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 [CdC Alan] Les plaies du passé [NC-16]

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Alan
avatarBeorc


Messages : 1309
Age : 26
Localisation : En quête de mon passé
Autre Indication : Amnésique
Groupe : Peuple des saumons sauvages des torrents Criméens

Feuille de personnage
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8/20  (8/20)
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4/100  (4/100)

MessageSujet: [CdC Alan] Les plaies du passé [NC-16]   Sam 24 Sep - 21:40

Une telle plaie ne se referme jamais complètement. La cicatrisation laisse toujours une marque éternelle des spectres du passé. Viendra un jour où le sang suintera de nouveau par l'orifice avant de se déverser à flots le long du corps souillé à jamais par les griffes de la fatalité.

Alors la douleur sera plus lancinante encore.

Gratte, plume, dansez, épées.

Que se rédige désormais le dernier chapitre de cette histoire qui n'a que trop durée.


Prologue : Une journée trop habituelle.

<< Papa.
- Baba.
- Pa...pa.
- Baba. >>

Le père secoua la tête, sourire aux lèvres. Gaël l'imita, ce qui fit encore plus sourire Alan qui ébouriffa la petite touffe chevelue en haut du crâne de son fils. Gaël grandissait vite, un peu comme sa sœur mais uniquement sur le plan physique. Le petit commençait déjà à se tenir debout sur ses pieds sans support et parvenait à faire trois pas. Qui plus est, il commençait à émettre des sons plus ou moins cohérents, comme avide de parler en faisant des phrases compliquées mais compréhensibles, comme ses parents. Sa sœur, elle, babillait à peine et devait se tenir à quelque chose pour se camper sur ses jambes. Néanmoins, ses yeux saphir reflétaient la curiosité et la soif d'apprendre. A quoi donc servent ces ustensiles que papa et maman emploient sans cesse ? Pourquoi le ciel est bleu ? Pourquoi ces silhouettes gracieuses qui passent en groupe planent si hauts alors qu'elle est condamnée à rester cloué au sol ?

C'étaient ses enfants et Alan était fier d'être leur père.

La journée a commencé un peu comme les autres. Kwendal faisait la grasse matinée, comme d'habitude et Gaël était le premier levé des enfants, réveillant immanquablement Kira par ses cris puis Alan, par la même occasion. Le lait était donné et Kira s'était rendormie, mais pas Gaël. Alan a donc entamé les exercices de diction du petit.


<< Papa
- Baba.
- Alan. >>

L'épéiste sursauta et se retourna. Eve se tenait dans son dos, toujours aussi discrète que d'habitude.

<< Le soleil vient à peine de se lever, Eve.
- Justement, c'est son moment.
- Son moment ? De quoi tu parles ? >>

Pour toute réponse, Eve tendit une enveloppe cachetée, frappée du sceau d'Aurora. Le sceau en question, rompu, laissait le récipient en papier bailler en dévoilant une lettre. Alan s'en saisit et lut le contenu.


Rapport du XX/YY/ZZZZ

Les témoignages s'accumulent et concordent. La silhouette brillante d'un noir de jais se déplace au hasard de village en village. Selon nos calculs suite à sa trajectoire vers le nord-est, sa prochaine destination est un hameau au sud de Sienne. Là-bas vit le vice-champion du tournoi d'escrime annuel. Prenez les mesures nécessaires pour sa sécurité. Il frappe à l'aube.


Incrédule, Alan releva les yeux vers Eve.

<< Je ne comprends pas. Pourquoi doit-on protéger un homme aussi prestigieux qu'un vice-champion d'escrime ? >>

Eve s'installa sur un banc et répondit calmement.

<< La silhouette noire s'intéresse à toute personne disposant d'une réputation de guerrier vétéran. Il les cherche, les affronte et les tue. Ensuite, des rumeurs prétendent qu'il capture la famille proche du défunt pour les revendre comme esclaves, sauf ceux qui ne peuvent pas servir comme tels. Eux meurent. >>

Tel un flash, des images défilaient devant les yeux d'Alan.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Une main baignant dans le sang. Un visage tordu de folie à la barbe hirsute parti dans un rire tonitruant, un noble corrompu qui lui fit endurer les pires souffrances...

