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 Racheter nos Crimes... [PV:Reyns, Yune, Ruika, Le Faucheur, X]

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Reyns
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MessageSujet: Racheter nos Crimes... [PV:Reyns, Yune, Ruika, Le Faucheur, X]   Jeu 24 Avr - 18:04



La ville me donnait mal au crâne, le bruit de la cohue matinale, l’odeur du poisson dont la fraicheur laissait à désirer, celle des cochons qu’on venait d’égorger… Je n’avais pas envie d’être là. Pourtant, je ne pouvais être autre part.


Racheter nos crimes…



Nevassa était en effervescence depuis la capture de deux criminels de renom. Qui aurait cru que Le Faucheur et l’Ange Déchu s’associeraient ? Qui aurait cru que ça causerait leur perte ?
Reyns déambulait dans la cité d’un air hagard. Il était venu sans réellement savoir pourquoi. Il avait l’impression de revivre l’un des cauchemars de son passé. Un être cher à son cœur enfermé et lui incapable de prendre la décision de la libérer.
Pourtant, ces pas l’avait mené jusque dans les contrées de Daein et maintenant qu’il l’a savait si proche… il se voyait mal rester passif devant le triste sort qui l’attendait.

Ruika… Seule amie à l’avoir accepté lui et sa faiblesse. Il avait trouvé en elle plus qu’une silhouette attirante et une poitrine renversante… il avait trouvé une femme forte capable d’assumer le fardeau qui lui incombait. Une épaule sur laquelle s’épancher, une oreille à qui se confier, une chaleur auprès de laquelle retourner. Son amour pour elle n’avait rien de charnel, il l’aimait comme une sœur, comme une mère et se sentait redevable envers elle.
Le jour où elle l’avait abandonné pour retrouver sa vraie famille… l’alchimiste s’était senti trahi… Plus que ça, il s’était senti abandonné et s’était juré de ne plus la revoir. Pourtant, quand il avait appris son enfermement il n’avait pu faire autrement que de se sentir concerner.

Il regardait les prisons de Daein où plutôt le bâtiment militaire qui les surmontait. La bâtisse était impressionnante, les gardes debout devant ses portes effrayants mais il ne pouvait s’empêcher d’échafauder un plan pour s’y infiltrer. Ce n’était pas le Black Fang. Ici personne ne le recherchait pour le torturer et lui arracher des informations, ici il n’était qu’un banal clampin…

- Hé toi là-bas ! Circule !

Reyns ne chercha pas à contester l’autorité du soldat. Il les savait sous tension. Personne n’aimait avoir à accueillir Le Faucheur. Il ne voulait pas attirer l’attention. Il reprit sa marche et partit dans une rue adjacente au bâtiment. S’arrêtant à une centaine de mètre, il se posa contre un mur et posa une main sur son tome de magie.

- Dis-moi quel noirs secrets pourris leur âme.

Obéissant aux ordres de son maître, le tome de magie s’anima d’un sursaut de vie alors qu’une aura noirâtre s’échappait comme une épaisse fumée du bouquin. D’un contact léger, elle effleura les gardes et toutes leurs pensées les plus sombres, leurs sentiments les plus enfoui… lui furent révélés. La haine, l’ambition, la peur les rongeaient. Elles nous rongeaient tous.
Reyns émit un léger rire. Tout le monde avait des ténèbres en lui mais la différence entre les bons et les mauvais c’est que quand l’un les acceptait et les combattait, l’autre les niait pour mieux se laisser ronger. Il retira sa main de son bouquin et s’éloigna.
Il lui restait une semaine pour agir, pour racheter ses crimes aux yeux de Maria. Une semaine avant leur jugement, une semaine avant leur exécution publique. Il ne se précipiterait pas… il ne sera point impatient. Non, il était temps pour l’alchimiste de montrer tout son savoir-faire. Il passa devant une boutique d’apothicaire… exactement ce dont il avait besoin pour refaire ses réserves.

- Pardonne moi Maria de n’avoir pu faire ça pour toi.
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MessageSujet: Re: Racheter nos Crimes... [PV:Reyns, Yune, Ruika, Le Faucheur, X]   Ven 25 Avr - 18:22

Les rues brillaient. Le soleil s'étalait sur les pavés aux abords éreintés par le temps. Ces belles flaques lumineuses ombrées des bottes parfois sales; parfois rutilantes des passants troublaient la beauté de la scène. L'arche du grand palais était un lieu paisible pour bailler aux corneilles. Sans compter les deux véritables pipelettes de cette espèce targuant les visiteurs de leurs gazouillants rires. Sardoniques oiseaux, leur vie paisible fluctuait avec les vents. Et en ce matin, ce dernier apportait fraicheur et bien être. Surplombant le bruit, dominant les odeurs de la ville. Se glissant entre les toits corrodés par la pluie, forçant les aérations des manteaux mal boutonnés. Courbant les fleurs des jardinières avec légèreté.

Allongé tout du long sur le parvis, personne ne faisait attention. L'habitude ou la lassitude, tout dépendait des yeux. Il y avait tellement de curiosité en ville. L'allée était calme, puisse que ce n'était pas la porte principale. Le monde l'ennuyait. Dans son intégralité. Les jambes claudicantes de l'infernale vie du rude artisan n'avait guerre d'intérêt pour l'animal de compagnie de l'Impératrice. On pourrait y desceller quelque chose de malsain, quand il se frottait au bassin de la jeune et jolie Sanaki. Puisse qu'il était bien trop haut de garrot pour ne frôler que ses jambes. Mais qui oserait dire à un Lion géant que l'affection est mal? On ne personnifie pas les animaux. Ils sont les maîtres de la politesse, car ils n'en doivent aucune. Les dresser, les apprivoiser. Ils ne le font que pour vous rendre heureux. Une forme de lien, d'empathie. Il n'existe aucun ordre. Il n'existe pas de Maître. Juste une proximité, forme et tout en instinct, en émotion.

En plus, on venait de le brosser. C'est dire.

Les deux gardes de l'arche était stoïc. Mais stressés. Il le sentait, et ça l'ennuyait vaguement dans sa sieste. Alors il bailla. Ce qui provoque une pensée de surface chez l'un d'eux.

"Hmph, ce truc géant me fait peur mais je préfère la porte que le cachot. Entre l'Ange Déchu et le Faucheur, ça sent la mort jusque dans le palais. Je devrais prendre des vacances..."

Les hommes sont futiles. Le Roi des Jardins se leva, avec flegme. Et s'en alla a travers le palais. Le garde soupira de soulagement. La peur n'est pas l'arme des faibles; elle est le quotidien. Un quotidien futile. Et il avait abandonné la futilité.

Est-ce que la curiosité est une forme de futilité? D’ineptie? Ou juste un sentiment provoqué par l’ennui?

La cave impériale était froide, les râles d'agonies étaient légion. Comme un murmure inaudible porté par un vent qui n'existe pas. Sombre, humides. Il passa royalement devant les cellules. Peu importe ce qu'ils faisaient là. Il alla se poser devant leur cellule commune. Puis s'affaisser.

La sieste pouvait reprendre.

Il plissa les oreilles, ferma les yeux et attendit. Il écoutait. Dans la passivité et l'inaction. Yune était un félin. Eb plus gros.
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Ruika
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MessageSujet: Re: Racheter nos Crimes... [PV:Reyns, Yune, Ruika, Le Faucheur, X]   Lun 28 Avr - 16:44


Il faisait sombre, il faisait froid, il faisait humide. C’était moins étroit que quand elle était envoyé à fond de cale mais similaire tout de même. Derrière ses barreaux, Ruika se sentait privée de ses ailes et c’est ce qu’elle était car sans ses bouquins de magie nul vent ne pourrait plus gonfler les ailes de son esprit. Et la cause de son désarroi était cet homme.
Elle se tenait à une bonne distance de lui tout en évitant de le regarder, ne sachant pas s’il était inconscient ou mort.
Elle lui avait sauvé la vie lui qui était victime d’une injustice et désormais elle en payait le prix. Bien sûr… Ruika avait commis beaucoup de crimes dans son passé. Elle avait tué, trucidé, massacré des navires entiers et elle ne pouvait affirmer qu’elle n’avait pas pris de plaisir à le faire, mais elle l’avait également fait par nécessité. Femme sur un navire pirate, elle n’avait eu d’autre choix que de s’affirmer, que de se montrer forte, impitoyable pour survivre, ou plutôt pour vivre avec ce qui lui restait de dignité. Bien sûr elle aurait pu vendre son corps, s’agenouiller devant ses tortionnaires… se tuer plutôt que de tuer les autres mais pourquoi l’aurait-elle fait ? Il ne l’aurait point fait pour elle.

