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 Entre Ciel et Terre [PV Maëlly]

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Isaak
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MessageSujet: Entre Ciel et Terre [PV Maëlly]   Dim 30 Mar - 21:40

ENTRE CIEL ET TERRE


La Laguz prit l’initiative presque inconsciente de ramener son protégé chez lui. Un acte bienveillant, digne d’un voyageur remettant des œufs en place dans un nid cerné de prédateurs affamés. Le seul souci, c’était que ce nid n’était plus que ruines, et que l’œuf avait éclos, donnant naissance à une larve rampant et semant la confusion. Belogor n’était qu’un champ de cadavres poussiéreux, où germaient les larves de mouche. En outre, Louka ne connaissait pas le chemin du retour. Il connaissait les grands pays, leurs capitales, les reliefs animant ce continent, mais il n’avait jamais voyagé au point de pouvoir établir d’itinéraire. Pour autant, du haut de ses dix années spirituelles, il choisit de faire cap vers les hautes montagnes de Begnion, dans l’espoir de retrouver son foyer. Uriel lui manquait. C’était une présence qui lui semblait indispensable. Le moine était un pilier dans sa vie, le père qu’il n’avait jamais eu. Un modèle de pensée, et d’excellence. En plus d’être un grand orateur, et un sage des plus disciplinés aux pratiques du monastère, Uriel avait beaucoup voyagé avant de revenir à Belogor. Il connaissait Tellius dans sa globalité, faisant quelques exceptions des farouches territoires Laguz. Dans cette situation, l’enfant aurait apprécié d’être en compagnie de son mentor. Il devait à la place s’en remettre à une zoomorphe dont l’animal totem n’était autre que celui qui dévorait les carcasses de ce qu’il restait de sa fratrie.

Il dut s’en remettre alors à sa faculté de déployer ses ailes, et de prendre son envol. Sur le dos de la corvidé, il s’émerveilla du paysage. Les nuages dansaient autour de lui : en haut, en de vastes plaines lactescentes, en bas en troupeaux de moutons cotonneux. Le temps effaçait les habitations, et Sileb la maudite fut rapidement un souvenir vite balayée de la conscience des deux êtres. Des étoiles peuplèrent les iris du garçonnet : il accomplissait un rêve de Beorc, celui d'Icare. L'enfant se sentait éternellement reconnaissant envers son ange gardien pour l'avoir l'espace d'une journée rapproché un peu plus d'Ashera. Il vivait dans les hauteurs de Daein, perdu entre Ciel et Terre.

Au cours de la traversée de l’empyrée, Louka choisit d’en raconter plus à son propos. Il se devait après tout de se présenter auprès de sa bienfaitrice qui agissait simplement pour le plaisir de son protégé. Il décida de lui parler d’Uriel, qu’elle ne connaissait pas. Cet homme qui représentait beaucoup pour lui, et dont il avait évoqué le nom au cours de sa rencontre avec Maëlly dans la taverne de Sileb, refuge de lucidité. Il voulait de la même façon lui parler de l’abbaye de Belogor, sa maison, son pays.


❖ Uriel, c’est … hum… c’est comme un père pour moi ! Il m’a pris sous son aile lorsque je n’étais qu’un tout petit orphelin, et m’a ramené à Belogor avant de s’occuper de moi. Il est très gentil ! J’aimerai beaucoup te le présenter ! Et Belogor… c’est un grand monastère, perché dans les montagnes. Là-bas, on est des centaines, voire même un millier, je ne sais pas trop. Mes amis et moi sommes comme ça au plus près d’Ashera, Celle qui veille sur nous. Chaque jour nous lui rendons hommage, et en retour elle nous apporte le soleil en permanence. C’est un endroit très paisible, qui n’a jamais connu la guerre, ni la famine. C’est parce que la Déesse nous a appris à vivre dans l’harmonie avec les montagnes.

