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 Ceux qui courent après leur rêve

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MessageSujet: Ceux qui courent après leur rêve   Dim 1 Mai - 20:23



« Il existe de ces nuits où j'ai envie de courir, m'enfuir le plus loin possible. »
« Certaines nuits, je voudrais mourir. »
« Je ne rêve plus que de ça. »
« Je ne peux m'endormir qu'en y croyant. »
« Si je me lève quand même après un si mauvais sommeil, c'est uniquement pour lui. »
« Quand j'ouvre les yeux, il n'y a qu'une chose que je sais: j'y arriverai. »
« Mes cauchemars ne m'apprennent rien de plus que ce que j'ai déjà perdu. »
« Je me réveille en pleine nuit pour crier. »
« Le passé hante mon esprit, quand il est à la limite du sommeil. Je n'en ai que faire. »
« Le clair de lune me fait sans cesse ressasser les visages de mes victimes. »
« Très tard le soir, mon esprit est mon propre Némésis. »
« Ce ne sont pas les rayons du soleil qui me tirent du sommeil, mais ma propre souffrance. »



C'était une fin de soirée comme une autre pour la majorité des habitants de Tellius. Comme en tout temps, certains ne verraient pas le soleil se lever le lendemain; et comme dans toute histoire, les seuls témoins des événements de cette nuit là seraient leurs principaux acteurs. Ceux dont on n’écrirait jamais l'histoire. Ces personnes qui une fois le conflit terminé, reprenaient leur chemin dans la nuit noire. On pouvait voir d'ici les rumeurs naissantes le lendemain matin, par ceux qui fouleront le sillon de destruction, de ruine et de sang, laissé par le passage de ces deux guerriers dont le nom serait d'ores et déjà évanoui dans la nature. On imputerait ce carnage à qui le peuple le voudra bien. Il serait le seul à ne pas oublier. Elle serait la seule à s'en souvenir. Les véritables guerriers ne combattent ni pour la gloire, ni pour l'amour. Ils combattent pour eux, pour leurs rêves.

Cette histoire relate l'affrontement entre deux guerriers légendaires dont personne n'entendra parler.

Une nuit d'été. Le ciel étincelait des millions de corps célestes en fusion que l'on pouvait voir rien qu'en levant les yeux. La nuit était si claire, si belle, qu'on pouvait même observer la voie lactée, cette étrange ligne blanche traçant une séparation dans les cieux eux même. Certains contes propagent l'idée qu'elle est la frontière séparant l'enfer du paradis, là haut. Et si seuls les morts peuvent trancher le faux du vrai sur cette histoire, alors aucun des protagonistes présents sous cette immense pleine lune, si grande qu'on la croirait à portée de main, ne pourraient jamais raconter à quiconque si tel est le cas.
Les rayons lunaires embellissaient avec brio cette grande structure de pierre qu'était le château d'Osiria. Si l'art baroque n'existait pas en ce monde, alors l'architecte était soit un génie, soit un voyageur dimensionnel. Ce gigantesque bâtiment était composé d'un énorme mur d'enceinte surplombé de quatre tours de garde pour l'extérieur, et d'une cour immense qui dans le temps devait pouvoir accueillir non seulement toutes les personnes vivant dans l'édifice mais aussi toute la paysannerie locale en cas d'attaque. Les magnifiques jardins suspendus avaient été rongés par le temps et il n'en restait rien d'autre que de la terre morte aux chemins de pavés à moitié détruits. Le château en lui même, tout comme le grand mur était pourtant encore bel et bien debout malgré qu'il manque quelques pierres par-ci, par-là. Si le seigneur qui l'avait habité était encore de ce monde, il serait fier que sa maisonnée tienne encore debout après tant d'années, et ce en si parfait état. Il y avait bien une raison à cela.
Perché sur une des hautes falaises de montagnes de Daien, l'endroit semblait tout autant suspendu dans le temps que dans le vide. Un endroit magnifique pour une puissance maléfique. On raconte qu'au cœur du château, un objet sanctifié par le démon maintenait l'endroit en l'état. D'aucun ne connaissait la portée des pouvoirs de cette chose. Certains pensaient qu'il s'agissait d'une arme permettant de manier l'espace et le temps, d'autres que c'était un bijou hanté par l'âme d'une servante à l'histoire peu ragoutante qui terrorisait puis dévorait ceux qui osaient pénétrer l'endroit.
Voilà pourquoi personne n'avait jamais daigné tenter la chasse au trésor ou tout simplement d'investir les lieux. Seulement voilà, les histoires horrifiques en excitent plus d'un. Et les aventuriers téméraires finissent toujours par tenter le diable. C'est ainsi qu'un petit groupe de mercenaires s'était formé à la solde d'un grand ponte de la noblesse Nevassienne. Ils devaient retrouver l'artefact et le ramener, afin de toucher une somme alléchante. Peu importait que l'un d'entre eux ait dans l'idée de garder l'objet une fois en sa possession, et de doubler grâce à sa puissance ses coéquipiers. Car ils avaient attiré une plus grande menace sur eux.
Il connaissait les mythes locaux. Il projetait même de venir détruire cette chose en temps voulu. Mais voilà, il avait eu vent de l'expédition mais ne pouvait laisser les choses se dérouler tel qu'un maniaque le voudrait. Comment l'avait-il su? Personne ne le sait.
Sans doute y avait-il encore pire que cela pour eux. Certains étaient des Laguzs; leur compagnie existant depuis un long moment et œuvrant sur tout Tellius. Ils étaient même connus et surtout nombreux, plus d'une centaine. C'était leur renom et leur talent qui avait donné l'idée à ce Noble de donner la moitié de sa fortune pour agrandir sa collection. Après tout il s'en fichait, l'argent reviendrait tout seul. Tout le monde y trouverait son compte.
Oui, elle était là. Elle cherchait un endroit où se réfugier pour la nuit. Ce qu'elle faisait-là? Seule elle le savait. Non, elle ne connaissait même pas l'existence de cet objet maudit. Et s’il y avait un obstacle, il ne serait qu'un léger contretemps.

