus on rit, dit-on. Et rire c'est bien. Il parait. Alors pourquoi ne pas l'inviter à rire avec nous ? Cela serait mieux pour tout le monde, une délivrance de ce monde absurde et violent d'un côté, une nouvelle amitié de l'autre. C'était mieux pour tout le monde oui... Le lourd poing caparaçonné se serra. Il avait faim... Lui, elle, eux. Nous. Cela faisait un moment qu'il ne s'était pas rassasié. Son oreille écouta une dernière fois Maë. Bonne question.

Son pied voulut reculer lorsque Maë avança. Il n'en fit rien. Pourquoi reculer, elle était plus proche. Etait-ce bien ? Il avait toujours gardé ses distances pour... Pour éviter...quelque chose... Sa main blindée s'ouvrit en remontant lentement sur son front, il avait des flashs... Il voyait des gens, des enfants, des vieillards, une femme rousse, une chanteuse plate. Des soldats vaillants, des ignobles bandits. Des cadavres. Etait-ce arrivé ? Qui avait-il tué, qui avait-il épargné ? Des échos résonnaient, un souvenir revenait. Un jeune homme déterminé.  Marchant seul, pleurant seul. Noyant sa douleur et son ignorance dans la solitude. Le souvenir était multiple. Il avait toujours été seul. Pourquoi ?

Une main se posa sur sa joue. Son pouce caresse sa peau torturée. Qu'est-ce que c'est bon... C'était ça qui lui manquait, Kerorian voulait juste...un peu d'amour, pouvoir mener sa vie heureux, protéger ceux qui lui sont chers, être aimé en retour, avoir quelqu'un qui l'attendrait ou qu'il attendra lui-même. Il voulait juste vivre...
Absurde. Ridicule, vois-où ça t'as mené ! Le géant se recula d'un pas, avant de commencer à marcher lentement de long en large, son visage se crispant. Il avait mal au crâne. Il voulait une famille, devenir vieux paisiblement entouré, se repaître de leur chair et de leur âme. Terrasser tous ceux qui lèveraient la main sur eux et briser leurs corps chétifs.
Mais ce n'est pas ce qui lui manque ! Ça n'a rien à voir ! Le géant commença à marteler lentement son front, il lui manquait quelque chose, il manque toujours quelque chose à tous évidemment, mais il lui manquait quelque chose qu'il aurait DU avoir ! Mais quoi ? Des souvenirs épars le hantaient. Des sables infestés par la mort, une graine de vie s'éveillant dans la poussière, des monstres au milieu de démons. Des humains. Mille regards l'entourant, mille fois mille yeux. Il n'aimait pas leur regard, méprisant et haineux, aucun n'aimait être observé ainsi. Une ombre lourde quitta soudain les ténèbres. Une lueur s'éteignit. L'ombre revint. Une autre bougie soufflée.

Il sursauta brusquement, dardant son œil unique sur l'inconnue. Tranche là vite ! Tue cette sale...vivante ? Ils ne sont pas encore morts. Un sourire en coin ironique étira les lèvres desséchées du géant. Cette Maë...jouait-elle avec le feu ? Venait-elle donc de l'éteindre ou de l'allumer ? Joli sourire. Il l'imagine nue un instant. Il n'est pas difficile, elle sera à son goût. Il l'imagine dans son assiette. Elle l'est à nouveau.
Son rictus revient à la normale, Kerorian l'imagine avec lui. Simplement ça, voir demain comme aujourd'hui. Imaginer qu'hier serait comme demain, à deux. Le Rôdeur essaye de chasser sa migraine et les sous-entendus. Pas besoin de s'aimer, ni même d'être amis, ce n'est pas nécessaire. Juste être deux. Des compagnons, ne pas être seuls. Il ne la ralentirait pas, elle ne le repoussera probablement pas. Son regard semble sourire pour lui.


"Exact...et ce qu'il me manque..."

Le géant se plia brusquement dans un grognement de douleur, portant ses mains à son crâne. Il avait mal. Il connaissait la souffrance, il la maniait bien, mais il n'aimait pas CETTE douleur là. Elle était...elle était autre, différente. Un nom revint, plusieurs. Liyu. Alan. Kero...pourquoi le nom de cet imbécile roux lui revenait. Kerowyn... Une brave fille. Ses potes débarqués du néant aussi d'ailleurs. Ils ont bien failli le buter la dernière fois.
Pourquoi voulaient-ils le tuer ? Sa mémoire s'embruma, ses souvenirs se mélangèrent, s'estompèrent. La migraine s'effaça avec ses pensées. Le Rôdeur se redressa, reprenant son souffle en paix avant de laisser retomber ses mains. il cligna de l’œil, puis regarda à nouveau Maë. Le pauvre homme oubliait quelque chose...il repensa à ses derniers fragments de mémoire. A leur discussion. Il y avait quelque chose. Une famille, sa souffrance, un manque, la solitude. C'était de sa faute ? Il regarda la femme en face de lui, elle était gentille.


"J'ai fais une erreur un jour."

Quelle était-elle, de s'amouracher de Liyu ? De ramasser la dragonslayer ? De s'attacher à toute la petite famille débarquée du futur, ou d'être venu au monde ? Il aurait mieux fait de faire un lien entre tout ça et d'expédier tout ce petit monde, lui y compris, à grand coup de lame noire.

"Plusieurs en fait...c'est une histoire un peu longue...et un peu compliquée."

Ça ne l'aurait pas été s'il avait été fort, il aurait pu tuer ou oublier la barde. La tuer aurait évité que le futur ne débarque pour le harceler, comme si son passé n'était pas déjà suffisant. Bande de tocards, vous serez sur la liste un jour, z'allez voir ce qu'on va en faire de votre avenir.

"J'ai pensé aimer une femme, qui ne me le rendait pas. Puis on s'est fait un ami commun, un jour on s'est retrouvé...et leurs enfants sont venus du futur pour essayer de me tuer."

Crétin. Après une brève réflexion, Kerorian admit que c'était sans aucun doute le pire résumé de tout Tellius. Comment ne pas passer pour un fou avec ça ? Il désigna sa lourde lame.

"D'après eux, des..."soucis", doublés des maléfices de cette épée m'avaient rendu fou et j'avais plus ou moins décimé le continent."

C'était privé pourtant, pourquoi lui racontait-il ça ? Peut-être car il ne voulait pas être seul, le Rôdeur en avait marre de porter ses fardeaux et ses douleurs en solitaire. Mais un doute apparut, et s'ils avaient menti ? Même pas volontairement, mais qui peut réellement confirmer que c'est lui qui est à blâmer ? Qu'est-ce qu'ils ont tous à se liguer contre lui ? Alan lui disait d'abandonner la plus puissante épée de Tellius, Liyu l'envoyait paître en beauté pour lui préférer cet enfoiré de Drake, et toute la marmaille du futur voulait lui péter la gueule. Mais où étaient-ils tous ces braves gens bien pensants tandis qu'il souffrait et qu'il criait à l'aide jusqu'à en perdre la raison ? Tas de connards...

"Du coup ils ont voulu me tuer ici, là où j'étais "moins fort, moins dangereux". J'avais réussi à les convaincre d'attendre, puis ils ont invoqué l'un des démons qui me hantaient. Et ils ont commencé à l'accepter parmi eux ! A vivre avec alors que je me cassais le cul à leur trouver un foyer sûr !"

Le géant commença à marcher de long en large. Il n'avait pas vu les choses sous cet angle, il avait toujours évité d'y penser. Ça l'enrageait de se faire traiter comme ça, tout le monde le rejetait, lui jetait un regard méprisant ou haineux. Alors qu'il avait tout fait pour les aider bordel !

"Mais c'était déjà moi qui leur avait dit où se cacher ! Et c'est moi qui risquait ma vie pour leur trouver un bout de paradis ! Qu'est ce qu'ils faisaient eux, hein !?"

Il se tourna brusquement vers Maë. Gentille Maë, pauvre Maë, Kerorian ne voulait pas étaler ses problèmes, il craignait que ça finisse par affecter ceux qui l'entouraient. Mais le géant avait besoin d'exploser un peu, il était furieux.

"Ils vivaient paisiblement avec un putain de monstre en attendant de me buter ! Alors quand je suis revenu, j'ai essayé de le déboîter ce sale con de Drake quand je l'ai vu rôder dans les parages, et tu sais ce qu'ils ont fait ? Ils l'ont protégé ! Moi on me rejette, on me déteste, on veut me tuer alors que l'autre enfoiré qui m'a pourri la vie et qui est très certainement responsable de ma folie dans leur futur, lui ils le protègent !"

C'en était trop. Comment avait-il pu ne serait que penser à aider de tels enfoirés ? C'était pour ça qu'il était seul ouais, car tous  ceux qu'il rencontre sont tous des traîtres ! Nino l'avait innocemment invité à manger et il avait failli y rester, les deux corbeaux qu'il rencontré ont tenté de le tuer ou de le voler, ne parlons même pas du faucheur, et Alan et les autres. Ha !

"Et tu veux la meilleure ? J'ai tué l'un d'entre eux à force qu'ils se jettent devant moi pour sauver l'autre racaille ! Et maintenant ils veulent ma peau pour de bon !"

Le géant se retourna et flanqua un énorme coup de poing dans un tronc. Un second. Il imaginait leur visage fourbe, à ce petit con de Niall, à cette folle furieuse chaotique de Kira et son frère qui l'a éborgné, et à son imbécile de fille. Il avait raison lorsqu'il était revenu d'Esberg, il aurait du les tuer. Tous ! Mais pas pour les délivrer ou abréger leurs souffrances, mais bien parce qu'ils ne méritaient que la mort ! Il cogna l'arbre, encore, et encore, déchaînant sa rage sur l'écorce qui volait et se fracassait sous la fureur d'acier de ses poings.
Quand il eut fini d'arracher la peau du pauvre arbre, le géant se tourna enfin vers Maë. Pauvre petite Maë, quel spectacle venait-il de lui montrer ? Il se laissa tomber dos contre ce qui restait du tronc, reprenant un peu son calme. Mais la haine ne s'effacerait pas. La colère se dissipe, la rage peut s'estomper, mais la haine ne disparait jamais.


