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 [PV : Lain]

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avatarQuintessence de l'Absurde


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MessageSujet: [PV : Lain]   Lun 22 Nov - 23:31


Il est de ces lieux où le temps et l’espace ne comptent plus. Des lieux où chaque seconde peut vous sembler une année et où une année n’est plus qu’un instant. Des lieux où tout vous semble différent, où plus rien ne peut vous prouver que vous existez. De tristes songes où le désespoir menace de vous engloutir à chaque instant. C’est dans ces lieux que se révèle la véritable nature d’un individu. Les couards, les lâches, ceux que la vie a brisés et qui ne sont plus que le jouet du destin, ballotés entre deux évènements par une force obscure ; mais également les braves, les forts de ce monde, maîtres de leur existence ayant passés outre les pires difficultés. Chacun choisit en ces moments la voie qui lui convient, chacun prend conscience de ce qu’il est réellement en ces moments fatidiques, en ces lieux où plus rien ne semble réel.

Ainsi, en ce lieu intemporel, s’enfonçaient deux volontés. L’une forte et maléfique, l’autre soumise à la première. Une lame finement ouvragée à l’aura maléfique et son réceptacle de chair à la chevelure flamboyante, toutes deux transportées dans le même songe étrange. Il n’y avait pas de sol, pas de ciel, pas de lumière non plus et la seule raison pour laquelle l’épéiste pouvait les voir, elle et son arme dans cet univers sombre et effrayant, était la lueur qui pulsait de son propre corps ainsi que de la lame argentée. Autrement il n’y avait rien : les ténèbres dominaient ce monde noir et froid, engloutissant les deux créatures et brisant leur repère. Pourtant, la femme se tenait semblait-il debout, son arme à la main. Que devait elle penser, elle, petit être de chair insignifiant, transporté dans ce monde hors norme alors que le sommeil l’avait happée ? Qu’importe. Elle était là après tout elle... Et l’entité qui ne la quittait plus. Elle devrait faire avec. Alors que la jeune femme semblait prendre conscience du monde dans lequel elle se trouvait, les ténèbres s’animèrent. Pulsant tel un gigantesque cœur, le songe se mit à répercuter mécaniquement les battements sourds et répétitifs de l’organe. Devant la jeune femme, un cocon bouillonnant se forme petit à petit, grandissant et s’étirant jusqu’à dépasser la jeune femme. L’aura qui s’en dégageait était tout sauf rassurante et la structure émit un bruit de succion lorsqu’une lame en émergea.

La lumière qui en pulsait était de même nature que celle de la Lame Fantôme. Une lueur froide et noire, animée par une volonté maléfique. L’acier irisé se dégagea rapidement, suivi d’une garde finement ouvragée que tenait une main blanche. Les ténèbres se retirèrent de l’être à la pâleur cadavérique qui se tenait maintenant devant elle. Tout comme l’épéiste, seule la lueur en provenance de son corps permettait de la distinguer. Ses vêtements moulants soulignaient ses formes féminines peu développées et sa lame rivalisait de beauté avec celle de l’épéiste. Elle était cependant plus grande qu’elle mais ses cheveux coupés courts avaient la même teinte flamboyante et ses yeux gris acier transperçaient littéralement la jeune femme qui lui faisait face. Semblant s’animer d’un seul coup, elle se redressa et contempla l’épéiste avant que ses lèvres fines ne laissent échapper quelques mots :

- Tss... Une humaine.
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MessageSujet: Re: [PV : Lain]   Lun 22 Nov - 23:31

Ténèbres : Obscurité épaisse, profonde.

    Où était-elle ?
    Que faisait-elle ?
    Que devait-elle faire ?
    Était-elle morte ?
    Pourquoi n'entendait-elle plus rien ?
    Pourquoi ne voyait elle rien ?
    Pourquoi ne sentait-elle plus rien ?
    Morte ? ... Mais depuis quand ?


