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 Les rues sont pleines de surprises [Stefan / Hélène] [Nc -18, ohohoh]

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Hélène
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MessageSujet: Les rues sont pleines de surprises [Stefan / Hélène] [Nc -18, ohohoh]   Dim 13 Mar - 19:13

    Il faisait un soleil radieux ce matin-là sur Mélior, et Hélène ouvrit ses grands yeux noisettes peu après l'aube, alors que les premières lueurs du jour caressaient son visage. Sa chambre était placée plein Est, ainsi elle se levait toujours tôt et en douceur, réveillée par la douce lumière rosée du matin et les chants des nombreux oiseaux qui peuplaient le jardin de la famille Vincade. Ce jour-ci, Hélène avait un jour de congé, et elle était bien décidée à l'utiliser avec une activité très importante pour son intégrité féminine : une matinée shopping, puis un après-midi à faire une longue promenade dans la région sur son pégase. Oui, la journée s'annonçait vraiment très bien.

    Mais pour la jeune femme, chaque jour, quoique difficile, se devait être plus radieux encore que le précédent. Aussi un immense sourire fleurit-il sur ses lèvres carmin, et elle se leva. Elle accomplit quelques étirements fort agréables, quelques courbatures de ses acrobaties de la veille se faisant douloureusement ressentir. Elle avait dû pourchasser un ou deux Laguzs corbeaux, et ceux-ci pirouettaient dans les airs comme des mouches. Elle en avait beaucoup demandé à Liam, son pégase, et elle-même avait été forcée d'user de toute sa dextérité à la lance afin de ne pas la faire tomber en plein air. Aussi, son corps tout entier la lançait, et elle avait même une ou deux ecchymoses à l'intérieur des cuisses, à force d'avoir serré de toutes ses forces la selle afin de ne pas tomber lors de virages serrés ou de vrille impromptue. Voyant les deux tâches verdâtre virant au jaune sur sa peau blanche, la jeune femme éclata d'un grand rire qui faillit bien réveiller toute la maisonnée. Mais finalement, chacun resta au lit, étant habitué à ces crises de gaité qu'Hélène avait de bon matin.
    Elle sortit de sa chambre et alla faire sa toilette dans la salle de bain. Elle ne manda pas les domestiques afin qu'ils chauffent son eau (bien que la plupart d'entre eux devait être levée à cette heure), et elle commença à se déshabiller en attendant que son bain soit chaud. Elle observa des griffures dues à des coups de becs et de serres, et les désinfecta soigneusement. Elle n'en avait pas eu le courage la veille, s'était couchée presque immédiatement après être rentrée. Le sergent avait été gentil de leur donner un congé pour leur dure journée.

    Elle entendit l'eau frémir. Elle la sortit du feu, et la versa dans la baignoire. Elle y ajouta de l'eau froide en quantité suffisante, puis elle se glissa dans le bain avec délectation. Elle en aurait presque ronronné de plaisir. Elle fut prise d'une envie de chantonner, mais se rappela sagement que son frère Léandre lui avait demandé le plus gentiment possible de ne pas le faire, car elle avait une justesse terrible. Elle fit une petite moue amusée face à son incompétence, et décida de passer les vingt minutes suivantes à observer le bout de ses doigts se plisser. C'était vraiment une activité pa-ssio-nante. Puis, elle se décida enfin à sortir. Elle mit un pied par terre, l'autre, et gloussa. Elle avait oublié de prendre une serviette de bain, et avait laissé ses vêtements dans sa chambre. Elle se gratta la tête, se mordilla les lèvres, haussa les épaules, puis alla ouvrir la porte. Elle passa sa tête seulement dans l'encadrement, et s'adressa au couloir vide.


    "Heuuuu, dîtes ! J'ai oublié ma serviette, quelqu'un pourrait m'en apporter une ? S'il vous plaîîît."

    Un sourire illumina son visage alors que trois serviteurs se précipitaient, chacun une serviette dans la main. Elle prit la bleue (il y en avait aussi une blanche et une pêche), et remercia gentiment les trois hommes, qui repartirent le rouge au joue, certains d'avoir aperçu une épaule, une gorge nues.
    Elle se frictionna, s'enroula dans sa serviette, et retourna dans sa chambre le plus rapidement possible, entendant quelques rires amusés des domestiques devant lesquels elle passa. Arrivée à destination, elle enfila une robe légère en mousseline bleu ciel. Elle attacha ses cheveux bruns en une longue et épaisse natte, qu'elle noua à l'aide d'un ruban blanc. Enfin, elle se chaussa de deux bottes arrivant en dessous de ses genoux, en cuir très souple et pâle, orné de jolies arabesques qui évoquaient des nuages.
    Puis, elle descendit en cuisine, prit avec elle un morceau de pain qu'elle tartina généreusement de confiture de cerises, et s'en alla bien vite. Dans la rue, elle mordit joyeusement dans sa tartine, saluant les commerçants. Et puis soudain, elle s'arrêta , la bouche ouverte au-dessus de sa tartine, se disant qu'elle avait omis quelque chose. Ah, mais bien sûr. Son sac à main. Qu'elle était stupide. Elle retourna chez elle en courant un peu. Léandre était dans l'entrée, en train de s'habiller pour se rendre à une réunion quelconque.


    "Et bien Hélène, que fais-tu là ? Tu ne voulais pas faire des courses ce matin ?
    - Oui, mais j'aurai du mal sans argent, n'est-ce pas ?
    - ... Certes. Allez, passe une bonne journée !"

    Elle se retourna dans sa course, lui envoyant des baisers de sa main libre (vu que l'autre tenait toujours sa tartine à moitié dévorée). Elle entra dans sa chambre comme une tornade, faisant sursauter la femme de chambre qui y faisait le ménage. Elle lui adressa un sourire radieux, s'empara de son sac, vérifia qu'il contenait assez d'argent, puis elle s'envola à nouveau. Léandre, qui s'apprêtait à passer la porte, sentit un baiser se coller sur sa joue, puis vit sa soeur courir dans le jardin et passer la grille, se dirigeant vers le centre-ville. Il fut prit d'un sourire. Un vrai pégase, celle-là. Toujours en train de courir, la tête dans les nuages.
    Hélène termina donc sa tartine joyeusement, et avisa la première boutique dans laquelle elle voulait se rendre : l'armurerie. Elle devait s'acheter un nouvel aiguisoir, car le maître d'armes des Vincade ne voulait plus lui en prêter : elle les perdait bien trop souvent. Elle fit un virage serré, mais calcula mal son coup et rentra dans quelqu'un. Elle rebondit presque, et se retrouva les fesses par terre. L'homme n'était pas tombé. Elle se fendit d'un sourire (encore parsemé de confiture) :


    "Ah messire ! Je ne vous avais pas vu. Je vous prie d'excuser ma maladresse !"


Dernière édition par Hélène le Sam 3 Sep - 22:31, édité 1 fois
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Stefan
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MessageSujet: Re: Les rues sont pleines de surprises [Stefan / Hélène] [Nc -18, ohohoh]   Lun 21 Mar - 1:40

- Mais puisque je vous dis que je n’ai besoin de rien d’autre!
- Allons messire ! Vous ne me ferez pas croire qu’un guerrier de votre calibre n’a pas besoin d’une lame supplémentaire au cours de ses voyages !
- Non je n’ai pas besoin d’une lame juste...
- Que diriez-vous d’une hache alors ? Je suis sur qu’un style un peu plus agressif vous conviendrait à merveille ! Ou même une lance qui...
- Assez vous dis-je ! Vos produits sont peut-être de qualité mais je n’ai nul besoin de tout cela ! Vendez moi ce couteau immédiatement ou perdez tout espoir de voir la moindre piécette orner votre comptoir !

Epuisé, l’épéiste finit par quitter la boutique, poursuivi jusque dans la rue par le sourire mielleux de l’armurier. Il avait fallu qu’il choisisse une échoppe suffisamment célèbre pour que l’homme se souvienne qu’un guerrier aux cheveux verts et étrangement habillé avait longuement aidé les Mercenaires de Greil... La poisse. Bon, au moins avait-il récupéré un nouveau couteau, l’ancien ayant décidé de rompre définitivement le contact entre sa lame et son manche. Rangeant le nouvel achat, dans son sac, l’épéiste sentit le minuscule oiseau sur son crâne pousser un piaillement désapprobateur avant d’ébouriffer son plumage en ronchonnant.
- Ah ne t’y mets pas toi non plus !

Pyu avait apparemment du mal avec l’atmosphère encombrée des grandes villes et le babillage incessant du marchand n’avait sans doute pas été en défaveur de cet avis. Non pas que le nomade apprécie particulièrement les lieux également. Les rues étroites garnies de boutique de Melior contrastaient avec la grandeur des espaces qu’il avait l’habitude de parcourir et, à ses yeux, même la splendeur étincelante du château que l’on pouvait apercevoir au loin ne parvenait à rivaliser avec la magnificence des plaines désertiques de Begnion ou avec l’ondoyante beauté des sables chauds du désert. Il y avait foule ce jour là, comme presque tous les jours dans la capitale criméenne, et les rues dallées réverbéraient le bruit de fond incessant de la ville en mouvement.

Qu’était-il venu faire ici déjà ? Ah oui... La nostalgie... Foutaises. Mélior parvenait fort bien à se débrouiller sans qu’il ait besoin de venir vérifier par lui-même si les choses restaient entre les mains d’Elincia. Il avait songé un instant à rendre visite à la jeune femme mais doutait qu’elle ait réellement beaucoup de temps à lui accorder, surtout s’il se présentait simplement pour prendre le thé et papoter... Elincia était devenue reine tandis que lui était simplement retourné à sa vie d’antan.

L’épéiste se gratta machinalement la joue qu’une barbe mal rasée commençait à recouvrir. Ce soir il profiterait plus amplement du confort de sa chambre et en profiterait pour se raser. Sortant de sa rêverie, l’épéiste fit rapidement le compte de ce qu’il pouvait encore acheter et de ce qu’il devait absolument se procurer... Notamment quelques provisions et une nouvelle gourde, la sienne ayant lâchement décidée d’être percée et de remplir l’intérieur de son sac, trempant intégralement son contenu. Balançant le bagage sur son épaule, l’épéiste repartit du pas de celui qui, bien que loin d’être gai et enjoué, respirait la confiance et l’envie de ne plus penser à ses soucis pour se concentrer sur la belle journée qui éclairait la capitale. Marchant tranquillement, l’épéiste parvint à un tournant avant qu’une véritable furie ne lui rentre brusquement dedans.

Déboulant du tournant, frôlant le mur dans un virage des plus acrobatiquement serré, sa chevelure brune virevoltant au vent de sa course, la femme rebondit sans dommage contre l’épéiste avant d’atterrir un peu plus douloureusement sur le pavé poussiéreux.

Sous le choc, l’oisillon déséquilibré battit assez violemment des ailes avant de se stabiliser en pépiant de plus belle. D’une tape l’épéiste le fit taire avant de se pencher vers la demoiselle qui lui adressait un sourire rayonnamment confituré.

- Ah messire ! Je ne vous avais pas vu. Je vous prie d'excuser ma maladresse !

« Que nenni ! » eut-il répondu si l’envie lui prenait de parler tel le nobliau qu’il n’était pas. Cependant, ce trait d’esprit maladroit n’étant pas dans son caractère, l’épéiste se contenta de se fendre d’un simple sourire, aussitôt accompagné d’une protestation verbale de l’oiseau qui transcrit en langage Beorc ne devait pas être belle à entendre.
- Il n’y a pas de mal ne vous en faîtes pas. J’espère au contraire que vous ne vous êtes pas fait trop mal.

Son regard franc croisa sans ciller les iris noisette de la jeune femme. Elle était plus jeune que lui, aucun doute là-dessus, et était vêtue assez simplement. Une robe à l’étoffe bleue soulignait le ruban blanc qui nouait ses longs cheveux bruns, coiffés en une seule et unique natte. Une tenue somme toute typique d’une jeune citadine occupée à se balader en ville... Quoique celle-ci se démarquait par la superbe trace sucrée ornant le pourtour de sa bouche. Son éternel sourire aux lèvres, l’épéiste tendit une main calleuse mais galante à la jeune infortunée.
- J’espère que vous trouvez le pavé confortable. Pour ma part je préfère le bon cuir d’un fauteuil.



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Dernière édition par Stefan le Sam 13 Aoû - 12:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les rues sont pleines de surprises [Stefan / Hélène] [Nc -18, ohohoh]   Lun 21 Mar - 17:45

    Hélène, pour peu, aurait été presque étonnée de voir qu'on lui réponde avec autant de galanterie. La plupart du temps, les gens dans la rue ne prenaient même pas la peine de vérifier qu'ils n'avaient bousculé personne, et continuaient leur chemin tête baissée, dans leurs pensées. Et puis en plus, il s'enquérait de son bien-être ! Ce que c'était gentil. Elle eut un petit rire.

    "Non non, j'ai l'arrière train solide fort heureusement. Mais ma petite robe a moins aimé ce traitement, je pense", ajouta-t-elle en faisant une très légère moue.
    Elle détailla quelque peu le passant, qui ne se gêna apparemment pas pour en faire de même. Une tenue de voyage, un sac solide, des cheveux... verts ? Spécial comme couleur. Et puis, ces cheveux semblaient asséchés par le vent et les longues marches. De plus, il portait une épée dans un fourreau. Hélène, avec beaucoup de logique, conclut donc qu'il s'agissait certainement d'un épéiste, qui plus est nomade. Ou en tout cas voyageur. Aaaah, elle comprenait mieux pourquoi il lui avait gentiment répondu alors. Parce qu'il n'était pas un citadin !
    Elle aperçut par deux fois qu'il s'attardait sur ses lèvres. Interloquée, elle les lécha machinalement et découvrit le pourquoi du comment : quelques traces de la délicieuse confiture y étaient restées. Elle fut bien contente d'être rentrée dans quelqu'un d'aussi gentil, au moins cela ne pourrait qu'améliorer sa journée qui promettait déjà d'être fort agréable. Il était toujours bon de rencontrer des personnes aimables. Surtout si ces personnes souriaient avec autant de bon coeur ! Aussi, ce fut sans hésitation qu'elle se saisit de la main qu'il lui tendait d'une poigne ferme, et qu'il la souleva sans peine, comme un ressort, pour la remettre sur ses pieds.
    Elle épousseta soigneusement sa pauvre petite robe de mousseline, sur les jambes et un peu le derrière. Puis elle se frotta les mains l'une contre l'autre, ferma et ouvrit ses poings, puis regarda ceux du passant.


    "Ah ça, ce sont de sacrés cals ! Vous devez avoir usé maintes fois votre épée. Je n'en suis pas encore là, pour ma part."

    La tête en l'air qu'elle était omit bien évidemment de préciser qu'il était normal pour elle d'avoir des cals. Mais bon, avec les huiles végétales qu'elle utilisait, elle parvenait à garder une peau relativement douce par rapport à la dureté de sa poigne.
    Elle regarda à gauche, à droite, ne se retrouvant plus. Puis elle se souvint qu'elle allait à l'armurerie. Elle se tourna vers le jeune homme, et remarqua quelque chose qui bougeait dans ses cheveux. Elle s'approcha doucement, le nez en l'air, et vit que c'était un petit oiseau jaune qui piaillait méchamment à son encontre. Elle eut une moue amusée, leva un doigt, et posa son ongle sur le bec du petit volatile, qui piailla de plus belle. Elle le regarda droit dans les yeux, et puis, prononça :


    "Pouit."
    L'oiseau se tut sur le coup, trop interloqué par la bizarrerie de cet être humain. Hélène éclata d'un rire cristallin, et adressa un grand sourire au propriétaire du moineau.

