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 Il y'a des jours comme ça... [PV Personne]

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MessageSujet: Il y'a des jours comme ça... [PV Personne]   Dim 8 Mai - 0:17

[HJ]Vraiment désolée du temps mit, on a eu des "petits" soucis de net -_-. Et navrée pour ce texte bariolé^^[/HJ]


Mélior, capitale de ce royaume qu’on nomme Criméa. C’était un bien bel après midi et les citoyens de la grande ville vaquaient à leurs occupations quotidiennes. Pour Agnès, jeune femme appartenant à l’aristocratie locale, cette journée s’annonçait bien. Elle s’était trouvée un bien beau fiancé il y a de cela quelques mois et leur mariage avait été annoncé pour le mois suivant. Il n’y avait qu’un petit bémol. La famille du fiancé. Oh non elle était riche ce n’était pas cela le problème et les beaux parents sympathiques et tout ce qu’il fallait. Non le problèmes se concentrait sur les frères cadets et la sœur. Des idiots ! Grossiers avec ça ! La sœur n’avait rien d’une vraie femme, elle se comportait plus comme un homme et cela avait le don de l’agacer. Non mais rendez vous compte ! Non seulement elle se bat, mais aussi jamais elle ne se vêt comme une femme devrait le faire et à se qu’elle sache elle ne prend jamais des heures à se préparer. Pitoyable. En plus elle n’a aucune ambition ! Même marier un petit marchand riche ne l’intéresse pas, un véritable cas désespéré. Quand aux frères… Le plus vieux, était déjà marié et avait deux enfants, il semblait le plus sage, mais il lui arrivait parfois encore de se laisser prendre dans les gamineries des plus jeunes. Faits encore plus médiocre en sachant que le plus jeune d’entre eux était âgé de 25 ans. Mais cela importait peu aujourd’hui, car la jeune femme était essentiellement concentrée sur son activité de l’après midi, entourée de sa mère et de sa belle-mère.

Évidemment la jeune sœur n’était pas là alors qu’on lui avait expressément dit de ne pas manquer à l’appel. Tant pis pour elle ! Les trois femmes s’engouffrèrent alors dans l’antre du couturier, elles y restèrent un bon 3h avant d’en ressortir, Agnès la mine des plus radieuse. Et là… Se fut le drame. Un objet non identifié vint s’écraser pile poil entre ses deux yeux, répandant sur son visage alors des plus illuminés une substance proche de la poudre qui lui piqua alors les yeux et lui irrita fortement la peau. Par réflexe sa belle-mère l’amena proche d’un abreuvoir afin qu’elle puisse s’essuyer le visage, sa vue revenant peu à peu, elle fut horrifiée en apercevant une tâche rouge s’étalant entre ses yeux et sur une partie de son front, elle avait beau s’essuyer elle ne partait pas. Des éclats de rire attirèrent son attention, un groupe de gamins riaient un peu plus loin, lance-pierre en main. Oubliant toute la dignité dont devait faire preuve une femme de son rang elle commença à débité une série d’injure à leur adresse, furieuse. Sa peau commençait à l’irriter. Observant alors son reflet dans une vitre, elle vit plusieurs petits boutons, encore plus rouge que la tâche, se répartir sur son visage…



-------Deux heures avant le drame. Quelque part sur un des toits en face du couturier------


- Humpf… Ca ne va pas être facile…

- Oh aller tu as déjà réussis ton coup dans de pires conditions.

- Ouai mais là c’est pas pareil… Et je parlais du fait de passer inaperçu.

- Hmm… J’avoue que si on calcule mal notre truc, elle va nous repérer directement.

- Espérons que les deux autres arrivent à convaincre les gamins.

Plus bas dans une des nombreuses ruelles veinant la capitale de Criméa, un homme de très grande taille et une jeune femme s’approchaient d’une bande de gamins s’occupant en s’amusant à un petit concours d’adresse avec leurs lance-pierre. Dès que les deux adultes furent assez proches du petit groupe, l’un d’eux les aperçu et s’adressa de suite à eux.

- On fait que tirer des petits cailloux sur le mur !

Le gosse, âgé d’une douzaine d’années pas plus, s’était exprimé d’une manière trop rapide, le regard fuyant, pour que les propos soient d’une quelconque véracité. Lorsqu’ils eurent entendus leur camarade parler, les autres avaient cessé leur activité et étaient venus se regrouper derrière lui. Les deux adultes se contentèrent de sourire. La jeune femme leva alors sa main droite et prit la parole.

- Ne vous inquiétez pas, nous ne sommes pas là pour ça.

Les gamins furent surpris pour la plupart, mais il était aussi facile de discerner qu’ils n’étaient pas vraiment rassurés. La femme se tourna vers l’homme et reprit la parole.

- Tu vois, je t’avais dit que tu leur ferait peur.

- Mais je suis doux comme un agneau !

- Humpf, franchement je ne crois vraiment pas que ça les rassure ça aussi…

- Roh tout de suite ! Pourquoi faut-il toujours que tu pensent de travers ?

- Mais je ne pense pas de travers ! Je me mets à leur place ! Enfin bref…

Elle se tourna à nouveau vers les enfants.

- Ca vous direz de vous faire un peu d’argent ?

- Parce que ça, dit comme ça c’est pas louche peut-être ?

- Oh ça va toi ! J’vous explique le topo les enfants !

La jeune femme leur fit signe de la suivre un peu plus loin, là où l’impasse où ils se trouvaient tous, rejoignait une grande place. Il y régnait toujours une grande activité du fait que nombreux marchands ambulants et enseignes se trouvaient ici, mais attention pas n’importe lesquelles ! Les travaux du couturier de la dite place notamment, étaient reconnus dans toute la capitale et même hors de ses murs. C’est d’ailleurs la façade de son office que pointa la jeune femme avant d’expliquer aux gamins de quelle manière ils allaient pouvoir se faire de l’argent de poche.

- Ils commencent à être longs…

- Ouai, s’ils se grouillent pas les miches on va la manquer !

- Hola, hola vous deux ! Vous croyez quand même pas qu’elle y restera que 1 heure ?

Les deux hommes sursautèrent et foudroyèrent les deux nouveaux arrivant du regard. La jeune femme laissa échapper un petit rire et tira la langue aux deux hommes en face d’eux avant de jeter un lance-pierre à celui qui se trouvait à sa droite et de lui tendre ce qui ressembler à une petite boule de tissu.

- Je n’en ai qu’une, alors va falloir bien calculer ton coup !

S’emparant précautionneusement de sa munition, le jeune homme la fit doucement rouler entre ses doigts.

- Et il y’a quoi dedans ?

- Un beau petit mélange. J’ai pas retenu tous les noms que l’apothicaire m’a donné mais en gros y’a une poudre pour lui irriter les yeux un court moment, une poudre pour lui laisser une jolie marque rouge, j’aurais bien aimé la verte mais elle était bien plus chère… Il m’a dit qu’elle tiendrait au moins une semaine sur la peau ! Et une autre poudre encore. Un allergène ou je sais plus trop quoi. En tout cas si on a de la chance, elle y réagira mal et elle aura des p’tits pustules pendant un temps.

- Superbe ! Et les gamins ?

- Le petit Tom est posté à la fenêtre. On lui a montré sur quel toit nous sommes postés et il nous fera signe dès qu’il la verra sortir de l’endroit. Les autres feront mine d’avoir tiré et prendront la fuite dans une des rues. Je leur ai donné rendez-vous à la fontaine plus loin, dix minutes après.

- Bien. Alors il nous reste plus qu’à attendre !

Les quatre adultes s’adressèrent regards et sourires complices avant de grimper sur le haut du toit et de s’allonger sur le ventre, attendant l’heure H où ils pourraient exécuter leur petit méfait.

-----------------------------------


La boule de tissus était partie telle une flèche. Les quatre compères s’étaient immédiatement reculés et aplatis le plus possible contre le toit, ne regardant même pas si elle avait atteint sa cible. Des éclats de voix leurs parvinrent alors. Ils avaient beau être assez éloignés ils ne reconnaissaient que trop bien cette voix. De larges sourires éclairèrent leur visages et se retenant durement d’éclater de rire en pensant à la tête que devait faire leur future belle sœur, les 3 frères et Erin se frappèrent doucement les mains, fiers de leur coups.


- Joli tir Janson Aïdan !

- Vous m’excuserez mais la voir avec sa tâche et les pustules s’il y en a, je ne vais pas être capable de me retenir de rire !

- Bah ça ne la fera que t’haïr plus.

- J’me demande encore ce que lui trouve Logan...

- D’après lui elle a de bons côtés.

- Mouais… Bah moi elle ne m’a pas convaincu et elle ne le mérite vraiment pas !

- Il faut lui donner le point d’avoir deux gros arguments et… Aïeuh !

- Crétin…

- Jalouse !

- Pardon ?!

- Ola du calme vous deux ! Erin tu devrais aller rendre le lance pierre à son propriétaire et récompenser nos petits amis non ?

- Ouai j’y vais…

Ne disant rien de plus, la jeune femme se laissa doucement glisser du toit et s’accrochant au rebord de ce dernier elle se laissa tomber sur la pile de caisses un peu plus d’où elle sauta lestement sur le sol. Marchant tranquillement, elle alla retrouver le petit groupe de gamins et rendit son lance pierre au petit Tom avant de leur donner leur salaire pour s’être fait passer pour les instigateurs de la mauvaise farce.

- Si jamais z’avez ‘core b’soin d’nous, on s’ra contents d’vous aidez m’dame ! Surtout si s’toujours aussi drôle !


- Haha, je n’y manquerais pas.

Erin fit alors demi tour. Après quelques pas seulement elle se figea. Il était encore trop tôt pour se rendre sur la grand place. Elle risquait de croiser les trois femmes et s’il y avait bien une chose qu’elle voulait éviter en ce moment c’était bien cela. Elle resta un instant le regard perdu, puis elle s’engagea dans une autre rue, plus calme. La marquée pensait rentrer à la grande maison familiale par un autre chemin, certes plus long, mais au moins ne risquait-elle pas de tomber sur sa future belle-sœur rendue hystérique. Elle rira de son nouvel état plus tard.

Marchant tranquillement elle se faufila entre les gens quand elle arrivait à des endroits noir de monde. Elle observait silencieusement, ce qui se déroulait autour d’elle. Bien que cela fasse désormais bien longtemps qu’elle eut quitté Stefan et les nomades du désert, elle n’arrivait toujours pas à se faire à ce lieu si vivant après avoir vu la mort et la souffrance de tant de gens. En fait en y réfléchissant bien, n’avait-elle pas était accompagnée par la mort depuis sa prime jeunesse ? Certes sa vie au sein de sa famille d’adoption avait été et est toujours un véritable instant de joie et de bonheur mais ne risquait-elle pas d’y amener la mort ? La supposition pouvait avoir le mérite d’être stupide mais elle ne cessait de trotter dans la tête de la Marquée. Il serait peut-être bon au final qu’elle ne se prenne plus d’amitié pour quiconque, car soit elle souffrirait, soit se seraient les autres qui souffriraient…

Perdue dans ses réflexions, Erin continuait de marcher, ses yeux se posant toujours sur les gens mais ne les voyant plus. Se devait-elle de fuir à nouveau ? Oui mais fuir quoi ? Elle-même ? En tout cas une chose était certaine, elle se perdait toute seule…

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MessageSujet: Re: Il y'a des jours comme ça... [PV Personne]   Sam 14 Mai - 12:46



Dans l’ombre feutrée d’une capitale plus que hostile Personne avançait la tête baissée, le dos rond, les épaules fermées. Elle marchait lentement et de manière très discrète se fondant aisément dans le paysage comme sa nature de louve lui avait appris à le faire. Elle était invisible aux yeux des humains. Invisible, transparente, comme elle l’avait toujours été.
A peine quelques jour auparavant, elle avait massacré tout une garnison militaire de cette nation, de ce peuple, de cette espèce, pourtant elle se baladait impunément dans leur ville camouflant à peine sa nature par un large béret et des rubans de couleurs variées autour de ses queues les faisant passer pour de simple accessoire.
Pourquoi était-elle là ? Pour la même raison qu’elle avait rejoint Hatary après le massacre de sa famille d’adoption par sa famille biologique. Elle voulait s’assurer qu’il n’y aurait pas de représailles envers les siens et si un doute subsistait, elle s’occuperait d’éliminer la menace dans une magnifique pluie d’hémoglobine. Personne n’hésitait pas à tuer pour protéger les siens, elle n’hésitait pas à se salir les mains et à détruire son image de petite fille innocente pour leur assurer une sérénité durable. Alek et Isy s’étaient vraiment bien occupé d’elle et maintenant qu’ils s’étaient trouvés, elle ferait tout pour qu’ils soient heureux ensemble. Si elle considérait que l’armée de Criméa était un danger elle s’occuperait de la déssimer.
Cependant, bien que se fût ce sentiment de protection qui l’avait mené en ces lieux, rapidement, une curiosité maladive vint piquer son intérêt sur cette race qu’elle ne connaissait que peu. Elle avait lu des centaines de bouquins sur les guerres qui avaient opposé les humains aux Laguzs, mais elle n’avait jamais lu d’ouvrage sur leur quotidien, leurs traditions, leur vie à eux. C’est pourquoi au lieu de se rendre directement au château de Crimea, elle avait préféré déambuler dans la cité basse.

