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 Cauchemar dans le brouillard

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avatarQuintessence de l'Absurde


Messages : 339
Localisation : Là au bon endroit. Au bon moment.
Autre Indication : Maître des Echecs.
Groupe : Lui-même.

Feuille de personnage
Niveau:
20/20  (20/20)
Points d\'Expérience:
100/100  (100/100)

MessageSujet: Cauchemar dans le brouillard   Dim 26 Sep - 13:53

Silencieux sur les flots, porté par les vents et masqué par le brouillard, le navire filait sur l’onde noire droit vers sa destination. Sur le pont, les marins s’activaient, vifs mais silencieux tels que l’avait ordonné le capitaine. L’île de Crow, ainsi qu’on la surnommait déjà, perçait les limbes argentés au loin, sinistre destination du vaisseau. A la barre, Jerrick, capitaine du Dolfin depuis près de quatre ans désormais, se demandait à présent si l’argent que chacun des passagers lui avait versé était une raison suffisante pour filer ainsi vers sa mort. Ce n’était pas tant les corbeaux les survolant qui l’inquiétait, Kilvas avait donné son autorisation au navire pour traverser ses eaux et l’un des gros volatiles noirs s’était même perché à la vigie, histoire de garder un œil sur le navire, au grand déplaisir de l’équipage. Ses gars n’étaient pas racistes envers les Laguzs mais l’idée que ces derniers s’arrogent le droit de les « surveiller » les agaçait.

Jerrick tressaillit sous le vent marin. Ils étaient désormais bien proches du repère d’un des tueurs les plus recherchés du moment et cela n’était guère fait pour le rassurer. L’équipage lui-même était sur les nerfs… Mais peut-être pas pour les mêmes raisons… Après tout… Rares étaient les marins ravis de devoir enjamber la patte ou la queue de l’énorme reptile qui trônait sur le pont. La bête semblait dormir pour l’instant mais les grondements qui sourdaient par moments de son énorme gueule avaient tendance à faire sursauter les hommes à proximité. Il fallait dire que c’était un sacré bestiau… Quel poids faisait ce truc ? Il risquait d’abimer le pont, on n’était pas sur un navire marchand ici. Enfin… C’est ce qu’aurait aimé dire Jerrick mais le regard de la lancière qui accompagnait le lézard l’avait vite convaincu de retourner à son post. Elle payait c’était l’essentiel. Pourquoi voulait-elle aller chez Crow ? Mieux valait éviter de le savoir et rester un capitaine ignorant mais vivant.

Elle ne s’était d’ailleurs pas embarquée seule. Avec elle, deux hommes étaient arrivés. L’un portait une espèce de robe et discutait avec l’autre, un épéiste au vu de la splendide lame qui brillait à sa ceinture. Le lézard n’avait pas l’air de les gêner eux d’ailleurs… L’homme en robe s’en approchait d’un pas vif et assuré.


***


- Je suis sur que j’ai mes chances !
- …

Le bretteur darda son regard furieux sur l’homme qui lui faisait face. Comment ce type pouvait-il faire partie du Fang avec lui. Sven était légèrement plus petit que le bretteur mais sa toge camouflait un corps bien formé… Peut-être un peu trop pour un prêtre. Ses cheveux violets-accident magique ?- étaient ébouriffés par les vents maritimes et tombaient en vrac devant ses yeux bleus purs. Son visage fin affichait un sourire benêt et sur de lui tandis que ses yeux allaient de l’épéiste au Diamant Noir :
- Allez Irvin mon pote ! Dis-le. Avoue que c’est une beauté !
- Si j’étais toi je tiendrais un peu plus à la vie. Tu seras mort avant d’avoir pu essayer quoi que ce soit.

Le prêtre se redressa et chassa une mèche de devant ses yeux. Irvin aurait beau dire ce qu’il voudrait, le Diamant Noir ne lui résisterait pas. Quelle gloire ce serait s’il pouvait atteindre et conquérir le cœur d’un des quatre Fang en personne !
- Tu vas te prendre un râteau… Comme avec toutes les autres.
- Tu dis ça parce que tu es jaloux qu’elle t’ait piqué ton post mon ami.
- Je ne suis pas ton ami !

L’épéiste aux longs cheveux d’ébène se renfrogna et croisa les bras avant de s’appuyer contre le mat. Ils étaient suffisamment loin pour que la jeune femme ne les entende pas. Non pas qu’il avait peur d’elle… Mais son gros lézard lui avait jeté un regard glauque tout à l’heure :
- Cette fille n’a même pas prouvé ses compétences et la voila qui se hisse au même rang que le Croc Pourpre !
- Cesse de ressasser « mon ami », tu n’aurais jamais eu le niveau requis par la Dame de toutes les façons.
- …
- D’accord d’accord je te laisse. J’ai d’autres « lézards » à fouetter de toutes les façons.

Le regard noir du tueur n’éclipsa en rien le sourire espiègle que lui adressa le prêtre avant qu’il ne se dirige d’un pas assuré vers la jeune femme et sa wyvern.
*Bon alors… Ô splendeur étincelante de… Non ça colle pas. Quelque chose en rapport avec son dragon ? Beauté écailleuse ? Non, plus original voyons…*

***


Il était soit fou... Soit inconscient... Ce qui revenait au même. La souris qui se jettait dans les bras du chat :.
*Tss l’inconscient… Le sang s’trop dur à nettoyer en plus.*

Sans compter qu’un gros truc de cette taille ferait forcément chavirer l’embarcation s’il s’énervait.
- Retire tout de suite s’que t’as dis !

Allons bon quoi encore ?

***


- Je ne retirerais rien du tout. Seule la vérité est capable de te blesser ainsi ma chère.

L’homme replia sa cape autour de ses bras dans une attitude pleine de noblesse, faisant rougir de rage sa jeune interlocutrice :
- Shaun espèce de…
- Et allez tout de suite les insultes. Preuve manifeste de ton manque implicite d’éducation, ma chère Isabelle.
- Ne m’appelle pas comme ça !

Isa crispa les poings alors que le mage la regardait d’un air plein de suffisance. Non elle n’avait pas lu cet auteur si soit disant passionnant là ce Schrö-machin… Mais tout le monde ne savait pas lire comme cet abruti !
- Je te préviens Shaun. Retire immédiatement ce que tu viens de dire ou…
- Ou quoi, Isabelle ? Tu vas… Bwargl !

L’homme s’empêtra dans sa cape et s’étala de tout son long sur le plancher sous l’assaut rageur du poing de la jeune blonde. Celle-ci fit craquer ses phalanges avant de remonter son anneau d’argent, légèrement trop grand, le long de son poignet. Ses yeux bleus étincelaient de rage derrière sa frange blonde. Toutefois, c’est avec un ton chargé d’ironie qu’elle s’adressa au mage, étendu sur le pont :
- Leçon numéro une : ne jamais s’y croire même en étant un gradé. Leçon numéro deux : toujours éviter un affrontement physique lorsqu’on sait à peine tenir un bouquin !

Tandis que le mage se massait le nez, la jeune femme fit demi-tour et s’éloigna de lui d’un pas vif, son épée ballotant dans son dos. L’homme se tamponna le nez de sa cape avant de se tourner vers l’archer près de lui. C’était bien sa veine. Se faire ridiculiser ainsi devant le petit nouveau… Tentant de sauver ce qui lui restait de dignité, le sage se releva et s’épousseta d’un air dédaigneux avant de tourner son regard émeraude vers la jeune femme qui s’en allait vers la poupe :
- Tsh quelle furie… J’espère pour elle qu’elle manie aussi bien son épée que ses poings. Se tournant vers leur dernière recrue. Un conseil pour ta santé future. Ne l’appelle jamais par son prénom complet… Ou évite de l’appeler tout court.

Sur ces paroles emplies de sagesse, le mage aux cheveux bruns fit virevolter sa cape dans un mouvement élaboré avant d’aller s’appuyer à la proue du navire.

***


- Va me dire à ces imbéciles de faire moins de bruit ! Et plus vite que ça !

Tandis que le matelot s’exécutait, Jerrick ordonna d’affaler les voiles. L’île était plus proche désormais, ils n’allaient pas tarder à accoster. Le pire était probablement que les gugusses qui venaient de s’exprimer n’étaient pas seuls… En plus du groupe au lézard, deux autres hommes et une jeune femme avaient embarqués. L’un des deux hommes portait ce qui ressemblait à une lance encapuchonnée tandis que l’autre se baladait avec une hache au coté. La jeune femme, elle, ne portait aucune arme apparente et était fort jolie... Très à son goût... Avec un peu de chance...
- Laguzs sur babord !

Et en effet au loin, au ras des flots, à l’abri d’une quelconque pluie de flèches, cinq corbeaux approchaient à toute vitesse :
- Du calme ! Nous n’avons rien à craindre, le roi Naesala nous a donné son autorisation !
- Autorisation ou pas... Ils arrivent commandant...

Avant même d’avoir pu répondre, un vent violent s’abattit sur le navire alors que les imposants volatiles atterrissaient. Le plus imposant des cinq se posa d’un pas leste et agile tandis que sa main chassait une mèche de ses cheveux bleus foncés. Ses oreilles étaient fines et pointues et deux ailes d’un noir d’ébène se repliaient lentement dans son dos. Son regard doré se posa sur l’assemblée qui le contemplait désormais.

Naesala, roi de Kilvas et seigneur du peuple des corbeaux, s’avança d’un pas sur en direction de la jeune femme blonde tandis que sa garde atterrissait à son tour. Dans le ciel, plusieurs de ses sujets se réunissaient désormais, prêts à assurer sa sécurité, bien qu’il douta être incapable de se défendre face à ces quelques Beorcs. Dominant la jeune femme de toute sa stature, le roi corbeaux déclama alors :

- Dame Leanne de Serenes... Comment osez vous penser que j’allais vous laisser vous embarquer dans une opération aussi périlleuse !

Sa voix était calme et maitrisée et reflétait la force de sa détermination. Il ne laisserait pas Leanne poser un pied sur cette île alors que certains de ses meilleurs soldats n’en étaient jamais revenus. Dans le meilleur des cas, elle accepterait de s’en retourner à Kilvas. Autrement, il devrait arraisonner le navire et son équipage et si les Beorcs résistaient... Ils découvriraient la puissance de l’un des seigneurs Laguzs.


-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Bien. Alors présence de Leanne oblige... Vous croyiez vraiment que les Laguzs allaient laisser un des derniers hérons se foutre dans la merde comme ça ? XD Bon je compte naturellement sur votre premier rp pour expliquer comment vous en êtes arrivés à ce frêle esquif direction une mort certaine notamment pour les membres d’Aurora et du Black Fang ainsi que Leanne (les deux autres osef c’est facile XD). Prenez en compte le fait que Naesala met un certains temps à arriver après les scènes de Sven et d’Isa. Vous posterez comme d’habitude dans l’ordre d’inscription (Llyr, Geist, Lyzael, Veith et Leanne). Si vous faites intervenir les pnjs, essayez de le faire en rapport avec leur caractère (quoi que là vous avez pas des masses d’indices m’enfin) et dernière précision. Si Leanne finit par suivre Naesala, la mission continuera quand même pour els autres XD (mode salaud enclenché XD)


Dernière édition par Maître du Jeu le Dim 20 Fév - 15:16, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Cauchemar dans le brouillard   Dim 26 Sep - 14:45

Une pièce sombre baignée par les ténèbres, que seules quelques torches éclairaient. Quel était ce sentiment? Une anxiété croissante, des maux de ventre et une boule qui s'instaurait dans sa gorge. De la peur. Elle avait déjà éprouvé ce sentiment auparavant, mais maintenant, il s'instaurait si profondément dans son esprit qu'elle pourrait se faire submerger. Et ces torches... la seule lumière présente ici portait en elle les germes du malheur, car ce qu'elles illuminaient, c'était une réalité qui aurait dû subsister dans l'ombre.

-Diamant Noir, Llyr: j'ai une mission pour vous.

***

Tuer un criminel en fuite. Une mission de routine, enfin c'est ce qui lui avait semblé. On lui avait confié deux hommes de main pour l'assister, chose qui avait tendance à l'énerver. Elle n'aimait pas la compagnie, et préférait agir seule, lorsqu'elle combattait avec une troupe, elle le faisait avec son groupe, les cavaliers de la Serre d'Argent. La plupart d'entre eux avaient malheureusement disparus, mais qui sait, peut-être en retrouverait-elle un à la poursuite de ce meurtrier?
Quoiqu'il en soit, elle n'avait aucune compétence de leader, elle suivait les ordres et n'en donnait pas habituellement. De plus, avoir ces deux sbires dans les pattes, elle n'aimait pas ça. L'épéiste semblait plutôt compétent, mais cet utilisateur de bâtons...


-...

Elle était assise contre Ema, l'aile de la bête étant repliée à sa droite, et sa queue passant devant ses pieds, formant une sorte de protection, tout au moins, c'était un avertissement.
Il la fixait. Avec ce déplaisant regard qu'elle reconnaissait entre mille. Allons bon, lui aussi? Pourquoi tous les hommes avaient-ils ces mêmes penchants à son égard? Plus elle pensait à ça, et plus elle était convaincue que les humains ne valaient pas mieux que les animaux, non peut-être valaient-ils encore moins? En parlant de ça, voilà qu'il la regardait encore. Lassée de voir son visage souriant, elle ferma les yeux.


Les vagues berçaient le bateau et le vent soufflait sur son visage, c'était la première fois. Elle n'avait jamais pris de bateau avant ce jour, Ema non plus. Elle semblait d'ailleurs supporter difficilement le voyage, elle était en peine. C'était d'ailleurs la raison de la présence de Llyr à ses côtés, elle ne s'en éloignait jamais, mais dans l'immédiat, elle n'aurait pas pu se le permettre. Elle ressentait ce que sa monture ressentait, et ce malaise dans le bas ventre, cette migraine qui l'envahissait, elle le percevait.

Elle ouvrit les yeux: le prêtre s'était avancé, surement pour tenter d'engager la conversation. C'était inutile, elle ne savait pas ce qu'il avait à dire, mais était persuadée que ce serait des plus inintéressant. Il semblait avoir préparé son "discours" et son visage montrait qu'il avait confiance en lui, malgré un certain doute. Il commença à parler, mais quelque chsoe attira brusquement son attention, une grave perturbation chez Ema. Celle-ci redressa la tête et fixa l'homme qui perdit un peu de sa contenance, son regard était vide et le grognement qu'elle émit...était différent. C'était différent de tous les grognements qu'elle avait poussés à ce jour, ce n'était ni hostile, ni amical, ça n'était pas non plus de la peur. Pour la première fois, on parvint à lire de l'inquiétude sur le visage du Diamant Noir. Pour la première, et surement la dernière fois.


-Je...

Expulsion. Ema ouvrit brusquement la bouche et expulsa le contenu de son estomac sur le courageux Dom Juan. Il fut recouvert d'un mélange de salive et de multiples déchets naturels sous le regard ébahis de tous les passagers et membres de l'équipage. Ema émit un petit cri, et reprit sa position précédente. Llyr, quant à elle, adressa un regard vide à son prétendant avant de se rasseoir, elle passa sa main sur le corps écailleux de sa monture. Une partie du bateau était recouvert de vomi ce qui rendrait les déplacements aussi aisées que sur une patinoire. Enfin, les marins se démerderaient pour nettoyer, elle doutait qu'aucun d'eux n'ose le lui demander.
Son regard plongea une fois encore dans celui désespéré d'Ema, tandis qu'une troupe ailée descendait sur le bateau. Maintenant elle en était sûre, cette petite ne supportait pas les voyages en mer.
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MessageSujet: Re: Cauchemar dans le brouillard   Lun 4 Oct - 18:05

Autour de Lyzaël tous les marins vaquaient à leurs occupations. Le brouillard se faisait insistant et l'angoisse de l'archer était croissante à mesure que le navire se rapprochait du but. Tout était allé très vite. Quelques jours après sa rencontre avec un mage noir, le jeune homme avait reçu une simple lettre le convoquant pour sa première mission au nom d'Aurora. Visiblement un assassin sans pitié faisait trembler tout Tellius et l'organisation ne pouvait laisser un tel malfrat en liberté. Cependant Lyz' ne comprenait pas vraiment pourquoi on s'était adressé à lui, qui n'avait encore jamais fait ses preuves. Oubliant ce détail aussi vite qu'il s'était immiscé dans son esprit il suivit les inscriptions sur le message.

C'est ainsi qu'il se rendit au port qu'on lui avait indiqué, après une route qui lui sembla interminable. Lorsque celui-ci embarqua, il fit la rencontre de deux membres de l'organisation : Shaun et Isabelle. Lyzaël n'eut pas vraiment le temps de se présenter que le navire fit route vers leur destination.

L'équipage présent comptait des combattants de tout horizon. Dans un coin du navire deux hommes visiblement de bonne condition physique discutaient ensemble. Le premier était armé d'une lance massive qui laissait présager une force incroyable nécessaire à son maniement. Son bandana rouge de travers intriguait Lyzaël, trop respectueux pour oser la moindre remarque.
À ses côtés l'homme se tenait droit, une allure de noblesse et de force se dégageait de cet être. Une hache à la ceinture, ses cheveux blancs et son regard d'or laissait transparaître une détermination à toute épreuve.
Lyzaël observa notamment une femme visiblement blonde, Cette dernière se camouflait étrangement de telle façon qu'il était dur d'en dire davantage sur ce personnage.
À l'autre bout du bâtiment une femme au regard aussi glacial que celui de ça wyvern scrutait l'horizon. Sa chevelure brune descendait jusque dans son dos et son regard indigo s'accordait parfaitement avec le reste. Elle aussi avait pour arme de prédilection une lance. Sa beauté était proportionnelle à la crainte qu'elle inspirait.

Ce qui interpella Lyzaël fut les deux membres qui l'accompagnaient. L'archer avait peu d'information sur le Black Fang mais il avait surprit une conversation des deux combattant en pleine réflexion sur la manière d'aborder la jeune femme. Le Fang était donc ici... Lyz' espérait simplement que la mission n'en serait pas compromise. Une entente entre les deux organisations était-elle possible? Seul l'avenir le dirait.

La scéne qui se passé l'instant d'après était unique en son genre. La wyvern de la femme déglutit une substance nauséabonde sur un des deux sbires. Visiblement le voyage en mer n'était pas son fort. Cette pensée fit naître un sourire au coin des lèvres du jeune homme. Il n'était pas venu pour rien !


- Je ne retirerais rien du tout. Seule la vérité est capable de te blesser ainsi ma chère.
- Shaun espèce de…
- Et allez tout de suite les insultes. Preuve manifeste de ton manque implicite d’éducation, ma chère Isabelle.
- Ne m’appelle pas comme ça !

Les deux hurluberlus qui accompagnaient Lyzaël le tirèrent de ses pensées. Ils se chamaillaient encore, chose à laquelle s'était habitué le jeune homme depuis le début du voyage. N'écoutant qu'à moitié le sujet du conflit l'archer était davantage préoccupait par son intuition de chasseur... Quelque chose allait se passer.

- Je te préviens Shaun. Retire immédiatement ce que tu viens de dire ou…
- Ou quoi, Isabelle ? Tu vas… Bwargl !

L'homme s'écrasa lamentablement par terre. Se faire remarquer de la sorte devant le Fang gênait profondément la nouvelle recrue.

- Leçon numéro une : ne jamais s’y croire même en étant un gradé. Leçon numéro deux : toujours éviter un affrontement physique lorsqu’on sait à peine tenir un bouquin !


Cette femme avait visiblement beaucoup de caractère. Mieux vaudrait ne pas la contrarier à l'avenir.


- Tsh quelle furie… J’espère pour elle qu’elle manie aussi bien son épée que ses poings. Le mage se tourna vers Lyz'. Un conseil pour ta santé future. Ne l’appelle jamais par son prénom complet… Ou évite de l’appeler tout court.


Bien... Ce conseil ne tombait pas dans l'oreille d'un sourd.


- Laguzs sur babord !

C'était le moment, Lyzaël avait senti que quelque chose arrivait. Espérons que tout ceci n'apporterait pas de problèmes supplémentaires. La mission qui s'annonçait s'avérait déjà suffisamment périlleuse.

Cinq corbeaux imposants se posèrent sur le navire. Celui qui se mit en avant semblait être un laguz important. Sa force était visible au premier regard. L'archer décidai donc d'observer la scène sans intervenir, se tenant prêt si besoin.

- Dame Leanne de Serenes... Comment osez vous penser que j’allais vous laisser vous embarquer dans une opération aussi périlleuse !


Quoi?! Leanne était ici ? Le chasseur l'avait croisé à Criméa sur le chemin de sa mission. Cette rencontre représentée la première avec un laguz. Et elle avait eu lieu avec un héron. Ils avaient passé toute l'aurore ensemble à parler de leurs motivations et de leurs rêves, écoutant de temps à autre la voix mélodieuse de la "jeune" laguz.

Instinctivement son regard se tourna vers la femme à la chevelure blonde qui essayait de camoufler son identité.


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MessageSujet: Re: Cauchemar dans le brouillard   Lun 4 Oct - 18:49

Comment une créature de la fragilité et de la pureté de la princesse Leanne avait pu se retrouver embarquer dans la chasse d'un massacreur en série tel que celui que les médias de Tellius avait appelé "Crow". A ce niveau là de l'histoire, on s'attend sûrement à des explications d'une rare complexité, en réalité, la réponse était simple : La princesse Leanne était folle. Alors que l'inconsciente se baladait sur les quais du port Criméan qu'elle allait bientôt quitter, elle avait été accosté par un marin légèrement présomptueux doté de vieux vêtements dépareillés et qui sentait fort le rhum et la sueur.

"Hey gamine, tu sais c'qui s'passe ici? On embarque pour s'faire l'aut' tueur là...Crow!"

La jeune fille ignorait qui était ce "Crow", mais ce devait être quelqu'un de connu pour qu'un marin se vent d'aller le chasser. Elle ne fut pas choquée par l'emploi du mot "gamine", la princesse avait trouvé plus sage de mettre des vêtements simple et de cacher ses ailes, pour passer inaperçue dans la foule. Toutefois, il arrivait parfois que quelques jeunes hommes tentent de flirter avec elle, la laguz ne s'en amusait plutôt que de s'en outrer. Elle était vêtue d'un simple pantalon, d'une chemise en lin et d'une cape qui cachait ses ailes repliées derrière son dos. La "gamine" se faisait passer pour une ménestrel itinérante et jouait des airs connus des différents pays où elle allait, ce qui exigeait de la jeune fille qu'elle apprenne par coeur des chansons dans une langue qu'elle ne maîtrisait pas parfaitement. Qu'à cela ne tienne la princesse était motivée et non seulement son activité était amusante, mais elle était aussi lucrative. Elle évitait tout de même de chanter des Galdrar pour éviter de se faire tuer par des béorcs racistes.

"Oh, c'est vraiment impressionnant...dîtes, brave homme, seriez-vous prêt à faire embarquer une jeune ménestrel en quête d'aventure?"

Leanne pensait qu'en charmant ainsi le garçon, elle aurait droit d'entrer gratuitement dans ce bateau et d'aller aider les autres personnes souhaitant capturer cet homme dangereux grâce à sa voie. Au lieu de ça, le marin avait fait une moue dubitative et avait parlé d'un ton déçu.

"Vous voulez j'ter votre p'tit corps tout fragile dans la gueule de ce taré?"

La jeune femme eut un sourire, on la prenait donc pour une fille incapable de se débrouiller dans une vulgaire chasse au bandit? Elle qui avait aider à détruire Ashera? Elle prit alors son expression la plus douce et, en essayant d'imiter le langage de l'homme, répondit :

"J'suis pas bonne qu'à essuyer la vaisselle, gamin!"

Le marin éclata de rire devant ce qu'il prit pour une gentille moquerie. Ce n'était en fait qu'une tentative de Leanne de s'habituer à un niveau de langage moins soutenue, qu'elle était loin de maîtriser. Elle fut quand même contente d'avoir réussi à provoquer le rire chez cet homme, et elle espérait que cela l'aiderait à pénétrer ce bâteau. Après quelques instants d'un rire partagé par les deux interlocuteurs, ils reprirent leur sérieux.

"A vous d'voir ma ptite, j'espère juste qu'il vous arrivera pas de noises avec l'aut', ce s'rait dommage, un joli visage comme le vôtre! Tant qu'vous avez la somme pour payer vôtr' voyage, l'capaitaine dira oui!"

De l'argent? Voilà un problème qu'elle n'aurait sans doute pas eue si elle voyageait en tant que "Princesse Leanne de Serenes", Leanne n'était pas d'un naturel snob, mais pourtant, juste après que le matelot est fini sa phrase, elle se dit "Comment osent-ils?". Mais la jeune femme finit par se rendre compte de la prétention que cachait sa pensée et sortit une bourse pleine d'écus qu'elle avait amassés en chantant et en jouant d'un instrument typique de Serenes, qui ressemblait plus ou moins a une lyre. A la différence qu'elle possédait une douzaine de cordes et que la caisse de raisonnance était plus imposante que celle d'une lyre traditionelle. Leanne regarda le matelot quelques secondes avant de demander :

"Est- ce que cela suffira?"

Il répondit d'une voix qui ne laissait pas de grands espoirs à la femme déguisée.

"J'peux pas dire que non, mais j'peux pas dire que oui, vous savez l'capitaine... c'pas qu'il est méchant, mais il s'laissera pas attendrir par vos beaux yeux. Si vous voulez l'voir, il est sur le pont avec les aut'. C'est l'gars l bas!"

Leanne sourit, tant pis si cet homme n'acceptait pas du premier coup, elle était sûr que ses arguments finiraient par lui gagner une place dans ce voyage. La jeune femme marcha donc vers l'homme que le marin lui avait indiqué comme étant le capitaine. Le vent faisait virevolter ses cheveux derrière elle, elles se les étaient coupé pour qu'ils ne contrastent pas avec ses vêtements simples. Adieu, tresses et nœuds, aujourd'hui les cheveux de Leanne était simplement attachés en une queue de cheval. Ses yeux verts se fixèrent dans ceux du capitaine qui s'était retourner en entendant le bruit des pas de la laguz.

"Excusez-moi, j'ai cru comprendre que vous étiez le capitaine de ce bateau, pourrais-je participer à la "chasse" de la personne que vous nommez "Crow"."

L'homme parut décontenancé, non seulement par le fait qu'une jeune femme d'apparence fragile vienne lui demander d'embarquer sur un navire qui menait à l'île de Crow, mais aussi par la beauté incroyable de la jeune femme en question. Lorsqu'elle lui tendit une bourse, moins volumineuse que celle que les autres passagers avaient dû lui donner, il ne sut quoi répondre. Cette fille était décidément très jolie, mais ce n'était pas suffisant.

"Ne pouvez-vous rien faire d'autre?"

Jerrick espérait que la femme allait lui répondre qu'elle savait manier une rame, ou encore qu'elle était une navigatrice hors-pair. Au lieu de ça, elle déclara avec enthousiasme :

"Si! Je suis une ménestrel!"

L'homme se détendit en un sourire, une ménestrel! C'était parfait, il allait pouvoir l'engager sans remords et ses matelots seraient divertis pendant la durée du voyage.

"Et bien dans ce cas, vous êtes engagée, faîtes attention aux matelots, ça fait longtemps qu'ils n'ont pas vu de filles aussi jolie que vous."

Leanne sourit, l'aventure commençait donc pour elle, elle était pressée de rencontrer ses compagnons. Toutefois, une question se posait, comment aider à tuer Crow sans utiliser ses Galdrar et ainsi révéler sa nature? La princesse prit la décision d'y réfléchir plus tard, après tout, autant profiter de ses deux semaines pour faire connaissance avec ceux qui allaient bientôt capturer ce criminel que la "ménestrel" sous-estimait encore beaucoup trop.

