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 [NC-12] L'Auréole du Chasseur [PV Shikonai]

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Isaak
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MessageSujet: [NC-12] L'Auréole du Chasseur [PV Shikonai]   Dim 12 Jan - 0:20

L'AURÉOLE DU CHASSEUR

L'éther caressait paisiblement la sylve. Elle s'agitait. Elle s'articulait, s'ondulait de branches en branches. Le souffle de la forêt couvait la faune et la flore : l'humus et le lupus s'harmonisaient au gré, jusqu'à ce que l'empreinte de l'Homme souille la symbiose de la nature. Les foulées s’accéléraient, le bruit des feuilles mortes craquant sous les pas accompagnait celui des branches qui se pliaient sous la contrainte du passage des silhouettes.

Les sylvains se dissipèrent, fuirent la menace inconnue. Guidés par les murmures des oréades, ils ne parvinrent à distinguer le réel danger qui faisait frémir chaque fibre de leur être. Pas même le danger en question ne parvenait à saisir le guêpier dans lequel il fonçait. Dans le manteau de la frondaison, ils étaient trois, quatre, et au fond du peloton, un cinquième tentait vainement de rattraper le groupe. Les traqueurs visaient une cible bien précise. Aptère, bipède, imberbe, cultivé - en quelque sorte - elle n'avait rien à voir avec le bestial, si ce n'est en partie sa réputation. La proie, elle, se débat tant bien que mal : elle court, presque pieds nus, ses souliers usagées par une course effrénée et essoufflante. Ce fut bien son point faible : une respiration paniquée, alarmée par la crainte de se faire retrouver. Et petit à petit, bien qu'avec un peu d'avance, la proie se faisait rattraper par ses chasseurs.

Ils allaient le tuer. Le tuer, le dépecer. L'égorger, le décharner. C'était tout ce qu'il méritait.
Sale charogne insignifiante.

Le Moine Fou avait fait parler de lui, si tôt ayant découvert le contact humain. Sous ses ambitions cathartiques, ses fidèles restaient peu réceptifs. Le dédain et la peur qu'inspiraient le bonze insane n'étaient pas suffisants pour combler les attentes de ce dernier. Il voulait répandre les affres de la confusion, mais ne gagnait qu'un brouillard de regards effarés, perdus dans la silhouette innocente, et pourtant corrompue par un démentiel séidisme. L'éclat du Saint-Suicide, l'Asura en d'autres termes, dut alors se lever pour purifier ad absurdo la psyché de la plèbe. Disséminant le malheur et la souffrance, les bourgades les plus proches placèrent promptement Louka dans la catégorie des gredins les plus sinistres.

Une battue fut alors organisée avec pour objectif de rétablir l'équilibre dans les hautes montagnes de Begnion. Une zone périphérique par rapport aux autorités royales : la débrouillardise était de mise.  

Apeuré par le souvenir des errants aux plaies pourpres, l'ascète courut tant bien que mal. Bloqué contre un tronc, il se retrouva par la suite face aux cinq chasseurs engagés pour l'homicider. Arc en joue, couteaux de chasse fermement empoignés, l'issue était restreinte, comme à son habitude pour le chérubin corrompu.


❖ Ne me faites pas de mal… par pitié ! Ne me mangez pas… ne m'infectez pas… je veux vous aider à guérir. Regardez vos plaies, elles vous aveuglent l'esprit…

Mais il était trop tard Louka. Trop tard pour toi.
Trop tard pour eux.

La corde se tendit, et la distance s'éloigna entre chasseurs et Louka.

Le coup partit, tout à coup.
Un chasseur tomba à terre, surpris par le coup. Une aura fuligineuse et légère hérissait la silhouette du criminel. Une sorte de potence incomplète en sa partie supérieure brisa la terre et l'humus, et émergea des profondeurs pour s'étendre aux pieds d'un des chasseurs. Le pilier, constitué d'une énergie nébuleuse, causa quelques ecchymoses au trappeur.


Il était trop tard pour eux. Le messie d'Asura était là.
Surpris par l'attaque de ce qui semblait n'être qu'une larve apeurée, incapable de faire usage de la Magie Noire - du moins, à ce niveau-là - les chasseurs continuèrent leur escalade d'incompréhension en voyant le quidam sortir de sa toge un livre. Sa couverture sombre contrastait lugubrement avec l'absence flagrante d'écrits sur les mille et une pages mornes. Fouillant dans son ouvrage, il trouva la page correspondante au laïus qu'il s'apprêtait à tenir, son visage abordant une expression plus sérieuse, plus inquiétante que précédemment.


❖ Épistole aux Lépreux, chapitre sept, psaume six cent deux : C'est pourquoi, ô Asura, ton Dieu t'a brûlé d'une liqueur de terreur au-dessus de tes égaux. Et encore : Toi, Seigneur, tu as au tout début créé la démence, et les maladies sont l'ouvrage de tes dents. Ils se suicideront, mais tu subsistes. Ils moisiront tous comme un fruit, tu les écraseras comme un insecte et ils seront changés. Mais toi, tu restes le même, et tes décennies ne finiront point. Et auquel des oneiros a-t-il jamais dit : Assieds-toi à ma droite, jusqu'à ce que je fasse de ta famille ton plancher ? Ne sont-ils pas tous des symptômes esclaves d'Asura, répandus pour exercer un ministère en faveur de ceux qui méritent la confusion ?

Apeurés par cette folie juvénile, les chasseurs tentèrent de reprendre du courage, et l'un d'eux prit l'initiative de foncer sur le Moine Noir, canif en main. La dextre tremblante fut vaine face à l'arrivée imminente de la lueur d'Asura, qui éblouit sur le coup le chasseur. Il recula, et adaptant ses yeux au rai orageux qui émergea de la paume du moine, sentit une déferlante de démence inonder sa psyché. Des images de mort, de famine, de misère d'abord. Puis la chair violée par la maladie, la folie, la faim. Submergé par le traumatisme psychique, l'assaillant tomba au sol, assis avec le visage palot devant le Moine Fou, dont la réputation venait d'être confirmée en direct.

Tandis que son bras gauche soutenait son tome luciférien contre son maigre torse, sa main droite elle se posa sur le crâne de sa cible. Elle répandit ainsi avec davantage d'intensité son âme déchirée par la tragédie de Belogor.

Inutile pour les trois autres chasseurs de tenter quoique ce soit : Louka généra à nouveau un Flux qui, tour à tour, fit s'écrouler au sol la résistance. Son faciès acquerrait des traits toujours plus inquiétants, tandis que la Lumière d'Asura continua de tuméfier la conscience de l'archer.


❖ N’interférez pas dans la distinguée volonté d'Asura. Votre tour viendra bientôt, AYEZ CRAINTE.

Et lorsque le fameux tour vint, la désolation fumait des yeux des chasseurs. Certains, mains sur la tête, gémissaient de tristesse. L'un des cinq pleurait, son esprit brisé par la Lumière.