Ce qui allait se passer? Seul le destin le savait. Car il n'était pas ici question de déesse ou autre. Chacun avait son but, chacun avait sa façon de faire les choses. Le destin n'est pas une donnée qui interagit avec le monde selon le principe de faire les choses bien. Non, il aime faire le mal. Il aime bien rire du malheur des autres. Au fond, il est comme tous le monde.
Trois camps, un vieux château et un artefact maudit. La suite? L'avenir est un long passé.


La compagnie avait installé son campement provisoire devant les grandes portes. Elles tenaient encore debout et étaient en parfait état, et bien sûr ouvrable uniquement par l'intérieur. Il faudrait envoyer quelqu'un escalader le mur pour ouvrir. Mais ce n'était pas un problème quand on avait des Laguzs corbeaux dans ses effectifs. L'assaut était prévu pour demain matin, le chef et ses généraux ayant établis le plan stratégique propice à ce genre de situation.
Mais pour l'heure, la préparation était terminée et autour d'un grand feu de camp, la troupe se reposait. Certains dans leurs tentes, d'autre finissant leur repas par quelques gouttes d'alcool régional. Mais seulement un peu, histoire d'être en forme dans six heures. Malgré tout, quelques un des membres montaient la garde. Ils craignaient moins une attaque surnaturelle provenant du château que celle d'une autre compagnie attirée par l'appât du gain.
Entre deux tentes, dans une petite allée sombre simplement éclairée par la lune, le beorc ne s'attendait pas vraiment à tomber sur quelqu'un. Il entendit un bruit suspect derrière lui et se retourna en conséquence. Un petit caillou roulait sur quelques centimètres encore vers le camp.
Il sentit un impact à la base de sa nuque, et s'affala lamentablement au sol. Se tenant maintenant un peu en retrait par rapport à sa position initiale un homme à la carrure imposante renfrognée dans un manteau rouge vif. Une épée toute aussi imposante attachée à l'horizontale derrière son bassin. Il était quelque peu de profil, la main et l'avant bras dans la même prolongation d'un ancien geste ninja. Reprenant une position totalement droite, il levait ses yeux rouge et bleu au ciel, laissant ses longs cheveux blanc onduler dans le vent naissant. La lune était belle. Il fallait agir vite et s'infiltrer dans le château avant que quiconque ne le voit. Ou tout simplement ne se réveille.
Il avança jusqu'au bout de l'allée en veillant à ne pas faire trop de bruit. Ce qui était difficile avec autant de métal sur le corps, mais les divers bruits ambiant l'aidaient à se camoufler. Non pas que les gens parlaient fort, mais le sifflement du vent dans les tonnelles et les crépitements du feu accompagnés par les brèves discussions et déplacements des hommes suffisaient amplement à le dissimuler auditivement.
A gauche, une dizaine de personnes près du feu. Passer par là reviendrait à se jeter dans un volcan en éruption tout en ayant l'espoir de rester en vie. Tout droit, les portes. Mais elles étaient bien gardées. A droite, rien. Certains gardes faisaient des rondes, il valait mieux les éviter. Tout aurait été plus simple si seule la façade avant du château n'était pas accessible par la terre ferme. Il se déporta donc sur la droite. Tout irait bien, il n'y aurait pas besoin de se battre, juste d'assommer une ou deux personnes.

