Et elle était là. Silencieuse. Seule. Depuis toujours, son état ne s’était pas modifié. April n’avait jamais eu quoi que ce soit d’important, ni qui que ce soit d’ailleurs. À part elle. Cette poupée, bien que cela puisse paraitre ridicule. Il n’y avait jamais eu qu’elle, parmi toute cette masse de monde. Tout un peuple qui, au final, se balayait pour des broutilles. Chacun dans sa galère, personne dans le même bateau. Pourquoi partager, après tout ? L’être humain était lui-même une enflure. Et cela, aux yeux de la blonde, n’avait jamais été altéré par le temps. La solidarité ? Au diable. Personne ne pouvait y croire. Pas même les plus rêveurs. Un monde unifié ? Autant détruire le monde d’un coup de balai. Il suffisait de dégager toute cette poussière qui s’amoncelait, non ?
Alors April ne comprenait pas. Non. Être ici pour aider des gens. Pour survivre. Pour la retrouver. Être seule aurait pu lui être égal, aussi. Mais maintenant, elle était là. Avec des gens. Sans savoir pourquoi. Sans savoir comment cela se faisait qu’ils ne se laissaient pas mourir en n’y croyant pas. Non, April n’arrivait pas à capter cet espoir étrange qui les animait tous. Y compris elle. Pourquoi vivre ? Pourquoi respirer encore, en sachant que la fin est imminente ? Pourtant, ils espéraient. Tous. Comme un monde qui s’unifiait réellement, qui défiait les lois habituellement enseignées à tout un chacun. Et la misanthropie s’envolait, chassée par des sentiments de camaraderie. Tous ensemble pour détruire une seule et même personne.
Une seule femme qui, sans aucune aide, arrivait à leur nuire au plus haut point. Un monstre digne de ce nom. Un être incapable de faire la distinction entre l’amitié, l’amour, la dépréciation et la haine. Son but était simple : Tuer. Tout le monde. Pour se sentir puissante. Plus que jamais. C’était pour cette raison que la demoiselle, dès le début, n’avait pas réussi à la comprendre. Pourquoi s’isoler ? Pourquoi s’obstiner à tomber dans un monde de solitude ? Pourquoi s’y enfoncer ? Trop de questions, pas assez de réponses. Et cet acte qui brisa tout.
Un seul mouvement qui suffit à briser l’univers d’April. Après avoir incliné leurs attaques de manière à tous les retourner les uns contre les autres, cette jeune femme s’attaquait désormais à la blonde. Même ces actes devenaient compliqués pour la démente. Cette prédatrice s’avérait bien plus seule que quiconque, au final. Il était dur pour elle, sûrement, de voir ces gens qui s’entraidaient au mieux. Si April n’arrivait pas à le saisir, comment aurait-elle seulement pu le faire ? Peut-être était-ce pour cette raison qu’elle s’obstinait à vouloir les détruire ?
« — Hmrgh. »
La pression sur sa gorge se serra. Depuis combien de temps cette grognasse la serrait-elle, déjà ? April ne s’en souvenait plus. La seule chose qui l’intéressa vint par la suite. Une bataille en groupe ? Les uns contre les autres ? Etait-il temps de voir jusqu’où ce travail d’équipe allait ? Apparemment, oui …
April et Valentina contre Gally’ et Moneta … ? Impossible … Totalement improbable. À moins que ? Opposer deux êtres profondément liés pouvait parfois mener à quelque chose d’étrange, non ? April, contre Destiny, aurait pu aller jusqu’au pire supplice … Mais tuer des équipiers … Non. Il ne fallait pas. Ou … ? Au final, elle n’en savait pas grand-chose. À trop vivre recluse, la demoiselle en avait perdu ce genre de principes. Des règles un peu trop compliquées qui n’avaient aucune place dans son esprit solitaire. Il lui fallait vivre un peu plus en communauté, non … ? Mais cela … après que …
« — Gyaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah !! »
Un cri perçant, détruisant la couche silencieuse et austère qui recouvrait l’arène. Au lieu d’arranger cette mauvaise ambiance, April la rendait plus glauque. Le sol se recouvrait de taches de sang, pendant que d’autres coups se plantaient en son être. La douleur se faisait de plus en plus présente, de plus en plus désagréables. Et les plaies allaient de pair avec cet incommode phénomène. Oh, oui. C’était si dérangeant. Gênant de sentir le sang s’écouler, gênant de se sentir percée de partout sans pouvoir se défendre. Elle aurait voulu hurler à s’en décrocher la mâchoire, mais rien n’y faisait. Cette situation la détruisait encore trop pour pouvoir agir.
April, à force de recevoir des coups, commençait à comprendre une faille dans les attaques de Valentina. Quelque chose clochait. N’avait-elle pas six bras ? Alors pourquoi ne lui mettait-elle qu’un seul coup avec une seule arme à chaque fois ? Peut-être faisait-elle durer son plaisir … Qui savait ? Pourtant, la faire hurler d’avantage aurait pu s’avérer plus drôle, non ? Si son extase se liait aux hurlements de ses victimes, ses gestes se seraient réellement accordés avec ça … Et pourtant, non. Une autre hypothèse était donc plausible, mais un peu étrange. Cependant, si c’était réellement ça … Chaque chose pourrait être altérée.
La lame vint de nouveau dessiner une marque sur sa cuisse. Nouvel hurlement. Et, d’un coup, tout changea. La salle se transforma, d’une certaine manière et, April, d’un coup, changea de place. Son corps s’écroula dans les bras de Moneta. La Capitaine … Et tous ces gens. Un sourire étrangement touché naquit sur ses lèvres. Qu’était-ce, alors ? L’esprit d’équipe ? La camaraderie ? Quelque chose d’étrange, en tous les cas. Ses yeux se fermèrent, tandis que d’autres bras vinrent l’enserrer avec beaucoup plus de force, sans pour autant manquer de délicatesse. Elle grimaçait tout de même un peu, sous l’effet de la douleur, mais son cœur se calmait avec lenteur.
Le temps recommençait à suivre un rythme normal et la mort s’éloignait encore un peu. Elle reviendrait, April le savait, mais rien ne changerait ces tentatives désespérées de tuer cette foutue Shiva. Par ailleurs, une idée lui revint. Doucement, elle tourna la tête et tendit le bras, comme pour attraper ce paquet d’étoiles. Tous ces gens qui se tenaient là, debout devant elle. De sa main, elle semblait pouvoir les attraper et les retenir. D’une voix protectrice, entrecoupée par quelques plaintes sourdes de douleur, April s’était exprimée.
« — Je … Je crois qu’elle use de célérité pour nous donner … l’illusion d’avoir plus d’une paire de … bras … »
Puis, d’un coup, le dragon s’interposa. Sa transformation surprenait toujours April. Cette petite fille, si adorable, et haute comme trois pêches, arrivait à devenir aussi surprenante qu’un monstre ayant des millénaires. Elle voulait y aller … Seule … C’était trop dangereux ! La blonde se dégagea des bras d’Alyster, qui la releva et la maintint debout du mieux qu’il pouvait. Il lui fallait Satsugai. Ou autre chose de semblable. Gallysnaga ne pouvait pas aller combattre seule. Non.
« — Je refuse ! Si on doit se battre contre elle, ce sera tous ensemble ! Pas de combat solitaire ! Même si tu es bien plus … La douleur la coupa dans son élan, mais elle reprit de plus belle. … Robuste que nous ! Ce serait suicidaire d’y aller seule ! Il faut la détruire ensemble ! Un à un, cela lui rendra la tâche trop simple ! »
Alors c’était ça, la camaraderie ? Quel sentiment étrange, dites-moi … Ce besoin de protéger, d’être là. De se battre. Même si cette bataille était le seul moment où ils seraient ensemble, à lutter contre une seule personne. Même si tout devait s’arrêter après ça, et que leurs visages ne se feraient plus jamais face. C’était cette sensation de vouloir se battre encore et encore, même en étant extrêmement blessé. April commençait à comprendre …
Sale petite traitresse. Elle vit le corps de sa captive lui échapper alors que les fils rouge de son sang la ramenaient auprès de ses camarades. A leur coté, Gabrielle tremblante la regardait en tenant son livre troué.
