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 Wanted ! [PV: April]

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MessageSujet: Wanted ! [PV: April]   Dim 23 Oct - 2:22

Wanted!!!



Vagabondant sans but précis, errant comme une âme en peine, bien que la sienne allait pour le mieux, Personne traversait Criméa. Elle déambulait sur ses grandes routes commerciales sans aucun complexe par rapport à ses vêtements en partie déchiré, sa queue qui battait l’air ou ses oreilles dressées sur le haut de son crâne.
Elle se savait en pays Beorc, pourtant elle n’avait pas peur de leur réaction à sa vue. Ce n’est pas qu’elle était suicidaire, c’était juste que comment, les Beorcs finiraient par les accepter si tout les Laguzs se cachaient. Comment feraient-ils pour les respecter, s’ils se cachaient à leur vue comme des lâches. Il fallait changer ça, leur montrer que l’on méritait leur respect et qu’on était leur égal. Et quoi de mieux que de se balader dans leurs contrées sans peur, les saluer poliment, discuter gaiement.
Bon bien sûr, si elle avait des vêtements plus… présentables, ce serait plus simple et convenable. Et si sa tête n’était pas connue comme celle d’une criminelle ayant détruit une partie de la ville de Mécis et associée à la destruction d’un campement de l’armée de Mélior peut être que les gardes la croisant, n’essaieraient pas de la tuer.

Elle se demandait tout de même comment ils pouvaient la reconnaitre avec les portraits qu’ils avaient. Les croquis représentaient une louve monstrueuse et difforme, l’air féroce, les dents sales de sang et de salive. Elle semblait hurler de douleur, ou bien de férocité et ses bras étaient ouverts comme si elle attendait d’autres victimes. Trois queues hérissées battaient le vent avec puissance et des gerbes sanglantes semblaient l’entourer. Quant à ses mains, des griffes immenses dégoulinantes d’hémoglobine tenaient encore des membres de Beorcs….
Pourtant, elle n’était qu’une jeune fille tout ce qu’il y a de plus mignonne. De jolies bouclettes, une natte épaisse retombant sur frêle épaule, un corps de femme à peine formé, elle était belle de simplicité. Aucun rapport avec cette image…

Enfin en tout cas pas avec celle qu’elle était actuellement.

*Ce doit être les trois queues qui me trahissent…*

Alors qu’elle pensait à ce détail quelque peu spécifique de sa personne, une carriole se profila à l’horizon, alors que les quadrupèdes domestiquaient par l’humain avançaient avec peine. A l’odeur et au bruit, elle distinguait deux quadrupèdes, un humain et trois femelles. Ainsi que de nombreuses senteurs très fortes et très douce… c’était des épices, elle n’aimait pas leur odeur, elles dénaturaient le goût pour elle et ses papilles très sensibles.

Ils se rapprochaient doucement au rythme des sabots et Personne continuait à avancer comme si de rien était. Bientôt, les chevaux commencèrent à s’agiter, l’instinct animal certainement… elle leva la main vers leur échine alors qu’ils passaient à côté d’elle et ils se calmèrent à son contact.
D’un signe de tête elle dit poliment bonjour au marchand et continua sa route comme si de rien était. Celui-ci lui répondit par le même signe de main avant de se figer devant les appendices qui s’échappaient de sa tunique et de sa chevelure.

Apparemment, ça se voyait bien…

- Chérie, reste à l’intérieur avec les enfants, il y a un de ces satanés

- Tu disais quoi chéri ?

- Regarde maman, elle a trois queues de fourrure la jolie demoiselle. Salut !!!

- Ne la regarde pas Alisson, rentre, RENTRE !

Un signe de main, un sourire échangé, puis les cris retentirent, les menaces et la peur. Mais elle ne lisait rien de tout ça dans les yeux de la jeune fille, juste une curiosité maladive, cette curiosité qui ferait que plus tard, ils voudront apprendre à se connaitre et peut être même partager.
Ils n’osèrent pas sortir de leur carriole et continuèrent leur route en continuant à la menacer, elle ne répondit pas, elle n’en avait pas besoin. Les marchands ne lui feraient rien, elle n’avait qu’à craindre les militaires et la milice. Enfin… les craindre était un bien grand mot.

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April
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MessageSujet: Re: Wanted ! [PV: April]   Ven 28 Oct - 0:17

Bleu des songes,
Bleu de l’omission,
Je me noie,
Je me perds
Et j’oublie.

Perdue dans le ciel. La tête levée, je n’étais plus là. Je ne l’avais jamais été. Je me retrouvai de nouveau seule avec moi-même. Avec … « elle ». Nous n’étions que deux dans cet univers totalement reclus. J’étais loin, à nager dans mes songes, oubliant la présence de ces gens … Et j’avais également perdu le fil conducteur de la journée. J’étais arrivée là pour une raison des plus obscures. J’étais … . Mais où était-ce, « là » ? Je ne savais donc plus rien. Je fermai les yeux en soupirant.

Bleu ?

Les paupières closes, je voyais défiler devant moi d’innombrables souvenirs. Des histoires d’enfant, des gens qui meurent … Je voyais beaucoup de choses. Mais de ces merveilles éphémères, je ne retrouvai qu’une chose. Toujours ce détail récurrent, cette horrible marque qui me suivait depuis sa mort, celle qui me menait sur cette nouvelle trace … Je devais tous les tuer. Pour ma propre … survie ? Pour mon plaisir ? Mon divertissement ? Je ne sais plus … Mais … Il y avait toujours le sang, ce liquide vital extrêmement important aux yeux de tous … L’hémoglobine. Elle était là, comme omniprésente, seconde partie de mon être … Objet de ma folie qui me menait sur les traces de tout un chacun pour arracher, décimer, détruire … Je baissai doucement la tête.

… Bleu ou Rouge ? Violet ?

Mais, pendant que je me croyais perdue dans cette désagréable bulle, un bruit, ou plutôt un cri, me réveilla. Doucement, je relevai la tête et ouvris les yeux. Un petit cri pas spécialement désagréable, une voix d’enfant. Un salut, envoyé à l’inconnu. Un salut qui se volatilisait dans les airs après qu’une voix plus posée le rejoigne, se faisant plus inquiète, plus repoussante. Mes améthystes se tournèrent jusqu’à la scène où j’aperçus une femme … avec trois queues. Une Laguz. Je haussai les épaules. Quel était le problème ? Les Beorcs méprisaient donc toujours autant ces créatures ? Les « sous-humains », comme ils les appelaient …

Et nous, étions-nous des méchantes personnes ? Qu’étaient-ce que les marqués, au final ? Des êtres plus repoussants ? Puisque nous étions un croisement de ces deux êtres, devions-nous porter le chapeau des « pires » ? Si telle était sa manière de penser, nous en devenions des choses totalement horribles qui ne méritaient même pas de vivre. Mais le Beorc ne pouvait apprécier ce qu’il ne comprenait pas. Alors il nous dépréciait … Parce qu’il ne comprenait rien ? Ah. Si seulement les temps pouvaient changer … ou … Si quelqu’un pouvait sortir du lot …

Noir, comme le fond de mes pensées.

Et, dans mon incompréhension, quelques murmures s’élevèrent. Des « commères », comme on aurait pu les appeler. Ils balançaient des détails en tout genre, bien que certains s’avéraient très intéressants. Je regardai autour de moi. Un lieu dénué de véritable existence, juste des gens qui vagabondaient. Alors j’étais là pour ça ? Pour … Marcher ? Sans but ? Errer ? Peut-être … J’avais … oublié ? Je resserrai Destiny, la prenant contre ma poitrine, l’oreille tendue pour récupérer les ragots. L’un d’entre eux attira mon attention plus que les autres : Cette fille était … une … criminelle ? Pauvre d’elle. Mais cela me plaisait bien. Meurtrière, voleuse ou autre, qu’importe ? Je me fichai pas mal de la nature de ses délits, c’était une tête à récupérer.

Un sourire naquit sur mes lèvres. De l’argent pour un être … Laguz ou non, je n’en avais pas grand chose à faire. C’était une cible. Qui valait des sous. C’était bien. Huhu. Mon sourire s’agrandit. Je quittai mon immobilité lentement, me rendant jusqu’à la demoiselle en question. Un petit rire s’échappa d’entre mes lèvres tandis que je passai à côté d’elle.

    — Les Beorcs sont viles. Faibles. Incultes. Méchants … Et toi … Tu es repoussée … Cible de ces êtres horribles … Pauvre petite.


Étrange, moi ? Pas le moins du monde. Enfin … Ce n’est que moi qui pense ainsi. Elle ? Je n’en savais rien. Mais mon manège n’était pas fini. Oh non … Je ne faisais qu’actionner le mécanisme. Et les dadas tournaient doucement.

    — Pourtant … Tu fais des efforts … Mais même ces efforts ne sont pas récompensés. Au contraire … On t’envoie continuellement bouler … Pauvre petite ?


J’explosai de rire. Un de ces rires déments qui, habituellement, flanquaient la frousse à n’importe qui. Je passai pour une barge, comme toujours. Et, pour ne pas changer la tendance, je n’en avais absolument rien à faire. Au contraire. J’étais amusée de cette situation, je ne pouvais donc qu’aimer le rôle que j’y jouais. Je m’arrêtai, lui lançant un regard des plus amusés.

    — Mais … Je dois avouer que … La petite histoire qui est contée de ces côtés … Est intéressante … Je suis pas déçue d’être venue … huhu …


Terrifiante. Encore plus. Du moins, c’est ce que je pensais. Je reculai un peu, serrant Destiny. Nous allions jouer. À chat ? Ce serait ma souris. Et, au lieu d’être un tout-bête passe-temps pour enfant, ce serait une chasse. Une chasse au Laguz. Avec pour but de la tuer. Ou juste de récupérer le corps en état.

Je me fichai de l’argent, je voulais juste jouer. Passer cette longue journée qu’était la mienne. Ne pas sombrer.

