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 #4 — It has to be this way. [Reyns]

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Callie
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MessageSujet: #4 — It has to be this way. [Reyns]   Sam 22 Mar - 16:03


ACTE II — Prologue — It has to be this way.

Un crissement retentit. Le buisson se froisse, puis est totalement détruit, comme la plupart de ses comparses, déjà réduits à l’état de branches et feuilles désassemblées. Plus rien ne se tient, plus rien n’existe, tu as déjà tout détruit. Cette forêt se dépeuple peu à peu, sous l’assaut d’un monstre implacable, qui a tout oublié, tout, sauf la violence omniprésente du monde. La Haine pèse sur tes épaules, ronge ton cerveau, neutralise toutes tes pensées positives. Un sourire carnassier illumine ton visage. Toute ton humanité est morte, piétinée, désabusée. On l’a violée, puis on l’a laissée là, seule face à ce magnifique lance-flammes. Et sa colère a éclaté. Ses bras sont devenus des ailes, puis ses pieds des pattes, et puis plus rien. Le noir total. Elle s’est terrée au fin fond de sa carcasse, anéantie. Il ne lui reste plus rien. Il ne te reste plus rien. Hormis la colère, cette colère dévorante qui transforme ce monde en gigantesque chair à canon que tu te dois de détruire. Tout foutre en l’air. Oublier qui tu es, ce qui te motive. De toute façon tu n’es rien. Juste une poussière, comme les autres, à qui on a infligé plus qu’au reste du monde. Ton cœur est émietté, brisé. Comme tout le reste de ton âme, et de ton corps. Des ruines. Tu n’es plus qu’un amas de ruines capable de bouger, mais pas de penser. Tes mouvements sont mus par une rage folle, que tu ne connais pas.

Qu’est-ce qui t’est arrivé, Maëlly, qu’est-ce qui s’est passé ? Tu as tout oublié, plus rien ne te revient. Tu sais juste que, maintenant, tu dois réduire à néant tout ce qui t’entoure, ne laisser aucune trace. Pas d’animal, pas de plante, rien. La Mort doit reprendre ses droits, s’étendre sur cette forêt. Un lapin passe, innocemment. Tu le chopes avec tes serres, avant de l’écraser. Il explose, littéralement, recouvrant ton corps de sang, avant de tapisser le sol de ses viscères. Tu continues de voler, tentant de te poser tranquillement sur la branche d’un arbre pour te calmer. Les animaux ne suffisent pas à amoindrir ta colère, et les plantes ont encore moins d’effet. Tu ne réfléchis plus. Déconnectée, tu cherches une nouvelle proie. Quelqu’un d’autre à bousiller pour te faire les griffes. Mais ici, tu ne trouveras jamais ce que tu désires. Qui viendrait au cœur de la forêt, au beau milieu de la nuit, sans aucune raison ? Peut-être que tu trouveras quelqu’un à l’orée, un pauvre malchanceux qui n’aurait jamais dû passer par-là. Cette idée t’arrache un sourire interne. Ton pouls s’accélère rien qu’à l’idée de déchiqueter le corps d’un homme, d’un membre de cette race qui se dit supérieure. Les Beorcs, hein ? Pourtant ils n’ont rien pour eux. Ils sont faibles, chétifs, et manquent de crever à chaque fois qu’ils tombent sur plus forts qu’eux. Les Laguz peuvent aisément leur mettre la pâté, à ces égocentriques.

Tu bats des ailes pour prendre de la vitesse, et te poses sur une branche, à l’orée de la forêt. Ici, tu as déjà plus de chances de tomber sur quelqu’un. Une personne folle, probablement, qui a besoin d’air, ou n’importe quoi. Quelqu’un d’inconscient, de bourré, de taré, bref, quelqu’un de facile à atteindre. Tu trépignes rien qu’à cette idée. Puis, au bout d’un court instant à scruter l’horizon, tu entends un bruit dans les feuillages, non-loin de toi. Tu tournes la tête et scrutes attentivement. Éclairée par la Lune, ta proie se hisse doucement hors de plusieurs buissons. Tu la fixes un moment, te délectant de toutes les sauvageries que tu vas lui faire, des supplices horribles que tu vas lui infliger. Il titube, avant de s’écrouler par terre. « Maintenant ! », hurle ta conscience. Tu te dresses et fonds sur ta cible avec un plaisir malsain. Tu le heurtes de manière à le plaquer au sol. La chute lui coupe la respiration, et son cri est rapidement étouffé. Tu te poses sur son ventre, les serres bien plantées dans la chair. Comme un chat, tu tâtes pour tester la résistance de sa peau, ravie de voir qu’elle n’est pas si épaisse que ça. Ah, les Beorcs, faibles Beorcs. « Pourquoi ? » balbutie-t-il, faiblissant face à la peur qui le dévore. Tu lui infliges un grand coup de bec contre la poitrine pour le faire taire. Pas de pourquoi. Pas de question. Rien. Qu’il se taise, ou qu’il hurle de douleur.

