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 La gentillesse est une source de problèmes.

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Kerorian
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MessageSujet: La gentillesse est une source de problèmes.   Dim 20 Mar - 15:55

Chapitre I : Une bonne décision :[/center]


Kerorian mangeait en compagnie d'un marchand ambulant à Daien, il l'avait rencontré quelques jours plutôt, suppliant le premier venu de l'aider...Le premier venu ce fut lui, qui bien entendu lui porta secours. Le pauvre homme était menacé par des brigands qui comptait sur leur ridicule nombre de six pour intimider leurs victimes, et lorsque le Rôdeur était allé les combattre, Mon Dieu qu'il s'était ennuyé, ces pauvres voleurs n'avaient pas reçu la moindre éducation martiale, tactique, ou tout simplement de bon sens : Ces imbéciles avaient opposés leurs minables couteaux contre Zwei, l'épée qui était autrefois une grande arme à deux mains, mais qui après un violent combat avait été brisée, avant d'être reforgée quelques temps plus tard.
Après être passée de "épée géante", car bien plus longue que les épées à deux mains habituelles, à "épée bâtarde", elle avait perdu pas mal de puissance, en revanche, en réduisant de taille, elle avait gagné en vitesse, et même si elle était plus faible qu'avant, cette vielle lame restait bien plus forte que la plupart des armes dans son genre du fait qu'elle était malgré tout assez grande, et surtout beaucoup épaisse et large que la normale, donc plus lourde...

Et maintenant que les problème étaient résolus, le marchand tenait à remercier son sauveur qui refusa catégoriquement tout paiement, mais finit par céder lorsque son débiteur lui proposa quelques marchandises en échange de ses services. Le guerrier aux cheveux rouges se contenta d'emporter des vivres, et alors qu'il s'apprêtait à partir, le vieil homme le retint, insistant pour qu'il mange un morceau avec lui avant de s'en aller...


"Elle est impressionnante votre épée."

Mâchant un bon morceau de viande un peu coriace, le guerrier préféra ne pas parler par politesse, mais désigna du pouce avec un regard interrogateur la Dragonslayer, cette gigantesque épée qu'il avait récupéré après son combat contre Stanpar, un véritable géant qui avait manqué de le tuer, et qui aurait réussi si on ne l'avait pas soigné quotidiennement après la bataille. Le marchant hocha la tête :

"Oui, j'en avais jamais vu des pareilles...Elle doit être sacrément lourde non ? Moi j'arriverais même à tenir debout avec un truc aussi énorme sur les épaules."

Continuant à mastiquer, le Rôdeur haussa simplement les épaules en soupirant un peu...Il réfléchit à cette phrase :

*Ah, ça...Pour être lourde, elle est lourde...Si seulement ça ne pouvait être que pour mes muscles...*

*Non mais ho ! Dis tout de suite que je suis un emmerdeur tant qu'on y est !*

*T'es un emmerdeur...Et je croyais t'avoir dis d'arrêter de lire dans mes pensées !*

Kerorian repartit à nouveau dans une "discussion" plutôt...violente...avec son épée, avant que le marchand, après cinq tentatives, réussisse à le ramener sur terre :

"Kerorian ? Tout va bien ?"

Ayant fini de manger, le Rôdeur put enfin répondre clairement sans être impoli, car ça ne se fait pas de parler en mangeant :

"Oui, j'étais plongé dans mes pensées..."

"Vous allez faire quoi maintenant ? Visiter Daien ? Ou vous diriger vers Criméa ?"

L'homme aux yeux écarlates resta silencieux, réfléchissant, il ne se préoccupait jamais de sa destination, ni de ce qu'il allait faire le lendemain, sans doute il allait encore une nouvelle fois chercher des plantes inconnues ou des espèces animales pas encore recensées...Mais alors qu'il prenait une inspiration pour répondre, son arme maléfique intervint :

*Trouves-toi une nana et tape la toi tous les jours. Ça te fera du bien et à elle aussi...*

*Dragonslayer ?*

*Ouais ?*

*Tu veux bien fermer ta gueule ? Si tu étais un Beorc, je t'arracherais les parties intimes à la tenaille avant de te les faire manger !*

*Ça va, ça va...Calmos le stressé ! Nan mais, plus sérieusement, tu devrais aller t'entraîner...*

Kerorian écarquilla les yeux en réalisant que c'était, pour une fois, une bonne idée ! Il reprit conscience de la réalité devant un marchand qui le regardait d'un air hésitant :

"Kerorian ? Ça va ?"

"Ouais, juste une petite absence désolé...Je pense que je vais aller m'entraîner un peu."

"Ah, évidemment...On dit que les guerriers sont dans une éternelle quête de puissance, je suppose que c'est vrai pour vous aussi. Hé bien, bonne chance alors ! Et merci encore pour votre aide."

"Je vous en prie."

Ils se serrèrent la main, puis repartirent chacun de leur coté, le marchand vers les zones "civilisées" pour pouvoir échanger ses produits, alors que le Rôdeur lui, s'en allait plutôt vers les montagnes, visant particulièrement une qui semblait plutôt ardue à habiter, comme ça il aurait la paix durant ses exercices physiques...

Kerorian mit trois jours à atteindre enfin son objectif...Ou plutôt : D'atteindre partiellement son objectif, car il se trouvait au pied d'une falaise assez haute, trop à son goût vu son équipement. Mais malgré tout, c'était soit risquer sa vie en grimpant ce mur naturel, qui de semblait avoir d'excellentes prises, soit faire le détour et perdre ainsi au moins deux semaines pour rejoindre le même point qu'en escaladant...
Mais la nuit commençait à tomber, et il avait besoin de récupérer de son voyage. Pour faire ce qu'il comptait faire, il fallait disposer de toutes ses forces, sinon il y a un fort risque que sa vie soit brutalement abrégée...Posant tout simplement son épée à terre avant de manger un morceau et et de s'allonger au sol, le Rôdeur commença à dormir.



Chapitre II : Un nouvel ami :


Dès l'aube, Kerorian se leva avant de commencer immédiatement à s'étirer, puis s'échauffer un peu avant d'avaler un bon morceau de viande séchée, de récupérer son épée, et avec toute la volonté, ou la folie, qu'il avait, entreprit de gravir la haute falaise qui se dressait devant lui...
Mais à peine eut-il fait dix mètres à la presque vertical, le mur rocheux étant légèrement penché dans un sens l'arrangeant tout à fait, que son épée recommença à le gonfler, qu'est ce que sa vie était tranquille avant qu'il ne la récupère...


*Ho Kerorian ! Tu ferais ptet mieux de faire le tour non ? Doué comme t'es, tu arriverais à te casser la gueule et finir en bouillie écrabouillé par terre ! Ça me ferait chier moi ! J'serais condamné à attendre qu'un blaireau assez fort passe dans ce coin paumé pour m'emmener à nouveau vers les batailles !*

*Si tu la fermais, je pourrais peut être me concentrer et éviter de tomber justement ! Alors ta gueule ! Et laisse moi grimper tranquillement sinon je te jette dans la rivière et tu pourras plus jamais te battre !*

Cette argument, pour la plus grande satisfaction du Rôdeur, sembla avoir l'effet escompté par le Démon habitant l'épée démesurée qu'il portait sur son dos, cessa enfin de l'importuner, lui permettant ainsi de progresser plus facilement sur la falaise, et tout bénéfice à l'escalade était bon à prendre car : Quand on à une épée qui fait plus de la moitié de son propre poids, plus des gants et des bottes particulièrement lourds, hé ben c'est pas simple de gravir un mur de roche, peu importe qu'il ait de bonne prises ou non, c'est pas facile...

En plus, certains rocs n'étaient pas très solides et cédaient bien souvent sous la grande masse du grimpeur, qui n'aimait "pas vraiment" ces "petits" moments de frayeur...Malgré tout, il réussit à tenir bon ! Ces dernières années passées à manier la Zweihänder avaient eu une bonne conséquence : Ses doigts s'étaient grandement renforcés, et ça ! C'était pratique pour l'escalade.

Kerorian mit plusieurs heures, qui lui semblèrent interminables, entrecoupées de quelques pauses lorsqu'il trouvait un "creux" de roche pour reprendre des forces, pour atteindre enfin le haut de la falaise, se traînant difficilement sur le sol enfin plat sur plusieurs pas pour se mettre loin du rebord, puis s'affaler sur le dos pour se reposer, il était complétement claqué, en plus s'était bientôt le crépuscule, ce qui arracha une remarque à un Rôdeur complétement vidé de son énergie :


"Tiens ? Je commence après le levé du jour et termine avant la tombée de la nuit...J'suis pas un rapide dis donc..."

*Je dirais même plus : Tu n'es pas une flèche !*

"Et toi t'es pas rond mais t'es quand même un boulet..."

Pour son plus grand bonheur, le guerrier aux yeux écarlates s'endormit juste après, lui évitant ainsi l'agression mentale de sa "chère" épée et se reposant d'un sommeil bien mérité, car demain il étudierait les lieux, en délimitera les zones "dangereuses" ou non, s'intéressera à la flore, et si possible, à la faune locale, puis commencera son entraînement une fois tout ça réglé...Ce qui prendra une bonne première journée, laissant ainsi le temps à ses muscles de récupérer de l'effort qu'il venait de faire.

Deux jours plus tard, comme prévu, Kerorian se leva à l'aube, repensant vaguement à ce qu'il avait appris la veille :
Il était sur un grand plateau, suffisamment grand pour mettre près d'une demi-heure de marche pour passer d'un rebord de falaise à un autre. Le relief n'était pas trop marqué sur cette zone, il y avait bien quelques surélévation ici ou là, mais rien de bien critique. La végétation, bien que présente, n'était pas non plus très abondante. Aux dernières nouvelles, les plantes n'avaient rien de passionnant par ici et les animaux locaux n'étaient pas dangereux.
Ainsi, ce lieu était propice à un entraînement solitaire, et qui plus est, dénué de Beorcs, ce qui n'était pas pour déplaire au Rôdeur qui haïssait la foule.

Sauf que quelqu'un avait déjà eu la même idée que lui...Lorsque le guerrier aux cheveux rouges arriva sur le lieu qui lui avait paru le plus vaste, il y avait là un jeune homme, pas plus de vingt-ans sans doute, un peu plus petit que la moyenne, une carrure très fine, pour un peu Kerorian aurait cru que c'était une femme, si l'inconnu n'avait pas eu les cheveux assez courts et bruns, n'atteignant même pas les épaules pour les plus longs, et si il avait eu du volume à certains endroits, alors le Rôdeur aurait pu confondre...
L'efféminé écarquilla de grands yeux surpris en voyant un homme faisant deux têtes de plus que lui débarquer en plein dans cet endroit paumé :


"Qui...Qui êtes vous ?"

"Zut...Il y a déjà quelqu'un...Tant pis..."

Au début tendu, l'inconnu fut surpris de voir ce "géant", armé en plus, faire demi-tour en soupirant. Il n'était pas agressif, ne semblait pas chercher querelle et paraissait au contraire ne désirer qu'un peu de tranquillité. Réalisant qu'il s'en allait, le "petit" homme l'interpella :

"Ah...Attendez ! J'étais simplement venu m'entraîner un peu, je ne vais pas vous déranger."

Kerorian se retourna à nouveau pour lui faire face, levant un sourcil :

"Ma présence ne vous dérange pas ?"

Le jeune homme lui fit un grand sourire en secouant la tête sur le coté, avant de lui tendre la main, visiblement, c'était quelqu'un de très vivant, joyeux, un brin insouciant peut être...

"Pas le moins du monde ! Au contraire ! On s'entraîne mieux quand on est deux non ? Au faite, je m'appelle Héras Kahill !"

Le Roux haussa un nouveau un sourcil, puis serra la main que lui tendait le prénommé Héras avant de répondre vaguement :

"Certes...Je suis Kerorian Daeroth."

"Enchanté Kerorian ! Dites, j'espère que vous savez vous battre à main nue ? Car j'étais venu pour m'entraîner pour ça à la base..."

L'homme aux cheveux rouges hocha la tête, gardant son visage peu expressif habituel, pas d'émotions mais pas non plus d'agression.

"Oui...Voulez-vous une démonstration ?"

Héras haussa un sourcil d'un air de défi, avant de se mettre en garde, bras et jambe gauches en avant, position moyenne, le bras droit près du torse, la main devant la gorge, touchant presque son menton alors que la gauche était devant le plexus solaire, un léger sourire provocant au lèvres.
Apparemment, la réponse était oui.
Kerorian se mit à son tour en position de combat, avec une posture très large, la main gauche en avant, à hauteur de menton alors que le poing droit était à la hanche, prêt à frapper.


"Tiens ? Votre posture me rappelle celle de quelqu'un que je connais...Technique classique hein ?"

"Classique, je ne sais pas. Mais tant que ça marche..."

Sans attendre un instant, le Rôdeur s'élança sur son adversaire pour lui envoyer un puissant coup de poing direct que sa cible esquiva par un mouvement stupéfiant, tellement surprenant que le roux eut juste le temps d'écarquiller les yeux avant de prendre un coup de pied circulaire en pleine mâchoire, puis se recula un peu en tentant de comprendre ce qui s'était passé en reprenant sa garde :
Le Roux tenta juste après un grand coup circulaire avec sa jambe, et là il pu voir clairement la technique de son opposant qui s'enroula d'une façon bizarre sur sa jambe en s'en servant comme point d'appui pour tourner et l'atteindre à nouveau en pleine tête, avant de reculer pour se remettre en position.

Kerorian comprit alors trois choses : Ce Héras avait une technique basée sur une très grande agilité qui lui permettait de se servir des coups de l'ennemi pour s'appuyer dessus et attaquer son adversaire, d'après ses réflexions, ce genre de style n'était utilisable que contre des gens physiquement plus grands et plus forts que soit...Malheureusement pour lui, c'était son cas.
Deuxièmement, si sa carrure avantageait son opposant, il pourrait en revanche l'écraser rapidement si il parvenait à le toucher de plein fouet.
Et troisièmement, et très intéressant pour lui : il était assez solide, et son adversaire manquait cruellement de punch ! Même après deux coups à la tête, il y voyait parfaitement bien et n'était même pas sonné, preuve que celui qu'il affrontait avait peut être une technique incroyable, mais que sa force ne valait pas grand chose...

mais le Rôdeur ne se laissa pas démonter ! Levant presque verticalement la jambe après avoir fait un pas en avant, il l'abattit avec violence sur son adversaire qui plaqua ses deux avant-bras contre le membre agresseur, avant d'envoyer ses deux pieds vers son opposant, décrivant une sorte d'arc de cercle et frappa durement le menton du guerrier aux yeux écarlates qui reposa sa lourde botte en arrière pour rétablir son équilibre, secouant un peu la tête en reprenant sa position de combat :


"Elle est intéressante ta technique...Comment s'appelle t-elle ?"

"Beigunschneider Kunst, mais toi aussi tu es impressionnant, autant par tes mouvements que par ta résistance, tu viens de quel art précisément ?"

"Kansheirai-do, je ne suis pas particulièrement solide, c'est toi qui es trop léger."

"Tu plaisantes ? Après trois coups en pleine tête, ceux que j'ai affronté avant toi commençaient à chanceler, toi tu bouges même pas ! Un vrai bloc de granit ! C'est même pas drôle de te taper, j'ai l'impression de frapper un mur."

"Et moi j'ai l'impression de frapper de l'eau ! Disons que nous sommes quittes !"

Les deux combattants quittèrent leur pose de combat, et se serrèrent la main, la situation était assez figée de toute façon :
Kerorian ne pouvait pas atteindre son adversaire, trop rapide, trop agile, pour que ses attaques lentes ne le touchent, cependant Héras était dans la situation contraire, le Rôdeur ne parviendrait jamais à le frapper ou à l'esquiver, en revanche il était beaucoup trop robuste pour la carrure de plume du léger...
Mais il savait très bien qu'il ne pourrait pas encaisser éternellement des coups au visage en permanence, si le combat avait continué, il l'aurait perdu. Le Roux n'avait pas utilisé toute sa force, mais il savait cependant que son adversaire non plus...

Mais pour aujourd'hui, le combat n'était plus de mise, et le "grand" alla tout simplement plus loin, avant de s'allonger au sol et de prendre son épée pour travailler différents exercices physiques. Il ne se rappelait plus qui le lui avait dit, peut être son maître ? Bref, on lui avait raconté que certains mouvements avec un poids lourds permettaient de développer les muscles, et c'était ce qu'il avait envie d'essayer...

Mais le lendemain, Héras était toujours là, et lui avait demandé de se battre à nouveau. Après quelques réflexions, Kerorian finit par accepter, et c'est ainsi que le guerrier mit au point son programme d'entraînement :
Un jour sur deux, il ne faisait que travailler certains muscles en répétant toujours le même mouvements en utilisant son épée comme lest, changeant d'exercice tout les deux jours.
Le deuxième jour sur deux, il se reposait toute la matinée, puis après avoir mangé, attendait une petite heure et se battait avec son nouvel ami jusqu'au crépuscule, puis se nourrissait à nouveau.
Il terminait toutes ses journées par des étirements et des assouplissements pour éviter d'être aussi raide qu'un piquet à force...



Chapitre III : Nouvelle mission :


Cela faisait maintenant plusieurs mois que Kerorian vivait sur ce rythme, et son physique s'en trouva changé : Il avait pris un peu d'épaisseur au niveau des muscles, ce n'était pas encore une montagne, mais sa masse avait tout de même pas mal évoluée en fin de compte, tout comme sa force, et sa résistance à force de se battre avec Héras.
Aujourd'hui, après un énième combat, ils décidèrent de prendre un peu de repos pour une fois, et de discuter un peu, chacun ayant une annonce à faire :

"Hé Kerorian, tu l'as trouvée où cette énorme épée au faite ? La dernière tu avais répondu "je préfère ne pas en parler", mais maintenant ?"

Le "grand" soupira légèrement, il abhorrait particulièrement parler du jour où il avait "hérité" de la Dragonslayer, autant car il n'aimait pas parler de son passé que parce ce fut un jour atroce pour lui...Mais cette fois il s'y résigna :

"Je l'ai récupérée contre mon ennemi après un dur combat..."

"Ah...C'était qui ? J'en ais peut être entendu parler ?"

"...Stanpar..."

Le poids plume se renfrogna soudain, fronçant les sourcils, comme si il y avait un problème alors qu'il scrutait attentivement le moindre détail du Roux, avant de reprendre son air habituel :

"Connais pas ! Ah au faite, comment on appelle un pratiquant de ton art ?"

Le Rôdeur écarquilla légèrement les yeux, n'en sachant absolument rien :

"Je ne sais pas...Je n'y ai jamais réfléchi...Sans doute un Kansheiraika...Et toi ?"

"Hmm...J'suis pas sûr, mais je crois qu'on nous nommes des Kunstler."

Ils restèrent ensuite là, assis par terre, regardant tout simplement le ciel en échangeant des banalités durant quelques temps, puis le "petit" finit par se lever, s'époussetant un peu, et sans rien dire, alla rassembler ses affaires...
Une fois ceci fait, le brun repassa devant son ami qui s'était à son tour levé, et à son grand étonnement était lui aussi prêt ! Mais c'est vrai que lui ne s'encombrait de rien de plus que ce qu'il portait déjà...Après tout, vu la taille de son épée, mieux valait ne pas se charger de trop.


"Bon...Je dois y aller moi, on m'attend, je peux pas les faire attendre...C'était sympa ces derniers mois !"

Il tendit une main avec son sourire habituel au Rôdeur qui la lui serra avec un léger étirement des lèvres, sans doute un sourire aussi.

"En effet...Moi aussi je dois y aller, à rester trop longtemps au même endroit, on finit par s'ennuyer."

Les deux combattants se séparèrent, se saluant d'un geste de paume, puis chacun reprit son chemin : Héras par toute logique, emprunta un sentier situé plus loin alors que Kerorian, presque suicidairement, choisit de prendre la même route qu'à l'aller, c'est à dire la grande falaise par laquelle il était arrivé...Bien entendu, son épée ne se priva pas de lui dire ce qu'elle en pensait :

*Mais t'es con ou quoi ? T'arrivera jamais à redescendre ! T'es trop lourd, et en plus t'y verras rien dans ce sens là."

Le guerrier aux cheveux rouges soupira légèrement, avant de ricaner brièvement :

*Dragonslayer ?*

*Ouais ?*

*Bon voyage.*

Avec un léger sourire, il décrocha son imposante arme de son dos et s'approcha du rebord, la portant sur ses deux paumes, au dessus de sa tête, et ça, ça fit paniquer légèrement le démon de l'épée :

*Euuuhh...Tu comptes quand même pas..?*

*Baaahhh...Si !*

Kerorian balança tout simplement sa lame dans le vide, laquelle fila à toute vitesse vers le sol alors que l'esprit maléfique piégé à l'intérieur débitait un flot hallucinant d'injures diverses, variées, et assez poli pour en choquer un vieux militaire alcoolique. Mais le Rôdeur, avec un immense sourire aux lèvres, se contenta de l'ignorer totalement et de se concentrer sur sa descente en entamant la désescalade de la paroi.

Après quelques heures, il finit enfin par remettre pied à terre, et chercha immédiatement son arme qui s'était enfin tut. Mais ne vit absolument rien, il commença à s'inquiéter : Personne ne passe par ici et encore moins de monde voudrait de cette espèce d'enclume, et pourtant quelqu'un l'aurait pris ? C'est pas possible ! Il se mit à l'appeler, et par chance, ou malchance ? , elle lui répondit :


*Devant toi connard...Mais non ! Devant ! Voila, à droite maintenant, non ! L'autre droite ! Oui ! Et maintenant en dessous !*

*Quoi ? En dessous ?*

Baissant les yeux, le Rôdeur se rendit compte que son épée, extrêmement lourde et lancée de très haut, s'était littéralement enfoncée dans le sol, sur près d'un pas de profondeur, et qu'en plus il était en train de marcher dessus ! Il se retourna et plaqua une main contre sa bouche pour essayer de ne pas éclater de rire.

*Te marres pas enfoiré ! C'est à cause de toi que je suis là ! Alors bouge toi de m'en sortir !*

Réussissant tant bien que mal à ne pas succomber à son hilarité, Kerorian alla tenter de récupérer la lame géante, mais fut rapidement obligé de creuser un peu pour pouvoir la déterrer et la remettre sur son dos avant d'entamer une longue route vers la ville la plus proche, qui se trouva être une cité banale du pays :
Ni grande, ni petite, rien de spécial mais pas trop ennuyante malgré tout, des bâtiments normaux, pas de vrais soucis, ni de paix totale...

Pourtant, lorsque le Rôdeur arriva dans la place centrale, voulant s'acheter quelques vivres, il y avait, à son grand désarroi, beaucoup plus de monde que prévu...Que ce passait-il encore ? La dernière fois qu'il avait vécu ça, il avait failli perdre la vie et y avait laissé son épée, et pour un peu, aurait aussi perdu un bras...Bref, c'était une autre histoire. Il commença à faire demi-tour :


"S'il vous plaît ! Ma fille est en danger ! Je vous payerais généreusement si vous me la ramenez saine et sauve ! Je vous en prie !"

Le Guerrier Écarlate s'arrêta, il connaissait cette voix ! Il se retourna et se fraya un chemin dans le foule, et lorsque l'homme au milieu de la populace aperçut cette crinière rouge, il la reconnut immédiatement et se précipita à sa rencontre, et serra la grande main du combattant pour le supplier une nouvelle fois :

"Kerorian ! Je vous en prie ! Aidez-moi ! Une nouvelle fois je vous en conjure, sauvez ma fille !"

Il dégagea sa main et tenta de calmer le vieil homme en parlant simplement :

"Du calme Alfred ! Que s'est-il passé ? Non...Allons en parler plus loin voulez-vous ?"

"Ou...Oui ! Merci, suivez-moi, je suis déjà parvenu à recruter quelques mercenaires, que vous fassiez connaissance ne devrait pas être mauvais..."

Le Rôdeur suivit le civil complétement paniqué jusqu'à une sorte de petit campement, situé à dix minutes même pas de la ville. Mais lorsqu'ils arrivèrent, une grande tension se créa immédiatement entre le Roux et les trois guerriers qui étaient là :
Le premier était assez petit, mais trapu, presque chauve, ne semblait pas avoir d'arme et ne portait pas d'armure. Il n'avait absolument pas l'allure d'un combattant...
Le second s'était levé à sa présence, légèrement moins grand que Kerorian, équipé d'une simple tenue de cuir, sans cape mais avec des gants et une tunique sans manches, il avait l'air très fort et possédait une hache assez impressionnante...
Le troisième surpris grandement le Roux, car il s'agissait d'une femme ! Habillée de vêtements assez amples sans traîner pour autant, entièrement noirs, une voleuse ? Ses yeux aussi sombres que ses longs cheveux s'accordaient parfaitement avec sa tenue.

Maintenant qu'ils étaient tous rassemblé, Alfred, un homme ayant approchant bientôt de la cinquantaine, prit la parole, d'un ton nerveux, accompagnant ses mots de quelques gestes saccadés, hésitants, paniqués...


"M..merci à vous d'être venus ! J'ai...Ma...ma fille à été enlevée ! J'ai besoin de votre aide ! Je vous en prie, aidez-moi !"

L'espèce de barbare à la hache croisa les bras et regarda fixement d'un air hostile l'homme aux cheveux rouges qui était à peu près dans la même position mais qui lui, ne le scrutait que du coin de l'œil en se demandant pourquoi il le fixait ainsi, le petit gros resta assis, et la femme se leva, prenant une pose similaire à celle des deux grands avant d'interroger le commanditaire :

"je veux des détails : Qui l'a enlevé ? Pourquoi ? Que demandent-ils en échange ?"

"Je...Je ne sais pas, je les ais juste vu la capturer...On travaillait dans les champs, quand ils sont arrivés, et avant que j'arrive à la rejoindre, elle avait été emmenée..."

Ils semblèrent tous réfléchir, la femme en fermant les yeux, Kerorian en regardant le ciel, le "bûcheron" en regardant toujours aussi hargneusement le guerrier un peu plus loin, et le dernier paraissait s'en moquer royalement...Puis celle qui fut identifié comme un voleuse prit la parole une nouvelle fois :

"Quelle sera la récompense ? Je ne travaille pas pour rien moi..."

"Je ne sais pas encore...Mais votre prix sera le mien ! Peu importe ce que je devrais faire, je suis prêt à tout pour sauver ma fille !"

Le mec à la hache cracha soudain par terre en jurant et détourna enfin ses yeux du guerrier aux cheveux rouges pour regarder le vieil homme :

"Peuh ! La seule chose que tu as été capable de faire c'est d'engager des mercenaires ! Ce n'est pas toi qui va la sauver, c'est nous ! Et saches que l'argent ne m'intéresse pas...Si tu veux que je la sauve, il faudra que ce soit elle qui me paye ! Mais avec son corps, c'est bien clair ?"

La femme en noir soupira, avant de secouer doucement la tête en posant les mains sur ses hanches :

"Je doute qu'un homme qui pense avec ses c..parties intimes...puisse nous être d'une grande utilité, si tu n'es pas content, casse toi."

Le barbare s'énerva largement, et commença à insulter copieusement la dame de nombreux noms très impolis alors qu'elle les lui rendait bien, puis ils commencèrent à préparer leurs armes, prêts à en venir aux mains, quand Kerorian s'interposa entre les deux, posant une main sur une épaule à chacun et les tenant à bout de bras :

"Ça suffit ! Nous ne sommes pas ici pour nous battre entre nous, alors calmez vous !"

Le Combattant le saisit par le col et s'approcha un peu de lui, le regardant avec un air de dément, la veine à sa tempe gonflait légèrement :

"Qu'est-ce que t'as poil de carotte ? T'es pas content ?"

Le Rôdeur l'attrapa des deux mains par la tunique, et le souleva de terre, l'homme, surpris, commença à lui tenir les bras et ses pieds gigotèrent dans le vide, être arraché ainsi du sol le faisait un peu paniquer par simple réflexe :

"Tu ferais mieux de retourner dans ta forêt le bûcheron, laisse la guerre aux guerriers et occupe toi de couper des rondins."

Furieux, le "décollé" lui envoya un grand coup de genou en plein dans le menton, se qui fit lâcher prise à son "bourreau", puis une fois à terre, lui envoya un coup de poing direct droit dans la tête, mais ne rencontra que la paume du vagabond écarlate, qui s'était protégé avant de lui envoya un uppercut dans la mâchoire en le faisant tomber au sol sous le choc. Il se frotta un peu sous les dents, regardant d'un air maintenant hautain son adversaire légèrement sonné, avant de se tourner vers leur commanditaire :

"Les problèmes sont maintenant réglés...Alfred ! Par où sont-ils partis ? Est-ce qu'ils sont encore à Daien ?"

"Euh...Ou...Oui, je crois. D'après leurs traces, ils sont partis vers une sorte de forêt où ils auraient trouvé refuge."

"Ça ne nous avance pas beaucoup ! Comment on peut les combattre si on ne sait rien sur eux ?"

Soudainement, surprenant tout le monde qui en avait même oublié sa présence tant il s'était effacé, et aussi parce qu'il était pas bien grand, alors assis...Bref, le petit chauve trapu se leva soudainement en lâchant subitement :

"Ils sont à deux semaines de marche d'ici, à découvert, ils ont bâti quelques bâtiments dont ils se servent comme d'un fort...Ils sont une cinquantaine, menés par une espèce de colosse avec une énorme armure complète et d'une sorte d'énorme hache, presque aussi démesurée que lui. On y arrivera jamais à quatre !"

Tous le regardèrent, d'un air surpris, se demandant comment il savait tout ça, sauf Kerorian qui tremblait légèrement en serrant les poings, un air mêlé de peur et de rage se lisait peu à peu sur son visage alors qu'il semblait de plus en plus absent...
Le reste de la conversation dévoila que le petit bonhomme était en faite un mage noir, spécialisé dans les sorts de Longue Vision, et qui avait usé de ses pouvoirs pour repérer leurs ennemis...
Mais le Rôdeur n'en entendit rien, la description que le sorcier avait fait du chef des bandits lui avait tristement rappelé Stanpar, ce terrible monstre qui avait manqué de le tuer. Mais un mot parvint enfin à ses oreilles, puis un autre :


"...Orian...Erorian...Kerorian !"

"Hein ? Quoi ?"

"Vous sembliez absent...Tout va bien ?"

"Oui...Ça va, j'ai...Je me suis rappelé quelque chose c'est tout..."

"T'avais l'air presque balèze...Mais si t'as une absence pareille en plein combat, tu feras pas long feu Rouquin."

Une brève discussion s'entama, elle s'annonçait très longue mais le Rôdeur y coupa court, et finalement il fut décidé qu'ils prendraient des provisions et se mettraient en route jusqu'au prochain village, il y en avait un pas très loin du "camp" ennemi, ils s'y reposeraient et essayeraient à nouveau de recruter des gens avant de lancer l'assaut, complétement fou selon eux mais bon...

Le voyage fut particulièrement éprouvant psychologiquement, Brycs, surnommé le "Bûcheron", ne cessait de chercher querelles auprès de Kerorian, ou de son nouveau nom "Poil de carotte" ou "Rouquin", le mage noir, appelé "Ghraz" ne disait rien, et la Voleuse, qu'on nomma très intelligemment "Voleuse", en avait marre de leurs histoire de bastons stupides, en plus le mec à la hache perdait à chaque fois...Le Rôdeur était physiquement plus fort que lui, et si ils étaient tous les deux lents, le maniement de l'épée du guerrier aux cheveux rouges était plus rapide que les coups barbares de l'autre crétin.

Ainsi, lorsqu'il arrivèrent à la ville où ils pouvaient faire une pause et réfléchir à un plan, le calme put être de mise et fut le bienvenu lorsque les deux bourrins se séparèrent enfin pour aller chercher des provisions, comme ils sont costauds, ils furent désignés volontaires pour servir de mules...Autant dire que ça leur plaisait pas du tout ! Mais malgré tout ils arrivèrent à les convaincre par un moyen très simple :
Kerorian étant très gentil, ne discuta pas et accepta sans motivation de se mettre au travail, et Brycs fut facile à manipuler, il suffit de dire qu'il refusait d'accomplir cette tâche car il avait peur que le Rôdeur ne soit meilleur que lui...Le résultat fut immédiat.

Les autres eux, montèrent tout simplement un campement en les attendant et commencèrent à réfléchir à une stratégie...



Chapitre IV : La Stratégie :


Le groupe eut la surprise de voir revenir Kerorian tout seul. Mais en fin de compte, est-ce que c'était vraiment si étonnant que ça ? le "Bûcheron" était moins fort que son "rival" aux yeux rouges, sauf qu'il lui cherchait quand même des crosses à tout bout de champ, alors ce n'était pas difficile d'imaginer le Rôdeur craquer et coller une trempe de tous les diables au hacheur qui aura alors respecté un proverbe bizarre dont certains parlaient de temps en temps :"Tout homme qui ne reste pas à sa place, reste sur place", en gros il aura dérangé une fois de trop le manieur de la Dragonslayer et se sera fait étalé...L'épéiste salua ses "compagnons" :

"J'suis de retour."

La Voleuse soupira lourdement et se laissa aller sur le dos, elle en avait déjà marre de tout ce fatras. Tout ça pour quoi en plus ? Pour sauver une gamine débile qui s'était faite enlevée...Tss, dire qu'une mercenaire comme elle devait risquer sa peau pour celle d'une abrutie, si c'est pas malheureux des choses pareilles...Enfin, allongée ainsi, elle posa un bras sur ses yeux pour les cacher du soleil :

"Pff...El l'autre con ? Il est où ? Tu l'as enfin crevé ?"

"Redeye" haussa un sourcil, il détestait les gens comme cette voleuse...Des gens sans vergogne ni honneur, qui plus est, n'ayant aucun respect pour qui que ce soit et n'aimait rien à part eux-mêmes et l'argent ! Absolument le contraire du Rôdeur, c'était sans doute pour ça qu'il ne pouvait la supporter :

"Il a dit qu'il avait un truc important à faire avant de revenir..."

La jeune femme leva un peu son bras pour lancer un regard assassin à l'homme aux cheveux écarlates, elle non plus ne le portait pas dans son cœur, il était exactement le genre d'abruti qu'elle ne blairait pas, ceux qui ont "des bons sentiments", qui "protègent la veuve et l'orphelin"...Peuh ! Conneries que tout ça ! Si t'es pas débile, tu tue l'orphelin puis viole la veuve, tu t'embêtes pas à les défendre alors qu'ils ont rien à te filer ! En plus, défendre les pauvres, c'est une idée pourrie...Puis elle se leva tout simplement, jetant à nouveau un œil funeste vers Kerorian :

"Bon, j'ai à faire moi aussi avant qu'on ne parte, de toute façon, on ne part que demain à l'aube n'est ce pas ? Donc à tout à l'heure..."

la Voleuse avança ensuite la tête haute, défiant presque autant du regard que par sa position le guerrier aux yeux rouges, et alla même jusqu'à le bousculer un peu, juste un peu car vu son poids c'est elle qui aurait morflé sinon, déjà que lui percuter légèrement l'épaule la secouait assez...Le Rôdeur la regarda simplement passer d'un œil méfiant, il n'avait aucune confiance en elle. Vigilant envers elle jusqu'à en approcher la paranoïa, il se tourna même légèrement pour la suivre par la vue, histoire d'être sûr qu'elle fasse pas demi-tour pour tenter de le poignarder dans le dos...Mais apparemment elle allait vers la ville, pour y faire quoi, ça, il s'en foutait...

"Quel est le plan ?"

Le petit trapu releva un peu la tête d'un de ses bouquins et regarda le grand guerrier, se disant qu'il n'allait tout de même pas se fatiguer à expliquer les idées de bases d'une stratégie même pas finie alors qu'il était tout seul ! En revanche, dans un soupir, il décrivit vaguement ce qu'il avait grossièrement en tête :

"Bon, en gros : On va agir en plusieurs fois et sur plusieurs fronts, selon vos compétences on décidera de qui va où et fait quoi. Satisfait ?"

Kerorian resta pensif un instant...Quatre contre cinquante ? En prenant en compte qu'il y avait un mage spécialisé dans les sorts neutres, une voleuse et un débile au sang chaud...C'était très très mal parti, ok, il avait déjà réussi à battre une fois cinquante soldats, mais ils étaient mal organisés, mal équipés, mal entraînés et...Bref, c'était des minables commandés par un abruti, mais cette fois la situation sera différente.
Le chauve avait parlé de se diviser ? C'est un peu risqué comme pari. Quoique, vu qu'ils n'avaient pas l'avantage du nombre, c'était au contraire une bonne idée, ça permettrait de disperser les troupes ennemies, c'était pas si idiot que ça. Soit on frappait sur plusieurs points et augmentait la probabilité d'atteindre leur chef, soit on restait groupés et c'en était fini d'eux...Le petit magicien était plutôt intelligent alors.

Le Rôdeur haussa tout bêtement les épaules après sa réflexion, et alla ensuite s'assoir tranquillement en déposant son épée à coté de lui avant de s'installer pour se reposer un peu avant que les autres ne reviennent, une fois qu'ils seraient là, la "négociation" pour la stratégie pourra commencer, et ils allaient avoir besoin d'un plan parfait, car leur mission n'était pas désespérée, mais foutue d'avance ! Sauf si ils trouvaient LA tactique idéale ! Sauf que pour ça, ils allaient d'abord avoir besoin de se connaître, et Kerorian n'appréciait pas l'idée de devoir parler de lui, surtout que pour être parfaitement au point, il serait forcé de raconter ce qui s'est passé avec Stanpar...Quelle misère...

Quelques heures après, Brycs revint seul, chargé de sa partie des "courses" qu'il devait faire, et s'installa à l'opposé du géant rouge pour le fixer agressivement durant tout le reste de la journée, jusqu'à ce que la Voleuse revienne, peu avant le coucher du soleil, les cheveux un peu ébouriffés, et en tendant l'oreille, on pouvait remarquer qu'elle haletait un peu, le "Bûcheron" ne se priva pas d'en faire une critique :


"Alors ? T'as eu un bon client ?"

La jeune femme le foudroya du regard, clairement furieuse vu l'insinuation vicieuse qu'il venait de faire, elle tourna le dos à Kerorian qui commençait à se lever et s'apprêta à répondre rageusement au combattant :

"Ferme ta grande gueule ou c'est moi qui te la fais fermer !"

Histoire d'enfoncer encore un peu le clou, Brycs sortit sa bourse et la secoue un peu vers la voleuse avec un sourire moqueur :

"T'en demandes combien au faite ? Car ça m'intéresserait bien...C'est pas que t'es attirante, mais tu restes une femme quoi..."

Cette fois, c'en était trop ! La brigande sortit d'un geste brutal sa dague et leva son poing maintenant armé avant de se préparer à foncer sur le manieur de hache et lui ouvrir la gorge pour qu'il cesse enfin de débiter des stupidités et des provocations à tour de bras ! Mais son poignet fut attrapé et retenu solidement par une large main qui l'empêcha d'avancer, en se retourna, elle aperçut le Rôdeur se mêler une fois de plus de ses problèmes ! Encore lui...Encore et toujours lui, ne pouvait-il donc pas s'occuper de ses affaires ?
Avec une rapidité incroyable, elle changea son arme de main et poignarda le bras qui la retenait, mais la lame glissa dans un bruit métallique sur le robuste gant d'acier du guerrier.

D'un mouvement brusque, Kerorian la repoussa pour l'éloigner du hacheur sinon il allaient s'étriper. Il se plaça ensuite à peu près entre les deux pour les dissuader d'une nouvelle tentative d'hostilité l'un envers l'autre...


"Calmez-vous vous deux !"

Brycs se leva, empoignant sa hache alors que la voleuse sortait sa deuxième dague, prête à aller lui arracher les yeux et s'avancèrent cruellement, ignorant totalement le pauvre Rôdeur exaspéré par tous ces problèmes...Puisque les engueuler et les retenir ne suffisait pas, alors il fallait jouer sur la terreur ! Les deux adversaires étaient à presque un mètre l'un de l'autre et s'apprêtaient à se foncer dessus, quand Kerorian attrapa la poignée de la Dragonslayer, avant de la "dégainer" et se frapper tout droit devant lui, coupant net le chemin entre les deux ennemis qui se stoppèrent immédiatement en voyant une grosse forme sombre passer devant eux, et restèrent sous le choc en voyant une épée aussi large qu'un homme enfoncée dans le sol, l'ayant fracassé sans peine, ils furent tellement surpris qu'ils gardèrent leur position avant de jeter un œil presque timide au guerrier aux yeux rouges qui remontait lentement sa lame, pas se presser, mais avec une grande violence, puis de la poser sur son épaule :

"C'est bon ? Vous êtes calmés !?"

Devant l'énervement du Rôdeur, et surtout devant l'immense épée qu'il exhibait clairement à présent, les deux adversaires reculèrent d'un bon pas, assez effrayés, puis se lancèrent un regard hostile, mais ne voulant pas finir broyés, rangèrent leurs armes et retournèrent s'assoir, puis ce fut au tour de l'épéiste d'en faire autant, vu que les problèmes étaient maintenant clairement réglés. Et voyant enfin le calme revenir, Ghraz, le sorcier, en profita pour demander les capacités de chacun pour préparer la tactique :

"J'aurais besoin que vous me parliez de vous : Votre technique de combat, vos points forts et vos points faibles pour éviter qu'on ne vous envoie mener une bataille où vous êtes désavantagés...Voyons...Brycs ? Commence s'il te plait."

L'appelé soupira un peu en s'adossant à une sorte de tronc coupé, puis se résigna à la tâche :

"J'suis plutôt costaud, alors je me sers de ma force pour défoncer la tête de l'autre avant qu'il ne me cogne...J'suis un peu lent, alors je préfère éviter que les combats ne durent...Ça te va ?"

Le magicien nota cela sur un petit papier, puis hocha la tête et se tourna ensuite la voleuse :

"Pff...Bon, moi je suis pas bien forte, alors je joue uniquement sur la vitesse et les couteaux de lancer, je peux atteindre ma cible jusqu'à dix mètres sans problèmes, après ça craint."

Le chauve griffonna une nouvelle fois quelque chose, puis regarda le dernier membre de l'équipe, Alfred ne comptant pas. Kerorian soupira un peu, laissant sa gigantesque lame au sol :

"Je compte sur ma force mais n'utilise normalement que Zwei. J'ai une technique adaptée contre les armures et en dernier recours, j'ai ça..."

En disant "ça", le Rôdeur désigna la Dragonslayer, il était clair que face à une telle arme, pour peu qu'on puisse ne serait-ce que la soulever, il était inutile d'avoir une monture ou une armure, un truc pareil ça découpait à peu près tout si on pouvait l'utiliser...
Le sorcier prit note, puis commença à réfléchir, et décida lui-même d'avouer ses talents, des fois qu'il y en ait un qui ait une illumination tactique.


"Moi...Je suis un mage noir banal, spécialisé dans les sorts neutres comme...L'aveuglement, la longue vue principalement."

Maintenant que les "présentations" étaient faîtes, ils mangèrent un morceau avant de commencer à discuter du plan...Mais leurs avis divergeaient totalement : L'un optait pour une attaque groupée, l'autre pour une attaque sur un front mais dispersés, et deux d'entre eux étaient plutôt pour frapper de tous les cotés, mais même sur ce point étaient en désaccord, l'un des deux voulait qu'ils attaquent tous en même temps, et l'autre pensait qu'il valait mieux décaler les assauts...
Les négociations continuèrent bon train, mais ne parvinrent pas à un terrain d'entente, et la nuit avançait, il était temps de dormir.

Le lendemain, la compagnie se mit en route, continuant à "négocier" durant le trajet, ne parvenant pas à la violence que grâce aux interventions de Kerorian qui ramenait un semblant de calme grâce à son imposante Dragonslayer. Ce problème subsista jusqu'à la veille de leur arrivée au camp des ravisseurs de la fille d'Alfred, reprenant la discussion. La Voleuse commença les "hostilités" :


"Mais puisque je me TUE à vous dire qu'il faut rester groupés ! Ensemble on sera plus forts ! Déjà qu'on est de très loin désavantagés, alors si on se disperses on sera ENCORE plus faibles ! Ça sert à rien de leur donner des atouts pour nous écraser encore plus facilement !"