Sale petite traitresse.
L’expression sombre dans les yeux de Valentina n’avait pour cible que la jeune fille qui se recroquevillait sur elle-même devant l’intensité de ce regard. L’accusation à peine voilée, criée même, la faisait fléchir alors que la jeune enfant se rappelait tout ce que Valentina avait pu faire pour elle. Elle l’avait sortie des rues, elle l’avait nourrie, éduquée, entrainée. Elle avait fait d’elle ce qu’elle était aujourd’hui et sans elle, elle n’existerait simplement pas. Son genou toucha le sol alors que toujours prisonnière de ces deux orbites glacées, elle s’affaissait.
Comment avait-elle pu s’opposer à elle ? Comment avait elle pu utiliser ce don qu’elle lui avait fait, contre elle ?
Elle n’était pourtant pas ingrate, elle aimait Valentina, et elle savait au fond elle que c’était surement, Non ! C’était réciproque ! Son deuxième genou rencontra le sable sec. Tout son corps tremblait, tout son être tremblait. Elle s’inclina et … - Pardonne moi Valentina. - Tu es pardonnée.
Pan.
La balle fusa sans prévenir se logeant dans la petite tête rousse. Le sang se mêla à sa chevelure sans que personne ne puisse faire la différence. - Excusez ma distraction chères amies. Oh je vois que vous me faites l’honneur de vous présenter à moi sous une forme convenable. Très bien, je n’ai plus besoin de m’échauffer. Son regard noir se posa sur les deux autres femmes. - C’est bien d’avoir comprit ma technique, mais vous ne pouvez l’arrêter vous êtes trop lente. Sa langue passa lentement sur ses lèvres et soudain tout changea. Elles se virent tomber, elles se virent chuter, elles se virent souffrir, elles se virent mourir. Que ce soit par la lame effilé d’une épée où sous les coups d’une masse. Elles se virent se détruire et se dépecer vivante.
Quelle douce illusion que celle imposer par la pression de la mort.
L’aura meurtrière qui coulait littéralement de son corps imposait la peur, les paralysait dans cette illusion, cette image de mort. Puis elle tira sur Yue sans que celui-ci ne puisse esquiver. - Maintenant que tes petits amis sont dans un autre monde, jouons petite dragonne, jouons aux jeux que seuls les adultes peuvent comprendre. Jouons à un jeu de mort, un jeu de souffrance. La jeune Shiva relâcha ses armes, ne gardant sur elle que son épée magnifiquement ouvragée. Elle fit un moulinet à droite un autre à gauche, du moins c’est ce qu’on supposait puisqu’ils étaient impossible à être vu à l’œil nu. En un battement de paupière, elle se retrouva dans son dos. Moins rapidement que lorsqu’elle se téléportait mais suffisamment pour asséner le premier coup. Elle leva son épée et plus rapidement que l’éclair abaissa son arme. Cependant, une fois n’est pas coutume et on apprend d’autant plus vite que l’on est jeune. Avec la vivacité d’un serpent, au moment même où elle l’avait perdu de vu, sa queue avait prit son élan et c’est avec la force d’un buffle qu’elle balaya l’épéiste.
Elle roula, se releva et la seule marque qui lui restait de cette attaque était un filet de sang sur le coté de ses lèvres. - Très bien, ça va être très drôle. Elle plongea dans la mêlée.
Etat de la situation : Alors vous vous êtes pris une vague d’aura meurtrière mesdemoiselles, c’est comme si vous aviez fait un échec critique en impassibilité devant une intimidation en mode zen. Et ça fait mal. Vous pouvez essayer de vous sortir de l’illusion mais il n’y en a qu’un et je ne vous le dirai pas sinon ce ne serait pas drôle. Enfin ne vous inquiété pas si Gally gagne, elle vous sortira de là facilement et si c’est Valentina, Bah vous mourrez donc c’n’est pas grave.
Maintenant, Gally tu voulais un duel, tu l’as. Tu posteras en première si ça ne te dérange pas et je te laisse gérer Valentina. Par contre je suis seule décisionnaire pour sa mort. Fais moi quelque chose d’épique !
Remarque : Gabrielle est morte ! C’est dommage.
"Les Dieux jouent avec les Hommes. Moi, je me joue des Dieux."
Déjà, déjà en dragon. Elle fit face à son ennemi. De plein gré, alors qu'elle reprenait forme humaine. Juste parce qu'elle ne pouvait pas faire autrement. Parce que ses yeux... Ses yeux, pleins de larmes. Elle restait droite comme un i, à pleurer. Là. Ni joie ni peine. Juste, juste du dégout. C'était affreux. Insupportable. Elle ne comprenait pas. Il n'y avait sans doute rien à comprendre. Cette femme était... C'était une humaine? Non, non. Même les humains n'agissent pas comme ça! C'est totalement impossible! On a pas le droit, elle n'a pas le droit, tu n'as pas le droit...
C'était... C'était ton amie, non? Quelqu'un avec qui tu as partagé des bons et des mauvais moments? Quelqu'un avec qui tu as vécu, t'es construite. Quelqu'un avec qui tu as nourris cette rancune aussi, sans l'ombre d'un doute. Et tu ne sais même pas qu'elle a pu la comprendre, la ressentir. Sans doute même a t'elle voulue t'aider, te guérir. Porter un peu de ton fardeau. Comme une amie. Une amie qui viens de prendre froidement un objet métallique dans le crâne. Mettant froidement fin à son existence... Avec comme pour dernière image, une des seules personnes qui la comprenait, l'assassinant sans la moindre émotion. C'était une enfant. Une petite fille, qui avait des rêves et des espoirs; un avenir. Sans doutes étiez vous sa seule famille, ceux qui l'ont sauvée. Peut-être même qu'elle n'aimait pas cette vie. Mais qu'elle le faisait. Pour vous, pour toi... Elle t'as même prise pour une grande sœur, j'en suis sure.
C'est comme si Moneta me tuait.
Comment peut-on supporter autant de changement? Combien de cœurs brisent tu pour tenter de remplir le tiens, qui est si vide? Tu sais très bien que ça ne marche pas... C'était une enfant, comme moi. Alors c'est vrai. Tout ce qui avait été dit était vrai. Les Beorcs sont des êtres dénués de compassion, qui ne fonctionnent qu'à l'instinct. Ils nous traitent d'animaux, mais c'est eux qui le sont. Ils n'ont rien pour... Eux. Comme je les plains, comme c'est triste... Alors c'est pour ça que Moneta et April, qui ne sont qu'à demi Beorc, usent tant de la violence. C'est pour ça que je ne vois que ça, ici. Toutes ces histoires sont vrais. Les Beorcs ne sont que des sous êtres qui usent de tout les moyens pour parvenir à leurs fins.
Aucun n'est louable alors? On ne peut sauver que ces marqués? Alors, Valentina... Tu es comme le Faucheur?..
Elle balbutia quelque chose, entre deux sanglots:
« Nya veux plus récupérer... Mes lunyettes... » Elle baissa juste la tête, tellement détruite par ce qu'elle venait de voir. Et nul ne saurait si c'était de la chance qui venait de la sauver de ce coup de lame horizontale de Valentina, venu raser le haut de son crâne. Ou ses yeux. Emplit d'une telle tristesse, d'une telle perte d'innocence pour un si jeune âge.
Gabrielle l'avait perdue depuis longtemps, n'est-ce pas? Elle n'aurait jamais connu l'amour d'un foyer où elle aurait vraiment pu être une enfant. Pourtant malgré cette vie si rude, elle n'en restait pas moins qu'une gamine.
Elle voulait rentrer chez elle, la petite Gallysnaga. Elle n'aurait jamais du voir le monde, son père avait raison. Il était dangereux et dénué de sentiments. Juste parce que les Beorcs ne savent pas quelle valeur peut avoir la vie, quelle valeur peuvent avoir les sentiments des autres. Ils ne peuvent pas prendre la forme de la bête, mais en ont l'instinct.
