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 Un goût de liberté (PV. Personne)

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Jaffar
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Localisation : Tu ne le sais pas mais je suis tout près de toi...
Autre Indication : Ze true dark evil assassin classe qui parle pas !
Groupe : Beorcs

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MessageSujet: Un goût de liberté (PV. Personne)   Lun 30 Juin - 18:40

Calme. Maîtrise. Deux concepts qui le guidaient. Deux concepts qui l’avaient conduits à l’accomplissement des pires tâches, à obéir à un être qui menaçait désormais tout ce qu’il possédait de plus cher. Ce soir, ses chaines de fer tomberaient, remplacées par une laisse plus confortable certes mais au moins le goût de la liberté serait-il plus fort. Cette nuit, il renaîtrait.

Sa main surgit des ombres, étouffant le cri de l’homme. Attirant le crâne casqué vers l’arrière, il appliqua sa lame sur le cou blanc. En un glissement silencieux, il trancha le fil de vie de l’homme, ne laissant derrière lui qu’un cadavre gargouillant et barbouillé de sang. Son compagnon le suivit prestement dans la tombe alors que d’une danse habile, l’ange noir le privait d'abord de sa main d’épée puis de sa vie. Ses crocs regagnèrent leur fourreau en un chuintement tandis qu’il réceptionnait le corps caparaçonné avant de le déposer délicatement sur le pavé. C’était presque trop facile.

A la différence cependant de la première demeure de la famille Dickens qu’il avait infiltré autrefois, celle-ci était bel et bien gardée. Beaucoup trop pour n’être que la demeure d’un noble un peu paranoïaque. Les informations de la Dame Noire se vérifiaient les unes après les autres, si tout continuait ainsi alors il faudrait une petite demi-heure à la relève pour trouver les cadavres. D’ici là, le loquet de l’imposante porte de bois lui aurait depuis longtemps cédé.


***

La nuit, encore. Il avait toujours apprécié les opérations nocturnes. Le silence qui régnait à ces heures véhiculait les sons avec une précision effroyable. Il en avait souvent joué pour tromper l’ennemi, pour repérer une patrouille. Les ténèbres l’avaient toujours protégé, dissimulé… Mais dans les cachots de Kleigh, le silence était saturé des sons de ses cris et, aussi noir qu’il fasse, les lames du bourreau difforme avaient toujours su trouver le chemin à travers sa chair.

- Vous… Vous vouliez me voir mon seigneur ?

La silhouette voutée du geôlier se profilait à l’entrée de la ruelle et le Croc pourpre ne put s’empêcher de savourer la note d’hésitation qu’il percevait dans sa voix. La créature ne devait pas avoir l’habitude d’être convoquée en dehors de ses terres, d’autant plus sur un ordre direct émanant du Maître… Ou du moins le croyait-il.
- Je… je suis venu selon vos exigences Maître… Seul… Dans une ruelle sordide… Où… Où êtes-vous ?

L’odeur de la peur émanant de sa proie lui inspira un cruel frisson de plaisir, découvrant un sourire sinistre tandis qu’il sortait du recoin dans lequel son habit noir le dissimulait. Le claquement de ses bottes sur le pavé, la brise légère passant dans ses cheveux roux, les tiraillements encore douloureux de ses chairs meurtries… Tout cela constituait son monde, une ambiance unique au goût doux amère. Et, au paroxysme de cette nuit, il gouterait le sang de son bourreau. Si le Croc pourpre s’était vu en cet instant, il n’aurait pas reconnu le meurtrier qui s’avançait désormais vers sa cible.
- Bonsoir Kleigh.

Sa voix inhumaine attira l’attention de la créature sur lui. Et chaque seconde de cet air horrifié sur son visage boursoufflé étira le sourire cruel de son visage balafré. Jamais le chant de ses lames ne lui avait semblé aussi doucereux.