"Tu m'as demandé ce qui me manquait je crois... Hé bien je le sais grâce à toi. La vengeance."

On l'avait trahi, haï et banni. Kerorian avait été maladroit quelques fois, c'est vrai, mais la rouquine n'allait certainement pas lui en tenir rancune. Il allait s'occuper d'eux un jour, leurs âmes viendront étancher sa soif éternelle. Finalement il n'était pas seul, la Mort était à ses côtés. Toujours. Elle attendait, tant qu'il paye son tribut que de la rejoindre...




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MessageSujet: Re: Les routes ne sont pas sûres [PV : Maëlly] [Terminé]   Mer 17 Déc - 16:18

Acte III ~ Scène 1 : La Guerre.


L’histoire d’un homme. Le drame d’un cœur brisé. Ce cœur émietté, que l’on a piétiné, encore et encore, jusqu’à ce qu’il lâche totalement prise, jusqu’à ce qu’il … disparaisse. Tu contemples Kerorian, dévasté de l’intérieur par toutes ces trahisons, par ce passé horrible. Il y a survécu, comme toute personne courageuse, désireuse de faire mieux. Tu ne peux que compatir. Tu vois en lui un être à la recherche de tendresse, un cœur en sucre sous son apparence de monstre. Tu souris. Il te fait penser à Louka. Ils méritent qu’on croit en eux. Ils sont différents, loin de toutes ces bêtises humaines. Pourtant, il l’a subie, la connerie humaine. Il en souffre encore aujourd’hui. Ces gens ne sont capables d’aucun discernement et ils se détruisent les uns les autres. Un fratricide dont ils ne se soucient pas, parce que tout ce qui leur est nocif doit être détruit. Ils ne pensent qu’à eux, oubliant tout ce qui a pu leur être vital jusque-là. Eh oui, petite peste, grâce à qui vois-tu ce monde ? Tu crois vraiment qu’en le tuant, tu as une chance de changer les choses ? C’est vrai que la mort résout bien des problèmes, car une fois annihilé, le problème n’en est plus un, mais n’y a-t-il pas d’autre solution ?

Tu contemples Kerorian détruire ce pauvre arbre, alors qu’il te raconte son histoire. La nature souffre des souffrances des hommes, ironique, non ? Tu le regardes, puis t’approches pour ne pas le laisser se perdre trop loin dans les méandres de sa tristesse. Son passé paraît un peu fou, à vrai dire. Des gens venus du futur pour lui tomber sur le bec pour le rendre moins fort ? Ouais bon, en gros ils veulent le tuer parce qu’il tuera des gens. Mais vous pensez que l’amour que vous ne lui avez pas porté, et la haine que vous lui avez administré par petites doses l’a aidé ? La connerie Beorc te surprendra toujours. Tu soupires. Pourquoi sont-ils aussi haineux les uns envers les autres ? Les Laguz, eux, restent fidèles, et règlent ça correctement ! Eux, ils s’entretuent, se bouffent joyeusement jusqu’à ce que le plus faible implore la pitié du plus fort. C’est étonnant, hein ? Tu ne comprends toujours pas pourquoi.

Tu penches la tête, suivant le moindre fait et geste de cette créature tourmentée. Tu le laisses déverser toute sa colère, toute sa haine, pour que cela aille mieux. C’est dingue ce que la parole peut sauver les hommes. Tu t’approches de lui une fois qu’il se laisse tomber contre l’arbre, te penchant au-dessus de lui. Un éclair de haine passe dans ses yeux : il a compris. Il sait ce qu’il veut, ce vers quoi il se dirige. Tous les hommes cherchent la même chose. Au fond de toi, tu sais que tu cherches quelque chose de similaire. Ou plutôt tu ne sais pas. Veux-tu te venger, toi aussi ? Vis-tu en nourrissant un désir de vengeance ? Tu ne sais pas trop. À vrai dire, tu as oublié cet idéal depuis longtemps. Après tout, tu te vengerais de qui ? Pour quelle raison ? Louka ne te reviendra peut-être jamais, et mettre le monde à feu et à sang pour cette raison n’est peut-être pas intelligent. Purger ta peine ? L’expier ? Tu peux faire autrement. Tu peux apprendre à vivre différemment, tu en es sûre. Et lui, alors ? Peut-être que pour lui, c’est la seule solution. Pour expier la haine. La faire disparaître à jamais. Il a probablement besoin de ça.

Tu plies les jambes pour lui faire face, caressant doucement son visage du bout des doigts. Tu passes sur le front, descendant sur la joue. Quelque chose est détruit, ici. Ou alors c’est plus bas, que c’est fini. Tu descends la main, la posant sur son armure, au niveau du cœur. C’est ici, que c’est mort. C’est ici qu’il faut que ça revienne.

« Tu penses que c’est la seule solution ? »

Tu mêles tes prunelles céruléennes à la seule qu’il lui reste. Un borgne. Borgne à cause d’un de ses proches, en plus. Peut-être, oui, peut-être est-ce la seule solution, peut-être est-ce là le seul moyen d’aller mieux. Tu peux comprendre, mais tu ne veux pas suivre, faire la même chose. Parce que ton histoire est différente. Mais peut-être peux-tu l’aider dans son entreprise ? Le guider sur le chemin de la lumière. Hé, c’est drôle, quand même. Toi qui aides un Beorc à redevenir humain ? Alors que tu n’es pas humaine toi-même ? Quelle histoire palpitante ! Tu t’assoies sur ses jambes, paisible.

« Le cœur des hommes est une énigme. Votre Haine dépasse l’entendement, et elle vous tuera tous. »

La Haine est cause de tout, surtout de la Mort. Ces deux-là sont sûrement les meilleures amies du monde, tellement elles s’entraident l’une et l’autre. La Mort peut amener la Haine, et vice-versa. Louka. Ton cœur rugit. Tu les détestes tous, toi aussi, ces foutus humains. Ils sont idiots et arrachent tout, tout le temps. Tu l’aimais, ce petit. D’un amour inconditionnel, inexplicable. Mais ils te l’ont enlevé. Pourtant, tu n’arrives pas à te décider à tout détruire pour remettre la main dessus. Peut-être as-tu simplement perdu l’espoir ? Ah, l’espoir … Lui est ennemi des deux autres. Il est positif, grand, paisible. La Haine et la Mort tendent à le détruire purement et simplement. Tu es une de leurs victimes, Maëlly. Tu ne crois plus en rien.

« Peut-être faudrait-il, quelques fois, oublier la Haine et la Vengeance … »

Tu baisses les yeux, songeuse. Tu les as oubliées, toi, pourquoi pas eux ? Leur cœur est faible, énigmatique, étrange, parcouru de sentiments qui ne te parviennent pas. Tu relèves les prunelles, détaillant d’un regard différent le visage de Kerorian. Tu es déterminée. Même si tu ne peux pas les comprendre, tu peux aider ses sentiments à trouver la paix. Faire fuir cette folie monstrueuse. Tu peux peut-être faire quelque chose.

« Mais toi, tu ne peux pas. Tu ne peux plus. Ces gens t’ont tout pris, même … » Tu pointes son cœur, puis poses la main à plat dessus. « Même ça. »

Tu exhales un long soupir, puis te redresses, faisant face à l’eau. La clairière est paisible, différente de vous autres. Différente d’eux.

« Si la seule solution que tu voies est la vengeance, alors assouvis tes pulsions. Suis-les. Peu importe ce que cela doit te coûter. Ton cœur en sera apaisé, c’est la seule chose qui compte. »

Vis pour que ton cœur soit en paix, quel qu’en soit le prix. Parce qu’au fond, on te l’a donné, on y a administré une certaine quantité de sentiments. Il ne faut pas qu’il soit détruit. Jamais. Et toi, Maëlly, est-ce que le tien est détruit ? Tu souris, baissant simplement les yeux. Non, il est rempli d’espoir. Parce qu’au fond de toi, tu sais que quelque chose te fera sourire pour de vrai. Tu sais que tout reviendra. Tôt ou tard, peu importe, car il vaut mieux tard que jamais.

« Ton cœur trouvera la paix, Kerorian. Crois-le. »

Tu te tournes, lui adressant le sourire le plus radieux, le plus sincère qui soit apparu sur tes lèvres depuis plusieurs mois.



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MessageSujet: Re: Les routes ne sont pas sûres [PV : Maëlly] [Terminé]   Jeu 18 Déc - 15:08

Ils doivent mourir, leur sang éteindra les flammes qui le consument, c'est à cause d'eux que tout ça arrive, que tout est arrivé, et arrivera. Son épée sera la faux de sa rage, ses sombres pouvoirs seront le marteau de sa justice. Le Rôdeur avait été trop faible, trop...stupide pour voir clair dans le jeu de sa "famille". Il y avait tout perdu. Alors le géant leur prendrait tout.
Maë descendit se mettre à son niveau, lui caressant le visage en douceur. Pourquoi avait-il fallu que son coeur et sa vie se brisent, et qu'alors qu'il s'était démené depuis le début de son aventure pour défendre les hommes, le seul qui lui donne enfin ce qu'il attendait silencieusement était une laguz. Les Laguz...ces sous-humains, des êtres aussi violents que stupides, la politique de la plus grosse régnait en maître. Un instant, le vagabond se demanda s'il ne serait pas mieux à Gallia. Parmi ceux qu'il comprend.

La main de Maë descendit encore, se posant sur son cœur à travers son armure. Il ne sentait rien. Son corps était de pierre. Son cœur était de fer. Ou était-ce son armure ? Il ne sentait pas la chaleur de Maë, gentille Maë, froide Maë, pourquoi ne sent-il pas ta main, ni ta caresse ni ta peau ? C'est vrai, il porte une armure...mais qu'est-ce qu'elle protège ? Il ne sentait pas son cœur battre, il ne sentait pas le glacial acier.