Bleu. Rouge. Violet. Noir … ou Blanc ?
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MessageSujet: Re: Wanted ! [PV: April]   Sam 12 Nov - 15:49


Personne était satisfaite. Les anciennes générations semblaient marquées par la guerre qui avait opposé leurs deux nations, mais la nouvelle qui ne l’avait pas vécue semblait plus réceptive aux bonnes intentions de leurs anciens adversaires. La seule choses qu’il fallait éviter, c’était que l’ancienne génération ne transmette leur haine à la nouvelle. Certains détesteront les Laguzs par simple copie de leurs parents, mais d’autres, plus curieux, plus intelligents, plus intéressants, verront qu’au final, nous ne somme pas si différent.
Personne souhaitait plus que tout trouver les lueurs d’espoir de l’avenir, elle en avait déjà rencontré quelques unes, elle espérait en croiser d’autre, des personnes capables de changer les préjugés, des personnes capables de changer le monde pour l’unir. Etait-elle trop idéaliste, elle qui avant, massacrait et tuait quiconque risquait de sans prendre aux siens, elle qui avait durant bien des années dénigré les humains.

Elle avait lu de nombreux livre sur eux et leur barbarie, elle les avait vu brûler les siens vivants, elle les avait vu, enfermer ses congénères dans des cages à peine assez grande pour qu’ils puissent s’asseoir… Mais elle avait aussi vu des Beorcs tendre la main à la Laguz qu’elle était, elle avait déjà était soignée par eux, elle avait même été aimé par eux…

Le monde n’est ni blanc, ni noir. Il est un mélange de gris aux nuances diverses et magnifiques…

— Les Beorcs sont viles. Faibles. Incultes. Méchants … Et toi … Tu es repoussée … Cible de ces êtres horribles … Pauvre petite.

Personne avait vu, cette tâche d’un noir sombre, arriver de loin. Et c’est avec un certain dédain qu’elle l’ignora. Elle avait raison, et alors ? Il fallait bien que quelqu’un fasse le premier pas. Il n’y avait pas de honte à se faire rejeter. Quant aux Beorcs, il est vrai qu’ils étaient faibles, incultes et méchants mais ils n’étaient pas les seules. Il suffisait de leur apprendre.

— Pourtant … Tu fais des efforts … Mais même ces efforts ne sont pas récompensés. Au contraire … On t’envoie continuellement bouler … Pauvre petite

Que lui voulait-elle ? Jouer avec ses nerfs, voir à quel point elle pourrait tenir sans lui montrer la bestialité des Laguzs ? Elle serait déçue de voir que Personne n’avait absolument aucune patience… Si elle voulait jouer au chat et à la souris, il fallait qu’elle sache, que elle, c’était un loup.

— Mais … Je dois avouer que … La petite histoire qui est contée de ces côtés … Est intéressante … Je suis pas déçue d’être venue … huhu …

Personne regarda avec attention le visage satisfait de la jeune femme. Elle riait comme une démente, toutes ses expressions reflétait la folie et sa gestuelle presque possessive sur sa … poupée, laisser paraître un besoin de se rattacher à quelque chose de tangible.

Elle faisait pitié…

La louve s’inclina devant elle dans un signe de salut respectueux mais lorsqu’elle se releva, on ne pouvait lire sur son visage qu’un intense désintérêt, jetant un froid glacial à l’atmosphère entourant les jeunes filles. Puis elle se retourna, et reprit la route.

Sous son chapeau, ses oreilles baissées vers l’arrière lui permettait de percevoir tous les déplacement de la jeune femme. Elle sentait qu’il ne fallait pas la sous-estimer mais elle ne lui donnerait pas la satisfaction de partir en la regardant. Non, elle méritait qu’on lui tourne le dos…
Ses mains habilement placée de telle sorte qu’on ne puisse pas le voir de derrière, se recouvrait d’un fin duvet de velours alors que ses ongles se durcissaient pour devenir noir, plus épais et plus tranchant.
Instantanément, elle repéra également une l’odeur de forêt où elle savait que s’il devait y avoir affrontement, ce serait plus pratique pour ne pas être vu des potentiels Beorcs au profil intéressant.

Cependant, si elle voulait faire attention à ne pas être vue, l’autre… Enfin ce n’est pas comme si elle avait un avis de recherche sur la figure elle. Si elle faisait du bordel on lui en voudrait bien moins qu’à la louve qui en plus d’être une Laguz, était activement recherchée.

Accélérant sa foulée, elle s’éloigna de la noirceur de cette fille.


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MessageSujet: Re: Wanted ! [PV: April]   Lun 21 Nov - 16:15

Elle était partie. Après un joli petit salut, aussi respectueux que possible, elle était partie. Bouh. C’était pas drôle. Je voulais pas courir, moi. Bon. Je me mis à marcher, suivant sa trace. C’était une criminelle, après tout. Et même si je ne désirai aucun argent, j’étais là pour lui faire le plus de mal possible. La tuer ? Pourquoi pas. Je ne savais d’elle que le fait que sa tête était mise à prix. Le reste m’était inconnu. La ramener vivante, morte, sans tête, sans queue … Puisque je n’avais connaissance d’aucune clause du contrat, je n’avais qu’à agir à ma manière. Comment ça, cette idée n’inspirait rien de bon ? Ce serait une bataille, quoi de plus ? Du sang … Bon, d’accord, du sang, peut-être beaucoup. Mais … Et alors ? Ce monde ne fonctionnait-il pas de cette manière ?

Renforçant mon étreinte sur la main de Destiny, j’accélérai le pas, de sorte à ce que la petite louve ne me sème pas. Si le lapin s’échappait des griffes du cuisinier, à quoi servait-il ? Le cuisinier n’avait pas que ça à faire de courir, courir et encore courir, après tout. La seule chose à faire consistait à garder un œil vigilant sur la bête et, d’un coup, surgir ! Et après, au lieu de faire des chocapics, bah ça faisait du sang voire des morts ! Et après ça, les gens ont osé me dire que la vie était dure et moche. Eh bien … Je devais être débile parce que je n’arrivais pas à les comprendre …

Après, peut-être que ma manière de penser n’allait pas avec la leur ? Je ne voulais que jouer, le reste ne m’avait jamais importé. Mon seul but, bien que futile aux prunelles de beaucoup de personnes, était de prendre la vie de tout un tas de personnes. Et, même si je devais passer par des caprices divers et variés, du moment que j’arrivais à mon but, le reste m’importait peu. Tuer ? Oh, ce n’était qu’un détail parmi tant d’autres, ça. Ce n’était pas forcément nécessaire. À moins que. Cette louve pouvait très bien être une excellente joueuse et, de fait, être une maitresse du bluff. Dans ce cas, je serai niquée comme jamais. Ainsi, le boomerang envoyé me reviendrait en pleine face et je n’aurai qu’à pleurer. Cette hypothèse, bien qu’elle puisse paraître terrifiante, me semblait plutôt drôle et m’enfonçait dans ma bêtise.

Ce jeu s’annonçait plus qu’intéressant, au final. Eloignée de la route, j’accélérai le pas, me rapprochant d’une forêt. Intéressant … Ici, elle serait légèrement « protégée » des regards, pouvant à la fois me taper dessus super violemment et éviter de se faire choper comme une débutante. Pierre deux coups. Intelligente, la petite bête. C’en devenait d’autant plus intéressant. Puis, en sachant pertinemment que je me battrai contre elle, je ne pouvais m’attendre à tomber sur une débile qui taperait dans le tas. Après tout … Rares étaient les criminels recherchés pour des meurtres faits à l’arrache. Cette louve devait être plutôt futée pour avoir une prime sur la patte.

Et même ce détail ne me donnait pas envie de reculer. Se mesurer à plus fort que soi – ou se dresser face à quelqu’un d’équivalent, qu’en savais-je ? – était toujours très instructif, non ? Certes, c’était aussi dangereux qu’idiot mais … J’étais folle, non ? L’insouciance et l’incapacité d’avoir peur du danger étaient deux choses qui rendaient ma mentalité telle quelle. Je n’avais pas peur de mourir. Au pire, je m’inclinerai après un joli combat et ma vie de pion prendrait fin. De ce fait, je n’aurai plus besoin de réfléchir à une vieille excuse pour ne pas me voir comme un objet de la société – bien que je m’en fichai pas mal. Bon, je ne pourrai plus penser comme une enfant irréfléchie, après ça, mais tant pis. Un mal pour un bien, non ?

J’accélérai encore, courant à moitié, me trouvant à l’orée des bois. Ici, je me fis plus méfiante. La louve pouvait se trouver n’importe où et me tomber dessus n’importe quand. Ce serait con de m’en prendre plein la face directement, non ? Ce serait digne d’une novice. Et je ne pensais pas en être. J’avais beau ne pas réfléchir de manière « saine », je me débrouillais plutôt pas mal sur un champ de bataille. Certes, je m’étais souvent demandé comment j’avais survécu à certaines situations mais … J’étais toujours vivante, c’était le principal.

    — Petite, petite, petite …


Un appel lancé à l’inconnu, toujours aussi provocateur. Petite … Pauvre petite … Sa manière de penser contredisait totalement la mienne. Tenter d’être gentille avec des ordures qui ne peuvent que vous envoyer paître ? Ridicule. Mais. C’était son problème. Je pénétrai doucement dans la forêt, plaçant Destiny dans la capuche de ma cape, gardant une main préventive sur Satsugai. Si j’avais à me battre … Autant être prête d’office à attaquer.
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MessageSujet: Re: Wanted ! [PV: April]   Mar 22 Nov - 11:19


Pénétrer dans la forêt était comme pénétrer dans la gueule du loup… Etait-elle complètement inconsciente ? Suivre une louve dans la forêt là où tous ses congénères pourraient répondre à son appel, là où le bois épais, la verdure fournie et les odeurs fraiches et humides la masquaient totalement. Avec ses longs cheveux blonds et bouclés et ses vêtements plus que voyant ainsi que son odeur marquée de Beorc… même les yeux fermés, elle aurait su où elle était, ce qui n’était pas le cas de la Beorc.

~~Petite, petite, petite~~

Ce rendait-elle seulement compte de sa situation ?


Ce rendait-elle compte que si elle continuait ainsi…
elle mourait ?
Personne n’était pas assez magnanime pour réfléchir au cas où elle était folle, complètement instable. A une autre époque, elle l’aurait surement tuée avant qu’elle ne dise un mot, en prévention du mot qu’elle aurait pu dire. Mais aujourd’hui, elle préférait la laisser parler, et la juger en conséquence. Or son jugement se dirigeait petit à petit vers « la mort ».
Sa conclusion était simple, aux premières vues, cette femme était un danger pour le rêve de Personne. Son caractère déséquilibré, son attitude juvénile, son manque de maturité… elle n’était pas faite pour vivre dans un monde de paix. Peut être, Personne devait-elle mettre fin à cette vie de chaos qu’était la sienne. De toute façon, elle ne comptait pas mourir et elle doutait que la jeune femme se contente d’un petit combat où chacun rentre chez soit à la fin. Si elles devaient se battre se serait certainement à mort… Bien que cette idée ne déplaise à Personne.