Peut-être qu’il agaçait son allocutrice aviaire avec ses propos religieux. Mais surtout, il peignait une réalité archaïque, engloutie dans un passé sombre et morbide. Il fut un temps où le monastère de l’Ordre du Soleil Blanc était un havre de paix. Aujourd’hui, de la paix ne subsiste que le silence, celui des morts. Un soleil noir oppressait la foule d’insectes et de charognards, ainsi que les rares survivants du désastre. Un vent de mélancolie balayait les cendres et poussières des chemins abandonnés. Mais Louka ne pourrait jamais se douter qu’un tel lieu avait remplacé son foyer. Il ne pouvait douter. Il appartenait mentalement à un temps perdu, mêlant innocence et harmonie. Un temps révolu, qui le détruirait à jamais si sa réalité venait à croiser la vraie.

❖ J’espère que les autres ne seront pas trop inquiets de mon absence. Mais dis-moi, Maëlly, d’où viens-tu toi ? Ta maison est-elle loin d’ici ?

Faisant preuve d’une maladresse enfantine à l’égard de cette marginale de la vie, Louka haleta par la suite. Dans les cieux montagnards, l’oxygène se faisait denrée rare. La nécessité de poser pied à terre devenait une obligation. De son œillade juvénile, le quidam à la crinière hélianthe désigna un pan de pierre suffisamment vaste pour accueillir les deux heimatlos. L’occasion idéale pour la Laguz de reprendre son apparence triviale, et de répondre ainsi aux quelques questions de son protégé. Une fois à destination, l’enfant vint s’asseoir contre la paroi, et observa attentivement le visage de l’archange aux ailes d’ébène. Un déjà-vu le hantait. Pour autant, cette impression était à moitié erronée. Ce n’était pas lui qui avait fait la rencontre de cette personne, mais bien une autre facette de sa psyché. Un döppelganger pouvant surgir à n’importe quel instant…
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Maëlly
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MessageSujet: Re: Entre Ciel et Terre [PV Maëlly]   Dim 13 Avr - 15:46


ACTE II — Scène #3 — Entre Ciel et Terre.


« Ce sera toi et moi, face à ces monstres exécrables, face à la Haine. Je te suivrai jusqu’au bout, quoi qu’il advienne. »


Un long vol, paisible. Une tentative de sauver ton petit protégé, alors que tu ne savais rien de concret à son propos. Qu’est-ce que « Belogor » ? Ce nom n’est rattaché à aucun de tes souvenirs, et même avec tes voyages, tu n’avais jamais eu l’occasion d’y poser les pieds. À l’entendre, il s’agit d’un endroit presque parfait, où la croyance d’Ashera régit tout, chaque parcelle de leurs vies. Croire en une Déesse, hein ? Tu ne comprends pas vraiment pourquoi, mais si cela leur permet d’être heureux, pourquoi pas. Petite, tu acceptais l’idée qu’une puissance supérieure puisse totalement changer le monde, mais aujourd’hui … Tu te dis que ces deux femmes ne sont que des entités mentionnées par les Hommes pour se donner des points de repère. Ils sont tellement perdus et seuls qu’ils se rattachent à tout ça. Ou alors c’est parce qu’on le leur a inculqué, et il est parfois difficile d’aller à l’encontre de l’endoctrinement. Oui, parce que pour toi, c’est clairement de l’endoctrinement. Endormir l’esprit d’un enfant sous ces principes – qui t’apparaissent comme ridicules – de manière à ce que ces derniers basent leur vie dessus et perdent leur libre-arbitre. Néanmoins, tu ne diras rien de tout ça à Louka, tu ne veux pas apparaître pour une crétine impie, et tu ne voudrais pas le décevoir. Alors tu te contentes d’écouter, et de garder l’excuse de la transformation pour ne pas répondre.

