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 La force de nos convictions [PV: Hélène, Jaffar, Llyr, Magus]

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Yue
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MessageSujet: La force de nos convictions [PV: Hélène, Jaffar, Llyr, Magus]   Mar 29 Mai - 23:50

La force de nos convictions



Accrochée à la fine taille de la cavalière Yue réfléchissait à comment formuler son passé pour qu’il ne paraisse pas trop frivole et inconsidéré… Comment pouvait-elle justifier son appartenance même si ce ne fut que pour quelques mois à une organisation criminelle ? Comment pouvait-elle expliquer qu’elle avait tué des personnes honnêtes et justes pour… pour rien. Elle ne le pouvait pas et c’est quand elle devait parler de son passé, qu’elle le regrettait le plus bien qu’elle ait toujours agit avec son cœur.
Elle caressa la douce chevelure rousse de Jaf, qui se trouvait entre les deux femmes…

- Tu sais Hélène, quand on est jeune, il arrive qu’on fasse des bêtises. Des bêtises pour plaire à quelqu’un, pour pouvoir l’accompagner, mieux le connaitre… Moi je n’ai pas eu de chance, celui que j’ai voulu impressionné et suivre était un assassin du Black Fang

Jaf grogna…elle repensa à leur rencontre, à ce combat dénoué de sens pour finalement manger un cheval. Elle repensa à ces folles journées d’été où il la forçait à voyager de jours jusqu’à l’en faire vomir. Elle avait détesté cette période en même temps qu’elle l’avait adorée, car elle n’était plus seule.
Jaffar lui avait appris qu’on pouvait faire énormément de choses pour les autres, qu’on était plus fort en les protégeant. Il lui avait aussi appris que certaine ne pouvait être faite et que tous liens avaient sa limite. Elle avait tué pour le protéger mais jamais elle ne le ferait sans raison vitale. Pourtant, il lui avait demandé ignorant ses sentiments, ignorant son ‘elle’.

- J’ai participé au meurtre des parents de la jeune fille que je m’en vais sauver aujourd’hui. J’y ai participé contre mon grès et je n’ai pu que la sauver et lui offrir une vie de paria. Elle a du se cacher depuis lors mais ils l’ont retrouvé et ils veulent finir cette mission commencée il y a déjà bien longtemps.

Elle arrêta de parler quelques instants, repensant aux conséquences de ses actes. Elle l’avait condamné à l’orphelinat, à la fuite… Bah après tout, on lui avait pas demandé à elle quand ces parents étaient morts. Elle s’en sortirait, surtout si ce petit bout d’homme s’occupait d’elle.

- Je ne la connais pas mais je me dois de la protéger… Elle est ce qui me différencie de ses monstres et de ses chiens sans cœur… Tu ne m’en veux pas d’être si égoïste et de t’entrainer là dedans… Le Black Fang, c’est pas des rigollots tu sais ?

- Ils sont vicieux et lâches… ils attendent la nuit pour se rapprochaient, pour repérer les lieux et ils attendent. Dès que je les approche, ils fuient comme des charognards. Jamais ils ne répondent à mes appels, jamais ils ne répondent à mes provocations ce sont des chiens !

La voix de Jaf tremblait de colère, sa poigne sur les cuisses de Yue était douloureuse mais l’albinos le comprenait. Il était tellement frustrant de savoir qu’une personne qui nous est chère est en danger et juste… juste ne pouvoir rien faire par soit même.
Quémander de l’aide n’était pas dans les habitudes de Jaf et encore moins dans celle de Yue. Elle ne l’aurait pas fait si ce n’était pas Hélène, son amie.

***
L’endroit indiqué par Jaf était en vue… de la fumée s’en élevait, les chiens avaient attaqué lors que le loup était absent. A peine la descente fut elle amorcé que le loup sauta. Une chute de trente mètres… seul un fou pouvait se jeter ainsi dans le vide.

- A partir de maintenant tu n’es plus obligée de nous suivre. Je suis contente de t’avoir rencontrée Hélène !

Yue le suivit.

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MessageSujet: Re: La force de nos convictions [PV: Hélène, Jaffar, Llyr, Magus]   Lun 18 Juin - 0:25

    L’air frais de la nuit soufflait à leurs oreilles tandis qu’Hélène écoutait placidement Yue lui expliquer ce qu’ils s’apprêtaient à faire. Le Black Fang, hein… Ils ne s’attaquaient pas à petit. Mais peut-être était-ce là une preuve de leur volonté inébranlable, à ces deux-là. A les entendre, ils avaient déjà gagné, ils étaient déjà ensemble sur le champ de bataille à asséner un coup fatal à leur ennemi… Il y avait entre eux bien plus que la complicité que la cavalière partageait avec son pégase. Il y avait un lien conscient, un amour partagé, bien au-delà d’une relation de maître à son animal… Non, bien évidemment. C’était de l’amitié, une merveilleuse amitié qui les liait. La jeune femme se demanda un instant combien d’aventures ils avaient pu vivre ensemble, combien de fois ils s’étaient retrouvé face à une impasse et s’en étaient sorti grâce à ce sentiment puissant qui les liait.

    Et alors que Jaf était remonté contre leurs ennemis d’un proche futur, Hélène émit un rire discret en imaginant le trajet mental que Yue avait du effectuer pour en venir à lui conter son histoire avec une telle insouciance. Elle lâcha un des rênes, et effleura la main de l’archère avant de retourner à sa monte. Il s’agissait pour Liam de pouvoir continuer de voler en portant non pas un, ni deux, mais bien trois cavaliers.


    « Je comprends bien. Et je suis certaine que vous allez parvenir à sauver cette enfant… Pour ce qui est du Black Fang… Je pense que le monde regorge de surprises, et que les plus mauvais ne sont pas spécialement ceux que l’on pourrait penser. »

    Le souvenir d’un homme aux cheveux de neige et au manteau de sang protégeant un orphelinat de l’attaque de brigands revint à sa mémoire. Le monde était bien moins manichéen que ce que les histoires laissaient présager. Et bientôt le monde verrait que les guerres qui le déchire ne sont que de malheureux événements qui d’un côté comme de l’autre n’apportent que mort et désolation. La gloire n’était pas la maîtresse des champs de bataille. La gloire n’était que pour les puissants. Et ceux qui tâchaient de survivre n’avaient alors pour compagnon que la Mort encapée de nuit.

    Puis ils arrivèrent là où le point d’attaque avait été déterminé. Jaf sauta avant qu’Hélène ne puisse faire quoi que ce soit, puis Yue le suivit. Hélène amorça une descente puis avisa quelques petits objets en chute libre… Elle fonça vers eux, les attrapa au vol, puis, maniant son pégase gracieusement, le laissa en chute libre jusqu’à parvenir à Yue. Elle tendit un bras solide vers son amie. Dans sa main gantée, elle tenait fermement quelques flèches légères échappées du carquois de l’archère.


    « N’oublie donc pas tes armes, mademoiselle ! »

    Elle redressa brutalement Liam alors que l’archère se saisissait de ses biens, un sourire éclairant sa face blanche. Les ailes de l’élégant animal se déployèrent, puis elle vira de bord pour contourner le terrain, ses yeux aguerris par les gardes de nuit perçant les ténèbres environnantes.
    L’endroit était peu boisé, et un grand jardin entourait une sorte de bâtisse dans laquelle était certainement enfermée la petite fille. Elle apercevait quelques ombres qui se mouvaient dans le noir, sans effort apparent. Ils étaient tous nimbés d’une aura de puissance étonnante. Quelques membres des Quatre avaient-ils été réquisitionnés afin de garder cette enfant ?

    Et soudain, elle la vit. Ou plutôt, l’entendit. Le cri reconnaissable des compagnons ailés de Daien. Une wyverne. Pour le moment, elle semblait calme et n’avait pas senti leur odeur. Hélène se mit face au vent afin de ne pas faciliter la tâche au grand reptile. Elle s’empara de sa lance en détachant l’épaisse lanière qui la liait à la selle du pégase, puis elle se mit en garde. Elle eut un sourire en voyant atterrir ses amis dans la grâce et le silence total.
    Puis elle se pencha à l’encolure de son fidèle compagnon.


    « Il paraît que les wyvernes affamées peuvent dévorer un cheval entier… Mais tu ne veux pas essayer de voir si elle est affamée, hein mon gars ? »

    Elle resta à faire des ronds dans le ciel, évitant soigneusement d’être directement dos au vent. Elle attendait que ses amis n’entament la bataille.
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Jaffar
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MessageSujet: Re: La force de nos convictions [PV: Hélène, Jaffar, Llyr, Magus]   Jeu 28 Juin - 0:16

La torche crépita au mur, perturbant le silence angoissant dans lequel les deux protagonistes s'étaient enfermés. Aucune émotion ne transitait sur ces deux masques de cire et pourtant un observateur attentif aurait pu déceler dans le regard de chacun une émotion différente. Dans celui du Maître, assassin de la Trinité et mentor du Croc Pourpre, étincelait cette éternelle lueur de cruauté fourbe et machiavélique qui le caractérisait si bien. Aujourd'hui toutefois, cette étincelle était altérée par quelque chose d'autre, non sans rapport avec ces impromptus retrouvailles entre le professeur et son élève... De la surprise. Surprise de contempler ce corps autrefois si fort maintenant déchiré et recousu à la manière de ces jouets oubliés au fond d'un coffre. Et pourtant, pourtant, ce n'était pas là la seule et unique raison de cette surprise non, il s'agissait bien de l'étonnement provoqué par une force sourde et silencieuse se dégageant du disciple : la force d'accomplir l'impossible, la force de survivre. Au contraire de ces jouets brisés, l'assassin se dressait empli de cette fierté que ne possèdent que les vétérans. Il avait souffert, physiquement comme moralement, mais alors que son chemin se parsemait désormais des cadavres inertes de ceux qui l'avaient blessé, ces derniers n'avaient pu laisser comme trace de leur existence que ces marques sublimes sur le corps de leur exécuteur. L'ange noir portait le fardeau de ces existences brisées, et l'assumait sans paraître en être incommodé.

Le regard du Croc Pourpre lui, n'était plus qu'un demi vide abyssal. Sa pupille morte semblait transpercer l'homme lui faisant face mais l'autre, d'un noir d'ébène, observait, sondait et retenait le moindre détail. Il avait été convoqué par les moyens habituels à retrouver son contact dans cette petite forteresse isolée du Black Fang, une ancienne chapelle dont les cryptes formaient un véritable dédale inaccessible aux néophytes mais le fait de se retrouver ainsi face à son mentor témoignait de l'importance de la requête qu'on allait lui présenter... Il avait échoué la dernière fois que cela s'était produit... Mais aujourd'hui, il était différent. Posant un genou en terre, l'assassin inclina la tête sans un mot, ses cheveux roux libres de toute emprise s'éparpillant librement dans les airs.

- Relève-toi Croc Pourpre.

Le ton était si impersonnel, si officiel que le tueur réagit sans mot dire. Le Maître n'adoptait jamais un langage aussi professionnel lorsqu'il donnait ses directives et cela ne présageait rien de bon.
- Hmmm... Non en fait je ne pourrais jamais m'y faire. Etais-je convaincant?

Surpris, Jaffar hésita un instant, laissant ainsi l'occasion au vieux fourbe de se gratter machinalement le menton avant de chasser ses interrogations d'un revers de la main.
- Trêve de plaisanterie. Tu devrais savoir depuis le temps que j'ai horreur de ces manières cérémonieuses que tu adoptes à chaque fois!

Le Croc Pourpre resta muet alors que le Maître replongeait au fond de sa sacoche poussiéreuse.
- Passons plutôt aux choses sérieuses... Où l'ai-je mise?

Il était inutile pour lui de tenter d'interrompre le membre de la Trinité lors de ses introductions, le vieux renard avait toujours aimé se donner en spectacle afin de renforcer l'effet dramatique de ses annonces les plus croustillantes. La main noueuse du meurtrier laissa finalement négligemment tomber une petite affiche sur la table, le regard du borgne se posant dessus sans sourciller.
- J'ose espérer que cela te rappelle quelque chose.

Ses iris verts pétillaient d'une malice malsaine observant la moindre réaction de son disciple. L'affiche présentait le dessin habilement réalisé d'une petite fille dont les boucles sombres cascadaient sur ses jeunes épaules. Un air digne trônait sur son visage juvénile et sa robe témoignait de son appartenance à la société bourgeoise sinon haute. Les doigts du Croc Pourpre se crispèrent sur son avant bras mais aucune trace d'émotion quelconque ne modifia son expression. Bien sur qu'il la reconnaissait, il s'agissait de la raison de la présence du Maître à leur dernière entrevue... Sophie Dickens, unique survivante de sa famille sauvée par son ancienne apprentie. Malgré ses derniers déboires, le Fang avait poursuivi ses recherches quant à l'éventuelle location de l'une ou de l'autre des deux jeunes femmes. Nino avait évoqué avoir croisée l'archère albinos mais l'assassin n'avait pu se résoudre à l'impliquer à l'époque. Si Yue et Sophie étaient encore en vies, elles demeuraient jusqu'à ce jour invisibles à ses yeux.
- J'ai constaté que tu manquais cruellement d'inventivité dans le domaine de l'investigation, il faut dire que cette jeune fille possède une intelligence redoutable pour son age.

L'assassin roux haussa un sourcil. Intelligence ? La dernière fois qu'il avait été confronté à la petite fille elle tremblait de terreur devant lui et avait à peine eu assez de cran pour rejoindre son apprentie lui hurlant d'impulsifs ordres. La terreur restait une arme redoutable même sur les plus grands esprits, il ne devait pas l'oublier. S'emparant de l'affiche, le Croc Pourpre détailla attentivement le visage de sa future victime, car il n'y avait aucun doute sur les raisons de sa présence ici.
- Elle s'est isolée dans un petit manoir que sa famille possédait autrefois et vit désormais sous le nom de Cassandre... Ou Cassandra qu'en sais-je ce n'est pas le plus important. Les hommes qui la servent sont malheureusement pour nous trop fidèles à sa cause pour être ainsi détournés. Et même s'ils l'étaient elle est protégé par des gardes du corps redoutables...

Une ombre de sourire sarcastique échappa à la surveillance du Croc Pourpre, focalisé sur les détails que présentaient l'affiche.
- Tous les détails te seront expliqués en route, j'ai demandé à nos chers collègues de te fournir aide et assistance dans ta tâche. Tu disposeras ainsi de ta propre petite armée de sbires dévoués n'est-ce pas merveilleux?
- ...

Le Croc Pourpre plia soigneusement l'annonce dans sa poche avant de s'incliner sobrement mais respectueusement devant le vieil assassin. Il avait reçu ses ordres et toutes les informations nécessaires, il était temps qu'il rachète ses erreurs passées. D'un pas assuré il fit demi-tour.
- Jaffar...

Le tueur s'immobilisa tandis que l'atmosphère se chargeait de menace. Un frisson glacial parcourut son échine tandis qu'il sentait lentement mais sûrement augmenter la prestance de l'homme dans son dos... Il n'était rien par rapport à la puissance que ce monstre dégageait.
- Je ne tolérerai plus aucun échec.

La menace disparut aussi rapidement qu'elle était venue et l'assassin s'empressa de franchir la porte, un sentiment d'insécurité lui broyant les entrailles.

***

Ce n'est qu'en retrouvant l'air frais du dehors qu'il sentit son esprit se libérer de l'influence du vieil assassin. Une forte odeur de tabac l'agressa cependant quelques secondes avant une voix narquoise bien connue.
- Comme on se retrouve cher collègue ! Le vieux avait visiblement des tas de choses à te raconter!

Le regard du Croc Pourpre se posa sur Kratos, négligemment adossé à l'entrée de la chapelle, sa pipe coincé entre les dents dégageant son éternel fumet âcre. Voyant qu'il l'avait repéré l'Ombre leva un bras et adressa un rapide salut à son compagnon.
- Heureux de faire une nouvelle fois équipe avec toi.
- Tu as également été convoqué?

La question fit poindre un air morose sur le visage presque juvénile du tueur aux yeux vairon.
- On peut dire ça comme ça. Le vieux m'a joyeusement envoyé au casse-pipe sans plus m'expliquer ce qu'on devait faire mais il a plus ou moins laissé entendre que je n'avais pas le choix. Enfin ce n'est pas comme si ça me dérangeait.

Tirant une longe bouffée, le tueur croisa les bras derrière la tête tandis que Jaffar s'approchait. En un sens cela le rassurait, il avait de nombreuses fois coopéré avec l'Ombre du Fang et avait une parfaite confiance en ses capacités. D'un certain point de vue Kratos était sans doute ce qui se rapprochait le plus d'un ami au sein du Black Fang. Ils avaient affrontés la mort ensemble et en étaient toujours ressortis plus ou moins indemnes. Quelques cicatrices marquaient également le corps de l'Ombre par ailleurs mais elles étaient bien moins nombreuses que sur l'organisme du Croc Pourpre... C'en était presque vexant.
- Tiens d'ailleurs!

Se redressant, l'assassin acheva de tirer une nouvelle bouffée avant de reprendre.
- Je ne suis pas venu seul. La Dame a absolument tenu à ce que l'on coopère avec « Elle ».

Et d'un signe de tête le tueur désigna l'énorme wyvern qui someillait tranquillement un peu plus loin, sa cavalière tranquillement assise contre son flanc, sa lance sur l'épaule. Le regard du Diamant Noir rencontra celui du Croc Pourpre. Aucune émotion, aucun échange, deux machines contemplant silencieusement un potentiel adversaire de haut niveau.
- ...
- ...
- … Eh bah, ça va être joyeux...

***

La nuit déposait son voile sur le monde alors qu'Ema approchait à grande vitesse de leur cible. Les ordres envoyés par les trois Fang avaient été prompts et brefs, reposant essentiellement sur les capacités solitaires des trois assassins. Aucun d'eux ne travaillait en équipe, les soldats n'étaient là que pour les couvrir, pour leur assurer une voie d'entrée comme de sortie : l'objectif principal serait réalisé par l'un d'eux, par l'un des trois crocs de cette bête immense qu'était le Black Fang.

Ainsi, alors que leurs hommes se dirigeaient vers la façade nord du bâtiment, marée noire et silencieuse dont l'assaut serait rapidement révélé par les cris d'agonie des hommes rencontrés sur le chemin, les trois Fangs eux survolaient les bois par le sud. Pas un son autre que le frémissement du vent sur les membranes tendues des ailes de la wyvern. Ema approchait dans le plus grand silence, planant sur les courants plutôt que de battre des ailes, immense oiseau noir se fondant dans la cime des arbres et la nuit montante.

Sur son dos trois silhouettes observaient la bâtisse se rapprocher lentement. Un peu de fumée montait d'un point plus à l'est, probablement l'une des diversions commandées.

- Il est temps.

L'immense wyvern émit un doux grognement sous l'influence de sa cavalière tandis que son immense masse descendait plus près des arbres. Sans un regard ni un mot, le Croc Pourpre et l'Ombre du Fang entourèrent le haut de leur crâne d'un bandana entièrement noir au même titre que le reste de leurs tenues, masquant ainsi leurs cheveux. De leur corps ne pointait plus que l'arrête de leur nez ainsi que leurs yeux, vairons pour l'un, borgnes pour l'autre. Laissant glisser les sangles de la selle de leurs doigts, les deux tueurs glissèrent le long des côtés de la wyvern, attendant le signal de leur coéquipière. Une seconde s'écoula durant laquelle ils n'entendirent rien d'autre que le vent frottant contre le tissu de leurs vêtements avant qu'un bref avertissement du Diamant Noir ne leur parvienne. L'instant d'après, Jaffar et Kratos plongeaient.

Le bruit du vent à leurs oreilles accéléra brutalement tandis que la wyvern reprenait de l'altitude afin de prendre une position plus propice à l'observation de la situation. Les bras plaqués le long du corps, les deux hommes observèrent le toit du mur d'enceinte se rapprocher lentement puis de plus en plus rapidement.

La brusque apparition d'une wyvern dans les cieux avait eu de quoi le surprendre un bref instant mais le monstrueux animal semblait plus vouloir s'éloigner que les attaquer. Etrange autant que bizarre : une attaque ? Un éclaireur ? Mieux valait tirer plutôt que d'hésiter non ? L'archer de garde encocha une flèche au cas où avant de poser un regard surpris sur la main gantée de noir apposée sur sa gorge. Une brusque traction vers l'arrière de l'Ombre du Fang orchestra la pénétration de sa nuque par une dague presque invisible dans l'obscurité nocturne. L'homme mourut sans un cri.

Ses jambes heurtèrent le toit dans un bruit sourd alors qu'il s'aidait de son inertie pour se laisser rouler vers l'avant et amortir le choc. Son épaule heurta à son tour la tuile avec brutalité mais c'est à peine s'il sentit la douleur. Lorsqu'on a eu tous les os du corps brisés l'on finit par ignorer les petits tracas de la vie. Le Croc Pourpre atteignit le bord du toit dans son élan, son regard accrochant l'homme de dos dans l'arrière cour juste en dessous. Ses jambes le propulsèrent, décrochant une tuile au passage alors qu'il fondait comme sur l'homme sans défense à la manière d'un rapace sur un rongeur. Ses lames n'émirent aucune lumière lorsque l'homme se retourna et c'est à peine s'il comprit ce qui se passait lorsqu'un spectre à moitié aveugle enfonça ses griffes fantomatiques au travers de son torse.

L'assassin emporta sa proie sous son poids et acheva de lui enfoncer la cage thoracique d'un puissant coup de genou. Il perçut dans son dos le bruit mat d'un cadavre découvrant les joies de la gravité au moment même où l'interlocuteur de sa propre victime tentait de tirer son arme, trop surpris pour crier. Abandonnant ses lames, le disciple bondit souplement vers sa victime, la lame de ce dernier se leva avant de retomber brusquement, le bras la maniant cruellement blessé par l'arrivée impromptu d'un couteau de lancer. L'Ombre veillait. Le garde sentit la douleur le gagner mais son cri resta coincé dans sa gorge, à l'endroit même où le tranchant des paumes du Croc Pourpre le frappa. L'homme bascula vers l'arrière avant de se retrouver brutalement plaqué au sol, la tête calé de façon fort inconfortable entre les bras de son meurtrier. Le cou résista, une fois, deux fois, puis un craquement sonore mit fin à l'agonie silencieuse du brave homme. Sur le toit, l'Ombre apprenait à voler à son troisième archer. Pas un cri n'avait pu être poussé de toute l'opération. Dans les cieux, une wyvern gronda, il valait mieux disparaître rapidement.

Kratos inspira profondément avant de relâcher ses muscles et d'activer son sixième sens. Tout comme Jaffar, l'assassin au regard vairon possédait l'un de ces sens surnaturels, bien que le sien soit légèrement différent. Perçant la pierre et la brique a u même titre que le reste, l'Ombre contempla enfin très nettement l’entrelacs de vie grouillant à l'intérieur du manoir tandis que son odorat disparaissait. Sans compter les sbires du Black Fang qui ne tarderaient sans doute pas à envoyer un petit commando infiltrer la bâtisse par la face ouest, le manoir regorgeait de potentielles victimes... Dont un Laguz ? Recalant cette information dans un coin de son esprit, l'Ombre observa un instant le point de vie volant s'approchant rapidement du Diamant Noir avant de se re focaliser sur leur propre situation. Il suffisait de trouver un individu de la taille d'une enfant, et suffisamment rapidement pour qu'il n'ait pas à désactiver son sens au risque de perdre définitivement l'odorat.

Du doigt, l'observateur indiqua une porte à son compagnon dont les pas l'y guidèrent rapidement, ses muscles tendus l'aidant à escalader la rambarde avec l'aisance d'un félin. Parvenu à l'entrée, le Croc Pourpre s'immobilisa tandis que l'Ombre scannait l'intérieur de la pièce. Quelques gestes plus tard, Jaffar faisait sauter le loquet d'un coup de crochet. La porte grinça très légèrement en s'entrouvrant alors qu'une sphère noire de la ceinture du Croc Pourpre roulait à l'intérieur. Le fumigène laissa s'échapper son contenu sous les exclamations de surprise des gardes en poste. L'un d'eux tenta de retrouver l'air pur de la nuit pour plonger instantanément dans un sommeil éternel. L'Ombre et son acolyte glissèrent dans la demeure à la manière d'une véritable épidémie de peste : rapides, meurtriers et silencieux. Lorsque la fumée se dissipa, quatre corps reposaient inertes dans une salle entièrement vide sans qu'aucune trace de lutte ne puisse être constatée.

Infiltration réussie.
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MessageSujet: Re: La force de nos convictions [PV: Hélène, Jaffar, Llyr, Magus]   Jeu 19 Juil - 19:05

Entraide. Un mot qui fut certainement inventé dans l'optique de trouver une définition la plus éloignée possible du Diamant Noir. La coopération et l'assistance n'étaient pas des mots étrangers à ses yeux, elle connaissait leur signification, et pouvait même se souvenir d'un époque où elle l'avait mise en pratique. Une époque pas si lointaine, du temps où un jeune cavalier du Black Fang l'avait recueillie et lui avait enseigné l'art du combat à la lance. A partir de ce moment, et jusqu'à la trahison des hommes du Fang, Llyr avait su accorder de "l'attention" à ceux combattant à ses côtés. Elle avait appris que les protéger permettait d'éviter leur mort, et que les avoir en vie pouvait marquer un tournant dans une bataille.

Toutefois, jamais elle n'avait été marquée par l'une de leurs morts. Pas plus qu'elle n'était marquée par les morts qu'elle provoquait. Le néant appelle le néant, et détruire la vie n'était, aux yeux d'une personne qui en ignorait la signification, rien de plus grave que de jeter une pierre à l'eau. Personne n'accordait la moindre réflexion sur le futur de cette pierre qui, incapable de se mouvoir, était abruptement jetée dans une masse liquide. Pas plus qu'aucun être vivant ne se préoccupait jamais d'explorer les possibles enlevés à ce qui leur servait de déjeuner.

Un humain de plus ou de moins n'allait pas bouleverser le cours de la vie du Diamant Noir, après tout. Sauf peut-être, une personne...


- ...

Naviguant sur les courants ascendants, Llyr et Ema transportaient l'Ombre et le Crox Pourpre vers leur prochaine mission. La wyvern n'aimait guère la compagnie, et Llyr lui ressemblait étrangement sur ce point. Pourquoi envoyer Trois des Quatre Fangs sur une même mission? Si la cavalière avait eu l'habitude de s'inquiéter, ou même de réfléchir, elle aurait indubitablement trouvé cette situation des plus inquiétantes, sinon des plus suspectes.

Heureusement, réfléchir pour toute autre chose que l'instant présent ne faisait guère partie de ses attributions. Elle avait une mission, elle l'accomplirait.


- Nous y sommes.

Une seule déclaration, qui fut suivie par un plongeon dans le vide des deux hommes. Bon, visiblement ils ne souhaitaient pas qu'elle les déposât au sol. Tant mieux, ils quittaient le dos d'Ema plus vite ainsi. Llyr soupira, effectuant un demi-tour dans le ciel et prenant à nouveau de l'altitude. Si elle devait intervenir, il fallait bien mieux qu'elle ne fut pas repérée auparavant.

Il aurait mieux fallu, effectivement.


- ...

Le Diamant Noir stoppa sa montée, le regard braqué sur une silhouette ailée à plusieurs dizaines de mètres de leur position. Ema ne semblait pas encore l'avoir repérée, mais il était difficile de manquer un cheval ailé au beau milieu du ciel, surtout lorsqu'il était en mouvement.

Un pégase. Un intrus.

Une proie.
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MessageSujet: Re: La force de nos convictions [PV: Hélène, Jaffar, Llyr, Magus]   Sam 28 Juil - 17:33


Son parfum, son odeur, sa fragrance… il s’y accrochait comme un enfant s’accroche à la main de sa mère lors de sa première sortie en rivière. Elle était sa vie, sa bouffé d’air frais et son bien le plus précieux. Et ce qui lui était précieux l’était à tous ses amis, à tous les siens. Le hurlement ne se fit même pas retentir, sa simple aura avait réuni son armée.
Il s’infiltra dans la bâtisse par les passages secrets qu’avaient préparés Cassandra sachant que ce jour arriverait. Sa piste si facile à suivre pour son nez qui n’avait d’odorat que pour son parfum la mena à elle aussi rapidement que Yue avait sauté pour le suivre. Bien qu’elle n’y était pas arrivée.