La capitale était inondée de monde à cette après-midi ensoleillée et Personne s’étonnait de voir le contraste entre les jeunes femmes toilettées et habillée de dentelles à outrance et les petits gamins quémandant du pain et de l’argent auprès d’elle ou volant simplement à l’arraché des pommes sur les étales. Et ces dernières possédaient des marchands si bruyants que la jeune louve remerciait le ciel d’avoir un bonnet pour atténuer les sons.

- Maman, Maman tu as vu la dame recouverte de rouge hahaha !

- Chut on ne se moque pas mon chéri

- Mais elle avait plein de pustules et des …

- Arrête, restons convenable mon chéri_
dit-elle en relevant la main pour cacher un sourire.

La ville Beorc était bien plus bruyante que celles qu’elle avait pu côtoyer dans sa jeunesse. Les humains étaient obligés de crier, de hurler là où chez les Laguzs, un simple regard suffisait. Ils ne possédaient pas la dignité de son peuple ni leur fierté. L’exemple de la jeune aristocrate tout de tissus et de voile vêtue était assez démonstratif. S’étant pris une espèce de boule puante dans la figure, elle avait insulté copieusement les premiers venus un peu suspect les titrant de nom d’oiseau divers et varié et s’humiliant bien plus que si elle n’avait rien dit, pris sur elle avec dignité et découvert les vrais coupables qui sévissaient sur les toits de la ville.
Un instant, elle voulu d’ailleurs lui indiquer ou regarder mais elle se sentit étrangement éloignée de ses gens et une lassitude vint frapper ses épaules. Ce n’était pas ses affaires et cette injustice était loin de sembler embêter les gamins espiègles.

Ce peuple avait vraiment des mœurs … intéressantes. Néanmoins, Personne se sentait comme une étrangère, une tâche d’huile dans ce tableau si humain. Un certain malaise piégea son être. Ces gens n’étaient comme elle… Mais qui l’était vraiment à vrai dire… Personne n’avait jamais été comme les autres et les seuls êtres avec qui elle se sentait bien elle avait dû les quitter pour leur protection et leur bonheur. Elle se sentait étrangement seul au milieu de la foule.

- Mince, les mecs, v’là la garde ! On se tire !


La jeune louve releva les yeux sur ces humains habillés de leur uniforme si énervant et repensa à tout ce rouge qui les avait recouverts lorsque ses griffes et ses crocs avaient déchiré leur chair. Elle s’écarta à peine de leur chemin et son regard remplit de haine défigura chacun de ces soldats repérant leur odeur pour les retrouver pendant la nuit durant leur sommeil si elle devait les éliminer… l’un d’eux perçu son regard et s’arrêta subitement. Personne prit la tangente.
Il fallait qu’elle se calme, ces gens n’étaient pas les même que ceux ayant enlevés Dame Isy, elle ne devait pas les provoquer sinon elle ne serait jamais s’ils attaquaient de leur propre chef ou s’ils avaient senti une menace. En un sens s’ils avaient attaqué les siens en réponse à une provocation, c’était bien différent de s’ils les avaient massacrés juste pour le plaisir de les voler. Ce qu’elle venait de faire faussait son analyse. Elle bifurqua dans une petite ruelle transversale à la rue principale et s’enfonça à la suite des enfants dans le dédale de la ville.
Cependant, son brusque changement de direction avait malencontreusement attiré l’attention de l’un des hommes…

- Mademoiselle ? Mademoiselle pourriez-vous vous arrêter ?

Mince ! Il l’avait suivie. Personne craignait quelque peu qu’on la reconnaisse entant que la criminelle ayant massacré tout une garnison une semaine plutôt car bien que ses grands yeux bleus, sa petite natte brune d’ingénue et sa silhouette toute frêle, elle restait l’une des rare, voir la seule louve à trois queues. Elle ne devait pas se faire prendre, car si c’était le cas elle ne pourrait pas leur en vouloir de l’attaquer vu ce qu’elle avait fait aux leurs et ainsi elle ne pourrait pas savoir si c’était dans leur nature de commettre des massacre gratuit ou pas…

Personne ne se retourna même pas feignant de ne pas comprendre que l’on s’adressait à elle et continua son chemin. Se faufilant à travers les gens avec une légère pointe de vitesse.

- Les gars je crois qu’on a une petite demoiselle qui veut jouer au chat et à la souris, vous voulez jouer avec moi ?

Personne n’avait pas apprécié le ton libidineux que ces oreilles de louve avaient capté et une légère colère marqua ses traits alors qu’elle continuait d’avancer ne masquant plus sa fuite. Rapidement, elle entendit le pas des hommes qui la suivait s’accélérer et devenir plus lourds sur le pavé. Ils s’étaient séparés et l’un d’eux était monté sur le toit longeant la rue… Personne n’aimait pas ça… elle n’aimait pas cette position de proie, elle ne souhaitait pas être celle qu’on chasse mais celle qui traque les proies… elle devait rapidement retourner la situation à son avantage avant qu’elle se retrouve obligée de les massacrer dans une pluie sanglante car elle se connaissait, c’était comme ça que ça se terminerait si elle se sentait de trop acculée. De plus, vu le ton qu’il avait employé pour rameuter ses camarades, elle avait rapidement comprit que leur chasse n’avait aucun rapport avec ce qu’elle avait fait quelques jours auparavant. Ce n’étaient que des chiens en rut ayant repéré une jeune fille à leur goût.

Avait-il vu de la peur dans son regard quand elle avait décidé de partir, pour venir la chasser impunément ? Car si c’était le cas, la seule peur qu’elle ressentait était celle de les massacrer sans raison.

Tournant dans divers rues et carrefours, elle réussit à se perdre mais pas à perdre ses poursuivants qui devenaient plus agressif dans leur chasse se mettant désormais à courir littéralement après elle. C’était frustrant, elle n’avait aucune raison de fuir, elle pouvait les tuer si facilement rien qu’en usant de la surprise…
Soudain, elle heurta de plein fouet une jeune femme la renversant alors qu’elle chutait également en arrière. In extremis, elle se rattrapa sur ses quatre pattes adoptant une position trop animale pour paraître naturelle à un Beorc et reprit rapidement ses esprit pour contenir son coté bestial. Avec un élan de civilité, elle tendit même la main à la jeune femme qu’elle avait renversée et l’aida à se relever laissant largement le temps à ses chasseurs de la rattraper. Tant pis, si le sang devait couler aujourd’hui, il en serait ainsi.

- Eh bien, eh bien… la petite souris semble avoir retrouvé sa copine, vous allez pouvoir nous suivre à moins que vous ayez autres choses à nous proposer.

Son regard goguenard et le petit coup d’œil complice qu’il lança à ses camarades énerva Personne la faisant contracter la mâchoire. Alors que l’un d’eux s’occuper de vider la ruelle de toute population gênante, les deux autres s’approchaient d’elle et de la pauvre inconnue à la longue chevelure bleue, arrivée au mauvais moment, au mauvais endroit.
Personne ne leur laisserait pas l’impliquer et ses yeux se vidèrent de leur expression alors que de fine dents blanches perçaient ses lèvres.


[HRP] désolée j'ai en partie modifier ma version précédente car elle ne me plaisait pas, donc je ne sais pas si tu l'avais lu mais voilà, ça c'est la vrai version ^^ [/HRP]
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MessageSujet: Re: Il y'a des jours comme ça... [PV Personne]   Jeu 19 Mai - 5:31

Trop absorbée par ses pensées, Erin marchait d‘un pas lent, voire très lent dans les rues de Melior. Ses idées et raisonnements s’enchainaient d’une telle manière que la Marquée cru avoir marcher des heures alors qu’il ne s’était écoulé qu’à peine une dizaine de minutes. L’air perdue, elle regarda un instant autour d’elle pour se repérer. Elle avait à peine avancer… Lâchant un profond soupir la jeune femme se ressaisit et reprit sa marche d’un bon pas cette fois-ci. Au final elle opta pour un trajet plus court que le premier qui lui avait traversé l’esprit lorsqu’elle eut quitté ses « frères ». Depuis son arrivée dans sa famille d’accueil, Erin avait eut un bon nombre d’opportunités pour visiter la capitale de Criméa. De nature, la Marquée n’aimait guère les endroits trop peuplés, mais il y avait des jours comme celui-ci où elle se devait de s’y rendre. S’aventurant dans d’étroites ruelles, Erin apprécia leur calme. En ces lieux guère appréciés de certaines bonnes gens, la cacophonie des axes principaux et différentes places n’étaient qu’un simple murmure. C’était agréable. L’esprit libre de ses sombres pensées d’avant, la Marquée pensait pouvoir se rendre jusqu’au dehors de la ville via ces petites rues qui lui permettaient de jouir d’une tranquillité qu’elle appréciait beaucoup. Ô combien se trompait-elle…

Alors qu’elle allait tourner dans une énième venelle, une masse non-identifiée (ou plus communément appelée MNI) la heurta de plein fouet avec une telle force qu’elle fut projetée vers l’arrière et qu’elle rentra en contact avec le sol en le heurtant violemment avec son joli petit postérieur, ce qui occasionna le soulèvement d’un petit nuage de poussière, mais aussi, et surtout ! Une douleur si grande qu’elle ne put s’empêcher de laisser échapper un « Outch ».

Bien que déboussolée et ne sachant absolument pas ce qui venait de se passer, Erin put apercevoir que la MNI était en fait une jeune fille. Bien étrange au passage. Non ce n’était pas le bonnet bizarre, mais coquet, qui ornait le haut de son crâne qui faisait penser cela à la jeune femme. Tout comme il ne s’agissait pas des trois queues qu’elle arborait à l’arrière, entourées d’une multitude de rubans. Ce fut la manière dont la jeune fille se réceptionna après l’impact qui laissa Erin perplexe. Les yeux ronds, fait qu’on pouvait attribuer à la surprise du choc, elle regarda l’inconnue se relever avec grâce et venir lui tendre la main pour l’aider à se relever. Sans hésiter, la Marquée leva son bras droit et alla agripper le poignet de la Laguz, car oui, avec ce qu’elle avait pu observer, Erin était certaine que la petite faisait partie de ce peuple. De plus, la force qu’elle avait appliqué pour l’aider à se relever était trop importante pour une jeune fille de sa carrure. Restait la question des trois queues.
Une fois relevée, Erin remercia la jeune fille lui adressant un petit sourire et commença à s’épousseter. Elle eut à peine chassé le dernier grain de poussière de sa tunique que trois gardes arrivèrent alors. L’un deux se mit de suite a déblatérer une suite de mots tous les plus stupides les uns que les autres ce qui fit légèrement froncer les sourcils à la cavalière pégase. Ils étaient trois et alors qu’un d’eux était occupé à vider les lieux des rares passants qui se trouvaient là, elle lâcha :


- Je vois…

Tout simplement énoncé à voix basse, les deux autres gardes n’eurent sans doute pas perçu ce qui c’était échappé de ses lèvres. Bien que la jeune femme ne laisse paraître aucune émotion, en réalité elle était partagée. Devait-elle répondre à la colère qui s’immisçait doucement en elle ? Ou le dégoût qu’elle ressentait alors serait-il plus fort ? L’idiot qui avait prit la parole en arrivant et qui arborait ce sourire qui caractérisait tant les simples d’esprit aux idées saugrenues, s’approcha alors d’elles. Erin inspira alors profondément et soupira tout aussi profondément par la suite, fermant les yeux. Affichant un mine déconfite elle devança l’imbécile qui allait reprendre la parole.

- Franchement… J’hésite entre vous qualifier d’imbéciles heureux ou de crétins finis…

- Quoi ?

Visiblement la remarque ne semblait pas plaire au « leader » du trio perdant. Rouvrant les yeux, Erin fut ravie, bien qu’elle ne le montra pas, d’apercevoir le visage du garde déformé par ce qui pourrait s’apparenter à une colère subite mêlée à de la surprise. Son compère le plus proche s’était tourné vers lui, attendant de voir comment il réagirait. Quant au troisième qui avait finit sa tâche de vider la rue, lui aussi s’était retourné pour voir ce qu’il se passait. Posant son regard sur la jeune femme aux longs cheveux bleus, il fronça ses sourcils avant d’écarquiller les yeux.


- Euh… Les gars…

Mais son acolyte le leader ne semblait pas vouloir connaître la raison de cette soudaine hésitation de sa part. Un lâche se disait-il. Bien décidé à faire ravaler ses paroles à la plus grande il s’approcha encore d’elle et tendit son bras, voulant lui agripper le menton sans douceur aucune. Il regretta vite son geste…
Avec une rapidité qu’il ne soupçonnait pas, Erin s’était emparée de son poignet et en un mouvement elle tordit le bras du garde l’obligeant à mettre genou à terre et de lâcher la lance qu’il tenait dans son autre main. La douleur qui lui traversa le bras et qui semblait vouloir resté, le faisait grimacer et pousser quelques petites complaintes. Bien que le mouvement soit violemment effectué, il n’y avait aucune émotion sur le visage de la jeune femme, ni dans son ton de voix lorsqu’elle reprit la parole d’ailleurs.