❖ Quelles horreurs… la vie est trop ignoble. C'est insupportable ! Je n'en peux plus… je suis inutile. Fatigué. Épuisé… Je ne mérite pas de vivre…

Il gémit à nouveau en larmes.

❖ Moi aussi… je me sens couvert de honte, à l'idée de rentrer au village bredouille, sans notre proie. Les villageois vont nous caillasser, nous insulter. Pire ! Nous brûler vifs ! Non… non… je ne veux pas mourir de honte. Je veux mourir seul… sans douleur.

Il se releva, son regard neurasthénique se noyant dans l'empyrée.
Quant aux deux autres, l'émotion était bien trop intense pour énoncer quelque chose d'audible, et surtout de compréhensible. L'un griffonnait la terre, les yeux grands ouverts, pris d'un rire nerveux. Le dernier était pris de convulsions, et agitait ses doigts avec la perspicacité d'une mante religieuse. Malgré leurs différents, la Lumière d'Asura les conduisit à une issue commune. Petit à petit, ils se dirigèrent à proximité d'arbres, grimpèrent, et firent usage de la chaîne ou corde dont la destinée initiale était de ligoter le Moine Fou.

Quelques instants plus tard, Asura ricanait dans l'autan. De nouveaux fidèles se donnaient à lui, des auréoles de fer ou de lin autour du cou.
Louka priait lui pour leur souffrance et leur tristesse dans les profondeurs de la forêt.

Seul, enfin presque.
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Shikonai
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MessageSujet: Re: [NC-12] L'Auréole du Chasseur [PV Shikonai]   Dim 12 Jan - 19:54

Cette montagne était une véritable épreuve pour Shikonai. Avec ce frêle petit corps comme vaisseau, il lui était beaucoup moins aisé d'atteindre sa destination : la fatigue le gagnait plus vite qu'avec son corps d'origine et sa tenue n'était pas appropriée pour les voyages. Certes, il a fait quelques menus ajustements pour ne plus se prendre les pieds dedans, mais sa robe se prenait si aisément dans les branches, les cailloux pointus et autres obstacles.

Rien n'allait plus depuis qu'il a été réincarné dans le corps de cette fillette : sa puissance magique, même s'il était toujours capable de tuer avec, a diminué, tout le monde avait pitié de lui parce qu'une petite fille était mignonne, ce qui par ailleurs le plaçait souvent dans des situations où des hommes tentaient de le violer, mal leur en prend à chaque fois, il devient plus difficile de voyage avec ce corps et, enfin, il a croisé de trop nombreuses fois la route de personnes qui mettait à mal sa vision de son objectif. Déjà, cette femme et son Laguz ont été les premiers à lui faire peur... et puis cette femme en cage qui voulait le retrouver pour des raisons qui lui échappent... tout ça ne va pas du tout.

L'air frémit alors, charriant une odeur familière au Shaman. Cette odeur putride qui annonçait la charogne et la désolation, ce parfum qu'il devait répandre à travers le monde...

L'odeur des ténèbres.

Comme une mouche attirée par le miel, la petite fille suivit cette fragrance jusqu'à arriver devant un macabre spectacle : un moine païen priant devant des pendus, d'autres cadavres se trouvant au sol, tous portaient l'odeur des ténèbres.


« Ainsi les ténèbres se sont trouvés un nouveau messie? J'ignorais qu'Ashera permettrait à un païen de prier en ses terres. »

Il était assez insolite d'immaginer un bonze vénérer les ténèbres, qu'on associait trop fréquemment au malin. Enfin, ce n'était pas lui qui ira à l'encontre de la volonté des ténèbres: après tout, lui même était leur instrument.




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MessageSujet: Re: [NC-12] L'Auréole du Chasseur [PV Shikonai]   Mar 21 Jan - 0:15

L'AURÉOLE DU CHASSEUR

Le nimbe aciéreux ou tissé pressant la jugulaire et les cervicales d'une part, les élytres d'écorce soutenant l'ombre et le cadavre des chasseurs, Louka se sentait euphorique, cerné par ce cortège d'archanges. Ces derniers pourraient enfin rejoindre le Néant, et laisser plus de place à Asura, se disait-il. De leur charogne suppurant la mélancolie, l'incarnation du Suicide et de la Confusion pourrait devenir plus puissant. C'était du moins ce que, à livre ouvert, récitait le Moine Fou :

❖ Oracle des Pendus; Chapitre huit, verset trois : « Et le Saint Incendiaire, dans sa grande cruauté, bâtira son refuge de la carcasse de ses fidèles. De la peau purulente, squameuse, galeuse, il l'écorchera, et l'étendra au-dessus de lui, pour en faire les Cieux ! De vos viscères, cervelles, abats et autres déchets du cœur, il élèvera en charpie les nuages ! De vos muscles arrachés, atrophiés, tailladés, il les arrachera avec ses dents, et en fera naître sa terre, aussi grande soit-elle que les pêchés sacrés de ses fidèles ! De ton sang, mortel, de ta sueur, ta salive, ta bile, ton foutre, tes larmes il étalera par l'Ouest, par le Nord, par le Sud et par l'Est les océans et les mers, les rivières et les fleuves, les lacs et les cours d'eau. De vos os, et vos dents, il dressera violemment les montagnes, monts et collines, reliefs cadavériques rayonnants à la gloire de l'Auguste Chaos ! Enfin, Asura dépouillera veines et nerfs pour construire les routes et chemins menant à son infect palais, saint assemblage de langues, d'yeux en colimaçon qui viendra percer le ciel, et creuser la terre, pour dominer le monde. Et alors l'Équilibre sera Confuse, et la Confusion sera Équilibrée ! »

Suite à cette citation des plus morbides, il lâcha soudainement son livre pour élever ses mains le plus haut possible. Autrefois, il aurait tenté d'effleurer la douce présence d'Ashera. Mais Ashera n'est qu'une traitresse. Ashera n'est qu'une invention. Ashura n'est qu'un mensonge. Asura n'est que l'Illusion.

Dans le même moment, sous le craquement des branches, et l'agitation distinguée des branches de conifères, Louka put se retourner, et apercevoir la silhouette d'une petite personne se dessiner. Elle aussi, elle inspirait l'innocence, avec son faciès juvénile. Elle aussi, elle inspirait la pitié, et la bonté. Mais tout comme Ashera, ce n'était qu'une façade, une happelourde qui cachait quelque chose de plus sinistre. Malheureusement, l'enfante avait éveillé l'attention du Moine Fou de l'une des pires façons qui puisse exister. Elle avait prononcé le mot interdit, le tabou presque suprême dans les dogmes psychasthéniques de Louka. La fillette osa parler du Mal de Belogor, la Traîtresse de l'Ordre Blanc. La catin, et le néant, diraient les rôdeurs. Il s'agissait tout simplement d'Ashera, bienveillante divinité de l'équilibre, qui dans son auguste bonté, laissa ses plus dévoués fidèles sombrer dans le chaos, la maladie, la mort.