- Yue !

- Cassandra !

L’étreinte fut de courte durée mais pourtant…

- La moitié de la garde est partie voir le feu… Une diversion après réflexion.

Sebastian gardait l’accès au passage secret et semblait titiller avec frénésie un objet dans sa poche.

- Mon cher ami, je préférerai que vous gardiez une distance d’un mètre avec Dame Cassandra.

Bernard écartait d’une main le jeune loup alors que venait se glisser entre les deux adolescents un chien qui commençait à se faire vieux.

- Oh Sebastian, Bernard, vous êtes rabat-joie. Dis moi plutôt Yue, tu l’as retrouvé ?

Un sourire lui répondit. Un sourire carnassier.

***
Assit sur le cul se frottant grossièrement le bas du dos en une friction soulageante, Yue grommelait contre une racine qu’elle n’avait pas vue. Son atterrissage avait été d’une grâce parfaite mais à force de regarder en l’air car elle entendait un bruit inquiétant dans le ciel, elle s’était prise les pieds dedans et par une lois de gravité complètement extravagante, elle tomba en arrière ce qui n’avait aucune logique.

- Putain… mais ça fait mal. Et puis c’est quoi cette puanteur ? Ça sent le lézard…

L’archère leva les yeux et de sa vue de faucon distingua dans le ciel ce qui semblait être un lézard volant… La classe !

- YUUUUUE !! FLECHE !!!

Yue se tourna vers Hélène devenue la cible de cette incroyable créature et banda son arc. Elle repéra l’ennemi à l’odeur et décocha sa flèche. Pluton fut tirée, invisible épine dans le ciel qui traverse les cieux en silence pour percer sa cible. Elle avait visé l’articulation à la base de l’aile. Rien de mortelle, enfin… à part s’ils tombaient d’aussi haut en chute libre. Bah ils verront bien. De toute façon, elle ne pouvait rien faire de plus pour son amie. Elle devait vraiment se dépêcher de retrouver Cassandra et son petit Jaf avant qu’il ne fasse une bêtise.
Yue roula au sol pour pister les traces de son ami Laguz mais le parfum de son passé éveilla ses sens. Un sourire naquit sur ses lèvres. Quelle intéressante coïncidence. La bête se réveilla en Yue.

- Jaffar… mon frère… qu’il est triste de se retrouver dans de telles circonstances.

Se propulsant vers l’enceinte, elle grimpa le mur et s’introduisit dans la demeure. L’odeur du sang se répandait déjà dans l’atmosphère. Etonnamment, Jaffar n’était pas là pour une visite de courtoisie. Yue avait eu l’infime espoir qu’il ait pu changer en deux ans mais… le maitre semblait avoir la main mise sur son fidèle compagnon.
Elle se pencha sur les archers. Ils étaient morts. Elle sauta dans la cours et les soldats gisaient au sol. L’un deux gémissait encore. Elle écouta ses derniers mots.
Alors comme ça… le Croc pourpre s’était trouvé un compagnon. Il était plus à craindre que le rouquin s’il avait réussit à gagner ses faveurs. Sans une hésitation, elle se lança sur leur piste suivant les effluves de sang pour repérer leurs traces. Un pas après l’autre, elle se rapprochait de lui. Un pas après l’autre, elle se rapprochait de leurs retrouvailles. Elle ne savait même pas comment elle allait réagir, être heureuse, être émue, être en colère...
Si, elle savait comment elle réagirait. Les circonstances en avaient décidé pour elle.

Aujourd’hui, elle devait protéger une jeune innocente. Elle devait soutenir son véritable frère, celui qui l’avait soutenu envers et contre tout, celui qui l’avait sauvé au péril de sa vie, celui qui agissait pour lui et pas pour rien. Yue aimait profondément son jeune frère. Ce n’était pas une simple admiration, un simple besoin. Yue, son frère était son alter ego, il était son âme sœur dans l’amitié au même titre qu’Allen était son âme sœur dans l’amour. Elle mourait pour lui et elle tuerait pour lui avec le sourire, ce qu’elle n’avait jamais pu faire pour Jaffar.

***
Jaf les entendait se rapprocher alors que Bernard et Sebatian étaient déjà partis avec la jeune demoiselle. Il faisait le dos rond alors qu’il attendait patiemment le moment où ses crocs déchireraient la chair.

***
Yue les avait rattrapés, ils étaient enfin face à dos…

- Hey Jaffar ! Ça faisait longtemps qu’on ne s’était pas vu. Cadeau !

Dans ce couloir étroit, ils ne pouvaient échapper à la furie de Jupiter et de ses 64 satellites. La pluie de flèche se fit telle une vague transperçante.

*Pour toi mon frère.*
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Jaffar
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MessageSujet: Re: La force de nos convictions [PV: Hélène, Jaffar, Llyr, Magus]   Lun 3 Déc - 19:46

Le bruit des lames qui s’entrechoquent, les cris d’agonie de victimes mortellement blessées, les lueurs d’un incendie d’origine magique… Le chant de la guerre emplissait peu à peu les bois alentours. Même si elle était réduite, la troupe d’assassins du Fang persistait avec férocité, harcelant les défenseurs sans répit. Chaque fois que l’un d’eux tombait des remparts, trois autres semblaient naître de son ombre. Pas de prisonnier, pas de pitié, pas de retraite… C’était tuer ou être tuer. Et malheur à ceux des protecteurs de la demeure qui tentaient de suivre les ombres mouvantes de la nuit au cœur des bois. La région ouest du manoir semblait s’être transformée en une bête affamée dont l’appétit insatiable vidait les lieux alentours de toute vie. Soudain, un éclair de lumière jaillit, révélant l’ombre encapée d’un mage dont le sort percuta le mur. Une flèche mit fin à ses invocations mais la brèche était créée et déjà l’ombre de la Bête aux crocs aiguisés s’étendait vers l’intérieur des lieux malgré les pertes. Jaffar laissa tomber sans douceur le corps désormais froid que sa dague retenait encore. L’homme ne s’était même pas défendu tant ses sens étaient dirigés vers ce qu’il pensait être le lieu principal de l’affrontement. Il se trompait…

Les battants s’ouvrirent sans un bruit, comme soufflés par un courant d’air invisible. Une seconde de stupeur frappa les quelques occupants du couloir avant que la mort ne prenne le relais. Deux corps s’écroulèrent, le manche d’un couteau de lancer dépassant de quelque organe vital. La lame du dernier survivant chuinta en sortant de son fourreau au moment où une douleur fulgurante perçait dans son côté. Un bref cri de souffrance plus tard, une seconde lame le frappait sans la moindre pitié. Le Croc Pourpre siffla de dépit tandis qu’un brouhaha cliquetant se faisait entendre dans la pièce d’à côté. Son œil défaillant l’avait trahi au moment d’en finir et le cri de sa victime avait éveillé l’attention des gardes plus loin. Retirant prestement ses lames de la chair désormais empoisonnée, l’assassin fit face au regard surpris d’un homme dont l’âge devait être équivalent au sien. De leur côté, les gades en question purent apercevoir à la faveur d’un sobre éclat lunaire le corps de trois de leurs compagnons. Et parmi eux, une ombre. Une ombre d’où seul perçait un regard aussi mort que ceux qu’elle venait de terrasser. Une ombre dont les griffes acérées ruisselaient du sang pourpre dont elle se nourrissait. Une ombre dont le pas menaçant la rapprochait lentement d’eux.

La peur reste la plus puissante des armes.

Le son de ses pas étouffés par le tapis du hall, le tueur vêtu de ténèbres poursuivit sa lente avancée tandis qu’une voix narquoise susurrait à son oreille.

- Cinq hommes… Un coup de main cher associé ?

D’un bref mouvement, le Croc Pourpre chassa le sang maculant l’acier de ses lames. La présence dans son dos s’estompa. L’Ombre veillait. Mais sa force ne serait pas requise en cet instant. Des cris plus forts retentirent tandis que ses adversaires appelaient une aide qui ne viendrait pas à temps. En sa main gauche reposait le crochet d’un serpent autrefois trop prétentieux, en sa main droit était la force de sa propre morsure fatale. Il n’y aurait pas d’échec ce soir. Car la Bête était là, et rien ne pourrait la rassasier.

Son premier ennemi hurla, tentant de masquer sa peur par un cri guerrier. Sa lame siffla dans l’air, siffla aux oreilles de l’assassin dont le corps se courbait mécaniquement. Son bras partit aussi vélocement qu’un félin bondissant sur sa proie, ses crocs plongèrent à la source même du cri tandis que ses gants absorbaient rapidement le liquide chaud de la vie. Le brouhaha des hommes en proie à la panique lui fit rejeter sa précédente victime vers eux tandis que sa lame sifflait vers son angle mort, vers cette souris dont le déplacement froissait le tapis. Un second cri monta. Le tueur lâcha son arme profondément fichée dans la chair avant d’agripper le col imbibé de sang du futur mort. D’une brève impulsion, l’ancien soldat se retrouva propulsé au rang de bouclier humain, son hurlement s’éteignant à l’instant ou la lame de son comparse le perforait de part en part.

S’il n’avait pas été presqu’entièrement masqué, tous auraient pu voir l’expression sanguinaire qu’affichait désormais le borgne. A la lumière, son nouveau handicap pouvait le perturber, voire le désavantager. Mais dans le noir, là où cette même lumière devenait trop faible pour atteindre son iris blessé, là où tous ses sens s’exhalaient enfin, il renaissait. L’ange de la Mort prenait forme en sa chair meurtrie et répandait son froid jugement sur ceux que son chemin croisait.

Le bout de son index suivit le courant du sang le long de l’acier perçant son bouclier jusqu’à rencontrer le corps inanimé. Sa poigne se referma avec fermeté sur son poignard précédemment abandonné tandis que son corps se propulsait vers le détenteur de la lame ensanglantée. Une odeur d’alcool presque imperceptible chatouilla ses narines avant que ses crocs ne déchirent à nouveau la chair. Les deux corps s’étalèrent sans vie tandis que l’assassin se redressait, grand, puissant, terrifiant ! Une hésitation et ne se dressait plus qu’un seul homme sur les cinq. Il chargea en beuglant et en priant. La dague trouva avec une facilité déconcertante son chemin à travers les muscles abdominaux.

- Hey Jaffar ! Ça faisait longtemps qu’on ne s’était pas vu. Cadeau !

Cette voix… Le son d’une corde qui se détend. Le Croc Pourpre ferma un instant les yeux alors qu’une vague de traits acérés balayait les lieux. Les souvenirs l’assaillirent brutalement. La chaleur des instants passés, l’irritation de leurs disputes innocentes comme sérieuses, l’excitation de leur travail en commun… Et la douleur de la séparation. Le borgne rouvrit les yeux. D’un geste sec sa lame se dégagea du cadavre criblé de flèches qu’il avait utilisé pour se défendre, laissant ce dernier s’écraser bruyamment au sol, dégageant alors la vue du couloir. Aucune lueur ne parvenait à atteindre les ténèbres de son œil mort et pourtant, Jaffar était presque certain de la distinguer, d’entendre son souffle haletant d’avoir tant couru, de sentir son odeur sauvage et forestière. Dans son dos comme sortie de nulle part, une ombre au regard vairon haussait un sourcil invisible.
- Allons bon, en voilà une jolie surprise.
- …
- J’ignore ce que tu lui as fait à celle-là mais… Sa main se referma sur l’une des flèches qu’il monta jusqu’à son visage.… Je détesterais être à la place de son copain.

Le Croc Pourpre restant toujours aussi silencieux, son compatriote prit les choses en main. Faisant craquer ses phalanges Kratos s’avança.
- Je propose de ne pas la sous-estimer. A deux on règle ça en cinq min…

Le bras tendu devant lui l’interrompit aussi brutalement que si Jaffar l’avait frappé. L’Ombre tenta d’échanger un regard avec son collègue mais ce dernier regardait fixement devant lui, aussi vide et insensible que d’habitude.
- Ce serait trop long. Je vais la retenir. Rejoins la cible.
- C’est ta cinquième phrase complète depuis ce matin, ça vaut bien cette petite faveur. Après tout tu sais où me trouver si ça tourne mal.

Faisant demi-tour de façon grandiloquente, l’Ombre disparut aussi rapidement qu’il était apparu, laissant les deux protagonistes seuls.
- …

***

Il pénétra avec son aisance habituelle dans la pièce d’où partait la seule issue possible pour rejoindre cette petite personne que son sens de la vie lui indiquait. Foutue demeure de bourge. Relâchant son sixième sens, l’assassin bailla un grand coup avant de pénétrer dans la pièce où se trouvait, il le savait un énorme toutou.
- Regardez-moi ce que nous avons là. J’en tremblerais presque !

Le grondement sourd de la bête ne le perturba pas plus que ça alors qu’il essuyait machinalement le sang de ses lames aussi noires que l’ébène.
- Bon, on va essayer d’abréger ça aussi vite que possible ça m’ennuierait que la gamine se fasse vraiment la malle.

Rengainant l’air de rien ses armes, le tueur observa le loup menaçant lui bloquant le passage. Un sourire se dessina sous e masque protégeant son visage. Un sourire animé par la soif du sang neuf. Il n’avait jusque-là jamais tué de Laguz. Son bras se tendit alors qu’il sifflait en direction du loup
- Bon toutou, c’est bien ! Tu veux jouer ? Allez viens on va rigoler toi et moi !

***

Les dagues effectuèrent un léger moulinet dans ses mains alors qu’il s’avançait d’un pas. Sa botte brisa une flèche sans qu’il paraisse y prêter attention. Il savait qu’au bout de ce couloir sombre et ténébreux se trouvait une part importante de son passé. Un deuxième pas s’ensuivit, puis un troisième et enfin le tueur la vit. Elle avait changée. Elle était plus grande, plus sauvage, plus forte… Mais ce n’était plus la fille des bois qui l’avait entraîné dans une folle course poursuite à travers la montagne. Ce n'était plus la Yue naïve d’autrefois. Elle était autre chose. Elle était une archère envoyée ici pour le stopper. Un soldat de plus sur le chemin de l’Ange de la Mort. Et une femme déjà morte aux yeux du Black Fang. Les souvenirs…

*Je ne tolérerai plus aucun échec.*

Ces souvenirs appartenaient à une autre personne. Un Jaffar dont le corps et l’esprit étaient intacts. Un homme qui se pensait plus qu’il n’était. Un homme dont le regard avait perdu ses vraies croyances.
- …

Ses muscles se bandèrent au même rythme que la corde de cet arc qu’il devait briser. Ses lames n’émirent aucune lueur, aucun sifflement alors que, dans ce silence de mort qui constituait son monde, le Croc Pourpre se ramassait, prêt à bondir sur sa proie.
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MessageSujet: Re: La force de nos convictions [PV: Hélène, Jaffar, Llyr, Magus]   Mer 5 Déc - 12:33


Il était bon de sentir son odeur familière… elle lui rappelait tant de souvenir. Des tristes, des heureux mais tous très précieux à son cœur. Sa gestuelle avait quelque peu changé il semblait plus assuré, plus serein, plus déterminé et Yue voyait que la dernière étincelle dans l’œil unique de cet homme qu’elle avait aimé et considéré comme un frère, c’était éteinte. Alors qu’il s’avançait elle lui souriait, de ce chaleureux sourire qu’elle n’avait offert qu’à Allen, son frère et lui… Elle sentait presque ses muscles se détendre alors qu’elle pouvait sentir la chaleur émanant de son corps venir titiller sa propre peau.

- Tu ne peux pas savoir à quel point je suis heureuse de te voir, et à quel point cette situation m’emplit de tristesse.

Il bondit et en un instant elle sortit de son champ de vision alors que dans ce couloir exigu, elle passait à coté de sa lame empoisonnée, esquivant le vif mouvement du Croc Pourpre point décontenancé par sa faiblesse visuelle. La rapidité de son mouvement valait facilement celle de l’archère à l’état naturelle mais sa célérité animale lui donnait un avantage certain alors que d’une légère impulsion du bassin, son corps se vrillait en une posture bestiale laissant un bon centimètre entre sa chair et la morsure du Croc Pourpre. Atterrissant un genou et une main à terre, c’est sans un regard qu’elle continua droit dans le couloir ne ralentissant pas un centième de seconde.
Sa main attrapa au sol un fil translucide qu’elle tira d’un coup sec entrainant un rassemblement spontané de ses flèches. Jupiter avait perdu de son esthétisme, dépenaillée qu’elle était d’une bonne dizaine de ses satellites mais sa puissance de frappe restait tout de même non négligeable.
Se retournant lestement vers son adversaire, celui-ci lui faisait déjà face. Il ne voulait pas parler, tout ce qui perçait au travers de sa tenue, de ses mouvements, de son être était sa conviction d’assassin. Il devait remplir sa mission envers et contre tout et rien n’interférerait. Tout obstacle doit être éliminé. Tout sentiment ignoré. Tout passé… oublié. Le Jaffar qui la regardait sans la voir lui faisait de la peine…

- Tu sais quoi Jaffar, j’ai retrouvé mon frère. Il te ressemble un peu, il est roux comme toi, impulsif et dangereux comme toi, et il était prisonnier d’une idée dont il n’arrivait à se défaire qui l’affaiblissait et le rongeait de l’intérieur…comme toi… Mais tu verrais maintenant qu’il a grandi, il est devenu d’une puissance phénoménale et il défend ceux qu’il aime avec une telle force… c’est devenu un homme, un libre de défendre ce qu’il aime.

Elle souriait toujours avec cette sincérité déconcertante… Sa voix était douce, emprise de cette nostalgie qui marquait leur rencontre, de cette tourmente sentimentale qui les avait baladé de droite à gauche, de cet amour fraternel…
Puis, changeant d’expression adoptant une posture plus enjouée et revêtant le masque qu’il avait su si bien lui faire créer, elle clama enthousiaste :

- D’ailleurs… comment vas Nino ? Quand je l’ai vu, elle m’a dit qu’elle te cherchait je lui ais donc dit où te trouver. Et je…

Il ne la laissa pas finir. Le combat était engagé au moment où elle s’était mise entre lui et sa mission… à vrai dire le combat était engagé depuis bien plus longtemps mais il ne prenait place que maintenant. Elle encocha Neptune à son arc et attendit qu’il s’approche. Si la flèche n’était qu’une feinte, les lames à chaque extrémité de son arc ne l’étaient pas. L’esquive lui serait douloureuse.

*J’ai pourtant tant de chose à te dire mon frère…mais le destin n’en as pas voulu ainsi…*

***
La bête lui faisait face les poils dressés sur son dos. Il sentait les muscles rouler sous son cuir animal alors qu’il se retenait de bondir. Jaf avait longtemps observé les humains et encore plus les assassins comme Jaffar. Il connaissait leur outil favoris, les dagues empoisonnées… dans un combat au corps à corps il n’avait pas l’avantage face à une telle arme et à distance, il restait une cible trop évidente pour l’homme aux yeux aguerris… Du haut de ses 12 ans, Jaf savait qu’il n’était pas de taille face à un tel adversaire dans un combat loyal. Cependant, il avait l’avantage du terrain et surtout celui de la réflexion car si lui ne sous-estimait pas son adversaire, l’assassin ne ferait peut être pas de même.

Un hurlement s’échappa de sa gorge alors qu’ancrant ses griffes dans le sol il plongea sur son adversaire. Une attaque frontale et basique qu’il transforma rapidement à son avantage alors qu’en un éclair, il se retrouvait dans son dos pour arracher l’épaule.
Autour d’eux, les murs grondaient d’un murmure de plus en plus sonore. La pièce grouillait d’une vie, invisible à l’œil nu. Elle devenait menaçante alors que le tunnel menant à Cassandra se remplissait en un instant des créatures forestières.

*Ici tu es sur mon territoire assassin… Et je ne suis pas ton seul adversaire.*

---------------------------------------------------
Petite explication HRP : Les murs grouillent de vie, c'est-à-dire d’insectes, rongeurs et reptiles, ce sont des petits animaux. Un tunnel au fond de la salle donne sur des galeries sous-terraines par où s’est échappé Cassandra, Sébastien et Bernard. Celui-ci et plus habité de petit félin, reptile et si tu descends dans les galeries, autres loups et créatures plus imposantes. Le tunnel est taillé à dimension loup de grande taille on va dire, du coup pour une enfant, elle peut se déplacer en se courbant un peu et les adultes à quatre pattes.

Pour Yue et Jaffar, bah si t’as pas compris ce qu’elle faisait redemande moi sur skype.

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MessageSujet: Re: La force de nos convictions [PV: Hélène, Jaffar, Llyr, Magus]   Lun 24 Déc - 19:58

La bête était impressionnante il fallait le dire. Contrairement à cette créature sombre et mystérieuse qu’était le Black Fang, le loup à la fourrure de flamme s’affichait dans toute sa force et imposait sa présence sauvage à ceux qui le contemplait. Il était loin de ces cabots errants que l’on pouvait apercevoir dans les décharges des villes ou de ces animaux soumis à un seul maître… Non, lui était la majesté et la sauvagerie du monde animal. Un défi intéressant en somme. Sous son masque, l’Ombre du Fang s’autorisa un sourire alors que l’animal chargeait. Il sentit sa présence devant lui, l’instant d’après il était derrière, ses crocs luisants tentant de percer sa chair. L’assassin bondit sur le côté juste à temps, sentant la chaleur du souffle de l’animal le raser de près. Le loup prit le contrepied mais l’homme en fit de même et les deux corps se frôlèrent à nouveau sans pour autant se toucher. Dans un grondement sourd, le protecteur de sa cible virevolta sur lui-même avant de bondir, souple et rapide. Le Marqué leva le bras en protection tandis que ses appuis s’affirmaient et que le poids de la bête l’emportait droit sur lui. La mâchoire redoutable enserra le poignet de l’assassin alors que ce dernier se propulsait en une vrille redoutable, appliquant toute la force que lui avait conférée son existence ténébreuse dans un coup de pied visant les côtes de la bête. Le Laguz avait cependant dû sentir l’arnaque car ses crocs avaient à peine éraflés le cuir du vêtement lorsque la jambe vêtue de noir le dégagea brutalement de sa trajectoire. Se rétablissant sans mal, le prédateur retomba souplement sur le plancher de la pièce, faisant à peine cliqueter ses griffes contre les lattes de bois.

Lames toujours au fourreau, Kratos resta en position un instant. La situation avait à peu près évoluée en sa faveur, à présent il se trouvait du côté de l’espèce de conduit que la cible avait empruntée. Le challenge restait encore de s’y glisser sans se faire gentiment arracher la tête. Autour de lui ça grattait ça rampait, ça sifflait…

- Oh la poisse quoi. Il fallait que je tombe sur le gentil petit ami des animaux.

Il ne pouvait les distinguer que lorsqu’un rat ou quelque chose d’autre daignait se glisser le long des minces rais de lumière que les fenêtres laissaient filtrer, mais il sentait pertinemment la présence de tous les parasites que pouvaient abriter ces murs… Oh naturellement il n’y en avait pas tant que ça, les propriétaires avaient heureusement un goût pour l’hygiène plutôt prononcé, mais il lui serait déjà nettement plus compliqué d’évincer le Laguz tout en devant empêcher une troupe de rat enragée de le dévorer.
- Aux grands maux, les grands remèdes.

Profitant de l’instant où le grand loup bondissait de nouveau, sa main gantée s’empara du petit tube noir accroché à sa ceinture. Bondissant vers l’arrière, il fit craquer l’objet en même temps qu’un petit animal sous sa botte avant de propulser l’étrange instrument droit à travers la fenêtre toute proche. Son regard vairon croisa celui de l’animal avant que l’une de ses lames ne bondisse précipitamment vers la gorge de la bête.

***

Il ne se précipita pas. Ses lames avaient de nouveau sifflées dans le vide, l’exposant à une attaque mais le crissement de la corde se tendant n’avait pas donné suite au tir attendu. Elle ne voulait pas le louper, elle savait de quoi il était capable. Après tout, dans un couloir comme celui-ci il avait autrefois esquivé deux de ses tirs. De plus, il avait pu entrapercevoir les lames dont l’arc en question était désormais doté. Si elle ne possédait sans doute pas sa dextérité dans le maniement de telles armes, un mauvais coup restait toutefois si vite arrivé. Se ramassant sur lui-même, l’assassin observa sa cible d’un regard plus stratégique. L’endroit ne laissait que peu de place à l’esquive, elle ne tirerait surement pas avant de l’avoir vu effectuer le premier mouvement mais ne lui laisserait pas le temps d’établir un plan trop réfléchi. Ses épaules roulèrent sous ses vêtements à la manière d’un félin tandis que ses jambes se détendaient brutalement telle la corde de l’arc relâchant son projectile.

L’amour… Il l’avait trouvé en menant cette vie, il se battait déjà pour ce en quoi il croyait. Et ce corps marqué, cette chair blessée n’était que la preuve qu’il s’était dressé, et se dresserait encore et toujours contre ceux qui chercheraient à blesser ceux qui l’avaient sauvé, ceux qui l’avaient élevé, ceux à qui il devait tout. Qu’as-tu compris de moi, toi que j’ai ramassée sur le bord de la route, inculte et ignorante des règles de ce monde ? Aujourd’hui il n’y aurait pas d’erreur.

Il sentit la flèche approcher. Son bras jeta sa dague létale droit sur le projectile. Des étincelles marquèrent la rencontre entre les deux objets puis une brûlure cinglante le frappa le long du pectoral droit alors que la pointe acérée creusait une nouvelle plaie en glissant le long de la chair mate. Rien qu’une égratignure, la douleur ne sembla même pas le ralentir. Le sang goutta pourtant sur le tapis tandis la distance s’amenuisait, révélant les traits de la jeune fille au regard borgne du tueur. La première lame de l’arc siffla mais Jaffar ne recherchait pas sa confrontation et l’acier ne parvint qu’à égratigner la large bande de tissu noir recouvrant sa chevelure alors qu’il s’engouffrait souplement dans la brèche offerte. Le crochet empoisonné en sa deuxième main bondit et agrippa fermement le bois épais de l’arc. D’une puissante traction visant à la désarmer malgré sa force surhumaine, le Croc Pourpre franchit le dernier barrage qui le séparait de l’archère. Une vive lueur rouge illumina l’extérieur de la bâtisse à l’instant où son regard mort détaillait pour la première fois depuis longtemps le rubis de ses grands yeux d’albinos. Ils étaient bien différents de la première fois qu’il les avait contemplés. Le temps sembla se suspendre tandis que le signal de Kratos se consumait en une longue seconde dans la nuit noire. L’innocence perçait toujours dans les yeux de cette demoiselle plus mature désormais, mais il n’y avait plus rien d’ignorant. Elle savait pourquoi elle était là ce soir, pourquoi elle devait l’affronter, mais elle savait également pourquoi lui était là. Et lui briserait ce regard en cette nuit. Le signal s’éteignit dans les cieux obscurcis tandis que le Croc Pourpre amorçait un brutal coup de genou. La faiblesse d’une archère, même aussi préparée et forte que Yue restait le corps à corps.


***

Le loup roula sur le sol alors que l’Ombre se rétablissait en un salto des plus gracieux. A peine atterrit, l’assassin bondit de nouveau en sécurité afin d’éviter d’être de nouveau agrippé par une quelconque bestiole. L’une de ses manches était déchirée, révélant les nombreux couteaux de lancer attachés le long de ses bras, et une fine estafilade, probablement due à un coup de croc, ruisselait le long de son bras. Ses lames étaient de nouveau au fourreau, le Laguz se méfiait bien trop de son poison et les coups qu’il avait jusqu’ici distribués relevaient plus de l’ordre de ses poings et de ses pieds. Cependant il avait manœuvré de façon à toujours conserver le côté de la pièce accédant au tunnel malgré les risques s’y terrant. Atterrissant près de la fenêtre, l’Ombre y jeta un rapide coup d’œil avant de dégager plus rapidement cette fois. Une vive lueur éclaira la pièce un instant avant qu’une boule de feu ne crève la vitre, abattant prestement une partie du mur et carbonisant quelques-uns des minuscules occupants de la pièce. La chaleur et la lumière firent d’ailleurs reculer la majorité d’entre eux alors que par l’ouverture nouvellement créée se glissaient sept hommes, tous encapés de façon à ne laisser percer que leurs yeux. Le loup roula du dos alors que Kratos tendait la main depuis l’autre côté de la pièce.
- Torches ! Deux !