Subrepticement, elle s’était cachée dans les arbres s’aidant de ses doigts pour se maintenir sur les branches fines. Son souffle sourd et la légèreté de ses pas faisaient d’elle une ombre dans ses bois. Par moment elle faisait exprès d’émettre un son, de faire tomber une branche pour montrer à la Beorc qu’elle était là, mais elle tournait autour d’elle comme un vautour autour d’une carcasse. Chaque son venait d’un endroit différent pour faire penser à sa proie qu’elle était acculée, encerclée, piégée.

***
Ça faisait longtemps que je n’avais pas utilisé une telle technique,… la dernière fois, nous étions 3, une petite meute mais une meute quand même. Chasser une proie en famille, lui faire tellement peur qu’elle finit par vouloir se suicider. La suivre, heure après heure jusqu’à ce qu’elle soit tellement épuisée qu’elle s’écrase d’elle-même sur le sol et qu’elle s’offre à nos crocs.
J’aimais la chasse avec mes amis… Mais la chasse à l’homme… il n’y a que les Beorc pour y prendre du plaisir.

***
Plus silencieuse que la tigresse qu’elle était, elle descendit de l’arbre en un bond souple et atterrit derrière la jeune femme. Sa patte de velours rencontra le sol et faisant rouler les muscles de ses épaules, elle prit appuie sur ses pattes arrières et plongea sur sa proie, plus vive que le serpent.
Elle n’avait pas l’intention de la tuer en un seul assaut, avec un peu de change, elle allait réussir à lui faire peur, car étrangement Personne sentait que c’était de ça qu’elle avait besoin. Elle avait besoin que quelqu’un lui fasse peur pour lui montrer qu’elle tenait à la vie, pour la sortir de son insouciance.
Et quoi de mieux pour un jolie chaperon violet qu’un énorme loup-garou ?


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MessageSujet: Re: Wanted ! [PV: April]   Sam 26 Nov - 22:48

Novice. Faible gamine. J’étais entrée doucement dans la forêt, me mettant à découvert. La louve n’avait plus qu’à se jeter sur moi et me dévorer. J’étais sa cible. Et j’étais une proie débile qui venait de sauter à pieds joints dans son piège. Maligne, hein ? Pourtant, je n’en avais rien à faire. Découverte ? Vulnérable ? Fragile ? Future décédée ? Haha.~ Quel dommage. Si c’était maintenant que devaient sonner le glas de ma fin et que la faux du sommeil éternel devait me couper la tête, soit. Je voulais juste … Jouer. Et si ce jeu représentait l’ultime, j’y jouerais avec ardeur, mettant tout mon cœur à l’ouvrage. Mais … allais-je vraiment mourir ? Je me basais trop sur cette idée. Mourir …

Après tout, vu ma situation, je ne pouvais que penser de cette manière. Des bruits parvenant de toute part semblaient m’entourer, m’encercler, j’étais piégée, c’en devenait une certitude. Horrible certitude. Immobile, je tentai de me concentrer. Cependant, mon esprit, trop atteint par les divers sons qui retentissaient, se laissait dévorer par la démence et m’empêchai de réfléchir correctement. Avais-je … peur ? Mon propre mutisme me détruisait mentalement. Moins je bougeai, plus la folie prenait place en mon esprit pour me ronger, m’emmener dans une dimension similaire où j’étais la seule maitresse, dans une dimension qui me permettait de me calmer. Mais ici … je n’aurai jamais le temps de retrouver mon calme. Surveillée, pistée, traquée … J’étais telle la brebis entre les griffes du loup, tel le petit chaperon qui fait la route jusqu’à chez mère-grand et qui, par malheur, perd la route en plein milieu de la forêt et finit par attirer celui qui le dévorera.

Silencieuse, rongée, détruite, je restai immobile, jusqu’à ce que ma torpeur prenne fin par une attaque … surprise ? Comme si je ne m’y attendais pas … Mais je m’y attendais tellement que, lorsque je voulus éviter, je ne fis bouger mon pied que de manière à prévoir un appui. Pourtant, son poids m’emporta contre terre. D’ici, je ne voyais que ses crocs, rien de plus que ça … Des crocs aiguisés qui menaçaient de déchiqueter ma peau. Ces armes naturelles qui faisaient des loups une véritable race de prédateurs, des êtres de chair qui s’avéraient être extrêmement dangereux. Et moi, faible marquée, je n’avais le choix que de me défendre au mieux pour ne pas mourir. Mais une fois pistée, la proie était traquée et … finissait par être dévorée.

D’un mouvement leste, je la repoussai pour me relever. Sa masse, malgré qu’elle soit plus élevée que la mienne, finit par être ôtée de mon corps, ce qui me permit de me remettre debout. Mon premier réflexe fut de porter ma main à la capuche de ma cape. Je ne trouvai pas Destiny. Les battements de mon cœur s’accélérèrent, je reculai d’un bond, m’éloignant d’autant plus de la louve. Je regardai à terre, voyant le petit corps de chiffon. À terre. Sale. Pleine de poussière. Une chute.

Je la ramassai, relevant mes prunelles avec haine. Destiny. Par terre. Dans la crasse. Ma Destiny. Salie. Souillée par la terre. C’était … Un crime. Il ne fallait pas toucher ma poupée. De près, de loin, de n’importe quelle manière. Jamais personne ne devait lui faire … de mal ? Destiny …

Je serrai doucement les poings, l’envoyant dans ma capuche à nouveau, posant une main sur Satsugai. Combat. Haine. Sang. Souffrance. Douleur. Crime. Pas de pitié. Jamais. Elle allait … prendre. Et avoir mal. Je voulais l’entendre hurler, l’entendre souffrir. Un sourire prit place sur mes lèvres, un sourire sadique. Mon regard devint légèrement vide, tandis que je perdis la notion de réalité. Je n’étais plus entre le rationnel et l’irrationnel, au contraire, je ne savais même plus lequel était l’un, lequel était l’autre. J’étais juste … là.

Je la fixai, prenant Satsugai et l’agitant dans un geste rapide, faisant une sorte d’aller-retour, usant de la partie déchiqueteuse de l’arme. Je devais déchirer. Percer. Pas trancher. Puis je la retournai, reculant légèrement d’un bond avant de lui porter un coup latéral. Je m’écartai encore, faisant en sorte de garder Destiny dans ma capuche. Je regardai autour de moi, me détaillant le terrain. Ici, elle était avantagée. Mais ici, je ferai en sorte que tout se retourne contre elle. N’ayant pas fait gaffe à l’impact de mes coups, sachant que j’avais promptement reculé juste après les coups.

Je pouvais encore voir le monde, je pouvais encore le fixer de manière « normale », n’ayant aucune vision trouble pour l’instant. Je n’étais ni nette, ni atteinte, j’étais juste entre les deux, à la recherche du calme mais de la tempête. Je voulais le calme mais aussi la destruction.

    — Ne comprends-tu pas qu’il ne peut y avoir de paix et de beauté entre les Beorcs, nous autres les Marqués et vous, les Laguzs ? Quand voudras-tu l’assimiler ? Rien ne changera jamais. Nous sommes les pions les uns des autres, admets-le.


Je gardai mon arme en main, la fixant avec froideur. Pauvre naïve. Elle n’obtiendrait jamais rien de plus que la haine de tout un chacun. Naïve. Il fallait lui apprendre ce que la vie était et que l’espoir n’avait pas sa place ici-bas. Il lui fallait assimiler cette notion. Et si je devais frapper pour que ça rentre, je frapperai. Aucun problème.~

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MessageSujet: Re: Wanted ! [PV: April]   Lun 5 Déc - 23:45


Elle était agile, elle était vive… Personne s’en était douté à la simple vue de l’aura qu’elle déployait. Que ce soit de la rage, de la peur, ou simplement de l’ennui, cette femme ne devait pas être sous estimée, car pour ces trois raisons, elle tuerait sans la moindre hésitation et Personne le savait.
Elle était comme une bête sauvage perdue dans les ténèbres mais aux lieux de se laisser abattre, elle avait vécu parmi elle, ou plutôt survécu comme elle le pouvait. La folie ne l’avait atteinte qu’en partie, Personne n’aurait pu en dire autant d’elle s’il n’y avait pas eu Tabatha pour la soutenir et lui tendre la main.

Tout le monde possède ses ténèbres, et tout le monde l’affronte comme il le peut, avec plus ou moins de lâcheté, avec plus ou moins de courage… Si son chemin l’avait mené à ce qu’elle était maintenant, une marquée désenchantée, désespérée et entièrement seule, Personne ne la jugerait pas. Après tout son chemin à elle l’avait mené sur celui de la destruction avant qu’elle ne prenne cette bifurcation pour se diriger vers un avenir de paix, d’amour et d’entente.

Lorsqu’elle se releva et ragea devant la souillure de sa poupée, Personne la trouva attendrissante, ce n’était qu’une enfant qui n’avait pas eu le temps de grandir. La louve quant à elle, était une adulte dès son plus jeune âge n’ayant jamais eu d’enfance ou le temps d’en vivre une. Elle lança une offensive des plus destructrices alors qu’avec un simple jeu de métamorphoses en chaîne, la louve réussissait à esquiver les coups d’estocs. La comprenait-elle, la voyait-elle cette technique qui avait fait de Personne un monstre du combat. Cette capacité unique que possédait l’hybride qu’elle était. A chaque mouvement de la lancière, à chaque pointe que s’approchait de l’abdomen de la jeune fille, celle-ci reprenait partiellement forme humaine à l’endroit de l’impacte, simulant le contact, elle restait en réalité indemne de toutes blessures, car aucune ne l’atteignait réellement.
Il y avait une telle différence entre sa taille humaine et sa taille de louve que facilement 20cm faisait défaut à la lancière. Cependant, cette technique n’était qu’éphémère, car toute personne se rendant compte qu’elle ne touche pas sa cible, la plantera plus profondément.