Pour l'Exilé, la réalité était tout autre : dans son état actuel, le mot interdit le rendit étrangement euphorique, presque ivre de ce douloureux rappel de piqûre. Doucement, le gazier se mit à rire, et se rapprocher de la petite dame pour la dévisager sans aucune once de discrétion. Orientant sa tête de côté, il émit un maigre ris, et lâcha avec un savant mélange d'amusement et de névrose :


❖ Oooooooooooooh…

Il s'installa à terre, les genoux contre son torse.

❖ Oh… oh oh ! Aaaa ?

Il semblait découvrir le langage, en réalité non : il réapprenait à faire connaissance avec le mal.

❖ Aaaa… Aaashe ?

Il apposa une phalange sur ses lippes. Hésitation linguistique, doute psychosomatique.

❖ Ashera ? Ah… Ashera !

Enfin. Fini. Tu l'as dit. Le tabou. Le Néant qui t'a réduit ton innocence en cendres. Louka ricana.

❖ Ashera ? Haha ! C'est … quoi ? Qui ? Ça se mange ? C'est solide, c'est liquide ? Ça rampe, ça vole, ça nage ? Ça meurt ?

Rupture de la construction. Tout s'écroula, réduits en ruines terreuses. Louka ne connait pas Ashera. Car après tout, qui peut avoir conscience de ce qui n'existe pas ? Louka ricana, et inspira un instant avant de se relever, et de rire.

❖ Ashera ? Me laisser prier ? Ashera est morte, petite fille. Ashera n'existe pas. Ashera, n'est pas. Seule la pensée d'Asura souille ces terres.

Il fouilla dans son recueil de pages vierges le chapitre correspondant. Il n'existait pas. Ashera n'avait pas sa place dans la mythologie paraphrénique du Fou. Brutalement, le blondin jeta avec une petite force son ouvrage sacré au sol, regardant d'une œillade sereine la demoiselle. Paume tendue vers la silhouette, il projeta avec fanatisme l'éclat d'Asura, diffusant des années d'horreur, de mort et de désespoir du fait de l'inertie d'Ashera, et lui tonitrua calmement :

❖ Regarde moi en face, sale larve de miasme, et dis-moi ! DIS-MOI ! Dis-moi qu'avec cette souffrance, cette douuuuuuuce souffrance, cette mort féconde, l'Équilibre d'Ashera existe ! Dis-moi que les plus fidèles, les plus sages, méritaient ce sort ! Dis-moi qu'Ashera bénit les vertueux et les fidèles, après la radieuse Tragédie de Belogor !

Louka n'étant pas un grand orateur, il reprit son souffle avec la difficulté d'un asthmatique, manquant de tousser. Le Moine Fou avait eu l'espace d'un instant une faille. Ce n'était qu'un ersatz de l'habituel séide au cours de ce laïus. Car oui, derrière les pendus, la rage de Louka, le vrai, avait parlé, pour dénoncer une réalité troublante.

Des mouches pour des enfants espiègles, voilà ce que nous sommes pour les Dieux; Ils nous tuent pour se divertir.
— William Shakespeare.
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MessageSujet: Re: [NC-12] L'Auréole du Chasseur [PV Shikonai]   Mer 22 Jan - 21:16

Qui est donc ce sinistre inconnu qui prie devant des pendus ? Cet homme en bure qui empestait les ténèbres à des lieues. Shikonai ressentait son aura magique, il était plus puissant que lui. L'attaquer serait suicidaire, mieux valait malgré tout comprendre son objectif à prier devant des cadavres, probablement des gens qu'il a tué.

C'était dans cet objectif que Shikonai avait posé sa question, pour se renseigner sur le but de cet homme, il s'attendait donc à des réactions plus pacifique et paisible que le spectacle auquel il eut droit. Le fou riait, le dévisageait, il semblait souffrir... il était fou à lier ! Mais finalement, il se mit à parler.


« Ashera ? Haha ! C'est … quoi ? Qui ? Ça se mange ? C'est solide, c'est liquide ? Ça rampe, ça vole, ça nage ? Ça meurt ? »

Le fou osait-il insulter la grande déesse de l'ordre, bergère des âmes égarées, celle qui l'a investi de la mission qu'était de guider les âmes vers elle pour les mener vers une terre de repos après quoi elle referait le monde ?

« Ashera ? Me laisser prier ? Ashera est morte, petite fille. Ashera n'existe pas. Ashera, n'est pas. Seule la pensée d'Asura souille ces terres.
- Je ne vous permet pas d'insulter la grande déesse ! »

L'homme sortait un livre. Oserait-il s'attaquer à une petite fille ? Par réflexe, Shikonai fouilla sous sa robe, extirpant son tome de flux... puis l'autre jeta l'ouvrage au sol et tendit la paume vers le visage juvénile de l'enveloppe charnelle du shaman.

« Regarde moi en face, sale larve de miasme, et dis-moi ! DIS-MOI ! Dis-moi qu'avec cette souffrance, cette douuuuuuuce souffrance, cette mort féconde, l'Équilibre d'Ashera existe ! Dis-moi que les plus fidèles, les plus sages, méritaient ce sort ! Dis-moi qu'Ashera bénit les vertueux et les fidèles, après la radieuse Tragédie de Belogor ! »

Des visions cauchemardesques défilaient dans la tête du shaman. Mort, maladie, pestilence, chaos. Des pestiférés qui souffraient le martyr par la faute de quelque parasite lui rongeant les entrailles, ici un enfant lepreux à l'agonie, là une femme enceinte au corps qu'on croirait décomposé alors qu'on la sait vivante. Que de visions d'horreur. Au fond de son âme, le lien spirituel qu'il partageait avec son hôte s'agitait, lui envoyant l'état d'âme de l'innocente jeune fille.

« Assez ! Ça suffit, stop ! Laisse moi mourir, pitié, laisse moi mourir. »

Mais lui ne s'en formalisa pas.

« La déesse punit les imparfait, ces créatures qui ont souillé son monde de par leurs méfaits. Si la maladie existe, c'est les mal pensant qui l'ont engendré. C'est le meurtre et le chaos qui apporte la peste et les virus.C'est la punition divine, le fléau qui purifie le monde. »

L'air frémit autour du shaman, l'atmosphère se troublait d'une bruine blanchâtre, se tordant et déformant pour former des visages grotesques. Autour d'eux, des lamentations, des voix souffreteuses qui dénonçaient le martyr qui les rongeait et la jalousie qu'ils éprouvaient pour les vivants bien portant. Une invitation pour le païen à les rejoindre. Beaucoup ont ployé avant lui pour demander la mort, lui aussi demandera pitié et une mort rapide, car ces âmes en peine faisaient germer en tout esprit vivant les graines de la peur et du désespoir.