***

Cela faisait déjà un certain temps que la princesse était sur le bâteau, divertissant les marins grâce à sa voix et à son instrument de musique. Suivant les conseils du capitaine, elle évitait de trop s'approcher des matelots, ce qui n'empêcha pas plusieurs d'entre eux de glisser leurs mains là où il ne fallait pas. La jeune fille faisait comme si rien ne s'était passé, après tout, que ces marins s'amusent s'ils le voulaient, elle n'avait ni la patience ni la force de leur faire comprendre qu'ils la vexaient. Le groupe que composaient ceux qui devaient tuer Crow était très hétéroclite, mais la plus créature la plus curieuse était l'immense Wyverne qui avait pris le pont pour un lit. Leanne ne s'inquiétait pas plus que ça de sa présence, après tout, elle avait déjà rencontré des Chevaliers Wyvernes et jamais leur monture n'avait fait de mal à un allié. En tout cas, c'était vraiment impressionnant qu'on est recours à une femme à dos de Wyverne pour tuer un simple assassin. La princesse se serait-elle trompée quant au dénommé "Crow"

Le fil de ses pensées fut interrompue par l'entrée en scène d'une personne que Leanne aurait reconnue entre mille, roi Naesala de Kilvas. Il s'approcha d'elle, dévoila au reste de l'équipage son identité, ce qui la mettait plus en danger qu'autre chose, et s'arrogeait le droit de décider de sa vie.

"Premièrement, Messire, vous n'êtes pas le seul de nous deux à être consterner! Je n'imaginais pas que vous iriez jusqu'à me faire surveiller par vos espions. Deuxièmement, qui êtes vous pour vous donner le droit de décider de ma vie? Il y a quelques années nous avons eu déjà une discussion sur cela, et la conclusion était que je menais ma vie comme je l'entendais, que cela vous plaise ou non. Je n'ai pas besoin que l'ombre du roi de Kilvas me précède en chaque instant. Troisièmement, n'espérez pas m'emmener dans votre palais maintenant que je me suis engagé dans cette mission, je n'ai pas eu besoin de votre argent pour payer ce voyage, pas eu besoin de votre protection non plus, j'ai réussi à survivre seule pendant cinq ans et je ne compte pas arrêter maintenant. De plus, vous n'avez aucun moyen de me ramener sur la côte, osez employer la force contre moi et vous verrez la moindre miette de compassion que j'ai développé à votre égard disparaître."

Elle avait prononcé ses mots en ancien language, et avec une détermination sans faille. Elle voulait que le moins de personne possible la comprenne, et espèrait que personne n'utilisait cette langue sur le bateau.
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MessageSujet: Re: Cauchemar dans le brouillard   Lun 4 Oct - 23:34

Parfois, Veith se disait qu'il avait un don pour se fourrer dans les ennuis.

Se jeter dans la gueule du loup de cette façon aurait été vu par beaucoup comme un acte de stupidité. Pour le tacticien itinérant, non. Il restait fidèle à ses convictions, voilà tout. Inconsciemment, il imitait le comportement adopté par le fils de Greil, héros de Tellius, plusieurs années auparavant; avancer, avec une seule idée en tête.

Lorsqu'il avait été mis au courant de cette histoire - les attaques, toujours sanglantes, de celui que l'on appelait désormais Crow -, il s'était longuement interrogé sur la question. Dans la voix des Beorcs, il avait perçu haine et indignation chaque fois que le sujet de la race présumée de l'assassin était abordé. Tout le monde paraissait convaincu qu'un tel monstre ne pouvait être qu'un Laguz; plus précisément, un membre du peuple des corbeaux, réputé pour être particulièrement retors. Veith, lui, était l'un des rares êtres sensés à n'avoir pas pris cette fable pour argent comptant. Il avait donc une liste d'objectifs qui lui étaient propres.

Premier fait à vérifier: Crow était-il réellement un corbeau, et non un chevaucheur de bête ailée? D'après la rumeur populaire, certains crimes avaient été commis à l'arme blanche, et la plupart des Laguz préféraient mille fois combattre sous forme animale qu'utiliser un instrument Beorc.

Deuxième fait: Crow tuait-il pour le plaisir, ou bien pour une raison valable? La haine raciale ne pouvait être en cause, étant donné que certaines victimes sous aspect félin avaient été retrouvées exhibées pour l'exemple.

Troisième et dernier fait: agissait-il seul? Une telle force était, de la part d'un être solitaire, plutôt intrigante - vaincre une bête de Gallia était une chose, se débarrasser d'une compagnie entière de soldats de Begnion en était une autre...

Autant de questions qui ne trouveraient de réponse que lorsqu'il serait trop tard pour revenir en arrière.


______________________________



Voilà déjà plusieurs jours que le navire avait pris la mer. La plupart du temps, Veith restait cloîtré dans sa cabine, n'en sortant que lorsque la faim se faisait sentir. Il ne souhaitait pas vraiment faire connaissance avec les autres passagers. Il savait pourtant qu'il n'était pas le seul à s'être lancé dans cette folle expédition; celle-ci avait été planifiée à l'avance par quelqu'un d'autre, mais plusieurs passagers en avaient profité pour embarquer, remettant au passage une coquette somme au capitaine pour qu'il accepte de les attendre à quai une fois arrivés. Le tacticien était l'un d'eux, et s'était arrangé pour rejoindre la petite troupe in extremis, quelques minutes avant le départ; il avait demandé à ce qu'on lui montre sa chambre, et s'y était immédiatement enfermé.

Mais aujourd'hui, Veith avait été l'un des premiers à arriver sur le pont. Il savait que le navire approchait de l'île de Crow; la tension était palpable, et il avait même observé, du coin de l'oeil, le manège de certains matelots qui sursautaient au moindre bruit. Il fallait dire que la chose était compréhensible; entre le gros lézard ailé qui se prélassait au beau milieu du chemin et l'imminence de l'arrivée - donc, un risque potentiel d'être réduit en un petit tas de viande rouge -, le danger semblait omniprésent.

D'autres, en revanche, avaient l'air de bien se porter. Une femme restait constamment collée à la grosse wyvern qui prenait la poussière sans bouger un muscle, et deux imbéciles bien trop bruyants restaient eux-mêmes collés à la femme - enfin, aussi près qu'il était humainement possible lorsque l'on s'efforçait de conserver un périmètre de sécurité entre sa propre tête et les crocs luisants de la bestiole géante. Juste à côté de lui, Veith remarqua un archer auquel il jeta un regard intéressé, ainsi que deux autres imbéciles occupés à se battre entre eux. Très malin. Epuiser ses forces à se chamailler alors que l'on fonçait droit vers le repaire d'un type capable de décimer un bataillon était une stratégie absolument brillante. Enfin, une femme restait à l'écart, ainsi qu'un type pas vraiment commode et qui se promenait avec... une lance rouge? Se pourrait-il que cette arme soit celle que maniait Petrine, à l'époque à laquelle il servait lui-même sous les ordres d'Ashnard? Il s'avança pour s'en assurer...

Deux cris le stoppèrent net. Le premier avait été poussé par la wyvern, qui avait manifestement un mal de mer assez carabiné, au grand dam de celui qui s'en était approché un peu trop près. Quant au second... Il annonçait l'arrivée immédiate de plusieurs corbeaux, qui filaient au ras de l'eau. Les sens en alerte, Veith se prépara à riposter si besoin. Crow? Si tôt?

Non, ce Laguz n'était pas Crow. Le tacticien le reconnut immédiatement, avant même qu'il ait fini de reprendre forme humaine. Ces cheveux d'un bleu sinistre, ces ailes noires... Naesala, sans aucun doute. Il l'avait déjà croisé au château de Daein. La raison en était un mystère; pourtant, elle n'était que peu importante. La véritable catastrophe serait que le souverain le reconnaisse et désire obtenir sa vengeance pour les actes du Roi Fou - après tout, il avait pris part tardivement à la lutte contre Ashnard, aux côtés d'Ike. Inquiet, il resta effacé, attendant que le corbeau annonce le but de cette visite impromptue.


- Dame Leanne de Serenes... Comment osez-vous penser que j'allais vous laisser vous embarquer dans une opération aussi périlleuse !


Pardon? Leanne, de Serenes? N'avait-elle pas, elle aussi, fait partie des alliés d'Ike lors de son raid pour défaire la déesse Ashera? Voilà qui changeait tout! En temps normal, le tacticien aurait laissé Naesala obtenir ce qu'il voulait; après tout, les passagers étaient déjà bien assez nombreux... Toutefois, avoir à ses côtés l'une des dernières représentantes du peuple des hérons, une maîtresse de la magie Seid, pouvait totalement changer l'issue d'un hypothétique combat contre Crow. Pour cela, Veith se risqua à intervenir. Tandis qu'il traduisait approximativement la réplique que Leanne, courroucée, prononçait à l'encontre de son royal interlocuteur, il s'approcha du duo d'un pas raide et digne, prenant habilement la parole avant même que le souverain puisse y répondre.


- Naesala, seigneur du peuple corbeau, ce me semble... Pardonnez-moi de vous interrompre de cette manière, mais j'ai une proposition à vous faire. Je suis Sieg, orateur itinérant; en tant que tel, j'ai pu récolter les opinions de la plupart de mes congénères Beorcs. Il se trouve que tout le monde, sur le continent, est persuadé d'avoir affaire à un corbeau particulièrement puissant. Et il y a, eh bien... des rumeurs. Comme quoi ce Crow serait en réalité à votre botte. C'est ridicule, bien entendu; pourtant, je sais par expérience que ce qui compte n'est pas ce qui est, mais ce que pensent les foules. Or, si personne ne va éliminer ce criminel - pis encore, si vous entravez ce périple d'une quelconque manière -, la populace pensera voir ses soupçons se confirmer et finira par requérir une action punitive à l'encontre de Kilvas, voire une guerre officielle. De même, en admettant que vous parveniez à vous laver de tout soupçon, vous passeriez pour un roi faible, incapable de mettre fin lui-même à un fléau provenant de son propre territoire et donc inapte à conserver son influence politique et sociale. Vous me suivez?


Léger silence, afin de laisser au corbeau le temps d'assimiler ces paroles.


- Voilà pourquoi je vous présente cette requête, bien que nous ne soyons pas vraiment en position de négocier. Dame Leanne, en tant qu'utilisatrice de la magie Seid, est un atout indéniable pour notre entreprise. Ses chants, ceux-là même qui ont aidé Ike à vaincre la Déesse cinq ans plus tôt, si je ne fais pas erreur, nous confèrent un avantage que les troupes précédentes n'avaient pas. Ainsi, si vous craignez réellement pour sa vie, pourquoi ne pas lui permettre de nous accompagner en la laissant sous la surveillance de quelques-uns de vos meilleurs soldats, voire sous la vôtre? Ainsi, vous aurez une part de mérite dans l'élimination de Crow et apaiserez du même coup les tensions entre les peuples en prouvant votre bonne foi. Je suis convaincu que votre geste irait droit au coeur de Dame Leanne. A l'inverse, si vous la forcez à partir avec vous et que nous échouons sans elle, rien ne l'empêchera de vous rendre responsable, aux yeux de tous, de notre perte - d'autant plus qu'elle me semble bien décidée à nous prêter main-forte. Pensez bien à ce que je vous ai raconté; la balle est dans votre camp. Ce sera tout. Merci de m'avoir écouté.


Il effectua une petite courbette, au cours de laquelle il adressa un clin d'oeil furtif à Leanne. Avec un peu de chance, si le souverain se montrait réticent, la jeune femme comprendrait et jouerait la comédie afin d'appuyer ses dires - et, surtout, la petite pointe de bluff qu'il y avait ajoutée. Naesala s'inquiétait pour la sécurité de la jeune membre du peuple héron, ce qui signifiait qu'il ne pourrait se résoudre à la réduire au silence si l'envie lui prenait de ruiner sa réputation aux yeux des autres pays. Et puis, il avait désormais à choisir entre Leanne et sa nation toute entière; mal réagir lui apporterait, à plus ou moins long terme, guerre, méfiance par ses alliés et haine par les Beorcs... d'autant plus qu'un refus entêté d'examiner cette proposition lui octroierait certainement un énorme manque de crédibilité en tant que roi aux yeux de son peuple, dont les quelques représentants qui l'avaient accompagné n'avaient pas perdu une miette du discours. Personne n'aimerait que son roi affiche son mépris envers ses propres sujets en se dirigeant consciemment vers une situation capable de les faire haïr de toutes les nations beorc de Tellius.

Oui... Malgré ce qu'avait affirmé Veith, Naesala était en quelque sorte acculé. Un tel dilemme lui garantissait de devoir assumer un lourd sacrifice en échange de la sécurité de Leanne. Et aucun roi au monde ne sacrifierait sa position pour une chose pareille.

Tout en s'écartant légèrement, il garda un visage d'une neutralité totale. Mais, intérieurement, il avait hâte de savoir comment le souverain allait considérer cette question cruciale.
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MessageSujet: Re: Cauchemar dans le brouillard   Lun 4 Oct - 23:57

Après son séjour à Gallia, Geist s'était arrêté à Criméa le temps d'une pause dans ses projets et aussi histoire de récupérer de cette aventure on ne peut plus particulière. Coupé du monde Beorc depuis quelques temps, il ne put que constater qu'à son retour dans leur territoire, ces derniers ne parlaient que d'une chose lorsqu'on définissait la haine avec les Laguzs: Crow. Et plus précisément un bandit de la côte terrorisant les deux factions sans distinction. Cette affaire fit 'tilt' dans l'esprit du lancier: conscient que les agissements sur les frontières n'étaient pas une simple coïncidence dans la mesure où théoriquement des Beorcs tuaient des Laguzs et inversement sans raison et dans un timing trop suspect pour être sans soupçon, la révélation sur Crow et ses agissements ressemblaient bien trop à tout ça. Il y avait donc une chance de croire que toutes les attaques perpétrées sur les deux races seraient commanditées par cet homme et sa troupe. Bref, qu'il soit Laguz ou Beorc, cette fois il n'y aura pas d'exception: Crow mourra, tout simplement pour son crime contre l'humanité, et sa tentative de commencer une guerre entre les nations.


==========


Une pierre, deux coups. Non seulement il pouvait mettre fin aux agissements déclencheurs du racisme et la haine actuelle entre les races, mais en plus il pourrait s'approcher du domaine de Kilvas, avec la chance d'y rencontrer le roi Naesala ou un de ses suivants. Comme à Gallia, Geist était confiant et aimerait engager à nouveau un dialogue, mais cette fois avec le peuple corbeau. Et vu la proximité avec le territoire de Phoenicis, et les liens entre leurs rois, il se pourrait qu'il réussisse à se mettre toutes les nations Laguzs dans la poche. L'appel aux armes avait été fait, et le lancier s'était engagé sur le Dolfin pour aller poutrer du méchant. Mais à bord, il était loin d'être seul, ce qui était prévisible: des bleusailles de toute sorte s'était ramené en pensant avoir son lot de gloire et de récompenses dans cette folle aventure. Au plus proche de la proue, Geist regardait tout droit tandis que le brouillard empêchait de voir avec précision la localisation finale, comme un oiseau de mauvaise augure. En parlant de ça, il ne fit que peu attention à son entourage, aux corbeaux survolant le navire, ou aux autres passagers: estimer leurs forces ne servirait à rien quand on ne fait rien, après tout. Il ne remarqua pas les événements comme le rejet de la Wyverne ou les engueulades proférées entre des connaissances probables, cependant l'approche de nouveaux Laguzs le fit tilter un temps soit peu. Lorsqu'ils se posèrent sur le pont et annoncèrent le roi Naesala, il se retourna sans trop grincer des dents avant de remarquer qu'on voyait une partie de son arme. Conscient de la symbolique de celle-ci auprès de Laguzs impliqués dans l'ancienne guerre, il remit aussitôt le drap autour de son Inferno, en espérant que personne n'ait remarqué cette maladresse.

Le débat était houleux: le roi Naesala était venu tout spécialement pour venir chercher la princesse Leanne de Serenes -décidément Geist n'avait pas fini de voir des célébrités dans le coin- qui de son côté refusait de se soumettre à sa volonté de la protéger. Un Beorc s'immisça dans leur conversation, mettant un peu de piment à cette dernière mais Geist en profita pour prendre à part un des subordonnés du roi pour lui poser une question toute bête:


"Hmm dites, si jamais on parvient à lyncher ce Crow, ça serait possible d'avoir une petite audience avec votre roi ? Juste par curiosité..."
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MessageSujet: Re: Cauchemar dans le brouillard   Mar 5 Oct - 0:00

Elle l’avait regardé ! Il aurait juré qu’elle lui avait rendu son œillade. C’était un signe ! Une bénédiction posée sur son chemin qu’il se devait de saisir. Bientôt, les portes du cœur de la damoiselle lui seraient grandes ouvertes. Ne restait qu’à prononcer l’incantation qui lui en fournirait la clé :
- Je...

Un grondement, sourd et méprisant, l’interrompit. La bête gardienne de son précieux trésor se dressait là et le contemplait d’un air vindicatif. Tel Cerbère, la wyverne avait levé son énorme tête et la penchait désormais sur le prêtre qui, bien que décidé, n’en menait pas large. Non. Il ne pouvait reculer maintenant. Cet animal était lié à sa future maitresse. S’il en venait à bout, alors le chemin de la gloire et de l’amour n’en serait que plus aisé et bientôt, la peau probablement satinée de sa dulcinée frémirait sous ses doigts avides. L’homme rendit fièrement son regard au reptile :
*Approche vile créature. Sven n’est pas homme à s’avouer vaincu face aux forces ténébreuses qui menacent un futur rayonnant !*

La bête grogna une seconde fois, Sven ne bougea pas. Le rot bruyant qu’elle éructa alors aurait du le mettre en garde. Ce n’est que lorsque les yeux de son adversaire chavirèrent, aussitôt accompagnés de l’expulsion caractéristique du mal de mer, que le prêtre maudit sa propre arrogance. La mélasse jaunâtre, mélange des sucs gastriques de l’animal et de tout ce qu’elle avait bien pu avaler depuis le début de la journée, le frappa de plein fouet avant de se répandre en larges vagues sur le pont. A sa décharge, le religieux resta stoïque et droit, endurant un supplice probablement pire que la mort sans bouger ni même gémir. Lorsque le Déluge s’acheva, l’homme contint le peu de dignité qu’il lui restait, s’essuyant les yeux du bout des doigts, et fit demi-tour d’un pas rendu chancelant à cause de la nouvelle non-adhérence du sol. Irvin l’attendait, mort de rire naturellement :
- Alors elle est bonne ? parvint-il à articuler entre deux gloussements.

Le prêtre lui jeta un regard digne du Diamant Noir elle-même avant de répliquer d’un ton furieux :

- Silence faquin ! Je n’ai pas dis mon dernier mot. Le bateau n’était pas le bon lieu voila tout !
- Oh oui il est clair qu’on aura tout notre temps sur cette île maudite.
- Arrête de rire espèce de crétin et aide moi ! Oh j’en ai dans la bouche c’est vraiment dégueulasse !

Les deux hommes, trop occupés, l’un à maudire tout les reptiles du globe, l’autre à se moquer du premier, ne firent même pas attention à l’arrivée du roi corbeau...

***

- Hmm dites, si jamais on parvient à lyncher ce Crow, ça serait possible d'avoir une petite audience avec votre roi ? Juste par curiosité...

Le Laguz cessa de suivre le débat pour se retourner vers l’humain qui lui avait adressé la parole. Un regard aussi doré que celui d’un oiseau pour des cheveux de jais, il portait ce qui s’apparentait le plus à une lance dans son dos. Que devait-il faire... Son roi était actuellement occupé et il ne pouvait se permettre de le déranger, ne serait-ce que pour éviter d’essuyer sa colère qu’il sentait monter de là où il se trouvait. Il faut dire que la dame avait du tempérament, et l’intrusion d’un Beorc n’avait pas du lui plaire. Cependant, il ne pouvait pas non plus se permettre d’ignorer superbement l’humain, le roi avait été clair. Il montrerait l’exemple mais il attendait que ses sujets, notamment ses plus proches serviteurs, en fassent autant. Le corbeau se retrouvait prit entre deux feux. Ah il était loin le temps de la simple piraterie où les préjugés pouvaient prendre le dessus sans qu’on vous le reproche le soir même. Mais ce temps était révolu, il ne pouvait se dérober : son roi le regardait. Aussi, il tourna son regard noir vers celui de l’humain, ses ailes à moitié déployées dans une position semi-défensive, les bras croisés sur la poitrine... Non, il ne le faisait pas de bon cœur et les politesses qu’il prononça lui arrachèrent la bouche :
- Le roi ne reçoit pas... De Beorcs... Il avait buté sur le mot... Bon sang que c’était difficile. Mais si vous lui rameniez Crow, qui ose le tourner en dérision... Alors peut-être...

C’était tout ce qu’il pouvait dire sur un ton aussi poli et guindé. Comment ce simple humain avait-il osé lui adresser la parole de la sorte. Bien évidemment que Crow leur ouvrirait des portes. Cet homme faisait rager son seigneur depuis plusieurs semaines déjà ! Le corbeau consentit néanmoins à un dernier effort et lâcha très vite, sans regarder l’humain :
- Ramenez-le vivant... Personne ne sait à quoi ressemble Crow.

Et là-dessus, il se désintéressa volontiers de l’humain pour se recentrer sur le débat en cours.

***

- Je n'ai pas besoin que l'ombre du roi de Kilvas me précède en chaque instant.
- Madame...
Troisièmement, n'espérez pas m'emmener dans votre palais maintenant que je me suis engagée dans cette mission, je n'ai pas eu besoin de votre argent pour payer ce voyage, pas eu besoin de votre protection non plus, j'ai réussi à survivre seule pendant cinq ans et je ne compte pas arrêter maintenant.

Le roi tiqua sous l’assaut véhément de sa semblable. Il s’attendait à une résistance de la sorte mais jamais il n’aurait soupçonné que la « douce » Leanne puisse se montrer aussi combative. Tous ces conflits avaient endurcis sa résolution et affirmés son caractère... Au détriment de l’emprise du seigneur de Kilvas au jour d’aujourd’hui. Naesala jeta un rapide coup d’œil à ses sujets, restés en retrait. L’un d’eux discutait l’air de rien avec un Beorc en ce moment critique. L’imbécile ! Et pourquoi cette femme tenait donc tant à rester sur ce rafiot puant la tripe de poisson ? Dès son arrivée, l’odorat sensible du corbeau avait été heurté par une odeur d’entrailles en putréfaction et tous ses sens lui hurlaient de prendre la fuite. Mais il ne pouvait partir sans elle. Crow n’était pas un simple brigand à prendre à la légère.
- Osez employer la force contre moi et vous verrez la moindre miette de compassion que j'ai développé à votre égard disparaître.

Au moins elle avait l’obligeance de s’adresser à lui dans l’ancien langage... Quoi qu’il en fût, le seigneur de Kilvas ne pouvait la laisser risquer stupidement sa vie. Même s’il devait anéantir toute l’estime qu’elle lui portait, il la ramènerait en lieu sur. Alors qu’il s’apprêtait à reprendre enfin la parole pour contrer les arguments de la jeune Laguz, il se produisit un fait n’ayant eu lieu que... Jamais en fait dans toutes l’histoire des négociations du roi Naesala (si négociations il y avait eu). Un humain... Ou plutôt un simple Beorc, probablement même pas de sang royal, s’interposa dans le dialogue de manière très cavalière:
- Naesala, seigneur du peuple corbeau, ce me semble...

Interloqué, brisé dans son élan probablement comme le héron, l’oiseau lui jeta un regard incrédule qui signifiait clairement :- Mais qui êtes vous misérable cloporte pour oser vous immiscer dans une conversation privée entre deux personnages royaux, qui plus est dans un langage que les imbéciles de votre espèce ne sont pas censés comprendre ?
- Pardonnez-moi de vous interrompre de cette manière, mais j'ai une proposition à vous faire.

Il enchaina bien vite, probablement conscient qu’il n’avait, en théorie, pas son mot à dire. Il s’appelait Sieg, orateur de profession. Ses cheveux argentés valsaient au rythme de ses mots et son regard doré, bien que vide de toute intention de défi, ne quittait pas l’or de celui du seigneur. Naesala, au début bien décidé à le faire taire rapidement histoire de pouvoir mener sa petite affaire tranquille, s’empêcha d’intervenir, notamment lorsque l’autre lui exposa cette histoire de rumeur :
- Comme quoi ce Crow serait en réalité à votre botte.

Cette phrase provoqua une réaction unanime des Laguzs à portée d’oreille, autrement dit, un mouvement unanime et plus ou moins agressif en direction de celui qui venait d’insulter publiquement le roi. Mouvement que ce dernier stoppa d’un ample geste du bras. Le corbeau avait cessé de regarder Leanne, et elle en avait probablement fait autant avec lui. Tous deux écoutaient dorénavant les élucubrations de l’homme alors que le Laguz s’était avancé de quelques pas vers ce dernier, ses ailes majestueuses le dominant de toute leur stature :
- C'est ridicule, bien entendu; pourtant, je sais par expérience que ce qui compte n'est pas ce qui est, mais ce que pensent les foules.

Il entama alors la partie des sujets... Qui fâchaient. Lorsqu’il aborda le thème des représailles envers Kilvas ainsi que de la guerre, les corbeaux alentours exprimèrent de nouveau leur désir de déchirer cet inconscient entre leurs serres. Un seul mot de leur chef et l’homme à la hache finissait sa misérable vie sur ce rafiot puant. Le roi n’esquissa pas un seul geste d’assentiment envers eux, ni envers le stratège, il se contentait d’écouter.
- Vous me suivez?
- Je « te suis » Beorc. C’est même clair et limpide comme de l’eau de roche. Continue.

A sa grande surprise, l’homme poursuivit son discours, y insérant même quelques phrases en ancien langage. Il était érudit. Bien plus que ce que son langage distingué et sa logique imparable laissaient comprendre. Il était face à quelqu’un qui savait vraiment de quoi il parlait. Sa proposition concordait avec le souhait de Leanne, à ceci près qu’il laissait sous entendre que la présence du roi leur serait plus que profitable... Ce qui était très probablement le cas.
- Ce sera tout. Merci de m'avoir écouté.

L’homme s’inclina et recula tels que le voulaient les usages de la cour. Au diable ces simagrées. Il n’aurait jamais du le laisser parler. Le corbeau se retrouvait acculé, contraint de choisir entre le respect de son peuple auprès des autres nations et la sauvegarde d’une des dernières représentantes de la race des hérons. Cet homme était rusé... Bien plus qu’il ne le laissait paraître avec son attitude servile.

Un petit sourire dansait sur les lèvres du roi. Bien... Puisqu’il ne pouvait plus rien faire sans se compromettre... Autant faire ce qui était en son pouvoir pour protéger la jeune femme. Il s’avança de quelques pas vers l’homme :

- Tu parles bien Beorc.

Dans ses pupilles d’oiseau dansait un éclat froid mais d’où était absent toute colère. Il n’avait pas perdu face à n’importe qui, il en était persuadé... Se pouvait-il que cet homme soit autre chose que ce qu’il prétendait être. Détaillant l’homme de haut en bas, il reprit la parole :
- Tu suggères que je reste avec vous pour « protéger » ma Dame, et par la même occasion, vous servir de bouclier. Il secoua la tête d’un air navré Cela, je ne peux l’accorder : bien trop d’affaires réclament mon attention en ces temps troublés. Ma présence ici n’a d’ailleurs que trop durée.