Toutes ces questions ainsi qu'une multitude d'autres se bousculaient dans sa tête. Un véritable capharnaüm.
Ses pensées virevoltaient, tournoyaient pour ensuite finir happer dans les abysses qui l'avaient elle même engloutie.
Rien. Elle n'en savait rien. Mais qu'importe ? Pourquoi s'en souciait-elle ? De toutes ces choses sans importance..
Lain n'en avait strictement rien à faire à présent.
Qu'il était simple de se laisser emporter et manipuler au gré d'une autre volonté. Conscience et raison avaient déjà pris le large depuis longtemps, tout comme les questions inutiles.
A quoi bon penser et essayer de résister ? Contempler la scène en tant que spectatrice, voilà ce qu'elle faisait et ferait désormais. Tout était devenu si facile maintenant qu'elle avait abandonné toute lutte.
Mais alors, pourquoi son cœur se serrait-il à cette idée ? ...

Les ténèbres avaient une définition bien pâle comparé au lieu - du moins si c'en était un - où elle se trouvait maintenant.
Temps ? Non, lui aussi lui échapper. Il s'écoulait, se déformait. Se distordait. Tout comme son univers.
Ses points de repère envolés, tout comme sa volonté, tout laissait désirer qu'elle allait errer ainsi. Sans but et sans fin, à travers ce néant inextricable où se serait sans doute ouvert une abysse de terreur si elle avait pu ressentir quoique ce soit en ce moment..
Mais Lain l'avait scellé.
Les sentiments faisaient bien trop mal. Il lui avait dit de s'en débarrasser, elle l'avait alors écouté. Sagement. Puis elle avait jeté la clé on ne sait où. Quelle importance de toute façon ?


...

Et le monde se créa. Ou plutôt non. Il avait toujours été là. Mais ce n'était que maintenant qu'elle avait pris conscience de sa présence en son sein. Silencieux et sombre, on aurait dit qu'il n'attendait que le moment opportun pour l'y trainer.
Sans doute aurait elle été probablement surprise et effrayée en temps normal. Sans doute aurait elle couru jusqu'à perdre haleine dans un couloir sans fin, pour pouvoir essayer de s'en extirper.. En temps normal, oui.
Mais la normalité était un mot étranger en ces lieux.
Alors, elle se contenta simplement de poser un regard vide où ne perçait aucune volonté. Lame en main, elle ne cilla pas lorsque son monde s'anima et lui montra un spectacle digne d'horrifier le plus courageux des hommes.

L'avait elle entendu, ce bruit dégoutant de succion lorsqu'une lame sortit d'un cocon qui était apparu aussi soudainement qu'elle ici ? La voyait elle vraiment cette horreur abjecte qui s'en était dégagé et lui faisait désormais face ?
Sans haine et sans crainte, Lain la dévisageait calmement, de ses deux sphères sans vie. Seule une légère inclinaison de tête sur le côté confirma qu'elle avait entendu les paroles. Celles ci, comme ses pensées voulurent immédiatement s'enfoncer des abysses et s'y terrer à tout jamais.
Le temps s'écoula. Distordu. Une seconde ou un siècle sembla s'écouler, et, sous un effort qui semblait surhumain Lain prononça les mots. D'une petite voix, timide et non sûre d'elle, qui ne semblait pas lui appartenir.. Ou du moins, appartenait-elle à un fantôme de son passé.
Le sien.


- Oui, je le suis..

Elle marqua une pause, semblant méditer sur ces quatre mots ou sur la suite. Elle n'était plus sûre de rien. Ne savait rien. Sous le regard acéré de celle qui lui faisait face.. Non, sous SON regard acéré qu'elle aurait du avoir, Lain se sentit soudainement plus petite. L'abomination qui l'entourait continuait petit à petit à resserrer l'étau impalpable et invisible autour d'elle. C'en était presque étouffant. Mais elle reprit d'un ton monocorde et aussi distant qu'elle.