Foutus Beorcs; saloperies d'humains!
Alors l'atmosphère grouillait. Il semblait se charger d'énergie, étrange sensation d'inexistence. Et pourtant bien présente.
« A droite. » Gally se déporta à droite, esquivant un coup.
« Saute. » La gamine sauta, esquivant encore une lame. Toujours les yeux fermés, embrouillés par les larmes. Et cela durait, bien trop longtemps aux yeux de l'épéiste, elle ne pouvait pas toucher une simple enfant. Peu importe sa vitesse. Elle régissait toujours avant, sans regarder. C'était quoi, ça?
« Déporte toi! » Elle ne bougea pas. Et la lame large transperça son petit corps, de part en part, faisant gicler le sang sur le sable. Une fois de plus. La petite fille aux cheveux vert leva des yeux sans pupilles vers l'épéiste. Mais Valentina n'en avait que faire; parce les siens étaient emplit de rage. Vouée au combat, déterminée à la mort. Elle avait gagnée alors, puisse que le sang sortait même de la bouche de l'enfant. Un corps si chétif, c'était pitoyable tellement ce fut facile. Alors elle retira sa lame.
Et n'y arriva pas.
Parce que ce petit corps faible se développait, la chitine prenant place de la peau. Les puissants muscles retenant la lame dans un spasme de contraction absolu. Elle ne pouvait même pas la bouger, même pas l'enfoncer plus. Peu importe. Ça allait devenir drôle. Le dragon allait se battre jusqu'à la mort. Et ce n'était qu'une question de temps avant que cette blessure lui soit fatale. Le jeu devenait de réussir à tuer la bête avant.
Une vague brume, dispersant la réalité en plusieurs fragment. Le sol restait dur et stable, mais rien d'autre vraiment autour. Elle le vit, elle le vit. Ce futur, propre à elle et Valentina. Qu'il soit proche ou lointain. Elle perdit la raison.
Au revoir, enfance.
Et eux étaient tous là, ayant répondu à son silencieux appel. Ceux qu'elle avait toujours aidé et aurait aidé si elle était restée en vie longtemps. Les esprits, le monde des morts incarnés sur terre. Qui lui chuchotaient des tas de choses à l'oreille quand elle dormait dans la nuit. Des remerciements, des conseils. Parce qu'elle était là pour eux, ils sont là pour elle.
Et toi Valentina, si tu les aperçoit ne serait-ce qu'une fraction de secondes... C'est que cela sera ta dernière vision de ton vivant. Et tu les verras; dans les flammes. Un aperçu de l'enfer, comme dernière seconde sur terre.
L'enfer à son firmament, dans un arène où le sang se mêle déjà à la terre.
D'un mouvement plus brute, le pied contre le cuir épais, elle réussit à défaire l'épée. Elle se retrouva éclaboussé d'un épais sans rouge; se léchant le pourtour des lèvres pour gouter à la douleur de l'ennemi. A son désespoir. Et à sa peur. Sauf que le dragon n'avait pas peur. Et il n'avait plus aucun espoir. Et alors qu'elle se léchait les lèvres, un puissant coup de l'intérieur de la patte l'envoya s'écraser contre les parois inférieur de l'arène. Suivit d'un souffle, qu'elle esquiva de justesse en y perdant quelques mèches de cheveux.
On a beau être la plus rapide, quand on se déconcentre ne serait-ce qu'une seule seconde: on est mort.
La blonde se stabilisa, et chargea à nouveau. Enfin, un combat digne de ce nom. Elle sauta par dessus un coup de patte, esquivant avec aisance. Le dragon n'allait pas s'envoler. Elle se baissa pour esquiver un cours souffle une fois le pied à terre et se releva en balançant son bras armé vers le haut, tranchant une partie de la gorge et du menton du dragon qui leva la tête sous l'impact.
Elle en profita pour bondir, poussant une fois en l'air de son pied sur une patte du dragon pour se propulsé sur le cou du dragon. De son poids, elle stabilisa la tête de l'animal. Elle prit bien son épée à deux mains, et l'envoya trancher la gorger du dragon.
Les esprits regardèrent, cette bête de légende qui propulsa violemment son ennemi au sol en se mettant sur deux pattes d'un coup brutale des ailes. Et sans se retourner, la bestiole souffla devant elle. Inondant l'arène de feu. Poussant le bois à s'incinérer, et même le sang à s'enflammer. Progressivement, elle tournait, brûlant tout sur son passage. Sauf Valentina qui se relevait.
Le feu, c'était son élément. Les reptiles ont le sang froid. Le siens bouillonnait, d'avoir fusionné avec la bête. D'avoir repris ce que les dragons ont toujours abandonné au fond d'un placard. La puissance, la force. La domination.
Simples mortels, futiles êtres sans aucune chance de survivre dans un monde plus dur que vous.
La lame fusa vers la bête. Elle fut stoppée entre les crocs du dragon. L'épéiste força, emportant une dent avec elle. Elle tourna sur elle même dans son élan afin de rattraper le morceau d'ivoire. Le dragon quant à lui prolongea sa gueule dans l'axe pour la capturer dans sa dentition acérée. La réponse fut sa propre dent qui se planta dans son museau, clouant la créature au sol dans un hurlement bestiale de douleur.
Les flammes étaient partout. Les morts aussi. Un endroit rouge comme le sang, léché par les flammes de la destruction elles même. L'enfer sur terre.
Valentina profita de se mouvement pour envoyer un coup d'épée dans la gueule du dragon. Levant son arme bien haut pour amplifier le coup, elle fut déstabilisée par un coup de museau se relevant, percutant le dessous du pommeau. Le dragon hurla, ayant frappé sur un endroit où il avait été gravement blessé. Et son hurlement se termina alors que toutes ses dents, pointues et acérés, se refermaient sur le bassin et les jambes de Valentina. S'enfonçant dans la chair, brisant même les os. Serrant les dents sous la souffrance, l'épéiste retourna sa lame en vole et la planta avec force devant elle. Perforant de part en part la bouche du dragon.
Pourtant, celui-ci souffla. Chauffant la lame à blanc, créant ainsi une blessure encore plus profond et plus douloureuse qui ne cicatriserait jamais naturellement. De toutes façons, elle allait mourir. Elle emporterait avec elle les jambes et la féminité de cette demoiselle. Elle aurait voulu lui dire en riant aux éclats que jamais elle ne pourrait avoir de plaisir avec Axel. Plus jamais, divine punition. Mais sa langue était détruite. Et d'un mouvement de museau lui arrachant que plus de chair et d'os, elle envoya l'épée valser alors que la blonde tombait au sol, sans plus aucun tissu ou nerfs pour la retenir. Elle pourrait encore se défendre avec ses mains, si le majestueux animal ne se dressait pas à deux pattes au dessus d'elle. Elle tenta de ramper.
Elle vit le fond de la gorge rougir.
Elle vit les flammes crépiter au loin.
Elle vit l'enfer se rapprocher.
Elle vit les esprits.
Elle vit l'enfer sur terre. Et elle sourit. Elle ne partirait pas seule.
Elle vit l'enfer. Et une seconde suffit à lui faire peur. Comme tous, face à la mort.
Elle vit l'enfer, parce qu'un long morceau de tissu rouge flottait dans le vent, obstruant sa vision, alors que les flammes devrait l'assassiner.
Il tenait sa lame à l'horizontale devant lui, retenant les flammes à deux mains. Ses longs cheveux blancs ondulants dans le vent; Comme si le diable était lui même venu la sauver. Tout ses muscles étaient tendus, crispés devant un tel effort. Lui même n'en sortirait pas indemne.
Le souffle ardent cessa. Le dragon s'étala au sol suite à un énorme coup de plat de lame en pleine gueule, complétement impossible à esquiver devant une telle surprise. Un tel retour à la réalité.
Et le monstre animal redevient un simple humain:
« Nous sommes quittes. » Il posa son épée sur son épaule, et repartit de là avec une effarante lenteur. Laissant une enfant pleurante et agonisante au sol, non loin de son ennemi dans le même état de souffrance. Il savait très bien qu'on viendrait les soigner, car ce vieux prêtre n'était jamais loin.