Brycs soupira en secouant la tête, rester grouper face à une armée comme ça c'était le plus stupide des plans ! Il renchérit agressivement :

"Pff, pauvre abrutie ! Te faire passer dessus partout où tu vas t'as monté au cerveau ou quoi ? Si on reste ensemble ils vont nous encercler, puis nous massacrer et ça sera un échec total ! Ou encore plus simple, une volée de flèche et paf ! Plus personne ! Alors que si on attaque dispersés, ils ne pourront pas nous abattre tous ensemble à l'arc !

Leurs deux avis se valaient, mais étaient pleins de failles, et le Rôdeur et le sorcier étaient exaspérés, ils avaient beau leur dire que c'était idiot, mais ils continuaient à se "battre" sans changer d'avis...Ghraz les coupa :

"Il faut disperser au maximum notre attaque, puis qu'on lance l'assaut et qu'on est en nette infériorité numérique, il faut se répartir pour les forcer à se battre sur plusieurs fronts et ainsi augmenter les chances qu'il y en ait au moins un qui passe. Si on charge tous en même temps, ils seront surpris et ça nous laissera un peu plus de temps pour avancer avant qu'ils ne s'organisent. Kerorian proposait au contraire qu'on décale les attaques pour qu'ils concentrent leurs troupes sur un point et ainsi diminuer le nombre d'adversaire pour les autres..."

Le manieur d'épée aux cheveux rouges n'écouta pas la suite, fermant simplement les yeux et se concentrant pour trouver une solution alors que les trois autres haussaient le ton pour les deux débiles alors que le dernier soupirait durant la conversation, chacun était fixé sur son avis et n'en changerait pas, et au bout d'un moment, la Voleuse et le Bûcheron manquèrent d'en venir aux mains, ce fut Alfred qui intervint comme il put pour les empêcher de s'entretuer...Puis après quelques temps, Kerorian rouvrit les yeux en hurlant soudain, les faisant sursauter et les calmant :

"Vos gueules ! J'ai trouvé ! Alors vous la fermez ou je vous éclate !"

La tension retomba rapidement, et tous allèrent reprendre leur place et écoutèrent le Rôdeur, de toute façon, c'était soit ça, soit aller se battre avec lui, et les trois "compères" savaient que ça serait peine perdue...En théorie.

"On va se diviser en deux groupes...Moi d'un coté, je les attaquerais de face, et vous trois à l'opposé. Je mènerais mon assaut en premier, ils ne prendront pas au sérieux au début et n'enverront que quatre ou cinq soldats, mais quand je les aurais complétement écrasés, il en enverront plus, et lorsque je les aurais aussi tué, ils comprendront que je ne suis pas du genre facile à éliminer, et ils se concentreront sur moi, dès lors, vous pourrez attaquer, vous ne devriez rencontrer que peu d'adversaires, mais méfiez vous, leur chef et ses meilleurs gardes seront sans doute encore là, si vous attendez longtemps il est même possible pour qu'il ne reste qu'eux..."

Il s'arrêta ensuite pour les laisser "digérer" son idée...Brycs pensant tout simplement qu'il était fou et con, la Voleuse resta bouche bée et les yeux écarquillées en songeant que le Rôdeur était suicidaire : Un homme seul ne peut pas en vaincre autant ! Et le mage attendit qu'il termine, ce qu'il fit quelques secondes après s'être stoppé, ayant prit en compte autre chose :

"Ghraz ? Tu avais dis que leur leader était une sorte de géant en armure très épaisse c'est bien ça ?"

Surpris, le magicien sursauta un peu, avant de reprendre ses esprits et de confirmer d'un hochement de tête. Kerorian grimaça un peu, puis décida de modifier un peu son plan :

"...J'ai trouvé...Je vais les affronter seuls pour éliminer leurs troupes, si jamais je commence à me faire avoir, vous, qui serez alors cachés quelque part de mon coté, vous interviendrez..."

Mais son idée ne fut pas approuvée, et Brycs protesta énergiquement :

"Abruti ! Tu vas te faire massacrer oui !"

Et la jeune femme acquiesça, c'est malheureux qu'ils ne soient d'accord que pour l'engueuler...

"Pour une fois, j'suis d'accord avec l'autre crétin ! Tu n'as aucune chance ! Ton plan est complétement..."

Kerorian la coupa brusquement, il n'en avait pas l'habitude mais n'avait pas envie de perdre du temps, demain il serait forcé de livrer une bataille bien plus violente que celle du jour où il a rencontré Stanpar...Sans compter qu'il devrait aussi affronter un autre type comme ce dernier...

"Je ne vous demande pas votre avis. Je suis le seul à pouvoir affronter autant d'ennemis, et surtout, aucun d'entre vous ne peut combattre leur commandant..."

La voleuse, piquée au vif, se leva pour dire ce qu'elle pensait de sa petite "tyrannie" :

"Ah ouais ? Ça va les chevilles ? Et qu'est ce que tu en sais qu'on ne peut pas vaincre leur chef ? Tu le connais peut-être ?"

Un regard sinistre de la part du Rôdeur la fit taire et se rassoir, alors qu'il se remémorait le jour où le géant l'avait écrasé...Si jamais il ne se trompait pas, le leader des ennemis serait le même genre d'adversaire, et il se rappelait parfaitement le manque d'efficacité de sa, pourtant puissante, Zweihänder, alors ce n'est pas la petite dague de la dérobeuse qui l'atteindrait, Brycs aurait peut-être la force de lui infliger une légère blessure, mais ne parviendrait jamais à se défendre...Quand au sorcier, il n'était pas très offensif. Kerorian sortit de ses pensées et répondit d'une voix sombre, lourde de sa peur et de sa colère :

"J'ai connu quelqu'un comme lui...Il maniait la Dragonslayer avant que je ne parvienne à le vaincre à cause de son orgueil qui le fit battre avec "peu" de force...Pourtant il m'avait écrasé...Bref. Je suis le seul à avoir une arme pouvant le blesser, et moi seul possède la force pour la manier. Alors vous allez obéir, compris ?"

Ils faillirent protester, mais la dureté du visage du Roux les découragea de contester sa décision, mais malgré tout ils n'étaient d'accord avec ce plan tout à fait stupide ! Mais personne n'osa répliquer, sauf la jeune femme :

"D'accord ! Mais si tu crèves, nous, on se tire ! Okay ?"

Alfred paniqua un peu, cette simple phrase faisait que la vie de sa fille reposait désormais entièrement sur le guerrier aux cheveux flamboyants, puis se calma légèrement en réalisant qu'en faite ça n'avait pas changé...La première fois il était seul contre dix bandits et il avait gagné haut la main ! Et ensuite il s'était battu comme un lion contre un groupe de même taille ! Et depuis il était encore plus fort ! Peut-être que...Peut-être qu'il pouvait le faire ? Oui, il fallait croire, avoir l'espoir en cet homme prêt à mourir pour les autres...

La nuit tombait, Kerorian leur dit de dormir, avant de sombrer lui-même dans un sommeil agité. Son plan était malgré tout risqué, se battre en solitaire contre autant d'adversaires, et pas des nuls...Il serait dans doute forcé d'utiliser la Dragonslayer dès qu'il serait pris au sérieux, peut-être même encore plus tôt que ça si ils étaient forts. Il n'y avait plus qu'à espérer que ce ne soit pas tous de très bons combattants, sinon il ne ferait pas long feu...



Chapitre V : Seul contre tous :


Le lendemain, après un solide mais léger repas matinal, la compagnie se mit en route, et après deux heures de marche, approcha peu à peu de l'entrée du camp. Kerorian leva une main, signal pour que les autres le laissent partir, et continua seul, avant de parvenir devant les deux gardes postés devant la porte, l'un des deux tendit une main vers lui avant de parler d'une voix forte :

"Halte ! Déclinez votre identité et le motif de votre venue !"

Le guerrier avança encore un peu, saisissant la poignée de Zwei, son épée bâtarde, avant de répondre à sa question :

"Je suis Kerorian..."

Il dégaina sa lame et transperça d'un rapide coup d'estoc la tête du premier soldat, celui qui avait posé la question, avant de se tourner vers l'autre, le regardant d'un air sinistre :

"...Et je suis venu pour vous tuer."

Son adversaire réagit rapidement, et se mit en position de combat avant de lui envoyer un coup de lance, mais ce n'était pas le genre d'ennemi qui pouvaient inquiéter le Rôdeur qui se contenta de dévier l'arme en faisant glisser la pointe sur son gant d'acier, mis en protection devant lui, et d'avancer pour fendre le crâne de sa cible d'un bon coup un peu de biais, avant de retirer sa lame, un peu ensanglantée avec ces deux morts, puis mit un grand coup de pied dans la porte pour l'ouvrir et entrer...Avant de manquer de se la reprendre en pleine figure ! Cette saleté était parfaitement huilée et n'avait pas été verrouillée ! Heureusement qu'il préférait mettre les bras en avant plutôt que la tête car sinon, après "Paf le chien", ça aurait été "Paf le Rôdeur" !

Une fois entré, quelques soldats réagirent à sa présence et vinrent se mettre immédiatement en formation de combat vers lui, boucliers serrés, lances en avant, et commencèrent à s'approcher alors que le manieur d'épée constata qu'il allait avoir beaucoup de mal à gagner...Ses ennemis n'étaient que cinq, mais étaient parfaitement entraînés à se battre ensemble, leurs lances semblaient avoir une pointe en acier et leurs armures étaient de vraies armures de soldats ! Pas de simple bouts de métal mis ensembles.

Ils avançaient lentement, mais sûrement, face à un ennemi qui se tenait droit, l'épée à la main, pointe presque au sol, mais qui se mit soudain à leur foncer dessus, avant de frapper d'un grand coup ascendant et trancher la hampe derrière la pointe de l'arme d'hast qui lui faisait face, et de continuer son chemin en attaquer cette fois de coté en abattant sa lame sur la lance à sa droite et de charger le soldat devant lui, le percutant violemment et l'envoyant à terre, avant de lui tomber dessus, déstabilisé par le choc, et de poser un pied sur lui pour se relever en le clouant au sol et de retourner son épée pour l'achever au sol, et d'entendre un bruit de métal qui glisse avant de voir une lance passer de peu à coté de ses côtes, venant de son dos. Kerorian avait été attaqué par l'un de ses ennemis, mais la pointe avait percuté la Dragonslayer et avait été déviée, ne parvenant ainsi pas à le toucher.

Le Rôdeur pivota sur un pied en avançant d'un grand pas pour s'approcher de son ennemi le plus proche et de lui trancher la tête au niveau du nez par un puissant coup de taille, et de reculer brusquement en tirant la tête en arrière et éviter de justesse une lance qui s'arrêta juste où était son crâne une seconde avant, et d'abattre sa lame d'un nouveau coup de coté pour trancher la hampe, puis de le charger, entendant une autre pointe glisser sur l'immense épée dans son dos, et fendre la moitié du buste de son opposant d'une bonne attaque presque verticale, et de dévier de justesse la dernière lance intact en levant sa main libre pour "diriger" l'arme qui lui entailla légèrement la joue gauche, avant de dégager son épée et d'avancer une nouvelle fois vers son ennemi pour lui asséner un grand coup de biais en lui coupant le visage en deux, puis sentir une douleur soudaine au flanc gauche : Le dernier soldat l'avait frappé là où la Dragonslayer ne le protège pas, mais la grande cape qu'il portait avait légèrement bougé la lance qui ne fit que couper sans gravité la chair, ne provoquant qu'une petite blessure sans conséquences, avant que Kerorian n'attrape l'arme d'hast, et ne tire dessus pour faire avancer le garde, ne serait-ce qu'un peu, et pivoter vers la droite pour lui porter un coup de taille, voulant lui trancher la tête, mais ne parvint qu'à atteindre ses yeux, bah ! Maintenant qu'il était aveugle, ce n'était plus un soucis...

Le guerrier aux cheveux rouges s'avança, pas la peine de se presser face à un ennemi déboussolé, et une fois près de lui, arma un grand coup à deux mains qui coupa en deux le soldat jusqu'au niveau des côtes les plus basses, avant de poser le pied sur ce qui restait du corps et de pousser dessus pour dégager son arme, réalisant une chose évidente : Il n'allait pas y arriver...C'est impossible qu'il arrive à battre cinquante soldats comme ça, surtout que les autres devaient être plus forts encore, c'était foutu. Mais bon, tant pis, au moins pourrait-il faire un carnage avant de mourir, c'était déjà ça...Kerorian voyait déjà les renforts arriver, dix cette fois ? Misère. Le Rôdeur mangea les dernières plantes qu'il lui restait, il n'était pas parvenu à en trouver récemment, donc il devrait faire avec les "restes". Bon, ça aurait toujours un très léger effet revitalisant et antalgique mais ça sera pas énorme...


Un soldat armé d'une lance s'effondre au sol, une épée bâtarde large plantée dans la poitrine, autour de lui gisent une vingtaine de cadavres : Ceux de ses compagnons qui ont péris en affrontant l'homme aux cheveux rouges se tenant au milieux des corps, penché en avant et respirant avec difficulté, se tenant le bras gauche blessé par un coup de lance qui est passé un peu trop près à son goût. Sa tunique est déchirée en plusieurs points et les coupures se teintent plus ou moins d'un dégradé écarlate, marques des blessures qu'il commence à encaisser trop souvent désormais. Il est fatigué, et il vient d'abandonner son arme dans le corps du dernier ennemi de ce groupe. Mais alors que le guerrier s'apprête à souffler un peu, quelques épaisses silhouette grises s'approchent, le combattant n'en avait encore jamais affronté mais il sait de quoi il s'agit :
Des chevaliers ! Ces soldats réputés pour leur lenteur et leur incroyable résistance. Il ne manquait plus que ça, déjà que le pauvre Rôdeur était épuisé et blessé, mais en plus voila qu'il allait devoir se battre contre des adversaires blindés ! Remarque...Il lui restait une arme, et si il parvenait à la manier, ne serait-ce qu'un peu malgré son état, qu'ils soient lourdement protégés ou non ne changera pas grand chose au final.

Ses robustes ennemis se mettent en formation et avancent peu à peu vers lui, lances en avant, mais lorsqu'ils sont presque assez près pour l'atteindre, Kerorian s'avance soudainement en se mettant un peu de profil, se blessant légèrement au ventre, avant de saisir la grande poignée dépassant de son dos et en usant de tout son corps, parvient à brandir dans les airs son immense lame avant de l'abattre avec toute la force qu'il lui reste sur le chevalier lui faisant face, tranchant la moitié de son buste comme du beurre, et de remarquer que son épée est maintenant coincée dans le torse du cadavre. Cependant pas question de rester au milieu de ses ennemis ! Le Rôdeur lâche son arme et prend appui sur l'armure de son opposant décédé pour bondir par dessus et tenter de s'enfuir pour trouver une solution.

Mais le pauvre solitaire ne fit pas trois mètres qu'il percuta un lourd adversaire et tomba à terre, levant la tête pour regarder le visage de celui qui allait sans doute le tuer et écarquilla les yeux avant que sa mâchoire ne se mette à trembler, puis perdit connaissance suite à un terrible coup de poing en pleine tête. C'est donc le front en sang, de nombreuses blessures sur tout le corps, et désarmé que Kerorian perdit la bataille...
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"Il y a...des ombres...dans ma tête..."


Dernière édition par Kerorian le Dim 29 Jan - 18:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La gentillesse est une source de problèmes.   Mer 1 Juin - 15:28

Chapitre VI : Un réveil en étrange compagnie :


Le monde était devenu une immense plaine déserte où le sol n'était que roche craquelée au-dessus d'une rivière de lave sans fin...Il n'y avait pas de vent, pas de végétation ou d'animaux, juste...Cet infini royaume de feu au ciel obscurci était-il donc déserté de toute vie ? Non. Quelqu'un errait dans cette terre infernale, un homme. Grand. Une longue cape se mouvant légèrement suite à ses pas. À chacun de ses geste un claquement de métal se faisait entendre, celui d'une épée contre une armure. Le guerrier passa ses mains sur le coté de son visage avant de les remonter le long de sa tête pour amasser ses longs cheveux rouges et les attacher derrière sa nuque pour qu'ils ne le gênent pas. Par cette action, le roux dévoila deux yeux écarlates où brûlait un regard flamboyant empli de haine et de fureur envers la seule silhouette de ce monde...

Un imposant guerrier, portant une épaisse cuirasse aux larges épaulières se retourna en entendant les pas lourds du manieur d'épée à la chevelure enflammée, il lui sourit, les bras croisés. Il avança lentement, sans aucune anxiété malgré que l'intrus était venu avec la ferme intention de le tuer. L'homme aux crins de sang saisit la longue poignée dépassant de son dos avant d'en tirer une gigantesque lame aux dimensions incroyables, la tenant clairement sans difficulté et se prépara à l'affrontement.
Son ennemi dévoila ses dents dans un rictus amusé, avançant tranquillement face à son adversaire à l'armure écarlate sans décroiser ses bras, et ouvrit la bouche en murmurant quelque chose...


Un voile noir.
C'est tout ce que peut percevoir Kerorian en reprenant enfin connaissance, il garda les yeux fermés quelques temps pour réfléchir à cet étrange vision qu'il avait eut...C'était la première fois qu'il faisait ce "rêve", pourtant il lui était familier, tout comme les deux protagonistes, et en y repensant, il est vrai qu'il voyait par les yeux de l'homme en armure rouge. Qu'est ce que ça voulait dire ? Était-ce une manifestation de son esprit ? Ou plutôt...Bah ! Ce n'était qu'un rêve après tout, il continuerait à en faire des bizarres, donc pas la peine de se casser la tête avec ça.

Un bruit attira son attention encore trouble à cause de son récent réveil et il cligna des yeux plusieurs fois pour tenter de les ouvrir, et lorsqu'il y parvint, commença à étudier la pièce dans laquelle il se trouvait :
Plutôt grande, les murs blancs, une fenêtre assez imposante pour éclairer parfaitement toute la chambre et comme unique mobilier se trouvait un lit d'une taille impressionnante...Un nouveau son l'intrigua, il venait d'à coté de lui ?

Le Rôdeur tourna la tête sur sa droite, et aperçut un visage féminin familier. Il regarda un peu mieux la situation et vit qu'elle était dans son lit, elle était même collé contre lui, se servant presque du solide bras du guerrier comme d'un oreiller. Son esprit se réveilla enfin et il put commencer à faire un décompte logique et inquiétant :
Premièrement, lui-même ne portait pas de vêtements, les bandages qui couvrent son corps ne comptant pas en tant que tel, et elle non plus au vu de son épaule dénudée.
Deuxièmement, ils étaient l'un contre l'autre, dans le même lit et sous la même couverture.
Troisièmement, il n'avait aucun souvenir de ce qui avait bien pu se passer...Le dernier élément de sa mémoire était une sorte d'armure géante devant lui.

Et soudain le déclic : Il était nu, couché dans un lit avec une femme elle aussi nue et il ne se rappelait pas ce qui s'était passé ! Meeeeeerde ! Mais qu'est ce qu'il avait fait ?
Cependant en la regardant, Kerorian réalisa que son visage ne lui était pas inconnu...Il murmura légèrement son nom en la reconnaissant :


"...Lyn ?"

En entendant son nom, l'interpellée gémit légèrement en sortant doucement de sa torpeur avant d'ouvrir un œil encore endormi sur le Rôdeur et lui sourit en le voyant éveillé :

"Salut..."

Le guerrier aux cheveux rouges sourit légèrement et s'apprêta à lui répondre, quand il repensa un instant à sa conclusion d'il y a quelques secondes...Il avait fait "ça" avec Lyn !? Meeeeeeeeerde ! Il se redressa vaguement en reculant aussi vite que possible pour pouvoir prendre de la distance et réfléchir, un réflexe naturel en somme, sauf qu'au bord d'un lit, c'est stupide. Le manieur d'épée se rétama donc magnifiquement par terre sur le dos, les jambes encore sur le matelas qui était posé dans une sorte de cadre en bois...Quel intérêt de mettre un truc comme ça en hauteur ? C'est casse-gueule ! D'ailleurs Kerorian venait de le découvrir plutôt douloureusement.

Alors qu'il se remettait de cette chute qui a au moins eu le mérite de bien le réveiller, un bruit de pas léger se fit entendre et un enfant, de...huit, neuf ans au maximum entra dans la pièce et s'approcha tout sourire du Rôdeur en se mettant à crier :


"Papa ! Tu m'avais promis une petite sœur, quand est-ce qu'elle arrive ?"

Qu...Quoooouuuaaaaaa ? Le guerrier resta comme pétrifié alors que son cerveau tentait d'éclaircir tout ce bazar :
Il se réveille en compagnie de Lyn dans un lit et sont tous les deux sans fringues, quoiqu'après "fine" observation, il lui restait encore son sous-vêtement, c'était déjà ça...Mais un mioche se ramène et l'appelle "Papa" en lui demandant une sœur !? C'est quoi ce bordel !?

Alors que le pauvre Kerorian était au bord de la crise de l'accident vasculaire cérébral, un pas lourd retentit dans le couloir. Intrigué par ce bruit, et surtout méfiant car un tel son ne pouvait pas être produit par quelqu'un de normal, le Rôdeur se releva et fit se déplacer l'enfant pour ne pas qu'il reste dans ses jambes et regarda attentivement la porte, prêt à réagir à l'intervention de qui que ce soit...Ou presque...Son corps se mit à trembler légèrement alors qu'une espèce de géant passant à peine par l'ouverture entrait tranquillement dans la chambre, vêtu d'une tenue simple, et croisa les bras avant de toiser Redeye et de lui parler d'une voix qui inspirait chez lui la rage et la peur :


"Salut gamin, t'en fais une tête ! On dirait que t'as vu...Un fantôme !"

Le Rôdeur vibrait de tout son être entre la terreur et la fureur que provoquait cet homme...Ce géant si reconnaissable à sa voix lourde et à sa carrure unique...Cet enfoiré qui avait manqué de le tuer et dont il avait hérité la Dragonslayer :

"Stanpar ! ...Comment est-ce possible ? Tu devrais être mort !"

Le colosse rit un peu, puis retira sa tunique de lin, dévoilant un torse monstrueusement musclé et couvert de cicatrices apparemment très anciennes, datant sans doute d'avant qu'il ait son armure, mais deux d'entre elles se démarquaient par leur largeur, leur épaisseur et leur "époque", on pouvait voir qu'elle étaient bien plus récente et n'avait pas plus de trois mois et elles lui marquaient profondément les deux épaules, Stanpar désigna la première, la plus fine des deux et aussi la plus petite, touchant la clavicule :

"Celle là, tu me l'as faite avec ton épée à deux mains. Mais celle-ci...

Il posa cette fois son énorme doigt sur l'autre, qui partait de l'épaule droite pour s'arrêter au milieu du pectoral juste en dessous et fit un sourire presque carnassier :

"Tu me l'as faite avec la Dragonslayer ! J'ai eu doublement de la chance, la folie qui t'avais emporté quand tu l'as empoignée ne t'as pas permis de viser précisément, m'évitant ainsi une blessure inguérissable, et ensuite j'ai été sauvé par quelques uns de mes soldats qui n'avaient pas participé à la bataille...Ils ont passé plus de dix jours à me maintenir en vie puis sont parvenus à me ramener ici où j'ai pu être soigné durant les deux longs mois où j'ai du récupérer mes forces à cause des blessures que tu m'as infligé..."

Kerorian, les dents crispées et les poings serrés se mit soudainement en position de combat, avant de foncer sur son adversaire et de faire un grand saut pour pouvoir lancer un grand coup de pied circulaire au visage de son ennemi qui malgré son étonnement de voir le Rouquin aussi vif, et suicidaire aussi, para sans peine l'attaque de son avant-bras et dût mobiliser son autre main pour parer un nouveau coup mais direct cette fois :
Le Rôdeur, voyant que son attaque avait échoué, avait replié sa jambe et tourna légèrement sur son appui au sol pour pouvoir envoyer un coup de face, le pied presque à l'horizontale vers le plexus du géant qui bloqua une nouvelle fois son offensive mais réagit rapidement et poussa sur la main qui avait stoppé sa technique pour reprendre une distance "sûre" et reprit sa garde en même que Stanpar qui prenait pour une fois le combat assez sérieusement...Mais deux secondes après, ils écarquillèrent tous les deux les yeux :


"Mais c'est du..."

"...Kansheirai ?"

Même l'enfant et Lyn réalisèrent après quelques secondes d'observation que les deux adversaires avaient exactement la même position de combat...Kerorian ne comprenait pas, son maître lui avait dit le Kansheirai s'approchait beaucoup de la technique classique de combat à main nue tout en étant normalement unique, d'après ce qu'il savait, très peu de personnes connaissaient cet art et le fait que nombre de ses pratiquants suivaient un entraînement très rude décourageait souvent les gens lambda de l'apprendre, préférant plutôt se tourner vers le style plus "normal" et il était donc devenu au fil du temps de plus en plus rare...Étrange fatalité que l'ennemi mortel du Rôdeur le connaisse...

Stanpar ricana légèrement en se remettant debout avant de croiser les bras et de s'adosser au mur, regardant d'un air intéressé le guerrier aux yeux de sang :


'Détends-toi gamin. Si je voulais te tuer, je l'aurais fais au lieu de t'assommer après que tu ais échappé à mes chevaliers..."

Kerorian se contracta en serrant plus fortement les poings et les mâchoires, prêt à bondir. Puis réalisa qu'il n'avait aucune chance : Le colosse était plus fort, plus résistant et possédait une meilleure allonge que lui, il perdait tous ses atouts et de loin, sans compter qu'il n'était pas entièrement rétabli. Mieux valait savoir ce qu'il voulait au lieu d'essayer de lui sauter à la gorge...Il se remit lui aussi debout, croisant à son tour les bras et s'adressa à lui d'un ton sec et violent :

"Pourquoi m'épargnes-tu ?"

Le géant rit légèrement de sa voix sourde en toisant le grand Rôdeur qui, malgré sa taille, fait un peu nain à coté de lui puis se décolla du mur et commença à sortir :

"Tu le sauras rapidement, ne t'en fais pas. Demande plutôt à ta petite copine de t'expliquer un peu tout ce qui s'passe ici..."

Il s'arrêta soudainement, puis se retourna vers Lyn en se rappelant qu'il avait un truc à lui demander :

"D'ailleurs, j'y pense...Tu emmèneras le gamin s'habiller puis le faire manger et tu l'emmènera à la salle d'armes, j'ai à lui causer..."

Stanpar reprit ensuite sa route. Kerorian resta pensif, réfléchissant à propos de cet homme si impressionnant : Ce colosse le dépassait d'environ trois têtes, faisait trois ou quatre épaules de plus que lui, mais son apparence était totalement différente de celle qu'il s'était imaginé :
Ses cheveux bruns sont légèrement plus courts que les siens, coiffés normalement, deux sourcils noirs de taille normale surplombaient deux yeux gris clair. Il n'était pas non plus défiguré, au contraire, il avait même plutôt...Une bonne tête...De même pour son corps massif qui, malgré sa musculature monstrueusement développées et ses blessures, n'était pas difforme.

Le Rôdeur quitta ses pensées et se tourna vers Lyn, qui venait de se lever :


"Est-ce que tout va biiiiaaaargh !"

Il dut se retourner immédiatement. Si lui ne portait que le minimum nécessaire pour conserver sa dignité, c'était aussi le cas pour la jeune femme qui était vêtue de haillons, et pas bien gros...Et c'était très gênant pour se pauvre guerrier de voir une jeune femme à moitié nue. Lorsqu'elle réalisa la raison de la réaction de son ami et ancien sauveur, elle se mit à rire en tentant de le cacher pour ne pas le vexer, puis passa à coté de lui pour lui prendre le bras et le traîner légèrement vers la salle où étaient entreposées les affaires générales. Elle n'allait tout de même pas rester nue avec lui alors qu'il devait mourir de faim ?


Chapitre VII : Sauvé pour être tué ?


Après avoir récupéré leurs affaires, Kerorian et Lyn allèrent s'installer à une table dans ce qui faisait office de salle à manger et commencèrent à se remplir la panse joyeusement. Même le Rôdeur qui n'est pourtant pas aussi gros mangeur qu'on pourrait le croire se nourrit pleinement. Après tout, voila plus de trois jours, d'après la jeune femme, qu'il était inconscient : Les blessures, plus graves qu'il ne l'avait crût, plus l'énorme fatigue accumulée pour se débarrasser d'autant d'ennemi tout seul, sans compter le coup de brute qu'il avait prit en pleine tête...Sans les soins qu'il avait reçu sur ordre de Stanpar il serait resté dans les vapes au moins dix jours !

Mais une question tourmentait le guerrier rouge : Pourquoi le géant, qui veut sa mort, l'a t-il sauvé alors qu'il allait mourir ? Sans doute pour avoir le privilège de le tuer en combat singulier alors qu'il pourrait se battre et ainsi se venger...Mouais, c'était sûrement ça...Peu importe ! Ce qui compte actuellement c'est de récupérer ses forces et ensuite d'aller voir le colosse qui allait probablement lui expliquer la raison de son geste. Donc inutile de se casser la tête n'est ce pas ?

Alors qu'il finissait son plat, Kerorian eut une impression étrange...Quelqu'un l'observait sûrement, et pas amicalement ! Il se retourna et aperçut quelques soldats passant dans la pièce en lui jetant un regard de haine, leurs visages n'exprimaient qu'une seule chose : L'envie de le tuer ! Impossible de ne pas voir la tension qui parcourrait chacun de ses hommes alors qu'ils voyaient le Rôdeur qui comprit rapidement la source de cette agressivité envers lui, mais apparemment Lyn, elle, n'en saisit pas la raison car elle dit tout simplement :


"Hé ben, sont chaleureux dans le coin !"

Le combattant se leva de table, la mine un peu sombre...Tuer était mal, il en avait parfaitement conscience. Même un malfrat avait le droit de vivre non ? Mais...Pour sauver une innocente face à des gens hostiles, violents et dangereux, il n'y avait pas d'autres moyens que de répliquer par une violence supérieure à la leur. Et devoir agir ainsi n'était pas dans sa nature...Kerorian soupira légèrement en expliquant faiblement :

"J'ai tué un grand nombre des leurs...Sans doute leurs amis, peut-être leurs familles même...Comment pourraient-ils exprimer autre chose que de la haine à mon égard ?"

La jeune femme le regarda d'un air un peu...Triste...C'était vrai que, le sang n'appelle que le sang, et que ce n'est pas en tuant tout le monde qu'un problème peut s'arranger. Au contraire ! Il risque plutôt d'empirer. Mais...Le Rôdeur n'avait pas eu le choix : Il se battait pour elle, pour rester en vie, pour donner un espoir à tous ceux qu'il aidera plus tard ! Il ne pouvait pas se permettre de mourir ainsi. Mais même si ça ne justifie pas ses actions, ça ne justifie pas non plus celles des autres ! C'était eux qui l'avaient capturé ! Eux qui avaient fait d'elle une prisonnière maltraitée, et qui l'auraient même violé peut-être jusqu'à la mort si leur gigantesque chef ne le leur avait pas interdit...Ah d'ailleurs, il voulait voir Kerorian non ?

"Euh...Pour la salle des armes c'est tout au fond du couloir, à gauche."

Le guerrier ferma un instant les yeux, et les rouvrit, ayant repris son calme il avait put remettre de l'ordre dans ses pensées : Ce n'était pas le moment de pleurer les morts ou de s'excuser auprès des victimes ! Ils avaient enlevé Lyn ! Si cette bande de...Brigands n'agissait pas pour son propre compte il ne serait sans doute jamais venu et ne les aurait pas combattu, il n'y aurait ainsi pas eu de drames ! Enfin, il était temps d'aller voir Stanpar...

"Merci."

Kerorian marcha quelques temps avant d'arriver devant la fameuse porte. Il tendit une main un peu hésitante pour toquer alors que son rythme cardiaque et sa respiration s'accéléraient avant de secouer la tête en s'engueulant lui-même : Il ne craignait pas la peur ! Même face à cinquante ennemis il ne tremblait pas un instant ! Alors pourquoi paniquait-il autant à la simple idée d'ouvrir la porte derrière laquelle se trouvait le géant qui voulait simplement lui parler !?
Sous le coup de l'énervement, agacé par sa propre lâcheté, alors qu'il s'agissait d'un simple réflexe naturel car il se savait très nettement inférieur au colosse, il frappa la porte du poing pour exprimer sa colère et une voix grave retentit un instant après :


"Entrez !"

Le Rôdeur se figea. Mais qu'est ce qu'il avait fait ? Kerorian avait précipité la rencontre ! Mais quel idiot ! ...Idiot ? Oui en effet, il était le dernier des imbéciles pour être ainsi pétrifié de peur ! Son maître lui avait apprit qu'un ennemi fort est le meilleur des alliés pour progresser. Il devait arrêter de considérer Stanpar comme un monstre ou un truc du genre, ce n'était pas un démon mais un pallier à franchir pour devenir meilleur ! Un entraînement efficace de courte durée !
Le combattant se le répéta, puis une nouvelle fois que le géant n'était pas un Titan mais un simple humain qui le rendrait plus fort, et encore une nouvelle fois ! Et une fois convaincu et déterminé par sa propre volonté, il entra fièrement dans la pièce en envoyant la porte se fermer d'une bon poussée donné d'un mouvement sec du poignet et alla ensuite se placer près du colosse avant de croiser les bras et de le regarder presque hautainement en remarquant que la salle était déserte...À part eux et les armes, armures, et autres accessoires de guerre, il n'y avait rien ici.


"Tu voulais me voir ?"

Stanpar soupira un peu, assez amusé de voir le Rôdeur agir ainsi puis avança d'un simple pas vers lui avant de croiser à son tour ses épais bras.

"Oui, je voulais te parler..."

Kerorian le coupa assez sèchement, pourquoi perdre du temps en parlotte inutile ? Autant aller directement au but !

"Viens-en au fait !"

Le géant soupira une nouvelle fois avant de secouer un peu la tête et d'inspirer longuement avant d'entamer sa longue tirade :

"Très bien. Je t'ai sauvé pour te proposer un marché en faite. Je voudrais te combattre seul à seul au meilleur de ta forme..."

Cette fois, ce fut le guerrier écarlate qui soupira un peu, il s'y attendait...Après tout, ils étaient tous les deux des hommes de guerre.

"Je m'en doutais..."

Stanpar tendit soudainement un doigt devant lui, surprenant un peu le nouveau manieur de la Dragonslayer, il n'avait pas fini ses explications :

"Laisse moi terminer. J'ai l'impression que mes seconds se sont ramollis avec le temps, à force de ne rien faire ou d'affronter des adversaires faibles. Je sais à quel point tu es fort, à notre première rencontre tu avais vaincu cinquante soldats, d'accord ils étaient mauvais, mais ils étaient quand même cinquante ! Et avant que je ne t'assomme tu avais vaincu environ la moitié de mes hommes, à toi seul ! Ce n'est pas n'importe qui qui en est capable..."

Kerorian haussa un sourcil, ainsi le colosse l'avait sauvé uniquement pour qu'il serve d'entraînement à ses lieutenants ? Tss...Un tel but c'est si égoïste...Mais d'un autre coté, c'était intéressant : D'une part car si il vainquait en combat honorable les dirigeants de cette armée, les troupes restantes seraient désorganisées, et puis...Affronté des adversaires de son niveau ne pouvait lui faire que du bien ! Et d'autre part, si un guerrier comme Stanpar reconnaissait ouvertement sa force, c'était flatteur ! Mais impossible qu'il enchaîne les duels...

"Combien de personne devrais-je combattre, en combien de temps, et sous quelles règles ?"

Le géant eut un léger sourire, dévoila un peu quelques uns de ses solides dents dont aucune ne manquait à l'appel, et répondit à sa question :

"Quatre, en me comptant. Tu feras un combat tous les deux jours. Toutes les armes sont autorisées même si je pense déjà savoir lesquelles tu vas utiliser, tous les coups sont permis et le duel ne prend fin qu'à la mort ou l'abandon de l'un des deux combattants. Et bien entendu, le vainqueur décide du sort du perdant !"

Le Rôdeur plissa un peu les yeux en réfléchissant, ça semblait honnête...Mais que se passerait-il au bout des quatre combats ? Sachant que le seul vraiment important était celui contre Stanpar de toute façon, qu'adviendrait-il de Lyn si il perdait ? Cette question devait se lire sur son visage car le colosse ne lui laissa pas le temps de penser plus longtemps :

"Si tu gagnes tous tes combats, alors tu es libre, et tu peux disposer des survivants comme tu veux. Bien entendu, si tu perds c'est la mort qui t'attend, et si jamais tu meurs...Le sort de ta petite amie sera entre les mains du vainqueur, mais ne t'en fais pas, si c'est moi qui te tue je te jure que j'en prendrais soin..."

Le géant baissa un peu la tête, la mine sombre comme si il était triste, et marmonna faiblement pour lui-même, mais malheureusement assez fort pour que son adversaire l'entende :

"...Comme si c'était ma sœur..."

Un conflit eut alors lieu dans le cerveau de l'homme aux cheveux rouges : Céder à la curiosité et lui demander des informations, ou écouter sa conscience de combattant et le laisser tranquille...Un vrai guerrier doit laisser un autre guerrier avec sa propre vie, ne se connaissant que par le fer, pas en discutant de la pluie et du beau temps ! Oui mais, pourquoi cet espèce de montagne semblait si effondré en parlant de "sœur" ? Sauf qu'il ne pouvait pas lui demander ça ! Lui n'aimerait pas que quelqu'un vienne lui parler de tout et de rien...
Finalement, Kerorian préféra se taire alors que Stanpar redressa la tête pour le regarder à nouveau, s'étant visiblement ressaisit :


"Ah oui j'oubliais : Si tu veux une armure ou un truc du genre, on doit en avoir à ta taille. Donc si tu veux te servir..."

Le Rôdeur ouvrit des yeux étonnés : Son ennemi qui voulait le faire tuer par ses subordonné ou, de préférence, l'assassiner lui-même, lui proposait de prendre une armure gratuitement dans SON armurerie ? Surprenant...Finalement, le colosse n'était pas si différent de lui apparemment...Si on exclut le fait qu'il soit méchant bien entendu. Mais bon. Les armures, légères ou lourdes, c'était pas son truc et il déclina poliment son offre avec un léger sourire en coin :

"Non merci, je n'ai pas l'habitude des armures alors je préfère me battre comme je l'ai toujours fais. Qui devrais-je affronter et quand sera le premier combat ?"

Le géant haussa un sourcil intrigué : Kerorian était bien le premier homme qui arrive à lui faire face pour de vrai, surtout seul, et en plus il restait concentré et réfléchi malgré la situation tout à fait à son désavantage et finit par lui répondre :

"Tes adversaires seront, dans l'ordre : Zakls l'épéiste sonique, Chjal le cavalier du tonnerre, Keyucht le Kunstler et bien entendu : Moi. Ton premier combat est dans trois jours à l'heure entre l'aube et le repas."

Kerorian écouta les noms de ces adversaires et prêta très attention à leurs titres : L'épéiste sonique ? Il avait déjà entendu dire que les épéistes étaient très vifs, avec un tel nom il devait certainement être incroyablement rapide. Le cavalier du tonnerre...Sans doute frappait-il très fort ? Ou alors il usait de sort de foudre et dans ce cas ça serait pas bon pour lui, le Rôdeur avait entendu dire que le métal attirait les éclairs, et vu son équipement bonjour les dégâts...Quand au troisième...
Attend une seconde : Kunstler ? Mais, Héras avait-dit en être un non ? Il allait encore être confronté au Beigunshneider Kunst ? Mais dans des conditions réelles cette fois...Allait-il l'affronter avec Zwei ou honorerait-il la bravoure de son adversaire en se battant avec le Kansheirai ?

Profondes réflexions que voila mais elles furent interrompues lorsque Stanpar commença à se diriger vers la sortie :


"Bon ! J'y vais moi, contrairement à toi j'ai pas encore bouffé et j'ai la dalle !"

Le guerrier aux yeux écarlate se retourna pour le suivre du regard en décroisant les bras, hochant la tête pour dire vaguement "D'accord...", puis une question lui traversa l'esprit mais il n'eut pas le temps de la poser que le géant était déjà sorti. Zut ! Kerorian le suivit et sortit à son tour avant de le rattraper :

"Stanpar !"

Le colosse s'arrêta et se retourna, lançant un regard interrogateur au jeune homme, voulant savoir ce qu'il lui voulait :

"Est-ce que tu connais un dénommé Héras Kahill ?"

Le Kunstler qu'il avait rencontré dans les montagnes lui avait dit que sa posture de combat, qui n'était autre que du Kansheirai, lui rappelait celle de quelqu'un qu'il connaissait, et Stanpar utilisait cet art maintenant rare et avait un pratiquant du Beigunshneider Kunst qui devait être au moi aussi rare parmi ses soldats...Peut-être que...

"Oui, pourquoi ?"

Oui...Alors c'était pour ça qu'il avait eu une expression bizarre quand il avait vu la Dragonslayer et que le Rôdeur lui en avait parlé...Parce qu'il connaissait le colosse qui la portait avant lui ! Quelle misère. Bon, au moins le point positif c'est qu'il n'allait pas devoir le combattre prochainement et que de l'avoir affronté auparavant lui permettrait d'anticiper les coups de son adversaire Kunstler...

"Pour rien, merci."

Kerorian entreprit ensuite d'explorer les lieux, tant que Stanpar n'ordonnerait pas qu'on l'attaque il ne risquait rien...Alors autant faire du repérage non ? Même si c'était inutile d'un point de vue stratégique vu que les combats se dérouleraient sans doute sur sol neutre, ça permettait toujours de satisfaire sa curiosité.


Chapitre VIII : Le point de vue d'un vagabond :


Quelqu'un toque à la porte, surprenant légèrement Kerorian qui réfléchissait dans ce qu'on pouvait appeler "sa chambre", qui a son plus grand désarroi était aussi celle de Lyn...Sauf qu'il y avait qu'un seul lit ! Alors du coup il dormait par terre. Mais là, ce n'était pas le moment de dormir, le soleil était encore haut dans cette dernière journée avant que les combats ne commencent :
En effet, demain le Rôdeur devra affronter Zakls, l'épéiste qu'on prétend aussi rapide que le vent. Un redoutable ennemi en perspective...Le guerrier aux yeux écarlates n'avait aucun doute sur sa supériorité physique, mais il n'était pas moins sûr d'être bien plus lent qu'un tel combattant. Enfin bref, on avait frappé, qui était-ce donc ?


"Entrez."

La porte s'entrouvrit doucement avant de laisser passer une timide tête de jeune femme ne voulant visiblement pas déranger, légèrement amusé par le comportement de son amie, Kerorian lui adressa un très léger sourire et lui fit signe de venir. Se voyant acceptée, Lyn entra avec joie avant de refermer la porte et de s'approcher doucement du guerrier à la chevelure flamboyante...Elle était curieuse, comment un homme pouvait-il savoir qu'il risquait la mort et que son combat était désespéré et aller quand même au devant de ses adversaires ? Une telle question ne pouvait obtenir une réponse que de la part d'un de ces fous du champ de bataille qui semblent vivre par les armes.
La jeune femme leva un peu les sourcils dans un geste d'innocence et demanda poliment :


"Kerorian ? Pourquoi te bats-tu alors que tu ne peux pas gagner ?"

L'interpellé haussa un sourcil, si il s'attendait à une telle question...Mais il y avait déjà réfléchi, tout guerrier se bat pour une cause car on ne peut pas se battre sans raison : que ce soit pour le plaisir, l'honneur, pour sauver quelqu'un ou pour passer le temps, il y a toujours une raison. L'interrogé répondit simplement sur un ton amical, enfin, amical par rapport à d'habitude :

"Le combat sert à éprouver ses limites et à les surpasser et ainsi devenir plus fort...Mais je ne me bats pas que pour la puissance, mais aussi pour les autres. Pour les gens comme toi qui ont besoin d'aide, et en étant plus fort je pourrais en aider plus et plus efficacement."