À l’écouter, ce petit ange s’est tout simplement égaré. C’est un oisillon tombé du nid, qui a décidé d’avancer, mais s’est trompé de chemin. De là, il a poursuivi sa route sans savoir où il allait. Ou alors c’est autre chose. Tu n’arrives pas à bien le cerner, et tu te demandes pourquoi il a atterri là alors qu’il aime autant son monastère. Il a, en plus de ça, l’air d’être plutôt bien entouré. Alors pourquoi ? Peut-être que la cause est plus profonde que ce que tu penses. La fugue étant à éliminer, tu te demandes bien ce qui s’est passé pour que tu finisses par le retrouver là. Le problème est que, maintenant que tu as décidé de le ramener, tu devras te résoudre à le laisser partir. L’accepteras-tu ? Seras-tu d’accord avec le fait de te retrouver seule à nouveau ? D’un seul coup, tu hésites.

Pensive, tu obéis à Louka lorsqu’il te demande d’atterrir. Tu poses doucement tes serres sur le sol et le laisse descendre, avant de redevenir une femme. Tes cheveux retombent en cascade sur ton dos, et le froid mord ta peau. Tu inspires un grand coup et viens t’installer près de lui. Les siens se font sûrement un sang d’encre pour lui … Pas comme si c’était ton cas, haha. Tu soupires un instant et fixes l’horizon, songeuse. Et les tiens, que font-ils ? Où sont-ils ? T’ont-ils vraiment oubliée ? Ça fait longtemps, si longtemps … Tu te rends compte qu’au final, la douceur des bras de ta mère, la connerie de ton frère, tout ça … Sont des choses qui te manquent affreusement. Ton cœur est creux, vide. Tu as toujours tes souvenirs, c’est déjà ça … Tu notes quand même de retourner voir tous ces gens chers à ton cœur une fois que la tempête sera passée. Cela leur fera un tel choc de te retrouver … Malheureusement, cela les rendra d’autant plus anxieux et nerveux quant aux humains. Ces humains monstrueux qui t’ont détruite pendant plusieurs années. D’un seul coup, tu hésites à retourner les voir. Ce ne serait pas le moment de débuter un génocide, n’est-il pas ?

Puis, tu te tournes vers Louka, un léger sourire sur les lèvres. « Je viens de Kilvas, une île très loin d’ici. Je suis partie il y a bien longtemps maintenant, désireuse de découvrir le monde, et de fil en aiguille, j’ai atterri à Daein. » Un résumé court, qui supprime bien des détails … Mais qui sait, selon ce que tu lui dis, il finira peut-être par redevenir parano ? Quel personnage étrange et extrêmement sensible. Et … Tu ne veux pas. Tu ne veux pas que l’ambiance change. Pour la première fois depuis longtemps, tu as l’impression d’être bien ici. D’être à ton aise. Tu ne te sens pas acculée, ni détestée, tout va bien. Le silence ambiant te repose, et la présence de Louka t’apaise. C’est divin. Tu fermes les yeux et bascules la tête en arrière. « Tu ne sais vraiment pas comment tu es parvenu jusqu’à Sileb, Louka ? » Après tout, sait-on jamais ? Peut-être que certaines bribes, cachée au fond de sa mémoire, te donneront la réponse ?

Tu soupires doucement, et fermes les yeux. Tu ne sais pas du tout comment agir avec ce petit. Tu poses alors maladroitement ta tête sur son épaule. Il n’a pas l’air de déprécier ta compagnie, mais tu ne voudrais pas … Le déranger ? Tu as l’impression d’être une paria, qui a oublié ce qu’était l’amour, la douceur, la tendresse. Tu as simplement fermé les yeux en attendant que la terreur passe, et te voilà, incapable de comprendre ce qui t’arrive. C’est étrange, désagréable. Comme s’il allait te rejeter d’un seul coup. Tu n’es qu’un monstre après tout, n’est-ce pas ? Cette pensée t’arrache une grimace et tu te recroquevilles, enlevant directement ta tête de son épaule. De petits spasmes te traversent. Espèce de monstre. Tueuse. Assassin. Pourriture. Il va te cracher dessus, te rejeter, comme tous les autres. « Ne t’en va pas … », murmures-tu, imperceptiblement, comme une simple phrase lancée à l’inconnu pour ne jamais te perdre à nouveau. Mais tu finiras seule, tu le sais.