Se mourant dans sa cage, la jeune femme mangeait le pignon de pain rassis qu’on leur avait donné comme à des chiens. Elle rassemblait ses membres près de son buste pour se protéger du froid et elle ferma les yeux, rêvant des tempêtes et Alizée qui avaient parcouru ses ailes dans son enfance. Ses pensées dérivèrent sur la hache qui lui avait tranché ses ailes et sur sa lente descente aux enfers. Elle avait pensé qu’après la mort de son enfant en son propre sein, plus rien ne pourrait l’abattre, elle avait touché le fond et ne pouvait que remonter. Elle avait pensé y être arrivée lorsque ses pieds avaient gagné les terres Laguz lorsqu’elle l’avait revu et affronté…

*Voler ne signifie pas être libre, m’avais-tu dis pourtant je ne m’étais jamais sentie aussi libre qu’en décidant de voler loin de toi*

Mais finalement la vie s’acharnait contre elle. Un juste retour pour tous les crimes qu’elle avait commis… peut être que sa mort rachèterait ses crimes, elle avait pourtant pensé que sa vie l’avait déjà fait.
Elle se recroquevilla un peu plus sur son corps tremblant et détacha ses cheveux pour qu’ils viennent recouvrir ses épaules mais rien n’y faisait elle allait crever dans ce trou à rat, s’en sentir le vent sur sa peau, la pluie battante sur ses joues, Eole dans ses bras.
Elle s’affaissa au sol relevant à peine la tête à l’arrivée du félin. Elle le détailla de ses yeux épuisés et comprit directement le lien qui les unissait, ou plutôt qui les avait unis autrefois.

- Tu es un Laguz… pourquoi me regardes-tu ainsi ? Te fais-je pitié ?
_ Ruika avait lâché ces mots dans un souffle haché par ses tremblements.

Elle rampa difficilement jusqu’aux barreaux, ses jambes flageolantes et trop faibles pour la porter. Elle posa ses mains sur l’acier et hissa son corps pour mieux le regarder alors qu’il s’affalait devant eux.

- Es-tu venu te moquer du faucon sans aile que je suis ?

C’était un lion, un Laguz de sang royal réduit à l’état d’animal domestique. Ruika se demanda si son épaisse fourrure cachait un collier. Elle savait que les humains n’avaient aucune limite quand il s’agissait d’humilier un Laguz.

- A moins que ce ne soit toi qui veuille que je m’apitoie sur ton sort…

Ruika tendit une main vers l’animal mais un geignement derrière elle lui fit arrêter son mouvement. Il se réveillait, il reprenait vie. Une larme s’échappa de ses yeux alors que le Faucheur repoussait encore une fois la mort… Le petit moine n’avait su lui dire s’il survivrait avant de lui-même disparaître. Elle n’avait osé l’approcher, le toucher, de peur que ses doigts ne trouvent aucun pouls mais désormais, elle entendait sa respiration.
Elle essaya de se relever pour le rejoindre mais elle s’écrasa pitoyablement. Elle se redressa comme elle pouvait et appuya son dos sur les barreaux lui faisant face avec un sourire d’une grande chaleur. Elle ne savait pourquoi elle souriait… voulait-elle lui faire croire que la situation n’était pas aussi critique ce qu’elle semblait-être… ? Avait-elle peur qu’il n’essaie de se suicider à nouveau… ? Etait-elle simplement heureuse qu’il reprenne connaissance… ?
Elle ne savait pas… il ouvrit les yeux.

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MessageSujet: Re: Racheter nos Crimes... [PV:Reyns, Yune, Ruika, Le Faucheur, X]   Mar 29 Avr - 20:51

Le noir, l’ineptie. Tout ceci fut transgressé par la maigre lumière émanant de l'endroit lugubre. Si sombre, un vrai soleil pour celui qui ouvre les yeux. Sec. Après un rêve qui s'effaçait comme un jour sans lendemain. Les souvenirs étaient confus. Il ne restait que de la douleur. Physique, immuable. L'esprit devait réaliser. Mais n'était-il pas si habituer qu'il ne lui faudrait plus de vergogne à continuer de creuser sa propre tombe.

Le monde comme la vie, rien n'est injuste. Tout n'est que réalité. Était il en colère ou voulait-il juste mourir? Pourquoi le sauvait t-on toujours quand cela pouvait enfin se terminer. Les gens devraient arrêter de supposer que leur espoir est transmissible. Les mots n'ont aucune importance; les actes sont égoïstes. Qui ira te sauver? Encore hier une femme se faisait violer devant la foule et personne n'a bronché de peur de prendre une claque?
Voici la réalité. Abrupte. Mais juste, car les plus fort, les plus ambitieux et ceux qui osent gagnent TOUJOURS. Alors pourquoi diable ce perdant de faux-Faucheur survivait-il? Une force surnaturelle aurait décidé de prolonger sa putain de souffrance. Il méritait mieux? Ou pire.
Les sentiments, le ressentiment. La culpabilité, tout est personnel. Il ne pouvait pas blâmer ses sauveurs. Ni dire merci. Ce serait mentir, fabuler, oublier qui il est! Se laisser aller à l'humanité, simple et mensongère:


"Merci..."

Il s'exclama à demi-voix. C'eut-été mentir si ce n'était pas cette femme là. Bien sûr qu'il l'avait reconnue. Comment dire que ce n'étais pas arrivé depuis... Une éternité. Rien d'important, un juste avant goût de ce qu'est bien dormir. Et laisser sous l'oreiller sa chienne de vie. Il aurait presque eu honte de ce petit mot, ce murmure. Non pas qu'il se sentait trahis par lui même. Non pas qu'il mentait.
Il était reconnaissant. Mais son fardeau n'écrasait pas que lui. Il voulait vivre. Exister. Pourtant loin d'être assez fort pour ne pas détruire autrui. Il avait, Ôh, il avait lutté. Contre son démon, cette ombre qui tuait sans distinction. La conclusion était que seul sa mort importait. Mettre fin. A tout. A tout cela.

Mais il restait une ruisselante lumière, baignant les fils d'humidité du mur de la prison rendant l'air irrespirable. Et il n'y avait pas de mots:


"Tu vas sortir de là."

Pas de "moi je". Juste du "toi". Aucune question de faute. Oui, oui. Elle était là à cause de lui. Il ne connaissait pas le comment. Mais si il devait mourir, être exécuté devant la foule. Cela lui convenait parfaitement.
Toutefois, on ne coupe pas les ailes d'un oiseau.

Il se releva avec peines. Son cerveau ne comprenait pas son corps guérît par la magie. Il titubât jusqu'au mur, solide appuis qui le reçut en souriant.
Le Faucheur était un être pitoyable.

Et très franchement,
La colère montait en lui.
Loin de celle de son ombre.
Et pourtant, si proche.

Il respirait vite et profondément, ne cherchant même pas à savoir si elle le reconnaissait.
Parce qu'il allait briser les murs de cette prison.
Et briser cette ville, si il le fallait.
Que la légende vive, qu'il soit le seul à y rester. Et comme belle note de musique, le récital s'achève sur une touche de magnificence.

Alors il reprit sa respiration.


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MessageSujet: Re: Racheter nos Crimes... [PV:Reyns, Yune, Ruika, Le Faucheur, X]   Jeu 1 Mai - 15:33

La lame se déroula du poignet, tel un fouet, la vitesse de frappe tua instantanément le pauvre citoyen qui passait par là.
Pas de témoin, juste plus de victimes.
La ruelle sombre se teinta d'un gargouillis rouge comme dernier soupire. L'assassin savait maintenant, ces meurtriers étaient là, dans les cachots. Et personne ne pourrait les prévenir de son arrivée. Il s'échappa dans l'ombre réconfortante des toits, abandonnant le cadavre là.

