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 Ton Reflet Dans Un Miroir... [CDC : Nemesis]

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MessageSujet: Ton Reflet Dans Un Miroir... [CDC : Nemesis]   Ven 21 Sep - 14:05


Le plus bel édifice cache la cruauté des ouvriers morts pour le construire, la plus belle des villes masque l'autorité injuste qui la maintient, le plus beau des sourire camoufle la profonde tristesse qui nous habite. Les apparences, les faux semblants étaient comme une toile de théâtre tirée sur le fil de la vie, la modifiant, la déformant pour que seule la vision des puissants domine.
Peu étaient ceux qui voyaient la réalité, peu étaient ceux à pouvoir la voir, peu étaient ceux à vouloir la voir. Ainsi comme un cheval de traie nous naissons, nous vivons et nous mourrons avec des œillères, ne voyant jamais plus loin que le bout de notre nez.
Seuls quelques élus avait le déplaisir de discerner ce qui les entourait dans leur ensemble mais là était leur plus grand malheur car si ce que l'on ignore ne nous tue pas ce que nous savons...

...NOUS DÉVORE À PETIT FEU!!!

***
Voyageons dans le temps et l'espace et regagnons Dagran, petite ville isolée dans les terres de Begnon, vivant de la culture de ses terres et de la richesse de ses sols minéraux. Nœud névralgique du commerce des métaux et du bétail, nombreux étaient les voyageurs à y faire halte pour profiter de sa douceur et de la pureté de son air. Pourtant, si son atmosphère semblait tout ce qu'il y a de plus idéale, il ne fallait point oublier les apparences trompeuses de la sérénité du jour souvent reflétée par la perfidie de la nuit.

Une rumeur semée au grès du vent rapportait aux oreilles des plus attentifs une sombre nouvelle. Pire qu'un dirigeant tyrannique, pire qu'une bande de brigands organisée, la rumeur disait que le Faucheur sévissait en ces lieux.

Telle une épidémie les dires c'étaient répandus passant de l’oreille attentive à celle opportuniste. La ville s'était peu à peu évidée. Les honnêtes paysans laissaient place aux mercenaires, les bons commerçants livraient leur demeure aux criminels. Certaines femmes répandaient dans leur fuite inconsciente des images d'horreur, clamant à qui voulait l'entendre qu'elles avaient vu le démon en manteau rouge éviscérer les bêtes et se nourrir de leurs entrailles encore chaude et dégoulinante de sang.
Alimentant leur récit des mythes populaires les mélangeant parfois avec ceux plus aléatoire de loup-garou, de diablotin et autre fantaisie grotesque, la ville de Dagran était devenue une sorte d’attraction touristique pour les plus téméraires. Et dans ses entrailles, l’objet de toutes les peurs, de tous les conte pour effrayer les enfants s’évertuait à chercher…

***

- Tu as trouvé ?

Elle s’adressait à lui, une longue chevelure blanche, un manteau rouge épais à l’armature métallique, une épée gigantesque dans le dos… Le Faucheur était là, debout adossé contre un mur. D’une main il lisait un livre conséquent au titre imprononçable dont la signification même une fois traduite restait incompréhensible.

- …

- Tu pourrais me répondre tout de même, ça fait un moment qu’on se côtoie… Et puis que cherches-tu… ça fait un moment qu’on est ici et ça attire du monde en surface et pas forcément des plus désirables…

- …

- Rah tu m’énerves. Je vais débarrasser un peu la surface de sa vermine. Tu les attires comme un pot de miel avec les abeilles.

La jeune femme tournant le dos au criminel fit virevolter une chevelure brune des plus magnifiques cachant partiellement une lance d’argent dans son dos. Sa démarche presque militaire claquait au rythme de son déhanché.
Remontant dans un couloir souterrain creusé à la pioche, elle finit par rejoindre un escalier de bois usé. S’éclairant à la torche, elle tira sur une cordelette qui lui ouvrit une trappe au plafond. Elle donnait sur l’arrière salle d’une auberge où un groupe de brigand avait élu domicile. Depuis quelques jours, le bruit de leur pas sonore sur ce qui leur servait de plafond avait eu tendance à énerver la demoiselle. Quant à leur vantardise sur les crimes qu’ils avaient commis… Elle en avait assez.

Elle saisit la lance dans son dos et alors qu’elle apparaissait dans leur champ de vision, la bataille s’engagea et rien n’aurait pu perturber cette femme et l’image de sa silhouette s’éloignant dans une danse guerrière.



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MessageSujet: Re: Ton Reflet Dans Un Miroir... [CDC : Nemesis]   Mer 21 Nov - 17:33

- Dis-moi gueule de princesse t’es pas bien bavard ! T’as tellement la trouille que t’en as perdu l’usage de ta langue c’est ça ?

Un rire gras suivit ces paroles grotesques tandis que le cercle des trois parjures se resserrait. L’homme tout de blanc vêtu ne répondit rien, gardant les yeux fermés, ses narines s’agitant à peine sous le vent de sa respiration. A vrai dire il aurait préféré devenir aveugle et sourd plutôt que de continuer à vivre ce que lui infligeaient chaque vision, chaque bruit et même chaque odeur de cet endroit répugnant. Les effluves sournoises et viciées du crime empuantaient les lieux, s’infiltraient par chacun des pores de son être et chaque minute qu’il passait ici ne faisait qu’exciter cet instinct bestial reposant dans son esprit. Il allait les broyer, les réduire en cendre, et avant que sa fureur ne soit à son comble, avant qu’il ne soit rassasié ou même essoufflé, cet endroit brûlerait dans les flammes divines de la Justice.
- Bah alors ma petite, faut pas avoir peur comme ça ! On va pas te manger, juste te bousculer un peu et ensuite on te prendra ce beau manteau qu’a l’air de t’avoir coûté si cher… Et pt’être bien qu’on te fera un peu mal à ce moment-là aussi…

Mais pas tout de suite non… Car ce nid grouillant avait une reine par laquelle il était né. Et cette reine, cette origine du chaos régnant désormais en ces lieux, il allait la débusquer… Il allait trouver le Faucheur en ces lieux et alors… Alors… Alors ses yeux dorés s’ouvrirent lentement, contemplant les trois immondices lui faisant face. Quel besoin de s’attarder sur leur apparence, leurs armes ou même le flot impur qu’il proférait à chaque inspiration. Ils n’étaient rien.
- Un problème Boss ?
- T’es qui toeurgh…

Un être de plus retournant au néant. Un peu plus d’air pur pour ceux restant à la surface tandis que tu plonges dans les ténèbres. Mais celles-ci sont douces et chaleureuses ne trouves tu pas ?

L’immondice graisseuse, embrochée vives par la lance d’ébène s’écroula sur les genoux. Il n’avait pourtant baissé sa garde qu’une seconde… D’où sortait cette arme à la lame si froide… Le regard du Nemesis plongea dans les yeux hagards du fou qui avait tenté de défier la Justice de ce monde.

- Contemple ta déchéance, et repends-toi. Car il n’y a pas de pardon, pas de regret et encore moins d’avenir pour les ordures telles que toi.
- Waaah ! D’où… D’où tu sors ça toi, tu vas…*SPROCH*

La hache géante du Lion Rouge laissa inachevée cette grande déclaration alors que Nemesis refermait ses doigts griffus sur la joue obèse de sa proie obligeant le regard déjà vague à le contempler jusqu’au bout. Un peu de sang coula à la commissure des lèvres du gros tas, se perdant dans les bourrelets de son menton tandis que les yeux d’ambre le fixant lançaient des éclairs de haine.
- A quoi ta vie a-t-elle pu servir ? Quel intérêt as-tu trouvé à venir au monde sur cette terre autre que celui de venir périr en ces lieux… Tu ne mérites ni la pitié ni la grâce que Nous te faisons d’observer tes derniers instants.
- Non ! Non ! Pitiéééé !
- Arrête de bouger, t’es coincé t’façons ! T’vas t’faire mal !
- Ahhhh ! A l’aide!
- T’as entendu parler du Lion Rouge gamin? Paraîtrait qu’il est sacrément violent quand on emmerde ses potes…

- Va maintenant. Puisses-ton âme éternellement souffrir dans ces ténèbres que je t’offres.
- AAAAAAARGH ! Gla…*CRAC* Gh… gh…..

Belzébuth se retira sans un son du sein du cadavre avant que ce dernier ne bascule sur le côté, un large ruisseau de sang et de pus se répandant lentement autour de l’être immonde. La lance de ténèbres se dissipa tandis que le mage noir plaquait le dos de sa main contre sa bouche, retenant de justesse une intense envie de vomir. Il avait l’impression que l’odeur putride du cadavre s’ajoutait déjà au charnier que présentait cette cité. Dans son dos, le Lion Rouge revenait en trottinant, se frottant fièrement les mains et laissant un corps disloqué au visage déformé par la souffrance au fond de l’impasse. Récupérant sa hache, le barbare inspira à fond avant de plaquer un sourire radieux sur son visage.
- P’tain je revis là ! S’t’endroit c’est l’pied, personne pour m’faire chier, pas d’capuche. T’imagines même pas la tronche qu’y font quand j’leur dis qui j’suis.

Nemesis ne répondit rien, tentant de reprendre un peu de contenance tandis que son compagnon lui infligeait une grande claque bourrue dans le dos. Reprenant leur marche, le duo poursuivit son chemin dans les ruelles de la ville. Les rumeurs de Dagran avaient rapidement fais leur chemin jusqu’aux oreilles du mage noir tant elles s’étaient propagées avec vitesse et précision. Après l’échec de Gallia, il avait hésité un instant à ne pas plutôt tenter la piste de la bourgeoise de Mélior mais les mythes populaires et la rapide montée en décadence de la région avait attisés son intérêt. Etre au cœur même du chaos, être à la source de ce mal qu’ils s’efforçaient de détruire était peut-être le meilleur moyen qu’ils avaient de trouver leur objectif. De plus, la présence et la réputation de Seth lui donnaient un avantage certain.
- Alors ? Qu’est-ce que ça a donné ?
- Rien de très précis. J’ai payé un ou deux coups à des gars qui traînaient visiblement d’puis un bout de temps par ici. Y’en, a un qu’a voulu jouer au con avec son couteau et ses potes se sont tout d’suite montrés plus cool quand j’y ai pété l’bras.
- Tu fais trop d’émules. Si tous les criminels de la région se lancent à ta poursuite… Sans compter les chasseurs de tête qui recherchent le Lion Rouge…
- T’inquiètes Boss…

Et là-dessus, le barbare lui adressa l’un de ses sourires les plus carnassiers.
- Ceux à qui j’me présente me cherchent généralement des emmerdes. Et j’déteste ça moi les emmerdes. Bref donc ils m’ont confirmés deux trois trucs. Ici c’est pas tous que des rigolos comme les trois crétins qu’on a balayés tout à l’heure. Y’a du lourd. Et ils sont tous plus ou moins là à cause de la même chose.
- Il a vraiment été vu…
- P’t’être pas, mais les gens et les gars d’l’armée y croit suffisamment pour pas s’risquer dans l’coin. Trop risqué justement!

Serrant les dents, Alexander sentit la colère le gagner alors qu’il crachait avec véhémence.
- Tous des lâches ! Cet endroit ne mérite que d’être rasé tant il est corrompu !
- Tout doux Boss ! T’vas pas m’dire qu’tu comptes bousiller toute la ville à toi tout seul. S’pas un trou du cul du monde ici, y’a pas qu’des rigolos j’te l’ai dit !
- Bien sûr que non !

Le mage noir prit le temps de reprendre son souffle avant de s’asseoir plus calmement sur un muret tout proche, croisant les bras, il jeta un regard sévère à son gardien.
- Si Nous en avions le pouvoir crois bien que cet endroit serait déjà devenu un simple tas de ruines et de cendres. Il nous faut plus d’informations, et ce n’est pas en égorgeant à tout va les tire-laines de l’endroit que Nous en trouverons. Cette cité doit bien être régulée d’une façon ou d’une autre, un quelconque cartel doit la gérer sans quoi tout s’effondrerait en un rien de temps.
- Donc… S’t’à eux qu’tu veux t’en prendre ?
-…

Le mage noir resta silencieux un instant, ses yeux dorés parcourant les alentours. Des individus à l’air plus ou moins patibulaires déambulaient de ci de là sans même leur accorder un regard. L’apparence étrange de leur duo et surtout l’arme gigantesque de Seth ne semblait pas les perturber plus que cela. Le Monde de l’Ombre fonctionnait ainsi, tant que l’on ne te cherchait pas de crosses, tu n’avais aucune raison d’étriper l’homme à ton côté. En ce genre d’endroit se trouvait ce qu’il cherchait… Et pour atteindre la source d’un malheur, le mieux à faire est d’en remonter le courant.
- C’est la meilleure chose que Nous puissions faire. Sans information supplémentaire ou plus précises, impossible de LE localiser. Il nous faut trouver qui tire les ficelles. A qui profite le crime ? Qui se sert de la réputation du Manteau Rouge pour prospérer.
- Et… Tu comptes faire ça comment ?
- Retourne en ville de ton côté. Laisse entendre qui tu es s’il le faut, paye le premier-tire-au-flanc un peu saoul que tu croises, utilise les moyens qui te semblent nécessaires ET discrets... Mais trouve moi un nom.
- J’ai le droit de boire ?
- …
- J’prend ça pour un oui. Et toi ?
- Les ordures de l’endroit semblent Nous prendre à la légère. Outre leur montrer qu’ils se trompent grandement, il est probable que Nous en tirions un avantage. La première taverne un peu mal famée fera l’affaire. Nous nous quitterons à l’entrée de l’endroit où j’irais. Le mieux à faire est ensuite de nous retrouver dans… Disons deux heures.
- Genre tu vas poser ton cul tranquille alors qu’c’est moi qui vais m’taper l’sale boulot. P’tain la célébrité c’est chiant des fois.
- As-tu une meilleure idée ?
- Gnagnagna…
- Bien alors en avant.

Et reprenant leur marche, les deux compagnons se mirent en quête d’un endroit où initier leur recherche.
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MessageSujet: Re: Ton Reflet Dans Un Miroir... [CDC : Nemesis]   Lun 26 Nov - 11:56


Assise sur un amoncellement de corps humains, la jeune femme toisait de son regard perçant un dernier rescapé de la bataille. Celui-ci était apeuré comme paralysé par une tension effrayante alors que pourtant, il était libre de partir. Cependant, le regard que portait sur lui la lancière lui interdisait tout mouvement.

- Je… je

- Ne gaspille pas ta salive mon garçon, je n’en ai que faire. Je veux que tu me débarrasse de ça _ elle donna un coup de pied négligent dans le tas de corps _ puis que tu ailles prévenir tous tes petits copains que s’ils viennent dans le quartier Nord, je leur ferais subir le même sort. Est-ce bien compris ?

- Oui M’dame.

Alors qu’elle sautait lestement au bas de sa pile humaine, la guerrière esquissa un mouvement vers le petit malfrat qui par peur laissa échapper un jappement ridicule.

- Fais vite, je te regarde.

Sous la pression d’une mort certaine, le vaurien s’empressa de s’exécuter.

La cité s’était naturellement divisée en quatre parties rivales et chacun avait su trouver sa place. Les criminels qui souhaitaient profiter de la paix des lieux grâce à la réputation du Faucheur s’était installé à l’Ouest. Ils faisaient de bons voisins ne cherchant qu’à se cacher et à vivre tranquillement leur vie. Mais en ce qui concernait les deux autres blocs… celui de l’Est accueillait les mercenaires avec ou sans scrupule qui comptaient bien se faire du fric sur le dos du bloc Ouest et celui du Sud regroupait le pire de l’espèce humaine, des vermines sans foi ni loi qui n’hésitaient pas à sans prendre à plus faible qu’eux et à venir se cacher dans ces ruines pour éviter les représailles…
Seul le bloc Nord gardait une certaine viabilité. La lancière avait réussit à délimiter son territoire et accueillait tous les ‘honnêtes’ habitants qui n’avaient pu fuir vers de contrées plus vertes. Elle avait su imposer sa loi par la force et le marchandage et jouait une fine stratégie pour ne pas provoquer les membres du Sud.

- Voilà m’dame, c’est fait… désolé pour le dérangement…

- Dis moi petit, ça te dirait de me tenir informé de ce qui se passe au Sud, je t’assurerais une protection en cas de problèmes

- Je…

- Je ne te mets pas le couteau sous la gorge, mais si tu me rends ce service, je serais me montrée reconnaissante.

Elle faisait miroiter dans sa main une pièce d’or qui avait l’air bien réelle…

- Je pense que je pourrais. Madame.

- Très bien, alors rapporte-moi tout ce que tu trouveras de significatif, attaque du bloc Sud sur l’Ouest ou le Nord, arrivée de nouveaux venus,… Est-ce bien clair ?


Le nouveau petit soldat opina du chef vaillamment alors qu’il se sentait comme galvanisé par la nouvelle responsabilité qui lui était imputée. D’un signe de main, la lancière le remercia et il sortit par la grande porte, le torse bombé et fier.
Tapotant des doigts sur le bar de son auberge, la jeune femme réfléchissait à sa rencontre avec le manteau rouge. Elle en avait marre de l’accompagner, ou plutôt de le suivre… elle espérait au fond elle que ce soit bientôt terminé. Que tout ce termine.

***
Dans le bloc Sud, l’espion malhabile observait depuis les toits de nouveaux arrivants qui avaient su faire une entrée remarquée. S’il reconnaissait avec aisance le Lion Rouge, une véritable légende dans le milieu, il avait du mal à maitre un nom sur le visage de celui qu’il appelait maitre. Une telle arrivée était surement ce que la dame à la lance appelait un évènement significatif mais avant de faire son rapport, le jeune homme voulait attendre de voir s’il survivrait assez longtemps. Surtout quand il vit que l’un des barons rouges s’était déplacé pour venir à leur rencontre…

C’était un homme de stature correcte, il ne semblait pas très fort musculairement parlant mais il avait une assurance qui imposait un certain respect. Habillé d’une élégante veste noire surplombant une chemise à froufrous en soie blanche, l’homme semblait faire partie de la haute noblesse et possédait un maintien qui ne démentait pas ce fait.

- Bonjour nobles étrangers. Je suis Sir Erouald Don Capetti, je vous souhaite la bienvenue en ce lieu de débauches. Puis-je vous débarrasser de vos effets et vous mener aux salles de jeu, ou au bar à putes. Comme cela dira à ces messieurs.

Comme sortie de nulle part, une ribambelle de jeunes demoiselles plus jolie les unes que les autres sortirent de derrière le Baron Rouge. Elle gloussait mignonnement alors qu’elles offraient un large éventail de choix aux deux arrivants. De la femme guerrière à la midinette des champs en passant par la sauvageonne, la femme fatale, la noblichette… il y en avait pour tous les goûts.

- Alors messieurs ? Que puis-je pour vous satisfaire ?

Légèrement incliné, une main dans le dos, et une sur la poitrine, Sir Erouald Don Capetti était l’hôte idéal. Du moins pour berner les gens.



------------------------------------------------------------
HRP : Sir Erouald Don Capetti, membre éminent des Barons Rouges, épéiste de classe II niveau 2. Les Barons Rouges sont une branche de criminels issus de la noblesse qui sont connus pour leur trafic d’esclaves et leur adoration pour les jeux sanglants… l’appel du grand frisson les perd souvent.
Ayant reçu une éducation des armes telles que le fleuret, l’épée à deux mains ou encore l’arc long, ce groupe est très hétéroclite ce qui fait sa force.
Sir Erouald Don Capetti est connu pour toujours s’entourer de jolies femmes aussi belles que dangereuses. Ne vous endormez pas dans leur bras, c’est un coup à perdre sa bourse et la vie.




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MessageSujet: Re: Ton Reflet Dans Un Miroir... [CDC : Nemesis]   Lun 26 Nov - 14:52

Un ballet aussi ravissant que charmant s’offrait à leurs yeux. Des créatures plus enchanteresse les unes que les autres aux courbes exquises et aux parfums exotiques se pavanaient désormais à leurs côtés, gloussant, minaudant et battant des cils à qui mieux mieux. Nemesis crut qu’il allait tourner de l’œil. Cet étalage de chair esclavagée et de servitude l’écœurait au plus haut point. Son corps et son esprits avaient peut-être étés ceux d’un homme fut un temps, mais les appétits qui parcouraient ce dernier avaient cessés d’exister aussi soudainement qu’étaient apparus ses cheveux surnaturels, ses yeux au regard envouteur et ses crocs à la morsure fatale.

Les choses allaient cependant dans son sens. Celui, ou ceux, qu’il s’était décidé à chercher mettaient visiblement un point d’honneur à aller vers lui. Paraissait-il si abusable qu’ils essayaient d’en profiter le plus rapidement possible avant que d’autres vautours n’aient mis la main sur leur précieuse cible ? Ou bien leur semblait-il plus dangereux qu’autre chose ? Peut-être même était-ce la simple curiosité vis-à-vis du Lion Rouge qui poussait l’empaffé s’inclinant grotesquement devant lui à le rencontrer.

- Mouhahaha ! J’kiffe de plus en plus cette ville moi ! Du calme les filles y’en aura pour tout l’monde !

Nemesis ne tiqua pas mais adressa toutefois un regard vif et furtif à son vis-à-vis. La brute s’était déjà entourée de quelques-unes des mouches à purins de l’endroit, semblant s’enivrer de plus en plus inconsciemment des artifices illusoires de la ville. Le Lion Rouge se pavana quelques secondes supplémentaires avant de se tourner prestement vers une beauté à la peau aussi mâte que la sienne et dont le corps se frottait de plus en plus perceptiblement au sien.
- Ouuuuh… Salut toi, désolé si j’pose pas mon bébé… Ici il adressa un rapide coup de tête à l’arme gigantesque posée négligemment sur son épaule.… J’ai pas envie d’te faire mal, c’est qu’elle en a fauchée des plus moches que toi t’sais.
- J’en tremble, quelle puissance…
- Ouais… S’pour ça qu’à ta place j’lâcherai tout d’suite mon fric avant que j’t’ajoute à la liste.

La voleuse cligna deux ou trois fois de ses grands yeux verts de biche avant de comprendre que la discrète pression d’une main autour de son poignet pouvait très rapidement devenir plus douloureuse si elle ne remettait pas immédiatement la bourse qu’elle tenait en main à sa place. Le cercle des succubes se fit rapidement moins compact tandis que le barbare plaquait sans aucune douceur l’ex-voleuse, tout de suite moins décontractée, contre son torse en la déclarant sienne pour la journée « et p’têtre pour la nuit aussi tiens ! »

Le fait que son compère reste toujours alerte l’aurait presque fait sourire si leur situation ne préoccupait pas le Nemesis un tantinet plus que les exploits sexuels du Lion Rouge. Lorsque les tentatrices et leur maître avaient envahis les lieux, les groupes s’étaient dispersés, les passants s’étaient hâtés… Pour faire simple ne restait que quelques curieux inconscients, les proies et leurs chasseurs. De ces deux derniers, les rôles restaient cependant toujours à attribuer. Sa main chassa d’un air las la caresse répugnante de l’une des catins de son épaule tandis qu’il s’avançait d’un air royal. Ses lents applaudissements retentirent petit à petit sur les murs de la rue, la lumière du soleil faisant étinceler la pierre noire à son doigt. S’arrêtant à mi-chemin du Lion Rouge et de leur visiteur, le mage noir écarta les bras avant de prendre la parole.

- Nous constatons avec plaisir que même le plus infâme tas de purin peut renfermer quelques inestimables diamants. Ainsi sait-on également recevoir dans ces régions où le chaos triomphe de l’harmonie.

Un instant déstabilisées par ce discours contradictoire à propos de fumier mais également de diamants, les ouvrières vrombissantes décidèrent d’en tirer le meilleur parti et s’approchèrent de nouveau de lui, trémoussant et dandinant. Répugnant.
- Ce n’est cependant point pour Nous… Contenter de plaisirs aussi lucratifs que Nous sommes ici Don… Capetti c’est bien cela ?

N’attendant même pas confirmation, Nemesis fit un pas de plus vers le « noble » arborant son éternel sourire carnassier et se dégageant de l’étreinte plus oppressante des femmes.
- Il n’y a certes pas meilleur endroit que Dagran désormais pour trouver luxure et plaisir, mais c’est bien pour affaire que Nous sommes ici.

Dans son dos le Lion Rouge avait progressivement cessé de jacasser. Un changement dans l’air, une légère crispation de la masse musculaire de l’impressionnant combattant avait passablement dispersé l’essaim l’entourant tandis que celle qu’il tenait toujours au creux de son étreinte se faisait aussi petite que possible alors que les yeux écarlates s’étaient posés sur le dos blanc du mage noir. En un bond il pouvait être là, mais serait-ce suffisant ? Affaire, hein… Tenter de négocier avec les hautes autorités du monde de l’ombre n’était déjà pas recommander en temps normal alors, lorsque l’on n’avait en réalité pas grand-chose de plus à proposer que ce que leurs bourses bien vides contenaient déjà… Mais si la curiosité et l’avidité l’emportaient sur la raison alors peut-être graviraient-ils un échelon supplémentaire.
- Mais Nous sommes persuadés que vous connaissez un endroit plus confortable pour discuter.

Nemesis plongea son regard d’ambre dans celui de l’homme aux femmes. S’il avait fait un seul faux pas, alors il faudrait provoquer sa prochaine rencontre avec le cartel… Le meurtre d’un membre un peu éminent lui faisant face peut-être…
- Mais sommes Nous impolis… Se courbant très légèrement, Alexander plaça sa main gauche sur le cœur sans lâcher une seule seconde l’homme lui faisant face du regard.
- Alexander Norwind, pour vous servir.

Ce nom ne signifiait plus rien, mais utiliser le patronyme d’un mercenaire d’un ordre disparu et dévoué à la justice pouvait également susciter réaction qui sait ?

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MessageSujet: Re: Ton Reflet Dans Un Miroir... [CDC : Nemesis]   Jeu 29 Nov - 13:29


Les choses semblaient se corser, le jeune espion restait toujours cacher dans la chaume des toits alors qu’il pouvait voir de ses yeux non-initiés que la tension montait dans l’air avec une vitesse folle.

- Messire le Lion Rouge, point besoin de brutaliser ces femmes pour pouvoir en profiter de jour comme de nuit. Cependant, je ne vous conseille pas de leur imposer votre volonté.

Elles avaient toutes reculé d’un même pas mais pas par crainte. Elles formaient autour de lui un cercle à peine perturbé par la proximité du second protagoniste aux cheveux bleus et si certaines avaient sortis les crocs, d’autres laissaient briller entre leurs doigts l’éclat de lames effilée. C’était une formation parfaite, crée pour piéger leurs adversaires. Quant aux tremblements de celle qu’il séquestrait, cela ressemblait plus, maintenant qu’il voyait son expression, à de l’excitation qu’à de la peur.

- Quant à parler affaire… J’ai bien peur de ne pas pouvoir répondre à vos attentes avant que vous ne me présentiez ce qui pourrait faire l’objet de cette affaire.
_ Il le détailla quelques secondes avant de continuer _ Vous ne semblez pas avoir d’argent sur vous-même. Pire, vous semblez pauvres. L’arme du Lion Rouge n’a aucune valeur monétaire au vue de sa maniabilité, vous-même ne semblez pas en posséder… Alors à part la prime pour la tête de ce criminel et/ou la vente de ton corps dans mon réseau de prostitués. Non, je ne vois vraiment pas de quoi on pourrait parler.

De courtoise, son expression devint plus agressive. A ses cotés les jeunes femmes si douces et enjôleuses adoptèrent des postures plus souples et guerrières. On les sentait prêtes au combat, aguerries à tous les arts martiaux, capables de mourir sans le moindre remord... Leurs gloussements avaient laissé place à des ricanements quelque peu bestiaux.

- Maintenant la question c’est, est-ce qu’on vous tue maintenant pour récupérer la prime de l’autres pervers, aux risques de perdre pour ma part un certain nombre d’hommes voire même la vie, car je suis quelqu’un de réfléchi Monsieur Norwind et je suis loin de vous sous-estimer.

Une lame glissait de sa manche pour venir tranquillement se placer dans sa main avec un naturel déconcertant.

- Ou, vous pouvez rester dépenser le reste de votre argent en plaisir de toutes sortes et de tous horizons aux risques d’avoir un petit mal de crâne demain à cause de la gueule de bois.

La jeune femme prisonnière des bras du Lion Rouge se dandina allégrement alors que sons souffle chaud sur la peau du criminel l’émoustillait plus que ce dernier.

- Ou enfin, passer votre chemin. Nous ne vous retenons pas le moins du monde.

Alors qu’il parlait, la rue qui s’était vidée au préalable de ses patauds habituels, accueillait désormais de nombreuses vermines. Sortis de nulle part, ils avaient encerclé les deux arrivants aussi rapidement qu’un charognard se jette sur de la chair défraichie. Si certains paraissaient faussement inoffensif, d’autres n’avaient aucune gêne à arborer épée, hache et lance au poing.
L’une de ces vermines s’approcha furtivement de Sir Erouald alors qu’il lui glissait discrètement à l’oreille.

- Alexander Norwind, ex-mercenaire de l’Ordre de la Lance d’Argent déclaré déserteur et traitre de ce même ordre. Emprisonné pour l’assassinat du chef de guilde ainsi que de ses coéquipiers et libéré par le Lion Rouge. On lui suppose des liens avec le satanisme et les ordres occultes.

- Je vois…

- Autre chose Don Erouald.

- Oui…

- L’un des derniers membres de cet ordre se trouve en ces lieux. Lavinia De Vancouran, secteur Nord.

Un sourire mesquin naquit sur les lèvres du Baron Rouge alors qu’il voyait dans cette nouvelle information une possibilité plus bénéfique pour son business. Il possédait des cartes en main très intéressante désormais… D’un signe de tête, il renvoya le messager alors qu’il adoptait une position plus méprisante vis-à-vis du Nemesis.

- Alors Monsieur Norwind, que décidez-vous ?

***
Dans son auberge, Lavinia de Vancoucan gambergeait sur la raison de sa présence en ces lieux… ça faisait maintenant trois mois qu’ils sévissaient en ces lieux et ni elle, ni lui ne semblait avoir trouvé l’objet de leur convoitise.
Parfois, elle se disait qu’il était vain d’espérer mais garder quand même dans un petit coin de son âme, cet infime espoir de le retrouver un jour…

- M’dame !

Elle sursauta alors que se profilait à la porte la silhouette de l’importun de la matinée. Il semblait essoufflé et fatigué mais surtout… excité. Il semblait avoir une importante …

- J’ai une importante information à vous communiquer


Qu’est ce que je disais.

- Fais donc, et ne passe pas par trente six chemins.

- Euh… bah ya le Lion Rouge qui a débarqué en ville accompagné d’un certain Alexander Norwind.


Ses yeux s’écarquillèrent à ce nom alors qu’elle se faisait démente quand elle lui hurla de lui donner leur position précise.

- Secteur Sud M’dame, ils parlent avec Sir Erouald Don Capenelli… ou un truc comme ça…

- Secteur Sud…

Sans un autre mot, Lavinia s’enfonça derrière le bar et rejoignait le Faucheur en toute hâte.

- Il est là ! Alexander… Il est là.

- …

- Tu vas m’aider n’est-ce pas… tu ne me feras pas faux bond au dernier moment…

- … J’ai aussi trouvé ce que je cherchais. Je suis libre de te venir en aide.