Ainsi, au bout d’une demi-douzaine d’attaque, si la soldate n’avait peut être pas remarqué les oscillations du corps de la louve, elle se posait des questions et c’est à ce moment là, que Personne se devait d’agir. Alors que la lame, plus vive et plus profonde perçait sa garde, la jeune fauve se jeta sur le coté, sacrifiant un morceau de sa tunique ainsi qu’une perle de sang. Son regard croisa celui un peu fou de la demoiselle et le sien se fit dur, désagréable, lourd de sens. On y lisait de la désapprobation, et peut être même une pointe de mépris. Pourtant, ce mépris n’était pas pour la jeune fille luttant dans les ténèbres, mais pour celle qui les avait acceptées comme sa demeure.
En une fraction de seconde, elle reprit une forme hybride portant son corps svelte de jeune femme sur des pattes arquées de canidé. La fourrure de ses jambes fines et dont tous les muscles ressortaient durs et solides, disparaissait et fusionnait avec la peau hâlée d’un haut de cuisse d’une finesse élégante. Elle se tenait le buste légèrement penché en avant alors qu’au bout de chacune de ses mains les griffes acérées de la tigresse qui l’avait mise au monde sortaient de sous la chair pour former les armes les plus acérées qui puisse.

Soudain, l’une de ses mains se posa au sol alors qu’elle écrivait du bout de sa griffe en caractère épais des mots invisibles à April de là où elle était. Lentement, les mains toujours tendues en signe d’attaque, elle s’éloigna pour laisser, la Beorc, lire ses paroles…

Je n’ai pas la moindre attention de perdre face à un être tel que toi,
Je n’ai pas envie de te donner la satisfaction de t’ôter la vie.
Puisque je ne te fais pas peur, je préfère être couard
Et disparaître dans la forêt infinie.
Le temps que le texte soit lu, Personne avait de nouveau disparut dans les ténèbres de la forêt, ses ténèbres à elle Cette fois-ci, elle ne l’attaquerait pas en fourbe, elle partait dans les montagnes. La lancière pourrait certainement la suivre, cependant pendant combien de temps ? Etait-elle assez atteinte pour suivre une louve en forêt, un être qui pouvait ne se nourrir qu’une fois par semaine ? Et pourquoi le ferrait-elle ? Pour se prouver qu’elle pouvait la tuer ?

Pourquoi pas, si elle réussissait à la suivre là où elle allait, peut être Personne essaierait de la guider sur le droit chemin.

----------------------------------------------------

[Hrp] : Alors, en gros personne t’as fait faux-bon, tu as surement du la voir partir mais même si c’est le cas, vas rattraper un laguz mi-loup, mi-humain dans une forêt. Je ne dis pas que tu ne peux pas la pister par contre ^^
Pour information, elle se dirige vers une rivière et après elle montera une montagne. (je sais pas pourquoi mais j’ai envie que ce soit ainsi ^^)
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April
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MessageSujet: Re: Wanted ! [PV: April]   Ven 23 Déc - 19:14

Can you find someone who hear your prayers ?

Prier. Prier encore et encore. Prier pour survivre. Pour voir le monde se mettre à tourner selon notre sens, suivant nos envies. Prier pour que nos rêves se réalisent un jour. Prier pour ne pas mourir. Prier pour tant de choses. Prier pour quelqu’un d’inexistant.
Parler dans le vide en croyant être entendu. Parler à ces êtres créés par les mythes ridicules que le temps a perpétués. Croire en tout, croire en rien. Croire en eux pour finalement être trahi.
Les temps pouvaient-ils changer ? Avait-elle la capacité de tout modifier ?


Chacun de mes coups transperçait le vide, n’atteignant pas même un de ses cheveux. Ou peut-être devrais-je dire « poil » ? Son corps alternait entre loup et humain à une vitesse affolante, jusqu’à ce qu’à un moment, tout s’arrête. Le jeu se calma d’un coup et, pile à ce moment-là, mon coup l’atteignit. C’était peu. Mais juste assez pour qu’une perle de sang aille s’écraser contre le sol. Elle avait bougé. Suite à l’accélération de mon mouvement, elle s’était défendue en évitant. Je la fixai, croisant le lourd regard qu’elle m’adressait.

Alors quoi ? Je ne représentais qu’une folle en mal de meurtres ? Mais n’était-ce pas la réalité ? Ma réalité ? Ma vie ne se construisait-elle pas sur cette horrible haine qui traversait mes veines ? Mon existence n’était-elle pas étroitement liée à mon enfance désagréable ? Mais ça … Peut-être lui apparaissait-ce comme inconcevable ? De la même manière que je voyais ses pensées ? Croire en l’humanité. Croire en la cohabitation de chacun … Pourquoi ne comprenais-je pas ? Mon esprit faisait trop l’impasse sur cette possibilité.
Tout le monde était discriminé. Personne n’était véritablement aimé et digne de confiance. Il lui fallait arrêter d’y croire.


Puis, pendant que je me perdais dans ces noires pensées, un petit bruit, quasiment inaudible, me fit revenir sur terre. Je posai mes prunelles sur la louve qui, apparemment, me transmettait un message écrit. Je penchai doucement la tête. La peur ? La mort ? Disparaitre ? … Courir … ? QUOI ?! Encore ?!
Je soupirai. Un soupir inutile puisque, lorsque je relevai les yeux, la louve disparaissait déjà dans la forêt. Mon premier réflexe fut de donner un grand coup de pieds dans la terre. Avec ça, le message disparut. Tant pis. Rien à foutre. J’en avais décidément marre de lui courir après. Elle ne voulait pas me tuer mais, à l’inverse et, étrangement, moi, j’en avais envie. Pour Destiny. Pour faire passer mon temps. Et par désir.


Je me mis donc à courir, la pistant du mieux que je le pouvais, selon les traces de sang laissées au sol. Préalablement, j’avais pris le soin de ramasser le morceau de sa tunique. Ce précieux indice, entre d’autres mains que les miennes, pourrait s’avérer extrêmement dangereux pour elle. Je n’étais qu’un soldat, incapable de faire une vraie partie de chasse, las de devoir faire une course interminable contre une louve qui n’était pas capable de se défendre. Pourquoi tenter d’aller à l’encontre des règles établies par le temps ? Pourquoi être aussi naïve ? Je ne comprenais vraiment pas.

Je soupirai, tentant de rallier une opinion je-m’en-foutiste au possible, bien que cela s’avérait difficile. La faire changer d’avis ne serait pas une mince affaire. De fait, je devrai me débrouiller pour l’empêcher de penser tout court. Cela revenait alors à l’objectif de départ : Le meurtre. La tuer. Oh, ce ne devait pas être très difficile. Il me suffisait juste de l’immobiliser. Ou d’attirer son attention à tel point qu’elle se battrait contre moi. La deuxième idée était cependant plus complexe à réaliser, au vu de tout ce qui venait de se dérouler.

Who hear your prayers ?

Je courais encore, suivant à la trace les petites marques de sang laissées au sol. Celles-ci, légèrement indistinctes, étaient encore assez fraiches pour que je puisse me diriger aisément avec. Serrant Destiny d’une main, j’accélérai le pas. Plus vite. Pour ne pas qu’elle s’échappe. Ce serait dommage, après tout, non ? Ne faisant plus trop attention aux traces de sang, je finis par arriver non-loin d’une rivière, là où se trouvait justement la laguz. Je souris, resserrant mon emprise sur la poupée.

    Ne t’en fais pas mon ange. Je vais te venger … Venger tes souillures … Et satisfaire mes désirs.


Je m’approchai de nouveau, plus lentement cette fois-ci, bien décidée à faire mal à la louve pour mettre un terme à cette chasse. Cependant, alors que je brandis Satsugai de ma main libre, elle me fixa quelques secondes et se remit à courir. La chasse ne faisait donc que commencer, n’est-ce pas ? Il était alors temps de vraiment s’y mettre ? De ne plus rien laisser passer ? Soit.
J’en fis de même, courant le plus vite possible, ne cherchant pas à regarder ce qui pouvait se passer autour de moi ou comment se modifiait le terrain. J’étais une unité de l’infanterie, chacun des terrains pouvait m’aller. Tout me convenait. Sauf si le ciel était mêlé à la bataille. Mais cela ne risquait pas d’arriver. Après tout, ma cible se battait sur la terre ferme, comme moi.


Toujours dans la même course, la suivant du mieux que je pouvais, je la vis s’arrêter. J’en fis de même, regardant finalement autour de moi. La montagne. Le froid. Le manque d’air. Mes yeux firent le tour de ce qui m’entourait avant de se reposer sur la demoiselle.

    « — Ça y est ? Tu as fini de courir ? Il est temps d’affronter un ennemi qui ne prend pas peur de ta carrure, non ? Tu es un loup, et alors ? Ouvre les yeux. Si tu continues de fuir, tu tomberas sur pire que moi. Autant t’arrêter maintenant, non ? Ainsi, tu te débarrasses de moi et tout est terminé. »


Encore une fois, je fus confrontée au silence. Un silence pesant qui signifiait tant de choses. Tant de réalités que je ne voulais pas accepter. Je soupirai de nouveau. Je n’étais qu’une cible de plus. Un souffle à étouffer, une voix à faire taire, un « truc » qui ne devrait même pas être là. Pourtant, j’étais présente, là se trouvait la source du problème. Moi vivante, sa course ne se terminerait jamais. Alors pourquoi ? Pourquoi ne pas me tuer ?

Doucement, je tapai du pied, saisissant Satsugai avec une lenteur inhabituelle. Bougerait-elle en me voyant agir ainsi ? Je n’en savais pas grand-chose … Mais je ne voulais pas le savoir. Je m’élançai à nouveau contre la louve, oubliant chacun des détails qui me rendaient inférieure à elle, me transformant en une véritable chasseresse. Désormais, nous représentions deux corps l’un face à l’autre, deux esprits s’affrontant de manière à ce qu’il n’y en ait qu’un qui puisse continuer de réfléchir.