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

L'épéiste secoua la tête. Il ne voulait plus penser à son passé, seul le présent comptait...


<< C'est tout ce qu'on sait sur lui ? >>

Eve hocha lentement la tête, l'air grave. Ses yeux azur laissaient transparaitre l'inquiétude.

<< J'ignore si tu seras de taille Alan. Si tu éprouve trop de difficultés, fuis. On enverra quelqu'un d'autre, mais fuis si tu ne peux pas le vaincre. >>

Alan ne dit rien, se contentant de ramasser les deux lames abandonnées dans un coin de la pièce. Gaël observait son père. Il savait que quand papa prenait ses grands trucs, c'est qu'il allait partir et revenir parfois peint en rouge et maman va encore crier. Le petit se leva et marcha doucement vers son géniteur, tombant au quatrième pas.

<< B.. Ba... ba... >>

Alan s'accroupit et ramassa son enfant.

<< Papa revient vite, il n'en a pas pour longtemps. >>

Gaël s'agrippa à se chemise noire, comme s'il ne voulait pas qu'il parte. Quelque chose de terrible se préparait, il le sentait, mais il ne parvenait pas à l'exprimer, à avertir papa. Il ne voulait pas qu'il parte, il ne voulait pas qu'il y aille. Il voulait qu'il reste.

Alan s'assit sur le tabouret devant le berceau et entama un mouvement de balancier avec ses bras, son enfant allongé dans le creux formé par les mains calleuses. Une douce chanson mélancolique s'échappait de la bouche souriante du père attentionné. Gaël cessa de babiller et ses paupières s’alourdirent lentement.


♫Petit trésor, vois-tu là-haut,♪
♪L'oiseau comme il est beau ?♪
♪Petit trésor, vois-tu là-bas,♪
♪Le cerfs et ses haut bois ?♪
♪Petit trésor, regarde autour de toi,♪
♪La vie et ses merveilles qui te tendent les bras♫


Finalement, Gaël bailla et sombra dans un sommeil peuplé des promesses de la berceuse chantée par son père. Alan sourit et déposa son fils à côté de sa jumelle.

<< C'est un chant typiquement Criméen.
- Je la tiens de ma mère. >>

Alan s'était exprimé d'une voix plutôt neutre, les yeux perdus dans le vague. Il parlait de sa mère, mais il était incapable de poser un visage sur sa génitrice. Pourtant, des souvenirs sensoriels lui revenaient de manière fugace. Ils étaient là, il les sentait, mais il ne parvenait pas à en saisir le sens ni l'évènement auquel l'un d'entre eux était lié. Il ressentait une douce chaleur, comme si elle l'avait enlacé. Mais quand ? Pourquoi ? Simple geste affectueux ou manœuvre protectrice ? Et ce parfum semblable à un bouquet de fleurs sauvages ? Etait ce une ballade dans des champs ou bien l'odeur associé à sa génitrice ?

<< Alan, le temps est compté ! >>

La voix d'Eve perça la bulle de souvenir qui retenait captif l'esprit de l'épéiste. Alan sursauta par ce brusque retour à la réalité et attacha les fourreaux à sa ceinture. Il attrapa sa sacoche contenant une potion et un peu d'or puis se tourna vers Eve.

<< Je suis prêt... >>

Chapitre 1 : Les flots du temps.

D'un flash, Alan passa de la douce chaleur de sa maison au frimas grisâtre du monde extérieur. Une pâle clarté de l'aube surplombait le petit hameau agricole où avait atterri Alan. La brume matinale réduisait son champ de vision et masquait partiellement le sol labouré par les pas humains et animaux. Les environs, aussi loin que pouvait aller la vision d'Alan, se résumaient à de vastes champs de maïs, orges et autres céréales. Quelques formes incertaines laissaient augurer la présence de cheptels. De grands bâtiments proches... probablement les demeures des fermiers. Le vice-champion devait donc aussi bien manier la faux et la bêche que l'épée.