D’un même pas, ou plutôt d’un pas vif et d’un pas trainant, ils se dirigèrent via les sous-terrain au secteur Sud.




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MessageSujet: Re: Ton Reflet Dans Un Miroir... [CDC : Nemesis]   Mar 11 Déc - 14:00

Un sourire cynique dansait sur les lèvres de son vis-à-vis, aussi cruel et froid que la lame qu’il tenait en main. Qu’il était sûr de lui ce petit être, entouré qu’il était de son essaim de braves soldats, persuadé de l’avantage qu’il détenait. Tout autre que lui aurait dû reconnaître la supériorité numérique de l’ennemi, l’impossibilité de s’en sortir si un conflit éclatait. Toute issue était bloquée, tout espoir d’échapper à la colère du Don si elle se déclenchait semblait s’être envolé. Et pourtant, le Nemesis restait là, rendant un sourire aussi chaleureux que la mort à l’homme qui le défiait. Il voulait jouer… Jouons !
- Aucune valeur… Vous me voyez profondément chagriné de l’ignorance dont vous faîtes preuve mon cher.

Mouvement de foule. Il jouait avec le feu, avec un gros chien baveux dont la laisse était sur le point de céder. Il s’en riait. Il défiait cette mort qui lui pendait au nez. Qu’elle vienne donc le chercher, aucun de ces bouseux ne pouvait savoir ce qu’il avait enduré, aucun de ces moins-que-riens n’était digne de l’approcher ou même de le contempler tant il était plus grand et plus fort qu’eux.
- Nous devons vous avouer que Nous comptions heureusement dessus. En effet, quel intérêt y a-t-il à déjà avoir toutes les cartes en mains avant le début d’une partie ?

Ses yeux dorés brillèrent d’une lueur surnaturelle tandis qu’il entamait le rôle de sa vie. Les Ténèbres sont une notion abstraite, un concept créé afin de pouvoir rendre plus acceptable aux yeux de tous la présence de cette obscurité que l’on ne saurait ni atteindre, ni toucher. Certains les diront froides tandis que d’autres les trouveront chaleureuses et réconfortantes, mais pourtant tous s’accorderont sur ce point : les Ténèbres sont trompeuses.
- Et pourtant Nous ne doutons point que vous possédez certaines de ces cartes, Don Capetti. Certaines sur lesquelles Nous pouvons aisément mettre un nom.

Théâtralement, il pointa un index royal sur sa propre personne.
- D’abord ce nom que Nous vous avons offert. Aucune garantie qu’il soit vrai et pourtant c’est le cas, tout comme le fait que Nous ayons autrefois appartenu à l’ordre des mercenaires de la Lance d’Argent. Mais cela, Nous sommes surs que vous le savez déjà.

Son sourire ironique céda rapidement place à un masque plus neutre. C’était maintenant qu’il fallait capter l’auditoire, il n’aurait pas de seconde chance. Le mage noir tourna purement et simplement le dos au meneur des brigands, croisant les mains dans le dos, sa voix devenant plus sombre et grave.
- Tout comme Nous sommes surs que vous savez comment a fini l’Ordre. Annihilé, broyé par la colère de l’être qui vous a mené ici, d’une manière ou d’une autre. Vous savez également de qui Nous parlons…

Faisant volte-face, la créature transperça le Baron du regard.
- Mais savez-vous réellement ce qui a motivé tant de violence ? Tant de haine et de destruction ? Vos chers petits oiseaux vous ont-ils rapportés ce qui se trouvait dans l’enceinte même de Fort Lazrak ? Ce que gardaient ces hommes ? Ce qu’ils ont défendus au prix d’une défaite bien amère ? Ce qui ne se trouvait déjà plus là où ils le pensaient tous?

Un silence plana, un silence qu’il sentait maintenu par le probable espoir que tout ce qu’il racontait devienne vrai.
- De l’or ? Des joyaux ? Vous possédez déjà ce genre de richesse, il n’est nul besoin de vous le rappeler. Nous ne proposons rien de tout cela non…

Sa main remonta lentement, distinctement, jusqu’à se placer devant son visage exposant très clairement la pierre noire luisant à son doigt aux yeux du criminel lui faisant face. Cette babiole générée par son propre pouvoir, habitée par sa propre puissance…. Et qui allait devenir l’objet de son illusion.

Les Ténèbres sont trompeuses.

Lentement son doigt se mit à suinter de la substance d’ébène qui constituait son pouvoir, la chair humaine laissant place à la peau froide et noire de la Bête. Sa main puis son bras se métamorphosa, semblant absorber les vêtements et la lumière environnante. De la peau nouvellement apparue s’élevèrent lentement d’obscures flammèches sans odeur ni chaleur, englobant le joyau au doigt de la créature, ce dernier semblant pulser sous l’effet de sa propre magie. Un rictus farouche éclaira le visage de Nemesis lorsque d’intenses runes dorées partant de la bague parcoururent son bras avant que sa propre puissance ne soulève un vent chargé de miasmes. Un instant de panique sembla saisir les sbires mais Nemesis ne bougea pas, laissant simplement ceux qui l’entouraient goûter à l’appel de son pouvoir, à l’appel de ses Ténèbres. Son manteau et ses cheveux dansèrent un moment avant de retomber en même temps que la décharge. Ecartant les bras afin d’exposer à tous l’instrument de destruction que représentait le joyau, Nemesis capta le regard du baron, un sourire suffisant aux lèvres.

- Non… Rien que le pouvoir. Et voilà ce que vous ignorez Don Capelli. Vous ignorez ce qu’est ce joyau. Vous ignorez ce qui se trouvait avec ce joyau. Vous ignorez enfin l’intérêt que pourraient porter vos maîtres à ce trésor, à cette puissance…

Laissant les Ténèbres siffler au travers de ses lèvres, Alexander entreprit de rendre un aspect normal à son bras. Le froid glacial des Ténèbres se retira en son être tandis qu’il réajustait d’un air satisfait le joyau à son doigt.
- Mais Nous sommes également surs que vous disposez d’un endroit plus convenable où nous pourrions nous entretenir, Nous et vos Maîtres. Les rues sont si peu sûres de nos jours... Après tout c’est bien pourquoi j’ai pris la peine de si bien m’entourer.

Sa voix n’avait pas cillée une seule seconde. Et lorsque sa main au joyau se leva, ses yeux d’ors ne fixaient que le meneur de la bande de tueurs qui les entouraient. La peau se noircit rapidement de nouveau autour du bijou tandis qu’il claquait une fois des doigts. Le secret d’un magicien résidait dans la poudre qu’il jetait aux yeux de son public. Dans son dos, le Lion Rouge se dégageait brusquement de l’étreinte de la fille de joie, la repoussant comme si elle ne pesait rien. Crachant, elle lui jeta un regard foudroyant mais seul un regard sanglant, aussi impitoyable et froid que le sien lui répondit.
- Barre-toi.

Le colosse s’ébranla ensuite sans un mot. Le cercle des furies l’entourant se resserra un instant alors que sa hache gigantesque quittait son épaule mais il ne leur prêta pas plus d’attention. Aucun signal perceptible ne montant de leur dirigeant, la formation se déplaça silencieusement au même rythme que le brigand dont le pas souple le rapprochait lentement de l’illusionniste. C’était un coup de maître. Le mouvement pour attirer son attention avait peut-être été trop théâtral mais cela pouvait toujours passer pour une démonstration de pouvoir. Tous les sens aux aguets, le barbare agrippa plus fermement le manche de son arme tandis que son poing ganté se crispait, prêt à frapper. Il leur faudrait tracer rapidement leur route si ce petit tour de passe-passe échouait.

Et tandis que son complice approchait l’air mécanique, Nemesis se dressait, fier et arrogant, dans l’attente d’une réponse au centre du cercle mortel dont il était l’attention. Un cercle qu’il avait bien l’intention de briser.
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MessageSujet: Re: Ton Reflet Dans Un Miroir... [CDC : Nemesis]   Mar 11 Déc - 15:36


- J’aimerais parler à votre chef !

- Et qui êtes vous pour le demander ?

- Je suis Lavinia de Vancourran dirigeante du secteur Nord !

- Ah ce secteur de poltron… Le chef est occupé !

- Et… l’est-il pour moi ?

Le malfrat pâlit à la vision du criminel de renom, devenant aussi blanc qu’un linge malgré sa figure couverte de suie.

- Je… je… je ne veux pas mourir. Pitié épargnez moi !

Les deux genoux au sol et les mains en signe de prière, le brigand faisait bien misérable alors que la lancière lui passait à coté pour ouvrir la porte du souterrain. Elle débarqua au beau milieu d’un Harem où trônait un homme d’âge mûr entouré de ses donzelles. Lavinia se dirigea droit sur lui alors que devant elle se dressait le mur de femmes toutes griffes dehors.

- P’tain c’qui faut pas faire pour avoir une entrevue avec le chef ici… Tu pourrais venir, ça simplifierait les choses.

Ecoutant les ordres de la jeune femme, l’homme en rouge fit son entrée d’un pas trainant. Son épée, son manteau, sa carrure, il n’y avait pas de doute, ils étaient bien en face du criminel de renom. En une demie seconde la pièce s’était vidée alors que seul restaient une ou deux catins et l’homme dans ses coussins. Cependant, quelque chose gênait la jeune femme… l’homme tremblait de peur…

***
Une lueur de convoitise c’était allumée dans les yeux de Don Capetti, une lueur qui oscillait entre l’envie de marchander et celle de le tuer pour s’être trompé dans son noble nom… Néanmoins la décision ne lui revenait pas à lui.

- Intéressant je dois dire.

La personne qui venait de prendre la parole n’était pas le Don mais une jeune ingénue ou du moins habillée comme telle parmi les putains de l’harem.[/i]
- Donna Serra, c’est un trop grand honneur que vous leur faites en vous présentant à eux.

Don Capetti s’écarta du chemin entre la jeune femme et le mage noir. Alors qu’elle faisait plutôt banale dans sa tenue de mijorée, son regard lui avait un pouvoir excitant des plus envoutants.

- Lucinda, que peux-tu me dire de la force du Lion Rouge ?

- Il ne mérite pas son nom Donna Serra. Ce n’est qu’un Lionceau par rapport à vous.

- Alors je n’aurais pas besoin de le priver de son arme.
_ Elle se tourna vers le Nemesis _ Si vous voulez bien me suivre.

Elle passa en première la porte d’une chaumine bien ordinaire mais cachant un intérieur plus qu’exotique. Les catins et Don Capetti intimèrent les deux nouveaux venus d’entrer et fermèrent la marche alors qu’une fois rentré dans le chaleureux âtre chacune des filles reprenaient sa place dans les couffins, les tapis en peau de bête, les poutres de chêne,… formant un magnifique tableau de luxure et d’érotisme.

- Don Capetti, installez-les tranquillement je vais voir si le boss est disponible.

***

- Ne vous attardez pas sur Don Michael Messieurs Dames, il est vrai qu’une figure telle que la votre à de quoi impressionner Monsieur le Faucheur. Donna Lucia, pourriez-vous aider ce cher Baron à reprendre un peu de consistance.

- Oui ma Donna.

Une giffle fusa dans l’air et rencontra la joue avec une telle puissance que Lavinia se demandait si elle ne lui avait point décroché la mâchoire… Puis d’un regard, elle le fit fuir.

- Je suis Donna Sophia, que puis-je pour vous ?

- J’ai ouï dire que vous aviez accueilli dans votre secteur un ami de ma connaissance ; Alexander Norwind.

- Oui c’est tout à fait possible Don Capetti est en négociation en ce moment même avec lui.

- Je le veux.

- On veut tous quelque chose, mais chaque chose à un prix ma chère, et qu’avait vous à offrir ?

- Votre survie. Si vous ne me le donnez pas, je les laisse tout détruire

- Je vois… Et le Lion Rouge ?

- Gardez le, tuez le je n’en ai rien à faire.


La jeune catin vint à l’oreille de la Donna Sophia et lui glissa quelque mot qui semblèrent plaire à la marâtre.

- J’accepte en échange… de la dirigeance du secteur Nord.

Lavinia regarda le Faucheur, il restait impassible et écoutait gravement sans pour autant participer à la conversation. Il n’y avait plus rien à trouver au secteur Nord et maintenant qu’elle avait attiré Alexander, la jeune femme ne souhaitait pas s’éterniser en ces lieux.

- Donna Serra que me vaut le plaisir de votre venue ?

Une jeune femme venant de l’étage descendait les escaliers alors qu’elle présentait la requête de Norwind et du Lion Rouge. Lavinia se sentit bouillir de le savoir si proche.

- Je vois… Alors Mademoiselle Lavinia, qu’en est-il de notre marché ?

Elle acquiesça.

***
Donna Serra remonta tranquillement accompagnée de Donna Sophia. Cette dernière s’avança vers le duo avec l’assurance d’une reine parmi ses sujets.

- Mesdemoiselles, je vous trouve bien passives. Enchantez ses messieurs de la fluidité de vos corps voyons.

A l’unisson, les jeunes femmes se levèrent alors qu’elles entonnaient d’un même mouvement une danse des plus agréable et sensuelle. Elles n’étaient pas vulgaires, juste belle et d’une esthétique presque surnaturelle. Leurs doux déhanchés, le souffle qui gonflait leurs poitrines…

- Alors comme ça, vous voulez marchander une source de pouvoir c’est bien ça ? Mais qu’avons-nous qui pourrait vous satisfaire ?

A l’extérieur, on entendait de nombreux bruits de pas et quelques hurlements lointains à peine distinguables. La porte de la chaumine s’ouvrit à la volée alors qu’un homme hagard hurlait :

- LE FAUCHEUR ! LE FAUCHEUR EST LA !!!

----------------------------------------------------------------

Bon bah voilà les Barons Rouges existent bel et bien mais c’est leurs femmes qui dirigent !!! Muhahahahaha ! Les femmes au pouvoir.
Bref, Seth se sent légèrement dans le vague comme s’il avait un peut trop picoler et même si toi tu sais pourquoi, lui non ! Et j’insiste là-dessus. Quant à Nemesis, il est moins affecté (car magicien XD).
Le Faucheur se trouve droit devant toi si tu ouvres la porte, à bien… 500m. son épée est sortie de son fourreau.
Tu as le droit de lancer une baston kipic ! tu t’arrête quand tu veux, de toute façon tu décris mieux les combats que moi !


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MessageSujet: Re: Ton Reflet Dans Un Miroir... [CDC : Nemesis]   Mer 12 Déc - 5:09

Tout se passait exactement comme il l’avait prévu. Ces petits êtres stupides, cupides, et avides de pouvoir agissaient comme il l’espérait. C’en était presque risible ! Contenant une hilarité à la limite de la démence, le mage noir se fit violence pour ne pas sauter à la gorge de l’insolente qui le toisait désormais… Pas encore, il devait patienter, son objectif n’était plus si loin. Quelle que soit la puissance de la catin, elle était surement loin d’être préparée à ce qui l’attendait.

Obtempérant sans broncher aux injonctions de Donna Serra, Nemesis lui emboita le pas en direction de la bâtisse qu’il savait d’apparence trompeuse. Dans son dos le Lion Rouge lui, pestait haut et fort.

- Lionceau, lionceau… Attend un peu que j’sois libre de mes mouvements salope.

Il aurait surement été égorgé en temps normal. Mais le charme du Nemesis opérait, les Ténèbres se faufilaient au cœur même de cette organisation si bien menée, les Ténèbres avançaient créant leur propre monde d’obscurité sur leur passage. Une fois les maîtres du secteur hors-jeu, le reste serait une vraie partie de plaisir. Confortablement installé au fond d’un fauteuil de velours, Alexander aurait pu être parfaitement à l’aise sans le décor environnant lui rappelant constamment à quel point la condition humaine pouvait être écœurante. Etonnant contraste avec son compère qui, bien que toujours ronchon, se rinçait allègrement l’œil.

Enfin, un pas se fit entendre dans l’escalier rhabillant le visage du Nemesis d’un parfait masque de neutralité.

- Mesdemoiselles, je vous trouve bien passives. Enchantez ses messieurs de la fluidité de vos corps voyons.
- Hell yeah ! Fluidifie ma belle je veux !

Alexander grimaça intérieurement mais ne répondit rien tandis que les danseuses entamaient leur numéro envoûtant… Beaucoup trop envoûtant à son goût. C’était lascif, sensuel, répugnant de luxure et d’érotisme et pourtant il ne pouvait en détacher les yeux. C’était un piège et il était grossièrement tombé dedans ! Son regard doré bondit vers son compagnon dont la bouche grande ouverte et le regard vide exprimaient clairement l’état d’esprit du moment. Lui résistait, sans doute autant par écœurement que grâce à son affinité avec les arcanes, mais rien n’avait pu protéger le brigand dont chaque parcelle clamait son addiction aux plaisirs charnels.
- Alors comme ça, vous voulez marchander une source de pouvoir c’est bien ça ?

Nemesis revint souda inement à lui. Combien de temps avait-il été perdu dans le vague ainsi ? Le mage noir avait perdu de sa superbe, ses pensées étaient confuses et son plan s’emmêlait dans son esprit sans parvenir à se préciser ou se simplifier. Masquant tant bien que mal l’étincelle de panique pointant dans son regard, la créature se força à se concentrer sur son interlocutrice tandis qu’elle se penchait vers lui.
- Mais qu’avons-nous qui pourrait vous satisfaire ?

Même au creux de son esprit insensible cette simple phrase sonnait comme pervertie. Il aurait voulu être partout ailleurs qu’ici, coincé entre ce fascinant balai morbide et cette femme dont l’aura… Resplendissait ? Ecarquillant les yeux, le Nemesis observa la lumière émanant de la femme lui faisant face. C’était infime, il serait passé à côté s’il ne s’était pas ressaisi… Mais cela confirmait cette irritation constante qu’il ressentait chaque fois que ses yeux se posaient sur la créature de lumière. Non en réalité il détestait, il exécrait cette femme ! Elle représentait tout ce qu’il avait refusé, tout ce qu’il avait rejeté pour être ce qu’il était désormais. Sa bouche se tordit en un affreux rictus de haine. Qu’importe qu’elle soit la maîtresse de ces chiennes et de leurs acolytes ou non, qu’importe qu’elle ne soit peut-être pas la tête pensante qu’il recherchait, qu’importe même que la magie rayonne comme une seconde nature à travers son être, il devait se débarrasser d’elle. Il devait…
LE FAUCHEUR ! LE FAUCHEUR EST LA !!!














Une seconde sembla s’écouler, à l’infini.





Son cœur avait-il cessé de battre ?




Le battement de la pompe cardiaque de son enveloppe charnelle sembla résonner tel le tonnerre à ses oreilles. Il le sentait. Quelque chose arrivait. Quelque chose se précipitait au travers de son esprit. Une déferlante capable de renverser les murailles et d’annihiler toute vie, et pourtant aussi feutrée et silencieuse qu’un chasseur à l’affût. Et si c’était encore une erreur… Ses yeux charmeurs se posèrent à nouveau sur la femme de lumière. Elle dut sentir que quelque chose avait changé car elle frissonna sous l’intensité de son regard. Il se leva. La danse lascive ne voulait plus rien dire à ses yeux, n’avait plus aucune signification. Son rictus se transforma en un sourire discret et terrifiant.

- Absolument plus rien.

Et il fit demi-tour offrant sans crainte son dos, à l’aura si monstrueuse, à celle qui l’effrayait tant quelques instants auparavant. Un changement dans l’atmosphère parcourut la pièce, faisant manquer un temps aux danseuses tandis que les Barons Rouges déglutissaient avec difficulté. Le dos voûté, Nemesis sortit lentement, contenant son hystérie sanguinaire avec peine. Quiconque l’intercepterait maintenant mourrait dans d’atroces souffrances.

La lumière du jour lui sembla plus froide encore qu’auparavant tandis qu’il s’avançait, le regard perdu sur les gravillons de la ruelle. Il n’y avait plus personne alentour. Les mouches s’étaient dispersées, terrifiées. Sa langue glissa doucement le long de sa lèvre supérieure tandis qu’il redressait la tête, observant l’horizon. Un horizon obstrué par le voile sanglant de la Déesse. Il était tel que ses souvenirs le lui décrivaient. Son manteau écarlate battait au vent de la ruelle désormais déserte tandis que ses longs cheveux blancs flottaient dans son dos. Sa lame, gigantesque, était dégainée et pointait vers le sol alors que ses yeux vairons regardaient dans sa direction. Leurs regards se croisèrent et alors il sut… Il sut que le manteau rouge était là pour lui.

Son rire éclata dans la ville. Grand, gigantesque, terrifiant et inhumain tout à la fois, imprégné de cette folie qu’il avait tant repoussée jusqu’ici. Le corps arqué vers les cieux, Nemesis riait à gorge déployée. Un rire dément et empli de haine. Enfin… Enfin…

- ENFIN !!!!

Retombant vers l’avant, à bout de souffle, sans pouvoir empêcher ce rire de s’arrêter, Alexander lui laissa libre cours. A cette bête qu’il enchaînait en lui depuis le premier jour, il donna la liberté. Devant la déferlante de haine grondante de son cœur, il abaissa les murailles et, des confins de son esprit s’éleva la créature qu’il retenait en l’attente de ce jour, celle pour qui aucune Justice ne pouvait être rendue, l’ennemi mortel du Faucheur, le Nemesis.
- Enfin tu daignes te montrer à moi…

Le souffle lui revenait, sa vision s’éclairait, ses muscles se détendaient…
- Sais-tu combien je t’ai cherché…

Il le regardait de nouveau. Il était toujours là, il ne fuyait pas… Il l’attendait.
- Sais-tu à quel point je tenais à te trouver ? Sais-tu à quel point… Sais-tu seulement… Sais-tu…

Dans son dos une porte se ferma. Il n’en avait cure. Son regard était fou, la pupille en avait presque disparue ne laissant que l’iris d’or. Les pulsations maléfiques émanant de son être étaient terrifiantes, avides de destruction et de massacre, de sang et de pleurs. Nemesis ne se contrôlait plus.
- Sais-tu à quel point je TE HAIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIS !!!!

Les runes illuminèrent son corps, emplissant les rues d’une lumière surnaturelle tandis que le crâne maléfique paraissait sur son épaule, crevant le manteau blanc de ses pointes morbides. De ses bras entièrement noirs, les sorts fusèrent avec une véhémence et une fureur jamais exprimée à ce jour. Esare fendit les airs en une fraction de seconde, se concentra et implosa. Une fois, deux fois..
- JE TE HAIS !!!!

Trois fois, quatre fois, cinq fois…
JE TE HAIS, JE TE HAIS, JE TE HAIS, JE TE HAIS, JE TE HAIS, JE TE HAIS…

Sans jamais faiblir la créature frappa encore et encore, rugissant à s’en arracher la gorge. La magie noire pulvérisa la petite place du manteau rouge, broyant le sol, fracassant les murs et écrasant les toits. La Bête ne visait même plus tant la poussière s’élevant dans les airs masquait le résultat de ses efforts. Enfin, un ultime sort pulvérisa le bâtiment du fond de la place, ce dernier s’écroulant sur ses fondations en un vacarme assourdissant. Et tandis qu’un nuage asphyxiant de débris envahissait les lieux, Nemesis scrutait, pantelant et harassé, le résultat de ses efforts. Il l’entendit avant de le voir, et la haine lui rendit ses forces. Emergeant du brouillard de son pas trainant, le bout de sa lame raclant contre le sol, le Faucheur s’avançait vers lui. Une très légère brûlure masquait la pointe de l’une de ses mèches blanches mais rien d’autre ne laissait à penser qu’il avait été touché.

Un rire silencieux secoua les épaules du Nemesis tandis que l’or de son regard fou plongeait dans les yeux vairons et inexpressifs.

- Il est temps.

Les runes illuminèrent son être et Nemesis se volatilisa dans les airs, absorbé par l’obscurité provoquée par le nuage. Il avait déjà eu l’occasion d’observer la technique de combat du Faucheur, il savait ce qui l’attendait… Et rien ne le détournerait de son but. Il tuerait Le Faucheur.

Jaillissant de la brume tel un spectre, le mage leva sa lame sombre et frappa. Le sabre et l’arme géante se rencontrèrent en un fracas étincelant mais alors que le criminel poursuivait avec tout son appui, Nemesis dissipa purement et simplement le katana. Sa forme blanche se glissa le long de l’arme monstrueuse tandis que du fond des ténèbres perçait Belzébuth. La lance s’allongea brutalement et le mage embrocha son ennemi. Ou tout du moins aurait-il dû. D’une traction sur le manche de l’arme qu’il avait saisie, le Faucheur attira son adversaire à lui et d’un même mouvement lui asséna un violent coup de poing derrière la nuque. Des étincelles dansèrent devant les yeux du mage tandis qu’il chutait mais l’autre ne lui laissa pas ce loisir et l’enchaîna d’un puissant coup de genou en plein visage pour le relever. Crachant du sang, Nemesis sentit sa conscience lui échapper tandis que l’autre levait son arme gigantesque pour le trancher. Mais la haine qu’il nourrissait envers cet homme le renforçait.

- Esare !

Plus puissant que ses prédécesseurs, le sort engloba le Faucheur et pulvérisa les alentours, rejetant les deux adversaires en arrières. Nemesis toussa afin de vider sa gorge des derniers restes de sang qui l’encombrait avant de se redresser. Ses yeux dorés croisèrent une nouvelle fois ceux du manteau rouge dont le visage s’ornait de toutes nouvelles blessures. Un filet de sang dégoulinait de l’arcade sourcilière du rodeur, arrachant un sourire sadique à son rival. S’essuyant la bouche d’un revers de la manche, le mage noir invoqua Arthanel avant de se mettre en position.
- Ramène-toi !


Les deux lames sifflèrent avant de se percuter de nouveau. Nemesis se fendit en avant mais l’autre était plus fort et le repoussa. Son arme déplaçait de véritables rafales de vent à chaque mouvement, menaçant de broyer l’homme en blanc à chaque impact. L’acier gigantesque fracassait le sol, arrachait des pierres aux édifices qu’il percutait, forçant toujours plus le mage noir à reculer à se rétracter… Jusqu’à ce que ce dernier ne reprenne ses appuis avant de se lancer dans la première faille qu’il perçut. Son sabre fendit les airs alors que Le Faucheur esquivait un mouvement de contre-attaque, ignorant la morsure de l’arme d’ébène le long de son bras pour rabattre son épée dans un puissant mouvement latéral. Il était beaucoup plus rapide que ne l’espérait le mage ! Arthanel heurta avec violence le plat de la lame géante avant que Nemesis ne décolle dans les airs sous la force du coup.

D’Arthanel il passa à Charon, tourbillonnant dans les airs avant de retomber en rugissant vers le rodeur rouge. La hache noire percuta la lame que son adversaire levait en bouclier, faisant jaillir des gerbes d’étincelles pourpres tandis que le manteau rouge encaissait le coup, le sol sous ses pieds s’écrasant et se dérobant. Appuyant de tout son poids, le criminel parvint cependant à repousser une nouvelle fois l’attaque tandis que son adversaire se glissait au travers de sa garde, toute griffe dehors.

- Esare !!!

La magie frappa le Faucheur de plein fouet. Ce dernier sembla résister une ou deux secondes avant d’être purement et simplement éjecté au risque d’être broyé. Son manteau renforcé creva la cloison des murs comme du beurre et le criminel disparut à l’intérieur d’un édifice dont la structure s’effondra sur elle-même.

Le silence revint pendant quelques instants avant que d’un puissant mouvement d’épée le rôdeur ne balaye purement et simplement les gravats qui le recouvraient sous le regard haineux du Nemesis. En une seconde, le criminel était sur lui, la lame gigantesque se rapprochant dangereusement. Alexander plongea tandis que l’acier mortel ouvrait une véritable crevasse à l’endroit où il se trouvait précédemment. Invoquant sa lance, le mage noir tenta une percée sous laquelle l’autre se glissa avec une vivacité qu’il ne lui connaissait pas, l’arme monstrueuse se rapprocha à une vitesse effarante avant de le percuter de plein fouet. L’acier lui enfonça les côtes puis sa carcasse fracassée fut violemment projetée à travers la ruelle. Le souffle coupé, Nemesis n’eut que le temps de faire appel à ses pouvoirs avant de s’écraser à son tour à travers les façades d’un bâtiment. Pulvérisant la roche sur son passage, le démon fracassa un autre bâtiment sur sa route avant de rouler au sol, s’arrêtant finalement au centre d’une petite place, baignant dans son sang, sous les regards effarés des passants qui visiblement n’étaient pas encore au courant de ce qui se déroulait à quelques centaines de mètres de leur location.

Le démon trembla un instant, sa face canine grognant à s’en arracher la gorge tandis qu’il se relevait avec difficulté. Autour de lui on criait, on s’énervait, on demandait ce qui se passait, mais tout ce qui comptait à ses yeux dorés, c’était cette forme rouge qu’il distinguait avec difficulté au travers du brouillard sanglant encombrant sa vision. Il porta une patte griffue à son torse enfoncé d’où s’échappait un flot de sang auquel il n’était pas sûr de pouvoir pourvoir. Il ne pouvait pas mourir… Pas maintenant ! Tous ces efforts, tous ces sacrifices pour finir ainsi... C'était ridicule! Ces yeux ambrés parcoururent les alentours, détaillant chaque être vivant se trouvant dans les environs. Tant d'êtres insignifiants... Tous coupables, tous criminels!

Poussant un rugissement, la créature enfonça ses griffes dans le sol tandis que les runes illuminaient sa chair noire. De son sang naquirent des symboles, se traçant d’eux-mêmes sur le sol poussiéreux, englobant les bâtisses et les gens alentours dans un pentacle morbide croissant de minute en minute. Laisser ainsi cette vermine en vie le révulsait. Il lui fallait plus de pouvoir, il lui fallait se soigner... Et ces êtres abjectes allaient l'y aider!

- Nosferatu !

La déflagration magique engloba la totalité du sceau tracé, carbonisant les vies présentes en son sein aussi aisément que des fétus de paille, enflammant les bâtiments de flammes noires sans chaleur, réduisant à néant la vie et l'espoir. Et tout cela, toute cette chaleur, toute cette énergie pénétrait le corps de la Bête. A la manière des vampires de l'ancien temps, le Nemesis se nourrissait de cette vie, refermant ses plaies et régénérant ses forces. les Ténèbres ne le laisseraient pas s'effondrer ainsi... Les Ténèbres lui donneraient le pouvoir de vaincre le criminel qui fonçait désormais vers lui!

Le Faucheur bondit alors qu’un magma bouillonnant s’échappait désormais des blessures presque cicatrisées de son adversaire. Sa lame fendit les cieux dans le but de briser définitivement le règne de terreur de la Bête mais l'arme fut brutalement arrêtée par l’acier tangible d’un sabre à l’éclat froid et morbide. En face de lui, un démon colossal s'extirpait lentement de la masse ténébreuse, le contemplait de ses yeux d’ambre emplis de haine. Condensé de haine, de colère mais aussi de la terreur qu'il inspirait, la créature était plus grande et plus forte que le mage qu'il avait jusqu'alors affronté. Son crâne à l'immonde apparence canine s'ornait désormais d'une paire de cornes de bélier tandis que sa chair noire et froide se recouvrait d'une fourrure sombre et rêche. D'intenses flammes noires et pourtant glacées ornaient ses bras et le pourtour de son cou à la manière d'une crinière diabolique. Entre ses serres imposantes trônait un katana semblable à celui qu'utilisait le Nemesis. Plus long cependant et fait pour être utilisé à deux mains, la lame de ce dernier n'était plus faite de la matière ténébreuse et intangible des armes d'ébène mais belle et bien d'un acier contenant la puissance du Faucheur.