D’un large geste, il engloba les corbeaux qui rodaient autour d’eux avant de reprendre :
- Chacun des braves que tu vois ici serait par contre en mesure de vous venir en aide aussi bien que moi voire même de bien meilleure façon mais...

Sa poigne d’acier se referma sur l’épaule du Beorc. Le roi serrait la chaire avec toute la force dont il était capable tandis que son regard, aussi froid et dur que le métal, plongeait dans celui de l’homme qui lui avait tenu tête. Ses pupilles brillaient de la juste colère de celui que l’on a insulté :
- Tu mésestimes la fierté de mon peuple si tu crois que nous n’avons pas tentés de régler ce problème par nous même.

Sans relâcher la pression, il poursuivit :
- J’ai personnellement survolé et exploré cet îlot à maintes reprises avant d’en faire appel aux mercenaires. Ce brouillard n’existait pas avant l’arrivée de cet être impur. Il est fort. Bien plus que tu ne le crois mais pas assez pour me vaincre et c’est pourquoi il se cache.

Il lâcha le Beorc et poursuivit, s’adressant cette fois-ci à tout l’équipage :
- Il se cache en attendant son heure. Il augmente ses forces et ne se montre qu’à ceux qu’il est sur de vaincre. Tout seul, vous n’avez aucune chance face à lui.

Se retournant brusquement, il observa le héron :
- C’est pourquoi je suis venu ici, dans l’espoir que vous m’écoutiez. Oubliez cette folle aventure, tous autant que vous êtes... Et laissez le moi. Lorsqu’il viendra à moi... Alors il comprendra à quel point la colère d’un seigneur Laguz peut être redoutable.

Il perdait son temps. Il le savait :
- La décision vous appartient. Libre à vous de courir vers une mort certaine... Mais dans le cas où vous décideriez de poursuivre...

Le roi oiseau se retourna une dernière fois en direction de l’homme à la hache :
- Je te rends responsable de la protection de Dame Leanne de Serenes. C’est un grand honneur qui t’es fait, Beorc. Tâche de t’en montrer digne.

Sur ces paroles forts rassurantes, l’oiseau de mauvaise augure fit demi-tour dans un geste théâtral et s’avança vers le bastingage tandis que ses hommes s’écartaient sur son passage. Sans un regard en arrière, le roi corbeau déploya ses ailes et fila vers les cieux embrumés, aussitôt suivit de son escorte. En une seconde, le calme revint à bord :
- Bordel Irvin trouve moi au moins un mouchoir !

***

L’oiseau zigzagua habilement entre les branches des arbres, glissant silencieusement à travers la forêt. En quelques secondes, il avait traversé une bonne partie de l’île et se retrouvait face à Lui. Il était tranquillement assit contre un rocher, dans le silence d’une petite clairière. C’était le coin de l’île qu’il préférait. Calme et silencieux avec beaucoup d’espace pour s’y mouvoir. Le silence était uniquement perturbé par le raclement d’une pierre à aiguiser sur la lame de sa lance. Le Laguz tomba à genoux et replia ses ailes noires sur son dos :
- Monseigneur, ils vont accoster. Naesala vient de quitter leur bord et ne semble pas se diriger vers nous.

Le son lancinant de la pierre sur l’acier ne s’arrêta pas pour autant. :
- Monseigneur ?
- Combien sont-ils ?
- Une dizaine environ je dirais. Il n’est pas impossible que des troupes soient cachées dans les cales du vaisseau mais nous pouvons déjà confirmer la présence d’une wyvern. Nous en sauront plus dès qu’ils accosteront.

Le silence retomba sur la clairière jusqu’à ce que l’homme se redresse. La pierre roula dans l’herbe alors qu’il examinait d’un œil critique le résultat de son travail :
- Informe les autres. Vous attaquerez en premier avant que je ne vous rejoigne. Maintenez la wyvern au sol et tout ira bien. Même formation que d’habitude.
- Oui monseigneur.

Le Laguz ne demanda pas son reste et décolla de nouveau sous sa forme animale. L’homme abaissa lentement la lame de son arme avant d’appuyer sa tête contre le roc :
- Une wyvern hein...

Le roc s’anima alors, glissant sous la tête blonde de l’homme. Une queue se détacha lentement du corps de la créature tandis que d’imposantes griffes raclaient le sol herbeux. Un grondement sourd monta des entrailles de la bête tandis qu’une tête imposante se balançait par-dessus deux ailes noires et lustrées. L’énorme bête relâcha un puissant souffle d’approbation dans la nuque de son cavalier avant que celui-ci ne lève ses yeux bleus purs vers elle.
- Crois-tu qu’elle pourra nous égaler ?

Un rictus de plaisir orna son visage imberbe alors qu’il se levait, la bête derrière lui l’imitant :
- Il est temps... Son arme vint se nicher sur son épaule. Personne ne dérange Crow.


Dernière édition par Maître du Jeu le Dim 20 Fév - 15:49, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Cauchemar dans le brouillard   Sam 9 Oct - 14:44

Donc c'était ça, un seigneur laguz? Ema et Llyr posaient un même regard sur l'être ailé qui s'était invité sur le navire. Le léger grognement qu'émis la wyvern suffit à indiquer à sa maitresse l'étendu des capacités du corbeau. Elle n'avait pas l'ascendant. Et pour que de l'angoisse pénètre la carapace de la bète ailée, pour qu'un wyvern, seigneur des cieux, sois intimidée par un simple oiseau... la force de l'ange noir devait être immense. C'était surement cela 'l'instinct' des animaux, la capacité d'évaluer les forces des adversaires et de fuir pour sauver sa vie; le mystérieux don qui équilibrait naturellement la balance proie-prédateur. Et dans ce schéma, l'identité de la proie n'était que trop flagrante.

Llyr n'accorda aucune attention au prêtre souillé par sa faute - bien qu'il devait avoir été souillé d'une autre manière depuis bien longtemps - et dirigea ses sens vers la discussion entre la jeune fille aux cheveux dorés et l'homme aux cheveux bleus. Enfin, cela ne servit à rien, puisqu'ils semblaient parler une langue étrangère. D'ailleurs, à y repenser, elle avait déjà entendu quelque chose de semblable auparavant, c'était le même genre de chant que les magiciens, mais c'était la première fois qu'elle le voyait utilisé dans une discussion.
Un homme - appelons le l'homme aux cheveux argentés - s'interposa et prit la parole. Lui, il parlait de façon normale...en tout cas au début. Lassée de cette conversation à laquelle elle ne comprendrait de toutes façon rien, la chevalière wyvern laissa trainer son regard sur l'horizon, inconsciente du dévouement de l'affaire.


-...

Une brume inquiétante enveloppait les environs, en tant que membre du Black Fang, elle avait été habituée à tendre des embuscade dans ces conditions, mais ce brouillard ci...était différent. Plus morne, plus sombre, plus sinistre aussi, il s'en dégageait...une aura malsaine.
La manieuse de lance se leva, l'île était à portée de ses yeux entraînés et ne tarderait pas à l'être des autres passagers. Un des matelots annonça l'arrivée imminente, et le navire se prépara à accoster.


-Vas-y, Ema.

Au son de la voix de son maître, la bête se redressa, la bateau tanguait toujours un peu, mais ils étaient à une distance suffisante de l'île pour se permettre de décoller. Et puis, plus que tout, c'était le souhait d'Ema. Quitter au plus vite ce sol qui bougeait sans cesse et regagner les cieux amicaux, le vent avait une course bien plus prévisible et agréable. Sans demander son reste, la masse écailleuse sauta du pont du bateau, le faisant légèrement chavirer au passage, et déploya ses ailes brunes dans cet océan gris. Elle disparut une seconde du champ de vision des marins, avant de planer aux côtés du gros bout de bois flottant qu'était à ses yeux le bateau.
Le Diamant Noir fit tourner sa lance, et sans demander son reste, prit appui sur le rebord du navire et sauta à la mer. Elle atterrit sans encombres sur le dos d'Ema, et resta en alerte aux côtés du bateau qui allait accoster.
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MessageSujet: Re: Cauchemar dans le brouillard   Sam 9 Oct - 15:25

Leanne s'exclama en ancien langage. N'ayant aucune connaissance de cette langue Lyzaël ne comprit rien de ses mots. Cependant son air revanchard et déterminé, le ton qu'elle donnait à ses arguments, laissaient présager un conflit entre les deux protagonistes. Visiblement celle-ci ne souhaitait pas rejoindre les corbeaux.

Il faut dire que durant leur première rencontre sa détermination avait tout de suite interpellée l'archer. Son expression simpliste et son regard innocent lui conféraient un certain charme qui n'effaçait rien à l'envie d'aventure qu'il avait pu lire dans ses yeux.

L'air incrédule de l'interlocuteur de la princesse confirma ses soupçons.


<<- Naesala, seigneur du peuple corbeau, ce me semble... >>

Le Roi Naesala? Le jeune homme se trouvait face à un roi... Instinctivement il recula d'un pas, trébuchant sur un seau qu'il renversa sans pour autant s'étaler sur le sol comme son collègue précédemment. Il jeta un œil hâtif pour distinguer les personnes ayant remarquées sa maladresse.


Dans tous les cas, l'intervention de l'homme à la hache avait impressionné le chasseur. Ce type avait une certaine vivacité d'esprit que le commun des mortels devait lui envier
.

- Voilà pourquoi je vous présente cette requête, bien que nous ne soyons pas vraiment en position de négocier. Dame Leanne, en tant qu'utilisatrice de la magie Seid,est un atout indéniable pour notre entreprise. Ses chants, ceux-là même qui ont aidé Ike à vaincre la Déesse cinq ans plus tôt, si je ne fais pas erreur,nous confèrent un avantage que les troupes précédentes n'avaient pas. Ainsi, si vous craignez réellement pour sa vie, pourquoi ne pas lui permettre de nous accompagner en la laissant sous la surveillance de quelques-uns de vos meilleurs soldats, voire sous la vôtre? Ainsi, vous aurez une part de mérite dans l'élimination de Crow et apaiserez du même coup les tensions entre les peuples en prouvant votre bonne foi. Je suis convaincu que votre geste irait droit au coeur de Dame Leanne. A l'inverse, si vous la forcez à partir avec vous et que nous échouons sans elle, rien ne l'empêchera de vous rendre responsable, aux yeux de tous, de notre perte - d'autant plus qu'elle me semble bien décidée à nous prêter main-forte. Pensez bien à ce que je vous ai raconté; la balle est dans votre camp. Ce sera tout. Merci de m'avoir écouté.

Une chose est sur, cet homme aimait parler ! Son discours avait cependant eu le mérite d'éviter à Lyzaël de s'exprimer. Il était intimidé par la présence du monarque et cette corvée n'aurait sans doute pas été à sa portée. Une chose attira cependant son intention. Ce guerrier parlait l'ancien langage? Décidément il y avait sans doute beaucoup à apprendre en observant ce personnage. Le jeune homme n'y manquerait pas...

Il ne restait plus qu'à savoir comment son interlocuteur allait réagir à ces mots... Cette réaction ne se fit pas attendre. Le roi réagit dans un premier temps au quart de tour avant d'écouter attentivement les dires de l'érudit. Il avait désormais réussi à capter l'attention d'un monarque. Qui plus est, visiblement pas le plus compréhensif.


<< - Je te rends responsable de la protection de Dame Leanne de Serenes. C’est un grand honneur qui t’es fait, Beorc. Tâche de t’en montrer digne. >>

Il avait confié la protection de Leanne à ce type. Lyzaël espérait simplement que ce rôle ne l'empêcherait pas de se battre dans des conditions idéales. Se priver d'un combattant n'était sans doute pas la chose la plus intelligente.

Naesala quitta le navire attirant tous les regards. Le moment fatidique approchait. L'archer se sentait bien penaud au milieu de toutes ces pointures de guerre. La personne dont il se rapprochait le plus au niveau de l'expérience était surement Leanne. Cette pensée lui flanqua une gêne perceptible au premier regard.

Les minutes passèrent... et tout était calme. Trop calme. Le chasseur qu'il était avait la chance de pouvoir interpréter les signes avant coureur d'événement qui pourrait causer un danger plus ou moins important.


<< - Shaun, vas chercher Isabelle et restez ensemble. Soyez sur vos gardes et ouvrez les yeux. J'ai un mauvais pressentiment. >>


Sur ces mots Lyz' décida de faire le tour de l'équipage, du moins en parti. Certains ne voulant visiblement pas être dérangé. De plus il était impossible de communiquer avec la dresseuse de wyvern qui venait de décoller.


<< Leanne, je suis ravi de te retrouver, bien que les circonstances ne prêtent pas vraiment à un échange des plus poussé. Fais attention à toi. Et tu pourras compter sur moi durant cette mission. Bien que je te saches entre de bonnes mains. >>


Sur un petit clin d'œil il s'éloigna de la jeune laguz et rejoignis l'homme à la hache qui l'intriguait tant.

<< Belle intervention. Vous nous avez surement évité de gros ennuis. Puisque nous ferons équipe durant cette péripétie, permettez moi de me présenter : Lyzaël. Originaire de Daien. Désolé de vous interrompre dans vos pensées mais... Je crois qu'il faudrait sérieusement songer à être attentif. Je ne suis pas un combattant des plus aguerris mais j'ai le mérite de sentir les choses. Et là... Ce que je sens approcher n'est pas de bonne augure...J'ai un mauvais pressentiment.>>
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MessageSujet: Re: Cauchemar dans le brouillard   Sam 9 Oct - 18:18

Mauvais, vraiment mauvais. Geist savait par expérience récente qu'il valait mieux ne pas s'attirer les foudres des autorités Laguz par un dialogue arrogant, mais trop tard. Le mal était fait. Les voiles se replièrent sous l'action des marins tandis que le bateau approchait de l'île. Le roi corbeau et ses sbires étaient partis, laissant les protagonistes de la scène à leur faim, même si le pire avait été évité. Enfin quoi de pire que de céder une princesse Laguz à la protection d'une unité Beorc. Ça sentait à plein nez l'échec diplomatique, dans le pire des cas, et laisser la surveillance d'une frêle demoiselle à un seul homme était risqué. Une fois le bateau arrêté, une passerelle fut placée pour descendre sur la rive tandis que l'ancre était jetée. Il fallut cinq bonnes minutes au groupe pour descendre du navire et se recentrer devant le pont. Apparemment il manquait la chevalière wyvern pour le moment, mais les effectifs, bien que restreints, étaient suffisants pour tenter une infiltration... À moins qu'ils ne se soient déjà fait repérer avant, ce qui serait étonnant vu la brume. Une fois tout le monde -ou presque- regroupé, chacun se présenta dans leur rôle respectif, du genre "moi je vais vous soigner" etc... C'est alors qu'au moment de prendre la parole, Geist ne fit que s'adresser qu'à une seule personne: le manieur de hache à la langue trop pendue.

"Eh, le gars aux lunettes, tu surveilles bien la dame, surtout... Je vais essayer de te faciliter le travail en passant devant et attirer leur attention si jamais ils se montrent. Ça te facilitera la tâche."

Geist fit volte face après ça, et commença à marcher vers l'inconnu, mais en tout cas ce qu iressemblait le plus à l'unique chemin empruntable. Il n'avait pas sorti son Inferno de son drap, craignant encore le regard de Laguzs trop soupçonneux dans les environs, et surtout pour la surprise du côté adverse, dira-t-on.
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MessageSujet: Re: Cauchemar dans le brouillard   Dim 10 Oct - 15:29

La situation n'allait sûrement pas s'arranger pour la jeune femme aux cheveux d'ors, Naesala allait sans doute s'entêter à tenter de tirer la teigneuse hors du bâteau. Tant pis, elle ne laisserait pas la saveur de sa renonciation à ce sale oiseau. Le laguz au cheveux bleus s'apprêta à parler lorsqu'un autre homme s'interposa pour prendre la défense de Leanne. Cette dernière n'osa pas lui demander de ne pas prendre la parole. Aussi étrange que cela puisse paraître, le béorcs connaissait l'ancien language et l'utilisa même lors de sa conversation, peut-être pour éviter que quelqu'un d'autre ne comprenne ce qu'il disait. Le roi corbeau allait-il ployer devant l'assaut verbal de cet orateur de la princesse réunie? Il sembla d'avoir essayer de dissuader, non seulement Leanne, mais tout l'équipage, de partir à la chasse de ce dangeureux criminel, mais c'était inutile, et Neasala le savait très bien. La discussion se conclut par une phrase de l'oiseau, il demandait à cet homme de veiller sur la laguz héron, c'était en réalité sûrement plus une corvée qu'un honneur pour le garçon et, lorsque les oiseaux se furent éclipsés, la jeune femme murmura un "désolé" tout en souriant avec candeur à cet homme. S'il devait vraiment la protéger, autant qu'elle connaisse au moins son nom, se dit-elle.

"Comment vous appelez-vous?"


Lorsqu'elle eut entendu la réponse de l'homme, Leanne décida de partir à la rencontre des autres passagers. Elle fit un tour rapide de l'équipage avec ses yeux, reconnut Lyzaël, le jeune archer avec qui elle avait déjà eu l'occasion de discuter. Le monde était terriblement petit pour que deux personnes qui n'ont à prioris rien à voir se rencontrent deux fois en si peu de temps. La jeune fille lui fit un signe de la main et se rapprocha de lui pour lui dire bonjour. Mais elle ne resta pas longtemps près de lui, déterminée à connaître chacun de ses compagnons, la princesse s'imaginait déjà se lier d'amitié avec toutes ces personnes, comme à l'époque où elle se battait aux côtés de la princesse Elincia et d'Ike. Son attention fut immédiatement attirée par les deux femmes du bâteau. La laguz se dirigea d'abord par la cavalière wyvern, intriguée par son air si...indifférent?

"Euh...excusez-moi, vous êtes?"

Mais il sembla à Leanne que la jeune femme ne l'avait pas entendue, car elle prit aussitôt son envol. Tant pis, elle aurait l'occasion de discuter avec elle plus tard. En attendant, le navire était presque arrivé sur l'île de Crow. C'était donc là que l'aventure allait commencer, la jeune femme fut soudain prise d'un sentiment d'angoisse énorme, et si Naesala avait raison? Et si elle ne ressortait pas vivante de cette île? La princesse tenta de se calmer, tout allait bien se passer, après tout, elle avait déjà survécut à deux guerres, était-ce un criminel qui allait la tuer? L'ennui c'était que cette question restait sans réponse... Puisque désormais, tout le monde savait qu'elle n'était pas une ménestrelle, autant laisser ses ailes à l'air libre, elle enleva les vêtements qui les cachait et déploya ses plumes derrière son dos. La laguz posa le pied sur l'île
de Crow juste après que Veith l'ai fait. Il y avait un brouillard a coupé au couteau et il était chargé d'une aura maléfique que la femme-héron n'avait pu que sentir. C'est homme devait réellement être d'une atroce méchanceté.
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MessageSujet: Re: Cauchemar dans le brouillard   Mer 13 Oct - 1:07

C'était... Non, inattendu n'était pas le mot. Il était relativement prévisible pour Veith que ses arguments auraient su faire mouche, mettre à mal son interlocuteur. Toutefois, une telle réaction dépassait de très loin ce qu'il avait espéré, et il ne savait pas réellement s'il s'agissait là d'une bonne chose. Sérieusement, confier à un inconnu la protection de la dame? La lui confier, à LUI? Etait-ce bien une victoire, en fin de compte? Avec une légère grimace, il massa l'épaule que le souverain lui avait littéralement broyée, tout en regardant celui-ci s'éloigner. Bon débarras! Il ne lui disait rien qui vaille - d'autant plus qu'il avait probablement bien trop joué au plus fin avec lui pour pouvoir dorénavant passer inaperçu à ses yeux.

A cet instant, l'archer qu'il avait repéré plus tôt s'approcha de lui, engageant la conversation. Peut-être au moment précis où il n'avait pas le moins du monde envie de discuter, d'ailleurs. Cela dit, le dénommé Lyzaël avait le mérite de faire des remarques pertinentes, signe d'un esprit vif, sinon d'une capacité naturelle à être affecté par ce qui l'entourait.


- Lyzaël, de... Daein... Oui, j'ai moi aussi ce pressentiment. Ce morceau de terre a beau être perdu en pleine mer, il n'en a pas moins une sorte d'aura fort déplaisante. Ta vision est bonne, non? Ouvre l'oeil, c'est un conseil. Nous pourrions en avoir besoin.


Il fit volte-face, et ce fut Leanne qui entra aussitôt dans son champ de vision. Curieusement, et bien qu'il l'ait déjà donné à Naesala un peu plus tôt, elle lui demanda son nom. Avait-elle senti qu'il ne s'agissait là que d'un pseudonyme? Veith baissa les yeux un instant. Il n'y avait pas vraiment de danger à lui révéler son réel prénom - c'était même la moindre des choses, étant donné qu'il se retrouvait contraint de lui servir de garde du corps personnel.


- Veith. C'est Veith, pas Sieg. Il n'est que peu courtois de mentir à un souverain, mais j'ai d'excellentes raisons, croyez-le bien. Si vous voulez bien m'excuser...


Il la contourna afin de retourner dans sa cabine, de laquelle il ressortit une poignée de minutes plus tard, muni des spallières métalliques qui l'avaient suivi partout depuis les événements de Begnion, quelques années auparavant. Après avoir vérifié le contenu de sa sacoche, il décréta qu'il était fin prêt, et il descendit parmi les derniers du navire qui l'avait amené ici. Une fois tout le monde rassemblé, la plupart des présents prirent la parole afin de se présenter brièvement, et le type à la lance - désormais totalement dissimulée - choisit cet instant pour lui adresser une remarque à laquelle Veith ne prit la peine de répondre que par un signe de tête. Rien d'autre à ajouter; l'homme avait l'air sûr de lui, et toute méthode d'approche qui garantirait à Leanne de demeurer hors de portée d'éventuels ennemis était la bienvenue. Après tout, tacticien ou pas, sa mort serait infiniment plus certaine si une seule des plumes de la demoiselle était froissée pendant l'opération que s'il était lui-même contraint de se jeter dans la mêlée.


- Dites... Avec les efforts que j'ai dû fournir pour garantir la présence de Dame Leanne, ne vous gênez surtout pas pour me remercier en me prêtant main-forte si jamais vous voyez qu'elle est en mauvaise posture, d'accord? Non pas que je ne me sente pas capable de la couvrir, mais si un malheur arrivait, vous auriez deux morts sur la conscience au lieu d'une seule. Si vous voyez ce que je veux dire..., fit-il en haussant les épaules.


Et il emboîta le pas à l'homme qui s'enfonçait déjà seul dans la brume. Ce n'était pas en campant devant le bateau qu'ils allaient pouvoir trouver leur cible, c'était évident. Après quelques mètres, certain que la zone était relativement sécurisée, il ralentit de manière significative, attendant que tout le monde le rattrape pour rester à l'arrière avec Leanne. L'arrière, la place du tacticien... Il n'aimait que trop peu que son rôle lui soit rappelé de cette manière.
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MessageSujet: Re: Cauchemar dans le brouillard   Jeu 14 Oct - 1:41

- Shaun, vas chercher Isabelle et restez ensemble. Soyez sur vos gardes et ouvrez les yeux. J'ai un mauvais pressentiment.

Le sage eut à peine le temps de lever le doigt pour protester que déjà, son « subordonné » disparaissait à travers la cohue qui régnait sur le navire. L’embarcation était sur le point d’accoster et les marins s’activaient le plus rapidement possible. Aucun d’entre eux ne souhaitait s’attarder sur cette île maudite, trop semblable à une certaine Valor, et le navire repartirait immédiatement une fois ses passagers débarqués. Aucun signal pour le retour n’avait été établi, les « mercenaires » n’étant pas vraiment organisés pour penser à cela mais le capitaine savait qu’en cas de risque pour sa survie, l’homme était capable de se montrer désespérément ingénieux. Les survivants se montreraient bien capables de lui communiquer leur prompt désir à repartir. Au grand déplaisir de la plupart des membres de son équipage, Jerrick avait décidé de patrouiller quelques temps dans les alentours de l’île. Le Dolphin était un fier petit navire capable de prendre de vitesse n’importe quel vaisseau pirate et le vieil homme misait énormément sur cette remarquable capacité pour fuir en cas de contre-attaque de l’ennemi. En contrepartie, il espérait également une récompense substantielle en cas de capture de Crow.

Crispant les poings, Shaun parcourut rapidement le pont du regard avant de baisser la tête au son de la voix moqueuse qui résonna dans son dos :

- C’est moi où le petit vient de te moucher genre sévère ?
- Je n’ai pas eu le temps de le reprendre Isabelle c’est tout... Et il fait des erreurs comme tout rookie qui se respecte...
- Comme donner des ordres à son supérieur ?
- A ta place, je me chargerais de m’aider à lui rappeler son rang au lieu de rire bêtement, sotte que tu es ! De plus n’étais-tu pas exactement comme lui lors de ta « jeunesse » ?

Piquée au vif, la combattante bouscula le mage avant de se fondre à son tour dans la masse, levant la tête d’un air hautain :
- Dame Eve pourquoi m’avoir refilé pareille corvée je vous le demande...

Sur ces mots, le mage emboita le pas à ses deux coéquipiers alors que chacun commençait à descendre.

***

Traversant désormais une forêt, le groupe progressait lentement mais surement vers le centre de l’île. Un silence presque total régnait sur les alentours : pas un pépiement d’oiseau, presque pas un souffle de vent. L’endroit respirait la mort et le brouillard qui les entourait ne facilitait nullement leur progression. Trainant à l’arrière, en bon manieur des sorts de soin qu’il était, Sven contemplait d’un air rêveur le ciel embrumé, malgré l’épouvantable odeur de vomi qu’il dégageait tandis que sa toge, noire à la base, semblait virer au jaune caca d’oie :
- C’est pas vrai... Me dis pas que tu y penses encore !
- Et comment que j’y pense mon p’tit Irvin... Non mais regarde-la. N’est-elle pas merveilleusement gracile ?
- Arrête de fantasmer crétin on ne la voit même pas! Son lézard vient presque de te chier dessus et toi tu t’accroches encore malgré...
- C’était surement une trace d’affection.
- ... Pardon ?
- Le vomi je veux dire. Peut-être que chez les wyvernes cela signifie qu’elle m’aime bien...
-... La Déesse doit me haïr.
- Roh détend toi mon ami ! scanda gaiement le prêtre avant de tenter de passer un bras autour des épaules de son compagnon, geste aussitôt repoussé par une réaction qualifiable de sainte horreur.
- Ne me touche pas ! Tu empestes l’affection reptilienne ! Pourquoi faut-il que ce soit moi qui me cogne cet imbécile en pleine mission !
- Parce que tu as besoin de moi.
- ...
- Voyons Irvin... Ne me dis pas que tu n’as rien remarqué. Je sais que ce brouillard est magique mais tout de même...
- Parle plus fort ils ne t’ont pas entendu... Imbécile.

***

- Monseigneur ?

L’homme ne se retourna pas mais interrogea pourtant le corbeau d’une voix chaude et grave alors qu’il terminait de s’équiper :
- Quelles sont les nouvelles ?
- Ils sont à peine une dizaine.
- Intéressant... Il s’empara d’une paire de gant de monte et commença à les enfiler avec une lenteur exacerbée. - Mais encore ?
- Leur formation est tout ce qu’il y a de plus classique. La wyverne vole au dessus d’eux mais à basse altitude.
- Immobilisez là en première c’est tout ce que je vous demande. Un adversaire aérien serait regrettable pour nous tous.
- Bien monseigneur.
- Autre chose ?
- L’un d’eux empeste atrocement et peut être pisté à des kilomètres. De plus, nos éclaireurs nous informent de la présence... D’un héron.