Du bout des pattes, tu perces son épiderme, et toutes les couches qui le suivent. Il retient un cri d’agonie, mais tu accentues ton attaque pour qu’il s’exprime. Dans cette forêt, de toute façon, tu ne risques rien, hormis d’être face à un lapin choqué. Mais … Vu ce que tu fais de ces petits lapins, tout ira bien. Tu te mets de côté, de façon à pouvoir le saisir entre tes serres et t’écarter, pour te poser dans un coin plus tranquille. Une fois arrivée au bout de la forêt, tu le relâches et le laisses s’écraser contre le sol. Une marque de sang s’étend tout autour de lui, et tu viens finir ton travail. Il se débat activement, allant jusqu’à t’étaler un coup de poing en plein bec, ce qui attise ta colère. Brutale, tu lui plantes dans le cou, et perces la jugulaire. D’ici quelques secondes, il sera incapable de respirer, et mourra simplement. Peut-être qu’alors, tu te sentiras mieux.

Pourtant, quand tu relèves la tête, tu discernes une autre silhouette entre les arbres. Ah, quelqu’un d’autre ? Tu ne l’attendais pas de sitôt, pourtant ! Tu restes sur ton cadavre, tout en lançant à ce nouvel arrivant une œillade sombre, presque terrifiante. Plus on est de fous, plus on rit, non ? Et puis, quel irrespect de t’arrêter dans cet acte magique, merveilleux. Il vient de couper court à ton plaisir, et ça, ça t’énerve. Vraiment. Tu croasses bruyamment, comme pour le repousser, mais …  tu sais qu’il ne partira pas comme ça. Il est humain, après tout.
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Reyns
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MessageSujet: Re: #4 — It has to be this way. [Reyns]   Sam 22 Mar - 18:23


- Leoni… pourquoi les as-tu laissé faire ça ? _ Sa bouche était sèche alors que ses mains se refermaient sur le corps frêle et froide de Maria.
- Comme si je pouvais m’opposer au Maitre je l’ai déjà fait une fois pour toi, ça m’a couté très cher. Je ne vois pas pourquoi j’aurais réitéré cette erreur pour une petite dinde sans importance.
_ Sa voix était sèche et lointaine, Reyns ne s’était jamais demandé ce qui s’était passé après son évasion.
- Elle en avait pour moi.

- Eh bien tu aurais dû venir la chercher, plutôt que de la laisser se faire torturer pas le Maitre, jour après jour. Son agonie a été tellement lente et elle criait ton nom toutes les nuits priant dans un premier temps pour que tu viennes la secourir, mais te maudissant sur la fin.
_ Reyns resserra son étreinte, ses yeux étaient remplis de larmes mais elles ne voulaient pas couler, son cœur saigné et son âme torturée demandait le salut.
Il écarta une mèche de cheveux de son visage. Il aurait réellement voulu venir la libérer mais il ne pouvait pas. Plus que la peur qui l’avait tenaillé, il y avait ce secret qu’il possédait et ne devait tomber entre les mains d’homme du Fang… Il s’en voulait tellement de l’avoir aimée.

- Ses derniers mots ont été pour toi…

Le visage ensanglanté de Maria se tourna vers lui avec une expression démoniaque alors qu’elle lui saisissait la tête de ses mains décharnées.

- J’espère que ma mort te fera souffrir, Reyns, mon amour !


*

Reyns se réveilla dans un sursaut violent. Sa tête heurta le cuir d’un porc le regardant et le reniflant comme s’il faisait parti du décor. Il se releva précipitamment. Encore une fois, il avait trop bu et on l’avait jeté dans la porcherie. Reyns ne se souvenait pas de tous les détails de la soirée mais comme celles d’avant, elle avait été mauvaise. Il puait, il avait mal au crâne mais pire que ça, il avait mal au cœur. S’accrochant à la barrière derrière lui, il vomit ce qu’il lui restait de bière et de bile dans l’estomac.

- Hey le magicien, tu te sens mieux ?
_ La femme qui le regardait depuis l’encadrement de la porte était joliment ronde avec des formes là où une femme devait en avoir. Son corset faisait ressortir sa taille et sa poitrine, lui donnant un charme très vulgaire.
- J’ai besoin d’une douche et d’un verre d’eau mais je n’en mourrais pas.
_ A son grand regret.
- Viens avec moi, je vais prendre soin de toi.
_ Reyns se rappelait vaguement avoir dragué la serveuse, mais il ne saurait dire si c’était cette femme ou pas, sa tête le faisait trop souffrir.
- Je n’ai pas d’argent.

- Je n’en ai pas demandé.

Cette femme avait des goûts étranges mais si cela lui permettait de se laver, il acceptait.