Poussant un rugissement féroce dévoilant ses crocs aiguisés, la créature repoussa son adversaire pour enchainer sur une nouvelle attaque. Il était plus grand et fort, plus rapide aussi ! Les deux lames se croisèrent plusieurs fois avant que le Faucheur ne s’esquive brutalement sur le côté prenant de vitesse son adversaire. Arthanel luisit lugubrement tandis que la lame géante se profilait à l’horizon. Il devait le tuer ! Il ne pouvait pas échouer ! Pas après tout ce temps !

Le Faucheur frappa alors que la créature se repositionnait, sa gigantesque lame envoyant valser le sabre du démon dans les airs. Mais alors que sa lame se levait, prête à achever l'abomination, c'est une hache gigantesque qui le repoussa. Ancrant ses pieds dans le sol, le rôdeur glissa sur deux ou trois mètres avant de s'immobiliser mais le monstre était déjà sur lui. D'un foudroyant revers, le Béhémoth heurta l'épée levée en protection de son adversaire, l'envoyant valser contre un mur. Poussant un rugissement la bête se précipita, une lance cette fois en main, et seuls les réflexes du manteau rouge le sauvèrent. La pointe acérée rencontra de nouveau le plat de la lame du criminel, plaquant ce dernier contre l'édifice de pierre. Immobilisé par la pression de son adversaire, plaqué contre un mur et les pieds ne touchant plus le sol, le Faucheur usa de toutes ses forces pour dégager l'un de ses bras, sentant rapidement ses forces diminuées sous la poussée du Béhémoth.

Dans un râle guerrier, le prisonnier abattit le poing libéré contre la façade du bâtiment, pulvérisant cette dernière et entraînant son adversaire dans sa chute. La pointe de la lance perfora la chair de sa cible mais cette dernière se précipitait déjà, ignorante de ses blessures. Se rétractant, le démon leva le manche de son arme pour se protéger de l'attaque alors que Le Faucheur fondait sur sa proie, terrassant le démon dans la souffrance de son briseur de magie!

Et tandis que la poussière due à l'effondrement de la bâtisse se dissipait, l'apparence démoniaque du Nemesis s'estompa pour ne plus laisser que l'homme au manteau blanc debout, dos à son adversaire. Chancelant, le mage observa ses mains tremblantes et vidée d'une grande partie de leur pouvoir. Derrière lui, son pire ennemi levait déjà sa lame, prêt à en finir. Se retournant, le mage noir observa le rôdeur d'un œil plus haineux que jamais. Il fallait en finir maintenant. Si le combat s'éternisait... Si cette capacité à briser la magie revenait en jeu, alors il n'aurait plus aucune chance. Arthanel se matérialisa en ses mains alors qu'il fonçait.

La lame du Faucheur se leva au même rythme que le sabre du Nemesis. Le choc de l'acier gigantesque pulvérisa littéralement le sol alors que Nemesis franchissait l'attaque. Le sang s'écoulant de ses blessures n'était rien, sa souffrance n'était rien tant que son sabre pouvait s'élancer, s'élancer et perforer! Le Faucheur bondit en arrière mais trop tard. La lame d'ébène ripa un instant sur son manteau renforcé puis s'enfonça profondément dans l'épaule, éclaboussant le visage du mage noir de ce sang qu'il détestait tant. Tranchant la chair à vif, rendant inutilisable le bras, Nemesis dissipa Arthanel, beaucoup trop lente pour pouvoir contrer la prochaine attaque. Dans son dos, la lame géante se levait, c'était la fin. Les runes illuminèrent son corps, le crâne maléfique resplendit sur son épaule, le sang s'écoula plus abondamment de ses blessures tandis qu'il se retournait, lançant toute la force de son sort destructeur contre l'acier maudit du Faucheur.

- CREVE!!!
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MessageSujet: Re: Ton Reflet Dans Un Miroir... [CDC : Nemesis]   Mer 12 Déc - 14:48

Lavinia avait laissé passer le Faucheur par les souterrains alors qu’elle, elle attendait silencieusement dans les sous-sols de la bâtisse des brigands. Donna Sophia redescendit après avoir vu l’Alexander s’envoler et son regard semblait comme dubitatif…
- C’est étrange, je l’aurais pensé plus débordant de puissance physique ce Faucheur… Les rumeurs on rapidement fait d’embellir la réalité vous ne trouvez pas ?

- C’est comme pour votre guilde jamais on ne penserait que les Barons Rouges ont été créés et sont dirigés par des femmes… Les apparences sont parfois trompeuses.

- Très trompeuses. Maintenant, discutons affaire car si je ne m’abuse, nous n’avons point discuté de votre sortie de ces lieux. Après tout, vous êtes sur le territoire des Barons Rouges, si vous sortiez sans rien perdre, notre crédibilité serait drôlement atteinte.

La tension se faisait palpable alors que Lavinia habituellement réfléchie se rendait compte de la faille dans son plan… De toutes parts sortaient des jeunes femmes et hommes qu’elle savait malintentionné. Mais que pouvait-elle y faire… ils étaient bien trop nombreux.

- Allons calmés vous mes agneaux, vous allez effrayer notre invitée. Ce que je vous propose, c’est que vous me donniez ce que vous avez dans votre poche après avoir arrêté la bête de surface. Et comme garantie, je veux votre arme.

La lancière regarda ce qui l’entourait et porta une main à son veston. Donna Sophia devait vraiment avoir des sens accrues pour le sentir. Sacrifier sa lance pendant un temps en espérant qu’elle ne serait pas vendue… C’était un pari risqué mais le choix qu’on lui proposait n’en était pas réellement un. Contrite, elle posa son arme à terre alors que son regard sur la catin se faisait plus sombre que celui du Nemesis.

- Ne l’abîmez pas… ça me mettrait terriblement en colère.

- Je n’en doute pas.

Un passage s’ouvrit à travers la foule de brigand la laissant rejoindre l’étage. Elle y croisa le célèbre Lion Rouge qui bavait devant un mur. Une jeune femme lui murmurait des incantations à l’oreille qui semblaient le garder dans une torpeur artificielle. Il était navrant de voir ce à quoi une femme pouvait réduire un homme. Cependant, ses pensées furent rapidement ébranlées par un tremblement de terre des plus sonores. Elle sortit en toute hâte pour apercevoir l’ampleur du désastre et une main gantée l’arrêta.

***
Le Faucheur asséna son coup de grâce alors que le mage noir venait lui jeter ses dernières forces. On entendit leurs attaques respectives fendre le vent et venir briser leur cible. L’impact fut dévastateur ébranlant la terre dans ses fondements, soulevant un nuage de poussière nauséabond. Personne ne pouvait être témoin de la scène car tous gisaient au sol vidé de leur énergie vitale, vidée de leur âme. Le nuage se dissipa et seule une silhouette tenait encore debout…

Seul restait le Nemesis…

Le Faucheur baignait dans son sang. Son épaule n’avait pas su encaisser le choc et son bras s’était déchiré reposant plus loin dans les décombres. Ses yeux étaient clos, du sang s’échappait de la commissure de ses lèvres. Le Faucheur n’était plus.

*
Lavinia au loin regardait la scène attristée elle ne pensait pas Alexander d’une telle cruauté et Alexander ne l’était pas. Face à elle se trouvait Nemesis, le démon. Elle saisit le bras de son vis-à-vis et lui glissa d’une voix morne.

- Met fin au combat s’il te plait. Il est temps qu’on se retrouve.

Elle lâcha le bras et s’avança vers la silhouette éloigné de l’homme qu’il n’était plus.

*
Le cadavre au sol semblait une vision bien apaisante pour le mage noir pourtant…

- Eh maintenant que tu m’as tué… que vas-tu faire gamin, quel est ton but dans la vie ?

Le bras cadavérique semblait comme attiré par son corps. Et il répondit à l’appel de son maitre en se rattachant à son buste.

- Non, je rigole. C’était pas mal gamin, tu as vraiment une imagination débordante. Ce combat, ces murs qui volent en éclat, je trouve ça un peu théâtral, mais ce n’est pas pour me déplaire. Par contre n’est ce pas un peu présomptueux de penser que tu pouvais battre le Faucheur ? Je ne le connais pas personnellement mais d’après ce que m’a raconté Lavinia, il est bien plus impressionnant que ça.

Le Faucheur se relevait mais pas sous les traits qu’on lui connaissait. Il se relevait sous ceux d’Alexander Norwind. Le jeune garçon au regard vaillant et à la posture droite faisait face à son double maléfique affaiblie par son combat et dont la puissance magique vacillait. Son regard possédait une pureté déconcertante alors qu’il se retournait vers son bourreau parlant d’une voix cristalline.

- Qu’as-tu fais de moi Nemesis ? M’as-tu complètement oublié ? Mes idéaux, mes convictions, mes valeurs, ne représentent-elles plus rien à tes yeux ? Ne suis-je plus rien à tes yeux ?

Il avançait à pas lent alors que même les vêtements du Faucheur faisaient désormais place à ceux du guerrier de la Lance d’argent. Il revêtait leur symbole, il était le vecteur de leurs voix… S’avançant encore et encore, il arriva à quelque centimètre de son reflet et l’enlaça. Si le démon voulait se débattre, le corps n’avait plus la force, si le démon voulait le repousser, le corps n’avait plus la force.

- Ne sommes nous pas qu’une seul et même personne mon frère ?

- Pardonne moi Alexander.

Dans son dos, la guerrière s’était approchée subrepticement. Et profitant de sa stupeur et du choc, elle lui avait passé un sceau anti-magie autour du cou. Il s’évanouit.
Le sceau n’était peut être plus de rigueur maintenant qu’il venait d’épuiser ses forces mais la guerrière savait qu’elle n’avait pas le droit à l’erreur car celui qu’elle venait de voir… il ne faisait aucun doute qu’il la tuerait dès qu’il le pourrait.

***
Nemesis se réveilla seul, attaché à une chaise de pierre par d’épaisses chaines. Il se trouvait dans une salle close dans un endroit inconnu et autour de lui, il n’y avait que des miroirs des centaines de miroirs. Petit, grand, carrée, rond… chacune était dirigé vers lui mais aucun ne le reflétait. S’il plongeait son regard dedans, il y découvrait des visages d’hommes, de femmes, d’enfants mais n’en reconnaissait aucun ou peut être...

---------------------------------------------

Et c’est partie ! Phase II enclenchée.
Si tu regardes certains miroirs tu reconnais le visage de personnes qui ont péri sous ta lame ou ta magie depuis que tu es Nemesis. Tu ne les reconnais pas tous mais par contre, tu reconnais tes camarades de la lance d’argent, ton ancien chef,…
Bref je te laisse faire pour ce petit post de transition !



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MessageSujet: Re: Ton Reflet Dans Un Miroir... [CDC : Nemesis]   Jeu 17 Jan - 4:41

Tout était noir. Empli de ténèbres et de désespoir. Il ne s’agissait pas d’une sensation passagère ou d’un fugace moment de relâche, non le monde était ainsi fait. Souffrances peur et faiblesse étaient son lot quotidien. La lumière était loin si loin tandis que son esprit se perdait, s’abandonnait dans les affres de son désarroi. Nemesis dépérissait. Quelque chose d’écrasant, de suffoquant semblait peser sur sa poitrine comme sur son esprit, annihilant ses efforts pour se débattre, aspirant son énergie et l’entravant plus profondément dans ces Ténèbres qu’il avait passé tant de temps à fuir et à combattre. La mort était à sa porte, l’appelant du fond de ces abysses froids et cruels. Une fin atroce et douloureuse, voilà ce qui l’attendait. Il était seul, il était impuissant, il avait peur... Et pourtant, au fin fond de son esprit affaibli trônait toujours cette envie de combattre, cette soif sanguinaire. Il ne pouvait gagner, il n’était pas assez fort… Mais il ne pouvait partir ainsi. Quelque chose le retenait, quelque chose de fort, de viscéral, quelque chose qu’il devait faire !

Comment pouvait-il partir… Alors qu’Il était encore vivant !

Une brusque inspiration souleva la poitrine du mage noir alors qu’il reprenait lentement conscience. Il se sentait faible et nauséeux. Aussi impuissant que dans ce cauchemar dont il tentait toujours de s’extirper, mais il n’aurait su dire à quoi cela était du. Quelque chose absorbait son énergie vitale, son essence même, sa magie... Ou plutôt quelque chose l'enfermait. La rage monta en lui alors que ses yeux refusaient de s’ouvrir mais le sentiment laissa rapidement place à de la panique lorsque la créature réalisa que son corps tout entier semblait paralysé. Il était prisonnier. Non pas des chaînes dont il croyait percevoir le contact frais contre sa peau glacée, mais de sa propre enveloppe corporelle. Un esprit fort dans le corps d’une poupée de chiffon. La magie était son énergie vitale, elle coulait dans son sang et nourrissait chacune des particules de son être. La magie était le Nemesis, et sans elle, même la fonction la plus évidente ou la plus aisée devenait à la limite de l’irréalisable. Et rien ne semblait prouver que cette présence écrasante faiblirait. La peur tenailla les entrailles de la bête alors qu’elle sentait son souffle progressivement s’affaiblir, chaque respiration devenant plus ardue à prendre. Si le sifflement de ses poumons s’éteignait… Si les battements de son cœur s’amenuisaient… Alors il retomberait dans les tréfonds de sa conscience, dans ce monde horrible et douloureux dont il venait tout juste de réchapper, dans une souffrance éternelle… Et cela, il en était hors de question.

La bête aux abois se rua sur les barrières de sa prison mentale. Réunissant ses maigres forces en ce qu’il pouvait offrir de plus puissant. Il ne fallait pas ! Il ne voulait pas ! Il avait dû se battre tant de fois pour rester en vie, pour échapper à ce qu’on voulait lui infliger… Il ne pouvait pas mourir maintenant, il ne voulait pas mourir ! Sa peur des enfers cachés de l’au-delà le poussa, l’éleva par-delà ses limites. A travers le rideau opaque de la barrière il parvint à se forcer un passage. Si fin et étroit qu’il fut, il sentit son esprit tâtonner, sans cesse repoussé, sans cesse battu et blessé et, bien que de l’extérieur on eut pu dire que le Nemesis n’était plus qu’un cadavre malgré le faible souffle agitant sa poitrine, son esprit tout entier luttait, souffrait, affrontait ce qui voulait l’anéantir et le priver d’une existence qu’il n’avait jamais désirée… Mais l’on n’imposait pas sa volonté à un démon, on n’enchaînait pas une bête indomptable !

L’étincelle noire de sa magie rencontra son esprit. C’était faible, si faible… Mais la créature s’en empara et s’y agrippa de toutes les forces pouvant lui rester. Le flot ténébreux de sa puissance n’était plus désormais qu’un mince ruisseau mais Nemesis y plongea et s’y ancra si fermement qu’aucune puissance ne pourrait l’en détacher. Alors seulement, sa colère s’amplifia, sa soif de destruction atteint un paroxysme qu’elle n’avait jusque-là jamais connu. Et toute cette rage et cette énergie, il l’utilisa pour reprendre possession de ce qui lui appartenait !

Le corps inerte de la créature fut brusquement pris d’un violent soubresaut, s’arquant sur sa chaise et étirant ses chaines au maximum alors qu’un rugissement sauvage s’élançait hors de sa gorge, rauque et puissant. Il ne s’agissait nullement du râle de souffrance d’un humain ou de la complainte d’un prisonnier. Seule la rage et la haine d’une bête blessée transparaissait. Se débattant comme un beau diable, le mage noir en appela à toutes ses ressources pour se libérer. Les runes brillèrent un faible instant, ses crocs semblèrent s’allonger au même titre que ses oreilles puis tout s’éteignit et Nemesis se sentit brutalement tiré de nouveau vers les abysses. Son corps tout entier retomba mais il parvint à garder conscience. Pantelant et épuisé, la tête tombant sur sa poitrine porta son regard sur le médaillon accroché à son cou. Il n’avait que très rarement aperçu ces objets annihilateurs de magie, mais suffisamment pour savoir que tout mage porteur de ce sceau voyait ses pouvoirs bloqués. Mais… Pourquoi ici ? Pourquoi maintenant ? Le Faucheur !

Usant de ses maigres ressources, le mage noir leva les yeux. La souffrance de son esprit sans cesse rejeté par la barrière anti magie était insoutenable et sa vision trouble ne distingua d’abord que ténèbres. Puis le temps aidant il put enfin observer les lieux. Il était seul et enchaîné sur une chaise, un sceau anti magie reposant sur son torse. Ses vêtements générés par sa propre magie s’effritaient lentement malgré tous ses efforts pour les maintenir. Le Faucheur n’était pas là… Etait-il seulement vivant… Il était persuadé de l’avoir vu gésir à ses pieds, enfin vaincu…

C’est alors qu’il l’aperçut. Droit et aussi fier qu’il l’avait toujours été, plus arrogant que jamais. Veran Zoldik, chef de la Lance d’Argent le contemplait de son regard d’acier, le jugeait pour ce qu’il était devenu.

- Non… Pas toi….

Il n’était pas en état d’affronter un tel adversaire maintenant. Car Veran le tuerait certainement s’il s’approchait, le punirait pour ce qu’il avait fait… Ce qu’il avait fait.
- Tout… Est… Ta faute !

Chaque mot était une souffrance. Un mouvement sur sa gauche attira son attention tandis que les blessures de son dernier affrontement se rappelaient à son bon souvenir. Un géant d’acier armé d’une lame gigantesque se dressait à son côté. Les pupilles de la créature se dilatèrent sous l’effet de la surprise.
- Te… Teremir…

Le bras droit de la Lance ne répondit rien et se contenta de le toiser du même air hautain que son comparse.
- Pas possible… Je… je t’ai tué !

Il luttait pour rester conscient. Il voyait encore le casque d’acier broyé par la puissance de sa magie, écrasé par sa fureur. Derrière lui on s’amassait. Des gens qu’il ne connaissait pas, un enfant apeuré se cachant dans les jupes de sa mère tentant de lui soustraire la vision de ses derniers instants… Attend… Il le reconnaissait…
- Toi… Toi aussi…

Ils étaient toujours plus nombreux, tous ces visages qu’il avait entraperçus avant que sa lame ne mette fin à leur existence… Tous coupables… Tous criminels !
- Vous… Vous êtes morts. Vous n’existez pas… je vous ai… Vous êtes tous morts !

Sa voix lui semblait misérable et ridicule dans le tumulte de ces visages à jamais gravés dans son esprit. Tournant la tête de tous côtés, le mage chercha quelque chose pour l’aider, quelque chose pour fuir ces gens qui ne demandaient sûrement que leur revanche… Quelque chose ou quelqu’un…
- Seth…

Il avait laissé le tas de muscle un peu avant d’aller affronter son rival, toujours absent. Il avait besoin de son aide… Il avait besoin d’entendre son rire aux tonalités rauques… Il avait besoin de sa force ! S’il fallait les réexpédier dans la tombe alors…
- Seth… Montre-toi… Lion Rouge !

Aucune réponse. Rien que le silence et ces regards.
- Vous n’existez pas. Vous êtes morts ! Tous morts !!!!

La panique le gagna à nouveau… La panique et la fureur.
- Approchez tas de bouseux ! Spectres… Morts-vivants… Tous coupables ! Vous avez été jugés ! Et si je dois tous vous tuer à nouveau avant que vous ne m’emportiez… Alors… Alors…

Sa tirade le laissa épuisé, incapable de finir sa phrase ou de se maintenir correctement face à ses adversaires. Un vent froid caressa le creux de son dos que son manteau commençait de laisser à nu. Il était si pitoyable… Sa rage ne fit que croître. Qu’ils viennent… Tous !
- Vous serez… Jugés !
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MessageSujet: Re: Ton Reflet Dans Un Miroir... [CDC : Nemesis]   Lun 21 Jan - 14:47

- Vous serez… Jugés !

- Vous serez… Jugés !

Jugés !

Vous serez…

Vous serez… Jugés !

Vous serez… Jugés !


Le son de sa voix se réfléchit sur chacun des miroirs leur donnant une vie des plus macabres alors que chacun semblaient reprendre de la contenance à l’entente de ces mots. Le chuchotis fit place à un grondement, le grondement fit place à un cri et tout s’arrêta. Laissant régner un silence de marbre dans lequel seule la respiration haletante du mage noir perçait.

- Mais jugé pour quoi ?
_ Demanda une petite fille en guenille à la droite du Némésis brisant le silence de sa voix fluette.
- Oui, pourquoi méritions nous la mort… nous n’avons même pas eu le temps de vivre…
_ lâcha d’un ton monotone un jeune garçon dont les mains étaient recouvertes de farine.

Les adultes reculaient alors qu’avançaient les jeunes victimes de la folie du Némésis. Il n’y avait pas de discrimination d’âge ou de sexe. La ribambelle de petits bambins entre un et huit ans s’alignèrent en première ligne affrontant de leurs yeux vitreux la colère de l’animal. Certains avaient peurs, d’autres ne comprenaient pas, d’autres n’étaient même pas en âge de comprendre.

- Je voulais devenir médecin et sauver des vies.

- Je me serais fait moine pour me rapprocher de la Déesse.

- J’aurais pris la suite de mon père en tant que marchand

- Je me serais mariée et aurais eu plein d’enfants…

- Du moins nous l’aurions fait si tu ne nous avais pas jugés coupables…

Coupables

Coupables

Coupables

Ce dernier mot fit échos dans toute la pièce…
Le jeu de lumière dans cette sombre pièce avait quelque chose de sinistre, éclairant comme un projecteur les personnes parlants montrant par moment la décomposition de leur corps alors que l’instant d’après ils semblaient plein de vie et d’énergie.

- Coupable de quoi déjà ?

Cette fois, se fut une femme plus mûre qui prit la parole. A ses vêtements, on reconnaissait la femme de mauvaise vie, sa peau mise à nu par des vêtements trop courts, trop déchirés… pourtant elle portait le visage de l’innocence…

- Coupable de vouloir survivre malgré notre faiblesse

- Coupable de n’avoir pas su refuser un abri à un homme dans le besoin tout criminel qu’il soit

- Coupable de vivre dans la ville où un criminel sévit

- Coupable d’avoir volé un morceau de pain pour nourrir ses enfants…


Derrière elle, les hommes s’étaient effacés pour laisser place aux images de leur massacre à leur supplication, à leurs cris. Certaines fuyaient devant l’horreur, d’autres restaient pour protéger leurs enfants de l’inévitable et au final tous étaient condamnés à mort.

- Tu nous as jugé sans juger la situation…tu nous as condamné à la mort sans considérer nos vies.

Véran reprenait place au premier plan alors que son regard inquisiteur se faisait celui du jugement. A ses cotés les hommes de la lance d’argent se réunissaient. Certains étaient aux cotés du Némésis lorsque sa première folie l’avait saisi, d’autres étaient les victimes de sa réintégration, les derniers de sa vengeance aveugle.

- Tu avais tué les tiens, tu as porté la main à tes frères et sœurs, tu les as tués dans ta folie mais nous n’en avons pas fait de même pour toi. Nous t’avons enfermé pour protéger ceux qui formaient ta famille. Nous aurions trouvé un moyen de te ramener mais non… tu nous as tués, jugés coupable de trahison alors quand portant ton arme sur nous… c’est toi qui t’es trahi. Alexander.

Sa voix était ferme mais pas colérique. Il n’y avait pas de haine dans ses mots, dans ses phrases il comprenait ce qui avait pu lui attirer la haine de l’épéiste il cherchait simplement à s’expliquer, à expliquer ses actes.

Puis tout disparu alors que seul restait un miroir légèrement éclairé, où une silhouette se dessinait vaguement. Némésis pouvait y percevoir ce qu’il était avant, avant que la créature ne s’empare de son corps.

- Bonjour Némésis. Je suis Alexander Norwind. La personne dont tu t’es approprié le corps et l’esprit et que tu as transformé en toi. Je suis ta première victime et hélas loin d’être la dernière. Je voulais simplement te dire, qu’aujourd’hui, nous souhaitions te juger à notre tour. Cependant, contrairement à toi, nous souhaiterions que tu t’exprimes et que tu te défendes.

Un tribunal se dessina dans la surface des miroirs. Alexander prit place dans le siège du juge alors que les victimes ayant parlez s’installait dans le jury. Le procureur se trouvait en la personne de Lavinia assise le visage droit.

- Moi Lavinia De Vancouran, je souhaite appeler Alexander Norwind alias Némésis à la bar, Mr. Le Juge.

Comme par magie, le décor tourna, pour placer le Némésis sur le banc des témoins alors qu’il pouvait faire face à Lavinia droite et fière.

- Mr Némésis, pourriez-vous me parler de ce que vous ressentez à chaque fois que vous prenez la vie d’un personne en me détaillant la différence, s’il y en a une, de quand cette personne est innocente ou coupable


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MessageSujet: Re: Ton Reflet Dans Un Miroir... [CDC : Nemesis]   Jeu 25 Avr - 12:55

Un goût acre lui emplissait la gorge. Il avait dû vomir pour que la saveur en soit si immonde mais quand ? Avant ou après le massacre ? Il ne s’en souvenait plus bien. Seuls restaient dans son esprit les cris de souffrance ou d’adoration des fidèles. Souffrance quand sa force démoniaque, une puissance noire incontrôlable et dont il ignorait tout, broyait leurs pitoyables existences en un magma sanglant et informe. Adoration devant leur dieu maléfique enfin réincarné, devant cette Bête pour qui ils étaient prêts à tout donner. Et c’est presque avec une sérénité emplie d’extase qu’ils s’avançaient vers lui et offraient leur corps aux flammes de sa vengeance.

Il revoyait encore les blessures terribles de ceux qui avaient reçus un des débris du plafond de l’immense caverne. Certains avaient même rampés jusqu’à lui, sacrifiant leurs ultimes réserves d’énergie à leur fanatisme. Oui tout cela il s’en souvenait. Mais par quel miracle avait-il fini par se retrouver au milieu de cette rue il l’ignorait simplement. Plus loin dans son dos montait une immense colonne de fumée et de poussière, signe ostentatoire de l’effondrement de l’atroce salle de rituel dont il venait de s’extirper. Tous… Il les avait tous massacrés sans aucune merci ou pitié. Il se sentait nauséeux, nauséeux d’un tel massacre, de tant de sang, de cette douleur qui le lancinait depuis que la lame du sabre rituel s’était empressée de l’éventrer.

Ses yeux mornes parcoururent la ruelle y  cherchant… Quelque chose… Quelqu’un… N’importe qui ou n’importe quoi où se raccrocher. Il y avait d’autres cadavres par ici, mais aucun n’était de son œuvre. Et son salut, ou plutôt son destin, s’était présenté accoutré de l’uniforme de la Lance d’Argent.

- Chef qu’est-ce qui se passe ?
- Aucune idée mais le capitaine a dit tout le monde là-bas alors tout le monde y va ! Et au pas de c…

Sa voix s’était amenuisée jusqu’à complètement s’éteindre tandis que ses yeux s’écarquillaient en apercevant Alexander. Le reconnaissait-il seulement sous tout ce sang qui devait le recouvrir ? Sous ses blessures et privé de son uniforme ? Oui assurément comment pouvait-on oublier l’un des hommes de confiance de Veran Zoldik ? Son silence s’éternisant, le blessé agita une main à la peau noire et froide pour lui faire signe d’approcher. Une main aux serres acérées qui ne comportait que trois doigts.
*Qu’est-ce que…*
- Qu’est-ce que c’est que ça ?
- J’en sais foutrement rien gamin. Ça nous a vus en tout cas, pas de gestes brusques. On sait jamais avec tous ces fanatiques qui trainent encore…
- Non, plus aucun souci à se faire de ce côté-là, je les ai achevés.

C’était les paroles qu’il avait prononcées. C’était là le sens même de ce qu’il voulait dire. Mais seul un grondement sourd était monté de sa gorge. Un grondement qu’enchainait un feulement hargneux dévoilant les crocs étincelants de sa mâchoire. En face ils étaient une petite dizaine, triés sur le volet pour la mission par Lavinia elle-même. Et les dix tirèrent l’épée.
- Identifiez-vous ! Au moindre geste suspect nous donnerons l’assaut.
- Attendez ce n’est pas ce que vous…
*Tous si faibles… Si effrayés.*

C’était la première fois qu’il les avait réellement perçues, les sifflements perfides de la Bête, mais les cris des hommes et ses propres rugissements les avaient couverts à l’époque. Et plus il se débattait, plus la situation empirait. Il ne contrôlait rien…. Il ne se contrôlait plus.
- Mercenaires de la Lance…
- NON !
*TUE LES !!!*
- EN AVANT!
- NOOOOOON!

Son rugissement avait couvert les cris guerriers des soldats.

***

Les souvenirs étaient aussi douloureux à évoquer que ce que lui infligeait déjà le sceau anti-magie. Il était étrange de constater à quel point son ancienne identité tendait à lui imposer ses émotions, sa mémoire… Tant de choses que ne possédait pas la Bête en réalité. Ses prunelles dorées s’abaissèrent lentement sur Lavinia, fière et droite sur son siège. Elle était la seule à se tenir réellement ici, dans ces ténèbres –qu’elles aient la forme d’un tribunal ne les rendaient pas moins sombres-  avec lui. Le simple fait de la regarder ravivait tellement de choses… Des émotions et des sentiments qui n’auraient pas dû se trouver là, qu’il pensait éteint depuis des lustres.


Le fer de la lance qui brille de façon morbide. Un éclat. Une douleur.


La question qu’elle lui posa résonna dans l’espace et sa voix lui caressa les tympans. Un sourire carnassier étira ses lèvres tandis qu’il levait la tête vers le Juge, vers un reflet qu’il ne reconnaissait pas. Un rire rendu rauque par la sécheresse de sa gorge lui échappa tandis qu’il vrillait le miroir d’un regard ardent.

- Alexander Norwind hein… La belle blague que voilà. J’ignore ce que tu es ou quel artifice on a pu utiliser pour te foutre là mais s’il y a bien une chose dont je suis persuadé c’est que tu es tout sauf lui.

Chaque mot était une souffrance crispant chacun de ses muscles déjà perclus de crampes mais il n’en détourna pas moins les yeux pour les reporter sur son ex-compagne. Ses fers crissèrent alors qu’il se redressait de toute sa stature, ignorant les protestations douloureuses de son dos et les coups de boutoirs monstrueux que lui assenait le sceau pour le forcer à la soumission. S’il l’avait pu il se serait dressé devant elle, grand et fier, sa diatribe toute prête… Encore une manie d’Alexander ça. Une goutte de sueur glacée roula le long de sa nuque, le long de cette peau qui ne transpirait plus depuis qu’elle avait accepté les Ténèbres.
- Car s’il y a bien quelque chose… Quelque chose que visiblement même elle ignore, c’est qu’Alexander se trouve toujours en face d’elle.

Il ne faisait aucun effort pour atténuer le ton hargneux de sa voix. La souffrance était trop intolérable pour qu’il condescende à un effort supplémentaire.
- Nous avons changé hein Lavinia… J’ai changé depuis ce jour. Ce jour où même toi tu as essayé de me tuer…

Même toi.