A deux doigts de s’emparer de sa lance, le cavalier stoppa son geste, retournant son visage casqué vers l’émissaire tandis que l’immense reptile poussait un grognement interrogateur :
- Un héron... Pour nous chasser ? En es-tu sur ?
- Oui Monseigneur. Leurs intentions sont clairement belliqueuses mais une jeune femme aux ailes blanches se trouve parmi eux.
- ...
- Monseigneur ?

Le chevalier resta pensif un instant avant de reprendre :
- C’est ridicule mais il semblerait qu’une invitée royale vienne de se joindre à nous... Le maître en sera plus qu’heureux...
- Quels sont vos ordres ?
- Lancez l’attaque comme prévu. Tuez les tous mais épargnez ceux qui se rendront et surtout... Capturez le héron vivant.
- A vos ordres.

Et l’animal disparut tandis que le lancier s’emparait de son arme et se dirigeait vers sa monture.

***

- Isa...
- Je sais.
- Lyzael… Prépare-toi petit. Ils sont nombreux... Essaye de rester un maximum derrière Isabelle et quand je te le dirais...
- Ramenez-vous bandes de débiles ! Z’avez peur ou quoi !
- ...
- …
- …

Un silence de mort suivit cette fougueuse et audacieuse déclaration, uniquement perturbé par la respiration du petit groupe désormais aux aguets, ou par le bruissement des feuilles des arbres alentours. La tension devint très nettement palpable tandis qu’avec une lenteur méthodique, les épéistes dégainaient leurs lames dans un faible chuintement d’acier, les mages s’emparaient des tomes à leur ceinture et que LE prêtre se pavanait comme un paon visiblement très fier de son petit effet:
- ...
- Ils arrivent.
- Ca va être drôle !

Et en effet, jaillissant de leur cachette et emplissant l’air des battements de leurs ailes d’ébène, une nuée de corbeaux se rua sur le groupe exposé de toute part et censé être sans défense... Censé seulement. En un sifflement suraigüe, la lame frappa les serres de l’oiseau qui avait jaillit dans le dos de Sven. Un sourire aux lèvres, celui-ci inclina la tête tandis que sans un mot, le bretteur s’esquivait par en dessous avant de fendre l’estomac du volatile aussi facilement que s’il s’agissait d’une feuille de papier. Couvert du sang de sa victime, l’épéiste fit volte face pour se repositionner en protection prêt du prêtre :
- A trois heures.

Pivotant sur lui même, le Fang fit face à l’assaut d’un nouvel oiseau, plus agressif cette fois. La bête lui fonça délibérément dessus, ne lui laissant d’autre choix que d’être propulsé par la violence du choc, emporté par son adversaire. Enfonçant ses talons dans la terre, le tueur rugit de colère, tentant de reprendre le contrôle de la situation.

- Foudre.

L’éclair s’abattit sur l’oiseau sans prévenir. Le choc avait à peine été assez rude pour le blesser légèrement mais là n’était pas l’objectif :
- RAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !

Bondissant par-dessus le dos de sa proie, la mercenaire enfonça profondément sa lame dans ce qui ressemblait le plus au cou de la créature qui s’effondra au sol, vaincue :
- Tu pourrais être plus actif que ça !
- Je dois conserver mon énergie pour... Attention derrière toi.

La jeune femme roula sur le coté juste à temps pour esquiver un plongeon, aussitôt redirigé vers le sage.
- Eclair.

En une fraction de seconde, le mage avait feuilleté son tome à la bonne page, prononçant en un chuchotement l’incantation nécessaire. Cette fois-ci, la foudre cloua le Laguz au sol, le rôtissant sur place tandis qu’Isabelle chargeait déjà une autre proie. Le sage se retourna alors vers leur jeune recrue, un sourire aux lèvres :
- Rien de tel qu’une petite mise en bouche avant le plat principal n’est-ce... Ah attention derrière toi.

***

- Ramenez-vous bandes de débiles ! Z’avez peur ou quoi !

Les oiseaux s’entre-regardèrent un instant, légèrement décontenancés. Bah qu’importe qu’ils aient été repérés. Leurs ordres étaient parfaitement clairs et précis. Déployant leurs ailes, les prédateurs piquèrent sur leur proie en un concert de croassement, répandant plumes et duvet sur leur passage. Le groupe anti-wyverne lui filait déjà à travers les cieux, droit vers le redoutable reptile aux crocs acérés. Ils étaient quatre choisis spécialement pour les circonstances. Grands, robustes et plus lourd que leurs congénères, leur but était d’entrainé la créature au sol, supprimant de cette façon toute potentielle menace aérienne et si possible, éliminer définitivement l’un de leur plus redoutable adversaire. Répartis autour de la bête et de sa cavalière, les quatre volatiles chargèrent en même temps. L’un d’eux percuta le flanc de la créature au risque de s’assommer, la déséquilibrant et offrant le champ libre aux autres. Tandis que l’un des attaquants en décousait avec les crocs monstrueux de la bête, tentant d’agripper le long cou hérissé d’épine, les deux autres poursuivirent leur ascension une fraction de seconde avant de retomber en piqué sur la cavalière, bien décidés à la désarçonner ou tout du moins à percer les fines membranes des ailes de sa monture. Elle était encerclée, et même si l’un d’eux venait à y perdre la vie, les trois autres s’abattraient comme la mort elle-même sur la moindre brèche dans sa garde.

__________________________________________________________________________________________________________


Bon alors mes p’tits amis. Déjà, vous allez me reprendre l’ordre initial de rp à savoir Llyr, Geist, Lyzael, Veith et Leanne. Ensuite, un petit récapépète de la situation actuelle car je sais que mon rp ne précise pas qui prend quoi dans la tronche. C’est un peu le bordel sachant vous êtes légèrement attaqués de partout :
-Llyr : quatre corbeaux sont chargés de te ramener au sol au minimum voire plus si affinité. L’un d’eux reprend lentement ses esprits suite au choc avec Ema mais les trois autres sont bien là. Celui agressant la tête tente de se poser plus ou moins sur son cou, à l’abri des crocs mais Ema l’a légèrement blessé au cours de leur échauffourée et actuellement il la harcèle d’un peu tous les cotés pour créer une brèche. Les deux autres te plongent dessus en piqué pour te désarçonner ou éventuellement blesser Ema elle-même. Ce sont tes seuls adversaires mais à moins d’être aussi légère qu’une plume tu es actuellement en train de perdre de l’altitude à vitesse grand V.

Les autres : petite mise au point sur vos positions :
Irvin (bretteur niveau 2) et Sven (prêtre niveau 18) sont à l’arrière avec Veith et Leanne. Actuellement Irvin se débrouille fort bien avec un corbeau tandis que deux autres foncent sur Sven, Veith et Leanne par derrière (de là d’où vous venez en gros)

Shaun (Sage niveau 1), Isabelle (Mercenaire niveau 17) et Lyzael ont été légèrement séparés du reste du groupe du fait de la grande mobilité de leur petite troupe. Isabelle affronte deux corbeaux tant bien que mal tandis que Shaun... Discute avec Lyz et qu’un autre corbeau fond sur ce dernier (Lyzael pas Shaun) par derrière (ah le lâche !)

Geist : A l’avant du groupe : 3 corbeaux pour toi tout seul petit veinard que tu es =)

Les corbeaux sont de simples level 15. Niveau statistique disons du Laguz pas trop trop sur développé (toujours capable de vous arracher la tête avec les serres mais bien loin du niveau de Naesala rassurez vous XD). Les PNJ agiront au tour du MJ (sinon ça va être le bordel) que ce soit pour les soins ou le combat. En clair, vous n’êtes pas autorisé à latter un ennemi en utilisant la force d’Irvin ou Shaun (bon si celui—ci est en train de crever sur place amusez vous XD). Idem pour Sven, le MJ lui fera utiliser ses bâtons de façon à ce que vous ne soyez pas désavantagés non plus. Enfin considérez, si vous allez aider Isa ou Irvin, que notre jeune et belle mercenaire galère alors qu’Irvin reprend rapidement le combat en main. Essayez au moins de passer tranquilou cette première épreuve en vous rappelant que le pire reste à venir (et que vous avez deux joueurs un peu just en level pour prendre le moindre coup ^^). Evitez le gros billisme (de t’façon je me réserve le droit d’agir en cas de problèmes de ce genre ou bien de poster s’il faut rapidement résoudre un combat entre deux personnages pour la suite) et bon rp o/
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MessageSujet: Re: Cauchemar dans le brouillard   Ven 22 Oct - 20:59

Des amateurs. Et c'était ça, leurs ennemis? Une bande de corbeaux incapables de cacher leur simple présence à travers un brouillard magique? Chacun des membres du Black Fang pouvait se dissimuler mieux qu'eux, Ema et Llyr n'eurent aucun mal à déterminer leurs positions en un clin d'oeil - d'autant qu'elles étaient habituées à ce genre d'embuscades. Leur nombre était assez impressionnant, mais rien de véritablement insurmontable. S'élevant plus haut dans l'air humide, la cavalière et sa monture se trouvaient à présent à plusieurs dizaines de mètres au dessus du sol. Ils enverraient surement un détachement pour s'occuper d'elle, d'autant qu'aucune unité alliée ne pouvait lui porter secours. Mais c'était là bien son intention, combattre seule, parce qu'elle avait été formée ainsi, et qu'aucun dommage collatéral ne serait à signaler.

-...Les voilà.

Elle n'avait pas besoin de le dire. Ema repéra ses proies se précipitant à toute allure alors que des bruits de combat se faisaient entendre bien plus bas. Les yeux perçants de Llyr suivirent le déplacement des oiseaux: deux d'entre eux passèrent sur les côtés, apparemment préparés à une attaque en piquée, tandis qu'un autre heurta avec violence le flanc de la wyvern, une attaque kamikaze qui blessa pourtant plus l'auteur que la cible. Llyr fut déséquilibrée pendant un moment, même si elle avait anticipé le choc et qu'elle était habituée à combattre sur le dos de sa monture, elle manqua de tomber sur le flanc d'Ema. La wyverne avait d'ailleurs fort à faire avec l'un des oiseaux qui se précipitait sur elle et s'acharnait sur ses crocs.
La situation semblait désastreuse, Ema perdait sa balance et les deux corbeaux qui s'étaient élevés allaient retomber avec force sur la cavalière - incapable d'esquiver au risque de faire une chute...mortelle. De plus, ils avaient assez de puissance pour déséquilibrer définitivement la bète.
Ils étaient bons...


-Mäulk.

...mais pas assez. La manieuse de lance posa son pied sur le dos nu de sa monture, et sans hésiter une seconde, effectua un saut assuré vers les deux oiseaux qui plongeaient. Ils furent complétement abasourdis de cette contre-attaque qu'ils n'auraient jamais imaginé possible, d'abord parce qu'elle était insensée, ensuite parce qu'elle était virtuellement impossible. Pourtant, l'improbable s'était produit, et c'est une lance pointée vers les cieux, prête à percer le cœur d'Ashera elle même, que vit avec horreur l'un des corbeaux s'abattre sur lui.
Dans le même temps, et sous la commande de sa maitresse, la wyvern déplaça son imposante masse sur le côté. Un simple mouvement de tête en spirale entraina tout son corps qui tourna sur lui-même, tentant de saisir au passage cet insecte qui lui chatouillait les narines.

Llyr fit un mouvement d'esquive aérienne à l'instar du corbeau qui ne percevait que trop bien quel destin l'attendrait s'il croisait le chemin de cette lance écarlate, mais alors qu'il s'attendait à une attaque d'estoc, ce fut la lame de la lance qui croisa la gorge de la bête, qui s'effondra inerte dans les cieux. Le second corbeau heurta comme prévu Ema qui poussa un cri de détresse et fut déstabilisée une nouvelle fois. Incapable de reprendre "pieds", elle commença à chuter de quelques mètres avant de reprendre contenance, sa maitresse quant à elle, chutait à son tour, avec une trajectoire cependant bien plus calculée.


[HRP: Je me suis permis de mettre hors d'état de nuire un des corbeaux, le premier a eut à gérer la spirale, et l'autre a plongé comme tu l'avais prévu (le dernier semblait immobilisé pour un temps, il a peut-être attaqué mais je ne l'ai pas décrit en tout cas). Ema est à présent visible du reste du groupe, à disons 25 mètres du sol, Llyr lui "retombe" dessus en même temps.

Si t ua une objection dis le moi et j'éditerai^^]
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MessageSujet: Re: Cauchemar dans le brouillard   Sam 23 Oct - 19:07

Geist s'était plus ou moins avancé, trop certainement vu qu'il entendait de l'autre côté du mur nuageux, non loin de là et pourtant... C'était comme s'il avait été isolé des autres, comme si le brouillard se mouvait selon son propre désir d'enfoncer les membres du groupe dans un corridor seul face à l'adversité. Et pourtant devant cette évidence, Geist ne pouvait se permettre de reculer rejoindre les autres. Ils étaient là... Tels des charognards tournoyant autour d'un cadavre avant d'aller se jeter dessus, trois corbeaux d'une taille respectable volaient au-dessus du Beorc à une altitude suffisante pour être repérable mais inattaquable. Comme s'ils voulaient faire durer le suspens, monter la pression avant de finalement attaquer de concert. Et l'attaque survint.

Deux des corbeaux allèrent finalement devant, plus loin pour en fait revenir à la charge, en rase-motte pour passer à toute allure juste au-dessus du Beorc afin de le lacérer avec leurs puissantes serres. Mais le troisième était resté bien plus haut, et profitant de l'avancée de ses compagnons, entama un plongeon en piqué pendant que les deux autres chargeaient en face-à-face. Bien vu... Comment un Beorc normal, doté de capacités limitées au combat direct, pouvait résister à une telle attaque. Combattre directement deux ennemis de front était probablement impossible, et le piqué du dernier n'arrangeait pas la chose. D'autant plus qu'il devait normalement faire un choix: s'occuper des deux en face et ignorer cleui du dessus pour se prendre une attaque accélérée, ou bien l'empaler en laissant le champ libre aux deux autres pour lui arracher la tête. Bonne stratégie de base quand on ne connaît hélas pas les habilités de son adversaire en pensant que la supériorité numérique suffirait.

Grossière erreur, car bien qu'un Beorc se retrouvera toujours limité par l'utilisation de son arme, le fait qu'il s'agisse ici du soldat Geist Rikston changeait toute l'affaire. Dommage pour eux, il ne le sauront que trop tard que les habilités dans le jeu de lance du Beorc étaient loin d'être normales et prévisibles, bien qu'ils devaient se douter qu'il s'agissait bien d'une lance dans ce drap vulgaire l'enroulant. D'ailleurs leur confiance augmenta au fur et à mesure qu'ils s'approchaient de lui, car le lancier tardait à sortir son instrument, et maintenant le temps qu'il le fasse il sera déjà trop tard. Et tout ce que fit le Beorc, ce fut de frapper le sol avec le bas du manche, lentement et une seule fois.

Première charge.


"Je vais vous apprendre un truc, les gars..."

Il frappa le sol à nouveau. Seconde charge.

"Quand on ose prendre un ennemi de face sans hésitation, c'est qu'il faut être bien préparé à le descendre du premier coup."

Encore une fois. Troisième charge, et le drap commençait à fumer par le haut tandis que finalement les corbeaux s'approchaient dangereusement de lui. Il fit un moulinet de son poignet gauche, afin de ramener son arme vers l'arrière, s'apprêtant finalement à faire un coup pour contrer les assaillants en face de lui. Ce qui renforça la confiance de l'ennemi en piqué.

"C'est aussi le cas pour moi, donc autant vous descendre en... Allez vous êtres trois, alors en trois coups ça ma va aussi...!"

Le contact était imminent, et au moment où il essayera de parer les deux d'en face à l'instant T, le bec et les serres du troisième le briseront à jamais. Mais aussi improbable que cela puisse paraître, le lancier amorça son coup bien trop tôt, dirons nous deux secondes avant l'instant T. Il lança une attaque horizontale en criant à moitié, et quand la trajectoire de la lance faisait face aux corbeaux tour à tour, une boule de feu s'échappa de l'arme pour aller heurter les deux corbeaux en théorie. Et dans la pratique aussi certainement, la spontanéité du coup ajoutée à l'allure et l'élan des deux corbeaux feront en sorte que cette attaque enflammée ne puisse pas être esquivable pour aucun d'entre eux. Mais il ne finit pas son mouvement sur ce coup, car la menace venait encore du dessus. D'un autre moulinet de la main il rabattit la pointe de l'Inferno vers le sol, pointant l'autre côté du manche vers le piaf arrivant en piqué. Et la troisième charge de boule de feu partit, faisant en partie exploser le sol à son contact et amplifiant le saut que Geist venait d'amorcer avec l'explosion, amplifiant également le coup de 'lance inversée' qu'il essaya d'asséner au troisième corbeau, qui sera lui aussi très probablement surpris de cette offensive et, l'allonge de la lance couplée à la lancée en piqué du corbeau allait être extrêmement difficile à esquiver. Peut-être que cette attaque allait se finir sur un triple K.O si Geist avait bien calculé son coup, sinon les trois corbeaux finiraient au sol à sa merci s'ils tankaient le coup, ou alors... qui pouvait le savoir encore.


Edit de votre Mj favori : Je me permet d'indiquer l'état actuel des adversaires de Geist et Llyr afin que les autres joueurs puissent éventuellement se baser sur ses derniers pour demander de l'aide/ faire une pause/ s'que vous voulez soyez imaginatifs =p

Llyr : Je ne vois aucun inconvénient à ce que tu lattes ce corbeau : l'effet de surprise était total il a rien pu faire . L'oiseau qui affrontait les crocs d'Ema a cependant eu le temps d'amorcer un mouvement d'esquive et d'échapper à la masse monstrueuse du lézard, ce qui te laissera sans doute un peu de répit lors du tour du MJ. Quand au corbeau inactif, il a reprit du poil de la bete et se dirige vers le corps en chute libre de Llyr.

Geist : Joli attaque imprévisible qui se solde la carbonisation du crane d'un des deux rase motte tandis que l'autre est frappé à l'aile ce qui l'empêche de rectifier sa trajectoire pour te choper en plein vol. Quand au dernier, ayant vu les boules de feu, il n'a cependant pas prévu le coup de manche que tu lui as asséné et s'est écrasé au sol bien vivant cependant.
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MessageSujet: Re: Cauchemar dans le brouillard   Mar 28 Déc - 18:59

A force de parler avec les autres protagonistes de la mission, Leanne en avait presque oublié qu’ils étaient sur les traces d’un dangereux assassin et qu’une attaque pouvait survenir à tout moment. Malheureusement, la venue d’un groupe d’énormes volatiles noirs était là pour le lui rappeler. Ces monstres étaient sans aucun doute des laguz, aucun autre corbeau n’aurait pu être aussi grand. Ainsi donc la jeune femme allait devoir aider des alliés beorcs à se battre contre des personnes de sa race, de fiers laguzs. Evidemment, cette pensée la chagrinait mais elle n’avait pas le choix, si ces corbeaux étaient aux ordres du tristement célèbre Crow, elle se devait de les mettre en échec, et ceux, par le seul moyen qu’elle connaissait : le chant. L’immaculée princesse aux blanches ailes du peuple des hérons de Serenes, peuple entièrement détruit il y avait de cela presque trente ans, entama un Galdr dont la pureté n’avait d’égale que la justesse. Ce n’était pas le chant d’ « attraction », qui ne lui aurait pas servi à grand-chose dans une telle situation, étant donné le nombre étonnant d’ennemis aussi noirs que les profondeurs obscures et pourvus de serres bien plus grandes et meurtrières que celles de véritables corbeaux, ainsi que de becs tout aussi dangereux et d’yeux mauvais et calculateurs. Ce fut donc « énergie » que la héron chanta, dans le but, non pas d’affaiblir les laguz, qu’elle n’osait pas attaquer directement, mais de donner un surplus conséquent de force à tous ses alliés. Ce n’était pas grand-chose mais tout ce que l’innocente jeune femme pouvait faire, enfin, tout ce qu’elle osait faire pour le moment. Au bout de quelques secondes, elle avait terminé de chanter et était légèrement fatiguée d’avoir épuisé une partie de sa propre énergie. Puis, elle se décida de recommencer le même Galdr, avec une légère différence toutefois, ce chant ci était destiné à affaiblir légèrement l’ensemble des oiseaux aux plumes sombres.

Ainsi donc, Leanne avait décidé de s’attaquer aux ennemis, malgré ses appréhensions, son but principal était de permettre à ses nouveaux alliés de gagner et d’aller ensuite capturer le criminel. Et puis, ses corbeaux agissaient de façon délibérée, ils étaient seuls responsables de leurs actes et des conséquences. La jeune femme prenait bien garde de rester sous la protection d’autres guerriers, elle ne tenait pas à mourir, d’autant plus que la jeune femme à moitié héron était l’une des dernières représentantes de son peuple. Les autres combattants avaient l’air de savoir ce qu’ils faisaient, la femme à dos de l’immense wyvern avait déjà mis en échec l’un des corbeaux, quant au guerrier possédant une lance enflammé, il avait mis en mauvaise posture les deux oiseaux noirs qui l’attaquaient. Tout semblait se passer plutôt bien… toutefois, avec un ou deux Galdr en plus, ça ne pouvait qu’accélérer le combat. La princesse espérait que les autres combattants s’en sortaient aussi bien mais elle n’avait pas prêté attention à leurs prestations.

« Courage, mes Galdrs augmenteront vos forces et diminueront celles des ennemis ! »


Les paroles de Leanne avaient été prononcées dans le but, non seulement d’encourager ses alliés, mais aussi de décourager les corbeaux dont les oreilles affûtées auraient surpris les mots de la jeune fille.
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MessageSujet: Re: Cauchemar dans le brouillard   Mer 29 Déc - 5:12

L’énorme bête fit quelques pas avant de s’arrêter au bord de la falaise, son poids détachant quelques gravillons du roc avant de les laisser rouler vers l’abîme. La créature tournait le dos à la bataille en cours et pourtant, son cavalier au regard masqué souriait face à la tournure des évènements, ses yeux semblant percer les spectres argentés de l’île, s’informant des évènements sans même avoir à les contempler. Il y avait eu des pertes mais malgré tout, l’homme souriait. Certes ses chiens de chasse tombaient mais la joie de trouver des adversaires de taille parmi ces simples mercenaires remplaçait aisément la déception qu’il éprouvait face à la faiblesse des sous-humains. L’immense lézard noir poussa un soupir rauque lorsque son cavalier se pencha légèrement pour flatter son encolure. Leurs cœurs battaient à l’unisson d’une fierté de l’autre réciproque. Bientôt, ils devraient certainement rentrer à leur tour en lice, rien n’était moins sur face à l’apparente force de leurs adversaires. Un spasme nerveux mit toutefois fin à l’union spirituelle qu’ils partageaient et une grimace de dépit rembrunit le visage du cavalier.

***

- ECLAIR !!!

La puissance du sort illumina brièvement la scène de carnage qui les entourait tandis que la foudre carbonisait l’énorme volatile, à deux doigts de s’abattre sur l’archer. Celui-ci avait à peine eut le temps de préparer son arc alors que le sage se retournait déjà vers les oiseaux qui harcelaient Isabelle. Son tome s’illumina brièvement alors qu’il invoquait à toute allure les esprits de la nature :
- Entendez mon appel ! FOUDRE !

Ses yeux s’illuminèrent brièvement d’un éclat bleu luminescent alors que sa paume tendue se chargeait d’électricité. Le rayon jaillit de ses doigts, telle une flèche céleste, avant de transpercer l’ennemi menaçant la mercenaire, occupée à se protéger des assauts incessants de son autre ennemi. Sa paume noircie par la puissance du sort, le sage se dépêcha de changer de page alors que le vent se chargeait d’éteindre les quelques flammèches qui parcouraient le début de sa manche. Et tandis que le corbeau s’écrasait contre un arbre, un trou béant de chair brulée au niveau de l’œsophage, le mage s’empressa de bousculer l’archer derrière lui alors qu’il emmagasinait déjà l’énergie nécessaire à une nouvelle attaque. Quelle idée de lui avoir collé un combattant aussi inutile ! Si cet idiot savait au moins se servir de son arc il aurait pu mieux protéger Isa ! La jeune femme luttait vaillamment depuis toute à l’heure contre les deux mêmes adversaires et son supérieur ne pouvait même pas lui venir en aide, pour la simple et bonne raison qu’il se devait d’économiser son énergie. La jeune blonde quand à elle se servait de sa lame avec brio et le cadavre sanguinolent de son précédent adversaire gisait désormais décapité à ses pieds. Son remplaçant se révélait pourtant particulièrement coriace et plusieurs lacérations ornaient la peau blanche de la mercenaire dont une, bien trop proche de l’œil à son gout. Haletante, elle se jeta à terre afin d’esquiver une nouvelle attaque avant de se remettre sur pied tant bien que mal. Son épée pesait lourd et les deux autres boulets ne lui étaient presque d’aucun secours. Faisant face à son adversaire alors que ce dernier amorçait un virage serré pour agripper son crane blond de ses serres meurtrières, la Beorc parvint tout juste à retrouver son équilibre pour faire face.
- Allez viens saloperie j’vais te dépecer !
- Bordel Lyz couvre-moi ou... Isa attention !
- RAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !

Un croassement enroué de fureur fit écho au rugissement rageur de la guerrière.

***

Le vent faisait vibrer ses plumes alors qu’il filait au ras du sol, aussi furtivement qu’on le lui avait demandé. Les humains ne s’étaient rendu compte de rien, il faut dire que son ventre frôlait presque les pierres de la sente et que les autres mobilisaient suffisamment leur attention. Portés par la caresse d’Eole, lui et Sylos avaient d’ailleurs mis toutes les chances de leur coté en partant le plus loin possible du petit groupe, se laissant simplement guidés par l’épouvantable odeur que dégageait l’homme en toge et désormais, sa frêle silhouette se dressait dans son champs de vision. Ses petits yeux d’oiseau s’étrécirent en une minuscule fente dorée alors que Sylos bifurquait vers la princesse. Dans un instant le prêtre cesserait d’empester le domaine de leur maître.

***

Le bretteur se détendit d’un seul coup, obligeant son adversaire à reculer sous la vitesse de l’attaque alors que l’acier écorchait le bec noir. L’oiseau battit violemment des ailes afin d’effectuer un minuscule looping puis de piquer sur le Fang qui s’écarta aussi aisément que s’il avait été informé de la manœuvre. L’être ailé réagit cependant avec une rapidité imprévue et planta ses énormes griffes dans le sol forestier, ailes déployées afin de freiner sa chute. En un magnifique retourné, le membre aérien vint bousculer le tueur, propulsant une imposante vague de débris dans les yeux de ce dernier avant que l’oiseau ne se jette sur lui en croassant, l’obligeant à réduire immédiatement son champ d’action s’il ne voulait pas perdre un œil. Les ailes de son adversaire lui battaient violemment le crane alors que de ses serres, il tentait de labourer le ventre de l’épéiste, forçant ce dernier à reculer à son tour. En quelques instants, l’oiseau venait de retourner la situation et son bec parvint à plusieurs reprises à sectionner d’un claquement sec plusieurs mèches noires du Beorc.