- Et toi ? Qu'es tu donc ?

Malgré tout, Lain continuait de fixer l'horreur qui lui faisait face.
Elle aurait très bien pu faire face à la Mort que ça n'aurait rien changé.
Oui, tout était bien plus facile lorsqu'on abandonnait nos convictions inutiles.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: [PV : Lain]   Lun 22 Nov - 23:32

- Oui, je le suis...

A ces mots, les traits de la jeune femme se crispèrent en un féroce masque de haine. Elle ne réagit cependant qu’à la question suivante :

- Moi ?

Rejetant la tête en arrière elle éclata d’un rire désincarné dont les échos retentirent infiniment dans l’espace de néant où elles étaient enfermées :
- Alors il existe des gens qui ne me connaissent pas ? T’as vécues en ermite au fin fond d’une grotte paumée c’est ça ? Je m’disais aussi vu ton look...

Elle souligna sa dernière phrase par un sourire cynique avant de brandir son arme aux reflets étincelants et de scander sur un ton triomphal :
- Je suis Lain Faren !

A ces mots, une gamine rousse s’était matérialisée derrière le réceptacle, agitant son poing minuscule dans les airs. Sur le coté, une adolescente brandissait Coronach face à un groupe d’hommes à l’allure patibulaire. D’autres reflets apparurent également, reprenant chaque fois la même phrase, emplissant l’espace de ces mots avant de se dissoudre en un instant:
- La meilleure bretteuse de tout Tellius !

A nouveau la phrase retentit dans l’espace telle un coup de tonnerre. Les reflets se matérialisèrent de nouveau mais cette fois, beaucoup représentaient la jeune femme couverte de sang, les hommes qu’elle avait affrontés gisant sur le sol. Tout disparut également en une fraction de seconde. Abaissant son arme, la femme contempla d’un air suffisant le réceptacle de chair qui lui faisait face :
- Toi je ne suis même pas sure que tu puisses encore prétendre à ce titre. Tu n’es rien qu’une humaine. Une sale Beorc !

Le mot résonna alors comme une insulte tandis que la haine envahissait le visage de Lain, déformant ses traits et tordant de nouveau sa bouche en un rictus. Ses yeux gris étincelaient d’une rage sincère et c’est d’une voix rendue légèrement suraigüe par l’excitation qu’elle reprit sans se préoccuper de l’autre :
- Oui... Les Beorcs... C’est de leur faute si papa est mort ! La guerre d’Ashnard, les raids chez les Laguz... C’est parfaitement logique ! Si on ne les avait pas attaqués ils ne seraient pas venus... Et maintenant...

Elle redressa de nouveau sa lame et en contempla les reflets irisés d’un air fanatique. Le silence engloba le néant avant d’être de nouveau rompu par Lain :
- Oui maintenant il faut choisir à qui va notre soutien. Papa est mort à cause des hommes... Je dois donc soutenir les Laguz... Et supprimer la vermine!

Elle redressa la tête et contempla l’être qui lui faisait face. Son regard était empli de détermination mais sa voix trahit l’ampleur de la folie qui l’habitait :
- Il me l’a dit ! Il a confirmé mes soupçons et m’a donné la force !

D’un geste théâtral, elle balaya l’espace alentour, animant alors celui-ci. D’autres silhouettes se formèrent : des hommes, des femmes et des enfants qu’elle avait connus. Ici un lancier aux cheveux blancs, là un homme au regard vairon, derrière un épéiste aux cheveux verts... La liste était sans fin, d’autres apparaissaient à n’en plus finir. Lain ferma les yeux et inspira un grand coup, semblant par la même retrouver la raison. Et c’est d’une voix infiniment plus contrôlée qu’elle reprit :
- Et je l’ai fais. Tous. Les uns... Deux hommes tombèrent égorgés... Après les autres.