J’oubliai chacun des détails qui pouvait me maintenir sur cette planète et me jetai à corps perdu contre la louve, lance pointée en avant, prête à tout décimer. Il était temps …

I can’t hear your prayers.
I just want to hear your screams.
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MessageSujet: Re: Wanted ! [PV: April]   Sam 7 Jan - 22:25


Elle avait parcouru les bois, et elle les avait trouvé, ceux qui feraient la différence entre elle deux, ce qui ferait qu’au finale elle vaincrait alors que cette humaine comprendrait peut être. Ils étaient près de la rivière et étaient parti à l’arrivée loin d’être discrète de la jeune femme.
Maintenant, elle n’avait plus qu’à trouver un endroit bien dégagé pour sa mise en scène. Elle replongea dans sa course cherchant les hauteurs, cherchant la clarté du soleil et la chaleur de ses rayons. Ne courant plus assez vite pour ne pas la semer, elle la mena dans les hautes collines, les hautes falaises que lui avaient ses amis quelques peu particulier.

Ne jamais s’attaquer à une Laguz louve dans son élément. Elle lui enseignerait cette leçon en même temps que celle de la tolérance pour son prochain qui qu’il soit. Elle comprendrait que si elle ne l’affrontait pas, ce n’était pas parce qu’elle n’était pas assez puissante pour la tuer, mais parce qu’elle ne l’était pas assez pour épargner sa vie.
Elle la vit arriver, elle la vit reprendre sa respiration là où l’oxygène se faisait rare et maintenant, elle lui faisait face, elle ne fuirait plus. Elle n’en avait plus besoin car ici et maintenant, elle allait lui montrer ce qui la rendait faible, plus faible que cette enfant dans la carriole, plus faible qu’une danseuse poursuivant un but,…

Son visage impassible la toisa. Personne se sentait puissante, elle se sentait invincible car en ses lieux, elle l’était. Ses yeux se posèrent pleins de clémence sur la jeune femme et ouvrit les bras pour accueillir son coup de lance. Elle avait repris son aspect de jeune fille innocente et plus rien sur son corps, dans sa posture ne laissait transparaitre une once de violence.

La lance fusa sur elle plus mordante et cruelle que jamais. Soudain, un hurlement raisonna autour d’elle répercutant sur les roches, les pierres et la falaise.

La lance atteignit sa cible, la transperçant de part en part, sur le coté de son ventre. Elle saignait.

Les deux femmes étaient maintenant face à face à deux centimètres l’une de l’autre. Et le sourire de la jeune femme se fit victorieux. Pourtant, elle venait de signer sa perte. Le bras de Personne se transforma, à cette distance, elle pouvait la transpercer mais au lieu de ça, elle saisit le cou de la soldate la bloquant de toute sa force et l’empêchant de s’échapper. Elle ne pouvait plus partir.
Autour d’eux, les alentours s’étaient remplis de loups, créatures féroces qui était sans aucun doute du coté de la Laguz. Personne posa sont autre main sur la lance et alors qu’elle prenait sa taille lycanthrope, elle soulevait au dessus du sol la jeune Marquée. De sa main posée sur la lance, elle l’arracha de son corps dans une gerbe de sang mais en bronchant à peine. Elle la jeta parmi les loups l’entourant et l’un d’entre eux s’en saisit entre ses mâchoires puissantes. Elle aurait pu faire de même avec la poupée mais non…
Avec une violence appuyée par les grognements des bêtes, elle étala la jeune fille au sol qui se débattit faisant preuve d’une force incroyable. Mais que pouvait-elle faire entourée des loups féroces et maitrisée par une lycan.
L’hybride se montrait bien méchante. Pourtant, elle ne la tuerait pas, elle n’agissait plus ainsi. Elle reprit sa forme normale et s’assit à califourchon sur la soldate les loups maitrisant ses membres pour la maintenir immobile.

Personne saisit alors un parchemin et une plume. Elle pouvait parler mais n’avait pas envie pour un être tel qu’elle.

Sais-tu pourquoi je suis plus forte que toi, parce que je ne suis pas seule.
Les loups répondirent à cette affirmation par un hurlement d’une douceur incroyable. Alors que l’un d’eux venait frotter le haut de sa tête contre le genou de la jeune femme.

Tu ne peux me battre car j’ai un but, un objectif et je crois en mes rêves. Toi, tu n’as rien.
Toi, qui est là pour te soutenir. Ta poupée ? Ta lance ?
Je vais te dire, tu es faible car il te manque quelque chose.

Elle se pencha alors sur son bras, arracha sa manche et de sa plume, elle grava un message indélébile sur sa peau.

« Crois en ton prochain »
Elle se releva et d’un signe de main la meute disparut alors qu’elle récupérait sa lance. Sans animosité, elle la balança près du corps de la soldate et s’écarta. Elle lui laissa digérer, laissa passer quelques secondes puis lui tendit la main pour lui permettre de se relever

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MessageSujet: Re: Wanted ! [PV: April]   Mer 18 Jan - 19:37

Mourir. S’obstiner à courir jusqu’à la faucheuse, cette princesse avide d’âmes déboussolées. Courir droit dans le mur, sans jamais s’arrêter. Au contraire, elle accélérait. Sa vie n’avait jamais eu de sens, ses actes non plus alors … à quoi bon subsister un peu plus ? Il suffisait de si peu de choses à cette louve pour la détruire. Si peu. Tellement que c’en était dérangeant pour April.
Malgré sa précision, malgré sa faculté à toucher sa cible, le plaisir ne venait pas. Non, il ne venait plus, laissant un corps déserté de toute envie de jouer. Y avait-il un sens à tout ça ? Cette course-poursuite l’avait amusée, au début … Et du rire, elle était passée à la lassitude. Ce sentiment désagréable de ne plus aimer ce qu’elle faisait. Mais … Cette sensation … Etait-elle réellement originaire de cette pensée ? April ne savait pas. April perdait toute capacité à comprendre. Et, au fur et à mesure, elle devenait aussi vide qu’une coquille.

Tant de choses lui échappaient. Ces loups, les actes de l’hybride … Quasiment tout, en fait. Son esprit, trop focalisé sur les meurtres, ne s’était jamais attardé sur une quelconque idée de croyance en tel ou tel être. De tout son vivant, jamais April n’avait porté d’intérêt à ces gens qui l’entouraient, de près comme de loin. Jamais elle ne pensa qu’il fallait tout arrêter. Non. Son but n’avait jamais quitté le statut d’évidence : Ils devaient tous mourir. À n’importe quel prix. Tuer pour s’amuser, tuer pour oublier. Un peu comme avec l’alcool. Boire à n’en plus pouvoir pour laisser ses problèmes de côté. Boire encore et encore, jusqu’à l’incapacité de continuer, pour ne plus se sentir accablé. Boire pour aller mieux, en somme. April raisonnait pareil, mais avec les meurtres. Cependant, cette idée ne fonctionnait plus. S’oublier à travers une folie quelconque ne l’aidait en rien et agiter sa lance de manière à tuer n’était plus qu’un acte barbare. Oui. April était devenue aussi vide qu’une coquille. Dommage.

Lorsque son corps quitta la terre ferme, une sorte de frisson parcourut tout son corps. Etait-ce fini ? La fin des soucis, la fin d’une course inutile ? Ne plus croire en la vie et se laisser mourir … Peut-être était-ce son ultime présent ? Le monde allait-il enfin être compréhensif et lui permettre de s’envoler ?
Apparemment non. April, après s’être férocement débattue tout de même, fut étalée sur le sol. Soumise à son prédateur … Quelle étrange situation. Ici, plus rien ne pouvait la sauver. Pas même des moyens désespérés dont elle n’aurait jamais eu usage.
Son corps fut maintenu par les loups et l’hybride se mit à califourchon sur elle. Que … Que se passait-il ? Pas encore d’ultime jugement. Juste … des mots. Griffonnés sur un parchemin. Et tout son monde s’écroula.

Découverte. Percée à jour. Plus besoin de courir. Coquille brisée. Cauchemar qui recommence. Elle ferma les yeux, avant de se mordre la lèvre. Sa solitude était un fait. Et, malgré l’excuse « Destiny », April ne pouvait nier. Au fond, qui avait-elle de proche ? Qui aimait-elle réellement ? Aucun être au monde ne savait combler ce manque. Et la poupée, bien que, symboliquement, elle était tout pour April, ici, ne servait à rien. Juste à faire … Joli.
Cette pensée lui déchira le cœur. Son esprit s’était dissocié en deux parties, l’une tentant de la raisonner, l’autre confirmant chaque chose qui se déroulait. La première lui disait donc que Destiny était amplement suffisante pour pallier ce manque et, la seconde, contredisait toutes ces choses, totalement en accord avec l’hybride.

Cependant, le pire venait toujours après la première salve, non ? Cette fois-ci, cela ne manqua pas. La douleur se faisait de plus en plus grande au fur et à mesure. April était seule, dénuée de rêves véritables, à poursuivre une soif de sang qui s’amenuisait au fil du temps. Son envie de tuer devenait de plus en plus inexistante, détruisant chaque raison de vivre qui pouvait apparaitre dans sa tête, en liaison avec ça. Et, enfin, elle comprit. Sa solitude donnait naissance à sa faiblesse. C’était aussi simple que ça.

April fixa la louve qui, peu à peu, se rapprocha de son bras. Avec la plume utilisée peu avant, elle lui grava une inscription particulière. La lancière lâcha une sorte de cri de douleur jusqu’à ce que tout se finisse. Elle était encore en vie. Pourquoi ? Pourquoi chercher à lui faire comprendre des choses alors que le plus simple serait de la tuer ?
La blonde regarda son bras. Croire. Croire en son prochain. Elle soupira. Encore une fois, pourquoi ? Comment faire confiance en ceux qui n’ont que faire de leurs aînés ? Comment s’habituer à une vie pareille ? Elle baissa la tête. Si compliqué … Tout était si compliqué …

*paf*
April tourna la tête. Satsugai était de nouveau près d’elle. Puis, d’un autre mouvement des yeux, elle perçut la main de l’hybride. Sa tête s’inclina doucement. Mais la blonde se saisit de la main tendue pour se relever. Ses yeux allèrent chercher le sol quelques instants, jusqu’à ce qu’elle relève la tête afin de fixer la jeune femme.


    « — Pourquoi ? Simplement … Pourquoi ne pas m’arracher la tête ? Tu aurais très bien pu le faire … Au lieu de cela, tu m’as simplement gravé cette inscription sur le bras … Je t’ai pourtant poursuivie, avec le but de te détruire, non ? Alors quoi ? »


Incompréhension totale. Elle haussa les épaules en soupirant et reprit Satsugai. Pauvre lance ? Non, pauvre April … Puisqu’ici, peu importaient les objets, il n’y avait que son esprit qui endossait la place de victime. Quelle situation rare …

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MessageSujet: Re: Wanted ! [PV: April]   Mar 31 Jan - 22:40


— Pourquoi ? Simplement … Pourquoi ne pas m’arracher la tête ? Tu aurais très bien pu le faire … Au lieu de cela, tu m’as simplement gravé cette inscription sur le bras … Je t’ai pourtant poursuivie, avec le but de te détruire, non ? Alors quoi ?