De son côté, Sven n’avait toujours pas bougé. Le sourire aux lèvres, il laissait l’enivrante mélodie de la guerre l’envahir. Le choc des lames contre les serres, les croassements furieux et les cris enragés se mêlaient à la douce mélodie du tonnerre vengeur de leur « coéquipier ». Les bracelets d’argents se débrouillaient bien : Aurora avait recruté de bons combattants mis à part leur petit archer, probablement une nouvelle recrue. Irvin ne les avait surement pas remarqués mais rien n’échappait à l’œil du prêtre déchu. Sa fonction était de guider le bras de son équipier et, même s’il ne savait pas se battre, il avait une totale confiance en ses capacités. D’ailleurs...

- Tu crois que je ne t’ai pas vu ?

Un sourire joyeux s’étira sur son visage alors qu’une masse noire le dépassait à toute vitesse sans qu’il bouge. Enfin, on aurait surement pu y lire de la joie si les traits du prêtre ne s’étaient pas retrouvés déformés par l’hystérie qui le gagnait. La tête ridicule du piaf apparut derrière son épaule au moment où il se retournait :
- Bouh !

En une seconde, le bâton s’interposa entre la corne du bec et la peau fragile de l’humain. En une seconde, Sven se dégagea des serres qui menaçaient son dos, en une seconde il sentit toute la folie qui l’habitait l’envahir. La monstrueuse créature le souleva sans effort, emportée par son élan alors qu’il refusait de lâcher son bâton.
- WOOUAAAAAAAAH !

Le Laguz prit un peu d’altitude avant de croiser un regard froid et déterminé. Aussi tranchant que l’acier qui pénétrait désormais sa cavité buccale par une voie... Inhabituelle. La lame jaillit par le haut du crane, faisant gicler un horrible mélange de sang, de cervelle et de débris osseux. L’oiseau s’éteignit aussi discrètement qu’il était arrivé.

Le Laguz se retourna, toujours au sol, alors qu’il tentait de reprendre forme humaine. Sa main encore malformée se porta avec une pointe d’hésitation à sa gorge alors que le sang s’échappait en bouillonnant de la fine incision qu’y avait pratiquée le boucher qui lui tournait désormais le dos, sa longue cape noire redescendant aussi calmement que la chute de l’homme en toge était rude. Sa voix était rauque et sa bouche encombrée par le sang qui s’en échappait désormais.

- C’est imposs... Comment!
- …

Le bretteur ne prit même pas la peine de répondre avant de revenir lentement à sa position de départ alors que le prêtre se relevait.
- Comment ?

L’épéiste chargeait déjà un nouvel adversaire alors que l’expression de joie morbide du prêtre reprenait sa juste place. Un prêtre qui empestait la mort dans tous les sens du terme.
- Il n’y a aucune réponse à une question aussi stupide pauvre petite créature égarée.

Derrière l’homme, l’oiseau qui l’avait dépassé s’abattait sur la princesse blanche. Devant ses yeux de Laguz effrayés, une botte le frappa pile sur la blessure avant de l’envoyer rouler au sol. Il se vidait de son sang, il n’avait même plus la force de hurler sa douleur.
- Laisse moi t’accorder le repos des enfants de Yune !

Et la pointe du bâton s’abattit en un geste sec au moment où le voile de mort recouvrait ses sens. Le sang gicla en minuscule gouttelettes dont l’une s’écrasa sur la lèvre inférieure du Fang. Un rire sardonique et silencieux secouait son corps de spasmes fou alors que sa langue passait en une délicate caresse sur le fluide vital du Laguz. Délicieux.

***

On l’avait autorisé à blesser le héron mais il fallait la ramener vivante ! S’il jouait bien son coup, elle n’aurait que les ailes arrachées car elle chercherait surement à se défendre. Elle avait entonné une des chansons sacrées de son peuple aux ailes pures mais il était trop tard ! Il était sur elle ! Le corbeau poussa un puissant cri tandis que son bec s’enfonçait profondément dans l’épaule de la jeune femme avant que la connexion ne coupe instantanément. L’homme cibla aussitôt un autre de ses serviteurs, un de la deuxième vague qui trainait dans le coin. Le visage arraché par la hache, l’oiseau s’écroulait lamentablement sur le sol tandis que le combattant reprenait sa posture défensive auprès de la princesse. Il avait de bons réflexes, tout comme cet étrange homme d’église qui les accompagnait. Imperturbable face à sa blessure, la princesse avait poursuivi son chant de protection jusqu’à complètement le finir. Ses chiens étaient foutus, ce genre de sort ne pardonnait généralement pas. Secouant la tête, l’homme eut un petit rire nerveux. Cette princesse était décidément bien imprudente. Risquer ainsi de se faire abattre avant qu’il ne puisse la rencontrer... Il aurait surement livré le responsable de cet odieux crime à sa chère amie. Sa main grattant la base du cou de la wyvern se porta brusquement à son crane alors qu’un nouvel élément interférait avec les autres... Non il y en avait même plusieurs. Imperturbable, son regard se porta vers les cieux, vers un point qu’il ne pouvait encore distinguer. L’énorme dragon poussa un grondement des plus sonores avant que son compagnon ne lève brièvement la main. Sous son ordre, trois corbeaux jaillirent de la foret toute proche, prenant leur sinistre envol vers une destination connue d’eux seuls.

***

La pointe d’acier sectionna brutalement la chaire fine de l’oiseau, faisant gicler un mince filet de sang tandis que la vie quittait instantanément le volatile. La lance toujours fichée dans le cou de la bête, la jeune femme, sans doute quelque peu suicidaire, commença une lente chute vers le sol accompagnée des cris de détresse de sa compagne reptilienne. L’un des oiseaux venait de nouveau de la percuter, précipitant un peu plus sa propre chute mais ses serres étaient parvenues à s’enfoncer dans le cuir résistant de la selle. Entrainé par le poids de l’immense bestiau, le volatile s’agrippa vaillamment, son bec cherchant à percer l’armure d’écaille du lézard volant avant qu’un puissant soubresaut ne le décroche, le faisant voltiger dans les airs à la manière d’une poupée de chiffon. Etourdi, le Laguz perdit le contrôle de ses pouvoirs et ne parvint à maintenir son altitude qu’en se retransformant, la mêlée aérienne disparaissant dans la couche brumeuse au dessous de lui.

Les autres n’avaient point oubliés leur mission et c’est contre un véritable déluge de plume que la wyvern se débattait désormais. Le Laguz était vaillant et c’est au prix de nombreuses écorchures et autres blessures légères, qu’il parvint à passer outre la défense de croc du dragon et à se poser sur son cou épineux. Petit détail à ne pas négliger toutefois, la cavalière avait pris le large depuis longtemps... Libérant ainsi le monstrueux corps écailleux. Le bec parvint à s’enfoncer sous les écailles une fois, libérant un filet de sang noir, avant que dans une torsion impressionnante, la bête ne se renverse sur le dos et ne saisisse de ses pattes l’insecte insolent qui avait osé la piquer. Le croassement de terreur fut brutalement interrompu par un craquement ignoble avant que la bête et sa cavalière ne franchisse la couche nuageuse qui les masquait au groupe.

Quand à la cavalière en question, son corps drapé de noir accompagnait vaillamment la chute de son arme toujours coincée. Aucune prise ne lui permettrait de la retirer dans sa position et la proximité des arbres devait nettement plus l’inquiéter. Un croassement la prévint trop tard du triste sort qui l’attendait et c’est avec horreur qu’elle put constater que sa chère lance poursuivait sa course sans elle. Deux pattes granuleuses et aux serres monstrueusement tranchantes s’étaient refermées sur son fragile corps d’humain, perçant ses maigres protection et lacérant sa chair en maints endroits. Le volatile qui la fixait désormais d’un air goguenard devait d’ailleurs saliver par avance de la vengeance qu’il s’apprêtait à accomplir. Dans sa position, la wyvern n’avait aucune chance de pouvoir intervenir et seul son rugissement de désespoir parvint aux oreilles du Laguz.


***

Leur attaque aurait du être imparable... Aucun combattant humain n’aurait du pouvoir se protéger de partout en si peu de temps. C’était impossible ! La pyrolance ne pouvait... Le crane implosa sous la brusque bouffée de chaleur qui lui parvint, rôtissant cervelle de moineau et autre organes crâniens sur le coup. La bête chercha un bref instant à respirer avant de s’écraser au sol tandis que son collègue tentait une manœuvre d’évitement assez... Désastreuse. Le projectile magique pulvérisa les fines membranes de l’aile, carbonisant plume et duvet et obligeant l’oiseau à amorcer un atterrissage forcé. Quand au troisième, faisant fi de la pyrolance, c’est avec une grâce toute aérienne qu’il rencontra le manche robuste de l’arme, propulsé par le saut de trois mètres de l’héritier de Petrine.

Les deux combattants churent au sol mais alors que l’oiseau se vautrait sur le tapis moussu, le lancier atterrissait avec infiniment plus de style. Mal lui en prit cependant car l’attaque suivante vint de derrière. Rendu fou par la douleur, l’oiseau à l’aile blessée avait bondi sur le dos du Beorc, le précipitant au sol. Et alors qu’un sifflement suraigu de fureur lui vrillait les tympans, l’homme ne put que voir son deuxième adversaire se relever, le bec de travers, pour s’avancer vers lui d’un pas gauche mais très menaçant cependant.


***

Le cavalier sourit et rompit le lien. Un à terre plus que neuf. Sa victoire était certaine : ses troupes étaient nombreuses et obéissantes et aucun Beorc aussi puissant soit-il ne pouvait résister à l’assaut furieux de dizaines de corbeaux enragés. Il était dommage toutefois qu’il n’ait pu profiter un peu de la force de ses adversaires. Cette cavalière et sa wyvern... Un soupir de mécontentement lui échappa alors que sa monture s’agenouillait pour lui permettre de descendre. Il faudrait donc attendre d’affronter Naesala.

***

La lame recouverte de sang s’écrasa au sol alors que la combattante blonde s’agrippait le bras, méchamment entamé par un coup de bec. Le responsable gisait à ses pieds tremblants, ses tripes se déversant allègrement par l’ouverture béante de son estomac. Isabelle était épuisée et ne pouvait désormais plus manier son épée, Lyzael n’avait servi, pour tout dire, à rien et le sage avait du recourir à l’une de ses meilleures incantations pour soutenir la jeune femme. Les corbeaux étaient certes moins nombreux mais les humains cédaient petit à petit du terrain. Ils étaient trop nombreux et leur groupe pas assez structuré. De plus, les oiseaux n’avaient étrangement aucune peur d’aller à la mort et lançaient attaque kamikaze sur attaque, pour la plupart au prix de leur vie. Tous étaient blessés et Isa ne pourrait plus rien faire avant l’intervention du guérisseur, bien trop éloigné d’eux cependant. Une seule solution logique s’offrait à ses yeux.
- Lyzael... Ramasse son épée. On se replie.
- Quoi !
- On se replie j’ai dis !
- Shaun arrête immédiatement tes conneries je peux encore…

Le regard du sage la cloua sur place. Non elle ne pouvait plus, elle s’était vaillamment battue mais leur combat était perdu d’avance. Même s’ils parvenaient à survivre aux soldats de Crow, leur véritable adversaire ne s’était pas encore montré et il était sans doute bien plus puissant. Bien sur Shaun et elle avaient sans doute le niveau pour lui tenir tête mais le regard du Sage exprimait clairement sa pensée : l’un d’eux trois ne reviendrait jamais de cette île maudite peut-être même aucun d’entre eux.
- Shaun...
- Je ne risquerais pas la vie de mes hommes ici. Nous ne pouvons obtenir aucun renfort et tu es déjà blessée. Ce combat m’a également prouvé que Lyzael devait encore progresser avant de pouvoir prétendre nous épauler.
- Eve va...
- Qu’Eve fasse ce qu’elle veut, je refuse de vous voir mourir sous mes yeux.

L’épéiste ouvrit la bouche pour répliquer mais un cri surpuissant vrilla les cieux. Un cri de souffrance et de détresse. La wyvern avait percée la couche nuageuse qui les surplombait et chutait inexorablement malgré ses efforts pour retrouver son assiette. Triste présage de ce qui les attendaient tous. Ce seigneur des cieux ne pouvait que contempler, impuissant, l’un des oiseaux noirs emporter sa cavalière tandis qu’un éclat argenté dans une masse de plume noire indiquait la position de l’arme de cette dernière.
- Elle va...
- Non.

Le sage fixait intensément ce porteur de mauvais augure qui menaçait leur meilleure chance de survie, ce ridicule cafard qui brisait la puissance du roi céleste. Les lèvres du sage articulaient silencieusement l’invocation tandis que son bras tendu suivait la course du volatile. De tous ses doigts repliés, seuls restaient l’index et le majeur tendus, désignant la future victime de son courroux. La peau se mit à noircir tandis que l’énergie crépitait autour de sa main mais, imperturbable, le sage finit son invocation.
- Voici le dernier présent d’Aurora ! ECLAIR !!!

Son bras fut violemment projeté en arrière alors que le projectile de foudre filait à travers les airs, réduisant très rapidement la distance qui le séparait de sa cible. Impact. Illuminant les cieux, le sort perça la poitrine du volatile avant d’exploser en une gerbe étincelante plusieurs mètres au dessus. Et ce fut de nouveau la chute pour la lancière.
- Allons-y. Nous devons trouver un endroit d’où le bateau pourra nous récupérer.
- ...

Et l’équipe d’Aurora disparut rapidement sous le couvert des arbres.

***

L’inquiétude marquait profondément les traits du capitaine tandis qu’un nouveau signal lumineux étincelait au centre de l’île. Le mage qui avait embarqué devait être entré en action car la foudre s’était abattue à maintes reprises mais la dernière explosion ressemblait étonnamment à un appel au secours. Une fusée de détresse envoyée à son intention. Des rides creusées marquaient son front rugueux tandis qu’il se grattait pensivement la barbe. Devait-il tenter une approche ?
- Capitaine que fait on ?
- Ce qu’on fait...

S’appuyant sur le gouvernail, le vieux marin ferma les yeux dans un air de profonde réflexion. S’approcher de l’ile était surement dangereux vu le peu de temps qu’il leur avait fallu pour renoncer. Etait-il capable de risquer son navire et son équipage en accostant une fois de plus cette île du malheur ?
- Capitaine...
- Je sais fiston je sais...

Inspirant un grand coup, le marin se redressa, son torse robuste se gonfla sous l’inspiration qu’il prit avant de s’époumoner.
- Larguez les amarres bande de crétin, sortez les rames et préparez vous à souquer ferme ! Les p’tiots ont besoin de nous est-ce qu’on va les abandonner comme des sales couards ?

L’exclamation approbatrice qu’il reçut en réponse ne fit qu’accroitre sa certitude d’avoir pris la pire décision de sa carrière.

***

L’hilarité qui l’avait saisi s‘apaisa aussi rapidement qu’elle avait commencée notamment par l’arrivée brutale d’un cadavre empalé sur une lance argentée. Le tout fut aussitôt suivi d’un hurlement tout à fait reptilien. Un hurlement qui n’avait rien à voir avec celui d’une dragonne prête à attaquer.
- Diamant noir !

Irvin avait également levé les yeux, effaré par ce qu’il apercevait. Il s’était douté que le Diamant affrontait ses propres adversaires aériens mais qu’ils puissent la mettre ainsi en difficulté... C’était inimaginable. La jeune femme était emprisonnée dans les serres de l’un des oiseaux et malgré ses efforts, elle ne parvenait visiblement pas à se libérer. Les deux Fangs, cloués au sol, ne pouvaient strictement rien faire. Ce fut à ce moment précis qu’un éclair de magie concentrée fila vers le kidnappeur, l’explosant en plein vol, sans doute au même point que sa victime.
- NON !

Le prêtre avait brandi son bâton vers les cieux, droit sur le lieu de l’explosion. En une seconde la sphère s’illumina et le sort de soin s’évapora dans les airs, tentant d’atteindre tant bien que mal une cible trop éloignée. La puissance du prêtre se consumait à une vitesse impressionnante sans pour autant être sur que son sort atteigne l’objectif, toujours en chute libre comme son dragon.
*Yune donne moi la force !*

***

*Deuxième vague...*
***

- Sven attention !

Le prêtre baissa les yeux au moment où un monstrueux corbeau jaillissait d’entre les arbres. D’où sortait-il ? Pourquoi ne l’avait-il pas senti approcher ? C’était idiot ! Il ne pouvait mourir comme ça, sans même avoir essayé de se défendre ! Il ne pouvait tout simplement pas, lui! Membre d’élite du Black Fang sélectionné par la Dame en personne pour cette mission ! C’était impossible !

Les yeux du prêtre pâlirent sous l’impact, sa magie se fit intensément moins forte tandis que le choc le propulsait vers l’avant. Du sang encombra sa gorge avant qu’un mince filet ne gicle d’entre ses lèvres, tâchant plus encore ses vêtements, et recouvrant la trace que son ultime meurtre avait laissé. Ironie du sort ou non, il trouvait son propre sang particulièrement imbuvable. La serre du Laguz s’abattit sur son épaule, la serrant presque jusqu’à la broyer, tandis que son regard rouge de fureur se plantait dans celui empli d’incompréhension du prêtre.

- I... Irvin...
- Pardonne-moi mon ami. C’était le seul moyen.

Le bretteur serrait désormais la lame de son épée à s’en faire blanchir les phalanges tandis que le sang du prêtre dégoulinait lentement le long des rainures de l’acier. La lame avait percée le flanc du Beorc, une blessure sinon mortelle, quand même bien douloureuse pour le mage qui s’évanouit sous le coup, entrainant dans sa chute le cadavre embroché de son ex-assassin. L’oiseau empalé par le cœur n’avait même pas tenu une seconde et Irvin l’envoya bouler sans aucun regret, dégageant le corps blessé de son confrère. La blessure était profonde mais pas mortelle... Pas sur le coup en tout cas. L’épéiste ne toucha pas plus avant le prêtre, préférant éviter d’aggraver les dégâts causés, d’autant que d’autres oiseaux approchaient. La vitesse avec laquelle il avait réagit l’étonnait lui-même et sa précision le laissait pantois. Cependant, le doute l’envahissait déjà quand aux éventuelles chances de survie du prêtre sans un guérisseur compétent à proximité. Sven était le seul sur l’île à maitriser les arts de la guérison. C’était le risque du métier d’assassin de mourir aussi brutalement un jour mais, à cette pensée, le bretteur oublia tout ce qui l’environnait. Ne restait que sa colère, ses ennemis, et le corps de son ami qu’il se devait de protéger.

***

Les croassements de la deuxième vague lui parvenaient à travers un brouillard d’images plus ou moins réjouissantes comme celle du manieur de hache, emporté dans les airs par l’un de ses serviteurs, laissant la jeune princesse à sa merci. Les défenses étaient débordées, trois des humains avaient abandonnés les autres à leur triste sort et rien ne pourrait empêcher leur inéluctable défaite. La victoire était sienne sans même qu’il ait eu à lever le petit doigt. C’était d’un ennui. Détachant lentement les lanières de son casque, le cavalier s’apprêta à le retirer lorsqu’une image le frappa plus nettement que les autres. Les éclaireurs qu’il avait envoyés vers les perturbations... Une femme et un gosse ? Une femme qui volait sans ailes ? Comment ! Sa colère première passé, le chevalier examina plus attentivement ces invités imprévus.

La femme survolait l’île depuis le nord, sans doute par la magie car il ne détectait aucune trace de son appartenance à la race Laguz. Le brouillard aurait donc vite fait de la coincer... Finalement il allait peut-être s’amuser. Un claquement de doigt plus tard, les corbeaux revenaient vers les bois alors que la wyvern s’approchait de nouveau de la falaise.

- Montre leur ma belle. Montre leur la fierté de ton peuple !

Les gigantesques poumons enflèrent en un bruit de soufflerie tandis que l’immense créature gonflait le poitrail et redressait la tête. Le cri plaintif de sa semblable leur était parvenu depuis leur post d’observation mais il ne représentait en rien la puissance que ce rugissement laisserait sous-entendre. Le corps entier de la créature vibra alors qu’elle hurlait sa soif de combat, sa fierté d’être ce qu’elle était et qu’elle transportait par la même la confiance qu’elle accordait à son compagnon. Le rugissement résonna quelques instants encore avant que la bête ne déploie ses ailes d’ébène aux membranes violacées. La dragonne chuta dans le vide sans opposer aucune résistance, ailes repliées, avant de les rouvrir à quelques mètres à peine de l’océan. Le souffle de son passage souleva d’immense vague alors qu’elle reprenait de l’altitude à une vitesse impressionnante, se dirigeant vers sa proie.

***

L’oiseau tournicotait autour du jeune garçon comme on le lui avait demandé. Celui-ci était apparu au sud de l’île, là où les humains avaient débarqués et ne semblait pas l’avoir repéré. Patiemment, le volatile attendait son heure. Un enfant de cette taille ne saurait lui résister et, lorsque le signal lui parvint, le Laguz piqua tête la première avant d’atterrir lourdement derrière le môme aux cheveux étincelants. Ailes déployées, un sifflement de haine chuintant de sa gorge, le corbeau s’avança d’une démarche agressive vers cet humain qu’il allait mettre en pièces.

***

Le brouillard était épais, mais la magicienne semblait n’en avoir cure, filant au dessus de l’île de Crow comme si elle ignorait qui l’habitait. Deux ombres l’avaient un instant pourchassée mais aucune d’entre elle ne s’était suffisamment approchée pour que ses sens d’humaine ne les identifient. Elles avaient disparues toute suite après, juste avant la première perturbation. Une sorte de trou d’air qui avait failli la faire dégringoler. Cependant, tout cela n’était rien à côté de la sinistre créature qui approchait et dont l’ombre glissait maintenant à travers le brouillard, bien plus grande et imposante que les précédentes. Un rugissement sonore finit de convaincre la jeune femme de la dangerosité des lieux.

____________________________________________________

Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiien ! Alors tout d’abord laissez moi vous dire que je suis très content de mon sadisme notoire et du post que je viens de vous balancer en pleine face XD (non non le but n’est pas de tous vous massacrer sans vous laisser aucune chance ne vous en faites pas ^^). Petit résumé de la situation actuelle pour chacun d’entre vous. Tout d’abord le Black Fang :

Llyr : Bon je suppose que tu as compris : plus d’arme, tu tombes et en plus tu as surement pris des relents du sort de Shaun en pleine face (sans compter les diverses blessures infligées par le corbeau). Cependant réjouis-toi petite veinarde, le sort de soin de Sven a partiellement porté ses fruits malgré la distance et tu n’as pas finies brulée vive. Je te laisse assumer comme une grande tes dégâts notoires. Autre petite remarque, vous avez chuté de près de 12 mètres avec Ema (et au vu de la taille de la wyvern je dirais qu’elle est encore plus basse que toi) ce qui ne te laisse « que » 13 mètres pour te rétablir ou te vautrer avec classe (attention ça passe vite XD). D’ailleurs tu es la seule à ne pas avoir été atteinte par le galdr (et tes ennemis aussi). En parlant d’ennemi, il n’en reste qu’un seul, sous forme humaine. Malgré les renforts ennemis aucun oiseau ne t’as encore target.

Irvin : En mode folie furieuse berserk. Le fait d’avoir été obligé de blesser son propre coéquipier l’a quelque peu... choqué dirons nous. Il affrontera ses ennemis sans s’éloigner du corps de Sven mais ‘na rien perdu de sa vivacité ou de sa force bien au contraire (merci Leanne pour le boost qui sauve la mise à Sven o/) Trois corbeaux sont sortis de son coté et je vous encourage grassement à protéger Sven au moins le temps qu’Allen rapplique.

Sven : Vous aurez compris la situation =)

Aurora : A plus, pouf ! Après avoir balancé son attaque, Shaun a pris la poudre d’escampette avec Isa et Lyz. En toute logique vous parviendrez à rejoindre le bateau de Jerrick mais si Lyz ne revient pas avant la fin de la mission il n’obtiendra aucune récompense que ce soit xp ou autre

Veith : Idem que pour Lyz. Un corbeau a emmené ton personnage au dessus de la foret dans le but de te transformer en quatre heure. Si tu ne reviens pas avant la fin de la mission, tu auras rompu ton serment à Naesala (ouch) et je considèrerais qu’on te retrouvera dans la foret, gravement blessé mais en vie (amoché par UN corbeau c’est moche quand même XD)

Geist : Bon la situation est claire : un corbeau sur ton dos, l’autre qui se rapproche méchamment, tu es le plus isolé du reste du groupe (sans compter les deux nouveaux arrivants). Considère également qu’un troisième volatile a remplacé le mort et te tourne joyeusement au dessus de la tète, se préparant à te piquer dessus si tu fais mine de bouger.

Leanne : Hop là un avertissement pour ignorance des ennemis qui arrivent XD tu t’es salement fait amoché le bras. Cependant ton galdr a eu l’effet escompté : Irvin a pu plus ou moins sauver Sven malgré la distance et tous els ennemis (même la seconde vague qui se trouvait à proximité) ont été atteints par énergie. De plus, tous els alliés à l’exception de toi-même (auto buff lol ?), de Llyr et de nouveaux sont touchés. Geist sera-t-il assez rapide ? Sven survivra-t-il assez longtemps ? That is the question. Enfin, j’ai le plaisir de t’annoncer qu’hormis les quatre qui se concentrent sur tes autres alliés, quatre volatiles malpolis se bousculent au portillon pour te chopper. J’espère que tu cours vite =D Tes adversaires ont jaillis du même endroit que ceux d’Irvin et sont passés en trombe à coté en l’ignorant totalement.

Ruika : Ah je savais pas quoi te mettre et puis ça a tilté comme ça. Je suppose que tu as deviné quelle créature s’était lancée à tes trousses =) Bon courage o/

Allen : Allen Walker versus le corbeau débile. Fight !

Aux deux nouveaux : je vous prierais de bien vouloir intégrer le pourquoi du comment vous avez débarqué sur MON île sans passer par le bateau avant de partir faire mumuse avec les zoziaux.

A tous : bonne chance o/


Dernière édition par Maître du Jeu le Dim 20 Fév - 16:22, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Cauchemar dans le brouillard   Jeu 30 Déc - 11:59

Tel un ange déchu, la beauté noire chutait depuis les cieux. Quiconque aurait considéré sa situation comme catastrophique, mais pour elle c'était tout ce qu'il y avait de plus normal. Ema s'en sortirait bien mieux sans elle sur son dos, c'était une certitude, quant à sa réception, elle n'avait pas tellement plus d'inquiétudes, l'un de ces corbeaux serait surement assez idiot pour l'attaquer en plein vol et elle s'en servirait comme d'une piste d'atterrissage. Tiens, le voilà justement qui arrivait.
Le croassement de fureur n'eut pour seule réponse qu'une poussée de sa lance dans le ventre de la bête, il avait eu de la chance, sur des appuis stables, c'est son cœur qui aurait été percé. Toujours était-il que son plan avait marché... partiellement. Le corbeau se révélait plus têtu que prévu. Non seulement il refusait de se soumettre mais continuait à se débattre, écorchant, parfois lacérant le corps de la jeune femme. Elle parvenait à chaque fois à évitait les blessures légères, mais son corps ne tiendrait pas à un rythme si soutenu, alors à son tour elle tentait de remuer la lance, de l'extirper pour porter un coup fatal. En vain. Les serres de la bète noire se plantèrent sans hésitation dans son corps, tailladant, déchirant la peau, et arrachant ce qui ressembla le plus à un cri de douleur. Llyr lâcha son arme et plaça ses mains sur le cou de son adversaire, luttant à présent pour éviter de se faire dévorer les yeux par ce bec puissant.