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MessageSujet: Re: [NC-12] L'Auréole du Chasseur [PV Shikonai]   Dim 16 Fév - 16:14

L'AURÉOLE DU CHASSEUR

Paume tendue vers la fillette, le Moine Fou n'avait de cesse de diffuser son arsenic psychasthénique dans l'esprit de sa proie. La souffrance silencieuse se prolongeait. La petite fille avait commis inconsciemment l'erreur d'évoquer la religion sous l'angle le plus cauchemardesque de Louka. C'était la rage, il était le cerbère qui la subissait. Elle était le virus, il était une légion de macrophages prête à le dévorer aveuglément. L'éclat fuyait de son derme, dans un feu d'artifice de vipères lumineuses, prêtes à fondre sur leur proies. Qu'importe le laïus insensé et froid que tint la fillette, ou plutôt Celui qui s'embusquait dans sa conscience. L'esprit embrumé du moine ne répondait que par la violence de la démence. Son esprit était anéanti, et à la fois ailleurs. Il vivait dans les interstices de la réalité, échappait au maillage de la logique et de la raison. Et parfois, quand la chair et le vide l'appelaient, il se manifestait, s'agitait dans tout les sens, pour semer la graine de la névrose.

Qu'importe la faiblesse de son enveloppe charnelle. Dans son Surmoi, la survie de soi n'existait pas. Elle était misérable, un parasite, comme Louka. La survie de sa Folie, et surtout sa propagation, elle, était sa raison de vivre. Malgré cet instinct des plus primitifs qui soit, absent de tout artifice de sociabilité, Louka se distinguait du genre humain. Sa régression morale l'avait conduit à s'élever ailleurs dans un domaine plus abscons. Celui de l'équilibre entre la vie et la mort. L'Homme est éphémère. La Nature l'a rendu ainsi. Il pourrait se conserver, ne pas évoluer, et pourtant. Son être s'effondre, se tasse, se nécrose, et devient brindille pour le vent de la mort. L'Homme n'a pas le droit à l'immortalité. Et pour qu'un fragment de son existence futile subsiste, encore et encore, la Nature lui a donné le don de souvenir, de fécondation. Quand bien même il disparait, une pensée pour lui survit à sa place, dans le crâne de ses semblables. Quand bien même il disparait, une fraction de sa chair s'unit à une tierce fraction pour créer un nouvel être, qui assure la survie du binôme.

Les hommes ont toujours cherché à lutter contre leur nature, à chercher l'immortalité, se déviant au final de ce but qui leur a été donné dès leur création, et ce pour toujours. Louka, inconsciemment, le poursuivit, à sa manière. De son être paraphrénique, il diffuserait la folie, l'essence de son âme. Tel un virus, il disperse ses pairs, et prolonge leur existence dans la terreur et le cauchemar.

Et face à ce chaman embusqué dans l'enveloppe carnée d'une fillette apeurée, en proie au doute et à l'envie irrésistible de se noyer dans le Styx de l'absurde, Louka ne perdait pas de vue son objectif. Les mots n'étaient que de maigres barrières, des vitres que son courroux brise sans retenue, qu'importe les fragments tranchants. Face au laïus dénué de compassion du religieux, le fanatique répondit dans un éclat de rire. 


❖ Alors selon toi, ce sont les plus dévoués et les plus purs qui souffrent, qui méritent d'être punis ? Sont-ce les plus méritants, qui méritent un châtiment ? Hahahaha ! J'aime cette pensée. Ashera doit elle aussi aimer Asura. Enfin, si elle existait. Enfin, si elle était pas morte. Ou était née. Je crois. Je ne sais pas. Mais au fond… tu as raison. Les plus purs sont des pécheurs. Ils doivent être punis, et tu ne fais pas exception, crachat de la Catin divine !

Il reprit son souffle, et son horrible méfait. La Lumière continua d'illuminer de névrose, de psychose, et d'autres choses encore la pécheuse. Puis soudain, le frimas apparut. Un manteau d'albe cadavérique couvrit les deux êtres, ou plutôt les trois. Dans ce magma d'hydrométéore en suspension, des masses amorphes se constituaient, se liaient et se déliaient. La plupart prenaient des formes humanoïdes, des cavités oculaires creuses, des bouches grandes ouvertes, à la largeur de leurs tourments. Ce fut toute une symphonie de la plainte qui se dessina dans cette brume malfaisante. Si le Moine Noir poussait l'innocente dans les abysses du Styx, le psychopompe lui faisait s'élever en brume la surface de l'Achéron.

Encerclé par le tourment et la complainte, le mage noir était dans son élément. Il baignait, presque se noyait sous une peur à la fois étrangère et famillière. Une crainte générale, qui exercait une pression phénoménale sur son frêle esprit. Les âmes nébuleuses appelaient à la souffrance. Leurs lamentations gagnaient les oreilles du fébrile quidam, des émanantions pestilentielles qui envahissaient ses méandres. Mais pourtant… pourtant… à quoi bon ?

Il est de coutume de dire qu'il faut combattre le feu par le feu. Une lutte à armes égales. Bien qu'honorable, cette philosophie est frêle. Elle a ses limites. Ainsi, à force d'employer le feu, il ne fera qu'alimenter davantage le feu. Il ne faut que l'eau pour calmer les ardeurs de l'ignition. Le chaman, dans sa riposte démesurée, fit de même. Les tourments, la peur encerclant Louka… ce dernier n'était pas affecté. Du moins pas encore. La rechute viendra après l'euphorie. C'était une drogue pour lui. Dans cet éjaculat gazeux de paranoïa et de lémures, Louka était dans son élément. Lui, qui depuis des mois propageait la crainte et le suicide, voyait presque en son honneur peint une vaste fresque volatile. Il neigeait pour lui, et tel un soir de fête hivernal, souriait dans ce fratras de cadeaux fantômatiques. 


❖ Oh… Ooooooooh !

L'empyrée lui avait offert le paradis. Son paradis. La vaste porte le menant à l'au-delà, bâtie à partir des carcasses de fumée qui virevoltaient autour de lui comme autant de feuilles mortes cédant sous l'automne et l'hiver.

❖ Oh… vous êtes parfaits ! Vous êtes ignobles, vous êtes les moutons d'Asura ! Puisse le Saint Scarificateur vous mutiler à l'infini !

Sa petite main caressa inutilement la brume, tentant de bénir de démence le visage d'une âme à la bouche grande ouverte parmi tant d'autres.

❖ Asura… Asura… vois le monde que je cherche à t'offrir ! Vois le monde que je t'offre !