Las de cette plèbe qui faisait grouiller la ville, la faisait vrombir comme un moteur bien huilé mais terriblement vieux. Ces gens voulaient donc un procès, accorder à ces tueurs qu'on les entendent. Les voir mourir, pour pouvoir dormir sur leurs deux oreilles.
Et, après tout, le corbeau blanc méritait le même sort. Il tuait, sans distinction et sans sentiments. A une différence prêt:
Sa route était juste. Celle de la justice, la main inflexible qui ouvrira la gorge de ces deux horreurs pour fixer ce sourire malsain qu'ils abordent quand il tue. A coup de lame, d'une oreille à l'autre.
Il était injuste de laisser la liberté d'un procès équitable aux porcs qui servent le mal en riant.

Malheureusement, les caves froides seraient bien gardés. Personne n'oserait s'attaquer au Faucheur, même désarmé et enfermé. Les gardes tourneront le dos aux entrées et regarderons les sorties, pour sur. Pourtant, même un monstre comme le corbeau blanc ne les atteindrait pas. Pas vivant.

Il ne restait qu'une seule solution. Le Corbeau blanc se posa dans une ruelle du quartier marchand, et se mêla à la foule. Ni vu, ni connu.


"Gling gling", fit la clochette de la porte. L'homme en blanc passa le cadre de la porte d'un pas assuré, et déposa dans la volée une pièce d'or sur le comptoir:


"Boooonjour très cher client, qu'est ce que ce... Oh très bien, installez vous!"

Il adorait ne pas avoir à parler. A un tel point qu'il n'avait pas ouvert la bouche depuis cette dernière rencontre. Avec ce magicien aux cheveux blancs. Et leur altercation avec cette folle de bébé-dragon et le Faucheur.
Il s'installa dans le fauteuil en osier. Bien que confortable, il resta bien droit.
Et la lame tranchante comme un fil de rasoir commença à effleurer sa peau.

Il savait que le barbier lui parlait, lui racontait sa vie mais son esprit était froid et vide. Fermé aux mutineries instables de la vie des gens ordinaires, il ne comprenait pas que ces petits tracas puissent avoir un intérêt. Car à vrai dire, même l'endroit où il dormirait demain soir n'était pas une priorité.
Et ce soir? Oh il le savait.

Après dix minutes d'opération, un rasage parfait, le barbier tourna le dos afin d'aller récupérer sa pièce. Le Corbeau Blanc en profita pour chaparder discrètement.

"gling gling".

Il se mêla de nouveau à la foule, et inséra quelque chose entre ses dents et sa joue. Alors, il trouva la première auberge venue, et y déposa toutes ses armes et sa veste blanche. Le Corbeau Blanc perdit ses plumes, et devient un simple plébéien. Comme il les détestaient tant.

Il ne restait qu'à trouver cette patrouille de garde déjà éméchée par le vent frais du début d'après midi.
Faisant semblant de passer à côté, il brisa le nez d'un coup de coude sec dans le casque ouvert du premier. Bien évidement, les épées furent sorties et il se débattu quelques minutes afin de se faire rouer de coups correctement.

Les pieds traînant, il fut jeté dans une cellule. Oh chance, il regarda ceux qui n'étaient séparés de lui, aujourd'hui, que par deux épaisses rangées de barreaux.

Cela lui trancha légèrement l'intérieur de la joue. Mais il sourit.
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Reyns
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MessageSujet: Re: Racheter nos Crimes... [PV:Reyns, Yune, Ruika, Le Faucheur, X]   Ven 9 Mai - 12:40


Reyns regardait le plafond de sa chambre avec désarroi, il attendait serein la venue d’un invité spécial qui se faisait un peu trop désirer à son goût. Se retournant dans son lit il posa par inadvertance la main sur la peau fraiche et délicate d’une jeune femme blonde dont le corps dénudé épousait le matelas avec délectation. L’alchimiste retira sa main avec un peu de dégout. Bien que la jeune femme avait beaucoup d’atout pour elle, il n’éprouvait plus le même plaisir à allonger la gente féminine dans son lit pour ces petites affaires. M’enfin cette fois, il s’était senti obligé d’agir ainsi.
Un bruit de terre brisée au rez-de-chaussée le prévint de l’arrivée de son invité. Avec douceur, Reyns souffla à l’oreille de la belle endormie que son mari arrivait et que si elle ne voulait pas avoir de problème elle ferait mieux de se rhabiller mais bien que les mots finirent d’éveiller la demoiselle, ils ne lui laissèrent pas assez de temps pour se vêtir d’autre chose que ces draps.
La porte vola sous le pied de l’homme bedonnant dont le visage était couvert par une capuche remontée haut sur son visage. Son entrée aurait pu être comique si son air furieux ne faisait pas froid dans le dos. Peu d’homme même les grassouillet, n’aimait se voir piquer leurs femmes.

- Toi femme ! Comment as-tu osé te fourvoyer avec cet homme. Tu me fais honte !

La femme se décomposa sous le doigt accusateur de son mari. Celui-ci fit tomber sa cape pour dévoiler ses traits tirés par la colère. Il était venu ici incognito espérant ainsi garder la face mais Reyns doutait qu’on ne l’ait point reconnu. D’un mouvement violent, il décocha une claque à sa femme qui s’était mise à pleurer. Reyns la trouvait réellement pitoyable, bien qu’il n’appréciait pas la violence envers les femmes.

- Quant à toi maraud ! Tu as allongé dans ton lit la mauvaise femme ! Une femme de juge ! Je vais te faire payer ton insolence par ta vie ! _ L’homme avait dégainé une épée de sa ceinture. Cela l’étonnait qu’il n’ait pas été obligé de la scellée mais les élus avaient toujours quelques privilèges en plus.

- Allons Monsieur le juge… n’en venons pas à de telles extrémités.

L’homme bourru se jeta sur l’alchimiste sous les pleures apeurés de sa femme. Reyns effectua un mouvement d’esquive sur la droite te lui décocha une manchette derrière la nuque. Le gras amortit le mouvement, il en asséna une seconde.

- Eh bien, eh bien… ce n’est pas là des manières Monsieur le juge. Moi qui vous attendiez depuis des heures. Il est difficile de vous approcher.

Reyns plaça son genou dans le dos de l’homme et appuya pour le maitriser. Puis il prit une corde qu’il avait pris soin de préparer et l’attacha solidement. L’homme était sonné mais toujours conscient, il lui plaça un bâillon pour ne pas qu’on l’entende crier.

- Toi, arrête de pleurer. Je vais le retenir ici, tu devrais rentrer chez toi, prendre tout l’argent que tu pourras et fuir avec le garde-chasse.
_ La jeune femme releva son visage rougit par l’embarras _ Sache que la première chose que fera ton mari quand je l’aurais libéré sera de me tuer mais la seconde sera de t’éliminer toi. Alors je te conseille de faire ça vite et discrètement. Ah… et arrête de coucher avec n’importe qui. Faut savoir se respecter dans la vie !

L’alchimiste n’était pas du genre à jouer les cupidons mais ce qui l’avait séduit dans cette mascarade était peut-être l’idée de réunir des amants éperdument amoureux.
La jeune femme prit ses affaires et partit. Quand elle ouvrit la porte, une personne attendait derrière. Elle baissa la tête et prit la fuite, il entra tranquillement.

- Serais-je en retard ?

- Pas qu’un peu.
_ Reyns retourna le corps du juge maintenant son visage en place pour le montrer au nouveau venu _ C’est bien lui qui jugera le procès de mon amie ?
- Il ne fait aucun doute très cher. _ [/color][i]L’homme avait la voix trainante, le genre de voix qui vous fait froid dans le dos. Mais Reyns y semblait insensible. Depuis longtemps il s’était habitué aux voix glaçante d’effroi.