De son côté, Ema... avait fort à faire avec ces oisillons qui osaient troubler le maître des cieux. Mais à deux contre un, ils n'étaient plus en supériorité numérique, comme ils l'avaient été au début. Et ce fut suffisant. Sa carapace fut percée par deux fois par les bec pointus des laguz, mais cela ne faisait qu'accentuer sa rage. Elle tombait, et un wyvern ne tombe jamais. Ou il tombe sur ses proies. Elle était une créature faite pour les combats aériens, et ce n'était certainement pas deux pauvres corbeaux qui allaient lui arracher un cri de détresse. Le premier regretta d'avoir plongé son bec sous sa peau quand une paire de patte l'écrasa littéralement sous leur poids avant qu'une mâchoire ne vienne mettre un terme définitif à son existence. Son corps rejoignit celui de son collègue plus bas, balancé comme un vulgaire déchet. Le second eut plus de bon sens et s'éloigna avant de chuter avec la créature.
Il ne lui restait guère plus de quelques mètres pour se rétablir, et au vu de la vitesse de sa chute, même un pégase aurait eu peine à le faire sans son maître. Elle allait s'écraser, mais cette certitude s'évanouit au moment même où un cri perça les cieux. Un cri qu'elle aurait reconnu entre mille.

Un éclair parcouru l'atmosphère, percutant sans merci les deux corps en chute libre. Le corbeau fut littéralement pulvérisé, et Llyr, quoiqu'ayant aperçu le sort un dixième de seconde avant son adversaire, n'avait rien pu faire et s'était pris une bonne partie du sort ainsi que des entrailles de corbeau à la figure. Malheureusement, c'était son bras gauche qui avait presque tout pris, mais étrangement, il était dans un bien moins sale état qu'il n'aurait dû l'être. Ni carbonisé, ni hors-service, il était "simplement" couvert de brûlures.
Enfin, actuellement, ce qui devait plutôt l'inquiéter était ce sol qui se trouvait à quelques mètres. Le sort l'avait temporairement aveuglée, mais Llyr en bon cavalier wyvern était encore capable d'évaluer la distance la séparant du sol. Et maintenant, elle était à portée de lance.
Une masse sombre plongea sur elle, et elles s'effondrèrent dans la forêt. Le monstre emporta avec lui une dizaine d'arbres dans cette chute majestueuse et c'était à présent tout un pan de la forêt qui manquait.
Llyr rouvrit les yeux qu'elle avait fermé par réflexe: elle était en vie, mieux, elle n'avait rien de cassé. Et elle ne savait que trop bien qui elle devait remercier pour cela, en entendant la respiration lourde du reptile allongé sous elle. Ema avait plongé sans réfléchir alors qu'elle aurait certainement pu se rétablir plus en sécurité là bas. Mais le grognement qu'elle poussa quand sa cavalière lui caressa l'échine lui disait tout ce qu'elle vaait besoin de savoir, non, tout ce qu'elle avait toujours su. Elle seule, serait toujours là pour elle.
Llyr se releva, ses côtes étaient endommagées par les serres du corbeau et du sang s'en écoulait à grande vitesse, et son bras était lui aussi amoché. Heureusement, aucun organe vital n'avait semble t-il était touché, enfin, ça ne changeait pas grand chsoe à la situation, si elle n'était pas soignée, elle mourrait une fois que son sang aurait quitté son corps. Elle aperçut un point ailé au loin, qui semblait vouloir achever son travail. Le dernier des corbeaux qui les avait attaqué s'était apparemment réjoui du déroulement et s'apprêtait à venger ses camarades tombés. Une plongée sur une femme désarmée, puis sur un monstre à terre. Rien de plus simple.


- ... Je reviens.

Elle saisit l'un des nombreux bâtons qui ornait le sol, déchirés par le poids de titan de la bête, nombre d'entre eux étaient suffisamment acérés pour percer la peau. Le corbeau repris forme animale et plongea en rase-motte à toute vitesse sur la jeune femme qui s'avançait blessée, et semblait-il en boitant vers lui.
Les deux êtres se rapprochèrent et Llyr s'immobilisa, elle planta son pied dans le sable et la terre, et au moment où son regard glacial croisa celui du corbeau, il comprit son erreur.
Mais il était trop tard.


- ...

Sans merci, la pointe de l'épieu transperça la poitrine de l'oiseau tandis que ses serres touchèrent les épaules de la jeune femme, le bec qui devait la décapiter fut esquivé par un mouvement de tête sur le côté - et le fait qu'un épieu lui transperçait actuellement le foie. Les deux corps churent quelques mètres en arrière, sur le sol sous les cris perçant d'un oiseau trop imprudent. Le laguz finit au dessus de la femme, dont le regard n'avait pas changé, mais alors qu'il allait achever sa besogne, et bien qu'il se sût condamné, un frisson parcouru son corps tout entier lors qu'une ombre gigantesque se glissa derrière lui.

- ... ... MEUR-

On entendit un *scrach* et le laguz s'effondra, sous forme humaine, à côté de la jeune lancière. L'épieu planté dans son corps s'était subitement contorsionné et avait réduit à néant l'organe qu'il perçait. Il avait fait face à la mort avec trop de présomption, et c'est ce qui l'avait perdu. Ce fut surement une leçon qu'il emporta dans sa tombe: un Black Fang n'a pas besoin d'être armé pour tuer. Et cette loi générique devient inviolable lorsque l'on parle des Quatre Fang.


[HRP: NEED HEAL XD

Bon sérieusement, Llyr va avoir "un peu" de mal à combattre là, Ema va plutôt bien, c'pas une tite chute qui va l'ébranler, mais les coups de serres dans les côtes et les épaules sont assez mal passées du côté de sa cavalière.

Ah, par contre Ema va pas du tout être contente là, si y'a un corbeau qui passe à sa portée il se fait OS XD]

Ok ok c'est ma faute j'aurais du savoir que j'avais oublié quelque chose dans mon post... Je pensais que tout le monde l'aurait lu sur skype mais non XD Bref à la base je souhaitais que les deux nouveaux s'incrustent dans le délire avant que vous répondiez m'enfin ton post va pas changer grand chose de ce fait je le laisserais en l'état. J'attend maintenant que Ruika et Allen postent leur toute première action dans cette mission avant que Geist et Leanne ne répondent : nous reprendrons ensuite l'ordre de départ, en ajoutant par la suite les deux nouveaux dans l'ordre dans lequel ils arriveront.
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MessageSujet: Re: Cauchemar dans le brouillard   Jeu 30 Déc - 22:57



La nostalgie…. Un sentiment si triste et si profond qui surgissait comme une feuille tombée d’un arbre dans le cœur de Ruika. Il y avait si longtemps qu’elle n’avait plus pris ce chemin. Le chemin de ses terres, le chemin de ses souvenirs et aussi celui de ses peines…

Après sa rencontre avec le bretteur aux cheveux verdoyant, Ruika s’était sentie assez confiante pour pouvoir retourner sur les domaines de ses ancêtres, de sa famille, des siens. Elle se savait déshonorée à tout jamais, elle-même ne s’acceptait plus en tant que Laguz alors elle se doutait bien que personne ne l’accueillerait à bras ouverts.

D’ailleurs qui pouvait l’accueillir… ? Elle n’avait plus de famille.

Néanmoins, elle avait l’infime espoir d’être comprise. Si ce n’était acceptée, au moins plainte. Elle n’avait jamais cherché de réconfort auprès de son peuple par respect et par fierté, le peu qui lui restait. Elle avait affronté ses malheurs seule, la tête la plus haute qu’elle le pouvait comme il seyait à son espèce. Elle avait été jetée plus bas que terre mais avait réussi à se relever. Même en ayant perdu ses ailes, elle continuait de voler. Elle voulait se reconstruire et pour cela elle était obligée de passer par la case de départ… Pheonicis.

Etant partie de Sienne, elle survolait actuellement les eaux de Kilvas tempétueuses et agitées comme les habitants de ses terres. Elle n’avait jamais aimée ses voisins les corbeaux, les trouvant violent, vulgaire et surtout bruyant mais elle devait bien ce l’avouer, le vent chaud qui l’avait reçu avec la plus grande des douceurs était un véritable délice pour la totalité de son être. En fermant les yeux elle réussissait presque à se faire croire qu’elle volait de ses propres ailes, qu’elle dansait comme dans son temps lointain, ses souvenirs enfouis, son passé oublié. Il était enivrant de sentir ce vent familier défaire ses cheveux, glisser le long de ses jambes et de son ventre… mais elle aurait tellement voulu le sentir dans ses ailes, à travers ses longues plumes de faucon…

Soudain, le vent changea, une dépression se forma sous son corps… elle rouvrit les yeux aussi vite qu’elle le put mais sa vision était brouillée par une épaisse brume à l’aura ténébreuse et maléfique. Sans s’en apercevoir de suite, elle se mit à chuter…
Son sort ne pouvait pas s’interrompre, elle le connaissait que trop bien, elle était certaine de sa fiabilité. Tant qu’elle avait un souffle de vie, tsubasa, ses ailes de vent, ne pouvait l’abandonner. C’était impossible… intolérable !!
Elle sortit son tome alors qu’elle continuait à plonger et que le sol se rapprochait dangereusement. Elle tourna les pages et posa la main sur celle qui l’intéressait sans même la regarder, elle connaissait l’incantation par cœur et c’était de toute son âme qu’elle hurla…

- TSUBASA !!!

…à la fin de celle-ci.
En réponse à sa demande le vent vint la soulever doucement ralentissant sa chute jusqu’à l’arrêter une bonne quinzaine de mètres au dessus des arbres et de leur branches dressées dangereusement vers le ciel.
De sa haute altitude, elle n’avait pas vu ce point de terre sur lequel elle avait faillit s’écraser et elle s’en serait bien passée au vue de ce qu’elle apercevait au loin… Un dragon ??

Le rugissement de la bête ne lui présageait rien de bon, elle y ressentait toute la rage de combattre et toute la furie d’un animal assoiffée de sang. Et alors qu’elle se rapprochait sans que Ruika n’esquisse un mouvement pour l’éviter de peur d’attiser sa colère, elle le vit…un humain monté sur le dos de la créature. Un humain en terre Laguz qui volait sur ses vents...

Comment osait-il ?

Comment pouvait-il ?

Venait-il la narguer du haut de sa créature ailée, elle qui avait tant lutté pour pouvoir reconquérir les cieux… incroyable. Elle bouillonnait d’une rage non contenue contre ce Beorc, contre tous les Beorcs. Une rage qui surmonta la peur qu’ils lui inspiraient. Elle posa sa main dans le fond de sa poche en contact avec la rainure vieillit de son livre et portant ses doigts sur la page adéquat elle récita l’invocation dans un murmure audible d’elle seule.

Si l’être ailé avait été un Laguz, elle aurait accepté l’attaque comme une punition pour ce qu’elle était, le blasphème que constituait son existence. Cependant, un Beorc… elle allait le détruire.

Elle poussa un hurlement strident tel le cri de milles oiseaux contenant toute sa rage et son intolérance. Un cri d’une puissance suffisante pour atteindre l’oreille interne et déstabiliser son adversaire. Puis avec autant de hargne elle lança son sort.

- ARACHI !!!

Connaissant parfaitement ce dont avait besoin chaque être vivant pour voler, Ruika envoya ses lames de vents en plein front de la créature pour arrêter sa progression. Personne ne pouvait lutter contre une tempête et encore moins un si gros mastodonte. Presque simultanément, elle envoya une second salve de pure violence tentant de lacérer les fines membranes constituant les ailes de la bête et avec un peu de chance de désarçonner son cavalier. Puis profitant de sa surprise, elle plongea dans la forêt à l’abri des arbres.

Ruika n’était pas idiote et n’avait aucun problème de conscience à agir comme une lâche. Elle avait été pirate et connaissait toutes les astuces pour survivre contre un adversaire qu’elle savait plus fort qu’elle. Se terrer dans un coin et l’harceler sans qu’il ne vous voie et surtout sans qu’il ne voie votre attaque arriver et l’achever quand il baisse sa garde.
La créature aurait plus de mal à l’atteindre à travers la flore abondante de l’île, elle par contre pourrait toujours l’attaquer de loin via ‘Arachi’. Se dissimulant dans les arbres et volant à travers les branches silencieusement et avec une aisance naturelle, elle avança dans la forêt ne perdant jamais de vue le gros lézard.

- Arachi !!

Elle le dit dans un murmure mais la puissance n’avait d’équivalence que sa rage et la lame de vent trancha les branches et les troncs qui lui barraient sa route pour frapper l’animal. Mais avant qu’elle ne puisse constater l’efficacité de son attaque, Ruika fut interpellée par les bruits de fers s’entrechoquant, les hurlements si caractéristiques des Corbeaux et le chant plein de grâce d’un… Héron ??
Des humains s’attaquaient à un des derniers rescapés de cette race. Ils s’en prenaient à ce survivant sur ses terres. Honte à eux et maudit soient-ils tous autant qu’ils étaient pour leur blasphème.
Elle se retourna vers son adversaire avec une haine nouvelle. Lui faisant face, elle continua de l’attaquer toute en reculant rapidement pour se rapprocher des bruits de bataille.
Elle n’était plus une Laguz mais gardait au fond de son cœur les principes primordiaux qu’on lui avait enseignés durant son enfance. Protéger les Hérons…

Néanmoins, la créature la suivait et elle ne pouvait amener un tel fléau. Avec l’aide des Corbeaux elle aurait eu plus de chances de l’abattre mais pouvait-elle vraiment compter sur ces voleurs… Non Ruika agissait seule. Elle n’avait pas forcément besoin de le tuer, mais elle devait mettre hors d’état de voler le lézard. Elle arrêta sa course et se posa sur une branche accroupie attendant que la bête se rapproche. Ce qui l’ennuyait c’était ce cavalier avec sa lance. Si elle se montrait trop téméraire, elle se ferait embrochée comme un vulgaire pigeon… elle devait se montrer astucieuse.

Doucement elle retira son gant noir et prit trois serres d’acier dans sa besace et son tome de magie. Elle arracha une branche de la taille de son bras sur l’un des arbres l’entourant et elle récita la formule en entente du moment opportun…


*Pas encore… pas encore… maintenant !!!*

Elle poussa un nouveau cri aussi strident que le premier mais cette fois-ci, ce n’était pas de la rage et de la jalousie qu’il contenait mais un mépris profond et un désir accru de sang. Elle s’appuya de toutes ses forces sur la branche pour se propulser vers la bête à toute vitesse. Elle sentait le vent siffler à ses oreilles et lui battre le visage mais elle devait se concentrer. Tout n’était qu’une question de timing et de chance.
Elle n’en avait jamais eu…
Sortit de la cime des arbres elle jeta ses lames d’acier en visant le cavalier puis elle changea de côté et jeta à la bestiole la branche d’arbre visant sa gueule et s’aidant du vent pour la guider et accélérer sa projection. Sans perdre un millième de seconde, elle passa près de la bête avec la vitesse maximal que lui permettait ses capacités et de ses propres serres, vestige de son ancienne race, elle lacéra l'aile droite de l’animal avant de s’en écarter aussi rapidement qu’elle le put via ‘Arachi’ qui la propulsa hors de portée de l’animal.

C’était juste une question de timing…

[HRP]Pardonnez moi mes frères car j’ai péché. Notre cher Mj m’a provoqué et j’ai répondu à la provocation. Si je meurs à cause du sadisme de ce dernier, je m’excuse de ne pas avoir été d’une plus grande assistance…

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MessageSujet: Re: Cauchemar dans le brouillard   Sam 22 Jan - 2:19

Nous y voilà, sur cette petite île. Là où l'action se déroule et là où une éminente menace se doit d'être éliminée. Le gamin à l'œil rouge devait rester en arrière, et soigner les blesser. Mais à quoi bon être l'arrière garde si il ne revient que des cadavres? Il ne fallait aucune commune mesure supplémentaire pour qu'il décide conformément à lui même de partir au combat. Sans doute allait-il en mourir, mais que vaux une vie si elle n'est pas mise au service de ses principes?

Il se hâtait à travers la forêt. Le climat ici tendait vers l'humidité, et ainsi les arbres semblaient tout aussi vivants que lui. Certes ils n'auraient pas levé le moindre petit branchage pour contrevenir ou aider le groupe de « héros salvateur », mais ils donnaient une ambiance relativement malsaine à l'endroit. Comment se battre dans un environnement où l'on a l'impression que l'on va tuer sous les yeux de centaines de témoins? Mais d'une certaine façon, cela n'effrayait pas Allen. Il n'était pas là pour tuer, mais pour sauver. Qu'ils combattent pour une bonne ou une mauvaise raison, qu'importe. Chacun méritait d'avoir une main tendu vers lui, qu'il veille l'attraper ou non.

Le dessous métallique de ses bottes faisait gicler la bout de parts en parts du décor, il n'était clairement pas discret. Chaque monceau de terre, chaque pierre semblait se retourner sous son pas décider. Les pans de son long manteau voletaient sous sa vitesse de marche, donnant à cette forêt vivante l'impression que le vent s'engouffrait entre ses lianes. Ceci dit, seul l'écho des murmures de la terreur et l'odeur de sang résidait ici. Il ne faisait nul doute que plusieurs personnes ici vouaient un culte à la mort et s'aimaient à châtier par celle-ci juste pour la plaisir de satisfaire un fou. Quelqu'un de désemparé à plus besoin que quiconque d'une oreille attentive. Aucun cas n'est totalement désespéré. Il n'y a que celui qui le prétend qui est perdu, car il abandonne son prochain. Mais même lui, peut être aider. Et c'est fort de toutes ces convictions que le jeune maudit avançait parmi la brume matinale. Il avait froid, mais ses poings serrés et ses yeux rivés sur sa destination coupaient ses nerfs de la réalité.

Les diverses frêles racines qui tentèrent de le faire chuter se brisèrent sous sa marche forcené, ses sphères parfaitement prêtes à être utilisés rangées chacune à un endroit particulier et facile d'accès ainsi que ses yeux mêlant le feu et la glace semblaient faire de lui quelqu'un d'inébranlable.

Hélas, tapis dans l'ombre et le brouillard, la créature attisait sa soif de sang envers un jeune corps plein de vigueur. Il le savait très bien, livré à son seul instinct de prédateur comme, à ce qu'il croyait, seul les laguzs savent le faire, ce gringalet n'avait aucune chance. De plus, son regard emplit de bienveillance ne faisait qu'agrandir son appétit de meurtre facile. Allongé au sol, les ailes repliés et le cou plongé en avant, il n'aurait plus qu'à bondir le moment venu. Et sa cible se rapprochait, inéluctablement. Haha, comme ça allait être facile. Aussi simple que de déchirer son pain en deux pour se faire des tartines au petit déjeuné. Un meurtre gratuit, sanglant et facile d'accès. Que demander de mieux? Et le moment arriva. Il laissa le garçon le dépasser. Encore un humain qu'il tuerait sans connaître son nom.

Il déplia lentement ses ailes longilignes, rétracta son cou pour mieux lancer son bec perforer la chair molle et délicieuse du petit marqué. Ses ailes se levèrent, tout aussi discrètement. Allen n'avait rien vu, il ne se doutait de rien. Et le volatile géant se propulsa. Raidissant ses pattes pour sauter, puis un puissant coup d'ailes pour s'envoyer de la façon la plus rapide possible sur sa proie. Ses yeux étaient déjà injecté de sang, lui qui s'imaginait y recevoir des projections:


« Derrière toi. »

Sans se retourner, faisant confiance à ses voix intérieur Allen se lança en arrière. Ses pieds quittèrent terre et il regroupa ses genoux au niveau de son abdomen. Il n'était pas vraiment expérimenté dans ce genre de manœuvres. Mais le travail qu'il avait effectué sur son physique devait payer un jour où l'autre, et il espérait bien que ce serait aujourd'hui. Alors que son dos rond était parallèle au sol, il sentit un épais nuage de plumes frotter son manteau. Le corbeau, dans un réflexe, tenta de tourner le cou pour apporter succès à une attaque qui tournait mal. Mais la gravité rappela à tous qu'elle existait, en sauvant l'un des deux d'un coup, et en privant l'autre de son effet de surprise. La pesanteur fit que le gamin roula complétement sur le dos du bipède volant, ce qui lui permit de se rétablir sur ses pieds à la seconde suivante. L'oiseau quant à lui, atterrit normalement un peu plus loin, ses puissants muscles lui permettant ce genre d'exercice. Il se retourna, et regarda des ses yeux rouges sa feu victime facile. Apparemment, elle avait bien plus de mordant que prévu. Mais aucun sentiment ne se décrivit sur sa gueule, il était confiant. Après tout, ce n'était qu'un frêle gamin.

Allen s'inclina légèrement. Main droite contre le cœur:


« Allen Walker, enchanté de vous rencontrer. Je sais que nous ne pouvons pas discuter tant que vous êtes sous cette forme, alors je... Wargh! »

Il se jeta sur le côté, oubliant que son bras gauche devait lui aussi être sauvé. Mais son réflexe fut assez rapide pour que le bec de l'oiseau n'arrache que son gant blanc, le privant de même d'une partie du haut de sa manche. Sans demander son reste, le corbeau balança à proprement parlé au sol le morceau de gant qu'il tenait dans son bec. Puis il commença à battre des ailes, prenant son envol. Si le bec ne suffisait pas, il avait une paire de griffes acérées qui feraient l'affaire:

« Oulah, ça commence à devenir dangereux dans le coin! »

Dans un élan de courage et de survit, Allen Walker se retourna, mis son pied d'appuis devant lui et détala dans toute la vaillance dont il sait faire preuve. Il le savait très bien, contre un tel adversaire seul la fuite permettait de survivre. Ceci dit, il pourrait y en avoir d'autre sur la route et celui là ne voudra sans doute pas lâcher l'affaire. Alors il fallait trouver une idée, et vite.
Grâce à son habile technique de la fuite en zigzag, le courageux troubadour arrivait à esquiver sans réfléchir la tornade de bec et de griffes qui s'abattait sur lui. Ce qui laissait donc libre cours à son imagination:


« Bon, concentre toi Allen. Ta seule arme est la forêt, tes aptitudes ne serviront à rien contre lui! Même si tu le téléporte à trois kilomètres de haut, il peut voler, alors ça ne sert à rien! Je pourrais espérer qu'il s'écrase violemment derrière un arbre, mais je n'ai aucun moyen de lui faire perdre assez de vitesse! Je ne peux que me cacher! »

Intelligemment, il profita d'un angle mort dans l'œil du corbeau pour se lancer derrière un arbre. Se rétablissant d'une roulade, il prit en main sa sphère de téléportation pour atterrir un peu plus loin. Ici, il attrapa la première branche qu'il croisa, tout du moins dès qu'elle fut assez longue et souple. Il la tira vers lui, de sorte à formé un presque arc-de-cercle. Et comme prévu, le volatile lui fonçait dessus. Si il avait les capacités physiques d'un monstre, ses capacités mentales semblaient laisser à désirer. Il fonçait à toute berzingue sans voir le gamin et sa ruse vielle comme le monde. Ça y est, il l'avait repéré. L'oiseau accéléra, faisant vibrer la membrane de ses ailes dans une sonorité malfaisante à chaque battement:

« Le rêve des hommes à toujours été de volé! Toi qui peux le faire, je suppose que c'est d'être cloué au sol! »

Sur ce, il lâcha sa branche. Celle-ci vînt magnifiquement s'abattre en plein dans la poire du corbeau, lui lacérant la chair et lui entailla l'os puisse qu'elle avait été envoyée pour qu'il prenne le bout fin, ce qui ce fit. Déstabilisé dans son vol par le choc, l'oiseau de malheur vrilla avant de s'écraser contre un arbre. Écroulé au sol, il commençait à se relever péniblement. Allen s'approcha de lui, s'accroupissant à son côté:

« Arrête, tu as perdu. Tu es méchamment blessé, abandonne le combat. »

Il y croyait, dans son sourire et dans sa bonté. Mais rien n'est plus dangereux qu'un animal blessé. Et puis il était juste sonné, un être de sa carrure ne serait pas hors combat pour cette simple blessure. Sa position était parfaite, juste devant lui.

Le maudit tomba au sol alors que le bec se retirait de son cœur. La bête s'était jeté sur lui avec une rage folle, alors que le gamin pensait le combat finit. La bouche ouverte, laissant échapper quelques grammes de sang à la densité moindre. Sa tête heurta le sol en premier, suivit de tout son corps. Le sang imbibait sa chemise blanche et s'en prenait déjà à son manteau noir. Il était certes déjà inconscient, les bras étendus au sol, mais il allait mourir d'une minute à l'autre. Son esprit était imbibé d'une brume bien plus épaisse que celle de la forêt, ne serait-ce parce qu'elle était noir. Il était déjà venu ici, il avait déjà vu ce ciel. Ce ciel rouge.

Son paradis de fleurs à la beauté infinie avait disparu. La terre était craquelé par la sècheresse, ça et là d'immense lianes tentaculaires se levaient pour lécher le ciel. L'odeur de sang et de métal était partout. Son monde avait disparu. Il était seul, ici.

Tel le vent, une voix se leva. Un murmure sanguinolent:


« Je suis là, laisse moi t'aider...
-A chaque fois que tu interviens, des gens meurent. Je ne veux pas!
-Alors je ne tuerais personne, aller, laisse moi l'entier contrôle...
-Ne l'as tu pas déjà? Que puis je faire moi qui suis impuissant? »

Alors qu'il prononçait ces paroles, il était d'ors et déjà à genoux, les larmes aux yeux:

« Laisse moi ton corps... Et nous passeront une journée... Endiablée... »

Il n'y eu aucune réponse. Aucune approbation. Mais Allen le savait, qu'il allait mourir. Alors il ne pouvait que lui faire confiance, que le laisser prendre ce qu'il lui avait interdit depuis toujours. C'était la seule solution. Car quand il n'y en a qu'une, qu'elle soit bonne ou mauvaise, nous ne pouvons lui échapper. Qu'était cette malédiction qui transformait son corps? Il le sut enfin. C'était une passerelle transitoire. Un moment d'éternité qui lui échappait parce qu'il n'était pas tout seul. Parce que ce deuxième être existait en lui, cet être sans existence. Mais est-ce que quelque chose peut vivre sans avoir de vie? Cette chose n'a été crée que par un sentiment. Par un besoin de pouvoir, si il abandonnait son corps, lui qui était si faible et ne pouvait pas la contrôlé, qu'est ce que lui allait faire? Il comprit. Et il pleura.


Le corbeau s'en repartait, il était intérieurement déçu de ne pas pouvoir dévorer la chaire de sa victime mais son maître avait besoin de lui ailleurs. Et puis après tout, le corps serait encore là après la bataille. Il n'y avait pas de quoi s'en faire. Alors qu'il s'en retournait prendre son envol, il fut soudain pris d'un énorme frisson. Le genre de frisson qui vous donne l'impression qu'une baignoire pleine de glaçon coule dans votre nuque. Sans qu'il s'en rende compte, le vent s'était vraiment levé. Il se faisait de plus en plus violent, et convergeait derrière lui. Il se retourna, et assista à ce qu'il n'aurait pas voulu voir.