Et Gallysnaga pleurait toujours. Elle pleurait. De joie:
Trop de choses se passent d’un coup. Il suffit d’un battement de cil pour briser tout ce qu’on a eu l’impression de construire. Futile impression de puissance, de maîtrise de la situation. Putain de hasard des choses. Putain de réactions impulsives. Et encore une fois aujourd’hui, voilà Gally qui s’élance devant moi, qui m’empêche de la protéger, qui pense dans son âme de petite fille qu’elle sera plus forte pour tous nous protéger, car elle est dragon, car elle est puissance. Et elle pense qu’on la soutiendra, qu’on ne se mettra pas en travers de son chemin. Alyster me retient, m’empêchant de passer, empêchant de passer April. April qui chuchote des inepties. April vivante, April d’une faiblesse déchirante. Mais toujours là. Nous sommes tous toujours là, mais pour combien de temps. Et l’âme en combien de morceaux. La souffrance en combien de déclinaisons, bordel. Cette souffrance qui nous a été imposée, cette souffrance qui ne devrait pas nous être imposée. Qui ne devrait pas lui être imposée, à elle. Elle qui prend tout sur ses petites, toutes petites épaules de toute petite fille. Arrête. Mais arrête. Tu vas prendre la raclée de ta vie. Arrête. Arrête de ne pas comprendre, arrête de nous tuer. De me tuer.
Le reste se passe de façon trouble ; je ne sais pas ce qui se passe vraiment, encore des choses trop rapides. La jeune magicienne n’est plus près de moi. Mon cri reste coincé dans ma gorge alors que le coup du pistolet claque, sèchement, dans l’arène totalement vide. Le sang gicle à peine. Elle tombe sans bruit sur le sol, comme un tas de linge sale. Et elle ne bouge plus. Elle est là, étendue sur le sol. Il y a juste une différence d’un instant. Car il y a un simple instant, cette gamine était vivante. Et maintenant, elle ne l’est plus. C’en est d’une délicatesse à pleurer. Comment briser le fil de la vie aussi facilement. Peut-on briser le flux des souvenirs avec autant de simplicité ? Peut-on oublier les joies et les peines endurées avec un être cher avec tant d’insouciance ? Peut-on juste… Tuer celui qu’on aime en un simple coup ?
C’est comme si je tuais Gally.
Comme si j’oubliais tout de moi et que j’envoyais le fil fin de ma hache se loger dans son petit corps frêle. Comme si je n’en avais rien à battre. Et ça me paralyse. Ca nous paralyse toutes. Gally, sous le choc, reprends forme humaine, et les larmes que j’aperçois sont si réelles, si vives et déchirantes, que je commence à courir vers elle pour la calmer, la prendre dans mes bras, bien décider à disparaître, à juste m’en aller pour sortir de cet enfer. Je repousse violemment le bras d’Alyster qui tente fermement de me retenir, mais rien n’y fait, j’avance encore. Puis là, l’atmosphère se glace. La connasse prend deux mètres. Non cinq. Non quinze. Elle m’écrase, m’écrase de puissance, m’écrase d’une aura immonde, dégoulinante de mal-être et d’horreur, dégoulinant de toutes les déviances que la terre porte en son foutu sein. Et je me prends tout de plein fouet, en gardant le regard rivé sur Gally. La dernière chose que je vois, ce sont ses petites lèvres qui chuchotent des mots que je ne comprends pas.
Puis c’est le noir.
J’ouvre un œil. Il fait froid. Il fait trop froid. Ce froid mauvais qui engourdit les membres. Où suis-je. Où suis-je. C’est quoi ce froid. C’est quoi cet endroit. Sur mon corps, il n’y a plus rien. Plus de blessures, plus de sable, plus de vêtements. Mes cheveux croulent doucement sur mon dos, m’enveloppent d’un linceul blanc. Ma hache n’est plus là. Il n’y a plus rien. Il y a juste moi, et mon âme déchirée qui crie à l’agonie.
Je suis morte, n’est-ce pas.
Je suis morte de peur, morte devant cette putain de puissance. Et Gally. Gally, Gally, où es-tu, est-ce que tu m’entends, est-ce que tu me perçois ? Je suis là, je serai toujours là pour toi, même dans la mort, même perdue dans les abîmes infernales. S’il te plaît, ne meurs pas à ton tour. Enfuis-toi, envole-toi, mais ne meurs pas.
Quelque chose qui déchire mon cœur. Comme un cri d’agonie. Le mien. Je tâtonne à n’en plus finir. Mes doigts ne touchent rien. Ils ne touchent même pas le sol sur lequel je suis allongée. Est-ce que je flotte. Je suis morte après-tout. Je ne sais pas où je suis, toujours pas, je ne le saurai jamais. Je saurai juste que j’ai échoué là où il ne fallait pas que j’échoue. Je l’ai laissée seule. Toute seule, petite fille. Non… Non…
Où es-tu ?? Si je suis morte, tu devrais pouvoir m’entendre, tu pourrais pouvoir me voir !! Tu pourrais au moins me parler, dis-moi que tu le pourrais ! Moi qui ne sentirai plus jamais ta petite chaleur contre la mienne, fais-moi au moins encore ressentir ta tendre présence ! Ne me dis pas que tu te perds encore dans cette forme draconique qui ne t’apporte que des malheurs ! Ne me dis pas que tu as encore oublié mon existence, à te perdre dans les limbes de ton incompréhension de ce monde ! Ne me dis pas que tu es encore partie… Je veux pleurer. Où sont les larmes ? Où sont les battements de cœur. Où sont les veines pulsant à ma tempe. Où est la chaleur de ma chair. Rien, rien, il n’y a rien ici, juste un vide infâme, qui m’engloutit jusqu’à la moelle, qui suce mon essence jusqu’à sa dernière esquisse… Et j’ai beau me recroqueviller, j’ai beau me protéger de tous les retranchements, j’ai beau… Non, non, il n’y a rien entre ce voile d’obscurité et moi, je suis seule, seule et nue devant le néant. Le néant qui m’engloutit.
Où es-tu… Et si… Et si tu ne pouvais pas me voir ? Et si tu le désirais cependant ardemment, que tu me cherchais de toutes mes forces, mais que tu ne me retrouvais pas ? Qu’est-ce que je devrais en conclure ? Qu’est-ce que je devrais penser ? Tu ne m’as pas… Tu ne peux pas m’avoir oubliée. Non. Je le sais, je l’ai toujours su, tu ne m’oublieras jamais. Alors que fais-je ici. Pourquoi n’es-tu toujours pas venue à ma rencontre, moi qui me suis envolée du monde des vivants. Ce n’est pas parce que tu ne me cherches pas. C’est parce que je ne suis pas là où tu cherches. C’est parce que je suis autre part.
Et ce néant. Si ce n’est pas le monde des morts, qu’est-ce. Si ce n’est pas l’enfer, qu’est-ce. C’est mon néant.
C’est moi. Moi qui m’enferme, moi qui me perds devant mon incompréhension, devant ma peur. C’est ma peur qui m’a gobée en entier, et moi, toute nue devant ma peur, je ne fais qu’encore plus pleurer. Et elle ne fait que grandir, ma peur. Et plus elle grandit, plus son emprise sur moi est grande. Vaincre ses peurs. Il faut vaincre ses peurs. Cette peur de mourir que l’on a tous. Je me la suis prise de plein fouet. Elle a tellement ébranlé mon âme que je me suis tuée. Moi-même.
Mais je suis seulement morte dans ma tête.
Et c’est ma tête qui comprendra que je suis encore dans cette arène, là où je devrais être pour l’aider elle.
Mais tu es morte.
Non c’est faux.
N’as-tu donc pas ressenti l’agonie, toi aussi ?
Elle n’est pas là. Je ne veux qu’elle.
Ouvre les yeux alors.
Et les yeux, je les ouvre.