- Encore une fois je ne saurais dire si vos actions me mettent hors de moi ou si elles ne m’inspirent que du dégoût… A croire que vous n’avez rien compris au combat que livre la reine que vous dites servir. C’est pitoyable… En tout cas, je ne vous laisserez pas ternir plus son image ni rendre ses paroles creuses.

Le soldat tenta un geste désespéré pour ce libérer de la prise d’Erin, mais la bougresse était forte ! Son compère le plus proche avait alors décidé d’agir et pointa alors sa propre lance sur la jeune femme. Mais quelle ne fut sa surprise en voyant que son troisième « ami » s’était précipitamment placé devant lui.

- Oublies ça ! S’t’une cavalière pégase de notre armée !


Le garde sembla alors hésitant. Si l’autre avait reconnu la fille, alors elle aussi pouvait l’avoir reconnu… Il arrivait qu’un citoyen lambda se plaigne des agissements de certains gardes et cela pouvait déjà attirer son lot d’ennui au concerné, mais si la plainte était déposée par une personne de l’armée elle-même, celle-ci avait le don d’avoir plus d’impact… Bien que du côté d’Erin elle n’avait aucun souvenir du dit garde, elle suivit le raisonnement de ce dernier et lâcha alors celui qui avait eut l’audace de vouloir s’en prendre à elle et à la Laguz. Ce dernier se laissa lamentablement tomber sur le sol et il ne parvint à se relever qu’avec l’aide de ses deux compères . Erin se dressa alors de toute sa hauteur et son regard se fit sévère.

- Fichez le camps.

Encore une fois aucune colère n’émanait du timbre de voix d’Erin, c’était à peine si on pouvait noter la fermeté de son ton. Elle n’en avait pas besoin, son regard ajoutait assez d’emphase pour qu’ils comprennent que s’ils insistaient, ils allaient risquer gros. Lorsqu’ils eurent tous trois disparu, les épaules d’Erin s’affaissèrent alors d’un coup et elle poussa un bien long soupir. Posant sa main gauche sur sa hanche et amenant la droite sur sa nuque pour faire mine de se masser cette dernière, elle leva les yeux au ciel avant de soupirer encore une fois. La Marquée se tourna vers la Laguz et affichant un petit sourire désolé elle s’adressa à elle.

- C’était pathétique hein ? En tout cas, vraiment navrée pour ceci… Les idiots sont comme les morts. Le mort ne sait pas qu’il est mort, et bien l’idiot c’est pareil…

La dernière partie de la phrase d’Erin s’adressait plus à elle-même qu’à la jeune fille. Elle ne savait plus comment agir… Certes elle comptait bien suivre ses propres principes et idéaux, mais avec les derniers évènements elle devait bien admettre qu’elle se surprenait a vouloir baisser les bras. Se mordant la lèvre inférieure, Erin se sortit à nouveau ces sombres idées du crâne. Elle ne faisait qu’être défaitiste ces dernières semaines, il fallait vraiment qu’elle se reprenne…

- Au fait, est ce que ça va ? Ils n’ont pas fait de mal avant que tu ne t’enfuis ? Pas que je doute que tu ne saches pas de défendre, mais sait-on jamais.

Souriant toujours, Erin se sentit un peu bête à poser cette question. Humainement parlant la jeune fille ne paraissait vraiment pas pouvoir être en mesure de se défendre, mais elle savait qu’il ne fallait pas se fier aux apparences. Se grattant désormais l’arrière de l’oreille droite, quelque peu gênée, elle attendit une réaction de la part de la Laguz.


Dernière édition par Erin le Sam 9 Juil - 18:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Il y'a des jours comme ça... [PV Personne]   Dim 26 Juin - 22:44


Personne s’était relevée avec un petit air de surprise. Elle avait été prête à se battre, à s’exposer devant tous et elle s’était même dit qu’elle y aurait prit du plaisir à les dépecer de leur chair indigne. Mais la jeune femme dégageait une aura de puissance énorme, quelque chose qu’elle n’avait pas senti au premier abord mais qui c’était rapidement révélé non négligeable. Son intervention avait rendu la sienne inutile. En un temps record et sans la moindre violence elle les avait remis à leur place. Elle devait être très forte ou très respectée… Une cavalière pégase hein.. ?

- Au fait, est ce que ça va ? Ils n’ont pas fait de mal avant que tu ne t’enfuis ? Pas que je doute que tu ne saches pas de défendre, mais sait-on jamais.

Personnes avait déjà entendu parler de ces créatures ailées aussi à l’aise dans les airs que sur terre. Ces magnifiques quadrupèdes dont la pureté n’acceptait comme compagnie que les Beorcs féminins. Les livres qu’elle avait lu parlait de ces guerriers comme d’élégants et de redoutables combattants. Elle dévisagea la jeune femme de haut en bas comme si elle mesurait du regard la jeune femme et se reprenant rapidement devant ses yeux interrogateurs, elle se reprit et fit preuve de la politesse qui venait de lui faire défaut. S’inclinant avec circonspection, elle la remercia de l’avoir sortit de ce mauvais pas. Puis elle saisit sa sacoche et en sortit du papier et son encre. Et avec une vitesse forcée par l’habitude, elle s’excusa platement du dérangement et la rassura sur son état. Personne n’avait absolument rien, quelques éraflures à peine. Elle était énervée et toujours sur les nerfs mais elle n’avait eu à subir aucun préjudice.
Parfois, Personne s’étonnait du pouvoir des paroles et surtout du ton que l’on adoptait pour les utiliser. Elle se disait que ne s’exprimer que par les gestes ou à travers son regard ne suffisait pas. Pourtant, toute son enfance, elle n’avait appris à ne s’exprimer qu’ainsi. La violence était devenue son moyen de discussion favori et également celui qu’elle utilisait le mieux. Car si les mots suffisaient dans certains cas, la violence même-si plus expéditive était également une solutions comme une autre.

Comme des lapins, les trois soldats avaient déguerpis comme craignant la punition divine et elle en remercia le ciel et se retourna sue la jeune femme aux cheveux bleus un sourire aux lèvres auquel la jeune femme lui répondit avec une gentillesse presque palpable. Puis, elle se détourna comme replongée dans ses propres pensées et Personne cru y voir de la peine, une âme perdu, un état d’esprit miroir au sien. Elle se sentait parfois si perdue elle aussi surtout dans ce pays si éloigné de sa nation, de sa famille, de ses amis. Elle reconnaissait ces yeux ternis par la réflexion trop poussée. Par certaine nuit elle devait avoir les mêmes yeux qu’elle.
Mais là n’était pas la question. Pourquoi une jeune femme de l’armée l’avait sauvée et avait pris sa défense si l’armée était contre les Laguzs… ? Il les avait pourtant attaqué son clan et elle. Ils étaient racistes, intolérants, violents et cruels… Mais à la vue de cette jeune femmes si généreuse et cette phrase si mystérieuse qu’elle avait dites sur la politique de leur reine… peut être que le phénomène qu’elle avait observé à la frontière de Crimea n’était qu’isolé. Cependant, elle se devait d’enquêter, de vérifier qu’il n’y ait aucune possibilité, que les siens ne craignaient plus rien. Néanmoins, seule, elle n’y arriverait jamais.

Avec douceur mais insistance elle lui saisit le bras de la femme de l’armée et écrit à la vitesse de la lumière ces quelques mots qui lui permettraient peut être de la rattacher à sa cause.

Je suis désolée de vous demander cela
mais j’aurais besoin d’aide,
comme vous pouvez le voir je suis une Laguz
et pas très bien acceptée dans cette ville…
hors, votre armée a attaqué mon village
et je dois savoir pourquoi et de qui vient l’ordre…
Personne venait de mentir sur quelques points de son histoire mais il était vrai qu’elle devait savoir si ça pouvait se reproduire par la suite. Et quoi de mieux que d’avoir de son coté une cavalière pégase. Et puis il serait trop compliqué de tout lui raconter depuis le départ autant en venir à l’essentiel, et l’essentiel était qu’elle avait besoin d’aide.
Personne ne voulait pas l’utiliser loin de là mais d’un autre coté, elle avait l’impression que la jeune femme avait besoin qu’on lui occupe les idées comme les siennes. Elle n’était qu’une inconnue pourtant elle avait l’impression qu’elle pourrait peut être faire quelque chose pour elle. Et en un sens, même si elle ne réfléchissait que peu comme ça, elle avait une dette envers elle et si elle voulait la payer elle se devait de rester avec elle.

De plus, tout au fond d’elle-même elle sentait qu’elle pouvait lui faire confiance une chose qu’elle avait rarement senti avec une inconnue et encore plus avec un membre de l’espèce des Beorcs. Elle espérait qu’elle accepterait et pourrait la mener aux bonnes personnes et lui apporter des réponses.
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MessageSujet: Re: Il y'a des jours comme ça... [PV Personne]   Sam 23 Juil - 19:17

Les mots que formait l’écriture fine de la Laguz surprirent Erin. Apprendre qu’un village de Laguz ai été attaqué par une armée Beorc ne devrait pas tant la surprendre, la guéguerre que se livrait les deux races avait rendu ce genre d’informations presque banales, au grand désarroi de la Marquée. Le fait surprenant était d’apprendre qu’il s’agissait de l’armée de Criméa qui avait attenté cette attaque. Bien que surprise, Erin ne laissa rien paraître bien que son expression se soit faite plus grave. Ses yeux restaient accrochés sur le calepin et s’animaient parfois alors que la jeune femme lisait et lisait encore ces quelques mots et qu’elle était prise dans une grande réflexion ne faisant quasiment plus attention aux alentours. Il n’y avait qu’elle et la Laguz dans sa bulle de réflexion. A contrario de bien d’autres royaumes, Criméa avait toujours tenté de garder de bonne relations avec les contrées Laguz et les peuples qu’elles protégeaient. La reine Elincia suivait ce même principe et ce n’était vraiment pas sans être connus de tous, même dans les autres pays. Alors que l’armée de Criméa s’en prenne à un village Laguz avait son lot de surprise.

Erin poussa un long soupir en fermant les yeux. Il était tout aussi connu que bien des gens s’opposent à la politique de la reine. A croire que la Paix ne passe qu’en deuxième position après la domination sur l’autre race ou même un autre royaume. Du coup cette attaque pouvait très bien être l’œuvre d’un groupe isolé de l’armée qui se donnait le droit d’établir ses propres lois et sentences, aussi injustes et stupides soient-elles. Autre possibilité, la Laguz lui mentait. Pourquoi ? Erin ne pouvait encore une fois qu’énoncer d’innombrables scénarios dans sa tête. Traquenard ou pas, il n’y avait qu’un moyen pour savoir ce qui se tramait réellement, c’était d’acceptait de suivre la Laguz et d’enquêter sur cette attaque.
Sa décision prise, Erin perdit cet air grave qui s’était prit de son faciès et sourit à la Laguz.

« Je vais t’aider. »

Bref et concis, il n’en fallait pas plus. Pour le moment Erin n’avait pas à justifier son choix à la jeune fille, de toute manière ceci devait bien peu importait pour elle vu qu’au final elle obtenait l’aide qu’elle quémandait. Maintenant il fallait qu’Erin puisse lui fournir assistance qui se montrerais à la hauteur de ses attentes et la Marquée elle-même serait frustrée si elles se retrouvaient dans un cul de sac.
Après la pseudo rixe qui venait de se dérouler entre elles et ces idiots de gardes, ne donnait guère le goût à Erin de rejoindre la caserne la plus proche pour commencer à poser les questions qui trottaient dans sa tête. La cavalière pégase ne redoutait pas que les trois inconscients aillent se plaindre et changent les faits, mais elle ne voulait pas qu’un œil aguerri reconnaisse les attributs Laguz de sa partenaire du moment et encore moins si elle était très peu appréciée comme elle le disait. Si attaque il y avait vraiment eu, il se pouvait aussi qu’elle y ai prit part et qu’un des protagonistes la reconnaisse. Dans un sens ce pouvait être un moyen rapide de tirer tout cela au clair, mais si la Laguz s’était défendue en tuant ses agresseurs, alors cela risquait surtout d’envenimer les recherches.

La jeune femme fit un signe de la main à la Laguz pour qu’elle la suive alors qu’elle se remettait en marche. Slalomant dans les rues encore bondées, Erin n’avait prononcé aucun mot. Il y avait bien trop d’oreilles indiscrètes pour qu’elles puissent parler librement en ces lieux, mais lorsqu’elles quittèrent l’enceinte de Mélior et qu’elle les fit s’engager sur un petit chemin de campagne où elles se retrouvaient seules, plus aucune restriction ne les retenaient sur le moment.