« La tendresse nous désertera, et finalement, il n’existera plus rien. Les Anges se diront au revoir. »


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MessageSujet: Re: Entre Ciel et Terre [PV Maëlly]   Lun 13 Oct - 23:19

« Farewell, Sweetheart. »

« Ferme-la ! »

Un grand clac retentit. Ta tête cogne quelque chose de froid et dur. Tu ne parviens pas à distinguer ce que c’est. De toute façon, tu ne peux plus rien distinguer. Il fait trop sombre, trop froid. Quelque chose roule le long de ta tempe, puis ta joue, avant de finir sa course sur le sol, mollement, lamentablement. Tu poses ta main sur ta tête. C’est chaud. C’est douloureux. C’est continu. C’est … du sang ? Un autre coup, et ta tête te tire vers le sol. Ton corps est lourd. Tu ne perçois plus rien, juste cette douleur insoutenable qui te martèle le cerveau. Si tu survis à cet assaut, tu as de la chance, Maë … Tu essayes d’y croire, mais, au fond … Tu t’en fiches. Tu as déjà tout perdu. Tu fermes les yeux et te laisses border par la nuit, si chaude et accueillante en comparaison à ton calvaire. Elle te tend les bras, délicate, souriante. Tu te laisses docilement faire, et te voilà partie dans une nouvelle dimension, bien plus belle.

*******

Clap, clap, clap ; Cling, cling, cling …

Le cliquetis du métal au loin aiguise tous tes sens. Tu tends l’oreille, alerte, paniquée. Quelque chose te fait peur dans cette histoire, tu as un très mauvais pressentiment, qui en devient presque viscéral. Tu soupires longuement et finis par te ressaisir. Ton protégé est malade, et si ces gens te veulent pour tes crimes, il faut que tu l’en préserves. Il prendra peur de toi, sinon, et … Tu ne le reverras peut-être plus jamais. Délicate, mais inflexible, tu attrapes la main de Louka et le mènes avec toi sur un arbre, te posant sur une branche suffisamment cachée par les feuilles. Le cliquetis n’a de cesse de se rapprocher et, au vu du tintamarre assourdissant et inharmonieux qu’il produit, tu comprends qu’il n’y a pas qu’un soldat, mais probablement une dizaine, et qu’ils sont pressés. Néanmoins, tu ne sais pas s’ils viennent de Daein et, par extension, pour toi. Tu ignores également s’ils viennent d’ailleurs, et, a fortiori, pour quelqu’un et quelque chose d’autre.

Quand ils sont suffisamment proches pour que tu les remarques, tu constates que leur armure n’est pas celle des chevaliers de Daein, mais bien celle de Begnion. Après qui en ont-ils ? Un des gros chevaliers finit par ronchonner : « Roh, mais il a pas pu aller bien loin, ce gringalet ! ». Sa voix est hachée par sa respiration haletante. Ça doit être pénible pour un homme de se trimballer avec cette grosse armure. Ah, si seulement c’était un oiseau … Tu le nargues intérieurement. Mais au fond de toi, tu hésites. Ton esprit effectue un petit retour en arrière et tu arques un sourcil : mais qui est ce « gringalet » ? Quelqu’un de faiblard, certes, mais qui ? Qu’a-t-il pu arriver à Begnion ? Tu lances un regard inquiet à Louka, qui semble défaillir. Il est pâle comme un linge, encore plus que d’habitude. Ton incompréhension grandit, mais tu ne t’en soucies pas plus que ça : tu n’as pas de temps à perdre, tu chercheras à comprendre plus tard. Tu attends que les gardes passent, puis tu redescends de ton perchoir, ton protégé sur les talons.

Commence alors la course la plus longue que tu n’aies jamais faite. Ayant repéré des archers, tu gardes en mémoire de ne pas te transformer : on sait jamais, après ton traumatisme, tu n’as pas envie de recommencer. Ta pression sur la main de Louka se resserre à mesure que vous avancez. Le pauvre petit n’a pas ton endurance, et vous êtes contraints de vous arrêter sur le côté l’espace d’un instant. Tu reprends ta respiration lentement, de façon à ne pas être entendue, puis tu maintiens ton attention sur les alentours, à la recherche des soldats possiblement sur vos pas. Pour l’instant, personne. Ça devrait aller.