Lyn se gratta un peu la tête, ça répondait à sa question mais ça en soulevait une autre...

"Pourquoi voulez-vous tous être le plus fort ?"

Kerorian regarda la jeune femme d'un air intrigué : Pourquoi se posait-elle toutes ces questions ? Voulait-elle savoir ce qui motivait un guerrier à se battre ? Ou bien cherchait-elle à trouver la faille dans son raisonnement pour l'empêcher d'aller au combat ? Mais bon...Sa nouvelle interrogation avait une réponse un peu plus difficile et le Rôdeur soupira légèrement en répondant d'une voix sérieuse :

"Ça dépend des gens...Il y en a qui ne veulent de la force que pour pouvoir la mettre au service des autres, certains, comme moi, cherchent l'équilibre entre la quête du Pouvoir et l'altruisme, mais un nombre assez important en revanche ne souhaitent avoir la puissance que pour eux-mêmes et ainsi dominer les autres..."

Lyn l'écouta silencieusement, l'homme aux yeux rouges n'était pas du genre loquace ou social, mais il était loin d'être un idiot ou un impulsif, et sa réflexion était intéressante alors elle le laissa continuer. Il se retourna doucement pour aller se mettre face à la fenêtre qui éclairait la pièce et croisa les bras avant de reprendre :

"Être fort, ce n'est pas seulement pouvoir écraser quelqu'un en un seul coup. C'est aussi pouvoir défendre les autres face à quelqu'un de puissant...Et c'est également être fort mentalement. Même le meilleur des guerriers peut passer autant de temps qu'il veut à s'entraîner, si il n'a pas compris ce qui lui manque, alors il ne fera qu'agiter une épée sur un champ de bataille. Et alors il pourra bien être aussi fort qu'il le veut ça ne lui servira à rien car sa technique n'aura ni âme ni base...Elle ne sera qu'un vulgaire geste fait avec un bout de métal qui coupe.

La jeune femme écarquilla un peu les yeux et resta légèrement bouche bée, elle ne comprenait pas ce qu'il voulait dire : Quelqu'un de fort peut être en faite un faible ? Mais ça n'a aucun sens ! Si on est fort, on est fort, non ? Et puis c'est quoi cette histoire de "truc qui manque" ? Un épéiste ça a besoin d'une épée, d'un entraînement et c'est tout, pas vrai ? Mais elle n'eut pas le temps de s'exprimer que le Rôdeur continua à nouveau en fermant doucement les yeux :

"N'importe qui peut s'entraîner et devenir un bon combattant, mais tous ne savent pas que la force physique n'est rien en réalité...Il faut trouver ce qui nous fait défaut, et corriger le problème, avant de recommencer, encore et encore jusqu'à trouver l'équilibre parfait, et alors il est possible de dire qu'on est fort..."

Décidément, c'était vraiment trop flou pour elle...Comment quelqu'un comme lui ou comme Stanpar même pouvait-être qualifié de faible avec leur force de malade ? Ils se trimballaient avec des épées aussi grandes qu'eux ou avec une armure comme une forteresse, et ils ne seraient pas forts ? Mais qu'est ce qu'il raconte..?

Kerorian sentait qu'elle ne comprenait pas...En même temps, c'est un sujet moralement complexe, et sans doute encore plus pour quelqu'un qui n'a jamais pensé à devoir se battre et qui n'aime pas ça. Mais il n'avait pas envie de continuer, il fallait trouver un moyen de détourner la conversation ! Mais lequel ? Hmm...Peut-être les enfants ? Il parait que les femmes s'y intéressent beaucoup.
Le Rôdeur se retourna sans précipitation pour pouvoir faire à peu près face à Lyn et lança le nouveau sujet :


"Tu voudrais avoir des enfants un jour ?"

La jeune femme le regarda avec deux yeux ronds en ne s'attendant pas du tout à une telle question, surtout aussi soudaine et de la part du guerrier aux yeux rouges, puis commença à réfléchir de façon un peu étrange...
Il venait de lui demandait si elle voulait des enfants, curieux que lui qui semble vivre pour le combat et la défense des opprimés s'intéresse à ce genre de choses. Puis elle rougit soudainement jusqu'à en devenir plus écarlate que les yeux du combattant en pensant qu'il lui demandait si elle voulait qu'il lui en fasse !
Lyn se plaqua les mains presque jointes sur le visage et se retourna vivement en ne sachant plus quoi penser...Puis jugeant qu'il était nécessaire de réfléchir à une telle demande, qui l'intéressait bien mine de rien, elle commença à marcher vers la porte, balbutiant :


"Je...je...je vais y réfléchir ! Ne...ne me brusque pas s'il te plait ! C'est...C'est si...si soudain !"

Kerorian la regarda partir en ne comprenant pas trop : Pourquoi se mettait-elle dans un tel état pour une simple question ? C'était pas un sujet gênant pourtant...Si ? Enfin, en tout il ne lui semblait pas à lui, après elle pensait sans doute différemment. Bref, au moins ça avait eu le mérite de couper court à la conversation. Et le Rôdeur put apercevoir que le soleil commençait à décliner, il restait donc un bon bout de temps avant que la nuit tombe...Autant faire un nouveau tour du coin pour attendre d'être à la bonne heure, c'était toujours bon de marcher un peu.

Le lendemain, le guerrier aux yeux écarlates se rendit sur ce qu'on lui avait désigné comme le champ de duel : Une espèce d'aire circulaire complétement dégagée, sans herbes ni cailloux, dans laquelle on aurait pu sans peine coucher par terre dix wyvernes avoir encore de la place. Il était venu avec sa tenue habituelle : Gants et bottes renforcés d'acier, Zwei et Dragonslayer, sa cape et sa tunique. l n'avait pas besoin de plus.
Son adversaire du jour, le dénommé...Zakls...Quel nom foireux ! Absolument imprononçable ! Bref, l'épéiste était un jeune homme d'une vingtaine d'années tout au plus, châtains, les cheveux assez courts sans être en bataille, une simple chemise légère assez proche du corps et sans manches ainsi qu'un pantalon en tissu s'arrêtant au-dessus des genoux...Une telle tenue était clairement faîte pour avoir un maximum de vitesse, au détriment de la protection mais, il est vrai qu'en règle générale, si on peut frapper suffisamment vite pour tuer l'autre en un seul coup avant même qu'il ne réagisse alors la défense devient obsolète...Il portait un fourreau à sa ceinture, mais coté droit, son adversaire était donc gaucher ?

Bref...Il était temps de commencer le combat. Kerorian s'avança sur l'aire de duel en se plaçant à quelques grands pas de son ennemi et s'arrêta pour lui faire face.



Chapitre IX : Trio infernal, premier adversaire : Zakls, l'épeiste sonique :


Zakls adressa un simple sourire provocant à son adversaire avant de dégainer immédiatement et de se mettre tranquillement en position de combat, mais sa garde était étrange...Il tenait son épée d'une main, l'autre en arrière à hauteur de son épaule et s'était presque mit de profil. Kerorian réfléchit quelques instants sur cette position particulière : Il lui paraissait clair qu'elle n'était pas adaptée à un combat de force ou de longue durée, son idée première faite après observation de sa tenue était maintenant confirmée. L'épéiste réglait ses problèmes en un seul coup fulgurant. C'était sans doute ce qui lui avait valu son nom, en revanche il ne devait pas être très fort physiquement, si le Rôdeur parvenait à lui mettre une attaque directe ça devrait résoudre le problème...

Le guerrier à la chevelure écarlate écarquilla l'espace d'un moment les yeux avant de bouger rapidement la tête sur la droite et d'éviter de justesse la lame de son adversaire qui s'était avancé incroyablement vite et l'avait attaqué immédiatement en lui entaillant la joue. Ce gars n'était pas un amateur, il ne lui avait même pas laissé le temps de dégainer ! Kerorian recula d'un grand pas avant d'empoigner son épée et de la sortir pour se mettre en position, prêt au combat et remarqua alors l'arme de son adversaire à laquelle il n'avait pas encore fait attention :
C'était une lame fine, presque une aiguille. Une telle rapière devait certainement être très légère et permettait sans aucun doute possible des attaques fulgurantes, comme celle d'il y a quelques secondes et qui avait manqué de lui transpercer la tête...D'un autre coté, si elle était très vive, elle devait aussi être incroyablement fragile et elle ne supporterait sûrement pas un contact direct avec Zwei qui elle était lourde et épaisse, un seul coup suffirait à briser l'arme de l'épéiste mais le problème...C'est justement de lui porter ce coup ! Son adversaire n'est pas un débutant et il y a toutes les chances du monde qu'il sache déjà la faiblesse de sa lame et a certainement mis au point une technique pour éviter tout contact entre les épées.

Tenant son épée à deux mains, face à son ennemi, la pointe à hauteur de la gorge de sa cible, le Rôdeur commença à avancer lentement pour voir comment allait réagir l'autre combattant et pouvoir saisir le moindre geste qui lui permettrait d'anticiper son attaque, et vit que son opposant en fit autant. Non seulement il était très rapide, mais en plus il ne se précipitait pas comme un idiot...Pas étonnant qu'il soit l'un des lieutenants de Stanpar.

L'épéiste bondit soudain en avant en portant un estoc fulgurant au visage du guerrier aux yeux écarlates qui dût bouger la tête dans un sens et faire un mouvement dans l'autre avec son épée pour dévier la lame puis d'envoyer son arme en avant pour frapper son ennemi qui esquiva d'un rapide pas de coté avant d'armer un second coup que le combattant rouge évita de peu mais subit malgré tout une légère entaille au bras droit avant de riposter par une grande frappe circulaire qui ne fit que fendre l'air après que sa cible ait reculé en vitesse avant de se remettre en garde.

Kerorian se remit en garde en se disant que ce n'était pas gagné...Ce type était non seulement très vif en attaque, mais aussi sur ses déplacements alors que lui préférait faire de grands coups puissants, mais un peu lents alors que son adversaire ne comptait que sur sa rapidité. La solution la plus simple serait de briser son arme, avec une lame plus courte et sans pointe il serait forcé de changer de technique et il pourrait alors prendre l'avantage car son allonge et sa force dépassent de loin celles de son ennemi...

Sa réflexion fut interrompue par un coup qui manqua de lui crever un œil, réussissant à l'esquiver de justesse en reculant mais se déstabilisa par ce mouvement et une rapide attaque lui aurait coupé l'avant-bras, ou l'aurait en tout empêché de s'en servir, si il n'avait pas eu ses gants d'acier. Le Rôdeur rétablit son équilibre en posant un pied en arrière et changea de tactique pour foncer sur son ennemi juste devant lui qui, surpris, n'eut pas le temps de se dégager et fut lourdement percuté par le lourd guerrier avant de tomber à terre sous le choc, avant de rouler sur le coté aussi que possible pour éviter l'épée de Kerorian qui écrasa là-où il était un instant avant, et dût encore tourner plus loin pour éviter une seconde attaque avant de pouvoir se relever et se remettre en garde face au manieur de grandes lames qui en fit autant.

Mais cette fois l'épéiste décida d'arrêter de jouer et passa à une offensive soutenue en fonçant sur le Rôdeur et en lui faisant subir une véritable pluie de coups qu'il parvenait à peine à éviter tant bien que mal en reculant aussi vite que possible et en déviant au minimum la lame de son ennemi pour pouvoir bloquer comme il pouvait l'enchaînement avant de finalement tomber par terre à cause de son énorme déséquilibre causé par sa retraite forcé et le poids de la Dragonslayer. Zakls voyant son adversaire chuter voulu saisir sa chance d'en finir...Mais il y eut un imprévu.

Kerorian était tombé sur le dos, sans lâcher Zwei, et savait très bien que l'épéiste sonique allait tenter de l'achever au sol et vu que dans cette position il ne pouvait pas esquiver ni se défendre, alors il n'eut pas d'autre choix que d'en recourir à la dernière solution et balança littéralement son épée d'un grand geste en la faisant tourner et força son ennemi à faire un grand mouvement de recul pour l'éviter et eut ainsi le temps de se relever...Sauf que la situation venait d'empirer : Sa cible avait esquivé la lame volante et lui avait perdu son épée principale. Déjà qu'il avait du mal avec son arme "rapide" contre l'autre, alors à la Dragonslayer c'était même la peine d'y penser...

Et soudainement, Zakls bondit sur la droite de Kerorian et prit un pivot étrange en échangeant son arme de main avant d'envoyer un splendide coup d'estoc à la tête du Rôdeur qui eut juste le temps d'écarquiller les yeux avant de hurler alors que la fine lame transperçait de part en part sa peau en se tâchant de sang...

L'épéiste s'autorisa un sourire, à la fois sadique et satisfait d'avoir tué son ennemi, resta en position en attendant que son corps tombe...Mais alors que les secondes s'écoulaient, le manieur d'épée perdait doucement son sourire en trouvant de plus en plus étrange que le cadavre de son adversaire ne chutait toujours pas, et sursauta brutalement, comme presque tous les soldats amassés autour d'eux en spectateurs, lorsque Kerorian donna un violent uppercut en plein dans la lame qui se brisa net, permettant ainsi à Zakls de vivement reculer en se demandant comment on pouvait survivre avec une épée dans la tête quand le Rôdeur se tourna vers lui en lui lançant un regard meurtrier et en apportant l'explication à sa survie :

Lorsqu'il avait hurlé, le guerrier écarlate avait relevé la tête et grand ouvert ses mâchoires en laissant ainsi passer l'arme de l'épéiste entre ses dents sans toucher de point vital, transperçant juste ses joues, puis avait resserré ses crocs pour retenir la fine lame avant de la frapper et ainsi de la briser sur presque une bonne moitié...Se retrouvant ainsi avec un bout d'épée à travers le visage, heureusement qu'elle était aussi fine qu'une aiguille, sinon il n'aurait jamais pu faire un truc aussi...aussi dingue ! Il attrapa le bout le plus "large" de l'arme et tira dessus pour l'enlever, avant de se mettre en position de combat à main nue cette fois en parlant d'un ton violent et sans appel :


"Abandonne, car sinon c'est la mort qui t'attends."

Zakls lui sourit d'un air moqueur en se remettant en position : Qu'est ce que ce pauvre gars désarmé pensait bien pouvoir faire contre lui ? Okay, son épée était brisée mais elle restait une arme ! Et bien utilisée, une arme est mortelle, et alors qu'il s'approchait pour se mettre à distance de frappe, plus courte qu'à son habitude à cause de la "nouvelle taille" de sa lame, Kerorian avança soudainement d'un grand pas en frappant le sol du pied avant de pivoter dessus pour envoyer un puissant coup de pied circulaire vers le bras de son ennemi qui se dit que c'était vraiment un imbécile sans aucun sens des réalités :
Une épée, même brisée et très fine, reste assez puissante pour trancher, ou au moins transpercer, une cheville sans problème ! Surtout lorsqu'on frappe avec...L'épéiste frappa donc directement le bas-mollet du Rôdeur en pensant l'empaler net. Au pire il perdrait encore un morceau de lame mais son adversaire ne serait même plus capable de marcher ou même de tenir debout ! Et alors il n'aurait plus qu'à l'achever en prenant touuuut son temps...

Sauf que contrairement à ce qu'il s'attendait, le grand pied de Kerorian passa tout droit, brisant net une bonne partie de ce qui restait de l'épée sans subir de dommages grâce à la botte d'acier avant d'être reposé au sol. Le guerrier aux yeux rouges fixa presque cruellement son ennemi en répétant sa demande :


"Abandonne."

Cette fois, Zakls accepta : Son épée avait maintenant la taille d'une dague et c'était à peine si il avait autant d'allonge que le Rôdeur qui l'emportait clairement sur la force...Si il encaissait un seul coup il verrait des étoiles quelques secondes avant de prendre une deuxième attaque qui le sécherait net sans aucun doute possible. Or il ne tenait pas à mourir bêtement. L'épéiste lâcha donc ce qu'il restait de sa lame avant de reculer d'un pas pour montrer son abandon.

Kerorian se remit debout normalement et cracha un peu de sang qui s'accumulait dans sa bouche à cause de sa blessure, il coulait également le long de ses joues et sur son cou mais s'était sans importance...Il s'approcha de son adversaire, puis s'arrêta à quelques pas avant de se baisser et de récupérer son arme brisée avant de se relever pour aller ramasser Zwei, et ensuite regarder autour de lui : Les soldats restants le haïssaient clairement...Pourtant aucun n'osera protester, il a gagné dans un combat loyal et a ainsi prouvé sa force. Personne ne pourra contredire ça.
Le Rôdeur rangea son épée bâtarde et s'en alla ensuite vers ce qu'on lui avait donné comme "chambre" pour qu'il se soigne. Les blessures qu'il avait subi n'étaient pas graves, mais elles étaient nombreuses, et mieux valait éviter une infection...

Alors qu'il s'en allait fièrement, les spectateurs s'écartant pour le laisser passer, il put entendre une voix puissante et lourde s'adresser aux troupes encore en vie. C'était Stanpar qui déclarait officiellement sa victoire :


"Kerorian le Guerrier Écarlate remporte son duel contre Zakls, l'épéiste sonique !"

Il y eut des protestations discrètes, mais personne n'osa le dire ouvertement. Le Rôdeur tiqua sur deux points et s'en arrêta même en se retournant un peu pour regarder le colosse. Comment connaissait-il son nom ? Il ne le lui avait jamais dit. Et ce titre..."Le Guerrier Écarlate", c'était Lyn qui l'appelait ainsi depuis qu'il l'avait sauvé des bandits. Le géant avait sans doute demandé à la jeune femme de parler de lui et elle l'avait fait...Bof, après tout, c'était pas un drame.

Une fois dans ses appartements, il commença à se soigner quand Lyn arriva, très souriante, et visiblement très heureuse et soulagée qu'il ait gagné et lui arracha littéralement la trousse de soins des mains avant d'essayer de le pousser sur le lit :


"Laisse-moi faire ! Tu t'es déjà assez fatigué comme ça alors reposes toi et laisses toi faire !"

Kerorian n'opposa pas de résistance et se retrouva assis sur le matelas alors que la jeune femme s'assit sur une chaise devant lui et commença à désinfecter ses plaies avant de les panser. Si Zakls n'avait pas réussi à lui porter de coup vraiment efficace, il avait en revanche réussi à l'atteindre de nombreuses fois sur les bras et les épaules. "L'infirmière" du Rôdeur soupira en continuant à le soigner :

"Mais pourquoi est-ce que vous, les hommes, vous passez votre temps à votre lancer dans des combats où vous risquez votre vie ?"

Il voulu répondre, mais le sang dans sa bouche le gêna. Fichue blessure ! Crachant très...élégamment par terre, il dit rapidement sur un ton simple :

"Est-ce inutile de se battre pour la vie ?"

Lyn soupira une nouvelle fois en finissant de soigner le bras droit du guerrier qui était maintenant momifié depuis le haut du coude jusqu'à l'épaule pour ensuite s'occuper de l'autre en répondant sur un ton presque fatigué :

"Comment peut-on sauver sa vie en la mettant en danger ?"

Kerorian commença à comprendre un peu se que se disait la jeune femme. Elle devait penser que la violence ne résout rien et qu'au contraire, en l'employant contre une autre violence ça ne pouvait qu'empirer et se terminer dramatiquement...Ce n'est pas tout à fait faux...

"Car la violence n'est pas seulement aveugle..."

Commençant à bander les blessures de son deuxième bras, Lyn haussa un sourcil en tentant de comprendre : Lorsqu'on attaque quelqu'un, on déclenche un cercle sans fin, il réplique avec la même violence, voir pire, et quelque soit le résultat il y aura des conséquences. Les proches du perdant finiront par se venger, se qui appellera la vengeance des proches de la deuxième victime et chacun qui tombera provoquera l'arrivée de ses proches dans la bataille qui ne fera que prendre de l'ampleur avant de terminer par un carnage total...

"Comment peut-elle ne pas être...Juste...violente ?"

Le Rôdeur fronça les sourcils en se disant qu'elle s'interrogeait beaucoup à ce sujet, en même temps c'est un thème lourd et sérieux, aussi ancien et naturel que compliqué et personnel...Il cracha une nouvelle fois pour pouvoir parler et répondit :

"Car la violence au début inutile permet d'imposer sa force. Et si il y a bien quelque chose de plus fort que la violence pure, c'est bien la terreur qu'impose un être bien supérieur au niveau martial. Regarde Stanpar, un tel homme peut monter une armée qui le suivra car il peut les mener au combat par sa simple présence. L'ayant moi-même affronté, je peux te dire qu'il ne doit pas y avoir beaucoup de personnes capables de l'inquiéter, avoir un tel ennemi en face de soi, même si on est supérieur en nombre, brise le moral. Et sans moral un soldat ne peut pas se battre...Ainsi, il est possible de gagner une guerre sans même se battre..."

La jeune femme resta silencieuse en réfléchissant, et une fois qu'elle eut finit de panser le bras gauche, elle le regarda d'un air perdu en s'interrogeant encore plus :

"Tu veux donc dire que la violence instaure la paix par la peur ?"

D'un certain point de vue...C'est vrai que ça pouvait être dit ainsi. Une violence sans égale terrifie les adversaires qui ne peuvent plus se battre et si il n'y a pas de combat on peut dire qu'il y a la paix...Mais Kerorian ne pensait pas exactement comme ça :

"Plutôt que le seul moyen de détruire la violence, c'est de lui opposer une force encore plus violente...Si on oppose un enfant à un adulte, l'enfant ne peut que se résoudre à obéir car il n'a pas la possibilité de s'imposer...C'est le même principe...Je crois."

Lyn soupira encore une fois, pensive, puis regarda les trous dans les joues du Rôdeur, comment elle allait soigner un truc pareil ? Elle se gratta la tête quand la porte s'ouvrit soudain, laissant apparaître Stanpar et un homme en blanc de taille normal, de carrure assez légère et visiblement un prêtre ou un truc du genre.

Le guerrier rouge fronça les sourcils en posant par réflexe une main sur son fourreau qu'il portait encore, l'homme qui avait hanté ses cauchemars durant longtemps venait d'entrer dans la pièce où il se trouvait, alors forcément il y avait des réactions automatiques...Lyn se leva tout simplement en se demandant ce que ce colosse voulait, et obtint rapidement réponse :


"Bravo pour ton combat gamin, je me suis dis que ta petite copine aurait du mal à soigner ta blessure aux joues, alors je t'ai apporté un soigneur."

Le prêtre s'approcha du Rôdeur et pointa son bâton vers lui alors qu'une lumière se mettant à en émaner, resta ainsi quelques instants en se concentrant, puis repartit sans un mot suivi peu après par Stanpar qui referma la porte. La jeune femme se tourna vers le guerrier maintenant guéri et lui sourit un peu :

"Bon, au moins t'es soigné maintenant."

Elle perdit ensuite son sourire avant de s'assoir à coté de lui et de poser sa tête sur son épaule...Ou plutôt son bras vu la différence de taille et soupira légèrement avant de reprendre la conversation :

"C'est donc ça que tu cherches ? La force pour pouvoir arrêter toute violence avant même qu'elle ne commence ? Et c'est pour ça que tu te bats ? Pour l'empêcher de grandir tout en devenant plus fort ?"

Kerorian resta immobile, réfléchissant lui-même sur ses agissements...Actuellement sa force était insuffisante pour vaincre la violence qui l'entourait, alors il se jetait encore plus dedans pour s'améliorer en tentant d'y mettre fin avec les moyens qu'il avait pour le moment. Il répondit simplement :

"...Oui..."

Lyn resta ainsi et releva un peu la tête pour le regarder, fixant ses yeux rouges lorsqu'il avait tourné la sienne en la sentant bouger...Des yeux de démon comme on dit, sans compter sa chevelure flamboyante, difficile de croire que c'était quelqu'un de bon au point de risquer sa vie pour n'importe qui du moment que c'est une victime. Mais il avait donc l'intention de ne vivre que de guerre perpétuelle ?

"Tu comptes passer ta vie à te battre ? Tu ne voudrais pas épouser une femme que tu aimerais de tout ton cœur ? Puis avoir des enfants et les aimer au point d'en devenir ridicule en les élevant ? Et de te servir ta force pour les protéger ? Ne souhaiterais-tu pas vivre heureux ?"

Kerorian tourna légèrement la tête se mit à regarder le sol en réfléchissant...Quel être ne voudrait pas connaître le bonheur ? Mais celui-ci peut avoir bien des formes, assurer sa descendance n'est pas synonyme de vie heureuse. Restant ainsi, sombre, il répondit d'une ton presque lourd :

"Avoir une famille n'est pas signe d'un bonheur parfait...Certains sont heureux de vivre seuls, d'autres préfèrent le bien-être des autres au détriment du leur...Je suis loin d'être assez fort pour ne serait-ce que me défendre moi-même, comment pourrais-je protéger des personnes qui dépendraient alors de moi ? ...Et nombreux sont ceux dans le besoin, cesser de me battre et m'installer quelque part, ça serait tous les abandonner. Je ne sais pas si je peux les sauver, ou même les aider, mais je ne peux pas rester les bras croisés à ne rien faire en profitant de ma vie."

Lyn rebaissa un peu la tête, commençant à comprendre la pensée du Rôdeur. Il était altruiste au point de mourir pour des inconnus, elle était sans doute la mieux placée pour le savoir après l'avoir vu se battre seul contre dix bandits juste pour elle qu'il n'avait jamais rencontré, puis d'affronter ensuite une véritable armée juste pour sauver son grand-père adoptif...Puis ensuite une autre armée pour essayer de la délivrer, elle ne savait plus quoi penser...Était-ce un saint ou un fou ? Un sauveur ou un idiot ne tenant pas à la vie ?
Elle aurait voulu répondre quelque chose, mais comment dire à quelqu'un de tenir à sa vie alors que ses convictions ont porté son épée jusqu'à aujourd'hui quel que soit le danger ? Elle réfléchissait intensément quand soudainement le Rôdeur se leva, la laissant tomber sur le matelas en disant d'un ton presque léger :


"J'ai faim, tu viens ?"

Maintenant allongée sur le matelas, elle le regarda avec de gros yeux en ayant du mal à croire à un comportement presque enfantin de la part du guerrier écarlate, puis sourit et rit légèrement en se relevant, avant d'aller le rejoindre et de lui attraper un bras :

"Allons-y alors, on va pas rester là à mourir de faim tous les deux !"

Kerorian lui sourit très légèrement, et commença à aller vers la salle à manger, se demandant pourquoi elle s'accrochait à lui comme ça et se dit que son changement de sujet avait marché. Parler d'un thème aussi sérieux n'était pas dans ses habitudes, déjà qu'il n'aimait pas spécialement parler...
Mais bon, autant afficher un visage content pour qu'elle ne s'inquiète pas. Mais derrière cette façade satisfaite se trouvait un mur impassible qui savait que les prochains combats seraient difficiles : L'arme principale de la cavalerie, c'est la lance, or tout le monde sait que les manieurs d'épées haïssent les lanciers à cause du fait qu'ils peuvent frapper sans être touchés...Et que l'infanterie est peu efficace contre les soldats montés.
Puis il y aurait ce Kunstler...Pour s'être entraîné pas mal de temps avec Héras, Kerorian savait combien le Beigunshneider Kunst était puissant, sans compter qu'il s'agirait sans doute d'un meilleur praticien que celui qu'il avait rencontré et qu'il avait déjà du mal à affronter.
Et ensuite Stanpar...Il aurait la possibilité de se venger de sa défaite si il parvenait à l'affronter...Non...Il allait l'affronter ! Quitte à être plus cruel que lui, il vaincra ses deux autres lieutenants et se servira de la Dragonslayer pour vaincre son ennemi !

Mais...On en est pas encore là, pour l'instant le Rôdeur a faim et c'est l'heure de manger. Dans deux jours il affrontera Chjal, alors autant voir ce qu'il se passera à ce moment au lieu de se casser la tête à réfléchir...




"Il y a...des ombres...dans ma tête..."
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MessageSujet: Re: La gentillesse est une source de problèmes.   Sam 8 Oct - 12:09

Chapitre X : Trio infernal : Chjal le Cavalier du Tonnerre :


Le soleil est déjà levé depuis quelques heures, un homme aux cheveux flamboyants sort tout juste d'un grand bâtiment, il se dépêche de rejoindre le cercle de terre nue qu'on nomme "arène" dans ce camp. Il risque d'être en retard, il y a un combat de prévu aujourd'hui, mais ce duel l'a tellement stressé qu'il n'a pu en dormir cette nuit et le voila qui se lève à peine de son lit dans lequel il a eu tant de mal à se reposer. Au lieu de pouvoir prendre son temps pour rejoindre le terrain tranquillement en s'étant équipé paisiblement, le guerrier est forcé de courir en ayant juste mis un bas, une tunique et embarqué le fourreau où loge son épée pour essayer d'être à l'heure. Lorsqu'il arrive enfin sur le "champ de bataille", de nombreux soldats forment un grand cercle autour de l'arène. Zut, il doit être à la bourre en fait... Tentant de se faire une petite place entre deux gardes en s'excusant poliment pour son retard, il n'a que le temps d'écarquiller les yeux lorsqu'il pose ceux-ci sur le centre du ring :

D'un rapide pas de coté, le combattant à pied esquive de justesse la charge furieuse de son adversaire monté qui poursuit sa route jusqu'au pauvre homme qui vient à peine de se réveiller. Lui qui tenait tant à voir ce combat car il opposait l'un des adjoints du chef du camp à un type costaud qui avait un point commun avec lui : Des crins de couleur rouge... Mais voila que le cavalier, l'un des seuls au service de Stanpar, lui fonce dessus car son attaque à raté et que son élan l'a entrainé jusqu'ici. Est-ce qu'il va mourir ici ? Piétiné vif par un de ses supérieurs ? Lui qui n'est qu'un simple soldat qui n'a jamais rien demandé à personne... On ne lui donna jamais de vrai travail car il est maladroit et pas très fort, alors pour survivre il fut forcé de devenir mercenaire et d'offrir ses maigres services pour pouvoir continuer à exister, jusqu'à ce que ce colosse invincible lui propose de le rejoindre malgré sa faible puissance, il disait avoir besoin de gens comme lui...mais il ne comprenait pas ce qu'il voulait dire, et maintenant il allait mourir avant même d'avoir trouvé ce que son chef attendait de lui ? Non, c'est trop bête...pour une fois que quelqu'un voulait bien de lui...

Chjal, le lieutenant monté, tira rageusement sur les rênes de sa furieuse monture, au moins aussi assoiffée du sang du Rôdeur auquel elle faisait face que son cavalier, et parvint à faire stopper son destrier un pas ou deux avant de passer sur le soldat aux cheveux rouges, cependant son cheval se dressa haut sur ses pattes postérieures, montrant à quel point il était effrayant une fois debout et recula d'un sabot pour reposer ses membres avant sans écraser le petit guerrier roux. Non seulement celui-ci n'était pas très doué, mais en plus il avait une faible carrure, contrairement à celui qui attendait impassiblement la prochaine attaque. Celui-ci était grand, robuste, et parfaitement préparé à n'importe quoi. On le lisait dans ses yeux, on le voyait à sa posture :

Debout. Simplement debout, les genoux très légèrement pliés pour pouvoir réagir plus rapidement, main gauche sur le fourreau, juste sous la garde pour permettre de dégainer plus rapidement et éviter que l'étui ne bouge et gêne la sortie de la lame. L'autre bras était le long du corps, il attendait une occasion pour surprendre son adversaire. Peu importait qu'il soit déjà au courant de son plan, ses yeux eux ne serait pas prêts à identifier la réelle menace de son arme tant qu'il ne l'aurait pas prise en main. Zwei est une épée bâtarde, plus longue qu'une épée classique, mais plus courte qu'une à deux main. Mais rien que ça permet de jouer sur un point capital lors des combats : La distance. Toutes les épées dites "à une main et demie" n'ont pas la même taille de poignée et de lame, et celle du Rôdeur se classe dans les plus grandes de son genre dans les deux cas.

Kerorian, lui, ne s'était pas réveillé en retard. Au contraire, ses yeux de feu s'ouvrirent aux premiers rayons du soleil, il s'était ensuite étiré comme toujours, ça permet un réveil efficace et délicat des muscles tout en les entretenant relativement bien et s'était ensuite mis à faire le tour du camp pour réfléchir un peu : Il n'avait quasiment jamais affronté de combattant monté, la seule chose qu'il savait c'est qu'il était doublement avantagé et que les surnoms des lieutenants de Stanpar n'étaient pas choisis par hasard... Zackls avait fait preuve, malgré son jeune âge, d'une vitesse stupéfiante qui avait bien failli lui coûter la vie, et il portait le nom d'épéiste sonique, comme si on destinait l'épée qu'il maniait à être un jour aussi vive que le bruit, le problème est que si ce nom permettait de deviner immédiatement son atout principal, celui de Chjal en revanche laissait un doute :

"Le Cavalier du Tonnerre", tel était son titre. Mais qu'est ce que ça signifiait ? Que son arme possédait la force des éclairs ou qu'il frappait avec une telle force que ses impacts résonnaient tel la foudre qui s'abat sur terre ? Si c'était le premier cas, alors ça voulait dire que le moindre contact avec sa lance serait particulièrement dangereux, d'autant plus qu'il semblait au Rôdeur d'avoir un jour lu dans un des livres de son maître que l'électricité était guidée par le métal, ou pour être plus clair : Si il touche la lance de son ennemi, même avec son épée, il allait s'en prendre une...

En revanche dans le deuxième cas, ça signifiait simplement que ses coups le mettraient en pièce si il était touché. Chjal était un bon exemple de soldat : D'une taille normale, voir peut-être très légèrement supérieure à la moyenne, de corpulence banale, la musculature qu'il laissait apparaître sur ses bras était parfaitement apte à manier une arme d'hast et sa posture sur sa monture trahissait son expérience du combat monté, il portait également une armure à la fois légère et efficace, optimisée pour les batailles depuis le haut de son destrier : Un plastron, des jambières et des brassards aux avants-bras à première vue en acier, et des épaulières et des gants apparemment en cuir. Le casque protégeant l'arrière, le sommet et les côtés de sa tête empêchait de déterminer sa coloration capillaire. Tout cet équipement semblait à Kerorian parfait pour un combattant monté : Léger et souple, il ne gênait probablement ni le guerrier ni la monture tout en offrant une protection efficace face à des coups mal portés, comme une attaque précipitée ou à force réduite à cause d'un mauvais angle, difficile d'atteindre réellement un cavalier...

Par contre c'était également le genre d'armure qui ne résisterait pas à sa force si il parvenait à lui placer un direct, bien trop fine pour encaisser la puissance qu'il pouvait déployer en maniant bien Zwei, le Rôdeur ne pourrait peut-être pas le couper en deux en une seule fois, mais lui porter un coup mortel ça c'est tout à fait réalisable...À condition de toucher sa cible, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle il n'a toujours pas dégainé. Quand il était venu sur l'arène après avoir marché quelques heures, Chjal lui avait immédiatement foncé dessus, prouvant ainsi qu'il était du genre dynamique et impatient, le genre d'adversaire contre qui il vaut mieux attendre une ouverture pour frapper plutôt que d'essayer de riposter directement. D'ailleurs il continuait encore à essayer de le piétiner ou de l'embrocher, donc preuve est faite que ce n'est pas un habitué des combats de longue durée, mais plutôt des charges...

Kerorian ne portait que son épée bâtarde aujourd'hui, la mobilité de son adversaire l'avait convaincu de s'équiper "légèrement" et de laisser la lourde Dragonslayer dans sa chambre, et cette idée fut lumineuse ! Car avec le poids de la Tueuse-de-Dragons, ses jambes, pourtant puissantes, n'auraient pas été assez fortes pour lui permettre de s'écarter assez vite de la course du cheval de son ennemi. Mais maintenant il commençait malgré tout à se fatiguer, ses gants et bottes très largement renforcés à l'acier l'alourdissaient tout de même et devoir bouger autant lui faisait consommer pas mal d'énergie, on ne peut pas jouer au plus fort ou au plus endurant avec un cavalier... Pas de chance, c'est ses spécialités, dont faut trouver autre chose, et vite.

Voila le destrier et son maître à nouveau face à lui après avoir failli écraser le petit soldat aux cheveux rouges et Chjal se prépare à une nouvelle charge, pointant sa lance vers lui, cette fameuse lance n'ayant rien de spécial sinon qu'elle est complétement noire, même la pointe, et qu'elle semble enroulée dans une sorte de cuir sur sa moitié inférieure. Et le revoilà qui lui fonce dessus, il n'y a pas de danger à droite... Peut-être pourrait-il tenter un truc idiot ? Car de toute façon si ça se prolonge encore il finira par se prendre le sprint du cheval, alors autant essayer différents trucs non ?

Contre toute attente, au lieu de se préparer à un grand pas de coté comme depuis le début du combat pour laisser passer le cavalier et se replacer pour une autre esquive, le Rôdeur s'élança sur son adversaire bien que légèrement décalé et tendit le bras gauche en semblant sauter un peu alors que le cheval percutait son membre tendu qui se plia un peu sur son robuste garrot, provoquant un léger pivot pour le guerrier qui porta un grand coup de paume à l'épaule du soldat monté en passant sa jambe sur le dos du canasson. Son attaque avait déséquilibré son ennemi qui failli tomber mais se rattrapa aux rênes, en revanche Kerorian était maintenant sur son destrier, tenant d'une façon assez...incertaine, mais qui lui attrapa la main avec celle qu'il pouvait encore utiliser et serra.

La prise que pouvait avoir le manieur d'épée était large, bien assez pour empoigner complétement la main de Chjal et l'écraser dans sa solide poigne, habituée à tenir de lourdes lames, alors broyer le poignet de quelqu'un était chose facile, surtout lorsque celui ci n'y est absolument pas préparé. Son ennemi hurla rapidement de douleur, cette horrible impression d'avoir les os qui se brisent avec cette intense souffrance finit par lui faire lâcher sa propre prise. C'était tout ce que désirait l'épéiste qui atteignit ainsi juste à temps son objectif, ses "appuis" sur le cheval étaient vraiment bancals et il venait tout juste de perdre sa "position", retombant ainsi à terre en lâchant le poing du cavalier qui, privé de sa poigne sur les rênes, en fit de même et s'étala à terre dans un léger nuage de poussière.

En revanche le premier à se relever fut le Rôdeur, plus habitué aux impacts directs et doté d'une meilleure constitution que son adversaire, profitant de cet avantage momentané il dégaina rapidement son épée et chargea pour trancher en deux son ennemi encore au sol qui, malgré son manque d'habitude de combat à pied, réagit promptement et roula de coté pour se mettre sur le dos en esquivant la coupe du guerrier et contrer immédiatement d'une attaque de taille. Ce genre de coups avec une arme d'hast n'a pas le même impact qu'une épée ou une hache, aussi Kerorian commit une grave erreur en pensant pouvoir se permettre de juste tourner le dos de son poing vers le cavalier à terre pour essayer de bloquer la technique avec son solide gant d'acier qui lui avait déjà servi tant de fois... Dans un sens, il réussit.

La lance frappa contre la protection et n'eut pas de réel impact, attaquer d'une seule main avec une taille à l'hast n'avait pas véritablement de puissance et le peu de force que ce coup avait était très loin de pouvoir affecter d'une manière ou d'une autre Kerorian... En revanche l'attaque apporta la réponse à sa question d'il y a quelques heures, ainsi qu'une terrible douleur encore jamais ressentie qui sembla lui ronger le bras alors que ce "choc" le fit reculer sous la surprise, par simple réflexe défensif. Il avait l'impression que tout son avant-bras était engourdi, ses doigts tremblaient un petit peu mais il ne le sentait pas, il le voyait seulement. Est-ce que c'était ça son "Tonnerre" ? Ça venait donc apparemment de sa lance... Voila qui est bien embêtant.

Le Rôdeur se remit en garde, serrant autant qu'il pouvait son poing gauche pour être sûr qu'il ne lui fasse pas défaut. Son arme envoyait donc des attaques électriques et la théorie comme quoi le métal ne bloque pas la foudre était vraie : Il avait beau avoir paré sans peine le coup de son ennemi, la décharge qu'il avait pris avait complétement ignoré sa protection. Donc même si c'était juste son épée qui entrait en contact avec l'outil de son opposant il serait tout de même atteint, peut-être un peu moins car il était lui-même en contact avec sa lame par la poignée qui est recouverte d'un fin cuir, probablement trop fin pour éviter de passer au barbecue... Ça va être compliqué d'un coup, faut réussir à l'abattre dans toucher d'une manière ou d'une autre la lance... Mais pourtant l'occasion est trop belle, le cheval vient à peine de s'arrêter et n'osera normalement pas charger de peur d'écraser son maître, et Chjal et sans aucun doute moins fort que lui en combat à terre, hors de question de laisser passer ça !

Le cavalier lui venait de se relever, et hurla à sa monture de revenir le chercher, chose qu'elle commença à faire alors qu'il se préparait à repousser le guerrier aux yeux rouges qui s'élança sur lui. Quel idiot, il n'en avait pas eu assez avec le premier contact qu'il en redemandait ? Ne le décevons pas... Le soldat tendit un grand coup sa lance vers la tête de son ennemi qui la décala juste assez pour éviter d'être touché, par contre il se rapprochait vite, c'est qu'il court vite ce débile ! Bah, suffit de finir en taille, le lancier fit ensuite pivoter son arme pour "faucher" le crâne de sa cible, pensant le surprendre à cause de son style de combat à terre n'usant pas d'attaques directes et brutales comme les autres mais pas une technique consistant simplement à toucher pour gagner.

Ce qui n'était pas prévu, c'est qu'il se baisse soudainement, évitant ainsi de justesse la "coupe" avant de se retrouver près, trop près et de lui envoyer un grand coup de poing frontal en plein visage, faisant regretter au cavalier de ne pas avoir un nasal sur son casque, un bout de métal protégeant le nez et le milieu du front par conséquent, car c'est justement là qu'il l'avait atteint, juste au-dessus du pif, par contre la frappe fut largement assez forte pour le faire tomber en arrière avec une migraine de tous les diables. C'est qu'il est fort ce salaud ! Mais le plus embêtant sur cette attaque n'était pas la douleur, un vrai guerrier doit savoir y faire un minimum abstraction, mais l'étourdissement qui résultait d'un coup à la tète. Mais avant d'avoir pu reprendre ses esprits, Chjal sentit un poids lourd s'étaler sur lui et aperçut le visage de son ennemi juste au dessus du sien.

Kerorian s'était littéralement jeté sur le cavalier à terre en lâchant son épée pour lui attraper les bords du crâne pour mieux préparer ce qu'il avait l'intention de faire pour l'achever, comptant sur son poids et celui de son équipement pour empêcher son opposant de le repousser et recula leurs têtes, avant de tirer celle de son ennemi en balançant violemment la sienne en avant pour lui administrer un terrible coup de boule et de recommencer immédiatement après. Son maître lui avait toujours dit qu'il avait la tête dure, alors pour une fois qu'il pouvait en profiter utilement... D'accord, frapper un front contre un front c'est pas ce qu'il y a de plus efficace, mais sa position ne lui permet pas de faire mieux, et puis mine de rien ça fait quand même bien mal, et le cerveau de son adversaire ne doit pas vraiment apprécier.

Chjal subit un premier coup, puis un deuxième, puis encore un troisième coup de tête, et encore un autre, et encore, et visiblement ce n'était pas près de s'arrêter. Il n'y avait pas besoin d'être un professionnel ou un vétéran pour constater que le Rôdeur était physiquement plus fort et plus robuste que lui, si il continuait comme ça il allait le mettre en pièce ! Le vieil entraîneur du cavalier, l'ancien possesseur de la lance électrique, lui avait dit de ne jamais frapper quelqu'un avec si ils étaient en contact direct, il ne sut jamais pourquoi il ne fallait pas le faire mais obéit à son maître et ne le fit pas. Mais là c'était plus le moment de se poser des questions de philosophie ou de morale, si il ne faisait rien son crâne allait finir en compote !