Le lancier s'écroula en se tenant la poitrine, l’homme au regard vairon porta une main à sa gorge et s’effondra alors que la tête verte de l’épéiste roulait au sol. Lain posa un regard suffisant sur la jeune femme qui lui faisait face alors que les corps s’amoncelaient autour d’elle. Son visage avait retrouvé sa sérénité et un mince sourire ironique dansait sur ses lèvres. Autour de la fillette qui lui faisait face, des formes animales étaient apparues. Des oiseaux, des félins, tous le produit de la haine du réceptacle, mutilés, brulés, massacrés :
- Nous sommes pareilles toi et moi. Tu t’es simplement trompée de chemin... C’est ton seul tort... Avec celui de ta naissance.

Sa voix n’était plus qu’un murmure alors qu’elle armait son bras :
- Tu es une Beorc... Les Beorcs doivent mourir ! Pour venger mon père ! Pour la paix !

Sa lame rayonna alors qu’elle se jetait sur celle qui lui faisait face, un sourire carnassier plaqué sur le visage.


"Les Dieux jouent avec les Hommes.
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MessageSujet: Re: [PV : Lain]   Lun 22 Nov - 23:32

    "I'm not afraid. I'm just running away, because i can't do anything about it.."

Quelle sensation étrange.
Sentir son monde se distordre tout autour de vous à chaque seconde, mois ou décennie qui passe, pendant que vous même vous vous tenez immobile sur un sol invisible et impalpable.. Il n'y avait rien de plus dérangeant que de perdre tous ces repères auxquels vous vous accrochez en vain pour ne pas sombrer.
Vraiment ? Non, en réalité, tout ceci était encore un cran en dessous du fait de se trouver face à l'horreur personnifiée.. sous vos propres traits.
Mais encore fallait-il en avoir conscience..


L'humaine ne pouvait détacher son regard. De toute façon, qu'aurait elle regardé d'autre ? Il n'y avait personne d'autre en ce lieu. Il n'y avait rien d'autre. Pas même une quelconque issue.
Le rire sardonique et inhumain qui était sorti de l'abomination ricocha sur les parois invisibles de ce lieu clos, mais pourtant infini. Il bondissait et virevoltait jusqu'à se loger dans la tête de la petite épéiste pour ricocher, encore et encore, sans jamais pouvoir s'arrêter un jour.
Même si elle ne ressentait pas la peur, Lain ne put réprimer une envie irrésistible de fuir loin, très loin de ce son si désagréable. Le flot de paroles qui survint après n'arrangea rien.

Elle connaissait cette voix, ce ton, et même ce nom... Lain Faren ...
Pourquoi ces deux mots la rendait-elle soudainement nostalgique ?

Lain ouvrit la bouche lorsqu'elle ressassait en vain ce nom. Mais aucun son n'en sortit.
Pourquoi .. Pourquoi semblait-il lui manquer quelque chose ? Une chose importante qui lui échappait à chaque fois qu'elle pensait pouvoir l'attraper ? Taquine, celle-ci repartait à chaque fois au triple galop lorsqu'elle s'en rapprochait, mais l'attendait toujours au tournant, l'invitant à venir la chercher.
Pour elle, à cet instant précis - si l'on pouvait encore parler d'instant dans cette distorsion -, elle avait toujours été là. Il n'y avait jamais eu "d'avant", ni "d'après" d'ailleurs. Elle se contenait simplement d'exister dans ce lieu qui ne semblait pourtant pas exister. Point.
(Après tout, cela ne changeait pas trop du monde connu de nous tous. Considérez seulement cela, comme une renaissance.)

Sous ses yeux grisés se matérialisèrent enfin d'autres images qui filèrent s'imprimer sur le fond de sa rétine. Des images au contour incertain et translucides pour la plupart.. Ainsi qu'une phrase lancée à toute volée, qui brulait de convictions. A l'entendre, son cœur se serra davantage.
Si familières... Mais pourtant si étrangères.
Pourquoi, ô pourquoi, n'arrivait elle pas à saisir cette chose qui lui manquait cruellement ?