    "Au fait, je ne me suis pas présentée ! Quelle effronterie de ma part. Je me nomme Hélène, Hélène Vincade ! Je vous remercie d'avoir fait preuve d'autant de gentillesse, ce n'est pas tous les jours qu'on rencontre des passants sympathiques comme vous."
    Elle pointa un doigt joyeux vers l'armurerie.
    "Si vous n'avez rien à faire, voudriez-vous m'accompagner à l'armurerie ? Je dois me racheter un aiguisoir, le maître d'arme en a assez que je les perde."

    Elle fit une pause devant le regard interloqué du voyageur, qui semblait avoir du mal à faire le lien entre 'robe de mousseline et jolie natte' et 'armurerie et aiguisoir'. Elle se frappa le front.
    "Ah ! Mais oui, je ne suis pas en uniforme ! Je suis chevalière pégase au service du royaume ! Donc j'ai besoin de pouvoir aiguiser ma lance, c'est logique maintenant, non ?"

    Et puis, ses yeux s'agrandirent alors qu'elle réalisait qu'elle ne l'avait toujours pas laissé se présenter. Une légère rougeur envahit ses joues, et elle s'inclina doucement devant le jeune homme afin de s'excuser.
    "Désolée messire ! Ma bonne humeur me rend souvent fort active, et je ne vous laisse presque pas parler depuis tout à l'heure ! Pour me faire pardonner, vous pouvez me raconter n'importe quoi, je ne dirai plus rien, promis !"
    Et à relever la tête pour le regarder d'un air implorant qui ferait fondre une statue.
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Stefan
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MessageSujet: Re: Les rues sont pleines de surprises [Stefan / Hélène] [Nc -18, ohohoh]   Sam 2 Avr - 18:54

D’un geste sec, il remit la demoiselle sur ses pieds alors qu’elle se pourléchait les babines et lui assurait qu’il ne lui était rien arrivé de grave. Toute enjouée qu’elle était, la demoiselle épousseta bien vite ses vêtements avant de contempler ses mains fines et graciles typiques des jeunes filles de bonne famille.
- Ah ça, ce sont de sacrés cals ! Vous devez avoir usé maintes fois votre épée.

Un sourire bienveillant gagna le visage de l’épéiste à cette remarque.
- Oui en effet je...
- Je n'en suis pas encore là, pour ma part.
- Euh...

Peut-être pas de si bonne famille que ça... La tenue de la jeune femme l’aurait-il induit en erreur sur sa véritable provenance sociale ? Le vêtement, bien que simple, semblait nettement plus convenir à une jeune bourgeoise qu’à une fille des rues... A moins que sa famille n’ait décidée de lui payer quelques leçons d’escrime ! Oui il avait entendu dire que ces pratiques étaient devenues chose courante en ces temps ou chacun devait au moins posséder quelques connaissances en matière d’auto-défense... Bien qu’il douta que de simples rapières puissent réellement apprendre l’art du combat ou même provoquer l'apparition de cals sur une quelconque paume de main, aussi douce ou fragile soit-elle...
- Pouit.

Le brouhaha constant de l’oisillon fut stoppé net par cet action fort peu habituelle perturbant par la même l'intense concentration de l'épéiste. Rares étaient les personnes à oser approcher trop près de Pyu au risque d’y perdre un doigt... En fait rares étaient les personnes à approcher un homme avec un volatile dans les cheveux. Toujours est-il que ce singulier animal semblait beaucoup amuser la demoiselle qui venait de le "pouiter" sans la moindre gêne.
- Je vois que vous avez fait la connaissance de Pyu.

D’un geste rendu expert par la pratique, l’épéiste plongea sa main dans la masse verdoyante de sa chevelure et en extirpa délicatement la petite boule de plume. Bien qu’en apparence simple, cette maîtrise de la capture de poussin sauvage lui avait demandé une pratique intensive d’un entrainement visant à augmenter la dextérité de chacun de ses doigts de façon à pouvoir les bouger tous presque indépendamment des autres et ce n’est qu’au prix de nombreuses égratignures fort douloureuses que le nomade avait réussi à saisir son compagnon d’une seule main et sans l’écraser pour la première fois il y a deux semaines de cela environ.

Actuellement, l’oiseau présentait une mine boudeuse à son interlocutrice, vexé de se faire capturer aussi facilement à chaque fois.

- Il est très râleur et je pense que vous l’avez vexé en l’interrompant mais ne vous en faites pas il ne mord pas... Pas trop fort en tout cas.

Son rire se joignit à celui de la jeune femme juste avant qu’elle n’entreprenne de se présenter. Elle s’appelait Hélène et appartenait à la famille Vincade. L’épéiste chercha un bref instant dans ses souvenirs mais ne trouva aucune concordance avec ses anciennes activités dans le pays. Probablement une petite famille de la bourgeoisie locale. La gaieté d’Hélène était toutefois contagieuse et, aussi surexcitée qu’elle puisse paraître, l’épéiste ne s’en sentit pourtant que revigoré. Une vraie bouffée de fraicheur dans cette atmosphère légèrement étouffante pour lui. Réalisant qu’elle s’était présenté mais pas lui, l’épéiste ouvrit la bouche pour immédiatement corriger cet oubli. Cependant, loin d’Hélène l’idée de lui permettre d’en placer une. Pointant son doigt frénétiquement vers le bâtiment dont il ressortait à peine, elle piailla gaiement qu’elle avait l’intention d’y entrainer son nouvel ami et plus vite que cela, arrachant un sourire crispé à l’épéiste dont la main toujours tendue tenait un Pyu impatient de retourner au calme des espaces verts.
- Euh... En réalité...
*Trouve un sujet de conversation !*
- Attendez... Vous maniez l’épée ?
*Excellent mon p’tit Stef excellent !*


Il était vrai qu’un aiguisoir pour la rapière qu’il imaginait cette jeune femme manier était peut-être légèrement abusé tant au niveau de l’utilisation qu’on fait d’un aiguisoir qu’au niveau de l’arme en elle-même... Sa question avait au moins eut pour effet de plaquer violemment la main d’Hélène sur son front pâle en une claque de rappel des plus efficaces.
- Ah ! Mais oui, je ne suis pas en uniforme ! Je suis chevalière pégase au service du royaume ! Donc j'ai besoin de pouvoir aiguiser ma lance, c'est logique maintenant, non ?
- Présenté comme ça, le tout me parait nettement plus convaincant en effet.

Il est vrai que sans son armure, ni son pégase, il n’aurait sans doute jamais assimilée Erin à une manieuse d’arme experte tout comme il imaginait très mal cette jeune citadine équipée de pied en cap pour partir en guerre. A bien y regarder, elle n’était pas spécialement fine non plus. Loin de la carrure de brindille qu’une femme de la bourgeoisie possède habituellement, Hélène présentait des muscles fins mais bien présents au niveau des bras, la robe camouflant habilement le reste sous son apparence délicate et élégante. Les rues étaient décidément pleines de surprise, combien de combattants en herbe pouvaient encore se trouver dans le périmètre que ses sens pouvaient percevoir ? Lui-même n’aurait jamais su le dire.
- Désolée messire ! Ma bonne humeur me rend souvent fort active, et je ne vous laisse presque pas parler depuis tout à l'heure ! Pour me faire pardonner, vous pouvez me raconter n'importe quoi, je ne dirai plus rien, promis !

Les yeux larmoyants, les joues empourprées et ce regard de chien battu, le tout associé à ces petites courbettes... Complètement pris au dépourvu, l’épéiste scruta la jeune femme avant de détourner son regard vers le poussin, puis vers la porte de l’armurerie, et d’enfin revenir vers Hélène... Non vraiment c’était insoutenable ! La situation était tellement ridicule que l’épéiste céda à la première pulsion qui agita son système nerveux paralysé : il explosa de rire. Un pur rire de bonne humeur qui acheva de dissiper le faible malaise que la précédente déclaration lui avait imposé. Il tombait toujours sur des gens bizarres mais celle-là, on ne lui avait encore jamais faite.
- Et si je commençais simplement par vous dire mon nom ?

Essuyant la larme de joie qui perlait à son œil, l’épéiste entreprit de remettre Pyu à sa place habituelle avant de décocher un sourire embellit par sa bonne humeur du moment.
- Je suis Stefan. De la famille... Euh... Eh bien disons du Désert ça sera déjà bien comme ça !

Son regard s’attarda sur la devanture de l’armurerie avant qu’il ne reprenne.
- Et pour tout vous dire, je serais nettement mieux installé avec une boisson à la main et un vrai fauteuil pour m’assoir afin de vous « raconter n’importe quoi » plutôt que debout devant l’établissement de ce marchand trop bavard.

Son discours se ponctua d’un regard noir à la devanture accompagné d’un ricanement sarcastique qui pouvait aussi bien signifier « croyez-moi je sais de quoi je parle » que « attention ce type ne vend que des articles tout pourris! » mais son regard revint rapidement sur la jeune femme accompagné de son éternel sourire.
- Qu’en dîtes-vous ?



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MessageSujet: Re: Les rues sont pleines de surprises [Stefan / Hélène] [Nc -18, ohohoh]   Jeu 14 Avr - 17:01

    L’experte en sourires ne pouvait, candidement, que s’attendre à ce que le charme fonctionne, une fois de plus. Oh, il fonctionna certes, mais elle fut étonnée du naturel avec lequel la conversation se poursuivit. Elle s’était plutôt attendue à un rabrouement, une conduite plus familière, un air interloqué qui durerait plus longtemps. Mais non, non. Le rire de l’homme éclata dans la rue, et quelques passants se retournèrent. Certains sourirent, d’autre s’en allèrent, crispés par ce rire soudain et cet homme qui ressemblait plus à un vagabond qu’à un citadin.
    Hélène, quant à elle, restait subjuguée par l’originalité du bonhomme. Elle songeait que c’était la première fois qu’elle parlait à un membre d’une des tribus nomades du désert. Elle était déjà passée au-dessus de leurs campements, à dos de pégase, mais n’y avait jamais fait halte. Aussi les cheveux si verts la subjuguaient-elle. Et puis, ce petit oiseau était vraiment trop mignon. Elle aimait bien les animaux. Elle aimait bien les voir grandir, observer leurs humeurs changeantes, deviner leurs goûts en nourriture. Elle avait fait ainsi avec son cher pégase, bien qu’elle l’ait obtenu alors qu’il avait juste atteint sa taille adulte.
    Elle se concentra quant au nom du bonhomme. Elle oubliait facilement ce genre de choses. Stefan. Mmh, oui, d’accord. Ce n’était pas un nom trop compliqué, alors ça allait. Elle nota que pour un nomade, il avait une façon de parler et de se tenir très courtoises ; elle se demanda bien combien de temps il avait pu voyager pour acquérir une telle retenue et une telle politesse.

    Et puis elle songea à quelque chose : elle n’avait aucune idée de l’âge de l’épéiste. Il avait dans la voix une maturité qu’on ne trouvait pas vraiment chez les moins de vingt cinq ans, songea-t-elle. Mais ses traits joyeux et son absence de ride vraiment marquée confondait la jeune femme. Il avait bien de très légères pattes d’oies, quelques plis au coin des lèvres à force de sourire, mais pas vraiment plus. Mmh, c’était un nouveau mystère à élucider ! Elle allait certainement tenter de lui arracher la confession de son âge, mais plus tard, n’est-ce pas. Il ne fallait pas brûler les étapes, tout de même. Ce n’était pas très poli.


     « Et bien, enchantée de vous rencontrer messire Stefan, et petit Pyu aussi ! », s’écria-t-elle après qu’il se fut présenté. L’oisillon toujours dans la main de l’épéiste piailla dans sa direction, déconfit, ne sachant vraiment comment réagir devant ce sourire ambulant. Et puis elle se souvint qu’elle avait promis de ne rien dire. Elle se cacha la bouche avec sa main, précipitamment, cachant un sourire malicieux qui s’y était plaqué.

    Puis, Stefan poursuivit, lui proposant d’aller boire un verre, insinuant la médiocrité du marchand d’armes. Hélène regarda d’un air innocent la boutique. Mais, mais pourtant, il était très gentil avec elle, ce forgeron ! Elle irait lui tirer les oreilles, à être incompétent avec d’autres clients. Enfin, lui tirer les oreilles, c’était bien une expression, parce qu’elle irait certainement l’abrutir de paroles joyeuses et l’accablant de tous ses défauts, avec sa franchise et sa candeur habituelles, jusqu’à ce que l’homme craque et lui promette de ne plus harceler ses clients. Oui, ça se passerait certainement ainsi. Elle se souvenait, vaguement, une fois, avoir fait monter les larmes aux yeux d’une tailleuse qui lui avait fait une robe sur mesure, mais qui n’était pas à sa mesure, et qui refusait de la reprendre. Finalement, la femme s’était réfugiée dans les bras d’Hélène, et la chevalière avait du la consoler comme une enfant, se demandant bien ce qui avait pu mettre la femme dans cet état, dans tout ce qu’elle avait dit. Elle reporta son attention sur l’homme, qui venait de lui demander son avis. Elle s’autorisa donc à répondre.


     « Oh, oui messire ! Il est toujours plus agréable de converser bien assis. Le petit bistrot là-bas est sympathique. Je vous montre ? »

    Elle se faufila dans la foule, se retournant de temps à autres afin de vérifier qu’il la suivait bien. Il semblait ne pas être trop perdu. Elle alla s’assoir à l’intérieur du bistrot, où il faisait un peu plus frais. Il y avait aussi moins de monde là que sur les tables du dehors. Un serveur à l’air affable s’avança, et prit leurs commandes. Hélène demanda le cocktail de la maison, qui était un jus des fruits de la saison légèrement alcoolisé, frais et agréable au palais, et qui ne mettait pas son buveur dans des états ineffables. Elle laissa Stefan choisir sa propre boisson, et se retourna vers lui alors que le serveur s’en allait chercher leurs commandes.
    Elle était subjuguée par Pyu. C’était assez drôle à dire, et cela semblait évident, mais Hélène avait un faible pour toutes les petites choses mignonnes, duveteuses, les bébés animaux, les vêtements très doux, la brise du matin qui balayait la plaine de Criméa. Alors, elle osa demander, timidement :


     « Heu, messire, je sais que ce n’est pas très convenant, mais… Puis-je tenter de me réconcilier avec Pyu ? »

    Puis, doucement, elle tendit la main vers l’oisillon. Celui-ci, attiré par la douce odeur de plantes aromatiques que la jeune femme utilisait pour ses mains, sautilla vers sa paume, mordilla un peu les ongles ronds et bien taillés, puis finalement sauta dans la main. Hélène, se concentrant pour toucher un minimum la chevelure de Stefan (il ne fallait pas paraître familière, que diantre), retira sa main et le précieux paquetage avec précautions. L’oisillon, apeuré d’être ainsi arraché de sa verte et moelleuse contrée, montra son mécontentement en picorant la paume de la jeune femme. Celle-ci serra les dents, alors que quelques gouttes de sang perlaient à l’intérieur de sa main. Puis, elle sourit, et de son autre main, caressa doucement la tête de Pyu. L’oisillon, sentant qu’elle ne lui voulait pas de mal, se laissa faire, et d’une langue minuscule, lécha un peu les petites plaies que son bec avait ouvertes. Puis il se roula sur lui-même, dans ses plumes douces, et ferma les yeux. La jeune femme sourit et remit le petit oiseau dans les cheveux de l’épéiste.