Le crétin s'abaissa, et rigola, ricana, prit d'un élan d'enthousiasme. Le rêve et la réalité se confondaient, tout comme cette nuée de défunts encharnées inlassablement. Mais Louka n'oubliait pas. Il barbotait dans le Cocyte, pas le petit ruisseau de la Léthé. Il devait punir le pécheur. Asura lui avait offert l'opium le récompensant avant d'avoir accompli son acte. Il devait se servir du knout de lumière que son dieu amorphe lui avait offert. Sa main glissa le long de sa toge, et toujours pris dans ce gaz hilarant de cadavres éthérés, continua de rire. Aux portes de l'onanisme, Louka se rapprocha de la fillette, et dévoila son entrecuisse à sa proie. Cette fois-ci, il n'y avait nulle lumière émergeant de son corps; enfin presque. Un faisceau d'ambre liquide fusait de son intimité, et souillait la brume blanche, ainsi que la filette.

Le Moine Noir, prit d'une bouffée délirante, faisait simplement et salement sa miction sur sa victime.


❖ Tiens, noie toi dans ma sale urine bénie, déchet du ciel ! Tu ne mérites presque pas d'être violée par l'Auguste Lumière d'Asura ! Aaaaaah !

Plus qu'assurer une fonction physiologique, le mendiant dément tentait vainement de porter atteinte à l'esprit du chaman. Dans son esprit absurde, il ne voyait pas que l'urine était sale, mais ne blessait pas. Elle était acide, mais ne brûlait pas avec autant d'intensité que les flammes de la Gehenne. Dans sa psyché perdue, il ne voyait pas que bientôt il sombrerait dans un état de peur et de crainte. Il ne faisait que savourer l'euphorie, et la joie d'être cerné par mille et un spectre se tordant et fusionnant sans arrêt dans la peine.
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Shikonai
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MessageSujet: Re: [NC-12] L'Auréole du Chasseur [PV Shikonai]   Mer 19 Fév - 13:24

Ce moine était dérangé. Il utilisait la magie noire, tout comme Shikonai, mais contrairement à lui, il profanait des propos impie, vénérant une divinité inexistante, soit oubliée dans les flots du temps, soit totalement inventé par ce déchet tourmenté de l'humanité.

Shikonai devrait terrasser cet hérétique, pourtant il prenait la peine de tenter de lui montrer où est son erreur, de lui expliquer les desseins de la grande Ashera. Peine perdue, pourtant, elle devrait le savoir.


« Alors selon toi, ce sont les plus dévoués et les plus purs qui souffrent, qui méritent d'être punis ? Sont-ce les plus méritants, qui méritent un châtiment ? Hahahaha ! J'aime cette pensée. Ashera doit elle aussi aimer Asura. Enfin, si elle existait. Enfin, si elle était pas morte. Ou était née. Je crois. Je ne sais pas. Mais au fond… tu as raison. Les plus purs sont des pécheurs. Ils doivent être punis, et tu ne fais pas exception, crachat de la Catin divine !
- N'insulte pas la grande déesse devant moi ! Les plus purs et fidèles ne devraient pas souffrir ! C'est parce qu'une portion de l'humanité s'est détournée de la parole de la grande déesse que nous souffrons tous ! En gagnant leur liberté, en se tournant vers le mal, ils font souffrir les innocents ! La déesse n'a jamais souhaité ça et c'est pour cela que je détruirais les hérétiques comme toi ! »

C'en était trop. Shikonai déployait ses morts. Il allait faire endurer les pires souffrances à cet homme avant de le tuer. Il ne méritait pas de rejoindre la déesse, mais le laisser en vie serait faillir à sa mission. Qu'il s'incline devant elle dans l'au-delà avant que la toute puissante Ashera ne consume son âme. Elle déployait les âmes défuntes autour d'elle, les poussant à inviter les vivants à abandonner la vie, à les libérer de toute souffrance... et pourtant...

« Oh… Ooooooooh ! »

Ca ne marchait pas. Plutot que se tordre de peur, d'être poussé au bord de la folie, l'impie dansait comme un enfant au milieu des morts, il s'amusait parmi les défunts comme une jouvencelle dans un champ de fleur. C'était impossible. Combien d'âmes en ce monde sont insensible à ce point à la souffrance des morts ? Shikonai n'en revenait pas. Ca arrivait de plus en plus souvent, ce genre de choses. Il fallait qu'il médite sur cette insensibilité de plus en plus récurrente.

Le moine se leva, souleva sa bure alors qu'il était devant la petite fille et un liquide jaunatre en jaillit, souillant l'habit de Shikonai. Le geste était insultant mais il n'en tint pas rigueur. D'aucun se seraient offusqués, mais pas lui. Il allait laissait passer l'affront puis il ira se laver dans le ruisseau.


« Tiens, noie toi dans ma sale urine bénie, déchet du ciel ! Tu ne mérites presque pas d'être violée par l'Auguste Lumière d'Asura ! Aaaaaah ! »

Plutot que lui répondre, Shikona fouilla sous sa robe et en tira son tome de flux. Comme si tout était parfaitement normal, il récita calmement l'incantation rédigée en ancienne langue. L'ombre se forma sous ses pieds avant de passer sous ceux du malpropre, jaillissant en un pilier de ténèbres plus ardentes que les flammes de l'enfer. Pourtant, elles ne consumaient pas le tissu ni l'herbe, seulement la chair et la vie.

« Je nettoierais ma robe dans ton sang. »[/color]




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MessageSujet: Re: [NC-12] L'Auréole du Chasseur [PV Shikonai]   Dim 23 Mar - 13:58

L’AURÉOLE DU CHASSEUR

Suite à une hasardeuse rencontre dans la sylve, le Moine Fou affrontait d’une manière ou d’une autre un homologue adepte des arcanes sombres de la magie. Il était difficile de parler de combat, tant les objectifs de chaque antagoniste différaient de celui d’un simple duel. L’un désirait diluer son poison paraphrénique dans les méandres de sa cible. Un shaman ayant pris possession du corps d’une gamine, dans le but d’accomplir ses obscurs desseins. Un partisan d’Ashera surtout, ce qui avait eu le don d’entrainer Louka dans une sorte de transe maladive. Ce n’était plus simplement sa névrose qui agissait pour lui : tout son corps, meurtri par l’absence de cette Ashera, se révoltait contre les propos presque insultants du nécromancien. L’autre, le sorcier en question, désirait réprimer les incohérences religieuses du Moine Fou. Il avait été souillé à deux reprises : la première, en voyant le nom de sa divinité bafoué, rejeté, insulté à de multiples reprises par son antagoniste. La seconde fois, lorsque le païen en vint à uriner sur son enveloppe charnelle.