Le silence pesait de façon assez oppressante dans l'air. Où se trouvait donc le chevalier ? D'un pas prudent, tous ses sens en alerte, il se rendit vers les bâtiments dans le but de faire sentinelle jusqu'à l'arrivée de sa cible.

Il n'eut pas à attendre bien longtemps. Au loin, un bruit métallique retentit. La première impression de l'épéiste fut qu'un fermier jouait déjà d'un instrument mécanique à but agricole, allez savoir ce que les ingénieurs pouvaient faire avec de la ferraille, mais la silhouette qui se matérialisa soudainement des bruines lui indiqua efficacement son erreur de jugement. La silhouette, massive, s'avança vers les bâtiments d'un pas lourd. Elle s'arrêta un court instant puis repris sa démarche lourde. Sans doute avait-elle remarqué la présence d'une autre personne.

Une fois que la silhouette se fut assez approchée, Alan put distinguer un peu mieux les contours. La forme angulaire indiquait clairement qu'il portait une armure sauf au visage. Ce même visage présentait quelques poils quasi imperceptibles sur les côtés, mais omniprésents au niveau du menton. Les cheveux n'étaient visiblement pas peignés et partaient dans tous les sens, comme une phalange de l'armée qui fuyait une menace céleste. Plus elle s'approchait, plus le nœud qui s'était formé avec l'incertitude d'Alan se resserrait et remontait vers son cœur.


~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

<< Lâchez-moi ! Non !
- Cesse de chialer et viens ! Ton père est mort ! Crevé, refroidi ! Arrête de secouer son cadavre et viens là ! Tu vas me rapporter un beau paquet de pognon !
- NON ! PAPAAAAA !!!!!! >>

Pris de désespoir, les petites mains lâchèrent le col ensanglanté de l'homme à terre et rattrapèrent un bout de métal vert émeraude. Alan serra contre lui l'épée de son père alors qu’une puissante main le tirait en arrière. L'homme riait de satisfaction.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Alan frémit puis se ressaisit. Etait-ce vraiment lui ? Etait-ce ce fameux guerrier qui parcourait le monde en tuant toute personne faisant montre d'un talent pour le combat ?

<< T'es pas sur ma liste, toi. Qu'est ce que tu fiches ici ? >>

La voix rauque, déformée par l'alcool, la drogue et le vice, sonnait comme un sombre présage aux oreilles de l'épéiste. Il la reconnaîtrait entre mille.

<< T...toi... >>

Lentement, le poing serré se dirigea vers Artamon. Ses lèvres tremblaient de fureur. Ses dents étaient serrées au point qu'on pouvait s'attendre à les voir se briser à tout moment. Les yeux émeraudes se teintaient de rage, fixant la silhouette bien plus précise qu'il haïssait tant.

<< Espèce de... >>

Au moment où la main se referma sur la poignée, au moment ou le sifflement métallique de la lame dorée quittant son fourreau brisa le silence oppressant, au moment où l'épéiste fit un premier pas vers son destin... la poudre s'embrasa, libérant un torrent de flammes. Le rictus de haine se changea en folie pure. La raison s'évapora de l'esprit torturé qui ne pensait plus qu'à une seule chose : tuer ! Verser le sang ! Venger son père. Kira, Gaël et Kwendal ? Qu'importe, ils étaient loin ! Ils n'avaient pas à se mêler des affaires du père de famille. Cette vengeance pourrissait depuis bien trop longtemps dans le fossé de souffrance de l'épéiste.

<< JE VAIS TE TUER ! >>

Artamon chantait à travers les vagues du vent matinal alors que son détenteur galopait à travers l'herbe gorgée de rosée. Le rictus de folie déformait efficacement son visage. Le mécanisme du bras s'enclencha alors qu'il s’apprêtait à porter le premier coup. Oui, le premier, mais pas le dernier. Il allait taper, frapper, briser, casser, détruire, démembrer, égorger, éviscérer... que plus rien ne reste ! Que sa souffrance disparaisse, que sa blessure cesse de suinter le sang, que celui qui l'a détruit soit détruit à son tour !

Un éclat d'acier para la lumière dorée qui fondait vers lui. Alan tituba légèrement et recula. A cette distance, il distinguait parfaitement les traits de sa cible. Ses cheveux ont commencé à grisonner, mais c'était bien lui... l'autre le dévisageait, impassible.