Après le sixième coup, le lancier prit son arme à la limite du cuir qui enveloppait la partie inférieure et la fit un peu tourner de coté en la ramenant vers le dos de son ennemi, mouvement nécessaire pour tenter de l'atteindre, une sensation familière se fit ressentir : Celle d'avoir touché la cible. Par contre la douleur qui s'amusa à courir dans tout son corps, ça, c'était pas prévu. Deux grognements de souffrance retentirent, celui de Kerorian, atteint en effet par la foudroyante lance, et celui de Chjal qui venait de prendre lui même une décharge. Un spasme musculaire provoquait par l'électricité fit bouger le bras du cavalier, les délivrant ainsi de l'arme magique et permit au guerrier aux yeux rouges, bien que ce ne soit pas trop volontaire, de rouler de l'autre coté que celui de la lance pour tenter de se défendre.

Il ne comprenait pas trop ce qu'il s'était passé, son maître ne possédait pas vraiment décrit traitant de la foudre, aussi ne savait-il pas que si deux personnes étaient en contact direct, et que l'une des deux subissait un choc électrique, alors l'autre l'encaissait également. Oh, il se demanda si c'était un peu comme le fait de prendre une décharge en tenant son épée lorsque celle-ci se faisait "électrocuter", mais rien n'était sûr dans sa tête où les idées étaient maintenant un peu secouées à cause de ce "coup". En revanche le Rôdeur se dit qu'il aurait intérêt à noter un point important à ce propos : Les attaques liés aux éclairs provoquent un engourdissement musculaire qui empêche de pouvoir déployer toute sa force pendant un certain temps tout en provoquant de légères réactions de la part du corps, du tremblement des membres aux gestes involontaires.

Chjal commençait à se relever, bien que secoué, il voulait absolument en finir et siffla son cheval qui s'empressa de le rejoindre avant que l'épéiste n'ait le temps de retourner à l'attaque, lui même étant aussi en train de se remettre sur ses jambes et commençait à s'inquiétait de l'issue de la bataille. Si jamais son ennemi remontait sur son cheval, il serait fini : Il ne pourrait pas esquiver comme tout à l'heure une charge et se ferait écraser, il faillait absolument qu'il abatte le cavalier avant qu'il ne remonte en selle ! Mais impossible de s'approcher... Tant pis alors, dans ce genre de situation pourrie, il faut tenter le tout pour le tout... Si son corps était engourdi, il n'était pas encore paralysé ! Le Rôdeur commença à courir comme il pouvait vers le soldat, il n'y avait pas à réfléchir, il fallait le latter avant qu'il n'ait le temps de remonter sur son destrier !

Surpris de la charge de son ennemi alors que sa monture commençait à arriver, Chjal entreprit d'estoquer le grand rouge, visant cette fois son ventre pour éviter qu'il ne se baisse ou s'écarte de coté comme tout à l'heure, et eut une étonnante surprise : Le guerrier avait bondit dans sa course pour contrer la lance d'un coup de pied circulaire sauté, déviant ainsi l'attaque au prix d'une violente décharge dans la jambe droite mais continua à tourner à cause de l'élan, ce mouvement n'inquiéta cependant pas le cavalier qui se savait trop loin pour être atteint par les bottes de son opposant, en revanche ce qu'il n'avait pas prévu c'est que Kerorian poursuive sa rotation malgré la douleur et le frappe avec une force redoutable en pleine tête avec le même pied et le même coup qu'il avait utilisé pour écarter son arme, sauf que la vitesse de l'attaque plus le poids de la protection du guerrier plus les dégâts déjà encaissé au crâne envoyèrent au tapis le lancier alors que le Rôdeur termine son mouvement en s'étalant également au sol, ne pouvant rétablir sa position à cause du choc électrique à la jambe, son tour le mit à terre lui-aussi.

Si les coups de tête n'avaient pas eut d'impact critique sur Chjal, la technique de pied en revanche démontra un réel effet qui s'ajouta à l'étourdissement encore présent des attaques de front du guerrier aux yeux de feu. Le cavalier avait mal, il ne percevait plus le haut du bas, la droite de la gauche, c'était comme si il était perdu dans un grand vide où il ne pouvait rien localiser, en plus le monde tournait et des sortes de formes bizarres avec des couleurs et des tons d'un peu tous les types apparaissaient devant ses yeux. Il était complétement sonné.

Kerorian était lui par contre dans un meilleur état, à ceci-près que sa jambe refusait de se mouvoir comme il le voudrait, mais le combat n'était pas encore fini...et si il ne pouvait plus marcher, alors il ramperait si il le fallait mais il gagnerait ! Immédiatement le Rôdeur commença à se traîner vers son ennemi, avec le coup qu'il lui avait mit il ne pourrait sans doute pas riposter et son destrier n'agirait pas sans ordre de son maître en train de compter les chandelles probablement, en revanche, alors qu'il était bientôt à porter pour essayer de l'achever à grand coup de poing, une voix imposante retentit :


"Ça suffit !"

Tous les regards se tournèrent vers le propriétaire de ce ton puissant et impérieux : C'était Stanpar. Il était là, comme tous les autres, depuis avant que le combat ne commence et visiblement il avait décidé du vainqueur. Les combats sont normalement à mort ou jusqu'à l'abandon mais si il ordonnait en personne que tel ou tel était gagnant, alors personne ne s'opposerait à sa décision, aucun d'entre eux n'est assez fou pour tenter de le défier...surtout qu'ils savent tous qu'il est honnête et juste malgré une certaine sévérité et dureté de vie. Et maintenant ils attendaient son verdict, même si ils pensaient déjà le connaître :

"Kerorian a gagné. Si on le laisse faire, il tuera Chjal."

L'annonce de sa victoire fit discrètement soupirer de soulagement le Rôdeur, le géant avait dit vrai : Si il n'avait pas interrompu son "élan", il aurait frappé le cavalier sonné encore et encore jusqu'à ce qu'il perde connaissance, ou meurt... Et tuer ne faisait pas parti de ses loisirs. Mais maintenant qu'il était officiellement le gagnant, il avait envie de se reposer, les chocs électriques étaient mine de rien épuisants, sans compter que ce combat fut bien plus long que celui contre Zackls qui fut particulièrement bref car réglé en quelques coups. Il recommença à ramper, mais vers son épée cette fois, sa jambe ne semblait toujours pas décidée à lui obéir pour le moment. Le lancier lui, commençait à reprendre vraiment connaissance, il avait entendu ce qu'il s'était passé et tentait de s'assoir. Il était furieux, furieux d'avoir perdu, devant ses amis, devant son chef, face à ce pauvre type sorti de nulle part...

Lorsqu'il parvint à reprendre sa lame, son membre inférieur paraissait accepter à moitié de faire ce qu'il lui demandait : C'est à dire plier plus ou moins dans un sens ou l'autre ou supporter vaguement son poids lorsqu'il essaya de se relever, mais elle était encore trop "têtue" pour déployer assez de force et supporter sa masse mine de rien conséquente et dut se servir de son épée comme d'une sorte de canne pour pouvoir avancer assez lentement sous le regard haineux de presque tous les soldats présents : Ce pauvre vagabond avait tué la moitié des leurs et "humilié" deux de leurs chefs ! Oui il était fort, c'était indéniable, mais personne ne supporterait de le voir repartir vivant après ce qu'il avait fait... Mais malgré leur fureur envers le guerrier aux yeux sanglants, aucun ne tentant quoique ce soit car ils savaient que son prochain adversaire serait Keyucht, dont on disait être le seul homme à pouvoir tenir tête dans un duel honorable contre Stanpar, alors aucune chance qu'il n'épargne ce sale type !

De son coté, Chjal s'était également relevé, prenant appui sur sa lance en faisant bien attention de ne pas toucher la partie électrisée de son arme. Tous ces coups en pleine tête lui avaient retourné le cerveau et c'est à peine si il parvenait à faire la différence entre le sol et le ciel. Comment avait-il pu perdre ? Comment un cavalier-lancier expérimenté avait-il pu perdre face à un pauvre épéiste qui ne s'était même pas donné la peine de dégainer avant un bon moment ? Quel enfoiré... Cependant il avait commis une énorme erreur : Il s'était laissé gagné par la sensation d'être victorieux car le chef du camp l'avait déclaré gagnant. Mais sur un champ de bataille on ne peut être vainqueur tant que l'ennemi est vivant ! Et ça c'était la pire des gaffes qu'il avait pu faire : Laisser son adversaire en vie ! Et il allait le regretter...

En traître, le manieur d'hast s'élança derrière le Rôdeur et s'apprêta à lui porter un terrible coup de taille dans le cou avec ce qu'il lui restait de forces. Ça ne le tuerait peut-être pas mais au moins ça le mettrait hors-d'état de nuire et lui apprendrait à ne pas épargner son opposant et à ne surtout pas lui tourner le dos quand il peut encore bouger ! Tous remarquèrent son geste, quelques uns trouvèrent cela lâche, d'autre pensèrent que c'était une bonne idée, et Stanpar réagit un peu trop tard. Il n'avait pas le temps de prévenir le guerrier de la fourberie du cavalier, mais pourtant une voix traversa l'arène :


"Attention !"

Ce ton assez léger mais appartenant clairement à un homme provenant de son dos fit se retourner Kerorian, se demandant ce qu'il lui avait valu ce cri et écarquilla les yeux l'espace d'un instant. Il voyait Chjal en train de lui mettre un coup de lance, sans même le vouloir, sa main gauche se leva pour bloquer l'arme alors que l'autre main lâchait l'épée et projetait le dos de son poing ganté vers la tête du lancier. Un simple réflexe, il n'avait même pas eu le temps de vraiment réaliser ce qu'il allait se passer que son corps avait déjà réagit. Et ce fut salutaire...

Le soldat habituellement monté ne supporta pas ce énième impact en pleine tête et se retrouva une fois de plus à terre, à demi-conscient, confirmant ainsi la victoire du Rôdeur alors que celui-ci ressentait maintenant la terrible décharge dévorer voracement son pauvre bras. Sa jambe se remit à flancher sous son poids, le renvoyant à terre à cause de la faiblesse de son membre qui n'était plus compensée par l'appui de sa lame. Il récupéra comme il put son arme et tenta de se relever sans que personne ne réagisse. Stanpar n'avait pas à aider le gamin, jamais il ne l'aurait accepté...en revanche Chjal allait prendre cher à son "réveil". Le soldat poids-plume qui avait crié au Rôdeur ne fut heureusement pas remarqué, les autres gardes étaient trop concentrés pour faire attention à sa voix habituellement si effacée pour la reconnaître vraiment.

Alors que le guerrier aux yeux de rubis continuant à s'éloigner, boitant sur ses "trois jambes", chacun commença à retourner à ses activités habituelles à cette heure-ci sauf trois hommes : L'adversaire du jour de Kerorian, qui était trop sonné pour faire quoique ce soit, Stanpar qui se chargeait personnellement de le récupérer et de lui passer un savon corsé, et celui qui avait crié, mais il passait tellement inaperçu en temps normal que personne ne remarqua qu'il n'était pas à son poste...

Pour une fois, le combattant aux pupilles écarlates fut heureux d'avoir un lit pour s'assoir, car sa jambe n'était décidément pas en bon état. Frapper la lance aussi directement n'avait peut-être pas été une bonne idée en fin de compte... Bah, peu importe, ça avait marché. En revanche ce qui l'inquiétait vraiment était son bras gauche, il parvenait à peine à bouger les doigts et ceux-ci tremblaient maintenant constamment. Il faut dire qu'il avait encaissé deux fois en peu de temps l'arme électrique sur ce coté. Un petit grincement l'arracha à ses pensées pour constater son état : La porte venait de s'ouvrir, immédiatement il pointa Zwei en direction de l'intrus, le bout de la longue épée se plaça non loin du menton de "l'envahisseur" qui sursauta et leva les mains pour tenter de sauver sa peau.


"Waah ! Doucement s'il vous plaît ! Je ne suis pas venu pour vous tuer..."

Kerorian fronça les sourcils en laissant peu à peu redescendre sa lame en reconnaissant le jeune homme qui était entré "chez lui". C'était le petit gars qui était arrivé en courant après que son combat ait commencé et qui avait failli se faire écraser par Chjal...et d'après la voix, s'était également à lui qu'il devait de s'être retourné quand le cavalier l'a attaqué en lâche. Le guerrier reposa l'arme à coté de lui et regarda avec son habituelle expression renfrognée le soldat à la chevelure flamboyante. C'était vraiment pas un modèle militaire lui : Une carrure fine, pour un peu on le confondrait avec une femme, un visage plutôt doux, ce qui n'arrange pas la distinction de son sexe, une toison d'un rouge très proche du sien quoiqu'un peu plus clair sur la tête, deux yeux d'un bleu qu'on pourrait dire délicat et visiblement pas beaucoup de muscles... Franchement, le Rôdeur le verrait plus en fleuriste qu'en combattant... Mais il tenait malgré tout à le remercier car son prompt avertissement lui avait évité un sérieux problème.

"Merci..."

Le petit, arrivant à peine à la poitrine de Kerorian qui lui semblait ainsi immense écarquilla les yeux en ne comprenant pas vraiment. Il n'était déjà pas sûr de pouvoir se permettre d'entrer dans la chambre de ce guerrier désirant sans doute se reposer avec son vaillant combat et se gratta un peu la tête en essayant de comprendre... Voyant qu'il ne faisait pas le rapprochement, le manieur d'épées lourdes compléta sa phrase :

"Pour m'avoir prévenu."

Là par contre il tilta. Et sembla immédiatement gêné, comme si ce simple "merci" était un honneur immense qu'on lui faisait, et ce fut au tour du guerrier de ne pas comprendre : Comment un bête mot de remerciement, aussi honnête qu'il soit, pouvait mettre quelqu'un dans un tel état ? Quoique...en le regardant bien c'est vrai qu'il ne devait pas être très réputé ici. Un bon soldat se doit d'être fort, et avec une carrure aussi légère il était probablement aussi costaud qu'un bigorneau... Enfin, il n'allait pas laisser son "invité" debout alors qu'il était assis, sauf qu'il ne pouvait pas se lever. Pas compliqué alors, il déplaça son arme pour la mettre plus dans son dos.

"Assis-toi."

Encore une fois le petit parut hésitant, comme si il voulait venir à coté du robuste combattant mais qu'il n'osait pas. On devait certainement mal le traiter par ici, se moquer constamment de lui et le coller aux tâches "dégradantes" vu qu'il n'avait sans doute pas la force de faire ce que ses "camarades" font. C'est vrai que personne ne voudrait essayer de devenir plus fort en combattant quelqu'un de faible, à moins d'être totalement idiot puisqu'on ne peut se renforcer qu'en affrontant des gens de notre niveau, voir supérieur. Il finit finalement par s'assoir, clairement gêné et tenta apparemment de se présenter :

"Je...Je m'appelle Karylian...Je...je suis soldat au service de Stanpar et je...euh....je suis désolé !"

Kerorian l'écouta. Karylian ? C'est pas banal comme prénom... Mais pourquoi s'excusait-il ? Avait-il peur ? Craignait-il qu'il lui fasse du mal ? Pourquoi était-il venu le voir d'ailleurs, peut-être que...bah, pas la peine de réfléchir à ses raisons : Il suffit de lui demander ! Mais d'abord le calmer, parler en étant effrayé n'est sans doute pas agréable, ni pour l'un ni pour l'autre. Donc il faut en premier lieu le rassurer, puis lui donner une sensation de sécurité et ensuite entamer calmement la discussion. Les conversations, amicales ou non, et les expressions et comportements sociaux ne sont pas le point fort du Rôdeur, mais ça doit pouvoir se compenser en réfléchissant un peu.

Pour qu'il arrête de stresser, le mieux à faire serait sans doute de parler franchement et avec tranquillité. Si il se sent en présence de quelqu'un lui parlant d'égal à égal il devrait se détendre. Ensuite pour qu'il se relâche totalement et puisse répondre sans aucune anxiété il faut nouer une sorte de lien d'amitié avec lui, là c'est plus complexe déjà... Peut-être avec un surnom ? Il lui semblait avoir entendu un jour que les gens qui se connaissent aiment bien se donner des surnoms ou user d'abréviations, si il en utilisait un, sans doute cela le mettrait en confiance. Hm, diminuer son nom...ça donnerait...


"Pourquoi t'excuses-tu, Kalian ?"

Le soldat écarquilla les yeux. Il ne s'attendait pas du tout à ce que le guerrier l'appelle ainsi, et surtout qu'il pensait plutôt se ramasser encore une claque vu qu'à chaque fois qu'il fait une boulette on en profite pour le violenter. Mais là rien, juste une simple question avec un diminutif. Le choc fut tel que Karylian mit quelques secondes avant de réaliser qu'on lui avait bien parlé à lui, et pas à un autre, et qu'il n'avait toujours pas répondu. Il paniqua d'ailleurs légèrement en se sentant très impoli :

"Ah ! Euh...je, je suis désolé ! Je ne voulais pas vous déranger et je..."

Le petit épéiste se crispa brutalement en voyant l'énorme main du combattant aux yeux écarlate se lever vers lui. Il pensait déjà avoir le crâne en bouillie en se faisant des idées à propos du Rôdeur : Son imagination en avait fait une sorte de démon monstrueux qui écrase les têtes et se baigne dans le sang de ses victimes lorsqu'il est en colère, et là il avait peur de servir à remplir la baignoire du guerrier à cause d'un quelconque comportement déplacé ou agaçant au point de se mettre à trembler légèrement en fermant les yeux pour que sa mort soit plus douce... Pourtant ses os ne furent pas réduits en miette, on lui tapota juste un peu la tête. Sous la surprise, il s'en immobilisa et rouvrit des paupières pleines d'étonnement sur un grand combattant qui le regardait sans aucune violence :

"Calmes-toi. Je ne vais pas te manger, je n'ai que deux ennemis pour l'instant, et tu n'es pas l'un d'eux."

Kerorian laissa ensuite retomber sa main sur le lit. Mine de rien il était épuisé, et il avait beau être assez fort pour porter ses gants blindés, son état n'appréciait pas de devoir faire un effort, même aussi réduit. Karylian lui restait sous le choc, avant de réaliser soudainement qu'en fait il n'y avait aucun danger avec lui. C'est vrai que ses ennemis sont Keyucht et Stanpar, les deux meilleurs combattants du camp, il n'a aucune raison d'en vouloir à un faible comme lui. Et puis, il lui avait demandé de se calmer, c'était un ordre comme un autre alors il devait y obéir, même si normalement c'était censé être son ennemi. Le voyant enfin se détendre, ne serait-ce qu'un peu, le Rôdeur soupira légèrement de satisfaction car parler avec quelqu'un d'hyper-tendu n'est pas très plaisant, et put enfin entamer une vraie conversation malgré sa réticence à discuter :

"Bien. Qu'est ce qui t'amènes ici ?"

Karylian sursauta un peu, puis parut hésiter. Il regardait sur les cotés, vers le bas, semblait perturbé et commença à se gratter un peu la joue. Il était clair qu'il n'osait pas dire ce qu'il avait pourtant envie de déclarer. Le soldat finit par relever la tête, sans parvenir à regarder le guerrier dans les yeux, sans doute trop gêné ou intimidé pour le faire, en revanche il réussit finalement à répondre à la question.

"Je...je voulais prendre de vos nouvelles..."

Kerorian haussa un sourcil étonné. Il avait tué une vingtaine des siens lorsqu'il s'était "présenté" au camp, et ensuite il avait vaincu deux de leurs chefs qui pourtant était particulièrement respectés et lui il venait voir comment il allait ? Intéressant... Au moins ce n'est pas un sauvage brutal qui ne pense qu'à tuer comme certains ici. Bon, dans un premier temps, abreuvons sa curiosité, ensuite on verra pour le reste.

"Je vais bien... Depuis quand demande t-on à son ennemi comment il va ?"

Le soldat se tendit. Il devait certainement penser avoir fait une gaffe, après tout c'est vrai que si quelqu'un de son camp le voyait parler "tranquillement" avec lui et se renseigner sur son état alors qu'il est venu pour les tuer, et en particulier leur chef, ça irait très mal pour son cas... Mais avant qu'il ne puisse s'excuser une nouvelle fois, le Rôdeur reprit la parole :

"Calmes-toi. Je ne suis pas ni ton adversaire, ni ton supérieur. Tu n'as pas à paniquer comme ça..."

L'épéiste avait été coupé. Il venait d'ouvrir la bouche pour demander pardon encore une fois quand celui qui lui paraissait être un géant parla avant lui. Relevant un peu la tête pour mieux regarder le "colosse", il commençait à espérer pouvoir s'entendre avec lui. Le guerrier n'avait pas l'air de se considérer comme meilleur que lui d'un point de vue "Humain", contrairement à presque n'importe qui dans l'armée. Et il ne lui voulait pas de mal, peut-être qu'enfin il avait trouvé quelqu'un qui accepterait de parler pour de vrai avec lui ? Sans le menacer ou lui donner d'ordres...

"Dis-moi cependant, que fais-tu ici ? Au service de Stanpar ?"

Karylian s'étonna grandement. Quelqu'un s'intéressait à lui ! C'était bien la première fois depuis...depuis qu'il avait été recruté par le "grand" chef en fait. Peut-être qu'en fait il était vraiment comme le colosse à l'armure épaisse ? Mais lui n'avait pas toutes les obligations avec le camp, les dangers autours, les dépenses, les boulots et autres. Si ça se trouve, il pourrait même trouver auprès du Rôdeur ce qu'il désirait tant : Un peu de reconnaissance pour qui il est et non pour ce qu'il fait...

"Ah, euh...en fait il m'a "recueilli"... J'ai toujours été maladroit, alors personne n'acceptait de me donner de travail... Alors pour survivre j'ai du devenir mercenaire...mais, comme tu peux le voir je n'ai pas la constitution d'un guerrier. Alors je n'avais pas beaucoup de contrats, ni de très rentables. Et un jour, j'ai rencontré Stanpar, il ne m'a pas jugé alors qu'il était si fort... Puis il est venu me voir, il m'a parlé, et à ma grande surprise et à ma plus grande joie, il m'a proposé de le rejoindre Savoir que quelqu'un pouvait avoir besoin de moi m'avait tant ému...je crois que j'en avais pleuré...Je n'ai toujours pas compris ce qu'il attendait de moi, mais je cherches encore."

Kerorian lut dans les yeux du jeune homme qu'il n'avait pas menti. Il est vrai que le besoin d'être reconnu est quelque chose de naturel et de très fort, et quelqu'un à la carrure si faible ne doit pas en effet réussir à trouver une bonne place dans ce monde de violence malgré les politiques de paix. Il sentait l'admiration du petit soldat envers le gigantesque guerrier.

"Je vois... Tu voulais me parler d'un truc en particulier ?"

Encore une fois, le jeune militaire se mit à fuir son regard. Sans doute voulait-il parler de quelque chose, ou lui demander un truc, mais qu'il n'osait pas le faire de peur d'être rejeté ou méprisé, comme sans doute si souvent... Il hésita durant un long moment, puis finit par redresser la tête et le regarder vers l'épaule. En temps normal ça aurait été au menton car il ne pouvait se permettre de le fixer dans les yeux, mais leur différence de taille fit que les pupilles se posèrent sur l'articulation séparant le bras du torse.

"Been...en fait...euh...Je, je...j'aurais voulu vous demander si...si vous accepteriez de m'entraîner à l'épée..."

Effectivement... Ce n'est pas le genre de truc que l'on peut demander facilement. Dans un premier temps, tout le monde a dû lui rire au nez à une telle demande, ensuite il est censé être son ennemi, pas son maître d'arme... Mais il semblait gentil et sincère, sans doute souhaitait-il être plus fort pour pouvoir être utile aux autres et se faire enfin respecter. Cette seule raison est déjà bien assez suffisante pour qu'il accepte, pourtant...

"Je ne peux pas. Désolé..."

un voile de tristesse et de déception recouvrit les yeux du jeune soldat. Il aurait dû s'y attendre, quelqu'un d'aussi fort n'a pas de temps à perdre à apprendre à un minus dans son genre à tenir une lame, si il n'avait rien demandé ça lui aurait évité un faux-espoir et un nouveau rejet d'une des seules personnes qui semblaient ne pas chercher à l'humilier à tour de bras... Il releva légèrement la tête lorsque le Rôdeur poursuivit :

"J'aurais aimé. Mais je ne peux pas, tu ne pourrais pas suivre mon entraînement."

Karylian haussa un sourcil incompréhensif. Il n'arrivait pas à voir où voulait en venir le guerrier, mais "heureusement" celui-ci se doutait bien que ses explications étaient trop incomplètes et termina sans précipitation ou moquerie ses explications. On ne refuse pas un service à quelqu'un sans une bonne raison, surtout lorsqu'on voue sa vie aux autres :

"Depuis que je suis petit j'ai toujours eu une très bonne constitution, je suppose que tu t'en doutais. Mais cela fait que j'ai toujours étudié le maniement d'armes lourdes, les épées dont je me sers te sont certainement inaccessibles... Je ne pourrais même pas t'enseigner des bases, tout mon art tourne autour des lames géantes..."

Le soldat écarquilla un instant les yeux, avant de réaliser maintenant la taille de l'épée habituelle du Rôdeur et de tilter qu'il parvenait à la tenir d'une seule main, alors qu'elle devait être...trois fois plus lourde, au moins, qu'une lame classique ? Lui serait tout simplement incapable de la monter au dessus de sa tête même avec toute ses forces, ou alors se ferait emporter par le poids de l'arme. Il n'y avait pas pensé c'est vrai, Kerorian est une espèce de géant qui doit s'entraîner depuis bien longtemps pour manier de telles choses. Karylian resta bouche bée lorsque, en détournant le regard lors de ses pensées, il aperçut la Dragonslayer, épée encore plus énorme que l'homme aux yeux écarlates qui se demanda la raison de cette stupéfaction et se tourna, voyant à son tour la Lame Démoniaque :

"Ah, oui, en voila sans doute le meilleur exemple... Tu comprends pourquoi je dis ne pas pouvoir t'entraîner ?"

Les yeux grands ouverts, une fois les mâchoires refermées quand la surprise de voir une arme sans doute aussi lourde que lui fut passée, et hocha vivement la tête. En effet : Jamais il n'aurait la force ne serait-ce que de soulever un...truc pareil ! C'est sûr que si son quotidien était de se promener avec "ça" sur le dos, ou sur le bras, c'est évident que ce n'est pas lui qui pourrait suivre la formation martiale du Rôdeur ! Personne à sa connaissance d'ailleurs, sauf Stanpar bien sûr, mais lui c'est spécial... Mais le grand bonhomme aux crins rouges ne s'arrêta pas, il avait encore quelque chose à ajouter :

"Si je me souviens bien, Zakls non plus n'est pas un colosse. Si il a un peu de temps un jour, tu devrais lui demander non ? Il paraît que l'on peut apprendre beaucoup en enseignant aux autres..."

Un léger sourire d'espoir illumina les traits du soldat. C'était vrai également, l'épéiste sonique avait une constitution fine lui aussi ! Peut-être accepterait-il au moins de lui apprendre les bases ? Ce n'est pas le plus social du camp, bien au contraire, mais justement : Il n'a jamais traité personne, que ce soit lui ou un autre, d'une manière différente... Mise à part les autres lieutenants et Stanpar bien entendu mais ça ne compte pas. Donc peut-être qu'il avait bel et bien une chance ? Finalement, il avait bien fait de vaincre malgré la difficulté sa timidité et de devenir lui parler. Au point il pourrait essayer d'aller parler à Zakls.

"M...merci Kerorian !"

Le Rôdeur lui accorda un simple sourire léger en réponse. Depuis qu'il avait commencé son voyage, et aujourd'hui encore il le faisait, sinon il ne serait pas là dans ce camp à combattre des gars tous plus forts les uns que les autres, il a toujours consacré ton temps, sa santé, et parfois même jusqu'à mettre sa vie en danger uniquement pour venir en aide aux gens, qu'il les connaisse ou non, riches ou pauvres, noble haut placé ou simple fermier, il ne faisait pas de distinction. Et peu lui importait de prêter main-forte aux nécessiteux directement ou non, seul le résultat compte, et soutenir moralement quelqu'un et lui prodiguer des conseils était une façon comme une autre de le secourir.

"HYAAAAAAAAAAA !!!"

Kerorian sursauta à un tel point face à ce hurlement si soudain qu'il attrapa son arme et bondit sur ses pieds en se préparant comme il pouvait dans son état affaibli et son bras gauche ballant en se mettant autant que possible en garde neutre vers l'origine du cri : La porte. Et écarquilla largement les yeux en apercevant l'individu qui avait ainsi gueulé, c'était Lyn. Elle était juste là, à l'entrée de sa chambre, la mâchoire un peu tremblante comme si elle était sous un choc quelconque, puis elle releva un peu une main pour le désigner en bégayant :

"Tu...tu m'as...trompé...avec...un..."

Le guerrier se relâcha lorsqu'il reconnut son amie. Il avait cru à une attaque ou à un truc du genre, pas à voir cette fille à moitié hystérique et qui passe son temps à lui courir après... Mais de quoi parlait-elle ? Que leur avait donc valu cet horrible rugissement sur-aigu ? Question idiote, suffit d'attendre, elle est en train de tout expliquer d'elle-même ! Espérons seulement qu'elle ne parle pas en hurlant et pleurant... Ce qu'elle allait sans doute faire en beuglant la raison de sa réaction encore une fois, de plus, excessive.

"Tu m'as trompé avec un mec !! Tu es un moooonstre !"

...Gagné... La voilà repartie en courant à toute jambes en versant mille et une larme pour une raison incompréhensible. Déjà il n'avait rien fait avec Karylian, mais allez expliquez ça à une hyper-émotive un peu débile qui prend tout de travers, et puis en plus il ne risque pas de l'avoir trompé quoiqu'il puisse faire vu qu'ils ne sont pas ensemble, mais encore une fois : Allez dire ça à cette furie... Oh et puis merde hein ? Elle a qu'à criser si ça lui chante, c'est pas son problème à lui. Aussi, l'excitée de service étant partie, le Rôdeur entreprit de se rassoir et de reposer sa bien lourde épée. D'une seule main, depuis qu'elle avait raccourci, il parvenait à la tenir... Mais pas dans un tel état de fatigue ! Par contre il n'eut même pas le temps d'expliquer quoique ce soit au pauvre petit soldat qui ne comprenait pas trop qu'une autre voix traversa le bâtiment :

"KEEEROOORIAAAAAAN !!"

... Monde de merde... Voila que même Stanpar se met à hurler à dans tout le camp. Il a dû croiser Lyn qui chiâlait sans doute en racontant qu'il l'avait trahie pour un homme ou un truc du genre et lui se demandait certainement c'était quoi cette histoire et le cherchait maintenant pour avoir des explications... Mais ils ne peuvent pas faire fonctionner leurs petites cervelles tous les deux là ? L'autre espèce de sangsue y'a pas trop de question à se poser, ça doit être de naissance, quand au géant...tout dans les muscles, rien dans la tête, mais là y'en a marre !

"La feeeeeeeeerrme !!

Commençant à se dire qu'il devait certainement gêner, ou déranger, ou autre chose, Karylian se leva rapidement en cherchant une excuse crédible, et réalisa qu'à force de papoter et papoter le temps s'était écoulé et que l'heure du repas approchait. La seule tâche qu'on était parvenu à lui confier, c'était aide aux cuisines : Il coupait la viande, les légumes, et autres trucs dans le genre quoi... Mais là il fallait y aller, ça tombe bien apparemment ça chauffait :

"Euh...Désolé Kerorian, mais je dois y aller. C'est bientôt l'heure de manger, et je suis chargé du travail derrière quelques fourneaux...plus ou moins directement... Bref, je dois filer, merci de m'avoir écouté et bonne journée."

Le Rôdeur fit un rapide signe de la main alors que le soldat partait comme le vent pour accomplir son "vaillant devoir", et peu après qu'il ait disparu, une immense carcasse se présenta à sa porte encore ouverte. Le petit épéiste, trop pressé, ne l'avait pas fermé, et voila qu'un colosse s'y pointe, apparemment très étonné :

"C'est à moi que tu parlais ?"

Pff, non c'était au roi de Goldoa ! Mais bien sûr que c'était à toi qu'il a hurlé de la boucler ! Tu crois peut-être qu'il va s'amuser à hurler à tout bout de champ à qui entendra de se taire ? Pauvre débile, ton intelligence est proportionnellement inverse à ta force ou quoi ?

"Ouais, pourquoi ? Ça t'déranges gros tas ?"

Les yeux du géant s'ouvrirent comme deux balles. Depuis quand le gamin était-il si agressif ? D'habitude il est plus du genre à passer inaperçu tant il s'efface, et voila qu'il l'insulte et lui gueule carrément dessus ? Peu importe ce qu'il a pris, c'était de la bonne, parce que là ça craint.

"Kerorian ? T'as fumé ou quoi ?"

Jamais, c'est tout ce qu'il y a de plus mauvais : Ça pue, ça coûte cher, ça détruit les sens, le cerveau et diminue la condition physique. Si il y a bien une chose qu'il n'aura jamais envie de faire, c'est bien ça ! Par contre ça laisse une bonne occasion d'engueuler la montagne de muscle :

"Moi ? Absolument rien, enfin si : Ta tête bientôt. A moins que tu ne préfères que je le fasse maintenant ?"

Il le menace de...lui fumer la tête ? Mais il est complétement défoncé ! Il le provoque même alors qu'il sort tout juste d'un combat difficile ! Faut le calmer, et vite, car là ça craint ! Attends une seconde...ce comportement agressif, sans limites ou délicatesse, cette façon de parler...il connait tout ça. Stanpar soupire lourdement, comprenant enfin la raison des agissements si étranges du Rôdeur, ce n'est pas de sa faute en fait, et il n'a rien pris :

"Kerorian...c'est ton épée..."

Un simple sourcil haussé servit de réponse. Qu'est ce qu'elle a son épée ? Elle est pas bien ? Bah attends dix secondes, il va te la montrer de plus près, il ira même jusqu'à te faire l'honneur de t'y faire goûter !

"Quoi mon épée ? Tu veux que je te la fasse passer à travers la tête c'est ça ? Tu veux écouter ta vie des six petits jours que je t'ai laissé hein ?"

...Ça devient vraiment grave. Déjà dans son état il serait incapable de se battre, Zwei étant malgré tout difficile à manier d'une seule main, même pour l'homme aux yeux rouges, mais en plus voila qu'il le défie et le menace. Lui qui est habituellement si calme et paisible se comporte maintenant comme le dernier des bandits.

"Tu es en train de te faire avoir par Dragonslayer !"

Le roux s'apprêtait à répondre d'une façon aussi fracassante que les autres, mais s'interrompit une seconde avant de répliquer, réalisant subitement son changement de comportement et la présence d'une petite voix bien cachée dans sa tête. La saleté ! Elle y est allé tout doucement pour pas se faire remarquer et à réussi à l'influencer lentement mais sûrement ! Maudite épée...attends un peu, on va te balancer une nouvelle fois d'une falaise, ça calmera peut-être un peu tes ardeurs !

"Lâches moi saleté de tas de ferraille ! Ou tu veux aller dire bonjour aux poissons dès que je trouve une fleuve !?"

La tension du guerrier retomba peu à peu alors que la voix du démon enfermé dans la lame géante commençait à s'estomper. Si Stanpar n'était pas intervenu, il aurait peut-être réussi à s'emparer du corps de son porteur... Mais maintenant qu'il était grillé, le Rôdeur allait lui résister et sa menace l'inquiétait, ce n'était pas la première fois qu'il en criait une comme ça et il savait qu'il n'hésiterait pas un instant à les mettre à exécution.

*Merde...j'y étais presque..."

Saloperie... Pas moyen de se relâcher deux minutes hein ? Sans doute est-ce le prix à payer pour être le "gardien" d'une arme maléfique. Mais mieux vaut que ce soit lui qu'un autre, si jamais elle tombait entre les mains de quelqu'un au mental faible, ça pourrait être le début de nombreux carnages. Il ne sait pas si il pourra indéfiniment lui résister, mais il le fera tant qu'il le pourra, hors de question qu'une chose aussi dangereuse se "promène" en liberté ! Son caractère naturel revenu, haletant un peu, l'épeiste souffla un peu :

"Merci Stanpar... Je n'avais même pas remarqué que cette saleté était en train de me contrôler..."

L'interpellé lui, croisa simplement les bras en haussant les épaules. Il connaissait bien cette foutue lame, après tout il l'avait porté pendant un sacré moment lui aussi ! Et il en savait sans aucun doute bien plus à son sujet que le Rôdeur, notamment à propos du coté pratique de l'arme, ce n'est pas une épée démoniaque pour rien après tout ! Autant elle est particulièrement difficile à utiliser et à supporter, autant ses pouvoirs sont...intéressants... Mais il n'en dira pas un mot, mieux vaut laisser le gamin les découvrir par lui-même.

"Hé, je sais ce que c'est, j'ai possédé cette enflure moi aussi. Je t'aurais bien donné des conseils pour réussir à "vivre" avec, mais apparemment t'as déjà trouvé les menaces qui lui font peur..."

Le colosse fixa en plissant un peu les yeux et avec un léger sourire le jeune homme en face de lui. Il avait l'impression de se voir plus jeune, un bon combattant au physique impressionnant, même si sur ce point il lui est tout de même très inférieur, et à tendances altruistes. Ouais...il y a quelques années il n'était pas rare de voir un type dépassant de cinq têtes tous les autres rendre service à un peu tout le monde, mais bon, ça c'était dans le temps... Le géant tourna les talons et commença à sortir, il n'avait rien de spécial à dire à Kerorian... Sauf une chose qu'il lâcha avant de disparaître dans le couloir, le guerrier ne le suivant pas à cause de son état de fatigue :

"Tu me ressembles..."

Un sourcil à nouveau haussé fut la seule réponse. Comment pouvait-il ressembler à cette montagne de brutalité ? Lorsqu'il l'avait vu la première fois, il venait de faire une boucherie en broyant plus qu'autre chose plus d'une vingtaine d'hommes sous ses yeux. Jamais il ne ferait un truc pareil lui ! D'autant plus qu'il est maintenant le chef d'un camp dont la réputation n'est pas la plus enviable, en quoi sont-ils semblables si ce n'est une taille plus élevée que la moyenne et d'avoir eu l'un est l'autre l'épée démoniaque ? Toujours prêt à s'incruster quelque part, celle-ci ramena d'ailleurs son opinion :

*Si tu veux savoir, demandes-moi, je le connais bien...*

Bien que le Rôdeur n'en sache rien, Dragonslayer disait vrai. Il avait été l'arme de Stanpar durant quelques années, et lorsqu'ils s'ennuyaient tous deux ils discutaient. D'ailleurs ça ne devrait pas tarder à commencer une nouvelle fois mais avec Kerorian... Bref, aussi savait-il bien des choses sur la vie du Général. Bien qu'il se doutait que le Beorc refuserait, trop fier pour demander à un intermédiaire dans son genre de lui parler de quelqu'un d'aussi "important".

*Toi, la ferme.*

Bingo, quelques saisons plus tôt, c'était le colosse qui lui répondait cela. Ils se ressemblaient en effet énormément, peut-être aura t-on un nouveau Stanpar d'ici quelques temps ? Qui sait...seul l'avenir nous le dira. Le guerrier aux cheveux rouges lui s'en fichait pas mal pour l'instant, il voulait juste se reposer et se laissa aller sur le matelas, épuisé par le combat et la tentative de possession...




"Il y a...des ombres...dans ma tête..."
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Kerorian
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MessageSujet: Re: La gentillesse est une source de problèmes.   Mer 9 Nov - 22:58

Chapitre XI : Quand on se bat pas ça peut être amusant un camp :


Le soleil se leva enfin sur un camp qui s'activa dès que les premiers rayons commencèrent à réchauffer la terre. Auparavant le groupe sous les ordres du Général été divisé en plusieurs parties lorsqu'il n'avait pas de combat à mener : Une partie s'occupait de l'entretien du camp, de préparer les repas, laver les sols un peu trop noirs, nettoyer et vérifier, voir mettre à réparer, les équipements divers et d'autres tâches quotidiennes plus ou moins importantes alors que l'autre partie restait se reposer jusqu'à ce que vienne l'heure du repas, puis la journée commençait, et le lendemain ceux qui avaient travaillé restaient au lit tandis que ceux qui dormaient la veille se lèvent à l'aube et ainsi de suite... Organisé de cette façon, le camp était toujours prêt, propre et discipliné, tout en ne mettant pas les soldats sur les nerfs ou en favorisant certains.

Cependant l'attaque de Kerorian affecta sérieusement cet ordre : Il était parvenu, dans un bel effort de volonté et de puissance, à éliminer une vingtaine des membres du domaine et ainsi chamboulé le plan de travail habituel, ce qui forçait maintenant les sbires de Stanpar à changer le roulement habituel vu le nombre désormais restreint de "personnel". Certains devaient travailler deux jours de suite à présent, et ce changement de rythme déplaisait fortement à quelques uns qui finirent par tenter de comploter en secret de leur chef contre le Rôdeur : Après tout, sur la trentaine de personnes présentes dans le camp, il devait n'y en avoir que trois ou quatre qui ne souhaitent pas sa mort...au grand maximum, alors si on le retrouvait mort au petit matin dans son lit, on n'aurait pas pu trouver le coupable, et le géant ne pourrait jamais punir tous ses hommes.

Nul ne serait surpris donc si l'un des premiers soldats levé fit mine d'aller trainer sa serpillère du coté de la chambre du grand rouge, emporta avec lui un poignard, puis qu'il se glissa aussi discrètement que possible dans la pièce dédié au repos du manieur de lames avant de dégainer son arme traître pour frapper sauvagement plusieurs fois avec hargne ce qu'il avait identifié dans la pénombre comme étant sa cible et enfonça sa dague encore et encore... Il était aux anges ! Plus il assassinait cet enfoiré pourri qui avait tué nombre de ses amis, plus il avait envie de le tuer une fois de plus, et chaque fois il en tirait un plaisir malsain, pour un peu il en serait en extase de massacrer l'autre salaud de tête de tomate, puis ses tympans faillirent exploser et tout le camp fut alerté d'un truc anormal quand on put entendre jusqu'à Ashera sait où :


"KYAAAAAAAAAAAAA !!"

Nous venons d'entendre la première alarme du monde. C'était en fait tout bêtement Lyn qui s'était réveillée en entendant l'assassin massacrer sauvagement...un pauvre matelas à coup de couteau pour la simple et bonne raison que Kerorian, cible initiale du poignard, s'était levé avant l'aube en laissant sur place son équipement habituel. Le soldat, actuellement dans un surdité critique temporaire, espérons-le, avait trop été emporté par sa folie stupide qu'il ne s'était pas rendu compte de l'absence de corps sous son arme, aussi il venait tout simplement de réussir à réveiller tout le monde et à probablement se faire repérer : Il était encore sous le choc du cri au point que son équilibre était aussi sûr qu'un marin bien payé après une escale. Une partie des troupes restantes ignora totalement le hurlement féminin qui aurait ridiculisé les cordes vocales du plus gros loup de Tellius et retourna à ses activités, l'autre en revanche voulu savoir ce qu'il s'était passé et se précipita maladroitement vers l'origine de ce bruit infernal...maladroitement car le cri fut si fort qu'il était difficile de dire d'où il venait, mais ceux qui reconnurent la voix de Lyn se dirigèrent immédiatement vers la chambre de leur "invité", la pensée d'assassiner celui-ci était quasi-universel ici, alors pas dur de deviner vaguement ce qui avait pu arriver : Le fou qui avait désobéi à Stanpar, qui se rendait lui aussi jusqu'à la pièce où logeaient ses "protégés", avait du agresser Kerorian mais s'était très certainement loupé pour une raison ou une autre et la fille en voyant ça n'avait pu retenir d'exprimer sa pensée surprise et effrayée de voir un tueur taré de si bon matin.