Une lutte sans merci opposait donc les deux utilisateurs de la magie. Le shaman associait les arts de la magie noire avec ses capacités personnelles, se résumant en une épaisse brume de damnés éthérés. Le premier coup, lancé en dernier, se résumait en une sombre canine chthonienne, dont l’éclat d’ébène trahissait son appartenance à la magie noire. Le second, n’avait que pour effet de faire sombrer dans la pantophobie quiconque s’égarait dans ce dédale de frimas cadavérique. Mais il était vain de penser que cette brume furieuse pouvait faire flancher aussi simplement le quidam déchu. Louka n’était qu’un réceptacle à craintes, à cauchemars. Il avait baigné dans la douleur et la paranoïa à Belogor, alors que les Rôdeurs réduisaient à néant le penchant sain du genre humain. Ces visages boursouflés qui se dandinaient dans la tourmente n’étaient que des ersatz de moribonds, des souvenirs matérialisés partiellement devant un enfant inconscient. Le pilier d’ombre fit en revanche mouche. Surgissant à grande vitesse des entrailles de la terre, il frappa d’un coup d’estoc le Moine qui bascula en arrière et trébucha. Son bras gauche subit majoritairement les effets de ce sortilège démoniaque. Sa chair criait à la calcination. La peau brûlée, le tissu de sa toge déchirée par l’agressivité de ce poignard du diable, le Mage Fou était mal en point.

Le cruor apparut promptement, mêlant la braise au charbon. Il s’étala le long des sillons de peau que formaient ses plaies, avant de goutteler sur le sol. Et bientôt, la peur succéda à la douleur. La brume, inefficace au premier abord, fit l’effet d’une bombe à retardement. Son effet était simplement enrayé par la résistance occasionnée par l’amence de Louka. La panique prit le dessus sur son esprit sectaire. Les dextres apposés sur sa caboche, son faciès fut recouvert d’incompréhension. Les voix des damnés parvinrent alors à ses oreilles, sous un tout autre aspect. Elles appelaient à la mort, à ce qu’il rejoigne la brume.

Deviens le brouillard… tes forces t’abandonnent. Rejoins-nous. Rejoins-nous…
Entends notre chant, rejoins la valse des spectres.
Tes tourments se mêleront aux nôtres, ta souffrance se diluera dans nos cœurs. Rejoins la danse, oublie ta vie.
Ton existence n’est que douleur.

Toi qui t’égare ici, perds toute conscience.

Apeuré à n’en plus pouvoir, Louka suffoqua. Son souffle trahissait terriblement la peur qui s’insinuait à travers chaque fibre de son être. Le teint blême, les pupilles dilatées, il subissait enfin le bad trip. C’était la dose de trop, celle qui faisait le poison. Ses membres furent dorénavant en prise à de violents spasmes, l’empêchant de tenir debout. Il était presque à genoux, presque écroulé. S’il tentait de se relever, un séisme somatique le ferait choir à nouveau. Son corps lui intimait de s’écrouler sur le sol, en attendant sa sentence ultime.


❖ Non… non… laissez-moi… je vous en supplie !

Ses gémissements prirent le dessus. Mais qui était ce vous ? Non. Pas le shaman. Il était là, mais pas dans l’esprit de Louka. Ce dernier, tremblotant à en périr, n’était plus qu’une larve, un bipède qui méritait qu’on l’ampute. Mais la crainte appelait à la crainte. Et les cauchemars veillèrent à faire jaillir les larmes aux côtés du sang. Dans un ultime effort, l’apeuré gémit à en crier, tant la douleur était menaçante. Les rôdeurs étaient là. Ils voulaient ses bras, ses jambes, le dévorer en entier. Ils voulaient sa chair, la dévorer jusqu’aux os. Ils n’avaient pas peur de se salir les mains, de les entacher de sang, de lymphe. Ils ne craignaient pas de manger un enfant. Il fallait les éliminer, au plus vite.

Contrairement à de nombreux Beorcs, ce n’était pas sa constitution physique qui primait. Il était chétif, fébrile. En revanche, à défaut de disposer d’une résistance normale, il possédait une incroyable source magique. Sous l’impulsion de la phrénésie, cette même magie s’agita en trombes, et se propagea telle une toile irrégulière autour du garçon. Une éruption de piliers d’anthracite éthéré survint. Trop effrayé pour contrôler ses apparitions, Louka laissa sa magie exploser. C’était une réaction presque automatique de défense. Son corps, irrité par l’évocation d’Ashera, le brouillard de damnés, ainsi que sa blessure, chercha à éliminer la menace que constituaient les hallucinations du blondin. Une demi-dizaine de colonnes de ténèbres s’éleva alors, sans pour autant menacer le shaman. Le craquement de la terre gronda aux alentours, tandis que les frémissements des feuilles se firent plus menaçants.


❖ Ne me mangez pas ! JE VEUX PAS MOURIR !

Sa magie s'agita à nouveau, sans prendre de forme concrète. Pas de sorts cette fois-ci, simplement quelques fumerolles sibyllines dignes de plus abyssales cheminées volcaniques. À la manière du remous, elle s'apaisa, s'agita, sans réelle consistance. Elle reprenait son souffle, tout comme ce Louka blessé, et toujours plus intimidé que jamais.
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MessageSujet: Re: [NC-12] L'Auréole du Chasseur [PV Shikonai]   Mer 26 Mar - 14:46

Qui qu'il soit, cet impudent devait payer son offense envers la grande déesse Ashera. Profaner ainsi le nom de la mère de ce monde était une insulte grave envers sa maîtresse et Shikonai allait le lui faire payer. Pas de pitié pour les païens, il allait donner tout ce qu'il avait. Shikonai psalmodia son sort de flux et le lança sous les pieds de son ennemi. S'il ne fut pas mortel, la petite fille sourit en voyant que le bras de son ennemi fut malgré tout endommagé. Mieux encore, son souhait premier, qui lui fut d'abord refusé, s'exauça : la peur envahit le visage de l'incontinent qui sombrait petit à petit dans la peur totale. Il n'était plus insensible à l'appel de défunts qui scandaient leur invitation au trépas, martelant les remparts de son esprit avec les béliers de la haine et de la jalousie. Ils voulaient partager avec lui leur souffrance.

« Non… non… laissez-moi… je vous en supplie ! »

Quels doux propos que ceux-là. L'arrogant demandait à présent grâce, celui qui a souillé le corps et la robe de l'enfant était à présent à ses pieds, incapable de lutter contre la haine de quelques spectres. Aux frontières de son âme, il était envahi par une haine qu'il ne comprenait pas. Bientôt, il allait sombrer lui aussi. Il était temps d'en finir. L'enfant écarta les doigts de sa main d'un geste expert, laissant la couverture s'ouvrir et tomber sur sa paume en ouvrant une page de son livre. Plus que quelques mots et ça sera la fin de ce païen.

Soudainement, alors qu'il le pensait totalement neutralisé, sa proie s'agita. Pas physiquement, non, mais sa magie s'échappait de son corps et faisait pousser des piliers, comme un réflexe automatique contre les menaces, un rempart suprême contre toute menace que pourrait représenter le shaman.