<< T'es qui toi ? On s'est déjà vu ? >>

Il l'a oublié... après environ 10 ans, c'était prévisible. Evidemment, sa rencontre avec le père d'Alan, pour un assassin comme lui, c'était aussi marquant que la grand-mère à l'autre bout de la rue qui traine son sac de course.

Mais Alan ne tint pas rigueur de la mémoire défaillante de sa proie. LUI n'avait pas oublié et c'était suffisant.


<< Moi, je ne t'ai pas oublié. Tu as tué mon père et tu m'as vendu comme esclave ! Et ce soir, je vais te tuer ! >>

Le soldat se gratta la nuque, visiblement peu affecté par tout ce remue-ménage.

<< Ca m'avance pas plus. J'ai vendu tellement de gosses que je peux pas me souvenir d'un cas particulier. >>

Alan hurla de rage et repartit à l'assaut, empoignant férocement son épée à deux mains. Une fois de plus, l'ennemi para son coup. Alan n'en démordit pas et s'acharna sur l'autre. Chaque coup était paré et le soldat ne bronchait pas. Il n'engageait même pas un mouvement de recul, bien au contraire. Celui qui avait le plus de mal à ne pas faire de pas en arrière, c'était Alan. La défense de son adversaire semblait inébranlable. Autant attaquer la muraille de Sienne avec une cuillère en bois.

<< C'est tout ? Tu veux venger la mort de ton papounet avec si peu de muscle dans les bras ? >>

Un puissant poing s'enfonça dans le plexus d'Alan qui en eut le souffle coupé. L'épéiste recula de quelques pas, se tenant le ventre avant de tomber à genoux et cracher du sang sur l'herbe. Le liquide vermeil se mêlait à la rosée du matin, détrempant ainsi sa teinte et rendant sa consistance plus liquide encore. Alan observa un court instant quelques gouttes de sang perler de la pointe du brin d'herbe puis roula sur le côté, évitant de justesse un coup d'épée de son ennemi. Il sentait la lame lui frôler l'épaule avant de se ficher dans le sol humide. Alan se releva et frappa d'Artamon la côte du chevalier. La lame s'enfonça dans l'armure qui se tordait sous le choc, mais malgré tout il n'est pas parvenu à entamer la chair.

<< Tu ferais mieux de courir, petit, tu ne peux rien contre moi.
- Sale fils de.. >>

Le vengeur fit un bond en arrière, évitant de justesse un coup d'épée de son adversaire. Son ventre lui faisait encore mal mais c'était supportable et ça ne l'empêchait pas de bouger. Le chevalier eut un sourire satisfait. Le combat tournait à son avantage après tout. Alan grogna puis rengaina Artamon, sortant à présent Alondite. La lame argentée scintillait légèrement dans la lumière de l'aube. L'ennemi observa la lame, impressionnée, lâchant même un sifflement admiratif.

<< Alors c'est toi le fameux tueur de nobles ? >>

Alan fronça les sourcils. Sa réputation était encore trop importante, on dirait, si même ce gars avait entendu parler de lui.

<< Tu sais que tu ruines mon business avec tes conneries ? Les nobles ont peur de récupérer des esclaves encore jeunes avec ça, par peur de créer un « tueur de nobles » au moindre problème. >>

Alan sourit puis ricana... puis le ricanement se changea en rire démentiel.

<< C'est ton problème ! C'est toi qui as « ruiné ton business » seul ! Après tout, c'est toi qui m'as vendu ! >>

Et il repartit à l'assaut, bondissant sur sa proie. Alan amorça un coup et déjà le chevalier a placé une garde mais Alan ficha sa lame dans le sol et glissa sur l'herbe mouillée de façon à passer sur le côté de l'ennemi. Il planta de nouveau sa lame comme frein et se redressa en vitesse avant d'attaquer dans le dos.

<< Gggh ! >>

La pointe d'Alondite perfora l'armure comme une feuille de papier et une longue estafilade parcourut le dos de sa victime. Le sang giclait, éclaboussant le torse de l'épéiste. Oui... le sang coulait... ce liquide si chaud, si visqueux, si doux.