*

Quand il eut fini, le sommeil ne le gagnait pas. Il ne le gagnait plus depuis bien longtemps. Le corps serrait contre le sien lui faisait l’effet d’un cadavre qui s’accrochait à lui. D’un mouvement de l’épaule, il la repoussa et se leva. Ses vêtements était encore humide mais il préférait partir avant qu’elle ne se réveille. Il ne faisait pas deux fois la même erreur. Il enfila son pantalon et ouvrit la fenêtre. La morsure du vent avait quelque chose de rafraichissant. Soudain il vit quelque chose au loin c’était un corbeau… non c’était un Laguz. Il ne le distinguait pas bien à cette distance mais il entendait presque le son de ses cris d’oiseau. Ruika… ce devait être Ruika, il n’y avait qu’elle pour apparaitre au pire moment de sa vie et lui remonter le morale en l’enfonçant plus bas que terre.
Enfilant sa chemise, il ramassa son bouquin de magie noir et sauta d’un mouvement leste depuis la fenêtre. Des chevaux étaient harnaché à une barrière, la fête battait toujours son plein dans l’auberge. Il se saisit de l’un d’eux et partit à sa recherche. Il ne la voyait pas très bien mais il la vit plonger puis s’enfoncer dans la forêt. Un hurlement lui signala qu’elle n’était peut être pas seule. Il abandonna le cheval pour entrer dans la forêt à son tour.
L’atmosphère était viciée par le sang, la rage, la haine. Reyns avait l’impression d’avoir de nouveau plongé dans son propre esprit. Il accéléra le pas et entendit de nouveaux cris d’agoni, ce n’était pas ceux d’une femme. S’extirpant d’un fourré il l’atteignit enfin mais… ce n’était pas elle.
Le croassement du corbeau n’avait rien de semblable avec les hurlements emplis de magie de son ange déchu. Sa posture animale n’avait pas la beauté ni la prestance de la dame du vent. Et maintenant qu’il y pensait… Ruika était un oiseau sans aile, incapable de prendre une forme animale.
Reyns eut un rire pour lui, il était vraiment au bout du rouleau pour avoir pu penser que ce serait elle. Mais non, ce n’était qu’un laguz dégénéré de plus, tuant sans pitié. Il n’avait pas besoin de ça.
Un dernier gargouillis lui signifia que sa victime était morte, il espérait qu’elle avait moins souffert que Maria. Ses yeux bleus se posèrent alors sur la bête qui lui faisait face. Par habitude, il évitait les mouvements brusques.

- Okay l’ami, on va faire comme si j’avais rien vu. Tu vas gentiment finir de te délecter de ta proie et moi je retourne sur mon chemin loin de toi on est d’accord ?
_ L’alchimiste parlait lentement, n’étant pas sur que le Laguz le comprenait. Il n’arrivait pas toujours à savoir s’ils étaient réellement civilisé ou pas.
Il fit un pas en arrière, puis un autre, sa main sur l’une de ses fioles.
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MessageSujet: Re: #4 — It has to be this way. [Reyns]   Dim 23 Mar - 16:52

La Lune couvre ton plumage. Le noir de tes ailes brille d’une lueur inquiétante. L’astre sélénite se reflète dans tes prunelles, tandis que tu fixes ton gêneur. Qu’est-ce qu’il fout là ? Tu regardes ton cadavre, puis reposes tes yeux sur l’inconnu. Pourquoi est-ce qu’il est venu ici ? N’a-t-il pas entendu ta victime ? Pauvre petit homme, qui a pourtant hurlé à s’en briser les cordes vocales … Tu sais pertinemment que de petites habitations entourent la forêt, et ce type en vient peut-être ? Alors, pourquoi ? Tu prends ça comme une mini-tentative de suicide, ou alors il s’agit d’un curieux. Peut-être un peu trop, d’ailleurs. Certaines personnes devraient rester couchées tranquillement au fin fond de leur lit, ils en oublieraient la laideur du monde, et n’auraient pas à se confronter à de telles horreurs. Ton for intérieur rit aux éclats face à la débilité de ce pauvre homme. Et il pense pouvoir partir, comme ça, sans rien dire ? Le territoire du chasseur est délimité, quiconque y mettra les pieds méritera des coups et blessures, une violence effroyable, terrifiante. Il n’aurait jamais dû se lever, ce soir. Jamais.

Tu te redresses, saisissant du bout des pattes l’intestin grêle de ta victime. Tu joues un instant avec, avant de le relâcher lorsque tu l’as émietté. Tu veux bien te délecter de ton petit mort, bien sûr, mais voilà. Il t’a coupée. Il t’a arrêtée en plein spectacle, et tu ne sais plus où tu en étais. S’il avait pu rester au loin, ne jamais s’interposer, même s’il ne veut rien te faire … De toute façon, il ne partira jamais sans rien dire. Les Beorcs passent leur temps à désigner, à mettre des noms sur les coupables, les criminels. Et il s’agit d’un témoin. Celui qui pourra donner ton nom au cas où quelqu’un trouverait le cadavre. Non, pas ton nom. Mais ton apparence. Dire que c’est toi, le corbeau, l’espèce de sale bête bien noire, qui vole et croasse bruyamment pour faire fuir ceux qui l’emmerdent. On ne dirait pas que tu es un monstre, comme ça, mais tout le monde le pense, et quand on te voit agir, peut-être est-ce vrai ? Il te dénoncera au meilleur moment, pour que tout te retombe dessus. Accepterais-tu de te faire à nouveau coffrer ? Surtout pour un petit fouineur qui n’avait rien à faire ici ? Bien sûr, que c’est mal, de tuer et de torturer. Évidemment. Mais tout ceci ressemble à une vaste blague. C’est ce que font tous les gens, pourquoi pas toi ?