La douleur dans sa poitrine allait en s'accroissant.
Les mots. Qu'est ce qu'ils faisaient mal. Lâchés à toute volée, crachés presque, ils la percutaient de plein fouet. Ébranlant encore un peu plus son cœur meurtri. Si l'horreur qui l'incarnait gagnait en puissance et en folie, c'était tout l'inverse pour elle.
Lain suffoquait, sans comprendre pourquoi. Les fils invisibles se resserraient autour d'elle, l'étreignaient pour mieux l'étouffer. Si bien qu'elle finit par tomber, à genoux, lâchant son épée qui perdit sa lumière surnaturelle en touchant le néant.
La respiration difficile, malgré sa main portée à la gorge, elle regardait se succéder le défilé de morts qui rejoignaient sans trop tarder les autres.
Petite.. Qu'est ce qu'elle se sentait petite et faible, face à ce boucher qui charcutait tout ce qui passait en exultant de joie. Ses yeux lui piquaient affreusement, tandis qu'elle regardait encore et toujours ce spectacle sans fin de massacre. Il était déjà bien dégoutant en soi, mais surtout dérangeants, bien qu'elle ne sache pourquoi..
Ils tombaient. Un par un. Tous. Comme des fétus de paille, tel que l'abomination l'avait annoncé.
Ils tombaient et s'amoncelaient autour de cette horreur qui dansait et prenait un plaisir fou à déchirer, lacérer, embrocher ces personnes comme de simples poupées de chiffon.
A ses pieds, ils ne devenaient qu'un ramassis de chair informe et répugnant.
Rejoignant le néant.


Papa.. Son village .. Ashnard .. Ces gens ... Mort.. Tous morts..
Beorcs .. Laguzs ...
Force
Elle n'était plus censée avoir mal, il avait dit qu'elle n'aurait plus jamais mal si elle le fermait.. Alors pourquoi ? Pourquoi ça ne marchait pas ? Pourquoi sa vision était-elle obscurcie par ses larmes ?
Impitoyables et tranchants, ils lacérèrent un peu plus son âme à chaque fois. Ils se mêlèrent aux rires qui n'avaient toujours pas cessé.

Arrête.
Elle aurait voulu lui dire. Le crier. Mais la boule dans sa gorge l'en empêchait.
Alors que le dernier reflet rejoignit ses semblables en tombant en morceaux de chair, la vérité qu'elle cherchait tant, lui éclata au grand jour. La voix qui n'avait cessé de l'accompagner depuis peu n'était plus là. Elle avait cessé. Aussi, n'était elle plus obligée de l'écouter.
Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'elle comprit enfin, pour retrouver leur couleur originelle. Celle de l'acier trempé.
Cette horreur qui lui faisait face n'était autre qu'elle même.
Elle se souvenait à présent. Cette voix, ce ton, ce nom. Ils étaient tous sien.
Mais quelque chose clochait dans les propos de sa copie. Malgré toute l'assurance et la puissance qu'elle montrait, Lain ne put se sentir désolée pour elle. Perdue, voilà ce qu'elle semblait être.

La marionnette sans vie et sans volonté qu'était jusqu'alors l'humaine, emprisonnée dans ses propres fils, s'anima petit à petit, pendant ce laps de temps si long mais pourtant si court.
Lain les coupa un a un jusqu'au dernier tandis qu'elle reprenait réellement conscience de ce qui se passait.


Nous sommes pareilles toi et moi. Tu t’es simplement trompée de chemin... C’est ton seul tort... Avec celui de ta naissance.

Secouant lentement et tristement la tête, Lain répliqua d'un ton presque égal, si ce n'est cette crainte de petite fille qui y perçait.

- Tu te trompes. Nous ne sommes en rien semblables. Tu n'es pas .. moi.