Un remue-ménage important se mit rapidement en place devant la chambre de la jeune femme qui commençait à gueuler sur tout le monde car elle n'était pas habillée et qu'autant d'inconnus se précipitant "chez elle" après ce qui venait de se passer lui déplaisait et que si elle faisait payer l'entrée elle serait déjà riche et bien d'autre trucs auquel personne ne prêta attention... Dehors, l'une des sentinelles chargées de s'assurer que le camp ne subissait pas d'invasion nocturne allait bientôt partir prendre un repos bien mérité quand elle aperçu une grande silhouette qui ne ressemblait pas à un de ses collègues, surtout en pleine nuit... Peut-être était-ce un intrus ? Le soldat s'apprêtait à interpeller le potentiel envahisseur après avoir brandi sa lance sous son nez quand il remarqua que l'individu ne portait ni arme, ni armure, juste une canne dont il servait pour marcher, il boitait en plus... Non, impossible que ce soit un ennemi, personne n'est assez fou pour s'infiltrer dans un campement hostile dans aucun moyen de se défendre. Mais bon ! Ça restait un intrus ! Pas la peine d'être brutal avec cet infirme mais hors de question de le laisser se promener tranquillement.


"Hé vous là !"

L'intéressé ne sembla pas le moins du monde inquiet d'être ainsi hélé et se retourna vers la sentinelle tranquillement. En s'approchant de l'étranger qui ne se déplaça pas plus que ça, le soldat constata que l'intrus était...grand, très grand, d'accord il n'était pas lui-même un géant, mais il n'est pas non plus un nain ! Pas comme l'autre raté de Karylian... Mais là il se faisait dépasser de...presque deux têtes ! Puis même juste au niveau de la carrure, pour ce qu'il pouvait en distinguer dans la pénombre commençant tout juste à se dissiper avec l'arrivée du soleil, il pouvait dire que jamais il ne ferait un bras de fer avec ce type il se ferait éclater en un instant.

"Qui êtes vous ? Que faites-vous ici ?"

Définitivement pas stressé, l'inconnu dont les traits restaient invisibles derrière ses cheveux dont on pouvait à peine déterminer la couleur pour l'instant ne bougea pas plus que ça, s'appuyant simplement mieux sur son gros bâton qui ressemblait aux lances d'entrainement du camp. Il s'était servi chez eux en plus ? Il est pas gonflé lui ! Attends un peu, on va t'apprendre les bonnes manières...

"Je suis arrivé récemment, et là...je me promenais tant qu'il n'y a encore personne, je me suis blessé à la jambe il y a peu alors j'ai du emprunter une des lances d'entrainement, il n'y a pas de cannes ici..."

Ah, d'accord, ça va alors... Arrivé récemment ? Une nouvelle recrue ? Ah bah ça faisait longtemps tiens ! C'est une bonne nouvelle ça, le soldat se détendit un peu : Si c'était juste un "bleu" alors tout va bien, il doit probablement essayer de mémoriser les lieux du camp, c'est vrai que c'est un peu compliqué des fois de s'y retrouver... Mais bon, il n'avait pas le temps de taper la causette, les sentinelles sont comme les chauves-souris ici : Elles vivent la nuit et dorment le jour. Aussi pour lui il était temps de partir pioncer.

"Okay, bah bon courage alors, tiens, rends-toi utile, j'pense que même avec ta jambe tu devrais pouvoir aller donner à manger aux chevaux ? C'est juste là bas tu vois ? T'as le foin d'un coté et les canassons de l'autre, tu vires juste la vielle bouffe et leur met de la neuve... Oh ! Et surveilles aussi leur eau ! C'est important... Wouuaah...'fatigué... J'vais dormir moi, bonne journée !"

Le lancier abandonna sur ces termes la grande recrue et partit regagner son lit. C'était pas le grand luxe, mais le chef veillait au moins au confort de ses hommes, c'était une des raisons qui faisaient que ses sbires le suivaient sans discuter... Le boiteux lui, haussa simplement les épaules et alla faire ce qu'on lui avait demandé : D'après ce qu'il savait il n'y avait que Chjal et un ou deux autres hommes ici qui savait monter à cheval, ça ne devrait donc pas être trop dur de changer le foin de trois bestioles et de leur filer à boire, même s'il a trois pattes pour le moment. Après tout, pourquoi pas ? Il n'a pas à se battre aujourd'hui et ne s'est jamais occupé d'un animal non-blessé, et encore... Ça fera une nouvelle expérience, et ça c'est bien : Mieux vaut avoir tout vu sans être un connaisseur qu'être un grand savant ignorant du monde en dehors de sa bibliothèque...

Mais en fait c'était un peu plus compliqué que prévu, car pour transporter le foin la "recrue" c'était retrouvée obligée de lâcher sa canne et éprouvait bien des difficultés pour emmener la bouffe aux montures, sans compter pour l'eau : Il y avait un puits derrière les bâtiments, décidément Stanpar s'était bien installé, mais ça faisait une belle trotte, et en boitant c'était pas fulgurant...sans compter que non seulement sa jambe était dans un sale état, d'où la "canne", mais en plus son bras gauche n'avait pas grand chose à lui envier et porter le seau plein d'eau jusqu'à l'écurie puis refaire l'aller-retour, c'était pas la joie... D'après le jeune homme, cela lui avait même pris près de deux heures : Si on lui avait dit que ça lui demanderait autant de temps, il ne l'aurait jamais cru. Par contre c'était amusant personne ne faisait attention à lui, tous ceux qui l'avaient croisé ont vu un infirme les dépassant quasiment tous en taille et qui galèrait à porter la flotte aux chevaux, en théorie car s'il a un seau mais pas de serpillère ou d'autre ustensiles d'entretien du sol, comme cette magnifique invention qui consista à mettre une brosse géante au bout d'un bâton et qu'on a appelé un balais, alors c'est probablement qu'il était désigné à la maintenance des canassons... Il avait beau être grand et inconnu, personne ne s'intéressa à lui.

Une fois sa dure tâche terminée, bien que rendue difficile uniquement à cause de ses blessures, le "bleu" resta dans l'écurie pour regarder les animaux. Jamais il ne s'était vraiment intéressé à une quelconque monture, c'était une bestiole comme une autre pour lui, mais mine de rien ça restait un "sujet d'étude", comme tout ce qui existe en fait, et pour une fois qu'il en avait devant le nez et qu'il avait tout son temps, autant en profiter pour les analyser non ? C'était juste dommage qu'il n'ait pas pensé à prendre son livre où il recensait tout ce qu'il avait envie de prendre en note, ce qui faisait pas mal de choses... Mais le calme dont il profitait à cause de sa tâche ingrate fut soudainement interrompu.


"Kerorian !"

Le Beorc aux cheveux rouges tourna un peu la tête vers le chef du camp. Pour l'instant il lui tournait magnifiquement bien le dos, et le fait d'avoir orienté légèrement ses oreilles vers le géant actuellement sans armure n'y changea rien, après tout, pour une fois qu'il avait le temps de s'assoir un peu sur une barrière relativement confortable car bien ronde et d'observer des chevaux, il n'allait pas se déranger pour ce type qui de toute façon viendra... Celui-ci lui posa d'ailleurs son énorme main sur l'épaule, satisfait d'avoir retrouvé celui qu'il cherchait :

"Bah alors gamin, c'était ici que tu te planquais ? Tu sais que quelqu'un à tenté de te tuer ce matin et...hein ?"

Le colosse s'arrêta un moment dans son récit, étudiant le jeune homme qu'il pensait avoir identifié comme étant le Rôdeur...mais c'était bizarre, on aurait plutôt dit un civil là, la couleur des cheveux correspondait mais c'était bien la seule chose, puis qu'est ce qu'il faisait avec une lance d'entraînement alors que c'était un épéiste ? Attends, ça veut qu'il s'est planté ? Bonjour la gaffe... Le géant retira sa main de l'épaule de l'infirme, il avait pas fait une boulette pareille depuis pas mal de temps.

"Ah, excuse moi, je me suis trompé de personne..."

Celui qui marchait actuellement avec une canne habituellement destinée à des combats sans danger se tourna un peu de coté pour pouvoir regarder l'imposant dirigeant du campement s'en aller, ralentir peu à peu, puis s'arrêter. Il semblait pensif, ah, il se retourne ? Il revient, se penche, et observe plus attentivement le Beorc.

"...Kerorian ?"

L'intéressé ne réagit pas plus qu'avant, il trouvait ça étrange mais pas spécialement risible, d'autant plus que c'est impoli de rire de l'erreur de quelqu'un, mais il n'avait pas non plus à s'inquiéter de quoique ce soit avec lui : Son prochain combat serait contre le second du géant, tant qu'il ne l'aura pas battu il n'y aura aucun risque de sa part. Le Rôdeur se leva tout simplement, s'appuyant sur son arme factice pour compenser ses problèmes à la jambe : Cette fameuse jambe qui a encaissé plusieurs fois les attaques électriques de Chjal, les décharges n'ont pas été sans conséquences et il n'avait pas encore pu récupérer, tout comme pour son bras, mais bon... Le vagabond se contenta de répondre le plus simplement et naturellement du monde :

"Oui ?"

L'étonnement lisible sur les traits du Général était surprenant. Ce n'est pas tout les jours qu'on peut le voir réellement surpris, et c'était sans doute lié à sa "nouvelle" tenue au vu du regard attentif et intégral que lui portait le géant, le scrutant de la tête aux pieds. Ce changement soudain de style vestimentaire avait été motivé par plusieurs raisons :
Premièrement, son état actuel ne l'autorisait pas à transporter son lourd équipement, il n'est probablement pas le seul à porter des gants et des bottes d'acier, mais des plaques protectrices si épaisses, ça ça l'étonnerait déjà plus de voir un autre en posséder. Sans compter que son épée était bien trop pesante pour ses muscles encore "convalescents" après les éclairs du cavalier. Il ne pouvait donc pas se permettre de trimballer tout ça.
Ensuite, le fait de ne pas pouvoir porter ses armes habituelles inciterait très probablement tous ceux qui veulent sa mort d'essayer de lui faire la peau puisqu'il affichait clairement ne pas être en mesure de répliquer. La plus fine-lame du monde ne génère plus la moindre menace une fois désarmée, c'était la même chose ici... Enfin, pas exactement car Kerorian s'y connait en matière de combat à main nue, mais son état ne lui permettrait de toute façon pas de se battre, même contre quelqu'un de faible.
Et pour finir... Lorsque Lyn l'avait rejoint dans sa chambre la veille, après son duel contre Chjal, et qu'elle a vu l'état de sa tenue, il cru qu'elle ne le lâcherait pas et le ferait mourir d'épuisement à force de débiter un flot incessant de trucs à propos de propreté, dignité et un millier d'autres machins qu'il n'a pas écouté jusqu'à finalement céder en disant qu'il la laisserait laver ses vêtements, elle semblait y tenir absolument, et qu'il trouverait bien de quoi s'habiller entre temps.

Voila pourquoi le Rôdeur, habituellement vêtu d'une chemise grise terne et d'un bas sombre et d'une cape noire, en plus de porter gants et bottes renforcés, était maintenant plus ou moins bien installé dans un haut blanc classique et un pantalon de lin, les mains totalement libre et des chausses banales aux pieds, sans compter le fait qu'il n'avait plus non plus son bandeau : Lyn l'avait trouvé "crade" et insisté une nouvelle fois pour l'embarquer avec le reste. Mais ce changement était tel que personne n'avait reconnu le robuste combattant, même Stanpar avait eu du mal à l'identifier. Le colosse était d'ailleurs resté bouche bée.


"Hé bah merde alors..."

Visiblement, il ne s'en remettait pas. Kerorian s'attendait à ce que les gens soient surpris de le voir ainsi attifé comme n'importe quel type normal...pour dire vrai il avait lui-même été très étonné de voir à quoi il ressemblait en "civil", ça lui allait pas trop mal en fait, ça faisait tranquille, peinard, le genre de gars qui n'a pas vraiment de soucis dans la vie quoi, quelqu'un de tout ce qu'il y a de plus classique en somme. Mais de là à ne pas être du tout reconnu...

"...Ça me change tant que ça..?"

Le hochement de tête affirmatif du colosse suffit. Il faut croire que c'était vrai en plus, tout à l'air pendant qu'il ramenait un énième seau il avait croisé Zakls. L'épéiste s'était arrêté dans sa marche, probablement un tour de garde, ou une promenade impossible à dire, pour regarder plus attentivement le Rôdeur qui était passé sans vraiment s'occuper de lui, lui rendant juste son regard. Le premier de ses "partenaires" de duel sembla hésiter, pendant un instant le guerrier crû avoir été enfin reconnu, mais le maigrelet haussa simplement les épaules avant de reprendre sa route. C'est à ce moment que Kerorian réalisa que cette tenue le changeait énormément : Même quelqu'un avec qui il s'est battu jusqu'à des conditions sévères ne l'avait pas identifié.

"Qu'est ce que tu fous sapé comme ça toi ?"

... Pas envie d'expliquer, déjà ça fait trop à dire, pis il a pas envie de tout détailler, préciser et tout ça et tout ça, alors zut à toute l'histoire hein ? Il est guerrier bénévole, pas héraut quoi. Et en plus tout ça c'est de la faute de Lyn, et pas juste les fringues : Tout, sa venue ici, la première rencontre avec Stanpar, puis la récupération de l'autre épée pourrie là...saleté d'enclume, si encore elle pouvait tenir plus d'une journée sans lui raconter mille âneries toutes plus obscènes les unes ques les autres...

*Hééé ! Dis donc sale empaffé de mes deux ! On t'as jamais dis que ça s'faisait pas dire du mal des gens dans leur dos ? Espèce de sale...

Le Rôdeur soupira lourdement en parvenant à fermer son esprit au vocabulaire particulièrement riche en insultes du Démon qu'il devait se trimballer depuis quelques mois... D'où il dit du mal dans le dos des gens ? Ce taré est toujours avec lui ! Il sait tout ce qu'il pense et dit, alors déjà c'est pas dans le dos, et en plus c'est pas un "gens" lui c'est juste un sale démon ! Non, maintenant c'est juste une épée de merde qui ferait juste une bonne enclume ! Tiens, ça serait pas une mauvaise idée ça, le refourguer à un marchand...ça lui ferait une utilité, et à lui un peu d'argent et de tranquillité. Enfin bon, pour l'instant il y avait une question de la part du géant qui attendait sans comprendre sa lenteur, la mettant sans doute sur le compte de la fatigue.

"Demandes à Lyn..."

Fantastique, vraiment quelle réponse magnifique et bien développée, mais qu'est ce qu'il aurait fait sans lui ? Il aurait sans doute...été voir Lyn ? Ahh, mais qu'est ce que c'est marrant comme coïncidence ! Même s'il avait pas répondu le résultat aurait été le même ! Pff, c'était vraiment pas le genre de gars à qui demander des résumés ou des rapports... Bon d'accord, dans sa jeunesse lui aussi n'était pas des plus loquaces mais bon... Enfin, sans doute était-il normal qu'il suive le même chemin que lui... Qui sait, peut-être que dans dix ans on aura l'impression de voir un second "Stanpar" mais en plus petit ?

"Ça m'aide vraiment beaucoup, merci..."

Qu'est ce que tu croyais ? Qu'il allait tout te dire de A à Z en disant ce dont il a toujours rêvé avec ses goûts, désirs et tout le blabla ? Tss, imbécile... Le Rôdeur se rassit sur la barrière qu'il occupait avant d'être dérangé tandis que le colosse s'en allait chercher celle qu'il surnommait "la gamine" pour avoir ces fichues informations à propos de la tenue du boiteux. Kerorian lui de son coté profita sereinement de sa journée grâce à cette nouvelle tenue. C'est amusant comme personne ne vous reconnait dès que vous changez de style, et à quel point les infirmes sont mal considérés : Tout le monde crût à une nouvelle recrue et lui confia divers boulot pas bien valorisant...mais bon, ça l'occupait tranquillement comme ça. On ne dirait pas mais en fait ça peut être divertissant la vie de simple gars de camp, ça fait pas de mal, ça change un peu de sa vie habituel de voyages et de baston...ou de tentatives de possession par sa foutue épée.

Mais si la journée fut bonne, surtout grâce au prêtre qui lui procura des soins d'une efficacité incroyable et lui rendit l'usage complet de ses membres malgré une certaine raideur qui passerait probablement avec une bonne nuit de repos, la soirée en fut tout autant mauvaise... Juste à cause de Lyn, encore et toujours à cause d'elle. Un jour, une espèce de poivrot avait accosté Kerorian pour lui débiter des trucs plus stupides et incohérents les uns que les autres, tout ce qu'il se rappelle avoir compris c'était qu'il disait que les femmes étaient une source de problèmes... Bien entendu, le Rôdeur ne l'avait pas cru : Tout le monde peut-être une source de problème, mais pour une fois il avait un exemple concret de l'origine de cette mauvaise réputation. Et les ennuis commencèrent alors qu'il avait à peine passé la porte de sa chambre :

À cause de cette nouvelle tenue, la jeune femme ne l'avait pas reconnu. Et le fait qu'il entre aussi soudainement et naturellement dans ce qu'elle jugeait comme être "chez elle" l'effraya un peu, sans compter ce qu'il s'était passé ce matin, aussi eut-elle une crise de frayeur et se saisit d'une casserole; elle lui expliquera par la suite qu'après ce qu'il s'était passé en début de journée elle avait préféré posséder une "arme" avec laquelle elle risquait pas de se blesser; et lui en colla un coup si magnifique que le "Plonk" du fabuleux ustensile de cuisine raisonna magnifiquement en contrastant avec le bruit de la chute du guerrier. Prendre des coups de poing, il a l'habitude, des coups de pieds aussi, même des attaques à main armée : Couteau, lance, épée... Mais prendre un coup de casserole en pleine tête : Ça, c'était encore jamais arrivé, non seulement ça faisait bien mal, mais en plus sous le choc, autant l'impact que d'avoir été agressé par Lyn, il n'avait pas pu rétablir sa position et s'était rétamé. Elle s'excusa après l'avoir reconnu pendant une bonne heure, mais ce n'était que le commencement...

Après avoir, enfin, fini de dire qu'elle était désolé sous x formes, elle voulut lui apporter un breuvage chaud pour lui remonter un peu le moral, une bonne infusion de plantes pour le détendre, ça devrait lui faire du bien après cette gaffe monumentale, aussi se pressa t-elle pour le lui apporter avant qu'il ne refroidisse, mais bien entendu, une fois retournée dans la chambre et approchant du guerrier, elle trébucha sur la casserole qu'elle avait magnifiquement laissé au milieu du chemin et fit un superbe lancé de tasse bouillante sur le guerrier décidément malchanceux qui se mit à rugir de douleur d'avoir été confondu avec un homard. Réalisant rapidement sa seconde erreur, elle se rappela avoir vu un seau non loin de là et sortit précipitamment pour pouvoir jeter de l'eau sur le malheureux ébouillanté, c'est pas très classe mais au moins ça devrait faire effet. En effet il y avait bien un seau, plein, et d'eau en plus ! Pas de m...euh bref, elle se dépêcha pour éviter que le supplice de son "aimé" ne soit trop long...et elle doit aimer le comique de répétition car elle à bel et bien réussi à envoyer l'eau sur le Rôdeur, lui apportant un frais effectivement salutaire, mais il y a peu de chance qu'il ait apprécié de tester le premier chapeau-seau après qu'elle se soit une nouvelle fois prise les pieds dans la même casserole abandonnée et lâché le tout vers lui.

Mais après avoir été assommé, ébouillanté et noyé puis coiffé d'un récipient, le pauvre guerrier s'imagina qu'il ne risquait pas de lui arriver une nouvelle crasse... Pourtant la jeune femme lui réservait encore une mauvaise surprise, qu'il n'apprendra que le lendemain, juste après l'aube lorsqu'il se leva pour aller affronter le vieil homme faisant office de second dans le camp.



Chapitre XII : Trio infernal : Keyucht le Kunstler...un combat dans des conditions bien étranges :


Le cercle autour de l'arène était formé, les deux combattants étaient face-à-face, l'affrontement entre le vainqueur de la moitié du camp, autant des troupes que des meneurs, contre le meilleur des combattants de la petite armée après le chef en personne promettait d'être intense : Un grand costaud aux cheveux flamboyant face à un "petit vieux" vêtu d'un haut banal, quoiqu'à l'air proche du corps, et d'un pantalon d'apparence souple et tout aussi collé à la fine carrure de l'ancien à la coiffure courte et grisonnante depuis bien des lunes et deux lames de coude, l'un se battant d'après la rumeur avec l'art de Stanpar, une technique dont les praticiens sont réputés pour leur force brute et leur robustesse impressionnante et l'autre maîtrisant un style aussi étrange que fluide. Si l'on ne craignait pas de comparaison exagérée : On pourrait dire que c'était le duel de la roche contre l'eau... Pourtant la tension n'était pas au rendez-vous, on ne lisait pas d'excitation ou de violence dans les regards, juste...de la surprise, une très franche surprise.

Précédant encore une fois l'ennemi du camp, Keyucht arriva avant tout le monde et passa très simplement le temps en se préparant par divers étirements, prouvant sa souplesse plus qu'impressionnante, surtout pour son âge alors qu'une masse de plus en plus importante s'amassait autour de ce qui servait d'arène. Quand tout le camp fut là, même le petit enfant qui avait failli faire un infarctus au pauvre Rôdeur à son réveil, même Stanpar qui bouillait d'impatience à l'idée de voir un vieil ami à lui se battre contre le gamin, même Karylian était présent ! Pourtant, lorsque le duelliste arriva, suivi par Lyn qui semblait sceptique, personne ne tilta que c'était lui avant un certain temps, puis quand les esprits se réveillèrent et identifièrent enfin le guerrier, on tira à l'unanimité une tête de dix pieds, même le sage vieillard qui s'interrogeait sérieusement sur l'état mental du jeune homme.


"...Kerorian ?"

En fait, le seul à ne pas avoir les yeux comme des billes et la bouche ouverte au point d'en gober les mouches passant par ici si jamais elles étaient soudainement prise d'une envie d'exploration buccale, était le manieur d'épées géantes qui faisait en revanche une gueule particulièrement frustrée...et on le comprend le pauvre... Il venait de se présenter sur un champ de bataille, bien que ce soit un duel, sans ses gants, bottes, armes ou quoique ce soit d'habituel : Il était vêtu d'un haut blanc semblant légèrement trop petit pour lui et d'un pantalon qui lui semblait en revanche un peu trop grand et portait pour tout et seule arme ou protection une paire de jambières en acier...et surtout il avait les poings liés, bien que les avant-bras portaient des brassards, ce "petit" détail finissait d'étonner tout le monde et faisait se poser beaucoup de questions quant à ses goûts, ceux de sa "copine" et aussi sur sa santé mentale : Quel fou part au combat les mains attachées ?

"Quoi..."

Franchement... Il vient se battre sans armure, un renfort de jambe et de main ne pouvant pas être considéré comme tel dans un cas aussi isolé, sans arme et avec une liberté entravée. Quelle mouche l'a donc piqué ? Le vieil homme s'attendait à voir son adversaire arriver avec au moins sa bâtarde et ses protections habituelles, ou alors les aurait troqué contre un bouclier, mais non : Il se pointait naturellement sans la moindre gêne, par contre sérieusement énervé, comme ça... Bof, après tout : Il n'était pas là pour juger ses fantasmes ou son instinct de survie... Quant à pourquoi sa "compagne" semblait particulièrement honteuse et douteuse, ce n'était pas non plus son problème.

"Non, rien..."

Pour comprendre la raison de cet équipement pour le moins...particulier, il est nécessaire de revenir quelques temps en arrière, au moment du réveil du Rôdeur et de la jeune femme peu après par le combattant lorsqu'il se rappela, ne lui tenant pas rancune pour les événements de la veille, qu'elle avait mis à laver ses vêtements mais ne lui avait pas dit où ils étaient, il allait pas aller se battre nu quand même ! Hé bien la succession de malheurs dont il fut la victime la nuit précédente sembla le poursuivre encore lorsqu'elle se leva, se changea tranquillement alors qu'il sortait pour lui laisser une intimité malgré sa demande qu'il reste, prétendant qu'elle ne serait pas gênée si c'était lui qui la voyait nue, et partit ensuite chercher sa tenue...avant de revenir quelques minutes après avec une mauvaise nouvelle pendant ses étirements:

"Hem...Kerorian ? Il y a...un problème avec tes vêtements..."

Cessant son "réveil" pour le moins martial, l'intéressé se redressa dans un lourd soupir, se demandant quelle misère allait encore tomber sur ses pauvres épaules comme un rocher assassin poussé par son amoureuse qui dégringolerait d'une pente au pied de laquelle il attendrait innocemment sa poisse. Trop las pour répondre et demander la suite, ses yeux parlèrent à sa place, faisant fuir ceux d'une Lyn particulièrement gênée :

"Ils...Ils sont trempés... Je les avais mis à l'eau pour préparer leur lavage mais je...les ais oubliés dedans...toute la nuit..."

Un "plaf" dégagé après une main robuste qui frappa élégamment le front du Rôdeur suffit amplement pour traduire une phrase interprétable comme... "Mais quelle andouille, qu'est ce que je mets moi maintenant ?". Question tacite dont l'usage avait visiblement été anticipé par celle qui lui devait la vie car elle ne perdit pas de temps et tenta avec un vague espoir de pas être une gourde jusqu'au bout :

"Mais euh... Je t'ai trouvé des vêtements à ta taille je pense, je suis allé fouiller un peu du coté des tenues des soldats blindés comme on les appelles et comme ils sont physiquement assez proches de toi, j'ai pensé que...enfin voila, tiens..."

Quand on a pas de pot, c'est jusqu'au bout visiblement... Lyn lui tendait une tenue particulièrement simple. À la limite il aurait pu mettre ça pour sortir, faire un tour dehors par plaisir ou pour passer inaperçu dans une foule, mais en aucun cas un "équipement" aussi léger pouvait être utilisé pour le combat ! Pourtant il n'avait pas le choix : C'était ça, ou en sous-vêtements, les fringues utilisés la veille n'étant pas le moins du monde adaptés à un affrontement... Aussi, après avoir fait sortir prestement la jeune femme, il commença à se vêtir de ce couvre-dignité avec frustration. En revanche maintenant la crise de poisse passée, il pouvait enfin réfléchir plus ou moins calmement à la solution pour pouvoir défaire son adversaire Kunstler :

Par expérience, un grand merci à Héras pour leurs entraînements qui lui profiteraient grandement aujourd'hui, il savait que son épée ou son Kansheirai ne serait d'aucun secours face à quelqu'un comme Keyucht... Contre le jeune adepte du Beigunshneider encore maladroit dans sa pratique, ses coups pouvaient parfois être efficaces, mais face à un maître ce n'était pas la peine de rêver. Sans compter que sa technique habituelle : Écraser l'adversaire d'une attaque puissante serait absolument suicidaire, l'art de son adversaire semblant l'opposé du sien, s'il déployait sa force brute sur un coup direct il offrirait juste à l'ennemi l'occasion de frapper. Par conséquent, mieux valait se débarrasser de ses protections et armes habituelles et opter pour une armure plus banale : Les Kunstler sont particulièrement vifs et agiles, parvenant à frapper n'importe où à la moindre ouverture, mais manquaient cruellement de force de frappe et ne pouvaient très certainement pas percer une cuirasse...

Cependant, après s'être rendu à l'armurerie pour emprunter comme permis un plastron ou quelque chose du genre, un nouveau problème se posa : Juste un armure de poitrine de lui serait finalement d'aucun secours, il était fort probable que le vieil homme utiliserait des armes adaptées à sa technique aussi lui fallait-il plus de défense...l'ennui c'est que s'ils revêtait une protection intégrale, il ressemblerait à un soldat blindé et aurait la vitesse d'une tortue boiteuse unijambiste anémiée, et il se ferait probablement décortiquer comme un crabe : Quoi de plus facile que d'abattre quelqu'un qui ne peut bouger ? Donc il fallait trouver un compromis entre résistance et mobilité, l'idéal aurait été une cuirasse et des renforts de bras et de jambes légers... Bon sang, Kerorian ne sait pas ce qu'il a bien pu faire, mais ça devait vraiment être horrible pour avoir une poisse pareille !

Aucune armure n'était à sa taille ! Enfin, si, il pouvait mettre celles de l'infanterie lourde, sauf que ça ne ferait qu'aggraver son problème ! Toutes les protections qui auraient pu lui être utiles étaient celles des soldats classiques, des gens bien plus petits que lui, c'est pas croyable d'être poursuivi comme ça... D'abord être martyrisé à coup de casserole, puis se faire cuire à l'eau chaude avant d'être victime d'une tentative d'assassinat avec un seau comme arme du crime, et maintenant ça... Quoique finalement son cas n'était pas au pire, pour l'instant en tout cas, il y avait là des armures pour les membres et elles correspondaient plus ou moins à ses attentes, aussi s'empressa t-il d'aller les essayer. Il semblait même il y en avoir qui pouvaient lui aller.

Le Rôdeur finit par opter par deux brassards protégeant efficacement ses avant-bras et deux plaques d'acier pour les jambes, au relief un peu particulier car composées de proéminences, sans doute pour offrir une possibilité de coups de pied, il y avait d'ailleurs une protection à placer sur le haut du pied, juste devant la cheville, à attacher sur la botte. C'était très léger, mais c'était déjà ça...et il serait bien parti ainsi au combat si un nouveau problème se posa pas encore une fois à lui : S'il restait en position défensive, il pourrait sans gêne bloquer les attaques du vieillard mais il ne pouvait pas permettre d'attendre que l'orage tombe. Sauf que ses renforts ne protégeaient pas "l'intérieur" des membres, si jamais il mettait un coup de poing il serait foutu : Non seulement un tel coup exposerait les parties vulnérables de son bras, mais en plus ça casserait sa défense et offrirait à l'adversaire une magnifique ouverture pour le couper en deux...

À bien y réfléchir...ses mains n'auraient d'autres utilité que la défense, d'autant plus que s'il laissait ses bras trainer il se ferait attraper. Donc il en serait réduit à devoir battre un expert des combats juste avec les pieds, ça c'est mal parti, et en devant en plus surveiller le moindre geste de ses membres supérieurs pour pas se faire avoir par un contrôle d'articulation ou ouvrir sa garde... Hmm, pour ça il y avait peut-être une solution : ça éviterait qu'il ne bouge trop, se fasse attraper, ou qu'il ne casse sa propre défense, ça serait gênant et inconfortable mais au moins s'assurerait-il une protection à peu près sûre.


Voila pourquoi Kerorian était donc venu avec pour seul équipement des renforts de tibias et d'avant-bras, et les mains attachées : Ainsi liées, elles seraient toujours devant son torse et n'avait donc pas à porter d'armure : C'était un pari risqué, d'autant plus qu'il a l'habitude d'avoir beaucoup de liberté dans ses mouvements, de faire des coups très amples, très longs, et le voila maintenant menotté...volontairement, pour se battre contre un type sans aucun doute bien meilleur que lui en terme d'expérience et de technique. Certes, pour ça il ne pouvait pas en vouloir à Lyn mais bon, c'était très loin de le mettre de bonne humeur. Le premier qui se paye sa tête n'aura qu'à essayer, d'aller affronter quelqu'un sans pouvoir se servir de ses mains.

Stanpar, se remettant peu à peu de la surprise, finit par reprendre ses esprits : Voir le gamin se ramener comme ça avec cet attirail avait été un grand choc, d'accord tout le monde en était encore stupéfait, sauf Lyn qui commençait à avoir de sérieux doutes sur la santé mentale de son sauveur, mais bon. S'il voulait se battre comme un prisonnier en fuite, libre à lui, après tout il a déjà démontré sa vaillance, peut-être a-t-il un plan ? Ça n'en rend l'attente que le combat commence que plus dure... Qu'est ce qu'ils attendent d'ailleurs ? Ah merde ! Son signal !


"Allez-y !"

Tirant de leur étonnement l'intégralité des personnes présentes, surprenant même jusqu'à son adversaire qui malgré son attention ne pouvait empêcher son esprit de divaguer un peu, Kerorian s'élança sur le vieil homme, et bondit pour entamer les hostilités d'un bon coup de pied sauté. Malheureusement, malgré sa soudaine attaque, Keyucht décala simplement son pied de coté, avançant même assez, puis déplaça son poids sur ce nouvel appui en se penchant dessus, bougeant juste de ce qu'il fallait pour ne pas encaisser l'assaut du Rôdeur, envoyant un coup de coude armé d'une lame solidement fixée dessus vers le grand corps volant qui continuait son élan, mais les plaques de bras du Rouge firent du bon travail et l'idée de lier ses mains était finalement excellente : Ses membres ainsi collés à lui exposaient son armure plutôt que son torse et le tranchant du Kunstler ne fit que riper contre la protection, il ne resta pas plus longtemps sur place et bondit de coté pour éviter de rester "sous" son adversaire qui retombait à terre.

Celui-ci ne perdit pas une seconde et enchaîna sur un impressionnant coup de pied circulaire qui aurait sans nul doute fracassé quelques os au vieil homme, à cet âge ça casse vite, surtout avec une claque pareille, s'il ne s'était pas laissé emporté par la frappe en levant simplement les bras pour se défendre, ici aussi les plaques du jeune combattant furent utiles, et profita de l'élan puissant de son robuste ennemi pour s'enrouler autour de la jambe pour lui porter un souple coup de botte ressemblant à un croissant de lune, ou un croissant tout court pour les plus affamés, censé l'atteindre au menton et lui secouer le cerveau. Malheureusement son pied heurta juste le bras de l'écarlate, c'est pas si débile que ça en a l'air en fait son idée, même si sa chausse glissa malgré tout contre le coude du Rôdeur et ne passa pas loin de la cible d'origine, quelques crins rouges flottèrent un peu sous l'air déplacé par le passage de l'attaque.

Le Kunstler lâcha ensuite la jambe et retomba souplement à terre en terminant l'espèce de salto entamé pour s'être enroulé sur le coup de son adversaire qui s'empressa de lever haut le pied venant d'attaquer, le tendant presque à la verticale, impressionnant la foule par sa souplesse inattendue, et abattit sa frappe sur le vieillard tel un bûcheron voulant fendre un rondin. Keyucht se décala une nouvelle fois d'un pas de coté en laissant la main la plus proche du membre offensif de son ennemi sous le nouvel assaut de celui-ci, il aurait certes pu se mettre en défense et laisser Kerorian écraser la partie vulnérable de sa jambe en plein sur ses lames de coudes, mais il faut bien l'avouer...leur fil n'était pas le plus aiguisé qui soit, et il n'avait pas la moindre envie de se faire aplatir : Certes il dépassait le Rôdeur de très loin en combat martial, mais avec leur différence d'âge et de carrure, un seul coup direct, surtout aussi puissant que celui-ci, suffirait probablement à le mettre en pièce...

L'impact du robuste pied dans la main du Kunstler fit littéralement basculer celui-ci, l'avantage d'être un "vieux", c'est qu'on sait comment doser sa force pour opposer assez de résistance pour enchainer sur un contre, mais pas assez pour se blesser en bloquant trop l'attaque. Le mouvement donné ainsi à l'ancien lui permit de se laisser tourner en faisant décoller ses jambes, passant par dessus celle de l'épéiste en lui portant dans le mouvement un précis coup de botte en pleine mâchoire, et ça au moins eut un effet car le guerrier dut reculer d'un pas pour rétablir son équilibre, il avait beau être du genre coriace, les chocs à la tête ça ne fait jamais du bien, et on ne peut pas s'entraîner à y résister : Si le cerveau est secoué il est secoué, qu'on soit un maigrelet ou une montagne ça fait le même effet. Mais il est extrêmement rare de réussir à abattre quelqu'un avec un seul coup plutôt léger, et ce n'était clairement pas assez pour faire mordre la poussière au manieur de lames qui s'avança suffisamment pour atteindre sa cible à l'aide de ses pieds de façon directe.

Puisque Keyucht était plus rapide, plus expérimenté et avait une technique avantageuse contre lui, alors il fallait jouer sur leurs différences : La taille et la force, son adversaire était "court sur pattes", pour qu'il puisse contrer il lui faudrait s'approcher, mais s'il s'approche alors dans ce cas il n'aura plus qu'à le charger, un simple choc direct serait suffisant pour tenter de prendre l'avantage, à son âge, le Kunstler devait être relativement fragile, surtout avec une carrure comme la sienne, contrairement au Rôdeur qui était très impressionnant à coté de lui, s'il parvenait à le percuter de plein fouet ça devrait au moins lui laisser le temps de le frapper franchement.

Mais pour l'instant il ne se passait rien, trop loin pour tenter quoique ce soit, le vieil homme se contentait de pas de coté ou de se baisser ou reculer toujours à l'aide de mouvements vifs et brefs pour esquiver toutes les attaques du guerrier qui continuait à frapper de front mais qui n'atteignait que le vide laissé par le déplacement de son ennemi...jusqu'à ce qu'après avoir reculé pour esquiver de façon encore plus juste un énième coup du Rôdeur, il s'avance soudainement à toute vitesse alors que celui-ci faisait justement un pas pour être à nouveau à distance, cette progression si brutale alors qu'il était en plein déplacement laissa l'homme aux cheveux de feu sans défense lorsque le Kunstler lui bondit sur le genou, passa une main derrière sa tête et la tira en envoyant son coude armé d'une lame vers le visage du combattant. Un réflexe lui fit tendre les bras, droit devant lui, et frappa de ses deux poings liés le torse du vieillard, le poussant avec force.

Du fait de son faible poids, être un petit vieux sans armure qui mange juste ce qu'il faut ça rend pas lourd, Keyucht fut projeté un peu plus loin, ratant totalement son attaque dont le seul véritable résultat fut de faire trébucher le rouge qui malheureusement ne tomba pas. Il était juste encore plus remonté qu'avant d'avoir ainsi failli se faire avoir, il ne s'était pas un seul instant attendu à ce genre de feinte ou d'assaut, il est vrai qu'on rencontre rarement des gens se servant du corps de leur adversaire comme appui pour porter un coup ou se dégager d'une frappe alors on a aucun réflexe face à une telle technique, celui qu'il venait d'avoir avait juste été une réaction face à quelqu'un de trop proche : Pousser. Mais preuve était faite que ses coups de pieds ne viendraient jamais à bout du vieil homme, sauf que si ses jambes ne parvenaient pas à être une menace pour son ennemi, alors ses poings non plus, il lui fallait une épée... Merde ! Il aurait finalement du prendre la sienne ! Quoiqu'avec tout ce qu'il a comme gens autour, il y en a un bien un qui doit en avoir une non ? Ah ben quasiment tous en fait.

Le changement d'attention du Rôdeur n'échappa pas le moins du monde au Kunstler, concentré à l'extrême, qui se jeta une nouvelle fois à l'assaut de son adversaire, celui-ci leva une nouvelle fois sa jambe avec la ferme intention de fendre le crâne du vieillard avec un coup de pied qui s'abattrait sur lui tel une hache, ce qui n'était pas prévu à ce moment c'est que celui-ci se jette à terre et agrippe la cheville du Rôdeur entre les siennes alors qu'il frappait une nouvelle fois de la jambe, ratant encore la cible qui par un habile mouvement s'était décalé et encore rapproché du guerrier qui n'imagina pas un seul instant l'attaque vicieuse qu'il allait recevoir... Juste après avoir réalisé son esquive au sol, Keyucht se retrouva très proche du combattant aux yeux flamboyants, trop proche même dirait le premier venu, une telle position c'est un coup à se faire piétiner net, mais cette distance était celle dont il avait besoin pour porter un coup qu'on ne retrouve dans théoriquement aucun art martial : Un coup bas, un direct du pied bien placé là où il le fallait, suivi d'une roulade en arrière pour se dégager, autant par prudence que pour éviter le probable effondrement de l'épéiste, et effectivement, celui-ci ne tarda pas à fléchir pour tomber à terre, recroquevillé dans une position pour le moins lamentable dans cette arène.

Pourtant il fallait y penser, c'est un coup simple et efficace, et à la guerre il n'y a qu'une règle : Survivre. Aussi une telle attaque, certes lâche et malhonnête, était tout à fait possible et au contraire même intéressante à faire au vu de son efficacité. Mais ce n'était pas encore fini, ils ne sont morts ni l'un ni l'autre et aucun n'a proclamé son abandon, il fallait finir le travail... L'ancien s'approcha, prêt à accomplir sa sale besogne, il ne tirait aucune fierté ou plaisir de tuer un homme à terre, ou même de tuer tout court, ou encore de gagner de cette façon, même s'il est vrai que gagner ou perdre ne lui importe plus depuis déjà bien longtemps, à son âge on ne se soucie plus vraiment de la gloire, l'honneur tout ça... Il fronça les sourcils lorsqu'il crut voir un sourire sur les lèvres du malheureux combattant aux cheveux rouges, juste avant d'écarquiller les yeux lorsqu'il bascula soudainement sur le coté, s'appuyant sur un avant-bras pour ne pas être couché et porta un terrible balayage surprise qui faucha presque net les deux chevilles du vieil homme qui tomba net et prouva de surprenants réflexes pour quelqu'un d'aussi âgé que lui en posant ses deux mains à terre et d'éviter de s'écraser au sol et se releva aussi vite que possible, mais pas assez visiblement.

Il n'eut que le temps de relever ses bras devant lui, encore en train de se redresser, pour éviter d'encaisser de plein fouet un grand tibia couvert d'une plaque d'acier qui lui fonçait droit vers la tête, mais malgré sa garde expresse l'impact fut si violent qu'il aurait juré avoir pris le coup à travers ses bras, sans ses lames de coudes ça n'aurait pas été étonnant qu'il en ait un qui se brise avec un choc pareil, bien assez fort pour le faire voler un peu plus loin. Retombant sur le dos, maudissant son relâchement en pensant que son attaque fourbe avait été décisive, Keyucht serra les dents à cause de toute cette brutalité, il n'avait définitivement plus l'âge pour tout ce bazar ! Mais le fait d'être un ancêtre ne l'empêcha pas le moins du monde de rouler encore une fois avec souplesse en arrière et releva la tête pour apercevoir un Rôdeur bien remonté lui foncer dessus, ou plus précisément pour voir un gros genou se précipiter vers son ventre, trop tard pour esquiver, trop court et trop proche pour s'en servir et se dégager, il était foutu.

Un sinistre craquement eut lieu à l'impact entre la solide articulation du guerrier et le torse du Kunstler, celui-ci avait tout de même tenté quelque chose et avait paru presque se relever d'un bond en avant avant d'être frappé de plein fouet. Le coup, donné avec tant de force et d'élan, refit encore une fois décoller le vieil homme qui s'écrasa de tout son long à peine plus loin, on a beau porter une attaque avec toute la violence qu'on veut, c'est dur de faire aller loin quelqu'un, même léger, mais la vraie différence était que cette fois l'ancien ne se relevait pas, au contraire il restait à terre et visiblement en sale état : Le coup lui avait sans nul doute cassé quelque chose, et ça devait pas être joli à l'intérieur si même un expert dans son genre ne parvenait plus à remuer, peut-être une côte enfoncée dans un poumon ? Vu le choc, ça ne serait pas étonnant...

Petit à petit, chacun commença à réaliser l'impensable : Keyucht venait de perdre, il était par terre, Kerorian était debout, c'était donc encore une victoire pour lui non ? C'est pas possible, comment est-ce qu'il a pu battre le vieux ? À part Stanpar ils n'ont jamais vu personne capable de lui tenir tête, il arrivait même à envoyer au tapis des cavaliers ! La lourde voix du géant, apparemment impressionné vu son ton, ramena tout le monde à la réalité, même le Rôdeur...


"Kerorian...gagne son combat contre Keyucht."