Tu bats des ailes, et le fixes avec une froideur indiscernable dans tes yeux de corvidé. Comment est-ce que tu peux le tuer, lui ? Aussi bruyamment que l’autre ? Non, tu ne tiens pas à ce qu’ils rappliquent par dizaines, toujours aussi curieux de voir ce qui se passe dans cette drôle de forêt. Tu ne veux pas t’expliquer, ou quoi que ce soit. Tu te reposes sur ton cadavre, et le dégages vivement avant de te précipiter sur l’autre homme, que tu bouscules violemment. Tu vas te poser sur une branche d’arbre pour le scruter, et tenter de deviner qui il est, comment il est, s’il est puissant ou non. Il te paraît plutôt faible, chétif. Quelqu’un de fragile. De toute façon, le corps des Beorcs n’est que rarement robuste. Ce qui leur donne leur puissance ? Haha. Ce sont les armures ! Et il n’en a aucune ! Tes griffes vont se faire un plaisir de lacérer la chair, et ton bec se plantera partout avec une violence inégalable. Tu te délectes déjà. Rapidement, tu te relances, et passes de manière à l’attraper avec tes serres. Tu l’emmènes ailleurs, loin. L’orée de la forêt, c’est trop dangereux. Et tu n’as pas envie de faire de cette forêt un cimetière. Tu n’étais pas là pour ça au départ, et tu ne l’auras pas été en repartant.

Une fois arrivée au beau milieu de la forêt, tu le relâches et le laisses s’écraser sans une once de compassion. Qu’est-ce qu’il fout là ? Rien à battre. Ça ne t’intéresse plus. Tu te poses sur un arbre et quittes ta forme animale un instant. « Tu n’aurais jamais dû venir ici. » Une première menace, et sûrement la seule chose que tu lui diras de cette pseudo-rencontre. Tu redeviens corbeau, et te précipites à nouveau sur lui.

Alors, petit jeune, que feras-tu ? Ton côté prédateur s’échauffe, il s’excite au possible. Tu as encore envie de sang. Toujours plus d’hémoglobine. Des morts. Encore. Que le spectacle commence, et qu’il ne s’arrête jamais, oh, non, jamais … ♥
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MessageSujet: Re: #4 — It has to be this way. [Reyns]   Lun 24 Mar - 2:24


Reyns plongea sur le coté pour éviter la bête mais la fiole lui échappa des mains. Elle était plus rapide que ce qu’il pensait. Il se pencha pour la ramasser, sachant qu’il ne pourrait se battre sans ça. Mais alors que ses doigts se refermaient sur le verre, il se sentit soulever de terre. Les serres s’enfoncèrent dans la chair de ses épaules lui arrachant un cri de douleur. Il vit au loin la lumière de l’auberge-étape qu’il avait quitté et se fustigea de sa stupidité.
La course fut des plus désagréables, la douleur dans ses épaules et sa nausée lui vrillait l’esprit. Il ne se sentit même pas tomber, ni même heurter le sol. Il resta parterre et regarda le ciel étoilé. Il devait vraiment avoir contrarié la Déesse. Il se souvenait de son enfance espiègle et regretta d’avoir entrainer une invasion de cafard dans l’église de sa ville.

- « Tu n’aurais jamais dû venir ici.

- Ouais je sais…

Il jeta un rapide coup d’œil à la corbeau et lui trouva un léger air de ressemblance avec Ruika ou du moins, si on lui rajoutait dix bon centimètre, deux tailles de bonnet en plus, un air plus charmeur, des yeux ambrés, des jambes interminables et un sourire ravageur. Ouais en gros, il se demandait comment il avait pu la confondre avec son amie.
Elle se précipitait à nouveau sur lui, toutes serres sorties. Roulant sur le coté, il l’esquiva de peu et déboucha d’une main sa fiole qu’il avait gardé à la main et en bu une grande rasade. Ça faisait du bien. Il ferma les yeux et la laissa revenir sans broncher. Il sentit les griffes essayer de s’enfoncer dans sa peau, la trancher légèrement mais il n’y avait pas de douleur et très peu de sang. Sa potion de solidité avait rapidement agi et sa plaie à l’épaule commençait déjà à se refermer.
Reyns n’avait pas envie de se battre ou peut être que si, mais pas avec une fille. Il n’avait pas envie de la blesser, ni de la faire souffrir. L’horreur avec les nanas c’était leurs cris aigus. Il y en avait suffisamment qui hantaient ses rêves, il n’avait pas forcément envie d’être le bourreau qui les provoquait.

- Franchement, on doit vraiment faire ça ?

La créature fondit sur lui à nouveau faisant fis qu’il soit allongé et sans défense. Les griffes se plantaient à nouveau dans sa chair, et alors qu’il sentait une pointe de douleur, il la saisit d’une main. Reyns n’avait pas grand-chose pour lui, mais il avait appris à faire de son corps une arme. Il se retourna tout en maintenant la bête et la plaqua de tout son corps. Il la tenait par les ailes mais ses serres libres lui lacéraient le bas ventre avec violence alors que son bec claquait dans l’air avec violence. Il sentait que le tranchant de ses griffes commençait à entamer son derme et la douleur lui fit oublier petit à petit que l’animal en face de lui était de sexe féminin.

- Calme-toi, putain !
_ Il lui cogna la tête contre le sol à plusieurs reprises mais elle n’en démordait pas. _ Calme-toi j’n’ai pas envie de me battre moi.