Elle ne fit même pas attention au spectacle affligeant des cadavres sous humains qui l'entouraient. Toute son attention était reportée sur son prochain ennemi qui fonçait droit sur elle.
Toujours à terre et désarmée, l'épéiste ne prit pas le temps de se demander si les roulades fonctionnaient dans ce monde sans sol qu'elle avait déjà roulé vers l'épée qui était restée non loin d'elle. L'arme se remit alors à briller de cette lueur si surnaturelle qui lui était propre.
Lain s'en était saisi juste à temps pour parer un coup puissant qui l'envoya quelque mètres plus loin.... Sauf que les distances aussi semblaient se moquaient d'elle dans cet univers.
Aussi, à peine eut-elle le temps de se relever et se mettre en garde, que déjà un autre coup venant d'un endroit où il ne semblait avoir personne fusa. L'épéiste se contorsionna et parvint à esquiver tant bien que mal...


- Tu n'as pas répondu à ma question. Qu'es-tu .. réellement ?
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MessageSujet: Re: [PV : Lain]   Lun 22 Nov - 23:32

Sa lame effleura à peine le crane de la gamine tandis que celle-ci roulait sur le coté pour récupérer son arme :
- Pas toi ?

Un ricanement méprisant lui échappa tandis qu’elle se fondait dans les ténèbres environnantes :
- Qui voudrait te ressembler ?

Jaillissant de l’ombre, elle se précipita sur le dos vulnérable de la jeune Beorc mais son attaque ne frappa que le néant, la décontenançant légèrement :
- Une coquille vide voila ce que tu es ! Aucune créature vivante digne de ce nom ne voudrait ne serait-ce qu’approcher de ce que TOI tu es devenue!
- Tu n'as pas répondu à ma question. Qu'es-tu ... réellement ?

Encore cette question... La haine tendait les traits de Lain tandis que sa main, crispée sur la garde de sa lame, tremblait de rage. Comment cette sale humaine osait-elle la défier ? Comment osait-elle mettre en doute ses paroles ?
- Je suis... Je suis...Elle s’élança dans un rugissement de colère : Je suis Lain Faren !Les deux lames s’entrechoquèrent, provoquant une pluie d’étincelles tandis que chaque parcelle d’acier brillait de milles feux. Je suis l’incarnation de la vengeance des Laguz ! Je dois éliminer tous les Beorcs ! Sans exception !

Elle repoussa son adversaire et reprit rapidement ses appuis avant de s’élancer de nouveau, mais l’autre possédait également de bon réflexes et leurs lames se rencontrèrent de nouveau à plusieurs reprises, chaque choc étant plus sourd et violent que le précédent :
- Toi qui déteste ce peuple que je protège ! Prépare toi à sentir toute la puissance de ma haine !

Elle attaqua alors de front, épée pointée droit vers la gorge de son adversaire, sans protection apparente. Un sourire sadique naquit sur ses lèvres alors que l’autre amorçait déjà son mouvement et elle disparut de nouveau, comme absorbée par le néant avant de réapparaitre immédiatement dans le dos de l’épéiste, son regard glacial braqué sur la nuque sans défense de cette dernière:
- Meurs!

[HRP]Oui je sais spas très original m’enfin ce n’est que le début. Promis je vais devenir plus original si tu survis X)[/HRP]


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MessageSujet: Re: [PV : Lain]   Lun 22 Nov - 23:33

Elle s'enfonçait.

De plus en plus, au cœur d'un cauchemar dont elle n'avait aucune maitrise et où la logique avait depuis longtemps prit la fuite.
Mais pouvait-on maitriser quoique ce soit de toute façon ? A la vie comme dans les songes, rien n'était certain et acquis. Aucun humain ne pouvait se vanter d'avoir dompté cette chose communément appelée destin. Dire que l'on maitrise quelque chose n'est qu'une illusion. Un souhait irréalisable auquel on se raccroche quand même.
Car tout finit par nous échapper un jour.
A commencer par nous même.


    "Pauvre petite chose égarée, parviendras-tu à retrouver ton chemin ... ?"