« Tu penses que c’est la seule solution ? »

Il n'y a jamais une seule solution. C'est la seule qui l'arrange. Vraiment ? Il n'a pas réfléchi à tout ce qu'il pouvait faire... De toute façon, que peut-il vraiment faire, on veut le tuer. Encore. On retourne sa propre arme contre lui, son propre sang. Que peut-il faire sinon se cacher ou les tuer ? Ce n'est pas la seule solution, c'est la meilleure. La meilleure pour lui en tout cas. Le regard envoûtant se plonge dans l’œil unique du guerrier. Sa pensée s'arrête. Qu'il y a t-il derrière ses yeux enchanteur, qu'il y a t-il derrière cette douce Maë, tendre Maë, petite lumière chétive au milieu des ténèbres. Les ombres l'entourent, les ombres sont dans sa tête. Elle est une petite lumière...
Petite Maë lui parle du cœur. De Haine. De leur fin. La haine est un brasier, il brûle. Il brûle tout, celui qui l'a allumé finira par mourir, celui qui essaye de l'arrêter s'éteindra avec. Leur mort est inévitable, mais pourquoi un cœur ? Le cœur n'a pas de place pour la haine. Ou le cœur est-il la haine ? Sa poitrine est vide. Non, elle est froide. Ou brûlante ? Il n'arrive pas à savoir. Kerorian pense un instant à ceux qu'il voulait appeler ses proches, il y a encore du bon en lui. Son corps reste de glace, il doit tuer. Le géant sait que seule sa force mettra fin à cet enfer. Mais qu'arrêtera-t-il vraiment, la haine sera toujours là, le temps continuera à tourner. Est-il inutile ?Ses dents se resserrent...

Maë est folle ? Ou inconsciente. Oublier la haine, la vengeance ? Comment oublier le mal qu'on nous a fait, comment pardonner à ceux qui te pourchassent à travers les âges, pourquoi abandonner sa revanche ? Le géant ne comptait pas laisser s'échapper ceux qui l'on traité comme un démon, comme un monstre. Ils devaient mourir, leur sang sera le prix de leur pardon. Non, ce n'est pas ce qu'aurait souhaité le vieux Daeroth, ce n'est pas que Kerorian souhaitait non plus. Il ne voulait pas vivre de haine, il avait dit à Alan qu'il ne se laisserait pas consumer par les maléfices de son arme et cela lui avait valu de tuer son ami. Il ne voulait pas désormais succomber au sombre gouffre de la violence. Le Rôdeur était un homme bien. Pas un assassin.
Mais que vas-tu donc faire, jeune imbécile, tu es seul, rejeté, honni et traqué comme une bête, si tu veux refaire sa vie, tu dois d'abord effacer l'ancienne. Efface ta fille, efface ses amis, extermines tous ceux qui te connaissent encore. Et tu seras libre, libre d'être qui tu veux.

Maë lui dit qu'il ne pouvait pas. Tu vois, même elle elle le dit, tu dois les tuer. Tu n'as plus rien, plus de famille, plus d'amis, plus même de cœur ! Maë a raison, tu n'as rien. Tu n'ES rien, sinon un spectre aux frontières de l'oubli. Mais tu n'as pas rien. L'altruisme a brisé ta lame, la violence t'en as offert une à la mesure de ta force, l'amour a glacé ton cœur, la haine l'enflammera à nouveau. Les ombres s'épaississent, tu ne tueras pas les tiens, un fantôme le fera, le fantôme qui disparaîtra quand tu seras libre. Adieu petit Kerorian, au plaisir de ne pas te revoir dans une autre vie, ni toi ni tes ennemis. Ils étaient une famille...


« Si la seule solution que tu voies est la vengeance, alors assouvis tes pulsions. Suis-les. Peu importe ce que cela doit te coûter. Ton cœur en sera apaisé, c’est la seule chose qui compte. »

Ecoute la petite Maë, la juste Maë. Ton cœur appelles à la haine, ton esprit appelles à la vengeance. Kerorian n'est pas certain, elle dit vrai, mais elle a tort. Son maître ne lui a pas appris ça, il n'est pas ça, son cœur est froid. Même la haine ne le ravive pas, peut-être est-ce qu'il n'est pas encore résolu à les tuer. A vraiment les tuer, il ne veut pas les haïr, ça doit être ça. Mais tuer ceux qui lui étaient cher lui apportera t-il vraiment le salut ? Ça vaudra toujours mieux qu'attendre comme un fantôme qu'eux ne te terrassent. Maë se retourne vers le voyage tourmenté, elle lui sourit.

« Ton cœur trouvera la paix, Kerorian. Crois-le. »

Kerorian...Kerorian. Il secoue brusquement la tête, il ne trouvera pas la paix. Car il n'y a que la guerre dans ce monde, à bien des échelles, pour bien des raisons. Il n'existe aucun abri, des plus hautes montagnes jusqu'aux grottes les plus enfouies, le sang coulera. Le Rôdeur se relèva, son œil unique regardant autour de lui. Cet endroit est beau. Il est simple. Ici un jour pourtant il n'y aura plus rien, la Haine passera et brûlera jusqu'à la terre tout ce qui aura le malheur de croiser son chemin. Il ne pourra rien y faire, sa force fantastique n'est que poussière, les ombres de son épée ne changeront pas le monde. Il changera tout seul.
Mais cette puissance suffira à changer le tien, on s'en fiche de trouver la paix, ta vie n'en est qu'une seule parmi tant d'autres. On t'as précédé, on te succédera. En bien ou en mal, aujourd'hui ou demain. Alors fais ce que te dis Maë, obéis à tes caprices. Exécutes ton insupportable fille et reprends sa mère. Le pouvoir appartient aux puissants, on est puissant, bien plus que ces petits imbéciles.


"Arrêtes..."

Kerorian commença à cogner son front, se tenant la tête de l'autre main. Les ténèbres l'envahissaient, la vie était si courte. L'une d'elle finissait, une autre la remplaçait. Pourquoi devait-il se tourmenter alors que tout serait fini d'ici quelques dizaines d'années, à peine ? Il ne voulait pas finir comme eux. La Haine avait nourri leur cœur, les dévorant d'une faim insatiable, les êtres honnis devenant bien vite remplacés par le premier venu. Son grand-père lui avait dit que la violence était comme la vie, qu'elle était un cycle qui se répéterait éternellement, tant que personne n'aurait le courage de lui dire non, tant qu'on préférera la rage au pardon. Maë l'avait dit aussi.
Le géant commença à ricaner, sans cesser de serrer furieusement son crâne écarlate entre ses mains d'acier. Ne fallait-il pas un grand courage pour oser affronter son passé, pour affronter sa propre vie ? Rassures-toi, tu ne brisera pas grand chose dans ton état, petit Redeye.


"Ne m'appelles pas comme ça..."

Que ce nom te va bien maintenant que tu n'en as plus qu'un. Tu n'es qu'un rêveur, un enfant. Tu n'as pas le courage de faire quelque chose, tu n'arrives pas à pardonner, tu n'arrives pas à haïr. Laisses-moi le faire pour nous. Non, il y a une autre solution. Peut-être. Mais pas toi, Alan l'avait prévenu. Tu n'es pas une solution. Petit Redeye, tu n'auras pas d'avenir...
Le Rôdeur pose son unique regard sur la petite Maë, jolie Maë, gentille Maë. Elle n'est pas comme les autres. C'est une Laguz, mais elle n'est pas...pas comme les autres. Son visage est tordu par le trouble, par la douleur. Ses traits blafards sont encore plus tirés. Il est fatigué. Son corps est fatigué, enfin...il devrait. C'est ce qu'il pense. Mais lui est épuisé au-dedans, il n'a plus de repos. Est-il fou ? Non, son esprit est encore clair. C'est Drake qui continue à l'emmerder... Drake n'est plus là, il n'y plus que toi. Toi, toi et encore toi, uniquement toi dans ta tête, uniquement toi dans ta vie. Jolie petite Maë hein, que dirais-tu de la prendre elle aussi, assouvis tes pulsions, elle t'y invite allègrement.

Le géant fixe la Laguz. Obéir à ses désirs et satisfaire ses caprices ? Ça pourrait bien s'arranger, la grande question qui se pose désormais, sera-t-elle consentante ou non, le jeu pourrait être amusant. La Haine n'est une folie, ça peut-être un jeu. Un jeu de violence, où la douleur est un mets et la mort un dessert. Il penche la tête vers elle, un sourire mauvais étirant ses lèvres desséchées. La douleur l'efface peu après, il ferme l’œil un instant.


"Ce n'est pas...ce que je veux. Ce n'est pas..."

Kerorian avait appris le respect, la patience, la discipline, ce n'est pas en satisfaisant ses plus sombres désirs qu'il serait heureux. Ce n'est pas en tuant et violant tout ce qui lui chantera que son cœur se réchauffera. Il était humain. Pas un monstre, ni un démon. Juste un homme parmi tant d'autres, qui pouvait souffrir et pleurer, aimer et être aimé. Le Rôdeur recommença à marteler son crâne. Son pouvoir ne devait pas servir ses intérêts...il devait...servir...les autres... Folie que tu dis petit Redeye, tu as déjà essayé de protéger les Hommes, et eux ont voulu ta tête. Tu es un paria. Regardes, même Maë, qui parles tant de pardon et de cœur, regardes là bien, est-elle heureuse ? Noooon...
Ses tourments s'apaisèrent un instant alors que le vagabond dévisagea une nouvelle fois la Laguz. Elle était bien jeune pour comprendre ainsi ses souffrances, qu'avait-elle bien traverser ?


"Que t'es t-il arrivé, Maë ? Qu'est-il arrivé à ton cœur ?"

Peu lui importait que les hommes le rejetaient. Les Laguz étaient là, et si même eux le bannissaient, alors tant pis. Il serait seul, et il en sera mieux ainsi. Caparaçonné derrière sa chair d'acier. Mais pourquoi cette jeune oiseau lui parlait de choses qu'il ressentait tant ? Les Laguz vivent de violence, au gré de leurs sentiments. S'ils haïssent, ils tuent. S'ils perdent un ami, ils le regrettent et continuent leur vie. Maë était...

"Pourquoi es-tu si humaine ?"




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MessageSujet: Re: Les routes ne sont pas sûres [PV : Maëlly] [Terminé]   Ven 26 Déc - 18:34

Acte III ~ Scène 1 : La Guerre.