La griffe frappa dans une partie qui même renforcée restait douloureuse et Reyns perdit son sang-froid.

- Rah mais c’est que tu me fais mal, salope.

Il lui décocha une claque pour la calmer mais il fit l’erreur de lâcher son aile. Obligé de la lâcher, il roula de nouveau et se redressa sur ses jambes.
Il est vrai qu’il ne pouvait frapper une femme, mais un corbak c’était tout autre chose, tant qu’elle restait sous cette forme, il pouvait la cogner et peut être que ça le détendrait de frapper dans quelque chose. Il fit rouler ses épaules et craquer sa nuque.

- Bon et si on voyait lequel de nous deux n’aurait pas dû se lever ce soir, l’amie.
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MessageSujet: Re: #4 — It has to be this way. [Reyns]   Dim 30 Mar - 15:22

Court la colère dans tes veines. Tu la sens titiller ton cœur, et le faire battre plus vite encore. Tu en oublies qui te fait face, humain, animal, connu, inconnu, tu t’en balances. La douleur t’arrache un long frémissement, et tu te relèves. Il est étrange. Tes serres ne perforent pas sa peau, et il a l’air bien plus rapide que l’autre clampin que tu as épinglé. Hum. Intéressant. Il va se défendre, ça veut dire. Et ce ne sera pas juste une petite « gue-guerre » rapide et efficace, mais bien une vraie bataille, avec du sang et des blessures. Ça fait tellement longtemps, oh, tellement … Tu ne t’es pas battue avec autant de férocité depuis que tu as quitté ton nid, et surtout, tu ne t’es pas attaquée à quelqu’un sans craindre que le fouet ne vienne claquer ton plumage depuis … De longues années. Bien trop longues. C’est alors que vient l’illumination. Oui, il faut faire ça. Il faut se battre, se déchirer. Sans aucune raison, mais il le faut. Tu ne peux pas te l’expliquer, mais maintenant que c’est fait, tu n’as plus besoin de te justifier.

Ta tête cogne violemment contre le sol et te donne le tournis. Oh, oui, il se défend, il se bat. Mon Dieu. C’est enivrant. Tu sens toute la douleur qui te réveille. L’adrénaline te fait trembler, et quand il montre un instant de faiblesse après t’avoir giflée au bec, tu te relèves. Alors le petit homme pacifique décide enfin de te mettre une branlée ? Ça t’intéresse d’autant plus. Tu te reposes sur ton arbre le temps de récupérer, pour que l’environnement ne tourne plus comme il peut le faire. Être un corbeau, c’est bien pour voler, mais si la Terre tourne, ça ne sert à rien. Après un petit instant à reprendre tes esprits, tu replonges. Comme s’il allait s’en sortir aussi facilement. Ce serait bien trop beau !

Par contre, tu repenses au fait qu’il s’agisse d’un homme plus costaud que l’autre, alors tu dois t’y prendre différemment. Foncer droit sur lui, d’accord, mais tu ne peux pas non plus l’entamer à ta guise. Il est plus – voire trop – puissant pour ça. Tu décides alors de le prendre à revers et de le pousser du bout des pattes. Avec violence, tu repasses, de manière à le faire tomber totalement, et te servir de sa faiblesse pour lui asséner un grand coup de bec au niveau du crâne. Tu t’envoles à nouveau pour t’éloigner, et réfléchir toujours un peu plus. Tu remarques que la fiole est vide, comparé à tout à l’heure. Hm. Donc c’est un produit bien particulier ? Combien de temps dure-t-il ? Tu es presque totalement sûre que tu tiendras le choc jusqu’à ce qu’elle devienne inefficace, mais … Cela ne te donne pas précisément le nombre de secondes, ou plutôt de minutes. Et ça, c’est un peu plus problématique.

Puis, tu poses tes prunelles charbon sur lui. Qui s’en soucie, finalement, du temps que ça dure ? Cette sale créature t’a coupée en plein spectacle, et tu dois te soucier du temps que sa peau met à ramollir ? Pas que ça à foutre ! Tant pis si tu dois te heurter à un être marmoréen, tant que tu relâches ta haine, c’est le principal ! Tu plisses les paupières et plonges à toute vitesse sur ta victime, à laquelle tu assènes une grande claque avec ton aile gauche. Peu importe le temps, tu dois juste lui bousiller la tronche. Mais jusqu’à quel point ? Tu ne sais pas combien de temps il tiendra, ni combien de temps tu tiendras. Tu viens à peine de retrouver ta liberté, et si tu n’étais pas assez forte pour encaisser le choc ? Hum. Peut-être seras-tu suffisamment forte pour le vaincre ? Ce serait quand même dommage de se faire écraser après tout ça !

Cette pensée t’irrite affreusement, et tu lui mets un grand coup de bec dans le torse pour l’écarter, avant de te rejeter sur lui. Que va-t-il faire, maintenant ? Tu n’en sais rien, mais tu es prête à te défendre, et tes serres sont parées ! À la guerre, comme à la guerre.
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MessageSujet: Re: #4 — It has to be this way. [Reyns]   Mar 8 Avr - 13:48


Reyns n’avait pas l’habitude d’affronter les Laguz ou du moins pas de cette taille, ni de cette vivacité. Son corps peut tailler pour le combat l’était encore moins contre un adversaire de petite taille. La corbeau allait et venait comme bon lui semblait frappant, tranchant, perçant sa chair. Et plus son sang coulait, plus il s’échauffait. « A cœur ouvert » semblait se régaler de la souffrance de son porteur mais plus que cette dernière, c’était la folie qui parcourait le petit être virevoltant qui l’intriguait, qui l’attirait.