La brume était devenue noir, et elle tournoyait à la suite du vent jusqu'au cœur du gamin. Elle ne rentrait certes pas dans son corps, mais le recouvrait alors que ce dernier se levait lentement. Alors qu'il avait un genoux à terre, le corps devenu tout noir et tourbillonnant commençait à se déformer de façon exagéré. Toutes les parties de son anatomie, l'une après l'autre, grossissait dans des proportions toutes aussi malsaines qu'horrifiques. Ceci durant quelques secondes, le temps pour le corbeau de lâcher un cri d'angoisse. Puis les malformations disparurent. Il était entièrement debout, toujours couvert de noir:


« Te demandes tu... »

Tandis qu'il commençait à parler, il levait son bras gauche lentement, à l'horizontale:

« Qui je suis?... »

Doigts écartés, il usa de l'articulation de son coude pour relever son avant bras vers son visage:


« Je suis ce qui parasite l'existence, un mystère en soit même pour l'humanité.... »

Arrivé à un angle perpendiculaire au niveau de son bras, il commença à fermer le poing lentement:

« Je suis ce qui est, ce qui sera et ce qui restera... »

Alors qu'il ne restait que quelques centimètres au phalanges pour rencontrer la paume de la main, il la ferma violemment. A ce moment, toute la brume noir qui épaississait ses traits disparu au rythme du vent. Ce n'était pas Allen qui regardait son poing, c'était... Quelque chose d'autre:

« Je suis l'ombre qui est revenu dans la lumière, je suis l'invisible qui est devenu visible... »

Puis elle tourna la tête de façon vive vers son ennemi. Elle semblait jeune, avoir les traits fins. Ses longs cheveux blanc lui descendaient jusqu'au bas du dos, retombant sur des hanches dans lesquelles on croquerait. Ses formes longilignes et bien rebondit auraient fait d'elle une femme parfaite, si ses deux yeux rouges ne représentaient pas l'enfer lui-même. Elle fit redescendre lentement son bras gauche, toujours monstrueux, le long de son corps:

« Crois tu, stupide sous-race, que l'on puisse exister pleinement en n'étant qu'une composante? Je me suis donné un nom. Un nom d'emprunt qui durant tout ce temps m'a servit à survivre alors que je n'étais plus moi... »

Elle bougeait son corps dans diverses positions qui auraient pu être qualifiés de séduisantes si l'on ne considérait pas qu'elle exhalait de tout son être l'envie de tuer. Ses gestes étaient théâtrales, et la rapprochait d'une déesse de la mort:

« Mais quel magnifique corps que celui de mon hôte, n'est-ce pas? Cette possibilité qu'il a de se transformer, et dont il ne sait pas se servir me permet de redevenir moi même. Je suis complète... Mais ça, tu ne peux pas le comprendre, n'est-ce pas? »

Cessant ses gestes ambiguës, elle se mit à marcher en direction du volatile qui se recroquevillait sur lui même de peur, il n'avait jamais vu une chose pareil se produire. Mais le pire était le regard de la femme sur lui. Ou sans doute que sans soutien-gorge et avec du sang comme liquide de secours pour concours de chemise mouillée, il en prenait plein la vue:

« Je suis Kyria R. Fall, démon de l'aliénation. Pour te servir. »

Ces paroles la rendait humaine, et les démons n'existent pas. Alors ce n'est qu'un titre qu'elle se donne pour attiser la terreur. Cela ne prendrait pas, prenant appuis sur ses robustes pattes, le corbeau s'élança sur sa nouvelle proie, plein de confiance.
Bougeant juste le bras gauche, Kyria frappa l'arbre à côté d'elle du dos de sa main. L'accumulation magique fit craquer le bois et voler l'écorce. Cette dernière intercepta l'oiseau en plein vole, lui gâchant clairement la vue tandis que l'arbre commençait à chuter. Le corbeau tourna la tête pour se débarrasser des obstacles miniatures, puis riva ses yeux sur ce qui était maintenant un halo bleu. L'arbre avait disparu. Cela ne changeait rien, il fonçait de toute sa rage sur celle qui se prenait pour un démon. Elle allait mourir, elle était encore plus chétive que son prédécesseur! Enfin... Pas à tout les niveaux.

Kyria fendit son visage d'un sourire malsain, ne lâchant pas son adversaire de son regard propre. Un regard qui ferait frémir un dieu. Les mètres qui les séparaient pouvaient se compter sur les doigts de la main:


« Tu sais ce qu'il y a de beau avec un arbre? Non? Est-bien je vais te le dire: Il n'y a que dans l'esprit des fous qu'il tombe tout droit. Crois-tu être sain d'esprit? »

L'oiseau hurla, tout en fonçant sur elle. On entendit des bruits de bois se brisant, puis ce fut le noir absolu pour le corbeau.
Pour tout les autres, ce ne fut qu'une succession de deux bruits sourds. L'un provenant d'un arbre tombé tout droit et du ciel, puis de la gravité reprenant ses droits sur la nature lui appartenant.

La sanction avait été brutale:


« Un jour, un homme m'a dit qu'une femme qui se bats n'est pas belle. Cependant, il savait très bien que ceci est vrai non pas parce qu'une arme entre nos mains rend nos mouvements trop... Sanguinaire pour ce que nous sommes, mais plutôt parce que cela rappelle au monde que nous ne sommes pas là que pour enfante. Nous sommes bien trop calculatrice et méchantes, car la déesse ne nous as initialement donné que cela pour nous battre... Se doutait-elle que nous pourrions aussi utiliser des armes? »

Le corbeau gisait au sol, s'étant fait fauché une aile et une partit de la colonne au passage, écrasé par le poids de l'arbre. L'attaque avait été calculé pour qu'il ne meurt pas, mais à en juger par ses cris, cela devait être très douloureux. Elle s'approcha de lui, mettant un genoux à terre, parcourant sa nuque de son regard glaciale:

« Oh non, je ne vais pas te tuer... Je vais te laisser ici, souffrir sans pouvoir crier. Mais ce n'est pas un meurtre, n'est-ce pas? Avec de la volonté, tu devrais pouvoir t'en sortir jusqu'à ce que quelqu'un vienne... Te tendre la main. »

Tendrement, elle descendit sa bouche sur le cou de celui qu'elle venait de battre. Elle ouvrit cette dernière pour planter ses crocs dans la chaire tendre de sa victime, après tout ce n'était que justice, il lui avait fendu le cœur! Elle aspira lentement son sang, s'en délectant. L'oiseau se calma, apaisé par la morsure et par dessus le marché vidé de ses forces. Puis elle le relâcha, sans l'avoir vidé. Elle se remis debout, en essuyant le sang qui coulait le long de son menton, laissant une trace rougeâtre tout le long de sa bouche jusqu'au bas de son cou:

« Haha, je te remercie pour cette vision... Perçante, ce que toi tu n'aura plus l'occasion de faire avant un moment. Très bien, je te laisse, ton maître m'attend... J'ai une petite surprise pour lui. »

Regardant au loin avec sa nouvelle capacité, elle tentait de dénicher celui qui était la cible du jeu. Celui qui allait comprendre ce qu'était la vrai folie. Elle roulait sans doute un peu trop son anatomie avantageuse pour ceux qui la regarderait de dos. Mais encore ne valait-il mieux ne pas rentrer dans son jeu. Elle allait lui tendre la main, pour l'emmener du mauvais côté.
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MessageSujet: Re: Cauchemar dans le brouillard   Dim 6 Fév - 1:06


"Grmngng graateauuu foondyaaan pyoiiire puaaapiii"


Nao Lyn Sha se retourna dans son sommeille. Rien avait d'importance à part ce doux repos de l'âme dans lequel elle était plongée. Perdue dans des rêves merveilleux, où tout ce révélait possible, la lionne profitait de ces paisibles instants. Quand soudain, son monde bascula.


"Aiheuuu !"


Une vague de souffrance réveilla la lionne, paralysée, plus aucun de ses muscles ne lui obéissaient. Ses yeux grands ouverts ne percevaient que ténèbres. Des douleurs sourdes lui enserraient le crâne et courraient le long de sa colonne vertébrale.

En effet, car coincée sous une peau de chèvre, (à en juger par l'odeur) entre trois caisses tout en étant à moitie assommée, la lionne ne pouvait esquisser un mouvement. Nao ronchonna. Le réveille était bien trop brutal à son gout. Que sa tête était douloureuse! L'univers semblait tournoyer tout autour, dessinant une multitude de points brillants.
Pourtant elle avait encore passé une soirée fantastique ! Le sake avait coulé à flot et la viande saignante à point. Elle se passa la langue sur les lèvres; y repenser la faisait encore saliver. Cependant, la suite de la nuit était plutôt confuse. Le brouillard encombrait son esprit, la gênant pour mettre la patte sur ses informations capitales. Il était fort possible que le sake eut été un peu trop goûteux justement... Rien que d'y songer accentuait davantage son mal de tête. Bref, ça reviendrai quand ça reviendrai. Il lui semblait presque que le sol tanguait sous ses pieds. Son estomac n'appréciait pas l'expérience. La lionne remua, compressée de partout.

Mais… où avait elle put bien atterrir pour se retrouver à dormir sous une peau de chèvre? Bref, premièrement, se dégager de cette situation un peu trop exiguë pour son gout. Nao s’arc-bouta contre les caisses et poussa de toutes ses forces; sans résultat. Ces stupides cubes à quatre planches semblaient maintenus par quelque chose. Une goutte de sueur se perdit dans son cou. Décidément, les espaces clos ne lui convenaient pas du tout. La lionne poussa un grognement et concentra son action sur la caisse qui lui compressait la poitrine, s'égratignant les bras. Il y eut un craquement sec, et l'objet bougea enfin. Soulevant la peau, Nao s’assit par terre se tenant le ventre et poussant de petits gémissements plaintifs. Dans cette position, les marteaux qui lui labouraient la boite crânienne se faisaient d'autant plus sentir, et sa douleur à la nuque n'arrangeait pas le problème. Sous ses pieds, le sol fit un bon en avant et elle faillit s’étaler le nez par terre. La grosse caisse qu’elle avait déplacée glissa sur trois bon mètres avant de revenir vers son point d'origine juste où la pauvre lionne se lamentait. Dans un réflex bienvenu, Nao roula sur le coté évitant de justesse la transformation en crêpe. Un haut de cœur lui souleva la poitrine, la lionne s'agrippa au premier objet qu'elle trouva pour se maintenir à peu près debout. La pile de cagettes remplie de pommes s'effondra sur elle.

Nao s'ébroua. Cette pièce était dangereuse! Plein de truc qui tombaient de partout et le sol qui n'était pas stable! Clopinant, elle se dirigea vers un escalier s'ouvrant dans les profondeurs de la pièce. Encore heureux qu'elle puisse parfaitement voir dans le noir.
Du haut de l'escalier, des voix lui parvenait, ainsi qu’un bruit sourd de roulis. Le sol se déroba une fois encore sous ses pieds mais la lionne s’accrocha de justesse à la rambarde de l’escalier. Un courant d’air frai vint lui chatouiller le nez. Sortir, sortir! il lui fallait absolument retrouver de l'espace! La lionne oublia ses douleurs, voulant à tout prit goûter les fraiches saveurs du vent. A moitie défonçant la porte qui lui barrait la route, elle fut enfin dehors.

Nao écarquilla les yeux; un bateau ! Elle se trouvait sur un espèce de rafiot qui tanguait sur les embruns comme une marionnette fêlée. Elle s’accrocha au mur pour ne pas se retrouver par terre. Et ça puait le poisson ici! L'odeur lui monta à la tête, inhibant son odorat sensible. Mais comment avait-elle grimpé sur ce fichu navire. Des Béorcs courraient dans tous les sens, s’interpelant, criant, tandis qu’un monsieur avec une barbe exubérante donnait des ordres. Le capitaine?... avant de s’occuper de tout ça... bien plus urgent... La lionne courut, à moitie trébuchant jusqu’au bastingage… pour y vomir ses tripes.



On la retourna brusquement.


"Qui êtes vous ? qu’est ce que vous faite là ? et..."

Ils étaient trop bruyant, trop bruyant ! Et elle avait encore mal au ventre.

"Bwaaaaharfff "

Ceux qui ne reculèrent pas assez rapidement eurent les pieds joliment colorés par une substance complétement répugnante et nauséabonde. Les marins jurèrent, tout en restant à bonne distance de la lionne qui conservait un air de brocoli dégénéré.

"Je heu... Pardon… je suis désolée !"

La lionne déglutit péniblement.


"Ceci dit, vous n’auriez pas un p’tit remontant ?"


Un des types lui tendit une flasque. La jeune fille s'en empara prestement et se délecta d’un breuvage au gout sucré. Elle vida la flasque histoire de chasser convenablement le gout infâme qui lui restait dans la bouche et rendit l’objet à son propriétaire. Ce dernier secoua l’objet l’air dépité. Un agréable chaleur se rependit dans les membres de la lionne. Lorsque le vent marin lui ébouriffa les cheveux, elle eut l'impression de renaitre. Ses forces lui revenaient et sa tête s'éclairait. Elle inspira un grand coup et sourit. Des hommes descendait un canot à la mer un peu plus loin. La manœuvre semblait compliquée par les roulis de la mer déchainée. Ils cherchaient sans doute à gagner l'île qui se trouvait non loin; plutôt sinistre d'ailleurs. A ce moment, le navire oscilla une fois encore et le bras de la lionne dérapa. Elle glissa et sa nuque heurta le bois de la rampe avec un bruit sourd. Nao se frotta le cou. Elle ne resterai pas sur ce cercueil flottant une minute de plus!

Regardant où ils posaient les pieds, trois marins la prirent par le bras et l’entrainèrent vers l'homme à la barbe, tout en continuant à lui poser une foultitude de questions; beaucoup trop rapidement pour que son pauvre cerveau ne les intègres. Après quelques explications, ils la laissèrent avec monsieur le capitaine alors que son esprit galopait joyeusement dans des champs d’herbe verte au milieu des petits lapins blancs. Une voix forte la rappela à l'ordre.


"Qu'est ce que tu fais sur mon navire? J'me rappel pas t'avoir embarquée!, mais,... t'es..."
ses yeux s'attardèrent sur les oreilles poilues de la lionne, "un félin!"

Nao se dandina d'un pied sur l'autre comme un enfant prit la main dans le sac.

"Heu... en fait, je ne me rappel plus vraiment monsieur le capitaine." Elle baissa la tête et croisa les doigts. "J’avoue avoir été aussi surprise que vous de me retrouver sur cette coque de noix !"

Bizarrement l’homme ne sembla pas apprécier que son navire soit qualifié de la sorte.


"J'vais donc te mettre à fond de cale jusqu'à ce qu’on soit retourner à port. Et si tu r'parle de mon navire comme ça, c’est dans l’eau qu'tu vas finir."


Oups! Avait-elle dit quelque chose qui l'aurait froissé? Comme si elle voulait rester sur ce bout de planche troué.


"Très bien, je ne vais pas rester une minute de plus sur ce truc tout tanguant! Je veux descendre ! Immédiatement! Vous mettez ce canot à la mer non ? Et bien je vais aller sur cette ile !"


" T'es complétement folle petite! C'est l'île de Crow! Tu courrais un danger mortel si tu… hé reviens!


Nao n'écoutait pas et s'avança vers l'endroit ou le canot était descendu. Crow? Drôle de nom pour une ile. Mais ça ne lui disait rien. Pour l'instant elle voulait surtout rejoindre la terre ferme au plus vite.

L'embarcation avait atteint la surface de la mer lorsque la lionne sauta dedans, manquant de la faire chavirer. Les rameurs poussèrent des cris de colère, le capitaine tenta de lui faire entendre raison, mais rien à faire, elle refusa catégoriquement de remonter à bord. Il n’eut d’autre choix que de la laisser partir vers cette ile maudite. Encore quelqu’un qui trouverait une mort certaine.

Nao partait le cœur en joie, tout heureuse de quitter cet affreux navire.




Dès qu'elle eut de l'eau au genoux, la lionne sauta hors de la barque. Heureuse d'être arrivée, elle esquissa un pas de danse et éclata de rire. Au même moment, trois personnes apparurent. Ils étaient bien amochés et faisait peur à voir.

Nao, les deux pieds dans le sol, huma l’air. Il se passait quelque chose d'étrange sur cette ile. Son instinct la mettait en garde. D’assez loin, il lui semblait entendre des hurlements, d'hommes mais aussi d'étrange cris qu'elle ne parvenait pas à identifier. Un frisson l'ébranla. Un parfum qu'elle n'avait pu oublier lui parvint: Le sang, la mort. L'atmosphère en était emplie. Nao retroussa la lèvre.
Elle était coincée entre deux pulsions qui la mettait dans une situation délicate. D’un coté son intuition, lui dictant de fuir au plus loin de cette ile à la nage si nécessaire. De l’autre, sa curiosité, chauffée à vif qui la submergeait. Une ile inconnue, une guerre, une situation perdue et un mystère aussi énorme qu'un dragon obèse ! Que demander de mieux !

La vague emporta sa raison, et Nao se mit à courir en direction du combat. Les trois personnes blessées l’interpelèrent peut être, ou peut être pas. Quelle importance!
Toute à sa folie, la lionne volait au dessus du sol, zigzaguant entre les branches des arbres noirs et sautant par dessus les obstacles. Ainsi, elle arriva bientôt en plein milieu de la bataille.

Elle tomba à genoux, s'enfonçant de le sol rendu boueux par le sang; tant de corps sans vie! Des Laguzs; visiblement des corbeaux si elle s'en référait à ce que lui avait apprit son père.
Les Laguzs étaient des êtres vils et sans cœur mais méritaient-ils un sort aussi impitoyable? Nao chercha des yeux les responsables de se massacre.

C'est alors qu'elle le vit; Monsieur le Malpoli était dressé au milieu de la place, affrontant trois volatiles tournoyant autour de lui. Comme un ensemble parfaitement huilé, Nao les vit foncer dans un même mouvement sur leur proie. Monsieur le Malpoli brandit sa lance enflammée mais les oiseaux se rapprochaient si vite. Il réussi cependant à les atteindre. Elle resta stupéfaite. L'un semblait cuit à point tandis que les deux autres étaient à terre. Monsieur le Malpoli pouvait donc résister à trois bêtes enragées. La lionne reprit son souffle.

Mais l'un des volatils tombée se releva. Le Beorc ne pouvait le voir, il ne pouvait l'entendre. Le corbeaux le poussa au sol tandis que l'autre se relavait. L'homme ne pouvait plus bouger. Il était à leur merci. Nao grogna. Elle ne pouvait laisser ce type mourir. C'était celui avec qui elle avait passer le plus de temps, son troisième Béorc! Encore une fois les Laguzs semblait faire état de leur esprit belliqueux. La lionne se précipita en rugissant au moment ou l'oiseau enfonça son bec dans l'épaule de l'homme alors que l'autre lui enlevait une bonne partie du cuir chevelu d'un coup de serre bien placé.

Les bêtes allaient frapper de nouveaux. Nao accéléra, utilisant toute la vitesse qu'elle avait dégagée avec sa compétence. Leurs becs s'approchaient de la nuque de monsieur de Malpoli comme au ralentit. Mais la lionne était arrivée à temps. Elle pivota de trois quart et envoya un coup de pied tournant au beau milieu de dos du premier Laguz. L'impact le projeta sur le second et il se retrouvèrent l'un sur l'autre à se mélanger les plumes.

La lionne reprit sa garde, tous les sens aux aguets. Elle ne savait pas ce qui se passait ici, mais ces bestioles s'en prenaient à son troisième Béorc. Nao contempla monsieur le Malpoli tout ensanglanté. Elle ne laisserai plus ces sales volailles le toucher.

Nao Lyn Sha inspira doucement et se tourna vers les sacs à puces qui gigotaient en tous sens.
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MessageSujet: Re: Cauchemar dans le brouillard   Sam 12 Fév - 14:49

Résistance misérable pour trois sous-fifres, là était leur seul potentiel que de satisfaire la mise en bouche de Geist. Un simple échauffement, mais il avait espéré tout de même que sa capacité n'avait pas été trop mise en avant dès le début. Mais vu que l'ennemi avait tenté de mettre le paquet d'entrée d e jeu, il ne fallait pas moins que cette petite démonstration de force pour s'occuper de ce souci le plus rapidement possible. Oui, le véritable challenge se tient bien plus haut que ça sur cette île. Crow, un symbole du foutage de merde ambulant de ces derniers temps, peut-être même l'instigateur de ces rixes contre les différentes races pour les monter entre elles. Peut-être, la piste n'était pas à négliger non plus, même si cela faisait un peu gros. Un pauvre type perdu sur son île ne serait pas capable en théorie de faire tout ça... Enfin, en théorie.

Le lancier tourna le dos à ses ennemis bien amochés, dans un réflexe bête et méchant. Un bruit suspect l'avait alerté, une présence supplémentaire s'était confirmé non loin de là. Il se retourna donc en un instant, lance à la main, en garde, pour constater que la personne qui faisait mine de se cacher en face de lui désormais n'était autre qu'une jeune femme aux cheveux bleus et à l'air terriblement familier.


" ...Nao Lyn... Sha ? "

Il ne put pas vraiment dire pourquoi, mais la tension de la scène venait de s'estomper d'un coup, comme si l'adrénaline de cette rencontre avec ces corbeaux venait de disparaître dans un puits sans fond. Que faisait-elle ici, en ces lieux inhospitaliers ? Et surtout, quel était cet air paniqué qu'elle prit tout d'un coup en regardant dans sa direction...? Et aussi... Cette chaleur qui semble s'échapper de son dos, subitement...? Il ne reprit aucunement conscience de la présence des volatiles derrière lui suite à cela, il eut juste un énorme blanc dans sa tête, tête qui reçut un choc assez violent à priori, mais la douleur ne se faisait presque pas ressentir du moment où il perdait peu à peu conscience. Tout tournait au ralenti, les genoux heurtèrent le sol lentement, et le reste suivit à la même allure. La Laguz commença à prendre son élan, mais Geist la perdit de vue au moment où sa tête toucha la terre ferme. Des mouvements, plus rien d'autre n'était perceptible aux alentours. Ses coéquipiers ? Aucune idée, il n'en avait que faire désormais. Il se sentait las, vidé de toute volonté, probablement le contre-coup. C'était vraiment, mauvais signe. L'agitation se faisait sentir, les sons audibles encore représentaient une scène de combat notable, probablement entre ces corbacs de malheur et la lionne.

" J'vous jure, y a pas moyen qu'un mec comme moi se repose un peu... "

Il ne prit pas la peine de relever la tête, la première chose qu'il fit fut d'agripper fortement le manche de son Inferno, tandis que le bruit s'affairait autour, toujours lentement. Son autre main, la droite, vint se plaquer contre le sol, paume à l'horizontale. Les corbeaux faisaient des envolés à droite, à gauche, en piqué, en plané, bref toute sorte d'attaques toutes plus vicieuses les unes que les autres. De plus vu leur nombre, il faudra les rôtir à point, cette fois. Néanmoins tout ce temps gâché ne l'était pas complètement, il avait eu de quoi mettre trois charges d'Inferno, tout allait bien. Là encore, il fallait surprendre l'ennemi, et en ressentant les mouvements d'air autour, on pouvait avec un peu de concentration deviner le timing des attaques Laguz. C'est ainsi qu'il prit une impulsion de son bras droit pour se relever légèrement tout en balançant une déflagration sur le sol au niveau de sa poitrine. La douleur passerait bien rapidement, il était habitué à ce genre de risques avec le maniement d'une telle arme maintenant, rôdé et prêt à attaquer. Mais cette explosion réussit à le faire se relever d'un bond en arrière assez violemment, et après une demi-vrille se retrouva en l'air, face à un corbeau dont la trajectoire était quasiment évidente. Il mit presque hasardeusement sa lance sur la route du corbeau et lui planta la lame de l'Inferno dans l'aile droite, se qui valut un beau crash des familles du volatile tandis que Geist retombait sur ses pieds, en dérapant légèrement en arrière au contact du sol. Un autre corbeau lui faisait face au loin, prêt à lu administrer un coup au petit bonheur la chance. Mais Geist commença à s'élancer également vers lui, tandis qu'il inversa sa lance de côté. Il amorça une posture de lancer de javelot assez molle, et lors du lancer fit feu de ses deux dernières charges afin de propulser de manière inconsidérée son arme vers le volatile à vitesse grand V. Le corbeau tenta un mouvement d'esquive mais fut également blessé lors de l'impact avec l'arme à l'estomac, si du moins Geist pouvait deviner que cette partie de l'anatomie se situait bien ici pour les Laguz Corbeaux.

" On ne touche PAS à mes cheveux, compris...? "

Les derniers piafs s'étaient écartés du lieu, vu comment la tournure partait à leur désavantage pour le moment, mais restèrent cependant menaçants. Geist porta son pied sur la tête du corbeau avec l'Inferno planté dans le ventre pour l'en extraire d'un coup sec, et la récupéra ainsi avant de repartir dans une posture de combat, dos à dos avec cette Nao, qu'il estima pour le moment plus digne de confiance que les autres protagonistes de la scène.

" Je sais que j'ai été un piètre cavalier la dernière fois, mais permettez-moi de me rattraper cette fois-ci chère Nao Lyn, du moins si vous m'accordez cette petite danse. "

Ironique certes, mais amoché, il savait bien que cette fois-ci, il ne pourrait pas vraiment se débrouiller seul tant qu'il n'a pas récupéré, il est encore un peu groggy de la situation bien qu'il ait put en blesser à nouveau. Le temps ne jouerait pas en son avantage pour le moment.
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MessageSujet: Re: Cauchemar dans le brouillard   Lun 21 Fév - 0:57

On dit que les laguzs hérons de la forêt de Serenes sont si purs qu'ils ne peuvent même imaginer blesser une autre créature. Pour cette raison, aucun volatile de cette espèce n'a jamais appris à se défendre contre les agressions. Que faire alors lorsqu'un petit groupe composé de quatre corbeaux belliqueux s'approche du joli minois d'une princesse Blanche? Leanne ne pensa même pas à utiliser ses Galdrar, tant la situation était urgente, son bras était déjà sacrément amoché par l'assaut précédent... Non, elle ne prit pas le temps de réfléchir à un chant quelconque, sa contre-attaque fut plutôt une sorte d'automatisme, comme un quelque chose de farouche qu'elle gardait en son for intérieur. D'un mouvement gracieux elle leva sa jambe suffisamment haut pour toucher la mâchoire d'un ennemi. Après que le choc ait eu lieu, la jeune femme recula de quelques pas, elle se demanda si l'effet de surprise produit par son attaque comblerait cette légère perte d'équilibre et lui éviterait de se faire tuer par les laguzs. Elle-même n'en revenait pas de ce qu'elle venait d'accomplir mais elle était consciente de ne pouvoir s'en sortir en continuant à attaquer de front et en comptant sur une chance qui lui avait miraculeusement permis d'asséner un coup. C'est donc en utilisant la magie que Leanne continua de se défendre, elle n'était pas très bien sûre de ce qu'elle faisait mais fuir ne lui apporterait sûrement pas bien plus...


«Attraction» avait été conçu par la jeune princesse pour des situations comme celle-là, ce n'était donc pas un Galdr «classique» mais une création personnelle de Leanne qui jouait à la fois sur la magie de l'ancien langage, la mélodie suave et la sensualité naturelle de la laguz. Elle espèrait que tous ses atouts mélangés éveilleraient de la compassion aux corbeaux, une compassion telle qu'il n'oserait pas levé le moindre doigts sur une créature si belle, si pure, si blanche. Les paroles étaient théoriquement incompréhensible pour quiconque ne parlait pas couramment l'ancien langage, et pourtant, tous les ennemis eurent l'impression, non pas qu'ils arrivaient à déchiffrer le chant magie, mais que la signification des mots était si forte, si profonde, qu'ils arrivaient à en saisir le sens. La litanie récitée par la laguz était comme un enfant pur et noble qu'on aurait baigné dans un lac de magie. La surface du lac agissait à la manière de l'ancien langage, il rendait moins nette la vue de l'enfant mais, déformé ainsi par la magie pure, le petit n'en était que plus beau et plus envoûtant, comment résisté à l'appel d'une telle merveille?