***

Le premier homme s’effondra tandis que les deux autres chargeaient en braillant. Peu importe, il n’était plus qu’à quelques mètres de son objectif. Enjambant son troisième cadavre de la soirée, le Croc pourpre s’avança vers les mercenaires. Une lame siffla dans le vide alors qu’il glissait à travers les ombres. Le nez de l’attaquant explosa bruyamment sous l’impact de son coude alors que sa dague déviait l’attaque du seconde. Se baissant, l’assassin trancha le jarret à sa portée, l’homme chutant en un cri auquel le tueur mit fin d’un geste presque nonchalant. Poursuivant son chemin dans le couloir, le Fang entendit l’homme au nez brisé tenter de se relever. Le fou aurait dû rester à terre. D’un geste souple, il dégaina de nouveau et propulsa ses lames dans l’obscurité, droit vers la source des grognements étouffés. Un claquement sec suivit d’un faible gargouillis lui indiqua que malgré ses blessures, il restait d’une précision redoutable.

Ce n’était qu’une demi-vérité en réalité… Son premier lancer s’était fiché dans l’épaule du blessé et ce n’était que la deuxième dague qui avait mis fin à son calvaire en l’atteignant au visage. Son corps et son entraînement lui avaient permis de survivre et de se remettre de ses blessures, mais elles aimaient encore se rappeler à son bon souvenir autrement que par leur apparence repoussante. Extirpant les lames empoisonnées de leur fourreau de chair, le Fang s’approcha de la porte massive derrière laquelle devait se trouver l’étude du maître des lieux, là où devaient se trouver les documents qu’il recherchait.

Verrouillée naturellement… Mais pas barrée. Erreur de débutant. En un clac sonore, son crochet lui fournit l’accès aux lieux.

- Ne bougez plus !

Une flambée réconfortante crépitait dans l’âtre de la pièce, agrandissant les ombres du visage effrayé de Lionnel Chantaud. D’une main tremblante il pointait un pistolet à un coup sur l’homme envoyé pour le tuer. De l’autre, il tenait une liasse de documents dont certains flambaient déjà dans la cheminée. L’homme devait être sur le qui-vive depuis un certain temps pour faire montre d’une telle promptitude. Ignorant son interjection, le Croc Pourpre s’avança dans la pièce et se retourna le temps de verrouiller la pièce derrière lui. Les portes étaient épaisses, sans double les gardes ne pourraient jamais les enfoncer à temps. Chantaud poussa un couinement de détresse lorsque la clé tourna dans la serrure et l’assassin le sentit fondre sur place lorsque son regard borgne se posa sur lui.
- Lionnel Chantaud, le Black Fang vous transmet ses salutations.

La magie agissant sur ses cordes vocales transformait sa tonalité habituellement grave en voix d’outre-tombe. Avec les ombres que projetaient les flammes, la scène devenait surréaliste.
- S… Salutations m… mon œil oui ! Vous avez tué mes hommes !

Le pistolet tremblait de plus en plus.
- Ce sont eux qui m’ont attaqué les premiers. Auriez-vous préféré qu’un envoyé de vos bienfaiteurs se fasse massacrer sous vos murs ?
- Comment osez-vous vous appeler ainsi !

Le regard que lui adressa le Croc Pourpre rappella bien vite au nobliau à qui il avait affaire et il changea instantanément de ton. Jaffar en profita pour faire deux pas dans sa direction.
- De…. Depuis que nous sommes en affaires, tout va mal… j’ai de l’argent, ça oui… il me l’avait promis… mais cela devient de plus en plus… dif…dif…

Sa voix mourut lorsqu’il se rendit compte que l’assassin s’était encore rapproché et il raffermit sa poigne sur l’arme.
- Reculez !!! Reculez j’ai dis !!!

Jaffar n’en fit rien.
- Il y a quelque chose que vous devez savoir, Monsieur Chantaud. Travailler pour le Black Fang et la Dame Noire n’est jamais chose aisée…
- La dame noire ? Qui…
- Mais travailler pour cet homme est aujourd’hui considéré comme une trahison !

Et d’un geste bien trop vif pour le pauvre homme, le Croc pourpre lui arracha son arme. Il ne s’attendait cependant pas à ce que sa proie se débatte et il fut emporté lorsque le nobliau lui fonça dedans en criant. D’un coup de genou le Fang se dégagea mais l’arme lui avait échappée. En une seconde il fut debout pour se retrouver nez à nez avec la rapière de sa victime.
- Vous n’auriez jamais dû me menacer.