Reyns esquiva les serres de l’oiseau mais sentit son cœur faire un bond à son passage, non pas de peur, mais d’envie. Cette sensation le dégoutait. Elle n’était pas aussi intense que lorsque Maria était morte mais le même sadisme animait ses pensées. Ce tome de magie noire était vraiment une plaie à part entière. Il se vit attraper la bête par le cou et serrer, serrer et serrer encore, jusqu’à ce que le craquement de ses os sous sa poigne lui signifie que la vie l’avait quittée. Il secoua la tête pour repousser ses idées noires et tomba à la renverse sous l’un des assauts du volatile.
Un cliquetis de verre lui signifia qu’il avait d’autre moyen de se battre. Il eut un sourire mauvais. Alors que l’animal se posait sur le haut d’une branche se sentant en sécurité par sa hauteur, Reyns jetait l’une de ses potions et se jeta à plat-ventre au sol.

La détonation fut terrible. Elle perça la nuit avec autant d’agressivité qu’un bébé qui pleure. Les arbres autours de l’impact s’effondraient avec une lenteur effrayante. Reyns vit des oiseaux s’enfuir à tir d’ailes mais pas le sien. Certains restèrent coincé dans la prison de bois et de branches d’autres n’avaient pas eu de chance et gisait écrasé. Mais il ne voyait pas son adversaire, il ne sentait plus sa présence alors que ses émotions étaient palpables dans l’air. Parfois percevoir le monde depuis le point de vue de son tome était effrayant.
Pein, tristesse, peur… mais également rage, haine, fureur… tous ces sentiments se mélangeaient dans l’air. Il avait l’impression de ressentir l’aura de Ruika, il comprenait mieux maintenant pourquoi il les avait ainsi confondues.

- « A cœur Ouvert »… Tu la sens ?

Sa main effleura le cuir du tome de magie et il frissonna. Bien sûr qu’il la sentait. Et son excitation était tout à fait palpable.
Reyns hésita. Il fit un pas vers les arbres abattus mais ne distingua aucun mouvement. Il recula. Prenant une autre fiole dans sa besace, il en avala le contenu d’une gorgée. On n’était jamais trop prudent. Les plaies se refermèrent, la douleur dans son crâne s’évanouit. Il se tenait près mais A cœur Ouvert également. Attisé par la main de son maitre, le tome de magie émettait une aura sombre autour de lui, une aura torturée. Les ténèbres attirent les ténèbres et comme suivant une piste, ombre maléfique s’engouffra dans l’amassement de bois et vint se fixer sur la rescapée.

- Je te tiens…

Ou plutôt « A Cœur Ouvert » s’était emparée d’elle, et in ne comptait pas la laisser lui échapper.
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MessageSujet: Re: #4 — It has to be this way. [Reyns]   Ven 2 Mai - 22:56

Explose. Explose comme les battements de ton cœur qui battent à un rythme affolant, un rythme qui te fait trembler. Tes veines sont parcourues d’une dose monstrueuse d’adrénaline. Ce soir, tu as des envies de meurtre. Et ce pauvre petit est là, face à toi, sans n’avoir rien demandé. Tu es un monstre sanguinaire, et ta soif de sang te semble insatiable. Elle croît encore et encore, devenant similaire au besoin ressenti par la prise de drogue. L’addiction grandissante qui te rend faible, te contraint à en prendre, jusqu’à ce que ton corps ne tienne plus, mais que ton esprit, envoyé si haut, si loin, si bien, ne veuille plus redescendre. Il sera à l’aise, heureux, dans cet autre monde qui ne ressemble en rien au tien. Et tu t’oublies, aux bras de la Haine et de la Violence, heureuse ou malheureuse, qu’importe, tu es juste là et tu es bien. La douleur ne t’affaiblit plus, c’est plutôt l’inverse. Elle te donne envie d’aller plus loin encore. Plus fort. Jusqu’à percer la peau, arracher des hurlements à cette pauvre créature. Tu bouillonnes. Alors tu fermes les yeux, et tu te prépares. Encore, encore, encore … Tu sens la Haine monter, plus forte encore … Et tu t’élances.

Mais tout ne se passe pas comme prévu. Une violente explosion retentit. Les arbres tombent, frappés de plein fouet par le choc. Intéressant … Tu recules, battant des ailes pour te propulser en arrière. Cette enflure a fait monter une grande fumée blanchâtre qui te bloque totalement la vue. Déjà qu’il fait nuit, c’est quand même assez galère. Tu croasses bruyamment, et remues les ailes violemment. Rien n’y fait, rien ne bouge. Alors tu plonges. Avec ta vitesse, tu as une chance de le choper avant, ou alors vous vous percuterez. Puis, une idée te traverse la tête.