L'ennui avec les Galdrar c'est qu'ils n'étaient pas gratuits, une telle beauté se payait directement en énergie magique et c'était plutôt difficile de garder le rythme tandis que son bras la faisait souffrir, et qu'elle avait mal d'avoir trop écarté la jambe (hum...hum) pour venir faucher la mâchoire du premier corbeau l'ayant attaquée. Toutefois, Leanne avait beau être l'une des dernières membres d'un peuple réputé pour sa fragilité et sa douceur, les guerres auxquelles la jouvencelle avait participé l'avait endurci. Toutefois, jamais combat ne l'avait menée si près d'un ennemi, sans un bouclier pour l'empêcher de se casser un os ou de perdre un bout de son si joli corps. Cela ne faisait que quelques secondes que la musique avait commencé et il était encore trop tôt pour savoir si elle avait eu l'effet escompté ou si les corbeaux n'avaient été que légèrement perturbés. Toujours est-il qu'à la vitesse de la lumière, une idée germa dans la tête de Leanne. Si le Galdr fonctionnait, pourquoi ne pas l'utiliser pour obtenir des renseignements sur les véritables intentions du fameux «Crow»? Ce n'était pas une pensée de héron et la ménestrelle en eut honte...Comment oser imaginer qu'on puisse utiliser la pureté de la magie Seid pour une besogne tel que l'espionnage! N'importe quel héron aurait été outré par un tel blasphème. De toute manière, le combat faisait rage et avant de penser à interroger les survivants, Leanne devait se protéger plus efficacement que grâce à des chants et à des coups de pieds hasardeux. Avançant à reculons, elle chercha un abris derrière le corps d'un des personnages aux alentours, et dès qu'elle sentit la présence d'un homme, la héron continua de chanter en s'accrochant à ce qui était sans doute la bure d'un prêtre béorc!
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MessageSujet: Re: Cauchemar dans le brouillard   Lun 21 Fév - 3:51

Le plaisir de voler. Il ne connaissait rien de plus enivrant que cette intime sensation de puissance qui l’envahissait chaque fois qu’ils conquerraient les cieux. Chaque battement d’aile, chaque effort de sa compagne, il le ressentait jusqu’au plus profond de son âme. Fermant un instant les yeux, il se laissa envahir par la mélodie du vent, la sensation glacée frappant le bas de son visage à découvert, le goût humide de la brume qu’ils traversaient, le contact des puissants muscles roulant sous la selle... Un orchestre symphonique à lui tout seul, une mélodie qu’accompagnait superbement le bruit des combats résonnant dans son esprit. Le gout du sang tandis qu’un gamin aux cheveux argentés s’effondrait, la peur que ses sbires inspiraient à la princesse blanche, le contact soyeux des étoffes recouvrant le corps, si fort et pourtant si fragile, d’une manieuse de lance, la vue d’une nuque à découvert. Oui... L’ambiance était à son paroxysme, le désespoir avait atteint chacun de ses adversaires et bientôt...

Il ouvrit les yeux.

Bientôt il ferait résonner cette mélodie dans ces cieux dont il était le maître.

Avec un grondement rageur, la bête se propulsa droit vers sa future victime, un sourire railleur ornant les lèvres de son cavalier. Sa chaire avait l’air d’être des plus gouteuses, ce serait un noble festin pour une encore plus noble créature. La gueule s’ouvrit, béante, laissant voire une longue rangée de crocs acérées. La femme s’était immobilisée et les contemplaient, flottant dans la brume de son domaine. Sa lance se dressa, prête à pourfendre cette pitoyable créature... Et il la perdit dans les limbes de son royaume.

Un cri. Horrible, strident, porteur de souffrance et de haine, charriant les malheurs d’un être dont la colère ne connaissait plus de limites. Son corps bascula alors que haut et bas s’inversaient stupidement. C’était illogique... Pourquoi des repères autrefois si fixes semblaient désormais vouloir se jouer de lui... Pourquoi perdait-il pied ainsi ? C’était intolérable !

La lance s’abaissa brutalement alors que le corps du cavalier basculait vers l’arrière, ayant perdu sa vigueur en même temps que ses sens, les rafales de sa propre vitesse le repoussant vers l’arrière. Il aurait surement chu... Il aurait surement été tué si ses jambes n’avaient point été solidement accrochées aux sangles de sa selle.

-ARACHI !!!

La haine motivait la magie, la colère gonflait sa puissance mais ce hurlement de rage, cette incantation phénoménale fut recouverte par un cri d’une toute autre nature. Un cri comme seule peut en pousser une amante lorsque l’être aimé est en danger, un cri que seules peuvent pousser les wyvernes. Le rugissement déchira l’abîme de silence qui avait jusque là séparés les adversaires, réduisant la distance à néant, simple promesse de souffrance et de mort instantanée pour celle qui avait osée les défier. Les lames de vent ne rencontrèrent que le vide alors que la bête plongeait sur le côté en une vrille acrobatique aussitôt suivie d’un piqué sous les tornades que lui envoyait la magicienne. Les ailes plaquées contre son immense corps écailleux, la wyverne frôla les arbres avant de déployer toute son envergure en un immense planeur violacé. Le vent s’engouffra sous la fine membrane et en deux battements, le monstre remonta vers sa proie, rugissant toute sa volonté de se battre. Les crocs scintillèrent une fraction de seconde avant de ne mordre que l’ombre de l’humaine, les griffes fouettèrent la brume dans son sillage et la lame d’une lance gravée ne trancha qu’une mèche de cheveux.
- Il s’en est fallu de peu...

Constatant le retour à la vie de son maître, la bête émit un doux ronronnement empli d’une affection qui contrastait avec la violence de sa précédente furie :
- Je te dois la vie ma douce.

Son regard azuré ne put que contempler, impuissant, l’étendue forestière dans laquelle leur ennemie s’était dissimulée :
- Montrons à cette femelle qui sont les seigneurs des cieux.

Un rugissement d’approbation accompagna l’arrivée peu orthodoxe d’un arbre à une hauteur toute aussi peu orthodoxe, aussitôt suivie d’une nouvelle attaque entre les branches.

***

Comment ? Comment la situation avait-elle pu dégénérer à ce point là ? Leur adversaire était fort mais ils l’avaient maîtrisé ! Comment avait-il fait pour se relever ? Pourquoi lui ? Pourquoi...

La pointe d’Inferno pénétra les entrailles du volatile sur ces réflexions, court-circuitant son système nerveux et obligeant chacun des mécanismes de son corps à rejoindre un seul et même objectif : survivre... Surtout lorsque cette dernière se retira, permettant au fluide vital d’allègrement rejoindre tripes et entrailles sur le sol boueux.

La femme aux cheveux bleus, dos à l’homme à la lance... Un duo mortel sinon redoutable que ne pouvaient affronter seuls les deux volatiles survivants et blessés. Se retournant brutalement, l’oiseau à l’aile blessée poussa un croassement sonore avant de replonger ses yeux rouges et injectés de sang dans ceux de la Laguz qui lui faisait face.

- Trrraîtrre à ton sang !

Le bec avait articulé difficilement cette simple phrase et les deux combattants devraient surement tendre l’oreille pour l’entendre... Qu’importe au moins il avait gagné un peu de temps. Deux chocs sourds à ses côtés lui indiquèrent la présence de deux de ses congénères, deux de ceux qui chargeaient la princesse. Ailes déployées, les trois Laguz faisaient de leur corps un rempart, rien ne devait perturber l’objectif principal de cette attaque : enlever la princesse de Serenes.

***

Nouvelle esquive. Impossible de s’approcher de la cime des arbres, lames de vent et tourbillons traîtres en jaillissaient de manière erratique, tentant de frapper une créature trop habile dans les cieux et surtout bien trop éloignée de la forêt traitresse. Le sourire aux lèvres, le cavalier scruta une nouvelle fois l’océan de verdure qu’il surplombait. Depuis quelques secondes, la lame de son arme scintillait d’un éclat à peine perceptible.
- ... Nieme... Zata... Die... Vales...

Les noms des divinités lui parvenaient avec leur habituelle fluidité cependant, il avait envie de prendre son temps. Aucune des attaques de cette petite sotte ne pouvait l’atteindre à cette hauteur et il était inutile de gâcher stupidement un coup... Même si sa pleine puissance pouvait aisément désherber cet ennuyant bosquet.

***

C’était pitoyable. Ils n’étaient plus que deux mais cette « princesse » pensait-elle réellement qu’un simple coup de pied pouvait la protéger ? L’étreinte des corbeaux se resserrait et dans un instant, leur maître mettrait la main sur un otage de qualité. Naesala lui-même serait obligé de ramper à leurs pieds.

Trop de réflexion tue l’action... Surtout face à un héron capable de charmer ses adversaires. Le chant pénétra avec une effarante aisance les oreilles et le cœur des deux oiseaux qui, subjugués, se pétrifièrent sous le coup. Chacun de leur sens saturés sous le coup d’informations contraires. Pourquoi devaient-ils faire du mal à une aussi charmante créature déjà ? Parce que telle était leur mission ! Mais pourquoi s’embarrasser d’une mission quand l’amour vous tend les bras.

*Attaquez ! IMBECILES !!!*

L’ordre avait fusé dans leur esprit, bien plus puissant que les notes qu’égrenait toujours la princesse, bien plus puissant que leur volonté. Et, tandis que quatre corbeaux se jetaient en sifflant sur une lionne et un lancier, deux autres se ruèrent à la poursuite d’une proie qui en avait profité pour tenter de leur échapper et se diriger droit vers... Un prêtre à moitié mort...
- Oh... Bel ange de Yune, viens-tu me chercher ?

Pas si mort que ça... En tout cas pas encore, mais pas en état de protéger qui que ce soit non plus.
- Une princesse... Rechercher l’aide d’un tueur...

La voix ne venait pas du prêtre. Plus sombre, plus insensible aussi, l’homme qui avait à peine chuchoté ses mots se tenaient en garde face à trois adversaires.
- Intéressant...

Ses longs cheveux noirs, plaqués par la sueur et le sang, encadraient désormais ses yeux gris au regard fatigué mais toujours aussi déterminé. Le fluide noirâtre s’écoulait lentement de son épaule blessée, là où les serres avaient déchiré son vêtement. Chacun de ses adversaires portait pourtant les marques de ses coups et sa main ne tremblait point malgré la prise de son arme rendue poisseuse par l’hémoglobine.

Un sifflement rageur dans leur dos les informa très rapidement de l’arrivée des deux poursuivants et une sorte de fous rire général parcourut l’assemblée des corbeaux à l’idée du carnage que cela allait être.

- Vous... Ne les toucherez... Pas.

Il avait détaché chaque syllabe, attardant son regard aussi affuté que sa lame sur chacun de ses adversaires. Un court silence sépara cette déclaration de l’attaque des cinq oiseaux.

***

- Orona... Kalerya...

Le scintillement était plus intense désormais et les attaques avaient cessées. Une invitation à s’approcher... Un piège particulièrement grossier. Une simple pression des talons et l’énorme lézard se laissait glisser le long des courants descendants. Les arbres se rapprochaient, lentement mais surement. D’où allait provenir sa prochaine attaque ? L’adrénaline faisait palpiter son cœur d’excitation, il avait trouvé une adversaire rusée. Le hurlement l’atteignit avant qu’il n’aperçoive la jeune femme. Mieux préparé, il accusa une nouvelle fois le choc, serrant les dents pour conserver son équilibre tandis que sa monture battait pitoyablement des ailes, déstabilisée. Elle avait encaissée à sa place ! Intolérable ! Il était temps de mettre cette chienne au tapis !

Son regard perçant repéra sa proie, lancée à pleine vitesse, lames au poing. Les couteaux fusèrent avec dextérité droit vers sa tête mais c’est d’un simple revers qu’il écarta la menace tandis que la branche allait se briser entre les crocs d’une dragonne furieuse de se sentir aussi faible. Et la douleur percuta leur cerveau. La membrane de l’aile, écorchée, mise à vif par cet être impur.

Tant de sensations aussitôt interprétées, aussitôt subies sans même pouvoir les bloquer. Les larmes perlèrent sous le casque alors que la rage s’emparait de leur être. La pointe de l’arme cibla instantanément la magicienne avant même que le vent ne jaillisse de ses paumes.

- Rahja Sèis !

De faiblement illuminé, l’acier devint bleu iridescent et, dans un craquement de fin du monde, la foudre s’abattit sur celle qui l’avait défié. Jaillissant de la lance, un déluge de flammes célestes embrasa l’atmosphère sans aucune pitié ni pour la chaire ni pour l’acier et de créature du vent, la magicienne devint créature de flamme, chutant vers ces bois qui l’avaient protégée, ange déchu foudroyé par la colère des seigneurs des cieux.

***

L’impact fut brutal. L’acier rencontra la chair et la chair rencontra l’acier. La lame du bretteur s’enfonça dans la gueule de l’oiseau le plus proche avec autant de facilité que s’il avait s’agit d’une motte de beurre et, c’est dans un geste empli d’une grâce sauvage que l’épéiste fendit le crâne de sa première victime pour abattre son arme sur celle qui lui fonçait dessus par derrière. Les deux oiseaux s’effondrèrent instantanément tandis que le Fang se faisait brutalement propulser par le choc de l’attaque suivante. Bousculant Leanne, l’emportant dans son sillage, Irvin s’écrasa lourdement sur sa protégée tandis que l’un des oiseaux enfonçait sans pitié ses serres dans son torse. Un hurlement de souffrance plus tard, la lame transperçait l’oiseau de part en part et le cadavre de ce dernier roulait à terre, abreuvant la terre humide de son fluide vital.

D’un geste, l’épéiste saisit le héron toujours à terre par le col avant de le tirer derrière lui, sentant les muscles de son dos s’étirer et craquer sous l’effort. Le bec du quatrième volatile claqua à quelques centimètres des mollets de Leanne et un sifflement aigu vint mettre fin aux souffrances de l’oiseau de mauvaise augure tandis que la lame, désormais rouge du sang de ses ennemis, lui fracassait le crane. Ne restait qu’un seul adversaire... Un adversaire dont les griffes acérées tenaient délicatement le crane d’un prêtre inconscient dans leur étreinte mortelle.

- Vous... Ne les toucherez... Pas !

Le ton employé était lourd de promesses.

***

Le lancier inspira un grand coup, relâchant la pression qui l’habitait. La blessure qu’il pouvait apercevoir depuis sa selle n’était rien comparée à ce qu’il venait d’infliger à la jeune femme. Le vent avait toujours eu l’avantage sur la foudre mais, résistance ou pas, il venait d’abattre un moustique particulièrement gênant.

Sans perdre de temps, il s’employa à localiser ses hommes. Nombre d’entre eux avaient depuis longtemps péri et seuls quelques résistants parvenaient à maltraiter les survivants humains. La princesse de Serenes s’était trouvée un protecteur particulièrement redoutable mais particulièrement mal en point également. Le lancier de flammes luttait aux côtés d’une maitresse des arts martiaux et le gamin... La connexion ne lui renvoyait que l’image d’une flaque de sang grandissante et d’une grosse branche en plein milieu de son champ de vision. Quand à la wyvern, aucun de ses hommes n’y avait survécus...

Un soupir de satisfaction lui vint. Celui de l’homme qui sait qu’il est puissant, celui de l’être qui possède la force nécessaire pour abattre tout ceux qui se dressent en travers de sa route. Les corbeaux maintiendraient le petit groupe quelques temps encore. Quelques rats solitaires requéraient toute son attention. Un sourire cruel orna son visage alors qu’il survolait la clairière ravagée par un atterrissage catastrophique et c’est dans un rugissement sonore que le seigneur des cieux atterrit sur celui que quelques corbeaux avaient aisément fait tomber.

Pesant de tout son poids, l’immense lézard noir immobilisa d’une patte la tête de l’autre wyvern tandis que sa masse écrasait le reste du corps allongé. Se redressant calmement sur sa selle, le cavalier blond détailla son alter ego féminin du regard.

- Tiens tiens tiens... Ca pour une surprise.

Sa lance s’accrocha dans son dos alors qu’il retirait son casque. Là sur l’arrière de la selle, discret mais brillant plus que jamais sous la pale lueur que filtrait le brouillard, la Serre d’Argent observait la rencontre de deux de ses anciens membres.
- Content de te revoir... Llyr.

____________________________________

Fiouh fini o/ Allez hop petit résumé.

Ruika : C’est ce que j’appelle se faire descendre en flammes (je t’avais prévenue XD). Enfin, tu viens de faire connaissance avec la lance de Crow : Raigeki ainsi qu’avec l’une de ses petites capacités spéciales. Pour info, n’aie pas honte d’avoir perdu tu as (ou avais plutôt XD) en face de toi un Maître wyverne (classe 2 niveau 3). Heureusement pour toi, ton élément vent a plus ou moins amorti l’attaque et tu t’en sors... Vivante c’est déjà ça XD Enfin encore faut-il que tu survives à ta chute... Et heureusement que t’étais magicienne vent sinon j’aurais carrément été dans la mouise pour te faire survivre -_-

Allen : La vie est belle, le soleil brille et les corbeaux chantent ? Profites-en c’est LE tour où tu es hors de portée du MJ

Nao et Geist : contre 4 corbeaux. Trois vous barrent l’accès à Leanne, Irvin et Sven, et le dernier vous attaque tout simplement par derrière.

Irvin, Sven et Leanne : Sven en est toujours au point mort (*jingle blague vaseuse*) à part que sa vie ne tient plus qu’à un coup de griffe. Irvin commence à être salement amoché, touché à l’épaule et avec de multiples griffures au ventre et au torse, la fatigue commence aussi à se faire ressentir après les efforts brutaux qu’il a dégagés. Quand à Leanne c’était un bon réflexe, petite remarque pour le coup de pied quand même avec les 4 zoziaux qui te fonçaient dessus plein gaz mais ça passe ^^ Bon tu as un peu pris Irvin dans la tronche lorsqu’il t’as protégée et il t’as un peu étouffée en te tirant hors de portée des oiseaux mais arrête de te plaindre et rends toi utile XD

Llyr : Bon malgré ton post plein d’incohérences juste avant j’ia quand même réussi à suivre XD Alors tu es toujours sans ta lance (fichée dans la terre tout près de Sven), ta wyvern est bloquée sous le poids d’un mastodonte au moins aussi balaise qu’elle si ce n’est plus et tu viens de retrouver l’un de tes anciens camarades... Dans le mauvais camp. Tu es libre au niveau du BG de ce cavalier de la Serre d’Argent bon rp spécial « retrouvailles » =D

Vous posterez désormais dans l’ordre suivant : Ruika, Allen, Nao, Llyr, Geist, Leanne (possibilité d’interchanger en cas de gros blocage d’un rpiste).

Bon courage pour ce tour ^^


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MessageSujet: Re: Cauchemar dans le brouillard   Jeu 3 Mar - 18:19


La lumière éblouissante qui frappa sa vue perçante n’avait rien de doux comme celle au bout du tunnel qu’elle avait pu apercevoir plus d’une fois. Pourtant, elle annonçait la même chose… une douleur intense, une mort certaine.

Ruika avait reçu l’attaque de plein fouet malgré sa vaine tentative pour esquiver toute contre attaque de la part de cet être abject et de sa monture infâme mais elle n’avait que trop largement sous estimé son adversaire, elle s’était laissée emportée par la colère, la rage, la haine... La foudre lui était tombée dessus comme celles d’Ashtenn lorsqu’elle faisait une erreur et la finalité était étrangement la même. Elle chutait de manière incontrôlée, elle plongeait dans les ténèbres…
Elle ferma les yeux et attendit que le sol vienne à elle, lui apportant une mort salvatrice…

Le nombre de fois où elle avait espéré mourir ne pouvait se compter tant elle en avait rêvé. Ashtenn, sa vie de pirates, les Beorcs,… elle les exécrait à un tel point que devoir les côtoyer chaque jour, respirer le même air qu’eux, se soumettre à l’un d’eux, lui donnait la nausée et lui faisait regretter de vivre. Pourtant, elle n’avait pas toujours pensé ainsi, elle avait parfois aimé, pris plaisir à cette vie insouciante. Elle avait passé quelques moments de pur bonheur… Mais la trahison de celui à qui elle avait confié sa vie, sa dignité, son corps et même son cœur l’avait achevé, lui avait fait oublier toutes ces petites parcelles de plaisir.
Cette trahison avait entrainé sa chute sans fin dans les ténèbres de son être, une descente aux enfers.

Ashtenn l’avait détruite et malgré tous ses efforts pour se convaincre qu’elle se relèverait, que tout irait bien, que le temps effacerait ses blessures… rien n’avait changé sa peur restait la même, sa peine également prenant petit à petit le pas sur ses souvenirs heureux. Elle était affreusement faible derrière ses grands airs. Sa colère lui avait donné la force de combattre cet humain, de l’attaquer avec toute la force de sa haine mais elle avait échoué, elle avait mal et elle allait mourir.
En sentiment de soulagement emplit alors son âme, elle respira avec plaisir ses dernières bouffées d’air appréciant leur contact sur ses lèvres, oubliant la douleur que son corps heurtant les branches et se brisant sur les troncs lui provoquaient. Elle tendit sa main calcinée vers le ciel saisissant celle de son être aimé, celle de son frère qui l’accueillait à bras ouverts...

Un chant apporté par le vent brisa son illusion.

Reprenant conscience de son corps, Ruika ouvrit les yeux pour comprendre que les arbres et le vent avait freiné sa chute. Elle était restée accroché à une branche par l’un des anneaux de sa ceinture et pendait mollement dans les airs. Deux de ses cotes étaient fêlées, son bras gauche également. Une douleur brûlante la traversait depuis le haut de sa poitrine jusque dans le bas de son dos. L’éclair l’avait transpercée de part en part la déchirant de l’intérieur. Elle avait mal, tellement mal que son corps inhibait sa souffrance ne lui laissant qu’un vague mal être général.
Avec prudence elle fit bouger son index, son majeur et le reste de sa main droite. C’était douloureux mais le principal était qu’elle pouvait encore se mouvoir. Elle saisit sa besace et le livre qu’il contenait. Sa main effleura chaque page sachant pertinemment laquelle la concernait et l’intéressait.

- Tsubasa…

Le vent se rassembla en dessous d’elle en répondant à son appel et avec une douceur des plus tendres, il l’entoura de ses bras légers. Le vent ne l’avait jamais abandonné, encore une fois il lui sauvait la vie en lui apportant un nouvel intérêt, une nouvelle chose à laquelle s’accrocher.

Ce chant, elle l’aurait reconnu parmi mille, une telle pureté dans la voix, une telle finesse dans les notes, une telle émotion dans ces paroles… un héron. Ruika décrocha doucement son corps de l’arbre laissant une trace de sang sur le tronc… Son dos était entièrement mis à vif par sa chute. Elle n’en avait que faire, elle se devait d’avancer. Un héron et des Beorcs dans les parages n’annonçait rien de bon, ce n’était pas un bon mélange. Elle s’étonnait d’avoir gardé un peu de son honneur de Laguzs, elle s’étonnait que ses anciens devoirs lui soient restés à l’esprit mais pourtant ce qui l’avait ramené à la vie était la petite voix dans sa tête qui lui avait chuchoté avec insistance ‘tu dois protéger les derniers hérons’. Cet ordre, cette instruction qu’on lui enseignait depuis sa plus tendre enfance était restée ancrée dans un coin de son cerveau et étrangement sa vie honteuse n’avait pu l’enfouir suffisamment profondément.

Guidée par le souffle d’Eole, elle se dirigea dans la direction du chant, de la voix et de l’héron. Son sang chaud coulait le long de sa colonne vertébrale et se répandait au sol en de petites gouttes rougeoyantes. Elle traça son chemin au couleur de son sang jusqu’à une petite clairière où se qu’elle vit la déstabilisa bien plus que sa chute… Des corbeaux, des membres de sa race, des Laguzs osaient s’en prendre à la pureté aux ailes blanches et le pire était qu’un humain la protégeait…

- Comment pouvez-vous faire cela…
_ le bras de la jeune fille blonde était en sang_ Comment pouvez-vous trahir ainsi votre espèce vous qui avez encore l’honneur d’être des Laguzs à part entière.

Ses paroles n’étaient qu’un murmure, ils ne pouvaient pas l’entendre. Elle s’avança glissant sur le vent sans un bruit, observant l’humain aux cheveux noirs et à la lame ensanglantée déchirer ses impies. La rage montait en elle avec rapidité et une légère amertume. Le Beorc frappait avec une agilité effrayante chacun de ses adversaires. Il était affreusement fort ce qui la fit frissonner… Mais il protégeait la princesse des hérons, elle n’aurait donc pas à se battre contre lui, du moins pas tout de suite.

Ruika n’avait pas choisit de devenir une traitre à son sang mais eux ils se jetaient d’eux même sur un être de pureté. C’était impensable… Elle se demandait comment une telle situation était possible, mais l’ange sans ailes ne laissa pas sa réflexion la ralentir. Elle devait protéger la pureté blanche.
Le vent siffla autour d’elle alors que d’un mouvement de main et de paroles que trop utilisées ses derniers temps, elle lança ses lames à l’adresse du dernier survivant ignorant royalement l’homme qu’il tenait entre ses griffes. Son vent serait plus rapide que lui, il était déjà mort.

Jamais elle n’aurait pu penser qu’elle s’opposerait aux membres de son espèce…
La lame de vent siffla à l’oreille du Beorc qui faisait face aux derniers des corbeaux. Ce dernier ne l’avait même pas vu venir, il n’avait même pas remarqué la venue de cet ange déchu apportant avec elle sa mort, trop occupé par un simple humain. La lame heurta le traitre à son sang avec une telle puissance qu’il fut propulsé en arrière et lâcha le corps de l’homme en bure. D’un autre mouvement ample du bras, elle déchira les ailes du Laguz noir, arrachant par la même occasion son identité et son appartenance à sa nation. Ce geste la soulagea étrangement…
Avec une rapidité fulgurante, le Beorc à l’épée rattrapa le corps de son camarade et se retourna pour faire face à la femme aux ailes coupées, avec toute la détermination et la puissance qui lui restait. Cependant, il ne vit face à lui qu’une ombre, un démon dont le corps à moitié calciné flottait quelques centimètres au dessus du sol, entourée par un vent tempétueux. Son regard froid et déterminé aurait put décontenancer bien des personnes mais pourtant l’humain resta de marbre.

Ruika ne lui jeta qu’un faible regard avant de se retourner vers l’ange aux ailes de perles. Elle aurait pu l’envier elle qui restait un véritable être céleste mais elle ne ressentait que de l’humilité face à sa beauté. Elle se sentait indigne de rester en sa présence pourtant elle s’avança vers elle ignorant son cœur qui se serrait et son corps qui la lançait à chaque centimètre les rapprochant. Le vent soufflait derrière elle avec une rage folle tant elle bouillait intérieurement d’un combat personnelle. Elle s’arrêta à quelques mètres d’elle la regardant de haut et le vent se calma soudainement alors qu’elle s’inclinait humblement faisant abstraction de la souffrance que lui provoquer ses cotes et son dos dont le sang sécher étirait sa peau et la faisait craqueler.

- Dame Leanne, Moi Ruika Yoi, de la famille Yoi des faucons de Pheonicis, suis à votre service… Si vous acceptez mon humble force. Je vous protégerais au péril de ma vie.

Son corps tremblait légèrement et son visage comme ses mains avaient palis… elle perdait trop de sang et celui-ci se répandait à ses pieds… Elle n’était pas sure d’être d’une grande utilité à cette haute personnalité qu’elle avait reconnu au premier coup d’œil.

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Cauchemar dans le brouillard

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