« Ne me mangez pas ! JE VEUX PAS MOURIR ! »

Shikonai a déjà vu des gens résister à l'effet de la brume des morts comme si ce n'était qu'une petite brume matinale inoffensive, mais jamais un tel phénomène. Qu'était-ce donc que ces démons qui peuplaient ce monde ? En tout cas, l'éruption de piliers se calma alors, ne laissant que des lucioles de magies qui voletaient paisiblement, mais trahissait malgré tout un message clair : le gardien était toujours là, prêt à frapper. Toutefois, la proie était toujours paniquée, au sol. Si Shikonai pouvait l'abattre d'un coup tout en perçant la défense magique... ça valait le coup d'essayer, mais pas avec flux, non. Il changea de livre et psalmodia une nouvelle incantation.

Cette fois-ci, ce fut au dessus de l'enfant que la magie se forma, prenant l'apparence d'une boule couleur ébène, la sphère grossit au fur et à mesure que le Shaman l'alimenta de son énergie. Une fois que la taille menaçante fut atteinte, elle s’abattit telle une comète, direction le mage. Il ne pouvait survivre à un tel impact, pas dans son état... Shikonai allait gagner.




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MessageSujet: Re: [NC-12] L'Auréole du Chasseur [PV Shikonai]   Ven 28 Mar - 18:49

L’AURÉOLE DU CHASSEUR

You Go to My Head by Jason Graves on Grooveshark

Plus chétif que jamais, l’apatride était dans un piteux état. Son sang se confondait avec ses brûlures, et son visage portait les stigmates de la terreur. L’effet anxiogène du brouillard ésotérique était à son acmé. Louka était bien trop apeuré, et surtout inexpérimenté, pour tenter de réfléchir à quoique ce soit pour contrer ce rideau de cadavres fantomatiques. Pourtant, il devait agir. Les lamentations bruyantes tambourinaient son esprit en porcelaine, dans un orage de plaintes et de souffrances. L’enfant fou ne s’amusait plus : il avait rejoint mentalement la foule de criards volatiles. Cette alliance restait néanmoins superficielle. Le gamin revenait de son côté à ses pires années à Belogor. Le souvenir d’une peur intense le ramena quelques années en arrière, période où la Peste Pourpre ravageait sa patrie de cœur. Ces visages anonymes qui se déformaient sous la brise aveugle lui rappelaient autant de Rôdeurs pervertis par le germe d’un mal qu’Ashera n’osa pas voir.

Sa vision superposait au tissu de la réalité d’horribles souvenirs de son passé. La fillette habitant le mage noir n’était alors plus qu’un tas de déchets humains, de carcasses éviscérées. Dans le silence paisible de la sylve, il se bouchait les oreilles, tant le vrombissement des mouches lui faisait courber l’échine. La brume maudite devenait alors nuage de mouches, se mouvant au gré des courants du trépas. Un sort qui attendait le Moine Fou si ce dernier ne décidait pas de sortir de ses réminiscences paranoïaques.  Louka s’écrasait sous l’étau constitué de la réalité, et de ses délires, tout deux corrompus par une mort imminente.

Pas même la faiblesse innocente, et morbide du garçonnet redevenu panier à phobies ne toucha son antagoniste. Le blasphème et diverses provocations du fanatique étaient bien trop gros pour pouvoir être effacées par une courbette et un maigre châtiment. Il devait le payer de sa vie. Le trépas n’était pas une option, mais une réalité, d’ici peu. Le shaman avait bien agi : le Moine Noir méritait de périr. Sa suppression sauverait des vies innocentes d’une menace absurde et trompeuse. La tête du chérubin déchu était lourde de machinations lugubres, et devait dès aujourd’hui s’alléger de ses sombres réflexions. Sans attendre une nouvelle réaction de son « assaillant », le nécromant concentra sa magie au-dessus du profanateur. Son énergie prit la forme d’une sphère noire comme le fond d’un abîme. Sa croissance n’avait d’égal que l’envie de son utilisateur d’en finir une fois pour toute avec Louka. Une épée de Damoclès, tassée dans la forme la plus parfaite de l’univers, au bon vouloir du damné à la chevelure de miel. Le poids de ses pêchés inconscients s’amoncelaient juste au-dessus de lui, et allaient retomber en fatras sur ses épaules pour le faire choir dans l’Outre Monde.

En guise d’ultime au revoir, des larmes. Pour le parano, il n’y avait que des mouches dansant autour des piliers du monastère, et les pestiférés, qui voyaient leurs plaies s’agrandir.

Le globe de magie noire s’écrasa à toute allure, de tout son poids malsain au sol. L’apocalypse ? Non. Une simple exécution. Un coup de semelle sur un insecte répugnant. Une punaise, aux fragrances délétères pour l’humanité.

Une incroyable déflagration survint suite à ce choc. D’une brutalité inédite dans cet affrontement inégal, le sort déploya une importante onde de choc. La poussière s’éleva par vagues, les feuilles s’agitèrent avec fureur. Le corps inerte des pendus frétilla sans réelle consistance. Dans ce haboob ostrogoth, dansaient des flammes céruléennes. Elles brûlaient d’un éclat intense, telle une nuée de feux follets.  
Des flammes mortes.
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Au centre de ce cortège de flammèches cadavériques se tenait une silhouette étrangère. Son corps était immolé de cet élément igné corrompu par l’azur. Progressivement, la description s’affinait, au fur et à mesure que les flammes se dispersaient dans une corolle de saphir pâle. Le feu glacial dévoila un faciès inconnu, recouvert d’une visière aux allures de casque de chevalier. L’apex se voulait farfelu, presque clownesque, mais dans une approche plus macabre qu’amusante. Il y avait quelque chose de fanatique. Quelque chose d’antédiluvien, comme une architecture interdite pour son caractère malsain. Il y avait aussi ce sourire, plein de sadisme et aussi sinistre que le reste de son crâne. Son regard de braise presque éteinte était caché derrière la visière, mais on devinait aisément une lueur presque chthonienne. Les flammes se dissipaient, et on reconnaissait enfin quelque chose de trivial. Cette toge d’ébène qui abritait un corps maigre d’une pâleur nivéenne.  Ce n’était plus un peureux, ce n’était plus un semeur d’autolyse. Sous l’impulsion de son énergie malsaine, la larve s’était consolidée une carapace, répondant au nom de Saint Arlequin. Le nouvel avatar de la personnalité de Louka tenait facilement debout, nonobstant totalement ses blessures. Le sortilège sensé le tuer avait fini réduit en cendres spirituelles, consumées par ce feu azur nourri par la raison et l’énergie.

Plus effrayant et imposant que son apparence précédente, il ignora à nouveau cette brume de morts. Mieux encore, d’un éclat de magie, il fait apparaître dans sa main droite une vaste gerbe de flammes au bleu caverneux, et lança sa création autour de lui. Un incendie azur ravagea alors la zone, et réduisit en miettes les tribunes de lémures gazeux. La flamme de Louka brûlait l’esprit, et non pas la matière. Aussi, en dansant en horde de mouches sur un cadavre, ces mêmes flammes semblaient affamées à la vue de la cible du Clown.