Encore...

Encore plus de sang...

J'en veux plus encore !

Encore plus !

Encore du sang !


Donne moi ton sang !


DONNE-MOI TOUT TON SANG !


Devant cette effusion d'hémoglobines, Alan riait. Depuis le temps qu'il désirait voir une scène aussi jouissive que la blessure de celui qu'il a tant haït, le voilà au septième ciel avec presque autant d'efficacité qu'une nuit torride avec Kwendal. Il riait, riait, riait, se léchait les doigts pleins de sang et repartit à l'assaut. Il en voulait plus encore ! Plus de sang ! Plus de souffrance ! Plus de blessures ! Qu'il crève !

Sa rêverie fut interrompue, une fois encore, par une lame en acier qui para la sainte Alondite. Le regard neutre du chevalier était à présent animé par une certaine fureur.


<< Ca fait mal... >>

Nouveau coup de poing au ventre suivit d'une gifle monumentale et d'un violent coup d'épée au ventre, arrachant littéralement une gerbe de sang à l'épéiste. Aucun organe vital n'était touché, mais c'était malgré tout une sacrée blessure. Alan s'effondra au sol alors que son sang se déversait au sol. Il avait mal... terriblement mal... Le pas lourd du chevalier se fit entendre et Alan sentit le pied métallique se poser juste devant lui.

<< Tu fais le fiérot parce que t'as une arme sacrée ? T'es pitoyable comme bretteur, gamin. >>

Un violent coup de pied au ventre lui arracha un hurlement de douleur, noyé bien vite par une gorgée de sang qui lui échappa de la bouche. Alan toussa et gémit de souffrance. Corps comme orgueil étaient blessés.

<< T'aurais pas du venir ici, maintenant c'est trop tard. Je vais te tuer, récupérer ta lame puis je me renseignerais sur ton cas. Je vendrais ta putain comme esclave sexuelle. Je suis sur qu'elle va aimer ça, se déhancher sur le corps bien gras des sénateurs. Et si t'as des gosses, ils pourront voir maman donner du plaisir au maître pendant qu'ils récureront le sol. Le fric ramassé m'assurera un mois de boisson, de lit douillet et de putes. Je crois même que je me taperais ta femme avant de la vendre. >>

Le regard à moitié éteint d'Alan se raviva, pris d'une vision d'horreur à ces mots.

Kwendal était là, debout, le visage triste. Sa nudité était vraiment gênante et son corps était parcouru de nombreux coups et blessures. Ses yeux larmoyants observaient le membre viril d'un noble bien gras qui ressemblait étrangement à Side. Et dans un coin, Kira et Gaël pleuraient. Leurs cheveux sales et leurs haillons leurs donnaient un aspect misérable.

Cette simple vision se superposa à ses souvenirs. Les années passées dans les caves à nourrir des Laguz captifs qui se retrouveraient sur le marché noir pour servir d'esclaves, les séances de torture avec le bourreau attitré de Side, les journées à préparer son bain et à lui frotter le dos... Non... il ne voulait pas de ça pour eux. Sa famille méritait une vie bien plus heureuse que la sienne. Il ne pouvait pas permettre que leur destin soit altéré par son passé !

Dans un hurlement de rage, l'épéiste se redressa, plaquant un uppercut au passage et s'arrachant une cuisante douleur au ventre. Le chevalier tituba alors qu'Alondite se planta dans son ventre. Les yeux d'Alan ne brillaient plus de folie mais de rage et de détermination. Il allait protéger sa famille quoi qu'il arrive !

Ne s'attendant pas à une si brusque poussée d'adrénaline, le chevalier tituba dangereusement et s'étala au sol. Alan profita de ce moment pour attraper sa potion et la boire cul sec, tentant d'ignorer le goût affreusement amer de la mixture. SA blessure se referma, ses hémoglobines se renouvelèrent et la douleur disparut. Alan jeta le flacon par terre et s'approcha du chevalier qui se redressait. Il grimaçait de douleur mais ça ne semblait pas plus le gêner que ça.


Chapitre 2 : Détermination suprême.