     « Voilà, je crois que nous sommes amis ! », dit-elle doucement. Puis elle reporta son attention sur l’homme à la verdoyante chevelure. « Et bien messire, quel numéro ce petit. Vous ne devez pas vous ennuyer, durant vos voyages. Mais, puis-je vous demander ce que vous faîtes dans notre verdoyante contrée ? Vous semblez être un combattant aguerri, mais vous avez une démarche comparable à celui qui sait s’y faire en société. C’est intriguant ! », conclut-elle avec un grand sourire, commençant à siroter le cocktail que le serveur venait de lui apporter.
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Stefan
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MessageSujet: Re: Les rues sont pleines de surprises [Stefan / Hélène] [Nc -18, ohohoh]   Lun 18 Avr - 0:39

Bouché bée, l'épéiste contemplait cette simple jeune femme qui avait accomplie un véritable tour de force. Il devait avoir l'air stupide, la bouche ainsi ouverte, le regard perdu au loin car il zappa complètement la question de la jeune femme et ce n'est que lorsque le serveur le regarda d'un air inquiet en déposant sa bière sur la table qu'il revint à lui. Hélène avait dompté Pyu plus rapidement que quiconque auparavant. La boule de plume râleuse et feignante au possible avait acceptée la caresse de la jeune femme avec une rapidité que même Stefan sous l'effet d'un Stellaire à sa puissance maximale n'aurait pu maîtriser. Revenant à la réalité, le Beorc chassa de son esprit la pointe de jalousie que son rapport privilégié avec le poussin lui inspirait avant de poliment demander à son interlocutrice de bien vouloir répéter sa question.

Sirotant sa boisson sans lâcher la jeune femme du regard, le Beorc prit son temps pour répondre et pesa rapidement le pour et le contre de la question. Il y avait deux possibilité de réponse.

Réponse numéro une:

- Ce qui m'amène ? Eh bien voyez-vous, ma chère Hélène, on ne m'appelle point Stefan le nomade pour rien. Car oui, je suis CE nomade, l'homme qui a participé au conflit d'Ashnard et à la guerre de la Déesse, ce même héros qui a mit fin au chaos rêgnant sur ces terres il y a déjà quelques belles années de cela mouhahahahaha.

Peut-être un brin trop prétentieux quand on y réfléchissait trente seconde. Le nomade déglutit et s'apprêta à reposer son verre.

Réponse numéro deux:

- Je ne suis rien ! Oubliez moi et ne m'harcelez pas s'il-vous-plaît je ne suis qu'un honnête voyageur ! Pitié!

Peut-être un brin ridicule également. Il ne voulait pas paraître trop vantard pour ses anciennes aventures mais ne souhaitait pas également avoir l'air de fuir. Si la jeune femme sentait qu'il lui cachait quelque chose il y avait de fortes chances pour qu'elle essaie de lui arracher ce secret à tout prix et qu'au final, l'épéiste reparte dans un débat long et ennuyeux semblable à celui avec l'armurier... la scène l'avait passablement traumatisé par ailleurs. Son verre toucha le bois de la table et l'épéiste prit une simple inspiration, croisant les mains en un geste habituel.
- Ce qui m'amène ? Rien de bien palpitant pour une jeune femme de votre genre j'en suis persuadé. Juste un petit passage afin de dire bonjour à une vieille amie mais elle est probablement trop occupée actuellement pour avoir le temps d'évoquer le passé.

Sur ces derniers mots, le nomade inclina la tête, ses yeux se plissant et accompagnant un sourire dévoilant ses dents blanches. S'adossant au fond de sa chaise, il passa rapidement sa main dans sa tignasse un brin hirsute, chatouillant le menton du poussin au passage qui lui répondit en mordillant l'intrus sans vergogne. Croisant les bras, il détailla rapidement le port simple mais distingué de la jeune femme.
- Quand à ma tenue je vous répliquerais qu'un guerrier peut aussi bien manier l'épée que les mots. Ne faîtes vous d'ailleurs point partie de ces combattants éduqués aux us de la haute société?

Une lueur espiègle brillait dans son regard tandis qu'il reprenait une gorgée de sa boisson.
- Vous vous trouvez sans doute bavarde mais vos parents vous ont pourtant fort bien éduqué. Cependant, ils ont oubliés de vous inculquer une certaine notion de prudence ; vous n'avez pas hésité une seule seconde à accepter mon invitation. J'aurais pu être un dangereux mercenaire.

Le ton n'était pas menaçant et invitait même à la plaisanterie tout comme le sourire de l'épéiste. Il avait déclamé tout cela le plus naturellement du monde et sur le ton de la conversation.
- En parlant de vos parents, je n'ai à ce jour jamais entendu le nom des Vincades, sûrement du fait de mes nombreux voyages hors de Criméa... s'empressa-t-il de rajouter afin d'éviter de vexer la jeune cavalière... Pourriez-vous éclairer ma lanterne quand aux activités de votre famille ? Peut-être aurais-je pu croiser l'un de vos parents sans même le savoir qui sait? acheva-t-il, son éternel sourire de circonstance aux lèvres.


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MessageSujet: Re: Les rues sont pleines de surprises [Stefan / Hélène] [Nc -18, ohohoh]   Jeu 21 Avr - 20:43

    Il avait l'air parfaitement estomaqué par le petit numéro avec l'oiseau. Hélène sourit gentiment lorsqu'il lui demanda de répéter sa question, trop étonné pour se concentrer sur son babillage. Elle reformula doucement, et le vit partir dans un grand mutisme concentré. Dans la tête de la jeune fille, bien des questions germèrent. Elle se demanda bien ce que pouvait donc penser cet homme étrange et souriant. Elle était assez impatiente de découvrir le pourquoi du comment, bien qu'elle se doutât qu'il resterait discret et posé quant à la réponse. Mais bon, c'est toujours bien de se créer un peu de suspens, ohohoh. Puis il lui fit une réponse somme toute, très simple. Il allait voir une vieille amie, et n'avait pas eu l'occasion de la rencontrer jusqu'alors. Hélène fut parfaitement satisfaite de la réponse qu'il lui fit. Habituée aux sommets mondains, il arrivait souvent qu'un haut placé ne puisse rencontrer telle ou telle personne à cause d'un emploi du temps relativement chargé. Néanmoins, ce devait être drôlement frustrant ! Elle ne put s'empêcher de soupirer :

    "J'espère vivement que vous pourrez voir votre amie avant de repartir..."

    Elle accompagna sa phrase d'une moue légère, et prit une gorgée de son cocktail, lentement, écoutant la suite du discours de Stefan. C'était comme un retour à l'envoyeur ; une lueur espiègle vrilla dans les yeux d'Hélène, enchantée de cette facilité qu'il avait à manier les mots et les modeler à sa convenance, tout en restant extrêmement correct, bien qu'ils soient tous deux attablés autour d'un verre. Plus d'un se serait relâché quelque peu, aurait eu un discours moins bien ficelé, ou plus futile. Mais non. Elle hocha la tête lorsqu'il évoqua l'éducation de certains combattants. Oui, il avait parfaitement raison sur ce point.
    Puis, il mentionna quelque chose quant à sa prudence et le fait de ne pas trop accorder sa confiance à des inconnus. On aurait dit son grand frère qui parlait ! C'était drôle, vraiment drôle ! Puis, il profita, pour permettre une conversation ne fâchant personne, de lui demander des informations sur sa famille. Elle répondit avec plaisir.


    "Oh, la famille Vincade est de la bourgeoisie, je dirais, heu, haute, mais nous ne sommes pas nobles. Mon grand-père était vendeur de textiles de luxe, et avait fait prospérer son entreprise, tandis que mon père fut un chevalier qui combattit bravement lors des guerres, vous savez... Il fit quelques actions pleines de bravoures, mais il resta toujours posté dans les environs du palais... Il ne voyagea pas à l'encontre des ennemis, mais resta protéger sa patrie avec beaucoup d'honneur. En récompense, il vit sa solde nettement augmenter, améliorant notre mode de vie qui était déjà relativement aisé grâce à l'entreprise... Aujourd'hui, c'est mon frère qui la gère, mais il voyage beaucoup, en fait. Quelqu'un est gérant de la boutique, et mon frère part chercher des clients. Et il aime beaucoup l'aventure, c'est une très fine lame. Léandre, c'est son prénom."

    Elle suspendit sa phrase, ne sachant que rajouter. Elle ne savait pas à quel point son frère pouvait être connu ou pas. Elle savait qu'il était bretteur, et qu'il avait offert sa lame de nombreuses fois à la reine, mais pas grand chose d'autre. Elle réalisa que depuis la mort de Leone, jumeau de Léandre, elle n'avait plus été aussi proche de son dernier frère vivant, qui avait dû prendre en charge le poids du double deuil, son père mort environ dans le même temps, et en plus devenir chef de la maisonnée. Elle se mordilla la lèvre en faisant tourner le fond de cocktail dans le verre. Le liquide s'irisa joliment.

    "Mais comme il manie lui aussi l'épée, peut-être a-t-il entendu parler de vous...", finit-elle par chuchoter. Elle le regarda dans les yeux, marqua une petite pause. Puis, consciente que les mots qu'avait lâché l'épéiste un peu plus tôt la turlupinaient, elle revint dessus." Je suis désolée d'avoir engagé une conversation, si vous ne vouliez pas. Il est vrai que j'ai tendance à accorder une confiance immédiate à des personnes qui me sourient avec tant de chaleur..."

    Elle but la dernière gorgée de la boisson faiblement alcoolisée, et regarda le fond de son verre, penaude."Je suppose que votre sourire ressemble un peu à celui de mon frère. J'aime beaucoup les gens qui sourient avec autant de... Gentillesse. Les hommes sont bien trop méchants, ces temps-ci. Enfin, depuis qu'on a de nouveau des problèmes. Je sais bien que je suis soldate, que c'est bizarre de dire ça, mais, le monde est bien mieux quand chacun est en paix avec soi-même, et est capable de sourire aussi spontanément."

    Naïvement, elle aurait bien aimé que les gens soient comme elle, sur ce point. Qu'ils ne se haïssent pas, qu'ils aiment apprendre à se connaître malgré leurs différences. Qu'ils sourissent. Mais c'était difficile, n'est-ce pas ? Un nouveau sourire, un peu plus timide, naquit sur ses lèvres. Qu'est-ce qu'elle devait l'embêter.
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MessageSujet: Re: Les rues sont pleines de surprises [Stefan / Hélène] [Nc -18, ohohoh]   Dim 1 Mai - 21:52

- Mais comme il manie lui aussi l'épée, peut-être as-t-il entendu parler de vous...

Le nomade délaissa une seconde le regard brillant de la jeune femme pour fouiller dans sa mémoire. Léandre Vincade... De base, le nom de la famille ne lui évoquait pas grand chose pour ne pas dire rien du tout. Cependant, la jeune bourgeoise avait parlé d'une fine lame... Après tout il s'agissait de son grand frère, il était normal qu'elle le qualifie ainsi mais jamais, au cours de ses voyages il n'avait croisé le fer ou discuter avec cet homme.
- Peut-être... Demandez-lui lorsque vous le reverrez mais pour ma part, et vous m'en voyez navré, votre frère m'es parfaitement inconnu. Non pas que ce soit un mauvais point remarquez... Cette lacune va peut-être même me permettre de trouver un sujet de conversation pour nous empêcher de nous ennuyer et en apprendre plus sur votre famille par la même.

Et il la gratifia d'un sourire charmeur avant de boire une longue gorgée de son verre. Le soleil rayonnait mais malgré la température ambiante, le bretteur conservait son long manteau aux propriétés isolantes, nettement plus rafraîchissant que n'importe quelle bière. D'après ce qu'il avait compris, il avait mine de rien bien des raisons de ne pas avoir croisé de représentants de la famille de la jeune femme. Il doutait en effet que le frère de la demoiselle ait osé pousser un jour ses voyages jusqu'aux confins des terres désertiques de Begnion ou même qu'il ait seulement autant voyagé que lui l'avait fait. Ce qui était logique. Le sieur Léandre avait un foyer à rejoindre et une famille à laquelle revenir tandis que peu de choses rattachait Stefan au désert... Mis à part une sombre histoire de vengeance.

Leur conversation se poursuivit ensuite sur les excuses de la jeune femme pour avoir abordé des sujets peut-être personnels. Il s'apprêtait à lui répondre lorsque d'un air morose elle contempla le fond de son verre avant de lui expliquer la raison vraisemblable de sa présence, ici, à cette terrasse avec un parfait inconnu. Observant son air penaud, l'épéiste prit le temps de terminer son verre avant d'afficher ce sourire qu'elle avait tant apprécié et de répondre:

- Reprenez-vous voyons, il n'y a pas de quoi prendre un air aussi triste.

Posant un coude sur la table de façon très détendu, il s'avança légèrement sur son siège pour se pencher vers l'avant.
- J'apprécie votre franc-parler. Pour tout vous dire, vous me surprenez agréablement tant vos idées concordent avec celles que j'essaie de véhiculer. J'ai beau n'être qu'un homme comme les autres, avec une tenue un peu particulière je suis moi-même obligé de le reconnaître soit mais, si mes voyages m'ont bien appris une chose c'est qu'un sourire peut être bien plus redoutable qu'une lame.

Ses yeux brillaient tandis qu'il parlait. Il donnait son opinion sur le sujet et cherchait à prévoir les réactions de la jeune femme, tentant de connaître plus précisément la cause de ses pensées moroses.
- De même qu'une simple phrase peut blesser cruellement, un sourire peut guérir ou masquer des blessures bien plus douloureuses qu'on ne le pense. Y compris en ces temps troublés... Et ne vous excusez pas d'aborder certains sujets. Pensez-vous que je vous aurais répondu de la sorte si votre question me gênait?

Laissant un léger temps, de silence, l'épéiste parcourut rapidement l'endroit du regard, jugeant qu'il pouvait parler sans que des oreilles plus sensibles ne les entendent.
- Si vous me le permettez, j'aimerais d'ailleurs vous posez une question un peu plus personnelles quand à vos dernières constatations.

Un sourire malicieux s'étira sur son visage tandis que la prunelle de ses yeux semblait s'iriser d'une légère touche argentée. Le Stellaire pétillait dans son regard sous l'effet de l'amusement qu'il ressentait mais il n'y fit pourtant pas appel.
- Que pensez-vous des Laguz chère Hélène?


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MessageSujet: Re: Les rues sont pleines de surprises [Stefan / Hélène] [Nc -18, ohohoh]   Sam 7 Mai - 20:37

    Ses paroles étaient sincères. C'était la sincérité qui manquait à Hélène dans ces temps troublés. Tout le monde pouvait sourire. Il le lui affirmait par ailleurs. Mais le sourire sincère se faisait bien trop rare en ces temps troublés. Elle baissa les yeux une ou deux fois pendant son discours. Il avait une façon de voir le sourire différente de la sienne. Il le voyait comme un outil ; enfin, c'est ainsi qu'elle le percevait. Mais peut-être qu'un outil bien utilisé peut faire de belles choses. L'artiste sculpteur ne pourrait rien sans marteau ni maillet. Et pourtant, lorsqu'il s'en sert, il peut faire des merveilles.
    Peut-être était-ce cela, le sourire, après tout ? Un ustensile, un moyen de combler les lacunes et de parvenir à ses fins. Peut-être aussi était-ce le moyen le plus doux de parvenir à ses fins. Elle se laissa bercer par les paroles de l'homme. Il semblait tellement heureux de pouvoir parler ainsi des bienfaits du sourire ! Et, peut-être, heureux de parler à quelqu'un d'aussi sincère que lui. Mais à quel point pouvait-on être sincère ? Bah ! Ce n'étaient que des spéculations. Il fallait vivre pour vivre, n'est-ce pas ? Allons Hélène, reprends-toi, montre à ce gentil Stefan que ses paroles ne sont pas vaines, et qu'elles te revigorent !
    Un sourire fleurit à nouveau sur ses lèvres alors que l'homme lui demandait joyeusement si elle pensait qu'il aurait répondu avec tant de franchise à une question le mettant mal à l'aise. Elle remua la tête énergiquement pour toute réponse. Non, non. Il ne l'aurait certainement pas fait. Ou alors, il aurait répondu à moitié, ou avec plus de retenue. C'était ça. C'était bien. Elle était parfaitement rassurée à présent. Il n'y avait aucune inquiétude à avoir.
    Le poids dans sa poitrine s'envola. Elle respira doucement, profondément, alors que Stefan se penchait encore un peu, jetant un coup d'oeil dans la salle pour vérifier l'absence d'oreilles indiscrètes.