Vos cœurs mourront. Parce que c’est tout ce qui peut vous arriver. La mort, à la fin de tout. La mort, dans la haine. A cause de ces gens qui n’ont pas compris que la colère et la rancœur ne les mèneront nulle part. A cause des humains. Tu les exècres tous. Pourtant, quand Kerorian te parle de vengeance, tu ne parviens pas à lui en vouloir, tu ne parviens pas à le considérer comme tous ces pauvres cons qui ne pensent qu’à s’entre-tuer. Il a vécu tant de choses horribles dont la provenance est si proche. La Haine, venue de son propre cœur, de sa propre famille. Tu soupires. Leur connerie est poussée, tellement poussée … Tu n’aurais jamais pensé cela possible, et pourtant. Commettre des fratricides, certes, c’est devenu commun, mais une telle situation est tout de même … Surprenante. Tu soupires derechef. Ce pauvre homme, tourmenté par ses démons, détruit par la haine de ses pairs. Le voilà qui se trouve désormais seul face à lui-même, face à une épée dévoreuse de cœur. Quelle connerie. Tu souris. Les humains sont si faibles, si chétifs, si … drôles ?

Il murmure, se tape la tête tout seul. Son âme est dévorée par la colère, rongée par les méandres de sa propre folie. Ha, les hommes. Tu penches la tête, contemplant ses gestes avec une attention non-dissimulée. Tu aurais pu sombrer, tu aurais pu. Pourtant, toi, contrairement à ces faibles humains, tu as survécu, tu t’es relevée. Tes plumes ont pris de sacrées claques, certes, mais tu n’as jamais pensé à tout ça … La vengeance est trop commune, trop simple, trop inutile. Au fond, ils lui ont apporté beaucoup de choses, non ? Et sans lui, cette idiote n’aurait jamais vu le jour, n’est-ce pas ? Pourquoi se détestent-ils tant ? N’a-t-elle pas tué, elle aussi ? Ils sont tous pareils, ils se détestent pour ce qu’ils sont. C’est tellement ridicule.

Puis viennent les vraies questions. Celles qui te concernent toi. Alors comme ça, les hommes donnent des détails mais en demandent en retour ? Sympathique. Parce qu’ils se dévoilent, tu dois en faire de même ? Tu hausses les épaules. Au fond, tu t’en fiches. Mais sa remarque est drôle. Tu es « humaine » ? Comment sont les Laguz en général ? Tu parles d’un cliché. Ton cœur devrait être différent du sien parce que tu es un animal ? Ah, les sous-humains, c’est ça … Alors vous ne seriez pas dotés de la capacité d’aimer ? De ressentir ? De réfléchir ? Tu lui souris, te mettant face à lui, amusée.

« Quel magnifique cliché. Nous sommes peut-être différents, mais nous avons un cœur. Il ne bat pas de la même façon, je suis d’accord, mais nous pouvons penser, réfléchir, ressentir. Nous sommes juste plus instinctifs, plus spontanés. Et encore. Nous sommes comme vous, nous avons juste … Des ailes ? Des griffes ? Des écailles ? »

Tu regardes partout autour de toi, puis t’assoies tranquillement dans l’herbe. Le silence vous gagne tranquillement tandis que tu réfléchis. Qu’est-ce qui vous rapproche, qu’est-ce qui vous différencie ?  S’ils arrêtaient de vous regarder comme des « sous-humains », ils sauraient ce que vous êtes. Mais comme ils ne parviennent pas à vous regarder correctement, ils ne reconnaîtront jamais vos similitudes. Pour eux, vous ne serez toujours que des stupides créatures seulement capables de vous battre et vous arracher la tête. C’est joyeux, tu ne trouves pas ? Tu soupires, relèves la tête.

« J’ai vécu, moi aussi. J’ai vécu des choses que les hommes n’auraient jamais supportées. Vous êtes capables de bien des preuves de haine, mais rien en vous n’est capable d’une sensibilité suffisante pour comprendre que nous aussi, nous avons un cœur. Nous aussi, nous souffrons. Nous aussi, nous aimons. Mais rien chez vous ne vous permet de le comprendre. Nous sommes des Laguz, certes, mais nous ne vous sommes pas inférieurs. »

Tu hésiterais même à dire que vous leur êtes supérieurs en bien des points. Vous pouvez voler, vous fondre dans l’environnement ; vous avez des caractéristiques que des humains n’ont pas. Et ça vous pose problème, vu que vous n’êtes pas comme eux.

« La différence fait peur aux hommes. Vous avez tellement peur de nous que vous en oubliez que nous sommes pareils, au fond. Qu’est-ce qui nous rend si différents ? Réfléchis à ça. »

Tu fermes les yeux, baisses la tête. Le silence te gagne. Tu es mélancolique. Seul Louka ne t’avait jamais regardée comme une créature étrange. Seul lui t’avait vue comme un ange, comme quelqu’un de normal. Seul lui t’avait touchée sans avoir peur. Louka, oh, Louka …

« C’est parce que j’ai des ailes que je n’ai pas le droit d’avoir un cœur ? Tu penses que je l’ai simplement développé avec le temps ? Qu’il n’existait pas avant ? Quelle erreur … »

Ton cœur a été touché par la haine, modifié, certes ; mais il était bel et bien là.

« Tout le monde est humain, tout le monde a un cœur. Vous faîtes juste n’importe quoi avec les vôtres. »



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MessageSujet: Re: Les routes ne sont pas sûres [PV : Maëlly] [Terminé]   Ven 26 Déc - 21:17

Elle semble rire. Pourquoi est-elle amusée ? Qu'il y a-t-il de drôle dans ce qu'ils se disent ? Kerorian essaya de se concentrer sur ce qu'il venait de dire à l'instant. Ses souvenirs étaient troubles, sa pensée floue. Il n'avait pourtant pas l'impression d'avoir été stupide. Pourquoi souriait-elle ainsi ? Joli sourire. Joli et dérangeant sourire, petite Maë. Pourquoi te fous-tu de moi petite salope ?
Le voyageur hausse un sourcil perplexe, mais de quoi lui parle t-elle ? Des clichés, des différences ? Mais qu'est-ce qu'elle raconte ? Est-elle folle ? Bien sûr qu'elle l'est, elle ne te parlerait pas sinon. Mais...bien évidemment que vous êtes différents, imbécile ! Vous êtes des Laguz, des forces de la Nature, un mélange de la puissance pure animale avec l'intelligence des hommes. Peut-être a-t-elle subi l'intolérance des Humains. C'est vrai qu'encore aujourd'hui, il peut-être dur de croiser leur regard. La haine ne s'efface pas, la haine ne s'oublie pas. Les Laguz haïssent les hommes, et les hommes haïssent les Laguz... Kerorian comprenait un peu, peut-être, ce rictus. Ou peut-être pas. Elle s'assoit dans l'herbe et regarde autour d'elle. Le Rôdeur promène son œil unique sur les environs. Méfiance, mimétisme, gêne ? Peu importe. Elle soupire.

Le vagabond se doutait qu'elle avait vécu des choses horribles. Mais comment ça "que les humains n'auraient pas jamais supporté" ? Elle se prenait pour une martyr désolée ou bien elle se foutait de lui ? C'était ça la raison de son sourire au final ? Petite Maë est gentille, petite Maë est mignonne, mais petite Maë jette de l'huile sur le feu en lui parlant de haine sans compassion. Comment pourraient-ils être insensibles ? La Haine n'était-elle pas déjà la preuve de leur extrême sensibilité ? Ses souffrances n'étaient-elles pas elles-même les cicatrices de leur cœur trop ouvert !? Bien évidemment que les Laguz aiment et souffrent eux-aussi ! Pourquoi les Humains seraient incapables de le comprendre ? Les Laguz ne sont pas inférieurs, ils sont différents. Mais ça il le sait déjà putain ! Qu'est-ce qu'elle vient déblatérer ça ici et maintenant !?

Kerorian prit une seconde pour contrôler sa respiration alors que sa compagne soulignez qu'ils n'étaient pas si différents, qu'il devait y réfléchir. Gentiiille petite Maë, mignoooone petite Maë, mais bientôt beaucoup moins si la jolie petite Maë continue à le faire chiiier. Avait-elle seulement conscience qu'elle s'adressait à l'un de ces Beorcs qui préférait la compagnie des Laguz à celles de ses frères, qu'il admirait leurs talents et leur simplicité, qu'il leur enviait même leur nature et mode de vie ?
Calmos Redeye, ce n'est pas à toi de la défoncer. Mais l'oiseau insiste encore, et le voyageur la fait mentir. Les Laguz ne sont pas seuls à pouvoir se fondre dans leur environnement, avec sa nouvelle couleur le géant pourrait aisément passer inaperçu dans un champ de tomates. Il n'avait jamais laissé sous-entendre l'infériorité des sous-humains, ou leur absence de cœur ou de cervelle. Alors pourquoi ! Pourquoi la geeeentille petite Maë-qui-va-bientôt-faire-un-vol-plané-jusqu'à-ses-îles-natales-si-elle-continue.


"Tout le monde est humain, tout le monde à un cœur. Vous faites juste n'importe quoi avec les vôtres."

Saaage. Sage. Gentil Redeye, gentil le Rôdeur, couché panier. Là, sage. Le maître le disait toujours, soit gentil avec les autres. Soit bon, et tolérant. Acceptes qu'ils te blessent, acceptent qu'ils soient différents. Ne leur en veut pas d'une faute, soit brave. Ce n'était pas bien de faire du mal aux autres. Encore moins aux plus petits, aux plus faibles, et aux femmes. Et elle, elle faisait les trois, alors pas taper. Voilà bien, du calme Kerorian, du calme... Le grand-père n'était pas le seul à penser ainsi, tu le sais, tu les entends. Ou tu les rêves, peu importe. Ils ont raison.
Mais on en a rien à foutre ! Le géant commença à faire les cent pas avec rage, tournant autour de la petite Maë comme un rapace, il avait besoin de se défouler. Le craquement des os lui revenait en tête, l'odeur du sang frais envahissait déjà ses narines, le goût de la chair encore chaude ravissait ses papilles dégénérées. Son cœur s'emplissait déjà des forces de la frêle Laguz, encore une âme lamentable. A peine un apéritif, une mise en bouche, un trompe-la-faim. Qu'importe, grignoter n'est-il pas encore plus plaisant que le repas en lui-même ? En fait non. Mais c'est plaisant tout de même !