- Très bien apothicaire. Je veux que tu me recrées son visage.
_ L’homme émit un grincement de désapprobation, il ne souhaitait pas être identifié.
- Ne t’inquiète pas. Il oubliera tout de sa journée le bougre.

Le vieil homme se frotta les mains et se pencha vers le visage du bedonnant à ses pieds. Tirant sa peau de manière à mesurer ses proportions.

- Ça me prendra … 3 jours.

- Très bien, tu en as 2 et je rajoute ceci pour te motiver _
Reyns lança une bourse qu’il avait prise à la ceinture de l’homme de loi.
L’Apothicaire lui sourit. Reyns ne lui rendit pas. Le tatouage du Black Fang lui ouvrait bien des portes dans le monde de l’ombre et le monde des alchimistes avait le bon goût d’être une communauté réduite où tout le monde se connaissait et même si Reyns avait confiance aveugle pour le pouvoir de l’argent, il ne pouvait se fier entièrement à un homme de magie noire.
Après tout, il le savait, ils étaient tous des salauds.
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MessageSujet: Re: Racheter nos Crimes... [PV:Reyns, Yune, Ruika, Le Faucheur, X]   Jeu 29 Mai - 12:06

Étrange. Il est vrai qu'il était magnanime. Mais c'était étrange. En la plus grande simplicité des termes, il s'agissait en effet d'une situation des plus... Pitoyable.
Oh non, pas que le corbeau sans ailes soit d'autant plus en cage que la magie est sa seule clé.
Non plus qu'un nouvel arrivant ait émergé des ténèbres. Avec ses pulsions de meurtre.

Ce qui était pitoyable, et ennuyant. Était d'une part l'impossibilité de sonder les esprits des trois protagonistes en présence ainsi qu'on l'ai reconnu en tant que Laguz. En tant que Roi, donc. Ennuyant. Vraiment.

Ou pas.

Après tout le corbeau blanc n'était pas encore là et le manteau rouge dormait quand le premier sans ailes s'exprimait. Et l'attention de cette dernière c'était détournée vers le deuxième, ce qui rend cette phrase particulièrement compliquée et fit bailler Yune en conséquence.

Il tourna mollement la tête vers Ruika. Et la détailla de bas en haut. Sans aucune gêne, comme un félin qui n'as pas confiance mais est intrigué.
Et là, si un Lion pouvait sourire, il le ferait.

Il avait envie de jouer. En colosse de muscle, il se dressa fièrement sur ses quatre fers en se frottant amoureusement contre les barreaux de la prison, tourna sur lui même et se planta assis devant leur cage. Comme si il regardait des petits oiseaux avec appétits et bouchant complétement la vue de X:


"Tu devrais garder la tête sur les épaules. Tant que tu le peux encore."

Oui, un Lion qui parles. Et sarcastique avec ça, l'animal. Sa mâchoire craque tellement les mots furent difficile à sortir, à la limite du grognement chuchotant.
Ou peut-être n'avait il parlé que dans la tête de Ruika.
Ah oui, c'était sans doute ça:


"Il ne m'étonne pas que toi et le manteau rouge soyez liés. Les gardes parlent souvent de vous. Tu dois être la raison derrière sa légende, celle où les tempêtes se déchainent là où il passe. Ou alors, n'est qu'un concours de circonstance?"

Il renifla longuement, et se lécha la truffe:


"Je te conseil de te faire enviable, Maîtresse Sanaki va descendre d'ici quelques minutes."

Il tourna significativement son regarde vers le manteau rouge puis revint sur Ruika.
Il n'avait plus rien à dire. Ou à penser, au choix. Sa question ne demandait pas de réponse, et il n'aimait pas parler. Ceci-dit, la situation actuelle méritait bien quelques dernières paroles.

Et il resta planté là. A observer, en silence et sans aucune sorte d'amusement. Un peu de curiosité. Et encore. Mais peu importe, puisse que personne n'allait chercher à le comprendre.
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Ruika
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MessageSujet: Re: Racheter nos Crimes... [PV:Reyns, Yune, Ruika, Le Faucheur, X]   Sam 7 Juin - 22:17


Ruika se releva pour prêter son épaule en soutien au Faucheur bien qu’elle s’appuyait elle-même sur lui pour tenir debout. Elle savait qu’il n’en voudrait pas, trop digne qu’il était pour accepter son inquiétude. Mais elle le lui imposa. Elle n’avait plus besoin de son autorisation sachant qu’elle savait ne pas l’obtenir.

- Pour tout te dire, je ne suis pas sûre de vouloir m’enfuir. Il y a longtemps que je coure mais les faits sont là. J’ai tué des Beorcs, je les ai étripés en nombre. J’étais tellement pleine de haine, tellement pleine de tristesse et même si je n’avais pas le choix je ne peux pas dire que je n’y ai pas pris du plaisir.

Ruika se souvenait de ces années en eaux troubles. Elle se souvenait de ces hommes qui pensaient pouvoir la dominer et qu’elle avait écorché vif les laissant glapir dans leur sang, les regardant se vider avec délectation. Et combien de navire avait-elle coulé… combien de marins avaient pleuré en voyant l’œuvre d’une vie s’écrouler…

- Il ne m'étonne pas que toi et le manteau rouge soyez liés. Les gardes parlent souvent de vous. Tu dois être la raison derrière sa légende, celle où les tempêtes se déchainent là où il passe. Ou alors, n'est qu'un concours de circonstance?

Ruika tourna un œil vers la bête c’était la seconde fois qu’il s’immisçait dans son esprit et elle se demandait s’il y lisait également. Sa voix lui semblait raillée, venue d’un autre temps. Il semblait si las et en même temps il restait impressionnant. Comment un roi de Gallia pouvait-il ainsi se fourvoyer. Peut être avait-il lui aussi une histoire semblable à la sienne…

- Si j’étais à l’origine des tempêtes se déchainant au passage du Faucheur, il n’y aurait pas de légende. Car il n’y aurait pas de survivant pour en parler.

Elle avait parlé à voix haute. Elle n’avait plus rien à cacher à plus personne à vrai dire et surtout pas au Faucheur. Et si elle passait pour une folle, cela ne changerait que peu de chose à son palmarès. Elle se tourna ensuite vers l’homme en rouge.

- Le lion me parle… C’est un Laguz mais je suppose que tu le savais déjà non ? _ Elle se retourna pour s’appuyer contre le barreau. Ses jambes étaient douloureuses. _ Bref pour revenir à ce que nous disions, pour tout te dire, j’aimerais être jugée et condamnée. Simplement pour être entendue et écoutée. Un tribunal, c’est une scène sur laquelle je peux me donner en spectacle. Je n’ai plus peur de leur jugement.

Non elle n’avait plus peur. Elle savait ce qu’elle avait fait. Elle avait survécu et c’est pourquoi elle était autant haïe. Elle avait continué à vivre alors que les humains étaient morts. C’était une survivante et elle survivrait encore à ça. Elle le sentait, elle le savait ce n’était pas encore son heure mais peut être celle de ce racheter une virginité.

- Je te conseille de te faire enviable, Maîtresse Sanaki va descendre d'ici quelques minutes.


La faucone jeta un regard noir au lion qui ne le lui rendit pas.

- Le lion vient de me dire que la princesse ou impératrice… je ne sais jamais, Sanaki va descendre pour te rendre visite je suppose. Que comptes-tu faire pour ta part Dayn ?

L’ex-Laguz se rassit, la douleur devenait insoutenable… son tome de magie lui manquait, Eole lui manquait. Enfermée entre ces quatre murs, elle suffoquait.

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MessageSujet: Re: Racheter nos Crimes... [PV:Reyns, Yune, Ruika, Le Faucheur, X]   Dim 29 Juin - 16:02

Un comportement que seuls les dieux pouvaient pardonner.
Et si il n’existait pas d’autres dieux que la Déesse, celle qui les transforma tous en pierre sans que chacun n’en ai le simple souvenir, alors ils étaient tous damnés. Pourtant, lui se souvenait. Car il n’était pas pétrifié. Il devait continuer à jouer son rôle, avec ses compagnons. Une autre quête, vouée à l’existence de l’épée elle-même dont on l’ait privé aujourd’hui. Celle-là même qui l’avait privée de sa femme. Aujourd’hui de son enfant. Celle qui l’a conduite à sa destinée, à la mort de tous ses amis. Et à ces funestes barreaux.