<< J'ai touché la corde sensible on dirait. >>

Un éclat de satisfaction illuminait les yeux sombres du chevalier. Les iris émeraudes d'Alan s'embrasaient.

<< Je ne te laisserais pas approcher ma famille. >>

Le chevalier ricana, visiblement un peu blasé...

<< C'est ce qu'ils disent tous... « tu n'auras pas ma femme ! » « je ne te laisserais jamais faire du mal à ma famille ! » « Je te maintiendrais à l'écart de mes enfants ! » Mais au final, j'ai pu me taper toutes ces putains et trainer leur progéniture jusqu'aux nobles qui avaient besoin de main-d’œuvre à endoctriner. >>

Alan grogna. Ce type le dégoutait sérieusement.

<< Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu tues des innocents pour violer leur femme avant de les revendre ainsi que leurs enfants ? >>

L'autre soupirait, comme si c'était une évidence.

<< C'est le business, coco. Je ne suis pas taillé pour être fermier ou commerçant. Moi, ce que j'aime, c'est combattre les gens forts, me prouver que je suis le meilleur, les tuer, les humilier même après la mort, jouir dans leurs femmes, vendre les enfants, massacrer leurs parents ! Me faire du pognon sur leur décès, me payer des putes, bouffer comme un roi dans les meilleures auberges ! C'est ça, la vie, la vraie ! >>

Une lueur démente illuminait les yeux sombres quand il évoquait sa vie viciée. Alan grimaça de dégoût.

<< Tu es un monstre !
- Peuh...il n'y a pas de bien ou de mal, juste ceux qui refusent le mode de vie des autres. >>

Sur ces mots, le chevalier brandit son épée et se jeta sur Alan. L'épéiste para le coup et roula sur le côté pour finir dans le dos qu'il taillada, perforant une nouvelle fois la chair. Le sang qui s'échappait à présent n'éveillait même plus sa soif de destruction démentielle. Au contraire, ça le dégoutait même un peu. Tout ce sang, si sale, provenant de ce porc...

<< Reste tranquille, tu veux ? >>

Alan se baissa, évitant de justesse un nouveau coup d'épée. Il enchaîna aussitôt par un coup de taille dans le torse du chevalier qui poussa une nouvelle plainte de douleur. S'en suivit de nouveaux coups rapides et précis d'Alan, plus destinés à endommager l'armure que le corps. Le chevalier ne suivait plus du tout le rythme de l'épéiste. Avant, Alan se focalisait sur la puissance pour faire souffrir l'adversaire. Maintenant, il jouait de vitesse et d'agilité, chose dont manquait le tas de ferraille. Partout, Alondite passait, déchirant l'armure, la perforant, faisant perler le sang. Au final, l'armure tomba en lambeaux, dévoilant de simples habits de soie troués et imbibés de sang. Le chevalier grogna et retira le reste de son équipement métallique.

<< Ok, bien joué... maintenant on passe au niveau suivant. >>

Sur ces mots, la lame de son épée semblait fondre. De grosses gouttes grisâtres perlaient et tombaient pour colorer l'herbe déjà sanglante. Le mélange entre l'acier et le sang donnait un résultat assez incroyable et indescriptible. Mais le plus spectaculaire fut de constater que la lame était encore présente sur l'épée. Une lame noire comme l'ébène. Il irradiait d'elle une aura rougeoyante, meurtrière. Rien qu'en posant les yeux sur elle, Alan frissonna. Il éprouvait une sensation trop familière. Rien qu'en l'observant, il avait l'impression qu'Artamon vibrait, mais ce n'était qu'une impression...

<< Une lame maudite.
- Ah, tu connais-ça, hein ? Je te présente Sucubus, la faucheuse d'âme. >>

Alan sentait ses poils se hérisser. L'aura dégagée par la lame était oppressante. Il avait l'impression que son cœur était pris dans un poing et que celui-ci menaçait de l'écraser à tout instant.



Le chevalier brandit sa lame et l'air frémit. Alan était parcouru de frissons, incapable de bouger un muscle. Ce qu'il ressentait était un sentiment enfoui et muselé au plus profond de son être. Ce sentiment qui pouvait rendre n'importe qui impuissant, qui faisait de l'être humain un simple enfant...