Tout n'était que pure fantasmagorie cauchemardesque. Mais elle ne pouvait se dépêtrer de ce rêve sordide, puisque c'était devenu sa réalité à présent.

Contemplant avec effroi et incompréhension la silhouette méphistophélique qui lui faisait face, Lain se demandait encore comment ses jambes tenaient encore sous elle, tant la peur lui tiraillait les entrailles. Elle ne pouvait bénir que ses réflexes acquis par des années d'entrainement et de combats acharnés... Mais combien de temps encore allaient-ils pouvoir la sauver, dans ce monde où aucune loi physique connue des hommes ne semblait exister ? ... Un monde qui ne devrait même pas exister.

Malgré tout ce qu'elle pouvait penser, son double avait raison..
Elle était bel et bien une coquille vide en ce moment. Même libérée des fils invisibles, qui avaient aussi bien lacéré son corps que son âme, elle avait peine à se trouver une quelconque consistance. Les sentiments nouvellement retrouvés ne lui avait emmené que la peur et la désolation.
Pauvre petite chose.
Si elle ne faisait rien, elle allait mourir, elle le savait.
Mais pouvait-elle réellement faire le poids face à un adversaire qui avait autant de force et ne semblait pas connaitre le moindre doute ?
Lain para. Encore et encore. Sans grande conviction tandis qu'une foule de questions se bousculaient dans sa tête et tandis que la peur menaçait un peu plus de l'emporter.. A chaque mot qu'elle prononçait, l'humaine doutait encore plus. Et plus l'incertitude la gagnait, plus ses craintes revenaient au triple galop. Le semblant d'expression déterminée qui était réapparut sur son visage commençait peu à peu à s'effriter, tandis que l'horreur, omniprésente et grandissante, continuait de s'insinuer en elle.
Face à autant de puissance, la petite épéiste ne put retenir un hoquet de stupeur et ferma les yeux le temps de se retrouver acculée à un mur invisible.

L'échange était terminé. Les deux lames qui avaient éclairé la scène de leurs étincelles, se faisaient face. Une en garde et prête à tuer. L'autre baissée et tremblante.
Lain, quant à elle, les yeux agrandis par la terreur, ne comprenait absolument pas ce qu'il lui arrivait. Elle ne voyait plus rien, n'entendait plus rien.. Mis à part ce mot : Laguz.
Si abominable. Si détestable. Si dégoutant, qu'il ne méritait pas d'exister, tout comme ces immondices qui les désignaient.
Une seconde passa, mais sembla une éternité pour la petite fille brisée intérieurement.
Bien sûr qu'elle avait peur. De cette chose. De ce monde. De tout.. à commencer par elle même.
Et puis, son visage de décomposa, tandis que sa bouche s'ouvrit pour laisser échapper un hurlement de terreur.

Non.. Cette chose ne pouvait être elle.

Elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait pas.

- NON ! TU MEEENS ! TU MENS !! TU NE PEUX PAS ÊTRE LAIN ! ...

Qu'avait-elle entendu ? Cette chose qui se prétendait être elle les protégeait ?
C'était si... Désopilant.
Qui voulait-elle duper avec ça ?

Lain n'avait toujours pas bougé et continuait de fermer les yeux alors que dans sa tête régnait un capharnaüm monstre. Mais sans qu'elle ne le veuille réellement, une partie d'elle enclencha Prémonition.
Et même si ce monde ne ressemblait absolument à rien de connu ; même si son adversaire n'avait rien d'humain, la jeune femme savait désormais.
Lorsqu'elle ouvrit ses yeux, ils étaient d'une blancheur opaque. L'horreur qui avait imprimé son image rémanente sur sa rétine disparut soudainement. Cette dernière aurait très bien pu l'attaquer de face comme elle avait l'air de vouloir le faire que Lain ne l'aurait pas vu de ses propres yeux. Prémonition l'avertit de la ruse. Le coup viendrait de derrière.