Ce discours, ce timbre de voix de la belle, le corbeau aux plumes noires déchues semblait une fatalité acceptée. Comme elle le fut, cette nuit-là. En y repensant, il se demandait : comment en suis-je arrivé là ?

Jamais capable de protéger quelqu’un, même pas lui-même. Si fort et si faible, ce duo antithétique qui pervertissait son corps et son esprit. Il savait très bien qui était l’autre Faucheur et pourquoi. En réalité, il n’y avait pas d’ « autre ». Lui, il était R. Dayn Dragon.
Un simple humain qui avait essayé de se tuer, en se laissant mourir. A ce stade, famille, amis, connaissances ou simple amis. Pour chacun la compassion devient une vertu. Ou l’égoïsme, au choix. Personne ne veut voir quelqu’un d’autre mourir. Ce genre de geste renvoi à la propre faiblesse, la propre fatalité que l’on perçoit de sa vie. Ou est-ce une promulgation juste de l’empathie, tout simplement ? Une justesse dans les gestes, dans la voix que l’on apporte à la détresse qui nous tend les bras ? Ces questions sont sans réponses.
Dayn, un simple homme qui avait tout perdu. Son esprit ne cherchait pas à en trouver les détails, son profond mal être et cette impression d’y avoir perdu toute liberté bloquait tout le reste : il ne restait qu’un grand vide dont chaque parcelle était composée de souffrance. Aucun mouvement de son corps ne se tintait pas d’une atroce douleur. Il sentait que, au fond. Chacune des miettes de son existence aspirait à l’éternel rien, un repos libérateur car le seul choix, la seule décision qui ne le ferait pas souffrir lui.
Il ne ressentait plus rien. Pas même l’égoïsme qu’il infligeait aux personnes proches de lui. A celle qui l’attendait dans sa chambre froide. Ou à celles qui pensent à lui sans qu’il le sache. Il n’en avait cure, parce que ce serait plus simple. Tout avait déjà été bien trop compliqué, il avait déjà baissé les bras. Aujourd’hui, à un point ou ces derniers broyaient ses flancs et cisaillaient sa chaire pour se retrouver en écrasant son cœur.
Pourquoi a-t-on mal au cœur alors que cette petite chose mole ne sert qu’à pomper du sang ? Vital, mais psychologique. Il avait tellement mal qu’il ne ressentait plus rien.
Alors enfaite, non. Ce n’était pas plus « simple ». C’était le seul choix, la seule décision qui avait une véritable conséquence. Le seul pas en avant, qui consistait en une libération et non en un poids supplémentaire sur des épaules devenues trop frêles.
Olivia aurait fini par l’apprendre. Mais, elle l’aurait compris. Pas aujourd’hui, certes. Elle aurait pleuré son père des années. Mais un jour, elle aurait été capable de raisonner suffisamment pour comprendre ce geste sans jamais pouvoir l’accepter.
Et puis peut-être que toutes les légendes sont vrais, l’Eden se trouvait peut-être derrière. Peut-être dans ce monde existe les couleurs qu’il voyait plus.
A Celeste, Rachel, Ban, Zekerss, Yume et Olivia, ce dernier soupire inaudible par la distance n’aurait été qu’un dernier « merci », psalmodié dans les ténèbres dansant autour de ses yeux.

Mais il avait toujours été un piètre danseur. Même pour son mariage, il avait été mauvais. Il n’est pourtant jamais trop tard pour apprendre.
En se battant contre Lain, il avait mémorisé ses pas. Pourtant son corps refusait ce rythme. Ce rythme irréfréné d’une vie aussi inutile que subie. A bien y réfléchir, il s’était laissé bercé par les autres et les choses depuis toujours. Incapable, comme Cain l’avait toujours suggéré. Cinq ans plus tard, les paroles de ce meurtre étaient toujours les mêmes. Quand avait-il osé laisser tomber ?
La potence, il l’avait presque cherchée. Bénéfique, compte tenu de tout ça.
Il se contenta de l’appui de a jeune femme pour se relever, s’étaler sur un mur. L’écouter, et se contenter d’être debout. Les yeux ouverts, plongés dans le vide.

En un sens, le non-sens. Tout est si trouble, à l’intérieur. Comme regarder le monde sans les lunettes nécessaire.
Il avait essayé de faire les choses bien. Toujours un échec, à croire qu’il n’était vraiment pas doué. Etonnant pour une saloperie de génie. Il s’était toujours battu de toutes ses forces, tout du moins il le pensait. Il avait été un Héros, et pourtant ça ne suffisait pas.
Aujourd’hui, il avait frappé le mur suffisamment fort pour étancher sa douleur que la caverne s’effondrait. Ce qu’il avait considéré comme un mur de pierre n’était finalement qu’une étendue de glace.

Froide, et comme l’eau : sans saveur.

Et puis derrière… Du métal. Pliable à main nue, mais indestructible. C’est ce qu’il était. Plié. Il n’arrivait pas à comprendre pourquoi, ou comment. Comment s’était-il bercé d’illusions jusque-là ?

« On ne peut vivre une vie sans se blesser. »

Ces paroles, qu’il avait lui-même donné il y a cinq ans lui revenaient en pleine tronche tel un boomerang. Raisonnant dans son esprit comme la clé pour ouvrir cette porte fermée depuis si longtemps que nul ne se rappel qui l’avait charpenté.
Choisir d’endurer, de porter ce fardeau. Cesser de se battre pour mourir mais pour enfin gagner. Peu importe les risques engendrer. Etait-ce le sens caché de ces mots ? Il ne se rappelait ni à qui, ni pourquoi les avoirs prononcés. Juste le bénéfice qui en était sorti.

Il était R. Dayn Dragon. Pas un faible, pas un monstre. Ni un fort.

Il soupira longuement. Interminable flux d’air. Comme pour tout faire sortir, regarder l’invisible s’envoler et se disperser le long du plafond comme une épée de Damoclès prête à frapper à nouveau à tout moment. On ne peut se libérer d’un si lourd fardeau en une seconde.

Mais il savait aujourd’hui qu’il ne voulait plus, pas, mourir. S’il trouvait une once de volonté en quelque chose de plus concret qu’un espoir, c’est qu’il serait capable d’avancer. Et il l’avait, cette idée. Tombée comme un cheveu sur la soupe, une idée semblant un poison qui le tuerait lentement tout en le mithridatisant.

Il se redressa, ses yeux se posèrent sur Ruika. De bas en haut, avant de se fixer dans les siens :


« Tu ne mourras pas ici. »

Il en fit le serrement.

Ces mots suffisaient à justifier toutes les questions qui avaient été posées jusque-là.  Il ne pouvait juger du sens qu’autrui leur donnerait. Ce profond mal-être était toujours là.
Mais la colère avait aussi fait son apparition. Comme un air de vent glacial, son aura avait changée. On pourrait même dire qu’elle s’était mise à exister.

Et le Corbeau Blanc, l’assassin avait assisté à tout ce combat intérieur. Vide lui-même, il comprit. Il vit et vie cette sentence presque divine s’abattre sur ses épaules. Pour la première fois, à ces mots énoncés, ses jambes flageolèrent.
La volonté de cet homme lui inspirait une grande peur.

Il comprit que ce monstre n’avait plus rien à perdre, cela le fit serrer les dents et le rasoir caché dans sa joue la trancher. Ce sentiment, ces sentiments que lui n’avait jamais pu ressentir montaient en lui comme une bouffé de chaleur exacerbant. Insurmontable, ces démons intérieurs scintillaient en lui comme cette fois ou le jeune Allen lui avait attrapé le bras pour le retenir d’aller mourir sur la lame de cet homme en face.
Celui qu’on appelait : Le Faucheur.
Cette fois l’alarme sonnait de plus belle et faisait se joncher au sol de pétales multicolores brouillant sa vision, faisant s’accélérer son cœur.
Le désordre psychologique, le cœur bon et la volonté de cet homme qui n’avait rien, le touchait.  Impensable sortilège, la justice lui criait de le tuer.
X avait envie de crier, de lui hurler dessus. Lui faire comprendre qu’il n’était rien et que ces idées idiotes et simplistes n’étaient encore que des illusions, que cette force tirée de ses démons intérieurs finiraient par le détruire.
Mais le plus simple était encore de le tuer lui-même. Plus facile, plus agréable. Plus logique. Il voulait du sang sur ses mains et ainsi se sentir vivant.