***

Le goût du sang… Chaud et écœurant… Une saveur plus infecte que tout ce qu’il avait pu goûter à ce jour, mais si attractive pourtant. Il se tenait là, immobile au milieu des trois nouveaux cadavres venus joncher le dallage désormais noir d’avoir absorbé trop de sang. Du sang… Toujours du sang. Les hommes privés de leur capitaine le regardaient d’un air effaré. L’homme qui avait donné l’ordre de l’attaquer gisait désormais à ses pieds, la gorge déchirée là où les crocs de la Bête s’étaient enfoncés. Aucune armure ne les avaient protégés lorsque les rafales magiques les avaient fauchés. Il était devenu si fort, monstrueusement fort… Il était un monstre.

Le babillage incessant des hommes lui était devenu complètement incompréhensible alors qu’un voile rouge glissait lentement devant ses yeux. Ils se redéployaient, plus nombreux cette fois, l’encerclant alors qu’à l’arrière luisait un livre aux pages étincelantes de magie. Pourquoi s’entêtaient-ils ? Il ne voulait pas se battre, pas contre eux, pas comme ça. Il avait massacré les membres de la secte, il avait même survécu à leur ignoble rituel pour retrouver les siens alors pourquoi lui en voulaient-ils tellement ?

Du sang… Toujours du sang. Et voilà qu’elle se dressait devant lui, fière et resplendissante dans son armure d’argent, la lueur des incendies alentours faisant resplendir le fer de sa lance pourtant encroûté de sang. Une déesse guerrière parmi les vivants. Cruelle ironie, il aurait dû le savoir : les guerriers ne négocient pas. Fidèle à cet adage, elle avait chargée et lui, trop naïf, avait espéré… Espéré qu’elle le voit, qu’elle comprenne qu’il ne maîtrisait plus rien, qu’il était perdu, affolé…

La douleur avait été fulgurante lorsque l’acier l’avait transpercé. Exactement là où le sabre l’avait auparavant embroché. Un véritable remède, idéal pour le ramener à la raison, idéal pour se perdre une dernière fois dans le bleu de ses yeux.

- Meurs bête immonde !

La suite n’était rien d’autre que lumière. Lumière des sceaux parcourant son corps, lumière dans son esprit auquel parvenaient désormais les hurlements des Ténèbres avec une netteté sans précédent, lumière de sa rage aveugle et de son désespoir.

Même toi.


***

- J’étais persuadé que c’était moi qui t’avais tuée ce jour. Au sein des flammes, au sein des Ténèbres.

La haine défigura ses traits.
- Et maintenant… Vous… Vous osez le juger. Usant d’un pantin, d’un misérable reflet dans une glace ! Vous qui ne savez rien, rien de ce par quoi Nous sommes passés ! Rien de ce que Nous avons enduré !

Les veines de son cou palpitaient. La rage le consumait. La magie grondait en son être, ruant de toutes ses forces pour se libérer tandis que les chaines le maintenant se tendaient au maximum. Il aurait voulu se libérer. Si l’occasion lui était seulement donnée il aurait bondi, bondi à la face de ce miroir narquois, l’aurait pulvérisé, réduit à néant… Mais les sceaux magiques étaient puissants, bien plus qu’une pauvre créature brisée uniquement motivée par la haine. Aussi Nemesis retomba-t-il, pantelant, épuisé, sous tous ces regards qui le jugeaient, qui le haïssaient. Dans un dernier craquement désespéré, son long manteau blanc se dissout révélant le torse nu, les muscles impitoyablement contractés et meurtris par les chaines. Et la cicatrice immonde, dégoulinant de l’épaule à la poitrine, elle pulsait cette immonde chose offerte par la lame de Teremir, tentant de laisser libre cours aux Ténèbres qui l’habitait. Se redressant à nouveau, Nemesis plongea son regard inhumain dans celui de la Lancière.
- Regarde bien. Regarde et contemple l‘œuvre de ceux qui prétendaient être des miens. Pas un seul… Pas un seul n’a été là. Tous vous avez fièrement brandis vos lames, tous vous avez cherché à me pourfendre… Moi dont le seul crime fut de vous être restés fidèle.

Une goutte de sang dégoulina de la commissure de ses lèvres, éclatante sur la peau blafarde de la créature. Il se perdait, le sceau absorbait ses forces et l’annihilait. Les yeux lui brûlaient, mais le Nemesis n’avait plus de larmes. Alexander en aurait eu… Mais Alexander s’était effacé, avait accepté de devenir un autre pour survivre.
- En quoi aurais-je du ressentir quoi que ce soit en vous regardant ? En quoi devrais-je me montrer juste et équitable là où votre propre sagesse m’a conduit vers ma perte ? Fou… Je le suis peut-être. Je l’ai été… D’amour, de confiance…

Son corps s’affala au fond de son siège mais la puissance de son regard vrilla la lancière sur place. Une mèche de ses cheveux bleus empoissés de sueur masquait l’un de ses yeux.
- Je cherche Lavinia. Je cherche ce que peut encore éprouver Alexander. Des souvenirs me reviennent, des instants… Mais alors ce n’est pas de l’amour que je ressens. Ce n’est que haine, trahison et tristesse… Oh tant de tristesse et de peur…

Un sourire cynique ornant son visage il remonta vers le reflet ridicule là-haut sur son siège.
- Et toi… Toi qui ne sait rien…

Le sceau lui semblait brûlant sur sa poitrine. Il ne devait plus parler. Lutter… Lutter pour rester conscient, pour ne pas laisser la magie lui échapper. S’il devait mourir finalement… Que ce soit plus impressionnant… Pas ici, pas comme ça à moitié à poil, prisonnier et terrorisé…
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MessageSujet: Re: Ton Reflet Dans Un Miroir... [CDC : Nemesis]   Mar 7 Mai - 23:45


Un rire narquois agita le corps d’Alexander Norwind alors qu’il regardait sa copie originale se plaindre de son triste sort. La complainte était larmoyante bien qu’il n’était que rage. Il l’entendait, il l’écoutait mais seul le rire venait à chacune de ces tirades. Il tenta d’abords de se retenir par respect pour Lavinia. Il tenta de réprimé son mépris pour se tenir au rôle qu’on lui avait attribué mais c’était dure, trop dure.

- Haha… Tu me fais trop rire gamin… Un criminel, on le juge puis on le tue, un monstre, on le tue puis on le juge. Il n’y a pas de trahison à agir ainsi. A leur place tu aurais fait de même et à ta place, je me serais laissé tuer. Certain on le courage d’accepter la mort quand la vie n’est plus, les lâches par contre… S’accroche à elle comme un enfant s’accroche aux jupes de sa mère. Franchement, je ne comprends pas ce que tu lui trouves ma douce.

- Tais-toi ! Va-t-en !

Droite et stoïque Lavinia restait propre à elle-même. Son regard ferme ne laissait pas place au refus. Secouant la tête avec dépit, l’illusioniste n’eut d’autre choix que de s’exécuter, il s’esquiva alors en lâchant sur le ton de la provocation :

- Ne faites pas de bêtises !

Le silence retomba alourdissant l’atmosphère de manière létale. Lavinia bouillait d’une fureur presque palpable mais rien n’y laissait paraitre sur son visage. Assise sur une chaise pouvant sembler bien banale maintenant que l’illusion du tribunal disparaissait petit à petit, elle faisait tâche avec son armure et son attirail guerrier. Mais elle n’en avait cure.
Dans un bruit de ferraille, elle se leva.

- Bon oublions tous ces artifices magiques et ces foutaises d’actions psychologique et revenons aux bonnes vieilles méthodes, elles me correspondent plus.

Attrapant la chaise par le dossier, elle la tira, les pieds grinçant sur le sol. Elle se déplaça et se rapprocha de lui dans ce silence seulement brouillé par le son de l’acier sur la pierre. Elle se posa devant lui à une longueur de lance alors que prenant cette dernière en main, elle la plaça sous sa gorge en s’asseyant sans douceur. Elle semblait éreinté, de cette fatigue dite mentale qui achevait bien des Hommes.

- Tu vois Alex, je peux t’appeler Alex ?

Elle glissa la lance près du sceau et appuya quelque peu dessus, l’encrant dans la peau du Némésis et lui arrachant un râle de douleur.

- Je savais que tu serais d’accord.

Lavinia, le sentait s’enfoncer dans l’inconscience mais elle ne lui laissa pas l’occasion de lui échapper, le frappant légèrement du plat de sa pointe sur la joue.

- Tu vois Alex, on m’a conseillée d’être compréhensive envers toi, de t’offrir une mort indolore car tu n’as pas choisie de devenir ce que tu es. On a perdu une bataille, tu t’es fais capturé, possédé et tu es devenu ce que tu es aujourd’hui, soit un monstre.


Sa voix était détachée, sèche et dénuée d’émotion. Elle décrivait des faits sans s’y impliquer.

- Cependant, ya un choix qui t’appartenait au final, celui de vivre comme un monstre ou de mourir en Héros. Bien sûr ta mort n’aurait rien eu de glorieux car tu ne serais mort au combat mais au moins elle aurait était honorable.

Elle écarta un peu le sceau pour lui permettre de reprendre sa respiration mais également pour lui donner cet espoir que l’on offre aux condamnés à mort avant de les achever.

- Moi je n’aurais pas hésité. Et cela m’a attristée de savoir que tu n’étais pas de mon avis mais ce qui m’a le plus blessée, et c’est pourquoi je ne peux te pardonner, c’est que tu oses penser que l’on t’a trahis alors qu’au final, celui qui a craché sur tous nos principes, nos valeurs… C’est toi.

Les mots firent échos dans la salle alors qu’elle relâchait le sceau anti-magie sur la poitrine du Némésis.

- Je ne dis pas que mourir est simple mais c’est parfois la seule solution acceptable.

Lavinia se releva et tourna le dos à Alexander Norwind ou plutôt Némésis. Au fond d’elle, son ventre se nouait alors que pour la seconde fois, elle partait après l’avoir tué de ses mains et ne lui laissant comme dernière vision que celle de sa silhouette s’éloignant dans le noir.

- Le sceau anti-magie va te ronger jusqu’à ce qu’il ne reste de toi que poussière.

Il n’y avait pas de cruauté dans sa voix, pas de haine non plus mais comme elle l’avait dit, parfois, la seule solution acceptable était la mort.

- Tu sais Alexander, quand je suis tombée amoureuse de toi, ce que j’appréciais, c’était ton impétuosité, ta vaillance, ta témérité… On avait l’impression que rien ne pouvait t’arrêter, que rien ne pouvait te résister, même pas moi. Mais je ne m’étais pas rendu compte que ces beaux atours cachaient en réalité une telle lâcheté. Je regrette d’être tombée amoureuse de toi.

Lavinia sortit par la porte sans un regard en arrière puis elle la ferma.
Une femme peu vêtue l’attendait à la sortie, Lavinia la regarda un instant puis reprenant contenance elle lui dit.

- Vous pourrez récupérer votre dû sur son cadavre. Qu’avez-vous fait de l’autre ?

- Oh rien de bien méchant, nous en avons fait notre loyal petit toutou. Il est si facile à manipuler…

- Vous feriez mieux de le tuer, il n’est pas bon de garder un chien qui peut nous arracher le bras en une morsure.

Lavinia rejoignit une autre silhouette qui l’attendait dans le noir. Elle plongea dans ses bras, tremblante.

- Partons…

- Tu ne veux pas t’assurer de sa mort ?

- Alexander Norwind est déjà mort, Némésis le suivra dans la tombe bien assez tôt ! Partons s’il te plait !

- Tu sais bien que je ne peux rien te refuser ma chère cousine.

Lavinia De Vancouran quitta la ville maudite ce soir là mais elle ne le fit pas seule. Dans son sillage se déplaçaient tous ceux qu’elle avait aidés, guidés, commandés. Leader née, ils la suivirent sans un mot oubliant leur crainte et se complaisant dans la certitude qu’avec elle tout serait possible.

***

- Mon Minou d’amour, viens me masser les pieds !

Un peu plus loin, Le Lion Rouge la langue pendante s’adonner à des activités peu dignes de lui, alors qu’aux pieds d’une jeune et jolie donzelle il s’évertuait à appliquer ses paumes sur la plante de son pied.


------------------------------------------------------------
Situation Némésis : Je pense que la demoiselle à l’extérieur va attendre de t’entendre pousser ton dernier souffle avant d’entrer et de prendre le sceau (après sera-ce son dernier souffle… à toi de voir XD). En tout cas, ça te laissera le temps de digérer les mots de Lavinia et peut être de tergiverser qui sait ?

Situation Lion Rouge : Il est sous hypnose depuis un petit moment et il sert de femme à tout faire. Cependant, plus elles utilisent leur sort moins il dure longtemps !

Voilà pour Lavinia, son « cousin », et les hommes de son secteur, ils sont partis et seront loin le temps que Némésis se remette de ses blessures et que le Lion Rouge se libère de son sortilège (sauf ordre contraire !)
Bon courage !!!


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MessageSujet: Re: Ton Reflet Dans Un Miroir... [CDC : Nemesis]   Jeu 23 Mai - 16:07

/!\  La longueur de ce post est proportionnelle à sa génialitude !


Il l’écouta. A travers ce brouillard de souffrance que lui imposait l’objet dont elle l’avait affublé les mots semblaient ne pouvoir être retenus, s’échappant sans fin, incapables de se fixer dans son esprit. Et pourtant il l’écouta, aussi amorphe et inerte soit-il. Il l’écouta… Et elle partit. Sans se retourner, sans montrer la moindre faiblesse, comme elle l’avait toujours fait. Belle et forte était et resterait Lavinia. Longtemps après qu’elle soit partie, l’image de son dos droit et inflexible continua de s’offrir au Nemesis. Elle partait… Et lui sombrait à nouveau. Dans la souffrance, la folie ou les ténèbres… Qu’importe. Il était seul.

Il lui sembla que chaque vertèbre, chaque nerf à vif de sa nuque explosait alors que sa tête retombait mollement sur sa poitrine. Alexander aurait surement lutté, comme il avait lutté la nuit du rituel, comme il s’était battu chaque fois que la Bête avait voulu s’emparer de lui… Lutté jusqu’à la mort. Mais Alexander n’était plus. Ne restait que Nemesis, son ombre, un pâle reflet fou et monstrueux de l’homme qu’il avait été. Les mots ne s’étaient pas fixés non, ils rebondissaient indéfiniment dans son esprit, l’étourdissant de douleur à chaque impact. Ceux qui avaient voulus faire de lui un être surpuissant n’avaient créés qu’un pantin, incapable de se contrôler lui-même… Un pantin dont les émotions fleurissaient aussi éphémèrement que les pétales sanglants d’un coquelicot. Amour, haine… Folie, tout n’était que folie !

*Je pourrais la tuer.*

Après tout… N’était-ce pas ce qu’elle venait de faire elle-même ? Le condamner à une mort atroce et douloureuse… Que ne pouvait-il lui retourner la pareille ? La briser elle et ses convictions ! La voir brûler dans les flammes de sa vengeance, de sa haine, de sa colère, de son amour s’il le fallait ! Car tout n’était que folie !
*Mais cela tu l’as déjà fais.*

Penser devenait aussi dur que de respirer. Les mots ne se formaient plus et chaque bouffée d’air supplémentaire le brûlait un peu plus, arrachant le sang rouge des humains à sa chair. Son dernier soupir fut aussi silencieux et paisible que si le mage noir avait eu la conscience tranquille. Son corps s’affaissa ensuite sans un son tandis que son esprit émergeait enfin de sa torpeur. Tout devenait si simple lorsqu’on abandonnait les contraintes physiques de l’existence.
*Tu l’as déjà fait… Malgré les souvenirs, malgré le dégoût…*

Que restait-il de ces beaux discours sur la justice lorsque ses mains se trouvaient plongées jusqu’au coude dans le sang d’innocents ? De ceux pour qui il était censé se battre ? En quoi différait-il du monstre au manteau de sang lorsque ses propres atrocités venaient couvrir celle de son ennemi… Non pas un ennemi, mais un rival dès lors… Un concurrent dans la monstruosité !
*Je l’ai fait pour la justice !*

Si pitoyable… A qui adresser cette revendication lorsque seules les ténèbres l’entouraient désormais ? Lorsqu’une force bien supérieure s’acharnait à réduire ce qu’il était et ce qu’il avait été en cendre ? Ce qu’il aurait pu être aussi peut-être…
*Qui suis-je ?*

Alexander… Nemesis… La Bête même ! Il portait tellement de noms. Il avait été la noirceur de l’être humain, l’horreur personnifié, la colère et la haine incarnée… Mais également la faiblesse. Faiblesse lorsqu’il n’avait pu rejeter entièrement les Ténèbres au fond des cachots de Fort Lazrak. Faiblesse lorsqu’il jugeait tout un chacun coupable. Coupable d’avoir fait de lui ce qu’il était, coupable de vivre quand lui n’était plus. Faible… Si faible.
*Je suis un monstre.*

C’était d’une logique implacable et parfaite. Il avait versé tant de sang, brisé tant de vies, déçu tant d’espoirs… C’étaient les actes d’une créature inhumaine, impropre à comprendre les principes qu’elle assenait pourtant avec tant de convictions. Et ces êtres immondes, ces monstres que la réalité craignait tant, ne pouvaient connaître qu’un seul futur. Ses pensées s’éteignirent comme l’on souffle une chandelle lorsque le sceau  se referma sur la seule part de son être qui persistait.


Et la douleur fut pire que tout ce qu’il avait pu  endurer.


*NON !*

Quelque chose rua en lui, hurlant, trépignant, griffant et pleurant. Non pas quelque chose que la mort effrayait mais que la simple idée de laisser les choses en l’état terrorisait plus que tout. Quels actes retiendrait-on de lui ? Quels crimes resteraient à jamais graver dans les mémoires lorsqu’on évoquerait le Nemesis ? Qui serait Alexander pour le monde… Qui serait-il pour elle ?

Son corps s’arqua alors qu’il prenait une large bouffée. Brûlante, douloureuse et au goût sanglant écœurant, mais si délicieuse de vie.

*Je suis… Je ne suis pas… Plus jamais… Plus jamais ! Je suis Alexander Norwind !*

Et jamais un sceau magique n’avait pu arrêter un pécore ignorant de tout art magique ! C’était cependant tout autrement plus difficile à faire qu’à dire et le mercenaire s’en rendit rapidement compte lorsque le mécanisme réagit, le clouant au fond de son siège dans une douloureuse et cuisante réplique. Il voulut hurler mais un poids gigantesque l’empêchait de prendre sa respiration. Ruant et débattant, le Beorc sentit malgré tout sa conscience lui échapper tandis que le sceau lui infligeait de véritables coups de boutoirs mentaux. Ses chaînes se tendirent alors qu’il s’écorchait vif les poignets, tentant de libérer l’un de ses bras. Ses poumons s’emplirent malgré la douleur que cela lui procurait et, tendant tout son être vers les cieux il hurla. Un cri inhumain, au-delà de toute souffrance imaginable et qui mourut petit à petit en même temps que son propriétaire. Les muscles de l’ancien mercenaire furent parcourus d’un spasme atroce et la créature retomba sous ses chaines, inerte.

***

Une main délicate aux ongles nacrés s’empara de la poignée tandis que l’exquise créature, un sourire adorable aux lèvres, tirait de la vallée de ses seins un minuscule trousseau auquel pendait deux petites clé argentée. Un fin cliquetis plus tard, la porte s’ouvrait en grinçant légèrement, révélant l’intérieur de la pièce à la sbire des Barons Rouges. Un cube de pierre noir et puant, isolé de toute lumière et à peine assez large pour permettre la présence de quelques personnes : le prisonnier, son bourreau et les divers témoins de ses confessions. Ces deux dernières catégories de personnes avaient d’ailleurs levé le camp depuis longtemps et ne restait que la dépouille pitoyable de leur victime. Un fou comme il y en avait tant eu, cherchant à défaire l’influence des Barons. Son cas serait un exemple frappant de plus que l’organisation s’était définitivement installée à Dagran et son cadavre irait bientôt rejoindre ceux exposés aux portes de la ville en guise d’avertissement. Le crime ne profitait pas dit-on mais les Barons Rouges semblaient l’avoir légitimé au sein de ces murs et très bientôt, la ville retrouverait son rôle de nœud commercial indélogeable… A la différence près que l’organisation serait certainement nettement plus féroce que les imbéciles qui occupaient la place avant eux. Taxes et malus pleuvraient sur ces soi-disant honnêtes bourgeois tandis que le monde de l’Ombre tirerait grandement profit de la situation… Un véritable paradis pour malfrat en somme.

Rassemblant ses pensées sur sa tâche actuelle, la catin posa un regard délicieusement ambigu sur le cadavre. Il était presque entièrement nu et, bien qu’on l’ait affublé d’un sceau anti-magie, les diverses cicatrices parcourant son corps laissait sous-entendre que l’art de la guerre ne lui avait pas été inconnu. Sa carrure et ses muscles avaient certes fondus mais le résultat d’une vie passée à combattre ne s’estompait pas aussi facilement et elle se surprit à se demander s’il aurait pu être un client convenable. Les hommes d’armes étaient généralement des rustres aussi bien dans leurs paroles que leurs actes, mais ceux qui maîtrisaient la magie au même titre que les lames… Hmm, bien que pédant, nombre d’entre eux étaient des amants sensibles et parfois même attentionnés. Dommage que celui-ci n’ait pas été un rien moins dérangé, il aurait pu être tentant.

Haussant les épaules, la prostituée s’avança d’une démarche que l’entraînement avait naturellement rendu ostensiblement attractive pour n’importe quel homme, ainsi que certaines femmes. Elle s’accroupit près de la chaise et observa le visage décharné aux yeux clos, les traits défigurés par la souffrance parfois masqués par une mèche de cheveux bruns. Sans aucun remord elle avança la main vers le sceau et fronça les sourcils. L’homme avait dû être maîtrisé avant d’être attaché car les chaînes l’entourant maintenaient fermement l’objet  contre sa poitrine, interdisant toute entreprise à moins de desserrer les entraves immobilisant les deux corps.

Un brin agacé, la jeune femme s’empara de la seconde clé avant de l’approcher du cadenas dans le dos du mort. Elle hésita un instant puis haussa les épaules. Le cri qu’elle avait perçu, bien qu’atténué par l’épaisseur des murs, l’avait glacée jusqu’au sang tant il exprimait la torture que devait subir l’homme enfermé… Mais elle s’était assuré qu’il s’éteigne et avait même patienté une dizaine de minutes supplémentaires avant d’oser s’approcher de la porte. Plus aucun souffle ni mouvement n’agitait la carcasse de l’homme, qu’avait-elle donc à craindre ? Le cliquetis de la libération résonna dans l’espace sombre et puant tandis que les chaînes s’écrasaient bruyamment au sol. Le cadavre s’affaissa sur son siège sans pour autant donner un seul signe d’activité. Un sourire s’étira sur les lèvres pulpeuses de la belle tandis qu’elle prélevait délicatement le sceau, faisant passer la chainette d’argent au-dessus du cou du mort.

Elle allait s’en retourner quand un bruit presque inaudible la fit se pétrifier. Un instant elle douta d’elle-même mais le son reprit, plus fort et continu cette fois. Un râle… Il s’agissait d’un râle non pas d’agonisant, mais de survivant !

Voltant sur elle-même elle n’eut que le temps d’apercevoir les yeux dorés qui la regardaient fixement avant que ses réflexes ne prennent le dessus. On ne travaillait pas pour les Barons Rouges sans un minimum… D’expérience.


***

Sa « sauveuse » bondit mais il fut presque aussi prompt. Se jetant sur le côté, il perçut le bruit mât de la lame s’enfonçant dans le bois du siège avant que le sol ne se jette à sa rencontre. Le contact des pierres crasseuses lui fit l’effet d’une douche froide alors qu’il  roulait pour se relever un brin trop tard. Un coup de pied l’atteignit en pleine côtes suivit d’un uppercut de champion. Des étincelles dansèrent devant ses yeux alors qu’il heurtait brutalement le mur. Elle fut sur lui plus rapidement qu’un charognard et il n’eut que le temps de s’emparer de son bras avant que le poignard ne lui crève littéralement l’œil. Luttant avec l’énergie du désespoir il sentit ses forces décliner bien plus rapidement qu’il ne l’espérait mais sa jeune adversaire avait moins de patience que ça. Elle lui décocha un coup de genou magistral qui aurait pu lui faire douter d’avoir encore un jour une descendance s’il avait jamais songé en avoir une. La douleur le plia en deux, l’acier du poignard glissant sur son cuir chevelu, cinglant et brûlant, mais définitivement moins douloureux qu’un sceau.
*Tout plutôt que ça à nouveau !*

Son propre poids le jeta sans craint des conséquences droit dans l’estomac de sa partenaire et ils roulèrent à terre tels deux amants querelleurs. Il sentit ses ongles effilés lui lacérer le dos alors qu’un tintement cristallin révélait la perte du couteau. En temps normal il n’aurait eu aucun mal à user de son poids pour prendre l’avantage mais la donzelle était en pleine forme contrairement à lui. Il sentit une poigne étonnamment puissante se refermer sur sa gorge alors qu’elle le dominait, échevelée, extraordinairement dénudée par l’affrontement et plus sensuelle que jamais. Cette furie prenait plus de plaisir dans le meurtre que dans tous les actes charnels qu’elle avait pu commettre.

De la main enserrant sa gorge elle lui martela le crâne contre le sol tandis que de l’autre elle tentait de lui crever les yeux, ses jambes savamment plaquées contre les cuisses de sa proie, l’immobilisant totalement. Enserrant le poignet de la prédatrice aussi puissamment que possible, les ongles redoutables bloqués à quelques millimètres de ses prunelles, le mercenaire se débattit avec l’énergie des condamnés. L’air commençait à lui manquer. Il la vit grimacer lorsque des griffes qu’il ne se connaissait pas lui lacérèrent l’épaule, traçant de longs sillons sanglants sur la peau mate, mais la prise ne s’en fit que plus serrée, les coups de son crâne sur le dallage plus brutaux et l’air plus rare.
Ses forces lui échappaient et seul un dernier réflexe lui survint. Il lâcha brutalement son étreinte sur la main aux ongles effilés. Les griffes de la femelle lui écorchèrent le visage sans la moindre pitié mais le geste l’avait surprise aussi manqua-t-elle son but premier… Mais pas lui.

Affermissant derechef sa poigne il porta aussitôt la main si fine à ses lèvres, à sa bouche emplie de sang, à ses crocs aussi tranchants que des rasoirs. Il sentit les nerfs claquer sous l’action, brutalement relâchés. Il sentit les os craquer tandis que ses mâchoires appuyaient toujours plus fort. Il sentit le goût chaud du sang  se déposer sur sa langue et emplir sa gorge tandis que ses crocs cisaillaient la chair sans la moindre hésitation. Elle poussa un cri perçant  et se retira au prix de son petit doigt, perdant tout contrôle de la situation. D’une violente poussée Alexander l’envoya bouler tandis qu’il aspirait l’air à profondes bouffées. La nausée le tenaillait mais tout ce qu’il pouvait voir, tout ce sur quoi il devait se concentrer, c’était sa catin qui se ruait sur le poignard aussi vite que possible. Toute grâce, toute sensualité l’avait quittée, elle se battait désormais elle aussi contre la douleur et la peur de mourir. Un sourire hystérique défigura son visage alors que sa main intacte se refermait enfin sur l’objet de ses désirs. Se relevant brutalement, elle se retourna et sentit très distinctement le bois de la chaise s’écraser contre son visage. Son nez éclata en une douleur parfaitement insoutenable et elle eut vaguement l’impression d’entendre deux de ses dents ricocher sur le dallage avant de perdre connaissance.

La chaise toujours en main, Alexander la maintint levée pendant quelques instants, prêt à la rabattra instantanément sur le crâne de son adversaire si celle-ci faisait mine de bouger. Mais elle gisait parfaitement inerte, ses vêtements camouflant de façon très inefficace sa dignité. De son nez écrasé avait jaillit une quantité importante de sang presque aussitôt tarie tandis qu’un hématome impressionnant, suppurant de sang, de pus et orné d’échardes se formait déjà là où sa chair avait rencontré le bois. Le mercenaire porta alors un regard hagard sur le meuble qu’il tenait encore en main. Un des pieds avait littéralement explosé là où l’impact avait eu lieu et une partie du cadre était désormais teintée de rouge sombre. Lâchant l’objet à grand fracas, le Beorc tomba à genoux et rendit sans le moindre remord petit doigt, restes de chair humaine et ancien déjeuner, se laissant aller à la nausée que lui inspirait toute vue de sang.

Quelques instants s’écoulèrent où il tenta de calmer les battements affolés de son cœur, laissant l’adrénaline se dissiper. Après quoi il bondit sur ses pieds. Il ne devait pas traîner quelqu’un les avait peut-être entendu bien qu’il soit hautement improbable qu’on les ait ignoré si leur affrontement avait été perçu au dehors. S’emparant des chaines qui l’avaient auparavant maintenu, il entrava fermement son ex-geôlière dans un coin de la pièce avant de la bâillonner avec ce qui restait du tissu qu’elle portait. Enfin, et après une légère hésitation il banda rapidement la main blessée.

Il en était là de ses préparatifs quand il se rendit compte que quelque chose clochait. Le froid de la cellule ne le touchait plus, pas plus que ses pieds ne ressentaient le contact du dallage. Un bref coup d’œil lui permit de constater qu’il était de nouveau vêtu convenablement. Pas de manteau blanc étincelant pourtant non, celui qu’il portait désormais par-dessus ses habituelles fripes était élimé et râpé par endroit. Plus épais également il était, autant qu’on puisse en juger à la faible lueur des lieux, d’une couleur brune délavée par le temps et l’usage. Enfin ce manteau il le reconnaissait. Il le reconnaissait pour l’avoir porté si longtemps et si fièrement autrefois. Dans le dos il le savait, trônait l’emblème de la Lance d’Argent : une immense pique d’un gris étincelant autour de laquelle s’enroulait une wyvern dorée. Le manteau de l’ordre d’Alexander… Son manteau.

Son regard tomba ensuite sur le responsable de toutes les douleurs qui tiraillaient son organisme. Le sceau gisait à terre, désormais aussi inefficace qu’un banal médaillon. D’un mouvement preste et motivé par la colère, Alexander s’empara du couteau de sa captive et l’abattit rageusement sur l’objet, le brisant au bout du troisième essai. On ne pourrait plus le restreindre ou l’éliminer par cette voie.

Il sortit dans le hall, l’oreille aux aguets et le couteau à la ceinture. Les clés cliquetèrent dans la porte alors qu’il enfermait sa captive et passait le minuscule trousseau à son cou. Ils étaient en sous-sol de cela il était sûr, mais cela n’empêchait pas le corridor d’être richement décoré. Au bout de ce dernier se présentait un escalier duquel lui parvenaient des éclats de voix perceptibles uniquement de par le timbre cristallin qui les énonçait. Avançant prudemment, le mercenaire parvint au niveau d’un miroir surplombant un buffet très coquet, contrairement à ce qu’il put apercevoir dans son propre reflet.