« Je pense qu’on pourrait trouver des réponses en allant à la caserne principale, là où se trouve l’escouade à laquelle j’appartiens normalement. Mais avant j’aimerais savoir si mis à part les trois lourdauds de tout à l’heure quelqu’un serait capable de te reconnaître, non seulement en tant qu’habitante du village mais aussi comme ennemi, si tu t’es défendue. »

Erin jeta alors un rapide coup d’œil à la jeune fille, avant de bifurquer, quittant le petit chemin de campagne et coupant à travers un pré. Plus loin on pouvait apercevoir la silhouette architecturale d’une grande bâtisse. Une belle maison de campagne avec une grande aile à la droite faisant office d’écuries. Le chemin de campagne y menait tout autant, mais Erin voulant éviter de rencontrer certains membres ou futur membre de sa famille, elle préférait donc passer par derrière ! Arrivant à un second grand pré qui lui était clôturé, Erin lança un autre coup d’œil mais cette fois-ci vers la masse que formait les chevaux de la famille qui paissaient tranquillement en cette belle journée. Longeant la clôture, Erin aperçut alors une tâche immaculée au milieu du groupe et un sourire éclaira inconsciemment son visage. Évidemment de simples clôturent en bois ne pouvaient retenir un pégase quand le ciel s’offrait à lui, et pourtant, lorsque le Pégase ne se retrouvait pas dans une quelconque stalle, depuis qu’il fut assignée à la Marquée, il ne quittait plus les vert pâturages pour d’autres horizons.

Alors qu’elles s’approchaient doucement mais surement de l’écurie, où heureusement elle ne décelait aucun mouvement trahissant la présence de quelqu’un, Erin porta deux doigts à sa bouche et lança un bref sifflement. Continuant son chemin comme si elle venait de faire ceci juste pour le plaisir, elle marcha toujours du même bon pas pour enfin arriver à l’édifice équestre. Un bruissement d’ailes fut alors perceptible et Varathorn atterri à leurs côtés quelques secondes à peine après leur arrivée. Erin lui flatta l’encolure avant de se tourner vers la Laguz.


« Je te présente Varathorn, mon fidèle partenaire et ami depuis des années maintenant. Varathorn je te présente… »

La cavalière se figea alors et afficha une mine dépitée. Non seulement elle ne connaissait pas le nom de la Laguz, mais en plus elle n’avait aucune souvenance de lui avoir dit le sien. C’était tout elle… Se lancer dans l’action et passer à autre chose en zappant tout le reste… Affichant un sourire désolée elle reprit la parole.

« Excuses-moi, je ne me suis même pas présentée et je ne t’ai même pas demander ton nom… M’enfin, vaut mieux tard que jamais ! Je m’appelle Erin et toi ? »

En règle générale, Erin avait tendance à vouvoyer les gens qu’elle rencontrait, mais pour la Laguz s’était différent, c’était naturel de la tutoyer comme si elle la connaissait déjà. De toute manière les personnes connaissant Erin, savaient pertinemment que le « vous » qu’elle employait, n’était pas toujours un signe de politesse de sa part.
La Marquée se tourna alors et fit quelques pas pour arriver devant une porte qu’elle ouvrit sans mal en tournant la poignée, ce qui ne semblait pas lui plaire alors qu’elle lâchait un « Rah, mais c’est pas possible ! » pour elle-même. La pièce qui s’offrait alors à elles était spacieuse et une odeur de cuir et de métal vint piquer les narines. Il ne s’agissait ni plus ni moins de la « salle d’arme » de la famille d’Erin. Faisant tous partis de l’armée, la salle étant bien équipée. La jeune femme se dirigea d’abord vers le mur où étaient accrochées les selles des chevaux et prit la simple sangle qui équipée le dos de Varathorn. Elle l’attacha comme à son habitude avant de rentrer à nouveau dans la salle et de se saisir de sa lance. Bien qu’elle compte se rendre à la caserne, elle suivi une autre de ses habitudes et l’enveloppa d’un long châle en tissu rigide et l’attacha à l’aide d’une des boucles du côté droit de la sangle.


« Ohoh ! Je savais que la présence d’Agnès te ferais fuir ! »

La jeune femme se retourna rapidement et aperçut un Beorc qui était apparut à un coin de mur. Blond, comme tous ses frères, Caïlan là regardait avec ce petit sourire en coin qui avait le don d’irriter Erin. Il ne semblait pas avoir noté la Laguz qui était presque intégralement cachée par le Pégase.

« Avoue qu’elle ferait fuir n’importe qui ou quoi. »

« Pas faux. »

« Ah tiens, maintenant que ça me reviens. Est-ce que tu aurais entendu parler d’une attaque sur un village Laguz ? »

« Par notre armée ? »

La jeune femme opina du chef et l’aîné de la famille fronça les sourcils alors qu’il cherchait à son tour dans ses esprits un quelconque souvenir de cette attaque.

« Nan, ça ne me dis rien du tout… Et si un de nous avais était au courant, nous le serions tous. Puis… Criméa attaquer des Laguzs ? Des bandits je ne dirais pas, mais tu parles d’un village, ce qui implique des civils et donc des innocents… Où as-tu entendu ça ?»

« C’est un secret ! »

Erin avait prononcée ça en affichant un petit sourire malicieux et prenant les airs d’une petite fille, ce qui fit soupirer Caïlan, mais il ne posa pas plus de question, respectant l silence de celle qu’il avait sauvé alors qu’elle n’était qu’une gamine.

« Si c’est l’armée, alors c’est une faction qui a agit sans accord de la reine, ce qui est condamnable. Sinon c’est groupe d’imposteurs, ce qui s’avère tout aussi grave, car avec la situation actuelle un tel incident peut faire rompre le lien qu’à Criméa avec les pays Laguz… En tout cas… Fais attention à toi. Et reviens avant la fin de semaine, sinon ce ne sera ni des soldats, ni des brigands, ni des Laguz qui te tueront, mais une future belle-sœur enragée. »

« Ne t’inquiètes pas. Et au passage, frappe Ewan de ma part, il a encore oublié de fermer l’armurerie à clé. »

« Comptes sur moi ! »

L’homme lui adressa alors un signe de la main et re-disparut en tournant au coin du mur où il était apparut. Erin quand à elle se tourna vers la Laguz.

« Je pensais aller à la caserne en volant mais si cela ne te conviens pas, nous pouvons y aller à pied. Mais avant, pourrais-tu me donner un peu plus de détail sur l’attaque ? Quand est ce que cela c’est passer, etc. ? »
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MessageSujet: Re: Il y'a des jours comme ça... [PV Personne]   Ven 2 Sep - 21:19

Cachée par les flancs immenses de l’animal ailé, Personne restait immobile pour ne pas trahir sa position. Elle n’aimait pas les soldats et encore moins les Beorcs mâles… elle ne se sentait pas à l’aise avec la gente masculine. Peut être parce que tout ceux en qui elle avait placé sa confiance l’avait trahi de la pire manière qui soit ou été simplement de purs manipulateurs. Elle se sentait vraiment mieux avec les femmes, pourtant, elle ne pouvait empêcher sa plume de mentir pour elle. Que ce soit son nom qui était inexistant ou bien cette attaque.
‘Mon nom est Luna’ avait-elle écrit sur le coin gauche de son papier. ‘Notre village accueillait une grande guilde de voleur’ avait-elle gravé dans le centre-haut du parchemin, cette indication serait suffisante pour éclaircir les événements.’ L’attaque s’est déroulée il y a environs un mois à la frontière de Gallia’, dans le centre gauche. ‘Personne ne pourra me reconnaitre, il n’ya pas eu de survivants’, en petit, tout en bas à droite, dans un coin déchiré du papier. ‘Le faucheur est passé derrière nous pour achever le reste de l’armée’, en plein centre de la feuille. Etait-ce si compliqué de simplement lui dire que sa guilde de voleur s’était fait décimée par l’armée Beorc ? A vrai dire ça ne l’était pas. Le seul problème était que si elle disait cela, cette Erin, aussi bonne et généreuse soit-elle, ne voudrait pas l’aider à enquêter. Personne aurait beau lui expliquer que leur guilde n’avait jamais volé des choses appartenant aux Beorcs, elle ne la croirait pas. Et son but précis de se renseigner sur la raison de l’enlèvement de son amie resterait inachevé. De plus, il n’y avait plus une âme qui vive qui puisse raconter la version réelle de cette nuit sanglante.
Personne ne viendrait raconter comme les Beorcs ont été barbares, ils ont brûlé les siens, enlevé le symbole maternelle de leur guilde et sont repartie emportant toutes les richesses qu’ils avaient durement récupéré au péril de leur vie. Qui parmi les Beorcs aurait affronté un dragon pour retrouver une armure de mitrille ? Qui parmi les Beorcs aurait affronté un Basilick pour des parchemins ? Il fallait être fous pour accepter ces quêtes et seuls les membres de leur guilde l’était assez, Dame Erin ne pourrait pas comprendre une telle folie.

La louve n’était pas du genre paranoïaque, cependant, elle ne se confiait pas aux gens dont elle ne connaissait ou ne comprenait pas les intentions. Hors cette jeune femme qui avait accepté sa proposition comme s’il était naturel ou évident d’accepter était un vrai mystère pour elle…

***

Je ne savais pas vraiment ce qui m’avait rendu ainsi. Je n’avais qu’une peur relative des humains, ils sont si simple à comprendre si prévisible… Je ne sais pas si c’était de l’instinct animal ou une sorte de sixième sens, mais depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours réussit à voir en chacun leurs intentions les plus secrètes. Surement parce qu’ils n’avaient pas peur de s’exprimer devant un ‘muette’ ou simplement parce que vu que je ne parlait que peu, je pouvais plus ouvertement les observer.
Pourtant j’avais beau observer cette jeune femme, je n’arrivais pas à cerner ses intentions. Etait-elle avec ou contre moi ?… Etait-elle aussi gentille qu’elle le semblait ?

***
Refusant d’aller jusqu’à la caserne sur le dos d’un quadrupède volant d’où elle ne pourrait certainement pas s’échapper si elle était trop haute dans le ciel, elle prit la suite d’Erin d’un pas méfiant mais pourtant volontaire.
Alors qu’elles traversaient la ville, Personne remarqua que les yeux se retournaient sur elle. Elle doutait que ce soit pour sa beauté exceptionnelle, quelque peu inexistante. Les regards se portaient plutôt sur son arrière train d’où s’échappaient trois rubans colorés camouflant ses différentes queues. En y réfléchissant, ce n’était peut être pas très intelligent de sa part d’avoir choisie des couleurs si vives. Repérant un magasin de fripes et autres tissus, Personne saisit ce qui ressemblait à une vielle cape de voyage en cuir et la passa sur ses épaules envoyant par un mouvement bien désinvolte une pièce d’argent pour payer le vêtement. Puis elle se dépêcha de rejoindre la jeune femme.
Elle devait lui paraitre bien ennuyante… mais que pouvait elle faire ? Lancer un discussion… Difficile quand on ne parle pas.

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MessageSujet: Re: Il y'a des jours comme ça... [PV Personne]   Mar 11 Déc - 19:37

*Les noms ne sont que de douces frivolités.*

Ces paroles résonnèrent dans l’esprit d’Erin alors que son regard s’était posé sur le prénom inscrit dans un coin du calepin qu’utilisait la Laguz pour communiquer. Sans crier gare ce morceau de souvenir flou s’était matérialisé par ces paroles. Flou car la Marquée était sûre et certaine d’avoir entendu ces mots. Cependant, elle était complètement incapable de mettre un visage sur la personne à qui appartenait la voix qui venait de bruire ces mots dans son esprit. Nul lieu, nul instant de sa vie ne venait s’associer à cette phrase. Elle réapparaissait, naissant du néant et y disparu à nouveau alors qu’Erin posait son regard sur les autres inscriptions.

Tout d’abord la date et le lieu. Que cela se déroule à la frontière n’étonnait pas trop la cavalière pégase. Il était rare que les Beorc s’aventurent d’eux même profondément en territoire Laguz et bien évidemment cela avait pour cause de rendre les villages se situant à la frontière plus susceptibles aux agressions. Que cela fasse un mois que cette attaque ait eut lieu et qu’aucun mot ne soit ne serait-ce que murmuré à ce sujet était plus surprenant. Même s’il s’agissait de Laguz, la plèbe aimait faire conter ce genre d’histoire et peu importe la déformation que les vrais évènements subissent, le minimum de véracité qui y restait accroché parvenait toujours à l’oreille. Mais là rien… D’autant plus étonnant qu’une guilde de voleurs était concernée. C’était le genre de détail « croustillant » sur lequel les badauds aimaient bien appuyer. En tout cas c’était ce « détail » qui pouvait expliquer l’attaque. Erin ne connaissait que très peu les mœurs de telles organisations, elle devait l’avouer, mais peut-être ont-ils volé la mauvaise personne ? Cette pensée fit un peu douter la Marquée. S’il s’agissait d’une personne ou d’un lieu d’importance la réplique pouvait être justifiée et il serait malvenu de sa part de se mêler à cette histoire. Mais il y’avait un point qui chagrinait toujours Erin. Peu importe le crime commis, cela n’avait rien à voir avec les civils habitant le village.