La tête lui tourna, il ralentit le pas sans s'arrêter. Le voyageur jeta son regard à droite, à gauche. Où était-il ? Il remarqua Maë. Ah oui, la forêt, le cœur brisé, la différence.


"Pauvre petite martyre...Tu as vécu ce que nul Beorc n'aurait supporté ? Je serais curieux d'en savoir plus..."

On l'avait haï, blessé, chassé, traqué, banni, à travers l'espace et maintenant le temps. Il n'avait plus d'ami, plus de famille, plus aucun contact avec la vie. Tout ce qui le liait à cette terre était un corps décharné qui résistait pourtant au désespoir d'avoir tout perdu.

"Nous sommes trop idiots bien sûr, trop...fous, trop haineux pour comprendre. Et on a trop peur bien sûr ! Trop peur de votre force, de vos armes naturelles." Le géant s'arrêta de marcher, regardant le tronc qu'il avait massacré quelques minutes avant. Il se reprenait assez bien, son ton s'apaisait, son esprit s'éclaircissait. "Vous êtes bien plus puissants, c'est un fait. Ce n'est pas pour rien que vous aviez dominé Tellius, il y a quelques siècles."

Un étrange souvenir s'imposa au voyageur. Il pencha la tête alors qu'il se perdait dans les méandres de sa malédiction. Il se souvenait de la peur, il se souvenait de la haine. Mort aux Laguz criait-on, vive le roi avait-on clamé lorsque les bêtes avaient été terrassée. Sous-humains les appelaient-ont ensuite. Les Beorcs avaient gagné une guerre, ils avaient gagné selon les règles de leurs ennemis. Le puissant vit, le faible meurt. Ce nom, sous-humain...était alors plus qu'approprié. La fureur enflamma à nouveau le guerrier au regard de rubis.

"Et c'est à cause du si graaaand coeur dont vous avez fait preuve que nous vous avons renversé et massacré ! Vous êtes forts ? Certes, mais nous, nous avons forgés des armes qui tranchèrent vos muscles. Nous avons façonné des armures qui brisèrent vos crocs et vos griffes ! Et nos mages insufflèrent la terreur jusqu'au plus profond de vos cœurs si sagement utilisé ! Et depuis cette époque, vous n'êtes plus les plus forts."

Le géant recommença à marcher en rond, il détestait bien des choses, comme n'importe qui. Mais il exécrait particulièrement les gens qui le prenaient de haut, et ceux qui se foutaient de lui. Ils sont différents bien évidemment, tant de corps que d'esprit, et c'est normal. Mais bien entendu qu'ils se ressemblent aussi, ils sont les "enfants d'Ashera". Toutes les histoires racontent qu'ils ont une origine commune, alors pourquoi se prendre ainsi là tête ? Il essaya de baisser le ton, mais le vagabond mourrait d'envie de se défouler, sur elle ou sur n'importe quoi.

"Vous n'étiez que des bêtes arrogantes à l'époque. Une fois que nous avions pris le pouvoir, nous avons pensé que vous l'étiez resté. CA, c'était une erreur."

La massive silhouette en armure se tourna sèchement face à Maë. Oui les Beorcs ont commis des erreurs, mais tout le monde. L'erreur est "humaine" comme on dit, et Maë vient elle même de réclamer le droit d'être appelée humaine. Tout le monde fait une boulette un jour ou l'autre, et on essaye tous d'apprendre à ne pas la refaire. Le Rôdeur était véritablement furibond. Il n'aimait pas être en colère, surtout envers quelqu'un qui lui semblait sympathique un instant plus tôt. Il pencha sa haute stature sur la laguz.

"Mais nous, Beorcs, qui sommes trop bêtes ou trop haineux pour aimer ou pour comprendre. Qui sont donc ces hommes qui ont risqué leur vie pour libérer ton peuple ? A quelle race appartiennent ces malheureux héros qui ont défié leurs propres frères pour défendre ceux qui les considéraient comme des ennemis ?"

Misérable ingrate, c'est bien beau de dire qu'on a souffert et de cracher sur les autres. Mais il serait peut-être temps un jour d'utiliser ton cerveau plutôt que de te plaindre à longueur de temps ! Tiens c'est une idée ça, petit Redeye, tu ferais bien de la garder en tête, quelque part entre deux coins ronds.

"Ce sont les Beorcs qui vous ont écrasé, et ce sont les Beorcs qui vont ont ensuite sauvé ! Comment oses-tu dire que nous n'avons pas de coeur ! Comment peux-tu oser penser, toi qui clames nos ressemblances, que d'être née différente te permet d'être plus forte que nous !?"

Il mourrait d'envie de lui cracher dessus, de lui arracher le visage et de lui tordre le cou. Oh oui que cela aurait-été bon de briser cette mauvaise foi de ses mains d'acier. De soulager cette vermine qui a "souffert bien plus qu'aucun Humain n'aurait pu le supporter" de ses tourments. Mais non, la mort n'était pas la solution. Ça aussi il ferait bien de s'en rappeler pour une autre fois. Kerorian baissa le ton de sa voix, mais ne fit rien pour cacher sa colère. Ce n'est pas en s'apitoyant sur son sort et en rabaissant les autres qu'il était devenu un vaillant jeune homme, mais c'est en le faisant qu'il avait sombré dans la dépression et avait été banni. Il se pencha à nouveau sur Maë, rapprochant son visage décharné de celui de la laguz.

"Nous pouvons tous aimer. Nous pouvons tous souffrir. En égale mesure. Ce n'est pas notre naissance qui détermine ce qui nous sommes. Tâches-toi d'y réfléchir. Je n'ai jamais haï un Laguz parce qu'il était un Laguz, pas plus que je n'ai soutenu un Beorc juste parce qu'il était un Beorc. Alors efforces-toi d'en faire autant, avant de prêcher le respect."

Le colosse à la peau de fer se redressa ensuite, sans savoir si c'était la haine pour cette hypocrisie, ou du mépris pour sa stupidité qui prônait. Dégoûté, le Rôdeur se détourna, allant s'appuyer contre un arbre en tournant le dos à la Laguz. Comment avait-elle osé tenir de tels propos ? Elle semblait si raisonnable, si... Alors comment avait-elle pu en arriver là ? Les Laguz avaient mérité leur sort à une époque, tout comme les Beorcs avaient mérités d'être secoué. La guerre sera toujours présente, sous toutes ses formes, à toutes les échelles. La mort et la vie, c'est un cycle...il tourne, il tourne, le jour, la nuit, la vie, la mort, ça tourne... Son épée aussi tourne, elle vole comme le soleil vers l'horizon, elle fauche sans discrimination des rangs entiers. Elle est la mort, elle la répand. Elle tue des pères aimants et d'immondes crapules. Elle tue pour tuer, mais ce en tuant elle permet la vie.
Que ce sont ses souvenirs ? La tête lui tourne, il n'a jamais affronté cet homme...il n'a jamais tué cette bête. Pourquoi il en est persuadé, il connait ces fragments du passé, cet lui, le Beorc reconnait cette épée, c'est la sienne...et cette main c'est...celle d'un inconnu. La mémoire s'embrume, il a un nouveau vertige. Le brouillard étouffe à nouveau ses souvenirs. Où est-il..?




"Il y a...des ombres...dans ma tête..."
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MessageSujet: Re: Les routes ne sont pas sûres [PV : Maëlly] [Terminé]   Sam 27 Déc - 18:45

Acte III ~ Scène 1 : La Guerre.


Tu le regardes, puis baisses la tête. Son speech te fait violemment bouillonner de l’intérieur. Tu aimes à quel point cet homme te hurle dessus, à quel point ce faible humain, qui s’est laissé dévorer par une vieille épée bidon, te prend de haut. Il est là, à te toiser, te défoncer alors qu’il n’est rien, aussi faible et futile que les autres. Il est tellement fort, tellement grand, tellement supérieur qu’il a fini par être seul et déprimé. Il est aussi dépressif que les autres. Son cœur est pourri, affaibli, meurtri, comme celui de tous ces humains. Faibles. Dégueulasses. Ils méritent seulement qu’on leur crache à la figure, rien de plus. Et pourtant, ils se permettent de monter sur leurs grands chevaux en pensant qu’ils sont les meilleurs. Eux ont eu besoin d’armes pour vous dominer. Eux ont eu besoin de trucs pour pouvoir vous vaincre, parce qu’ils vous sont inférieurs par nature.

Tu le laisses finir ses grognements, puis tu te lèves. Tu bats des ailes, te surélevant doucement dans le ciel. Tu te déplaces jusqu’à finir près de lui, profondément amusée. Ces gens sont drôles, terriblement drôles. Pour qui se prennent-ils ?

« Tu dis que nous pouvons tous faire la même chose, oui, et que notre race n’influence rien. Pourtant tu te vantes d’avoir été vainqueur d’une guerre qui a opposé nos deux races, non ? Quelle superbe victoire, dis-donc. Vaincre un animal avec des armes, c’est vrai que c’est facile. J’ai arrêté de prêcher le respect il y a bien longtemps, car il n’existe pas de respect entre nous. Ça n’a jamais existé. »

Tout le monde se déteste, la Haine est partout, la Haine dévore tout le monde. La Haine est sainte, pensent-ils. Ils se laissent tous dévorer, ils la laissent tous venir jusqu’aux tréfonds de leurs âmes sans même s’en rendre compte. Ils sont idiots, ils sont faibles. Tu souris.