Deux mercenaires marchaient côte à côte. Ils ne parlaient pas et faisaient juste leur travail. Ils sentirent respectivement une pression sur le côté droit et gauche de leur tête avant qu'elles ne se rencontrent violemment dans les directions opposées. Impact brutal qui les fit rejoindre le sol où déjà, dormaient maintenant tranquillement quatre de leurs alliés:


« Un intrus par la route!
-Il est seul?
-Oui!
-Laissez les deux gardes de la route s'en charger. Ça ne doit être qu'un simple voyageur.
-En pleine nuit?
-...Appelez les renforts. »

Il entendit un mercenaire sortir en courant de la tente juste à côté de lui, où il avait entendu la discussion. Merde, quelqu'un d'autre cherchait donc l'artefact maudit. Enfin, seul contre cent, il n'avait aucune chance. Contrairement à notre personnage en rouge qui allait profiter de la diversion pour avoir moins de garde dans les pattes. Mais cette compagnie était assez intelligente pour ne pas retirer les gardes de la porte à moins que cela ne tourne vraiment mal. Le chemin compterait juste moins d'embuches.

Cinq membres de la compagnie s'interposaient entre la route et le campement, barrant le passage à l'« intrus ». Ils avaient tirés leurs armes, et le seul tigre du groupe s'était transformé. La personne était encore assez loin, mais tout juste à porté de voix:

« Déclinez votre identité, voyageur! »

Un glissement métallique fut la seule réponse.

Il attrapa le bras de l'homme qui lui tournait le dos et le leva. De son autre bras, il envoya le coude dans les côtes de son opposant dans un joli « crac » sonore. Ce dernier lâcha un « broughl » étouffé à cause des poumons comprimés dans ce qui fut une cage thoracique en bon état alors qu'on lâchait son bras. L'homme au manteau rouge serra le poing qui tenait le tissu pour l'envoyer dans la mâchoire de ce pauvre mercenaire. La victime tourna à demi sur elle même avant de s'écrouler lamentablement. Aucun bruit, parf...


« AAAAAARGH! »

C'était quoi ça? Et ce ne fut pas le seul cri, résultant clairement d'une horrible douleur, qui se fit entendre. Merde, l'inconnu commençait à massacrer tous le monde. Évidemment qu'il était fort, puisse que se jeter dans la gueule du loup en étant seul serait pure folie si il en avait été autrement. Il devait choisir entre s'interposer et donc rater son infiltration, vu que les mercenaires ne discutent pas quand une telle somme est en jeu, ou profiter de la diversion. Car cette fois il n'y aurait vraiment personne aux portes. Le choix était vite fait.

Un des archers de la compagnie décocha une flèche. Plaçant rapidement son épée devant elle, la pointe s'écrasa sur la lame avant de dévier vers le sol. Rien ne semblait pouvoir arrêter, cette petite aux cheveux rouges mal coupés. Habillée comme un vagabond, elle possédait pourtant une lame finement ouvragée. Le feu se reflétait parfaitement dans ses yeux de meurtrière, et pour cause une dizaine de corps jonchait ses pieds. A bien regarder derrière ces tonneaux entassés, les deux cadavres de laguz étaient ceux qui avaient pris les coups en premier. Les beorcs eux n'étaient pas encore morts, mais leurs blessures étaient profondes et devaient faire de leurs derniers instants quelque chose d'atrocement douloureux. Le sang était partout; comment quelqu'un peut-il tirer aussi impunément sa lame contre des gens qu'il ne connait même pas si ce n'est pour s'emparer de l'artefact maléfique et de l'utiliser à mauvais escient? Il allait falloir s'en occuper.