Elle est là, devant moi, m’appelant, de toutes ses forces, de toute la puissance de sa petite voix aiguë, avec ce y qui n’a jamais appartenu à mon prénom, mais qui pour elle lui appartiendra toujours. La lumière m’éblouit, moi qui ai passé trop de temps dans le noir. Je tends une main vers elle. Je caresse sa joue. Je vois son corps meurtri. Son torse percé. Sa gorge ouverte d’où glougloute à trop grands flots un liquide bien trop précieux. Je vois l’épéiste agonisante dans un coin de l’arène. Je vois tous les autres, bien vivants. Et elle, ensanglantée, le visage brillant de larmes, la langue rompue, qui continue d’hurler mon nom. Mon corps est étendu par terre, fauché par la vague destructrice de l’aura de la shiva. Je ne la ressens plus à présent. Je ne vois qu’elle. Mes bras se tendent, et se referment sur elle. Je prends ta douleur, je prends tes larmes, je ne laisse que ta joie, ta joie brillante qui illumine mon monde chaque jour que les dieux font.
Dernière édition par Moneta le Mer 18 Jan - 11:53, édité 1 fois
Tu sais, des fois, j’ai peur. Je ressens cette étrange sensation de me trouver face à moi-même. D’être là, à me regarder dans le miroir. J’ai peur de mon reflet, de celle que je suis, je me fuis. Alors j’ai Destiny. Mais là, je ne l’ai plus. Et elle. Cette Shiva assoiffée de sang. Incapable de se retenir. Je ne pouvais pas la comprendre, pourtant, je me sentais similaire à elle. D’une part, j’avais l’impression de lui ressembler. D’autre part, non. Parce que je n’étais pas entièrement comme elle. Après tout, elle venait de lui couper le souffle. De mettre un terme à sa vie d’enfant. Quelle monstruosité. Un peu comme si je déchirais ma petite poupée. Pas de vie, certes, mais cela me faisait le même effet. À la différence près que ce morceau de chiffon représentait ma vie entière.
Elle la regarda. Ses yeux se focalisèrent entièrement sur son être. Malgré ses recherches intenses en elle-même pour comprendre, April ne captait pas. Il y avait ce mur qui l’empêchait de capter. De recevoir réellement. Cette étrange et désagréable barrière qui bloquait quiconque tentait d’assimiler la signification de ses actes. Un « truc » qui l’enfermait dans une coquille. Peut-être était-ce lié à son besoin ridicule de puissance ? Cette question s’avérait réellement intéressante, au final. Parce qu’après tout … Cette nécessité s’appliquait aussi à la lancière et elle n’avait d’autre choix que de réfléchir, encore et encore. Mais son esprit, trop tordu, l’empêchait d’aller au bout des choses. Et, au final, elle en revenait toujours au point de départ. Autant arrêter de chercher, désormais, non ?
*tac* Arrêt sur image. Rideau. Tout est fini. On remballe. … Quoi ?
April secoua vivement la tête. Qu’était-ce que ce lieu ? L’arène avait subi une transformation des plus surprenantes. Chaque couleur s’était évaporée, remplacée par du noir. Beaucoup de noir. Et tout, ici, lui donnait le cafard. Que se passait-il ? Il avait suffi d’une fraction de secondes pour que tout se transforme, pour que le monde change et … Pour que toutes ses peurs lui retombent dessus. Mais il n’y avait pas que ça. Non. Ce monde était celui des morts. Puisqu’il y avait aussi … Sa mère.
S.h.i.v.a. Cinq lettres, un seul cauchemar.
Battement de cœur. Boum. Ses yeux croisèrent ceux de sa mère et le mauvais rêve repartit de plus belle. Peur. Malheur. Tristesse. Tout, sauf le bonheur. Déjà que son monde lui déplaisait, celui-ci semblait pire … Il y avait Maman. Cette salope qui avait gâché toute son enfance. Cette pute était la cause de chaque broutille, de la folie, de tout. DE TOUT ! Elle n’était même pas en droit de vivre. Même son être ne devrait pas se trouver en ce lieu. Brûlée. C’est ainsi que sa vie aurait dû se terminer. Mais non. Puisque le monde n’était qu’un enfoiré, il n’avait pas voulu. Alors la chute, dans ce si joli colimaçon, fut la meilleure solution.
Puis elle la regarda. Elle la dévisagea. Le temps d’un regard, d’un nouvel échange, d’une haine qui se transmet, renvoyée comme une vulgaire balle. April avait une envie incroyable de la détruire à nouveau. Sa haine devait s’envoler. Ici, maintenant, contre elle. Cependant, le silence fut d’or, remplaçant la parole, jusqu’à ce que la Laguz déchue brise toute l’harmonie qui régnait encore.
« — Eh bien, comme on se retrouve … Comme le temps fait bien les choses. Quelle classe, cette Shiva. Sincèrement. »
April ne répondit rien. La cacophonie que créait sa voix suffisait à lui répondre. Sa propre voix, ses propres paroles, balayées par un mutisme presque parfait. Mais la défunte ne l’entendait pas de cette oreille. Eh bien non. Avec toute la grâce dont elle disposait, la jeune morte s’avança jusqu’à sa fille. Son corps ondulait, dans des mouvements qui, normalement gracieux, apparaissaient à April comme horriblement laids. Sa seule envie était simple : Lui couper les jambes avec violence. La faire tomber. À nouveau. Les mains frêles vinrent se hisser sur les joues de la jeune blonde. Sa seule réponse fut un spasme, et sa main s’étala avec rapidité et violence contre le visage de sa mère. Celle-ci amena sa main sur sa peau légèrement rougie par l’impact et pesta. Cependant, avant que sa voix ne reprenne le monopole des sons, April prit la parole.
« — Écoute. Ce monde est déjà bien assez moche comme il est. Avec toi en plus, c’est pire. Mais je suis morte. Alors il est temps de régler ce compte pour l’éternité, n’est-ce pas ? C’est maintenant que je dois te dire ce que j’ai sur le cœur, hein ? »
La mère plissa les paupières. De nouveaux comptes, hein ? Si seulement tout était si simple … Mais. Rien ne se passerait de cette manière. Un grand sourire ironique prit place sur la jeune femme, alors qu’enfin, la lumière fut.
« — Tu sais. J’aurais aimé connaitre ce que tu as appris, même si, à mes yeux, tu n’es que source de problèmes. Mais je te vois. De ce fait, ta voix, qui me vrille assez les tympans, peut rester absente de ce dialogue. Tu veux que je te dise pourquoi ? »
April pencha la tête. Sa mère sourit un peu plus. Étrangement, il n’y avait aucune once de haine à trouver là-dedans. Rien de méchant, juste une sorte d’espoir. La pute redevenait-elle ne serait-ce qu’un peu « normale » ? La blonde ne comprenait pas. Mais, à nouveau, elle préféra que cela lui échappe plutôt que de savoir. Et, alors que l’image de sa mère commençait à disparaitre, une petite voix traversa ses pensées. Et cette affirmation percuta chacun des coins de son cerveau des milliers de fois environ, jusqu’à-ce que tout s’arrête et qu’elle prenne conscience.
Tu es … En vie. Alors bats-toi.
Était-ce seulement vrai ? Ses yeux parcoururent la totalité de la bulle, jusqu’à ce que la voix lui revienne, comme un écho que son esprit lui envoyait, incessamment.
Tu es … En vie. Alors bats-toi.
Alors, elle ouvrit les yeux. Et tout devint clair.
Il avait mal… il avait vraiment mal. Putain de conneries qui l’avait mené sur ce chemin. Il aurait mieux fait de suivre son instinct et de juste partir de Daien… de toute façon aucune terre Beorc n’était sure. Il respira un grand coup et se releva. Il avait évité la vague d’intimidation et de terreur par un simple artifice. La douleur physique était plus puissante que celle mentale et alors qu’il se relevait en s’appuyant sur sa jambe meurtrie par ses propres soins, Yue se félicitait de ne pas avoir sombré dans la démence et l’illusion. Dommage, ce n’était pas encore aujourd’hui qu’il verrait sa mort. Avec une désinvolture totale, il arracha la flèche qu’il avait dans l’épaule et alors qu’il se penchait enfin sur ce qui l’entourait, le bilan était… pitoyable.