Le sceau l’avait amaigri, rongeant la vie de son visage et le faisant paraître plus pâle encore si c’était possible. Mais le traitement n’avait cependant eu aucun effet sur le flamboiement doré de ses prunelles, jurant étonnamment avec sa nouvelle couleur de cheveux : aussi bruns que l’avaient été ceux d’Alexander. Le manteau et ce pseudo-retour à sa normale lui arrachèrent un demi-sourire révélant ses crocs carnassiers. Bien qu’il ait tenté de passer sa langue sur ces derniers, leur ivoire présentait encore des teintes écarlates par endroit. Outre sa perte de poids, un dernier détail transparaissait dans cette métamorphose de Nemesis en Alexander. Son bras gauche, celui s’ornant du crâne de la Bête lorsque le mage lançait ses incantations, présentait maintenant la peau noire et glaciale de la créature. Les doigts s’en étaient allongés et une longue griffe acérée se profilait dans le prolongement de chacun. Le mercenaire contempla sa nouvelle main un instant d’un regard presque nostalgique.

- Ainsi tu me rends à qui j’étais… Mais je ne puis oublier ce que je suis réellement n’est-ce pas ?

Cela ne le gênait pas. En redevenant Alexander il n’avait pas espéré chasser le Nemesis à tout jamais. Sa haine du Faucheur, même si les arguments de Lavinia la rendaient injuste, était toujours présente. Son envie de justice également, d’une justice plus clémente et équilibrée que celle du Nemesis cependant. Toutefois, il lui manquait désormais un don important. La noire puissance du Nemesis l’avait déserté. Il ne percevait plus le flux de magie que son pacte avec la Bête lui avait accordé bien qu’il se douta qu’elle n’avait pu disparaître bien loin. Cela aussi lui importait peu. Alexander n’avait jamais eu besoin d’utiliser la magie pour régler ses problèmes personnels… Pourquoi Nemesis devrait-il en abuser ?
*Car c’est ce que je suis. Alexander est mort le jour où cette haine est née. Je puis avoir son nom et son apparence… Mais je reste le Nemesis.*

Il vivait encore mal le fait de ne plus être tout à fait humain malgré tout mais il avait cependant d’autres choses à faire d’abord. D’un pas sûr mais prudent, le mercenaire entreprit de gravir les marches.

***

- Hmm ! Tu sais que tu es doué toi ? Je savais bien que les hommes aux grandes mains avaient du talent.

Les doigts de pieds en éventail, Donna Serra papillonnait des cils face au terrible Lion Rouge alors que celui-ci se dévouait de son mieux à lui relaxer la plante des pieds. Deux autres jeunes femmes observaient le spectacle d’un air goguenard, langoureusement affalées dans les canapés entourant une table pleine de victuailles. Le barbare de son côté semblait parfaitement concentré sur sa tâche et même si l’ombre d’une contrariété passait sur son visage de temps à autres, une simple moue de la part de sa maîtresse lui rendait la douceur d’un chaton. Portant une grappe de raisins gonflés à souhait à ses lèvres, l’une des deux femmes croqua dans l’un des fruits avant de prendre la parole.
- Qu’allez-vous faire de lui une fois que nous aurons récupérés ce que Donna Sophia désire ?
- Je ne sais trop. Malgré son air idiot je le trouve attachant et il a un vrai don pour les massages. Ouuuh oh oui juste là ! Nous pourrions peut-être le réduire en esclavage, je suis sûre que plus d’une de nos donzelle, voire même de nos hommes, serait intéressés de voir ce que ce soi-disant « lion » a dans le ventre.
- Ou dans les mains en l’occurrence.
- Ah ! Damnez-moi ce garçon a parfaitement raté sa vie.

Elles éclatèrent de rire toutes les trois. Un son cristallin et pur qui perdura même lorsque la lame d’un couteau se posa sans ménagement sur la gorge de la femme aux raisins. Celle-ci ne cilla pas un instant tandis que Donna Serra achevait son rire comme si tout cela n’avait été qu’un échange de ragots entre bonnes copines. Lorsqu’enfin son regard envouteur se posa sur leur ancien prisonnier, l’atmosphère se chargea instantanément d’électricité. La troisième jeune femme se leva avec souplesse et s’empara le plus négligemment du monde du pistolet attaché le long de sa jambe que dissimulait sa longue robe. Le chien émit un léger clic lorsqu’elle arma l’engin et le pointa vers l’homme.
- Tiens tiens tiens… Quelle surprise. Regardez mes chères amies qui nous rend visite. Vous allez bien M. Norwind ? Je vous trouve un peu pâle.
- …

D’un geste distrait elle repoussa le Lion Rouge et se rechaussa avant de se lever, souillon parmi les déesses et cependant infiniment plus dangereuse.
- Il est vrai qu’un séjour au cachot en compagnie d’un sceau ne doit pas être des plus agréables pour un magicien de votre trempe. Je vous avouerais avoir presque cru à votre petit tour de possession la dernière fois. Quel dommage réellement qu’il s’agisse plutôt de mon domaine.

Elle s’avança d’un pas provoquant aussitôt récompensée par l’apparition d’une goutte de sang sur le cou de la fan de raisin.
- Qu’avez-vous fait de ma chère coéquipière ?
- Vous pourrez lui demander lorsque vous la rejoindrez en enfer.
- Que de fougue. Inutile de vous emporter ainsi nous sommes entre gens civilisés.
- Dites alors à votre sbire de baisser son arme.

D’un signe de tête il pointa le pistolet toujours braqué sur lui. Un sourire narquois orna le visage de la Donna.
- M. Norwind, me croyez-vous aussi naïve ? Après votre petite démonstration d’hier espérez-vous que je vous fasse confiance pour agir en toute simplicité ? La moitié du quartier Est doit encore être réparé par votre faute.

Hier… C’est donc pour ça que la faim le tenaillait autant. Le simple fait qu’il ait pu venir à bout du sceau malgré tout le temps passé sous son emprise relevait du tour de force. Il accentua un peu plus la pression du couteau sur la gorge.
- Tenez-vous donc tant à perdre une autre de vos précieuses coéquipières ?

La baronne pouffa devant la menace.
- Comme il est mignon. Pensez-vous que parce que votre résistance à mes sortilèges est quelque peu supérieure à la normale vous représentez une menace à nos yeux M. Norwind ?

Les tripes du mercenaire se tordirent. Il avait espéré un minimum de compassion de la jeune femme envers les potentielles victimes. Quel imbécile… En tant que Nemesis il les aurait auparavant toutes tuée sans autre formes de procès !
*Non… Tu n’es plus comme ça… Je ne peux plus faire ça !*
- Votre sbire plus bas semblait penser la même chose que vous.

- C’est un fait nous vous avons sous-estimé. Mais que comptez-vous donc faire, seul comme vous l’êtes face à une ville entière sous nos ordres ?
- …
- Supposons que par miracle vous parveniez même à nous vaincre, et je dis bien par miracle. Madonna Sophia est bien plus puissante que ce que vous pouvez même imaginer. Vous et votre puante magie noire, elle vous balaierait en un clin d’œil. Quel pouvait donc bien être le plan fou qui vous a fait sortir de votre cellule au prix de la vie de l’une de mes amies ?

Le plan… En avait-il seulement eu un ? Il avait prévu de remonter, se débarrasser tant bien que mal des potentiels gardes, retrouver Seth et… Seulement Seth était agenouillé dans le dos de cette femme, l’air perdu dans ses pensées et privé de toutes ses armes tandis qu’il se retrouvait seul face à trois femmes prêtes à mourir pour l’arrêter…
- De plus M. Norwind…

Il releva les yeux et ne comprit que trop tard qu’il s’était fait piéger.
-… Vous avez vraiment du culot de croire que votre petit manège nous rendrait inoffensives.

La lame de son couteau s’était légèrement desserrée alors qu’il écoutait la mégère. Pas énormément mais suffisamment pour permettre à une mangeuse de raisin aussi souple qu’un élastique de lui décocher un jeté de jambe des plus douloureux au visage. Trébuchant sur un siège alors qu’il reculait, le Nemesis s’écrasa au sol au moment où un plomb éclatait le mur à l’endroit où se trouvait sa tête deux secondes plus tôt. Ignorant ses blessures qui le tiraillaient, il se redressa pour se jeter en arrière aussi loin que possible de son ancienne otage qui se précipitait sur lui, deux lames au poing.

Il roula, esquiva un premier  coup, raffermit sa prise sur sa propre arme, bondit et s’immobilisa aussitôt. Un sourire carnassier aux lèvres, la femme aux couteaux venait de lui appliquer l’un sous la gorge, l’autre directement sur l’entrejambe toujours douloureux de son dernier impact. Un nouveau clic l’informa que le pistolet était de nouveau chargé et pointé droit sur sa nuque. Donna Serra rayonnait, triomphante.

- Maintenant M. Norwind, veuillez lâcher votre arme. Vous avez per…Glk !

Une main monstrueusement grande venait de se refermer sur la gorge de la Donna. Moins d’une seconde plus tard, la Baronne virevoltait dans les airs et se retrouvait violemment écrasée contre un mur, la poigne du Lion Rouge la maintenant quelques centimètres au-dessus du sol, lui serrant le cou à l’en broyer.
- Caresser un lion à rebrousse-poil s’tait vraiment… Mais vraiment débile de ta part ma salope.

Tout se déroula presque simultanément. La main de la Donna plongeant dans ses vêtements, Alexander profitant de la situation pour s’écarter des lames et planter son acier dans le bras de la femme au pistolet. L’arme qui rebondit dangereusement sur le sol alors que la lame de Donna Serra s’enfonçait jusque à la garde dans l’épaule de son ravisseur et enfin la manieuse de couteau hésitant entre tuer l’un et s’exposer à l’autre et vice et versa.

Le barbare renifla et jeta un regard apitoyé sur le manche du poignard dépassant de son corps. Ses yeux rouges se plantèrent directement dans le regard de l’envouteuse, brillant de fureur.

- S’que tu m’as fait faire, ça m’a mis en rogne. A un point qu’t’imagines même pas.

Alexander bondit aussitôt vers le dos du barbare, porté par la fureur émanant des mots de ce dernier.
- Seth non !

Mais trop tard, la patte énorme du tueur s’était emparée de la menotte toute frêle de Donna Serra. D’une traction il lui déboita l’épaule, observant la douleur paraître dans les yeux de sa proie, et d’une torsion sèche, acheva de briser le menu bras sans la moindre hésitation. La Donna voulut crier, ruer, mais la force de son adversaire largement supérieure à la sienne la clouait au mur. Faisant volte-face, le mercenaire arma son couteau en direction de sa précédente adversaire, visiblement prête à bondir toutes lames dehors.
- Si tu bouges elle meurt !
- Et comment qu’elle va crever !
- Seth! J’ai dit CA SUFFIT !
- …

Le barbare sembla d’abord ne pas réagir, son visage dur et intransigeant planté tout près de celui bientôt bleu de la Donna. Enfin il grommela, cracha un molard répugnant sur la moquette et laissa tomber sa proie, suffocante et en état de choc. Le bras de la mafieuse n’était plus qu’une loque inutile et formait un angle incongru avec le reste de son corps. Un instant, il sembla à l’épéiste qu’elle luttait contre la douleur mais la haine qu’elle lui vouait ne tarda pas à refaire surface. La saisissant par la nuque, le Lion Rouge l’écrasa sans douceur dans un fauteuil, ignorant parfaitement ses protestations avant de retirer d’un geste vif le couteau toujours coincé dans son épaule. Le sang gicla mais le monstrueux combattant se contenta d’appliquer un coussin sur sa plaie pour limiter l’hémorragie. La capacité cicatricielle de son organisme  toujours aussi impressionnante ne tarderait certainement pas à refermer la plaie d’elle-même.
- Sympa ton nouveau look Boss. J’sais pas où t’étais mais vu ta tronche…
- Silence. Fais plutôt attention à ce qu’elle ne t’échappes pas.

Le visage du tueur se rembrunit singulièrement, comme s’il était sur le point de cracher toute la colère brûlant au fond de son regard mais il se contenta de jurer et s’adossa au mur sans pour autant cesser de maugréer.
- M’échap’rait pas s’tu m’laissais la buter.

Reportant son regard sur les deux autres prostituées, le mercenaire abaissa lentement son couteau. L’une se tenait toujours le bras, tentant tant bien que mal de se faire un garrot avec un bout de sa robe, le pistolet qu’elle pointait si fièrement auparavant gentiment rangé dans la poche de son ex-prisonnier. L’autre maintenait toujours fermement ses lames, son corps souple de chasseresse prêt à bondir au moindre signe de faiblesse.
- Jette tes armes.
- Ne le fais pas, il bluffe !
- Ta gueule !

La claque assénée par le Lion Rouge résonna dans le silence de la pièce, rougissant la joue de la Donna sous le regard furibond de ses sbires. Alexander porta la main à sa poche et en sortit le pistolet. Sa précédente propriétaire avait eu le temps de le recharger mais pas de l’utiliser. D’un geste grandiloquent il le pointa droit le corps de Donna Serra, affalé dans son fauteuil.
- Elle n’a peut-être aucune considération pour votre sacrifice mais ça n’est pas ton cas n’est-ce pas ? Pas en ce qui la concerne.
- Si elle meurt, je vous réduirai en pièces.
- Si elle meurt, tu meurs, ton amie meurt. Vous mourrez toutes les trois et votre organisation perd une de leur si précieuses Donnas.
- Ne l’écoute pas ! Tue-l.. Mmmmmmmmmmh !!!

Les yeux dorés du Nemesis ne cillèrent même pas tandis que Seth entreprenait de bâillonner leur précieuse otage. Son pouce se porta sur le chien du revolver et l’arma en un clic retentissant.
- Dernière chance. Jette tes armes et recule.
- …

Un long moment passa, le silence des lieux uniquement perturbé par l’échauffourée inégale de la Donna blessée et du Lion Rouge. Nemesis posa l’index sur la détente et…
- Non ! Attendez… par pitié attendez !

Une vague de soulagement submergea le mercenaire alors que le masque de fureur de la prostituée s’effaçait pour ne laisser que celui d’une femme éplorée. Les couteaux allèrent s’écraser à ses pieds tandis qu’elle s’agenouillait aux côtés de sa partenaire au bras bandé. Les ruades de Donna Serra s’accentuèrent malgré son état tandis que la femme aux couteaux baissait les yeux, presque contrite.
- Ne la tuez pas….
- Je n’en ferais rien….

D’un coup de pied, il envoya valser les couteaux dans un coin de la pièce, désarma le revolver et le rangea dans son manteau avant de s’accroupir au niveau des deux femmes, gardant toutefois une distance raisonnable.
- … En échange de quelques renseignements.
- …
- La lancière qui est remontée tout à l’heure. Où est-elle ?

La catin releva les yeux vers lui. La haine s’y lisait avec aisance mais plus difficile à distinguer était le dégoût. De lui ou d’elle-même il n’aurait su le dire.
- … Elle est partie.
- Où ?
- …
- Où!
- Je… Je l’ignore. Elle a quitté la ville.

Alexander se gratta la tête d’un air ennuyé. Il se doutait que Lavinia ne s’éterniserait pas dans cet endroit mais qu’elle disparaisse aussi rapidement… Il pouvait essayer d’interroger plus en détail chacune de ses quatre prisonnières mais le temps jouait contre lui. Jusqu’à quand pouvait-il espérer que personne ne pénètre dans ces lieux ?
- Okay. Deuxième et dernière question. Où se trouve votre chef ?

Voyant le regard de l’interrogée se porter sur Donna Serra il agita sa main griffue d’un air impatient.
- Pas elle ! L’autre ! Celle qui était censé m’annihiler d’un claquement de doigts là… Sophie !
- Donna Sofia…

Il claqua des doigts d’un air triomphant.
- Voila c’est ça. Elle est toujours là elle non ?
- …
- Ne me force pas à me répéter une fois encore.
- Elle… Elle est partie inspecter le quartier Nord. Lorsque la lancière est partie… Il est tombé sous sa coupe.
- Et ici nous sommes ?
- Quartier sud…

Le mercenaire se gratta le menton d’un air soucieux. Ca commençait à faire une sacrée trotte mine de rien. Semblant se décider, il se claqua les cuisses avant de se relever prestement.
- Très bien ! Seth, attaches moi ces donzelles bien fermement et enferme les dans le cachot au sous-sol. Elles auront tout le loisir d’y cogiter avec leur petite camarade.
- Elles cogiteraient beaucoup moins si…
- Non. Je les veux en vie.

L’air parfaitement estomaqué du barbare aurait presque pu être comique. Il est vrai que Nemesis ne lui avait pas souvent donné l’occasion de laisser des témoins derrière eux. Néanmoins le colosse s’exécuta, entrainant ses trois paquets sans la moindre hésitation après les avoir consciencieusement ligotées, bâillonnées et dépouillées de tout ce qui pouvait représenter une arme. Le temps qu’il achève sa tâche, Alexander avait englouti la quasi-totalité des fruits présents sur la table et déniché l’équipement de son sbire ainsi qu’une épée dont l’acier semblait encore bon. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas manié une arme faite d’acier réel. Le poids de la lame lui semblait bien plus important que dans ses souvenirs  mais ses pouvoir ayant visiblement décidés de le bouder, mieux valait prévoir.
- S’fait. S’quoi l’ plan maintenant ?

le barbare venait de remonter et s’empressait maintenant de se diriger vers son équipement. Son gantelet retrouva sa place initiale et il s’empara de sa gigantesque hache avec plus de tendresse qu’il n’en avait jamais développer envers un être vivant.
- Tu m’as manqué ma grande !

De son côté, Alexander avait un peu réfléchi. Il n’avait pas tout mais les bases étaient là. Assis dans un canapé, les deux mains croisées sur les genoux, il posa un regard d’or décidé sur son coéquipier.
- Je vais retrouver cette Sophia… Et la défaire.

Le Lion Rouge croqua bruyamment dans une pomme.
- Plus facile à dire qu’à faire. S’pas tout clair dans ma tête mais s’te manie d’s’ap’ler Donna chose là et s’que j’ai glané pendant qu’j’étais esclave… Ca m’fait penser quand même carrément aux Barons Rouges.
- C'est-à-dire ?
- Des connards d’première, menés par des gonzesses. Y sont pas trop dans les gros bras comme le Black Fang ou autres mais vaut mieux éviter de s’pointer dans un bordel quand leur nom. Sont connus pour pouvoir soudoyer n’importe qui, n’importe comment… Et s’tout s’que j’sais.
- Cette ville est un gigantesque bordel quoi qu’il en soit, et nous avons aussi le nom de leur leader….
- Ouais enfin leur boss dans cette ville en tout cas. Crois-moi Boss s’pas une bonne idée d’les chercher pasque tu vas forcément les trouver.
- …

Alexander se perdit dans ses réflexions. Ils pouvaient effectivement fuir la queue entre les jambes comme deux chiens battus et retourner à leurs errances seulement…
- Je vais le faire.
-…
- Je vais le faire parce que je ne peux pas faire autrement. Parce que je n’oserais même plus évoquer ma « Justice » si je n’essaie pas.
*Et parce que je pourrais alors me justifier devant elle.*
- …

Se redressant d’un seul coup, le mage noir planta son regard dans celui du brigand.
- Je vais le faire mais je peux le faire seul. L’opération est extrêmement dangereuse et je n’ai pas envie de t’impliquer là-dedans. Toi et moi avons commis des atrocités qui ne peuvent être pardonnées mais tu as été un ami fidèle et tu m’as loyalement servi. Je te rends ta liberté Lion Rouge fais en ce que tu veux.

Seth venait d’avaler la moitié d’une grappe de raisin d’une seule bouchée, aussi mastiqua-t-il longtemps d’un air atterré, les pépins craquant sous la pression de ses mâchoires. Enfin il déglutit et jeta le reste de la grappe par-dessus son épaule avant de ricaner bêtement.
- Eh bah putain ! Je sais pas s’qu’elle t’as fait ta gonzesse mais y’a du changement. J’savais que t’avais des standards genre comme ça.. Il leva le bras largement au-dessus de sa tête. Mais à s’point-là s’en est presque marrant ! Avoue s’pour ta p’tite brunette qu’tu joues au grand lord !

Alexander ne cilla pas mais ne put s’empêcher de sentir le rouge lui monter imperceptiblement aux joues, arrachant une expression complètement béate et estomaquée à son compagnon.
- Oh la vache ! Elle est trop costaud cette nana!
- Ca suffit.
- Huhu !

S’étirant largement, le brigand fit jouer ses muscles avant de balancer sa lame par-dessus son épaule et d’adresser un sourire charismatique à l’homme au manteau élimé.
- T’inquiète Boss, si t’as besoins de conseils avec les poulettes, tonton Seth est là ! Et puis j’ai quand même grave la haine contre s’gang de putes alors si tu veux t’les faire j’suis avec toi.

C’était ridicule. Un criminel recherché, dont la tête était mise à prix, qui deux secondes auparavant avait presque arraché le bras d’une jeune femme faisant la moitié de son poids lui proposait de l’aider à mettre à bas une organisation criminelle et lui se sentait ému… Combien de temps s’était-il écoulé depuis qu’il n’avait pas ressenti de simples émotions comme celle-ci ? Il fallait qu’il reprenne contenance ou il allait se retrouver à chialer comme un môme d’ici peu.
- Très bien ! J’accepte ton aide à une condition.
- Hmm ?
- Pas de morts.
- Eh ?!
- Ouais enfin pas d’innocents en tout cas. Essaie de maximiser les prisonniers parmi ceux que tu affronteras et ce sera déjà bien.
- Quand j’disais qu’elle t’avait complètement cramé l’esprit s’te meuf j’étais encore putain de loin ! Mais ok, va pour les prisonniers !
- Nous allons rétablir la Justice Seth… Et cette fois nous allons le faire de la bonne manière.
- Y’a quand même un tout p’tit détail que t’as zappé… La meuf est carrément à l’autre bout de la ville comment tu comptes t’y rendre ?
- Par les toits.

- Bien sur… Y’aura forcément un moment où on devra être au sol.

En quelques gestes, Alexander retira son manteau, le retourna et le renfila. La face interne du manteau était d’un noir profond et le col montant masquait aisément la moitié basse du visage de son porteur.
- Je peux changer de tenue en un clin d’œil. Avec mon léger changement de coiffure c’est du ni vu ni connu.
- Mwai pas con… Et un Boss ça s’promène pas sans escorte crois en mon expérience… Les gros costauds qui l’entourent ?
- C’est là que tu interviens.
- J’savais qu’ça allait m’plaire !

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TADAM ! Enfin fini, je suis trop costaud. Bon j’ai pas détaillé le plan d’Alexander dans le rp mais il est très simple ! Comme la majorité des rues doivent être sous contrôle des Barons Rouges et de leurs sbires, lui et Seth vont passer par les toits pour se rendre vers le quartier Nord (si possible sans se faire griller). Cependant ils vont se séparer à mi-chemin, Alexander va continuer vers le quartier nord à la recherche de Donna Sofia tandis que Seth prendra un autre chemin (quelconque tant qu’il se fait pas repérer) pour servir de diversion. Une fois un certain temps passé le Lion Rouge va commencer à faire un gros bordel (genre : faire sauter l’arsenal de la ville ~~) afin d’attirer un maximum l’attention des protecteurs de la Donna. Simple, efficace, et foutrement risqué. Désolé d’avoir posté un truc aussi long mais j’étais à fond x)
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MessageSujet: Re: Ton Reflet Dans Un Miroir... [CDC : Nemesis]   Lun 15 Juil - 13:48


Sa respiration était longue, était calme elle se déplaçait en silence dans les rues désertées avec une lenteur fantomatique. Sa longue robe d’un blanc épurée voletait élégamment derrière elle répandant comme une aura de bienfaisance. Certains mendiants n’avaient pu suivre le départ de la lancière d’argent, elle leur offrit la grâce de Dieu. D’un chant mélodieux, elle leur ouvrit les yeux et les guida vers la lumière, sa lumière. Se rassemblant autour d’elle, il venait grossir le rang de ses fidèles. [/i]
- Je prendrais soin de vous mieux qu’une mère ne le ferait.

- Donna Sophia !

La jeune demoiselle sortie de nulle part se présenta devant la Donna avec respect et lui souffla à l’oreille quelques mots que seule elle pouvait distinguer. Elle secoua légèrement la tête d’un air embêté et caressa la joue de la jeune danseuse comme seule réponse.

- Mes chers amis, je souhaiterais vous présenter au chef de notre aimée famille.

Le vent se leva violent et dévastateur alors que le ciel déjà noir s’assombrissait un peu plus. Une odeur nauséabonde envahie alors les rues et un grondement fit trembler les murs. Personne ne savait d’où il sortait bien qu’à vrai dire, ils semblaient tous apparaitre par magie.
Le chevalier posa sa Wyverne sur un toit. Son rugissement nauséabond se rependit dans les rues apportant courage et force à certain mais la peur à d’autres.

- Je suis Don Juan Carlos, suivez moi jusque dans les entrailles des enfers et je vous promets, richesse et bonheur dans vos vies !


A ces cotés, celle qui se présentait comme sa sous-fifre lui glissa à l’oreille

- Je suppose que tu as surveillé les toits ? Où sont mes filles ?

- Là où était enfermée la bête.

- Je compte sur toi pour t’occuper de lui.


***
Dans les ténèbres d’une sombre salle une lionne tournée en cage alors que son épaule démise la lançait violemment. Autours d’elle, les jeunes femmes s’étaient regroupées dans un coin de la salle et évité tous bruits pour ne pas déclencher la fureur de Donna Serra. Elle fulminait en faisant les cents pas. Seuls quelques mots comme « étriper », « massacrer », « éviscérer » ressortaient de son discours haineux, et personne n’osait essayer de la calmer.
Soudain, la porte qu’il les enfermait vola en éclat. La dame habillée de blanc passa l’encadrement de la porte et avec un air grave.

- Donna Sophia !

Les jeunes femmes se jetèrent sur la Donna avec soulagement alors que le regard qu’elle portait sur elles étaient colériques.

- Ils ont osé vous faire du mal… Je les détruirais tous. Tous ces hommes.

La main de la Donna se porta sur la joue de la jeune demoiselle dont la mâchoire avait été blessée.

- Je n’accepterais pas que l’on vous blesse.

- Moi non plus.

Les yeux de Donna Serra s’étrécirent de colère alors que la douleur se faisait oubliée, noyée dans sa haine. Elle bouscula même La Donna se rendant aveugle à ce qui l’entourait.

- Serra !

Mais la saltimbanque ne l’écoutait pas.

- Serra ! Tu ne les vaincras pas dans ton état. D’ailleurs tu ne les vaincras pas tout court. Nous ne sommes pas des combattantes. La violence n’est pas notre arme tu le sais pourtant.

Donna Serra s’arrêta, bien sûr qu’elle le savait. Combien de fois avait-elle dû subir la force d’un homme en ravalant sa fierté. Combien de fois avait-elle du subir les abusements avant de pouvoir ôter la vie en fourbe. Son arme n’était pas la force, mais la souplesse, la manipulation, la patience. Mais parfois, ça faisait mal d’attendre, d’attendre le bon moment quand la seule envie que l’on avait été de juste tout détruire.

- Il m’a humiliée
[colo=crimson]
- Tu as fait de même. Maintenant calme toi et attend mes ordres.[/color]
- Je ne peux pas.

Donna Serra n’acceptait pas son échec, elle n’acceptait pas qu’après tout ce temps à forger son corps, à renforcer son esprit, elle n’acceptait pas qu’il ait brisé tant d’années de travail en seulement quelques seconde. C’état trop frustrant beaucoup trop.
Donna Sophia leva son bâton et une lumière s’en échappa frappant Donna Serra de plein fouet.

- Merci ma sœur.

L’épaule était replacée, la douleur évanouie.


***
Le chevalier Wyverne repéra ses proies aisément dans la nuit. Il tourna autour d’elles comme un charognard mais n’était pas assez fou pour se jeter dans la gueule du lion seul. Un signal lumineux l’avertit alors qu’il ne serait pas seul.
Sortant des égouts, les hommes des barons rouges, dirigés par Don Capetti. Ils n’étaient pas si nombreux, une vingtaine tout au plus mais on pouvait voir dans leurs yeux une détermination divine, ils étaient guidés par la foi. Comme un seul et même corps, ils se dirigèrent vers la maison où les deux mécréants sévissaient et grimpèrent d’une main experte. Entourés, encerclés, Ils ne pouvaient plus avancer et le rugissement d’une Wyverne leur annonçait la fin de leur quête de la justice.

-------------------

Alors une vingtaine de mecs classe 1 niv 17 – 20. Un Maitre Wyverne niv 3et un bretteur classe 2 niv1
Pour les mecs ils ont les yeux blancs et semble guidé par une main divine. Ainsi, ils n’éprouvent aucune peur et leur force n’en sont que décuplées. Ils ne se rendront également pas.

Voilà ! Ce n’est pas aussi génialissime que toi mais bon !


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MessageSujet: Re: Ton Reflet Dans Un Miroir... [CDC : Nemesis]   Mar 13 Aoû - 1:31

- Ca s’annonce mal.

Lame au clair, Alexander observa leur petit comité d’accueil se mettre en place. Dans les cieux, le grondement rageur d’un gigantesque oiseau de proie provoqua un frisson d’angoisse le long de son échine. Dans son dos, une masse colossale de muscles et de sauvagerie laissa entendre son ricanement guttural.
- Huhu, mal ? Ca commence seulement à devenir vraiment intéressant Boss.
- Vous êtes cerné Monsieur Norwind.

Un rapide coup d’œil circulaire leur avait suffi pour se rendre compte de cette évidence mais Don Capetti était visiblement le genre d’homme qui prenait plaisir à annoncer sa supériorité. Rapière en main et sourire aux lèvres, le Don franchit les rangs de ses sbires avant de planter son regard dans celui de sa future victime.
- Mais quelle bonne surprise que voila. Justement vous faisiez parti de ces gens que je recherche assidument depuis quelques instants.
- Epargnez-moi vos commentaires désespérés. Vous nous avez causés bien du tord Monsieur Norwind, certains pourraient même considérer vos actions comme irréparables.

Comme pour corroborer ses dires, un rugissement éclata là-haut dans les airs aussi sourd et menaçant que le tonnerre, prémices de l’orage qui allait bientôt s’abattre.
- Mais je veux bien être bon prince. Epargnez-vous un massacre inutile et jetez vos armes. Je vous promets que vos morts seront rapides et indolores... Enfin si peu.

De victorieux, le sourire de l’épéiste se mut en un rictus des plus sadiques.
- Essayez de nous résister cependant et vous n’aurez pas assez de la lente agonie que je vous promets pour vous repentir.
- Tant de générosité. Malheureusement pour vous je crains que mon associé et moi-même soyons incroyablement têtus.
- Têtus j’sais pas, par contre ça m’démange pas mal de vous coller une bonne grosse branlée.

Et le barbare conclut sa tirade d’un doigt métallique fièrement levé à la face de ses adversaires. Une manière rustre mais efficace de faire passer le message en somme. Le Don soupira brièvement devant tant de grossièreté avant de hausser les épaules et de relever sa lame tandis que ses hommes resserraient le cercle.
- Affligeant... Tuez-les.

L’adrénaline monta, les poings d’Alexander se crispèrent sur sa lame. Derrière lui il sentit toute l’agressivité de son compagnon se libérer alors que son corps se préparait à l’assaut.
- Toujours pas envie de m’abandonner ?
- Et rater ça ? Plutôt crever.