Sa posture et sa poigne trahissait son entraînement à l’art de l’escrime mais l’arme en elle-même était bien trop propre pour avoir jamais servi à un vrai combat. Un sourire narquois orna les lèvres du rouquin.
- Plus vous vous débattrez, plus ce sera douloureux.
- Silence !

Le noble se fendit mais l’attaque était prévisible et l’assassin n’eut qu’à faire un pas de côté pour esquiver. D’un large geste son adversaire tenta de le découper mais un petit saut vers l’arrière le mit en sécurité. Le noble tenta une feinte, deux contre-pieds et une partie des enchainements classiques d’un duel à l’escrime mais rien n’y faisait. Il manquait d’un style qui lui était propre et ne faisait qu’appliquer bêtement ses leçons. Parfois sa lame écorchait la peau du tueur en face, mais qu’était une petite cicatrice maintenant pour Jaffar désormais. Ces petites piqûres ne faisaient qu’augmenter sa hâte que cette farce ridicule ne s’achève !

Prenant son adversaire à contre-temps, le Croc pourpre pénétra sa garde, ses mains tièdes s’emparant du bras tendu en une attaque désespérées. Un geste sec suivi d’un craquement sinistre et le silence fut transpercé de la plainte terrifiée du maître des lieux. La lame trop propre s’écrasa en un fracas discordant au sol alors que Chantaud enserrait son bras brisé et s’écroulait au sol. Les yeux emplis de larmes et la morve au nez, il tenta de balbutier quelques mots mais l’ange noir ne lui en laissa pas le temps. Sa lame regagna son fourreau alors que sa victime s’écroulait, la gorge fendue proprement en un sourire macabre dont s’écoulait un flot régulier de sang. Laissant le nobliau éponger sa propre crasse, le Croc Pourpre se mit à ramasser les documents désormais éparpillés aux quatre coins de la salle, son œil unique parcourant lentement mais surement les informations qu’ils recelaient.

Ces dernières semaines, le travail combiné de la Dame Noire et de Nino lui avait fait réaliser de véritables prouesses dans le domaine de ses études. Bien sûr il avait d’abord fallu convaincre la jeune magicienne du bien-fondé de ce partenariat. Jaffar savait qu’elle lui en voulait toujours de ne pas s’en être tenue à sa parole et les choses entre eux avaient pour le moins été tendues. La transformation de sa voix et l’existence d’un lien magique entre la Dame et l’assassin n’avait en rien arrangé les choses et il avait fallu du temps avant que la petite magicienne n’accepte de recommencer à simplement lui parler. Toutefois l’orgueil de la demoiselle était trop important pour qu’elle accepte de laisser la chevalière s’occuper seule de l’apprentissage des arts de la lecture, du calcul et de la magie du Croc Pourpre. Contrairement à Nino, la Dame Noire n’était d’ailleurs ni tendre ni patiente avec son élève mais ses méthodes étaient efficaces et complétaient les quelques lacunes que pouvaient présenter celles de Nino. Malgré donc ses quelques déboires amoureux, le Croc pourpre était désormais capable de lire et écrire convenablement. Le calcul lui posait quelques problèmes mais il s’était jeté avec voracité sur l’apprentissage de la maîtrise de son lien avec la Dame Noire. Bien qu’utile, ce dernier pouvait également représenter une faiblesse bien trop exploitable par la femme en armure et il ne pouvait se permettre d’être aussi démuni face à elle qu’il l’avait été avec le Maître. Son gros avantage résidait dans sa mémoire exceptionnelle. Jaffar n’avait pas besoin de notes pour se souvenir précisément d’un nombre relativement impressionnant de détails et cela présentait un avantage redoutable dans son métier. Celui de ne laisser aucune trace. Lorsque chaque détail des opérations esclavagistes de Chantaud fut inscrit dans sa mémoire, le Croc pourpre jeta purement et simplement les documents dans les braises encore chaudes, laissant les preuves disparaître comme le maitre des lieux l’avait souhaité.