La réponse était simple, si simple. Une évidence que n’importe qui aurait pu comprendre, même une enfant. Une simple réflexion… pourquoi tuer un ennemi quand on peut se faire un ami. Un ennemi ne servait à rien, alors qu’un allié… Mais bon, elle ne voyait pas l’intérêt de lui dire. Elle le comprendrait d’elle-même. Avec une simple impulsion, elle la relava et en quelque mouvement elle épousseta sa tenue.
La petite poupée reposait toujours dans son capuchon et Personne la détailla. Cette petite chose inutile ne lui serait jamais d’aucun secours. Ce n’était pas un être vivant, ce n’était pas un ami, c’était encore moins qu’un animal à qui on pouvait confier ses pensées. Elle n’avait pas la moindre once de compréhension. Elle ne ressentait pas, ce n’était qu’un amas de chiffon. Un animal ressent les émotions, peut avoir une réaction. Si on est triste il se pose gentiment sur nos genoux. Quand on est heureux il saute de joie avec nous. Mais cet objet était malsain, toujours la même expression, un visage figé dans la porcelaine. Ce visage effrayant… Comment une chose si inerte pouvait elle représenter la vie ?

Mais Personne ne jugeait pas. Elle ne pouvait pas car elle ne savait pas. Après tout elle gardait bien sur elle une lettre de la main de sa sœur, une lettre qui ne voulait plus rien dire pour elle, qui n’avait plus de signification. Mais elle contenait une histoire, des souvenirs et un amour certain qu’elle ne voulait pas oublier.
Cette poupée pouvait tout aussi bien représenter des souvenirs pour elle, qu’elle chérissait plus que tout.

Elle lui sourit chaleureusement et sortit une gourde de sa besace pour qu’elle se désaltère en attendant qu’elle examine son épaule. Drôle de situation pour une jeune fille qui avait un trou béant dans le ventre. Mais contrairement aux Beorcs, les Laguzs avaient une capacité de régénération bien plus grande. Enfin… ça n’empêchait pas l’hybride d’avoir mal.
Sans douceur, elle replaça son épaule en un craquement sinistre pourtant, maintenant elle ne la ferait plus souffrir. Puis elle s’occupa de sa propre blessure. Soulevant sa tunique, elle révéla le sang de sa plaie et le trou. Elle ne pourrait pas simplement la bander pour cette fois. Elle sortit de sa poche une petite bouteille et en bu délicatement le breuvage. La chaleur se déversa en elle suivant son œsophage, son estomac ses intestins, se déversant dans son sang et rejoignant sa plaie. Quel chaleur réconfortante.
Elle se détendit sous la caresse du breuvage et sentit son corps apaiser de lui-même sa douleur.

Et maintenant ?
Qu’allaient-elles faire ? Repartir chacune de leur coté ? Faire comme si elles ne s’étaient jamais rencontrées ?

Elle n’eut pas grand temps de penser à cette éventualité, la forêt s’embrasait au loin. Ses sens affutés le lui indiquèrent avant que la meute de loup ne rapplique. Des brigands avaient attaqué une caravane de marchand et incendié ce qu’ils n’avaient pu emporter…
Elles devaient intervenir.

Elle échangea un regard avec la dénommée April et se fit comprendre en un clin d’œil. Ce devait être le travail des garde mais hélas… les gardes qui patrouillaient sur cette route… Personne s’en était débarrassé quand ils n’avaient pas voulu lui laisser le passage. Rien de grave bien sur mais suffisamment pour qu’ils soient incapables de sauver la forêt.
Elles devaient agir maintenant.

*Suis moi !*

Ignorant sa douleur elle se lança à travers la forêt en espérant que sa toute nouvelle amitié serait assez solide pour qu’elle la suive.
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April
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MessageSujet: Re: Wanted ! [PV: April]   Mer 1 Fév - 19:41

Pourquoi la vie, pourquoi la mort ?

Tant de choses compliquées qu’elle ne comprenait pas. Toutes ces choses étaient désespérément hors d’atteinte pour son petit corps. Debout, ou à terre, peu lui importait. Trop de choses se passaient et, malgré chaque palier qu’elle franchissait, chaque once de compréhension s’éloignait un peu plus. Comme deux aimants qui tentaient de se toucher mais qui, éternellement, ne feraient que se frôler. Se caresser. Et se repousser. C’était un tout, elle en résultait. Et tout ça, sans ne jamais rien comprendre.

Peut-être certains diront que cette enfant n’avait pas eu le conditionnement nécessaire pour s’intégrer, pour « faire comme les autres » ou même, réussir à penser de manière « normale ». Certains pourront exprimer un dégoût envers elle, de par son incapacité à se situer dans un univers normal. Mais, étrangement, April ne ferait jamais rien pour qu’ils tentent de l’accepter. Ce monde n’était pas le sien, ces choses qui avaient lieu ne pouvaient l’atteindre, puisque jamais, non, jamais, elle ne tenterait de les assimiler. Ce lieu qui, apparemment, était la terre de tout le monde, n’était pas la sienne. Pas assez bien pour elle. Ou alors l’inverse. Pas assez mauvaise pour que sa présence soit reconnue.

Après tout, qui aimait les fous ? Qui les acceptait ? Les gens qui le faisaient se comptaient sur les doigts des mains. Et encore. Les deux étaient de trop. Une seule suffisait amplement. Pourtant, et cette réalité surprenait – et surprendrait – toujours April, la laguz ne la repoussait pas. Au contraire. Chacun de ses agissements aurait pu être lié à un désir désespéré de la … changer ? La blonde ne comprenait toujours pas. À quoi bon ? Le meilleur châtiment n’était-il pas la mort ? Ou la simple souffrance ?

Pour aider quelqu’un à assimiler, la meilleure solution s’avérait simple : il s’agissait de tout graver dans sa tête. Ou ailleurs. Et cette écriture, sur son bras, n’était-ce pas une gravure ? « Crois en ton prochain ». Une leçon ? Une morale ? Croire ? Pourquoi ne pas ignorer, comme tous l’avaient fait ? Tous sauf … Certains. Tous, sauf cette louve. Et cela restait toujours aussi inconcevable.

Le sourire de l’hybride surprit d’autant plus April, qui pencha simplement la tête. Que dire de plus, que répondre à cette magnifique marque d’attention ? Ses yeux cherchèrent le sol avec rapidité. Elle avait peur. Peur de comprendre. Peur de se retrouver dans un univers qu’elle fuyait. Depuis trop longtemps, maintenant. Peur de tomber dans ce terrier infernal qui permettait de ressentir. Pourquoi ne pas hurler et passer, de nouveau, pour une folle à lier ? Pourquoi ne pas libérer tout cette angoisse sous forme de folie et, une fois encore, fuir ? Trop de lâcheté …

Mais tout s’arrêta. Dans un gros crac. Et une grimace.
Son épaule revenait à sa place, tandis que son cerveau lança une lutte incroyable contre la possibilité de comprendre. Un blocage. Une incapacité. Mais pourquoi ?! Y avait-il une utilité à aider April ? Y avait-il seulement une utilité à la garder vivante … ? Même pour tout ce qu’elle avait fait ? Et ce qu’elle … Non. Le futur n’entrait pas en compte. Pas avec tout ce qui se déroulait sous ses yeux ébahis.

Ses yeux fixaient maintenant la demoiselle qui tendait une gourde. Encore un acte de « bienveillance » envers la blondinette. Encore quelque chose d’étrange aux yeux de la gamine rendue femme. Elle pencha la tête tout en la récupérant et resta bloquée. Cependant, la demoiselle se dit que tout cela ne devait pas être si dramatique et … But. Doucement. Nouveauté ? Il fallait faire confiance. Il fallait …

Croire en son prochain.

Un sourire timide naquit sur ses lèvres rosées. Puis la blessure de la jeune fille fut mise à nue. April avait donc fait ça. Une bonne partie de sa hanche révélait une plaie plutôt désagréable à voir. Tels étaient les méfaits de la guerre. Les retours d’attaque. Les monstrueuses conséquences des batailles. Et la blonde s’avérait aussi repoussante que les autres. Un monstre. Une bête assoiffée de sang. Qui frappait juste pour le plaisir de voir le sang. Un sentiment étrange de culpabilité s’inséra en elle, tandis que son esprit cherchait à comprendre ce que c’était. Avoir mal pour un acte causé. Souffrir d’une conséquence de ce qui venait d’être semé. La tempête lui revenait en pleine tête. Cependant, la potion annihilait tous ces effets. Quelle bonne chose …
Mais il n’était pas temps de penser à tout cela.

Une odeur de brûlé vint titiller ses narines. La forêt. Le feu. Du bois brûlé. Quelque chose de désagréable se déroulait au loin. Une situation des plus déplaisantes. Pouvait-elle croire en ces horribles prédateurs ? Croire en tout un chacun, mais rester méfiant au possible. Tel devait être le sens des mots inscrits sur son bras. Désormais, il fallait courir et débusquer ces pyromanes. Plus que ça, d’ailleurs. Les débusquer, mais leur faire … payer ?

April ne savait pas trop, sur le coup. Mais cette question serait rhétorique, puisque, peu de temps après, elle s’élança, à la suite de Personne. Ce crime ne pouvait être impuni, à vrai dire. Non. Des vies ou d’autres choses volées. Rien ne devait rester tel que c’était.

Alors, elle s’oublia. Et la course fut plus effrénée. Tuer. Ou couper. Non, ce n’était pas comme ça que cela devait se passer. Il leur fallait juste comprendre que toutes ces choses n’avaient rien de bien. Mais … Ils le savaient sûrement, ça. Parce que même April savait que ce genre d’actes n’était pas bon. Si une folle telle que ‘pril se rendait compte de la gravité de certains actes, les plus rationnels en avaient bien plus conscience qu’elle … En toute logique.