Et ce fut le choc. Son premier adversaire se jeta tout bonnement sur lui en beuglant. Leurs lames se croisèrent un bref instant avant que la jambe du mercenaire ne fauche l’équilibre du sbire, libérant brièvement sa lame du poids de son adversaire. Il vit l’ouverture, la faille qui lui permettrait de mettre fin  à la vie de ce nuisible. Dans son dos un homme hurla.

NON !

D’un mouvement leste, il retourna sa lame et en enfonça la garde dans le cou de son adversaire, l’expédiant au tapis, toussant et ruant. A peine put-il deviner si l’homme avait survécu qu’un second le frappait par le côté. L’acier claqua contre l’acier et Alexander sentit la morsure de la lame le long de son bras. Serrant les dents il se propulsa en avant et jeta son genou contre les côtes de son assaillant. Quelque chose craqua, l’homme se plia en deux exposant sa nuque, exposant le point où frapper et le transpercer.

NON ! PLUS JAMAIS !

Une nouvelle fois il abattit sa lame et une nouvelle fois la garde frappa là où l’acier aurait dû. Une ombre se dressa sur sa gauche, un troisième assaillant chargeait. Le mercenaire se tourna vers lui mais du  reculer précipitamment alors qu’une hache sifflait à ses oreilles. D’autres approchaient malgré l’espace restreint du toit. Alexander frappa pour les repousser. Seth... Où était Seth ? Partout ce n’était qu’ennemis. Sa lame heurta quelque chose de plus mous que de l’acier et le sang gicla. Un cri tout proche lui vrilla les tympans. Ecœuré il tenta de se soustraire à ces atrocités mais l’autre n’était que légèrement blessé et le fer d’un javelot lui écorcha le cou. Il devait sortir de ce guêpier !

Pantelant, le mercenaire moulina de son arme afin de se regagner un peu d’espace mais sa contrattaque fut aisément parée, bien trop à son goût. Et cet homme qui cherchait à le transpercer de sa lame n’était-ce pas celui qu’il avait mis à terre précédemment ? Il savait qu’il aurait dû l’achever, le trancher quand il en avait l’occasion... Mais il n’avait pas pu... Il ne pouvait plus vivre ainsi.

Un violent coup de botte le frappa à l’arrière du mollet et son genou heurta la tuile du toit. Il sentit le coup suivant plus qu’il ne le vit venir, leva sa lame dans un effort désespéré pour se protéger et la violence du choc la lui arracha des mains. La douleur lui vrilla les côtes, un voile rouge obscurcit brièvement sa vision  pour lui revenir juste avant qu’une ombre ne vienne à sa rencontre. La lumière du soleil se réfléchit un instant sur le fer de l’arme qu’on abattait vers lui, masquant le visage de son bourreau. Justice de merde.

- Baisse toi !

Obéissant plus par réflexe qu’autre chose, il laissa son buste s’incliner vers l’avant. Un objet massif le survola dans un bruit de soufflerie avant de percuter ses agresseurs dans un fracas redoutable et le ciel s’éclaircit.

L’un des hommes s’écroula mortellement frappé alors qu’en un effort redoutable ponctué d’un râle guttural le Lion rouge achevait un large mouvement circulaire, obligeant deux autres des sbires à faire connaissance avec les limites du toit. Les deux victimes churent à grand cris tandis que le barbare se jetait sur l’adversaire le plus proche. Sans même chercher à parer le monstrueux morceau de métal qui lui retombait dessus, ce dernier propulsa le fer de sa lance vers la tête du brigand. Mais alors que le Lion Rouge faisait la grimace sous la perte d’un minuscule lobe d’oreille, sa hache mettait un terme à l’existence de son adversaire de façon brutale et sale. Pivotant avec aisance, le criminel acheva de dégager l’espace par un violent coup de poing ganté envoyant valser l’intrus par-dessus bord.

Ecumant de sang et de sueur, le barbare mit une demi-seconde à s’approcher de son chef toujours à moitié recroquevillé sur lui-même avant de le soulever par le col de son vêtement et de lui asséner un magistral coup de tête en plein nez. Des étincelles dansèrent devant les yeux d’Alexander alors que le sang giclait sur son visage et que la voix tonitruante de son « sbire » résonnait à ses oreilles.

- Qu’est-ce que tu glandes espèce de crétin tu cherches à nous faire crever ou quoi ?!

Complètement abasourdi, Alexander se laissa secouer comme un vulgaire sac à patates tandis que son esprit essayait de recoller les morceaux. Pourquoi étaient-ils là ? Pourquoi lui hurlait-on dessus ? Que devait-il faire ?
- Ta putain de justice j’en ai putain de rien à foutre ! Ici, maintenant, c’est tuer ou être tué tu m’entends raclure de mer...Hk !

Le temps sembla se ralentir à nouveau alors que Seth écarquillait les yeux en une grimace de souffrance. Un filet de sang dégoulina de sa bouche alors que ses yeux tombaient sur la pointe d’acier lui sortant du flanc, à quelques centimètres à peine de l’estomac. Alexander avait vu beaucoup de sang dans sa vie. En tant que mercenaire, il avait du se battre pour sa survie et pour gagner son pain. En tant que Nemesis il avait fait couler le sang à maintes reprises de façon justifiée ou non. Mais jamais aucun sang n’avait semblé aussi sombre et terrifiant que celui du Lion Rouge en cet instant. Dans le dos du colosse, l’un de leurs adversaires haletait, visiblement presque aussi surpris que sa victime d’avoir réussi à le frapper. Ses yeux croisèrent l’or du Nemesis, ils étaient d’un blanc hypnotique...

La poigne du Lion Rouge se fit plus faible et il finit par relâcher le manteau d’Alexander. Mais bien loin de s’effondrer, le criminel fit brusquement volte-face, l’épée toujours fichée dans son torse et, ignorant le flot de sang qui s’écoulait de la blessure, s’empara de la gorge de son assassin avant de le soulever largement au dessus du sol. L’homme suffoquait visiblement mais ses efforts pour se libérer étaient mécaniques, bien différents des réflexes de survie d’un homme normal...

- Tuer... Ou être tué...

Le berserker serra plus violemment et sa proie mourut en un craquement sinistre.
- Et aujourd’hui ne sera pas mon heure...

Autour d’eux le cercle temporairement brisé se reformait lentement. Les assaillants étaient moins nombreux mais visiblement toujours déterminés à les achever. Seth fit un pas, puis un deuxième avant que quelques hommes ne se décident à reprendre le combat. Le gant du barbare frappa, para, frappa de nouveau avant que sa garde ne soit franchie. Son adversaire resta cependant ébahi quelques instants lorsque ses yeux blancs se posèrent sur les moignons qu’étaient devenus ses bras. Son regard se releva, s’arrêta sur les yeux jaunes et les crocs découverts, puis une lame d’acier lui brisa le crâne. En quelques moulinets, Alexander retrouva l’espace qu’ils avaient perdus, la lame ayant blessé Seth en main et la colère au fond de ses yeux dorés.
- Ah... Content de te revoir en forme Boss...

Se tenant le flanc, le barbare posa un regard fiévreux et sanguinaire sur le mercenaire.
- Tu avais raison Seth. Aujourd’hui, pour toi comme pour moi, c’est tuer ou être tué.
- J’ai toujours raison connard.

Le rire gras du barbare résonna de nouveau alors que les deux partenaires présentaient désormais leurs dos à l’abîme, faisant face aux survivants de Don Capelli. Il lui avait fallu un certain temps pour comprendre, pour se réveiller. Dans cette situation il leur fallait vaincre ceux qui se présentaient devant eux jusqu’au dernier. Pour pouvoir survivre, pour pouvoir reprendre leur quête de justice, pour pouvoir retrouver Lavinia... Tout passait uniquement par le résultat de ce combat. Que Capelli survive ou meurt aujourd’hui n’aurait aucune conséquence tant qu’il était vaincu.
- Je suis désolé que tu aies du souffrir comme ça par ma faute... mais j’aurais encore une faveur à te demander.
- Qu’est-ce que vous attendez bande de minables ils ne sont que deux, abattez-les !
- Hehe ça c’est rien, j’ai survécu à pire... Ca va juste mettre plus de temps à... nn... Arrêter de saigner. Tu veux quoi...
- Buter ce salopard.
- Accordé... T’façon je m’bats mieux seul tu le sais bien.
- A trois ?
- Trois !!!

Et alors que leurs adversaires s’approchaient de nouveau, le Lion Rouge bondit. Qu’importait sa douleur, qu’importait le sang marquant son corps, il n’était plus qu’une bête avide de mort et de souffrance. Sa main se referma sur le manche de sa hache juste avant qu’il ne frappe l’adversaire le plus proche. Sans attendre que le corps sans vie retombe, sa poigne de métal s’empara de l’homme suivant.
- Boss !!!!

Et son bras se détendit d’un seul coup, propulsant sa malheureuse victime droit sur les derniers remparts protégeant la cible de son compagnon. Fondant comme un aigle sur sa proie, Alexander s’engouffra dans la brèche ainsi créée et sa lame heurta enfin la rapière du Don.
- Misérable insecte ! Croyez-vous vraiment pouvoir...

Il ne le croyait pas, il en était sur. Sans lui laisser le temps d’achever sa phrase, le mercenaire se propulsa de tout son poids contre son adversaire et l’entraina dans sa chute alors que les deux hommes basculaient dans le vide.
__________________________________________________________________________________________________

Ayai fini. Je n’ai pas fais intervenir le chevalier wyvern car j’ai considéré qu’il ne plongerait pas s’il y avait encore trop de sbires sur le toit (mais je me suis peut-être gouré XD). Seth est toujours sur le toit à se taper contre les sbire malgré sa blessure et Alexander vient de choir avec Capetti . Bonne lecture/écriture ^^
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MessageSujet: Re: Ton Reflet Dans Un Miroir... [CDC : Nemesis]   Sam 19 Oct - 18:02


Elle marchait dans la nuit noire à peine éclairée les lumières des flammes qui se reflétaient dans sa pupille en lui donnant un air dément. Donna Serra avançait droite et effrayante sachant intérieurement qu’elle courrait à sa perte, sachant intérieurement que son combat était vain. Mais son corps avait été meurtri, son orgueil blessé. Guidée par la rage plus que par la raison, la jeune femme continuait sa marche sachant pertinemment que rien d’autre que la mort ne l’attendait. On ne l’attendrait pas, on ne la sauverait pas. Donna Sophia lui avait fait comprendre. Lorsque le combat prendrait fin, il n’y aurait plus personne elle partait déjà avec les siens, avec ses sœurs, avec ses fils et laissait les pères, laissait les mâles se battre. Car c’est ainsi que ce devait être. Les mâles se sacrifiaient pour que femmes et enfants prennent la fuite. Ou du moins c’est comme ça que ça aurait toujours dû être.
Un frisson glacé lui descendit le long de l’échine alors qu’elle apercevait au loin les clameurs du combat et du sang. La wyverne piquait de toute sa hauteur sur les toits faisant fit des alliés de fortune d’une nuit. Tout ce qui comptait était la mort de ces hommes maintenant. La mort de cet homme qui avait osé l’humilier.


***

Don Capetti se relevait avec difficulté alors que sa tête saignante le lançait violemment. Il avait chuté d’une bonne hauteur mais il n’avait rien de bien grave. Son adversaire ne pouvait pas en dire autant. Le petit arrogant avait heurté le sol en second mais son genou en sang et sa difficulté évidente à se relever montrait une faiblesse dans la jambe.

- Alors on joue, on joue mais on finit par se brûler petit.

Capetti s’approcha d’Alexander et prit son visage entre deux doigts pour bien regarder son visage avant de frapper du pommeau de son épée avec force, lui brisant la pommette.

- Oh désolé… j’ai abimé ta petite gueule d’amour…

Capetti avait toujours détesté les hommes beaux n’étant lui-même pas des plus charmants. Il n’avait jamais vraiment compris pourquoi donna avait voulu de lui en tant que Don alors qu’elle était belle, puissante et riche. Il souleva à nouveau l’épéiste et lui asséna un nouveau coup alors qu’en même temps, un corps venu du toit venait s’écraser à leur coté. Le Lion Rouge faisait des siennes et Don Juan Carlos n’osait pas encore intervenir. Mais un signe de Capetti le décida.

- Ton ami a beau avoir la force d’un lion, il ne vaincra jamais un dragon. J’espère que tu n’appréciais pas trop ce chien ! M’enfin tu mourras avant lui.

L’épéiste leva son  épée enfin prêt a trancher la gorge de son adversaire. Il ne ferait pas dans le détail ni dans la douceur. Un coup, un seul, précis et sans fioriture.

-Crève connard !


***

Don Juan Carlos plongea sur son adversaire la moindre hésitation sachant que Capetti était hors de danger. La bête plus imposante qu’à la normal hurla en crachant son souffle putride et chaque pion de Donna Sophia se jeta d’un même bond sur la proie pour l’immobiliser. Le tranchant de sa lame en repoussa quelques uns mais les serres de la bête se refermèrent tout de même sur sa chair alors qu’elle s’envolait en le gardant entre ses griffes.

- Une petite chute t’aidera à te remettre les idées en place mon mignon !

Seule sur le toit se tenait Donna Serra dont les yeux étaient posé sur le Lion. Son pied était sur son épée et d’un coup négligent, elle la jeta au sol. Elle ne le tuerait peut être pas de ses mains mais elle assisterait à sa mort.


***

Donna Sophia avançait dans les rues en Ruine de la ville de Dagran. Ses sœurs à sa suite pressaient le pas derrière elle. Regardant à droite à gauche sans savoir ce qui se passait réellement.

- Donna Sophia… Ou se trouve Donna Serra ?

- Elle est morte. Elle est morte pour couvrir notre fuite alors marchez mes sœurs pour que son sacrifice ne soit pas vain.


D’un pas rapide, Les jeunes femmes traversèrent les terres des mercenaires certains tentèrent de les arrêter mais à peine croisaient-ils le regard de Donna Sophia ou de l’une de ses danseuses, qu’ils s’arrêtaient et venaient grossir les rangs. Elle se rendit à leurs écuries et prit les chevaux. Lavinia avait pris la direction du Nord, elles prendraient celle du Sud. Là bas deux grandes villes s’offraient à elle. Il serait plus aisé de s’y cacher.

- Prenez les chevaux et partez dans des directions différentes. Dans 5 jours, nous nous retrouverons mes sœurs. Maintenant partez !

- Et les Dons, Ma Donna ?

- Ils sont morts, pour nous permettre de nous enfuir.

Elles se contentèrent de cette explication et prirent les chevaux les unes après les autres. Une fois toutes dispersées, Donna Sophia jeta un dernier regard en arrière alors qu’elle levait son bâton et disparaissait.


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MessageSujet: Re: Ton Reflet Dans Un Miroir... [CDC : Nemesis]   Ven 15 Nov - 10:58

Le rugissement de la wyvern fondant sur sa proie lui vrilla les tympans. Un instant, la blessure de Seth lui revint en mémoire. Il avait confiance en la force de son serviteur. Le brigand avait survécu à bien pire comme affrontement mais celui dans lequel ils étaient engagés n’avait rien de comparable à leurs précédentes épreuves. Et si Seth tombait, alors lui-même n’avait que peu de chances de s’en tirer.

Le coup à l’arcade résonna brutalement dans son esprit, noyant les injures du Don sous un vacarme assourdissant. Sa jambe ne le soutenait plus. Il ne s’en rendit compte que lorsque son corps s’écrasa dans la poussière. Son épaule avait heurté une pierre relativement pointue ajoutant à sa douleur. Et l’autre salopard qui le rossait en gueulant. Quelque part dans les méandres du combat il entendit l’acier de sa lame ricocher contre le sol, surement hors de portée. Prenant appui sur ses coudes il tenta de se relever mais un nouveau coup de pied le renvoya à la poussière du sol en crachant. Quel être pitoyable il faisait. A peine capable de s’agripper à une épée… Trop faible pour achever ses adversaires… Pas même capable de retenir la femme qu’il aimait. Se vanter, c’est tout ce qu’il avait fait pendant tout ce temps. Se vanter qu’il était plus qu’il n’y paraissait. Sa force n’était pas, sa soi-disante soif de justice n’avait été qu’une fanfaronnade de trop. Et il allait mourir ici, tué au sol comme un chien par un homme qui n’avait réellement de Don que le titre.

Les coups avaient cessés de pleuvoir, le laissant amorphe et inerte. Du bout de la botte son adversaire le retourna sur le dos, sans doute pour mieux contempler sa souffrance. Alexander sentit le sang se bloquer dans sa gorge sans pour autant pouvoir l’en dégager. Trop faible même pour tousser.

- Ton ami a beau avoir la force d’un lion, il ne vaincra jamais un dragon. J’espère que tu n’appréciais pas trop ce chien ! M’enfin tu mourras avant lui.

Une ombre obstrua brièvement la lumière du jour alors qu’un homme de plus chutait sous la puissance du fauve libéré sur le toit du bâtiment. Le lion était fort… Il parviendrait surement à s’en sortir… Il s’en sortait toujours…

Il crut que sa vie allait défiler devant ses yeux lorsque le Don leva sa lame mais trois images seulement lui vinrent en tête. La première était celle d’un homme vêtu de rouge et aux cheveux blancs. Il était de dos et sa puissance était telle qu’elle empêcha le mercenaire de sombrer dans l’inconscience. Les griffes de sa main mutées s’enfoncèrent si profondément dans sa paume qu’il en cria, dégageant le sang encombrant ses bronches. Une haine sombre l’habitait. Il ressentait envers cet homme bien plus de colère et de mépris qu’il ne l’imaginait… Et mourir ici... Mourir sans même s’être battu lui devenait intolérable.

La deuxième image fut celle d’un lion à la robe de flamme. La bête combattait mais sa blessure au ventre s’élargissait de seconde en seconde répandant ses entrailles au vu et su de tous. Une rage de vaincre venue de nulle part consuma le Beorc alors qu’un froid glacial s’emparait de son bras. La lame du Don plongea vers sa gorge !

Et enfin… La troisième représentait une femme. Farouche, inatteignable, inaccessible… La représentation même de son désir.


KHAL !!!

***

La chose essaya de lui résister un bref instant mais au même titre qu’on n’arrête pas un rhinocéros en pleine charge, personne ne pouvait bloquer un coup de poing aussi magistral. Le gantelet percuta la joue du sbire de plein fouet. Seth sentit vaguement quelque chose passer de l’état solide à l’état poudreux avant que la créature ne franchisse les limites du toit en un vol plané pour le moins gracieux. Poursuivant son mouvement pour pivoter, le Lion rouge resserra sa poigne sur le manche de son arme et d’une seule main balança le titanesque morceau de métal dans la masse d’ennemis la plus proche. Une lame lui déchira l’épaule alors que sa hache réduisait en bouillie l’impudent. D’autres se précipitèrent à sa rencontre forçant le barbare à battre prudemment en retraite.

L’écume aux lèvres, le regard fou, ignorant du flot maintenant constant de sang qui dégoulinait de ses blessures, le Lion Rouge observa les pantins l’encercler lentement. Il respirait de plus en plus mal malgré la demande insistante de ses poumons. Chaque mouvement, chaque inspiration lui perçait le flanc d’une nouvelle brûlure, affaiblissait la vitesse et la force de ses coups. Il avait même l’impression que les marionnettes commençaient à encaisser ses attaques les moins puissantes. Ses ennemis n’étaient plus très nombreux mais le rapport de force s’inversait lentement.

Le cercle se resserra de nouveau sans pour autant faire mine de passer à l’action. L’attente l’exaspérait !

- Alors quoi ! Z’avez perdu vos burnes ? Faut que j’vienne vous chercher moi-même c’est ça !

A sa gueulante répondit un rugissement tonitruant.
- Et putain…

Il pivota par instinct afin d’exposer sa hache aux crocs, aux serres, à la masse monstrueuse qui plongeait désormais vers lui. Bandant les muscles il la défia du regard alors que les pantins lui sautaient dessus, cherchant à l’immobiliser. Le capturer ? Lui ? Il en riait. On ne domptait pas un animal aussi sauvage !

D’un mouvement de son épaule blessé il dégagea l’imbécile qui lui maintenait le bras sans pour autant lui infliger grand mal. Son poing libre s’abattit brutalement sur le crâne de celui dont l’étreinte lui enserrait la taille. Le bougre refusa de lâcher. Il le frappa encore, la prise faiblit, la bête s’approchait. Son poing s’écrasa frénétiquement, maculant ses phalanges du sang de l’inconnu. Il allait frapper encore lorsqu’on l’enserra à nouveau dans une entrave. Ses yeux rouges plongèrent dans l’or de ceux du lézard !

- Bordel !

Le choc fut d’une brutalité rare. Le passage du monstre arracha la plus grande partie du toit. Seth voulut reprendre son souffle coupé mais un étau d’écailles l’enserrait. Il ne sentait plus son bras, écrasé dans son propre gantelet. Tant mieux, il aurait tout le temps de supporter la douleur plus tard. Un vent chaud chargé des miasmes du monstre le fouetta tandis qu’ils montaient dans le ciel. Il en profita pour regonfler ses poumons avant de vomir sang et bile comme un sale clébard galleux. Son autre bras pendouillait à l’air libre mais sans sa hache. Il avait été le seul emporté par la créature, les autres devaient être morts.

Le sol s’éloignait beaucoup trop vite à son goût. La nausée ne le lâchait plus et certains de ses os semblaient se mouvoir de leur plein gré au sein de son corps. Cela faisait deux fois que ces raclures l’humiliaient… Ils l’avaient d’abord réduits en esclavage et maintenant ça. Son bras libre se leva en un poing vengeur malgré les protestations de ses articulations. Gueuler… Brailler sa colère et sa fierté c’était tout ce qu’il lui restait !

- Vous croyez qu’vous pouvez me mâter ! Un troupeau d’charognards qui s’en prend à un lion vous m’faites pisser d’rire ! Me tuer ha ! La mort j’la baise et ça m’éclate ! Tu peux m’balancer pour m’écraser fils de pute mais t’as pas intérêt à t’louper ! J’te r’trouverai tu m’entends ! J’te…

Un nouvel accès de toux le prit alors que les serres de la bête se resserraient autour de lui. Le sang emplit sa bouche tandis qu’un frisson glacial parcourait son échine. Son bras retomba mollement alors que sa vision se troublait. Cette mort avec laquelle il avait tant dansé venait le chercher et il trouvait ça très désagréable. Sa tête bascula, son regard plongeant dans le spectacle aérien que lui offrait son bourreau. Un paysage moche dans lequel se débattaient des fourmis qui ne voulaient pas se laisser écraser… Et un bout de métal ?

Il lui fallut deux battements d’ailes supplémentaires pour réaliser ce qui se présentait à lui. Le pan d’écailles de métal qui protégeait ses jambes avait dû être déchiré par les griffes du prédateur. Et maintenant un lambeau auquel étaient restées fixées quelques plaques claquait là… A quelques mètres de lui.

- Putain d’lézard… T’vas voir ta… *kof*… gueule…

Il n’avait que peu de temps. Dans son état il serait incapable d’encaisser une telle chute. Tendre le bras lui fit tourner la tête et aggrava la blessure de son épaule. Ses muscles s’étirèrent à s’en déchirer. Des vertiges et des nausées le frappaient à tour de rôle mais il avait foi en son corps. Foi en sa chance infernale, foi en ces muscles qu’il avait passé des années à entrainer, à perfectionner… Personne ne le vaincrait plus jamais il en avait fait la promesse. En un soubresaut rageur le Lion Rouge s’étendit au maximum et referma sa main empoissée de sang sur l’acier d’une écaille.

Il avait personnellement veillé à la création de cette armure. Les plaques en étaient souples mais résistantes afin de dévier flèches et lames en direction des jambes. Elles avaient une forme arrondie sur le dessus afin qu’un genou puisse s’y caler pour décocher des coups renforcés tandis que les bords et la pointe en étaient acérés afin que personne ne puisse s’y agripper. Un sourire fou traversa sa barbe lorsque l’acier lui entama l’intérieur de la main. Tirant pour arracher la plaque de l’ensemble, il sentit que le reste du lambeau devait être collé près de sa jambe. Rien à foutre !

La plaque lui resta en main alors que d’une traction finale il s’écorchait cruellement la cuisse.

- Et maintenant… Il leva le poing aussi haut que possible. Lâche-moi saloperie !

L’acier ricocha sans mal sur la patte blindée libérant une gerbe d’étincelles mais il en fallait plus pour anéantir la rage renouvelée du brigand.
- Lâche-moi ! Lâche-moi ! Lâche-moi !...

Chaque fois qu’il frappait il braillait. Et chaque fois qu’il braillait il frappait. La fatigue l’abrutissait, lui faisait oublier l’état de son corps. Il n’avait pas de limites, il était blessé et rien n’était plus dangereux qu’un fauve aux abois.
- Lâche-moi putainnn ! Ha !...... Lâche-moi !!!!

Le énième coup fut le bon. A force de s’acharner une écaille s’était décalée laissant un interstice mince mais vulnérable. L’acier se planta sous le regard fou et épuisé du brigand. Une goutte de sang sombre perla et un grondement sourd monta de son geôlier volant.
- T’aimes pas ça hein… Ca fait que commencer bwahaha !!

Et lui de reprendre ses assauts cinglés. Le deuxième coup creusa la chair et au bout du troisième, Seth sentit son arme improvisée s’enfoncer profondément dans la patte. La bête grogna et s’ébroua mais il s’accrocha.
- Dernière chance ensuite j’te coupe ton putain de doigt salope!Lâche-m…ouaaah !

L’espace d’un battement de cil il crut qu’il allait vraiment tomber mais sa ténacité le sauva et le morceau d’acier auquel il était agrippé resta fiché dans la patte de sa compagne de jeu. C’était le seul point positif de sa situation. La bête se secouait afin de se débarrasser de ce poids mort et la brutale libération de son étreinte libérait également les os brisés, le bras écrasé et tout un tas d’autres blessures. L’adrénaline le maintenait éveillé mais pour combien de temps !

Son autre bras lui répondait à peine aussi s’aida-t-il de ses jambes pour enserrer la patte adverse. Si Michelle deuxième du nom voulait user de ses autres membres elle devrait se blesser sérieusement.

- La p’tite bête qui monte…

Il escaladait lentement mais surement malgré les acrobaties toujours plus violentes et les rugissements de fureur, les ailes qui le fouettaient et ses blessures. Toujours plus haut vers son objectif qu’il ne lâchait pas du regard : la sangle de la selle. Il était trop faible pour monter sur le dos du monstre sans tomber et trop blessé pour tomber… Autant faire tomber l’autre alors !
- T’vas voir ta gueule… T’vas voir ta putain d’gueule…

Une griffe l’écorcha cruellement au dos. Il gueula… Il y était presque ! La bête effectua un tonneau tandis que ses dernières forces l’abandonnaient. La patte lui échappa, le monde tournoya et son instinct lui fit lancer le poing. Une traction le retint de justesse avant la chute infernale. Son poing ganté venait de se bloquer entre la sangle et le ventre tendre. Son rire hystérique  se perdit dans le rugissement de fureur de la bête alors qu’il assenait coup sur coup à la lanière de cuir. L’objet était résistant mais même blessé le Lion Rouge conservait une force certaine.

La bête multipliait les tentatives mais les écailles du ventre et la lanière bloquaient fermement le gantelet. Et bientôt, l’acier tranchant eu raison de son objectif.

- Putain s’qu’elle monte s’te bestiole !

La lanière claqua brutalement et commença à glisser. L’attrapant au vol, le barbare sentit le poids du matériel au-dessus faire son petit effet levier. Il avait lâché la plaque de métal mais remontait. Ses côtes et son dos s’écorchèrent sur les écailles de la bête alors qu’il prenait de la vitesse avant qu’il ne s’arrête sur le dos de son taxi de fortune, toujours hilare. Son poing encore valable s’ouvrit et laissa filer la selle dans le vide.

Sans perdre de temps et malgré le sang qui rendait les écailles glissantes, il se releva. Chacun de ses muscles le faisait souffrir et il avait perdu beaucoup de sang.

- J’vais peut-être crever ici gamin mais putain tu vas la sentir passer ta branlée!

***

Les Ténèbres… Rafraichissantes et brûlantes à la fois. Un océan d’incertitude qui l’englobait tout entier, un monde qu’il commençait désormais à connaître. Il refusait de l’avouer mais il était heureux de s’y trouver plongé de nouveau. Mettre ainsi sa vie en péril à chaque sortilège était devenu une partie de lui. Il avait l’impression de retrouver un bras dont on l’aurait amputé, délicieuse et cruelle sensation. Il avait eu tort en songeant pouvoir se passer de ce pouvoir. Fuir un allié aussi dangereux était dans la nature humaine mais était-il encore vraiment humain ? Ses objectifs étaient-ils atteignables dans cette simple condition humaine… Alexander seul ne pouvait poursuivre ce chemin mais le Nemesis, lui…
- Vous avez commis une grave erreur en me sous-estimant de la sorte Don Capetti.

Emergeant des Ténèbres à bonne distance du bretteur il le toisa de son regard d’or avec tout le mépris qu’il pouvait éprouver. Cet insecte n’était rien par rapport à son objectif et s’il ne pouvait terrasser un aussi pitoyable adversaire, qui était-il pour espérer vaincre une légende ? Un rugissement de fureur éclata dans les cieux et le Nemesis sourit.
- Au même titre que vous sous-estimez le Lion Rouge. Ni vous, ni votre lézard, ni même cette charmante Sophia que vous protégez avec tant d’ardeur ne pouvez nous arrêter.

La suffisance qu’il affichait contrastait effroyablement avec l’état déplorable dans lequel il se trouvait mais pour rien au monde il n’aurait cessé d’entretenir cet air courroucé sur le visage du Don. D’un geste grandiloquent, le mage noir chassa de son bras d’humain le sang qui lui dégoulinait dans les yeux. Les runes dansaient sur sa main gauche et le froid familier qui en parcourait toute la longueur lui procurait autant de réconfort qu’il allait inspirer de terreur à son adversaire.
- Nous pouvons reprendre. Par la présente, Don Capetti membre éminent des Barons Rouges je vous condamne à être capturé et jugé pour les crimes de votre organisation.

Arthanel jaillit de nulle part, son contact glacial réchauffant étrangement le cœur du Nemesis. Alexander et lui ne faisaient plus qu’un désormais et en cela résidait leur force. L’humain devait accepter les Ténèbres et ces dernières accepteraient l’humain. Une alliance improbable donc redoutable :
- Vous pouvez vous rendre et mettre fin à ce combat inutile ou m’affronter et éventuellement périr.

Le mage se mit en garde. Son corps était peut-être blessé mais son esprit était plus vif que jamais et ses pouvoirs porteraient son enveloppe vers la victoire. Sa lame se leva en un geste répété des milliers de fois.
- Je crains malheureusement de déjà connaître votre réponse.