Il avait peur... pire, il était terrorisé.

Son ventre se contractait douloureusement et il n'était même pas capable de se le tenir. Il restait immobile, le rictus de l'épouvante se déployant sur son visage.

Le chevalier, approchait, son pas lent résonnait dans la prairie silencieuse.


<< Ben quoi ? T'as peur ? Tu veux pas te défendre ? >>

Une lueur rubis émanait des yeux du chevalier au rictus méprisant. Il brandit sa lame et taillada vilainement le ventre d'Alan. L'homme gémit et tomba au sol. Plus que la morsure de Sucubus sur son torse, c'était son âme qui se faisait trancher. Il gémit alors que sa vision se troublait.

<< T'as senti, hein ? Elle a faim. Et ton âme est délicieuse. Avec elle, j'ai pas à me fatiguer à te perforer le cœur. Plus tu souffriras au moment de la blessure, plus ton âme se fera bouffer. Et quand il ne restera plus une étincelle d'esprit en toi... >>

Alan tentait de grogner, mais ses cordes vocales se retrouvaient hors de contrôle, incapables de remuer. Les lames maudites, quelles sales bêtes. Artamon a déjà dévoré une fraction de sa personnalité, et une autre venait la bouffer maintenant. Il ne pouvait pas mourir ici... pas maintenant ! Il ne voulait pas ! Il repensait au cruel destin de Kwendal et les enfants. Non, il ne pouvait pas abandonner... mais la peur s'insinuait en lui comme un venin. Sucubus distillait la plus terrible des armes en lui pour le maintenir en son pouvoir. Les yeux d'un Alan au sol se posèrent sur Alondite, la sainte lame.

*S'il te plait... Alondite... pitié... pour Kwendal... pour mes enfants... aide moi...*

Il n'était pas de taille à luter contre les esprits maléfiques qui hantent les armes, il le savait. Seule Alondite pouvait l'aider, mais celle-ci ne broncha pas.

*Pitié... aide-moi... libère-moi !*

Narquoisement, le chevalier posa la pointe de la lame sur la nuque d'Alan. Une petite goutte de sang perlait et avec elle un microscopique fragment d'âme.

*Je ne peux pas laisser ce porc faire du mal à ma famille ! Mais j'ai besoin de toi ! Au nom de ta créatrice ! Je t'en prie ! Aide-moi !*

La lame se décida enfin à réagir et engloba Alan d'une douce lueur bleutée. La peur s'évaporait et l'épéiste roula sur le côté, s'égratignant le cou sur la lame, mais son esprit n'en fut pas plus affecté. Une fois debout, Alan toisa son adversaire, décidé à en finir en un coup.

<< Je t'ai assez vu ! Au nom de toutes les personnes qui ont soufferts par ta faute, ta vie va prendre fin ! La Déesse a rendu son jugement ! >>

Le néant engloba l'esprit d'Alan alors qu'il fermait les yeux. Le corps est la plus grande invention de la vie. Si on transcende ses limites, si on parvient à franchir la barrière du réel, alors tout est réalisable avec lui.

Les muscles d'Alan grossirent jusqu'à dépasser les proportions de ceux de son ennemi, son esprit s'était éveillé à l'infini et son corps en fut récompensé par une croissance musculaire invraisemblable. Le sang coulait plus vite, mais qu'importait.


<< Fils de...
- Disparais ! >>

Pour la première fois depuis qu'il a créé cette technique, pour la première fois depuis qu'il a hérité d'Alondite, pour la première fois de sa vie, sa grande vitesse portera un coup létal volontaire.

A peine disparu, Alan réapparu en plantant Alondite dans le cœur du soldat. La flamme bleue engloba le chevalier qui lâcha Sucubus. La lame heurta le sol et retrouva une teinte gris acier. Alan tituba en arrière, laissant sa victime tomber. L'épéiste fut alors pris d'un haut-le-cœur et cracha une sacré gerbe de sang avant de s'évanouir dedans. Il sentait la vie le quitter à son tour, petit à petit...