    Alors qu'il allait poser sa question, elle crut apercevoir un reflet étrange dans les yeux de l'homme. Elle eut un hoquet de surprise, mais fut presque autant surprise par la question. Ne sachant vraiment sur quoi il valait mieux se focaliser d'abord, elle décida que répondre à son interlocuteur était bien plus poli (surtout à propos d'une question aussi sensible) que de lui poser des questions sur la couleur de ses yeux (il pouvait avoir des reflets s'il en avait envie, bon sang !)
    Hélène ouvrit la bouche pour répondre, puis finalement la referma, songeuse. Elle ne s'était jamais vraiment demandé ce qu'elle pensait des Laguz. Elle fixa un instant un point imaginaire derrière l'épaule de Stefan, puis se mit à répondre tout en réfléchissant.


    "Et bien... C'est difficile à dire. En tant que soldate, j'ai de nombreuses fois été confrontée à des Laguz. J'en ai tué de nombreux. Mais ils auraient fait de même envers moi, sans aucune hésitation. Mais, finalement, je ne connais pas les Laguz, vous voyez ce que je veux dire ? J'étais encore trop jeune avant que les hostilités ne recommencent, et je n'ai jamais eu le loisir de visiter leurs contrées. De plus, je suis vite rentrée dans l'armée, qui ne nous apprend pas spécialement à les porter dans notre coeur."

    Elle fit une pause en continuant de réfléchir. Non, ce n'était pas là où elle voulait en venir. Elle continua.

    "Je considère les Laguz, et bien... Comme un soldat considère un ennemi qu'il ne connaît pas vraiment. Je n'aime pas la propagande, donc je n'écoute pas les atrocités qu'on rapporte sur eux. Mais j'ai lu des livres qui relatent des choses incroyablement belles à propos de leur civilisation. Notre différence nous rend incompréhensifs les uns des autres, ce qui apporte la haine. Je pense, pour ma part, que je ne les hais pas. Mais je ne les aime pas non plus ; je ne les connais pas assez pour trancher. Vous voyez, je ne peux pas dire que j'aime cet homme assis là-bas parce que c'est un Beorc. Mais je ne le hais pas non plus parce qu'il en est à sa cinquième bière. Et bien, les Laguz, je les considère ainsi. Je pense.

    Lui vint à l'esprit une comparaison étrange. Elle la jugea assez intéressante pour en faire part à Stefan.

    "Que pensez-vous de ceci, Stefan. Considérons un raid de Laguz sur un village Beorc ; l'un d'entre eux tue un enfant. Puis considérons l'inverse : des Beorcs attaquent un village Laguz, et tuent leurs rejetons. De façon tout à fait neutre, ces deux crimes de guerre sont absolument immondes, sans nom. On ne peut s'en prendre à la future génération qui ne fait qu'être victime de la stupidité des anciens. Mais, d'un point de vue Beorc (ou Laguz, c'est selon), le crime le plus grave sera celui de tuer un enfant de leur espèce. Pourquoi ? Parce que nous sommes différents. Et c'est bien dommage."
    Elle eut une petite moue. Oui, c'était vraiment dommage. Elle leva les yeux timidement, peur de ne pas avoir dit les choses dans le bon sens.
    "Enfin, ce n'est que mon avis, et il est peut être tout à fait faussé par les années de service. Heu, mmh... Messire Stefan ? Heu, ça va ? Votre oeil, il est... Enfin, depuis tout à l'heure..."
    Elle était un peu inquiète. Quel était cette chose ? Puis, elle réalisa qu'il s'agissait peut-être de quelque chose qui ne la regardait pas. Elle rougit en marmonnant un petit pardon, détournant le regard, sans oser revoir la petite étincelle d'argent.
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MessageSujet: Re: Les rues sont pleines de surprises [Stefan / Hélène] [Nc -18, ohohoh]   Sam 21 Mai - 15:14

Tandis qu'elle parlait, l'épéiste approuvait petit à petit du chef. Elle avait choisi d'adopter une position neutre quand aux Laguz. Ces êtres mi-hommes mi-bêtes ne lui apportaient nullement la haine que le Beorc moyen ressentait à leur égard sans pour autant la gonfler d'un sentiment particulier envers eux. C'était un bon point de vue, le point de vue de quelqu'un qui ne souhaite pas s'engager dans quelque chose qu'il ne connaît pas.
-Je pense, pour ma part, que je ne les hais pas. Mais je ne les aime pas non plus ; je ne les connais pas assez pour trancher.

L'épéiste approuva de nouveau face à ce point de vue emplis d'une sagesse certaine. Cette fille accomplissait certes son devoir de soldate au service de Criméa mais elle conservait à côté son propre libre arbitre, se laissant la chance de déterminer par elle même ce qu'elle pensait des Laguz. Se souriant à lui même, le bretteur se félicita d’être tombé sur quelqu'un d'aussi compréhensif.
- Enfin ce n'est que mon avis, et il est peut-être tout à fait faussé par les années de service. Heu, mmh... Messire Stefan ? Heu, ça va ? Votre œil, il est... Enfin depuis tout à l'heure...

Surpris, l'épéiste leva un sourcil interrogateur avant de voir la jeune femme partir dans ses habituelles excuses et rougissements. Comprenant soudain, l'épéiste repéra rapidement la petite étincelle magique circulant en son être avant de partir d'un brusque éclat de rire qui fit se retourner les clients les plus proches. Maîtrisant son enthousiasme, et face à l'air confus de sa jeune amie, le bretteur appuya son front sur sa main le temps de se calmer avant de relever un regard enthousiaste vers l'autre bout de la table où l'attendait une Hélène visiblement perplexe.
- Ce n'est rien excusez-moi. Il en profita pour essuyer une larme de rire perlant au coin de son œil avant de reprendre. Mon œil va parfaitement bien ne vous en faîtes-pas. Je suis juste quelque peu... Magicien et cela se révèle plus ou moins en fonction de mon humeur.

Offrant un large sourire à sa nouvelle amie, le bretteur appliqua un exercice qu'il avait largement appris à maîtriser depuis et laissa sa magie l'envahir un court instant sans pour autant la laisser s'exprimer. Le Stellaire se gonfla une fraction de seconde, prêt à se libérer avant d'envahir le corps de l'épéiste, faisant étinceler ses yeux bleus d'un argent plus étincelant que le diamant, lui conférant un regard presque désincarné et transformant son regard azuré en deux splendides miroirs argentés. Cependant, ses nouvelles prunelles, bien que surprenantes, ne renvoyaient qu'un regard des plus chaleureux. Un regard qui transportait son habituelle jovialité couplée au sentiment de bien être qu'il ressentait désormais en si agréable compagnie. Plissant légèrement les yeux, il dévisagea Hélène en souriant de toutes ses dents.
- Par exemple, en ce moment même, je suis content d'avoir croisé quelqu'un d'aussi posé que vous. Mais appelez-moi simplement Stefan. Je ne suis pas assez noble pour mériter ce « messire » pompeux que vous m'attribuez.

Redressant la tête, il atténua l'éclat de son regard afin d'éviter de dépenser le faible potentiel magique qu'il cultivait.
- Votre point de vue sur les Laguz est exactement ce que j’espérerais au moins de la part de vos concitoyens. Mais certains sont plutôt... Réticents. Pour tout vous dire, ces créatures ne sont pas si différentes de vous et moi. Leurs traditions et leurs convenances ne sont pas les même mais c'est ce qui les rend si intéressants à côtoyer. Pour ma part je vous avouerais même avoir trouver plus d'humanité chez certains d'entre eux que dans la plupart de mes semblables.

Tournant la tête, il leva l'index, interpellant la serveuse à proximité avant de contempler son interlocutrice de nouveau.
- Je vous offre quelque chose?


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MessageSujet: Re: Les rues sont pleines de surprises [Stefan / Hélène] [Nc -18, ohohoh]   Sam 4 Juin - 22:40

    Le rire avait traversé la salle en l'emplissant de bonne humeur. Il semblait avoir rebondi sur les murs, il semblait avoir éveillé tout le monde, il semblait avoir fait pétiller quelque chose dans l'oeil de chaque client. Hélène, au début, fut perplexe. Elle se demanda bien ce qu'elle avait pu proférer de si amusant. Puis elle se dit qu'elle l'avait offensé et que c'était un rire nerveux. Puis elle se dit qu'il craquait et qu'il avait besoin de rire pour décompresser.
    De nombreuses autres hypothèses farfelues lui vinrent à l'esprit, mais aucune de semblant lui convenir, elle décida d'attendre la fin des éclats de rire de Stefan, un petit sourire relevant le coin de ses lèvres. Elle ne savait pas vraiment comment réagir. Donc, pas défaut, il fallait qu'elle sourisse.
    Puis, se calmant, il finit par lui expliquer la provenance de fameux petit éclat.
    Ce qui suivit éveilla en Hélène tout ses merveilleux souvenirs de contes enfantins, où des personnages burlesques et sages venaient en aide au héros grâce à leurs fabuleux pouvoirs. Le changement brutal de la couleur des yeux de son interlocuteur arracha à la jeune femme un petit couinement d'émerveillement. Elle se retint de faire un bruit plus audible afin de ne pas attirer l'attention plus que de raison. Mais elle n'en restait pas moins subjuguée par la profondeur miroitante des toutes nouvelles prunelles de Stefan. Elle se complut à s'y perdre pendant un instant, aspirée par tant de remous et de beauté dans ce regard... Magique. Bien sûr, tout allait très vite, mais ces petites secondes où l'éclat habita les iris de l'homme semblèrent très longues à Hélène, qui ne se soucia plus des bonnes manières quant à dévisager son interlocuteur. On s'en fichait, non ? Il avait accepté de lui montrer le fameux scintillement, alors elle avait le droit d'observer, non mais.
    Puis, soudain, il lui parla à nouveau, très gentiment. La jeune femme tapa joyeusement dans ses mains, comme une jeune enfant amusée.


    "Je suis contente aussi de vous avoir croisé, mess... Stefan ! Vous êtes d'une agréable compagnie, et vous tenez des discours très sensés et intéressants. De plus, j'ai pu rencontrer le petit Pyu !"

    L'oisillon piailla assez peu aimablement depuis la masse de cheveux verts où il était confortablement installé. La jeune femme ne pouvait pas le voir de là où elle était. Stefan, par contre, continua sa réflexion sur les Laguz et les Beorcs. Hélène plissa le nez. C'était parfaitement compréhensible d'avoir des points de vue différents à propos de cette guerre, mais, et si elle avait répondu autre chose ? Si elle avait été fortement haineuse envers les Laguz, pour une raison ou une autre ? Aurait-il mal réagi ? L'aurait-il taxée de posée, ou aurait-elle grandement baissé dans son estime ? Elle ne savait pas, et ne cherchait pas à savoir. Avec des si, on mettrait Crimea en bouteille, n'est-ce pas.
    A propos de bouteille, il lui proposa de prendre à nouveau quelque chose. Elle sourit joyeusement.


    "Oh ! C'est si gentiment proposé ! Je pense que je vais reprendre la même chose, alors. Merci beaucoup ! Quelle galanterie."

    La serveuse finit par leur apporter leur nouvelle commande. Hélène but une ou deux gorgée, puis reposa son verre pensive. Elle finit quand même par souffler le fond de sa pensée à Stefan, se baissant un peu, la main posée contre sa gorge, le col de sa robe de mousseline blanche présentant un décolleté suffisant pour déconseiller ce genre de position pour une conversation mondaine. Les clients pouvaient avoir des regards mal placés, tout autant que des oreilles.

    "Je pense pour ma part qu'on trouve de tout dans chacun des peuples. Des braves, des couards, des faibles, des forts, et autant de personnes précieuses et pleines de bonté et de générosités que d'affreux tyrans, égoïstes et traîtres. On ne touche même pas à la nature humaine ou laguz, on parle tout simplement de l'état de conscience. Et qui a la conscience peut choisir sa vie comme il le veut. Certains, comme ceux qui débutent ce genre de guerre, ne voient qu'au travers de l'épais brouillard de la haine. D'autres réussissent à vivre en ayant l'amitié, l'amour, la paix, pour tout credo."

    Elle sourit à cette dernière phrase, se doutant qu'elle devait certainement s'appliquer à eux deux. Elle soupira un instant, et agita un doigt en l'air, pensive face à sa dernière tirade. C'était vraiment très naïf comme façon de voir le monde. Ou vraiment très détaché. Elle hésitait. Mmh.
    Agité par le va et vient du doigt d'Hélène, Pyu voleta hors de son nid douillet et alla se poser sur le-dit doigt. Enfin, plus précisément, il s'affala délibérément sur l'ongle, étonnant Hélène qui fit tomber sa main sur la table, paume vers le haut. L'oisillon, offusqué, se mit à piailler de plus belle, et à picorer la paume de la jeune femme. Hélène étrangla un petit cri au fond de sa gorge. Elle leva des yeux implorants vers Stefan. Au secours, la petite bête se fâchait contre sa main. Et Hélène, pauvre, gentille Hélène, qui n'osait pas balayer le petit animal d'un revers de son autre main, de peur de le blesser.
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MessageSujet: Re: Les rues sont pleines de surprises [Stefan / Hélène] [Nc -18, ohohoh]   Dim 10 Juil - 16:39

Songeur, l'épéiste sirota sa boisson tandis que sa compagne de table lui exposait le fond de sa pensée. Elle parlait bien et possédait cette facilité de la langue qu'ont les gens de bonne famille tandis que son point de vue résonnait d'une sagesse qu'il s'était targué autre fois de posséder. Son esprit tiqua cependant légèrement à la dernière phrase. Oui il avait vu toute sortes de personnes dévorées par la haine... Dévorées jusqu'à n'en plus vivre que pour tuer... Et ces gens dont le credo n'était que la paix et la joie de vivre, instinctivement il s'était inclus dedans mais quelque chose au fond de lui le dérangeait. Pouvait-il toujours se considérer comme appartenant à ce camp alors qu'un recoin sombre de son âme abritait désormais le spectre de la vengeance ? Cette partie de lui même qui n'aspirait qu'à voir un homme tomber sous ses coups ? Depuis qu'il avait quitter les nomades c'était là le but de ses voyages, le but de son existence.

Basculant légèrement vers l'arrière, les bras croisés derrière la tête, le nomade inspira légèrement entre ses lèvres entrouvertes laissant l'air frais se mélanger à l'amertume de la bière. L'alcool lui chatouillait agréablement le bout des doigts tandis que son esprit vagabondait dans la fine brume que provoquait le brouillard.

- Vivre de paix et d'amour... Il y a des fois où je me demande si ce principe n'existe pas que dans notre imagination...

Un couinement le sortit de sa rêverie tandis que son regard tombait sur l'étrange spectacle d'un poussin maîtrisant par sa seule puissance la main d'une cavalière pégase d'élite. Le regard implorant de la dite cavalière convainquit rapidement l'épéiste de mettre un terme à cette agitation. Habituellement il laissait le minuscule volatile s'exciter tout seul jusqu'à l'épuisement avant de se couvrir la main de pansement dans son intégralité... Mais il ne s'agissait pas ici de sa main ce qui rendait le comportement de son compagnon parfaitement inacceptable. Claquant ses mains l'une contre l'autre, l'épéiste se frotta les paumes avant de se redresser sur son siège, écartant les bras de chaque côté de l'oiseau, ses doigts s'agitant à la manière de minuscules tentacules bien connu de certains futurs fans d'animations perverses et déconseillées aux mineurs.
- Admirez l'artiste!