Les deux bâtons demandés volèrent rapidement du petit groupe à sa paume alors que les hommes en noir formaient rapidement une ligne entre les deux combattants, armes dégainées. L’assassin profita de ce moment de répit pour se masser les épaules et respirer un grand coup.
- Vous avez mis le temp. Toi et toi !

Son doigt désigna les deux hommes lui ayant fait parvenir leur torche.
- L’un va chercher des renforts avec pour ordre de me suivre dans ce tunnel, l’autre fais passer le mot : foutez-moi le feu à cette baraque, ça handicapera un peu boule de poil juste là. Les autres sortez vos torches.

Sans poser une question les deux sbires disparurent par l’ancienne fenêtre tandis que le reste du groupe s’armait de leur meilleure arme contre les alliés du loup. Souriant sous son masque, l’Ombre du Fang alluma rapidement les deux siennes avant de se diriger vers le tunnel.
- Bon, mon chou, j’aurais adoré rester et qu’on se mette violemment des pains jusqu’à ce que l’un des deux décède dans son sang mais malheureusement, j’ai une autre priorité. Vu que mon coéquipier a décidé de rester jouer les jolis cœurs faut bien que quelqu’un fasse le boulot. De toutes les façons je suppose qu’on ne va pas tarder à se revoir. Se tournant vers les sbires prêts au combat. Non je ne vous fais pas confiance sur ce coup-là. Gagnez moi un max de temps vous serez gentils.

Et tournant purement et simplement le dos à la scène, le tueur projeta sa première torche à travers la petite ouverture du tunnel, repoussant ses habitants.
- Ouhla ! Mais ça grouille en plus !

S’accroupissant, Kratos examina un instant l’ouverture. Il était certainement plus fin et agile que la majorité des adultes mais pas suffisamment petit pour ne pas se plier en passant. Son odorat disparut alors qu’il réactivait le sens de la vie, histoire de prévoir les mauvaises surprises que pouvait lui réserver l’endroit. Et tenant sa torche d’une main le tueur s’élança avec la souplesse et la rapidité d’un félin.

____________________________________________________

Voilà! Tu fais appel à tes petits copains je vois pas pourquoi j'en ferais pas autant. Les renforts demandés par Kratos ne vont pas tarder à arriver et il y a fort à parier que des incendies vont commencer à se déclarer dans les zones où les assassins du black fang auront triomphé de la garde. En attendant ton loup se retrouve face à cinq hommes pendant que kratos s'engage dans le tunnel (tu seras gentille de me décrire l'endroit empli de saloperies que tu m'as préparé ^^). De notre côté comme tu peux le constater c'est l'amour fou =3 Jaffar a essayé de te désarmer en tirant un grand coup sur ton arc toussa mais je te laisse quand même décider du résultat toute seule ^^ Voilà! bon courage ^^
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MessageSujet: Re: La force de nos convictions [PV: Hélène, Jaffar, Llyr, Magus]   Mer 26 Déc - 15:58


Les flammes, le feu… emplissaient la salle de sa chaleur nauséabonde. Devant lui se formait le mur humain alors que par delà sa frontière, l’homme de blanc vêtu se lançait à la poursuite de sa belle. Le loup se sentait prisonnier d’un piège qu’il ne pouvait affliger à ses comparses. D’un hurlement strident, il leur ordonna de partir alors qu’il faisait face seul aux cinq assassins. L’animal avait déjà fait pire, mais le facteur flamme et celui de la menace de sa belle avait de quoi le décontenancer bien qu’il ne laissa rien paraître. Il n’avait pas à mener le combat, car comme ce lâche, il pouvait très bien s’esquiver par le tunnel qu’ils ne bloquaient que partiellement. Quant à sa taille et son agilité elle suffirait à faire la différence dans ces tunnels. Mais il ne pouvait pas non plus affliger ça à sa jeune sœur. Plus il lui éviterait de combat moins elle perdrait d’énergie pour des fioritures. Car si Yue fils était calme, stratège et raisonné… Yue fille était excitée, bourrine et irréfléchie. Trop généreuse dans ses efforts, elle ne ferait que se blesser inutilement bien qu’il sache qu’elle vaincrait à n’importe quel prix et ce prix était bien le problème.
Il repensa à son combat avec le Maitre, il repensa à son combat contre Shikonai, il repensa à son combat contre Athanaël… l’archère ne savait pas faire autrement que s’investir corps et âme dans le combat et souvent bien qu’elle conservait son âme, son corps essuyait de lourdes conséquences.

Il ne pouvait décemment pas lui laisser un tel fardeau…

*Je t’aime Yue… j’ai confiance en toi. On se retrouve à la sortie.*

Pourtant il le fit…
Reprenant forme humaine, le gamin roux empoigna un outil peut conventionnel en main et souffla dedans avec la force de ses poumons. Un son mélodieux s’échappa de l’objet en forme de flèche percée par endroit comme pour émettre de la musique. Comme un signal, les assassins se lancèrent sur lui alors qu’il reprenait forme animal et esquivait la première attaque. Le fil d’une lame vint frôler sa truffe mais la bête était bien trop craintive du moindre poison pour laisser ses réflexes se reposer. Il bondit en arrière s’appuya sur le mur et se projeta au dessus des têtes humaines. Mais dans son vole, il sentit un crochet lui happer la jambe alors qu’on le rabattait violemment au sol. Le loup roula pour amortir la chute et se releva au milieu des assassins en parfaite formation circulaire autour de lui. Le tunnel était à deux mètres de là. En un bond il pouvait se projeter mais il ne pouvait pas se permettre d’être blesser une nouvelle fois car si le crochet n’avait pas déchiré la chair, le coup contendant raisonnait encore dans son membre.
L’un des assassins à l’opposé du tunnel attaqua lame en main, le loup esquiva d’un mouvement sur la gauche qui le mit à portée du second. D’un vif mouvement, il saisit la main du premier pour le tirer, profitant de l’inertie et s’en servir comme bouclier contre le deuxième, alors que les trois autres l’acculaient contre un mur, l’éloignant du tunnel.
Il perdait trop de temps…
Soudain la porte s’ouvrit derrière lui et une volée de flèche passa au dessus de sa tête, abattant le mur humain. Jaf ne se retourna pas et profitant de leur surprise ainsi que de la brèche. Il se jeta dans le tunnel.

***
Jaffar, oh Jaffar comme je suis heureuse de te revoir alors que tu ne me vois pas. Ton œil unique me transperce de part en part sans pour autant faire attention à ce que je suis. D’ailleurs que suis-je pour toi ? Ces deux années loin l’un de l’autre ont-elles eu raison de ce qui nous liait ? Ces deux années sans se voir sans se parler ont-elles réussit à remplacer, à effacer tous nos instants de bonheur ?
Je me souviens de ta voix, je me souviens de ton touché mais pourtant tu sembles pour ta part avoir oublié.
Tu m’arraches ma seule protection alors que je te la cède volontiers, tu me frappes à l’abdomen m’arrachant un gémissement de douleur. Tu me renverses au sol et enfin nous voilà… comme au premier jour, comme la première fois.
Ton parfum est le même, ton réflexe aussi mais je sais que cette fois-ci tu n’arrêteras pas ton mouvement et que tes lames me déchireront impitoyablement la gorge de leur tranchant. D’un mouvement leste je rappelle à moi ce qui me lie à la vie et oppose à tes lames ma flèche. Ton poids m’écrase au sol, ta force m’oblige à déployer la mienne et nous nous opposons comme autrefois.
Mes lèvres sont à la lisière des tiennes alors que la distance de tes lames à mon cou s’amenuise.

- Dis moi Jaffar, as-tu regretté de ne pas m’avoir tué la première fois. As-tu rêvé que notre rencontre se terminait sur ma mort et mon corps gisant dans mon sang. Cela te plairait-il de me tuer comme tu l’as fait de tous ces pauvres innocents ? Après tout moi morte… plus personne ne pourrait témoigner des larmes que tu as versées alors que je te quittais.

Forçant et contractant les muscles, la jambe de l’archère se perça une place entre les deux combattants alors que du plat du pied, elle repoussait l’assaillant se relevant d’un même mouvement.
Une mélodie s’éleva dans ce funeste décor alors que l’archère récupérait son arc et détendait ses muscles. Elle aussi avait beaucoup pleuré, il ne l’avait su mais pourtant il avait été difficile pour elle de le quitter.

- Regarde toi Jaffar… tu n’oses même pas me parler car tu sais que la moindre parole, la moindre connexion entre nos deux mondes risquerait de te faire perdre de vue ta mission. Mais les faits sont là… En laissant partir ton coéquipier, tu m’as préféré moi à elle.

La jeune fille insista mais elle savait le cœur de son ancien ami, fermé au sien. La mélodie se répéta, Yue arrêta. Son regard se fit plus froid, son sourire moins chaleureux. Elle arrêta de se rattacher à une chimère. Dans son désir de faire renaitre ce lien qui existait entre eux, elle en avait oublié qu’elle n’était pas là pour lui.
Elle se redressa le regardant de haut avec cette arrogance qu’elle avait développé avec le temps, l’expérience.

- Je suis triste de conclure cette discussion ainsi, Croc Pourpre. Mais je crois que je me suis fourvoyée. Je suis la seule à avoir apporté de l’importance à nos souvenirs, à notre relation, à nous. Mais aujourd’hui je suis heureuse de me dire que j’ai fait le bon choix en décidant de donner ma vie pour quelqu’un autre que toi.

Soudain, une flèche partie de son arc alors qu’elle ne le tenait que d’une main. L’objet tranchant vint se ficher aux pieds de l’assassin du Black Fang alors que des volutes de fumée plus épaisses qu’un simple fumigène s’envolaient à travers l’espace étroit. Yue ne bougeait pas puis elle ferma les yeux car le fumigène était irritant pour l’iris de l’humaine et celle des Beorcs. Ne se repérant alors qu’au son et à l’odeur elle partit rejoindre celui qui avait besoin d’elle.

Courant dans les couloirs, elle sentit la chaleur de l’incendie et une crainte monter en son sein. Sans fioriture, elle enfonça une porte et arc à la main, tira à vue. Un, deux, trois hommes à terre, Jaf à ses pieds. Un autre poignardé à sa droite et un dernier rescapé. Son regard se porta sur lui alors que le loup venait frotter son museau sur sa jambe.

- Désolé de t’avoir interrompu ma sœur et merci d’être là.

- Va vite sauver ta belle le temps que je les arrête tous. Va Yue et sache que je t’aime.

Le loup s’engouffra dans le tunnel alors que d’un mouvement de queue, il bloquait l’entrée la rendant invisible au non connaisseur.

- Toi assassin. Préfères-tu vivre libre, ou prisonnier du Black Fang ?

- Gloire au Black Fang, Gloire au Maitre !

- Tu vois Croc Pourpre je ne comprendrais jamais pourquoi vous êtes fidèle à cet homme qui n’a que faire de vous. Il n’a pas hésité à tuer Ven… il n’hésitera pas à te tuer et à tuer ceux que tu aimes un jour. Mais au moins, il avait raison sur une chose… Je n’ai plus d’influence sur toi. Et je me suis bien ridiculiser à t’appeler au seuil de la mort alors qu’il me laissait dépérir. Je ne sais plus ce que j’avais espéré à ce moment là.

L’assassin se tenait désormais dans l’encadrement de la porte alors que deux autres de ses comparses arrivaient par la fenêtre. La pièce continuait de brûler et elle leur tournait le dos alors qu’elle faisait face au survivant.

- Ils sont partis par…

Le coup de pieds frappa la tête en un mouvement circulaire et sonore alors qu’il venait se la heurter contre le carrelage.

- Crève de la main qui te nourrit assassin. _ elle se retourna pour faire face à l’assemblée _ Bon alors messieurs, par qui je commence ? Ah et si je vous prenais tous en même temps ?


Enflammant Jupiter, Yue l’arma et la tira sans plus d’avertissement. Les deux assassins à découvert essayèrent de se cacher derrière le corps de leurs coéquipiers et si cela sauva l’un d’entre eux, l’autre se vit criblé de flèches. Ne restait de nouveau que le Croc Pourpre.

***
Jaf ne réussit pas à les rattraper dans le tunnel, malgré son aisance en ces lieux. Cependant, il les perçu dans la grotte à découvert alors que quatre loups lui faisait face ainsi qu’une ribambelle d’animaux plus larges les uns que les autres.

- Veuillez m’excuser mais vous ne passerez pas. Moi Yue Legris vous en fait le serment.

[i] D’un bond le loup roux les rejoint et son grognement fit échos à celui de ses confrères.

-------------------------------------------
Alors… bon bah description des lieux et des personnages :
Kratos : tu es dans une vaste grotte, quelques stalactites, quelques stalagmites, un sol irrégulier et une certaine humidité ambiante. Il y a plusieurs sorties ainsi qu’un lac souterrain plus loin. La grotte fait environs 1km2 soit 100 x 100m si c’était carré, hors ça ne l’est pas.
Si tu actives ton sens de la vie, tu peux voir que vous êtes loin d’être seule car la grotte grouille de vie.
Dame Lotsan 2ème du nom, c’est l’une des nombreuses cousine de Jaf, elle est rousse elle aussi et plutôt jeune genre 21 – 23 ans à vue de nez. Mais plus important, elle est seconde en chef de la garde des frontières d’Hatary, sachant que la première en chef est Dame Lotsan 1ere du nom, et tou se beau monde et sous la direction de Jaf car on est un gros bill ou on ne l’est pas.
Dame Lotsan 2ème du nom : Classe II niv 1

Jaffar : Yue est sortie du manoir. Face à toi tu as une salle fermée avec quatre assassins morts, un qui s’est fait poignardé par le seul survivant et tous les autres se sont fais transpercer par des flèches. Soit Jupiter hors Service pour cette fois ! La cours de la bâtisse s’offre à toi !

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MessageSujet: Re: La force de nos convictions [PV: Hélène, Jaffar, Llyr, Magus]   Ven 15 Fév - 2:08

Un silence de mort s’abattit sur les paroles du loup roux, uniquement perturbé par les respirations rauques des animaux, ponctué ici et là du goutte à goutte inconstant de quelque perle d’eau échappée de la surface du monde. L’Ombre du Fang, dans son costume noir comme la nuit, contemplait cette grotesque comédie que lui offrait le peuple des bêtes. De sa silhouette se découpant à peine sur l’atmosphère sombre des lieux ne perçaient au final que quelques mèches blanches barrant son regard vairon acéré. Le grognement des animaux s’accentua tandis qu’un léger rire commençait de secouer ses épaules.

***

Jaffar s’avança à travers la pièce enfumée de son pas chaloupé. Les yeux encore légèrement irrités par la nouvelle arme de l’archère, le Croc Pourpre s’arrêta néanmoins au bord du précipice pour contempler la situation. Les affrontements entre défenseurs et attaquants avaient depuis longtemps désertés les remparts pour s’isoler en plusieurs petits foyers distincts, parfois agrémentés de la lueur d’un incendie tout proche. Au vu des corps étendus çà et là, aucun des deux camps ne se relèverait aisément de cette bataille. Mais même si la garde affectée à la défense de leur cible était impressionnante de courage et de ténacité, le manoir était perdu, pillé, détruit… Les hommes combattaient désormais plus pour leur propre survie que pour assurer la fuite de leur petite maîtresse. Lorsque le jour se lèverait, plus aucune vie n’agiterait les ruines calcinées de la bâtisse. Et au milieu de ce tohu bohu, abattant ses hommes par pure provocation, la chevelure blanche de Yue.

Un bref instant leurs regards se croisèrent avant qu’un hurlement déchirant ne fende les cieux, détournant l’attention des plus distraits. Un souffle puissant balaya alors les lieux, attisant les feux les plus violents tandis qu’en un fracas sourd se déposait la silhouette gigantesque et terrifiante d’une wyvern sur les tuiles encore stables du toit, le vent de son arrivée emportant avec lui les exclamations sanguinaires des assassins du Black Fang. La bête rejeta sa longue tête écailleuse vers l’arrière avant de pousser un puissant rugissement de victoire tandis que sur son dos se dressait sa cavalière aux cheveux d’ébène. Plus loin dans leur dos, au-dessus des bois, papillonnait la silhouette blanche d’un ennemi blessé, cherchant une place sure où atterrir. Le Diamant Noir sortait victorieux, cependant le rouge gouttant au bout de sa lame et des crocs de sa compagne résonnait horriblement avec celui ornant leurs deux armures en divers endroit: l’une de cuir, l’autre d’écailles.

Sans un mot ni même un signe envers sa comparse et égale, le Croc Pourpre déporta son poids vers l’avant et se laissa choir aux pieds de la bâtisse que surplombait toujours l’imposante créature, sans lâcher l’archère albinos du regard. Parmi les menaces les plus redoutables envers les créatures volantes se trouvait certainement son ancienne alliée, aussi sa main était-elle posée sur sa lame, prête s’il le fallait à frapper. Malgré toute sa célérité, Yue ne pourrait abattre l’une sans risquer un mauvais coup. D’autant qu’ignorant parfaitement la position de leur proie principale, le redoutable animal se révélait au final bien inutile.

Les combats semblaient les ignorer tandis qu’ils s’observaient en chien de faïence. Le Croc Pourpre n’attaquait pas. Jaffar attendait. Dans le dos de l’archère, la forêt toute proche bruissait sous le souffle d’une brise invisible. Il ne s’agissait plus de mission, ni même d’amour fraternel. Ce qui les opposait, ce qui les avait toujours rapprochés pour ensuite les éloigner… Il fallait en finir maintenant.

D’un même mouvement, les deux êtres de la nuit s’élancèrent vers les bois tout proches. Courant presque côte à côte, sans un regard l’un pour l’autre. Un garde tenta de lever sa lame en travers du passage du Fang tandis qu’un poignard d’assassin visait l’archère. L’une sauta tandis que l’autre glissa. Rien ne les arrêta et les remparts disparurent rapidement dans leur dos tandis que les feuilles mortes et la mousse remplaçaient le pavé froid et dur. Yue bondit et disparut presque instantanément dans le feuillage, invisible aux yeux même de l’homme vêtu de noir dont la course ralentit pour s’arrêter complètement. A peine essoufflé, l’enfant du Fang se laissa bercer par les ténèbres l’environnant avant de commencer :

-Tant de vies gâchées…

***

Son hilarité se calma bien vite. En réalité il n’y avait rien de bien cocasse à la situation si l’on prenait en compte le fait qu’il était seul contre… Un certain nombre. Et c’est ce nombre même qui le faisait glousser sous le regard dubitatif de ses adversaires. Mais comprenaient-ils seulement l’ironie de la situation ?
- Tant de vies gâchées…

***

- Des innocents… Des criminels… Des bons des mauvais… La tienne peut-être…
- Alors que nous ne voulions qu’une chose, une toute petite chose. Tout cela pour quoi ?
- Pour protéger une fillette que tu connaissais à peine.
- Il est vrai que c’est admirable. Un geste magnifique j’en conçois, pourvu d’une abnégation totale.
- Une si petite chose provoquant de si grands troubles. Cela nous a opposés… En tout point.
- Alors bien sur vous me parlerez d’amour, de bons sentiments. De votre devoir pour certains, d’une loyauté sans faille pour d’autre.
- Mais qu’est-ce que cette loyauté que tu lui prêtes si ce n’est un sentiment aussi puissant que celui qui me porte ?
- Avez-vous déjà seulement essayé d’entrevoir que ce à quoi vous vous opposez… n’est autre qu’une force égale si ce n’est plus grande encore que la vôtre ?
- En ce Maître que tu exècres tant, j’ai trouvé un père que beaucoup d’enfant des rues m’auraient enviés. Force, confiance, courage, sécurité et protection… Ce que tu vois de lui n’est qu’un minuscule fragment de ce qu’une vie entière m’a révélée.
- Nous n’étions pas ici pour vous. En peuple Laguz que vous êtes, vous n’auriez même jamais du vous trouver ici. Notre mission ne concernait aucun d’entre vous… Tant de vies gâchées….
- En ce Black Fang que tu as rejeté, j’ai trouvé une famille… Une famille que j’ai protégé envers et contre tout contre la débauche la plus immonde. En cette famille, j’ai trouvé ce pourquoi je devais poursuivre… Ce pourquoi je dois me battre. Ce pourquoi j’existe… Ce pour qui je suis…
- Cette nuit je frapperais… Cette nuit je poursuivrais pourtant mon chemin, tout comme votre loyauté vous oblige à poursuivre le vôtre. Cette nuit pourtant… Nous serons ennemis.

***

Cessant de maugréer, son regard vairon revint à la petite foule assemblée devant lui. D’un geste vif il acheva de déchirer les restes des manches de son vêtement, présentant aux animaux les nombreuses lames empoisonnées ornant ses bras. Etirant brièvement ses membres engourdis par sa cavalcade dans l’étroit boyau, l’Ombre du Fang étira un sourire sous son masque lorsque toute la grotte trembla et que des gravillons dégringolèrent du plafond.

Là-haut, la wyvern du Diamant Noir brisait les ultimes poutres soutenant la toiture de la bâtisse sans la moindre pitié pour les tapisseries et le précieux mobilier qui s’y trouvait. Puis dans un grondement elle piqua sur la cour où son sang vermeil goutta lorsque ses griffes se tendirent pour saisir un homme. Sa masse noire remonta alors tandis que les hurlements de sa victime s’éteignaient brusquement, les yeux perçants du reptile tentant de percer la pénombre à la recherche du moindre indice révélant la présence de sa proie.

- Il semble que nos compagnons respectifs s’en donnent à cœur joie. Pourquoi ne les imiterions nous point ?

D’un geste vif le tueur propulsa sa torche au centre du groupe, provoquant un repli général. Sans la moindre terreur au fond des yeux il bondit sur l’énorme loup roux. L’animal voulut mordre mais le choc d’un coup sur le museau suivit de la collision avec son adversaire le déstabilisèrent et les deux adversaires roulèrent dans la poussière. L’Ombre sentit des griffes tenter de lui labourer les flancs tandis qu’un râle rauque montait de la gorge qu’il enserrait tant bien que mal. Bientôt il du cependant se dégager et s’éloigna en trois bond de son adversaire dont les réflexes le faisaient agir de même. La torche faiblissait et les bêtes se rapprochaient… Ca sentait le roussi…
- … Bon bah ciao !

Et il détala à travers la grotte dans la direction opposée à l’entrée qu’il avait empruntée tandis que sur ses talons résonnaient les aboiements de la meute. Deux solutions. Ou il trouvait la sortie rapidement grâce à ses sens aiguisés, et c’était cool, ou ça devenait trop risqué pour continuer de fuir et il se battait… Naturellement seul face à une telle horde il avait peu de chances, mais il était tellement plein de ressources… Le combat direct n’était pas toujours la meilleure des solutions…

***

Jaffar cessa de parler lorsque ses pas le menèrent jusqu’à une petite clairière isolée, il le devinait grâce à la lueur diaphane de la lune frappant son œil valide avec plus d’intensité. Le silence l’entoura de nouveau. Il était seul. En apparence seulement il l’espérait. S’avançant un peu plus à découvert il reprit.
- Je n’ai jamais été le roi des parleurs. Je n’ai même jamais su t’expliquer tout ce que j’avais promis de te dire. Seulement, si tu me comprends autant que tu le prétends… Si tu m’aimes autant que tu le prétends, tu sais que c’est là la seule réponse que je te donnerais.

D’un geste vif il arracha son masque, révélant à la lueur nocturne ses cheveux roux emperlés de sueur, sa peau mate où trônait l’immonde blessure lui traversant l’œil de part en part et sa pupille aussi blanche que l’astre céleste les observant cette nuit.
- C’est dans un endroit semblable que nous avons décidé de voyager de concert. Nous n’étions que des enfants. C’est dans un endroit comme celui-ci que se règlera notre histoire.

Son ton était froid, dépourvu de la moindre emphase, comme il l’avait toujours été.
- Maintenant Yue, fille des bois, fille des loups… Mon amie. Réponds-moi. Et si tes mots ne le peuvent alors que tes flèches le chante.
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MessageSujet: Re: La force de nos convictions [PV: Hélène, Jaffar, Llyr, Magus]   Ven 15 Fév - 12:17

Cachée dans les ténèbres de la forêt, passant d’un arbre à un autre, l’archère veillait sur son précieux ennemi. Elle le regardait, elle le détaillait, elle analysait ses forces alors qu’à l’abri des ombres, l’albinos restait invisible à son regard.
- Des innocents… Des criminels… Des bons des mauvais… La tienne peut-être…
Pour protéger une fillette que tu connaissais à peine. Cela nous a opposés… En tout point… Mais qu’est-ce que cette loyauté que tu lui prêtes si ce n’est un sentiment aussi puissant que celui qui me porte ?... En ce Maître que tu exècres tant, j’ai trouvé un père que beaucoup d’enfant des rues m’auraient enviés. ..En ce Black Fang que tu as rejeté, j’ai trouvé une famille… Une famille que j’ai protégé envers et contre tout …En cette famille, j’ai trouvé ce pourquoi je dois me battre. Ce pourquoi j’existe… Ce pour qui je suis…

Elle l’entendait, elle l’écoutait plus qu’elle ne l’avait jamais fait auparavant et à chacun de ses mots elle comprenait un peu plus sur lui, sa vie, ses convictions. Elle pouvait comprendre, elle pouvait accepter mais elle ne pouvait partager et aujourd’hui elle se sentait confortée dans son choix. Etrangement, ses mots la soulagèrent comme si durant des années, elle avait douté inconsciemment. Mais désormais, elle avait sa réponse.

- Maintenant Yue, fille des bois, fille des loups… Mon amie. Réponds-moi. Et si tes mots ne le peuvent alors que tes flèches le chantent.

D’un bond, un seul elle se présenta à lui, laissant à son tour tomber les masques. Pas de sourire narquois, pas de chaleur non plus. Elle n’était plus cette jeune fille des bois, naïve utilisant son charme innocent pour séduire et survivre. Yue était femme. L’ignorance avait laissé place à l’amertume de la connaissance, la naïveté à la manipulation. Yue avait appris à se connaitre et à se découvrir. C’est pourquoi, elle savait que chacune des paroles données, ne serait que pure vérité.

- Je ne voue ma vie à personne Crocs Pourpres. J’agis comme je l’entends et quand une chose va à l’encontre de mes convictions je pars. Tuer sans raison va à l’encontre de mes convictions, tuer avec raison mais de sang froid va à l’encontre de mes convictions, anticiper, calculer un meurtre va à l’encontre de mes convictions, ton monde va à l’encontre de mes convictions.

Et la grande différence entre son frère et lui c’est que son frère l’avait compris et jamais ne lui demanderait de tuer pour lui.

- Tu me penses ici pour une fillette dont le nom m’échappe encore, tu me pense ici peut être pour te tuer… sache que tu te trompes. Je ne suis que protection et amour envers ceux que j’aime. Et je comprends aujourd’hui que tu l’es aussi. Seulement, nos familles sont différentes.

Le regard de l’archère se ferma sur l’image de son frère. Même aujourd’hui alors que pour lui elle aurait pu tuer, il ne lui avait rien demandé de tel… Protéger leur fuite, gagner du temps pour que le plus grand nombre soient à l’abri. Ralentir l’ennemi…

- Notre éducation n’est pas la même Crocs Pourpres, nos valeurs non plus. J’ai été élevée pour ne dépendre de personne et pour respecter toutes vies. Toi tu ne peux le faire sans cette famille et tu acceptes tout pour elle. C’est honorable de ta part, je conçois qu’on puisse le voir ainsi.

Cependant, la vision de Yue bien qu’égoïste sur certain point allait plus loin. Chaque vie prise, chaque âme arrachée… Ne jamais faire aux autres ce que tu n’accepterais pas qu’on te fasse. L’empathie…

- Mais dis-moi, Crocs Pourpres… Si demain, ton Maitre faisait une chose que tu ne pouvais accepter, que ferais-tu? Continuerais-tu de le suivre aveuglément ? Car au final notre histoire se résume à ça… Notre capacité à tolérer les actes de ceux qu’on aime.