Décimer un village avec pour seule raison celle qu’il abritait une guilde de voleur, était au sens d’Erin, une façon excessive de réagir à la situation. Fallait-il massacrer femmes et enfants pour avoir le sentiment que justice était rendue ? Cette pensée eut tôt fait d’irriter la jeune femme. Les derniers évènements lui avaient bien montré que certaines personnes n’en tenaient pas compte. À se demander si ce n’était pas soi-même qui avait un problème mental à se soucier de ces innocents.
Secouant doucement la tête pour sortir ceci de sa tête, elle porta son attention sur l’information écrite en plein centre de la feuille. Voilà peut-être une raison de ce silence sur cette attaque. Le Faucheur, l’ennemi publique numéro un. La population pouvait déjà réagir fortement rien qu’à l’énoncé de ce nom, alors lui ajouter des faits d’arme d’une telle envergure ne ferait qu’aggraver le ressenti général. En tout cas… Elle aurait, du moins l’espérait-elle, plus de réponse une fois à la caserne.

Luna ne semblant pas très encline à se retrouver dans les airs elles empruntèrent à nouveau le sentier qu’elle leur avait fait suivre pour rejoindre le domaine. Plus par habitude que par réel utilité, elle fit un nœud avec les rênes de Varathorn histoire qu’elles ne glissent pas le long de son encolure lorsqu’il baisserait la tête et qu’il ne marche pas dessus. Ils regagnèrent alors la ville, le pégase marchant tranquillement en retrait des deux jeunes femmes. Cela pouvait surprendre qu’Erin ne le tienne pas un minimum par les rênes, mais il y’avait ça de bon avec les animaux un tant soit peu intelligents (sans offense Var’ *zbaff*). Il fallait juste qu’elle soit prête à le rattraper au cas où l’appel des pommes rouges se ferait trop intense pour lui. Si les regards se firent insistants sur la Laguz, Erin ne le nota pas tout de suite, marchant quelques pas en avant. Cependant elle repéra son mouvement lorsqu’elle se dirigea vers l’étale d’un marchand qui proposait des tissus et quelques morceaux de vêtements. Sur le coup la cavalière pégase se demanda si c’était bien le moment de faire des achats, mais lorsque la jeune fille passa la cape par-dessus ses épaules cachant de ce fait les rubans et ses queues, elle comprit le pourquoi et lorsqu’elle revint à sa hauteur elle lui dit avec un petit sourire :


« Je pense que c’est une très bonne idée la cape. Cela permettra de passer plus inaperçue une fois à la caserne. »

Elle reprit la marche avant de se tourner vers Luna et lui parler à nouveau.

« Oh en fait ! Si jamais on croise les trois idiots de tout à l’heure, ignore-les. S’ils tentent quoique ce soient à la caserne c’est qu’ils sont pires que des crétins finis. Je m’occuperais de leur cas si ça devait arriver. »

Mais une chance pour leurs nerfs, pas signes du trio de sous-développés du neurone. En cette fin d’après-midi la caserne grouillait de monde. L’heure de la relève arrivait et les soldats en service croisaient ceux qui avaient la soirée pour eux. La présence du trio n’était pas tant remarquée. La plupart des soldats étaient trop pris dans leurs tâches ou dans leur conversation du moment pour s’intéresser à la cavalière pégase et son accompagnatrice. Erin laissa Varathorn aux écuries de service avec sa lance toujours accrochée à la sangle. Elle fit alors un petit signe à Luna pour qu’elle la suive et elle avant qu’elles ne pénètrent dans le bastion, elle lui dit à voix basse :

« Il vaudrait mieux que tu restes proche de moi, juste histoire de ne pas te perdre dans le dédale de couloirs. »

Et elles s’engouffrèrent dans l’ombre d’une première arche. Poussant une lourde porte en bois, les deux jeunes femmes arrivèrent dans un grand hall où il régnait autant d’activité qu’à l’extérieur. Pour se rendre aux quartiers de la personne à qui Erin voulait poser ses questions, il fallait effectivement suivre un bon nombre de couloirs. Lorsqu’on connaissait le bastion, se repérer était facile, mais la cavalière pégase ne laissait pas trop le temps à la Laguz pour qu’elle se repère elle-même. Connaissant les lieux par cœur elle marchait d’un pas rapide, adressant hochements de têtes et sourires polis envers ceux qui la saluait. Si la présence de Luna ne suscitait pas de questionnements chez certains, ce n’était pas le cas pour d’autres, bien que la seule question qui parvint aux oreilles d’Erin fut :

« C’est la journée enfants au travail ? »

À part cela, quelques regards furtifs, mais rien de bien accrocheurs. Arrivant enfin à proximité des quartiers d’intérêt, la jeune femme à la longue chevelure bleue, salua les deux gardes qui encadraient une porte en bois très bien ouvragée.

« Erin, cavalière pégase, j’aimerais m’entretenir avec le Capitaine. C’est important. »

Un des deux gardes hocha la tête et disparu de l’autre côté de la porte. De longues minutes s’écoulèrent avant que le garde ne revienne et permettent à la Marquée et à la jeune fille avec elle d’entrer dans le bureau du Capitaine. La pièce était vaste, bien aéré, peu décorée et le mobilier présent se résumait en un grand et lourd bureau, un coffre en bois et trois étagères pleines de paperasse. Un homme d’âge mûr était assis derrière le grand bureau. Même assis, on pouvait aisément deviner sa grande taille et sa carrure laissait aussi deviner qu’il ne passait pas tout son temps au bureau mais une bonne partie sur le terrain. Les cheveux courts, noirs, tirant sur le poivre et sel au niveau des tempes, les yeux gris, le regard vif et intense, il avait le charisme et la stature d’un homme de son rang et tous les soldats sous son commandement savaient qu’il le méritait amplement.
Il rendit son salut à Erin, mais ne s’attarda que peu sur la cavalière qu’il connaissait. Son regard se posa doucement sur la jeune fille qui l’accompagnait et il ne la quitta pas alors qu’il prenait la parole.

« Je suppose que cette chose importante dont vous voulez m’entretenir est en rapport avec cette jeune fille ? »

« En fait, il y’en a deux. La première est clairement en rapport avec Luna. La deuxième, concerne plus des on-dit troublants. »

Le capitaine quitta la jeune fille des yeux pour porter son regard sur sa subordonnée.

« Je vous écoute ».

« Premièrement, je tiens à rapporter le comportement plus que déplacé de trois soldats qui étaient en charge de la patrouille du marché cet après-midi. Sous prétexte de vouloir « passer du bon temps » avec Luna. » Elle indiqua alors la jeune fille d’un mouvement de la main. « Ils se sont octroyé le droit de l’acculer dans une ruelle et d’outrepasser leur droits. Étant présente à proximité j’ai pu intervenir rapidement. »

« Ont-ils eu le temps de faire quoique ce soit ? »

« Non. »

« Le tort est tout de même présent… Avez-vous les noms ? »

« Non, mais je pourrais aisément les reconnaître. »

« Bien… Autre chose sur le sujet ? »

« Un des trois risque de se plaindre d’une luxation de l’épaule. »

Les lèvres du capitaine s’étirèrent en un pâle sourire. Il s’empara d’une plume et commença à noter quelque chose sur une feuille de papier.

« Croyez-moi son épaule sera le cadet de ses soucis… La jeune demoiselle réclame-t-elle une compensation ? »

Les deux militaires se tournèrent vers Luna, attendant sa réponse. Enfin, Erin attendait plutôt qu’elle écrive sa réponse sur son petit calepin. Cette action fit lever un sourcil au capitaine, mais il n’émit aucun commentaire. Il se contenta de reposer son regard gris sur Erin.

« Et le deuxième cas ? »

Quelque peu mal à l’aise tout d’un coup. La jeune femme se racla la gorge et se mordit légèrement la lèvre inférieure avant de reprendre.

« Si les faits s’avèrent exacts, c’est un sujet assez délicat… Il semblerait qu’un village Laguz ai été décimé à la frontière, par une « armée » Beorc. Le Faucheur serait passé derrière et aurait alors décimé cette « armée ». Certaines langues semblent croire qu’il s’agit de l’armée de Criméa. »

À l’énoncé des faits, le capitaine s’était adossé contre le dossier de son fauteuil et son regard s’était assombri. Il garda le silence pendant quelques instants, laissant planer un lourd silence. Il porta sa main gauche à sa bouche faisant mine de s’essuyer le coin des lèvres et lançant un coup d’œil à la Laguz camouflée.

« Des on-dit… »

« Comme vous le savez, je voyage beaucoup. En revenant vers Criméa, ses rumeurs se murmuraient. Je ne savais pas trop quelle importance leur accorder, mais plus je me dirigeais vers Mélior, plus le murmure prenait de l’ampleur. Je ne veux rien avancer, mais si une personne doit être au courant, ce doit être vous. »

Elle lui mentait, mais Erin ne voyait pas l’intérêt de parler de l’implication, dont elle ne connaissait pas l’ampleur, de Luna dans cette attaque. Si elle le faisait, cela risque plus d’envenimer les choses, surtout s’il était réellement au courant des faits. L’homme lança un coup d’œil à la porte derrière les deux jeunes femmes, comme pour s’assurer qu’elle était bien fermée et reprit de sa voix grave, mais plus basse obligeant les deux visiteuses à se rapprocher un peu plus du bureau.

« Vos on-dit sont bien renseignés… en effet je suis au courant d’une attaque sur un village Laguz. Une patrouille est tombée sur le village décimé il y’a quelques temps. En aucun cas il ne s’agit d’une attaque de notre armée. Nous ne savons absolument rien sur cette attaque d’ailleurs, vous êtes la première à mentionner le Faucheur. Mais vu tout ce dont on l’accuse je ne saurais vraiment porter foi à cette affirmation. »

« Il n’y a donc aucune information à ce sujet ? »

«Malheureusement non. Cependant… »

Une pause bien placée pour susciter le grand intérêt qu’avaient déjà les deux jeunes femmes. Le regard froid se posa à nouveau sur Luna pour ne plus la quitter cette fois.

« Cependant d’autres rumeurs cours. »

Ne semblant pas plus décontenancée que cela, Erin poursuivit la conversation.

« Des rumeurs de quel genre ? »

« Esclavage. » Une nouvelle courte pause. « Mais rien à Mélior, ni même Criméa. Si trafic il y a, il concerne un autre Royaume, ce qui fait qu’il n’est pas de notre ressort de nous en occuper. Mais pour être franc avec vous, j’ai fait augmenter le nombre de patrouilles et d’hommes à la frontière. J’espère que cette fois-ci, s’il se passe quelque chose, ils pourront intervenir et éviter un tel drame. Je ne peux rien vous dire de plus. Je compte sur vous pour ne pas ébruiter ceci et maintenant que vous êtes aux faits, je pense pouvoir vous inclure dans les patrouilles de surveillances ? »

La cavalière pégase se contenta de simplement hocher la tête en signe positif.

« Bien… Dans ce cas, je pense que nous en avons finis, à moins que vous n’ayez autre chose à dire ? »

« Non. Je vous remercie pour ces informations et votre confiance pour nous les avoir divulguées. »

La jeune femme effectua un bref salut formel et se tourna pour poser ses mains sur les épaules de Luna pour les faire quitter la pièce toujours sous le regard intense du capitaine. La Marquée laissa ses mains sur les épaules de la Laguz pendant encore quelques instants, la tenant plus fermement qu’elle ne le pensait. L’énoncé de l’esclavage de la laissait pas de marbre.

Elles refirent le chemin inverse dans le bastion et retrouvèrent Varathorn là où elle l’avait laissé, avec sa lance. Une fois proche du pégase elle lui caressa doucement l’encolure et se tourna vers Luna.


« Je suis désolée, au final il n’y a pas eu de réponses très précises sur l’évènement… »


Dernière édition par Erin le Dim 16 Déc - 1:53, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Il y'a des jours comme ça... [PV Personne]   Mer 12 Déc - 17:59


Personne gardait la tête basse alors qu’Erin la menait dans la tanière du loup. Ironiquement elle aurait dû si sentir à l’aise mais à vrai dire, elle craignait qu’on la reconnaisse à tout instant. Elle hésitait à mettre sa capuche pour mieux camoufler son visage mais elle avait peur que ça fasse encore plus suspect alors elle restait là, le museau vers le sol à deux pas de la cavalière.
Alerte, elle essayait de repérer dans le dédale des couloirs une odeur familière. Si l’armée était impliquée dans un trafic de Laguz, elle devrait repérer l’odeur des siens sur eux. Pourtant ce n’était pas le cas… Elle repérait de temps à autre quelque chose de perturbant mais rien de semblable aux Laguzs ni même aux Beorcs...
C’est alors qu’elle comprit… Elle n’en avait jamais vu auparavant mais elle en avait entendu parler. Les Marqués. C’était une espèce qu’elle ne connaissait que dans la théorie, on en parlait peu dans les livres mais les habitués des bars versaient souvent leur venin sur cette race Hybride. Le fruit du mélange entre un Laguz et un Beorc… ça pouvait avoir quelque chose de romanesque, cet amour interdit entre deux être que tout oppose. Cependant, Personne savait que c’était souvent loin d’être le cas.
Le viol, la manipulation, la traitrise était plus souvent la cause de tels êtres.