Son regard se fit plus perçant tandis que son bras gauche partait aussi rapidement que la foudre elle-même. Mais l'oiseau démoniaque avait su lire dans son jeu et c'est d'un délicat saut sur le côté que le monstre esquiva l'attaque sans aucune difficulté, la poigne de l'épéiste ne se refermant que sur du vent. Loin d'être déstabilisé cependant, le valeureux héros tenta une attaque en fourbe avec son bras droit que l'oisillon esquiva d'une pirouette acrobatique, se propulsant dans les airs à l'aide de ses petites ailes.
- Ahah!

Dans les airs, son compagnon ne pouvait lui échapper et c'est avec un sourire triomphant que l'épéiste rapatria ses deux mains, les claquant l'une contre l'autre afin d'emprisonner la ridicule petite créature qui avait osée le défier!
- ...

Enfin... C'est ainsi que cela aurait du se passer... Mais l'oiseau, qui devait plus être un ninja qu'autre chose, le contemplait d'un air parfaitement rancunier perché sur le haut de ses mains et une lueur meurtrière au fond du regard tandis que son plumage ébouriffé le faisait paraître deux fois plus gros que d'habitude. Sans attendre que son compagnon Beorc se ressaisisse l'oiseau bondit vers l'avant et...
- J'te tiens!

D'un rapide mouvement de ses mains de nouveau libre, le nomade propulsa son verre de bière en l'air entre les deux adversaires, interceptant l'attaque du minuscule prédateur juste avant que la deuxième main, appliquant des semaines d'entraînement, ne chope au vol la petite chose jaune l'empêchant de bouger sans pour autant lui faire de mal. Debout à côté de la table, un pied sur sa chaise et l'autre au sol, l'épéiste approcha sa capture de son visage afin de lui décocher un parfait sourire de la victoire allié à son regard qui tue mais fut interrompu au dernier moment par l'horrible vision de son verre retombant lentement vers le sol, visiblement bien décidé à se fracasser. Il eut été vide que cela ne l'aurait pas dérangé mais en l'occurrence... C'est à peine s'il y avait touché.

Etouffant son hurlement de désespoir, le bretteur laissa toute la puissance du Stellaire l'envahir, ses yeux prenant instantanément une teinte encore plus resplendissante que précédemment tandis que sa main libre plongeait à toute berzingue vers le sol. Ses doigts se refermèrent sur le récipient de verre, dérapèrent, manquèrent de le laisser échapper avant que d'un mouvement totalement improbable sans une quelconque aide divine le nomade ne fasse sauter son verre de quelques centimètres vers le haut pour enfin refermer sa main en une prise ferme et assurée dessus.

En nage et penché au ras du sol tandis que ses pieds eux n'avaient absolument pas quittés leur précédente position, l'épéiste se redressa à grand peine, un sourire crispé aux lèvres tandis que son minuscule compagnon avait visiblement décidé de se venger sur la main qui le retenait toujours captif. Tournant la tête vers Hélène, le bretteur leva son verre dans sa direction...

- Un vrai jeu d'enfant ha ha...

Avant de vider le tout d'une seule gorgée. Pas question de risquer de perdre ce qu'il venait de sauver au péril de la vie de son pauvre dos. Poussant un soupir de soulagement, l'épéiste déposa son verre vide avant de replacer l'oiseau dans sa tignasse, que celui-ci s'empressa de tenter de dépiauter.
- Excusez son comportement... Un vrai gamin m'enfin on ne peut pas lui en vouloir hein.

Son éternel sourire aux lèvres, le bretteur leva un doigt en direction de la serveuse pour tenter de se refaire servir à boire avant de se retourner de nouveau vers la jeune femme.
- La prochaine fois essayez de ne pas vous laisser faire ou il va devenir insupportable. Avant de le reconnaître j'ignorais qu'un oiseau pouvait avoir un tel ego.

Un léger rire lui échappa tandis qu'il tentait de calmer l'oisillon de quelques caresses.
- Vous parlez bien des Laguz et des possibles causes de cette stupide guerre mais je me dois de soulever un point que vous n'avez pas évoqué...

Technique ultime du changement de conversation...
- Comment peux-t-on expliquer que nous nous battons pour un monde meilleur si notre réaction face au peuple opposé est de les éliminer en premier ? C'est une question à laquelle je pensais avoir trouvé une réponse mais depuis peu... Même mes propres arguments me semblent... Fades... La paix, l'amour tout ça c'est bien beau mais pouvons nous y prétendre si nous devenons capables de tuer des gens pour cela?

Quelle ironie... Un vétéran de la guerre d'Ashnard qui demandait son aide à une petite jeunette... Non même pas de l'aide... Une simple réponse... Ou même une excuse... Une excuse qui ne le ferait pas hésiter lorsqu'il tomberait face à son adversaire... une excuse qui lui permettrait d'éloigner le sentiment d'horreur que lui inspirait cette rancune qui grondait en son sein. Face à Ruika, la mage volante, il avait su trouver les mots. Il avait su dire pourquoi il se battait... Pour vivre... Pour sa propre survie et pour porter son fardeau... Mais que lui arriverait-il le jour où il pourrait se débarrasser d'un tel poids? L'épéiste poussa un léger soupir avant de prendre une gorgée de sa boisson nouvellement parvenue.


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MessageSujet: Re: Les rues sont pleines de surprises [Stefan / Hélène] [Nc -18, ohohoh]   Mer 20 Juil - 22:13

    Parfois, certaines actions subjuguent. Parfois, l'on réalise sa position de jeune enfant devant un phénomène incroyable, ou inexplicable. Et bien que tout un chacun soit parfaitement habitué aux prodiges et à la magie, il est aussi notoire que ces merveilles ne sont que le fruit d'un travail acharné. Malgré tout, le travail n'est rien devant l'émerveillement. On ignore les années de labeur, et l'on se fait happer par le sublime ou l'étrangeté d'une action. Les yeux brillent, le souffle se saccade, et l'on se prend au jeu, l'on espère que tout se finira bien, que la magie agira jusqu'au bout, que personne ne sera blessé. Car, pour chaque enfant, les magiciens ne peuvent pas se brûler avec leurs flammes. Les épéistes ne peuvent pas se couper avec leur lame, malgré leurs acrobaties. L'émerveillement fait tout, illumine les prunelles les plus sombres, et mène doucement à un peu de bonheur.

    Hélène fut dans cette situation. Il était vrai que l'action n'était pas, en soi, grandiose, puisqu'il s'agissait seulement d'attraper un poussin. Mais l'enchaînement des mouvements, la mise en scène -bien involontaire !- de Stefan, les sauts incroyables du petit oisillon, rendaient la scène magique et merveilleuse, forçant la jeune femme à l'ébahissement devant une telle technique. La jeune femme avait toujours été un public agréable, à la limite de la niaiserie, appréciant chaque spectacle et artiste tel qu'il devait l'être. On comprend pourquoi la fière chevalière pégase s'attendrissait devant une scène si drôle, sincère et maîtrisée à la fois. Chaque personnage enchaînait son mouvement avec fluidité, comme s'ils l'avaient toujours fait. Un sourire fleurit à nouveau sur ses lèvres alors que ses yeux entraînés suivaient les mouvements des deux adversaires.
    A l'apparition du Stellaire -la seconde ! -, elle poussa un petit cri d'étonnement, audible à peine par Stefan. L'action fut mémorable ! Le geste vif, assuré, le verre rattrapé avec brio, et la pose finale... Ridicule, il fallait bien l'avouer. Elle éclata de rire alors qu'il prononçait quelques mots en tentant de reprendre son souffle.


    "Oui, la prochaine fois j'éviterai d'agir sans réfléchir face à un tel adversaire ! Heureusement, dans ma carrière de soldate, mes précédents ennemis étaient bien moins hargneux. Mais je saurai le maîtriser s'il m'attaque à nouveau, j'ai juste été surprise. Merci de m'avoir secourue de cette bête féroce !!"

    Un nouveau rire, plus enfantin, secoua les mèches sombres qui tombaient sur son épaule, hors de sa natte. Elle baissa les yeux vers les cheveux rebelles.

    "Ohlala, la bataille m'aura décoiffée."

    Elle lécha doucement l'intérieur meurtri de sa main, puis détacha sa natte et se mis à la renouer consciencieusement alors que son interlocuteur prenait à nouveau la parole, revenant aux problèmes de la guerre, des Laguz, et autres. Pourquoi se battre. C'était une question qui ne lui avait jamais traversé l'esprit.

    "Mais ne se bat-on pas afin de protéger sa patrie et ses habitants ?"

    Puis elle songea que sa remarque était bien stupide. Et si sa patrie était celle qui agressait l'autre ? Et si, comme Stefan, un nomade, elle n'avait pas vraiment de patrie ?
    Pourquoi se battre en prônant la paix et l'amour. Pourquoi continuer à prendre les armes alors que l'on ne souhaitait qu'une vie tranquille ? Le goût de l'aventure ? Les fines pattes d'oie pliant les coins des yeux de l'épéiste ne firent pas douter Hélène quant à la quantité d'aventures qu'il avait déjà dû connaître. Peut-être avait-il quelque chose à protéger. Tout le monde avait quelque chose à protéger.


    "Tout le monde a une raison de se battre. Sinon, vous n'auriez même plus la force de dégainer votre arme, je pense. Vous n'en auriez plus l'utilité. L'envie."

    Elle songea à son pauvre aiguisoir qui allait devoir attendre encore. Elle aurait bien le temps de l'acheter. Elle termina le contenu de son verre, prise soudain d'une soif presque gênante. Elle ne parvenait pas à trouver de réponse satisfaisante. En posant sa boisson, ses yeux noisette se posèrent sur le regard de l'épéiste. Elle plissa les yeux, songeuse. Elle avait l'impression d'avoir déjà vu ce regard un peu perdu lorsqu'elle parlait de combat et de la guerre en cours.
    Puis ses souvenirs lui revinrent d'un coup, voyant son frère en pleurs devant la tombe de son jumeau. Léandre avait continué à se battre et à persévérer en la mémoire de son frère.
    Hélène se mordilla les lèvres, puis passa un bras au dessus de la table, évitant les verres, ignorant Pyu qui piaillait à son attention.
    Elle posa doucement la main droite sur la joue gauche de l'épéiste, qui parut surpris au point de n'en plus sourire. La jeune femme eut un regard inquiet.


    "Ou peut-être combattez-vous pour oublier la douleur de trop de pertes."

    La dernière guerre n'était pas si loin, et elle se doutait qu'il avait du en faire partie. Combien d'amis avait-il vu périr sous la main d'un jugement trop cruel, trop injuste ? Qui avait-il pu perdre dans le conflit ? A quel point avait-il désiré noyer son chagrin dans le combat, le sang, le désir de protection de n'importe qui, n'importe quoi ?
    Elle retira précipitamment sa main, consciente de son comportement déplacé. La joue avait parut bien trop froide pour quelqu'un d'aussi chaleureux.
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MessageSujet: Re: Les rues sont pleines de surprises [Stefan / Hélène] [Nc -18, ohohoh]   Lun 25 Juil - 14:28

Elle avait pris avec humour ses derniers conseils vis à vis de l'oisillon... Enfin de la Bête. Tant mieux ! Il aurait été gêné si le comportement ridicule de ce petit fourbe avait du l'énerver ou si même il s'était ruiné le dos pour au final vexer la jeune femme. Elle refaisait sa coiffure désormais, débattant toute seule sur les possibles réponses à fournir à cette question qu'il se posait un peu trop souvent ces derniers temps à son goût. Tout en triturant sa natte, elle évoqua d'abord la possibilité de se battre pour protéger sa patrie. Le bretteur croisa de nouveau les bras derrière la tête, songeur avant de réfléchir à cette possibilité. Pour un soldat comme Hélène, se battre pour la patrie était une chose naturelle mais pour lui qui avait déjà offert sa lame maintes et maintes fois aux différents royaumes, Beorc comme Laguz, il n'était plus question de protéger une patrie mais de travailler à l'unification des différentes nations. Or il lui était également parfaitement possible de refuser tout simplement de continuer à se battre pour des monarques ou des gens qui n'avaient cure ou presque de ses efforts. L'argument perdait donc de sa valeur en quelques instants
-Tout le monde a une raison de se battre. Sinon, vous n'auriez même plus la force de dégainer votre arme, je pense. Vous n'en auriez plus l'utilité. L'envie.

Or, bien loin d'avoir remis Katti au râtelier, bien loin d'être resté avec ce peuple qu'il aimait pour faire son deuil, l'épéiste avait repris la route, armé de haine certes mais toujours bien décidé à vivre sa vie de voyageur... Pourquoi ! Le contact impromptu et frais de la main de sa jeune amie le surprit autant qu'elle rendit muet le minuscule volatile. Voilà bien une réaction chaleureuse à laquelle il ne s'attendait pas. La phrase qu'elle prononça alors aurait pu le faire tomber à la renverse s'il n'avait point été assis et, lorsqu'elle retira rapidement sa main, visiblement gênée, sa première réaction fut de... Boire quelques gorgées bien fraîche de bière criméane. Déglutissant lentement, le Beorc posa son regard sur la jeune femme qui le fixait toujours. Quelques secondes s'écoulèrent avant que son visage ne s'éclaircisse d'un de ces doux sourires dont il avait le secret.
- Je crois que je suis grillé.

Un faible rire lui échappa, presque forcé tandis que des souvenirs refaisaient surface et qu'il faisait rouler son verre entre ses mains, le socle de ce dernier raclant légèrement le bois de la table, le regard perdu dans le vague. Il réfléchissait à ce qu'il pouvait dire... Pourquoi ne pas tout simplement raconter ce qu'il ressentait là, maintenant ?
- Vous savez... On dit souvent que la guerre est un fléau. Presque tout le monde est au courant de ce fait et les gens ont accepté ça comme une généralité...

Une pause à peine troublée par le froufrou des plumes de l'oisillon s'ébouriffant sous un coup de vent en provenance de l'entrée. Un nouveau client venait de faire son apparition.
- Moi je pense qu'on ne comprend vraiment le malheur d'un conflit que lorsqu'on le vit pour de vrai.

Son regard s'assombrit avant de s'éclaircir brutalement lorsqu'il le posa de nouveau sur Hélène.
- L'ironie du sort c'est que je possède également de très bon souvenirs de ces sombres périodes, des rencontres formidables, des expériences inédites que beaucoup de gens auraient également apprécié vivre...

Son regard dévia sur la lame rangée à son côté, sa fidèle épée, compagne de ses jours et de ses nuits, présent d'êtres qu'il avait chéris et chérissait toujours.
- Mais oui, j'ai perdu quelque chose. Lorsque l'on ôte la vie pour des raisons que l'on ignore parfois, il est bien dur d'en sortir indemne et il est encore plus dur de voir les autres le faire...

La phrase tomba comme un couperet sans pour autant paraître le perturber tandis qu'il prenait encore une ou deux gorgées. Son regard prit rapidement un aspect contrit alors qu'il reposait son verre.
- Ah ! Veuillez-m'excuser... J'étais perdu dans mes souvenirs... C'est loin tout ça maintenant. On pourrait presque dire que c'était le bon vieux temps par moment... Déesse, cette expression ne me rajeunit pas!