*Au final, c'est peut être moi le monstre...*

Epilogue :La fin d'un combat, le début d'un autre.

Alan entrouvrit les yeux. Il avait atrocement mal partout, mais surtout à la tête. Des sanglots résonnaient dans la pièce. Des sanglots trop connus et trop douloureux à son goût... mais comment était-il rentré chez lui ?

Lentement, il se redressa, mais à peine le mouvement du dos fut-il entamé qu'une atroce douleur lui arracha un gémissement. Le sanglot cessa aussitôt et une tornade de cheveux blancs l'engloba alors qu'une paire de bras douce comme la soie l'étreignit à lui en arracher un second gémissement.


<< K... Kwendal, s'il te plait, doucement...
- Alan... j'ai cru que...
- Je vais bien, ne t'en fais pas... >>

Sa femme se décida enfin à le lâcher et c'est seulement à ce moment là que l'épéiste remarqua le petit bébé joufflu sur ses genoux.

<< Papaaa ! >>

Le petit trottina jusqu'au torse de son père et se blottit contre celui-ci. Alan sourit et le serra doucement contre lui.

<< Alors ça y est, t'y arrives enfin. >>

Kira se trouvait sur les genoux de sa mère, observant son père avec attention. Et dans le coin de la pièce se trouvait Eve.

Alan observa son employeur, la gorge séchée. Il était temps de mettre les points sur les « i »


<< Alors, tu es prêt à faire ton rapport ? >>

Alan sentait que Kwendal adressait un puissant regard noir à Eve, comme toujours. La pauvre ne pouvait pas supporter voir son mari partir en mission et revenir cruellement blessé. L'épéiste n'en tint pas rigueur et prononça tout son rapport d'une voix neutre.

Aussi étrange que cela puisse paraître, et il le remarqua seulement maintenant, l'assouvissement de sa vengeance ne lui faisait rien. Pas de joie, pas de satisfaction, pas de soulagement... le vide complet...


<< Je vois. Eh bien bon rétablissement.
- Un instant... >>

D'une main tremblante, Alan détacha son bracelet incrusté d'une émeraude et le balança vers Eve.

<< Je crois que ma dette est largement payée maintenant. >>

Alan comme Eve savaient que la loyauté de l'épéiste provenait d'une dette. Elle a sauvé la vie d'Alan et a aidé celui-ci à sauver Kwendal. Par honneur, il a travaillé pour la dame blanche, mais risquer sa vie pour elle depuis si longtemps revenait à éponger sa dette maintenant.

<< J'ai un autre combat à mener et je veux m'y consacrer.
- Je comprend. >>

La voix d'Eve tremblait, empreinte d'une profonde tristesse. Elle ramassa le bracelet et plongea un regard azur empli de larmes dans les yeux émeraude d'Alan. Lui même se sentait vraiment mal. Si ça ne tenait qu'à lui, ça aurait continué, mais il ne pouvait pas. Sa place était désormais ailleurs que sur le champ de bataille.

<< Eh bien... adieu... >>

Et, dans un ultime flash, elle disparut.

Kwendal observa Alan un long moment. L'épéiste lui sourit et subit le plus puissant baiser que sa femme lui aie jamais faite. S'il était en état, il aurait serré son amour fort contre elle, mais il avait mal en même temps. La douleur physique ne l'empêcha toutefois pas de prendre ses enfants dans ses bras. Désormais, son combat sera de protéger sa famille, de voir ses enfants grandir et de les voir quitter le nid avec quelques années en plus...

Quelque part, au fond de son cœur, un puissant appel résonnait. Un éclat gris acier qui réclamait que le sang coule à nouveau. Qu'il sera difficile d'ignorer l'appel de la voie sur laquelle on s'était engagée. Un guerrier peut-il vraiment troquer son épée contre le lit conjugal ?


I'm nuclear


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MessageSujet: Re: [CdC Alan] Les plaies du passé [NC-16]   Dim 25 Sep - 18:30

Un bon petit RP comme j'aimerais en voir plus souvent!

Objectif: 17/20

Note: 18/20

Bienvenue en classe II!
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[CdC Alan] Les plaies du passé [NC-16]

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