Son sourire carnassier contrastait étonnamment avec le noir profond de sa lame.
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MessageSujet: Re: Ton Reflet Dans Un Miroir... [CDC : Nemesis]   Mer 22 Jan - 22:56


D’une poigne de fer, le cavalier maintenait sa monture dont la douleur la taraudait avec force. Elle se débattait, elle rugissait pourtant elle se tenait toujours sous la maitrise de son maitre. Mais celui-ci ne pouvait rien faire. Les pieds et mains liées tant que le lion rouge était hors de porté de la pointe de sa lance. Il tenta de le décrocher, rasant les toits pour le décrocher, vrillant en tout sens pour le déstabilisait mais l’animal s’accrochait tel une tique insupportable.
Soudain, le cavalier se sentit basculer, la selle sous lui se dérobant sous son poids dans un virage un peu trop serré. Se raccrochant au cuir des rênes entre ses mains. La bête geint alors que le mors dans sa gueule tirait l’obligeant à entreprendre un nouveau virage. La bête s’inclina faisant prendre un peu de hauteur au lion rouge alors que le cavalier rasait les toits de ses bottes. La wyverne ne savait plus que faire… Elle ne pouvait se débattre de risque de désarçonner son cavalier mais le lion rouge était désormais en position de force.

- Tyran… je te fais confiance.

L’animal fixa son regard sur son maitre qui lâcha les rênes lui rendant la liberté de ses mouvements. Sans perdre une seconde, la bête entama une figure des plus impressionnantes, alors qu’il se retournait, montant d’abord en pique pour lentement se retourner. Seth s’accrocha de toutes ses forces à son morceau d’acier alors que ses jambes glissaient sur le sang pour se retrouver dans le vide. Le regard du lézard se posa sur son maitre qui avait atterri sur un toit plus bas. Son pied s’était un peu enfoncé dans les tuiles mais il ne semblait pas blessé. La bête rassurée entama alors une descente en pique, alors qu’elle tournoyait sur elle-même.
Le lancier se préparait à frapper. Si le lion ne se décrochait pas de lui-même dans ce tumulte, il serait une cible trop facile pour sa lance.

***
Une nouvelle peur s’empara du Don alors que l’homme face à lui reprenait des forces à vu d’œil. Ou plutôt que des forces… il semblait être mu par une nouvelle détermination.

- Vous pouvez vous rendre et mettre fin à ce combat inutile ou m’affronter et éventuellement périr.

Une détermination effrayante, affolante. Le Don se surprit à faire un pas en arrière.

- Je crains malheureusement de déjà connaître votre réponse.

L’épéiste avait raison, malgré la crainte qu’il lui inspirait, le Don ne se laisserait pas capturer sans combattre. Mais il prendrait le conseil qui lui avait été donné, il ne le sous-estimerait pas, il mettrait tout en œuvre pour s’assurer la victoire.

- Fini de s’amuser le monstre. Nous allons mettre fin à ta vie.

Le Don ferma les yeux le temps d’une seconde alors que quand il les rouvrit, une lumière aveuglante éclata à partir de sa lame et lorsque les ténèbres reprirent leur droit, il n’était plus seul. Mais ils étaient trois.

- Nous allons mettre fin à tes desseins !

Les trois voix s’élevèrent à l’unisson alors qu’ils fondaient d’un même mouvement vers leur proie. Le Nemesis esquiva aisément les attaques frontales cependant, les lames de deux d’entre eux entaillèrent légèrement sa chair. Pour des illusions, ils étaient bien tangibles.


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MessageSujet: Re: Ton Reflet Dans Un Miroir... [CDC : Nemesis]   Mar 4 Mar - 12:28

Le mouvement n’était pas élaboré. Il était vif certes, terriblement précis et dangereux également mais l’attaque en elle-même était simple. Dans un duel à forces égales, Alexander l’aurait repoussée d’un puissant mouvement latéral. Son ascendant psychologique sur l’adversaire lui aurait permis de forcer son passage au travers de la garde du bretteur. Le duel éreintant qu’ils se livraient se serait achevé sur une formalité : quelques frappes brutes alliées à une passe sournoise et le sang du Don aurait abreuvé la terre. Non l’attaque n’était pas difficile à esquiver… Elle était simplement multiple.

Dans un élan à la synchronisation diabolique, les clones se jetèrent sur lui zébrant l’air de leurs lames à l’éclat étincelant. Ignorant la douleur de ses côtes, le mage noir encaissa la première attaque sans broncher, l’acier noir glissant souplement sous l’épée de son adversaire. Un pas en avant et le Nemesis se trouva face au regard furieux du baron rouge. Il l’aurait pourfendu sans le moindre remord, après tout c’était de ce corps initial qu’était apparus les deux clones. Mais quelque chose manquait qu’il ne parvint à identifier qu’après s’être retiré, à l’instant où les crocs d’aciers des miroirs du Don éraflaient sa chair. Les doubles n’émettaient aucune onde magique. Seuls les sens de combattant d’Alexander lui avaient permis d’identifier la menace de leurs lames, aussi réelles que l’était celle du Don original. S’ils s’agissaient de simples images miroirs ou même de doubles extrêmement réalistes, le Nemesis aurait du pouvoir les localiser à chaque instant ! La lumière qu’avait émise la lame de Capetti n’avait-elle été qu’un simple effet pyrotechnique ? Se battait-il en réalité contre des triplés à la technique redoutable ? Ou était-ce pire encore ?

Sans un mot, les quatre combattants se remirent en position. Sa découverte perturbait le mage noir mais le laisser paraître par un commentaire déplacé ou une fanfaronnade stupide pouvait changer l’état d’esprit dans lequel le Don se trouvait. Qu’importe que les trois soient réels, l’un d’eux était aux abois et face à un adversaire supérieur en nombre c’est par la ruse et la stratégie qu’il l’emporterait. Les trois Beorcs l’encerclèrent dans une formation parfaite tandis que sans un mot, Alexander dissipait son épée noire. Une épée ne lui servirait à rien dans cette situation. D’un commun accord les triplés lui fondirent dessus, lames en avant, alors que le mage noir invoquait sa lance d’ébène. Belzébuth cingla les airs en un tourbillon fatal. La parade était aussi facile à prévoir mais les Barons Rouges n’avaient jamais pu assister à cette façon de combattre du Nemesis et l’un d’eux, trop téméraire, sentit le fer glacé lui écorcher la poitrine tandis que les deux autres bondissaient vers l’arrière. Rugissant, le Nemesis poussa son avantage, propulsant la lance vers l’estomac du blessé. Celui-ci esquiva sur le côté au prix d’une brèche dans leur formation que leur adversaire utilisa.

- Khal !

Et lorsque les Barons Rouges posèrent enfin le regard sur l’endroit où était censé se trouver leur ennemi, seules les ténèbres de la ruelle les accueillirent.

***

Si son estomac avait contenu plus que la pauvre pomme qu’il avait croquée auparavant, il aurait très certainement repeint le ciel et ses alentours en un magnifique feu d’artifice brun. Accroché de toutes ses maigres forces au gigantesque corps de celle qu’il avait affectueusement renommée Michelle deuxième du nom, le Lion Rouge subissait les effets désastreux de la force centrifuge appliquée à un corps disloqué… Et ça faisait un mal de chien. Le monde tournoyait autour de lui comme au sein de son crâne. Le mouvement de l’immense lézard lui avait fait perdre tous ses repères. Plus de haut ni de bas, seulement la douleur et la rage et cette unique sensation de glisser. Millimètre par millimètre, son morceau d’acier lui entaillait cruellement les doigts, rendu dérapant par le sang qui le recouvrait peu à peu. Seth voulut hurler, rassembler ses forces dans ce maigre cri de guerre mais le simple fait d’ouvrir la bouche le secoua d’une onde de douleur suffisante pour lui faire lâcher deux doigts. C’était la fin. Il savait que s’il lâchait, il serait à la merci du gigantesque prédateur qu’il affrontait. Ouvrant les yeux malgré le vent et les larmes qui l’aveuglaient, le Lion Rouge chercha une issue, une solution désespérée. Et c’est là que clair comme de l’eau de roche il le vit. Le cavalier sans monture campé sur son toit et prêt à l’accueillir. La vision ne dura qu’une fraction de seconde alors que le mouvement tourbillonnant poursuivait son cours. Ce n’était pas le dragon qui voulait le tuer… Seul un humain pouvait être rancunier au point de vouloir personnellement accomplir sa vengeance. Et cet accès d’orgueil démesuré était sa solution. Une solution idiote et suicidaire mais une solution quand même.

La douleur et la vitesse l’empêchèrent de calculer correctement son coup mais peu importe, il avait toujours été très mauvais en calcul. Lorsqu’il lui sembla que le tourbillon de sensations qui le martyrisait adoptait enfin la bonne conformation il sauta. Ou plutôt il lâcha, certainement plus tôt que ce que la bête avait dû prévoir car à travers le rugissement du vent à ses oreilles  il crut percevoir le grondement de surprise de la bête. Puis le monde redevint silencieux. Pendant une brève seconde, le Lion Rouge plana le visage tourné vers le ciel et le soleil. Un sourire crétin envahit son visage rude. Il allait probablement mourir mais il le ferait comme il l’avait toujours voulu : au combat en faisant un truc complètement stupide.

La force centrifuge qui lui avait été appliquée reprit brutalement ses droits alors qu’il fonçait tel un boulet de canon vers le sol. Le souffle du passage du monstre dans son dos amplifia sa vitesse alors qu’il tentait de se positionner pour foncer vers le pécore en armure qui l’attendait, son cure-dent fièrement dressé. J’arrive connard !

Le vent hurlait à ses oreilles, il déviait trop sur la droite. S’il heurtait un mur à cette vitesse ce serait terminé. Mais l’autre pétait plus haut que son cul et dans un bref élan, le cavalier déchu se dressa sur son chemin abaissant sa lance dans un axe parfait, prêt à embrocher sa proie.

*Aussi crétin que moi…*

Ca allait être brutal. Balançant son bras écrasé dans son gantelet devant lui, le Lion Rouge s’en servit comme une sorte de bouclier, tentant de préserver son autre bras au maximum. Le cavalier resta droit et fort… Avant de constater que le projectile n’avait aucune autre stratégie que de celle de le percuter avec le plus de force possible. Les Barons Rouges étaient forts. Leurs Dons étaient de formidables combattants et leurs Donnas des manipulatrices hors pairs doublées de tacticiennes de génie. Leurs formations au combat et leurs stratégies les préparaient à tout… Mais tout cela n’était que pure logique et la logique n’était pas familière au Lion Rouge.

Le doute soudain réduit légèrement la poigne qu’exerçait le Don sur sa lance et, bien que son attaque resta droite et fière, le fer de l’arme n’ôta point la vie du barbare lorsque ce dernier percuta violemment son adversaire. La lame perça à travers le métal du gantelet, déchirant la chair du bras. Seth sentit quelque chose craquer mais l’adrénaline inhibait la douleur. L’éclair d’acier le perfora, jaillissant à travers l’épaule caparaçonnée, déviée par la protection impromptue et l’instant de faiblesse du cavalier. Juste avant que son crâne ne percute le nez du Don, Seth perçut un craquement sinistre puis ce fut le noir.


***


Les triplés se rassemblèrent dos à dos afin de ne laisser aucun angle mort. Crispés sur leurs armes, tendus par la pression que leur infligeait les rugissements de Tyran lors de son propre combat. Mais ce qui les inquiétait plus que tout c’était l’absence totale de leur adversaire. Il pouvait surgir de n’importe où, cette capacité à se téléporter où bon lui semblait était un véritable avantage. En réalité il ne pouvait pas réellement apparaître n’importe où mais cela, le Don aux trois visages ne pouvait le savoir. S’extirpant de l’ombre d’une cheminée massive, la bête accrocha les tuiles du toit de ses serres acérées. Rampant avec la souplesse que l’on attribue trop facilement aux créatures de cauchemar, la bête s’avança sur le rebord du bâtiment. Aplatie comme elle l’était, aucun des Don ne pouvait la voir mais ses yeux d’or ne perdaient pas une miette de leurs agissements. Franchissant l’à pic, la Bête entreprit sa descente le long de la paroi, tête la première. Son corps fin et musclé à la fourrure obscure ne tarda cependant pas à attirer l’attention de l’un de ses ennemis. Son cri provoqua aussitôt la réaction du Nemesis mais au lieu d’attaquer, la Bête se propulsa d’un bond puissant par-dessus ses ennemis. Son épiderme s’illumina des runes constituant Khal et la bête disparue, comme absorbée par la lumière même qu’elle émettait.

Glissant sur le fleuve des Ténèbres, Nemesis ne put empêcher un sourire carnassier d’illuminer son visage canin. La traque était lancée. Avec un rugissement, la bête surgit de l’ombre d’un bâtiment tout proche en se ruant sur les trois hommes. Les lames sifflèrent mais ne tranchèrent que du vide, les ténèbres avaient déjà repris leurs droits. Surgissant de l’ombre à nouveau le monstre cingla l’air de ses griffes en direction des trois hommes mais disparut avant qu’ils ne puissent réagir pour aussitôt jaillir du centre de leur formation désordonnée. Le coup de l’un des Capetti faillit décapiter son propre allié alors que Nemesis s’esquivait encore une fois.

La panique gagnait les bretteurs, son plan fonctionnait. Sous cette forme, même ses pouvoirs affaiblis regagnaient de leur terrifiante puissance. Il surgissait, insaisissable, effrayant, de plus en plus vite et surtout de plus en plus proche. Même si les Dons avaient voulus fuir, la Bête se serait dressée sur leur chemin, bloquant leur avancée. Toutefois, même les Ténèbres avaient leurs limites, il lui fallait attaquer… Maintenant.

L’attaque fut frontale et directe, impossible à prévoir après tant de feintes. Le triplé ne comprit que trop tard qu’il devait se défendre. Une poigne de fer s’abattit sur son épaule, celle dont le bras tenait sa lame et dans une lueur aveuglante Nemesis libéra son sortilège de destruction. Son pouvoir afflua, se concentra, et les forces ténébreuses broyèrent chair et os. Il avait mis dans cette attaque la quasi-totalité des forces lui restant. Le hurlement du Don n’en fut que plus plaisant. L’épaule et le bras avaient été réduits à l’état de pulpe sanglante jusqu’au niveau du coude. L’avant-bras dont la main tenait toujours fermement le pommeau de l’épée avait été éjecté quelques mètres plus loin et le sol de Dagran s’abreuvait désormais du sang jaillissant à gros bouillons de la blessure du Don. Etait-ce l’original ou une copie ? Qu’importe ! Il était vivant, bourré d’énergie vitale et était maintenant à sa merci.

La fourrure de la Bête s’effaça rapidement pour laisser à nouveau place au manteau de mercenaire d’Alexander. Avec une joie presque sauvage, le mercenaire agrippa sa victime mourante par la gorge, l’empêchant de s’affaisser au sol.

- Que ta vie serve au moins à quelqu’un. Nosferatu !

Son corps tout entier s’illumina alors que les ténèbres drainaient ce qui restait d’énergie vitale au bretteur. Son râle d’agonie se transforma en un hurlement d’horreur, gagnant plusieurs octaves d’un seul coup et déchirant les tympans des personnes à proximité. La douleur de la jambe du Nemesis disparut tandis que les yeux du Don se desséchaient. Ses côtes se ressoudèrent alors que la peau de sa victime virait au gris mortuaire et racornissait. Ses blessures se refermèrent tandis que la chevelure soyeuse du mort devenait cassante et mourait au même rythme que lui. Si la frénésie du combat ne le possédait pas, la nausée de cet acte immonde, de ce transfert d’une vie à une autre l’aurait certainement rendu malade et incapable de bouger. Mais la soif de violence du Nemesis couplée à sa passion de la Justice qu’il apportait l’immunisait à ce genre de pensées de seconde zone.

Lorsqu’enfin le sang du Don cessa de gicler par le trou béant de son épaule, lorsque son corps ne fut plus qu’une momie sèche et prête à tomber en poussière, lorsque son cri se fut tue, Nemesis le laissa s’écraser au sol. Il fit un pas pour l’enjamber, foudroyant du regard ses deux adversaires restant, hésitant devant l’horreur de ce qu’ils venaient de voir.

- Repose en paix.

Ses blessures n’étaient pas toutes guéries, après tout il avait tout de même été torturé, mais il se sentait nettement mieux et ne ressentait plus de gêne en marchant. Le Lion Rouge l’avait toujours averti contre les dangers d’un combat où l’on se trouvait immobile, à la merci de l’ennemi. Les Barons Rouges venaient d’en faire l’expérience. Son potentiel magique avait cependant énormément diminué. Don Capetti n’était pas un mage et son énergie vitale avait à peine suffi à combler la dépense nécessaire à l’exécution de l’un des triplés. L’ascendant psychologique du Nemesis était probablement total désormais et il allait devoir en jouer s’il voulait sortir vivant de leur prochaine confrontation. Arthanel, la lame noire, regagna sa place dans l’étreinte de son maître. Sans un regard pour le corps desséché derrière lui, Alexander abaissa lentement son arme sans pour autant quitter une position défensive. Sa voix était calme mais glaciale.
- Dernier avertissement. Jetez vos armes ou périssez.

***

Il n‘avait dû être inconscient que quelques secondes mais il lui semblait qu’une éternité s’était déroulée. Lorsque ses yeux acceptèrent le dur retour  la réalité, c’est le ciel qu’il contemplait, le ciel et cette immense wyvern qui achevait désespérément sa manœuvre précédente pour pouvoir retourner au combat. Puis son corps se remit et la douleur le frappa tel un électrochoc. Une nausée soudaine le prit mais il n’eut même pas le courage de tourner la tête pour vider son estomac. Il se souvenait… Le combat… La chute… Le choc… Le Don !

Dans un effort surhumain, le Lion Rouge tenta de bouger le bras qu’il avait protégé lors de son attaque. Celui-ci lui répondait encore… Bien que surement écorché, il ne présentait aucune blessure sérieuse. L’autre par contre… Seth n’osa même pas le regarder. La lance du Don avait dû en briser l’os voire même disloquer l’épaule. Il ne s’en faisait pas toutefois, avec du repos et ses facultés de régénération il ne lui faudrait que quelques mois d’immobilité totale pour se remettre à peu près… En supposant qu’il puisse toujours se servir de son bras. L’idée de perdre un membre le fit grimacer mais il avait plus pressant à faire. Michelle II se rapprochait un peu trop vite à son goût.

Poussant sur son bras intact et s’aidant de ce qui restait de son bassin, le barbare se redressa au prix de quelques hurlements de grizzly blessé. Le sol tournait, du sang semblait jaillir de chacun des ports de sa peau. La dernière fois qu’il s’était senti aussi mal… C’était après cette cuite dans un bouiboui des bas quartiers de Nevassa. Le souvenir le fit rire et rire le fit tousser. Non rectification il ne s’était jamais senti aussi mal… Au moins ses cuites avaient-elles la gentillesse de ne s’en prendre qu’à son crâne.

Le lézard avait fini son demi-tour et plongeait maintenant. Un bref regard alentour lui permit d’identifier la chose qui rampait pitoyablement vers sa lance comme son adversaire. Sa jambe formait un arc bizarre et grotesque. Il avait laissé derrière lui une fine trainée de sang et le barbare se souvint du choc frontal qu’il avait infligé au nez du Baron.

- Toujours protéger ses jambes… Connard… Rah !

Il était debout… Au prix des pires efforts de son existence mais ses jambes étaient toujours intactes, surement à cause de l’absence de l’armure qui d’ordinaire les entouraient… Il n’osa imaginer les dégâts que les plaques d’aciers auraient pu causer après un tel choc.

Si le sol tournait quand il était assis, il avait maintenant l’impression de planer. Un voile rouge obscurcit sa vision quand il marcha. Etait-ce du sang ou seulement un effet de son cerveau atrophié et endommagé par le combat ? Un rugissement au-dessus de lui le poussa à accélérer. Il faillit tomber, se rattrapa de justesse, fit encore deux pas et tomba finalement. Son genou s’enfonça sans aucune délicatesse dans le bas du dos du Don, lui arrachant un râle de souffrance. Un souffle tonitruant le frôla alors que la wyvern reprenait de l’altitude. Les rues étaient trop étroites pour qu’elle se pose sans provoquer d’éboulements et l’attaquer tuerait aussi probablement son compagnon.

- Ah l’amour ma gueule… Comme c’est meugnon !

Et sur ces mots il asséna un violent coup dans la nuque du cavalier. Une misère par rapport à ce qu’il avait déjà pu lui asséner mais il en asséna un deuxième, puis un troisième, chaque fois le cavalier criant plus fort sous ses coups. Un rugissement de haine le déconcentra un instant et ‘autre en profita. Poussant de toutes ses forces, le Don repoussa le corps massif mais sans force du Lion Rouge et les deux adversaires roulèrent dans la poussière maculée de sang. Le Don lui enfonça son poing dans les côtes avant de marteler son bras brisé mais le Lion répondit par un violent coup de talon dans son genou en morceau. Râlant et suffoquant, au bord de la mort sans pour autant y parvenir, les deux hommes oublièrent tout de leurs objectifs, ne luttant que pour leur propre survie.

D’un coup de tête, Seth tenta d’enfoncer l’os du nez de son adversaire jusque dans son crâne mais le coup manquait de préparation, de puissance, de précision… L’autre en profita pour le frapper là où une lame l’avait embroché quelques instants plus tôt. Le Lion rugit. La wyvern lui répondit. Des larmes de rage et de douleur emplirent les yeux écarlates du barbare. L’autre lui asséna un coup sur le crane. Un voile rouge de sang cette fois brouilla sa vision. Son bras valide jaillit et s’empara de la gorge rendue vulnérable par l’attaque. Ses doigts se refermèrent brutalement et le Lion Rouge serra avec l’énergie du désespoir. L’autre se débattit naturellement. Ses coups s’abattirent d’abord forts et précis puis de plus en plus faiblement, paniqués par le manque d’air, effleurant plus qu’ils ne touchaient vraiment. Enfin le cavalier tomba. Ses yeux roulèrent dans leurs orbites et il s’évanouit. Seth maintint la pression rageusement quelques instants supplémentaires avant de le repousser en hurlant. Il était vivant !

Mais tout n’était pas fini. Dans un fracas de bois brisé et de vitres éclatées, la wyverne se posa. Les bâtiments autour d’elle se fissurèrent et certains s’effondrèrent même mais elle avait décidée d’épargner son maître et s’était posée suffisamment loin pour que Seth est le temps d’enserrer le cavalier, son coude enroulé autour de la gorge encore rouge de sa précédente étreinte.

- Pas bouger saloperie !

Il cru qu’il allait s’évanouir  par ce simple râle mais il tint bon et la bête furieuse s’immobilisa. Bon… Et maintenant ? Il était pris au piège. Nemesis était trop loin ou trop occupé. Il était seul et blessé face à la folie furieuse d’une bête enragée. Garder son précieux compagnon dans ses bras n’allait pas la retenir éternellement. Le Lion Rouge ferma les yeux un court instant pour reprendre son souffle. Il ignorait même dans quelle partie de la ville leur petite escapade les avait emmenés. Du coin de l’œil il avisa la porte d’un bâtiment tout proche. Du bois… Pas de la bonne qualité mais pas de la mauvaise non plus… Encore une idée stupide…

Son regard écarlate se posa sur l’imposant dragon qui le regardait en fulminant. Si seulement il avait eu sa hache… Hissant le cavalier respirant à peine au niveau de sa bouche, il se pencha vers son oreille.

- A bientôt en enfer connard.

Le cou résista un bref instant mais ne se contracta même pas sous la pression que lui appliqua le barbare. Un craquement lugubre retentit alors que tout le corps du Don convulsait brièvement entre ses bras. Un rugissement de douleur le frappa alors que dans une folie dévastatrice le lézard lui bondissait dessus. Seth ne l’attendit pas. Il balança le cadavre devant lui avant de bondir vers la porte toute proche. Epaule intacte en avant, le Lion Rouge se jeta dessus de tout son poids.
*Faites qu’elle s’ouvre bordel faîtes qu’elle s’ouvre !!!*
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MessageSujet: Re: Ton Reflet Dans Un Miroir... [CDC : Nemesis]   Jeu 6 Mar - 19:38


Ce combat était vain. C’était des monstres, des monstres assoiffés de sang et de chair. Ce qu’elle avait perçu comme humain dans sa chambre les avait abandonnés pour ne laisser que des bêtes. Ils vaincraient coûte que coûte et aucune blessure ne les arrêterait. C’était le constat de son observation. C’était la conclusion logique de ce qui se déroulait sous ses yeux. Les Dons mourraient les uns après les autres, leurs alliés d’un soir sortiraient de leur torpeur et ils finiraient en prison. Et alors… le secret des Barons Rouges serait révélé. La position des femmes au sein de cette organisation serait exposée au grand jour et les siennes seraient en danger, traqués.

Mais le pire c’est qu’une criminelle chassée par des hommes n’avait pas l’honneur de tomber au combat ou de finir dans les geôles. Qu’ils soient bons ou mauvais un homme restait un homme et ses sœurs seraient violées, humiliées avant de finalement tomber sous les coups et à-coups de leurs tortionnaires.
Donna Sophia ne pourrait toutes les protéger. Ce secret ne devait jamais être révélé. Il ne devait pas y avoir de prisonnier.

***
Don Cappetti déglutit avec difficulté alors que son homme de main se faisait réduire à l’état de cendre. Ce n’était pas humain d’infliger un tel sort à un corps mais cet homme ne l’était pas. Ou du moins il ne l’était plus. Don Capetti resserra sa prise sur le manche de son épée et se lança avec son second clone qui bien que peu enjoué à l’idée d’affronter le Némésis, craignait encore plus la colère du Don. Précis et rapide, les deux hommes frappèrent mais leurs lames ne rencontrèrent ni chair ni os… Le Némésis avait encore disparu. La peur les taraudait, une peur sinistre et annonciatrice de mort. Machinalement, le Don leva les yeux au ciel où la Wyverne de Don Juan tournait avec l’élégance des charognards en vue d’une proie. A cette distance, il n’entendrait pas son appel à l’aide alors Capetti ne crierait pas.

Son regard vif retrouva la trace du bretteur noir en un clin d’œil et d’un signe de tête, son double le suivit, offrant une confiance aveugle à son maitre. Leur vitesse était hallucinante et lorsque leur lame frappa de plein fouet la parade du démon, le clone Capetti sortit de sa manche une dague d’assassin et vint l’enfoncer jusqu’à la garde dans l’abdomen du Némésis. Son action désespérée avait pour objectif de le tuer mais il les repoussa avec une aisance déconcertante.

C’était un monstre… ils ne pouvaient les tuer.

Don Capetti jeta un regard à son reflet qui se tenait l’épaule, ayant encaissé la riposte du Némésis d’une main et en assumant les pleines conséquences sur son corps affaibli. Il sentait qu’il le perdait, que sa peur prenait le pas sur sa loyauté et soudain, il le vit porter sa lame à sa propre gorge et se la trancher nette. Ses yeux s’écarquillèrent alors que l’homme gisait désormais par terre dans son sang qui se répandait au sol. Jamais l’un de ses hommes de main ne se serait suicidé… Jamais !

- Qu’as-tu fait monstre, quelle magie as-tu utilisé pour le forcer à se suicider ?!? Nous affronter t’ennuie-t-il au point d'utiliser des subterfuges aussi vils?

Mais avant qu’il ne puisse répondre, il entendit au loin les hurlements déchirants de la Wyverne de Don Juan accompagné d’une mélodie douce et lancinante. Il porta la pointe de son épée à son ventre…

***
La danseuse agitait son corps sur les toits de Dagran alors que son chant résonnait parmi les ruines de la ville. Les yeux fermés, les larmes roulant sur ses joues, sa voix avait quelques choses de mélancolique, de sombre et en même temps… si accueillant.
Un homme passa dans la rue à ses pieds… il se jeta violemment contre un mur, se releva et recommença jusqu’à ce qu’il ne puisse plus se relever. Un autre plus loin perçut les notes doucereuses et s’empala sur la pique de son ami. Son ami s’allongea au sol levant une lourde pierre au-dessus de sa tête et la lâcha. Il n’y avait pas de cris, il n’y avait pas de douleur… seul un vent de mort s’engouffrait dans les rues et emportait toutes personnes ayant encore un souffle de vie. La ville devint silencieuse alors que toutes personnes envoutées par Donna Sophia venait se jeter dans les bras de la mort.

Quand Serra arrêta de bouger… elle regarda le carnage depuis les toits. C’était une œuvre magnifique dans le registre du macabre qui se dessinait devant ses yeux. D’un revers de la main elle essuya ses larmes et se dirigea vers la Wyverne rageuse qui piquait, piquait et piquait encore en direction d’un immeuble. Là où il s’était réfugié.

Elle leva les bras au ciel et cria son nom, mais elle ne l’écouta pas. Hésitante, elle se rapprocha de la bête furieuse voyant sur l’un des toits épargné, le corps sans vie de son partenaire. Juan était un être arrogant qui n’aurait pas mérité un tel dévouement mais les wyvernes comme les femmes étaient ainsi et Tyran, les ailes, la gueule et les pattes en sang ne s’arrêtait pas.
Serra saisit la lance du cavalier et plus ferme que jamais, elle hurla :

- TYRAN !!!!

La bête interrompit son mouvement et son œil humide se tourna vers la femme.

- Ne te tue pas pour lui. Il ne le mérite pas.

Elle ne savait elle-même si elle parlait du Lion Rouge ou du cavalier mais l’un comme l’autre ne méritait pas un tel sacrifice. La bête rugit de colère mais elle comprenait.

- Trouve-toi un nouveau maître Tyran et donne lui ça !

La jeune femme jeta la lance et la bête la rattrapa entre ses serres puissantes. Trouver un autre compagnon était trop abstrait comme idée... Mais survivre, elle comprenait. La Wyverne s'éleva dans le ciel et y disparu. Serra aurait voulu faire de même... Elle regarda en contre-bas elle pouvait voir à travers la pierre brisée du bâtiment le visage souriant du Lion Rouge qui la regardait. Pour l'honneur se dit-elle à voix basse alors qu'elle prenait d'une traite le contenu d'une fiole. Elle sauta et se réceptionna lestement au sol. Il était si mal en point... Incapable de se lever, incapable de se défendre... Peut être aurait-elle pu le tuer finalement. Elle sortit sa dague, il ria.
De son seul bras valide, il se redressa en position assise. Même blessé, aux portes de la mort il restait dangereux. Elle avait une lame, un essai.

- Dis moi si je t'épargnais que ferais-tu de moi?

Il répondit mais ses oreilles étaient déjà sourdes à tout son ... Elle sourit. Ce serait bientôt fini.
Sans un mot de plus, elle plongea sur le lion. Son attaque n'avait rien de réfléchit, elle était brute... Comme lui. Il l'écarta avec puissance de son bras valide et la saisit à la gorge. Serra comprit qu'elle ne pourrait le tuer alors elle enfonça son arme dans l'articulation de l'épaule et puis plus rien...
Le poison avait fini de faire son office, de se répandre dans ses veines. Elle était morte en assénant ce dernier coup, elle était morte avec sa fierté et personne ne pourrait l'obliger à trahir les siens. Sa dernière pensée fut pour Donna Sophia, elle qui lui avait permis de marcher la tête haute et droite.

------------------

Histoire de Seth… Done
Ne reste que Némésis mon chou et la fin est proche voir à ton prochain post qui sait ^^


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MessageSujet: Re: Ton Reflet Dans Un Miroir... [CDC : Nemesis]   Mer 12 Mar - 13:58

Le corps du sous-fifre s’écrasa au sol en un bruit mou, sa gorge tranchée nette laissant échapper les derniers remugles de sa pitoyable existence. Alexander observa la scène l’air absent tandis que les remontrances du Don survivant résonnaient à ses oreilles sans pour autant parvenir à prendre un sens quelconque. Le corps devant lui tressauta quelques instants. De larges filets de sang giclaient de la plaie béante du cou tandis que la bouche s’ouvrait sur de faibles gargouillis, cherchant à respirer à travers la mousse rosâtre qui l’obstruait. Enfin tout mouvement cessa chez la dépouille et elle retrouva la position brisée et inerte des cadavres dont les charognards ne tarderaient pas à se délecter.