Yue rouvrit les yeux, ses pupilles flamboyaient d’une détermination à toutes épreuves. La compréhension lui avait donné la force, là où le doute la rendait hésitante. A l’instar des lames sorties de l’assassin, elle prit en main son arc et arma Terra.

***
Alors qu’il fuyait, la cohue bestiale se jetait sur son chemin, mordant déchirant ce qui était à portée. Pourtant l’homme ne ralentit pas, ignorant ces petites entailles futiles tranchant également ce qui passait à porté de lame. Les loups l’avaient laissé passé sans plus de résistance qu’une feuille devant une tempête. Et d’un bond dame Lotsan rejoignit le loup Rouge.

- Que faisons-nous Yue ?

- Combien de temps c’est écoulé ?

- Nous t’avons attendu facilement une dizaine de minutes depuis que la demoiselle a emprunté le passage. Elle sortira bientôt des souterrains.

- Le penses-tu capable de les rattraper.

- Non, du moins pas dans les souterrains mais à l’extérieur, je ne suis pas sure qu’il s’arrête aux remparts de la ville… il faudrait la mettre hors de portée de manière physique.

- Et ce crétin de beau frère qui n’est pas là quand on en a besoin… Je vais le poursuivre. Toi prend tes hommes et dispersez vous sur le domaine

- Que cherchons-nous ?

- Un pégase. Eliminez tous dangers potentiels pour un être volant et menez l’animal à Cassandra. L’humaine prendra soin d’elle j’en suis certain.

- Fait attention à toi, général ! Nous n’aimerions pas te perdre une seconde fois.

Le loup roux partit seul à la poursuite de l’assassin, il n’encaissait que mal les coups reçus et s’il n’écoutait que son instinct, il aurait depuis longtemps fait de sa mort une affaire personnelle. Mais Jaf était un dirigeant, il ne pouvait se laisser aller à ses envies égoïste car ce qu’il protégeait et défendait au point d’impliquer sa sœur sans remord, était plus grand que lui, plus grand que sa famille, plus grand que son amour pour Cassandra, il défendait une idée et de cette idée découlait la survie de tout un peuple, de tous les peuples.
Les loups et autres créatures s’évaporaient quant à elle part des interstices trop étroits pour tout humain. La caverne se recouvrant d’un silence presque malsain, le loup perçu facilement le bruit des pas de course du Beorc.
Roulant des épaules il se jeta sur l’humain toute gueule ouverte. Ses crocs flirtèrent avec sa gorge alors que l’humain gardait de la distance à la force de ses bras. Repoussant l’animal, il tailla de sa lame d’un mouvement circulaire que le loup esquiva de justesse. Tournant autour de sa proie, il se plaça habilement entre lui et sa dulcinée.

- Tu ne sortiras pas d’ici.

Nouvelle hurlement, l’ordre était simple. Enfermez nous.

La masse animale s’évertua à faire s’écrouler chacun des tunnels des bruits sourds se firent entendre de part et d’autre des combattants. Une tombe de roche venait de leur être creusée.

- Finalement, il n’y aura pas tant de vies prise que ça, aujourd’hui. En tout cas pas par toi.


Un rugissement, il se lança à l’assaut.
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MessageSujet: Re: La force de nos convictions [PV: Hélène, Jaffar, Llyr, Magus]   Mar 5 Mar - 22:44

En quelques instants les ruines de la bâtisse et les réminiscences de la garde des lieux s’éloignèrent. En quelques dixièmes de secondes le souffle puissant des ailes d’Ema s’atténua pour ne laisser place qu’à un doux frémissement tandis qu’elle se laissait porter par les courants de haute altitude. Aussi silencieux qu’une ombre, le redoutable duo laissa le calme des cieux et la beauté nocturne du paysage apaiser les palpitations légèrement accélérées de leurs deux cœurs jusqu’à retrouver ce parfait unisson qui les liait depuis toujours. Llyr inspira profondément tandis qu’en un grondement rauque Ema exhalait ce souffle emplissant leur poitrine. Elles étaient une, elles l’avaient toujours été et c’était cet union parfait qui leur avait jusqu’ici permit de triompher.

Revenant à la réalité, le Diamant Noir laissa de nouveau les tiraillements de ses blessures l’assaillir, ravivés par le souffle mordant du vent à cette hauteur. La chevalière pégase avait rivalisée d’adresse là où la force titanesque de la wyvern la désavantageait largement et les quatre adversaires s’étaient rendu coup pour coup jusqu’à ce que les crocs d’Ema ne happent à la volée les plumes blanches de l’étalon. Le fragile cartilage des ailes avait craqué horriblement tandis que les griffes de sa compagne avaient tracés de larges sillons sanglants sur la robe blanche. Au cri horrible de sa monture, aussitôt recouvert d’un rugissement triomphal, la femme avait perdu concentration et fierté et la lame du Diamant avait franchi sa garde, glissant avec une précision morbide entre les protections de cuir pour percer sous l’aisselle de ce bras tendu, celui qui tenait la lance. Le sang avait jailli tandis que le cri de la guerrière se joignait à ceux de son blanc compagnon, la lame argentée fouaillant la chair jusqu’à parvenir aux côtes. Le désespoir et le talent de son adversaire lui avaient alors permis de se dégager, d’un mouvement qui avait certes accentué leur douleur mais suffisamment vif et maîtrisé pour les éloigner des crocs et de la lame ensanglantés.

L’affrontement n’avait alors perduré que le temps de confirmer le repli du pégase, ce dernier refusant une nouvelle confrontation directe, et le Diamant Noir avait alors repris le cours de sa mission. Cependant, les restes du Croc Pourpre et de l’Ombre ne l’intéressaient guère et, si elle avait aperçu le tueur roux disparaître dans le sous-bois à la poursuite d’un quelconque adversaire, ses yeux n’avaient pu trouver trace de l’Ombre ou de leur proie. Aussi avait-elle décidé de prendre le recul nécessaire à la situation. L’odorat de sa compagne était capable de détecter la plus petite fragrance étrangère au champ de bataille tandis que sa propre vision, habituée à percer le secret des ténèbres, égalait celle des plus féroces rapaces nocturnes. L’heure n’était cependant pas à la chasse, pas encore tout du moins.

Tandis qu’Ema stabilisait son vol, sa cavalière libérait ses jambes des sangles de la selle pour se pencher sur les sacoches y pendant. Portant un doigt à sa bouche, elle en ôta le gant de monte noir, tirant sur le cuir à l’aide de ses dents pour ensuite récupérer dans le bagage un petit pot de terre cuite solidement scellé. Le froid environnant engourdissant rapidement ses doigts elle ne tarda pas à l’ouvrir, libérant l’odeur familière et nauséabonde de l’onguent. Une rumeur voulait que les médicaments les plus efficaces étaient ceux dont l’odeur se voulait la plus écœurante possible, et Llyr avait pu constater sa véracité plus d’une fois.

Repliant ses jambes sous elle, la cavalière voulut se laisser glisser le long du long corps écailleux mais la bête remua soudain en poussant un grondement sourd. Hors de question de se laisser dorloter quand le sang de son âme sœur s’écoulait toujours. Obéissant donc à l’injonction bestiale, Llyr plongea les doigts dans la mixture infecte avant de lentement l’étaler, les dents serrées, là où l’acier de la monteuse de poney avait tranché. Une longue estafilade mais peu profonde sur toute l’étendue du bras droit, une écorchure sur la joue, un hématome impressionnant dont la taille ne cessait de croître sur la jambe que les sabots de l’étalon volant avaient heurtés – il lui faudrait la laisser au repos quelques temps après la fin de cette mission – et, bien plus grave, un trou large de deux pouce sur le flanc, attaque presque fatale que le cuir de l’armure avait heureusement dévié de justesse. Usant d’un bandage de fortune sur cette dernière afin de réduire l’hémorragie, Llyr s’assura qu’elle n’était pas blessée ailleurs avant de s’occuper de sa wyvern. Sans écouter les tiraillements de sa chair meurtrie, la lancière parcourut avec l’agilité d’un singe la quasi-totalité du large corps sans omettre une seule écaille, accordant plus de temps à chaque égratignure qu’elle n’en avait passée sur ses propres blessures, étalant l’onguent avec délicatesse mais fermeté. Ema ne broncha pas une seule fois. Lorsqu’enfin sa besogne fut terminée, l’un des trois pots qu’elle avait emmené était vide. Elle se remit en selle sans un mot, rangea son matériel, remit son gant, attrapa sa lance et agrippa de nouveau les sangles. Un dernier regard sur les blessures qu’elle avait traitée et d’un doigt presque invisible au cœur de la nuit, elle remonta le col de son vêtement jusque sur son nez en un masque protecteur alors que son regard plongeait au cœur de la nuit. Il était temps de se mettre en chasse !


***

Virevoltant, l’Ombre sentit la masse de fourrure et de croc le frôler de près sans pourtant le toucher. Les deux adversaires atterrirent souplement mais le tueur fut plus rapide et le couteau quitta ses mains en sifflant. La lame ne rencontra cependant que le sol pour y rester fiché tandis qu’en un éclair roux, le loup bondissait en rugissant. Les crocs claquèrent une fois, deux fois. A la troisième l’assassin saisit sa chance et frappa l’animal en plein flanc afin de s’en éloigner. Le Laguz s’était malgré tout replié en arrière d’un saut, atténuant le choc et en réchappant sans le moindre mal. Les pieds chaussés de noir du Marqué n’émirent aucun son lorsque ce dernier plongea vers sa lame fichée en terre pour tenter de poignarder la bête alors que celle-ci attaquait de nouveau.

Ils luttaient ainsi depuis quelques seconde seulement mais déjà, les rares doute subsistant quant à la force de l’un comme de l’autre s’étaient estompés. Ils se valaient. Mais si l’un n’était que force et sauvagerie brute, l’autre se distinguait par une agilité et une précision sans faille. Chacun des coups de l’assassin était minutieusement calculé et l’on aurait dit que ses mouvements n’étaient qu’une chorégraphie longuement préparée à l’avance. Le loup quant à lui vivait le combat instant par instant, n’anticipant que le nécessaire à sa survie, mordant pour tuer, griffant pour blesser.

Se percutant avec brutalité, les deux adversaires roulèrent au sol, l’Ombre emporté par le poids de son ennemi coincé sous ce dernier. Les crocs mortels luisirent tandis que l’acier sifflait. Un crissement atroce s’éleva alors que les dents d’ivoire se refermaient sur la lame levée en bouclier. Les muscles contractés par l’effort, l’assassin força pour libérer son arme, l’haleine farouche du fauve le frappant au rythme des halètements de la bête. Les griffes fermement enfoncées dans le tissu matelassé de l’homme en noir, les pattes immobilisant les jambes et l’autre bras de l’homme se débattant sous lui, le loup imprima une torsion à son cou, cherchant à arracher la lame empoisonnée des mains de son agresseur. Une brutale secousse du Marqué libéra cependant une jambe au prix d’une coupure bénigne, un membre bien suffisant à lui seul pour que le talon des chausses du tueur ne frappe violemment la jambe arquée du Laguz, manquant fracasser net l’os. Le loup retint le jappement de douleur que lui inspirait cet acte au risque de se voir le gosier tranché. Quelques secondes supplémentaires le convainquirent de battre en retraite lorsque l’humain, libérant son bras, lui empoigna la peau du cou à pleine main.

Un râle sourd dans la poitrine, l’animal et l’assassin se dévisagèrent en chien de faïence quelques instants, tournant lentement autour d’une longue stalagmite derrière laquelle l’assassin avait cru bon se replier.

- Où est passé ta superbe, mon toutou ? Aboierais-tu plus fort que tu ne mords ?

Un couteau siffla et se perdit dans les ténèbres quand le loup glissa au sol. Se redressant avec prestance, l’animal émit un grondement menaçant lorsque son flair lui indiqua que le tueur se trouvait désormais au sommet de son ancien abri. Une distance loin d’être infranchissable mais qui le placerait en position de faiblesse s’il tentait un saut. Effectuant les cent pas à une distance raisonnable, les poils du dos hérissés par la fureur, l’animal surprit juste à temps l’étincelle glacée de l’acier. Deux autres lames ricochèrent avec précision sur le sol rocailleux tandis qu’il reculait pour se perdre dans les ténèbres.

Une moue d’ennui pointa sous le masque sombre de l’Ombre tandis qu’il tentait de trouver une position plus confortable sur son pic.

*Bon… Et maintenant ?*

Il ne pouvait pas rester là indéfiniment, coincé par un sale clébard. S’il activait son sens de la vie, il percevait très clairement la présence tapie de son adversaire, sans parler de toutes les saloperies qui se recroquevillaient dans les murs et le plafond. Rien à craindre en tout cas de ce côté aucun ne bougerait. Il avait prouvé être capable de se défendre et l’obliger à fuir dans la cave en exécutant quiconque l’approchait n’était pas la meilleure stratégie que le loup pouvait adopter s’il voulait l’éliminer. Jonglant négligemment avec un couteau, l’assassin changea de position afin d’éviter une crampe. Oh il aurait très bien pu descendre et reprendre le combat mais ne s’en sentait pas l’envie. Le loup exécuta un début de mouvement, le couteau siffla sans attendre et se ficha dans un repli de la roche, pile là où se trouvait la bête un peu auparavant. Il n’attendrait pas d’être à court de couteaux, mais taquiner le bestiau quelques temps l’amusait singulièrement. Une nouvelle lame siffla arrachant un grondement sourd aux profondeurs de la grotte.

***

La sueur emperlant ses bras et son dos se refroidissait lentement sous le souffle frais de la nuit. Loin de la chaleur des combats et du brasier, le corps du Croc Pourpre semblait reprendre lentement conscience du monde qui les entourait. Le bruissement des feuilles dans le vent, le craquement d’une brindille brisée dans le sous-bois et le silence. Un silence de mort. Le calme avant la tempête.
- Tu sous-estimes l’amour que je porte à ma famille.

Amour. Ce mot sonnait étrangement dans sa bouche comme dans son esprit. Pouvait-il qualifier d’amour ce qu’il ressentait envers les membres du Black Fang malgré le temps passé à leur côté ?
- Autrefois… Avant que nous n’en arrivions là. Le Black Fang était puissant. Sombre, mystérieux, redoutable. De nombreux ennemis nous traquaient, mais nous savions comment leur échapper. Et toujours notre justice portait ses fruits. Les peuples sous notre protection ne craignaient ni les abus de pouvoir, ni les brigands, ni la guerre.

Cette histoire il la connaissait. Cette histoire il l’avait vue de ses propres yeux et vécue de sa propre chair. De simple enfant naïf en passant par l’adolescent taciturne pour enfin devenir l’un des hommes les plus respecté de son clan. Car il s’agissait bien d’un clan. Les forts protégeaient les faibles, et bien qu’il ignora l’identité de la majorité des hommes l’épaulant pas un ne rompait les rangs lorsque le danger menaçait.
- Tu peux me croire naïf, ou même idiot… Mais même un idiot sait reconnaître la déchéance et la corruption.

Il avait vu le Fang se bouleverser à la mort « accidentelle » de Brendan Reed. Lors, les vautours et les ombres cachées de l’organisation s’étaient levés. Fini la justice et le clan, seul comptait le pouvoir et la luxure des plus puissants. Oh il lui avait fallu du temps… Un temps incalculable à lui comme à Nino pour se rendre compte que leur seule famille ne l’était plus.
- Que ferais-je si mon Maître, si celui qui m’a élevé se révélait l’égal de ceux que le pouvoir aveugle ? De ceux que la folie des grandeurs corrompt ?

Son regard était froid et dur, dépourvu de la moindre humanité, reflet abyssal du pire des cauchemars. Sa voix cependant… Sa voix était emplie d’une passion à nulle autre pareille où se mêlaient la rage, le courage et la détermination. Jaffar n’était pas ce sbire dévoué que tous pouvaient observer, celui-ci n’était que le Croc Pourpre, le bourreau sans âme dont les lames ruisselaient du sang de ses victimes. Jaffar était le Black Fang dans sa plus pure forme, le porteur de son idéalisme et de ses croyances. Un fanatique auraient dit certains, mais un fanatique que le mensonge ne trompait pas.
- Je le briserai. Je le briserai comme j’ai brisés tous ceux qui menaçaient ma famille. Père, frères… Il ne s’agit pas de liens du sang, mais d’une même foi que nous portons tous. Je détruirai cette famille… Je la détruirai à nouveau s’il le fallait. Pour la protéger et la rebâtir de mes mains… Pour que le Black Fang vive !

Ses doigts étaient si fermement crispés autour de la garde de ses lames que les jointures en étaient blanches, étrange contraste sur cette peau hâlée.
- Je ne tue pas sans raison. Jamais. J’ai fait des erreurs, j’ai agi avec la hâte et la précipitation des novices désireux de faire leurs preuves. Cela ne sera plus.

Reprenant lentement son souffle alors que son amie armait son arc, Jaffar laissa sa voix reprendre ce ton monocorde qu’il possédait depuis toujours. Ses yeux fixèrent Yue, mais cette fois son regard mort ne la transperça pas. Il la contemplait, comme elle était aujourd’hui. Une adversaire. Une ancienne alliée. Ni traître, ni ennemie. Un obstacle à ses objectifs.
- Richard Dickens n’était pas qu’un simple bourgeois refusant de commercer avec le Fang. Sa soudaine fortune ne lui est pas venue de son talent inopiné pour le marchandage, ni de son mariage ou d’un quelconque moyen banal. En remontant la piste, j’ai découvert que plusieurs de ses filiales reposaient pour l’essentiel sur les profits de nombreuses activités criminelles. Esclavagisme pour la plupart, sous couvert d’une bonne commission la « marchandise » transitait dans les cales des navires ou dans les caravanes estampillés Dickens.

Depuis la dernière fois il avait mené ses propres recherches. L’histoire qui lui avait valu de perdre l’amitié de Yue l’avait profondément bouleversée. Le Black Fang terrorisait les marchands véreux, les forçaient à fermer ou à se ranger, mais ne tuait pas d’innocents bourgeois sans raison.
- A la mort de Dickens, ses principaux partenaires n’ont eu d’autres choix que d’utiliser des moyens nettement moins discrets et nombre d’entre eux ont rapidement été localisés par le Fang ou les autorités.

Ses lames glissèrent en chuintant de leur étui, luisantes de poison. D’un moulinet souple il fouetta l’air avant de refermer sa poigne de fer sur le manche.
- La fille… Aurait peut-être pu vivre. Elle est intelligente. Surement plus que moi à son âge. Sa seule erreur a été de recontacter l’un des anciens partenaires de son père. Le réseau se remet en place lentement, mais trop rapidement pour la force réduite de notre organisation.

Armant sa position, le Croc Pourpre se plaça de profil de sorte que seul son œil mort contemple le visage blafard de l’archère.
- Voilà pourquoi nous nous affrontons. Voilà pourquoi les Dickens doivent disparaître. Traite moi comme tu le veux, pense ce que tu veux. Je suis Jaffar, fils de l’ombre et le Croc Pourpre des quatre Fang. Que cette nuit voit naître et périr le dernier de nos affrontements.

***

Un râle rauque roula au creux de la gorge écailleuse. Le Diamant Noir se redressa sur sa selle et observa. Elle observa et elle vit. Des formes souples et indistinctes, filant sous le clair de lune avec la discrétion des prédateurs de leur acabit. Des loups. Certains n’étaient que des bêtes normales mais les autres… Oui les autres étaient si vifs et si légers qu’on les distinguait à peine, mais leur carrure massive ne laissait aucun doute quant à leur appartenance. Des Laguz en ces lieux perdus…

En un long plongeon silencieux, la wyvern se mit à survoler le bois. La lance toujours au dos, Llyr essayait de comprendre. Les bêtes semblaient avoir émergées de la pénombre, comme nées de la nuit elle-même or, à moins d’une ignoble magie cela était impossible. Suivant tant bien que mal les tracés des différents petits groupes, la lancière nota que ces derniers se répartissaient de façon à couvrir la plus large aire autour d’un point unique : le manoir. Ils cherchaient quelque chose, c’était certain.

Leur présence ne pourrait pas passer inaperçu plus longtemps, à si haute altitude elles étaient trop visible, il fallait se décider ! Parcourant d’un regard panoramique les environs, la jeune femme enregistra chaque détail : le manoir détruit où règnerait bientôt un silence de mort, les derniers sbires du Fang qui se répartissaient lentement dans la forêt, le Croc Pourpre face à son propre adversaire – L’Ombre manquait à l’appel – les loups qui cavalaient par petits groupes et… Son regard se braqua, se fixa tentant de percer la pénombre alors qu’Ema humait l’air. Aucun sourire triomphal n’orna les lèvres pâles lorsque la wyvern plongea à une allure vertigineuse. Les doigts gantés de la chevalière masquée se posèrent sur le manche froid de sa lance tandis que ses yeux d’améthystes, où ne perçait aucune larme, s’accrochaient et fixaient cet unique point. Ce petit groupe de trois personnes qui courait vers la ville toute proche, et pourtant si loin à travers cette marée d’arbres… Deux adultes… Et une enfant.

Les ailes de la wyvern se déployèrent en soufflant et l’immense lézard rasa la cime des arbres. Son ombre était si proche qu’elle ne pourrait la trahir, le vent de leur course chassait l’odeur féroce du prédateur immense et silencieux. Deux loups ne tarderaient pas à atteindre leur proie s’ils poursuivaient. Ema ralentit très légèrement, juste de quoi laisser les deux bêtes atteindre une petite clairière, et la bête plongea. Le premier ne put réagir alors que quatre pattes immenses le saisissaient, le broyaient sans un son. L’autre glapit, voulut bondir vers le sous-bois et ne reçut pour toute récompense qu’un coup de lance en travers de l’échine, le fer redoutable perçant sa poitrine décharnée. Sa carcasse s’écrasa sans autre son sur le sol moussu tandis que le dragon reprenait de la hauteur, lâchant sa précieuse victime à travers les sombres frondaisons.

L’adrénaline faisait palpiter son cœur, accroissait l’énergie d’Ema. A quelques mètres de sa proie, le fer luisit, écarlate dans la lumière glacée de la lune. Et sans un son autre que celui des branches fracassées, la wyvern plongea.
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MessageSujet: Re: La force de nos convictions [PV: Hélène, Jaffar, Llyr, Magus]   Jeu 2 Mai - 15:43


J’ai mal… j’ai froid… Mon genou écorché me fait souffrir à chacun de mes pas. Les murs humides et les ténèbres me glacent le sang. Mais le pire… ce sont les cris au loin. Je ne les entends pas mais je les devine, les imagine. Pourtant je sais que chacun d’entre eux mérite surement la mort qui les attend, je sais que Sebastian ne les a sortis de leur prison que pour les sacrifier aux assassins. « Gagnez votre liberté ! » avait-il clamé alors qu’il les habillait en garde et les dispersait dans la demeure. « Si vous survivez aujourd’hui demain n’appartiendra qu’à vous »… Cassandra n’avait jamais pensé son majordome aussi manipulateur et aussi cruel. Il les avait sacrifié sans le moindre remord, sans la moindre hésitation et moi… je l’ai laissé faire.
Je suis resté silencieuse alors que je voyais ces hommes enthousiastes courir à leur perte. Je suis restée muette quand Yue à proposé de ramener sa sœur pour occuper l’un des assassins. Je suis restée de marbre alors que ceux qui m’entouraient, sacrifiaient leur valeur, leur force à ma survie. Mais qu’aurais-je pu faire, je ne veux pas mourir… Je suis trop jeune, bien trop jeune pour juste dire adieu à la vie…

- Cassandra, j’aperçois la sortie Sebastian nous a précédé, nous laisserons bientôt tout cela derrière nous !


Je lui tendis la main alors que mes pensées se tournaient vers le « derrière » en question… Yue emplissait mes pensées… ce gamin insolent et grossier qui avait pourtant su si bien s’occuper de moi.

*Ne meurs pas mon ami…*

***
Yue savait qu’il n’aurait jamais le dessus sur son adversaire, il connaissait sa force, mais il connaissait encore mieux ses faiblesses bien que souvent il les ignorait et fonçait dans le tas…Cependant, aujourd’hui, cette nuit il ne pouvait se permettre de perdre. Cassandra lui avait fait promettre de revenir en vie, il ne trahirait jamais une promesse faite à celle qu’il aime. Alors le loup se contentait d’esquiver une attaque de temps à autre pour entretenir un combat auquel il ne se laissait pas aller. Il devait endormir, distraire son adversaire, le ralentir pour lui permettre de fuir. Chaque risque était mesuré, calculé. Si la puissance du loup était prisonnière de sa raison, sa réflexion quant à elle, allait bon vent. Il pouvait anticiper les attaques de son adversaire et ainsi esquiver les lames empoisonnées.

- Maitre Yue !

Le loup détourna son regard sur une forme à peine perceptible de petit rongeur. L’animal un peu haletant remuait dans tous les sens alors que le Laguz lui prêtait une oreille attentive ne baissant pas le moins du monde sa garde.

- La fille est sortie.

- Détruisez tout !

Yue sans plus une seconde se mit à courir dans une direction opposée à celle de son adversaire alors qu’un grondement sourd s’élevait dans la grotte. Une stalagmite s’écroula à sa droite, il n’essaya pas de l’esquiver, il n’avait qu’un objectif alors que ces amis fidèle s’évertuait à enterrer cette épines dans le pied du loup. Il devait rejoindre le lac souterrain.
Un craquement au dessus de lui le prévint que la grotte venait de céder. Il plongea dans l’eau.

***
Yue riait intérieurement alors que son vis-à-vis très sérieusement lui expliquait le pourquoi du comment avec une fermeté et des convictions qu’elle ne lui connaissait pas. Pourtant, chacune de ces phrases entrainaient chez la jeune femme une hilarité retenue.

- Juste pour savoir avant qu’on se mette sauvagement sur la gueule mon cher Jaffar, fils de l’ombre et le Croc Pourpre des quatre Fang, tu n’as jamais essayé de simplement…lui expliquer. Tu sais, cette action qui amène deux personnes à s’assoir autour d’une table et à discuter ? Je dis ça… je dis ça mais n’aurait-il pas été plus simple et plus humain de venir la voir, alors pas toi vu que tu as massacré ses parents et tous ce qui faisait son identité, mais un mec de chez vous, qu’il vienne lui explique la situation et lui demande son aide pour débusquer les « criminels ».

Elle laissa un temps de pause, un silence lourd de sens où chacun se préparait au massacre.

- Après tout tu l’as dit, elle est intelligente, et même si elle ne t’avait pas cru, elle aurait vérifié par elle-même. Parfois il suffit de planter une graine pour voir naitre un arbre. Ainsi, au lieu de tuer une innocente, soit tu te créais un allier car il comprendra ton point de vue et t’aidera, soit tu tueras un criminel car il comprendra mais décidera de ne rien faire.

Yue armait tranquillement son arc s’agitant toujours dans tous les sens et faisant de grands gestes explicites comme si taper du poing sur un tronc allait l’aider à assoir ses arguments, leur donner de l’impact.

- Tu peux me croire naïve, ou même idiote… Mais même un idiot sait reconnaître la déchéance. Laisser le choix aux gens, leur laisser leur libre arbitre… C’est quelque chose que vous ne comprenez pas chez vous, vous décidez pour eux et vous vous en excusez car c’est pour le bien commun... Mais au final, vous n’êtes que des tyrans, élevant des chiens trop jeunes pour penser par eux même, et trop programmé pour essayer.

La jeune femme s’immobilisa et son regard perçant se posa sur le Croc Pourpre.

- Dis moi Jaffar, après avoir exprimé haut et fort la possibilité de mordre la main qui te nourrit, d’après toi que va-t-il se passer ? Vont-ils tuer le chien savant se révélant une menace ou vont-ils faire de toi un alpha mâle qui engendra à son tour sa ribambelle de chiots sacrifiables ?