Tu es tout de même dégoûtée. Cette course-poursuite vous a coupés dans une jolie conversation, pendant laquelle tu pouvais tenter d’en savoir plus sur le mystère Louka. Ce petit homme chétif aurait pu t’en dévoiler davantage sur sa couverture, mais non. Il a fallu que vous vous envoliez d’un coup pour échapper à ces voraces. On ne sait jamais ce qu’ils veulent, ni ce qu’ils feront. Imprévisibles et dangereux, comme n’importe quels soldats. Tu hais l’autorité. Ils sont tout le temps sur le dos de tout le monde et, derrière leurs grands discours de sauveteurs, d’anges gardiens – et blablabla – ils ne valent pas grand chose, sans parler de leurs actes, qui ne sont pas toujours exceptionnellement bons. Un sauveur qui tue un homme, vous y croyez, vous ? Tu parles d’un exemple à suivre ! Tu pestes dans ton coin. Impossible de te replonger dans ta chasse à l’information, maintenant, c’est trop tard. Tu reprends la main de Louka et vous vous élancez à nouveau dans cette course effrénée.

Sauf que, cette fois … Tu n’as pas autant de chance.
Le cliquetis revient, plus prononcé encore, de toutes parts. Partout autour de vous, il y a un nombre incalculable de soldats qui s’amassent, s’entassent, vous encerclent. Tu fermes les yeux, inspires profondément. Une flèche frôle ton épaule, te faisant sortir de tes songes. Quelque chose de dérangeant. De terrifiant. Tu déglutis, ayant compris ce qui vous arrive. Vous êtes cernés, mais pas par les personnages que tu as pu apercevoir tout à l’heure. Ceux-là ont l’air plus forts, beaucoup plus forts.

« Si tu bouges ne serait-ce qu’une plume, je t’empaille et t’offre à ma petite fille. »

Une voix, au loin. Incroyablement sèche. Celle d’un homme, âgé probablement, qui te domine en tout et pour tout. Un archer. D’élite, qui plus est. L’archer qui a pour réputation de ne jamais rater sa cible, voire de la tuer sur le coup. Un seul mouvement et c’en est fini de toi. Une boule se forme dans son estomac. Ta main serre davantage celle de Louka, que tu rapproches de toi, maladroitement. Tout, mais pas lui. Tout, mais pas lui. Tout, mais pas lui. Une litanie de plus en plus insensée à mesure que tu te la répètes. Une nouvelle flèche passe, t’érafle le bras, se fiche dans le sol.

« Qu’est-ce que je t’ai dit, la sous-humaine ? Tu. Ne. Bouges. Pas. »

Grand silence. Tu te mords la lèvre pour contenir un râle de douleur. Quelle horreur. Il en veut aussi à Louka. Que vas-tu faire ? De l’ombre, de cette masse de soldats qui en a profité pour vous entourer, un homme sort. Il est extrêmement mal habillé, mais une certaine classe émane de lui. Tu penches la tête pour le détailler davantage. Un grand homme, brun avec des yeux sombres, vêtu de haillons divers, armé d’un arc de grande taille. Tu arques un sourcil. Tu ne l’as jamais vu. Il te pointe du doigt, puis dévie en direction du petit homme.