Un épéiste sauta à la gorge de la rouquine, littéralement. Assenant un coup vertical dans le but d'une décapitation propre et nette. Elle para simplement le coup, comme si elle l'avait vu venir une seconde avant, se plaça sur le côté et rabattant le dos de sa propre lame sur son épaule glissa sous la garde de l'ennemi. Une fois ceci fait, elle rabattit sa lame en diagonale sur le torse de son opposant qui s'affala dans une gerbe de sang:


« Qu'est ce que vous foutez là!? »

Il se retourna vivement, attrapant de sa main musclée la gorge du mercenaire qui visiblement arrivait en renfort. Il serrait la main tellement fort que le pauvre garçon ne pouvait même pas balbutier un mot. D'un mouvement vif, il relâcha sa poigne et descendit sa main de quelques centimètres pour l'attraper par le col. Ramenant son poignet vers lui à une vitesse fulgurante, il enterra le mercenaire d'un coup de tête bien placé dans le front du type dont les pieds venaient de quitter terre pour quelques secondes. Il se retourna pour voir où en était l'escrimeuse:

« NE FAIS PAS ÇA! »

Il hurla en bondissant par dessus les tonneaux. Il n'aurait pas le temps de dégainer son arme. Ni de s'interposer. Il devait être à cinq mètres au dessus du sol, juste après avoir pris appui sur le bois pour sauter quand ses pieds se firent souffler vers le haut. La réserve d'alcool venait d'exploser. Juste après avoir égorgé un archer dans un sourire presque sadique, elle fit tourner le cadavre sur lui même alors que, de son vivant, le mercenaire allait tout juste décocher une flèche. Elle fut juste plus rapide. Le bout de bois avait traversé les flammes du feu de camp avant de venir percer la coque de ce qui contenait un explosif parfait. La réserve était conséquente, et la moitié du camp disparut sous l'onde de choc. Pour le reste, le feu commençait à se propager.

Elle avait elle même subi les conséquences de son attaque massive et se relevait lentement, repoussant le corps sans vie de l'archer qui l'avait protégée de l'explosion. A l'autre bout du camp, les survivants s'organisaient pour passer à l'assaut. Ils n'étaient plus qu'une vingtaine, mais la rage d'avoir perdu leurs compagnons face à un seul adversaire les faisaient compter pour mille.
Malheureusement pour eux, elle ne vacillerait pas, même à elle seule contre la population planétaire.

In extremis, il avait réussi à s'accrocher dans le creux de la roche. Il ne savait pas comment, l'instinct de survie sans doute. Il se hissa à une main jusqu'au rebord, alors que ses pieds ballotaient dans le vide sous la puissance du vent. Tomber de cette falaise aurait été fatal. Se rétablissant sur la corniche, il s'étala de tout son poids au sol. Il posa son épée à côté de lui, qui lui avait servit de bouclier contre le choc. Il n'empêche qu'il aurait plusieurs bleus le lendemain. Ayant vu une nouvelle fois la mort en face, il haletait en levant le regard vers le camp. Les flammes et le chaos, voilà tout ce qui restait. Si ce n'est une vingtaine d'hommes criant comme des sauvages en courant vers une seule et unique personne.

La masse humanoïde absorba complètement l'épéiste. Elle se glissa entre eux avec une agilité impressionnante, tranchant dans le vif du sujet entre chaque tour sur elle même. On aurait dit qu'elle dansait. Oui, elle dansait parmi les vivants et les cadavres. Faisant passer les premiers en l'état des seconds en quelques dixièmes de secondes. Elle décimait un bataillon, comme ça. Une fine lame qui fait pleuvoir le sang. Et ils ne fuyaient pas, les fous. Ils défendaient leur honneur jusqu'à ce que le dernier rempart de leur fierté s'éclipse dans la nuit insondable.

Oui, la lune était belle cette nuit. Ses rayons donnaient dans l'harmonie chatoyante des couleurs telles que le rouge vif et le blanc. Belle ponctuation séparant les entrailles, les os et le sang qui gisaient par terre. Les flammes répercutaient sur son visage une expression totalement folle. Elle avait aimé ce carnage. Le bruit de ses pas torturait l'esprit du dernier homme debout, alors qu'elle se tournait vers les portes du château pour y pénétrer. Laissant ses empruntes dans le sang. Qu'est ce qu'elle faisait là? Pourquoi un tel massacre, sans un mot?