Tu t’enfonces dans le nuage sans te soucier de rien, tête baissée, sans aucune crainte. Une main se pose sur ton plumage et l’enserre. Tu es attrapée. Prise aux pièges des griffes de ta victime. Alors, victime ou agresseur ? Tu te débats avec virulence, mais te rends rapidement compte que cette chose, qui te touche, n’a rien d’humain. Tu dirais même que c’est une ombre ! Tu pousses alors un cri perçant, suraigu au possible. Au départ, il ne s’agit que du petit cri de terreur que tu poussais lors de tes premières scènes de torture, puis, une fois que tu le répètes, il devient plus rauque, mais toujours aussi immonde. Un supplice pour les oreilles. Une violence inouïe tout ça, seulement dans un cri. Mais il s’agit du cri. Cette attaque violente portée aux tympans, qui provoquent tout un tas de petites anomalies dans la tête de la victime. Tu espères que cela touchera ta victime, où qu’elle soit, et que cela te permettra de te libérer. Et pourtant.

Tu te tortilles dans tous les sens pour te dégager, mais rien n’y fait, l’espèce de sangsue que tu as au cul ne veut pas en démordre. Plus ça va, plus tu as cette Haine amère qui grimpe. Tu la sens ? La Haine. Elle. Si belle, si douce, si forte. Soudainement, une envie monstrueuse de tout détruire t’empare. Tu croasses puissamment, te dépatouillant de ton mieux, avec une violence inouïe. C’est fini. Tu vois tout rouge. Tu la sens, plus forte que tout, plus forte que jamais. Elle te dévore. Tu ne l’as jamais sentie de cette manière, elle ne t’a jamais autant domptée. Que t’arrive-t-il, Maëlly ? Qu’est-ce que cette chose est en train de te faire ? Tu te retransformes en humaine et te laisse tomber, finissant par pousser un hurlement, à la fois d’agonie, mais aussi de haine. Tu pourrais tout détruire, actuellement. Tout, et surtout lui. Mais tu tombes. Roulée sur le sol, tu te mets à trembler. Tes muscles sont parcourus d’une dose d’adrénaline peut-être trop forte. Quelque chose va casser, quelque chose va casser. Oui, mais quoi ?


••••••••••••••••••••••••••••••••
Hors-RP : Alors, pour le Cri, j’utilise la Compétence de Maë’, qui lui permet de filer des migraines violentes, le tournis et d’autres douleurs diverses en bousillant littéralement le tympan de sa victime. À toi de voir si tu es touché, du coup ! =)
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Reyns
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MessageSujet: Re: #4 — It has to be this way. [Reyns]   Mer 21 Mai - 23:35



Reyns s’était plié en deux alors que le hurlement strident le gagnait. Il sentit son cerveau heurter la paroi de son crâne comme pour fuir ce son insupportable. Il porta ses mains à ses oreilles et hurla à son tour pour briser, repousser ce sentiment de douleur.
Puis tout s’arrêta. Il entendait toujours le cri dans son crâne comme un écho lointain mais rien d’aussi perçant que quelques secondes plus tôt. Son regard se porta alors sur la jeune femme qui se débattait également avec ses propres démons.

Le sort de ténèbres avait pris possession de sa proie avec délectation. Il l’entourait de ses bras d’ombre et fouillait son être pour en faire ressortir ce qu’il y avait de plus profond en elle. Nous avions tous une manière visible d’agir mais celle-ci n’était pas forcément révélatrice de ce que nous étions au fond. Reyns en était le meilleur exemple et il ne le savait que trop bien. Il agissait comme un enfoiré de première, désinvolte, insultant, grossier… Il était une honte au nom qu’il avait abandonné. Il avait vendu son âme au diable à plusieurs reprises. Pourtant quand il cherchait au plus profond de lui-même, il s’avait que ce n’était pas de la désinvolture qu’il trouverait, ni du mépris pour ce qui l’entourait. Non, quand il creusait au fond de son être, il trouvait trônant sur ce qui restait de son honneur cette culpabilité, ce remord, ce regret… celui d’avoir tué tant de gens bons par simple égoïsme, par orgueil, par cruauté. Une culpabilité qui le poussait désormais à donner toute sa vie, toute son existence pour un secret dont il se serait bien passé.
Chacun cachait en lui un sentiment, un être si différent de celui qu’on affichait à la lumière du jour. Pourtant, derrière la haine et la colère de cette femme… il n’y avait que de la haine et de la colère. Plus il fouillait dans son être, plus il grattait son âme, plus il déterrait cette noirceur. La haine la dévorait littéralement, elle n’était que colère. Il n’y avait rien d’autre derrière ce visage crispée en une expression cruelle. Elle agissait en son âme et conscience.
Reyns trouva ça triste.

- A Cœur Ouvert… il suffit.

Réticent, le sort se retira revenant au sein de la main de son propriétaire. L’alchimiste referma son tome de magie, lui appliquant une caresse affectueuse avant de l’enfoncer dans sa besace.

- Trouve-toi autre chose pour épancher ta colère Laguz. Tu ne m’amuses plus. Ça ne m’amuse plus.


Lui aussi devait trouver un autre moyen d’épancher sa frustration. La culpabilité qui le rongeait ne pourrait être rachetée par ce combat, par la mort d’une criminelle assoiffée de sang. Elle ne pourrait être rachetée par la douleur de son corps quel qu’elle soit.