Une enfant était morte, une enfant qui aurait pu être sa Cassandra… un autre avait failli y passer et s’était battu pour eux… il se sentait honteux. Les deux femmes avaient essuyé l’intimidation avec courage, pourtant, on voyait dans leurs yeux qu’elles n’en ressortaient pas indemne. Pitoyable échec de sa part…
Yue se dirigea vers l’enfant et la pris dans ses bras. Puis il se retourna pour ramener ce petit corps auprès de ceux qui l’avait vraiment aimé, du moins, il l’espérait. Il passa devant le corps agonisant de la jeune femme blonde et elle ne lui inspira que dégoût. Pourtant, il se devait de l’achever car personne ne mérite de souffrir avant sa mort. On devrait tous mourir dans notre sommeil. Bientôt, la lumière de l’arène laissa place à l’ombre des gradins. Par terre, un homme était allongé sur une femme pleurant à chaude larmes. - Elle est morte ? - Non… mais l’enfant qu’elle portait est hélas décédé en son sein. - On ne récolte que ce que l’on sème.
Les paroles étaient dures d’autant plus qu’il posa le corps de la petite mage à coté de lui. Sans un mot de plus, sans compassion, sans haine non plus. c’était simplement la vérité. Il le savait mieux que quiconque. - Valentina… est-elle en vie ? - Oui, mais plus pour longtemps si vous voulez lui faire vos adieux avant que je n’abrège ses souffrances. - Ne vous donnez pas cette peine. Le loup s’en retourna. Le chevalier mage disparut.
***
Elle ne sentait plus rien, ni douleur, ni agonie. Elle n’avait plus de sensation comme si son corps s’anesthésiait de lui-même car il savait qu’il ne pourrait survivre à tant de dommages. Pourtant, elle continuait à lutter. Elle se trainait de ses mains sur le sol, essayait de rejoindre son arbre comme si elle en main, elle devenait immortelle. Mais elle se vidait trop vite de son sang et son frère ne venait pas la soigner.
Pourquoi ne venait-il pas la soigner ? Pourquoi s’occupait-il d’elle alors qu’elle était sa sœur ? Pourquoi était-il si lent ?
- AXEEEEEEEEEL ! - Je suis là grande sœur. Elle tourna la tête apercevant l’ombre d’une silhouette familière. - Soigne moi Axel, je dois les tuer, je dois… - Payer pour les crimes que tu as commis. Son regard devint pâle, alors que la jeune femme ne semblait pas comprendre. Elle crut d’abords à une blague. Mais le sérieux du visage qui la surplombait ne pouvait lui mentir… elle se mit alors à rire, rire d’un rire mauvais entrecoupé d’une toux sanglante. - Ne soit pas hypocrite, mes crimes sont les tiens, nous sommes tous criminels ! Même cette enfant qui pleure dans les bras de sa pirate, elle n’a pas hésité une seule seconde à tuer un humain. Quant à l’autre blondasse, elle a torturé ta précieuse Gabrielle. Et cette capitaine, ne crois tu pas qu’elle a pris plaisir à tuer ses Laguzs innocents ? Ne soit pas hypocrite et soigne moi ! - Oui ma sœur. Je te soignerai de cette vie de vices. Il posa sa main sur elle et la téléporta à plus d’une centaine de mètre. La chute fut longue et courte en même temps. Juste le temps de réfléchir à ce qu’on avait fait de sa vie. Juste un répit pour voir défiler ses jours heureux avant de venir s’écraser face contre terre sur le sol dur d’une arène ensanglanter et de mourir sous le choc. Aucun soulagement, aucune tristesse, rien. Son cœur était vide. - Rendez nous les objets volés, et laissez nous repartir chez nous. Je pense que vous avait largement payé votre crime. Ce n’était pas une parole de compassion, ce n’était qu’une constatation. Le voleur venait de se faire voler tout ce qu’il était. Sa seule famille, une enfant, un fils. Sa femme ne serait jamais plus la même à son réveil et il ne serait plus le héro des pauvres et des opprimés.
Axel Rupin, le voleur insaisissable n’existait plus.
D’un claquement de doigt, tout disparut, le temps, l’espace se tordit dans un déchirement haletant et ils se retrouvèrent tous dans l’herbe grasse et fraiche d’une forêt humide. Debout, au milieu de la plaine se tenait une jeune fille plus belle que jamais alors que des larmes roulaient contres ses joues. Courant sans distinction, aucune elle plongea dans les bras d’un jeune garçon roux le projetant en arrière et le martelant de coups sur son jeune poitrail. - Pourquoi tu es parti si longtemps ! J’étais inquiète et je n’savais pas où tu étais ! Bien qu’il se sentait suffoquer, le jeune loup ne dit rien il prit Cassandra dans ses bras et la serra contre lui comme pour lui prouver qu’il était là et ne partirait plus sans elle, au grand damne de son tuteur. Les objets volés étaient apparus en même temps qu’eux et il faudrait bien des bras pour tous les ramener à leur propriétaire. Mais pour l’instant, Yue n’avait pas l’âme à bouger. Il voulait rester là, avec celle qu’il aimait et ne plus penser à rien.
Bon bah c’est la fin. Je vous laisse conclure et vous donnerez vos Pxs après votre dernier post. Vous devriez toutes retrouver vos trésors perdus et si vous voulez vous pouvez prendre d’autre chose. Ya vraiment des trucs pas mal mais je vous laisse imaginer. Je vous laisse également poster dans l’ordre que vous voulez mais faites le sinon pas de Pxs. ^^
Merci d’avoir participé à cette mission. C’était un réel plaisir de partager ça avec vous !
"Les Dieux jouent avec les Hommes. Moi, je me joue des Dieux."
Fini. C’est fini. Elle est là, toute petite, dans mes bras. Alyster s’assoit à côté de nous, et entoure la jeune Princesse d’un cocon de magie bien chaud, bien réconfortant. Je souris. Je soulève une de ses p’tites mèches qui tombent sur son front en sueur. Pour lui découvrir le visage. J’pose mes yeux sur le vieux prêtre. Une dernière lueur d’appréhension au fond du regard. « Elle va s’en sortir ? » « Oui. La princesse Gallysnaga a hérité des formidables capacités de guérison de son peuple. Elle vivra, sans aucune séquelle physique. » Je baisse les yeux. Pas de séquelle physique, hein. Par contre, les morales… Elle a trop enduré aujourd’hui. Plus qu’elle n’aurait jamais dû. J’ai toujours essayé d’la protéger des attaques, des pillages, la laissant dans un petit nid de sureté un peu stupide. Oui, le monde est comme ça bordel. Le vrai monde n’est pas pour les enfants. Le vrai monde n’est pas plein de joie, de bonne humeur. Il est plein de sang, de larmes et de combats. C’est dur. Elle mérite mieux. Je la serre doucement contre moi. Son petit souffle est chaud, bien vivant, contre ma peau. Le sang s’efface petit à petit, suivant les incantations du vieux prêtre.
« Gally… » Je sais pas quoi lui dire. Quoique je dise, qu’est-ce qu’elle va en penser. Penser que je suis stupide, trouver malgré elle des contre-arguments. En quoi ai-je le droit de lui demander d’oublier, ou de surpasser tout ça. Pourquoi j’devrais essayer de la convaincre qu’elle peut être plus forte que tout ça. Elle me prendra pour une idiote. Idiote que je suis. Mais elle a encore tant à faire, tant à découvrir, avec ses yeux d’enfant. D’un regard qui n’soit pas couvert d’un voile de souffrance. « C’est fin… » Ma phrase est coupée en plein élan par mes yeux qui se posent sur une femme en train de chuter. Presque lentement. Sans pousser un seul cri, regardant sa mort venir sans aucun reflet dans ses yeux déjà opaques et résignés. L’homme au milieu de l’arène a les joues brillantes de larmes. Je serre la jeune dragonne contre moi, plaquant mes mains sur ses petites oreilles, cachant son visage contre mon torse. Ne vois pas, n’entends pas la mort encore une fois. Le craquement sinistre du corps sur le sable de l’arène m’ébranle. Il m’est déjà arrivé de tuer des membres de l’équipage m’ayant trahie. Il m’est déjà arrivé d’exécuter des otages. Comme une pirate, après tout. Mais, prendre ainsi la résolution de tuer son propre sang… Si j’avais eu un frère, une sœur, serait-il venu me chercher pour me tuer, en apprenant que j’avais embrassé la piraterie ? J’en sais rien, je veux pas savoir.