Son rire éclaircit d'un seul coup son visage assombrit. Il n'y avait pas eu que du rose dans son existence mais beaucoup de bons moments luttaient au côté des mauvais. Au fond de lui-même, le dragon de la vengeance s'assoupit légèrement. Il allait continuer à se battre ! Mais il le ferait en parfait accord avec ses convictions. Adressant un sourire rayonnant, contrastant avec son regard perdu de tout à l'heure à la jeune femme, le bretteur reprit.
- Cessons de ressasser le passé ! Si je vous raconte tout maintenant je n'aurais plus d'histoire la prochaine fois que nous nous verrons !

D'un geste expert il vida le fond de son verre tandis que l'oiseau dans ses cheveux braillait de nouveau gaiement. Il se sentait d'excellente humeur sans trop savoir pourquoi.
- Et vous gente Hélène, me direz-vous pourquoi vous avez décidé de prendre ainsi les armes?


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MessageSujet: Re: Les rues sont pleines de surprises [Stefan / Hélène] [Nc -18, ohohoh]   Dim 31 Juil - 23:51

    Elle n'aurait pas pensé une seconde lui avoir fait tant de peine, lui faire revenir en tête autant de questions et de souvenirs. Enfin, si, elle s'y attendait, mais la réaction fut étrange et mitigée. Entre le sourire terni par la douleur et le visage sombre qu'il tentait en vain d'éclairer. Elle attendit un instant, attentive. Buvant de temps en temps une gorgée de son cocktail irisé. Ses yeux noisette suivaient les mouvements des mains de l'épéiste, celui de sa bouche qui ne parvenait qu'à grand peine à se tirer en un sourire forcé. Elle écoutait ses souvenirs, ses ressentis qu'il lui confiait à mi-voix. Comme si l'on déversait une eau souillée dans un récipient propre et brillant, dans l'espoir qu'elle soit purifiée. Cette eau souillée pesait de plus en plus sur les épaules de la chevalière, qui retombait elle-même dans quelques sombres souvenirs qu'elle s'empressait bien souvent d'occulter afin de se concentrer sur ses joies et ses devoirs.
    Le flot des paroles de l'épéiste n'était en fait qu'un miroir de ses propres ressentis ; un miroir peut-être plus terne qu'elle. Elle qui était plus jeune, qui n'avait pas vécu la guerre précédente. Qui avait vécu dans la douce illusion de s'entraîner pour aider sa patrie, mais sans se rendre compte que les sacrifices seraient nombreux et douloureux. Elle avait préféré se laisser porter par la vague des sentiments et des aventures, plutôt que d'y faire face et s'en trouver détruite, déchiquetée par les flots troubles et agités des pleurs, des colères et des peines. Tout laisser couler, et ouvrir les yeux vers un lendemain plus sombre, mais cependant existant. Tangible. Peut-être que tout un chacun s'efforçait, à sa façon, de refaire surface. Car le sentiment de noyade empêche la prise de décisions. Il paralyse. Il nous rend prostré et meurtri. Et enfin, la lame d'eau nous balaie comme une poupée désarticulée.

    L'eau du cœur se retrouve dans les larmes. Au début, ce n'était qu'un faible miroitement tout contre la cornée délicate de la jeune soldate. Elle observait Stefan, qui lui offrait un étrange mélange entre monologue et dialogue, comme une faible ouverture de son intimité et de ses sentiments profonds. Mais pas entièrement pour elle. Il avait besoin de quelqu'un à qui dire cela. Elle se trouvait là, ouverte, et prête à accepter la dureté des propos. Et pourtant, il se reprit, buvant sa bière de bon cœur, content d'avoir expulsé ses regrets et ses douleurs. Il n'était pas entré dans les détails, bien sûr, mais ses gestes avaient beaucoup parlé. Il était heureux de s'être confié. Elle émit un petit rire à sa dernière boutade.


    "Oh, ne vous en faîtes pas, on ne saurait vous donner précisément un âge ! Aucune de mes suppositions ne m'a pour l'instant convaincue !"
    Encore un joli rire, et un petit hochement de tête.
    "Oui, ce serait dommage ! Surtout que j'adore les histoires d'aventure !"
    Chose parfaitement vraie. Dans la bibliothèque de la jeune femme, aux côtés des livres de sciences exactes qu'elle avait à peine feuilletés, des ouvrages de stratégie guerrière, d'histoire et de civilisation, on trouvait des romans. Des centaines de romans d'aventure qu'Hélène dévorait avidement. Aussi la présence d'un vétéran de la dernière guerre devant elle lui laissait miroiter les merveilleuses aventures qu'il avait dû vivre.
    Qu'on lui conte ces aventures la mettait totalement en joie.

    Mais parfois, on peut poser une question qui, de fil en aiguille, mène à une toute autre situation. Oui, la question en soit, était innocente et nécessaire. Logique. Pourquoi avoir pris les armes, elle qui venait d'une famille bourgeoise, et qui aurait pu passer sa vie à se consacrer à l'entreprise de son père, à trouver un gentil mari et à élever ses enfants ?
    Pourquoi avoir pris les armes. Elle répondit, mais sa réponse lui sembla creuse.

    "Et bien, parce que je me devais de protéger ma patrie !"
    Elle regarda un instant son verre, comme si elle cherchait une réponse à l'intérieur.
    "Non, attendez, ce n'est pas ça."
    Elle laissa doucement les souvenirs l'envahir, et bientôt des images lui revinrent à l'esprit. Ses chers frères qui lui apprenaient le maniement de la lance, en dépit de sa jeunesse. Le plaisir qu'elle avait à tenter de parer les feintes délicates de Léandre, et les attaques puissantes de Léone. Le froid. L'hiver. Les deux frères qu'elle ne voyait plus, tant ils étaient pris par leurs voyages. Son père mort avant de revoir ses fils. Et Léone. Le sang, son moignon de bras. Sa mort. Un instant de vide.
    Hélène se demanda. Était-ce à cause de ses frères qu'elle avait pris le parti de prendre les armes ? Elle se redressa un peu sur son siège.

    "Mon frère Léandre avait un jumeau... Léone. Il est mort à la suite de ses blessures."
    Elle termina son verre d'une traite pour cacher sa gêne.
    "Lorsqu'il est mort, jamais je n'avais vu Léandre aussi triste. Même la mort de mon père ne l'avait pas tant accablé. Je crois que... Je crois que je suis devenue soldate dans l'espoir de ne pas être un poids pour lui. Pour lui montrer que moi aussi, j'étais forte."

    Une seule petite larme vainquit le voile d'eau qui recouvrait jusqu'alors ses grands yeux. Elle ne prit pas la peine de l'essuyer.
    "Mais peut-être était-ce une erreur. Léandre a été très fâché lorsque je me suis enrôlée. Il a peut-être pris peur. Il a peut-être cru que sa petite sœur allait rejoindre son frère jumeau bien trop tôt."
    En fait, elle n'y avait jamais pensé de façon posée. Elle avait toujours refusé de revenir sur un choix. Elle y puisait du courage, et peut-être de insouciance. Elle n'aurait jamais cru que revenir sur ce souvenir la mettrait dans un tel désespoir.
    Gênée, se sentant mise à nu dans ses sentiments, son regard passa au travers de Stefan et se fixa sur la porte. Dans son sac, elle chercha quelques pièces amplement suffisantes pour payer toutes les consommations. Elle se leva vite.

    "Je, désolée, je... sors un peu."
    Un petit hoquet l'empêcha de plus argumenter, et, évitant le regard de l'épéiste elle se dirigea vers la porte. Un piaillement furieux s'accrocha à ses cheveux, et, de façon fort courageuse, Pyu se mit à escalader avec brio l'épaisse natte de cheveux bruns. Enfin arrivé en haut du crâne, le fier poussin réalisa que sa proie était parvenue à sortir. Il poussa un petit cri contrarié, et se mit à sauter sur la tête d'Hélène, s'emmêlant les pattes dans les cheveux tirés en arrière.
    Lorsqu'elle se retourna vers la porte, Stefan l'avait suivie. Bien évidemment. La rue était bondée, et elle avait Pyu sur la tête. Et, chose peu commune, elle pleurait.

    Ne sachant vraiment que faire dans cette situation (c'était surtout Pyu qui la gênait le plus ; elle ne pouvait fuir Stefan avec le poussin sur sa tête), elle opta pour la plus simple. Elle fit face à l'épéiste, et réajusta les plis de sa robe de façon presque machinale.

    "Désolée... Je, je ne voulais pas réagir ainsi."
    Elle releva les yeux, et n'en pouvant plus, se jeta dans ses bras. Répétant de temps à autres un timide "désolée" entre ses sanglots discrets.
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Stefan
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MessageSujet: Re: Les rues sont pleines de surprises [Stefan / Hélène] [Nc -18, ohohoh]   Sam 13 Aoû - 17:26

Avait-il commis une erreur ? Posé la mauvaise question ? Il n'en savait trop rien mais la réponse creuse et somme toute banale qu'il reçut lui déplut. Elle lui avait répondu comme en réflexe sans plus développer son point de vue. Patient, l'épéiste contempla les deux iris noisette avec attention avant que la jeune femme ne se reprenne. La suite le surprit quelque peu. La gaieté et l'enthousiasme de la cavalière semblaient s'être envolés pour laisser place à une douce mélancolie. Elle lui parla alors de son frère... Mais pas celui qu'elle avait déjà évoqué non, le jumeau de celui-ci un certain Leone visiblement soldat également. Le pauvre homme n'avait pas eu de chance et était apparemment décédé des suites d'un combat. Une mort après une victoire... Monnaie courante en ces temps troublés où certaines blessures sortaient complètement du domaine de compétence des prêtres et de leurs bâtons guérisseurs. Laissant le temps à sa nouvelle amie de plonger dans ses souvenirs, le bretteur ne pipa mot lorsqu'elle termina son verre d'une seule traite. Même le petit oiseau sur son crane s'était tu, semblant comprendre l'importance de la situation et ses deux minuscules yeux globuleux étudiaient attentivement l'instant présent.

Lorsqu'elle reprit son discours, exposant ses véritables raisons de brandir une arme, une unique larme, perle salée et translucide, dégringola le long de sa joue, crispant les poings du bretteur autour de son verre. La gêne qu'elle ressentait n'était rien par rapport à celle désormais croissante du nomade. Jamais il n'avait voulu casser ainsi le moral de la jeune femme!

- Hélène, je...

Sa faible protestation mourut sur ses lèvres tandis que la cavalière poursuivait. Ce n'était plus des raisons qu'elle donnait à l'épéiste mais une analyse précise de ce qu'elle avait vécut à l'époque... Une manière comme une autre de prolonger son chagrin. Sans le vouloir, l'épéiste avait déclenché chez la jeune femme un flot d'émotions et de souvenirs qui lui permettaient désormais d'analyser autrement cette situation déjà passée... Pas forcément une bonne chose au vu de sa réaction. Lorsqu'elle se leva, s'excusant auprès de lui, le nomade n'eut pour toute réponse qu'un bref hochement de tête tandis que sa reconnaissance éternelle allait à l'oisillon qui venait de squatter la chevelure de la demoiselle. Maîtrisant le malaise qui allait croissant au sein de son estomac, le bretteur s'empara des piécettes laissées sur la table avant de payer de sa propre bourse les consommations. Après tout n'avait-il pas lui même dit qu'il invitait la jeune femme. Accélérant le pas, il sortit presque précipitamment de l'établissement pour retrouver une Hélène au bord des larmes. Et dire que c'était lui qui avait provoqué cela par sa simple question.

Gêné, il lui adressa un piètre sourire avant de s'approcher d'elle. Elle pouvait bien s'excuser autant qu'elle le souhaitait, les véritables excuses étaient celles qu'il se devait maintenant de présenter. Il n'eut cependant que le temps d'ouvrir les bras lorsque la jeune femme se précipita au sein de son étreinte, l'oisillon sur son crane effectuant un magnifique retourné acrobatique pour retrouver sa place initiale avant de se rouler en boule, poussant un petit piaillement de satisfaction... Sale bête !

Mettant de côté ses comptes avec la bestiole, l'épéiste se concentra à nouveau sur la frêle silhouette au creux de ses bras dont les sanglots silencieux agitaient par moment ses épaules blanches. Ses bras se refermèrent naturellement sur la jeune femme tandis qu'il la berçait doucement pour la réconforter.

- Ce n'est pas à vous de vous excuser. Je n'aurais pas du poser cette question.

Voyant que ses mots ne pouvaient de toutes les façons rien changer à la situation pour le moment, le nomade resserra légèrement sa prise. Il n'était plus question d'une faute quelconque, elle avait simplement besoin d'extérioriser sa tristesse et sa verte épaule était visiblement la plus accessible en cet instant donné. Ils maintinrent ainsi la position le temps que la jeune femme se calme. Sentant finalement ses pleurs se tarirent, le nomade se dégagea lentement sans pour autant rompre l'étreinte. Du bout du doigt, il saisit le menton de la jeune femme avant de relever son visage fin vers le sien, resplendissant d'un de ces sourires dont il était le seul à connaître le secret.
- Si cela peut vous rendre le sourire, sachez que la noblesse de vos raisons resplendit au moins autant que votre bonté d'âme...

C'était peut-être un compliment un peu trop élaboré pour ce qu'il voulait dire...
- … Et je dis ça très sérieusement!

Au moins c'était dis. Farfouillant dans sa poche, le nomade parvint à en extirper un mouchoir un peu poussiéreux mais suffisamment présentable pour qu'il le tende à sa nouvelle amie.
- Allez ! Séchez donc ces larmes qui ternissent votre sourire et... Ah!

Lâchant finalement la cavalière, il lui tendit son autre main au fond de laquelle reposaient les piécettes qu'elle avait laissées.
- Et je me suis permis de vous inviter.

Son sourire brilla de nouveau tandis qu'il penchait légèrement la tête sur le côté.
- Après vous avoir ainsi bouleversée c'était tout à fait naturel!


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Hélène
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MessageSujet: Re: Les rues sont pleines de surprises [Stefan / Hélène] [Nc -18, ohohoh]   Mer 31 Aoû - 23:32

    On pourrait se croire fort. On pourrait croire que l'on résiste à toutes les épreuves que nous fait subir la vie sans broncher. On pourrait penser être au-dessus de tout cela. Mais c'est faux. Absolument.
    Et Hélène s'en rendait compte alors. La gêne croissante de l'épéiste mêlé à son désir de l'apaiser ne faisait qu'amplifier ses sanglots. Elle ne comprenait pas pourquoi elle avait ainsi craqué, elle ne comprenait pas non plus pourquoi il avait accepté de la calmer. Elle ferma les yeux un instant alors qu'il la berçait. Elle se souvint de son père et ses frères, qui eux aussi la berçaient pour sécher ses pleurs. Elle se souvint de toutes ces personnes qui lui avaient un jour donné du courage pour vaincre ses peurs. Doucement, tout doucement, la sérénité commença à l'envahir. Mais elle ne savait pas pour combien de temps elle parviendrait à rester calme. Qui sait, peut-être que lorsqu'on se met à pleurer, on pleure alors plus souvent ?
    Le raisonnement niais de la jeune femme la rendit presque honteuse. Elle se sentait petite fille. Mais pas tout à fait. Elle avait un sentiment partagé entre le réconfort qu'apporte un père à son enfant, et la simple affection qu'un homme peut offrir à une femme éplorée. Les bras qui se resserraient autour d'elle effaçaient toute image de ses frères et de sa famille. Mais pour le moment, elle ne réfléchissait pas vraiment à tout cela. Il fallait juste tarir ses pleurs. Et ce n'était pas chose facile, vu l'état de tristesse dans lequel elle s'était plongée toute seule.
    Ses pensées furent coupées lorsque Stefan releva doucement son visage vers lui. Son premier réflexe fut de détourner le regard, honteuse de ses yeux rougis par le chagrin. Puis, les mots qu'il prononça, même s'ils étaient autant recherchés que spontanés, lui arrachèrent un demi sourire qui lui fit reposer ses prunelles noisette sur lui.