Alors là, c'était définitivement la fin de toute logique pour les soldats : On disait que Zakls était le gars le plus rapide du camp, même le Kunstler ne le dépassait pas en vitesse, mais pourtant ça n'avait pas suffit pour l'emporter, puis Chjal dont la lance pouvait mettre à terre un ours, même le colosse évitait de trop s'y frotter, et qui pourtant était un combattant monté s'était fait battre, et maintenant le bras droit de leur chef, un vieux bonhomme aussi naturel que redoutable qui venait de laisser s'échapper la victoire à son tour ? Pour eux, s'était impossible, aucun n'y avait ne serait-ce que songé, sauf Karylian mais lui ne savait pas qui encourager de son chef ou de son idole. Lyn elle en revanche s'était montré inquiète tout au long du combat...enfin, elle l'était depuis que Kerorian était arrivé et qu'il devait se battre contre "ces types pas normaux" comme elle disait. La jeune femme avait bien cru que s'en était fini de son aimé lorsqu'il reçu ce coup traître : On a pas idée de frapper un endroit pareil ! Elle va en avoir besoin de ce qu'il y a là...euh, oubliez-ça.

Celle qui devait la vie au Rôdeur, une fille pas bien grande avec de longs cheveux noirs et plutôt maigre, commença à s'avancer pour aller rejoindre son "beau héros" comme elle l'appelait souvent quand elle était toute seule ou qu'elle pensait à lui en souriant déjà à ce qui pourrait se passer : Heureux de sa victoire si ardue, il serait moins tenté de la repousser, et si elle se faisait plus entreprenante et directe, et aussi plus...aguichante, alors peut-être qu'elle pourrait gagner enfin le cœur de son guerrier aux cheveux de flammes et même avoir droit à une nuit...disons, longue ? Elle faillit en baver un peu, bonjour l'élégance et le raffinement, en songeant déjà à cette longue soirée de plaisir avec celui qu'elle aimait.

Un geste un peu plus loin devant elle la ramena à la réalité, et son sourire s'effaça lentement pour laisser place à l'inquiétude : Kerorian venait de manquer de s'écrouler, il aurait sans doute possible fini étalé de tout son long s'il n'avait pas mis un genou à terre. Une flaque de sang commençait à se former sous le combattant, penché sous la force de ce mal qui le rongeait, et c'est en parvenant précipitamment à lui pour connaître la raison de cet effondrement brutal que Lyn remarqua que le fluide vital s'écoulait du manieur d'épée, de son ventre plus précisément : Celui-ci était barré une sévère balafre, et pas des plus légères, comment s'était-il fait ça ? C'était le vieux qui..? Mais quand ? Aaah ! Peu importe ! Il fallait vite le faire soigner, avec une blessure pareille il allait cracher ses tripes si ça continuait à couler comme ça !


"Il est blessé ! Un guérisseur ! Vite !"

Et cette fois, incompréhension générale, personne n'avait vu le moindre coup d'arme être porté, comment avait-il pu être ainsi touché ? Surtout que ça devait vraiment être moche vu comme il s'en était écroulé. Stanpar passa rapidement un ordre à l'épéiste sonique, lui-aussi avait assisté au duel, mais il était si discret que personne ne l'avait remarqué, à part son chef, en même temps il était juste à coté de lui... Zakls partit ensuite en courant vers les bâtiments, il avait pour ordre d'aller prévenir le prêtre qu'il allait avoir du boulot, et beaucoup cette fois. Pendant que le sprinteur du camp, l'épéiste n'était pas vif uniquement dans ses attaques, il était aussi le meilleur coureur de la petite armée du géant, allait chercher celui qui avait reçu la lourde charge, notamment ces derniers temps, de "médecin" des troupes, le colosse fit mobiliser quelques hommes pour aller porter en douceur mais rapidement les deux combattants chez le soigneur : La blessure du Rôdeur était sévère et personne n'avait le matériel pour recoudre ça, et la respiration difficile et l'inactivité totale du Kunstler était inquiétante...




"Il y a...des ombres...dans ma tête..."
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Kerorian
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MessageSujet: Re: La gentillesse est une source de problèmes.   Jeu 10 Nov - 19:10

Chapitre XIII : Tout n'est que rage et folie :

Après le duel entre Kerorian et le vieil homme, le "médecin" demanda à ce qu'on lui fiche la paix et plus personne n'eut de nouvelles de l'actuel manieur de la Dragonslayer jusqu'à la veille du combat entre lui et l'ancien porteur de la lame maléfique. Mais à l'heure de manger il réapparu soudainement, comme si il avait toujours été là. Arrivant dans la pièce comme une fleur, habillé comme à son habitude, et s'installant tout seul dans un coin, avalant rapidement son repas et repartit comme il était venu. Laissant toute la salle le regarder avec de grands yeux : Personne n'avait remarqué son arrivée, mais tout le monde l'avait vu s'en aller comme si il était chez lui. Rapidement on commença à parler de lui, disant qu'il était gonflé, que de toutes façons il va crever, et qu'il faudrait l'assassiner dans son sommeil...Et ce dernier point fit tiquer le colosse qui était assis comme toujours au fond de la salle et qui se leva soudainement avant de sortir à son tour.

Il alla rejoindre le guerrier aux yeux rouges qui se promenait une fois de plus dans le camp, et l'interpella :


"Kerorian !"

L'intéressé se retourna doucement, pas genre "Il peut pas me foutre la paix ?" ni de façon tendue, plutôt comme si...quelqu'un en qui il avait confiance venait de l'appeler. Aussi étrange que ça puisse paraître, le Rôdeur avait une forte confiance en son terrible ennemi. Tout simplement car il trouvait qu'ils étaient assez proches sur leur façon de penser, en tout cas sur le principe de l'honneur. Le très imposant combattant se plaça à coté de son "rival" et commença à le suivre lorsqu'il reprit sa marche :

"T'es pas trop inquiet pour demain ?"

Le rouge se contenta d'hausser les épaules, marchant d'un pas tranquille. Pourquoi il s'inquiéterait ? Maintenant qu'il avait vaincu Keyucht, il n'avait personne d'autre à vouloir affronter que Stanpar, donc aucune raison de vouloir fuir ce duel, d'autant plus que d'un certain point de vue la victoire lui était déjà revenue une fois...

"Je devrais ?"

Un léger sourire étira les lèvres du géant. Son ennemi avait beau savoir qu'il était désavantagés sur tous les points : La puissance, l'allonge, le poids et la protection et pourtant il était parfaitement calme. C'est tout à fait impressionnant. Il haussa nonchalamment les épaules, lui non plus ne se souciait pas vraiment de leur futur combat :

"Bof, on va juste s'entretuer demain, rien de plus de banal quoi..."

Kerorian ne répondit pas et continua à marcher en compagnie de celui qu'il devra tuer pour vivre, pour se venger, et pour vaincre définitivement ce camp comme si c'était un vieux copain...Par contre lui se pencha vers le roux, qui malgré sa grande taille faisait vraiment petit à coté du colossal chef des lieux et parla sur un ton un peu plus bas :

"Hey gamin, ça se passe bien avec ta copine ?"

Les deux marcheur s'arrêtèrent pour s'adosser à un mur, croisant tous deux les bras alors que le Rôdeur leva un sourcil en ne comprenant pas trop ce qu'il voulait dire, sachant juste qu'il parlait de Lyn...

"Comment ça ?"

Un large sourire en coin naquit sur les lèvres du géant qui trouvait amusant qu'un type qui n'hésite pas à tuer dès que c'est nécessaire soit aussi innocent. En plus il n'avait certainement rien fait à son amie...Mais il voulait jouer un peu là-dessus :

"Bah, tu dors tous les jours avec ta copine. Tu vas pas me faire croire que vous ne faites rien ?"

Kerorian avait beau ne pas s'y connaître vraiment là-dessus, il était malgré tout quelqu'un d'instruit avec des connaissances plus ou moins larges sur pas mal de domaines...Et même si la sexualité ne faisait pas partie de ses passions et qu'il n'y avait jamais accordé un grand intérêt, il savait quand même la théorie et voyait où voulait en venir le colosse.

"Absolument rien. On dort."

Stanpar sourit un peu plus, n'étant pas le moins du monde surpris de la réponse du Rôdeur. Sans doute était-il trop jeune, qu'il préférait le grand amour de longue date à une passion nouvelle, et sûrement était-il, comme lui à cet âge, pas du tout intéressé par le sexe opposé. Mais alors qu'il allait enchaîner une voix féminine le surprit :

"Stanpar ! Dégage de là ! Qu'est tu veux faire à mon Kerorian !?"

Interrompant les deux géants, Lyn se plaça fièrement entre les deux, sans être collée à eux pour autant et croisa les bras en "toisant" du regard le plus grand des deux qui s'étonna de voir cette "naine" le fixer ainsi alors que le guerrier écarlate haussait un sourcil :

"Euh..."Ton" Kerorian ?"

La jeune fille devint toute rouge en réalisant la gaffe alors que le colosse éclata de rire tandis que le concerné regardait d'un air un peu affligé son amie. C'est bien la première fois qu'on précédait son nom d'un terme possessif et franchement, c'était pathétique...Et après certains se demandaient pourquoi il ne s'intéressait pas vraiment aux femmes. Tout simplement car parler de fringues, de coiffure ou d'autres trucs débiles dans le genre, ça lui disait autant que d'aller courir dans un territoire Laguz en guerre avec une pancarte "Je vous pète la gueule bande de sous-humains minables !".

"Euh...Je, c'est à dire que...je..."

Lyn avait relevé ses bras contre son torse, cachant presque son menton derrière ses petits poings en rougissant et détournant le regard, affreusement gênée alors que Stanpar éclata de rire.

"Si c'est pas mignon tout ça ! Moi je te le dis gamin, elle est folle de toi."

La pauvre devint encore plus rouge, plaquant son visage dans ses mains pour se cacher alors que Kerorian soupirait en secouant un peu la tête, laissant son ennemi se marrer. Avoir une famille ne l'intéressait pas le moins du monde, simplement avoir une amoureuse était le dernier de ses soucis. Pour l'instant, sa seule occupation était de réfléchir comment éliminer le colosse qui serait son adversaire dans leur combat demain...

Jusqu'à présent, sa technique avait simplement consisté à écraser l'ennemi par sa seule force et son épée redoutable. Maintenant elle était encore plus efficace vu qu'il pouvait se servir vaguement de la Dragonslayer qui était sans aucun doute la lame la plus puissante de tout Tellius, mais aussi la plus lourde donc la plus compliquée à utiliser...Et même si Stanpar était un géant avec une armure monstrueuse et une massue tout aussi démesurée que ne l'est sa propre arme, lui a la force suffisante pour agir à sa guise malgré son équipement. Sans compter que ses coups seront bien plus dévastateurs que les siens, si il en encaisse un seul c'est fini.

Bien sûr, vu la taille de son épée, Kerorian pouvait bloquer les attaques du colosse facilement, mais même si il les parait le choc serait bien trop violent et il serait écrasé par sa propre lame. Si la Dragonslayer pouvait encaisser à peu près n'importe quoi, ce n'était pas son cas à lui...Sauf qu'un corps ne peut pas être rendu plus résistant juste en le voulant, comme ça ! Il est bien sûr possible de devenir plus robuste avec un entraînement difficile, mais ça prend des années ! Pas une malheureuse journée !

Pendant que le Rôdeur était plongé dans ses réflexions, le général continuait de débiter ses âneries avec sous-entendus plus ou moins explicites pour le plus grand désespoir de Lyn qui n'en pouvait plus, surtout que certaines "blague" de Stanpar n'était pas si stupides que ça...Mais il n'écoutait pas, il cherchait comment pouvoir encaisser les coups puisqu'il ne pouvait pas les esquiver ou les arrêter.

Cette situation continua encore quelque temps, avant que le géant ne finisse par se remettre à marcher, il avait des trucs à faire. On a tendance à l'oublier mais il est quand même le dirigeant d'un camp. S'excusant simplement de partir soudainement, il laissa la jeune fille encore plus rouge que son compagnon qui était toujours dans ses pensées jusqu'à ce qu'elle le secoue un peu.


"Kerorian ? Ça va ? Tu disais plus rien.""

Bon...D'abord on va s'occuper d'elle pour qu'elle arrête d'être harcelante, surtout que ça n'empêchera pas de réfléchir. Le Rôdeur se décolla enfin du mur et décroisa les bras en hochant légèrement la tête :

"Qu'est ce que tu veux faire ?"

Sa débiteuse écarquilla un peu les yeux à cause de la surprise, elle ne s'attendait pas à ça...Peut-être que...qu'il commençait aussi à l'aimer ? Si c'était le cas, alors elle pourrait finir par obtenir d'être avec lui, puis encore plus loin si ça marchait bien, voir même jusqu'à avoir des enfants ? Elle regarda le ciel en imaginant sa vie auprès de lui dans quelques années : Lui couperait du bois ou serait mercenaire, vu sa force elle ne l'en empêcherait pas, pour nourrir sa famille qui serait composée de son fils qui ferait tout pour devenir comme lui et de sa fille qui aurait un talent pour le chant ou la danse alors qu'elle s'occuperait d'eux en attendant qu'il revienne...Et ils ne risqueraient rien car ils vivraient dans une petite maison qui aurait construite lui-même dans la forêt, ou la montagne, c'est bien aussi la montagne et seraient donc loin des guerres, des bandits et des autres trucs comme ça...

Soudainement elle sentit un bras passer autour d'elle et la pousser sans violence contre le mur, et lorsqu'elle rebaissa la tête elle vit Kerorian, juste devant elle. Et lorsqu'elle le vit si proche, toujours dans son délire, elle rougit brutalement avant de plaquer ses bras contre son corps en ramenant ses poings à son menton et fermant les yeux :


"Kyaa ! Ke...Kerorian ! S...S'il te plait, je...je ne suis pas prête ! C'est trop soudain !"

Il y eut un bruit métallique, comme une arme qui aurait ripé sur une protection trop épaisse, puis le Rôdeur la lâcha soudain et se retourna pour lui tourner le dos en s'adressant à elle d'un ton sourd :

"Qu'est ce que tu racontes ? Ouvre les yeux andouille et regarde..."

Lyn s'exécuta, et dut se décaler car le guerrier lui bouchait toute la vue, et elle put apercevoir cinq soldats s'approcher et visiblement très énervés. Voulaient-ils encore tuer l'écarlate alors qu'il était clair qu'il était bien plus fort qu'eux ? Ah ! Ils comptaient jouer sur leur nombre et surtout sur SA présence ! Comme elle était là, si jamais ils parvenaient à la prendre en otage alors le rouge serait forcé de se laisser faire...Il ne fallait absolument pas qu'elle se fasse chopper ! Cependant elle n'eut pas le temps de réfléchir que le combattant s'avança un peu :

"Dégagez. Et laissez-la tranquille."

Les gardes se mirent à sourire, même à ricaner. Visiblement ils n'avaient pas l'intention de lui foutre la paix, alors on va jouer au bluff car il n'avait pas envie de se dépenser avant la grande bataille : Les soldats ici sont forts, et cinq en même temps en devant protéger Lyn serait plus que difficile.

"Vous ne toucherez pas à la fille de Stanpar !"

Les cinq militaires furent stupéfaits, à peu près autant que la jeune fille qui se retrouva bouche bée. Un tel mensonge...Mais ça passera jamais ! Même si le fait de risquer de se mettre le colosse à peu pétrifiait de terreur n'importe quel recrue du camp, ils ne fuiraient jamais sur ça ! L'un d'entre eux allait d'ailleurs dire quelque chose mais Kerorian le coupa avant même qu'il n'émette le moindre son :

"Vous oseriez faire du mal à l'enfant de votre chef ?"

Celui qui paraissait commander sourit, visiblement il était moins crétin que prévu et s'était rappelé que le général l'avait fait capturer. Si ça avait été sa fille alors il aurait pu la convaincre sans problèmes de le suivre, sans compter qu'ils n'avaient aucun points communs, et que donc ce mensonge était bancal et que l'attaque allait avoir lieu. Ce qui se serait passé si une voix lourde n'avait pas retenti :

"Lyn ! Qu'est ce que tu fais ? Je t'ai déjà dis que tu ne sortirais avec Kerorian que s'il me battait !"

L'écarlate lui jeta un bref regard reconnaissant : Le géant avait comprit le problème d'un simple coup d'œil et avait trouvé le moyen de le résoudre de la façon la plus naturelle qui soit sans sembler soutenir un ennemi. Discrètement il fit un signe à sa débiteuse qui s'approcha, ils avaient une chance d'éliminer tout risque pour elle car la rumeur se répandra certainement rapidement et alors plus personne n'osera ne serait-ce que la toucher ou lui manquer de respect car ça pourrait être vu comme une "rébellion" contre le colosse, et ça personne n'est assez fou pour le faire...

"Lyn, joue le jeu."

Rapidement elle alla rejoindre son "père", se disant qu'il valait mieux ne rien changer à son comportement, et passa au milieu des soldats qui s'écartèrent pour la laisser passer, cherchant encore la ressemblance entre elle et son prétendu géniteur. Puis ils se tournèrent vers le Rôdeur et choisirent d'abandonner leur projet. Si ils n'avaient aucun moyen de pression, et qu'en plus ils désobéissaient à leur chef en prenant en plus le risque de faire du mal au petit copain de sa fille...Ah ! Mais c'est pour ça qu'il avait interdit tout le monde de s'en prendre à lui ! Alors c'était vrai ! Mieux valait se disperser alors...

Kerorian souffla une fois les soldats partis. C'était pas passé loin ! Mais mieux valait éviter d'autres ennuis, surtout qu'il n'était pas difficile de deviner qu'un complot se tramait. Stanpar avait dit que personne ne montait à sa salle là-haut c'est bien ça ? Alors cette nuit ça sera sa chambre...Car ce n'est pas un combat comme les autres qu'il allait mener :

Contre Zakls, Le Rôdeur avait fait confiance à sa force et s'était contenté d'un très bon repos, plus ou moins pareil pour Chjal. Quand il avait fallu affronter Keyucht il aurait également eu besoin d'un peu de tranquillité, bien que la situation ait été...complexe. Mais là, bien que ce soit très difficile pour le guerrier aux yeux écarlates de l'avouer, il était mort de peur ! Ses mains et sa mâchoires tremblaient, il avait des frissons dans tout le corps et respirait bien plus vite qu'à la normale. Maintenant que son temps était écoulé, ses craintes le saisissaient à la gorge et l'étouffaient lentement. Kerorian se tint debout au milieu de la pièce, fermant les yeux pour tenter de se concentrer, mais plus il réfléchissait, plus la simple idée de devoir combattre à mort Stanpar le pétrifiait ! Impossible qu'il gagne ! Ses seuls atouts étaient sa force et son allonge qui lui permettaient d'écraser son adversaire avant qu'il ne l'ait touché, mais ce...ce monstre le dépassait de si loin ! Sans compter que les seuls coups qu'il pourrait lui porter seront stoppés par son armure. Non, il ne pourrait pas gagner, ni survivre, ni rien.

Combattre jusqu'à son dernier souffle ne lui avait jamais fait peur, mais aller affronter inutilement un ennemi invincible ça, ça le terrifiait ! Il ne souhaitait pas mourir sans avoir pu vaincre, sans en avoir eu la possibilité, ou même l'espoir de pouvoir atteindre son adversaire...Si la Mort devait venir le chercher, alors autant que ce soit après un acte héroïque et glorieux ! Pourquoi devait-il périr ainsi ? Pourquoi ? Qu'elle était la raison de sa venue ici ? Qu'est ce qui le forçait à rester ? Pourquoi ne s'enfuyait-il pas ? C'était sa seule chance de rester en vie ! Oui, peut-être que...Qu'en profitant de la nuit...

Un bruit parvint soudain à ses oreilles. Un pas ? Derrière lui ? ICI !? Ça ne pouvait être que Lui ! Hors de question qu'il reste ici ! La pression est déjà trop lourde sans qu'il vienne en rajouter ! Kerorian dégaina son épée et se retourna pour frapper un peu de biais à cause de son pivot, ratant ainsi de justesse...La tête de la pauvre Lyn qui cria en sursautant en leva ses bras devant elle dans un futile geste de protection.

Lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle vit le guerrier, haletant, la regardant d'un air entre la terreur d'être face à son ennemi et le soulagement de constater que ce n'était qu'elle, penché en avant à cause de son attaque et la pointe de sa lame presque au sol avant de souffler un bon coup et de se redresser, transpirant.


"C'est toi...tu m'as fais peur..."

Restant dans la même pose, la jeune fille le regarda timidement avec un peu d'incompréhension : Elle lui avait fait peur ? Comment un grand gaillard costaud comme lui pouvait ressentir la moindre crainte ? En plus ce n'était pas juste "Ah, tu m'as surpris car je t'avais pas entendu venir" mais vraiment la grosse frayeur genre "Je suis en grand danger" car il avait manqué de la tuer à cause de ça...Si elle avait été un tout petit peu plus grande, il lui aurait manqué un morceau de tête ! Et à sa connaissance, la seule chose qui avait réussi à inquiéter le Rôdeur jusqu'à présent était le colosse qui dirigeait le camp.

"Tu as peur pour demain ?"

Kerorian tenta de se reprendre son air froid, ne parvenant définitivement pas à se calmer et se retourna pour qu'elle ne puisse lire sa terreur sur son visage et rengaina son épée. Réussissant seulement à éviter que sa voix ne tremble trop :

"Tu m'as déjà vu avoir peur ?"

Laissant retomber ses bras, sachant qu'il ne risquait plus de l'attaquer, Lyn s'approcha un peu de lui. Pour lui avoir posé des questions sur les gens comme lui, elle était parvenue à saisir à peu près sa façon de penser et devinait l'état d'esprit dans lequel il devait être : Avant d'affronter Keyucht, elle lui avait demandé de s'enfuir et ça l'avait mis hors de lui ! Et maintenant, il tremblait et haletait simplement en pensant qu'il lui faudrait combattre Stanpar le lendemain, ça devait être absolument horrible pour lui...

"Inutile d'essayer de mentir Kerorian, je sais que tu as peur..."

Le Rôdeur s'assit en tailleur, pour faire genre "je ne crains rien", fermant les yeux une nouvelle fois en tentant de se calmer pour éviter de paraître mort d'effroi. Pourquoi venait-elle encore une fois le déranger ? Comme si ça ne suffisait pas de devoir affronter un taré qui allait le massacrer, il fallait en plus qu'elle revienne chialer encore une fois ! En plus il voulait avoir la paix et avec cette foutue débile qu'est pas foutue de sauver sa peau, c'était perdu d'avance...

"Dégage..."

Lyn écarquilla un peu les yeux, il angoissait au point d'en devenir hostile ? Il n'était pas énervé ou quoique ce soit, juste...terrifié. Le pauvre...Lui qui est si fier, le voila plus bas que terre à cause de la peur. Hors de question de l'abandonner à son sort, le guerrier avait toujours vécu ses voyages seul, déjà qu'il avait passé ses quinze premières années de vie d'après ses dires avec une seule personne, alors il ne devait certainement pas connaître ce qu'était le soutien des autres, l'amitié, et ne pouvait savoir combien il était bon d'avoir quelqu'un à ses cotés pour être aidé...Aussi s'agenouilla t-elle derrière lui et l'enserra doucement comme elle put, se collant à lui et posant sa joue contre son dos.

"...je t'ai dis de dégager..."

Elle ne bougea pas, au contraire elle ferma les yeux et resta contre lui, le serrant doucement bien qu'elle ne puisse pas faire autrement. Comme ça devait être triste de ne pas connaitre la joie de vivre avec les autres...Elle, elle ne s'imaginait pas un seul instant pouvoir vivre éternellement seule, à ne compter que sur soi pour vivre et ne se reposer que sur sa propre force pour avancer quelques soient les difficultés. Certes, lui était très fort mais ça ne changeait rien.

"Kerorian...Tu ne peux pas vivre en supportant le monde sur tes seules épaules..."

Elle pouvait le sentir trembler. C'était léger, mais présent, et elle entendait son cœur battre, un cœur puissant qui battait anormalement vite. Et c'est "normal" quand on pense au fait qu'il n'a jamais compté sur personne, et qu'il n'était à coup sûr encore jamais tombé contre quelqu'un qu'il n'avait aucune chance de faire tomber. Ainsi il n'avait jamais pu connaître la vraie peur ni n'avait pu la vaincre en ayant l'appui de ses amis vu qu'il n'en avait pas...Il était même fort probable qu'il se soit toujours dit que la seule chose en laquelle il pouvait croire était son épée. Hors de question de le laisser ainsi !

"Laisse moi t'aider, je sais que tu es terrifié...et tu ne pourras pas t'en sortir par toi-même."

Le guerrier souffla de dédain, jamais il n'avait tenté de s'approcher des autres pour plusieurs raisons : La première était que de nature il n'était pas très social, ensuite passer toute sa vie seul juste avec son "père"...ça aide pas, la seconde était qu'il gardait en tête avant toute chose que les autres sont ceux qui causent le Mal et ne peuvent de base pas être des gens à qui on peut s'attacher, et la dernière est que vivre seul permettait de devenir plus fort : Survivre par sa seule force, penser par soi-même, voila ce qui pouvait renforcer quelqu'un !

"Laisses-moi tranquille..."

Le voila qui recommençait...En même temps elle ne pouvait pas lui demander de changer dix-huit années de vie solitaire en une minute mais elle aurait espéré qu'il ait ne serait-ce qu'un simple geste différent de son habitude. Lyn ne tenait pas à ce qu'il s'enferme dans sa solitude, devinant parfaitement ce que le Rôdeur comptait faire : Se concentrer un maximum pour chasser son doute autant que possible et partir au combat en tentant d'enfermer sa peur. Mais justement ! Ce n'était absolument pas ça qu'il fallait faire ! Il ne faisait que fuir en faisant ça, et reportait simplement le problème au lieu de l'affronter. La jeune femme le serra autant qu'elle put :

"Kerorian...N'essaie pas de paraître ce que tu n'es pas...Je sais que tu ne veux pas combattre Stanpar..."

Elle put sentir un léger frissonnement du corps du guerrier à la simple évocation du nom de son ennemi. Jamais elle n'aurait pu croire qu'il le craignait à se point... Sans doute en avait-il peur autant qu'elle redoutait maintenant les cordes. Il tremblait, c'était vraiment important qu'elle parvienne à lui ouvrir les yeux. Lyn ne savait pas si elle pourrait un jour gagner le cœur de son sauveur, mais elle tenait au moins à être son amie et à l'aider autant qu'elle le pourrait :

"Je t'en prie...Ne tente pas de porter un fardeau trop lourd pour toi seul..."

Le Rôdeur bougea soudainement un bras, se passant le poignet sur les yeux. La jeune fille ne put pas en être vraiment sûre vu sa position mais elle était quasiment sûre qu'il venait de tenter d'essuyer des larmes. Oui, il était terrifié au point d'en pleurer, alors que pas un seul instant elle ne l'avait vu manquer d'avoir les yeux humides, pas même après avoir failli mourir lorsqu'on l'avait récupéré après son combat contre les cinquante soldats, pas même non plus lorsque le Kunstler avait manqué de le tuer. Et là le simple fait de penser à combattre le géant demain faisait couler ses yeux...Non, elle ne pouvait vraiment pas le laisser ainsi.

Lyn le lâcha, et se releva un peu sur ses genoux pour presque s'affaler sur le dos du guerrier en passant ses bras sur ses épaules, voulant lui donner un maximum de présence possible. Dans le pire des cas, elle pourrait tenter de lui donner un peu de plaisir corporel... Elle n'y connaissait rien, n'ayant jamais eu de prétendant, mais elle avait quand même la théorie. Et bien que cela la gênait de penser à faire une chose pareille, si c'était nécessaire pour que Kerorian se détende et cesse de ne croire qu'en lui-même, surtout qu'il avait une estime assez basse de lui, alors elle le ferait...


"Parles-moi Kerorian...Tu ne peux pas t'en sortir tout seul..."

Il soupira lourdement. Elle comptait donc ne pas le lâcher jusqu'à ce qu'il ait cédé ou qu'il la tabasse, la deuxième option étant impossible, alors autant faire en sorte que la première aille vite pour avoir la paix plus rapidement. Aussi finit-il par lâcher faiblement, ayant juste l'intention de lui dire ce qu'elle voulait entendre pour qu'elle se barre au plus vite :

"Ça va...ne t'en fais pas..."

Elle le lâcha soudainement. Son idée avait marché ? Si vite ? Il rouvrit les yeux en se disant que ce n'était pas possible...Ah ben non, ça avait foiré puisque la revoilà devant lui, qu'est ce qu'elle foutait ? Elle était sur ses genoux et posait les mains sur ceux du Rôdeur pour se pencher sur lui, approchant beaucoup son visage du sien en rougissant un peu. Qu'est ce qu'il lui passait dans la tête ?

"Qu'est ce que tu fais ?"

Soudainement elle se plaça en travers de ses jambes et s'allongea sur le dos pour être à peu près confortablement installée, posant l'arrière de sa tête contre la main du guerrier qui fut plus ou moins forcé de la soutenir, puis elle le regarda doucement en restant ainsi :

"Je m'installe ! Tu ne veux pas que je t'aide, alors je te force à m'aider ! Puisque tu ne veux pas faire confiance aux autres, alors je vais te montrer la confiance que eux t'accordent."

Kerorian ferma lentement les yeux, comprenant vaguement son intention. Elle prétendait s'installer contre lui, pour dormir probablement, et ainsi être totalement vulnérable et laisser sa vie dépendre de son bon vouloir et lui prouver que tout le monde n'est pas forcément mauvais et que si elle était prête à s'offrir à lui ainsi alors il pouvait la croire et lui confiance...Mais pourquoi les gens désiraient-ils tant vivre avec les autres ? Pourquoi est-ce qu'il dépendaient tellement de lui ? Et pourquoi tentaient-ils tous de le faire sourire, de lui apprendre "l'amitié", tous autant qu'ils sont...Pourquoi n'essayaient t-ils pas de le laisser vivre comme il en avait envie au lieu de tenter de le rendre "comme eux" ? Tout ce qu'il demandait c'était qu'on le laisse tranquille pour qu'il puisse voir le monde et protéger ceux qui en ont besoin, pas de se retrouver dans des situations désespérées comme celle là ou au milieu de gens voulant qu'il soit ce qu'il n'est pas...

Lyn ferma les yeux en voulant aller jusqu'au bout de son idée, mais une...goutte ? Lui tomba sur le visage et les lui fit rouvrir pour voir le Rôdeur...En train de pleurer ? Il semblait abattu, que lui arrivait-il soudainement ? Peut-être est-ce toute la peine qu'il avait accumulé durant ses voyages et enfermé au fond de son cœur qui ressortait brutalement ? Elle posa doucement une main sur sa joue, le regardant un peu inquiète de cet état soudain qu'elle n'aurait jamais pu lui imaginer il y a dix minutes encore.


"Kerorian ?"

Il se mit à sangloter un peu, sans doute la première fois depuis bien longtemps, depuis qu'il avait du se faire mal pour la première fois probablement. Pleurant légèrement, laissant ses larmes couler lentement. Ne bougeant pas, tremblant pour couronner le tout.

"Je suis mort de peur...Je ne sais pas quoi faire...Stanpar est mille fois plus fort que moi, il est meilleur sur tous les points et je peux pas manier la seule arme qui puisse le blesser...je ne peux pas fuir, mais je ne peux pas le battre ! Je suis perdu...complétement perdu"

Lyn se sentit mal de l'avoir mit dans un tel état...Si elle n'avait pas insisté jamais ça n'aurait fini ainsi. Mais maintenant que c'était fait, il fallait aller jusqu'au bout. Il faut se convaincre que c'est un mal pour un bien, aussi la jeune femme se releva et poussa un peu le Rôdeur pour l'allonger sur le dos : Il était trop grand ! Et ça la dérangeait d'essayer de réconforter un type auquel elle n'arrivait même pas à l'épaule ! Étrangement il n'opposa aucune résistance et fut donc dans la position qui arrangeait la jeune fille qui se coucha, non sans gêne, sur lui, laissant son visage juste au-dessus du sien pour regarder ses yeux qui semblaient si...désespérés...

"Calmes-toi, et parle moi. je veux t'aider Kerorian, cette crainte est absolument normale mais tu ne peux pas la supporter tout seul."

Bien que leurs têtes soient au même niveau, Lyn pouvait tenir sans aucun problème sur le guerrier, autant en longueur qu'en largeur. Aussi espérait-elle que sa présence, aussi légère soit-elle pour un type de son calibre, puisse le réconforter et lui apporter l'aide qui lui permettrait d'affronter sa peur. Mais vu sa réaction, s'était mal parti...

"Comment pourrais-je affronter un tel monstre ? Il me bat sur tous les points...Je suis foutu, je peux pas le battre en force, ni en vitesse, et j'ai aucune protection...c'est foutu..."

Lyn se savait pas quoi dire, elle n'avait aucune idée de comment réconforter et rassurer quelqu'un conscient d'aller à sa mort, et à juste titre en plus...Aussi ferma t-elle les yeux en passant doucement sa main sur le torse du Rôdeur en cherchant quoi faire pour l'aider. Le pire n'était pas qu'il soit terrifié ou déprimé, c'était qu'il avait raison...

Mais le guerrier, continuant à remuer ses sombres pensées de désespoir, entendit un bruit différent des autres...Plus diffus, plus caché, plus fourbe et directement dans sa tête. Il devenait de plus en plus clair jusqu'à en être une voix qu'il ne reconnaissait que trop : L'épée maléfique, Dragonslayer. Qu'est ce qu'il voulait encore ? Le couler encore plus qu'il ne l'était déjà ? Formidable, comme si il avait besoin de ça...


*Kerorian...*

Trop abattu pour se concentrer et répondre uniquement mentalement, le combattant écarlate marmonna simplement, laissant ainsi la jeune femme perplexe car elle n'était pas au courant de ce "problème". Personne ne l'était en dehors des porteurs de la lame démoniaque. Aussi se demandait-elle se qu'il lui prenait :

"Fous moi la paix maudit tas de ferraille..."

La jeune fille ne comprenait pas, pourquoi la traitait-il de...ça ? C'est, c'est complétement idiot comme insulte ! À la limite pour Stanpar quand il est en armure ça le fait mais pas pour elle qui n'a jamais tenu une arme de sa vie ! De son coté, le Démon qui habitait l'arme du rouge s'offusqua. Comment osait-il l'appeler ainsi !?

*Non mais je t'emmerde mon gars ! Dire que je me suis dérangé exprès pour venir te parler d'une solution pour gagner demain...Et voila comment tu m'accueille !*

Dérangé...Tu parles ! Il peut venir quand ça lui en prend l'envie vu qu'il "habite" plus ou moins son esprit. Saleté d'enclume ! Attends une seconde, il a dit gagner ? Il a trouvé un moyen pour battre le colosse ?

"Tu sais comment le vaincre ? Dis, vite."

Lyn s'inquiétait de plus en plus pour son ami, en, particulier de sa santé mentale. La peur l'aurait-elle fait sombré dans la folie ? Car parler tout seul et demander à un être qui n'est visiblement pas présent comment terrasser le terrible géant ce n'est pas une preuve d'un esprit sain...

*D'abord...Tu dois tuer la gamine...*

Le Démon parlait d'une voix sombre et sinueuse, comme si il tentait d'atteindre directement la volonté du Rôdeur qui resta inerte un moment...Avant de soudainement se relever, faisant tomber sans effort la jeune fille, puis de se remettre debout avec un air complétement absent. Surprise de cette réaction soudaine, elle mit quelques temps avant de comprendre ce qui s'était passé : Elle était tranquillement allongée sur lui et d'un seul coup la voila par terre ! Mais en faite c'est juste qu'il s'était brusquement animé. Avait-il reprit confiance en lui ? Elle se releva à son tour et le regarda avec espoir :

"Kerorian ?"

Soudain le visage se l'intéressé de crispa brutalement, comme si il était fou de rage et dans un hurlement de fureur attrapa le fragile cou de la pauvre Lyn avant de le serrer avec haine en la soulevant sans peine de terre pour la tenir à bout de bras en l'étranglant avec une violence rare. Avec sa petite taille et sa faible carrure elle était même plus légère que la Dragonslayer, et les doigts du guerrier étaient depuis longtemps maintenant habitués à manier de lourdes épées, alors agripper une chose aussi tendre que la gorge de la jeune fille était chose aisée !

Sa victime elle, souffrait. Ouvrant la bouche pour tenter inutilement d'avaler ne serait-ce qu'un filet, non, qu'un instant d'oxygène en agitant les jambes pour trouver un appui solide bien que ceux-ci semblaient la fuir et ferma les yeux de douleur en s'accrochant aux poignets du Rôdeur, éternellement protégés par leurs gants, qui lui semblaient dès lors énormes.
Elle revivait sa peur. Celle de la corde. Mais en pire ! Lorsque les bandits l'avaient pendue, elle avait cru mourir de peur, de souffrance et de désespoir plus que d'asphyxie, mais Kerorian l'avait sauvé et lui avait redonné goût à la vie en devenant un véritable Héros pour elle ! Mais aujourd'hui c'était le Rôdeur lui-même qui lui écrasait la gorge, et si le nœud en chanvre lui avait fait mal, chacun des doigts du guerrier était dix fois plus insupportable ! Elle le sentait, sa haine, son envie de la voir mourir, de la tuer en sentant sa vie couler entre ses mains, et le pire c'est qu'elle se savait définitivement condamnée alors qu'elle ne voulait pas mourir ! Après avoir approché la Mort et en avoir été écartée par le combattant, elle savait ce que c'était vraiment : Vivre.

Des larmes coulèrent doucement sur les joues de la jeune fille qui agonisait dans le désespoir en essayant sans aucune chance de réussite d'inspirer ne serait-ce que la poussière d'un souffle. Que lui avait-elle fait pour qu'il devienne si violent ? Pourquoi la faisait-il souffrir ainsi ? Elle aurait été prête à obéir au moindre de ses ordres si cela pouvait lui faire plaisir...Était-ce parce qu'elle était restée au lieu de partir quand il le lui avait demandé ? Et qu'ensuite elle l'avait fait pleurer ? Alors c'était ça ? Il lui en voulait d'avoir voulu l'aider et de n'avoir réussi qu'à l'enfoncer encore plus. Elle avait fauté et allait le payer de sa vie...

Soudainement, le visage de rage du Rôdeur se para d'un air d'incompréhension. Qu'est-ce qu'il était en train de faire ? Apparemment étrangler Lyn. Pourquoi ? Euh, Dragonslayer lui avait dit qu'il fallait le faire pour pouvoir battre Stanpar. Mais, c'est totalement absurde ! Comment on peut vaincre ce colosse en tuant une pauvre innocente et en écoutant un Démon ? Attends un peu...C'était ça ! Il s'était fait manipulé ! En obéissant à son épée il allait commettre un crime qui l'aurait abattu et en plus affaibli encore son esprit et laissé le champ libre à cet être maléfique pour s'emparer de son corps !

Kerorian lâcha immédiatement sa malheureuse victime qui tomba à terre et s'affala sur le coté, avant de poser une main au sol pour se redresser lentement en suffoquant et se tenant la gorge. Respirant difficilement à cause de la puissante prise du guerrier qui laissa d'horribles marques rouges sur son cou. Pleurant encore et encore en toussant, l'air lui faisant mal en pouvant enfin à nouveau passer. Lorsqu'elle parvint enfin à rouvrir les yeux, elle aperçut seulement une botte étrange de bonne pointure : Celle de l'homme qui venait de manquer de la tuer ! Lyn leva rapidement la tête et regarda son bourreau qui la fixait d'un air étrange, les sourcils froncés mais un étrange sourire en coin. Morte de peur et massant encore sa très douloureuse gorge qui venait de manquer d'être broyée, la pauvre jeune fille recula aussi vite qu'elle put, et encore plus en voyant cet être soudain gigantesque, jusqu'à en être coincée dans un angle. Les larmes coulèrent encore plus abondamment sous le seul effet de la terreur alors que sa mâchoire tremblait, tout comme sa faible voix encore affaiblie par la strangulation :


"Ke...Kerorian..Pi...pitié..."

Les épaules du combattant tressautèrent légèrement. Il...riait ? Savourait-il d'avance sa lente et horrible agonie ? Il commença à descendre lentement vers elle qui se recroquevilla autant que possible en tremblant de tout son corps en pleurant toujours autant. Qu'est ce qu'il allait lui faire ? Est-ce que ça fera mal ? Elle ne voulait pas mourir. Pas maintenant, pas par lui !

"Je t'en supplie...Ne me tue pas...par pitié..."

D'après ce qu'elle entendit : le guerrier posa une main contre le mur, près de sa tête. Sans doute assurait-il son équilibre pour mieux lui faire ce qu'il lui réservait. Lyn était pétrifiée de terreur, il y aurait eu un incendie qu'elle n'aurait pas pu remuer le petit doigt, son corps ne lui appartenait plus et ne pouvait plus bouger...La malheureuse sentit le souffle de celui qu'elle avait appelé "Le Guerrier Écarlate". Il était juste devant elle ! Qu'est ce qu'il allait lui faire ?

Le pauvre jeune fille sursauta quand elle sentit quelque chose de...doux et chaud sur son front ? Mais, ça ne faisait pas mal, au contraire c'était même...réconfortant ? Elle rouvrit timidement des yeux larmoyants et se crispa en voyant le menton du Rôdeur juste au dessus d'elle ! Puis se relâcha un peu en se rendant compte qu'il était en train de poser un léger baiser sur sa tête. Qu'est ce qu'il lui prenait ? Était-il devenu complétement dingue ?


"Ke...Kerorian ?"

Doucement, celui-ci se releva, puis regarda sa victime et ferma les yeux en cachant une bonne moitié de son visage derrière sa main, avant de se mettre à rire. Lentement, puis de plus en plus fort et surtout de plus en plus sinistrement. Il s'était fait avoir...encore. La première règle pour vaincre ce maudit Démon était d'avoir un esprit fort qui ne cède pas à cette créature damnée ! Et il l'avait oubliée en craignant pour lui. Et ça avait failli coûter la vie à la pauvre Lyn qui n'avait rien demandé à personne...

"Euh...ça...ça va ?"

Soudainement il arrêta de rire et dégaina à nouveau son épée, presque nonchalamment et provoqua une immense frayeur chez la jeune fille qui se voyait déjà empalée au bout de la lame et ferma les yeux en attendant sa mort...Mais la seule chose qui arriva fut un bruit de métal contre le sol et un bruit de pas. Qu'est ce qu'il se passe ? Rouvrant ses paupières avec peur, elle eut la surprise de voir Zwei posée à l'horizontale devant elle et Kerorian en train de marcher bizarrement vers l'immense lame posée contre le mur. Elle ne l'avait pas encore remarquée d'ailleurs...Mais, qu'est ce qu'il faisait ?

"Euh..."

Contrairement à son habitude, le Rôdeur empoigna l'arme mais la laissa traîner au sol alors qu'il reprenait sa marche assez hasardeuse, semblant tenir plus ou moins sur ses jambes. Un peu comme un Mort-Vivant en faite...Et soudainement il se retourna en continuant sa posture de "pas entièrement mort" et regarda celle qu'il avait failli tuer.

"Regarde bien dehors, y'a une montagne qui va tomber."

Lyn le regarda d'un air assez inquiet, qu'est ce qu'il racontait ? Il a cramé son cerveau ou quoi ? Lui qui d'habitude est si droit, froid et fier : Le voila trainant la patte, et l'épée aussi d'ailleurs, en parlant bizarrement. Une montagne, parlait-il de Stanpar ? Il va affronter Stanpar maintenant !? Mais il est dingue ! Elle voulut se lever et lui courir après mais ses jambes refusèrent de la porter et la laissèrent tomber au sol. Entre le puissant étranglement dont elle avait encore l'impression de sentir la prise tant il l'avait serré fort, le douloureux souvenir de sa pendaison revécu, puis la peur causée par le tout faisaient que son corps était tétanisé...