***
Moi-même, je n’étais le résultat que de la traitrise et de la perfidie d’un homme… Mon père avait mis enceinte ma mère pour détruire l’alliance qu’il existait parmi les Tigres. Une maudite vengeance qui avait fini par entrainer sa perte…
Mais parfois je me demande s’il l’avait aimé… ?
En tout cas, je ne m’imaginais que trop bien le calvaire que de naitre marqué dans une famille de Laguz. L’incapacité à se transformer, l’odeur, l’aura... c’était trop de facteurs différentiateurs et visible à l’œil animal. C’est pourquoi je comprenais mieux la raison qui les menait en terre Beorc où un simple camouflage pouvait leur assurer une vie tranquille.

***
Après un certain nombre de détours dans les dédales de la caserne, les deux protagonistes finirent par arriver devant une grande porte parfaitement ouvragée. Rien que de cet édifice, la Laguz pouvait sentir sur certaine prestance alors celui qui occupait les lieux devaient être haut placé. Peut être aurait-il les réponses à ses questions.
Personne laissa parler la soldate alors qu’elle s’inclinait maladroitement devant le capitaine de la garde. Elle semblait un peu décontenancée par les lieux et par l’homme. Elle se préparait à fuir à tout moment craignant une attaque de la part de ce dernier et se concentrait sur son flair pour retrouver la sortie.
Le Beorc la dévisageait de trop à son goût et les instincts combatifs de l’hybride pulsaient dans sa gorge. Plus son regard se faisait perçant, plus les crocs s’allongeaient dans sa bouche. Néanmoins, elle devait se retenir car elle sentait qu’elle ne faisait pas le poids face à cette personne et surtout, il avait peut être les réponses à ses questions.

Elle écouta chacune de ses paroles, refusant poliment de la tête quant à la compensation. Personne sentait qu’il savait des choses et tout s’éclaira lorsqu’il prononça le mot fatidique.

- L’esclavage.

La louve retint un grondement bestial au fond de sa gorge alors qu’elle serrait les poings pour se maitriser et cacher l’extrémité de ses doigts qui lui faisait défaut. A ces dires, le filon ne venait pas de Criméa mais d’autres part… mais où ? Daein ? Begnion ? C’était des contrées bien trop vastes pour qu’elle s’y rende s’en plus d’informations.

- … je pense pouvoir vous inclure dans les patrouilles de surveillances ?

Elle devait également en faire partie.
Elle aurait voulu poser plus de questions mais elle comprit rapidement que ce serait malvenu en sentant la pression de la main de la lancière sur son épaule. Ce geste était protecteur, elle le savait, elle le sentait. Elle se retint et se laissa de nouveau guider pour ressortir.
Une fois dehors et à l’abri des regards, la louve laissa son frisson bestial s’exprimer se traduisant par une vague animal qui passa sur son corps et repartie aussi vite. Elle faisait craquer les articulations de ses mains pour faire disparaitre les griffes, elle se lécha le bas des dents pour inciter ses crocs à revenir à leur place. Puis son visage se décontracta en une expression plus joviale, fausse il est vrai, mais très fortement travaillée.
Elle sortit une nouvelle feuille et y grava en essayant de ne pas déchirer le parchemin :
Je souhaiterais t’accompagner dans les patrouilles de surveillance.
Je sais que ça peut être dangereux mais je peux repérer une odeur Laguz à des kilomètres à la ronde.
Je vous serais utile.
Et ce serait un argument pour votre impératrice pour montrer sa bonne foi quant elle parle de tolérance.
Une coopération Laguz, Beorc pour mettre fin à un trafic d’esclavage quoi de mieux ?
On en parlerait que si ça réussit. Ça ferait un bonne campagne, non ?

L’écriture était brouillé par l’énervement de la jeune louve mais elle savait qu’elle devait participer à ces surveillance que ce soit de manière officielle ou seule de son coté.

Alors ?
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MessageSujet: Re: Il y'a des jours comme ça... [PV Personne]   Dim 16 Déc - 1:47

L’écriture tantôt fine, courbe et claire était désormais brouillée et le trait si fortement tracé qu’Erin soupçonnait que les mots soient gravés sur le papier des feuilles du dessous. Il n’était pas difficile pour la Marquée d’associer cela à un changement d’humeur chez la Laguz bien que cette dernière affiche un air des plus jovial. Si elle avait été en colère, Erin aurait tout aussi bien compris. Elle-même ne pouvait s’empêcher de ressentir une certaine aigreur vis-à-vis de cette histoire d’esclavage. Les mots qu’elle lut sur le papier ne l’étonnèrent guère non plus. Elle avait demandé Erin de l’aider à glaner des informations sur l’attaque de son village, maintenant qu’elles avaient une piste, elle n’allait pas laisser cela ainsi. Surtout que la dite piste les amenait sur le terrain. La pensée de la coopération était noble, mais Erin n’était pas vraiment certaine que cela ait un réel impact par la suite. Le racisme entre Beorcs et Laguz était tel dans certaines contrées que les gens trouveront vite un autre fait qui aura tôt fait d’incriminer l’une ou l’autre race. Cependant cela ne voulait pas dire qu’Erin était contre la proposition, bien au contraire et elle le signifia en hochant de la tête.

« Si tu ne me l’avais pas demandé, je te l’aurais proposé. Je pense que tu es la plus apte à pouvoir déceler quelque chose d’anormal. Nous aurons beau rester sur nos gardes et alertes, nous ne disposons pas de tes sens. Par contre je ne peux pas t’assurer que tous les soldats seront ravis de voir une Laguz même si c’est pour aider. J’aimerais bien te dire de ne pas y faire attention, mais je sais que c’est difficile de faire fi de ce genre de réactions. En tout cas le premier qui dira quelque chose de mal aura mon poing dans la figure… »

La jeune femme laissa la place à un petit silence avant de reprendre.

«Il va falloir que je récupère mon armure au domaine. »

Et pour la troisième fois de la journée, enfin quatrième pour Erin, elles firent le trajet jusqu’au domaine des Rhyden. Elle laissa un instant la Laguz seule avec Varathorn, le temps d’aller revêtir ses pièces d’armure, ce qui se résumait à un simple plastron court et des épaulières, faits d’un métal blanchit et décoré de quelques dorures. La jeune femme en profita pour laisser un mot à sa famille. Elle se contenta d’écrire qu’on venait de l’affecter à une surveillance de la frontière pour les jours suivants, ainsi ils ne se préoccuperaient pas de se demander où elle pouvait bien être et il s’agissait d’une excellente excuse pour ne pas devoir supporter les séances « shopping de mariage » avec Agnès. Revenant auprès de Luna et du pégase, elle dégagea sa lance de son cocon de tissu et rattacha celle-ci à la sangle du pégase. Elle accrocha deux sacoches à une autre boucle de la sangle et se tourna vers la jeune fille.


« L’idée de voler ne semble pas t’enjouer, mais la frontière est loin et il s’agit du moyen le plus rapide que nous avons pour arriver le plus tôt possible sur les lieux. »

Si Luna semblait réticente à cette proposition, Varathorn l’était tout aussi bien et Erin avait noté ses petits gestes spécifiques qui signifiaient que le pégase n’était pas à l’aise. Peut-être était-ce dû au fait qu’elle soit Laguz. Bien qu’ils en aient rencontré souvent durant leurs pérégrinations sur Tellius, il était vrai qu’aucun Laguz n’était encore monté sur le dos de Varathorn. Le pégase acceptait déjà difficilement toute autre personne que sa cavalière et elle se souvenait que même pour ses frères, le pégase n’avait pas été facile d’approche. Il y’avait eu Stefan que le pégase n’avait pas semblé farouche à accepter, mais la marquée soupçonnait que son atterrissage mouvementé n’avait pas été tenté pour rien. Mais là n’était pas la question. La jeune femme s’approcha du pégase et lui flatta doucement l’encolure.

« T’inquiètes, ça ira bien. »

La cavalière avait dit cela d’une voix rassurante et elle semblait tout à fait décontractée, limite amusée par la chose. Cependant, dès qu’elle fit mine de vouloir se hisser sur le dos du cheval ailé ce dernier se décala. Le têtu indiquait ainsi, qu’il n’était pas du même avis qu’elle, ce qui lui fit pousser un soupir.


« D’accord… »

Elle posa alors ses mains sur ses hanches avant de se tourner vers le pégase, de détacher sa lance et de lui tourner le dos pour commencer à marcher.

« Franchement je ne sais pas ce que penserait les autres en apprenant qu’un pégase aussi grand et musclé soit-il, ai peur d’une simple jeune fille… Déjà que mÔsieur est une petite nature quand on approche d’une surface d’eau, alors si on ajoute cela… Je suis limite déçue. Vraiment. »

Disant cela d’un ton clairement condescendant, Erin compta mentalement jusqu’à dix. Un renâclement et un bruissement d’aile suivit d’une bruit de sabot grattant le sol, lui indiquèrent qu’elle avait fait mouche. Le pégase alla se placer devant elle, bien droit la tête haute, montrant toute sa superbe de pégase qui n’a peur de rien ni de personne. Erin se retint d’afficher un grand sourire victorieux, auquel cas, le cheval se serait immédiatement vexé en se rendant compte qu’elle venait de le mener par le bout de la carotte. Elle rattacha à nouveau sa lance et se hissa sur le dos du pégase d’un saut leste. Elle se tourna vers Luna et se pencha légèrement en lui tendant la main pour l’aider à monter à son tour, derrière elle.

« Surtout n’hésite pas à bien me tenir et n’ai pas peur de serrer, je sais que les hauteurs ne rassurent pas tout le monde et si ça peut te détendre un minimum de t’accrocher de toute tes forces, n’hésites pas. »

La cavalière serra alors doucement les talons contre le flanc du pégase et ce dernier se mit au pas. Elle ne voulait pas apeurer Luna en lançant tout de suite Varathorn dans un grand galop et un décollage rapide et sans douceur. Var’ passa de lui-même au trop puis au galop avant d’étendre ses ailes et de commencer à les battre pour qu’ils puissent enfin quitter le sol. Erin le laissa monter à une altitude respectable mais tout de même plus basse de celle à laquelle ils étaient habitués. Ce ne fut qu’à ce moment-là que la jeune femme se pencha légèrement vers l’avant et souffla à l’oreille du pégase d’une voix amusée :

« J’ai gagné. »

On pourrait croire qu’il s’agissait d’une manœuvre risquée de la part de la Marquée. Mais elle connaissait mieux que quiconque le pégase et ce dernier, bien que rancunier par moment, ne cherchait jamais à essayer de la désarçonner une fois qu’ils étaient en vol. Varathorn c’était fait avoir, encore, et il le savait. Il ne lui resterait plus qu’à bouder une fois qu’ils auraient atterris. Et il n’écouterait plus rien jusqu’à ce qu’elle se fasse pardonner en lui offrant une belle pomme rouge ! Avec cette idée en tête le pégase accéléra un peu. Plus vite il arriverait, plus vite il pourrait bouder et plus vite il aurait sa pomme.

Le vol se déroula sans problème et silencieusement. Erin ne voulait pas forcer Luna à noter des choses dans son calepin alors qu’elle ne devait sans doute pas se sentir à l’aise en altitude. La jeune femme espérait tout de même qu’elle apprécie un minimum de pouvoir voir les terres d’une autre manière. En parlant de terre, les plaines de Criméa commencèrent à se tacheter de plus en plus d’un vert plus intense, propre aux arbres. Des bois vinrent parsemer par ci par là le sol herbeux, puis arrivèrent enfin les grandes forêts de la frontière.

À ce moment-là, la cavalière fit perdre un peu d’altitude au Pégase, histoire qu’elle puisse un peu mieux se repérer. Ils survolaient la forêt depuis un bon cinq minutes lorsqu’elle l’entendit, sifflante comme un serpent prit d’une ire mortelle. Le mot « flèche » eut à peine le temps de lui traverser l’esprit, que ses cuisses et ses mollets s’étaient déjà contractés, envoyant un signal spécifique au pégase qui répondit avec une grande rapidité. Son aile gauche de rétracta, alors qu’il inclinait plus la droite pour que l’air la gonfle plus. Ces simples mouvements les firent stopper nets et pivoter d’un coup sur un quart de tour dans le sens horaire. Elle avait amené son bras droit derrière elle afin de retenir Luna où cas où elle serait déséquilibrée par la manœuvre. Le projectile mortel effleura le bras gauche de la cavalière, lui laissant une longue plaie sanglante mais peu profonde. Évidemment, elle n’en resta pas là et faisant totalement fi de la blessure, elle lança Var’ dans un piqué. Si elle avait été seule, peut-être aurait-elle tenté de rester dans les airs, faisant monter Varathorn à une altitude où les flèches ne seraient plus une menace. Mais avec la Laguz avec elle, elle ne pouvait décemment pas se lancer dans toutes leurs manœuvres d’évasion, c’était bien trop dangereux pour elle.