« Toi. T’es pas humain, hein ? Y a un truc en toi … »

Une moue dégoûtée transperce son visage de porcelaine. Il a l’air si pur, et si souillé à la fois. Un paradoxe vivant, comme tu n’en as jamais vus. Il crache par terre pour manifester davantage sa haine. Un mollard pâteux, qui s’écrase violemment sur l’herbe jaunie. Tu frissonnes. Tu ne l’as jamais vu. D’où sort-il ? Begnion ? Daein ? En tous les cas, il vous en veut, à tous les deux. Toi parce que tu n’es qu’une vulgaire sous-humaine – tss … – et Louka … Parce qu’il est Louka. Tu as envie de le prendre dans tes bras et de t’envoler vite et loin, mais … Tu sais que tu risques d’en mourir, tout en aggravant la situation pour Louka. Alors tu ne bouges pas, mue par une volonté de le protéger jusqu’au bout, même si, finalement … Tu as perdu, Maëlly. Dans la course pour venir en aide à un autre, tu as aussi raté. Tu es incapable de prendre soin de toi, alors prendre soin d’un tiers …

« Écartez-vous. »

Tu lâches la main de Louka, te décale. Au signe de main qu’il te fait pour lever les bras autour de ta tête, tu t’exécutes. Tu jettes un regard furtif à ton petit ange, qui semble parfaitement tétanisé. Que fait cet homme ? Quelle est cette assemblée ? Qu’est-ce qu’il vous veut ? Pourquoi vous ? Puis tes questions s’arrêtent, tout ton corps s’arrête, plus rien ne te répond. Un grand coup sur l’arrière du crâne, tu tombes. Un autre coup dans le dos, puis un devant, dans le ventre. Et la nuit. La nuit noire, qui apaise des minutes de torpeur. Cette nuit, si douce, si fraîche, qui te rappelle que tu es vivante, mais te questionne sur ta propre mort. Vas-tu mourir, Maëlly ? Oh, vas-tu mourir ? Et Louka ? Tu n’en sais rien.

*******

Tu ouvres les yeux. Il fait sombre autour de toi. Tu as mal partout. De larges hématomes tapissent ton corps, entachent tes cicatrices déjà nombreuses. Tu te redresses péniblement, émettant de petits gémissements de douleur suite à ce simple mouvement. Que s’est-il passé depuis ? Tu tapotes un peu partout autour de toi à la recherche de quelque chose de familier, mais rien. À part cette paille presque moelleuse, rien. C’est presque un cinq étoiles comparé à ton ancienne « maison ». Tu scrutes les alentours, perdue. Personne. Toujours rien. Et Louka ?! Ton cœur s’accélère, faisant pulser ton sang à une vitesse douloureuse. Où est Louka ?!

Tu te lèves, tentes d’esquisser quelques pas, avant de t’affaisser directement, t’écrasant à nouveau sur le sol. Tes forces te lâchent. De grandes enjambées viennent jusqu’à toi, des bruits de chaussures contre un sol dur, un peu trop froid pour ton corps. Tu grimaces. La porte qui te maintenait prisonnière s’ouvre. Une porte lourde, pas comme celle d’une prison. Donc tu es dans une cellule particulière ? Des mains gelées se posent sur tes bras, remontent le long de tes épaules. Des doigts fins, mais robustes. Une femme ? Non … Tu lèves les yeux, distingues quelque chose de semblable à une barbe. Qui est-ce, ça ? Tu vas pour t’exprimer, puis tu atterris sur cet inconfortable lit de paille qui te gratte le dos. Tes lèvres bougent difficilement, mais aucun son ne sort. Avant que tu n’aies pu dire quoi que ce soit, la porte se referme, replongeant la pièce dans le noir presque total. Tu fermes les yeux, fauchée par Morphée.

*******

« Mais tu vas arrêter de dormir, putain ?! »

Des gifles, encore des gifles. Tes joues sont gonflées, à force de prendre autant de claques dans la figure. Tu ne comprends pas. Ton univers tourne autour de toi, tu ne reconnais même plus ton agresseur. Tu en as oublié ce qu’il te voulait. Tu lèves tes deux mains pour attraper la sienne avant le nouvel impact. Chétive, tu dois forcer pour la tenir.