« Ensuite, tu oses me dire que vous avez tous un cœur, que vous êtes tous capables de tout ça, mais j’ai raison quand vous dîtes que vous faîtes des conneries avec. Tu penses qu’un Beorc a un cœur quand il se sert du prétexte que nous autres, Laguz, n’en ayons pas, pour faire de nous des objets ? Oui, parce que j’ai été victime des lubies d’un Beorc malade mental qui s’est servi de ma race pour faire de moi sa marionnette. J’ai été l’objet sexuel, la pauvre victime de tous ces humains qui me jetaient des cailloux, mais aussi de sa folie furieuse lorsqu’il me mettait des coups. Et pour toi, ça, c’est du respect ? Et les autres, qui veulent s’entretuer pour des raisons idiotes ? Parce que bidule a tué machin, ou des trucs du genre ? Ceux qui se déchirent parce qu’ils ne s’aiment pas ? Ceux qui se trompent parce qu’ils ne s’aiment plus ? Ceux qui arrachent les âmes sœurs d’autres juste pour leur plaisir ? C’est ça, avoir un cœur ? Être quelqu’un d’humain ? »


Tu bats à nouveau des ailes. Ta rage les fait vibrer, au point que certaines plumes se détachent pour entourer Kerorian et le mettre à ton niveau. Il est entouré d’une aura de plumes noires qui tournent lentement autour de lui, le mettant au-dessus du sol. Tu le fixes, le toises méchamment, ne prenant même pas garde à cette nouvelle faculté.

« Tu penses que vous êtes humains ? Que vous êtes normaux ? C’EST CA L’HUMANITE ? C’EST CA LA SUPERIORITE ? C’EST CE QUE TU CLAMES ? »

Tu cries, déchaînes toute ta colère contre ces hommes faibles, inutiles, malheureux, qui ne font que des conneries avec leurs cœurs. Tu n’es pas humaine, Maëlly, tu n’es pas comme eux. Tu ne le seras jamais. Tu n’es pas leur supérieure, tu n’es pas leur égale, tu es à part. Parce que personne n’est égal, personne ne rêve d’égalité. Ils ne font qu’une guerre permanente, à la recherche de toujours plus de pouvoir.

« C’est VOUS, belliqueux, qui avez sans cesse cherché à nous taper dessus, à nous descendre pour des raisons particulières ! D’accord, nous avons fait la guerre nous aussi, mais qui passe son temps à faire de nous des sous-humains, maintenant ? QUI passe son temps à nous considérer comme des sous-merdes juste parce que nous sommes mi-hommes, mi-animaux ? C’EST VOUS ! Car vous n’aimez pas ce qui ne vous ressemble pas ! Pense à ces pauvres marqués, qui n’ont rien demandé au monde et qui sont sans cesse discriminés ! C’est vous qui passez votre temps à nous détruire ! Alors comment ! COMMENT pouvons-nous simplement penser que vous ne nous percevez pas comme des bêtes sauvages, incapables de penser, de réfléchir ? Beaucoup te diront la même chose que moi ! Surtout ceux qui ont souffert des mêmes discriminations ! »

Tes plumes le relâchent, il s’écrase contre le sol. Tu restes au-dessus de lui, balayant d’un revers de la main les larmes qui se sont mises à affluer sur tes joues. Les perles salées s’échouent mollement sur le sol.

« Nous avons un cœur, mais beaucoup l’ont oublié. Surtout ceux qui se servent de notre race pour nous faire du mal. Tu penses que j’aurais été violée si j’avais été comme toi ? Si je n’avais pas eu d’ailes ? Je suis une bête de foire, j’ai été haïe et traînée dans la boue seulement à cause de ma naissance ! Je ne dis pas que tu es pareil, mais que beaucoup le sont. A force, comment pouvons-nous croire en vous ? La Haine est enracinée si loin dans nos âmes, si loin dans nos corps, que plus personne ne croit en plus personne. Tout le monde se déteste, c’est comme ça. »

Tu tombes contre terre, à bout de forces. Ton corps tout entier tremble, secoué de spasmes incontrôlables. Tu fermes les yeux, respires plus fort, noyée par toutes ces larmes qui roulent sur ton visage. Ces hommes t’ont tout pris, tout. Aucun d’entre eux n’était humain, au fond. Ou alors si, peut-être l’était-il trop, et toi pas assez.

« Plus personne n’a foi en plus personne. Je n’ai plus foi en personne. Tu n’en es pas la cause, tu prends juste tout dans la tête. A tort, je le sais. Et j’en suis désolée. »

La Haine a besoin de s’écouler, de s’extraire du corps des hommes. La Haine, une fois en toi, doit partir. Tu relèves la tête, le faciès martelé par toute l’eau qui s’est écoulée dessus. Tu soupires un grand coup.

« La Haine nous dévore tous, vous comme nous. Nous sommes ses enfants. Elle s’amuse de nos querelles. Nous sommes faibles. »

Tu te mets à rire doucement, un rire nerveux, un rire d’enfant. Tu te laisses tomber sur Kerorian. Tu aurais voulu mourir ce jour-là, pourtant tu es toujours ici. Maintenant, tu te dois d’apprendre à vivre avec ces gens, même si tu les détestes.



Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ?
Au fond de l'Inconnu pour y trouver du nouveau !

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MessageSujet: Re: Les routes ne sont pas sûres [PV : Maëlly] [Terminé]   Dim 28 Déc - 21:23

La colère. Elle était là, comme toujours. Pourquoi ? Pourquoi en colère, pourtant toujours ? Il a le sentiment d'oublier quelque chose, de quoi parlait-il, avec qui ? Un bruit. Un battement d'ailes. Le vagabond se retourne. Une femme, une Laguz. Il la connait. Maë... Pourquoi vole t-elle, pourquoi est-elle si...amusée ? Elle ne semble pas heureuse pourtant. Mais n'est-elle pas amusée ? A t-il dit quelque chose de drôle ? De déplacé ? Il se souvient, peut-être. Une histoire de coeur...comme avec Liyu ? Non, un concours stupide de qui a la meilleure race... Elle commence à parler. Elle parle de la guerre, encore. Non, de La guerre, peut-être ? Maë le prend avec mépris, elle s'est vexée ? Les Beorcs sont devenus plus forts grâce à leurs armes. Mais si les Laguz ne sont pas capables d'en faire de même, alors c'est qu'ils sont plus faibles. Elle vante les mérites de leurs forces naturelles, mais le talent des humains n'est pas dans leur corps, mais leur intellect et leur maîtrise. Pourquoi diable alors le prend-elle sur ce ton ? Est-elle stupide ? Stupide et aveugle, et encore stupide. Ou raciste peut-être. Le respect existe, il a existé et il existera encore.

Maë sourit. Encore. Ils n'aiment pas ce sourire. On dirait qu'elle se fout de lui, qu'elle cache quelque chose, qu'elle triche. Ils n'aiment pas ça. Le géant lui rétorque un rictus moqueur, elle sourit. Mais elle ment, la colère s'échappe de ses lèvres, sa haine est toujours là. Petite donneuse de leçon qui ne les comprend même pas. Petite abrutie. Elle ne le croit pas quand il dit que les Beorcs ont un cœur aussi, ou qu'ils savent s'en servir. Putain de raciste, putain de Laguz dégénérée du bulbe. Les hybrides sont parfaits peut-être ? Ils ne commettent jamais d'erreurs, en particulier à cause de leurs émotions ?
La colère du voyageur descend d'un cran, Maë ouvre enfin le secret de son histoire. Sale histoire, il n'a pas dit que les Beorcs étaient tous des saints. La haine ne naît jamais du néant. Kerorian n'apprécie pas qu'elle reparle de ce "cœur", c'est stupide, trop vague. Elle se perd elle-même, stupide oiseau. Elle a raison, mais pas entièrement. Elle se cache les yeux toute seule, à les haïr. Pauvre petite Maë, malchanceuse petite Maë...et poisseux petit Redeye, chaque fois que tu crois un corbeau il t'arrive des tuiles. Encore un piaf et tu pourras refaire le plafond d'une église...

Maë s'emporte encore un peu, décollant un peu du sol...mais quelque chose ne va pas. Ses esprits s'alarment, il est entouré de quelque chose. Une magie peut-être, ça ne va pas du tout ! Il commence à décoller du sol, la sensation lui déplaît royalement. Le géant n'aime pas quitter le plancher des vaches, il tend la main son épée. Il a plus qu'assez d'allonge pour emplâtrer ce pigeon et mettre fin à toute cette connerie. Kerorian s'abstint de continuer son geste, Maë est une aveugle. Quoiqu'elle puisse dire, il y aura une part de vrai, une part de faux, et des incertitudes. Le Rôdeur s'efforce de contrôler son aérien malaise, ainsi que la fureur qui commence à bouillonner. Il ne doit pas céder, pas encore. Il a été faible à Esberg, il en a perdu sa famille. Il a crié sur Maë, et voilà qu'elle lui crie dessus à son tour. Il doit résister, il doit être fort. Elle n'est pas son ennemie, elle est une victime. Elle a besoin de lui. Kerorian doit l'aider.

Il reste de glace alors que le ton monte, masquant de plus en plus son cœur derrière un visage de pierre à mesure que la Laguz s'emporte. Elle l'insulte presque, elle crie, hurle. La corbeau à tort. Ils se sont battus, elle le sait, elle le reconnait même. Et pourtant elle insiste encore. Absurde. Les haines sont à part égales, les Laguz ne se sont certainement pas privé de briser les humains à leur époque. Maë dit vrai, ils ont peur. Peur de la différence, peur des autres. Et c'est de la peur que naît la haine. Mais il existe aussi la compréhension, le courage. La peur n'est pas absolue, il y a des Beorcs qui acceptent les Laguz, et des Laguz qui acceptent les Beorcs. Pourquoi n'y penses t-elle pas ?
Le faciès de glace se fissure lorsqu'elle parle des Marqués. La colère l'envahit. Le géant n'en croit pas ses oreilles, une Laguz est en train de l'accuser de la discrimination des marqués ? Alors que c'est SON peuple qui peut les reconnaître au premier coup d’œil ? Et que comme eux ils ne se privent pas de les massacrer et de les bannir ? Le Rôdeur s'écrase par terre lorsque les plumes le relâchent brutalement. Il reste au sol, s'efforçant de garder sa maîtrise. Les Laguz ont l'air de bêtes car ils sont méconnus. Tout comme à leurs yeux, elle le prouve en ce moment même, les Beorcs sont de sinistres connards.