Le pégase atterrit vite mais pas sans douceur, ménageant tout de même ses passagères. Ils gagnèrent alors la protection des arbres et Erin se retint à grand mal de pousser un juron.


«Je ne sais pas si celui qui nous a tiré dessus est de mèche avec ceux qui ont attaqué ton village, mais ce n’est clairement pas les troupes de Criméa ! Ils n’attaquent pas les pégases à vue, eux. »

Il se passait vraiment quelque chose ici finalement. La cavalière n’était pas très rassurée. Étaient-ils proches de la patrouille ? Ces derniers avaient-il été aux prises avec des bandits ou autres groupes mal intentionnés ? Était-ce un simple idiot qui s’était tenté au tir ? Trop de questions encore ! Mais Erin était certaine qu'il ne s'agissait pas d'un tir d'un débutant. Si elle et Var' n'avaient pas réagit aussi vite, la flèche se serait sans doute fichée non loin de son coeur plutôt que de simplement l'égratigner.

« À couvert dans les bois moi et Var’ sommes complètement inutiles comme tu peux t’en douter. Détectes-tu des sons ou des odeurs suspectes ? Il faudrait qu’on puisse trouver cet archer et le mettre hors d’état de nuire. J’aimerais bien proposer qu’on se sépare aussi, je pourrais essayer de repérer quelque chose de là-haut et toi faire du repérage ici, mais la forêt est si dense que je ne suis pas certaine de pouvoir de retrouver, bien que je ne pense pas que cela soit un souci pour toi. »

Cette situation ne plaisait vraiment pas à la Marquée.
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MessageSujet: Re: Il y'a des jours comme ça... [PV Personne]   Mar 18 Déc - 11:31

Il y avait une chose dont Personne était sure… Les loups n’étaient pas fais pour voler. Elle s’accrochait de toutes ses forces à la cavalière retenant des hauts le cœur à chaque battement d’ailes. Ils montaient en un battement, ils redescendaient, puis ils remontaient… La louve s’étonnait de ne pas avoir le mal de l’air.
Cependant, elle devait bien avouer qu’il y avait une certaine plénitude à contempler Tellius du coin de l’œil et de cette hauteur. Tout semblait si petit, les bâtiments, les arbres, les humains… du pégase on pouvait aisément se dire que nous n’étions rien que d’infimes poussières dans l’univers.
Soudain l’animal fit une embardée abordant un virage des plus secs et déséquilibrant la Laguz. La louve sentit son cœur pulser dans sa poitrine alors que plus par reflexe que de manière consciente, Personne s’était partiellement transformée se maintenant en place via la puissance de ses muscles d’Hybride. Elle vit la flèche frôler le bras d’Erin, elle sentit la descente amorcée par la cavalière et ses avec soulagement qu’elle rencontra le sol. L’atterrissage n’avait pas été des plus doux mais elle ne se plaignait pas d’enfin retrouver le plancher des vaches bien qu’elles ne soient toujours pas hors de danger

- À couvert dans les bois moi et Var’ sommes complètement inutiles comme tu peux t’en douter. Détectes-tu des sons ou des odeurs suspectes ? Il faudrait qu’on puisse trouver cet archer et le mettre hors d’état de nuire. J’aimerais bien proposer qu’on se sépare aussi, je pourrais essayer de repérer quelque chose de là-haut et toi faire du repérage ici, mais la forêt est si dense que je ne suis pas certaine de pouvoir de retrouver, bien que je ne pense pas que cela soit un souci pour toi.

Personne sentait des milliers d’odeur dans cette forêt. Certaines plus sinistres que d’autres. Ne pouvant faire la différence sous cette forme, elle adopta celle du Laguz qui sommeillait en elle, laissant son museau s’allonger, ses articulations craquer et sa taille croitre. Debout sur ses quatre pattes animales, la demoiselle pouvait regarder le Pégase droit dans les yeux sans lever la tête.
Sa démarche était féline bien qu’elle possédait des allures de loup. Elle se déplaçait autour du cheval ailé et de sa cavalière pistant celui qui avait pu la blesser. A sa manière de se dissimuler, la Laguz pouvait aisément dire qu’il s’agissait d’un chasseur habitué à traquer ses proies mais ses proies étaient-elles les Laguzs ?
Elle détectait sa présence derrière un arbre puis près d’une rivière mais ne pouvait affirmer l’endroit où se diriger pour l’attraper. Soudain, un parfum l’attira, une odeur familière…

***

Je ne pensais pas une telle cruauté possible, je ne comprenais pas comment l’humain pouvait être aussi barbare. Nous étions différent d’eux il est vrai mais méritions-nous de mourir par le feu… Les flammes qui nous dévore et nous étouffe, le feu qui noircie notre chair et nous brûle, comment pouvait-on affliger ça à un être vivant.
Je repense à Tibal, je repense à Nephir dont les visages étaient méconnaissables après leur passage. Leur peau cloquée suppurait alors que leur facies était figé dans la douleur…
Maudit humain.

***

Personne sentait l’odeur d’un charnier, de chairs brûlées. Assez éloigné du coté de la frontière l’odeur venait tout de même jusqu’à elle dans les volutes de vent. D’après l’intensité des effluves elle ne comptait que deux personnes ayant subit ce sort mais ne saurait dire s’il faisait partie des leurs ou des marchands d’esclaves… Relevant la tête, elle indiqua la direction à suivre à Erin alors qu’une flèche sifflait à son oreille.
D’une impulsion sur le sol, Personne esquiva le projectile en bondissant en arrière. La flèche vint se ficher au pied de la soldate alors que le désormais Lycan repérait sa cible dans les bois.

- Séparons nous et emmène la à l’endroit que je t’ai indiqué, je m’occupe de celui-ci et je vous rejoins. Tu me repéreras facilement ne t’en fait pas !

Comme pour confirmer cette dernière affirmation au Pégase, Personne poussa un hurlement entre le chant du loup et le rugissement du tigre. Ce son n’avait rien de naturel mais il est vrai qu’il n’en existait pas deux comme celui-ci. C’était un appel au combat et au rassemblement.

Prenant la voie des arbres, Personne se jeta à la poursuite du tireur. Elle ne l’avait entraperçu que quelques instants mais elle sentait son odeur et à l’abri des branches et du bois, elle était protégée de ses flèches. Pourtant, quelque chose la dérangeait… pourquoi ne bougeait-il pas ?
Arrivant là où l’odeur était la plus forte, Personne se retrouvait face à un leurre, un effluve synthétique imprégné dans un bout de tissus.

- Vous êtes tous pareils… c’est si simple de vous piéger.

Plus haut dans l’arbre, soufflé par le vent, l’archer regardait la Laguz de haut alors que son arc bandait sur elle ne se fit pas attendre pour relâcher sa flèche.
La distance était courte, le tir précis… Il n’avait pas visé de points vitaux préférant un esclave vivant que mort, mais l’impact serait douloureux. Les yeux de la bête s’écarquillèrent au son sourd de la corde. Elle n’avait pas le temps de l’esquiver.
La flèche se planta dans l’écorce du tronc derrière elle.

- Comment ça se fait ça ?

En un clin d’œil, la bête avait repris forme humaine de manière partielle donnant une allure grotesque à la demoiselle. Une tête de loup un buste de femme et des pattes animales… La flèche avait frôlé l’abdomen transformé de la jeune fille alors que sous forme animal, le projectile n’aurait pas manqué de lui transpercer le flanc. La différence entre ses deux morphologies, avait de quoi tromper son adversaire.

- Ça… c’n’est pas normal…

L’archer s’empressa de saisir une nouvelle flèche mais le loup se jeta sur lui de tout son poids brisant la branche qui les soutenait et le laissant s’écraser au sol en un craquement sinistre. Entièrement louve pour l’occasion sa gueule ouverte sur ses dents de tigre avait de quoi décontenancer.

- Tu ne portes pas l’odeur des Laguz sur toi mais à ta façon de chasser… je sais que tu en as déjà attrapé pour eux. Où sont-ils ? Qui vous dirige ? Parle !

- Ne me faites pas de mal, je ne comprends rien à ce que vous dîtes…

Personne rugit. Elle n’avait pas le temps d’écrire ses questions, elle devait d’abords s’assurer qu’Erin n’était pas en danger et en même temps, elle n’était même pas sure qu’un sous-fifre comme lui serait au courant de quoi que ce soit.

- Je vous dirais tout mais…

La Laguz l’assomma et l’attacha à un arbre avec la corde qui l’aurait surement faite prisonnière autrement. Puis humant l’air, elle retrouva facilement la piste du Pégase. Les griffes rétractées, le pas léger, Personne se dirigeait vers eux à patte de velours.

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HRP: Lorsque Personne parle, seul les animaux ou ceux qui ont une connaissance du langage des loups peuvent la comprendre d'où l'écriture font=gabriola
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MessageSujet: Re: Il y'a des jours comme ça... [PV Personne]   Ven 8 Mar - 18:53

[HJ]YEAHHHHHH internet est revenu ! \o/
Pu...Rée. 3 mois d'attente, j'suis vraiment désolée. J'espère que la réponse ira. ><[/HJ]
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Si Erin était incapable de faire quoique ce soit sur le moment, Luna elle, n’était pas à court de ressources. La Marquée avait déjà croisé des Laguz. Lupins, félins, autant sous forme humaine qu’animale, mais la forme qu’adopta la jeune fille n’avait absolument rien à voir avec tout ce qu’elle avait pu voir jusqu’à ce jour. Comment une fille de sa carrure pouvait-elle se transformer en un animal aussi grand ? S’il n’y avait que la taille, Erin aurait pu vite passer à autre chose. Alors que Luna tournait autour d’eux en flairant l’air pour trouver une piste, la cavalière pégase ne parvenait pas à détacher son regard d’elle. Elle savait pertinemment que ce comportement risquait de mettre mal à l’aise sa « partenaire de chasse », que ce n’était pas la meilleure chose à faire, que Luna devait en avoir assez des gens qui devaient la regarder aussi intensément à cause de cette apparence. Cependant, bien que l’apparence actuelle de la Laguz n’ait rien de rassurant et que la jeune femme n’ait pu s’empêcher de penser qu’il valait mieux l’avoir de son camp plutôt que comme ennemie, les iris bleutés de la cavalière n’exprimaient aucune crainte. Que pouvait-on y lire alors ? De la curiosité. Cette simple curiosité, sans malice, qui prend les enfants lorsque quelque chose qu’ils n’ont jamais vu, se trouve sous leurs yeux. Juste cela. Mais par pur respect envers la Laguz et aussi parce que ce n’était vraiment pas le moment, elle n’émit aucune question. Son regard en posait déjà bien assez.

La jeune femme allait se lancer dans la direction que venait de lui indiquer Luna par un signe de tête quand une deuxième flèche siffla et se planta juste devant ses pieds. Cette fois-ci les yeux d’Erin laissèrent deviner de l’inquiétude, mais cette dernière s’évanouie lorsque la cavalière pu voir que la Laguz avait évité le projectile et qu’elle n’était pas blessée. La suite se passa très vite. Une voix s’éleva, s’exprimant dans un langage qui était tout à fait inconnu de la soldate et celle-ci mit un certain temps avant de comprendre qu’il s’agissait de celle de Luna ! Ce qui expliquerait son silence sous forme humaine. En tout cas, il semblait que ces semblants de mots soient tout à fait compréhensibles car Varathorn réagit au quart de tour et poussa sa propriétaire en plaçant sa tête contre son dos et en renâclant, signe d’impatience chez le Pégase. C’est alors qu’il retentit. Ce hurlement qui n’en était pas tout à fait un. Sur le coup, Erin se fit surprendre et elle ne put réprimer un frisson. Si elle ne craignait pas l’apparence de Luna, ce cri était d’un tout autre acabit. Comment rester de marbre à l’entente de son ? C’était tout bonnement impossible. Pas quand on l’entendait pour la première fois en tout cas.

Reprenant contenance, la cavalière se hissa rapidement sur le dos du pégase et le lança dans la direction que Luna leur avait indiqué juste plus tôt. À cause de la végétation dense et le terrain inégal, elle ne pouvait prendre le risque de lançait Varathorn au galop. Même le trop allongé était risqué ici… Maudits soient ses crétins qui se sont réfugiés ici ! Erin ne savait pas du tout vers quoi Luna l’avait dirigé et en tant que simple Marquée, même si elle huma l’odeur nauséabonde avant de voir concrètement les corps, il ne se passa que quelques secondes entre la perception des deux sens. Ils avaient débouché sur une toute petite clairière et au centre un feu, dont les flammes crépitaient encore. Les deux corps qui s’étaient trouvés sur le bûcher n’étaient déjà plus que des corps noirs. Impossible de savoir s’il s’agissait de Beorc ou de Laguz. Mais la cavalière eut vite sa réponse. S’extirpant des hauts buissons qui leurs avaient servi de cachette, trois hommes, pas des enfants de cœur à voir leurs dégaines, se placèrent juste à côté du feu qui commençait à décroître.