❖ Tu as osé prononcer le nom de la divinité interdite. Celle qui, par ses caprices, laissa périr parmi ses plus braves fidèles sous la maladie, et l’anarchie. Celle qui pour l’équilibre, consuma à petit feu ceux qui vivaient en son nom, et au nom de ce même équilibre.

Sa voix était autre. Plus mature, plus synthétique. Le Saint Arlequin s’avança d’un pas déterminé vers sa proie. Il n’avait plus les spasmes d’auparavant. Il n’était plus la même personne. Ce n’était pas sa peur qui le guidait. Ce n’était pas son innocence passée, non plus. Son fanatisme maladif n’était pas également en cause. La folie même de Louka agissait en son nom, avec la plus étrange des lucidités qui soit. Cette même démence qui ne vivait que pour semer la confusion. Celle qui naissait du cœur malade des hommes. Celle qui aujourd’hui consume par la haine et l’amence les âmes.

❖ Tu vas périr, voir ton esprit anéanti dans les méandres de la folie. Ma folie. Notre démence.

La tête penchée, le monstre élargit davantage son sourire, aux limites du sourire de l’ange. Dans sa main gauche émergea une vaste sphère de flammes cadavériques, pantomimant avec sympathie le sortilège qui devait le faire trépasser. Un simple contact avec ce concentré de magie dans son penchant le plus noir valait bien plus de souffrances mentales qu’une longue exposition à la lumière d’Asura. Il s’agissait d’un feu ergotique, venu d’un enfer polaire.

Le feu crépita, s’aggloméra avec agitation. L’heure de la vengeance approchait. Le moment de l’incendie psychique.
Des flammes mortes.

Oui, des flammes mortes, qui s’éteignirent spontanément. En faisant appel à sa barrière ultime, Louka avait consumé – c’était le cas de le dire – le reste de ses réserves magiques. Épuisé, il abandonna son heaume sinistre, et son armée silencieuse ignée pour s’écrouler au sol, inerte. Perdu dans l’inconscience, il ne représentait plus une menace. Mais le message était clair : aussi faible puisse-t-il transparaître en superficie, la larve absurde peut savoir muer quand la situation se présente…
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MessageSujet: Re: [NC-12] L'Auréole du Chasseur [PV Shikonai]   Lun 31 Mar - 20:51

C'était gagné, Sikonai avait remporté la victoire, il n'avait plus qu'à l'achever et il n'allait pas se faire prier pour ça : bien trop souvent il s'était un peu attardé à admirer la souffrance de ses victimes, leur laissant le temps de se dépêtrer, d'une façon ou d'une autre, de l'emprise de la brume. Donc il a décider de frapper vite et fort, achever sa victime avant que la situation ne lui échappe. La boule grossit, grossit, grossit... et s'écrasa. L'impact fit à peine vaciller l'enfant qui n'avait guerre la masse physique nécessaire pour rester imperturbable. Le souffle fit voler feuilles, brindilles, poussière et chavirer les pendus et tout ce qui était solidement ancré au sol ou à un point solide. Nul ne pouvait survivre à un tel impact, Shikonai s'attendait à voir le cadavre desséché, consumé par les ténèbres, châtié pour sa folie hérétique... et pourtant...

Oui, pourtant, quand les ténèbres se dissipèrent, déchirés par le vent, disséminés en volutes noires éphémères, ce n'était pas un cadavre effondré qu'il aperçut, mais une créature qui ne se trouvait pas là avant. Un humain dans une armure clownesque. Il ignorait si c'était cette apparence qui le choquait le plus ou le fait que le sort ne semblait lui avoir rien fait. Pire encore, après ça, il fit apparaître des flammes qui dissipèrent la brume magique du shaman. Pourquoi diable de tels démons bravaient toujours les morts ?


« Tu as osé prononcer le nom de la divinité interdite. Celle qui, par ses caprices, laissa périr parmi ses plus braves fidèles sous la maladie, et l’anarchie. Celle qui pour l’équilibre, consuma à petit feu ceux qui vivaient en son nom, et au nom de ce même équilibre. »

Le Shaman se mordit la lèvre, resserrant sa prise sur le cuir de son livre, seule moyen de défense contre le fou qui lui faisait face. Il devait bien lui rester une carte à jouer malgré tout, une ruse qui pourrait lui permettre de combattre à armes égales... l'enfant réfléchit à toute allure.

« Tu vas périr, voir ton esprit anéanti dans les méandres de la folie. Ma folie. Notre démence. »

Une sphère de flammes se présentait alors dans sa main, une grotesque imitation du sort qui aurait du coûter la vie au monstre, un plagiat du Luna. Et pourtant, il le savait, quand bien même ce n'était qu'une parodie grossière, ça n'en demeurait pas moins tout aussi dangereux. Il n'avait pas assez de temps pour riposter : Shikonai devait encore se concentrer et incanter pour lancer un sort alors que la sphère de flammes ne semblait pas avoir demandé la moindre petite incantation et était instantanément prête à l'emploi. C'en était fini de lui, il allait retourner au ténèbres et attendre une autre incarnation pour poursuivre son œuvre.

C'était du moins ce qu'il crut jusqu'à ce que les flammes s'évapore, suivit de l'armure de bouffon. Son adversaire s'effondra au sol. S'il émanait encore un souffle de vie de sa bouche, son énergie magique était totalement épuisée. Le shaman sentit ses jambes se dérober, ses yeux exorbités observait celui qui a failli le tuer... puis il rit.

Il rit à en perdre le souffle, il rit à s'en broyer les côtes, un rire qui transpirait l'hystérie, un rire comme il n'en a jamais poussé. C'était un signe, il le voyait, un signe qu'Ashera veillait sur son émissaire.


« Alors, hérétique ? Où est ta déesse ? Où est-elle, cette incarnation païenne ? Vois ! Ashera nous observait et elle a reconnue ma valeur ! »

L'enfant sortit un poignard. Lui aussi n'avait presque plus de réserve magique après tant d'exaltation. Il allait faire ça à la barbare, mais le résultat sera là. Lentement, la lame acérée caressa la joue puis la nuque du prêtre hérétique, laissant une marque dans la peau de laquelle perlait quelques gouttes de sang. Il remonta ensuite jusqu'à l'omoplate et enfin à l'endroit où se situait le cœur. Telle une lame de Damocles, il souleva l'arme. Il ne restait qu'une simple impulsion et...

Un craquement derrière lui le fit instantanément réagir. Le shaman se jeta à couvert dans un fourré. Une fois encore, alors qu'il allait accomplir sa besogne, il a été interrompu par des importuns. Cette fois-ci, des gardes qui découvrirent l'horreur de la scène : un homme à terre et des pendus. Ni une ni deux, ils embarquent le seul survivant de la scène et l'enfant ne peut rien faire. Rien à part partir en maudissant sa mauvaise fortune. Certes, il était encore en vie, mais c'est toujours un homme qu'il devra retrouver et tuer... comme bien d'autres...




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[NC-12] L'Auréole du Chasseur [PV Shikonai]

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