    "Votre bonté d'âme doit être rayonnante comme l'herbe sous le soleil de l'été, alors !"

    Les mots étaient sortis seuls, sans vraiment être un remerciement pour le compliment qu'il lui avait adressé, mais étant à la fois une des choses les plus appropriées à dire concernant cet homme.
    Elle se saisit lestement du mouchoir qu'il lui tendait. Elle se tamponna délicatement les yeux, sécha les larmes sur son visage, hésita un instant, puis décida qu'elle n'avait pas envie de parler le nez bouché. Elle se moucha donc.

    "Je le garde pour vous le restituer propre."
    Le petit morceau de tissu disparut dans le sac de la jeune femme. Elle reçut, d'abord sans comprendre, les piécettes dans sa paume ouverte. Elle ouvrit des yeux ronds à l'épéiste, jeta un coup d’œil vers Pyu. Le poussin piailla avec désespoir en sautillant, tourné vers la taverne. Comprenant soudain, elle se tapota le front avec son index, une légère rougeur envahissant ses joues.
    "Oui, j'avais totalement oublié les consommations ! La prochaine fois c'est moi qui invite."
    Aucun doute, la candeur absolue de l'être certain d'en revoir un autre. C'en était presque mignon. Sachant que la jeune femme était comme cela avec tous et toutes, c'en était presque apeurant. Puis, revigorée par un tel flot de bonne humeur, son index passa de son front à Stefan, presque accusateur.
    "Je demande réparation quant à mon bouleversement !"

    Le sourire était brillant, apaisé. Il était plein d'une candeur nouvelle, une candeur confiante, une joie d'être avec quelqu'un qui était prêt à la consoler même s'il ne la connaissait que depuis quelques heures. Elle prit la main de l'épéiste et engagea une promenade au travers des rues de Mélior, passant par de jolis endroits insoupçonnés, évitant les lieux plutôt dangereux. La foule ne faisait pas attention à eux, et le gentil babillage de la jeune femme se perdait dans le fort vent sous le zénith. Elle parlait vraiment de choses et d'autres, Stefan lui répondant parfois avec la même insouciance. Ils parlaient de joie, de nature, de Pyu, de grandes aventures. Mais rien qui ne pouvait fâcher ou blesser. Tout allait très bien.
    A force de marcher, ils arrivèrent aux portes de la ville. Hélène indiqua un point au-delà, dans la campagne.

    "Là-bas, c'est très beau. Et il y aura moins de foule ! C'est fou comme Mélior peut être remplie à toute heure de la journée, et surtout par cette chaleur !"
    La charmante enfant mena l'homme aux cheveux verts dans des contrées plus accordées à sa chevelure. Les champs d'herbe tendre pour les pâturage des chevaux, ceux de fleurs multicolores, les arbres centenaires qui se dressaient fièrement au milieu du chemin... Tout était beau.
    Mais finalement, Hélène trouva ce qu'elle cherchait. Un petit bosquet d'arbres entourant une source d'eau qui chantait sur des rochers lisses et blancs. Elle venait dans ce petit coin de paradis pour rêvasser, quand l'envie lui prenait.

    "N'est-ce pas fort joli, ici ?"

    Parfois, lorsqu'on se sent très bien après un gros chagrin, il nous prend des idées saugrenues. D'un geste souple du bassin, Hélène pivota sur un de ses pieds chaussés de ballerines, sa robe de mousseline tournant légèrement, puis elle se retrouva face à Stefan. Elle leva le dos de sa main vers Pyu, qui monta gentiment dessus, son âme belliqueuse calmée par la douceur de l'endroit. La jeune femme émit un petit rire puis, se mettant sur la pointe des pieds, posa ses lèvres sur celles de l'épéiste.
    Oh, ce n'était pas soudain. C'était fait avec toute la douceur du monde. C'était un baiser plein de générosité, comme chaque baiser qu'elle avait pu déjà donner auparavant. Ce n'était pas un baiser qui forçait l'autre à le prolonger. C'était une invitation, une caresse légère qui se proposait d'être éphémère, ou bien de durer encore quelques temps.
    Les lèvres de la jeune femme papillonnaient doucement sur celles de l'épéiste. Elle avait l'impression d'être encore plus apaisée par ce baiser que quoi que ce soit qu'il eût pu faire d'autre. Cette pensée la faisant sourire, elle mit fin au baiser. Ses prunelles noisette cherchèrent les yeux bleus du bretteur. Ne se départant pas de son sourire.


Dernière édition par Hélène le Jeu 1 Sep - 23:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les rues sont pleines de surprises [Stefan / Hélène] [Nc -18, ohohoh]   Jeu 1 Sep - 23:29

Les grands yeux effarés de la demoiselle le firent douter un instant de la justesse de son geste quant au paiement des consommations. Il est vrai qu'on ne refusait pas le cadeau d'une jeune femme, qui plus est de la bourgeoisie, aussi impunément mais en l'état actuel des choses, c'était la moindre des choses qu'il puisse faire... C'est donc avec son large sourire habituel qu'il encaissa sans broncher les coups de butoir de l'oisillon sur son crane qui visiblement avait décidé de s'exciter un peu au plus grand désarroi de sa pilosité capillaire. Cependant tous ses doutes virent rapidement leur capital exponentiel d'accroissement réduit à néant par le mouvement d'index de la cavalière, signe notoire que son gros chagrin avait quelque peu perturbé sa réflexion sur l'instant. L'oisillon se calma alors même que l'épéiste retrouvait un sourire naturel et sincère. Oui voilà comme ça c'était bien. Elle allait aller un peu mieux et ils pourraient en rester là. Il ne l'avait que trop retardée dans l'achat de son aiguisoir et lui irait bien profiter du calme de son auberge après l'agitation musclée des ruelles encombrées. Peut-être un jour se reverraient-ils mais en attendant...
- Je demande réparation quant à mon bouleversement!
- … Eh?!

A son tour de prendre l'air ahuri devant le doigt vindicatif qui le pointait aussi naturellement que si Pyu en personne avait décidé de lui donner un ordre... Image que le nomade se dépêcha d'oblitérer de manière définitive. La demoiselle n'attendit pas qu'il retrouve son sens de la répartie ou même qu'il songe seulement à refuser avant de s'emparer de sa main et de l'entraîner à sa suite à travers le dédale de ruelles de la capitale. Pour ainsi dire, l'épéiste n'avait jamais pris le temps de vraiment visiter la capitale comme il le fit ce jour-ci. Oh bien sur en bon nomade qu'il était, il avait déjà pris le temps de déambuler sans véritable but à travers la cité, découvrant des recoins aussi égayants que plaisants mais, à travers le regard simple et presqu'enfantin d'Hélène, tout prenait une nouvelle touche de couleur. Telle rue avait déjà accueillie le plus grand marché de tout Criméa, telle boutique appartenait à la dame qui habitait par ici et, oh ce parc était très fréquenté le soir et servait généralement à l'organisation de petits événements communautaires. Une nouvelle vision de Mélior rejoignait celle, extérieure, du bretteur, celle d'une citadine joyeuse, enthousiaste et absolument charmante. Ils parlaient sans discontinuer, évoquant tout et surtout n'importe quoi, enchaînant plaisanteries vaseuses comme subtiles sans distinction aucune et ce malgré la chaleur étouffante qui régnait dans les rues. A aucun moment cependant la jeune femme ne lâcha-t-elle la main de son compagnon, la poigne calleuse et ferme de ce dernier enserrant avec précaution la peau blanche et douce de cette main à la prise pourtant si assurée. Cette petite promenade le revigora autant qu'elle l'amusa mais c'est avec un plaisir non dissimulé qu'il vit la jeune femme l'entraîner à l'extérieur de la ville, vers un lieu qu'elle disait apparemment fort joli.

Soulagé de quitter l’atmosphère oppressante de la capitale, le bretteur ne se fit pas dire deux fois de la suivre et c'est avec une inspiration calme et profonde qu'il accueillit l'ombre fraîche des arbres. Le petit bosquet vers lequel elle les avait conduit semblait absorber les sons en provenance de la cité de pierres blanches, ne laissant éclore que le gazouillis joyeux de quelques oiseaux invisibles, les bourdonnements ouvriers de quelques abeilles au travail depuis l'aube. Les odeurs de marché, de cuisine ou des bêtes de trait avait laissées place au parfum nettement plus subtil de quelques fleurs sauvages et tout ce calme rétablissait peu à peu la paix intérieure du bretteur, apaisant même l'oisillon grognon au sommet de son crane. Bientôt, le chant clair et cristallin d'un cours d'eau se fit entendre jusqu'à ce que le petit couple ne débarque dans un endroit pour le moins...

- N'est-ce pas fort joli ici?

Voila... C'était les mots qu'il cherchait.
- Vous nous avez dégoté un véritable petit paradis...

L'épéiste laissa un instant son regard vagabonder à travers le décor, s'imprégnant de chaque détail. L'endroit était une parfaite représentation de l'expression « jardin secret ». La rivière glougloutait joyeusement, ricochant sur les rochers nacrés, projetant moult éclaboussures dans les airs grâce auxquelles les rayons de soleil dessinaient d'éphémères arc-en-ciel.
- Dire qu'un endroit aussi paisible existe à quelques mètres à peine d'une des plus grandes villes du continent...

Pour un peu il s'en serait laissé choir au sol afin de pouvoir profiter d'une bonne sieste à l'ombre mouvante des arbres. Cet endroit lui inspirait le même genre de sentiment que la beauté sauvage des sables ondulants du désert de Begnion... Il était cependant clairement plus représentatif de la jeune femme qui lui faisait désormais face. Elle avait retrouvé son charmant sourire et plus aucune rougeur n'indiquait qu'elle ait pu seulement un jour avoir eu l'idée de se laisser aller à la morosité. Sa main se tendit à l'adresse du minuscule volatile, muet depuis le début de leur promenade, avant que celui-ci ne se déporte dessus d'un léger saut. Ses minuscules serres s’agrippèrent à la chair sans pour autant la blesser et l'oisillon ébouriffa son plumage d'un air satisfait. Les yeux de l'épéiste croisèrent ceux de la jeune femme une brève seconde après son rire... Et il comprit dès lors ce qui se passait, ce qui allait se passer... Mais il ne fit rien pour l'empêcher.

Leur baiser s'acheva de façon aussi impromptue qu'il avait commencé, tout en douceur comme une caresse qui aurait pu ne jamais exister s'il n'avait pas eu cette jeune femme devant lui. Un bref instant le bretteur songea à se demander si c'était une bonne idée ou s'il ne faisait pas une erreur qu'il pourrait regretter... Mais ce genre de préoccupations, surtout si elles n'ont guère de fondement en l'instant présent, ne sont rien face au regard de braise de deux grandes prunelles noisettes aux battements de cils captivants. Répondant au sourire de la demoiselle par le sien, il se rapprocha un peu plus, l'enlaçant par la taille.

- Je me disais aussi... Payer quelques cocktails n'est certes pas une compensation suffisante.

Ses lèvres retrouvèrent celles de la cavalière pour une étreinte plus passionnée mais toujours aussi délicate. Un assentiment face à sa première requête, une acceptation de cette échange intime entre deux êtres. Où cela les mèneraient-ils ? Qui s'en souciait dans l'instant présent, certainement pas lui... En tout cas pas autant que l'oisillon jaunâtre aux yeux exorbités par ce retournement de situation lui échappant complètement. Sa minuscule tête se tourna d'abord vers son compagnon de voyage, puis vers Hélène avant que dans un frisson, probablement de dégoût, il n'ébouriffe plus son plumage, doublant ainsi de volume et tirant sa minuscule langue rose.
- Pyark!

D'un geste parfaitement hautain, le volatile se retourna avant de voleter aussi habilement que possible à terre pour sautiller un peu plus loin, une parfaite moue humaine de dédain au visage. Ce fut au tour de l'épéiste de rompre le contact, incapable d'empêcher un ricanement malvenu de le surprendre avant de se tourner vers la bestiole:
- Rabat-joie!

Son regard revint bien plus vite à l'objet de ses préoccupations actuelles tandis qu'une légère impression de gêne venait marquer son visage.
- Quand je te disais qu'il était malpoli...

Se disant, il haussa très légèrement un sourcil interrogateur, défiant presque la jeune femme de lui interdire de la tutoyer ainsi comme l'aurait voulu quelque usage de la noblesse mais rien de plus désagréable qu'un autre baiser ne vint troubler ses paroles. Tant mieux !

Une légère brise traversa la petite clairière, rafraîchissant les deux tourtereaux avant que le bretteur ne se dégage légèrement de l'étreinte qu'ils avaient formés. Avec un sourire il entraîna la jeune femme un peu plus près du ruisseau avant de se poser à l'ombre généreuse d'un hêtre, l'invitant à le rejoindre dans l'herbe fraîche. La journée était loin d'être terminée et le bretteur ne manifestait nul désir de repartir en direction de la cité bruyante. De son côté, Pyu avait disparu à travers une touffe d'herbe un peu trop haute et semblait parti pour explorer les environs un bout de temps. Avec un soupir de satisfaction, l'épéiste passa un bras autour des épaules de la jeune femme.

- Je ne sais pas comment tu as trouvé cet endroit... Mais je crois que je pourrais passer ma vie ici...

Son regard se posa sur la cavalière à son côté.
- Ou tout du moins le reste de cette journée... Et avec toi de préférence.


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MessageSujet: Re: Les rues sont pleines de surprises [Stefan / Hélène] [Nc -18, ohohoh]   Sam 3 Sep - 22:29

    Elle leva un sourcil semi-approbateur à la phrase de l’épéiste.
    « Une compensation à quoi ? Noyer mon chagrin ? »
    Non, elle ne rajouterait rien de plus hélas. Les lèvres à nouveau soudées à celles de l’épéiste, elle tiqua lorsque le poussin s’ébouriffa sur sa main, émettant un son peu mélodieux. Lui arrachant un petit lambeau de peau au passage, il s’en alla bouder. Mmh. Elle n’était plus certaine de la véracité de la nature animale de cet étrange oiseau. Qui sait, les dieux peuvent se montrer farceurs…
    Le tutoiement l’étonna. Non pas qu’elle fût outrée ou quoi que ce soit, non. C’était juste que… Cela avait été amené de façon si étrange ! Pyu, lien logique de l’intimité ? Mmh, c’était spécial. Elle s’apprêtait à faire part de son sentiment à Stefan, mais celui-ci l’empêcha à nouveau momentanément de l’usage de la parole.
    Ce faisant, elle continuait de réfléchir. Les cheveux verts, le sourire radieux, l’épée au flanc… En bonne soldate et jeune fille gourmande de l’histoire, elle avait épluché de nombreux ouvrages sur les guerres précédentes. Rompant le baiser, elle se laissa entraîner dans l’herbe sans mot dire, ses méninges fonctionnant à toute allure. Elle se laissa tomber délicatement sur la mousse, prenant soin à ce que sa jupe ne s’envole pas trop. Elle s’allongea, fermant les yeux, écoutant l’épéiste et ses mots doux. Elle eut un petit rire, qui se répercuta doucement dans la clairière.