Il sait déjà que ce que lui diront les autres. Il les a déjà entendu, le voyageur à déjà entendu...vécu tellement de choses. Mais c'est là le discours d'une pauvrette, d'une lâche qui se prend pour une martyr. C'était là le discours qu'il aurait lui-même tenu il y a...moins d'une heure. Croit-elle que seuls les Laguz souffrent ? Pauvre imbécile...
Un macabre sourire étire ses lèvres desséchées lorsqu'elle reparle du cœur de son peuple. Quel pénible refrain... Le colosse se relève lentement. Aurait-elle été violée si elle avait été comme lui ? Certainement pas, quelle faute de goût ç'aurait été que de vouloir prendre une femme qui lui ressemble. Et si elle n'avait pas eu d'ailes, de griffes ou quoi que ce soit ? La réponse est oui. La haine est plus marquante entre espèces, mais elle existe aussi au sein d'un même peuple. Les frères s'entretuent, les amis deviennent subitement ennemis. Perdant ce noir sourire, Kerorian aurait été prêt à parier qu'il y avait bien plus d'humaines que de Laguz qui se faisaient violer.
Elle reparle de son passé, de son enfance. Une bête de foire hein, ça il pouvait le comprendre. Enfin, elle redevint lucide, elle comprend enfin que leur débat ne les concernait pas eux, mais deux peuples. Et la haine existe, elle a toujours existé et ne disparaîtra sans doute qu'avec leurs deux races. C'est un fait. Mais une vie, c'est long. Les sentiments, et les traditions le sont encore plus. Il y a même pas quinze ans, les Laguz étaient des esclaves et des parias. Aujourd'hui, de nombreux Beorcs les considèrent comme des frères. Et inutile de se demander pourquoi il y a une recrudescence de Marqués depuis les exploits des Mercenaires de Greil...

Subitement elle s'écroule, le Rôdeur fait un pas en avant par réflexe, craignant qu'elle n'ait fait un malaise, mais n'arrive pas à réagir pour la rattraper. Il ouvre la bouche et commence à tendre la main pour l'aider, mais s'arrête en la voyant pleurer. Il ne doit pas la blâmer car elle est malheureuse. Elle a suffisamment souffert, peu importe que ce soit comme un Beorc ou comme un Laguz, elle et lui sont tous deux des êtres vivants. C'est déjà bien assez.


« Plus personne n’a foi en plus personne. Je n’ai plus foi en personne. Tu n’en es pas la cause, tu prends juste tout dans la tête. A tort, je le sais. Et j’en suis désolée. »

Cela suffit à achever sa colère. Kerorian soupire, il lui en voulait de tenir des propos pareils sans même réaliser ce qu'elle disait. Mais elle a mal, tellement mal qu'elle en a sombré. Il connait ça. Ses excuses font retomber la tension, elle avait besoin d'évacuer ce qu'elle avait...sur le cœur.

« La Haine nous dévore tous, vous comme nous. Nous sommes ses enfants. Elle s’amuse de nos querelles. Nous sommes faibles. »

Le Rôdeur n'arrive qu'à soupirer. Elle dit enfin ce qu'il attendait d'elle, quelque chose de juste et d'équitable. Hélas. Il porte son regard unique sur elle lorsqu'elle se met à rire. Cette fois il ne s'énerve pas. Il comprend mieux. Elle se cache derrière le rire, c'est ainsi qu'elle se bat contre ses démons. Il ne s'attendait pas cependant à ce qu'elle s'effondre subitement sur lui. Mal à l'aise, le jeune homme finit par passer doucement ses bras autour de la Laguz. Très doucement, elle est frêle, et elle a beau être une Laguz Kerorian ne doutait pas de pouvoir la casser en deux aussi facilement qu'une allumette.
Il avait de la peine pour elle, tellement de peine. Maë était vraiment malheureuse, et elle était surtout vraiment seule. Le vagabond s'efforça de lui frotter un peu le dos, sans même savoir s'il y arrivait vraiment puisqu'il n'osait pas appuyer son gantelet de plates sur la chair fragile de la corbeau. Elle avait dit beaucoup de choses intéressantes, beaucoup de choses vraies aussi, en dépit de sa crise aveugle.


"C'est vrai...Beorcs ou Laguz, nous avons la même origine, le même destin. Les mêmes faiblesses..."

Peu importait les histoires, les rumeurs, les récits. Il refusait de croire en la déesse. C'était trop...aberrant, un être surpuissant bienveillant qui les laisse pourtant mourir et pire encore : Qui essaye de les tuer ? Quelle blague. Mais même les légendes s'accordaient à trouver une histoire commune aux deux races de Tellius. Les brumes du temps lui donnaient le sentiment qu'il y avait au moins une part de vérité dans tout ça... Il se pencha un peu pour attraper avec précaution la malheureuse pour la soulever et la déposer un peu plus loin, avant de retirer l'un de ses gantelets.

"Nous sommes tous faibles. Nous connaissons la douleur et la haine de la même façon. Du plus pauvre paysan au plus noble des rois, du plus jeune chaton de Galia jusqu'à vos seigneurs les plus puissants, nous sommes tous...vivants. C'est ce qui nous rend faible."

Ils sont tous venus au monde de la même façon, et ils le quitteront tous un jour ou l'autre. Lui le savait, et l'acceptait, même si ces derniers temps il l'avait oublié...

"C'est pour ça que nous sommes faits pour nous aider. J'ai beau être costaud, je n'aurais jamais la force d'un Tigre, mais même le plus valeureux des Tigres ne résistera pas si je le touche de ma lame. C'est pourquoi nous devons nous compléter plutôt que nous séparer."

C'est ce qui s'était passé après la guerre. Aujourd'hui encore, les crimes interraciaux existent. L'esclavage est devenu illégal, mais il subsiste encore, tant sur les hommes que les hybrides. Pourtant les alliances ont été créées, les fauves mirent leur force pour monter les bâtiments que les beorcs avaient imaginé. Kerorian posa son énorme main nue sur l'épaule de la corbeau, doucement.

"Il y a toujours eu du bon et du mauvais, partout, et en chacun de nous. Les choses ont changé il y a trop peu de temps pour que le monde soit déjà prêt à vivre dans une relative paix. Pourtant le destin est en marche ! Regarde à criméa, il y aura forcément des gens qui vous jetteront encore des regards noirs, mais de plus en plus de Laguz y circulent, et même y vivent !"

Une impression de déjà vu l'envahit. Le grand rouquin offrit un sourire aussi doux que possible à la Laguz, il se rapproche un peu d'elle. Elle est jolie, et si malheureuse. Liyu était juste pauvre. Définitivement pas son genre...il pensera à tabasser Drake la prochaine fois qu'il le verra, mais pas à le tuer. Comme pour leurs espèces, ça ne servait à rien de tuer inutilement. Comment avait-il pu oublier cette leçon...

"Il faut garder espoir Maë, et chercher les bonnes personnes. Tous les Beorcs ne sont pas forcément mauvais de la même façon que tous les Laguz ne sont pas forcément bons. Il faut trouver ceux qui sont prêts à changer les choses, à accepter, à ne plus avoir peur et croire en eux. Tu parlais des marqués tout à l'heure, ne sont-ils eux-même la preuve que nous pouvons vivre ensemble ? Que nous pouvons non seulement arrêter de nous haïr, mais en plus de nous aimer ?"

Peut-être était-ce là leur avenir, disparaître avec les siècles pour devenir des Marqués, tous. Ainsi il n'y aura plus de races, plus de différence. Seulement un peuple...unique... La lueur de son œil s'assombrit, son esprit s'embruma un instant. Ashnard, ce roi fou avait tenté quelque chose d'énorme. Ça pouvait être une idée, forcer le changement, envahir les vies de tout le continent pour créer de force une race unique...
Un tournis. Il passa. Le guerrier sourit à la corbeau. Cela adviendrait si ça doit être. En attendant, il était de son devoir d'aider cette pauvre femme, ainsi que tous les autres à aspirer à la paix. Il pouvait le faire, sa vie aurait un sens. La folie le guettait, il le savait. Il entendait...ces voix. Sa voix. Sa propre voix qui ne lui appartenait pas.
Il doutait d'avoir un jour sa place quelque part, avec qui que ce soit. Mais il respirait, il était fort. Et il serait sage. Sa folie l'aiderait, après tout. Il faut bien être un peu dingue pour aller se faire taper dessus par tout le continent à la fois. Un élan d'affection le rapprocha encore un peu de la petite Maë, malheureuse petite Maë, un vertige le gagna lorsque ses cheveux de sang effleurèrent le visage de la Laguz. Il hésita, un instant. Puis embrassa la corbeau sur le front. Un instant il avait imaginé l'emmener avec lui, la garder pour lui, mais il doutait. Kerorian appréciait la malheureuse, mais il ne ferait pas la même erreur qu'avec la barde. Le Rôdeur avait bien l'intention de démêler ses sentiments.


"Il faut y croire Maë, et briser ce cycle de violence."

Cela avait quelque chose d'ironique qui le fit à nouveau sourire. Cela n'en était pas moins son intention. Maë pouvait se ressaisir, elle aussi avait peur. Peur de souffrir, mais il ne fallait pas qu'elle reste seule, car ni les Beorcs, ni les Laguz ne sont faits pour vivre seuls. Une souffrance partagée se supporte mieux, la peur s'affronte plus facilement lorsque l'on a un ami, un frère à nos côtés. Seuls, que ce soit lui, elle, ou même les rois, ils ne pourront rien faire. C'est tous ensemble qu'ils changeront les choses, désormais il en était convaincu.




"Il y a...des ombres...dans ma tête..."
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MessageSujet: Re: Les routes ne sont pas sûres [PV : Maëlly] [Terminé]   Mar 30 Déc - 15:12

Acte III ~ Scène 1 : La Guerre.


Tu te crispes. Les caresses sur ta peau font remonter de longs frissons tout au long de ton échine. Beaucoup se diraient que c’est agréable, mais cette sensation te déplaît. Le contact humain, cela fait bien longtemps que tu n’en as pas eu et surtout, bien longtemps que tu n’en as pas voulu. Seul Louka avait pu te toucher sans te perturber. Là … Tu ne comprends pas, tu ne parviens pas à te détendre. Son discours idéaliste te convient parfaitement et il va totalement dans ton sens, pourtant … Tu préférerais que les gestes n’aillent pas avec les paroles. Tu tentes de te débarrasser de ton mal-être tant bien que mal.