« C’est s’qui arrive quand on s’laisse pas faire. »

« Et ouai poulette, alors t’ferais mieux d… »

Trop tard. Ils chargeaient déjà. Pris de court et la distance qui les séparaient n’étant pas bien grande, ils ne parvinrent pas tous à sauter sur le côté pour éviter l’assaut d’un Varathorn qui n’était pas le plus heureux des pégases en l’instant. Le plus lent des trois, se fit percuté de plein fouet par le poitrail puissant du cheval ailé qui n’eut aucune hésitation à le piétinait. Sa cavalière lui fit alors faire un écart afin d’éviter à ce qu’ils se retrouvent à foncer dans les fourrés. Quelques foulées pour s’éloigner un peu et avoir assez d’espace et le pégase étendit ses ailes pour effectuer un décollage d’urgence. En raison de l’espace restreint, Erin ne pouvait faire voler le pégase bien haut et dû lui faire faire une boucle serrée pour qu’ils se retrouvent en face des deux autres hommes qui restaient. Armes dégainées lance pour l’un, épée pour l’autre, ils étaient prêts à en découdre, mais ne semblaient pas prendre la cavalière pour une menace.

« Aller poulette, fait pas ta conne ! T’vois bien que t’peux pas manœuvrer comme il faut ton canasson ici. »

« Ouai. Descend plutôt nous rejoindre. Nous on a de quoi à se faire manœuvrer ! »

Oh qu’ils étaient fiers de leur jeu de mot pourri. Oh comme leurs rires gras et débiles la mettaient hors d’elle ! Mais il ne fallait pas qu’elle se laisse emporter. Sinon elle risquait de gaffer. Elle le savait. Elle se saisit de sa lance et la défit doucement de sa prison de tissu. Elle noua ce dernier à la sangle avant de passer la longue arme dans sa main gauche pour s’en armer.

« Vous ne vous êtes jamais battus contre des cavaliers pégases à ce que je vois. »

« Pff. Sur terre ou dans le ciel, un canasson s’reste un canasson. T’peux rien faire ici ! Si tu piques tu t’prends un buisson ou un arbre. Et s’tu reviens au sol tu sers plus à rien. »

« Pauvres crétins… »

« De quoi ? »

« À partir du moment où un pégase s’envole, c’est que son cavalier estime qu’il peut manœuvrer, même s’ils ne sont pas très hauts. La seule chose à redouter à ce moment-là, c’est un archer. Manque de bol, un archer, vous n’en avez pas. »

Comment pouvez-t-elle en être certaine ? Parce que Luna s’était lancé à la poursuite du dit archer. Après c’était miser sur le fait qu’il n’y en avait pas un autre. Mais vu la réaction des deux crétins, elle avait visé juste.

« Et donc… »

« Et donc vous l’avez dans le cul ! »

Réagissant à la contraction des cuisses d’Erin et aux talons qui vinrent se presser plus fortement contre son flanc, Varathorn lança la manœuvre d’attaque. D’un côté ils n’avaient pas eu torts, la clairière n’offrait pas beaucoup d’espace, mais ces deux imbéciles n’avaient pas poussés la réflexion plus loin, car au lieu d’aller se réfugier sous le couvert des fourrés, l’homme à l’épée se jeta simplement sur le côté alors que celui avec la lance ne cilla pas.

« T’es pas la seule qui sait manier la lance poulette ! »

Mais la cavalière n’en avait rien à faire de lui pour le moment. Le pégase avait fait une embardée, le rapprochant de l’épéiste qui s’était jeté sur le côté. Le geste sembla déséquilibrer Erin qui se laissa tomber sur le côté gauche du pégase. Mais lorsqu’ils arrivèrent à hauteur de l’esclavagiste, ce dernier pu se rendre compte que la cavalière se tenait à une boucle de la sangle. Elle avait feinté le déséquilibre et la chute ! Trop tard pour lui. Elle fit d’écrire un arc ample à sa lance qui vint lui sectionner la gorge. Le pégase fit alors une foulée de galop au sol avant de sauter et de battre des ailes pour retrouver les airs. Erin quant à elle, retrouva sa place sur le dos du cheval ailé en s’y hissant grâce aux boucles de la sangle. Le lancier n’était pas ravi. Tant mieux.

« Tu vas regretter d’avoir fait ça, bâtarde ! »

« Oh quel dommage ! Moi qui commençais à m’habituer à la poulette. »

« Ta gueule ! »

« J’attaque alors. »

Chose dite, chose faite ! Varathorn se lançait dans une deuxième manœuvre. Pensant que la jeune femme ferait effectuer la même manœuvre que plus tôt, le lancier se décala sur le côté et prépara sa lance pour cueillir le pégase et sa bâtarde de cavalière. En plus il était trop proche d’un arbre, s’ils prenaient trop d’élan ils se prendraient l’arbre de plein fouet ! Les muscles bandaient il était sur le point de porter son attaque à l’approche de canasson, quand une grande bourrasque fit voleter poussière et brindilles, l’obligeant à porter son bras devant les yeux pour ne pas être aveuglé par les fins projectiles.

« Crétin…»

Alors que les sabots du pégase ne se retrouvaient plus qu’à quelques centimètres du sol, ce dernier avait donné un grand coup d’ailes. C’était cela qui avait soulevé le nuage de poussière, mais cela avait aussi eu pour effet de le faire reculer pour éviter toute attaque, si jamais le lancier avait continué sur sa lancée au lieu de lever son bras. Il avait aussi reculé, son dos venant se plaquer contre le tronc de l’arbre derrière lui. Erreur fatale. Lorsqu’il rebaissa son bras, il put voir que le pégase avait atterrit. Étrange et tout à fait en contradiction avec ce qu’avait dit la cavalière tantôt.

N’ayant pas le temps de réagir, l’homme vit la cavalière lancer doucement sa lance vers le haut pour la reprendre en main, paume vers le haut, juste au-dessus de son épaule. Elle ne pouvait faire qu’une chose ainsi. La lance avait à peine atterrit dans la main de sa propriétaire qu’elle l’envoyait déjà en direction du malandrin. Ce dernier poussa un cri de douleur lorsqu’elle la lame le traversa juste au-dessous de l’épaule pour se ficher avec force dans le tronc de l’arbre, entamant profondément l’écorce. Le choc fut tel qu’il lâcha sa propre arme. Erin n’aimait pas faire cela. Surtout que la lance en tant que tel n’était pas destinée à ce type d’attaque, le javelot s’y portait mieux. Mais elle n’en avait pas et elle n’avait vu que cette option pour mettre le lancier hors d’état de nuire, mais pas trop pour qu’il puisse répondre à quelques questions.

Mettant un pied à terre, la Marquée lança un dernier coup d’œil au bûcher. Elle n’aurait pas dû. À la vue de ce qu’il restait, la colère recommença à la gagner. Elle se dirigea vers l’esclavagiste. Se tête tombait sur sa poitrine. Il avait déjà perdu connaissance… Pitoyable. Elle écarta du pied la lance qui gisait au sol, la faisant rouler plus loin.

ZBAFF. La gifle fut si forte que l’empalé se réveilla sur le coup. Un râlement de douleur s’échappa de ses lèvres avant qu’il ne relève la tête pour que son regard tombe sur la cavalière, campée bien droite juste devant lui.


« Bien, maintenant que t’es réveillé, la poulette elle à quelques questions à te poser et je te conseille de ne pas jouer au malin. M’enfin de ce que j’ai pu voir tu ne l’est pas trop de malin. »

« Ok, ok ! Mais décrochez-moi ! »

« Oh tu me vouvoies maintenant ? Être blessé te rendrait-il poli ? »

« C’est pas drôle… »

« Je ne rigole pas. »

En effet, elle ne rigolait pas du tout. Il n’y avait même pas les prémices d’un léger sourire sur son visage. Le ton cinglant, les traits tirés, le regard dur et sévère, il n’était pas dans son intérêt à lui d’aggraver l’humeur de la belle. Mais qui était-ce ? L’armée de Criméa ne devait pas intervenir puisqu’ils n’étaient pas au courant de tout ça ! Comment avait-elle su ?

Que de questions encore…

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MessageSujet: Re: Il y'a des jours comme ça... [PV Personne]   Ven 29 Mar - 15:08


La louve se déplaçait discrètement dans le bois qui, bien qu’il lui fournisse un abri agréable, était le lieu de chasse des esclavagistes. Par endroit, elle sentait des odeurs de peur, des effluves hormonaux que seuls les Laguz pouvaient émettre. Un avertissement pour les futurs voyageurs, cet endroit était un lieu de mort.
Elle s’aplatit un peu plus contre le sol alors qu’elle entendait non loin d’elle le son de fer qui s’entrechoque légèrement. Des pas d’acier se déplaçaient lentement dans la même direction qu’elle, mais à sa grande peine, il était derrière elle. Personne avait l’impression de reconnaitre le bruit des armures Méliorienne, cependant, elle ne pouvait être sure de rien. S’accroupissant derrière un tronc volumineux, elle les laissa passer devant elle repérant chaque odeur, chaque détail qui pourrait les différencier d’un brigand. A pas de loup, elle poursuivit sa route à leur suite, s’horrifiant de plus en plus de l’odeur de charnier et de chair brûlée.

- Erin ! Tu es venue nous porter main forte ? Mon dieu… mais quel massacre…

L’homme un peu bourru semblait sincèrement peiné d’une telle scène. Maintenant qu’elle le voyait mieux dans la clairière, Personne repéra sur lui et ses acolytes des traces de sang, des traces de combat.

- Nous en avons repéré quelques uns au nord d’ici, ils sont farouches ces gredins… Et leurs victimes n’ont pas l’air très reconnaissantes. Ces bêtes sont d’un féroce et d’une ingratitude…

Ce n’était pas dit avec mépris mais la louve s’offusqua quelque peu de ses paroles. D’autant plus que deux des siens gisaient encore brûlés et figés dans la douleur de flamme. Sortant sous forme humaine des ténèbres boisées.

- Qui va là !

Une lance vint se placer sous sa gorge avec vivacité et précision. Son regard hagard se posa sur le soldat et la louve jeta un regard à Erin.

- Tu la connais ?

Personne n’attendit pas la réponse pour écarter sa gorge de la pointe d’acier et contourner les humains pour rejoindre les corps des Laguzs. Quelques braises fumaient encore quand elle s’approcha du bûché. Elle hésita un instant puis sauta toutes griffes dehors et trancha les liens qui les retenaient. Deux félins… ils étaient assez jeunes à ce qu’elle pouvait voir. Elle souhaita fortement les enterrer mais le temps lui manquait. Elle devait battre le fer tant qu’il était chaud. Un chasseur, deux bourreaux et un groupe de brigand plus au Nord… la concentration d’esclavagistes était trop importante pour être ignorée.

- Hey petite, t’es une louve si je me trompe, avec ta truffe tu ne pourrais pas pister le reste de la bande ?


Etrangement, Personne avait l’impression qu’on la traitait comme un limier. Elle se rapprocha d’Erin avec cet air colérique et froid qu’elle ne réservait qu’humain. Elle se souvenait de ceux qu’elle avait massacré à la frontière de Gallia, elle se souvenait de ces êtres immondes qui avait brûlé les siens et enlevé leur amie… Elle savait que ce n’était pas eux, qu’Erin et les siens n’étaient pas responsable pourtant, elle ne pouvait s’empêcher d’être énervée par leur présence.
Une de ses mains se posa sur Erin, rendant l’atmosphère plus tendue. Son museau s’allongea, des canines sortirent de ses gencives et le visage de la jeune fille se déforma. Personne connaissait l’odeur d’Erin, elle pourrait identifier sur elle celle de ses agresseurs. Sa truffe s’agita sous ses reniflements, elle isola alors un effluve. Elle n’était pas humaine mais Laguz, une hormone de marquage très difficile à repérer. La louve confirma cette odeur sur les victimes de la lance de la cavalière Pégase puis sur les soldats.
Il n’y avait point de doute. Se concentrant sur ce parfum elle le repéra plus loin sur un arbre, puis au creux d’une pierre. Elle pouvait suivre leur trace et peut être, remonté à eux… Se tournant vers Varathorn elle lui glissa à l’oreille.

- Si tu peux me suivre dans les bois, je pense pouvoir vous mener mais je ne ralentirais pas ma course pour ces humains.

Se transformant entièrement, la louve s’enfonça alors dans la forêt suivant le parfum dont l’effluve devenait de plus en plus intense à mesure qu’elle avançait. Elle n’attendit personne, ni n’adressa un regard en arrière c’est donc seule qu’elle se retrouva devant eux, camouflée dans la verdure. Ils n’étaient qu’une dizaine, attendant certainement le reste de leurs effectifs mais quatre des siens étaient attachés… elle devait intervenir et vite.
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Il y'a des jours comme ça... [PV Personne]

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