Kerorian lui erra comme un fantôme jusqu'à la chambre du colosse et toqua à la porte à coup de genou. Non il n'était pas fou, ni drogué, ni fatigué ou désespéré. Il était... Quelque chose d'impossible à définir. Il sentait sa victoire approcher, et pas seulement celle contre le géant. Aujourd'hui allait être un grand jour !


"Entrez..."

Le Rôdeur mit un grand coup de pied dans la porte qui s'ouvrit sans opposer de résistance pour laisser voir le chef du camp, assis par terre qui se contenta de lever un peu la tête pour observer l'intrus...Puis sourit, visiblement il n'était pas le seul à ne plus pouvoir tenir. Il s'attendait plutôt à ce que le gamin fasse des heures et des heures de méditation pour chasser la peur instinctive qui faisait fuir les êtres se trouvant face à plus fort qu'eux. Mais apparemment non.

"Toi non plus tu n'arrives pas à dormir hein ?"

Pour toute réponse, le guerrier fit pencher sa tête dans l'autre sens en faisant craquer un peu son cou. Le géant sourit un peu plus en fronçant les sourcils. Ce n'était pas le comportement habituel de ce petit gars. La Dragonslayer y serait-elle pour quelque chose ? Il referma finalement les yeux en soupirant légèrement et se leva :

"J'vais mettre mon armure et je te rejoins dehors..."

Sans attendre plus, Kerorian s'en alla de son pas étrange. Il avait besoin de récupérer un truc lui aussi avant d'aller se battre, mais il avait le temps...Son état était étrange : Il se sentait parfaitement bien, aucune peur, ni doute ou angoisse, mais incroyablement lucide : Il avait l'impression de tout voir, de tout entendre, de penser à tout et d'être capable de l'impossible...Mais pour réussir ce qui ne peut être fait, il avait juste besoin d'un machin.

Une demi-heure après, Stanpar arriva sur la place du duel, tout le monde était présent et le Rôdeur en premier. Avait-il prévenu tout le monde ? Après tout, pourquoi pas ! Et pour une fois ce n'était pas lui qui était en retard ! Le colosse portait son énorme massue sur l'épaule : Un manche un poil plus grand que son adversaire et une énorme boule ornée de nombreux et grands pics au bout. Ce n'était pas une masse ce truc, mais un instrument de démolition lourde !
Mais en face de lui, le guerrier portait la Lame Maléfique de la même façon, arborant son sourire moqueur. Ainsi le duel n'était même pas commencé qu'il avait déjà lancé les hostilités ? Intéressant...




"Il y a...des ombres...dans ma tête..."
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Kerorian
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MessageSujet: Re: La gentillesse est une source de problèmes.   Mer 30 Nov - 20:44

Chapitre XIV : Ultime bataille : Stanpar le Colosse :


Avant les autres combats, la tension qui s'installait était pesante : On sentait les envies de combattre et de gagner de chacun des deux combattants ! Mais cette fois-ci c'était différent? La seule chose qu'on pouvait percevoir c'était l'état plus qu'étrange du Rôdeur et le désir de destruction du géant qui se manifestait par une sorte de changement de jambe d'appui assez fréquent, trahissant ainsi son impatience de se lancer au combat. Kerorian avait beau lui être de très loin inférieur, actuellement c'était le seul à...à très loin à la ronde à pouvoir ne serait-ce qu'espérer le blesser derrière son armure, surtout en combat singulier !

"On va s'amuser..."

Et soudainement, malgré le poids incroyable de son arme et de ses très épaisses protections, le Général sembla fondre sur son ennemi pour l'attaquer. En vérité, il s'était contenté de faire un grand pas aussi vite que possible et lancer un grand coup de "taille" de son imposante massue à pointe vers le guerrier aux cheveux rouges qui souriait d'un air absolument dément et se contenta de brandir son immense lame et de l'abattre devant lui pour planter les deux outils de mort dans le sol.

Kerorian s'élança devant lui juste après son attaque, contournant à peine les armes pour poser le pied sur le manche de la contondante et d'en profiter pour avancer encore plus et prendre appui sur le bras de son gigantesque adversaire pour progresser encore pour administrer un formidable coup de botte en pleine tête de sa cible avant de se laisser retomber en arrière, paumes vers le sol et de s'y réceptionner pour laisser des jambes rejoindre la terre ferme en douceur alors que son colossal ennemi chutait peu à peu, avant de finalement s'effondrer sur le dos. La frappe l'avait fait pencher, sans compter la surprise d'un tel coup qui l'avait déséquilibré et son armure ne lui avait pas permis de retrouver une position stable.

Le Rôdeur retourna chercher son épée en marchant toujours aussi étrangement et la récupéra en continuant à avancer tout droit au lieu de se retourner pour essayer d'attaquer Stanpar, bien trop lourd pour se relever rapidement, et traîna sa lame derrière lui en tournant lentement pour refaire face au géant qui commençait à peine à parvenir à rouler sur le coté : Sur le dos, il ne pouvait pas se redresser. Mais prit d'une soudaine crise comique, l'homme aux yeux écarlates se mit à rire comme un fou :


"Hé...héhéhé...Héhéhéhéhé...HAHAHAHAHAHA !"

Parvenant sous les éclats du combattant à se relever, le Général reprit sa lourde masse et la reposa à son accoutumée sur l'épaule en lançant un regard d'incompréhension, bien que caché par son solide casque qui lui avait évité une bon dieu de migraine :

"Qu'il y a t-il de si drôle ? Es-tu si heureux d'avoir réussi à m'atteindre que tu ne peux t'empêcher de rire ?"

Finissant par réfréner sa...jovialité, Kerorian sourit d'un air plus qu'étrange au colosse en se tenant toujours aussi bizarrement et recommença à l'imiter en posant la Dragonslayer de la même façon que son ancien porteur ne l'avait fait quelques mois plus tôt... Ou ne le faisait maintenant avec la massue :

"Nan, y'a juste que... Je me sens...si bien, que j'ai envie d'en rire. C'en est perturbant même, je joue ma vie, celle de Lyn et de tous ceux que je pourrais sauver un jour, MAIS : Je suis mort de rire car cette sensation est si délicieuse...Et surtout si puissante ! Prépares-toi Stanpar, car tu vas crever !"

Et ce fut au tour du manieur d'épée d'attaquer cette fois, d'un grand coup vertical vu que sa force actuelle et le poids gigantesque de sa lame ne lui permettait pas d'autre coupe que celles de base : Verticale/Horizontale, avec un très léger angle mais rien de vraiment marqué. Mais son adversaire ne perdit pas un instant et frappa la très large arme maléfique du Rôdeur de sa terrible masse et profita de l'élan qu'il lui restait grâce à sa force incroyable pour préparer la même attaque qu'il venait de contrer et l'abattit droit devant lui tandis que le Rouge se laissa entraîner sans aucune résistance par la lourde épée déviée avec une puissance démentielle et s'étala sur le ventre, s'étant suffisamment décalé pour éviter le marteau au bout sphérique du géant. Ce dernier s'approcha rapidement de sa cible à terre, brandissant une nouvelle fois la Morgenstern, sa gigantesque arme maintenant prête à broyer le corps de sa victime alors qu'elle se mit soudainement sur le dos en laissant ses bras s'étaler et éclata une nouvelle fois de rire, stoppant l'assaut du titan :

"HAHAHAHAHAHAHA"

Derrière son robuste casque, Stanpar haussa un sourcil : Il était sur le point de mourir mais était plié de rire ? C'est limite s'il ne tiendrait même plus debout, il en avait même les yeux fermés ! Qu'est ce qui pouvait bien l'amuser à ce point ? Malheureusement pour lui, il n'obtiendrait pas de réponse car la raison à cet agissement incompréhensible se trouvait dans la tête de Kerorian, car à l'instant même se passait un autre combat dans l'esprit du guerrier à terre :

Le Démon de la Dragonslayer tentait de prendre le contrôle de son porteur et celui-ci ne se laissait pas faire. Cependant la bataille était rude, l'être maléfique tentait de forcer la résistance du combattant à coup d'insulte, de tentative de démoralisation, de corruption en lui promettant bonheur, pouvoir et célébrité, ou qu'il verrait mourir des milliers et des milliers d'innocents horriblement lentement devant ses yeux sans pouvoir agir mais le Rôdeur se contentait de lui répondre que la seule chose qui lui importait était de forger son destin de ses propres mains et que personne ne pourra jamais l'empêcher de sauver une victime, ou au moins d'essayer.

Trop têtu pour fléchir, le monstre tentait alors simultanément de l'attaquer : Vaincre la matérialisation mentale de quelqu'un permettait de vaincre également sa volonté ! Malheureusement pour lui, la force d'un avatar psychique est égal à cette même volonté, et non pas à la puissance du corps. Et Kerorian était parfaitement décidé à imposer sa domination sur sa lame damnée et s'en servir pour écraser ses ennemis.

Cependant cette confrontation mentale terrible, actuellement à l'avantage du Beorc, provoquait un état second sur le corps qui était alors majoritairement contrôlé par celui-ci mais subissait malgré tout un peu l'influence de la créature impie ce qui se traduisait par : Une euphorie, un sentiment de toute-puissance et même la suppression temporaire de la peur...Ainsi que des petits trucs bizarres sur le comportement général, comme une façon de marcher ou de parler bizarre :


"Que t'arrive-il ? Tu t'es drogué ?"

Pivotant tranquillement sur le dos en riant encore un peu mais moins bruyamment, le Rôdeur finit par se redresser et récupéra son épée maléfique pour se relever en la traînant encore derrière lui avant de la regarder en s'arrêtant un instant, puis d'éclater une nouvelle fois de rire en la lâchant tout simplement alors que le géant secouait sombrement la tête d'un air méprisant, même si on ne voyait pas son visage derrière son grand casque on parvenait à deviner ce qu'il pensait du comportement de son adversaire :

"Kerorian... Tu me déçois... Énormément !"

Brandissant une nouvelle fois sa Morgenstern, Stanpar l'abattit sur le guerrier qui s'avança d'un grand pas et se décala à peine pour éviter l'arme de justesse, pourquoi se fatiguer à faire beaucoup alors que peu suffit ? Et porta ensuite un terrible revers du poing droit ascendant en plein visage de son ennemi qui s'était baissé à sa hauteur en portant son attaque. On peut être une montagne et se faire quand même entraîner par son arme non ? Mais la frappe du combattant l'avait fait se redresser, lâchant d'une main sa prise sur la massue en remerciant son casque une seconde fois : Une coup pareil dans une tête nue, même la sienne, ça doit pas faire du bien !

Mais à peine eut-il le temps de rouvrir ses yeux fermés par réflexe à cause du choc qu'il vit un Kerorian à sa hauteur lui envoyer un formidable direct du gauche ! Et une nouvelle fois le redoutable colosse du reculer en penchant en arrière...Mais parvint en revanche à retrouver son équilibre et à rester debout, ayant juste lâché sa masse sous la deuxième frappe et réalisa alors quelque chose :
Malgré son apparente folie, le Rôdeur était parfaitement conscient et au contraire était même très performant ! Il avait déjà réussi à lui porter trois coups en pleine tête sans être incommodé par leur différence de taille ! Sans son casque il serait sans doute en train de compter les étoiles, car bien qu'il est une protection il avait l'impression de ressentir la puissance de l'attaque directement. Sûrement était-ce dû aux accessoires à la fois blindés et renforcés du guerrier mais c'était tout de même incroyable. Sans compter qu'il avait réussi à le désarmer par deux fois ! Il l'avait vraiment trop sous-estimé...


"Je retire ce que j'ai dis : Tu es impressionnant."

Kerorian sembla sur le point d'éclater de rire une nouvelle fois, mais se mit à pencher en arrière en perdant peu à peu l'impertinent sourire qu'il arborait depuis que sa "folie" l'avait pris et s'effondra sur le dos en perdant connaissance. L'intensité du combat mental avait psychiquement épuisé le Rôdeur qui malgré tout s'essoufflait déjà : Le combat avec Stanpar avait été bref, mais particulièrement intense à cause de ses mouvements violents rendus difficiles du fait de ses poids. Et en étant finalement parvenu à se débarrasser, pour le moment, du Démon de sa lame maléfique, le guerrier avait perdu l'euphorie et le trouble psychologique qui avait rendu le corps du combattant apte à agir sans avoir le moindre défaut naturel. Mais maintenant que l'influence de l'esprit malin avait disparu : Tous cela s'ajoutait d'un seul coup et avait dépassé ce que le Rouge pouvait supporter.

Ainsi sombra t-il une nouvelle fois dans l'inconscience. Son duel avec le colosse fut bien plus bref que prévu, mais malgré tout très impressionnant...


Le guerrier à l'armure écarlate prit une garde offensive alors que son ennemi le toisait en disant quelque chose. Mais la fureur du maître-lame ne lui permit pas d'entendre vraiment sa phrase...juste les mots "Destin", "Condamné" et "Mort". Peu importe, l'homme de feu s'élança vers la silhouette hostile qui décroise enfin les bras en murmurant quelque chose, et bondit soudainement malgré le poids de son lourd équipement et abattit sa gigantesque épée qui fracassa le sol, ratant complétement sa cible s'étant décalée d'un simple pas, puis avait reculé pour avoir une distance sûre avant de...matérialiser une arme identique à la sienne. Comme si ça pouvait changer quelque chose...L'être arborant la couleur des Enfers fonça une nouvelle fois sur son adversaire en "traînant" sa lame derrière lui et de sauter une nouvelle fois, loupant encore l'ennemi, mais enchaîna cette fois sur une rotation en dégageant sans peine son épée du sol et lancer une attaque tournoyante qui fut cette bloquée.

Ils opposèrent leur forces un instant alors que leur armes semblaient s'envelopper d'un immatériel manteau noir, ils se repoussèrent ensuite l'un l'autre et se préparèrent au prochain assaut. L'ombre sur leur lames sembla gagner en "puissance" alors qu'ils s'élançaient en armant un terrible coup de taille...


Un voile noir.
Encore. Mais quel était donc cet étrange rêve qui semblait se continuer ? Et qui pouvaient bien être ces hommes ? Celui avec l'armure écarlate était peut-être lui même ? Les cheveux rouges, la posture de combat, et surtout qu'il ne voyait pas comment il aurait pu rêver par les yeux d'un autre. D'autant plus qu'il lui avait semblé reconnaître la Dragonslayer...Mais qui était donc cet homme ? Celui avec lequel "il" allait se battre, lui avait carrément invoqué une autre Lame Maléfique...

Kerorian rouvrit brutalement les yeux quand un truc froid et humide atterrit sur son front et s'assit brutalement en saisissant la première chose passant à portée de sa main, soit le poignet d'une Lyn qui cria brièvement en sursautant à son réveil soudain. Qu'est ce qui s'était encore passé ? Ah oui, il avait eu ce "problème" avec Dragonslayer, puis s'était battu contre Stanpar, avant de tomber raide...Et voilà qu'il se retrouver à se faire balancer des serviettes trempées sur la tronche pendant qu'il pionce tranquillement ! Enfin, c'est comme ça, le Rôdeur lâcha le poignet de la jeune fille et fit un peu craquer son cou : Une sale habitude qu'il commençait à prendre.


"Salut..."

Elle lui sourit faiblement, un air à la fois rassuré et triste au visage...Pourquoi donc un tel contraste ? La jeune fille soupira en fermant les yeux, et les rouvrit en gardant son air étrange :

"Salut..."

Elle soupira une nouvelle fois en baissant un peu la tête. Elle paraissait à la fois heureuse qu'il se soit réveillée mais également inquiète et attristée...Hmm, qu'est ce qui pouvait bien provoquer à la fois joie et angoisse chez elle à son réveil ? C'était lié à lui donc...Ah bah c'est tout con ! Elle est contente qu'il soit sorti de son "coma" mais elle panique parce qu'il va retourner se battre avec le colosse ! C'était tout simplement ça, remarque elle a pas tout à fait tort de penser ça. La jeune femme se passa une main sur les yeux, sans doute était-ce la fatigue qui la gagnait ? Quelle heure était-il ? Pendant combien de temps avait-il perdu conscience ?

"Tu as perdu connaissance gier pendant le combat avec Stanpar...Lorsque la nuit a commencé à tomber et que tu n'avais pas remué d'un poil, j'ai commencé à croire que tu...que tu..."

Kerorian s'assit tout simplement et constata qu'étrangement il n'était pas aussi sonné qu'il l'aurait pensé, au contraire même il lui suffirait sans doute juste d'un petit échauffement pour être en pleine forme. Et un déclic eu lieu dans son crâne étonnamment lucide : D'après Lyn, il faisait noir dehors et c'était la veille qu'il avait combattu le géant et donc il y avait un truc fun à faire là...Un rictus inquiétant étira ses lèvres alors qu'il fronçait les sourcils d'un air agressif avant de se lever brutalement et de commencer sans attendre à s'étirer :

"Lyn, aussi naturellement que possible, comme si j'étais toujours inconscient, tu vas aller voir Stanpar et lui dire de me rejoindre la salle du clocher. Je vais le battre. Et lorsque viendra l'aube, je brandirais sa tête devant les siens !"

Le Rôdeur commença immédiatement à se préparer que sa compagne hésitait sur la démarche à suivre : Il était bien moins fort que son adversaire et sortait tout juste de l'inconscience, et aller à la guerre dans de telles conditions c'est courir à sa mort ! Cependant il semblait si déterminé...Et cette fois aucune trace de folie ou de colère dans son être, juste une volonté assez forte pour faire trembler une montagne, LA montagne : Stanpar. Aussi finit-elle par céder et alla prévenir le colosse du réveil et de la demande du guerrier aux yeux écarlates. La "salle du clocher" était la pièce normalement privée du dirigeant du camp, celle où elle avait failli se faire étrangler par son sauveur avant qu'il ne désire se lancer à l'assaut du titan malgré son état mental assez instable à ce moment là...

Bien qu'inquiète au plus haut point pour celui qui manqua d'être son assassin, elle priait de tout son cœur qu'il ait un plan parfait et lui obéit pour ne pas risquer de faire échouer sa seule chance de vaincre le gigantesque général et une fois devant la porte du géant, inspira un bon coup avant de toquer : Lyn était malgré tout morte de peur à sa simple présence, la jeune femme se sentait comme une souris face à un gros chat et la simple idée d'être seule avec ce "prédateur" manquait de la pétrifier sur place. Mais Kerorian avait confiance en elle et lui avait confié cette "mission" importante de porter ce message et elle devait le faire !


"...Entrez..."

Malgré la vaillance que lui donnait son admiration pour le Rôdeur, sa débiteuse déglutit tout de même avec difficulté avant de s'aventurer dans la chambre de l'impressionnant commandant et de remarquer qu'il était assis en plein milieu de la pièce, levant simplement un peu la tête pour planter un regard aussi glacé que son armure dans ses yeux et ce simple contact visuel la figea sur place : Stanpar l'avait toujours intimidé par son charisme et sa monstrueuse stature mais au moins d'habitude il avait une expression douce, mais pas cette fois. Ce soir, il semblait prêt à tuer, à exterminer et à démembrer quiconque osera se dresser sur son chemin, et la pauvre Lyn n'était pas une guerrière sans peur et habituée à une telle pression et commença à fléchir : Ses genoux tremblaient, ses jambes se faisaient faibles et que tout son corps lui hurlait de s'enfuir ! De sauver sa vie ! Et elle l'aurait fait si la raison de sa venue ici ne lui était pas revenue en tête à ce moment :

"Euh...Y'a...Y'a Kerorian qui s'est réveillé."

Le visage du colosse se trouva alors entre la fureur d'un combattant expérimenté qui souhaite la mort de son ennemi et l'inquiétude d'un ami pour son camarade car le titan était l'adversaire de l'homme aux cheveux rouges, mais il lui vouait un certain respect et admiration, mais la seule véritable réaction du géant fut...de hausser un sourcil : Le Rôdeur pouvait sortir de l'inconscience n'importe quand, ça c'était bien normal mais que sa copine soit venue personnellement le lui annoncer, ça c'était bizarre. Ça cache quelque chose...Enfin, elle allait sans doute poursuivre sa phrase et expliquer ses intentions ?

"Et il...Il voudrait que tu le rejoigne dans la salle du clocher, il est prêt à se battre...jusqu'à...jusqu'à la mort..."

En disant cela, elle déglutit très difficilement et détourna le regard : Lyn avait beau ne pas être une experte en combat comme eux, elle savait tout de même qu'un combat à mort signifiait que le duel continuerait jusqu'à ce que l'un des deux meure ou que les deux soient incapables de continuer la bataille...C'était autant une épreuve de force que d'endurance, et sur ces deux points Stanpar l'emportait très largement ! Sans compter que son armure lui permettrait d'encaisser les coups de Kerorian qui s'épuiserait donc encore plus vite et finira par...mourir...
Le géant la tira brusquement de ses pensées en se relevant lentement. C'était un mouvement tranquille et naturel, mais une masse pareille qui se met en mouvement c'est pas discret, ni rassurant, et sans même se préoccuper de la présence de la jeune femme il commença à retirer sa chemise, son vêtement civil qui le gênait personnellement, c'était chiant comme machin...ça tient trop chaud et ça fait rend inconfortable le port d'une armure ! Et une fois vêtu du strict minimum, tournant le dos à la messagère du Rôdeur qui rougissait malgré tout un peu de voir un homme presque nu, aussi monstrueux soit-il, le colosse commença à s'équiper de ses lourdes protections en lançant une simple phrase qui manqua de faire bondir Lyn au plafond :


"Dis lui que j'arrive."

Elle avait fait son boulot, elle avait transmit les mots du guerrier et elle était encore vivante ! Alors mieux valait ne pas rester ici plus longtemps et la jeune femme sortit de la pièce aussi vite qu'elle le pouvait et s'éloigna précipitamment sans pour autant courir et ne s'arrêta de fuir qu'une fois à l'extérieur du bâtiment.
Pfiou ! Ce mec dégage vraiment une présence insupportable ! Toute seule elle ne tiendrait même pas deux minutes avant de s'écrouler ou de partir à fond la caisse car la simple pression à laquelle il la soumettait par sa simple proximité l'écrasait complétement ! Mais comment Kerorian pouvait-il marcher à coté de lui des fois comme si ce n'était rien ? Et pire, comment pouvait-il accepter d'aller se battre contre ce monstre ? D'accord il était un combattant assez expérimenté et ils s'étaient déjà affrontés maintenant deux fois mais quand même ! Même le Rôdeur, pourtant grand, ne lui parvenait même pas au sternum ! Sans compter l'armure du colosse qui devait faire presque la taille de son pouce en épaisseur...Un truc pareil ça peut pas se couper en deux ! D'accord, il avait la Dragonslayer, oui c'est vrai qu'avec CE bidule, peu importe la taille de l'armure on passe à la moulinette avec un machin aussi...énorme...

Mais Kerorian lui-même lui avait avoué ne pas réussir à la manier, et Zwei avait beau être puissante elle n'aurait aucun effet sur le blindage du colosse. En plus elle se rappelait qu'avant elle était une arme bien plus grande que ça, donc plus forte et pourtant ses impacts n'avaient pas eu de réelles conséquences...Alors comment allait-il le battre ? C'était impossible...Plus Lyn y repensait, plus elle voyait son cher Rôdeur se faire exécuter par le massif tas de métal et cela la terrifiait : Si il mourrait, qu'allait-elle devenir ? Jamais elle ne pourrait partir du camp, et encore moins s'en enfuir ! Si seulement elle avait la force de celui à qui elle devait la vie, alors peut-être aurait-il était possible d'éliminer les sentinelles et de profiter de la nuit pour prendre la poudre d'escampette...Malheureusement elle n'avait jamais tenu une arme de sa vie et encore moins essayé de se battre, surtout pas contre des professionnels !

S'adossant au mur du bâtiment pour s'assoir lentement et respirer un peu à cause de son simple contact avec Stanpar qui l'avait épuisé. Qu'allait-elle faire si son sauveur perdait ? Que lui arriverait-elle ? Lyn était terrifiée, si jamais Kerorian y restait elle serait seule face à tout ce camp et tremblait d'avance de ce qu'on lui ferait. Elle finit par ramener ses genoux contre sa poitrine en les entourant de ses bras et posa son menton dessus en fermant ses yeux qui commençaient à devenir humides. Mais à travers les larmes qui se mirent à couler doucement peu après et malgré sa mâchoire qui tremblait à cause de la peur que son aimé ne meurt et de son sort si ça arrivait, elle parvint à marmonner quelques mots, tels une prière à la Déesse pour qu'elle accorde sa protection au Rôdeur :


"Je t'en prie Kerorian...Ne meurs pas..."

La jeune fille resta ainsi, à pleurer silencieusement dans le noir en souhaitant de tout son cœur qu'il survive. Elle voulait le voir, lui parler, qu'il puisse lui répondre, la protéger, simplement ça...Elle ne désirait que ça...Mais si il se bat contre le colosse ça ne sera plus possible, alors elle se mit à faire ce qu'elle n'avait jamais fait car elle ne croyait pas à une quelconque entité supérieure : Elle pria. De tout son être elle pria, pour que celui qu'elle aimait vive, qu'il s'en sorte entier, peu importe ce qui devait arriver elle ne supporterait pas qu'il succombe.

Le guerrier aux cheveux flamboyants lui, venait de finir de monter les escaliers de la tour où le duel était prévu. Haletant lourdement à cause de l'effort rendu extrêmement dur à cause de la lame démoniaque et de ses protections, il alla se placer au milieu de la pièce et défit la robuste sangle qui retenait l'épée géante sur son dos pour déposer celle-ci par terre, devant lui, avant de s'assoir en tailleur et de se tenir droit en posant ses mains sur ses genoux.
Il pensait pouvoir le faire, la victoire n'est jamais impossible ! Et il en veut pour preuve que la veille il avait réussi à tenir tête au géant malgré que sa "folie", car il faut bien avouer qu'on ne pouvait pas dire qu'il était sain d'esprit à ce moment là, lui ait fait oublier sa petite astuce pour encaisser les coups du colosse. Cependant le Rôdeur se rappelait du combat dans les moindres détails et se souvenait donc des mouvements et techniques utilisées pour esquiver et contrer les attaques du tas de ferraille.

Kerorian ferma les yeux et réfléchit. Vu de l'extérieur, la salle du clocher semblait légèrement plus récente que le reste des lieux. On pouvait donc en déduire que ce fut la dernière salle à être construite et l'escalier est clairement adapté à quelqu'un du gabarit de Stanpar, c'est donc lui qui l'a fait faire pour avoir sa pièce privée et se reposer un peu tranquillement...Cependant étant donné sa taille et qu'on aime toujours avoir un peu de liberté, ce qui était maintenant "l'arène" était immense, même pour le Rôdeur elle était plutôt grande, et ça c'était très bon pour lui car il avait besoin de place pour manier son épée. L'avantage qu'il pourrait tirer de cet endroit déjà c'est que son espace pour utiliser son arme et plus petit que celui de son ennemi.

Mais il ne faut pas s'attarder sur ça ! Ce n'est pas un affrontement de force, il faut tirer profit de tout ce qu'on peut utiliser ! La salle est circulaire, donc pas d'angles. Le plafond est vouté, donc il ne faut surtout pas se battre au milieu sinon le géant aura toute la place qu'il veut pour cogner. Le sol est plat est sans tapis, donc aucun risque de se prendre les pieds dans quelque chose ou d'être déséquilibré. Puis ensuite il y avait l'entrée, sans doute le truc dont on peut tirer un maximum d'utilité : C'est un simple passage, comme une sorte de mini-couloir de...trois bon mètres de long depuis la dernière marche de l'escalier jusqu'à l'entrée de la pièce, d'une hauteur laissant sans doute passer Stanpar d'une bonne tête en hauteur et d'une épaule en largeur, lorsqu'il est en armure, c'est vraiment LE coin pourri pour se battre lorsqu'on compte sur sa force. Un lieu aussi restreint est un cauchemar et il comptait bien en tirer profit, surtout que ce passage est juste à la sortie de l'escalier en colimaçon qui permet de monter ici...


Kling...Klang...

Kerorian souffla lentement et prolongea son expiration. La première fois qu'il s'était battu contre lui, il était déjà à moitié mort et tenait à peine son épée. C'est en forçant les limites de son corps qu'il avait pu l'affronter, si on peut appeler ça un affrontement, mais aujourd'hui c'était différent ! Il était plus fort, en forme, et connaissait son adversaire pour l'avoir combattu deux fois auparavant. Il avait perdu le premier duel car il était épuisé, et si son maître n'était pas intervenu il serait mort. On peut dire qu'il a aussi connu une défaite sur le deuxième vu qu'il s'est effondré tout seul, la faute de Dragonslayer ça...Hé bien après deux défaites, la troisième tentative sera une victoire !

Kling...Klang...

Prends ton temps pour monter ces marches Stanpar. Car tu ne les redescendras jamais, ne soit pas si pressé d'aller à ta mort. La vie est éphémère, même la tienne, et elle est si fragile...Telle une bougie à la flamme vacillante, la vie se souffle aussi facilement qu'une chandelle sur le déclin, alors profite bien Stanpar, profite bien de tes derniers pas...

Kling...Klang...

Aujourd'hui ton règne de terreur s'achève. Aucune pitié ou rédemption ne te sera accordée, tu périras par cette lame damnée qui t'échappa après ce qui failli être ta première défaite et presque ta mort. Mais cette fois il n'y aura pas de presque, la tueuse-de-dragon prouvera qu'elle ne découpe pas que de gros reptiles, mais aussi de grands guerriers en armure blindée.
Aujourd'hui se termine ta vie. Tout ceux que tu as tué, torturé, exécuté, toutes les familles que tu as détruites seront vengées grâce à l'épée maléfique que tu as laissé à cet adversaire que tu jugeais ridicule, tu as trop confiance dans ta force et ton armure Stanpar, mais aucune forteresse n'est imprenable, et aucun mur n'est indestructible. Le Démon bout d'impatience dans sa prison, tu lui as offert tant de sang...celui de tant d'innocents...Maintenant, il attend le tien.
Aujourd'hui tu tomberas. Aussi grand et fort que tu sois, le poids de tes crimes t'arrachera la victoire que tu souhaites. Cette arme que tu as tellement abreuvé par la vie de tes trop nombreuses victimes arrêtera maintenant la tienne. Tu ne t'échapperas pas, et seule la Mort t'attends au bout du grand tunnel blanc. Elle t'attend pour l'Enfer, alors réserve une petite place pour ton tueur, car tes péchés sont trop lourd pour que tu les expies par ta vie...Nous nous reverrons en bas, et dès lors tu ne seras plus l'imbattable colosse qui faisait régner la terreur, tu ne seras plus...Qu'un simple guerrier qui succombera mille fois par la lame du Mal pour obtenir le Pardon.


Kling...

Kerorian rouvrit les yeux, sourcils froncés, une flamme dansait dans ses rouges pupilles. L'heure était venue d'abattre une montagne, il était temps que le jugement tombe, car on ne peut laisser impuni un tel monstre plus longtemps, mais puisqu'un homme ne peut pas le vaincre...Alors il se fera diable et l'enverra en son royaume. Peu importe le prix à payer, que le sang du démon coule, et que justice soit faîte !

"Tu es en retard."




"Il y a...des ombres...dans ma tête..."
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MessageSujet: Re: La gentillesse est une source de problèmes.   Sam 28 Jan - 18:45

Chapitre XV : Issue inattendue :


En retard hein ? Ce gamin va bientôt se battre contre lui alors qu'il a tous les désavantages de son coté, et il l'attend tout bêtement assis en lui tournant le dos en plus et ne trouve rien de mieux à dire qu'il est à la bourre. Décidément, ce gosse est plein de surprise ! C'était une bonne idée de le sauver des soldats qui s'apprêtaient à le massacrer après son vaillant exploit d'avoir vaincu la moitié de ses troupes...En tout cas il semblait avoir bien évolué depuis son "arrivée" ici : Lorsqu'il avait découvert que lui, Stanpar, était toujours en vie, il était tout tremblant de peur et se retenait à peine de partir se planquer...Bon okay, avec ce qu'il lui avait mit à leur première rencontre c'est vrai que c'est compréhensible comme comportement.
Mais maintenant, c'était un jeune homme déterminé qui venait de se relever pour lui faire face et non pas un "petit" garçon terrifié. Aucun doute, ce sera sans doute son combat le plus intéressant depuis bien longtemps, depuis qu'on lui avait proposé d'entrer dans l'armée de Daien il y a de ça bientôt dix ans...Il avait demandé un duel contre le leader de la troupe venu le recruter en disant que si il perdait il s'enrôlerait parmi eux. Cependant c'était un simple hallebardier qu'il avait fini par combattre, et même si ça n'avait pas été si simple que ça et qu'il en était ressortit avec quelques blessures car son armure de l'époque ne valait pas celle d'aujourd'hui, le soldat n'avait pas été à la hauteur...


"Je savais que tu étais lent, mais je ne pensais pas avoir le temps de faire une sieste avant que tu n'arrives."

Et en plus il se permet de croiser les bras pour faire genre "j't'attends depuis deux heures !". Alàlàlà...Quel sacré phénomène ce mioche, il lui ressemble beaucoup quand il avait son âge en faite : Téméraire, bagarreur et solitaire. N'importe qui pouvait remarquer que malgré que Lyn le colle en permanence, trahissant clairement ses sentiments envers lui même si en faite elle n'a pas vraiment la possibilité d'aller voir ailleurs, enfin bref ! Donc il était facile de remarquer qu'il ne cherchait pas le contact avec les autres, ni à créer des liens avec qui que ce soit, pas même avec celle qu'il était venu sauver ! On peut en déduire qu'il n'a confiance qu'en sa propre force et en son épée...En même temps ce sont les deux choses qui ne pourront jamais vous trahir n'est ce pas ?

"Désolé petit, mais moi je passe pas dans les trous de souris qui relient toutes les pièces entre elles."

Kerorian eut un léger rictus amusé. Il avait prétendu être agacé de la lenteur du colosse, mais en vérité elle l'arrangeait parfaitement car ça lui avait laissé tout le temps dont il avait eu besoin pour aller chercher son astuce pour ne pas finir broyé au moindre coup encaissé, astuce qu'il n'avait pas prit le temps de prendre lorsqu'il l'avait défié quand il était dans sa "folie". De plus, ce répit accordé par la masse si dure à déplacer du géant lui avait permit de se concentrer sur ce qui allait arriver et de préparer un plan de combat avec où aller, quoi faire ici et là en tenant en compte déjà de la réaction probable de son ennemi sous plusieurs situations et s'était préparé à y faire face.

"Tu aurais quand même pu te dépêcher, je me suis ennuyé en t'attendant ! Si j'avais su que tu n'arriverais qu'à l'aube, j'aurais pris un oreiller au lieu d'une épée !"

Ah, il resserre sa prise sur Morgenstern ? Il en a marre de ce duel de mots ? Ça tombe bien car lui aussi ! Rien ne vaut le choc du métal contre le métal, de la chair qui se déchire et des os qui se broie sous les armes qui se teintent de rouge en faisant couler des fleuves écarlates qui changent le sol en tapis sanglant à l'odeur de fer ! Le Rôdeur s'empara de la Dragonslayer et prit une garde un peu particulière :
Il pivota pour se mettre à peu près de profil et laissa son arme passer derrière lui, comme pour "cacher" la lame avec son corps. C'est une pose normalement utilisée pour aller au combat et dissimuler la taille de son outil de mort mais on peut aussi s'en servir pour porter des coups plus puissants avec une épée comme la Tueuse-de-Dragons car elle permet d'avoir une amplitude énorme. Jambe gauche en avant, bandant ses muscles au maximum, le voila prêt à ce terrible duel...

Faisant glisser son pied légèrement en avant, Kerorian bascula son poids sur la jambe avancée et balança son immense épée dans un grand coup de taille, contré par son adversaire qui intercepta l'immense lame avec l'extrémité sphérique de sa massue, une main placée juste en dessous de la boule de pics pour avoir de la force sur toute son arme. Le violent impact repoussa les deux outils mortels, cependant si Stanpar ne bougea point et dû reprendre sa garde à cause du choc qui l'avait déviée; Kerorian lui en revanche ne possédait pas la force pour encaisser un coup pareil et son épée elle repartit dans le sens contraire de son attaque, allant riper sur le sol en entrainant son porteur qui manqua de peu de s'étaler par terre. Misère...il se doutait bien que sa robustesse naturelle n'était pas suffisante pour tenir ce contact, mais de là à se faire expédier comme ça à la première attaque..!

Changeant de tactique, et au passage de garde, le Rôdeur fut forcé de se pencher en arrière pour s'aider à relever son espadon et le tenir cette fois à la verticale, le manche près du corps. Cette fois ce fut au Général de lancer l'assaut en balançant son énorme masse sur une sorte de frappe horizontale, laissant glisser sa main pour avoir le bout de la "poignée" solidement dans les paumes, dès que le guerrier aux yeux rouges vit son adversaire préparer sa frappe il brandit son épée pour pouvoir avoir une frappe suffisamment forte pour contrer le marteau épineux d'un bon coup vertical en plein sur la boule à pointes. La violence des armes qui s'entrechoquèrent ébranlèrent les bras du jeune homme dans un bruit d'enfer tandis que la lame damnée avait l'air de "rebondir" sur l'écraseuse de chair qui elle-même paraissait faire demi-tour, mais alors que l'homme aux crins de sang était contraint à faire un pas de recul pour ne pas se faire emporter par sa propre plaque de métal en reprenant comme il pouvait sa garde, Stanpar lui n'eut pas à bouger et se ressaisit de son gourdin démesuré sans problème. Ces deux attaques sans aucun résultats confirmèrent les doutes du Rôdeur :

L'écart entre lui et son terrible adversaire était abominable. Alors qu'il souffrait de toutes les peines du monde pour ne serait-ce que supporter les impacts de leurs coups, le géant lui n'avait aucun soucis de cet ordre et malgré la force de ses attaques il n'avait même pas eu à faire un seul pas pour se stabiliser... Bon d'accord, vu sa carrure et son armure il devait falloir au moins cinq hommes pour le faire tomber, et encore il ne fallait pas qu'il se défende. La situation était plus que dramatique... Il écarquilla quand son ennemi fit quelque chose à laquelle il ne s'attendait pas : Le géant retourna son arme pour présenter en premier l'épaisse boule à pointe et s'avança d'un pas pour l'estoquer ! Il a beau ne pas être un grand maître du combat ou un guerrier ultra-expérimenté, il n'avait jamais entendu parler d'un coup d'estoc avec une arme contondante ! Aussi sous la surprise il n'eut pas le temps de faire grand chose, juste de baisser les bras, aidé par le poids de son épée, pour interposer l'épais métal maléfique avec le marteau du colosse, heureusement que la Dragonslayer possédait une résistance unique car même sa vieille Zweihänder n'aurait pas supporté un coup comme ça, ou si elle avait réussi n'en aurait pas toléré un autre.

Cependant si l'attaque ne fut pas létale, la force de ce direct manqua d'écraser la lame noire contre le torse de son actuel porteur qui crut être percuté par un rocher et décolla littéralement du sol pour retomber quelques pas plus loin, le souffle court, mais n'ayant pas subi d'autres dommages qu'un choc un peu fort et pu se relever en reprenant sa garde verticale. Avançant d'encore une autre de ses immenses enjambées, le Général frappa d'un nouveau coup presque horizontal, mais descendant un peu, Kerorian contra cette fois en reculant d'un pas et laissant tomber sa lame en avant, percutée de plein fouet par la masse énorme du colosse et fut projetée une nouvelle fois avec force, pourtant loin de se laisser emporter le Rôdeur profita de cet élan pour faire un tour complet en faisant suivre son épée qui finit par racler le sol jusqu'à en frapper le tibia blindé de son gigantesque adversaire qui n'eut pas le temps ou l'équilibre pour esquiver et subit enfin une blessure...malheureusement légère : Le coup était loin d'être des plus puissants, et les protections de jambes étaient robustes et avaient sérieusement amoindri l'attaque qui ne fit qu'entamer un peu la chair.

Profondément énervé, et après un discret grognement de douleur, Stanpar contra par une terrible taille suffisamment forte pour enfoncer un mur que le Rôdeur n'esquiva de justesse qu'en laissant ses genoux lâcher totalement sous son poids et se laissa tomber à terre, maintenant à plat ventre il leva la tête pour scruter le manieur de masse brandir à présent son marteau pour l'abattre avec encore plus de puissance que le dernier coup vers son ennemi au sol qui écarquilla les yeux avant de lâcher son épée et de rouler aussi vite qu'il lui était possible de coté, sentant l'une des terribles pointes érafler son bras alors qu'il tournait. Quelques roulades plus tard, le guerrier écarlate se releva, maintenant désarmé et écarquilla les yeux en déglutissant difficilement lorsqu'il vit les dégâts de la massue :

Les pierres composant le "plancher" avaient été littéralement explosées ! L'intimidant marteau avait enfoncé de la pierre sans problème, s'il prenait un coup pareil il serait réduit en bouillie sans aucune hésitation. Et même s'il parvenait à le bloquer, il n'aurait jamais la force pour supporter l'impact, ses os seraient brisés par le choc et ses organes n'auraient rien à envier aux cailloux du sol... Sa bouche s'ouvrit même un peu lorsque le géant arracha de terre son arme sans aucun problème. Encore hébété par cette démonstration de puissance hors du commun, il ne retrouva ses esprits que lorsqu'il vit une masse énorme se pointer dans les airs et eut tout juste le temps de faire un bond de coté pour ne pas être écrasé par l'arme funeste, et dût une nouvelle fois se jeter à terre après un pivot pour se retourner et éviter une nouvelle attaque cette fois ascendante diagonale et sentant un mauvais coup venir se remit vaguement à quatre pattes pour se jeter en avant.

Judicieux choix, Morgenstern s'écrasait l'instant d'après là où il était. Se pressant de se retrouver sur ses jambes, Kerorian se retourna à nouveau pour être face au "monstre" tout en se trouvant maintenant dos au mur, il n'avait même pas remarqué qu'il avait déjà tant bougé, et apparemment ce n'était pas près de s'arrêter : Penchant cette fois sérieusement de coté pour épargner à sa tête une rencontre douloureuse avec un marteau épineux, il fut finalement satisfait d'avoir autant bougé. La salle n'était pas le moins du monde adaptée aux mouvements de Stanpar, ce qui ne l'empêcha pas de ramener son gourdin d'acier pour relancer un estoc. il aurait voulu se décaler encore une fois mais réussit juste à tomber de coté, par chance avant que l'arme ne l'enfonce dans la pierre qui se fendit quand la boule la frappa sauvagement, l'un des pics effleura à nouveau son bras déjà touché, ça faisait deux griffures.

Jugeant cette proximité avec le géant très malsaine, le Rôdeur s'empressa de décamper ventre à terre avant de se relever une fois qu'il jugea être hors de portée et se retourna pour reprendre le contact visuel, avant de se pencher souplement en arrière pour esquiver de justesse un nouveau coup horizontal qui se termina encore une fois dans le mur qu'il avait longé dans sa retraite, puis recula vivement de plusieurs pas rapides en s'écartant rapidement des bords de la salle. Maugréant contre son adversaire, et surtout contre sa foutue allonge ! Même à quinze pieds il n'était pas encore à une distance sûre ! Et apparemment, vu les marques laissées dans les pierres, leur écart de force semblait infini : C'était comme opposer un enfant à un Tigre adulte. C'était peine perdue !

Cependant les derniers moments confirmèrent au jeune guerrier la lenteur du géant : Il avait beau se déplacer presque aisément avec son énorme armure, il n'en demeurait pas moins extrêmement chargé et peu vif. Tout n'est finalement pas perdu, il peut encore jouer sur la vitesse. Certes, Kerorian n'est pas l'homme le plus rapide du monde, loin de là, sauf que lui ne porte pas deux cents livres d'acier sur la tête ! Il y avait juste un problème sur ce point, il ne portait pas de blindage comme son adversaire mais son équipement est tout de même assez lourd... Reculant encore de quelques pas pour ne pas être surpris par l'allonge du Général, il commença à retirer ses gants sans quitter du regard son ennemi, continuant à se retirer alors que le géant s'avançait, et une fois ceux-ci enlevés s'empressa d'en faire de même avec ses bottes, mais cet instant d'équilibre précaire fut comme un appel pour le colosse qui s'avança plus rapidement, avalant en un instant la distance qui assurait la sécurité au Rôdeur et balança sa massue une nouvelle fois.