Yue libéra Mars laissant sa déflagration explosive s’abattre sur son adversaire. La flèche rougeoyante s’enflamma dans sa course, le frottement de l’air sur sa matière si particulière créant la seule étincelle dont elle avait besoin. L’assassin fondit sur elle esquivant lestement le tir. Il se déplaçait dans le vent avec fluidité. Il plongea à sa droite, lame en main et prit une impulsion sur l’écorce d’un tronc fondant sur elle comme un rapace sur sa proie. L’archère le sentit arriver plus qu’elle ne le vit et se jeta en avant au sol roulant habilement pour l’esquiver mais Jaffar possédait cette force que peu d’homme avait et malgré la vitesse et l’impulsion de son attaque, il n’eut aucun mal à se retourner et frapper l’albinos à la gorge du tranchant de ses lames. Cependant, Yue le connaissait et le réceptionna un genou levé en signe de protection. La lame caressa sa gorge sans l’ouvrir. Yue repoussa le Croc Pourpre et se retourna. L’explosion retentit dans le sous bois à une centaine de mètre de sa position. La déflagration enflamma les arbres et ceux directement touchés jonchaient le sol en de centaine de morceaux, copeaux, branches entières,… un sourire se dessina sur le visage de la demoiselle.
Se relevant et tournant le dos au Croc Pourpre. Elle joignit sa position et celle de l’explosion en un instant. Sa course n’avait rien de comparable avec celle de l’homme de l’ombre. Si la sienne était légère, fluide et silencieuse, celle de l’albinos était explosive, sans fioriture.
Elle s’arrêta au milieu de la terre dévastée, les flammes se reflétant dans ces yeux, sur sa peau et s’arma de la nature.

- Il est tellement simple de recruter un pauvre gamin des rues sans repère et de lui faire croire ce que l’on souhaite de le modeler à sa façon… Mais cher Maitre même si je ne gagne pas ce combat, j’ai déjà gagner le notre.

***
La louve rasait le sol se concentrant sur une odeur qu’elle ne connaissait pas. Autour d’elle, les canins veillaient aux grains scannant la zone de leur yeux aguerris. Une odeur de cheval et de sang, voilà ce que cherchait la jeune femme.

- Dame Lotsan vous avez besoin d’aide ?

- Rah… Je ne me fais pas aux odeurs humaine… c’est vraiment désagréable.

- Mais on pourrait demander aux autres animaux, non ?

- Hors de question jamais une louve demandera de l’aide à des rongeurs…

- On n’a pas le temps pour ça…


La terre trembla sous leurs pieds alors que la terre s’effondrait derrière eux. Pris de panique, la petite meute se mit à courir échappant à l’effondrement des arbres, aux sols mouvants en bondissant d’arbre en arbre. Ça ne dura que quelques secondes mais les dégâts furent monumentaux.

- Ce petit con de cousin à vraiment fait s’écrouler la grotte… faut être timbré…

Mais la forêt s’était affaissée de telle sorte que les yeux d’un des loups se perdit sur une forme étrange au loin.

- C’est pas un cheval volant là-bas ?

Dame Lotsan se concentraet repartit de plus belle. Alors qu’ils se rapprochaient, ils distinguaient la forme inconnue. C’était effectivement un cheval avec des ailes qui se débattait avec force contre sa bride coincée sous un arbre. Sa robe était en sang, et il semblait paniqué… Doucement Dame Lotsan s’approcha sous forme humaine.

- Salut le quadrupède, je ne veux pas te faire du mal mais faut que tu te calmes ! Je vais te libérer.

La louve reprit sa forme animale et poussa le tronc abattu à la force de son corps. Plus loin, ses hommes trouvèrent le corps inanimé d’une jeune femme. Sa tête avait heurté un arbre, elle était blessée, elle saignait. A peine libéré de ces liens, l’animal se débattit comme un beau diable alors que les coups de sabots fusaient. Il rejoint en quelques embardés sa maitresse dégageant d’un violent coup de museau le loup à ses cotés.

- Tout doux mon mignon. On ne te veut pas de mal… Laisse nous t’aider et comprend bien qu’on ne le fera pas gratuitement. Cependant, je te donnerais l’occasion de te venger du monstre qui vous a fait ça.

Le cheval sembla la comprendre mais il ne s’écarta que peu, obligeant la louve à abandonner ses défenses pour venir soigner la Beorc. Lotsan n’hésita pas.

***
La lumière est éblouissante, j’ai mal aux yeux. A peine je sors que le souffle des entrailles de la terre m’avertit que je ne peux plus reculer. Je vois le village au loin, Bernard me guide. J’avance sans pour autant y penser, mon corps s’active, je respire. Je vis. Pourtant, je ne sais pas pourquoi… j’ai l’impression que le temps s’arrête que toute ma vie défile devant mes yeux. Mon cher Rufus quand il tenait encore dans le creux de mes bras, mes parents aimant, mes amies, ma gouvernante, leur mort, le démon… Bernard, Sebastian, Gally, Moneta, April et surtout Yue, Yue, et Yue.
Alors c’est ça que l’on ressent avant de mourir… c’est presque agréable de savoir que ma dernière pensée sera celle de celui que j’aime.

- Cassandra !

Bernard se jette sur moi alors que des serres gigantesques se referment sur son dos déchirant sa chair avec violence alors que l’ombre démesurée reprend de la hauteur. Une wyverne. Sebastian m’en avait parlé mais c’était la première fois que je me trouvais face au monstre, à son haleine fétide, à son présage de mort. Sebastian est à terre, du sang coule de son épaule… J’ai peur.

- N’ayez crainte mademoiselle, je donnerais ma vie pour vous protéger !

Je pleure, mais pourquoi je pleure. J’ai peur, je suis émue… un peu des deux … je ne sais pas, je ne sais plus. Je voudrais fermer les yeux et tout oublier.

- Relevez-vous tous les deux et avancez. Je m’occupe du Lézard et de sa charmante monteuse.

Sebastian avait un livre à la main qu’il gardait contre sa cuisse le cachant aux yeux de l’assassine. Sa voix devint rauque, ses paroles incompréhensibles et alors que Bernard me saisissait et m’obliger à fuir, le ciel s’assombrit.

- Thunder Blade !

La foudre frappa… La pluie se mit à tomber.

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MessageSujet: Re: La force de nos convictions [PV: Hélène, Jaffar, Llyr, Magus]   Mer 24 Juil - 19:42

Un grondement tonitruant, plus puissant que celui roulant au sein de la wyvern, plus dangereux également. Les cieux s’illuminèrent un bref instant avant que, crevant la couche de nuages noirs, ne descende le jugement céleste. Un éclair blanc et brûlant qui sans ce lien particulier les unissant toutes deux, les auraient purement et simplement carbonisées. Fort heureusement, la foudre ne fit que les frôler, effleurant la chair rose de l’humaine et les écailles grises du monstre de ce même souffle brûlant. Llyr ferma les yeux un bref instant tandis que l’aveuglante flèche fonçait vers le sol… Et bifurquait pour les prendre à revers. De la magie.

Ema grogna sa désapprobation tandis que Llyr se mordillait imperceptiblement la lèvre sous son masque. Voilà qui n’annonçait rien de bon. Aucun magicien n’avait été prévu au programme mais, à bien y réfléchir, des trois protecteurs de leur cible ils n’avaient pu se renseigner que sur deux d’entre eux : l’ancien garde du corps de Dickens et le Loup que la cible semblait avoir pris sous son aile en tant que domestique et soldat. Du dernier, ils n’avaient pu trouver que son nom : Sébastian. Pas de nom de famille, comme si celui-ci n’avait jamais existé… Au moins maintenant pouvaient-ils aisément deviner quel genre d’armes il utilisait.

Ema déploya ses larges ailes afin de reprendre de l’altitude tandis que Llyr pesait de tout son poids sur le côté droit de la selle. La pesante carrure de la wyvern s’inclina quelques secondes avant l’impact et la bête replia ses ailes, plongeant de justesse tandis que la foudre la frôlait à nouveau. Le vent siffla aux oreilles de la cavalière tandis qu’elle rengainait sa lance, il allait leur falloir jouer serrer. La cible avait beau être encore à une certaine distance des remparts de la ville, la capturer avant tout en étant pourchassé par quelque espèce de magie infernale n’allait pas être simple. Un bref regard en arrière lui indiqua que le sortilège la traquait inlassablement mais elle ne se faisait pas de soucis. Lorsqu’Ema et elle volaient, il n’était aucune magie qui pouvait les arrêter. L’imposant reptile survola la localisation actuelle de leur cible avant d’effectuer un tonneau à pleine vitesse, échappant une fois de plus à l‘impact. Elles plongèrent à pleine vitesse vers la cible mais le sort leur barra la route et seul un rétablissement de dernière minute alliée à une pirouette aérienne les sauva. La suite ne fut que figures aériennes et cascades plus imprévisibles les unes que les autres. Llyr avait fermé les yeux, elle se fiait en Ema, n’avait besoin que de sentir la tension de ses muscles, d’entendre le grésillement de la foudre et son corps répondait automatiquement. La difficulté se corsa lorsque l’éclair gigantesque se scinda en plusieurs plus petit, cherchant à les encercler, à bloquer le gigantesque prédateur. Mais dans le ciel, même une créature de la taille d’Ema n’était qu’un point minuscule et il y avait toujours une voie d’échappatoire qu’un mage bloqué au sol ne pouvait apercevoir. Les éclairs les frôlaient, brûlaient parfois une écaille ou une parcelle de peau, coupaient un cheveu ou roussissaient la fine membrane des ailes, faisaient couler le sang et gronder la bête mais aucun coup fatal ne fut porté.



La situation était toutefois critique. Le mage maîtrisait son art plus qu’elle n’aurait voulu l’admettre. Sans espoir de retourner trop près du sol sans être foudroyées, les deux compagnes ne pouvaient ni capturer leur proie, ni se débarrasser du mage. Elles s’épuisaient à fuir, coordonnant leurs pensées alors que toujours la mort et la douleur les talonnaient, les frôlaient. Toutefois, la lancière ne s’en faisait pas. Il y avait quelque chose qu’on lui avait appris lorsqu’elle s’entrainait avec le Fang, c’est qu’une ombre pouvait en cacher bien plus que ne le pensaient leur proies.

Elle avait oublié un autre de ces adages cependant, plus fiable et avéré. En combat, l’espoir était vain si le talent ne suivait pas. Un éclair zébra le ventre de la dragonne dont le rugissement surprit sa compagne. Le temps d’identifier l’origine et l’ampleur de la blessure il était trop tard. Cette bref faille dans leur attention à toutes deux suffit à refermer le piège. Un enfer brûlant et rugissant s’abattit sur le couple dans un fracas de tonnerre.


***

Un bref instant il les vit vaciller, hésiter devant son contrepied puis plonger droit dans le piège. Le mage sourit alors que son poing se refermait brutalement et que l’orage s’abattait.
- Salut mon mignon.

Un souffle sur sa nuque. Il entraperçut une forme du coin de l’œil, anticipa le mouvement et bondit vers l’arrière avant de sentir la délicate application d’un poing crispé juste sous son œil gauche. Le coup ne l’amocha que peu... Il n’en était que plus insultant. En face de lui se trouvait un homme entièrement vêtu de noir dont le bandeau frontal avait dû se perdre dans l’affrontement, libérant ses cheveux d’un blanc éclatant. Un sourire narquois aux dents blanches était planté sur sa peau mate juste au-dessous de deux yeux vairons. A sa ceinture trônaient deux dagues aux fourreaux d’ébène. Le mage leva les yeux vers le ciel, limpide et dépourvu de la moindre wyvern. Son regard retomba vers l’odieux personnage qui l’avait interrompu dans son exécution.

Kratos s’étira tel un chat sans pour autant se départir de son air provoquant. Il était épuisé. Le corps de brume était une technique redoutable au même titre que les ténèbres mais toutes deux demandaient bien trop de sacrifices… Et traverser un pan entier de roche n’avait rien arrangé. Putain de loup, putain de mission, putain de saloperies de bestioles. La cramer qu’il faudrait cette putain de forêt ! Nul doute qu’à l’heure actuelle il n’était pas apte à crapahuter à travers la toile électrique qu’il avait interrompue mais il n’était pas d’humeur à mourir non plus. Il allait falloir être un poil subtil dans cette mission de bourrins.

- Joli boulot votre petit feu d’artifice. Dommage qu’il vise l’un de mes collègues j’en aurais bien profité jusqu’au bout.

Ce disant, l’assassin sortit sa pipe et entreprit de la bourrer de tabac avant de l’allumer et de prendre une bouffée. Sainte Déesse que ça faisait du bien !
- Vous m’aviez vu  venir hein. C’est pour ça que vous n’avez qu’un tout petit bleu de rien du tout. Parce que vous attendiez surement le dernier moment, ce moment où vous seriez sûr de ne pas être blessé et presque sûr d’avoir réglé le compte de ce petit moineau là-haut.

Il pointa le ciel où s’était déchainé l’enfer un instant auparavant sans pour autant quitter l’homme des yeux. Pas question de se laisser surprendre si l’homme mystère voulait lui faire un petit show. Quelques ronds de fumée s’élevèrent dans l’air tandis qu’il reprenait.
- Dommage que l’oiseau soit plus vif que ce que vous espériez. Enfin, c’est pour ça qu’on l’a engagée je suppose.

Il fit quelques pas sur le côté, triturant le manche de l’une des dagues du bout des doigts. Son sourire ne le quittait pas mais c’était tout ce qu’il avait pour masquer sa souffrance. Ses muscles lui hurlaient de s’asseoir et de se reposer mais il ne pouvait baisser sa garde. Il fallait que l’adrénaline et le tabac le maintiennent en place ou il avait presque toutes les chances du monde de mourir.
- Alors pourquoi, sachant quel adversaire j’avais en face de moi… Quel homme capable d’un timing si parfait se trouvait en travers de ma route, pourquoi n’ai-je simplement pas cherché à vous tuer ? Vous empoisonner ? C’est une question logique de la part d’un homme tel que vous.

Il avait l’impression que son genou tremblait de façon incontrôlable, ou peut-être était-ce son imagination ?
*Parce que j’en aurais été incapable…*
- Tout simplement parce que vous m’intriguez… Sébastian c’est cela ? Des occupants de la demeure, gardes –ou devrais-je dire prisonniers, meurtriers et violeurs- domestiques, dirigeants… Même le loup ! Nous savons tout d’eux, nous avons tout appris. Mais vous Sébastian, vous…


Il tapota la pipe contre une souche morte afin d’en faire choir la braise et l’écrasa sous son pied. L’instrument disparut tout simplement dans ses vêtements alors qu’il reprenait. Son sourire avait disparu.
- Vous n’existez pas. Aux yeux des hommes comme du Fang, vous êtes un mystère… Et j’adore ça.

Sa main se referma sur le manche de sa lame tandis qu’il passait le bout de sa langue sur le coin de ses lèvres. Une lueur de folie et de joie brilla dans ses yeux disparates pour s’éteindre aussitôt.
- Qui êtes-vous Sébastian ?

***

Les flammes léchaient le bois avec avidité. Il n’avait pas plu depuis quelques jours et la forêt constituait un allume-feu des plus impeccablement secs. Il ne s’agissait pour l’instant que de quelques flammèches éparses provoquées par l’explosion de Mars mais sous peu, l’air allait s’emplir de cendres et de braises ardentes et l’incendie se déclarerait de façon plus violente. L’air deviendrait moins respirable et les deux combattants se retrouveraient piégés au centre d’un dédale de flammes si leur petit différent n’était pas alors réglé.

Jaffar inspira à fond avant de charger. Pas de subtilité ni de coup en fourbe, il savait que ce n’était d’aucune utilité contre l’archère. Cette dernière avait rammassé plusieurs fragments de bois et s’en servait désormais comme projectiles. Un stratagème habile qui lui éviterait de gâcher ses flèches mais qui en contrepartie n’assurait pas la meilleure des précisions. Le premier morceau passa loin au-dessus de sa tête mais la jeune femme corrigea aussitôt son tir et le Croc Pourpre du plonger pour éviter les deux suivants. Les tirs s’enchainèrent mais aucun ne ralentit la course du prédateur et rapidement, Yue du commencer à reculer pour assurer une distance de sécurité.

L’une des dagues de Jaffar brilla à la lueur des flammes et l’acier s’envola en un lancer précis et mortel vers sa cible. Elle se décala rapidement, laissant l’arme se ficher dans le bois mais le tueur avait anticipé le mouvement et, suivant une trajectoire différente de celle de l’arme, fonçait désormais sur la fille des loups. Sa première attaque ne rencontra cependant que l’acier des lames fixées au bout de l’arc. Jetant son bras en avant, il tenta de s’emparer de l’objet de bois mais l’archère tenta purement et simplement de le poignarder avec l’un de ses projectiles.

Pivotant sur lui-même, le Croc pourpre saisit sa dague toujours plantée dans l’arbre et replongea au cœur de la bataille. Sans laisser le temps à l’albinos de reprendre une distance de sécurité, il entama un ballet mortel avec cette dernière. Parfois le fer de leurs lames se croisaient en une pluie d’étincelles rougeoyantes, d’autre un morceau de bois aiguisé jaillissait du sol pour détourner une attaque, d’autres encore jambes et coudes se heurtaient de façon sourde et brutale.

Un craquement sinistre les interrompit soudain alors qu’une branche enflammée chutait sur leur petit numéro. Chacun bondit vers l’arrière alors que la masse de chaleur s’abattait en une pluie de braises mais aucun n’attendit d’y voir plus clair avant d’agir. L’assassin plongea à travers le rideau étincelant alors que la corde de l’arc chantait. Deux projectiles sur les trois tirés le heurtèrent mais tandis que l’un deux ricochaient sans trop de mal sur son armure de cuir, le troisième perça la mince couche protectrice et se ficha dans la chair de l’épaule, sans lui infliger plus de mal que cela.

Sans se laisser le temps de souffler Jaffar entreprit de poursuivre au corps à corps. S’il laissait la jeune femme trop s’éloigner et atteindre l’une de ses flèches… De ce qu’il avait pu constater, elle avait amplement eu le temps d’améliorer son arsenal depuis leur dernière rencontre. Elle n’était alors qu’une sauvageonne inconsciente de ce dans quoi il l’embarquait… Un coup de pied redoutablement précis le tira de ses pensées alors qu’il lançait son bras pour amortir le choc. Mais au lieu de simplement repousser la jambe, il accompagna le mouvement, laissant l’attaque glisser sur son avant-bras et profitant de la mince ouverture ainsi offerte.

Ses lames jaillirent mais ne rencontrèrent une fois de plus que de l’acier. A nouveau son bras jaillit vers l’arc comme pour l’agripper t à nouveau un éclat de bois voulut le transpercer, avec plus de succès cette fois. L’arme improvisée se ficha dans le biceps avec une force redoutable mais le tueur ignora parfaitement la douleur pour glisser une de ses lames empoisonnées vers le ventre offert. Elle recula presque inconsciemment et, voyant sa chance lui échapper le tueur jeta son bras vers le haut, glissant son avant-bras pile dans l’espace entre la corde et le bois de l’arc.

Presque par réflexe il tira afin de lui arracher l’objet des doigts mais elle lui opposa une résistance féroce. Leurs yeux se croisèrent une fraction de seconde alors qu’ils luttaient. Non… Il n’y avait pas plus de regrets dans les prunelles sanglantes de son ancienne apprentie que dans son unique œil valide. Cet instant, ce lieu, ce moment… Ils l’avaient attendu. D’un bref mouvement de tête, Jaffar prit de l’élan et propulsa toute la force de son front contre celui de Yue. Elle se décala pile à temps alors que l’attaque lui éraflait l’arcade sourcilière avant de se jeter de tout son poids contre l’assassin. Un instant le Croc Pourpre avait lutté à forces égales, l’instant d’après toute la pesée exercée sur l’arc lui revenait en pleine face, le déséquilibrant.

Les deux adversaires heurtèrent rudement le sol. Il sentait le poids de la jeune femme par-dessus lui, entendait son souffle haletant alors qu’elle luttait pour l’empêcher de rouler. Rassemblant ses jambes sous lui, le tueur les propulsa violemment vers le haut, l’envoyant finalement bouler par-dessus lui. En une fraction de seconde il était debout et elle bondissait à distance. Il avait toujours ses lames et elle son arc.

Son torse se soulevait rapidement au rythme de sa respiration accélérée. Un sourire presque sauvage s’étirait sur la peau mate du Croc Pourpre. C’était différent du combat où il avait perdu un œil et récolté toutes ces cicatrices, différent de la fois où il avait tenté d’étrangler la jeune fille, différent et tellement moins douloureux. Il savait que l’un d’eux pouvait mourir à tout moment, c’était une situation de vie et de mort et pourtant… pourtant cela lui paraissait tellement invraisemblable en cet instant.

Il ne broncha pas un instant lorsque d’un geste vif il retira les deux morceaux de bois toujours accrochés à son organisme. Le sang glissa lentement sur sa peau sans le déranger plus que cela. Cette fois où il avait cherché à renouer le contact avec elle par le combat… Comprenait-elle désormais tout ce que pouvait exprimer un affrontement comme celui-ci… Le remord des actes commis, la colère et l’incompréhension, la tristesse de la séparation, la joie des moments passés. Tant de choses passaient par le langage du corps. Oublié les détails de la mission, oublié les consignes du Maître… Pour l’espace d’un instant, il n’allait être que passion et conviction car, il en était désormais persuadé, c’est ainsi et seulement ainsi qu’il pourrait remporter la victoire.

Avec fracas un autre massif enflammé s’écrasa entre eux, signalant la reprise des hostilités.


***

Ema gronda. Des reproches et encore des reproches… Qu’auraient-elles faits si l’éclair avait atteint l’imposant reptile. Essuyant le sang qui dégoulinait le long de son visage et lui obstruait la vue, Llyr tenta de se redresser sur la selle et serra les dents contre la cruelle douleur de son dos. Elles avaient plutôt bien évitées les première décharges grâce à la fusion de leurs esprits mais elles n’avaient eu que très peu de temps pour décider que faire lorsque le piège s’était refermé sur elles. La cavalière posa son regard sur la lance qu’elle avait toujours en main. Le métal argenté qui composait sa lame et l’acier du manche avaient presqu’entièrement virés au noir. Si Llyr n’avait pas porté de gants, la paume de sa main auraient très certainement fondue et fusionnée avec le manche, provoquant une douleur redoutable lorsqu’elle aurait essayé de la retirer. Utiliser Endless Tears comme paratonnerre n’avait certainement pas été l’idée la plus brillante qu’elle ait pu trouver mais ç’avait été la seule. L’humaine avait ainsi emmagasiné la quasi-totalité des dégâts et bien qu’Ema avait elle aussi été touchée, la wyvern était toujours en état de voler. Sa cavalière aurait d’ailleurs très certainement péri si son amie n’avait foncé au péril de sa vie au travers du rideau de foudre afin de les en soustraire toutes deux le plus rapidement possible.

Luttant pour refouler sa douleur, Llyr s’efforça une fois de plus de repérer leur proie. Elle n’avait pas ainsi risquée sa vie pour échouer si près du but. Pour une raison indéterminée le mage avait cessé de les attaquer, peut-être les pensait-il mortes désormais. Malgré sa souffrance, le Diamant Noir ne put empêcher un mince sourire de se former sur son visage lorsqu’Ema lui indiqua par un grondement où se trouvaient ceux qu’elles cherchaient. L’immense reptile avait de lui-même retrouvé la trace de ses proies et les suivaient maintenant depuis les cieux. Leur course précipitée ne pouvait que signifier qu’ils avaient noté leur présence. Mais Llyr n’était pas en état de porter un assaut frontal depuis les cieux.

Talonnant Ema elle lui fit prendre suffisamment de vitesse pour dépasser en trombe la jeune fille et son protecteur. Le souffle de vent provoqué par l’énorme lézard fit ployer les arbres alors qu’il s’abaissait lentement vers la foret. Entre temps, la lancière s’était déharnachée et glissait désormais précautionneusement le long du flanc de sa compagne. Serrant les dents, elle concentra ses dernières forces et lâcha prise alors qu’Ema grondait un encouragement. La wyvern avait gonflée les ailes afin de ralentir sa course aussi Llyr réussit-elle à atterrir sur l’immense branche d’un chêne centenaire sans trop de mal. Se retenir pour ne pas s’évanouir et choir lui fut nettement plus compliqué mais elle se maintin en place, haletante et souffrante qu’elle était.

Descendant un peu à travers la verdure elle entendit le rugissement tonitruant d’Ema qui chargeait désormais leurs proies. C’était une tactique qu’elles utilisaient de temps en temps. Depuis le sol, le cavalier d’une wyvern était extrêmement peu visible surtout depuis les bois et en pleine nuit. Si ce dernier possédait une monture aussi intelligente qu’Ema alors il en devenait complètement invisible. Le rôle de la monstrueuse créature était de plonger quitte à atterrir brièvement pour charger le gardien de la fillette et les obliger à fuir vers sa compagne. Lorsque les proies seraient dans son champ de vision, elle n’aurait plus qu’à les achever. D’abord le gardien à la hache, un coup net et précis à la base du coup afin qu’il ne puisse riposter. La fille ne serait pas un problème. Elle ne devait pas rater, même si Ema était un adversaire redoutable elle serait incapable de se donner à fond sachant Llyr en danger… Sa seule solution si le gardien survivait serait peut-être de tomber sous ses coups afin d’exciter la fureur d’Ema et d’assurer ainsi au moins la survie d’une d’entre elles.

Les craquements de branches et les rugissements se faisant de plus en plus proches, Llyr se concentra sur les pas précipités qu’elle entendait. Empoignant sa lance à deux mains elle s’accroupit sur la branche et l’espace d’un instant oublia toute douleur, toute souffrance. Sa lance allait mettre un terme à toute cette histoire.
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Yue
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MessageSujet: Re: La force de nos convictions [PV: Hélène, Jaffar, Llyr, Magus]   Jeu 29 Aoû - 14:29


- Qui êtes-vous Sébastian ?

Loin d’eux, Cassandra entendit cette phrase résonner dans sa tête, une question qu’elle lui avait souvent posée, une question à laquelle il n’avait toujours répondu que par un sourire. Un sourire doux et mystérieux comme celui qu’il lui avait offert la première fois qu’ils s’étaient rencontrés…

- Cassandra arrête de rêver et courre plus vite !

- Mais Bernard… Sebastian il est seul contre deux assassins ! Il faut l’aider !

- Ne dit pas de bêtise… on ne ferait que le gêner. Il s’en sortira.

La jeune fille ne put s’empêcher de se retourner pour autant et son regard vergoyant se posa sur la silhouette du majordome, droite, fière comme toujours. Déjà à l’époque, c’était cette droiture qu’elle avait apprécié chez lui, qui l’avait attirée.

Flash back

Il pleuvait, il faisait froid et le vent s’engouffrait dans les ruelles de Nevassa avec une facilité déconcertante. Cassandra attendait dans le froid à la sortie d’une boutique. Bernard était chez le notaire et finalisait les modalités pour l’achat d’un vieux manoir abandonné en forêt dont le prix était bradé pour raison de crimes divers et variés. Il n’avait pas voulu lui en apprendre plus sur la chose. Peut être avait-il peur que la jeune fille en face des cauchemars la nuit… mais s’il savait ce que ses rêves abritaient il saurait que des histoires de brigands ne la toucheraient surement pas.
Devant elle, plusieurs sans abris la dévisageaient. Elle leur souriait innocemment tout en restant assez loin d’eux. Sa mère lui avait souvent dit de ne pas leur adresser la parole mais maintenant qu’elle se voyait, miroir d’eux dans ses guenilles mal défraichies, elle se rendait compte que c’était drôlement cruel de les ignorer. Elle les regarda les uns après les autres quand son regard se posa sur des jambes, minces, sveltes… elle releva la tête pour alors apercevoir cet homme au visage émacié, à la silhouette fragile, au teint blafard… il faisait peur et quand il porta à son tour son regard sur elle, elle ne put s’empêcher d’effectuer un mouvement de recule. Cependant, il ne s’en offusqua pas et lui sourit de ce sourire tendre et chaleureux qu’elle lui connaissait si bien.

- Bonjour Monsieur !

- Bonjour Mademoiselle.

- Pourquoi restez-vous debout dans la pluie, vous allez avoir mal aux jambes à force de rester là !