Son esprit se focalisa sur les brigands et, après quelques minutes de course, elles arrivèrent enfin. Des brigands. Des tueurs. Des voleurs. Des pyromanes. Des criminels ? Peut-être bien. April s’arma de Satsugai et leur lança un regard plein de rancœur ainsi que de dégoût.


    « — Et, après ça, vous pensez pouvoir vous regarder sans honte dans la glace ? J’aurais honte, à votre place … »


Rapidement, d’un bras vif et puissant, elle souleva sa lance jusqu’au ciel. Ici et de cette manière, elle pouvait toucher les étoiles, emportée par des ailes invisibles. Ici, maintenant, dans cette situation précise, April pouvait croire en certains et en haïr d’autres. Les loups étaient … de son côté, n’est-ce pas ? Et les pyromanes méritaient le châtiment. Alors il faudrait les châtier.

C’est ainsi que tout s’enclencha. Toujours aussi vive et agile, April s’élança jusqu’à eux et les firent reculer grâce à sa lance. Aucune fois, elle ne les atteint. Aucune fois elle ne tenta de les toucher. Son but était de les faire reculer. Et de sauver ce qui pouvait être sauvé.

La question, maintenant, était : « Comment sauver la forêt de ce brasier ? » … L’eau était une idée, mais avec le peu dont elles disposaient, ce serait difficile. Il fallait donc faire autrement. Mais cette question resterait en retrait pour le moment.
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MessageSujet: Re: Wanted ! [PV: April]   Ven 16 Mar - 0:25

Le feu faisait rage dans la forêt, le brasier s’emparait des arbres et des feuilles pour embraser l’atmosphère alors que Personne avançait dans les cendres et la fumée. Elle se sentait ses poumons se rétracter à chaque inspiration, elle sentait son organisme rejeter avec toutes ses forces cet air pollué.
Il n’y avait rien de pire que le feu, rien de pire que cette effroyable sensation, celle de se réchauffer tellement que l’on finissait par imploser, par fondre, par griller, tels de petits cochons de lait sur une broche dans la cheminé.
Personne haïssait le feu comme tous les membres de son espèce. Elle sentait ses instincts ressurgir, elle sentait ses jambes se dérober sous ses pieds alors qu’elle continuait d’avancer, qu’elle continuait de s’enfoncer dans la chaleur. Rapidement les ténèbres de la forêt furent remplacées par une nouvelle sorte d’enfer. Les flammes venaient lécher leurs vêtements, les branches s’écrasaient à leur pieds alors que par moment, elle changeait d’allure et de forme pour esquiver. La meute qui les avait mené jusqu’à ce guêpier avait fui devant le pouvoir destructeur des flammes. Personne ne pourrait pas compter sur eux pour le combat mais à vrai dire, elle le comprenait. Elle-même ne pensait qu’à suivre et pourtant… Elle ne le ferait pas. Car « elle » avait besoin d’elles.

Personne ne les entendait pas mais elle devinait les pleures d’angoisse d’une petite fille apeurée dans les décombres. Elle ne les touchait pas, mais elle pouvait déjà imaginer les gorges des mécréants sous ses griffes acérées. Elle ne les voyait pas, mais elle sentait la chair humaine brûlée…

Sa colère n'avait pour reflet que le brasier de la forêt. Plongeant dans les flammes elle laissa le soin à la Marqué de s'occuper de ses "semblables" alors qu'elle enfouissait l'incendie sous la terre, des tonnes et des tonnes de terre. Attrapant la toile du chariot renversé, elle l'enroula pour la claquer contre les étincèles naissantes. Fouettant l'air avec ferveur, elle eut l'horreur de découvrir l'origine de cette odeur nauséabonde. Les corps recroquevillés, refermés sur eux-mêmes étaient carbonisés, noircis et putréfié dans la chaleur des braises. Leur visage figé dans l’horreur ne lui rappelait que trop de mauvais souvenirs. Ses amis, ses frères, son amant… Comment l’Homme pouvait-il tuer d’une manière si atroce. Elle ne le comprenait pas, ça dépassait son entendement, ça ne devrait pas être ainsi, elle devait les tuer, juger leur méfaits et leur infliger la punition qu’il méritait… La mort était acceptable pour eux.

A coté des corps, une petite fille tentait vainement de les approcher, payant ces nombreuses tentatives par de multiples brûlures sur les avant-bras.
Personne entendit la branche au dessus d'eux qui menaçait de les écraser et prenant une forme animale, elle plongea sur la jeune fille pour la protéger de l'impact. Son corps tremblait, tout son être était comme paralysé et alors qu’elle essayait de se débattre, Personne la serra dans ses bras, calmant les spasmes de l’enfant, la confiant au sommeil salvateur de l’oubli.
Elle chantonna à son oreille avec une douceur infinie. Sa voix se faisant d'une rondeur douce et agréable s'élevait dans un langage inconnu aux humains. Pourtant, tout semblait indiquer qu'elle lui disait que tout irait bien, qu'elle s'en sortirait, que tout finirait pas s’arranger. Une mélodie d’espoir que longtemps elle écoutait autrefois…

~~Une lueur d’espoir qui brille au lointain
Nous sort du noir, nous tend la main
Tu t’y agrippe comme à la vie
Tu t’y retiens, tu lui souris
Elle te prend dans ses bras
Le passé n’est plus, mais toi tu es là~~
Repoussant la branche qui brûlait son dos, elle garda la jeune fille dans ses bras alors qu'elle découvrait dans le chariot des réserves d'eau conséquente. D'un bras, elle saisit l'un de baril et avec une précision hors du commun le jeta sur l'origine de l'incendie. En prenant un autre, elle humidifia la toile et l'utilisa pour étouffer le reste des flammes.
D'un coin de l'œil, elle pouvait voir la lancière repousser les brigands sans pour autant les tuer, et elle se disait, que cela, elle ne voulait pas croire en eux... Mais comment les tuer après la leçon qu'elle venait de donner à la soldate... Elle ne ferait rien, elle ne pouvait rien faire.
Elle s’était liée les mains pour sortir cette femme du noir, et ne pouvait décemment pas l’y replonger. Mais au fond, elle savait qu’ils ne resteraient pas impunis car la forêt les haïssait.
Les loups s'occuperaient d'eux aussi bien qu'elle aurait pu le faire.

- Papa, maman... Je veux mes parents...

Personne la pressa un peu plus sur sa poitrine et leva les yeux vers April, ne sachant que faire d'une orpheline...
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MessageSujet: Re: Wanted ! [PV: April]   Dim 1 Avr - 1:51

    « Tu crois que le monde devient beau, quand on meurt ? Que le ciel est continuellement bleu ? Que les arbres ne perdent jamais leurs feuilles ? Que tout se fige, mais que cela en devient magnifique ? Tu crois que tout ce qui nous manque finit par nous tomber tout rond dans la bouche ? Tu crois que le « Paradis » permet de résoudre tous les problèmes ? »


Elle était là, face à cette forêt embrasée. Les cris des braconniers, ses propres hurlements enragés contre ces personnes détestables. Cette furie qui ravageait son corps et cette envie de préserver le monde qui se battaient en elle. Comment faire la part des choses ? Sa lance s’agitait comme si c’était naturel, comme si la bataille devenait banalité, comme si … le noir recouvrait déjà leur existence. Eux. Des hommes. Des humains. Des gens comme tout le monde. Ou presque.
À les voir ainsi, l’on aurait pu croire à un manque d’humanité. Mais qui savait pourquoi telle ou telle personne agissait d’une certaine manière et non pas d’une autre ? Quelle excellente question. Quelle étrange idée. Répondre à cette interrogation serait, pourtant, quelque chose de trop compliqué pour eux. Ils n’étaient qu’humains, présents pour détruire ou recréer. Dans leur cas, il n’y avait que la destruction qui semblait intéressante. April s’arrêta et les contempla.

Pourquoi eux ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi en présence d’enfants ? Pourquoi de tels être vivaient-ils encore ? D’un geste brutal, quoique toujours aussi habile, la blonde fit reculer les brigands. Ses yeux améthystes transmettaient une colère surprenante, pourtant, elle n’arrivait pas à se dire que sa lance les percerait. À la base, Satsugai servait seulement à cela. Transpercer. Donner aux criminels le châtiment qu’ils méritaient. Mais qui était April pour donner aux autres un droit de vie ou de mort ? Aussi impuissante que tous ces gens, la lancière ne pouvait faire qu’une chose : Tuer. Et, en agissant ainsi, elle se recouvrait de cette couverture de criminalité qui lui déplait. Alors, comment faire ? La seule punition de ces êtres résidait donc dans la … nature ? Était-elle seule maitresse de leur destin ? Peut-être, peut-être pas …

Une branche se décrocha et en emporta un. Serait-ce un signe ? Encore une fois, nul ne le savait. Écrasé sous le morceau de bois, il finit par lâcher, comme dernier « mot », un hurlement de douleur. Celui-ci, bien que puissant, se voyait couvert par le bruit des flammes. Ils étaient coupables et punis. « On ne récolte que ce que l’on sème. », n’est-ce pas ? Eh bien … Voilà.
April fixa les braconniers restant en souriant. Que dire, après cela ? Peut-être que son avertissement, au départ, n’était pas bien suffisant mais, et cette fois ? La mort de l’un de leurs compagnons ne suffisait toujours pas ? … Apparemment, non. Dans un mouvement désespéré, un brigand se jeta sur elle. La blonde se laissa tomber, ne voyant aucune utilité à le repousser. Ses prunelles se mélangèrent aux siennes, durant un instant, jusqu’à ce qu’il finisse par se décider. Violemment, l’homme écrasa son poing sur le visage d’April. Une marque de sang vint tacher sa peau blanche, mais elle ne réagissait toujours pas. Seuls ses yeux cherchaient une once d’espoir en ceux du braconnier. Puis, dans un murmure, elle finit par s’exprimer, simplement, comme si cela découlait d’une évidence.


    « — Pourquoi ? »


Juste un mot. Un simple mot qui, étrangement, pouvait donner tout son sens à ce qui se passait ici. Un autre brigand sortit de l’ombre, s’approchant d’April en agitant, avec un grand sourire, l’une des choses les plus importantes qui pouvaient exister sur cette terre. Les cheveux de tissus de la poupée ondulaient dans un mouvement hypnotique, alors que l’univers de la lancière se transformait entièrement.
Le vert devint rouge, le rouge devint noir, le paradis s’effaça. Que faisait-il ? Comment osait-il seulement s’en prendre à Destiny ?