Un morceau de porte vola suite à un coup d'épée puis de pied. Il se releva. Empoigna son épée et tout en traînant des pieds, le Faucheur allait à la rencontre de sa destinée:


« Cette nuit, je vais t'offrir la plus belle danse que tu n'aies jamais connu. »


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MessageSujet: Re: Ceux qui courent après leur rêve   Lun 19 Sep - 16:53

Elle avait arpenté les couloirs tortueux de cet ancien palace jusqu'à trouvé une pièce plutôt confortable où se reposer. La jeune fille aux cheveux rouges n'avait pas choisit une chambre, non. Elle ne voulait pas du confort d'un lit délabré par le temps et les mites. Une salle vide comme il en avait tant suffirait largement. Maintenant adossée contre un mur, fourreau contre l'épaule, elle tentait sans succès de s'endormir. Les yeux fermés, mais les sens toujours en alerte. Oui, elle avait tué tout le monde. Toutefois, une sorte d'aura malsaine omniprésente faisait palpiter ses sens et crépiter son esprit des milles feu de l'enfer. Un vrai guerrier sait dormir tout en restant sur ses gardes. Mais comment dormir quand on a peur de ses propres rêves?

« Qui es-tu? »

Il avait été silencieux. Pourtant, ce qui était inaudible pour son oreille ne l'était pas pour son instinct. Elle l'avait ressentis sa présence avec une facilité déconcertante. Malgré tout le soin de cet inconnu pour la cacher, son âme résonnait, rebondissait sur tous les murs de l'édifice, tel un écho insondable.
Elle n'avait même pas ouvert les yeux. Tout simplement car il n'était pas dans le champs de vision. Sans doute adossé contre le mur, juste derrière l'entrée. La réponse apportée fut sous forme de cliquetis métalliques, le colosse au manteau rouge se présentant dans le cadre de la porte. A ce moment, seul ses yeux eurent la vivacité de s'ouvrir pour lui jeter un regard noir en coin. Non, elle n'analysait pas ce qui allait mourir sous peu. Ça se voyait que ce type aux long cheveux blanc n'avait aucun désir de combattre. Pourtant, quelque chose au fond d'elle lui disait qu'il allait le faire:

« Mon nom n'a pas d'importance. »

Il regardait avec un peu trop d'insistance la lame de la bretteuse. La Lame Fantôme. Ceci dit, la sienne n'était pas mal non plus. Elle se mêlait à cette présence qui dégageait. C'est ça, qui la rendait si forte. Une arme bien ouvragée, bien que trop disproportionnée pour elle.

Lentement, elle se levait tout en réinstallant son fourreau à son flanc. Si il fallait encore en découdre, elle était partante. Peu importe la raison.

Oh oui, elle avait déjà entendu parler de lui. Comme tout le monde. De là à savoir que cet homme en face était le Faucheur en personne, elle ne s'en doutait même pas. Qu'elle aurait aimé le savoir tout de suite, ça lui aurait donné la rage de combattre. La fureur de l'anéantir. Non pas pour le clamer ensuite sur les toits mais juste pour elle même; car tous le monde poursuit son rêve.

Oh non, il ne la connaissait pas. Comme tout le monde. De là à savoir qu'elle était une épéiste hors du commun? Il en avait eu un bel aperçu il y a peu. Qu'il aurait voulu ne pas en arriver là. Cela lui aurait épargné des souffrances futures. Mais le monde est ainsi fait. Non pas qu'il devait la tuer, mais son aura maléfique était un obstacle à son objectif de trouver la terre promise; car comme tous le monde, il poursuit son rêve.

Elle se plaça tout juste en face de cet empêcheur de tourner en rond, les yeux rivés dans les siens. Elle se fichait pas mal que ce n'était pas un homme ordinaire, pour avoir une telle carrure pour des yeux aussi doux. Dégainant sa lame sans aucun effet de style, sans aucune prestance, elle ne souhaitait que de se débarrasser de lui. Elle ne se mit même pas en garde, et bondit vers ce qui n'était ni plus ni moins qu'une proie facile. Il n'était pas armé, et dans ce si petit espace qu'était le cadre de porte elle ne pouvait frapper qu'en diagonale. Il ne se mouva même pas durant l'assaut, l'observant couvrir la maigre distance qui les séparaient.