- Pourquoi m’assiérais-je dans cette eau pleine de boue ? Mon corps peu bien endurer pour ne pas que je me salisse.

La jeune fille se releva, sa jupe trempée et tachée de terre et autres substances moins inoffensive certainement.

- Vous êtes un mendiant ?

- Et toi ?

- Moi mon papa est en train de nous acheter une maison !

- Moi je ne demande pas d’argent mais parfois on m’en donne.

- Tu veux venir avec nous ?

- J’y réfléchirais.

La porte s’ouvrit alors sur Bernard, le garde, un grand sourire sur le visage porta la jeune fille dans ces bras, il venait de lui trouver un toit, il venait de leur trouver une maison ! Ce soir il ne serait pas à la rue. Finit les paillasses sous les ponts, finit l’humiliation, il avait mis du temps avant de trouver l’argent pour payer la première rente de la demeure mais enfin il pouvait rendre à cette petite enfant une partie de sa vie d’avant.

- Allez Sophie ! On rentre chez nous !

- Cassandra, papa Bernard ! Cassandra !

La petite fille lovée sur l’épaule du grand gaillard fit un signe d’au revoir à celui qui se présenterait par la suite comme Majordome à sa porte. A ce moment, elle ne savait pas qu’il lui permettrait de se redresser et d’avancer la tête haute dans la vie, elle ne savait pas qu’il l’accompagnerait et la défendrait envers et contre tout… Elle ne savait pas.

Fin du Flash back

- Cassandra plonge !!!

La jeune fille sortant de ses pensées sauta en avant heurtant le sol avec violence. Elle sentit au dessus d’elle le vent déplacé par les imposantes ailes de la bête. Depuis quand était-elle revenue ? Bernard cloué au sol essayé tant bien que mal de repousser l’animal mais il savait ses mouvements vains, il savait son entreprise perdue d’avance.

- Elle nous bloque l’accès à la ville.

- Bernard !

Mais l’avertissement avait été trop tardif et bien qu’il esquiva les serres de la bête, celles-ci se refermèrent sur son bras droit, le lacérant profondément… trop profondément. Le cri de douleur retentit dans la plaine. Cassandra leva ses yeux sur lui apeurée, Sebastian serra son emprise sur son livre de magie.

- Cassy Cours !

La jeune fille serra les dents alors qu’elle se retournait et s’enfuyait vers la forêt.

*

- Mais vous Sébastian, vous…Vous n’existez pas. Aux yeux des hommes comme du Fang, vous êtes un mystère… Et j’adore ça. Qui êtes-vous Sébastian ?

Le majordome analysait la situation. Il avait perdu de vu la cavalière et le lézard l’avait laissé tranquille pour quelque temps bien que son attention s’était portée sur le guerrier… mais le regard sanglant sur lui, lui interdisait de faire le moindre mouvement bien qu’il doutait qu’il soit assez rapide à l’attaquer avant qu’il ne lance son attaque finale.

- Ça ne m’étonne pas que vous n’ayez rien trouvé puisque je ne m’appelle pas Sebastian.

Il ne savait même pas pourquoi il n’avait pas donné son vrai nom d’entrée de jeu… peut être parce qu’elle ne l’avait pas fait elle non plus. De toute façon il ne lui aurait rien dit… car le patronyme sous lequel on le connaissait n’était pas son nom de naissance. Théodor, le stratège de l’ombre. Il avait souvent prodigué ses conseils lors de bataille et était connu pour assurer ses victoires au prix de nombreuses vies. Théodor le sanglant, Théodor l’impitoyable. Sa cruauté et son sang-froid lui avait valu bien des ennemis et bien des ennuis. Sa femme et sa fille avaient été tués en représailles, sa maison brûlée et lui évincé par le pouvoir qu’il avait mis en place.

- M’enfin, nous ne sommes pas là pour faire ma bibliographie n’est-ce pas ?

Il entendit le cri de Bernard et saisit son livre, hurlant son enchantement d’une voix rauque et puissante. En un instant le Fang plongea évitant l’éclair qui vint pulvériser le roc sous ses pieds.

- Tu m’as manqué !

- Tu ne penses pas si bien dire, j’espère que tu n’as rien de conducteur sur toi !

Il frappa le sol de son pied et une dizaine d’éclairs sortir à l’unisson autour de l’assassin le frappant de toutes parts. Il n’y avait pas de puissance dans ce coup mais le Fang en habit blanc se sentit paralysé par l’électricité.

***
Le silence était tombé sur la forêt… Les sons de batailles, le cri des guerriers s’étaient éteints pour ne laisser chanter que le fer et le bois de leurs armes. Yue était comme déconnecté de ce combat, elle avait l’impression de le regarder de loin et de jouer du corps de ces deux personnes qui s’affrontaient. Chaque mouvement, chaque esquive, chaque attaque, chaque parade étaient savamment ordonnés pour offrir le spectacle d’une danse sanglante magnifique. Elle se regarda plonger sur le coté pour éviter le décor qui faisait des siennes, elle le vit profiter de l’occasion pour lui sauter à la gorge toutes lames tendues mais ça ne l’atteignait pas. Yue, a contrario du Fang ne s’était pas jetée à corps perdu dans la bataille. Elle avait un but, une mission à accomplir et elle avait déjà obtenu la victoire.
Elle n’avait pas besoin d’affronter Jaffar pour comprendre à quel point ces convictions étaient fortes et Yue se rendait bien compte qu’à bien y regarder, ses raisons d’avancer étaient peut être plus sensées que les siennes.
Elle recula de quelques pas et arma son arc. Ce combat n’avait plus de sens pour elle désormais. Elle pouvait y mettre fin. Elle le vit amorcer une charge.

- Tu sais Jaffar, au final je ne t’en ai jamais voulu d’être ce que tu es. Je voulais simplement mieux pour toi. Je voulais que tu sois l’acteur de tes propres actes et non pas le simple exécuteur des pensées d’un autre. Je ne supportais pas te voir dans cette position dominé alors qu’à mes yeux tu as la force d’être plus que ça.


Son rôle était accompli. Elle pouvait tout finir maintenant.

Flash Back

- Grande sœur…
_Le ton était solennel, la posture droite mais le regard baissé… _ je voudrais que tu fasses quelque chose pour moi… Je voudrais que tu arrêtes le Croc Pourpre. Je ne souhaite pas le rencontrer et je ne souhaite pas que Cassandra le voit. Elle est tellement effrayé par lui, sa silhouette, son odeur, ses yeux… Chaque nuit elle hurle de terreur, dès que ses yeux se ferment, elle le voit. Si…je devais le rencontrer à mon tour je sais que je ne pourrais retenir mes coups et ma fureur, j’irai jusqu’à mourir pour m’assurer qu’il me suive. Mais je ne peux pas me le permettre. Alors, s’il te plait…
- Il n’y a pas de problème. Je le ferais pour toi.

Yue posa une main sur l’épaule de son frère alors qu’il venait la serrer dans les siens. Etait-ce si dur de demander de l’aide ?
Quant à Jaffar, elle savait quels mots le détourneraient de sa mission. Elle savait comment le faire réagir, elle savait comment le manipuler pour l’éloigner. Elle le connaissait et n’hésiterait pas à user de ce lien qui les lie pour protéger sa famille. Le provoquer, l’amener à perdre son contrôle, lui faire perdre de vue son objectif premier pour gagner du temps, leur donner une chance de survivre, telle était sa mission. Et elle avait appuyé là où ça faisait mal. Ebranler ses convictions par des mots pour finalement les renforcer, jouer sur son ego pour l’obliger à lui prouver que sa voie était meilleure.
Yue savait.

Fin de Flash Back

- Pardonne-moi mon frère. Mais au final je n’ai aucune envie de te tuer, ni de t’imposer ma vision des choses.

*Je suis trop vieille désormais pour ne penser qu’il n’y a qu’une seule manière d’agir*

La course fulgurante du Fang fut ralentie par la chute d’une branche rougeoyante de flammes, Yue tira. Quatre flèches furent lancées mais seuls trois étaient visibles de l’œil du Fang. Terre, Saturne, Uranus et Pluton avaient été relâchée. Uranus explosa en un fumigène des plus opaques. Terre frappa de front traversant tout sur son passage. Saturne frappait de coté et Pluton invisible venait achever l’assassin. D’une précision redoutable de part leur qualité, les quatre demoiselles fusèrent à travers le vent libérant sur leur passage leur mélodie fatale.
Cependant, quand le nuage de fumée se dispersa, seul restait l’assassin, au milieu des flammes. L’archère était partie, une fois de plus, elle avait fui. Et dans l’incendie s’intensifiant et les faisant suffoquer, les particules solides se déposaient dans leurs poumons.

***
Tapis dans l’ombre le diamant noir attendait alors que la jeune fille se jetait à corps perdu dans son piège. Elle entendait sa respiration haletante, elle goutait le sang de l’homme à travers Ema… l’apogée de cette lutte était enfin arrivée et maintenant elle devait mettre fin à cette mission.
L’enfant chuta, la dame en noir se mit devant elle en ange de la mort. Pas un mot, pas un bruit et pas une seconde de plus d’attente, la jeune fille releva les yeux pour voir s’achever sa vie avec tout le courage d’une enfant de 10 ans.

- Tu ne la toucheras pas !

Le loup monstrueux heurta la lancière de plein fouet qu’il venait se dresser en rempart invincible entre elle et Cassandra. Il s’était blessé à la patte lors de l’éboulement et saignait abondamment pourtant, il n’avait pas mal. La douleur n’était que secondaire. Sans même attendre que la jeune femme se relève, Jaf se jeta à sa gorge. Pas de pitié pour les assassins, pas d’honneur dans le combat non plus. Jaf devait les tuer, les tuer tous et tout de suite !
Sur le dos, Llyr maintenait les crocs de la bête à l’écart de sa chair via sa lance. Mais elle sentait sa force défaillir sous le poids de la bête. Jaf ne craignait plus le poison et le Laguz tout en muscle pouvait enfin laisser aller toute sa rage.

Au même moment, la wyverne achevé le soldat d’un nouveau coup. L’homme s’écroula au sol baignant dans son sang, sa hache plantée dans le corps d’écailles de la bête. La bête sentit alors que sa compagne était en danger. L’instinct animal, ou la connexion si particulière qui les liait… Faisant fie de l’arme d’acier cruellement enfoncée dans sa chair, la bête se retourna pour se diriger vers la forêt. Mais venant du ciel, une seconde pointe d’acier vint se ficher entre ses écailles.

- On joue moins la maline sans maitresse pour nous guider.

Montée sur son Pégase, Hélène surplombait le lézard d’un regard qui se voulait ferme mais que l’on sentait voilé par la douleur. Tenant sur son cheval par la magie des drogues Laguz, la jeune femme savait qu’elle n’était pas soignée mais elle pouvait se battre, elles avaient envie de se battre !

***
Au loin, le son d’un cor résonna alors que la garde se réunissait aux portes de la ville d’Estiaride. Pour faire face aux perturbateurs.


--------------------------
Eh bien voilà… la fin de notre rp approche à grand pas, dernier tour de combat…
J’espère que tu ne m’en voudras pas, j’ai pris quelques libertés avec les pnj ennemis ! Bisous et répond plus vite que moi XD
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Jaffar
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MessageSujet: Re: La force de nos convictions [PV: Hélène, Jaffar, Llyr, Magus]   Lun 14 Oct - 17:19

Des étincelles dansaient devant ses yeux alors que l’haleine du prédateur la surplombant la frappait de plein fouet. Il lui imposait son poids et sa force avec une telle fureur et une telle volonté qu’elle doutait que même en le perçant de part en part, sa lance parviendrait à l’arrêter. Une patte s’écrasa dans son estomac, lacérant sans pitié l’armure de cuir qui la recouvrait et lui coupant brièvement le souffle. La gueule aux crocs étincelants se rapprocha, une goutte de bave s’écrasa sur sa joue alors qu’elle puisait dans ses ultimes ressources pour survivre, elle ne pouvait échouer. Au-delà des principes du Black Fang et de la nécessité de sa mission, elle devait protéger Ema !

Un flash blanc, une étincelle de douleur fulgurante, comme si on lui avait enfoncée une aiguille chauffée à blanc droit dans le cerveau. Le Diamant Noir rugit mais ce n’était nullement dû aux nouvelles lacérations causées à son torse par le Laguz. Elle souffrait… Sa compagne, son amie de toujours était en danger. Occupée à essayer de lui venir en aide, la wyvern lançait toutes ses forces dans la bataille sans aucune considération pour sa sauvegarde. Les précédent affrontements l’avait plus épargnée que sa cavalière mais cela ne serait pas suffisant.

- Non… Va-t’en !

Mais elle ne pouvait l’entendre. Seule la bête stupide qui la dominait était en mesure de percevoir ce maigre chuintement émanant de sa future proie. Oh elle ne lui ferait pas l’honneur de le supplier ça non. Mais elle pouvait faire quelque chose… Un acte désespéré pour qu’au moins l’une d’elles s’en sorte.

Un fracas de bois brisé retenti dans le dos du Laguz et en un rugissement de colère, Ema émergea d’entre les arbres, la gueule et le flanc en sang, tentant désespérément de prendre son envol pour contrer les assauts effrénés du pégase. Si elle parvenait à s’envoler… Elle pourrait s’enfuir. Leur regards se croisèrent un bref instant. Un éclair de compréhension passa entre elles. La terreur envahit le regard de la wyvern tandis que l’humaine sentait des larmes qu’elle n’avait plus la brûler.

*Merci.*

Et le Diamant Noir relâcha son emprise. Le grondement du Laguz, féroce et terrifiant résonna à son oreille mais elle n’en avait cure. Elle se préparait à ce qui allait suivre. Ca n’allait faire mal qu’un instant.

***

Un instant… Un seul instant pour se dire au revoir, pour se promettre que l’on se reverrait dans une autre vie, pour exprimer tout ce que l’on ressentait. Et puis le rouge. Sanglant, définitif, tombant comme une sanction sur son existence, et cette sensation de vide qui l’envahissait. C’était atroce… Douloureux… Si froid… Comment quelque chose d’aussi immonde pouvait exister ? Elle n’en voulait pas, elle détestait cette sensation écœurante il lui fallait la rejeter, l’évacuer, combler ce vide horrible avec autre chose. Il y avait eu Llyr… Llyr pour la protéger de cette horreur, pour la rassurer, la réconforter, être son amie, sa seule et unique compagne… Mais c’était terminé. Llyr n’était plus.

Le vide se comblait au fur et à mesure qu’elle comprenait. Ca n’avait rien de doux et de rassurant, la seule sensation en commun avec ce que lui amenait Llyr, c’était la chaleur. Mais ça n’était pas seulement chaud… C’était brûlant. Un feu qui la consumait de l’intérieur, détruisant tout sur son passage. La rage, la haine, la colère, la vengeance… Voilà ce que c’était… Voilà ce qui allait désormais la compléter… Voilà ce qu’elle allait être désormais.

Ses pupilles reptiliennes s’étrécirent, ses muscles se contractèrent alors qu’elle posait un regard lourd de menace sur le dos de la bête qui s’était emparée de la vie de son amie. Elle vit venir la lance mais ne fit aucun mouvement pour l’esquiver et lorsqu’elle fut prête, lorsqu’elle se sentit invincible, portée comme elle l’était par sa rage elle chargea. Le fer de la chevalière lui perça l’épaule, pulvérisant les plaques écailleuses qui la protégeaient, déchirant le muscle tendre et faisant jaillir le sang. Le poids de la bête entraîna cependant le pégase dans son sillage et sa cavalière comprit trop tard qu’elle avait fait une erreur. La patte gigantesque s’abattit en un revers terrifiant, projetant l’humaine dans les airs et plaquant l’animal au sol. Son hennissement terrifié ne parvint pas au cerveau du lézard, seul comptait ce meurtrier dans son regard.

Elle prit une profonde inspiration, déployant ses ailes afin d’afficher sa force et ses blessures au monde entier. La lune fit briller la lance toujours fichée dans la chair alors qu’elle rugissait. D’un cri contenant son envie meurtrière, d’un cri intraduisible même par ceux pouvant comprendre le langage animal. Et pour la première fois de son existence, le loup roux du sentir ce que cela faisait de passer du statut de chasseur à celui de chassé.

D’un bond d’un seul, le reptile franchit l’espace restant entre eux. Ses immenses griffes s’abattirent mais le minuscule tueur à la peau de feu était plus vif et moins grièvement blessé. Prenant prudemment ses distances, le poil hérissé et la gueule encore rouge du sang de sa victime, le loup se campa sur ses pattes en grondant. Il ne cherchait pas à fuir, il la provoquait. Sans doute pour l’éloigner de ce petit bout d’humain qu’il cherchait tant à protéger. Tant de dévotion ne faisait qu’attiser sa haine. L’odeur du sang de sa compagne était partout, émanant de ce corps recroquevillé entre les pattes monstrueuses de son amie. Mais Ema n’y prêtait plus attention, Llyr n’aurait pas voulu qu’elle la pleure.

Peau-de-Feu grondait toujours, un grondement désespéré et furieux, mais si faible par rapport à ce qu’elle ressentait… Lui avait toujours l’espoir. L’espoir de pouvoir sauver son amie, celui qui le ferait se battre jusqu’au bout. D’un claquement sec des mâchoires, la wyverne rompit net la lance toujours fichée dans son épaule. La hampe brisée s’écrasa au sol tandis que le lézard levait les yeux vers la protégée du meurtrier. Elle sentait la peur, la fatigue et l’anxiété du bout d’humain. Elle sentait l’attente calme du prédateur qui l’avait élevée ainsi dans les cieux, le manieur d’éclairs. Mais elle sentit surtout la frayeur de Peau-de-Feu. Et si elle s’envolait ? Si elle décidait de s’en prendre à son amie comme lui l’avait fait ? Il serait impuissant, incapable de s’interposer et devrait s’en remettre à la force du maître des éclairs. Mais même quelqu’un d’aussi fort était-il capable d’arrêter une wyvern dans les cieux, à fortiori en protégeant une toute petite fille ?

Le grondement qui roula dans la gorge du lézard lorsqu’elle reposa ses yeux sur son adversaire était plus menaçant que tous les autres. Ses immenses ailes se déployèrent alors qu’elle rugissait, couvrant la faible voix de Peau-de-Feu. Elle n’était pas comme lui ! Le bout d’humain n’avait pas plongé ses crocs dans la chair de son amie.

Labourant le sol de ses serres Ema se propulsa droit sur le Laguz, usant de ses ailes afin d’accroître sa vitesse. Le loup roux bondit juste à temps pour éviter la collision mais le souffle du passage du monstre l’envoya bouler dans les bois alors que le craquement de troncs brisés et le rugissement terrifiant du dragon lui indiquait que la bête était à ses trousses.


***


La fumée l’aurait aveuglé il n’y a pas si longtemps. Lorsque ses deux yeux fonctionnaient, il suffisait que la lumière s’amenuise un court instant pour priver l’assassin de son sens le plus important. Mais désormais, ne plus voir ne le gênait pas. Les ténèbres étaient devenues l’un de ses alliés les plus puissants ! Là où d’autres tentaient de percer leurs secrets, lui se fondait en leur sein.

La fumée âcre de l’incendie et l’odeur corrosive du fumigène saturèrent trop vite son odorat mais il perçut clairement le claquement de la corde qu’on relâche suivi du sifflement habituel. Trop puissant toutefois, trop long pour être le son d’une seule flèche que l’on relâche. La première le frôla de justesse alors qu’il se jetait sur le côté et il comprit trop tard le piège quand le sifflement redoutable se présenta derrière sa nuque. Trop tard pour plonger, trop tard pour se rattraper ou parer… Elle s’était vraiment améliorée… Mais elle n’était pas la seule.

Son sixième sens lui indiqua la marche à suivre plus qu’il ne le guida, résumant la situation dans son esprit avec une précision redoutable, présentant les évènements au ralenti avec une clarté effarante. Le sifflement dans sa nuque n’était qu’une diversion. La flèche était trop peu camouflée pour pouvoir espérer l’atteindre. Malgré sa trajectoire, elle vibrait et sifflait dans l’air avec l’insistance d’un essaim d’abeille. Yue le connaissait mieux que ça. Là, dans l’ombre de la nuit se cachait autre chose… Plus vif… Plus dangereux !

Sans sa nouvelle vision du monde il ne l’aurait même pas vue. La fumée et l’attaque surprise l’auraient abattu avant le coup de grâce. Tout se déroula en une fraction de seconde. A peine son pied touchait-il le sol qu’il reculait droit en direction du sifflement fatal. Un instant il douta d’avoir été assez rapide mais le projectile le frôla sans rien provoquer de plus qu’une douleur cuisante au niveau de l’oreille gauche. Son lobe sectionné net lui passa devant les yeux, accompagné de quelques gouttes de sang noir avant que le tueur ne pivote de façon fluide et précise. Aucun spasme ne troubla son bras malgré le sang dégoulinant le long de son visage et de son cou. Son bras s’arma et frappa avec une précision inhumaine. La brûlure du bois frottant contre la paume de sa main le ramena à la réalité.

A deux centimètres de son œil valide, la pointe d’une flèche noire vibrait toujours, fermement emprisonnée au creux de sa main. Jaffar voulu inspirer et se rendit compte qu’il avait retenu son souffle durant toute la durée de l’action. Le fumigène se dissipait tandis qu’il reprenait un rythme cardiaque normal. Ses jambes et ses bras tremblaient incontrôlablement sous le coup de l’adrénaline, sa paume irradiait d’une douleur vive et il avait l’impression qu’un fer chauffé à blanc lui avait été appliqué tout le long du visage. Mais il était toujours en état de continuer. La flèche noire s’écrasa au sol tandis qu’il pivotait, ses lames jaillissant du fourreau où il ne se souvenait pas les avoir placées. Mais seul le silence de la nuit lui répondit.


***


Un coup de patte démesurée arracha une souche pourrie du sol dans un craquement infernal. Dans un revers cinglant, la masse de sa queue brisa un bosquet d’arbrisseaux tandis que ses ailes arrachaient des centaines de branches aux arbres alentours. Si elle avait été dragon elle aurait vomi l’enfer de ses entrailles, réduisant tout en cendres. On aurait alors su si Peau-de-Feu méritait bien son titre. Elle le vit jaillir du recoin où il avait roulé, cherchant à atteindre sa gorge, et lui répondit par ses propres crocs, son rugissement explosant sous la canopée. Le goût de son sang se mélangeait à celui du loup, la douleur se répandait dans chacune de ses articulations ne faisant qu’ajouter à son énergie destructrice. Elle le tuerait ! Elle le tuerait et broierait sa carcasse embrasée.

Leur combat n’avait rien de l’élégance d’un duel de professionnels, il ne s’agissait que de la charge brutale de deux bêtes enragée. L’odeur de la mort était partout, chassant les autres animaux alentours et la terre s’abreuvait du sang répandu. Peau-de-Feu était fort, redoutablement fort, et bien plus grand que nombre de ses frères au poil de poussière mais sa force et sa taille n’étaient rien en face de celle d’Ema. Aussi jouait-il sur sa vitesse, bondissant hors de portée des crocs meurtriers, glissant entre les pattes de la wyvern, mordant et tailladant dès que possible. L’épuisement commençait à se faire sentir toutefois. Peau-de-Feu avait été blessé à la patte avant leur combat et chaque coup d’Ema qui l’atteignait en aurait brisé plus d’un moins résistant. De son côté la wyvern avait perdu beaucoup de sang, la hache et la lance de ses anciens adversaires étaient toujours fichées en sa chair et les morsures du loup l’affaiblissaient chaque fois un peu plus. Elle ne pouvait chercher à s’envoler sous peine de perdre le loup de vue une fois sortie des bois.

Peau-de-Feu parvint à la feinter une nouvelle fois alors que ses serres traçaient de profonds sillons dans la terre. Elle sentit le Laguz s’agripper à son dos, sa mâchoire puissante se refermant sur la nuque vulnérable. Sans lui laisser le temps d’affirmer sa prise, Ema bascula sur le dos, s’écrasant sans tenter de retenir sa chute dans un massif épineux. Elle sentit le loup passer sous sa masse et roula rapidement afin de se relever. Trop tard il était déjà sur elle. Mordant et griffant, les deux prédateurs jaillirent hors du bois, dans la clairière non loin de là où reposait Llyr. La fureur de la wyvern se décupla et au moment où le loup lui arrachait un pan d’épaule, elle lui décocha un redoutable revers de griffe l’envoyant voler en glapissant. Il s’écrasa quelques mètres plus loin et elle le vit se débattre pour se relever au plus vite alors qu’elle-même luttait contre sa souffrance pour se remettre sur pieds. Ses ailes étaient déchirées en maints endroits et sa nouvelle blessure lui interdisait de s’appuyer sur son antérieur. Si elle parvenait à s’envoler maintenant, elle se mettrait sans doute à portée des éclairs mais pourrait en finir avec la bête embrasée !

Elle rugit à nouveau et un flot de sang inonda le sol alentour alors qu’elle déployait toute son envergure. Peau-de-Feu avait compris et se ruait aussi vite que possible dans sa direction, il lui faudrait attaquer avant de s’envoler quitte à s’exposer encore plus !

- Ema arrête !!!

Ses griffes s’enfoncèrent dans le sol un court instant trop tôt et elle crut avoir perdu. Mais Peau-de-feu s’était arrêté également pour une raison qui lui échappait. La langue pendante, le poil collé par la sueur et le sang, le loup la défia du regard un instant avant de reculer lentement en grondant. La fureur embrumait toujours son esprit mais la wyvern fit de même, raclant la terre de ses griffes jusqu’à obtenir une distance de sécurité suffisante pour pouvoir tourner la tête vers l’appel.

Là-bas, exactement  à l’endroit où gisait Llyr, se tenait l’un de leurs partenaires. L’homme à l’odeur aussi noire que ses lames et au poil blanc. Elle n’aimait pas cet homme, Lames-Noires était trop difficile à cerner, trop compliqué, trop prompt à la trahison… mais sa voix avait toujours eu les accents suaves et trompeurs de la confiance, diminuant presque mécaniquement les réserves de la wyvern. Et dans ses bras, il tenait le corps brisé de son amie. Elle commença par gronder, oubliant Peau-de-Feu un instant pour se concentrer sur cette nouvelle menace puis observa la fiole que Lames-Noires faisait boire à Llyr. Il ne lui versait pas directement dans la gorge non, il posait simplement la fiole sur les lèvres de son amie pour lui permettre d’avaler le liquide.

Oubliant toute sa fureur pour se raccrocher à un espoir aussi mince soit-il, la wyvern bondit à leur rencontre pour adresser un gémissement plaintif à l’homme en noir. Celui-ci prit pendant un instant le pouls du Diamant Noir avant de déclamer comme pour lui-même:

- Elle est très faible et la blessures grave mais je crois que je suis intervenu à temps.

Le bruit de pas dans leur dos fit faire aussitôt volte-face à la dragonne. Le maître des éclairs et la bout d’humaine venaient de se poser, Peau-de-Feu les rejoignant en clopinant. L’homme aux éclairs portait toujours son livre aussi l’accueillit-elle avec un grondement de menace aussitôt interrompu par l’apparition de Lames-Noires devant elle.
- Je pense que vous serez d’accord pour dire que nous nous sommes assez battus pour ce soir mon cher Sebastian.

Dans leur dos montait la rumeur d’hommes en armes en provenance de la ville. Les rugissements des deux bêtes n’avaient faits que précipiter l’inévitable apparition de la milice.
- Voilà ce que je vous propose. Notre compagne a besoin de soins de toute urgence. Nous allons partir et vous laisser sans toucher à la fille. Ne croyez pas que nous ne reviendrons pas mais pour ce soir considérons cela comme un match nul.

Peau-de-Feu manifesta sa désapprobation par un grondement furieux auquel la wyvern lui répondit, ailes déployées, toujours aussi impressionnante malgré ses blessures.
- Bien sur vous pourriez décider de nous achever ici et maintenant mais malgré toute votre puissance vous seriez incapable de m’empêcher alors de toucher à cette fillette. De plus cela signifierait sans doute notre mort mais également celle de votre vaillant guerrier là-bas dans la forêt et qui sait qui du loup ou de la wyvern sera le plus rapide à succomber à ses blessures ?