Puis on reparaît sur le sol de la forêt d’où on était partis. Je ne veux plus penser à tout ça. Tenant toujours Gally entre mes bras, je vais lentement chercher un tas d’étoffes et quelques bijoux déposés sur le sol, puis je les tends au dénommé Bernard. Le gars détourne les yeux devant ma quasi-nudité. Il bredouille un truc que je comprends pas, puis il me tend un paquet. Dedans, y’a tous nos habits avec lesquels nous sommes arrivés. Je pose Gally au sol, puis je commence à la rhabiller, faisait habilement couler la robe à ses pieds tandis que son pantalon et sa chemise sont déjà enfilés. Je la laisse un instant sur l’herbe pour apporter ses vêtements à April. La jeune femme a encore l’air toute groggy. Tu parles d’une aventure. « Tiens, c’est à toi. » Je fais tomber le tout à côté d’elle. Au milieu des habits, j’ai glissé une longue lance ainsi qu’une poupée de chiffon. « La lance est celle de cette femme que nous avons laissé Gally battre seule, jusqu’au seuil de la mort. Je te la laisse, fais-en ce que tu veux, et pense ce que tu veux de tout ce qui s’est passé. »
Je retourne lentement au tas d’mes propres affaires, que j’enfile pensivement. Je me sens étouffée par le serre-taille. Moi qui ai l’habitude de me battre à pleine puissance étriquée dans un corset… Ca doit être l’émotion, ah, ah. J’enfile en tout dernier mon grand chapeau de Capitaine. Je me redresse de toute ma hauteur, un poids sur les épaules. La joie de cette jeune femme, Cassandra m’effare. Elle qui ne semble même pas voir combien son petit amoureux roux est blessé. Elle qui ne voit pas la lourdeur de l’ambiance qui nous entoure. C’est normal. Elle est jeune. Trop jeune pour être touchée par ça. Je regarde Gally tristement. Tu vas voir Princesse, j’ferai tout pour te rendre ta joie de vivre. Je le jure.
J’avance vers Yue et sa tendre Cassandra. J’leur tends à chacun une main, qu’ils saisissent pour que je les relève. J’effectue une légère révérence devant la petite bourgeoise. « Je prendrai quelques armes laissées là comme paiement, si ça ne vous dérange pas. J’ai donné vos biens à M. Bernard. … Prenez soin de ce fier loup. Vous méritez de grandir et de vous épanouir en fuyant les horreurs. » Puis je me retourne vers le tas d’armes laissées au sol. Dans mon dos où ma hache, ma fidèle Orchak, est déjà accrochée, je fixe la large lame dont cette femme s’est servie pour blesser ma chère Gally. Mon fidèle second pourrait avoir besoin d’une telle arme. A mon côté, je glisse le pistolet ainsi que les boîtes de cartouches et de poudre. Pour me souvenir que de telles armes peuvent ôter la vie d’un seul coup, sans même que l’adversaire ne puisse se défendre. Sans même qu’il ne puisse se rendre compte qu’il se meurt. Ce truc horrible, j’le garderai à mon côté pour me souvenir d’elle.
J’vais doucement vers ma petite Gally, et je la prends dans mes bras. Doucement, je la mets sur mes épaules, comme elle était quand nous sommes arrivés. Je me retourne vers tous les autres. Tous, Cassandra et ses grands yeux emplis de joie, Yue et son air sérieux et dégoûté de tout ce qui s’est passé, Bernard qui n’en peut plus de s’moucher et d’essuyer ses larmes. Et puis, April, la courageuse April. Mon dernier regard est pour elle. Peut-être nos routes se recroiseraient-elles un jour. « Gallysnaga, princesse de Goldoa, et Moneta, Reine des Mers, vous saluent. » Puis je me détourne, ma précieuse petite princesse sur les épaules, son fidèle Alyster nous suivant sans bruit. Alors que je marche, je saisis doucement sa petite menotte dans ma main, la serrant avec tendresse. Puis ma main lâche la sienne et va caresser sa joue ronde de petite fille. « Rentrons chez nous. » Nos silhouettes se découpent à peine dans les profondeurs de la forêt, alors que le vent nous apporte une fraîcheur marine et salée qui nous attire vers la mer.
Dans ma bouteille, il n’y a plus de rhum.
Spoiler:
Merci à toi pour cette super mission, j'ai vraiment adoré y participer avec vous tous ^^
April avait contemplé cette chute sans rien dire. Cette téléportation qui, après un court laps de temps, donnait la mort. Une femme qui, malgré tout ce qu’elle avait pu faire, ne méritait pas une telle fin. Voler. Embrasser le ciel une dernière fois pour s’éclater contre le sol dans un craquement sinistre. Pourquoi ? Pourquoi toutes ces choses devaient-elles arriver ? Que ce soit pour eux ou pour d’autres, pourquoi ? Des morts à la chaîne, des coupables punis. Mais ces punissions ne s’adapteraient jamais à aucune situation. Pauvre petite. Puisse le ciel décider d’une bonne reprise pour elle. Et que sa peine, aussi profonde soit-elle, réussisse à disparaitre entièrement durant ce repos éternel.
Ses yeux se portèrent sur le reste de la scène. Une absence de bruit, un mutisme extrêmement lourd qui la laissait immobile, à ne rien comprendre. Tout était si moche, si dur, si pesant. Même pour elle, qui n’avait que faire de la mort et des assassinats. Cette pièce de théâtre, où son rôle n’était que figurant par rapport à d’autres, lui permettait de comprendre tant de choses. Tant d’évidences qui, sans ça, n’auraient réussi à lui sauter aux yeux. La vie, la mort, le châtiment, les gens … Chaque personne, dans le fond, était liée à une autre. Et tous, avec ce fil, se liaient entre eux. April, qui voulait le nier, ne pouvait détourner l’évidence. Qu’importait Destiny, sur le coup, puisque celle-ci n’était qu’un subterfuge. Un placebo en chiffon, pour soigner d’une solitude cachée. Sauf que, dans cette situation, rien n’y faisait. Son renfermement ne se voyait que trop. Et la fuite ne l’aiderait pas. Que faire, alors, pour tout changer ?
Un « pouf » la ramena sur Terre, tandis qu’elle leva les yeux pour voir ce qui se passait. Moneta. Seconde héroïne de cette pièce, après Gallysnaga. Ces deux demoiselles, mine de rien, furent d’un grand secours. Pions importants d’un jeu impitoyable. Pions vainqueurs, Reine détruite. Etrangement, ce côté de la balance semblait faible. Mais la victoire était telle que, lorsque le paquet fut déposé à terre, April ne sut comment réagir. Etait-ce donc un cadeau pour avoir mené à la mort ? Pourquoi est-ce que cette chasse qui, au début, lui semblait amusante, ne s’était avérée qu’une désagréable course contre-la-mort ? Baissant doucement la tête pour regarder ce qui venait de tomber, elle remarqua Destiny. Un faible sourire naquit sur ses lèvres.
De retour. Mais, contrairement à d’habitude, la poupée ne lui procurait pas cette sensation d’immunité qu’April adorait. Il n’y avait que sa présence. Elle lui permettait de se sentir juste un peu mieux. Sa raison de vie récupérée, certes, c’était bien, mais … quoi de plus ? Rien, au final. Puisque cette petite chose ne modifiait pas le passé, ni l’avenir. Cependant, sa main se hissa jusqu’au « jouet » et le traina dans ses bras. Satisfaction. Retour à la réalité. Tout était fini. Fini.