Il s’apprêtait à repartir comme il était venu lorsque la porte de l’étude vola en éclat, laissant le passage à un énorme loup et à…

- Yue…

Les yeux rouges de l’albinos croisèrent son regard et il sut qu’elle l’avait reconnue. Que faisait-elle là ?! La Dame Noire était-elle au courant que la jeune femme avait quitté Hatary ? Et pourquoi dans ce cas ne l’avait–elle pas prévenu ? Ses questions restèrent sans réponses alors que l’archère détalait, l’imposant Laguz à ses côtés se précipitant dans la pièce. Il n’avait pas le temps de jouer avec la bête. Il savait que Chantaud faisait partie de l’entourage de la protégée de son ancienne amie. Mais contrairement aux parents de la gamine, ce dernier méritait son sort ! Allait-il laisser la même scène se reproduire ?

Esquivant la bête qui se précipitait vers lui, le Croc pourpre fila sans demander son reste. A sa grande surprise, la bête ne le poursuivit pas. Tant mieux ! Il aurait déjà fort à faire s’ils devaient en venir aux mains avec la jeune femme. Tout en fonçant dans les couloirs où régnait son œuvre, il ne put s’empêcher d’essayer de comprendre ce qui motivait la présence de l’archère. Elle avait dû faire le voyage directement depuis Hatary au vu de la chose qui l’accompagnait. Mais pourquoi ? Etait-elle au courant pour le trafic d’esclaves ? Dans ce cas, leurs objectifs concordaient pour une fois.

Déboulant sur les remparts de la bâtisse, l’assassin se projeta sur l’un des créneaux, englobant la ville nocturne du regard. Là, sur les toits, courrait une chevelure blanche pareille à une étoile filante.

- Yue !

Sa nouvelle voix portait également plus loin mais il savait qu’elle ne s’arrêterait pas. Il prit son élan pour bondir à son tour. L’archère avait un avantage physique indéniable, mais la ville était son élément. Il pouvait le faire.
- Je ne ferai pas ça si j’étais vous Croc pourpre.

Sur le point de sauter, l’assassin s’immobilisa pour contempler la silhouette encapée qui se tenait adossée dans le recoin de la porte qu’il venait d’ouvrir. Le ton comme la voix étaient tous deux aussi doux qu’insensible. Complètement masqué, l’homme –ou peut-être était-ce une femme- quitta son poste d’observation pour s’avancer sur le rempart, un peu plus au vu et su du rouquin. Ce dernier le toisa d’un regard méprisant qui ne sembla pas du tout affecter le tas de tissu lui faisant face.
- C’est donc ça que la Dame Noire utilise pour la surveiller ? Un tas de linge sale ?
- Tant d’aggressivité ! Vous devriez plutôt me remercier. Je viens de vous épargner une course poursuite des plus éreintantes, qui ne se serait probablement pas terminée de la meilleure des manières pour vous qui plus est.
- Votre préoccupation est touchante mais croyez-moi, j’ai survécu à pire.
- Oh je n’en doute pas ! Avec l’avance qu’elle a cependant, il serait dommage que je vous laisse risquer de compromettre vos relations avec la Dame Noire pour rien.

Un simple regard à l’horizon suffit au Croc Pourpre pour se rendre compte que la jeune albinos avait en effet disparue. Sans parvenir à dissimuler sa frustration, il se retourna vers l’envoyé de la Dame.
- Comment allez-vous faire pour parvenir à la rattraper vous-même alors ?
- Oh pour l’heure notre chère fleur sauvage doit retourner dans son petit désert, bien à l’abri de votre ancien Maître et surtout loin, très loin de vous.

L’œillade noire que lui lança son interlocuteur ne le perturba pas plus que cela. Le Croc Pourpre faisait désormais les cent pas en ruminant comme un lion en cage.
- Vous devriez y aller maintenant. Le sort de Yue n’est plus entre vos mains désormais. Et ne vous inquiétez pas… je m’occuperai d’elle.

Les lames du Croc Pourpre furent tirées avant même qu’il s’en rende compte. Sans se soucier de la douleur qui lui déchirait le dos et le ventre, l’assassin frappa avec toute la violence dont il était capable. Son attaque rencontra la défense de son opposant et l’acier provoqua une gerbe d’étincelle lorsque les lames se croisèrent. Jaffar recula pour frapper de plus belle mais l’autre le chargea pour l’empêcher de prendre plus d’élan. Leur danse mortelle s’enchaina sous les étoiles au rythme de la soif de sang et de mort qui les habitaient l’un envers l’autre. Bloquant une attaque du coude, le Croc pourpre bouscula son adversaire au prix d’un coup de pied dans les côtes. Les enchaînements se poursuivirent quelques instants avant que dans un dernier choc, les deux adversaires ne se séparent.