Le grondement d’Ema se transforma en râle sourd. Lames-Noires avait raison, au moindre signe d’agressivité, sa rage reprendrait le dessus et s’il fallait briser la bout d’homme pour que Llyr survivre alors elle n’hésiterait pas. De son côté Kratos adressait un de ses fameux regards enchanteurs à la demoiselle recroquevillée derrière ses protecteurs, sa voix aux tonalités suaves transportée par le vent.
- Je ne doute pas que vous ayez nombre d’amis fidèles prêts à vous protéger en ce moment même jeune demoiselle mais réfléchissez bien. Voulez-vous les conserver vivants un soir de plus ou nous voir disparus à jamais au prix de leur vie ?

Il revint à Sebastian :
- De plus vous avez du noter que nous n’étions pas venus seuls. La milice est proche mais encore suffisamment loin pour qu’une flèche trouve son chemin jusqu’à vous… Et qui sait combien d’hommes sont à notre service parmi les gardes. En nous laissant partir vous avez ma parole que rien de plus ne se produira ce soir.

Imperceptiblement sa main s’était posée sur sa lame. Ses cartes étaient abattues et il était presque persuadé d’avoir une main gagnante… La subtilité résidait toutefois dans le « presque ».


***

La colère et la frustration le faisaient bouillonner. Il s’était fait berné comme un bleu ; Tout ces beaux discours, ces belles paroles sur le pourquoi du comment ! Oh elles étaient surement pleines de sincérités mais n’avaient au final pour but que de le détourner de sa cible. Il avait failli et s’était écarté du chemin tracé par sa mission.

Fuyant l’air suffoquant de l’incendie, le Croc Pourpre avait dû faire un large détour pour contourner la zone sinistrée s’étendant de plus en plus et cela ne faisait qu’ajouter à son énervement. Il s’était fait planté sur place et sa rencontre lui laissait un désagréable goût d’irrésolu dans la bouche. En y réfléchissant ce n’était pas pour tuer Yue qu’il l’avait ainsi pourchassée mais bien pour lui prouver quelque chose. Quoi exactement il n’en savait rien. Que sa voie était la meilleure ? Qu’elle avait eu tort de le trahir ? De suivre ses propres convictions plutôt que de faire quelque chose que sa nature même lui interdisait ? Quelle importance, elle était à nouveau partie. Sans un mot, en lui laissant ses flèches acérées pour toute compagnie.

De rage l’assassin frappa le tronc d’un arbre tout proche sans prendre garde aux écorchures que l’écorce lui causait. Il commençait même à ne plus comprendre pourquoi il était autant en colère. Ce n’était même pas la perspective de son échec dans la mission, il en était persuadé. Son maître pouvait bien se la mettre où il pensait sa mission, la gamine n’entrait pas dans ses objectifs prioritaires… Mais elle était peut-être la seule façon d’achever toute cette histoire.

Respirant à fond l’air saturé de cendres et troublé par les miasmes de son propre sang, le tueur ferma les yeux un instant avant de se remettre en chasse. La fillette et ses protecteurs avaient empruntés un passage souterrain pour s’enfuir mais il avait perçu bien d’autres sons que ceux de leur affrontement et de l’incendie tout à l’heure. Ecroulements, rugissements de bêtes déchainés… Les éclairs avaient même un peu trop zébrés les cieux à son goût maintenant qu’il y réfléchissait. Aussi avait-il tenté de s’orienter de mémoire et était-il persuadé d’être à peu près dans la bonne direction.

La découverte d’un affaissement de terrain de taille impressionnante quelques instants plus tard le confirma dans ses soupçons. Scrutant le terrain à la recherche d’indice, l’assassin poursuivit sa traque. Il n’était peut-être pas trop tard. Avec un peu de chance  peut-être tomberait-il sur l’un des tueurs qu’ils avaient emmenés avec eux… Ou mieux !
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Yue
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MessageSujet: Re: La force de nos convictions [PV: Hélène, Jaffar, Llyr, Magus]   Dim 8 Déc - 15:24


Yue avait quitté Jaffar, encore. Elle lui avait tiré dessus et lui avait tourné le dos… encore. Elle n’avait pu lui expliquer sa pensée, elle n’avait pu simplement discuter. Encore. Leur rencontre et leur séparation se ressemblaient toujours plus et le même goût amer lui restait en travers de la gorge. Mais elle n’avait pas le temps d’y penser. Elle n’avait pas le temps de s’occuper d’elle. Elle avait senti l’odeur de son sang, elle avait entendu son râle de douleur. Au milieu de la tempête et des éclairs, elle savait que son frère était en danger.
Le loup ne partageait pas son sang, pourtant il n’y avait que lui qu’elle considérait réellement de sa famille. Il était là dans les meilleurs moments, il était là dans les pires et il était le seul à la comprendre entièrement. Il avait accepté ses faiblesses, il avait accepté son ignorance et jamais il n’avait essayé de la changer. Il l’avait simplement acceptée elle. Jaffar ne pourrait jamais en faire de même. C’est pourquoi Jaf était son frère alors que Jaffar ne restait qu’un étranger.

La piste n’était pas dure à suivre, elle connaissait son odeur par cœur et Venus l’accompagnait. Elle prit un chemin direct n’en connaissant pas de plus rapide. Elle ne s’étonna pas de croiser des hommes se battant. Certains en noir, d’autres arborant des couleurs plus vives s’affrontaient dans une lutte sans merci, mais elle n’en avait cure tant qu’ils ne s’opposaient pas à sa course.
L’un d’eux tenta de l’arrêter, elle lui décocha un coup d’arc magistral dans la figure, ne ralentissant même pas sa course. Pourtant rapidement, ils commençaient à l’encercler, à la suivre sans l’atteindre. Yue reconnut les assassins du Black Fang. Elle ne voulait pas les mener à Jaf et Cassandra. Elle arrêta sa course. Ils en firent de même.[/i]
- Vous voulez quelque chose ?

Ils ne répondirent pas et attaquèrent. Les assassins n’étaient définitivement pas doués pour la conversation. La première lame vint frapper de front alors qu’elle sautait en arrière pour en éviter le tranchant mais le comité de réception ne se fit pas attendre et alors qu’ils frappaient à leur tour, la chasseuse lâcha son arc et se cambra posant les mains au sol pour laisser le fil de leurs dagues effleurer sa peau. Prenant appuie sur ses mains et vrillant son corps, elle les frappa de ses jambes aux protections métallique et se releva élégamment. Ils n’étaient pas puissants, mais ils étaient nombreux. Elle n’eut le temps de reprendre son souffle qu’une seconde vague arrivait. Hors Jaf avait besoin d’elle.
Soudain, un hurlement retentit suivit de plusieurs autres. Ce n’était pas son frère, mais ce n’était pas des loups ordinaires. La meute menée par une louve aux poils rouges les surplombait depuis les arbres.

- Nous nous occupons de la suite. Part humaine.

Yue leur adressa un signe de tête et usant de célérité, elle disparut en un clin d’œil.

***
Le loup souffrait de ses blessures mais il était trop fier pour le montrer. Cassandra fit un mouvement vers lui mais son grognement furieux l’obligea à rester à sa place, derrière Sebastien. Il est vrai qu’il ne savait pas qui de lui ou de la wyverne mourrait en premier de ses blessures, mais il était persuadé d’une chose… il pouvait tous les tuer, ici et maintenant. Peut être au prix de sa vie, peut être à celui de celle de Sebastien, mais il pouvait les tuer sans que Cassandra ne soit touchée. Cette fille avait une destiné hors du commun, elle portait l’espoir d’un avenir meilleur pour les Laguzs et les Beorcs. Il avait vu en elle la force, il avait vu en elle la détermination. Cette enfant pourrait se relever de toutes les blessures, de toutes les pertes. Jaf le savait, il l’avait vu se reconstruire alors qu’elle n’avait qu’à peine l’âge de raison. Il la savait plus mature et plus réfléchie que les enfants du double de son âge. Cassandra était née pour survivre et lui pour mourir pour elle. Comme Yue serait mort pour lui.

- Je ne doute pas que vous ayez nombre d’amis fidèles prêts à vous protéger en ce moment même jeune demoiselle mais réfléchissez bien. Voulez-vous les conserver vivants un soir de plus ou nous voir disparus à jamais au prix de leur vie ?

- Je veux simplement que tout s’arrête… Je veux que plus personne ne souffre…Que plus personne ne meurt.


La jeune fille s’était avancée bravant l’interdit du loup. Elle s’était avancée et avait posé sa main sur sa crinière ensanglantée.

- Parton Yue… Je ne veux pas que tu meurs… S’il te plait.

Bien sûr qu’elle pouvait tout surmonter, la tristesse, la peine tout s’amenuiserait avec le temps… Mais elle ne voulait simplement pas avoir à surmonter la perte de ses amis. La perte de sa famille. Encore.

- De plus vous avez du noter que nous n’étions pas venus seuls. La milice est proche mais encore suffisamment loin pour qu’une flèche trouve son chemin jusqu’à vous… Et qui sait combien d’hommes sont à notre service parmi les gardes. En nous laissant partir vous avez ma parole que rien de plus ne se produira ce soir.

Une flèche vint se ficher au pied de l’assassin.

- Mais nous ne croyons pas en votre parole. Après tout vous n’êtes que des assassins, des lâches qui attaquaient une enfant dans la nuit avec une armée de chiens sous vos ordres. Et les lâches sont si prompts à frapper dans le dos.

La tornade blanche aux pupilles de sang venait de sortir des bois son souffle à peine reprit. Son arc était bandé et prêt à décocher sans la moindre hésitation. La sauvagerie de son habit déchiré et parsemé de sang, lui donnait un air bestial mais dans sa posture droite et fière on pouvait sentir toute l’assurance de l’archère, de la chasseuse.

- Mes flèches peuvent aisément trouver leur chemin jusqu’à vous. N’en doutez pas un seul instant et bien que ce ne soit pas mon genre, il me serait facile d’achever le cadavre en devenir au creux de vos bras.

Ses mots étaient d’une dureté souhaitée et l’expression de crainte qu’elle perçut chez la bête à écaille ne lui échappa pas malgré son grognement de rage. Elle ne voyait pas Hélène mais entendait son souffle de vie. Derrière elle, Jaf était là debout, Cassandra à ses cotés.

- Humain, soigne mon frère à l’aide de l’une de ses potions de votre cru.

Yue ne se permettait même pas de cligner des yeux. Elle restait là entre les assassins et Cassandra. Son bras tendu ne tremblait pas, sa flèche non plus. Sebastien s’exécuta bien que le loup accepta l’attention de mauvaise grâce. La chaleur qui se répandit dans son corps à chaque gorgée du liquide calma la douleur. Cassandra avait déchiré un pan de sa jupe et commençait à bander les plaies du loup comme ses petites mains tremblantes le pouvaient.
Le regard rouge de la chasseuse restait impassible et ne quittait pas celui de l’homme à la langue suave. Elle pouvait entendre le cœur de la femme entre ses bras ralentir, sa wyverne devait aussi le sentir et bien qu’elle ne croyait pas en la sincérité de l’homme, elle savait que la bête ferait tout pour sa maitresse. L’humain esquissa un mouvement, elle tira de nouveau, la flèche frôlant sa joue et y laissant une fine estafilade. Elle banda une autre flèche.

- Ne bougez pas, sinon la prochaine est dans le cœur de votre amie. Vous pourrez esquiver la flèche mais pas elle, je vous l’assure. Voilà ce qui va se passer. Mon frère va partir avec l’enfant et le Majordome. Et vous vous allez rester avec moi jusqu’à ce que je considère qu’ils sont hors de portée. Entendu.

Dans son dos elle sentit la désapprobation du loup. Mais elle l’ignora. Son travail était de protéger l’enfant, le sien était de le protéger lui. Tous deux le savaient. La main de l’enfant s’accrocha à la fourrure du loup alors qu’elle grimpait sur son dos. Elle regardait la silhouette de cette femme qui l’avait déjà sauvée deux ans auparavant, étrangement, elle semblait toujours aussi puissante, aussi belle que dans ses souvenirs mais plus effrayante aussi.

- Partons Yue.

- Grande sœur… ne meurt pas.

Yue eut un sourire. Bien sûre qu’elle ne mourrait pas. Car si elle protégeait son frère, elle savait que son protecteur surgirait si elle était réellement en danger. Elle avait une chance insolente, et elle comptait bien dessus en cas de pépin.

- Dégage frère stupide.

Le loup se détourna et partit en courant. La milice avait atteint le guerrier à la hache ainsi qu’Hélène. Ils les rapatriaient à la cité. D’autres venaient vers eux mais La chasseuse ne bougea pas.
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Jaffar
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MessageSujet: Re: La force de nos convictions [PV: Hélène, Jaffar, Llyr, Magus]   Jeu 19 Déc - 11:22

En quelques foulées le loup aurait pu rejoindre la forêt. En une fraction de secondes il se serait perdu dans le feuillage des buissons et l’ombre rassurante des arbres et personne n’aurait pu le retrouver ni lui, ni son précieux fardeau. Mais quelque chose perturba sa course à l’instant où il allait s’engager sous la canopée. Ce n’était pas ses blessures ni la fatigue, rien de tout cela n’aurait pu l’empêcher de mettre la jeune fille en sécurité. Il avait un mauvais pressentiment et cette odeur… Elle lui était familière sans qu’il arrive à mettre un nom dessus…

Un craquement de brindilles droit devant lui le stoppa net dans son élan, une forme se dessina lentement alors qu’elle émergeait des ombres et un râle sourd émergea du poitrail du loup. Oui… Cette odeur… C’était celle que sa sœur portait sur elle actuellement… Celle de l’homme qu’elle avait affronté et provoqué, ce démon de sang qui avait volé l’enfance de celle qu’il protégeait.

Calmement et sans un son, le Croc pourpre quitta la protection temporaire des arbres. Traquer Yue avait été difficile jusqu’à ce que le fracas de la milice en marche et les grognements d’Ema lui viennent aux oreilles. Il avait contourné l’affrontement entre loups et assassins et retrouvé sa proie. Tête nue désormais, ses cheveux roux semblaient être fais de sang sous la lueur glacée de la lune. Son œil borgne contrastait effroyablement avec la teinte sombre du sang qui séchait désormais sur le côté de son visage, là où la flèche de Yue l’avait frôlé. Son visage était lisse de toute expression, de tout sentiment… Et cette absence de vie sur ces traits humains le rendait plus terrifiant encore que s’il avait été dans une rage noire. Le Croc Pourpre était concentré sur son objectif et ses gestes étaient ceux d’un assassin professionnel. Sans émotion, sans faille, sans remords…

Le loup recula en grondant mais ce n’était pas lui que les yeux vides contemplaient. Ce regard était adressé à la proie juchée sur le dos de sa monture, Sophie Dickens. Il la transperçait, la scrutait comme s’il lisait au plus profond de son âme. Et ce qu’il y voyait n’était que terreur : une panique profonde gagnait la petite comme si son pire cauchemar venait d’apparaître devant elle.

Les sons du monde extérieur s’estompaient aux oreilles de l’assassin tandis qu’il faisait un autre pas. Il n’avait pas besoin d’entendre pour savoir ce qui allait se passer maintenant. Le loup tenta une manœuvre pour le contourner mais se heurta de nouveau au tueur roux. Reculer c’était retourner vers la wyvern et le beau parleur et s’enfuir sur les côtés l’obligerait à sortir du champ de protection conféré par l’archère albinos. Le Croc Pourpre avait tout prévu. Son attaque était parfaite, calculée et imparable comme toujours. Bien sûr cela le plaçait directement à portée des tirs de Yue et du mage de foudre… Mais cela aussi le tueur aux cheveux de sang l’avait prévu.

Et alors que magie et arc s’armaient, prêts à le contrer, les assassins échangèrent un regard. Ema bondit en rugissant, plaçant son énorme masse en bouclier entre l’archère, Kratos et Llyr. Le mage se retourna pour intercepter l’homme aux lames noires qui se précipitait vers eux alors que le loup bondissait pour forcer le blocus du Croc Pourpre. Kratos eut un sourire cynique, ses yeux vairons plongeant dans le regard déterminé du faux majordome.

- Ténèbres.

Et tout disparut. Ema, Llyr, Kratos, le majordome, le loup et la cible furent absorbés dans une immense sphère noire et glaciale. A quelques mètres de la limite de cette dimension redoutable, le Croc Pourpre s’avança. Le froid mordant des ténèbres l’envahit alors que son regard croisait celui de Yue. Il ferait ce qu’il avait à faire. D’un pas déterminé, l’assassin s’enfonça dans les profondeurs glacées.

Le froid l’assaillit aussitôt avant de brusquement disparaître. Son sens du toucher venait d’être purement et simplement annihilé. Vue, ouïe, odorat… Tout disparut en une fraction de seconde et le Croc Pourpre ne fit aucun effort pour les retenir. Il cherchait en lui ce pouvoir qui faisait de son duo avec l’Ombre un adversaire mortel. Les ombres s’écartèrent alors que son sixième sens prenait le contrôle. Les ténèbres ne se firent pas moins denses mais les lieux s’éclaircirent dans son esprit. Sans voir il distinguait pourtant nettement les corps étalés au sol, paralysés par le terrifiant pouvoir de Kratos. La petite avait perdu l’équilibre et s’était écrasée à côté de ses protecteurs. Sans se presser, concentrer sur la vision de son corps que lui procurait le sixième sens, l’assassin se déplaça jusqu’à elle. Il avait le temps. Les Ténèbres ne duraient pas indéfiniment mais sa besogne serait rapide, d’autant que perdre le contrôle de sa technique provoquerait irrémédiablement sa propre chute au sol. Savourant l’absence complète de sensations normales, le tueur s’immobilisa près de sa cible. Elle était allongée sur le dos, ses longs cheveux formant comme une auréole autour de sa petite tête. Ses yeux grands ouverts cherchaient désespérément à voir sans pour autant y parvenir. Jaffar ne pouvait imaginer la terreur que ce petit être ressentait alors que lui-même aimait cet univers en quelque sorte. Dans ce monde vide il n’y avait pas de douleur, pas de conflit, pas d’organisation à laquelle se dévouer et encore moins de maître à qui rendre des comptes. Dans ce monde Jaffar était le roi et chacun devait se soumettre à sa volonté.

S’agenouillant, le Croc Pourpre s’empara du petit corps et le souleva comme s’il ne pesait rien. Ses muscles ne lui renvoyèrent aucun signe que ses bras soulevaient quelque chose et pourtant c’était bien sa proie que l’assassin tenait au creux de son étreinte. Contemplant l’expression terrifiée de la fillette, l’assassin porta la main au fourreau de l’une de ses dagues.

- Ce sera bientôt terminé.

Les mots se perdirent dans un monde où les sons ne survivaient pas.

La sphère noire persista un peu puis se fissura lentement, laissant la clarté lunaire filtrer, le son des combats reprendre ses droits et l’odeur de l’incendie s’insinuer. Il était toujours étrange d’émerger des Ténèbres, comme si l’on naissait une nouvelle fois et que l’on redécouvrait la beauté du monde, même si le monde en question était à feu et à sang. Le poids du petit corps dans ses bras se fit plus présent alors que la douleur revenait. Le sixième sens se retira tandis qu’un atroce mal de crâne s’emparait de lui, mais le Croc Pourpre ne cilla pas. Les prochaines secondes allaient être cruciales.

Les paupières de l’enfant clignèrent quelques secondes face à la faible luminosité devenue bien trop vive après ce séjour dans l’ombre, puis son regard tomba dans celui du meurtrier de ses parents. Elle ne crierait pas, il le savait. Un cri était un signal, le début du chaos et chacune de ses proies l’avait toujours su inconsciemment. Qu’elle fasse un seul son et les évènements suivants pouvaient aboutir à sa mort et celle de ses alliés sans que personne ne comprenne pourquoi. La troisième chose que Sophie regarda fut la lame que l’assassin tenait, mais au lieu de l’enfoncer dans sa gorge comme elle l’avait déjà vu faire, il se contenta d’abaisser son visage vers elle. Sa voix n’était qu’un souffle mais elle convenait parfaitement à son propriétaire, vide.[/i]
- Vous avez de bons amis, mademoiselle Dickens. Fidèles, dévoués… Mais à votre place, je ferais plus attention. Ceux qui se prétendent être là pour vous ne sont pas toujours ce qu’ils paraissent.

Avec ce qu’il avait expliqué à Yue, la petite devrait comprendre rapidement du moins si elle avait autant de jugeote que les gens se complaisaient à le dire. Qu’importe, il était de toute façon là pour l’aider à réfléchir. Sa lame glissa sans aucune hésitation sur la peau pâle au niveau de l’avant-bras, y faisant perler le sang et incisant suffisamment en profondeur pour laisser une cicatrice nette et droite. Le poison sur sa lame était efficace mais il s’était estompé depuis longtemps, tout au plus l’enfant aurait-elle quelques nausées. Elle ferma les yeux et serra les dents, craignant certainement pour sa vie, mais elle n’émit aucun son. Relevant son arme, l’ange noir lui présenta le tranchant où glissait une goutte sombre et fraiche.
- Et ceci pour ne pas l’oublier.

Il ne la tuerait pas. Il ne le ferait pas car elle pouvait faire changer les choses. En travaillant de son côté elle pouvait forcer la justice à éliminer les trafiquants qui l’utilisaient. Et ceux qui lui échapperaient tomberaient sous ses coups. Le Black Fang existait pour punir ceux qui abusaient de leurs privilèges, pour éradiquer les maux de ce monde. Adopter une autre approche que le meurtre lorsque cela était possible faisait partie de leur credo et si son maître ne le comprenait pas… Alors peut-être était-il temps que l’organisation subisse un brusque changement de hiérarchie.

Un grésillement sur sa droite réveilla instantanément ses réflexes. Un éclair brûlant fit sauter la dague de ses mains alors qu’en un saut souple, la gamine lui échappait. Un instant plus tard une masse rouge et grondante lui bondissait dessus en un feulement haineux. Le loup avait cependant compté sans le sixième sens et ses mâchoires claquèrent dans le vide alors que l’assassin pivotait gracieusement. Son bras s’arma, ses doigts se replièrent, le flanc de la bête se présentait à lui sans aucune protection. Il pouvait leur montrer ses crocs… La raison pour laquelle son surnom était le Croc Pourpre… Mais tuer le Laguz ne serait pas un argument en sa faveur. Son bras se détendit vivement et son poing crispé frappa le loup avec férocité, le dégageant en un jappement de douleur. L’animal avait apparemment eu droit à son lot de dégâts lui aussi.

Kratos avait engagé un bref affrontement avec le manieur de foudre dans lequel aucun des deux n’avait visiblement le dessus. Une diversion dont l’ange noir profita pour prendre le mage à revers. La foudre s’abattit in-extremis, repoussant les assassins dont les cabrioles les ramenèrent en deux bonds près de la wyvern, sa masse toujours érigée en un bouclier pour le Diamant Noir. D’un bref coup d’œil Jaffar analysa l’humeur de Kratos. Aussi impassible que d’habitude, l’Ombre ne parvenait pourtant pas à cacher cette petite lueur de rage au fond de son regard : il était furieux. Le Croc Pourpre ne pouvait pas lui en vouloir, après tout ils venaient de rater leur meilleure occasion de mettre fin à cette mission. Un grondement d’Ema le ramena à la situation présente. Leurs adversaires se regroupaient, visiblement sur la défensive. Tant mieux, le Croc Pourpre ne recherchait plus l’affrontement. Il tira toutefois sa seconde lame de son fourreau avant de se mettre en garde. Son objectif n’était pas de provoquer plus de massacres, mais si l’ennemi cherchait une vengeance quelconque il leur prouverait que sa lame n’avait ratée sa cible que parce qu’il l’avait souhaité.
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MessageSujet: Re: La force de nos convictions [PV: Hélène, Jaffar, Llyr, Magus]   Ven 20 Déc - 3:30


Elle l’avait senti avant qu’il ne se montre et avait lâché son projectile plus par reflexe que par envie. Elle entendit la pointe rencontrer la chair avant même que le dragon ne se posta en bouclier entre eux. Puis elle s’était retournée et avait couru dans leur direction.

- Ténèbres !

Alors qu’elle avançait vers eux, elle perdit la sensation du sol sous ses pieds et tomba sans pour autant sentir qu’elle chutait. Sa tête heurta la terre molle avec violence, ou du moins elle le supposait car elle ne sentait plus son être. Elle était allongée là, incapable de voir, incapable d’entendre, incapable de sentir. Même le goût de la terre sur ses lèvres ne parvenait pas à ses sens… Le silence était lourd pour elle qui entendait tout, l’absence d’odeur était troublante pour elle qui sentait tout… Et si son frère criait, et si son frère saignait, le percevrait-elle ?
Une crainte naquit dans ses entrailles alors qu’elle comprenait qu’elle était coupée du monde, qu’elle était impuissante et qu’en plus d’être à la merci de Jaffar, son frère et l’amour de sa vie, sa raison d’être l’était aussi. Jaffar pouvait les tuer à tout moment, elle le savait, elle le sentait et que se passerait-il s’il le faisait… Il était de sa responsabilité de l’éloigner, de le tenir loin d’eux, loin de sa famille et de cette enfant. Elle avait promis à son frère de s’en charger, elle lui avait assuré sa victoire. Mais Yue avait été négligente, elle ne l’avait pas tué, elle ne l’avait pas même blessé et elle n’avait pas fourni assez de temps à son frère. Et si Sophie mourrait par sa faute… Jaf ne lui pardonnerait jamais, elle ne se le pardonnerait jamais. Et que se passerait-il alors… ? Yue se rendait compte que depuis qu’elle avait rencontré le loup, elle s’était attaché à lui plus qu’une sœur ne le ferait pour son frère. Elle l’aimait comme une mère aime un fils. Elle qui n’avait pas seize ans se sentait responsable de son bien-être et si elle devait être la cause de son malheur… alors elle préfèrerait mourir que de vivre avec ce sentiment de culpabilité, elle préfèrerait disparaître.
La peur tanna son être à cette idée, une peur que la noirceur ne faisait qu’alimenter. Le corps de l’archère se mit à trembler bien qu’elle n’en ressentait pas les mouvements physiques, son cœur quant à lui pulser à sa poitrine lui donnant mal au crâne.
Elle devait se relever, prendre une des flèches qui reposait dans son dos et la tirer. Elle savait où il était avant de tomber, elle savait où se trouver ses armes. Même sans les sentir, elle devait être capable de les bander. Elle devait essayer.

- Vous avez de bons amis, mademoiselle Dickens. Fidèles, dévoués… Mais à votre place, je ferais plus attention. Ceux qui se prétendent être là pour vous ne sont pas toujours ce qu’ils paraissent.

Le sort se brisa, elle était debout, elle n’avait pas bougé, n’était pas tombée et aucune terre ne parsemait son visage. De grosses goutes de sueur froide lui coulait dans le dos et le rugissement de la bête lui indiquait qu’elle avait touché le diamant noir avant de sombrer dans le chaos.

- Et ceci pour ne pas l’oublier.

Ses sens revenaient à elle petit à petit et elle eut une soudaine envie de vomir. Mais elle ne pouvait pas. Elle vit Son frère plonger sur le Crocs Pourpres, elle vit l’homme le repousser d’un violent coup dans ses côtes déjà fragilisée. A ses pieds, Cassandra était terrorisée. L’enfant de 7 ans avait du faire tellement d’effort pour se sortir de la terreur, pour se sortir de l’angoisse et lui l’y replongeait. En heurtant le sol, Jaf reprit forme humaine signe de sa grande faiblesse. Yue se retourna sur l’assassin qui était reparti auprès de ses « équipiers ». L’écarlate de ses yeux n’était nullement comparable à la couleur qu’ils prenaient lors des combats. Il y avait quelque chose de plus, une sensation plus incertaine une touche de folie que la jeune fille ne possédait pourtant pas.

- Mon frère, pardonne ma négligence.

Jaf se releva, sa silhouette dévastée par les coups faisaient bien peine à voir sous sa forme humaine. Les ecchymoses, les entailles dans sa chair n’étaient plus camouflées par sa fourrure épaisse, sa démarche peu assurée, n’était plus soutenu par quatre pattes motrices. Yue le regarda et se souvint alors que sous ce cuir épais de loup, Jaf n’était qu’un enfant. Son petit, tout petit frère.