« Je suis déjà à la recherche de ces personnes, depuis un moment maintenant … J’en avais trouvé une … »

Oui, tu l’avais trouvé. Ton ange à toi, ton Prince, celui pour qui tu aurais pu t’arracher le cœur. Tu avais trouvé ton exception, la personne, l’unique. Mais il est parti, maintenant. Tu ne sais pas où, ni pourquoi, mais il n’est plus là. Depuis, tu cherches à nouveau, mais tu as oublié l’idée de trouver quelqu’un comme Louka. Il y a des gens biens, ici, des gens bons. Tu le sais. Toutefois, tu sais aussi que tu ne trouveras jamais personne de précisément comme lui. Tout le monde est unique, tu ne le sais que trop bien.

Nouveau contact, nouvelles paroles d’espoir. Tu te crispes à nouveau. Tu te relèves, maladroite, hochant lentement la tête. « J’y crois déjà. » Mais est-ce que les croyances sont suffisantes ? Peut-être que l’exemple des mercenaires de Greil peut donner de l’espoir à ce niveau, mais tu hésites. Certes, ils ont été capables de tout changer, mais cela est-il toujours possible ? La Haine s’est enracinée dans le cœur des Hommes, depuis. Ils n’ont jamais arrêté de s’entretuer, jamais. Tout s’est propagé, tout a grandi. Et l’espoir, lui ? A-t-il augmenté ? Tu penches la tête, tu hésites. Un homme seul ne peut sauver un monde. Surtout si le monde ne veut pas être sauvé.

« L’espoir doit grandir. Devenir plus fort. »

Mais il y a un autre problème : Les fratricides sont aussi nombreux que les crimes interraciaux. Ils se détestent eux-mêmes, que ce soient les Marqués, les Beorcs, mais aussi les Laguz. Avant de s’entraider, les gens devraient d’abord commencer à s’aimer, comme le disait Kerorian. Ces faibles qui espèrent ne sont que des brindilles face à la tempête. Même si les Marqués sont les enfants de l’espoir, sont-ils capables d’espérer eux-mêmes ? Beaucoup de Laguz sont malheureux d’avoir mis au monde ces créatures, au fond … La plupart les rejettent, montrant qu’ils ne sont pas vraiment le fruit d’un amour, mais celui d’un accident.

« Avant toute chose, il faut que les Hommes, entre eux, s’aiment. Ils pourront espérer autant qu’ils le voudront, comment peuvent-ils changer les choses s’ils ne s’acceptent même pas entre eux ? Espérer la paix est un début, arrêter de voir par le fratricide en est une autre. »

Ce monde n’a plus aucune tolérance, untel est détestable parce qu’il a des ailes, un autre parce qu’il a épousé un dragon, etc. Le cycle perdure, personne n’a voulu l’arrêter. Changer le monde est une idée, un espoir comme un autre. Réussir, c’est bien plus compliqué. Tu soupires. Cette conversation va finir par tourner en rond : beaucoup veulent que ça change, mais au sein-même de leur cœur, il existe de nombreuses divergences. Kerorian en est l’exemple parfait. Il cherche à améliorer ce monde, mais lui-même est poussé par un profond désir de vengeance : il commettra probablement un fratricide, lui aussi. C’est amusant, n’est-ce pas ?

« Notre monde est plein de gigantesques paradoxes … Beaucoup prient pour le salut de la société, alors qu’ils veulent eux-mêmes tuer des gens de leur propre race. » Tu t’approches de l’eau, songeuse. « Je pense que les meurtres, en eux-mêmes, ne s’arrêteront jamais. L’Homme a toujours tué, il a toujours blessé ; le racisme peut juste être tari. Mais la guerre est une part importante de notre Histoire. La guerre ainsi que la haine. Les choses peuvent être changées. Il existe des élus. Mais la paix universelle n’existe pas, elle n’a même jamais existé. »

Pessimiste. Tu es profondément pessimiste. Malheureusement, tu n’arrives pas à voir le bon côté des choses. Tu espères que ça s’améliorera, tu l’espères de tout ton petit cœur de corbeau ; pourtant, tu n’es pas dupe : le changement prendra une éternité à s’appliquer. Ou alors il ne s’appliquera jamais. Tu hésites. Tu as besoin d’y réfléchir.

« Il faut attendre. Seul le temps nous dira si cet idéal vaut la peine d’être suivi. »

Le temps, toujours le temps. Il est maître de tout et de tout le monde. Tu soupires derechef, avant de te tourner vers Kerorian et lui adresser un gentil sourire.

« Poursuis ta voie. Nous nous reverrons. J’espère que le temps aura fait son travail, d’ici-là. »

Tu bats doucement des ailes pour te surélever, avant de recouvrir ta forme de corbeau. Tu hoches doucement la tête en croassant, puis tu t’élances vers de nouvelles routes. Quelle étrange rencontre … Mais une rencontre plutôt intéressante, pleine de surprises. Ton cœur pèse moins lourd dans ta poitrine. Ta peine est présente, mais beaucoup moins puissante. Tu te sens mieux. Libre ? Peut-être aussi. Mais ton périple ne s’arrête pas ici, Maë … Tu as encore tellement de choses à faire …



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MessageSujet: Re: Les routes ne sont pas sûres [PV : Maëlly] [Terminé]   Mer 31 Déc - 17:26

Maë confia qu'elle était déjà à la recherche de ces êtres fiables, de ces gens assez braves ou assez fous pour défier les habitudes et les traditions, et qu'elle en avait même déjà trouvé un. Un instant Le Rôdeur se demanda ce qu'était advenue de cette personne, mais en voyant la Laguz seule, il préféra ne pas en demander plus. Kerorian avait déjà suffisamment dérangé la corbeau pour aujourd'hui. Elle ne manqua pas ensuite d'aller en son sens, comme il s'y attendait. Ce n'était pas une perspective très réjouissante, mais elle n'était pas impossible, surtout si de plus en plus de gens se mettaient à penser comme eux.

Elle évoqua les paradoxes de la société, que l'on souhaitait la paix tout en aiguisant ses armes, que l'on faisait de belles promesses et de charmants discours en dissimulant des poignards pour ses frères. Ce n'était bien sûr pas ses mots, mais l'idée s'imposait clairement dans l'esprit du guerrier qui songea que sa franchise et sa détermination pouvait être une marche de plus dans le grand escalier qui menait à un monde meilleur, mais qu'il y aurait toujours des salauds qui voudraient détruire ce qu'ils essayaient de construire, des traîtres, des lâches ou des êtres corrompus qui non seulement ne voudraient rien entendre, mais feraient tout pour ruiner leurs efforts. L'idée du poignard dans les ombres lui plaisait, et le vagabond damné se dit qu'il pouvait être le héros et le monstre d'une nouvelle époque. Le jour, une noble figure, pleine de compassion et de sagesse, un modèle qui inspirerait les perdus et les malheureux. Mais la nuit, il sera la Mort. Le silence éternel qui s'abat, la terreur qui étouffe les criminels. Autrefois, cette pensée l'aurait écœuré. Mais il avait grandi, le voyageur savait désormais différencier une utopie d'un rêve, et un acte héroïque d'un coup efficace. Ses belles paroles pouvaient certes changer les gens, mais si quelqu'un s'y opposait cela prendrait du temps. Beaucoup de temps. Tandis que si les esprits intégraient rapidement que contester l'égalité et la paix entre leurs races signifiait une mort horrible et une souffrance éternelle, il était fort probable que le message passe un peu plus rapidement.
Il salivait déjà de ce destin.

Kerorian retrouva ses esprits lorsqu'il entendit la petite Maë parler d'une paix universelle qui n'existera jamais. Il lui sourit tristement. Brave petite Maë, bien sûr qu'il y aura toujours des cas isolés, un esprit rebelle ou un fou furieux, des familles de coincés ou des indisciplinés, ils ne pouvaient contrôler et changer le monde entier. Mais ils pouvaient déjà affecter le plus grand nombre, et si une poignée de malheureux continueraient à créer des problèmes, quelle importance leur accorder si le reste du continent vit dans ne serait-ce qu'une relative harmonie et acceptation ?
Enfin, elle lui parla du temps. Seul et unique juge du destin. Ce même temps que Kerorian n'avait pas su prendre pour réfléchir, et pour parler avec les siens. Il en avait payé le prix fort, son œil mort n'étant que la petite monnaie de son erreur...


« Poursuis ta voie. Nous nous reverrons. J’espère que le temps aura fait son travail, d’ici-là. »

Le Rôdeur sourit à la petite Maë, gentille petite Maë alors qu'elle commençait à battre des ailes, reprenant de l'altitude en se changeant peu à peu. Il leva sa main nue pour la saluer.

"Adieu Maë, prends garde à toi !"

Il regarda s'éloigner le grand oiseau, puis remit son gant avant de reprendre lui aussi son chemin, repassant dans son esprit les dernières paroles de sa nouvelle camarade. Poursuivre sa voie hein ? Un sourire mauvais naquit sur les lèvres pâles du guerrier, le monde est moche. Il est rempli d'abrutis, de lâches, de traîtres et de brutes. La corruption ronge chacun de ses habitants, que ce soit par la magie, l'argent ou la haine. Il serait bien plus rentable de passer tout ce petit monde au fil de l'épée, mais bien moins amusant également. Le géant jeta un œil dans la direction empruntée par la corbeau. Il sourit.
Sa voie serait celle de l'Aube et du Crépuscule. Deux cycles de vie, deux extrêmes. Deux visages. Celui de la bienveillance et du respect et celui de la haine dirigée et de la violence. Il allait se battre et tuer pour la paix, et ainsi satisfaire ses propres désirs. La petite Maë avait raison, pourquoi renier ses pulsions ? Il pouvait très bien dire aux gens de s'aimer les uns les autres, et dévorer quelques âmes perdues pour appuyer ses mots.

Le vagabond commença à ricaner, il n'avait pas à fuir, ni à obéir. Il était puissant, et il sentait que sa force ne cesserait pas de croître. Cela lui plaisait. Ce n'est pas un Beorc, ou Laguz, et certainement pas sa "famille" qui lui barrerait la route. Sa vie était peut-être un peu, et il comptait bien en décider lui-même des règles.
L'avenir s'annonçait intéressant...




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Les routes ne sont pas sûres [PV : Maëlly] [Terminé]

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