« Qu’est-ce que … » Une quinte de toux ensanglantée te coupe. « Qu’est-ce que tu me veux … ? »

Il se met à rire. Si fort que ça t’en donne mal au crâne. Tu as l’impression qu’il te donne des coups de marteaux depuis à tout à l’heure, à un rythme régulier, de façon à te réduire le cerveau en bouillie. Pourtant, il n’en est rien. Il ne fait que rire, te frapper, parler, partir. Jusqu’à ce que tu te réveilles. Mais là, tu es bel et bien sortie de ta léthargie, alors pourquoi ? Tu ne comprends plus.

« Tu es une sous-humaine, voilà pourquoi ! »

La haine. Encore la haine. Toujours la haine. Il n’y a jamais rien de plus. Une colère discriminatoire qui mène à des combats inter-raciaux qui n’en finissent plus. Tu craches une remontée de sang sur ses jambes, puis lui mets un faible coup de pied. Il repousse ta tête en arrière, tirant sur tes cheveux. Tu souris, finissant par ne plus rien sentir. Tu réitères, crachant en plus dans son visage, cette fois-ci. Tu rassembles tes dernières forces pour déployer tes ailes et pousser ton cri strident. Le cri. Celui qui peut te sauver la vie. Il recule, se tient les oreilles, tombe par terre, se met à hurler d’innombrables noms d’oiseaux. Tu te redresses difficilement, voles le flacon d’élixir qu’il gardait à sa ceinture, le descend d’un coup, et lui assènes un coup de chaise. Tu voles son épée, une petite épée violacée, plutôt bien affutée. Elle sent la même odeur que celle du sang, et est plutôt légère. Du fer ? Ou du cuivre. Tu n’en sais rien. Mais tu la gardes, elle te sera utile vu ton état.

*******

Les longs couloirs de ta prison te paraissent interminables. Ils se ressemblent tous, te donnent l’impression de ne pas pouvoir en sortir. Tu te sens déjà mieux depuis que tu as bu cet étrange breuvage, mais cela ne t’indique pas la sortie, et ça commence légèrement à t’enquiquiner. Tu serres l’épée que tu tiens dans la main, comme pour te rassurer. Des traces de sang montrent que tu ne l’as pas seulement regardée, et les cadavres derrière toi confirment les atrocités que ton apparence laisse supposer. Tes vêtements maculés de sang te donnent un air de prisonnière vorace, qui n’a pas hésité à tuer les autres pour s’en sortir. Ah, mais … C’est exactement ce que tu es, au fond. Un sourire amusé naît sur tes lèvres. Tu n’as toujours pas trouvé Louka depuis tout à l’heure, et l’autre type t’a dit qu’il avait été emmené ailleurs. Tu cherches quand même, dans l’espoir de trouver ne serait-ce qu’un indice, mais il te semble que rien de tout cela n’existe. Alors tu poursuis ta route, à la recherche de tout … et n’importe quoi.

*******

Un dernier gémissement d’agonie, puis il s’étale par terre. Tu te lèches les lippes, puis continues ton chemin. Cette fois, tu te diriges vers la sortie. Tu as des informations sur ton agresseur, sur ce qu’il est : Un marqué, archer d’élite mis au banc de la société à cause de sa race. Tu ne te souviens pas précisément de son visage, même si des bribes restent marqués dans ton esprit. Tu souris. Tu le retrouveras, tu retrouveras Louka. Tu leur feras payer à tous ce qu’ils t’ont fait. Ils mordront la poussière, tous autant qu’ils sont. Ils ne méritent que ça. Rien de plus, rien de moins. Juste la mort. Et la souffrance. La vengeance, hein ? Peut-être un peu. Mais aussi du plaisir personnel. Il est temps que le monde comprenne que la haine mène à la haine, et que le mal éradique le mal. Il faut détruire pour reconstruire. Peut-être que le monde porte encore des gens capables d’autre chose que de penser la haine. La discrimination. Le racisme. Au fond de toi, tu espères. Mais rien, ni personne, ne remplacera jamais Louka. Ton Louka. Tu tenteras de le retrouver, bien que tout le monde t’ait dit qu’il était mort, car l’espoir, jamais ne s’essoufflera.

Adieu, Louka. Puissent les étoiles me mener à nouveau sur ta route.



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