Légèrement essoufflés, les deux tueurs se dévisagèrent en chien de faïence avant que les lames ne regagnent lentement leurs étuis.

- Vous devriez utiliser cette haine à meilleur profit. Attaquer vos alliés pourrait vous apporter des ennuis.
- Qui parle d’attaque ?

Un sourire narquois se dessina sur le visage du Croc pourpre alors qu’il se retournait sans pour autant enlever la main de la garde de ses lames.
- Je vérifiais simplement que vous étiez en mesure d’assurer sa protection. Après tout, il serait bien imprudent de ma part de faire confiance à un chiot se cachant dans les jupes de la Dame Noire.

Et sans un regard en arrière, il s’élança. Il avait un trafic à démanteler. Ce petit interlude lui avait permis de se détendre un peu maintenant il fallait repasser aux choses sérieuses.
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MessageSujet: Re: Un goût de liberté (PV. Personne)   Jeu 24 Juil - 22:33



Personne s’imprégna de chacune des informations utiles qu’elle pouvait lire dans ces documents. Noms, lieux, dates, c’était une mine d’or à peine détruite par les flammes entre ses mains. L’oncle de la jeune humaine était plus qu’un blanchisseur, il trempait dans le trafic de la pointe de ses pieds pantoufflés au bout de ces cheveux. S’il n’était pas mort avant sa venue, elle se serait fait un plaisir que de le punir pour ces actes. Donner une leçon aux humains…
Le sang vint lécher le bout de ses pattes. La louve recula, reprenant forme humaine. Elle ne voulait pas que l’on accuse les Laguzs de ce massacre. Bien sûr, ils étaient les premiers à avoir des raisons de se venger mais la vengeance n’était pas une fin en soit. Elle devait préparer le monde à la tolérance, elle ne pouvait donc pas faire une telle chose.
Mettant les documents en évidence, elle espérait qu’ils tomberaient entre les mains des bonnes personnes. Soudain, ses oreilles perçurent un son au loin… de l’acier qui choque, le souffle lourd des bêtes, le son des sabots frappant la terre ferme… La garde avait été avertie, elle devait partir et prendre la direction du nord. Se faufilant à l’extérieur aussi aisément qu’elle y était entrée, la louve se cacha dans les fourrés et les laissa passer. Leur venue avait au moins l’avantage de disperser les assassins se camouflant dans la flore environnante.

***
Ça lui avait pris plusieurs jours pour rejoindre la route marchande du Nord de Daien. Elle n’avait pourtant pas pris beaucoup de pause dans son voyage, et la fatigue commençait à s’accumuler dans ses pattes. Pourtant, elle ne pouvait s’arrêter. Au bout de sa route se trouvait le « Refuge », nom ironique pour désigner le lieu de vente des esclaves Laguz. Le nombre de marchandises en vente ce mois-ci, les vendeurs, les acheteurs avaient été précisés dans les documents. Mais ce qui l’avait réellement énervé était le prix de vente conseillé en fonction des races, de l’âge, du sexe des esclaves.
Comment pouvaient-ils résumer l’existence d’une personne à de simples critères sociodémographiques ?
Personne était profondément dégoutée mais elle savait mettre ses sentiments de coté. Elle se posa quelques minutes sur le bord de la route, reprenant son souffle et observa ce qui l’entourait.
La forêt avait laissé place à une large plaine. Nul endroit où se cacher, où se dissimuler dans un tel décor… La jeune femme se demandait comment des convois de Laguzs avaient pu passer inaperçus. C’était impossible… ce qui signifiait que les villages environnant étaient de mèche avec ce trafic. Personne secoua la tête avec dédain. Elle avait plus de chemin à faire que ce qu’elle pensait pour changer les mœurs de ce monde pourri jusqu’à la moelle.
La louve se releva, une carriole s’approchait au loin. Elle marchanderait le reste de son voyage.
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