La main de l'homme jaillit à une vitesse fulgurante jusqu'à la garde de l'épée assaillante. Sa force physique étant largement supérieur à celle de son agresseur, il la bloqua dans cette position sans problème. Pourtant, malgré sa supériorité apparente son visage restait placide. Aucune émotion, aucune envie de se battre. Pas une once d'animosité dans les yeux. Ça la dégoutait, elle avait la vitesse et la précision et seul un vrai combattant pouvait parer une attaque même aussi simple à main nue. Pourquoi brider un tel potentiel? Pour ainsi dire, elle n'en avait rien à foutre:

« Pourquoi te bats tu av... »

Du à la cheville dans ses valseuses, il ne termina pas sa phrase en réprimant une nuisance sonore typiquement masculine dans ce genre de situation. Se recroquevillant sur lui même, il ne lâcha pas pour autant l'arme de son adversaire. Mais sa prise affaiblit, elle n'eut qu'un mouvement de poignet finement joué à faire pour se libérer, ramenant son bras en arrière. Son regard s'assombrit légèrement alors qu'elle entamait une manœuvre d'empalement standard qui fut esquivé par une roulade sur le côté. Le type en rouge maintenant dans le couloir fit quelque pas en arrière, se concentrant sur ses objectifs pour oublier la douleur:

« Je vois, les mots sont les armes du faible. »

Se projetant via son pied d'appuis, il tenta d'assener à la jeune fille un coup de poing dans les cottes qu'elle contra avec le plat de sa lame, n'ayant eu qu'à rabattre ses bras sur son côté. Elle entendit le claquement du rétablissement d'un des pied du Faucheur au sol, et n'eut qu'un genoux à lever pour parer le coup de pied rotatif venu de son autre jambe. Tibia contre tibia, la balance ne penchait pas en sa faveur dans le domaine de la force brute. Mais elle savait gérer son poids plume et amortit l'impact en se décollant du sol de quelques centimètres, le choc la projetant littéralement en arrière. Son sens de l'équilibre lui permit tout de même de rester debout et de se réceptionner sur ses pieds en glissant un mètre derrière.
D'accord, elle l'avait peut-être un peu sous-estimé. Mais il était hors de question de prendre des gants avec ce type. Il était doué, mais elle aussi. Autre mœurs, autre technique. Elle se mit en garde, attendant le prochain assaut. Ses coups étaient trop gentils, il allait en payer le prix.
Se jetant sur après une courte course, s'étant un peu déporté sur la gauche pour lui coller une une bonne mandale de la main du même côté et prévoyant ainsi de pouvoir parer avec l'autre en cas de besoin il s'étala simplement sur le ventre un peu plus loin avec un simple croche pied.
Il roula sur lui même, esquivant ainsi une lame qui lui aurait plongé dans le cou si il n'avait pas bougé. Faisant un mouliner par le haut, la bretteuse racla son épée au sol vers son adversaire qui évita le coup en lançant ses jambes en arrière et se propulsant de ses bras, se remit debout après une petite pirouette. Elle continua son mouvement en tournant sur elle même, attaquant horizontalement. Alors qu'il allait poser ses doigts sur le dessous de la lame pour la dévier par le haut, elle retrancha ses bras en arrière à une vitesse inhumaine pour revenir sur une attaque frontale et directe.

Il n'était pas concentré, et ses yeux s'écarquillèrent alors que le sang lui embourbait la bouche de sorte à ce qu'il ne put se retenir de le laisser couler aux commissures de ses lèvres. Quelque chose de long, froid et particulièrement désagréable traversait son corps au niveau de l'abdomen. Il ne regardait pas la blessure mais la rousse, qui elle souriait. Lentement, elle glissa sa lame hors du corps. Le bruit de la chair fendue deux fois s'évanouit dans la nuit avec le son d'un corps tombant au sol, genoux avant tout le reste.
D'un geste vif, elle envoya le sang qui salissait sa lame au sol avant de la ranger dans son fourreau:

« C'est toi qui était faible. »

Elle se retourna, et se dirigea vers la porte. Non pas que la vue d'un cadavre l'empêcherait de dormir. Elle était habitué à la mort, et tout particulièrement à l'infliger. Juste qu'un adversaire si peu valeureux ne méritait pas sa proximité. Elle ne voulait pas non plus entendre son agonie. Elle préférait le laisser mariner dans son propre sang et se remémorer toutes ses erreurs avant sa mort qui ne se ferait pas attendre longtemps.