Alexander mit quelques instants pour détacher son regard doré du mort, quelques instants pour pouvoir regarder à nouveau Don Capetti qui lui hurlait dessus. Mais la colère du Nemesis n’était plus. La soif de sang qui l’avait possédé pendant le combat s’éteignait lentement. Il n’avait jamais voulu ça. Combien de fois leur avait-il dis de se rendre ? Usant de la force, de la persuasion, de la terreur… Tout ça pour rien, pour finir la gorge ouverte, dans la poussière, rongé par la vermine et les corbeaux. Une tristesse infinie contemplait le Don enragé. Nemesis n’était que violence, une violence nécessaire à sa survie mais Alexander avait tenté de la canaliser, de l’appliquer pour protéger des innocents… Pour faire exécuter la Justice. Le Don et ses hommes auraient certainement trouvés la mort au bout du compte mais ils auraient eu un procès équitable, qui sait quels marchés ils auraient pu négocier s’ils révélaient les informations qu’ils détenaient sur les Barons Rouges ?

- Il n’y a pas de magie… Pas de subterfuge… Vous êtes seul responsable de ce qui vous arrive.

La colère puis l’incompréhension défigurèrent tour à tour le Don déchu face à l’impassibilité du Nemesis.
- Rendez-vous Capetti. Vous et vos hommes… Tous sans exception. Il ne vous sera fait aucun mal.

Il n’avait plus envie de se battre. Le geste de désespoir de l‘homme de main l’avait plus anéanti que toutes les atrocités dont il avait été témoin dans cette ville immonde. Lui qui s’était tant battu pour rester en vie ne comprenait pas, ne pouvait pas comprendre.

Cependant, il y a un choix qui t’appartenait au final, celui de vivre comme un monstre ou de mourir en héros.

Les paroles de Lavinia dansèrent dans son esprit mais il les rejeta en bloc. La mort n’était pas une solution, jamais. Le mage noir fit un pas vers Capetti qui avait visiblement lui aussi perdu toute combativité. Il s’apprêtait à faire disparaître sa propre lame lorsque le Don revint brutalement à la vie, levant son arme devant lui. Mais au lieu d’attaquer de façon désespérée comme le mage s’y attendait, le Baron Rouge retourna l’arme contre lui et en posa la pointe sur son ventre sous le regard désormais paniqué de son adversaire.
- Non ! Capetti attendez !

Aussi immobile que possible, une main tendue en un geste d’apaisement, le mercenaire tenta de capter le regard du Don. Le bretteur ne pouvait se suicider ! Pas maintenant, pas en annihilant tous les efforts du mage pour suivre les règles. Quel était l’intérêt s’il mourait ? Qu’est-ce qui distinguerait le Nemesis d’un meurtrier de masse comme le Faucheur si tout ce qui restait derrière lui n’était qu’un immense charnier !
- Réfléchissez Don... Vous ne voulez pas faire ça… Vous ne pouvez pas vouloir mourir ainsi. Où est passé cet honneur que vous me balancez au visage depuis le début ! La mort n’est pas une solution !

Les pupilles d’or trouvèrent enfin le regard du Don mais ce qu’il y lut le stoppa net dans sa tirade. C’était de la peur. Mais pas la peur du Nemesis, pas non plus la peur de mourir… C’était différent. Les mains du Don tremblaient violemment, comme s’il luttait contre quelque chose. Puis Nemesis la perçut : la musique et cette magie qu’elle transportait. Les cris ne lui parvinrent qu’ensuite, les hurlements de dizaines de personnes au service des Barons Rouges que l’on poussait au suicide. Et cela suffit au retour de sa fureur et de sa haine.
- Esare !

La magie se concentra en un instant et broya l’acier entre les mains du Don. L’épée lui explosa littéralement au visage projetant plusieurs éclats tranchants, blessant le Baron sans pour autant lui ôter la vie. Avant que le possédé ne puisse réagir, Alexander était sur lui, abattant le pommeau de son arme sur la nuque offerte. Le Don se raidit sous le choc puis s’effondra au sol, hors d’état de se nuire pour le moment. Son adversaire lui porta deux doigts au cou afin confirmer qu’il était encore en vie avant de s’élancer dans les rues où résonnaient les cris des morts en sursis. La magie ne l’affectait pas et ne cherchait même pas à s’en prendre à lui mais il pouvait très nettement percevoir son aura noire dans chaque parcelle de la cité. Il lui suffisait de remonter le fleuve jusqu’à sa source et de la tarir définitivement.

***

Il la regarda s’avancer vers lui, son ridicule poignard à la main, sans même sourciller. De toutes façons il n’avait même plus la force de le faire bouger ce foutu sourcil. Ses yeux rouges se posèrent sur le bras qu’il lui avait presque arraché, visiblement très en état de tenir un poignard désormais. Il ne put s’empêcher de sourire, un filet de bave sanglante glissant au coin de sa lèvre. Elle voulait le tuer. Il représentait tout ce qu’elle haïssait de cet univers et elle ne faisait rien pour le cacher. Ha ! Tout ça parce qu’il était une bite sur pattes… Et peut-être aussi à cause de ce bras trop fragile.

Il se mit à rire. Trop silencieusement pour qu’elle l’entende mais la douleur de ses côtes en morceaux lui signala qu’il était effectivement hilare. Ah la douleur… Une vraie drogue lorsque les circonstances adéquates y étaient. Une petite dose et il restait à peu près conscient et en alerte, mais il lui suffisait d’abuser sur la quantité et c’était l’overdose. Direct dans les vapes ! Mais ce qui le faisait vraiment marrer, à s’en péter une deuxième fois les côtes, c’était le ridicule de cette petite bonne femme qui venait vers lui.

Seth lui reconnaissait qu’elle avait des couilles pour une nana. Venir à lui seule et pour ainsi dire désarmée, donner sa vie pour quelqu’un qu’elle respectait plus que tout. Plus que pour sa simple vengeance elle devait supprimer la menace du Lion Rouge pour ceux qu’elle voulait protéger… La blague.

- M’épargner… T’es même pas foutue de m’buter…

Oh le poignard dans ses mains était parfaitement capable de lui trancher la gorge. Dans son état même un mendiant borgne en aurait été capable. Mais la pouilleuse qui lui faisait face n’y arriverait pas. Cela se voyait dans chacun de ses gestes : elle ne croyait pas en un possible succès. Il lui avait brisée le bras, la maîtrisant comme si elle n’était qu’une enfant. Elle l’avait vu se battre, terrasser des ennemis dix fois plus nombreux, lutter à mains nues contre une wyvern. Et maintenant qu’elle l’avait enfin à sa merci, elle ne pensait pas pouvoir l’abattre. Lui, une légende, contre elle, un insecte. Elle s’immobilisa à quelques pas de lui et le Lion Rouge la détailla comme un vulgaire morceau de chair, un sourire carnassier aux lèvres.
- Peuh… Même au pieu tu m’plairais pas.

Aucune réaction. C’était peut-être mieux. Il n’aurait peut-être pas eu le cœur de la tuer rapidement si elle avait cédée à une pitoyable colère. Le poignard étincela lorsqu’elle se jeta sur lui. Il l’immobilisa brutalement en la saisissant à la gorge. Elle frappa là ou sa faible allonge le lui autorisait mais ne se débattit pas. Un filet de sang coula de son nez alors que ses mains retombaient mollement. Seth grogna.
- Poison… Arme de gonzesse.

Son corps lui faisait tellement mal que la lame dans son épaule lui semblait comparable à une piqûre d’insecte. D’un geste sec, il ferma le poing jusqu’à sentir les os craquer et voir la tête privée de soutien rouler vers l’arrière. Le corps n’avait même pas sursauté. Il laissa l’ancienne Donna s’écraser au sol comme une poupée brisée. D’un geste rendu hésitant par une soudaine lassitude, le Lion retira le poignard de son épaule et le laissa choir au sol. Il avait besoin de pioncer.

***

Nemesis s’appuya contre le mur et prit une grande bouffée d’air. Seth n’était pas particulièrement léger. Le déplacer et nettoyer ses blessures lui avaient pris un temps considérable. Un être humain normal n’aurait d’ailleurs pas du survivre à un tel traitement… Mais Seth était tout sauf normal.

Claquant la porte branlante du bâtiment dans lequel il avait allongé son sbire, le mage s’avança sur la petite place où il avait traîné les corps des Don. Capetti gisait désarmé, attaché sur une chaise et toujours inconscient. Serra et l’ancien cavalier étaient étendus devant lui, leurs visages défigurés par la mort tournés vers le ciel mais couverts d’un linge quelconque afin de préserver leur dignité de combattants, les bras croisés sur la poitrine. Encore derrière eux se trouvait un tas de quelques corps : soldats que les Nemesis avaient abattus, victimes du sortilège de la danseuse… Tous ceux que la folie des Barons avait consumés et qu’Alexander avait pu rassemblés en un laps de temps aussi court. Et derrière ce monument morbide un fauteuil bien plus confortable dans lequel trônait le pire ennemi de Don Capetti, l’air sévère et noble malgré son manteau de mercenaire élimé.

- Don. Il est temps de vous réveiller. Il sourit malgré lui. L’heure de votre jugement est arrivé.
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MessageSujet: Re: Ton Reflet Dans Un Miroir... [CDC : Nemesis]   Mar 22 Avr - 17:12

Une douleur insoutenable frappa la Donna alors qu’elle posait un genou au sol, anéantie. Des regards plein de peur se tournèrent alors vers elle. Une main se posa sur son épaule.
- Donna Sophia ?_ La dame en blanc ne flanchait pas souvent ce qui inquiéta ses disciples.
- Ce n’est rien, mon cœur pleure pour une amie qui m’était chère. Ce soir nous festoierons pour Donna Serra qui jusqu’au bout aura servi notre cause.

Si des larmes coulèrent, elles le firent en silence. Si des colères explosèrent, nul son ne s’en échappa. Donna Sophia se releva en tremblant légèrement. Elle était exténuée par toute cette histoire et ses filles en souffraient également. Elle devait rapidement trouver un endroit où se réfugier, où se reposer car si Donna Serra avait protégé leur secret jusqu’au bout, elle doutait que Don Capetti en fasse autant.

***

Le réveil était douloureux… il avait mal aux articulations, aux muscles, au crâne, au cœur. Il ouvrit les yeux sur la vision répugnante de ces camarades, morts, étripés, éventrés… l’odeur le fit vomir mais incapable de bouger, les relents de son être s’écrasèrent sur ses cuisses avec un parfum acide et piquant. La chaleur de ses tripes imprégna ses vêtements, dans une sensation des plus atroces. Il releva la tête sur l’homme assis, trônant tel un roi ou plutôt tel un juge. Don Capetti n’eut aucun mal à le reconnaitre mais il aurait préféré ne jamais revoir ce démon. Ne jamais redevoir lui faire face…
Mais d’ailleurs comment c’était-il retrouvé ainsi ? Il ne s’en souvenait pas… il avait entendu une douce musique et puis le trou noir.
Il essaya de se défaire de ses liens, impossible son corps était trop faible. Il remua sur sa chaise, se débattit.

- Que me voulez-vous ? Enfoiré ! Vous ne pouvez rien contre moi ! Vous n’avez aucune preuve de mes crimes, RIEN !

Don Capetti dévisagea les corps meurtris de ses hommes, de ses amis et ne ressentit que du dégout, celui de s’être entouré de faible. Juan était trop arrogant, toutes ces femmes, trop faibles. Il cracha du sang qu’il avait dans la bouche. Et releva son visage sur le Némésis dont le regard perçant le déstabilisa. Le silence régnait en maître...
- Que me voulez-vous !? Des noms? Dîtes-moi!

***

Isolé dans une maison vide, le corps du lion rouge se mit à convulser. Ses blessures suintaient, de l’écume s’échappait d’entre ses lèvres. Il se mourrait. Le poison de la lame de Donna Serra s'infiltrait dans son corps, se libérait dans ses veines et atteignait petit à petit son cœur. Que pouvait l'homme le plus puissant du monde contre quelque chose d'aussi petit que des molécules de venin...
Dans ses mouvements hystériques, il renversa une table, une cruche de terre se brisa.


***

Le regard du Don se porta au loin. Il avait entendu un bruit de fracas. Lui restait-il un espoir, un survivant?

- Ici!!! Je suis ici! Venez me sauver!!!

Le Don se raccrochait à ce dernier espoir comme un enfant s'accroche aux jupes de sa mère. Ses yeux brillaient de cette chance qui s'offrait à lui. Il allait survivre, montrer à tout ces vauriens que rien ne l'abattait lui le grand Don Capetti!


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MessageSujet: Re: Ton Reflet Dans Un Miroir... [CDC : Nemesis]   Dim 29 Juin - 2:58

La défaite n’allait pas à Don Capetti. Elle ruinait cet aspect hautain et fier qui caractérisait le bandit aux yeux du mage noir. Le criminel lui avait lancé défi sur défi et le Nemesis les avaient tous relevés avec succès. Maintenant qu’il se retrouvait en position de faiblesse, l’humain révélait ses faiblesses et son soi-disant honneur s’effaçait devant la menace que représentait la créature lui faisant face. Ce que le Don ignorait c’est qu’il avait échappé à des tourments bien pires que ce que lui réservait Alexander. Le procès de Capetti ne se déroulerait pas exactement comme l’ancien mercenaire l’avait espéré mais il pouvait tirer parti de la terreur qu’il inspirait à son prisonnier pour obtenir la vérité… Toute la vérité !
Ses bottes résonnèrent lugubrement dans les rues désormais désertes de Dagran. Ses précédentes excursions afin de mettre en scène son « tribunal » lui avaient appris que quelques mercenaires ambitieux sillonnaient encore les ruelles. Et encore ! Ces derniers détalaient sans demander leur reste à la vue de l’homme responsable du carnage. Mais la plupart des sbires des Barons avaient pris leur envol à la suite de leurs maitres. Idem pour les vagabonds sous la protection de Lavinia. La dernière membre encore vivante de la Lance d’Argent avait apparemment embarqué avec elle la moitié non criminelle de la ville, sans doute pour les soustraire à l’affrontement qui avait ensuite éclaté entre les murs de la cité fantôme.

- Des noms… Si c’est tout ce que vous avez à me proposer en échange du pardon Don, je crains que notre collaboration n’aille pas bien loin.

La menace dans ses paroles était volontaire et bien réelle. Don Capetti était un criminel de la pire espèce. Avant d’endosser le manteau blanc du Nemesis, Alexander n’avait jamais entendu parler des Barons Rouges mais les dires de Seth et son expérience dans cette ville avaient suffis à le convaincre. Tout ce que méritait l’un de leurs chefs était d’être pendu haut et court. Et Capetti subirait le sort que n’importe quelle cour de justice lui réservait s’il ne parvenait pas à se montrer convaincant. Alexander fit quelques pas de plus vers le condamné, enjambant les cadavres de ses comparses sans même y jeter un œil. L’odeur acide de la peur du Don lui parvint alors et il jeta un regard apitoyé sur les cuisses souillées de l’homme. Il s’était trouvé dans des situations bien semblables un certain nombre de fois mais en rien il ne compatissait avec le Beorc attaché qui le regardait maintenant. Se penchant aussi près que son odorat le lui permettait, le juge reprit la parole.
- Pour vous rafraîchir un peu la mémoire j’ai déjà eu l’occasion de croiser vos supérieures directes. L’une d’elle gît d’ailleurs devant vos yeux si je ne me trompe.

D’un geste du menton il indiqua le corps brisé de la danseuse, observant le regard de son prisonnier passer de l’un à l’autre.
- De bien charmantes créatures auxquelles vous obéissez mais je doute que vos informations dépassent le cadre du petit comité d’accueil auquel nous avons eu droit. Par exemple je suis certain que votre Donna Sophia saura me donner quelque chose de beaucoup plus… Lucratif.

Aucun sourire ne s’étira sur son visage aussi sombre que les ténèbres qui l’habitaient. Son regard doré transperçait le Don. Lui laisser sous-entendre qu’il possédait Sophia vivante permettrait à Capetti de prendre conscience de tout ce qu’il savait réellement sur les Barons Rouges. Quelques noms lancés à la va-vite ne serviraient à rien si Nemesis souhaitait abattre le syndicat au complet. Il allait exploiter le bretteur au maximum. Dépendant de ce qu’il apprendrait alors, il déciderait du sort de son unique prisonnier. Son visage s’approcha un peu plus de celui du Don tandis que ses crocs se découvraient en un rictus menaçant.
- Alors… Que savez-vous réellement, Don Capetti ?

Un bruit impromptu le tira de son interrogatoire, brisant le contact entre ses pupilles d’or et le regard affolé du Beorc. Un bruit sourd s’ensuivit aussitôt, comme celui d’un objet très lourd qu’on aurait laissé choir au sol. En temps normal il serait certainement passé inaperçu, mais dans ce lieu mortuaire et silencieux même les croassements affamés des charognards retentissaient sur plusieurs lieues. Ce qui gênait le mage noir n’était pas forcément le bruit mais plutôt l’endroit d’où il provenait.
- Ici !!! Je suis ici ! Venez me sauver !!!
- Khal !

Et le Nemesis se volatilisa dans l’ombre. Son prisonnier semblait penser que les Barons avaient fait demi-tour pour lui. Vu leur déploiement de force précédant c’était fort peu probable. Dans le meilleur des cas il s’agissait d’un homme envoyé là pour faire taire les éventuels survivants. Les autres cas incluaient tous Seth et ils étaient tous plus désastreux les uns que les autres.

Emergeant dans la chambre où son sbire se reposait, le mage noir élimina rapidement la possibilité de l’assassin. Le corps massif de Seth s’était écroulé au sol, emportant une partie du mobilier dans sa chute. Le brigand convulsait maintenant au sol, sa chair blessée laissant des marques sombres à chaque tressautement que lui imposait le mal qui le parcourait. La bave aux lèvres, le barbare effectuait de grands gestes incontrôlés, forçant son compère à rester prudent dans son approche. Seth n’avait plus la force de se battre mais le mage noir préférait éviter de faire la rencontre de ses poings, aussi massifs que des rocs, et que la maladie rendait imprévisibles.

D’un geste vif, le mage noir s’empara du poignet de son compère le plus proche et le maintint fermement au sol. En temps normal le Lion Rouge l’aurait envoyé valser d’une simple claque mais les circonstances conféraient un avantage relativement important au Nemesis. Le mercenaire entreprit d’affirmer sa prise sur le Lion Rouge, bloquant les épaules de ce dernier au sol. Le corps du brigand tressautait toujours mais au moins ne risquait-il plus d’aggraver bêtement ses blessures plus qu’elles ne l’étaient déjà.

D’un œil critique, Nemesis observa l’écume aux lèvres de son complice et les yeux grands ouverts et rendus presque noirs par le sang qui les injectait. En tant que membre de la Lance d’Argent, Alexander avait dû s’entraîner à prodiguer les premiers soins dans le cas où un de ses camarades en aurait eu besoin et avait donc reçu une formation médicale en conséquence. Il ne se trouvait cependant pas sur un champ de bataille, en face d’un membre tranché ou d’une plaie infectée mais bien face à un cas de médecine avancée.

La perte de sang importante du Lion Rouge et la gravité de ses blessures pouvait être à l’origine de la crise. Pire encore, l’une de ses blessures pouvait être interne ! Un organe déchiré par un os ou par un choc trop violent et le Lion Rouge serait victime de son propre sang. Il avait déjà assisté à ce spectacle. Malgré la vélocité des bâtons de soins, il était extrêmement difficile de repérer les blessures invisibles à l’œil nu. Lorsqu’on les repérait il était souvent trop tard et l’infection emportait le blessé quelques temps après. Jaugeant l’état du Lion Rouge, l’ancien mercenaire finit par déduire que ce ne pouvait être cela. La maladie progressait bien trop vite. Seth s’affaiblissait devant lui à une vitesse affolante. Profitant de son immobilité, le Nemesis entreprit de le basculer sur le côté afin qu’il ne s’étouffe pas bêtement. La mousse qui dégoulina de ses babines sur le plancher se teintait désormais de rouge. Ce n’est que lorsqu’il posa les yeux sur l’une des blessures de son épaule que le Nemesis comprit d’où venait le problème.

La plaie ne saignait quasiment plus au contraire du reste mais l’aspect boursoufflé et suppurant des chairs l’entourant était suffisamment éloquent. Plusieurs possibilités s’offraient quant à l’origine d’une telle blessure. Une arme particulièrement mal entretenue aurait pu infecter le corps du guerrier mais en ce cas l’infection aurait mis beaucoup plus longtemps à se déclarer. Une morsure de l’immense wyvern que Seth affrontait aurait pu provoquer une infection fulgurante… certains de ces immenses prédateurs étaient réputés pour le poison contenu dans leurs crocs. Cependant une morsure de la bête aurait plus surement emportée l’épaule du Lion Rouge qu’autre chose. Or la plaie était trop petite, elle ressemblait plus à celle que pouvait laisser une lame. La dernière option restante était celle du poison. Un poison suffisamment fulgurant pouvait tuer un bœuf comme le Lion Rouge aussi vite qu’une flèche en plein cœur.

Capetti aimait bien trop infliger lui-même la mort à ses opposants pour recourir à de tels artifices. Le dragonnier avait sa propre wyvern pour compenser tout besoin d’user d’une arme empoisonnée. Quant à Sofia, ses pouvoirs résidaient dans la magie blanche, le Nemesis l’avait ressenti. Ne restait qu’un seul de leurs adversaires. Certainement le plus rusé des quatre. Et contrairement aux trois autres, Alexander avait aperçu un coutelas à proximité de son corps brisé.

- Khal !

Lorsque le mage noir surgit de nulle part dans son dos, Don Capetti sursauta de frayeur. Ses yeux embrumés de folie s’écarquillèrent lorsqu’il aperçut le sang qui tâchait le tissu usé de l’habit du monstre. Ce dernier lui décocha un regard d’ambre glacé avant de s’approcher du charnier devant lui. Il n’avait pas le temps de fouiller chacune des anciennes caches des Barons Rouges. Il lui faudrait des heures, voire des jours, avant d’enfin parvenir à explorer l’entièreté des secrets que devait recéler la ville… Et il n’avait probablement que quelques minutes.
- Vous êtes seul Capetti. Personne ne viendra vous sauver.

Et se retournant vivement, le Nemesis décocha un violent coup de poing à son prisonnier. Sans attendre que ce dernier ne reprenne ses esprits, le mage noir releva la chaise d’un mouvement du pied et laissa le Don s’écraser dans la poussière. Mieux valait que son captif ne soit pas témoin de ses prochaines actions. Etre décrédibilisé ainsi au dernier moment pouvait le priver des quelques informations essentielles que l’homme pouvait encore posséder.

S’accroupissant près du corps que la mort et la chaleur commençaient déjà à faire gonfler, le mercenaire rejeta le voile qui masquait le visage figé de la Donna. La vision qu’elle lui imposa le rendit nauséeux mais il se força à parcourir le corps flasque du regard. De son vivant, Donna Serra s’habillait comme un sac et la mort ne l’avait pas embellie. Le repli de ses vêtements contenait forcément ce qu’il cherchait.

Ses mains tremblaient lorsqu’il se força à les poser le long des flancs de la morte et il sentit un rouge involontaire lui monter aux joues. Le dégoût de palper ainsi le cadavre d’une femme s’alliait à la gêne que la situation lui imposait et cela le mettait particulièrement mal à l’aise. Après les flancs, ses mains descendirent le long des hanches et il se surprit à prier que l’antidote soit caché dans une des poches qu’il fouillait actuellement. Si ça n’était pas le cas…. Il aviserait le moment venu !

Ses joues étaient en feu et il ne put retenir un long soupir de soulagement lorsqu’il sentit une légère bosse alors que sa main descendait le long de la cuisse. L’objet tenait facilement au creux de sa paume et c’est fébrilement qu’il entreprit de déchirer le vêtement le long de la jambe. Une petite sacoche de tissu était fermement sanglée sur l’intérieur de la cuisse de la baronne, là où personne de saint d’esprit n’aurait eu l’idée d’aller poser sa main. Alexander l’en arracha sans même prendre le temps de la détacher avant de replacer le tissus sur la chair morte et de s’éloigner aussi vite que possible. Il transpirait comme s’il sortait d’un duel particulièrement compliqué et son propre ridicule lui inspira une colère justifiée.

Dans la bourse trônaient deux fioles contenant chacune un liquide transparent. L’une était pleine tandis que l’autre ne contenait plus que quelques gouttes de liquide. La plus pleine devait être l’antidote, Serra ne devait pas avoir pour habitude de sauver régulièrement ses victimes. Et si son coutelas avait été imbibé peu avant de frapper le Lion Rouge, alors c’était le seul raisonnement possible. L’autre risque était qu’il s’agisse de deux fioles de poison… Dans le pire des cas, le Lion Rouge mourrait… Un peu comme il le faisait actuellement.

Le brigand n’avait toujours pas bougé lorsque Nemesis revint, non sans s’être assuré que Capetti était toujours bien écroulé au sol et fermement attaché. En deux pas, le mage noir rejoint son compagnon dont le teint ressemblait de plus en plus à celui du cadavre qu’il venait de fouiller. Sans autre forme de procès, le Mage noir lui maintint fermement la bouche ouverte et versa doucement le précieux liquide, en priant pour que le Lion Rouge soit toujours en mesure de déglutir.

Si son état s’aggravait alors la fiole pleine était également un poison. Dans ce cas il lui donnerait les quelques gouttes restantes de l’autre et le brigand devrait compter sur sa chance.

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MessageSujet: Re: Ton Reflet Dans Un Miroir... [CDC : Nemesis]   Mer 9 Juil - 17:47


Le corps convulsant se calma… un peu, trop peut-être. Son corps s’arrêta dans un soubresaut et devint flasque, moue, inerte. Si sa poitrine n’était pas agitée d’un léger mouvement il aurait été dur de déterminer si la montagne de muscles vivait encore, mais oui… la mort ne l’accueillait toujours pas en son sein bien qu’à de nombreuses reprises elle ait voulu l’étreindre. Cependant, il n’était pas sorti d’affaire. Son cœur battant habituellement avec force et vigueur n’était plus qu’un murmure. Le poison de la danseuse avait atteint la plupart de ses organes internes et même s’il ne progressait plus dans le corps du Lion Rouge, les dommages qu’il avait causés, n’étaient pas réversibles sans les soins d’un expert. Cependant dans cette ville désertique et désertée, personne de cette trempe ne se présentait. Le Lion Rouge allait mourir.

***
Allongé contre terre, la mâchoire démise, du sang dans la bouche, Don Capetti reprit connaissance pour son plus grand malheur. La douleur dans ses membres était insupportable et l’idée de mourir ici comme un chien ne le satisfaisait pas. Il était un Baron Rouge, l’image de terreur d’un clan aussi grand qu’un pays. Il avait tout ce qu’un homme désirait, femmes, gloires, richesse, il ne pouvait se permettre de partir ainsi de se faire malmener ainsi. Ouvrant les yeux, il comprit qu’il était tombé de sa chaise et se trouvait donc contre le sol poussiéreux de la ville de Dagran. Il sentit au niveau de sa hanche une pointe lui déchirer la chair, il roula pour la prendre en main. Une pierre. Il trouvait l’objet ridicule mais dans la situation dans laquelle il se trouvait, il était prêt à accepter ce moindre présent. De ses doigts il la porta à ses liens et entreprit de se libérer. Il ne savait combien de temps il était resté inconscient ni quand son bourreau reviendrait mais il avait bien l’intention de ne plus être là à son retour.
Il se déchira les mains, il se trancha la peau mais au bout d’un temps qui lui semblait interminable, il sentit ses membre se libérer de leurs liens. Il sentit le sang circuler à nouveau dans ses membres. Il se releva baissant la tête craignant de se la faire trancher. Mais il n’y avait personne, il était seul, seul et en vie. L’envie de lever les bras au ciel le prit mais il évita de s’infliger ça. Son corps, il le savait ne le supporterait pas. Capetti était un survivant, un gagnant. Testant de quelques flexions la résistance de ses jambes il se mit en marche pour regagner le secteur des mercenaires, là-bas il devrait trouver quelqu’un à qui il ferait l’honneur de demander de l’aide.

Il passa à côté du cadavre de Donna Serra et ne put s’empêcher un reniflement de dégoût. Cette femme qui s’était positionnée comme sa supérieure lui faisait horreur. Désormais, elle était retournée à sa place, par terre alors que lui s’élevait devant elle. Il fit tourner sa tête d’un coup de pieds et regarda ce visage presque angélique figeait dans un sourire apaisé. Il lui cracha dessus. Soudain, il sentit comme une légère piqûre dans son dos. Il baissa la tête pour voir une lame enfoncée à travers son corps. Il porta ses mains à son cœur brisé et s’affaissa alors que son visage se tournait sur celui de son assassin… Il la connaissait, il l’avait déjà vu, toujours à trainer autour de Serra à la suivre comme son ombre, à la suivre comme un chien. Quelle était son nom déjà ? Il ne savait plus, il se demandait même s’il l’avait su un jour.

- Donna Sophia m’a demandé de te transmettre ces mots. « Merci de l’honneur que tu nous fait en mourant pour la cause. »

- Lucinda… c’est ça ?

- Donna Lucinda désormais. Vous êtes mon premier meurtre pour la cause merci de m’avoir donné le courage et la motivation de le faire.

Capetti sembla surprit mais la jeune femme l’ignora. Elle s’avança et le dépassa pour venir poser un genou au sol devant le corps mort de Donna Serra. Elle essuya la salive qui barrait son front et y déposa un baiser. Elle n’avait pu l’accompagner dans son combat, elle n’avait pas non plus pu se résoudre à l’abandonner. Elle serra le corps de son amie dans ses bras et disparut. Elle la ramenait aux siens.

***
Lavinia sentit son corps s’alourdir dans sa poitrine alors que son regard se levait vers le ciel. Etait-il mort ? Elle ne savait pas et se surprenait à espérer quelque part qu’il survivrait et que ce qu’elle n’avait pu faire, un autre le ferait.

- Lavinia, tu veux faire une pause ?

- Non…


Son regard dirigé vers le futur, elle reprit sa marche. Elle devait protéger ceux qui la suivait et ne plus jamais laisser place au doute.
Il se mit à pleuvoir… l’eau purifiait les âmes.
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C’est fini !!!! Tu es toujours dans la merde, mais ce n’est plus de mon ressort (enfin… peut être un peu tout de même ^^). Ton perso à bien évoluer, tu me diras en 2 ans heureusement. Bref, te voilà enfin classe 2. Félicitation !
Pour indication, si le Lion Rouge se remet, son bras gauche sera inutilisable il te faudra de la rééducation… beaucoup de rééducation, on ne joue pas à la lance humaine sans conséquence mon cher monsieur. Alors tu as intérêt à le prendre en compte ! je surveillerais tes posts !
Bienvenu parmi les classe 2 Nemesis !


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Moi, je me joue des Dieux."
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