- Je te pardonnerais si Sophie arrive à sourire à nouveau.

Sa voix était rude, ses paroles étaient sèches. Yue les accepta en serrant les dents. Le loup sous forme humaine posa une main sur l’épaule de l’enfant et la tira dans ses bras. La jeune fille ne réagit pas. Faisant abstraction de la douleur de son corps, il la souleva et la cala entre ses bras et parti en direction de la milice. Bernard devait déjà être pris en charge, sous cette forme, il le serait aussi.

Toujours effrayée à l’idée d’avancer, l’archère fit un pas incertain, le contact de l’herbe sous son pied la rassura. Elle connaissait cet environnement et si Jaffar était le roi des ténèbres, Yue était pour sûr la reine des bois.

Son regard sanguinolent se plongea alors dans les yeux de l’assassin à la langue suave esquivant un éclair, puis dans ceux de la wyverne rugissant de toutes ses forces pour finir dans l’œil unique du Crocs Pourpres…

Son pied s’ancra dans le sol et en une impulsion elle se projeta en avant. Il n’y avait aucune comparaison possible avec la vitesse des assassins. Yue était l’incarnation humaine de la célérité. Et si les yeux humains pouvaient distinguer son mouvement cela ne signifiait pas qu’ils donnaient l’occasion à leur propriétaire d’esquiver l’attaque. La chasseuse saisit sa première proie à la gorge, l’assassin vêtu de noir n’eut à peine le temps d’ouvrir la bouche que ses vertèbres craquaient sous la poigne d’acier de la chasseuse. La wyverne se rua alors sur elle mais sa démarche malhabile, et le grotesque de sa taille la rendait d’une lenteur pathétique. Yue prit son arc d’une main et esquiva d’une roulade les mâchoires puissantes de la bête. Visant sous le cou, elle enfonça son arc de toute la force de son bras et le laissa là planté au travers de la bête. Puis son regard se porta sur Jaffar. Impassible prêt à défendre sa vie au prix de son sang. Mais l’archère n’en avait cure du sien également, plongeant tout droit sur lui, elle anticipa son esquive et le saisit par l’épaule faisant fit de la lame qui lui entailla le ventre. Elle le regarda impériale et lui dit au creux de l’oreille, enfonçant un peu plus la dague de l’assassin dans sa chair.

- Tu ne toucheras jamais plus à ma famille, je te l’assure.

Puis ses dents se refermèrent sur la carotide et l’arracha comme on arrache une mauvaise dent.

Du moins, c’est ce qu’ils virent dans son expression alors que ses yeux se posaient sur eux. Mais la chasseuse n’avait pas bougé. Elle était restée là, immobile à les regarder. Puis sa voix brisa le silence qui s’était installé entrecoupé d’éclairs.

- Je pense qu’il est temps de nous séparer. Cependant, je tenais juste à dire que si vous vous en prenez encore à ma famille, un jour, je vous le ferais tous payer de votre vie. Je ne dis pas aujourd’hui, je ne dis pas demain mais un jour je serais assez forte pour tous vous détruire. Et tu sais que j’ai raison.
_ Son regard se porta sur le Crocs Pourpres _ Aujourd’hui j’ai perdu face à toi, Jaffar mais tu sais qu’un jour je serais assez puissante pour tous vous écraser.

Yue savait que le Crocs Pourpres aurait pu les tuer tous deux, elle savait qu’il les avait épargné, peut être parce qu’il l’avait écouté, peut être parce qu’il ne s’était pas montré si sourd à ses paroles. Mais la rage qui l’habitait n’avait rien de rationnel. Elle était l’expression de sa peur, de son impuissance et de sa frustration.

Pas si loin d’eux désormais, la milice trouvait le couple d’enfants. Hélène les guidait et prit en charge Jaf et Sophie. Yue se retourna suivit de près part le mage qui lui n’osait tourner le dos aux assassins.


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MessageSujet: Re: La force de nos convictions [PV: Hélène, Jaffar, Llyr, Magus]   Mer 25 Déc - 17:44

Elle se retourna et commença à s’éloigner, ses cheveux blancs virevoltant dans le vent. Le majordome leur jeta un dernier regard chargé de reproches avant de s’en aller à son tour. Ils ne le montraient pas mais Jaffar savait que tout deux étaient aux aguets. Qu’un seul des assassins fasse mine de les suivre et le combat à mort reprendrait. Et cette fois-ci, Yue le tuerait. Il le savait, et cette perspective provoqua chez lui un sentiment nouveau, alliance fatale d’un plaisir sanguinaire inattendu et du regret qu’il sentait poindre. A peine l’archère et le mage eurent-ils franchit la limite des frondaisons que la wyvern se rua vers sa maîtresse toujours inconsciente. Kratos la suivit sans jeter un regard à son comparse. Sa fureur était très nettement perceptible.

Il était trop loin pour avoir pu entendre les mots que l’assassin roux avait susurrés à leur victime mais le simple fait que cette dernière soit toujours vivante pouvait facilement être considéré comme de la haute trahison. Le Croc Pourpre pouvait essayer de s’expliquer mais l’Ombre ne l’écouterait pas dans l’état actuel des choses. Il devrait rendre des comptes à leur supérieur personnellement et la simple idée de voir la grimace de colère du Maître le faisait jubiler.

Avant de les suivre, Jaffar s’assura que Yue et ses compagnons avaient bien disparus. Si Kratos était en colère, l’archère n’éprouvait plus qu’une fureur noire à son encontre. Yue détestait perdre il le savait mais elle haïssait encore plus que l’on s’en prenne à ceux qui lui étaient chers. Il y a quelques heures, il ne lui aurait sans doute fallut qu’un court instant pour décider de voler à son secours si la vie du Croc Pourpre s’était trouvée réellement menacée. Malgré leurs différences et les affrontements qui les avaient opposés, ils avaient été plus proches que l’assassin n’aurait jamais voulu l’admettre... Après tout n’était-ce pas ce qui avait poussé le Maître à ordonner l’exécution de la jeune albinos ? Mais par sa dernière action, le Croc Pourpre avait clairement signifié son appartenance au Black Fang et aux valeurs que Yue se refusait de suivre. Il avait menacé et blessé des êtres bien plus importants que lui aux yeux de l’archère et cela avait rompu quelque chose dans l’esprit de cette dernière. Une ombre de sourire traversa le visage du Fang.

Par ses actes, le Croc Pourpre avait enfin achevé la relation qui le reliait à l’albinos. Certes tout n’était pas réglé entre eux et il ne doutait pas qu’il recroiserait très certainement la jeune femme dans un futur proche. Mais provoquer la colère de Yue à son encontre, bouleverser son esprit comme elle l’avait tant de fois fais à son égard... C’était certainement le meilleur moyen  de l’éloigner de lui et de la protéger du Black fang. Le Maître ne l’oublierait pas, oh non ! Le vieux renard n’oubliait jamais rien et après tout elle avait bel et bien trahie l’organisation. Mais savoir que la demoiselle rejetait l’assassin permettrait à cette dernière de quitter la liste des cibles prioritaires du Black fang. De plus, le brutal changement de plan que Jaffar avait imposé à la mission focaliserait toute l’attention de l’empoisonneur du Fang sur sa personne, et sur les véritables responsables des crimes dont l’on accusait les Dickens. Il n’osait trop s’en féliciter mais le Croc Pourpre était relativement fier de son dernier exploit. Sophie Dickens et son traumatisme n’étaient qu’un dommage collatéral bien faible comparé aux bénéfices de cette soirée.

Se retournant, le tueur rejoignit ses compères. L’Ombre était agenouillé aux pieds d’une wyvern morte d’inquiétude. Le Diamant Noir gisait là, dans un état plus critique que ce qu’elle n’était déjà. Ses multiples blessures se trouvaient désormais accompagnées d’un large trou dans le flanc. La flèche de l’archère albinos, bien que lancée à la va-vite, avait tout de même atteint son but. Un dommage collatéral de plus sans la moindre importance : le Diamant Noir avait accepté cette mission en toute connaissance de cause. Kratos avait déjà retirée la flèche et comprimait maintenant la blessure en tentant de limiter l’hémorragie. Un filet de sang coulait de la bouche de la jeune femme et sa respiration était presque inexistante.

- La potion que je lui ai donnée fait effet, elle saigne de moins en moins. Mais nous allons devoir lui trouver un guérisseur rapidement.

Ses paroles étaient plus destinées à la monture du Diamant Noir qu’autre chose aussi Jaffar ne répondit-il rien. Au bout de quelques secondes, le sang de Llyr cessa de s’écouler, la blessure cicatrisant très légèrement. Jugeant la blessée transportable, Kratos entreprit de l’installer sur la selle de sa monture. Malgré les blessures de l’imposant lézard, l’Ombre savait que la bête les emporterait en sécurité. De toutes les façons avec la milice qui approchait ils n’avaient pas grand-chose de mieux comme plan d’échappatoire. L’assassin se hissa sur le dos de l’animal mais alors que Jaffar s’apprêtait à grimper à son tour, l’Ombre le bloqua d’un signe de la main. Un râle sourd de la part d’Ema indiqua au tueur roux qu’il ferait mieux de reculer. Le ton de Kratos était sans appel.
- Cette mission est un désastre, et pas parce que notre plan présentait une faille. Tu connais la loi du Fang, quelqu’un doit en assumer les conséquences.
- N’est-ce pas à nos supérieurs d’en décider ?
- Tu leur demanderas lorsque tu les croiseras.

Et sur ces mots, l’Ombre talonna légèrement Ema. Celle-ci déploya les ailes sans paraître ressentir de douleur et s’éleva dans les cieux, laissant le Croc Pourpre seul. A mi-hauteur, Jaffar aperçut une vive lueur rouge s’élever depuis le dos de la wyvern : le signal de la retraite. Quelque part dans les bois, là où s’affrontaient encore gardes, miliciens, loups et assassins, l’un des camps s’évapora brusquement, disparaissant dans l’ombre aussi subitement qu’ils en étaient apparus. Aucun cri de victoire n’accompagna leur retraite car si les tueurs abandonnaient enfin, ils laissaient dans leur sillage un champ de bataille dévasté parsemé de cadavres des différents camps et souillé de sang. Le Black Fang avait frappé et personne ne pourrait s’en relever facilement.

Le Croc Pourpre se gratta la tête d’un air désemparé. Il allait mettre un sacré temps à se tirer de ce guêpier. La ville la plus proche devait grouiller de soldats prêts à le descendre au moindre signe maintenant, sans compter que Yue et son loup aux sens sur aiguisés devaient s’y trouver. Poussant un soupir, l’assassin prit le temps de se masquer de nouveau afin de dissimuler sa tignasse trop voyante. S’il évitait la prochaine ville, il allait lui falloir faire un large détour, non seulement pour éviter tout contact avec ses habitants mais également car les gardes allaient très certainement fouiller les lieux afin de reconstituer les évènements de la nuit. De ce côté-là l’assassin ne se faisait que peu de soucis : le Black Fang était partout, les infiltrés n’auraient aucun mal à détruire les preuves les plus compromettantes.

Il s’orienta un instant par rapport aux étoiles, récupéra la lame dont le mage de foudre l’avait dépossédé et s’engagea sous les frondaisons d’un bon pas. Il devrait trouver un ruisseau rapidement afin de nettoyer ses rares blessures. Il serait dommage qu’elles s’infectent.


***

D’un geste précis, le Maître froissa le document dont la lecture l’avait occupée quelques instants avant de simplement le détruire à la flamme de sa bougie. Contrairement à d’autres, l’assassin n’avait pas besoin de prendre de notes : les détails les plus importants étaient gravés dans sa mémoire à vie et il n’oubliait jamais rien. S’appuyant sur le fond de son dossier, le Beorc se massa les temps un instant avant de s’adresser à l’homme en armure rouge sombre qui venait de se glisser dans son dos :
- J’avais demandé à ne pas être dérangé.
- Excusez-moi Monseigneur mais… Il vient de revenir.

Impassible, le Maître acheva son petit massage avant de se redresser impassible. Le rapport de l’Ombre avait été très clair : Jaffar avait trahi. En temps normal il aurait du en référer immédiatement à la Dame Noire mais ce comportement ne ressemblait définitivement pas à son favori. Jaffar pouvait être borné, manipulable voire même passionné sous son caractère froid, mais sa fidélité au Black Fang était le seul point de sa personnalité que personne n’avait jamais pu remettre en cause. L’Ombre était trop nouveau dans l’organisation pour réaliser à quel point le fanatisme du Croc Pourpre était important. Il lui fallait entendre la version de son protégé avant de se décider sur son sort.
- Fais-le entrer.

L’homme dans son dos se volatilisa silencieusement tandis que le Maître croisait les jambes en une posture suffisante et sure de lui. Quelques instants plus tard des pas se firent entendre et le Croc Pourpre fit son entrée, escorté de deux hommes en armure rouge sombre. L’un des deux tenait les lames du Fang à la main. La pression dans la pièce changea du tout au tout. Jaffar resta stoïque mais l’ambiance des lieux n’était pas faite pour le rassurer. Il n’avait jamais vu les deux hommes qui l’accompagnaient, pas plus que les motifs pourpres de leurs armures auparavant. Les deux semblaient pourtant obéir à son maître au doigt et à l’œil.
- Approche Croc Pourpre, nous avons beaucoup à nous dire.
- Vous montez votre propre petite armée Maître?
- Ne fais pas attention à eux ce ne sont que quelques fidèles amis.

L’assassin roux jeta un dernier regard circonspect à ses deux gardes du corps aussi immobiles que des statues avant de se tourner vers son adversaire principal. Celui-ci laissa planer un silence lourd de menace avant de prendre la parole d’une voix glaciale.
- L’Ombre m’a déjà conté les différents évènements. Lui et le Diamant Noir sont tous deux retournés auprès de leur supérieur respectif afin de faire leur rapport et soigner leurs blessures.

A ces mots, jaffar se crispa imperceptiblement. Kratos répondait directement de ses actes auprès de la Dame Noire. Celle-ci serait donc immanquablement au courant de ce qu’il avait fait. Son passif avec Yue était trop récent... Le Maître serait très certainement trop aveuglé par ses propres motivations pour comprendre mais qu’en était-il de l’être auquel même le vieil assassin obéissait sans broncher ?
- J’aimerais cependant entendre tes propres conclusions avant de prendre une décision.
- Une décision Maître ?

Les yeux du vieil assassin s’illuminèrent d’un éclat sadique.
- Jaffar mon cher petit… Il faut que tu comprennes qu’en désobéissant directement aux consignes que tu avais reçues, en laissant cette enfant vivre, tu t’es rendu coupable d’un acte de haute trahison envers notre organisation. Tu as remis en jeu l’autorité même de la Dame Noire ! D’autres plus talentueux que toi ont perdu la vie pour moins que ça !

La colère du Maître n’avait jamais éclatée de façon aussi visible et le Croc Pourpre sentit une onde glacée de frayeur le parcourir. Il savait à quoi il s’exposait mais chacun des scénarios défilant dans son esprit n’aboutissait qu’à une mort lente et douloureuse.
- Cela plus tes derniers échecs m’amènent inévitablement à ta condamnation à mort Croc Pourpre… A cet instant l’assassin sembla retrouver son calme. Bien loin de le rassurer, ce ton froid et contenu ne fit que mettre les nerfs de Jaffar à vif. Cependant, je connais ta dévotion envers la Dame Noire… C’est pourquoi je te donne une seule et dernière chance de te justifier. Je déciderai ensuite de ton châtiment.

Le silence retomba. Jaffar déglutit silencieusement avant de s’avancer et d’entamer son récit d’une voix qu’il espérait calme et détendu. Un seul faux pas dans son discours, une seule faille dans sa tentative de cacher ses véritables motivations... Et lui ou Yue en paierait les conséquences. Il détailla l’opération à laquelle il venait de survivre et les raisons qui l’avaient poussé à faire ce qu’il avait fait : appliquer le credo du Fang, démasquer les véritables criminels et achever ce qu’ils avaient entamés en assassinant la famille Dickens. Le Maître l’écouta sans ciller pendant toute la durée du récit, un air d’intense concentration sur son visage rude et stoïque. Lorsqu’il eut terminé, un silence morbide plana quelques instants avant que le Maître ne se décide à parler.
- C’est un pari audacieux que tu as fais là Croc Pourpre.
- C’est le pari que le Black Fang aurait voulu que je fasse... Le pari de la Dame Noire.

Il avait faillit parler trop vite, éveillant inévitablement l’attention de l’être effrayant le contemplant. Mais l’onde de fureur passant au fond des yeux verts lui confirma qu’il avait fait le bon choix. Amener leur chef suprême sur le tapis et oublier de donner un qualificatif respectueux quelconque à un supérieur narcissique étaient ses atouts.
- La Dame est la seule à décider de ce qu’elle considère utile de risquer... Tout comme je suis le seul à décider des choix que tu es libre de lui soumettre...

Et ils avaient fait mouche. Le Maître fit glisser ses longs doigts osseux sur le rebord de son bureau avant d’étendre une main aussi trapue qu’une mygale vers l’un des tiroirs de l’imposant meuble. Le conteneur glissa sans bruits et l’assassin s’empara d’une liasse de document avant de la parcourir lentement de son regard acéré. Le dossier était peu épais mais contenait surement toutes les informations du Black Fang sur la famille Dickens. Que le vieil homme soit obligé de consulter un quelconque rapport prouvait à lui seul le trouble dans lequel les actions de son disciple l’avaient poussé mais Jaffar ne laissa rien paraître de sa satisfaction.

Finalement, le Maître reposa le document avant de pousser un soupir que le Croc Pourpre préféra interpréter comme un bon signe.

- Je dois reconnaître que ton acte insensé contient une part importante de raison mon garçon.

Jaffar ne se décontracta pas pour autant. Sa vie ne tenait toujours qu’à un fil.
- Sophie Dickens est entourée de conseillers loyaux et fidèles. Pour son âge elle possède elle-même un sens des affaires et une intelligence redoutables... Avec les informations que tu lui as fournies, tu as peut-être même attisé son désir de vengeance. Ces pitoyables trafiquants d’esclaves endosseront peut-être même dans son esprit la responsabilité de la mort de ses parents...
- Je n’avais pas songé à ces rebondissements Maître... En lui fournissant discrètement les informations dont elle a besoin, nous pourrions ainsi faire d’une pierre deux coups.

Les choses évoluaient au-delà de ce qu’il avait pu espérer. Que le Maître se propose même d’aider leur potentiel allié à éradiquer les trafiquants était miraculeux. Transcendé par son succès, le Croc Pourpre oublia que chaque miracle au sein du Black Fang possède son propre prix.
- Cependant Jaffar... Il reste toujours le sujet de ton insubordination.
- ... Je ne comprends pas... Maître... La situation n’est-elle pas à notre avantage ?

Le regard du Maître croisa celui de son jeune apprenti et celui-ci ne put qu’y voir la fureur et la cruauté de cet homme qu’il avait cessé de respecter. Jaffar avait ouvertement désobéi. Un prétexte largement suffisant à l’un pour rappeler à l’autre où était sa place.
- Tu as échoué Jaffar. Et je ne parle pas uniquement de Sophie Dickens. Tes actes ont placé trois des quatre Fangs dans une position désespérée. Le Diamant Noir et l’Ombre, tes plus proches compagnons d’armes, ont même failli laisser la vie.
- ...
- De plus n’y avait-il pas une autre cible, dont les actes sont bien plus graves, que tu te devais de supprimer ? Qu’en-est-il de ton ancienne apprentie ?
- ...
- Je m’en doutais.

Une onde meurtrière envahit la pièce, clouant le Croc Pourpre sur place. Incapable de détacher son regard borgne de celui étincelant de cruauté de son créateur. La sentence était inévitable. Il ne put empêcher un sentiment intense de déception l’envahir. Après tout ces efforts, après avoir réussi à louvoyer dans le système de l’organisation... Dans son dos, les deux silhouettes s’animèrent brusquement et Jaffar entendit leurs pas s’approcher sur le tapis étouffé. Il fut tenté de fermer l’œil mais préféra défier le Maître jusqu’au bout. Il ne lui servirait à rien de lutter. S’il parvenait même à vaincre la garde rapprochée du tueur, ce dernier restait à un niveau inatteignable dans l’état actuel des choses. Au moins avait-il mis Yue et Nino hors d’atteinte du monstre. Lui disparu, ni l’une ni l’autre n’aurait à craindre qu’il ne se venge des affronts qu’il lui avait infligés.
- Emmenez-le au cachot.

La phrase traversa l’esprit du Croc Pourpre comme un missile. Le cachot signifiait l’emprisonnement et non la mort... La torture surement, connaissant l’homme, mais la vie ne lui serait pas enlevée. Son regard tomba sur le sourire sadique de l’empoisonneur. Sa surprise était trop visible. Il était peut-être parvenu à cacher ses motivations à l’assassin mais percer les pensées tortueuses de son esprit n’était pas encore à sa portée. Une main gantée de cuir noir et bordeaux se posa sur son épaule. Dans un réflexe brusque, le Croc Pourpre se dégagea avant de faire face à l’inconnu dont le visage disparaissait sous une longue capuche. Tous sentiments disparus, l’assassin laissa son regard inhumain plonger dans les abysses recouvrant le visage de l’homme. Son ton était glacial et meurtrier.
- Ne pose plus jamais la main sur moi si tu tiens à la vie.

Les trois hommes s’affrontèrent du regard pendant un long instant. L’air ambiant se chargea d’électricité tandis que la soif de sang de ses adversaires commençait à transparaître dans leur langage corporel. Du coin de l’œil, le Croc Pourpre observa son maître qui se relâchait au fond de son siège, un sourire cruel aux lèvres. Il ne ferait rien pour arrêter ce qui allait lui arriver. Ni à lui, ni aux autres.

L’un des deux sbires se contracta brutalement mais il fut plus rapide. Sa main tendu plongea dans les replis de la capuche, heurtant la gorge molle et offerte dans un craquement sinistre. L’homme roula à terre, momentanément hors combat. Une lame brilla à l’extrémité de son champ de vision. De son autre main il bloqua le poignet, usant de son poids pour déséquilibrer l’assassin. Vif comme l’éclair, le Croc Pourpre s’empara de la seconde lame qu’on lui avait confisquée et l’enfonça jusqu’à la garde dans l’ombre de la capuche, là où devait se trouver le visage. Un choc, un gargouillis morbide et l’homme abandonna définitivement la lutte. Sa lame n’émit presque aucun son lorsqu’elle s’écrasa sur le tapis.

Jaffar récupéra ses armes et les rengaina. Un jet de sang l’avait atteint à la joue mais le Croc Pourpre ne prit pas soin de l’essuyer. L’assassin qu’il avait frappé à la gorge cherchait toujours à reprendre son souffle en se tortillant au sol et le Maître le regardait avec une fierté morbide. Un instant, Jaffar cru que le tueur allait engager à son tour le combat mais celui-ci se contenta de lui indiquer la porte d’un geste lent et calculé.

- Je suppose que tu connais le chemin.

Hébété, le Croc Pourpre hocha lentement la tête, un air de défi sur le visage. Quoi que lui réservait ce monstre, il ne faiblirait pas. D’un pas maîtrisé, et sans un regard pour le sbire qui se relevait difficilement, le Croc Pourpre sortit. Le long hurlement de douleur du survivant lui parvint quelques secondes après qu’il ait tourné à l’angle. La soif de sang du Maître avait trouvé sur qui se répandre.

Le trajet jusqu’aux cachots lui parut infiniment trop court mais étonnamment, il n’avait pas peur. Pour la première fois depuis longtemps, Jaffar sentait que quelque chose d’autre que sa fidélité au Black fang le soutenait... Et cela le rendait invincible. Une seule cellule était ouverte quand il arriva dans le couloir sombre et humide et le tueur s’y engagea résolument. L’odeur de mort et de sang qui l’assaillit aurait été insoutenable si sa volonté n’était pas d’acier. L’obscurité et le froid l’assaillirent rapidement alors que dans l’ombre une torche éclairait le visage le plus horriblement déformé qu’il n’ait jamais vu. La chose lui présentait deux menottes fermement ancrées au plafond de la cellule. Sur la table à ses côtés se trouvaient divers instruments encroutés de sang.

- Bienvenue seigneur pourpre. Je me prénomme Kleigh, bourreau en chef du Black Fang. Si vous aviez l’obligeance de passer vos bracelets de séjour après avoir laissé vos armes à terre... Je vous en serais infiniment reconnaissant he he he...

Le rire de la chose le glaça jusqu’à la moelle. Et lorsque la porte se referma sur lui, Jaffar s’accrocha à toutes ses convictions avant que les ténèbres et la douleur ne se referment sur lui.
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MessageSujet: Re: La force de nos convictions [PV: Hélène, Jaffar, Llyr, Magus]   Dim 2 Fév - 18:03


Rentrée en ville, Yue ne se sentait pas très fière. Les dégâts étaient nombreux trop nombreux autant au niveau physique que morale. Jaf était resté dans la forêt, un Laguz dans une ville de Beorcs après un tel carnage n’aurait pas été une bonne idée. Yue quant à elle devait veiller sur Cassandra pour lui. La jeune fille était blessée à la gorge mais elle n’en mourrait pas. Mais mentalement, elle semblait absente. Bernard ainsi qu’Hélène avait été emmenés à l’hopital et Sebastian faisait les cent pas devant les autorités pour essayer d’expliquer ce qui venait de se produire. Yue faisait confiance au mage pour trouver une explication plausible.
Elle s’approcha de l’enfant et posa une main sur son épaule avec douceur. Les yeux qu’elle leva vers elle, étaient apeurés.

- Cassandra n’est pas peur, c’est fini. Ils ne viendront plus à toi. C’est fini.

Elle ne répondait pas, elle tremblait… cette sensation d’impuissance de faiblesse… Elle avait peur, tellement peur. Des larmes emplissaient ses yeux et une brûlure vint frapper sa joue. Yue venait de lui décocher une claque monumentale.

- C’est fini Cassandra alors maintenant tu te réveilles et tu avances.

La fermeté dans les yeux de Yue n’avait rien d’effrayant… en fait c’était agréable. Agréable de savoir que dans les pires moments, elle pouvait compter sur quelqu’un pour la rebooster, pour l’empêcher de sombrer un peu plus. Seul le loup arrivait à la tirer de ses ténèbres normalement. Ils étaient fait de la même matière.

- Je ne suis pas sûre d’avoir la force de toujours faire face comme Yue le pense. Comme je le clame. Je ne veux pas perdre les miens à nouveau et il est… il est si puissant…

- Chacun a ses faiblesses Cassandra et je connais celles du Crocs Pourpres. Alors toi tu t’occupes de survivre, eux te protègerons et moi je les protégerais.

- Comme tu l’as fait aujourd’hui ?

- J’ai pas dit que ce serait facile, il nous faudra nous améliorer.

Elle passa une main dans les cheveux de la jeune fille. Oui, il faudrait qu’ils s’améliorent, et elle la première. Elle devra tous les surpasser pour pouvoir les protéger. Mais Yue s’en sentait capable.

- Je voudrais voir Yue.

L’archère prit sa main et l’emmena. De toute façon le temps que tout soit réglé, elles pourraient faire un aller-retour.

***
- Yue !

Le loup roux était étendu de tout son long et respirait difficilement. Il se remettrait de ses blessures mais il avait besoin de repos.

- Cassandra… tu ne devrais pas être ici…

La jeune fille se jeta entre les pattes de la bête.

- Tu me fais mal !

Rugit le loup mais il ne repoussa pas l’étreinte de la jeune fille. Ils étaient beaux, ils étaient tendres. Ni racisme, ni peur entre eux… seulement de l’amour, de l’innocence, de la pureté. Yue protégerait cela.
Le lendemain ils partirent chacun dans leur direction. Jaf et Yue partirent de leur coté pour couvrir le départ de Cassandra, Bernard, Sebastian et Dame Lotsan qui les menait à Hatary. Hélène était restée le temps que son Pégase se remette de ses blessures.
Le combat était fini. Chacun reprendrait ses propres luttes.
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La force de nos convictions [PV: Hélène, Jaffar, Llyr, Magus]

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