La fille aux cheveux rouges s'arrêta nette. L'ambiance avait changée. Ce n'était pas simplement la pièce qui était différente, quelque chose couvrait l'aura maléfique qui émanait du lieu. Une présence qui n'était que l'égo sur dimensionné de la puissance elle même. Quelque chose de froid, de tellement gelé qu'un frisson lui parcourait l'échine alors qu'elle se retournait vers celui dont émanait maintenant une aura de chaos pure. Son épée? Non, elle ne distinguait même plus ce que l'arme dégageait. L'aura de ce type au manteau rouge supplantait tout. Ses yeux se posèrent sur une silhouette se relevant lentement dans le noir, seulement éclairé des rayons lunaires filtrant à travers l'unique vitre de la pièce. Il émanait de tout son corps une sorte de fumée compacte noir et violette, si abondante que l'on aurait dit qu'il était dans une gigantesque flamme. Il avait un genoux à terre, et relevait tout doucement la tête vers elle. Et elle aperçu ses yeux.

Ses yeux brillaient d'une lueur toute nouvelle. Ce n'était plus un homme, c'était un monstre. Une volonté de combattre? Tu parles. Une envie de meurtre, de sang et violence dans son état le plus malsain. Elle venait de rencontre la bête. Ce que le monde à engendré de pire: Le Bras Armé de La Déesse elle même, Le Faucheur.

Ce ne fut pas la peur. Ce fut l'excitation.

Elle tirait une nouvelle fois sa lame en se léchant machinalement la lèvre inférieure. Lui qui était maintenant debout, posa sa main sur le long pommeau de son épée géante et la libéra de ses sangles magnétiques. Il la fixait sans vaciller, le visage mauvais. Il se pencha de quelques centimètres en avant, fonçant sur elle bras tendu et lame vers le bas. Il fit tourner son bras, créant un puissant mouliner avec sa lame et posant sa deuxième main pour augmenter la puissance du coup au moment où la lame se mit à racler sol dans une gerbe d'étincelle qui marquerait le dallage à jamais. Elle du parer le coup avec ses deux mains, dont une sur la lame. Une demi-seconde durant, elle put rester en place. Le temps que ses yeux reflétant le pire regarde de psychopathe qu'elle n'ai jamais vue se pose profondément dans les siens. Puis elle décolla, défonçant la porte d'en face pour finir par s'écraser lourdement sur le sol un peu plus loin.

Une telle aura. Ça ne pouvait être que cet homme là. Cet idiot sans volonté, c'était finalement bel et bien celui que l'on caractérise comme une légende. Un cataclysme humain, le Faucheur. Un manteau rouge, une expression monstrueuse et une épée géante... Ce n'était pas un mythe populaire, mais demain, si.
Vu le dernier mouvement, il allait falloir jouer sur l'esquive. Elle se relevait assez facilement, elle en avait vu d'autre. Il marchait déjà lentement vers elle, arme au poing. Porter un tel bout de métal à une seule main relatait que le combat allait être magnifique. Il ne dominerait pas le combat longtemps. Elle avait été surprise, mais ça ne marche qu'une fois. Car son regard à elle n'était pas psychotique, il était tout simplement meurtrier.

Si deux monstres devaient se battre, alors ce seraient ceux là.

Elle se préparait à attaquer.

« Trop lente. »

La rousse du lever sa lame en l'air pour parer le coup venant du haut. Puis le deuxième, la faisant se recroqueviller sur elle même à chaque impact. Il était devenu beaucoup plus rapide, et elle ne s'y était pas attendue. Il frappait comme une brute, mais elle arrivait encore à contenir en y mettant toute sa force.
Puis quelque chose trembla sous ses pieds. Elle baissa les yeux pour voir de multiples fissures s'agrandir à chaque impact, c'est ça qu'il visait en réalité? Elle n'eut le temps que de relever les yeux pour voir le dernier coup s'abattre avant que le sol ne se dérobe sous ses pieds. La chute fut inévitable, et sentant le vide tout autour d'elle, elle gardait pourtant son calme en se voyant s'éloigner de cette bête monstrueuse. Au fond, ils étaient pareils. Elle allait donc le tuer. L'éventrer, le massacrer, le réduire en poussière. Il allait la forcer à libérer son plein potentiel, et elle allait s'en donner à cœur joie. Elle tombait dans le noir, et pointa du doigt ce démon rouge qu'elle distinguait encore dans la maigre lumière:

« Demain matin, le peuple célébrera la mort de la pire des calamités. »

Et avant de disparaître dans le néant, elle le vit sourire. Alors, les valves de son adrénaline se mirent alors à couler à flot dans tout ses membres.


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