Reculant vivement, le jeune Beorc parvint à esquiver l'attaque de justesse bien que ça pose de réception soit assez particulière puisque sur une jambe en train d'enlever la seconde chausse, et une fois débarrassé de ce poids l'envoya au visage de son ennemi qui l'intercepta sans aucune peine en levant le bras. Mais alors qu'il le baissait pour ajuster sa frappe avec plus de précisions, il fut juste surpris de ne rien voir en face de lui. Son adversaire s'était tout simplement volatilisé, pour une fois il maudit son grand casque qui réduisant tant son champ de vision, mais avant même qu'il n'ait le temps de tourner la tête pour trouver sa cible, il sentit quelque chose s'en prendre à sa jambe malgré son armure, comme quelque chose l'attrapant... Et soudainement il comprit, mais trop tard : Kerorian lui avait lancé sa botte pour brouiller sa vue avant de lui foncer dessus assez bas pour échapper à sa vue et pouvoir lui saisir la "patte" et le renverser. Et ça ne manqua pas, tirant sa jambe en arrière avec force, le Rôdeur le déséquilibra complétement et le fit tomber en avant, glissant un peu avec étonnement lors de la chute du géant. Il était lourd au point de le traîner derrière lui en tombant ? Mais il pèse combien ce gars !?

Lâchant le membre inférieur du colosse, il profita que celui-ci soit maintenant à terre pour tenter quelque chose, quoi il n'en savait rien mais au moins pouvait-il gagner du temps et lui bondit sur le dos en espérant le plaquer au sol, comptant sur sa masse plus celle de l'équipement du Général pour empêcher celui-ci de se redresser et ainsi trouver une solution pour profiter de sa faiblesse pour en finir. Mais apparemment il devait vraiment avoir la poisse, car Stanpar posa ses mains à terre, et força tant dessus qu'il parvint à se redresser malgré la présence du Rôdeur forcé de presque se mettre à quatre pattes pour ne pas tomber, et continua à monter, avant d'enfin replacer son genou et quitter sa pose parallèle au sol en renversant le guerrier maintenant pieds nus qui croyait halluciner tandis qu'il se dépêchait de prendre de la distance. Comment pouvait-on être aussi fort ? Sa simple armure devrait déjà le maintenir à terre alors avec quelqu'un s'amusant à lui marcher dessus, se relever ainsi était un véritable cauchemar ! S'il avait proportionnellement la même force que son adversaire, il serait quasiment deux fois plus lourd tant il aurait de muscles !

Ramassant sa massue en même temps qu'il s'apprêtait à se relever, le colosse se remit debout en balançant d'un grand coup sa massue en direction de son ennemi dans la ferme intention de le réduire en purée. Écartant les jambes pour se retrouver à ras-le-sol, esquivant la haute frappe, Kerorian commençait à comprendre la solution pour éviter d'encaisser des coups face à ce monstre : Il suffit d'être agile et se rester près du sol. Profitant de la position après coup du géant, le Rôdeur se releva et bondit sur son adversaire pour lui envoyer un coup direct de paume au "visage" histoire de le sonner un peu, puis d'enchainer immédiatement sur un coup assez rare mais néanmoins très efficace : Une pique aux yeux. La visière du heaume du géant avait beau être fine, elle était prévue pour laisser un certain champ de vision mais aussi des doigts par la même occasion... Et ça, qu'on soit une petite fille ou un gros costaud, c'est un coup qu'on ne peut encaisser. Lâchant un grognement de douleur, le géant recula la tête avant de sentir une nouvelle claque vers la figure. Qu'est ce qu'il cherchait à faire ce petit enfoiré ? Lui vriller les tympans à coup de baffe dans le casque ? Il ne ressentait pas les chocs, juste un truc qui faisait "Bong" à chaque fois et à part l'énerver il ne réussissait rien.

D'un seul coup il ne se passa plus rien, juste un bruit de métal glissant sur quelque chose. On aurait dit une épée qu'on dégainait, cela signifiait donc qu'il comptait mener ce combat avec sa bâtarde ? Était-il fou ? Même avec sa vieille lame à deux mains il était à peine parvenu à le blesser à l'épaule, rouvrant les yeux maintenant sa cécité dissipée, il put voir son adversaire prêt à bondir pour préparer une sorte d'estoc de la main gauche, l'autre tendue le long du fil comme pour viser. Qu'est ce que c'était cette position ? Est-ce qu'il avait l'intention de l'empaler ? Après tout il est vrai qu'un coup de pique possède une meilleure pénétration qu'une frappe de taille, mais de là à transpercer son armure ! Surtout qu'avec un seul bras il n'en aurait jamais la force, pourtant il avait une sorte de doute...

S'élançant sur lui de toute sa détermination, le Rôdeur usa de tout son corps pour parvenir à donner à la pointe de son épée une force plus grande qu'à l'accoutumée, quitte à s'en tortiller un peu, et balança un formidable direct vers le ventre de son ennemi. Le Coup de Croc n'était pas très pratique, ni très efficace, contre une cible située plus en hauteur, alors autant viser un point à son niveau puisque de toute façon ça marchera aussi ou mieux ! Cependant l'étrange impression du Général s'avéra salvatrice puisqu'elle lui fit se tenir très méfiant plutôt que d'imaginer l'attaque échouer totalement contre sa cuirasse et lui avait fait ramener son arme près de lui pour se tenir près à la défense, bien qu'elle soit trop lourde pour être ramenée à temps ou tenter une véritable parade, son retour "brusque" avait entrechoqué le long manche de la Morgenstern avec l'épée à une main et demie du combattant aux yeux rouges et en avait dévié la trajectoire sous la force de l'impact.

Fort heureusement pour le géant qui sentit une légère douleur au niveau du flanc, s'il était parvenu plus ou moins volontairement à se défendre, l'arme avait tout de même continué sa route et avait étonnamment transpercé son plastron bien que la courbure du métal fit dériver encore un peu plus la dangereuse pointe qui ne fit qu'entailler le ventre du colosse qui réalisa avec étonnement que le gamin venait de réussir à l'atteindre. On a beau être prudent et expérimenté, porter une armure agit sur l'inconscient et fait de sentir en sécurité, surtout une aussi épaisse, pourtant ce petit bonhomme était parvenu à le blesser, aussi légère soit sa plaie, malgré son blindage. Finalement sa technique n'était vraiment pas si mauvaise... Mais ne lui laissant pas le temps de quitter sa pose d'après-coup, Stanpar brandit sa massue au-dessus de lui et l'abattit en plein sur le crâne du jeune homme qui s'avança autant qu'il put en ramenant son épée au-dessus de sa tête, posant une main contre la lame proche de la garde, et l'interposa entre le manche avant la boule de pique que son avancée lui permettait d'éviter en espérant fortement que sa propre force lui suffise à bloquer la force de ce coup, quand bien-même il n'était pas donné à fond à cause de sa position.

Un violent choc sur la tête le fit légèrement chanceler, s'il était parvenu à éviter que la "poignée" de l'arme de son adversaire ne lui fracasse le crâne, la puissance de l'attaque en revanche brisa complétement sa défense et manqua d'écraser la main du Rôdeur sur la caboche de celui-ci. Voyant sa frappe ratée, le massif combattant ne se laissa pas surprendre et arma une nouvelle fois le même coup en reculant un pied et plaçant mieux ses mains pour avoir une portée plus réduite. Préférant ne pas rester sur le chemin d'un énorme bout de métal plein de pointes et malgré sa migraine, Kerorian bondit sur le coté en se rattrapant d'une roulade légèrement maladroite mais suffisamment réussie pour qu'il ne s'éclate pas par terre et se releva dès sa position plus stable pour relancer son Coup de Croc : S'il y avait bien un truc sur lequel il pouvait compter pour essayer d'abattre le géant c'était bien sa technique anti-blindé !

Malheureusement utiliser deux fois le même coup dans un combat c'est réduire son efficacité. S'attendant à une nouvelle tentative de la part de son adversaire, Stanpar avait intelligemment assuré sa position en reculant d'un pas avant d'attaquer, et put ainsi faire un autre pas de retrait et faire échouer l'estocade du "petit" Beorc. Un sourire des plus cruels étira secrètement les lèvres du Général derrière son heaume, s'étant contenté de sortir de la ligne très offensive de son ennemi, celui-ci s'était énormément rapproché du fait de la portée de son attaque et était trop près pour être menacé d'une façon ou d'une autre de façon "rapide" par la Morgenstern. Par contre quand on possède une force comme la sienne, il n'est pas nécessaire d'avoir une arme pour blesser ou tuer son adversaire, et basculant son poids vers sa jambe avant il profita de cet "élan" pour balancer un terrible coup de poing en plein poitrine au combattant écarlate avec une telle violence que le Rôdeur en décolla du sol dans un râle étouffé, avant de s'écraser quelques pas plus loin, toussotant et le souffle difficile : Quelle erreur de lancer une telle attaque de front deux fois de suite ! Il s'était mit pile-poil à la portée parfaite pour son opposant qui n'avait pas laissé passé une pareille occasion. Ça marquait une bonne fois pour toute leur différence de technique et d'expérience, Kerorian avait beau ne pas être mauvais il ne restait finalement qu'un gamin face à ce gars...

Reposant son marteau à pointe sur l'épaule, le colosse s'approcha sans se presser le moins du monde : Un tel coup de poing, couvert de son armure pour couronner le tout, réduirait en bouillie n'importe qui. Il avait déjà vu des gros baraqués finirent presque à l'agonie après un coup pareil, il faut dire qu'avec cinq ou six côtes fracassées au point d'aller en titiller plus ou moins méchamment les poumons, on a plus trop la possibilité de se relever. Pourtant il dressa un sourcil étonné lorsqu'il vit son jeune adversaire à genoux s'appuyer sur son épée pour s'aider à se relever, était-il parvenu à bloquer vaguement son attaque ou au moins à en atténuer les dommages ? C'est vrai qu'il n'avait pas fait vraiment attention à son autre bras, peut-être l'avait-il interposé entre son sternum visé et le gant d'acier ? Ou alors il était vraiment beaucoup plus solide qu'il n'en avait l'air... S'arrêtant pour lui laisser le temps de se relever, le géant l'observa attentivement. Ce n'était pas tous les jours qu'il rencontrait quelqu'un osant l'affronter en combat singulier, et c'était encore plus rare de trouver un adversaire capable de l'atteindre "efficacement" ou d'encaisser une de ses attaques, si on y repense ça fait déjà pas mal de coups qu'il parvient à esquiver et au moins le deuxième qu'il réussit à subir de front sans y rester !

Dès qu'il fut debout, à nouveau prêt au combat, Stanpar ne perdit pas un instant et brandit une nouvelle fois sa massue qui ne s'abattrait que dans le vide laissé par le départ précipité du guerrier aux yeux de feu pour rejoindre sa maléfique épée, rangeant l'autre pour une utilisation de secours, et parvint avec une difficulté de plus en plus grande à la hisser à la verticale pour reprendre la garde la plus "simple" avec une telle arme et attendit. Le Général s'avança sans se presser, laissant traîner sa masse derrière lui, puis une fois à distance de frappe fit un bon mouvement de buste et activa les puissants muscles de ses bras pour balancer sa boule d'acier. Décidément ce salaud avait vraiment trop d'allonge ! Ne pouvant pas avancer sous menace de se prendre un autre coup de poing, ni reculer au risque d'être fauché par les pics du gourdin, alors il n'y avait plus qu'une solution : Bloquer ! Abaissant une nouvelle fois sa lame pour éviter l'impact direct avec la dangereuse massue du colosse, il en subit la terrible frappe pour une attaque à une main avec douleur lorsque sa propre épée frappa son ventre endolori sous la force du coup, l'envoyant une nouvelle fois voler quelques pas en arrière.

Crachotant après ce nouveau choc en plein torse, le Rôdeur lâcha son arme et roula de coté pour se mettre à quatre pattes et tenter de reprendre son souffle. Il avait du mal à croire que même d'un seul bras Stanpar parvienne à lui balancer des attaques pareilles ! Même de toutes ses forces lui arriverait à peine à agiter dans le vent son gourdin, et même en touchant sa cible il ne ferait pas autant de dégâts, sans la Dragonslayer il y serait très certainement resté ! C'était une véritable aubaine de posséder cette épée maléfique plus robuste que n'importe quelle autre lame. Mais pourtant il avait l'impression de se prendre un roc à chaque impact, mais cette fois il avait frappé trop fort, il ne parvenait plus à respirer comme il le voudrait, déjà sur le coup précédent c'était limite mais là : Ça en était trop !

Souriant, fier de sa supériorité plus qu'écrasante, dans tous les sens du terme, le colosse fronça les sourcils d'interrogation lorsqu'il vit son adversaire qu'il pensait agonisant après ces deux derniers coups, commencer à retirer sa chemise. Euh, ouais ? Il croyait l'avoir frappé au torse, pas à la tête, qu'est ce qu'il lui prenait de se déshabiller comme ça en plein combat ? Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'ils le virent défaire les attaches d'une cuirasse. Qu'est ce qu'il faisait avec ça ? Depuis quand il en portait une ? Aah...c'était pour ça qu'il avait réussi à encaisser ses coups... Vu l'état d'endommagement du métal, il était clair que c'était lui qui avait le plus morflé lors des attaques subies, pas idiot comme idée.

De son coté, sa poitrine enfin libérée du joug oppresseur de son plastron broyé, son souffle lui revenait enfin. Jamais il n'aurait pensé rencontrer un jour un adversaire capable d'enfoncer une armure de torse en à peine quelques coups, dont un à la main ! Kerorian savait posséder la vitesse suffisante pour parer la plupart des attaques de son ennemi à cause de la très lourde armure de celui-ci, mais était aussi parfaitement conscient que son corps n'était pas assez robuste pour supporter les impacts des frappes, aussi avait-il choisi "d'emprunter" de quoi pallier cette faiblesse... Mais il ne pensait pas que ça se "casserait" aussi rapidement ! Se relevant malgré tout avec difficulté, quelques côtes ayant manqué de céder sous la pression des attaques, le guerrier fit fonctionner ses neurones à toute vitesse : Il lui fallait une solution, et vite ! La Dragonslayer était assez puissante pour le blesser mais trop lourde pour être maniée, Zwei connaissait le problème inverse et le Coup de Croc ne marcherait plus, même pas la peine de penser à une technique à main nue. En gros sur ses trois armes il y en avait trois qui seraient inefficaces...c'est...ce qu'on appelle une situation de merde non ?

Mais à peine fut-il à nouveau debout, qu'un vif pas de coté fut nécessaire pour rester en vie, puis un bond en arrière pour éviter de subir une glaciale étreinte avec l'arme piquante, bordel ! En plus il parvenait à enchainer deux ou trois attaques cet enfoiré ! Fort heureusement maintenant débarrassé de tout poids supplémentaire si ce n'est celui de sa bâtarde, le Rôdeur était assez rapide pour échapper à la lourde Morgenstern...mais pour combien de temps ? Il n'est pas l'homme le plus endurant du monde, et il lui semble aussi prudent de parier sur l'essoufflement du colosse que de se jeter d'en haut d'une falaise en saut de l'ange dans une rivière asséchée. Dans ses esquives il entrevit la sortie de la salle et une idée germa dans son esprit : Il avait peut-être encore une chance.

Profitant de cette baisse d'attention, Stanpar changea un peu d'attaque et envoya son énorme poing d'acier droit vers la poitrine du Rôdeur. N'étant pas complétement déconcentré, Kerorian ne manqua pas le mouvement de cette masse gigantesque carapacée vers lui mais ne tenta pas de battre en retraite ou de bloquer le coup et au contraire préféra essayer un truc dont son maître lui avait exposé la théorie quand il était petit bien qu'il n'ait jamais chercher à le faire vu que ça lui semblait totalement idiot... Mais dans sa situation on fait pas le difficile ! L'homme aux cheveux rouges s'avança au contraire de ce que la logique, surtout la sienne, conseillerait, mais légèrement décalé, de façon à ne pas rester en face du gant agressif tout en réduisant la distance qui le sépare de son adversaire gigantesque, sur le papier ça permet de sortir de sa "ligne offensive" et éviter toute attaque, ou empêcher de les donner correctement, tout en offrant des occasions pour riposter.

En pratique, ça aurait plutôt bien marché...si l'épéiste n'avait pas eu la main nue ou que son ennemi ne portait pas un casque. Par réflexe, une fois son esquive réalisée, le Beorc avait immédiatement visé le visage de son opposant avec un bon direct et n'avait rencontré qu'un gros morceau de métal... Par Ashera, ça fait mal ! Et ce n'était pas terminé, ne manquant pas de réactivité le colosse avancé brusquement sur le jeune homme et le percuta d'un violent coup d'épaule blindée, le faisant reculer avec douleur et enchaîna sans problème d'un coup de taille de sa massue d'une seule main. Par chance le poids incroyable de l'arme, de l'armure, et ce maniement à un bras rendirent cette attaque suffisamment lente pour permettre au rouquin d'éviter de se la prendre en reculant d'un grand pas mais porta une paume à son torse dans une grimace : Son repli fut un poil trop tard et les pics de la boule l'avaient un peu griffé...un pouce plus près ou une demi-seconde trop tard et les blessures subies auraient pu être vraiment gênantes.


"Who !"

Fut le cri du Rôdeur lorsqu'il se jeta à terre pour laisser la Morgenstern qui revenait d'un terrible revers, par contre pas question de rester ici plus longtemps et Kerorian s'empressa de piquer un sprint en se relevant vers la sortie, il avait vaguement une idée de comment s'en sortir mais il devait être juste à coté de l'escalier pour ça. Il passa le "maigre" couloir qui permettait d'accéder à la salle une fois qu'on sortait des marches et s'arrêta sur la première d'entre elles avant de se retourner pour attendre son colossal adversaire dont on pouvait deviner être à l'origine des plans de cette partie du bâtiment : Autant l'escalier que le passage permettait tout juste à Stanpar de passer en armure sans qu'un morceau racle le mur, même si c'était de peu, et les marches avaient une taille absolument incroyable ! Bon, faut dire que vu la taille des pieds celui qui les a fait construire...

Stanpar émit un léger rire qui aurait fait froid dans le dos de n'importe quel vétéran, l'écho donné à ce petit éclat moqueur et supérieur par le casque le faisait résonner de façon caverneuse, le rendant sinistre. Il avait compris le plan du jeune homme : La seule attaque qu'il pouvait faire dans ce trop étroit couloir, c'est un direct, que ce soit du poing ou du gourdin ça sera un coup frontal, dès lors on peut facilement deviner que le Beorc à l'intention de se jeter sous la frappe pour passer entre ses jambes puis le pousser dans les marches et le laisser dévaler toute la pente. Sauf qu'il est facile de jeter à l'eau cette "stratégie" en visant plus bas qu'à l'accoutumée. Aussi après avoir rejoint le Rôdeur qui se préparait à agir, le colosse balança un de ses redoutables estocs piquants vers l'abdomen du guerrier, pile la hauteur qu'il faut pour en finir : Trop haut pour lui permettre de sauter par-dessus et bien trop bas pour qu'il puisse se glisser dessous d'autant plus que la boule à pointes était trop large pour lui offrir la possibilité de se jeter sur un des cotés.

Pourtant ce que fit le jeune homme l'arracha de sa victoire savourée d'avance. Kerorian ne chercha pas le moins du monde à feinter grossièrement le géant, il se laissa simplement basculer en arrière en envoyant ses bras décrire un large cercle par l'extérieur vers l'avant, échappa de peu à la Morgenstern, et laissa ses mains revenir vers les pics auxquels il s'accrocha avec fermeté pour ne pas chuter définitivement dans l'escalier, puis tira aussi fort qu'il put pour se ramener sur la "terre ferme" en se déviant pour éviter de s'empaler lui-même, et chargea le géant en retirant son bandeau d'une main et le plaqua contre la fente du heaume de Stanpar avant de frapper dans celle-ci à l'aide des doigts de son autre main pour y enfoncer un tant soit peu le tissu, et s'accroupit immédiatement après pour se jeter littéralement sous le Général et passer dans son dos pendant qu'il reprenait son équilibre et qu'il essayait de dégager sa vue, malheureusement ses épais gants ne permettaient pas de sentir les bouts du linge, ni d'être très adroit et cela se solda par un échec, il avait juste un œil capable de voir à peu près ce qui se passait droit devant, le coté étant occulté par une masse plutôt blanche.

Croyant que le Rôdeur allait maintenant le pousser dans l'escalier, il frappa comme un marteau du poing libre après s'être vaguement tourné mais ne rencontra que du vide. Où était-il ? Normalement il aurait du se trouver dans son dos et le bousculer comme il pouvait, mais s'il n'y était pas alors où s'était-il donc planqué ? Aucune chance qu'il ait pris l'escalier, il veut trop en finir, ça signifie qu'il est retourné vers la salle...ou juste qu'il est plus loin dans le couloir, rien ne l'avantagerait à retourner dans la grande pièce, bien au contraire, alors qu'ici il aurait toute la place qu'il lui fallait et même tout le temps dont il a besoin pour relancer son estocade perce-armure, et là c'était LUI qui était dans la merde ! Sale gosse, il l'a bien roulé ! Le bruit d'une lame qu'on dégaine confirma ses pensées, et sa Morgenstern qui était du mauvais coté en plus, c'est pas bon... Armant la seule attaque qu'il pouvait encore faire, Stanpar balança son énorme gants aux doigts serrés vers ce où son adversaire à la crinière écarlate était probablement et sentit un instant d'après un froid acéré lui mordre le ventre alors qu'un bruit d'impact se faisait entendre un clin d'œil plus tard.

Le Coup de Croc de Kerorian était passé et l'avait atteint à l'abdomen, sa position lui avait évité d'être complétement transpercé mais l'épée avait tout de même causé une bien vilaine blessure, du genre de celle qu'on n'aime vraiment pas avoir sans un guérisseur à portée de main, cependant dans son élan le Rôdeur n'avait pu esquiver le contre qu'il trouva bien rapide pour un géant en armure et le reçut violemment en pleine tête, le faisant s'écrouler quelques secondes après suite à sa perte de connaissance, le front ensanglanté. Pour sa part, un bête réflexe de survie bien inutile fit faire un pas de recul au colosse qui parvenait à enfin se débarrasser du bandeau qui lui bouchait la vue et s'apprêtait dans un élan furieux de s'être ainsi fait avoir et avoir été mis en danger par un simple gamin à achever celui-ci, quand il se sentit partir un peu en arrière. En déplaçant son pied en arrière, il avait placé celui-ci dans un équilibre très précaire sur les marches et s'était trop appuyé dessus l'avait fait glisser sur la marche d'en dessous et ce mouvement inattendu le déstabilisa, laissant son armure continuer l'implacable travail.

On ne saurait dire lequel du rugissement rageur du colosse chutant dans l'escalier ou du bruit de son écrasement dans les marches de celui-ci avant de les dévaler à la glissade fut le plus bruyant. Le tonnerre fracassant du robuste métal protecteur contre les pierres de la pente résonna avec la rage de Stanpar dans tout son camp et ne manqua pas d'attirer du monde...tous ses occupants pour être précis. Et quelle ne fut pas la surprise générale lorsqu'ils virent le géant étalé au bas de la montée, les incessants chocs avec les marches avaient beau avoir été "amortis" par son épaisse armure, ils n'en ont pas moins été douloureux et répétés, il était encore conscient mais semblait sévèrement secoué, étant tombé tête la "première", ce fut son crâne qui cogna le plus souvent contre le roc et ce n'était pas très bon...

Premier à se ressaisir de la stupeur qui paralysa tout le monde, Zakls secoua les gens en balançant ses ordres ici et là, réclamant à ce qu'on aide le chef à se remettre debout, vu que même quelqu'un comme lui ne devait pas apprécier de se ramasser dans les escaliers, et demanda aux autres de retourner à leurs tâches quotidiennes. Il n'y eut pas de protestation et ses injonctions furent exécutées, seul Keyucht ne fit rien, encore sous le choc : Ça faisait si longtemps qu'il connaissait Stanpar, et il l'avait déjà vu accomplir des véritables miracles de force pure, alors le voir dans une situation de défaite fut aussi réel qu'un coup de poing pour lui, c'est l'épéiste maigrelet qui le tira de son immobilité en lui mettant une tape sur l'épaule avant de reprendre son travail habituel.

Lyn pour sa part grimpa les marches bien trop immenses pour elle aussi vite qu'elle put, voulant annoncer au plus vite au Rôdeur que le géant n'était plus en mesure de combattre pour le moment et que quelque part il avait gagné...et puis elle voulait tous les détails, que son beau héros lui dise comment s'était déroulé leur duel privé, comment il était parvenu à l'abattre, elle voulait tout savoir ! Mais sa joie retomba très vite lorsqu'elle le vit par terre, le visage en sang et pâlit immédiatement, commençant à trembler. Son père lui avait raconté qu'il n'était pas impossible de voir deux guerriers s'entretuer et c'était ce qu'elle craignait en ce moment. Emplie de craintes, elle s'approcha lentement, tomba à genoux près de son champion, les yeux larmoyants, et posa une de ses petites mains sur la solide épaule du guerrier inconscient et le secoua légèrement, pis de plus en plus fort, et plus l'absence de réaction de celui qu'elle aimait la plongeait dans le désespoir plus elle le secouait dans le vain espoir que ce ne soit pas vrai, qu'il ne soit pas mort, et s'arrêta lorsqu'elle entendit un grognement de douleur de la part de l'endormi de force.

Ses yeux se fermèrent tout seuls tandis que ses larmes de mettaient à rouler sur ses joues, mais ce n'était pas de tristesse mais bien de joie, la joie qu'il ait survécu à son affrontement si risqué, qu'il soit toujours là, toujours vivant... La jeune femme poussa un profond soupir de soulagement et s'écroula à son tour sous cette déferlante d'émotion. Les soldats envoyés chercher le manieur de Lames trouvèrent les gens comme endormis l'un à coté de l'autre, et quelque part trouvèrent cela...mignon. finalement ils avaient bien fait de venir à trois, deux embarquèrent le guerrier et le dernier porta la belle dormant comme une masse et les emmenèrent comme ils pouvaient jusqu'à leur chambre, ils détestaient toujours autant l'épéiste aux cheveux rouges mais il venait d'un seul coup de gagner leur respect définitif : Il avait battu trois de leurs chefs en combat honorable et était parvenu à tenir tête à Stanpar, leur chef absolu, et même à le blesser, qu'il soit un enfoiré ou pas il restait incroyable et ça méritait au moins qu'ils le considèrent un peu différemment...



Chapitre XVI : Tout n'est pas encore fini :


Trois jours furent nécessaires au Rôdeur pour qu'il puisse à nouveau sortir de ce lit qui fut pour lui une geôle : Il connut un solide sommeil qu'on pourrait qualifier de coma le premier jour, mais à la seconde aube il jugea qu'il pouvait marcher, n'aimant désespérément pas être cloitré ainsi sur ses draps comme un mourant dans ses dernières heures, mais alors qu'il essayait de faire mouvoir son corps douloureux après l'intensité de l'affrontement et son récent réveil, le guerrier s'avisa bien de poursuivre ses efforts quand Lyn lui exposa un argument frappant : Une solide poêle, la même que celle avec laquelle elle l'avait frappé quelques jours plutôt avant son combat contre Keyucht, sous cette menace des plus percutantes Kerorian préféra rester bien sagement allongé.

Son bourreau féminin n'accepta, à réticence, qu'il ne s'échappe enfin de sa chambre que s'il se ménageait et qu'il restait avec elle. Le choix étant simple, l'épéiste est maintenant en train de marcher comme il peut dans le camp de son adversaire géant avec accroché au bras une jeune fille qui semble plus prendre plaisir à se coller au combattant qu'à le soutenir. Pourtant son sourire s'effaça rapidement quand elle aperçu leur fameux ennemi au-delà, et qu'il commençait à venir vers eux... N'en avait-il pas suffisamment déjà fait ? Il l'avait enlevé, avait ensuite assommé son amoureux qui s'était battu au risque de sa vie pour elle, puis lui avait demandé de combattre trois espèces de malades mentaux avec lui comme cerise obèse sur un gâteau empoisonné et pour couronner la tarte, il s'était personnellement chargé de lui faire une commotion cérébrale ! Si le soigneur du camp n'était pas si performant, son cher Rôdeur serait toujours sur le carreau. Alors qu'est ce que cette montagne de muscles pouvait bien encore vouloir ?


"Kerorian."

Pour sa part le guerrier ne se frustra pas le moins du monde, le pire était passé : Il avait combattu le Général et avait en quelque sorte obtenu un match nul, aussi ne redoutait-il plus d'avoir à affronter le colosse puisque c'était déjà fait ! Et il savait que celui-ci tiendrait parole et les laisserait partir, il est flippant du haut de son immense taille et des crimes qu'il a déjà commis, bien que le seul qu'il ait vu était le massacre des archers quelques mois plus tôt, mais il est honnête au moins. Aussi attendit-il avec un étrange calme que son adversaire lui dise ce qu'il attendait de lui.

"À la prochaine."

Voila ce que ce mystérieux géant se contenta de lui dire, avec aux lèvres un léger sourire, en tendant la main vers son écarlate opposant, lequel regarda d'un air hébété la grosse pogne sans comprendre tout de suite : Son maître ne demandait jamais à lui serrer la main, et désormais il vivait l'essentiel de sa vie en vagabond solitaire et cette coutume lui était étrangère. Lorsqu'il comprit enfin ce qu'attendait le titan devant lui, il saisit cette impressionnante paume dans laquelle la sienne semblait absolument minuscule en relevant la tête pour rendre son rictus presque amical à celui qu'il avait combattu quelques jours plus tôt.
Il ne parvenait pas à se faire à cette différence de taille, il lui était déjà arrivé de devoir lever le menton pour voir la tête de quelqu'un, mais jamais il ne parut ainsi si petit à coté de quelqu'un, intérieurement le Rôdeur était reconnaissait à cet homme démesuré : Il le remettait à sa place et lui apprenait l'humilité et la modestie, la vraie, Stanpar lui rappela que quelque soit la force qu'on possède elle n'est finalement pas grand chose, que possédait une grande taille et une robuste épée n'étaient finalement que vanité et que la technique et la sagesse primaient bien plus que la force pure.

Kerorian avait lui-même du mal à l'avouer mais...les combats qu'il dut mener récemment lui furent très profitables, à force de pouvoir écraser ses adversaires il en avait lentement oublié que l'adresse était primordiale et que propre puissance n'était qu'un outil comme un autre, et que les outils peuvent être obsolètes et c'est pourquoi il est nécessaire de savoir s'en servir autrement que de la façon initialement prévue : Un combat n'est pas juste une épreuve de force où les lames s'entrechoquent et que c'est la plus grosse qui gagne, c'est une épreuve où la finesse des gestes peut très largement supplanter l'effort musculaire.
Zakls lui a rappelé de ne jamais sous-estimer quelqu'un même s'il est clairement fragile et de rester très attentif, surtout pour quelqu'un d'un peu lent comme lui...à cette pensée il eut l'impression que ses joues lui faisaient à nouveau mal, sans doute une impression, Chjal lui montra pour sa part le mauvais exemple : Foncer tête baissée de toutes ses forces en pensant écraser l'autre, ce qu'il faisait constamment et qu'il n'avait pas remarqué, quand à Keyucht, ce fut lui qui lui appris que même un vieil homme maigrichon et à moitié décrépit peut être mortellement dangereux, et surtout que dans un combat il n'y a pas de règle...heureusement qu'il portait une protection à se moment-là sinon il serait probablement encore en train d'essayer de se relever, même avec la coquille il avait sentit le coup au fond de lui.

Et Stanpar fut l'apothéose de son apprentissage : Lui qui avait fini par ne croire qu'en sa force dut affronter un véritable cauchemar, lui qui pensait posséder assez de puissance pour pouvoir battre un grand nombre de monde aurait pu être brisé en un instant, il savait que le géant ne s'était pas donné complétement à fond dans leur combat, il frappait d'une seule main la plupart du temps... Il avait du se forcer à oublier tout ce en quoi il croyait pour changer entièrement sa façon de combattre, le Rôdeur avait fini par penser inconsciemment que sa solide bâtarde pouvait abattre n'importe qui et que la seule force de ses bras suffisait à la rendre efficace, mais la sur-épaisse armure du colosse lui enfonça profondément dans la tête qu'il ne faut pas se contenter de ce qu'on a et toujours viser plus haut...martialement parlant du moins.

Lâchant enfin cette énorme main, dont il faisait sans doute pour une des premières fois un contact sans lien avec le combat, le Rôdeur réalisa qu'en fin de compte il a du bien et du mal dans tout : Toute cette affaire lui avait remis les idées en place, mais au prix de plusieurs vies, de pas mal de problèmes et de l'enlèvement de Lyn qui pour sa part ne comprenait pas comment son "cher guerrier" pouvait ainsi respecter son maudit ennemi et ne même pas sembler lui en vouloir pour tout ce qui s'est passé alors qu'il a failli mourir...trois, quatre, cinq fois en même pas dix jours ! Un ratio plus grand que ça, c'est être suicidaire !

Mais dans cet marée de sentiments divers, entre le respect que se vouait les deux combattants : Un pour lui avoir rappelé qu'on n'est pas grand chose et l'autre pour avoir réussi à lui tenir tête, et la rage muette d'une fille jalouse que son bel épéiste préfère se mettre sur la tronche avec un géant plutôt que venir sous la couette avec elle, une voix dispersée naquit dans l'esprit de l'homme aux yeux rouges, une voix sombre que lui seul entendait.
Une voix qui pour une fois n'était pas celle d'un monstre :


*Kerorian ! À gauche !*

Le Beorc ne comprit pas immédiatement l'intérêt de cet ordre : Il marchait en compagnie de sa débiteuse le long de la "frontière" du camp avant que Stanpar ne le rejoigne et à cette fameuse gauche il n'y avait que la barrière dressée par les soldats du Général pour défendre son camp. Pourtant il le comprit immédiatement lorsqu'il tourna la tête, sourcils froncés en se demandant ce que pouvait bien cacher cet avertissement soudain.
Une jeune femme se tenait au haut de la barricade, accrochée d'un bras enroulée au sommet d'un des poteaux la composant et brandissant son autre main en tenant quelque chose. Au reflet du soleil sur l'objet en question, le manieur de lame identifia immédiatement un couteau : Un assassin le visait, et à cet distance il pouvait très bien réussir son coup !

La tueuse surprise lança sa fine arme qui fila comme un éclair d'acier droit vers la tête de l'homme aux yeux rouges qui eut à peine le temps de reculer en vitesse celle-ci, un peu trop lentement tout de même et le mince tranchant lui laissa une longue entaille sur la joue, heureusement sans gravité bien que ce soit très désagréable. On entendit juste un juron de la part de la lanceuse qui relâcha sa prise pour prendre la poudre d'escampette, malheureusement pas assez vite elle non plus : Si Kerorian était en train de rétablir sa position, trop habitué à des postures adaptées à encaisser ou donner de violents coups pour se permettre d'esquiver soudainement une attaque surprise, Stanpar en revanche fit preuve de réflexes stupéfiants au vu de sa taille et quand il vit le dague passer ne perdit pas un seul instant et bondit littéralement jusqu'à la barrière, celle-ci le dépassait et devait bien atteindre les dix pieds de haut, une formalité pour lui, et à l'instar de l'assassine s'y accrocha d'un de ses énormes bras en balançant l'autre par-dessus le rempart dans la ferme intention d'attraper la sournoise et de lui arracher les vers du nez sous menace d'en faire de même avec sa tête.
Un "plaf" accompagné d'un cri aussi étouffé que surpris lui annonça qu'il avait fait mouche et il resserra son immense poing sur sa prise, ramenant brutalement de son coté en se laissant retomber au sol la pernicieuse qu'il lâcha aussi cruellement à terre. Elle s'aplatit dans la poussière en laissant échapper un gémissement douloureux, visiblement il avait fait trop brutal pour la fine carrure de l'attaquante.

Bouches bées, le couple à sentiments à sens unique était encore à se remettre de la surprise : Stanpar, un type plus baraqué qu'un chêne bicentenaire venait de bouger comme un coup de vent et d'attraper une assassine. Depuis quand une montagne peut-elle se déplacer à la vitesse de l'éclair ? Lyn retirait ce qu'elle venait de penser et se disait maintenant qu'il méritait en effet du respect alors que Kerorian réalisait qu'il s'était trompé : Il croyait que l'armure du géant le blindait contre toute attaque physique, mais en vérité elle les protèges eux... S'il ne l'avait pas porté durant leur duel, le colosse aurait été considérablement plus rapide que lui et aurait pu l'écraser d'une seule main sans aucune difficulté. Puis ses yeux écarlates, baissées sur celle qui venait d'attenter à sa vie, le firent sortir de sa stupéfaction lorsqu'ils reconnurent la fille :


"La Voleuse !"

Les deux autres se tournèrent vers lui d'un air surpris, Lyn qui fort heureusement allait de choc en choc et ne put partir dans un délire paranoïaque en s'imaginant déjà son non-chevalier servant la tromper avec une quelconque tire-bourses, mais pour Stanpar c'était étonnant, aussi lâcha t-il simplement à la détrousseuse :

"Bouges, et je t'écrase comme un insecte. D'où connais-tu cette femme gamin ?"

Relevant la tête pour regarder maintenant son interlocuteur, re-levant à nouveau le menton pour pouvoir voir sa tête et non pas juste un pectoral ou une épaule, le guerrier s'apprêtait à lui dire toute l'histoire : Le recrutement désespéré d'Alfred pour faire sauver sa fille, les trois autres mercenaires engagés, leur séparation au moment de l'attaque menée contre le camp, le fait qu'il les a complétement oubliés... Mais un doute traversa son esprit : Si elle elle était là, où sont les autres ?

"Voleuse ! Est ce que les autres sont..."

Sa phrase fut interrompu par un cri furieux, lui-même coupé par une exclamation de maladresse suivie d'un enchaînement de juron, puis à nouveau d'un hurlement guerrier alors qu'un type ayant tout d'un bûcheron apparaissait au sommet de la barrière et se laisser passer de l'autre coté, tombant lourdement sur le sol en continuant de jurer comme le dernier des roturiers avant de se relever, levant un peu le menton en prenant une pose hautaine et dédaigneuse avant de s'en prendre verbalement au Kansheraika qui voyait apparaître les uns après les autres ses inutiles compagnons.

"Te voila enfin Poil de carotte ! Sale traître ! Je vais te défoncer la gueule et j'balancerais ce qui resteras de ta carcasse massacrée de faux-jeton aux chiens !"

Le Rôdeur cligna simplement des yeux, se demandant qu'est ce qui se passait pour justifier leur apparition soudaine et ce qu'il avait pour mériter d'être appelé traître. Ah mais oui ! C'était car il se tenait tout simplement à coté du type qu'il était censé tuer ! C'était évident... Un nouveau battement de paupière le ramena à la réalité assez tôt pour voir Brycs, surnommé avec simplicité "Le Bûcheron", armer un bon coup...avant de se jeter à terre dans son habituelle adresse d'octogénaire borgne unijambiste pour éviter un rapide direct du Général dont l'énorme poing frappa avec un fracas de tonnerre le bois de la clôture du camp, laissant une effrayante marque de sa puissance dans le tronc, avant d'avancer un peu pour pouvoir lever le pied et écraser de son infernale force le manieur de hache qui n'eut que le temps de ressauter encore une fois pour éviter de justesse l'énorme chausse du colosse avant de se relever et de blêmir en constatant les conséquences des frappes démentielles du Général.

"Tu...tu t'es battu contre ça..?"

Le hacheur était paralysé autant de la terreur que lui inspirait l'effroyable force du géant, que de sa simple stature : Ce n'est pas tout les jours qu'on rencontre quelqu'un de huit pieds de haut, ce n'est pas non plus souvent qu'on voit un être faisait deux ou trois la largeur d'épaule un mec baraqué. Et ses vêtements étaient clairement trop petits pour lui, ou plutôt pour ses muscles, en fait d'un seul coup il n'en veut plus au rouquin d'avoir changé de camp face à un truc pareil.
Mais il était temps d'éliminer les gêneurs, un seul prisonnier était amplement suffisant. Pas d'autre témoins ! Armant un nouveau coup de poing destiné à exploser jusqu'au squelette le joueur de bipenne quand le Rôdeur l'interpella, pas assez fou pour se mettre sur la trajectoire de ce coup.


"Arrêtes ! C'est pas le moment !"

Une seconde de silence s'écoula, puis un "sale traître !" vint de derrière le manieur de lames qui se retourna à temps pour pouvoir voir un poing lui arriver en pleine figure, accompagné d'un joyeux flot de noms diversement insultants, mais dès que le choc fut passer, Kerorian ne se priva pas de le faire taire d'un bon crochet à la mâchoire qu'il agrémenta par réflexe d'un bel uppercut, l'habitude de faire suivre deux coups visant à secouer le cerveau. Une bonne idée probablement vu que le bûcheron put juste faire un signe d'attendre avant de s'effondrer sur le derrière, ses deux neurones secoués comme roseau dans une furieuse tempête.
Secouant un peu la tête pour se remettre les idées en place, le rouge se dit qu'il devait aussi y avoir le reste de la troupe, mais pour sa part il ne se sentait pas de jouer à l'écureuil...


"Stanpar, ne les achèves pas je vais t'expliquer, mais est-ce que tu peux regarder au-dessus de la barrière voir s'il n'y a pas un petit bonhomme trapu habillé bizarrement ?"

Faisant confiance au petiot, l'immense combattant à la force hallucinante s'approcha à nouveau du rempart et en attrapa le sommet avant de se hisser, un léger "plaf" se fit entendre alors que l'incroyable masse du colosse s'élevait petit à petit à la seule robustesse de ses bras et semblait tenir simplement dans cette position pourtant physique et regarda de l'autre coté.

"Ouais, y'a une espèce de p'tit vieux, j'en fais quoi ? J'te le ramène ? 'F'ra pourtant pas une bonne friture..."

Bon, donc il ne manquait plus qu'Alfred qui s'est probablement planqué plus loin, vu que ses compétences militaires se limitent à menacer un épi de blé à l'aide d'une faucille rouillée, il préfère s'abstenir de s'approcher des combats. Une voix outrée protesta énergiquement alors que le géant appuyait son massif torse sur le rebord pour se pencher et pêcher le dernier larron.

"Le petit vieux te dit zut espèce d'écervelé musculeux de jeunot malpoli !"

Une fois redescendu de sa barrière, Stanpar laissa tomber son bagage comme une vieille peau de banane, à la seule différence qu'une pelure ne proteste pas en disant que c'est trop dur pour ses vieux os. Le géant cependant semblait vexé :

"Si tu donnes priorité aux aînés, tu ferais bien de la fermer moucheron..."

Hum ? Qu'est ce qu'il veut dire par là ? Se demandant ce que cachait cette révélation pour le moins étrange, le Rôdeur tourna un peu la tête et contempla un instant cet immense vide qui lui semblait tout à coup anormal. Pourquoi anormal ? Pourquoi c'était étrange qu'il n'y avait rien ici ? Il n'y avait pas quelqu'un avant ? Au fait en parlant de ça, où est Lyn ? Ses yeux écarlates se baissèrent un peu et virent une jeune fille étalée par terre. Ah, bah elle était là en fait. Aah, c'était elle le plaf, okay, elle n'a probablement pas supporté de voir un type faisant six ou sept fois son poids décoller comme ça du sol. Aussi exaspéré qu'amusé de la simplicité de la fragile femme, il soupira lourdement.

"Je sens que ça va être compliqué..."




"Il y a...des ombres...dans ma tête..."
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La gentillesse est une source de problèmes.

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