La chaire de sa joue était écartelée, la souffrance s’accentuait et cette douleur lui donnait la force. Juste, encore un peu de patience.


Dayn ne pouvait compter sur personne. Parce qu’il ne le voulait plus et souhaitait que ce soit sur lui qu’on se repose. Au fond, c’est ce dont il avait besoin sans savoir se l’avouer. Être un Héros, contrebalancer tous ces actes stupides et horribles. Sans l’idée d’y voir une justice, le passé et les crimes ne se rachètent pas.

Même les dieux ne pardonnent pas.

Seul soi.

Qu’il aurait aimé s’allumer une cigarette et avoir le temps de penser, seul, recroquevillé dans un coin sombre.
Mais il y avait Ruika. Et il devait la sauver, sans qu’elle n’ait à lui montrer comment. Il l’avait entrainée ici et bien qu’elle ait choisie de l’y suivre ; c’était ainsi.
Le Lion, ce laguz. Il le connaissait des rumeurs. Mais sa puissante aura n’avait rien d’animal. Il ne comprenait pas ce qu’il faisait à ou disait pas savait pourquoi il se tenait ici. Mais l’Impératrice le justifierait de vive voix.

Ce qu’il comptait faire ? La faire survivre. Non pas pour cette simple nuit dont il se souvenait à peine, mais parce qu’elle n’avait rien à voir avec tous les crimes pourquoi on le punissait.
Et si il le pouvait, pourquoi pas.

Y racheter ses crimes.




(Ndlr: X ne postera pas à ce tour, et Yune jouera Sanaki)


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Reyns
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MessageSujet: Re: Racheter nos Crimes... [PV:Reyns, Yune, Ruika, Le Faucheur, X]   Lun 14 Juil - 13:31


L’atmosphère était explosive dans les rues et ruelles de Nevassa l’approche du jugement de deux grands criminels avait de quoi exciter et inquiéter les foules. La populace était mitigée entre la fierté d’avoir enfin capturé Le Faucheur et celle d’être si proche de lui qu’il pourrait les tuer d’un coup de faux… Ah la la… Les légendes avaient la vie dure.
Reyns s’amusait de ce qu’il pouvait entendre sur Ruika. On disait d’elle qu’elle était une sorcière, une tueuse sans pitié qui se repaissait de la chair des hommes qu’elle attirait dans son lit. Une mante religieuse somme toute. Il voyait partout des traques avec les chefs d’accusation et avait du mal à imaginer sa jeune amie commettre ces actes affreux. Pas qu’elle en était incapable physiquement… mais il la pensait trop douce pour ça.

- Cela ne m’étonne pas de les savoir de mèche ces deux là… La mauvaise graine attire la mauvaise graine. L’un de mes fils est parti en mer il y a 5 ans et il a eu le malheur de tomber sur le navire à tête de mort flottant dans un vent surnaturel… Il est mort et j’espère qu’il en sera de même de cette sorcière.

- Ne devrions-nous pas écouter ce qu’elle a à dire avant de la mener à la potence ?
_ Reyns avait gardé son regard sur son verre mais s’adressait au groupe de quatre personne à ses cotés, dont l’alcool s’évaporait déjà par tous les pores.
- Moi je dis, pendons là. Elle n’a pas écouté mon fils avant de le tuer.

- A parce que vous savez qu’elle est responsable en plus… ça n’aurait pas pu être un autre pirate ? Ou peut être que votre fils a essayé d’abuser d’elle et qu’elle n’a fait que se défendre… Il y a tellement de possibilité…

- Tu nous cherches étranger ? Car si c’est le cas on va…
_ Reyns se leva et leur tourna le dos. Il laissa une pièce pour l’aubergiste et partit. _ Tu fuis étranger, c’est bien va rentrer dans les jupes de ta mère !

Ils rirent goguenard et Reyns sentit une pulsion meurtrière le frappait. Mais il se contint, il ne devait pas se faire arrêter mais faire libérer son amie.

- Je préfère partir car si je vous tué messieurs… On pourrait m’accuser de meurtre alors que je n’aurais fait que me défendre.

Son œil rougeoyant de sang avait de quoi faire froid dans le dos. Ceux qui s’étaient levés se rassir, et ceux riant déglutirent très lentement. Il leur fit un sourire.

- Très bonne soirée cher amis. Et j’espère vous revoir au procès nous verrons bien qu’elle est la version de cette sorcière responsable de tous vos maux.

Le rouquin sortit tout fier de l’auberge mais son sourire disparut quand il vit un homme de la garde l’attendant à l’entrée de l’établissement. D’un signe de main il lui demanda de le suivre. Reyns posa sa main sur son tome de magie et celui-ci lui révéla la noirceur d’âme de son interlocuteur. Un Fang.
D’un pas serein il s’engagea dans une ruelle à la suite du soldat. Celui-ci s’arrêta dans une impasse vide de toutes vies et se posa contre un mur attendant l’alchimiste.

- Avez-vous trouvé ce que je souhaitais ?

- Oui, nous les avons trouvés. Ils sont scellés dans un coffre dans la salle des pièces à convictions. Ça vous coûtera cependant un peu plus cher que ce que nous avions convenu. Je risque ma place vous comprenez.

- Nous la risquons tous cher ami. Combien ?

- Nous souhaitons 100 Pièces d’or de plus.

Reyns renifla, ça commençait à faire une somme rondelette. Il avait cet argent bien sûr… mais il serait sur la paille pour la suite. Bah s’il était avec Ruika… ça lui allait.

- Très bien mais pour cette somme… je les veux avant le procès.

- Bien sûr mon seigneur. Les voici.

- Efficace…

- Oui, les gardes sont tellement sur les nerfs en ce moment que leur attention en est affectée… Il m’a été facile pendant le repérage de simplement prendre la marchandise.
_ Il lui fit un sourire.
- Mais alors pourquoi me demander plus ?
_ Reyns avait la légère impression de se faire entuber.
- Pourquoi demander moins. L’argent je vous prie.

La ruelle semblant si vide se remplit petit à petit d’âmes plus noires les unes que les autres. Et toutes les pulsions meurtrières qui émanaient de ces êtres étaient dirigées vers lui. Il comprenait le message… D’un geste nonchalant il envoya la bourse alors que le Fang lui donnait une besace contenant les tomes de magie de Ruika.

- Leur absence ne risque pas de faire un raffut ?

- Nous les avons remplacés par de très bonne copie. Ce fut un plaisir de travailler avec vous.

Puis dans un mouvement de fumée, ils disparurent tous. Ça faisait presque froid dans le dos mais le plus effrayant était le temps qui s’écoulait inarrêtable… Le procès était désormais dans deux jours. Il fallait qu’il soit prêt.
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Ruika
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MessageSujet: Re: Racheter nos Crimes... [PV:Reyns, Yune, Ruika, Le Faucheur, X]   Mer 4 Nov - 0:48


Ruika se posa à côté du Faucheur et elle se tut, laissant régner le silence entre eux. L’ange n’était pas bavard et la douleur la rendait muette. Pourquoi une reine viendrait à eux ou plutôt, pourquoi une reine viendrait à lui… ? Elle se demandait si une relation les liait l’un à l’autre et à cette pensée une certaine tristesse l’envahit. Puis au loin elle entendit le son des talons descendant les marches de l’escalier de pierre avec une certaine aisance. La jeune femme compta le nombre de claquement pour estimer à quel point elle était loin de l’air libre. Eole lui manquait.
Puis une silhouette juvénile se dessina dans l’encadrement de roche qui délimitait les cellules du couloir. Habillée de satin et de soie, la silhouette prit les traits d’une belle jeune fille dont la royauté transpirait par tous les pores.
Le lion vint se frotter à ses jambes en émettant des grognements de contentement qui dégouta la faucon. N’avait-il donc aucune dignité, se demanda-t-elle… ? Elle, elle en avait et jamais elle ne se trainerait aux pieds d’un humain, aussi propres soient-ils.
D’un signe de main, elle fit venir un garde et lui indiqua d’ouvrir la porte qui fermait leur prison.