Avec une brutalité surprenante, April se releva, envoyant valser le brigand qui s’était écrasé sur elle. Il tituba, avant de tomber sur les fesses. D’un geste dénué de toute délicatesse, la jeune femme effaça la marque pourpre qui entachait précédemment son visage. Un sourire sadique avait pris sa place. De par ce rictus, April tentait de contenir une peur qui faisait battre son cœur à toute vitesse. Cependant, la peur, au lieu de l’entraver, lui donnait des ailes gigantesques, qui auraient pu la mener jusqu’aux étoiles en un seul battement.


    « — Abruti. »


La blonde se jeta sur le brigand. Destiny, Destiny, Destiny. C’était, ici, tout ce qui importait. Elle se contrefichait totalement de ce qui pouvait avoir lieu autour. La poupée représentait tout. La laisser tomber, ici, s’avérait impossible. Même avec tout le courage du monde. Ce serait comme perdre un morceau de son être.
L’homme chancela, se reprenant assez rapidement tout de même. Sa main se plaça dans la chevelure d’April et, sèchement, commença à la tirer. La jeune femme grimaça, mais ne s’arrêta pas. Sa lance, encore dans sa main, fut l’arme la moins bien placée. Rapidement, elle serra son emprise sur le manche de cette dernière et, comme à son habitude, finit par l’envoyer en plein dans le ventre de son agresseur – ou de son agressé, cela dépendait de la vision de chacun.

Ce ne fut, cependant, pas la bonne chose à faire.
Sous le coup de l’arme plantée en lui, le brigand leva le bras et lâcha prise. La poupée, propulsée en arrière, finit par atterrir dans les flammes. April suivit sa course du début, à la fin. Ses yeux commencèrent à briller, alors que des larmes vinrent gêner sa vision.
Dans un mélange de rage et de tristesse, la lancière extirpa entièrement la lance du ventre de sa victime, sans se soucier de ce qui pouvait lui arriver. Destiny … Plus de poupée, plus de passé ? Comment réagir face à cela ?
Sa main relâcha la lance. L’homme, désormais à ses pieds, lâchait de nombreuses plaintes. Il agonisait. Mais elle n’en avait rien à faire. Destiny n’était plus. Le reste devenait futilité. Un morceau de son corps venait de lui être arraché, d’un seul coup, de manière à ce que cela ne fasse mal qu’après le choc.

Sa blessure sembla revenir en puissance, tintant une fois, puis deux. Croire en son prochain, hein ? Comment lui faire confiance ? Comment l’écouter, quand l’on voit de quelle manière il agit ? Comment faire … ?

Une petite voix, au loin, la tira de ses pensées d’un seul coup. Une enfant … Là, perdue, sans ses parents … Tout ça à cause de ces hommes. Leur égoïsme les avait menés sur un sentier interdit … Et, à cause de leur inconscience, ils venaient de ruiner plusieurs vies. Oh, oui, cela aurait pu être une fierté, mais … Comment se sentir puissant après cela ? Comment … Se regarder dans la glace ? April soupira et se retourna. La louve tenait fermement l’enfant contre elle.

Cette pauvre gamine était désormais orpheline.
La jeune femme s’approcha d’une démarche lente, ne prenant pas même le temps de ramasser Satsugai. Un sourire protecteur naquit sur ses lèvres, tandis qu’elle posa doucement sa main sur la tête de l’enfant.


    « — Ne t’en fais pas … Ça va aller, d’accord ? »


La petite fille hocha la tête, puis ferma les yeux.
April se releva, le silence était revenu. Seule la forêt hurlait encore. Les braconniers avaient pris la fuite, mais les loups finiraient certainement par s’occuper d’eux. Ce n’était qu’une question de temps.
La blonde s’approcha des barils d’eau et termina le travail qu’avait commencé la louve.

Il ne fallait pas croire en tout le monde, au final. Certains méritaient que l’on ait foi en eux. D’autres, à l’inverse, avaient besoin d’être confronté directement à la mort pour comprendre. À la mort, ou à autre chose, mais il leur fallait un choc. April soupira et, une fois sa tâche accomplie, retourna près de l’hybride.


    « — Il vaudrait mieux quitter cet endroit, non ? »


Destiny ? April n’avait d’autre choix que de s’y faire. Au final, qui avait perdu le plus de choses, ici ? La blonde ou l’enfant ? Cela ne faisait aucun doute qu’il s’agissait de la gamine. Et puis. Pour changer et se reconstruire, il fallait effacer ce qui nous retenait, non ? En soi, la disparition de la poupée pouvait être une bonne chose …

    « Je ne veux pas savoir si le « Paradis » permet de régler tous les problèmes du monde, s’il permet d’être heureux. Je ne veux pas attendre d’y être pour le savoir. Si je veux ressentir le plaisir de vivre, autant commencer maintenant, non ? Il est temps d’avancer, de commencer quelque chose de nouveau, d’oublier. De faire mieux. Pour prouver que le « Paradis » n’est que la solution ultime, que l’on peut être heureux avant de s’y trouver. »
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MessageSujet: Re: Wanted ! [PV: April]   Mar 10 Avr - 22:55



Ils avaient fui, laissé en vie par la jeune femme. C'était mieux ainsi pour elle. Il valait mieux qu'elle garde cette bonté naissante, ce sentiment de changer car l'on agit différemment. Pourtant, Personne qui avait depuis longtemps forgé ce qu'elle voulait être, qui ne se cherchait plus depuis ce jour... Savait que le mieux pour le reste de l'humanité était de les tuer tous jusqu'aux derniers. Aucun être capable de faire brûler son semblable et de le regarder mourir dans l'agonie la plus atroce ne méritait de vivre. Personne ne serait épargné.

Dans un cri déchirant, entre la lamentation et le cri de guerre, la louve quémanda leur courroux, supplia leur vengeance alors qu'à l'unisson ses camarades lui répondirent en un chant des plus merveilleux et mélancolique.
Cette nuit là, le sang coula à flot, les corps furent déchirés par les griffes, les os brisés par les crocs, les chairs... dévorées par les bêtes. La lune se teinta de rouge cette nuit là, en l'honneur d'un festin pas comme les autres, un festin dont le plat principal était l'Homme et les festoyeurs les animaux de la forêt.

Nulle trace ne témoigna de ce massacre et la jeune lancière ne se douterait jamais de ce que Personne avait commis dans son dos. C'était mieux ainsi, c'était mieux pour elle. Se dire qu'elle était différente, qu'elle avait fait le bon choix en les épargnant... Conserver cette innocence, car oui, April était innocente de bien des manières, était le rôle que c'était attribuée Personne. L'hybride pouvait endosser ce mauvais rôle, il ne lui déplaisait pas, même s'il ne lui apportait aucun plaisir.

Après quelques heures, le feu s'éteignit de lui-même, à peine aider par les deux femmes qui s'étaient efforcées de le contenir. Si le carnage des bêtes se faisait invisible, celui des hommes quant à lui, ne l'était que trop... La terre calcinée, les arbres démembrés, les feuilles roussies... Les corps carbonisés et prostrés dans la douleur... Tout donnera la saison prochaine, une terre encore plus luxuriante.

La gamine dort, enterrons les corps si tu veux bien.

Elle grava ces mots dans la terre sèche et se transformant en cette créature effrayante que tous craignaient avec haine et ferveur, l'Hybride se mit à creuser. La dernière fois qu'elle l'avait fait, c'était pour ces amis, aujourd'hui pour des inconnus, demain qui sait... Peut être serait-ce elle. Mais à vrai dire, elle s'en fichait. Elle s'était depuis longtemps résigné à la réalité de ce monde et même si elle avait ravivait la flamme dans le cœur de April, la sienne quant à elle resterait à jamais éteinte.

L'innocence était vraiment un privilège qu'on devait préserver chez les plus petits, comme chez les plus grands.

Elle mit en terre les deux marchands que rien ne put séparer même dans la mort. Étrangement, Personne espérait que c'était aussi ainsi dans la vie. Elle marmonna quelques phrases dans sa langue ancienne que nul ne comprenait et les recouvrit de terre, mais pas à la manière d'un chien qui enterre un os mais en tant que femme, à la force de ses deux bras, en s'aidant de pseudo pelles, fabriquées main.
Puis se fut au tour du brigand qu'April n'avait pu épargné. Chaque tombe fut surmontée d'une pierre gravée à leur "nom", et se fut la fin, La fin de l'incident, la fin de la journée.

La jeune fille se réveilla, ne comprenant que trop bien ce qui s'était passé. Elle ne remercia pas la louve de l'avoir sauver, elle ne jeta pas un regard à la lancière et se posa sur la tombe des "marchands amoureux". Elle ne savait pas lire et ne s'offusqua donc pas de l’appellation enfantine. Après tout, qui se souviendraient de leur prénom à part elle.
Personne la laissa pleurer sur les corps, la laissa les appeler, les supplier de revenir et de ne pas la laisser seule. Elle avait l'impression de ce revoir quand elle était plus jeune. Son cœur se serra.

***

Avant que la nuit ne tombe complètement, Personne réunit toutes les affaires encore utilisable de la carriole. Les chevaux calmés avaient fini par revenir d'eux même. Fouillant dans les décombres, elle retrouva les restes de la poupée... Cassée, brunie, fissurée... elle ne ressemblait plus à cette chose que la lancière chérissait tant. Il valait mieux l'enterrer elle aussi et qu'elle garde en mémoire sa beauté figée.
D'un signe de tête, elle lui indiqua qu'elle allait recouvrir de terre son bien précieux et que si elle voulait s'y opposer ou dire un dernier mot, c'était le moment.
Elle s'écarta leur laissant ce moment d'intimité et retrouva la gamine endormie dans ses larmes d'enfant. Autour de son cou, elle passa un médaillon qu'elle avait récupéré sur le corps de sa mère puis elle la déposa délicatement dans la carriole où elle avait monté un petit nid douillé.
Elles se devaient de partir maintenant, la forêt ne les accueillerait pas éternellement. Elle regarda une dernière fois April et se mettant à la place du cochet, donna un unique coup de fouet au cheval qui tirait la carriole. Vide, un seul suffisait, le second permettrait à April de sortir sans problème de les rejoindre peut être pour un nouveau bout de chemin, ou simplement de reprendre sa route et sa propre destinée.
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