- Tu me fais pitié…

Ces mots valaient autant pour elle que pour lui. Reyns tourna les talons. Il ne pensait pas la voir abandonner si facilement, pas après ce qu’il avait vu en elle.
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Callie
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MessageSujet: Re: #4 — It has to be this way. [Reyns]   Mar 26 Aoû - 21:58

« It has to be this way. »
La Haine. C’est fort, ça traverse tes entrailles. Ça te détruit. Tu en crèves littéralement. Mais quand tu l’as, tu la gardes. Nul ne sait pourquoi, l’être humain a toujours nourri ce sentiment. Envers lui-même, envers les autres, envers le monde, qu’importe. À un moment donné de sa vie, il a haï. Et ce moment, Maëlly, est le tien. Celui pendant lequel tu vis ce sentiment, tu le nourris, lui donnes mille-et-une formes, en attendant qu’il te détruise entièrement. Tu en mourras, tu le sais. À moins que.

Te voilà allongée sur le sol, à gésir, faible, émettant de légers râles d’agonie. Ça fait un mal de chien, hein ? Regarde, contemple ce que la haine a fait de toi. Un monstre assoiffé de sang, incapable d’autre chose que de tuer. Pourquoi, pourquoi es-tu là ? Pourquoi as-tu attaqué ce jeune homme ? Tu ne sais rien de lui, il ne faisait que passer. Tu es libre maintenant, alors pourquoi ? Extérioriser, hein ? Tu es faible, Maëlly, aussi faible que tous les autres. Tu te recroquevilles, sentant que la pression sur ton corps se dissipe. Tu étais dévastée, totalement détruite, à la merci de cet inconnu, mais il te relâche. Tu ne comprends pas. Pourquoi aucun d’entre eux ne t’arrache le visage ? Pourquoi personne ne t’achève ? Tu ne mérites pas plus, au fond, n’est-il pas ? Tu n’en sais rien. Tu ne l’as jamais su. Traînée dans la boue, humiliée, lapidée, violentée, violée, tu n’as jamais eu la chance de voir ce que tu valais. Tu es devenue l’animal que tu es : bonne à tuer sans rien dire.

Tu soupires doucement puis te redresses, chancelante, posant tes prunelles sur l’inconnu. Ton corps est monstrueusement lourd, plus encore que quand tu étais dans ta cage. Ta tête tourne violemment, te livrant à un monde sombre et bancal. Tu as froid. Encore cette sensation désagréable. Malgré toutes ces faiblesses apparentes, tu n’as qu’une envie : fondre sur le jeune homme et lui en coller une autre. Pourquoi ? Tu n’en sais rien. Nuée de questions sans réponses qui te parasitent le cerveau. Tu t’en balances. Tu chopes dans ta besace quelques herbes que tu appliques sur tes blessures. Paraît qu’elles pansent les blessures, selon ce que t’a dit ta mère. « Je me contrefiche que ça t’amuse ou non. »

Tu avances jusqu’à lui et lui assènes un grand coup dans le dos, bien que tu te sentes faiblarde. « Tu ne peux pas comprendre. » Personne ne le peut. Personne n’est capable d’imaginer ne serait-ce qu’un petit pourcentage de ce que tu as ressenti. Et peu importe qui se le pense, tu sais qu’au fond … Seuls ceux qui l’ont vécu peuvent le comprendre. Tu recules. « Tu es comme tous les autres. » La haine se traduit maintenant en toi par des mots. Faibles phrases pour un tel sentiment. C’est infâme. Ça te ronge le cœur comme la peste détruit les hommes. Il est humain, de toute façon. Oui, humain. Créature inutile et inintéressante.

La pitié que tu lui inspires te fait presque rire. Que savent-ils les uns des autres ? Ils se critiquent, se lynchent, se détestent, mais ne savent rien sur leurs victimes. C’est ce que tu reproches aux Beorcs. Leur haine universelle. Ils ne se connaissent même pas. « Ne bave pas sur l’inconnu. » Tu lui lances un regard plein de dédain. Au fond ils ne t’inspirent que ça, tous. Le dédain. Un mépris incommensurable, qui pourrait en faire pâlir beaucoup. Ils sont tous pareils. « Tu n’en vaux même pas la peine. » Tu pestes puis revêts ta forme animale avant de t’élever vers le Ciel. Seul l’éther te comprend. Il est profond, bien plus confortable que les bras de n’importe quelle mère. Sa couleur violacée te réchauffe le cœur, et te permet de repartir. Tu ne te sens pas mieux, pas plus légère, rien. Tu es juste encore plus dégoûtée de ces gens. Est-ce que quelque chose te permettra de sortir de cette boucle infernale ?

Tu espères, au fond de toi, que les exceptions auxquelles tu crois existent toujours. Elles sont quelque part, perdues, à attendre que tu les croises. Mais comment croire en cela quand toutes les âmes que tu croises sont pourries jusqu’à la moelle ? Patience, Maëlly. Le bonheur n’est qu’au bout de tes doigts, tu ne t’en aperçois juste pas.



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#4 — It has to be this way. [Reyns]

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