    « A dos de pégase on remarque souvent des endroits insoupçonnés… Mais oui, c’est un lieu agréable pour terminer l’après-midi. »
    Un léger sentiment de timidité l’envahit. Elle n’avait pas osé de phrase directe, se demandant si elle hésiterait à le tutoyer. Chose à laquelle elle n’était pas vraiment habituée, il fallait bien l’avouer. Sa main droite alla titiller le nœud qui liait sa longue et épaisse natte, mais elle s’arrêta en plein geste, remarquant à regret sa pauvre peau, autant celle de la paume que du dos de la main, meurtrie par le bec et les petites serres de l’oisillon enragé. Dubitative, elle lécha doucement les plaies.
    « Tu diras à Pyu d’être plus sage avec les personnes qui ne lui veulent aucun mal. »
    Hop, la boucle était bouclée, le poussin était officiellement le leitmotiv du tutoiement pour ce jour. Elle eut un sourire, et se retourna sur le ventre, observant l’épéiste assis à côté d’elle. Elle effleura les vêtements colorés, la manche du kimono qui n’était pas enfilée. Son doigt glissa sur le fourreau du katana qui reposait dans l’herbe tendre, à moitié retenu par la ceinture. Et soudain, ce fut l’illumination.
    « Vague Katti ! »
    Très fière d’elle, Hélène leva des yeux brillants vers l’épéiste. Elle avait enfin retrouvé le nom de l’arme dans les méandres de sa mémoire. Elle se releva, rayonnante, et s’assit, pliant les genoux devant elle, sa jupe couvrant ses jambes.
    « Finalement, j’ai retrouvé toute seule qui tu étais ! Même si les livres ne parlent pas beaucoup de toi, hihi. »

    Effectivement, elle n’avait lu que quelques paragraphes à propos de ce mystérieux et puissant épéiste qui avait épaulé le héros Ike lors des deux guerres. On racontait qu’il lui avait même appris à mieux maîtriser le maniement de l’épée. Et voilà, le Stellaire. C’était clair à présent ! Toujours riante, elle tendit doucement la main vers lui –la gauche, la droite la lançait encore trop-, et lui caressa la joue.
    « C’est drôle. J’ai l’impression de croiser un personnage de roman. Vous êtes plus des légendes, des héros, qu’autre chose, même si peu d’années se sont écoulées depuis la dernière guerre. »
    Agitée d’un nouveau rire, elle alla poser ses lèvres sur celles de Stefan. Puis, elle pencha un peu la tête et piqueta le cou de l’épéiste de petits baisers. Confrontée à une veste violette bien trop voyante pour être gardée, elle releva les yeux, pleine de malice.
    « Est-ce qu’un héros de roman est fait comme un être humain normal ? »
    Et d’un geste souple du doigt, elle ouvrit la fermeture. En-dessous, elle fit face à un nouvel obstacle.
    « Ah, mais quelle idée de paraître aussi bien fait et d’autant se cacher ! »
    Nouveau rire illuminant le silence de la clairière. Il fallait le mériter, ce verdoyant personnage ! Se concentrant pour arrêter de rire, elle défit candidement le kimono, le plia soigneusement, et alla le poser délicatement près d’un arbre, le katana bien rangé entre les plis du vêtement. Ouf ! Une couche de moins. Plus que… Beaucoup trop ! En tout cas, il devait trouver son manège amusant, puisqu’il n’était pas encore parti en courant.

    Elle revint vers lui, terminant d’ouvrir la veste, et soupira devant l’épais sous-pull.

    « Mais tu dois mourir de chaud en cette saison ! Je n’ai qu’une robe en mousseline et je me sens étourdie par la chaleur ! »
    Elle se risqua à chuchoter un petit « quel homme ! » à son oreille avant de la mordiller gentiment. Elle sentit une main baladeuse chercher comment diable on pouvait ouvrir cette vilaine robe, mais qui finalement abandonna cette tâche pour se consacrer à diverses rondeurs qui paraissaient fort à son goût. Pendant ce temps, elle décida que le dernier rempart abritant le torse du « héros » ne tiendrait pas bien longtemps. Il fut vite envoyé sur le tas d’habits qui prenait du volume.
    Elle se releva un instant, puis s’assit sur lui, face à face, ses genoux enserrant la taille de l’épéiste. Ses doigts commencèrent à partir à la découverte des volumes qu’offraient le torse nu. Des vallées, de petites collines… Et les nombreuses, trop nombreuses petites fissures, marques des souffrances qu’avait subi la chair pendant tant d’années. Mais la jeune femme ne dit rien à ce propos. Elle aussi avait son lot de cicatrices (qui, avouons-le, avait un peu refroidi quelques-uns de ses amants).

    D’une légère pression, elle l’allongea dans l’herbe, quelques brins lui chatouillant le nez au passage. Après ses doigts, ses lèvres partirent en exploration sur la peau nue. Une petite langue rose passa, malicieuse, sur le téton. Elle émit un rire au sursaut de son compagnon.
    La main avait enfin trouvé l’ouverture de la robe –des boutons sur le côté-, et s’affairait à les ouvrir sans les arracher, malgré la tension qui les tiraillait. Une rougeur envahit les joues de la jeune femme alors que le tissu léger glissait le long de son dos. Elle leva un regard timide, presque apeuré, vers le visage de l’épéiste, pour observer sa réaction quant aux cicatrices qui striaient son buste blanc, ses cuisses. Les petites marques des flèches, la longue séparation de son torse en diagonale. Et puis la large brûlure sur son dos, certainement la plus impressionnante de toutes ses blessures.


    « PYARK !!! »
    Elle avait déjà entendu ça quelque part. Elle releva le torse alors qu’elle sentait la boucle de son soutien-gorge sauter.
    « Oh, pas devant les enfants ! »
    Petit clin d’œil pour apaiser l’un, tirage de langue pour faire fuir l’autre. En tout cas, le poussin, qu’il ait été apeuré, outré ou dégoûté, ou simplement obéissant, disparut à nouveau dans les fourrés. Hélène eut un soupir de contentement étouffé par un rire, et se laissa aller.

    Une rougeur qui prenait à nouveau ses joues. Des contacts, chauds et doux, des peaux l’une contre l’autre. Des sursauts, des soupirs. Quelques regards enfiévrés. Quelques actions téméraires qui arrachaient des sourires, quelques gestes trop brusques qui laissaient passer des petits cris. Et toujours cette façon candide et naïve d’accepter l’autre, de redécouvrir à chaque fois les sensations, les ressentir d’une façon toujours nouvelle. Expirer différemment selon. Et sourire, toujours sourire.



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Stefan
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MessageSujet: Re: Les rues sont pleines de surprises [Stefan / Hélène] [Nc -18, ohohoh]   Lun 5 Sep - 14:08

Assis ainsi contre cet arbre, une jeune femme magnifique allongée contre lui, un vent frais ébouriffant ses cheveux libres de tout Pyu, l'épéiste se sentait plus détendu que jamais. Hélène remua légèrement pansant les plaies de sa main en bien piteux état après l'agression musclée du petit oisillon tandis qu'un sourire compatissant prenait place sur le doux faciès du bretteur. Combien de fois ses propres mains s'étaient-elles retrouvées dans un état si pitoyable, voire pire, alors qu'il avait vexé l'oisillon ? S'emparant délicatement de la main blessée, il la porta à ses lèvres alors que la belle se retournait sur le ventre, retirant sa main en riant après que le bretteur y ait déposé un coup de langue taquin. L'autre main se déposa paisiblement sur l'attirail coloré du bretteur tandis que la jeune femme affichait un air songeur.

Il allait pour lui demander le fond de sa pensée lorsqu'une exclamation lui échappa. Une exclamation qui peignit une étrange expression sur le visage du nomade... Quelque chose à mi-chemin entre le « Mouhaha oui c'est bien moi jeune femelle cultivée ! » et le « Et mayyyyyyyrdeuh ! ». Une expression pour le moins particulière donc, contraignant le bretteur à réagir de la première façon qui lui venait à l'esprit : un rire. Simple et efficace.

- Finalement, j'ai retrouvée toute seule qui tu étais ! Même si les livres ne parlent pas beaucoup de toi.

Elle émit un petit rire, faisant écho à celui du bretteur qui posa un regard attendri sur elle lorsqu'elle le compara à l'un de ces héros de roman qu'elle avait l'habitude de lire.
- Le « héros » que je suis tient quand même à préciser que ce n'est pas la Vague mais bien la Dague Kathhhmmrmmpfhh...

Après tout qui s'en souciait ! L'homme à la chevelure verdoyante haussa les épaules et se laissa aller à ce nouveau baiser, sa main descendant lentement le long du dos de sa compagne tandis que les lèvres de celle-ci se perdaient au creux de son cou. Ses doigts remontèrent lentement le long de la colonne vertébrale alors que la demoiselle se redressait candidement.
- Est-ce qu'un héros de roman est fait comme un humain normal?
- Cette téméraire demoiselle aura-t-elle l'audace de le vérifier?

ZIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIP!


- Je me disais aussi...

Une feinte déception se peignit pourtant sur le visage légèrement ovale de la jeune femme sous le regard plus amusé qu'autre chose du « héros » lorsque la fermeture se bloqua pourtant à la ceinture du long manteau. Innocemment, l'homme aux cheveux verts croisa les bras derrière la tête en sifflotant alors qu'elle lui jetait un regard noir agrémenté d'un sourire resplendissant et fort prometteur. Le vêtement ne résista pas bien longtemps. Il faut dire que son possesseur offrait une résistance si acharnée qu'il fallut au moins... Vingt secondes à la jeune femme pour s'en emparer et aller le déposer un peu plus loin, accompagné de sa fidèle lame. Les quelques secondes où la cavalière se pencha en avant furent toutefois accompagnées d'un coup de vent fort bien placé que l'épéiste remercia longuement avant que la lancière ne revienne à son ouvrage laissé inachevé.

La veste violette dut finalement s'incliner face à une adversaire bien trop coriace... Adversaire qui ouvrit de grand yeux effarés face à la troisième couche de tissu, noire qui plus est, que portait le nomade. A sa remarque l'épéiste sourit tandis qu'un léger pincement à son oreille le faisait frissonner.

- Pas vraiment non... J'ai mon petit secret...

Sur ces bien mystérieuses paroles, et dans un grand moment d’héroïsme pur, il décida de soulager la jeune femme de cette robe qui lui tenait si chaud... Encore eut-il fallut que ses connaissances en matière de vêtement féminin aient été suffisamment développées pour lui indiquer où diable se trouvait l'ouverture de cette saleté de bout de tissu !

Profitant de sa confusion, sa compagne s'empara à l'improviste du haut et lui fit rejoindre le reste des vêtements, révélant enfin ce qu'elle recherchait tant. Et tandis que ses mains exploraient le torse mis à nu, les yeux de l'épéiste se perdirent dans l'expression songeuse qu'elle prenait lorsqu'un doigt effleurait l'une des nombreuses, peut-être trop, cicatrices ornant ici une épaule, là une côte. Ses bras se refermèrent sur la taille de la jeune femme alors qu'ils basculaient au sol, les brins d'herbe lui rafraîchissant délicieusement le dos.

Ainsi, alors que les lèvres de la jeune femme entreprenaient à leur tour de découvrir ce corps aux multiples blessures, l'épéiste affichait un véritable sourire de triomphe alors que sa main découvrait enfin les boutons permettant de libérer le corps de la jeune femme de ce carcan de tissu, bien gênant il fallait le dire. Son regard se posa sur la chair blanche et étonnamment meurtrie malgré son jeune âge. Ses pupilles bleues détaillèrent avec un mélange de curiosité toutes ces petites marques qui faisaient l’apanage des guerriers, qui contaient leur histoire plus sûrement que n'importe quel livre. De véritables trophées pour certains, une malédiction pour d'autre, la vision de tout un chacun différait selon les cas. L'intervention du poussin tira l'épéiste de sa contemplation muette, le ramenant à son occupation du moment. La lingerie était peut-être sympathique mais elle ne lui résisterait pas longtemps. Aussitôt pensé, aussitôt appliqué.

La suite fut un déluge de sensation pur et simple. Ses doigts décrivant la fine cicatrice séparant le torse de son amante en deux, ses lèvres suivant les courbes de ce corps si fort et pourtant si frêle entre ses bras, leurs sourires qui s'entrecroisaient. La découverte de la brûlure dans le dos ne sembla pas l'émouvoir plus que cela mais c'est avec une douceur plus extrême qu'il effleura ce pan de peau par la suite alors que leur échange se faisait plus intime, plus audacieux et pourtant si délicieux.

Un voyage au cœur de l'empire des sens, une rencontre inespérée et qui se finissait pourtant de la meilleure des façons possibles... Et puis il fallait le dire, la demoiselle en question connaissait son affaire et n'en était certainement pas à son coup d'essai. Un plus non négligeable dans ce moment qu'ils partageaient. L'exploration mutuelle de leur deux corps se faisait consciencieusement, non pas comme deux enfants qui auraient appris leur leçon mais plutôt comme deux joueurs professionnels qui connaissent les règles du jeu depuis longtemps et qui en auraient profité pour les améliorer à leur façon. Les caresses et les baisers arrachaient tantôt un sourire, tantôt un frisson, parfois même un soupir de convoitise, de plaisir ou tout simplement de bien-être.

Mais vient un moment où le plaisir simple du torse de sa partenaire ne suffit plus. Un moment où, tel un enfant trop gâté, on en demande plus, on souhaite aller plus loin, un moment où l'audace dépasse la simple politesse et où l'on se risque plus avant, la plupart du temps à la grande joie de l'autre. Si l'oisillon jaune était encore dans les parages, sans doute aurait-il lâché sa fameuse onomatopée ou peut-être se serait-il caché les yeux de ses minuscules ailes mais, en l'occurrence, le bretteur n'en avait strictement plus rien à carrer. Tout ce qui comptait désormais c'était ces deux grands yeux noisettes qui le contemplait avec toute la malice et l'espièglerie de la jeunesse à son apogée. Qu'en était-il de son propre regard ? Il l'ignorait et une fois de plus préférait se perdre dans la contemplation de l'autre plutôt que de se soucier du reste. Il était loin, très loin. A peine perçut-il les éclaboussures d'une de ses bottes projetées un peu trop violemment, un peu trop loin, il préférait se concentrer sur le rire cristallin de sa compagne. Le soleil faisait chatoyer sa peau légèrement halée tandis que celle d'Hélène, plus pâle, étincelait au moindre rayon. Un détail qui ne rajouta qu'un peu plus à la perfection de la scène lorsqu'enfin les derniers pétales de tissus tombèrent, laissant apparaître les deux Beorcs dans le plus simple des appareils. Simple mais diablement attrayant songea-t-il au passage...

A un de ses regards coquins plus appuyé, il ajouta une apparition de sa langue, se pourléchant le coin des lèvres. Les yeux noisettes disparurent alors de son champ de vision alors qu'un sourire béat éclairait son visage tandis qu'il se laissait tomber sur le dos, les bras en croix. Les baisers et les caresses ne suffisaient plus il fallait s'intéresser au vif du sujet. Heureusement pour lui le vif du sujet l'attirait particulièrement, il aurait sans doute eu du souci à se faire dans le cas contraire mais rappelons-le, les soucis n'étaient certainement pas à l'ordre du jour en cet instant précis.

Se mordillant le coin de la lèvre sous le plaisir croissant, il entreprit à son tour de ne pas rester inactif, usant de toute son habileté et de sa dextérité lui permettant de capturer un poussin en plein vol, pour combler sa demoiselle. Le souvenir de son affrontement contre l'oisillon à caractère de cochon lui eut sans doute arraché un sourire s'il n'avait point eu la bouche prise aussi se contenta-t-il simplement de rester... concentré.


Stefan - Broken Soul

et sinon

je suis toujours Piiiiiiiiiscine love o/


Dernière édition par Stefan le Sam 10 Sep - 11:34, édité 2 fois
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Les rues sont pleines de surprises [Stefan / Hélène] [Nc -18, ohohoh]

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