- Déplacez la femme, je souhaite m’entretenir seule avec le Faucheur.

Obéissant aux ordres l’homme s’avança vers Ruika et fit mine de lui prendre le bras mais alors que ses doigts se posaient sur sa chair, la harpie le mordit. L’homme poussa un hurlement et leva la main sur la prisonnière pour lui asséner une claque dont elle se souviendrait mais d’un geste, la reine l’arrêta.

- Pourriez-vous je vous prie, suivre cet homme sans faire d’histoire ? _ Son ton impérieux n’acceptait pas le refus.


Ruika bien que peu sensible à l’intimidation, se leva d’elle-même, peinant à se hisser sur ses jambes. Elle passa à côté du soldat puis de la reine. La demoiselle était plus petite qu’elle. Elle semblait fragile et délicate. Ruika esquissa un sourire.
S’accrochant aux barreaux des différentes prisons, elle suivit le soldat qui semblait l’emmener dans un autre groupement de cellules. Il ne tenta plus de poser la main sur elle jusqu’au moment de la pousser dans la cellule.

- Profite de la chaleur des lieux sorcière. La prochaine sera celle du bûcher.
_ Et il lui cracha au visage.

Ruika se recroquevilla dans un coin, à peine outrée par le comportement du militaire. Ici, il n’y avait rien, ni personne… même pas une once de lumière pour lui indiquer le temps qui passait, même pas une once de vent pour la réconforter. Elle se glissa sous la paille qui devait former sa couche et essaya de garder le peu de chaleur qu’il lui restait.


***

Plus jamais elle ne vit le Faucheur… d’ailleurs elle ne vit personne jusqu’au jour de son procès ou plutôt… de son exécution.

***

- Debout sorcière !
_ La voix féminine et criarde qui vint la réveiller n’était pas au goût de la criminelle. Cependant, le seau d’eau glacé eut raison de sa somnolence.
Je dois te laver pour l’audience et t’habiller aussi. Ruika jeta un coup d’œil critique au bac d’eau qu’elle savait froide, trônant derrière sa tortionnaire.

- Si tu préfères, je peux demander à l’un de mes camarades de le faire.
_ Le soldat lui ayant craché au visage était appuyé contre le mur.
Ruika comprit la menace qui planait dans l’air. Ne se démontant pas, elle retira ce qui restait de ses guenilles et plongea dans l’eau. Elle était effectivement gelée et la fraicheur qu’elle infligeait à son corps réveilla ses muscles et sa chair ankylosée. Avec énergie, la femme lui frotta la peau, décrotta ses ongles, brossa sa longue chevelure. Elle ne devait pas faire pitié, ni apparaitre comme une martyre. Ils feraient en sorte qu’elle semble au meilleur de sa forme, et pour cela, ils étaient prêt à dépenser quelques sous en savon et dans une robe qui finirait brûlée.
Frigorifiée et incapable de bouger, la mage se fit la marionnette docile de sa géôlière. Elle lui fit revêtir une robe bordeaux, austère et droite lui donnant naturellement une apparence plus froide, plus mesquine que ce qu’elle pouvait être.

- Aurais-je le droit à un procès où suis-je directement vouée à la potence.

Les deux soldats rigolèrent à l’unisson.

- Un procès… Oui si on veut. M’enfin avec le juge que tu vas avoir… Ah oui son fils était marin. Il n’est jamais revenu de l’un de ces voyages. Le Colibri Chantant ça te dit quelque chose ?

Ruika réfléchit et effectivement, ça lui disait quelque chose. Elle avait coulé ce bateau et tous ses passagers avec. Elle soupira.
La femme lui attacha les mains dans le dos, puis ils la menèrent dans les escaliers. Ceux menant à la liberté et à sa mort. Elle fut ensuite placée dans une calèche qui essuya à plusieurs reprises les tirs de légumes, poissons et autres joyeuseté peu fraiches. La clameur de colère de la ville lui était destinée. Elle se demandait si le Faucheur serait jugé le même jour… elle se demandait même s’il serait jugé tout court. Un homme comme lui… mieux valait l’étouffer dans son sommeil.
La calèche s’immobilisa et elle entendit des gardes éloigner la populace pour qu’elle puisse sortir. Pourtant, ils ne semblaient pas motivés à leur tâche et à peine mit elle un pied dehors, qu’elle essuya un coup de poing qui l’envoya s’écraser au sol.

- Reculez ! _
Hurla un soldat.
- Abat la sorcière !!!
_ Scandait la foule.
Ruika se releva et elle sentait monter en elle la haine qu’elle éprouvait pour les humains. Elle la sentait bouillonner en elle.

- Silence peuple ! Jugement sera rendu mais pour cela un procès doit avoir lieu alors plus vite vous dégagerez le chemin, plus vite nous pourrons lancer les festivités et le feu de joie.

Ruika reconnut la tenue de juge que l’homme qui venait de s’exprimer, portait. Elle leva le regard vers la place centrale et y voyait, érigé, un bucher. Son destin était déjà décidé. Elle avança sous bonne garde et entra enfin à l’abattoir.

C’est dans un brouhaha généralisé qu’elle fit son entrée. Elle vint se placer sur le banc des accusés et se tourna vers le jury. Composés d’hommes d’un certain âge, elle comprit rapidement ce qui les avait réunis… l’envi de vengeance pour les leurs. Beaucoup d’entre eux avaient une stature de marins, d’autres parlaient à voix basse des hommes et femmes qu’ils avaient perdu sur les flots.

- Tu n’as aucun moyen de t’en sortir, sorcière car tu es responsable de la mort d’au moins une personne au sein de chaque famille représentée dans ce jury.

La personne qui venait de lui adresser la parole était son avocat… Elle eut un sourire pour elle.

- Silence ! Je demande le silence
_ Le juge prenait place et appuyait ses propos d’un marteau de bois qu’il cognait contre sa table. _ Nous sommes réunis aujourd’hui pour juger mademoiselle Ruika Yoi, seconde du capitaine Ashtenn Brike reconnu coupable de piraterie au sein du bâtiment l’Alyzée. Etes-vous bien Ruika Yoi ? _ Le juge s’avança sur sa table et releva ses lunettes pour mieux la voir.
- Oui. Je suis Ruika Yoi.
_ Elle n’avait pas de raison de le nier. Aujourd’hui, elle était prête à assumer.
Le juge se réinstalla profondément dans son siège et commença à lire les différents chefs d’accusation.


Piraterie
Meurtre au premier degré
Meurtre au second degré
Usage de la torture
Vol aggravé
Prostitution


A chaque mention que le juge lisait, la faucon se souvenait de l’une de ses exactions. Elle avait coulé des bateaux par la force des vents qu’elle déclenchait. Elle avait tué des marins au combat. Elle en avait exécuté sous ordre de son capitaine de sang-froid. Elle avait regardé ses hommes violer des femmes innocentes. Elle les avait regardés leur retirer toute dignité comme ils lui avaient retiré la sienne. Ses crimes étaient si nombreux autant pas ses actes que par son manque d’action. Elle était restée passive devant la cruauté et celle-ci était devenue la sienne. Chaque mot l’incombait. Avait-elle vraiment fait tout ce dont on l’accusait… Oui peut être. Mais plus elle l’écoutait moins cela lui semblait justifiable. Quand la liste se finit, la salle était devenue silencieuse. Ruika se rendait alors compte de la monstruosité de sa personne.

- Avez-vous quelques choses à dire pour votre défense ?