Sa tête se releva jusqu’à Moneta, qu’elle gratifia d’un regard extrêmement reconnaissant. Une pirate reconnaissable entre mille, notamment grâce à sa taille surprenante. Mais surtout pour ce qu’elle était : Quelqu’un d’extraordinaire. Une femme qui défiait tous les préjugés par sa simple mentalité. Une personne incroyable. Qui avait beaucoup appris à la jeune April. Et qui, juste pour cette raison – qui pour la blonde était bien plus que valable –, aurait une reconnaissance toute particulière.
« — Merci … »
Et c’était tout. Un simple mot, soufflé comme une dernière parole, avant que la pirate ne fasse demi-tour. La tête de la blonde se rabaissa, tandis qu’elle soupirait. Tout était bel et bien fini, que dire de plus ? Cette aventure se terminait sur ces visages transcendés par des images un peu trop glauques. Mais le principal résidait dans sa fin.
April serra son emprise sur la main de Destiny et se releva. La lance. Si belle. Si nouvelle. Si inhabituelle. Quelque chose de bien, de neuf. Avec la poupée. Tout pouvait repartir, alors. Un peu différemment, puisque plus rien ne serait jamais pareil, mais tout recommençait. Comme une roue que l’on enclenche de nouveau une fois qu’elle finit de tourner. Ainsi, le cycle perdurait éternellement.
Son regard se hasarda sur les alentours. Gally’ et Moneta s’en allaient. Ses prunelles violacées se posèrent sur la gamine, dotée d’un courage surprenant pour son petit âge. Être trainée ici et sauver chaque personne, du haut de sept petites années tout au plus. Quelle surprise. Et, à côté de ça, il y avait la Marquée, qui tuait pour son plaisir, qui courait après des « lapins-chaperons » … C’était dans ce genre de situations qu’on pouvait constater à quel point April manquait de « notions ». Même la camaraderie. Comprendre une telle chose à ce stade d’une vie s’avérait bien surprenant, à partir d’un moment … Mais elle ne s’en souciait que peu, car « mieux vaut tard que jamais », après tout.
Un sourire naquit sur ses lèvres roses, tandis qu’elle saluait, d’un signe de tête, la troupe pirate. Peut-être qu’un jour, elles se reverraient. Et que les circonstances seraient moins gênantes. Elle soupira. Décidément … M’enfin. Désormais, la demoiselle devait aussi s’éclipser. Quitter cet endroit définitivement. Et ne plus jamais y revenir. Que d’espoirs. Elle se retourna alors, après une courbette symbolique, et s’en alla, dans le plus inconfortable des silences. Pourquoi parler, après tout ? Il suffisait de mettre un point final à cette histoire.
Et ceci, était désormais chose faite.
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Merci à vous tous pour cette mission pleine d’epicness et de sensations fortes \O/. C’était vraiment génial. =3
Jules Renard a dit que le café reflétait ses idées noirs.
Alors tel les milles facettes d'un seul grain de sable.
Elle n'écoutait pas, et ne voyait rien d'autre.
Parce que lui cacher les yeux n'était pas l'empêcher d'entendre.
Parce que tout cela lui mettait en tête comme une chanson de The Fray.
Lentement, elle brisa la douce garde de cette chaleur qui l'entourait. Alors que le souvenir d'un manteau rouge ondulant aux vents lointains s’effaçait par bride de sa mémoire.
Non, ce n'était pas finis.
Sa main prit délicatement celle de l'invisible, celle de Gabrielle. Une petite fille comme une autre, qui dans la joie du sang n'avait vu son nom ne s'éparpiller qu'entre mes morceaux de poussière d'os fracturés de celle qu'elle prenait pour sa grande sœur.
Les enfants ne sont pas fait pour les champs de batailles.
Peut être pour ceux seulement emprunts de fleurs. Ça donnait une expression de maladie, un cœur qui se tord aux larmes d’ectoplasme d'un mort qui sourit à un autre. Au delà de l'infini, quel distance sépare deux cœurs à quelques mètres l'un de l'autre?
Leur histoire n'était pas la sienne.
Pourtant, elle y avait mis fin.
Et personne ne chérira les souvenirs, chacun se souviendra de la conclusion. A sa manière, jamais celle sans larmes. Sans douleur.
C'était un peu comme se tromper sur toute la ligne.
Le genre de ligne droite qui file en courbe alors qu'on la tient fermement de ses deux mains.
Ses mains étaient trop petites.
Elle emmena le destin à sa propre rencontre. Peu importe les yeux humidifiés par une simple volonté de ceux qui ne peuvent plus pleurés. Chacun des mains dans la sienne; elles devaient se rapprocher. Peu importe la colère et le désarroi,
personne ne sait ce que ressentent ceux qui ont passé le seuil.
Désagréable.
Idée d'être...
Oublier.
Elle allait rester là, il n'existe pas d'Enfer pour ceux qui regrettes. Elle ne vas pas partir, elle ne vas que rester.
Parce qu'on n'oublie jamais ceux qui partes. Et que pour les gens comme elle...
Tout ce dont nos mémoires nous parviennent, sont des sentiments de douleur.
D'agonie.
De tristesse.
Comme si la fin importait plus que le début.
Il suffirait d'un sourire. Il souffrirait de le refermer. Parce que c'était la seule chose qu'elle pouvait leur donner, à ces trépas qui se tenaient la main. Forcés, derrière ses talons qui grattent un sol humide d'avenir qu'elles ne peuvent plus toucher. Sans les regarder, car elle même humidifie le sol de sa petite hauteur. Ne pouvant offrir plus que de promettre, que...
"Jamais... Je Ne Vous Oublieraient."
Elle se tourna vers Alyster.
Elle ne le regarda pas.
Elle croisa le regard d'April.
Elle avait récupéré son bien. Ça lui suffirait à être heureuse.
Alors elle aussi serait heureuse.
Son regard finit sa course dans les yeux de Moneta.
Que ses prunelles étaient hautes. Elles ne les avaient jamais vus... Ainsi. Sans doute parce que quelque chose s'était brisé. Peut-être elle, parce qu'elle tenait à elle. Que si elle s'enfuyait, elle ne viendrait pas.
Alors qu'elle l’espérait.
Que l’espoir est futile. C'était comme si ce bateau, fendant joyeusement les flots avait mit son pied sur la boîte de pandore après qu'un homme vêtu de rouge ne laisse point ce dernier terme s'enfuir. Et qu'elle, de son petit pied, avait joint le gardiennage afin de jouir d'un paradoxe perdu.
Le temps est précieux.
Il fascine.
Mais il passe.
Et son temps était passer.
Qu'il est malheureux, si jeune; De devoir ouvrir les yeux. Comme si, toujours aveugle. On avait rêvé du monde. Et que la réalité, s'avère cauchemar.
Elle était tellement désolée. Parce qu'aucun mot ne pouvait sortir de sa bouche, sèche comme la glace qui refuse de fondre au soleil. Elle savait qu'en prenant ainsi son envol loin d'ici, en fuyant.
Elle laisserait croire la pirate que tout était sa faute.
Mais que t'aurais-je dis, Moneta? "Je vais m'en remettre, tout vas bien!". Avec un grand sourire et les yeux clos en circonflexe; que le monde aurait continué de tourner malgré cette écharde minuscule plantée loin dans son cœur?
Moi, je ne peux pas supporter d'avoir fais du mal aux gens.
Alors pourquoi m'en vais-je si je sais que tu vas en souffrir?
Il n'allait y avoir aucun autre mot pour clôturer cette histoire. Elle fut magnifique en tant qu'épopée, grandiose en terme de vécu. Mais un événement qui se termine mal n'est, qu'en somme, un souvenir à égarer dans les tourments de son propre esprit. Ô, méandres de mon cœur, puissiez vous ne pas vous couvrir de ténèbres car je refuse d'oublier. Seulement garder les bons. Quitte à souffrir. Ô, Moneta...
"Moi je sais, que si je reste, tu ne m'oubliera pas. Que tu vas rester près de moi. Non pas pour m'aimer. Mais pour te faire pardonner, ne plus culpabiliser. Et ainsi, je te ferais perdre ce que tu as de plus cher. Ta liberté."