Ruika se racla la gorge. Elle ne savait plus quoi dire. Quels mots pourraient défendre de telles atrocités. Pourtant elle devait dire quelque chose. Elle devait s’expliquer, essayer. Jusqu’à présent elle ne pensait pas devoir justifier ces actes…mais aujourd’hui, devant cette assemblée, elle avait envie de le faire, de parler, d’exposer sa vision des choses pour qu’ils la comprennent avant de la juger…

- Je…

- Brûlez là !!! C’est une sorcière, un démon ! Elle ne mérite pas la parole !!! _
L’homme qui s’était exprimé joint ses mots à un jeté de seau rempli de sang de porc qui vint recouvrir la jeune femme. _ Les putains comme elle, ne mérite que de rôtir en enfer.
A son cri, plusieurs personnes se joignirent. L’estrade du public tremblait sous les pas furieux de la populace. Deux d’entre eux lui crachèrent au visage. Elle leva le visage vers eux. Maculée de sang, elle ressemblait réellement à un démon.

- SILENCE DANS LA SALLE !!! Nous sommes dans un tribunal et tout le monde a le droit à la parole surtout avant de mourir.

Ruika ne pouvez pas se dégager les cheveux de son visage alors elle n’en fit rien. Elle se retourna vers le juge et le remercia intérieurement de cette chance qu’il lui donnait.

- Mon nom est Ruika Yoi, et je suis née dans les vallées de Pheonicis. J’étais professeur avant de devenir le monstre que vous avez décrit. J’apprenais aux jeunes enfants à voler, à affronter Eole, à le dompter, à l’aimer.

- Menteuse, nous savons ce que tu es !

- Je ne nie pas avoir commis toutes ces choses. Mais je voudrais m’expliquer. Ou plutôt, je vous dois une explication à vous qui avez perdu un être cher.

Ruika leva son regard vers les membres du jury puis vers le juge. Il l’invita à parler d’un geste de la main.

- Je n’ai jamais voulu devenir pirate mais un jour c’est devenu mon quotidien. Tu suis ou tu meurs voici le choix qui m’a été donné. Alors j’ai suivi car je n’avais pas le courage de mourir. J’ai alimenté ma haine envers les Beorcs à chaque combat car je les tenais tous pour responsable de ma captivité, de ce que j’étais devenue, de ce que j’avais perdu. J’ai essayé de résister, j’ai vraiment essayé…
_ Elle se retourna et déchira le dos de sa robe pour exposer ses cicatrices si hideuses aux yeux de tous. Le jury eut un mouvement de recule _ Je vous jure que j’ai essayé. Mais ils m’ont brisée… Ils m’ont tout pris, ma famille, mon frère, mes ailes, ma dignité, ma liberté… même mon identité… Alors je suis rentrée dans le moule, et j’ai tué. Vos fils peut être ou vos frères… Je ne sais pas… _ Elle en avait tant tué…Elle ne pouvait même plus les compter _ Je le reconnais et je suis prête à racheter mes crimes de quelques manières que ce soit. Mais avant de me juger, dîtes moi ce que vous auriez fait à ma place ?

Le silence était retombé dans la salle. Se posaient-ils réellement la question ? Elle en doutait. Elle chercha une réponse dans leurs yeux, dans leurs paroles échangés à demi-mot. Quelque chose n’importe quoi. Qu’aurait dû être sa réaction ? Comment aurait-elle dû agir ?

- J’aurais continué à lutter. Je serais mort pour respecter ce que je suis. Un honnête marchand qui ne s’appuie pas sur les autres pour survivre. Je serais mort la tête haute pour ne pas ôter celle d’innocents. Je n’aurais pas eu la lâcheté de simplement me laisser guider par le flot de cruauté qui s’abattait sur moi. Votre histoire est certainement dramatique mademoiselle mais c’est vous qui l’avait laissé le devenir. Et aujourd’hui je doute que vous puissiez racheter vos crimes si ce n’est par votre vie.

L’homme qui avait pris la parole était un membre du jury. Large d’épaules, haute stature, un marin sans hésitation. Il possédait une petite quarantaine et sa voix portait loin. Son regard bleu azur était d’une pureté égale à ses paroles. Ruika se demanda si elle l’avait déjà rencontré… peut être l’avait-elle même affronté.

- Je vois. Alors ma mort était la seule solution au final…Vous avez certainement raison. Alors je paierais de ma vie puisqu’il s’agissait de mon destin dès le départ.

Ruika baissa la tête et tout lui sembla clair. Elle n’aurait pas dû lutter pour sa survie et simplement suivre son frère dans la mort. Elle aurait dû le comprendre, la Déesse voulait sa mort sinon pourquoi lui aurait-elle pris tout ce qui lui était cher, jusqu’à son enfant en son sein. Ruika était destiné à mourir depuis toujours.
Le reste du procès n’était que broutille administrative. Elle regardait droit devant elle et des larmes emplissaient son regard sans couler. Elle acceptait sa mort mais elle la craignait, elle était si effrayé. Elle l’avait si longtemps repoussée, elle s’était avilie pour la tenir à l’écart et finalement elle la rattrapait. Elle ferma les yeux.
Le procès prit fin une heure plus tard, peut être deux. Elle avait l’impression d’être déjà loin. La sentence était prononcée. Elle se leva de son banc et manqua une marche dans sa descente hagarde, mais le vent la rattrapa d’un mouvement amical. Même sans ses livres, la magie d’Eole l’accompagnerait jusqu’à la fin.
Le juge descendit de son estrade et décida de la mener jusqu’au bûcher. Il voulait certainement être aux premières loges pour assister à sa mort. Elle se tourna vers lui alors que trois gardes les entouraient.

- Pensez-vous que cela fait mal de mourir ?
_ Ruika lui posait cette question en pensant à toutes ces vies qu’elle avait retirées sans jamais se la poser.
- Parfois c’est moins douloureux que de vivre.
_ Elle le regarda légèrement perdue.

Cette phrase avait un sens tout particulier pour elle. Sa vie n’était qu’un enchainement de drames et de tragédies et elle l’avait vécue en victime égoïste. Elle ne s’était jamais rebellée, jamais pour les bonnes raisons. Elle méritait son châtiment.
Le juge se tourna alors vers elle et elle lut dans ses yeux de la compréhension.

- Prenez ceci et mâchée le. Vous ne ressentirez alors plus la brûlure des flammes. Vous n’avez pas besoin de souffrir plus que vous ne le faites déjà.

Ruika le regarda en avançant, elle avait les mains dans le dos, elle ne pourrait jamais prendre ce poison… Soudain, l’homme lui décocha une claque qui la jeta au sol et le poison entra dans sa bouche alors qu’il se penchait pour la relever.

- Mâche, Ruika !

La jeune femme se fit relever et des gardes écartèrent le juge d’elle. Elle le regarda s’éloigner et elle se mit à mâcher. Pourquoi avait-il pitié d’elle… elle avait pourtant tué son fils. La comprenait-il ? Est-ce qu’il lui pardonnait ? Non c’était impossible. Il souhaitait simplement la voir mourir pas forcément la voir souffrir. Elle leva les yeux au ciel et l’en remercia. Elle non plus ne voulait pas souffrir.

On la fit monter sur le bûcher et ses mains furent solidement attachées. On lui envoya encore des pierres et fruits pourris qu’elle reçut sans broncher. Elle ne les ressentait pas, elle ne ressentait plus rien.
Alors c’est ainsi qu’elle mourrait… seule, sans avoir revu sa mère, sans avoir vengé son frère, dans la honte, pitoyablement… mais sans douleur. Le bourreau mit le feu au bûcher et son regard se posa sur la foule hurlante. Les toxines paralysèrent son corps, petit à petit. Elle ne sentait pas la chaleur des flammes. Elle avait froid… Ses paupières se fermèrent, sa respiration s’arrêta et elle glissa, elle glissa de l’autre côté pour rejoindre son frère et son père.

- Pardonnez-moi d’avoir tant tardé. Je suis vraiment désolée.

Elle sentit le vent caresser sa joue, attiser les flammes… c’était comme un doux baiser d’adieu.


Ruika Yoi mourrut un 19 juillet par une après-midi ensoleillée et légèrement venteuse.

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