L'humaine esquissa un sourire et se baissa pour éviter une nouvelle fois la lame au sifflement meurtrier, avant de faire volte-face et d'essayer de reporter un coup à son adversaire. Nouvelle parade. Nouveaux échanges.


- Mourir ?

Lain laissa échapper un rire nerveux, absolument pas contrôlé à ce mot qu'elle avait prononcé en tremblant. Sa prise se raffermit sur sa lame qui s'illuminait toujours de plus belle dans ce lieu si noir. Tandis qu'elle laissait sa raison l'abandonnait peu à peu. L'angoisse, elle, avait à présent terrain libre.

- C'est toi.. toi et toi seule qui mérite de mourir ici ! Ne serait-ce que pour avoir prononcé ce mot qui me fait tant vomir !!!

L'humaine continuait sans relâche d'envoyer une salve d'attaques en direction de l'horreur tandis que son ton allait crescendo.
Et qu'elle se perdait davantage...

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MessageSujet: Re: [PV : Lain]   Lun 22 Nov - 23:33

- Mourir ?

La petite voix, celle qui avait semblée si frêle au premier abord puis complètement terrorisée, était désormais froide et cinglante. Elle avait hurlée. Elle avait lâchée prise et désormais, elle sourdait la rage et la haine comme jamais. La victoire était proche. Tandis que la gamine esquivait le coup, un sourire cruel s’afficha sur le visage blanchâtre de son double :
- C'est toi.. Toi et toi seule qui mérite de mourir ici ! Ne serait-ce que pour avoir prononcé ce mot qui me fait tant vomir !!!

Parade, blocage, esquive, reculer tout de suite. En deux bonds, Lain se trouvait hors de portée de l’épée scintillante de son adversaire. Les yeux qui la contemplaient étaient blancs et opaques. Prémonition. Les ténèbres pulsaient au rythme de la haine de l’épéiste en un rythme lancinant mais excitant :
- Oui… Viens à moi.

Les deux femmes chargèrent en même temps. L’espace résonnait de leur coups acharnés, l’air ambiant était lourd et oppressant, chargé de tension, de rage et de haine tour à tour dirigée sur l’une ou l’autre. La détermination de l’une se reflétait dans le regard blanc de l’autre. Le coup partit. Elle n’eut pas le temps de parer. Elle aurait pu faire appel aux ténèbres pour la protéger… Mais il n’était pas temps. Pas encore. Le sang vola dans cette étrange dimension tandis que Lain reculait de nouveau, contemplant la plaie béante de son abdomen d’où s’écoulait un sang noir et épais. Cependant la blessure, au lieu de l’affaiblir ou de la faire souffrir, lui arracha un énième rire dément et suraigu. Les bras écartés, elle riait encore, provoquant son ennemie, se moquant de la douleur elle même :
- Ta haine te rend plus forte ! C’est bien laisse toi aller ! Déteste-moi encore et encore ! Je te tuerais pour sauver les Laguzs. Aucun sale humain ne doit m’échapper !

Encore une provocation puérile et grossière mais elle perçut très nettement l’écho de rage que lui renvoya la fillette. Tandis qu’elle parlait, sa lame se mit à rayonner. Le sang cessa de couler et les lèvres de la plaie se refermèrent. Lentement mais surement, la créature cicatrisait. Son adversaire se jeta sur elle mais elle fut plus rapide et la lame ne fouetta que le vide tandis qu’elle contrattaquait d’un coup de botte bien placée, envoyant valdinguer encore une fois la gamine malgré Prémonition:
- Voyons voir laquelle de nous deux ne mérite pas de « vivre »

Elle avait accentué le dernier mot, le lâchant dans une sorte de gloussement ironique. Ses yeux étaient désormais d’un blanc aussi pur que ceux du réceptacle. Elle était aveugle mais qu’importe. Elle savait où l’autre était. Elle le sentait. Les ténèbres lui parlaient au même titre que son épée. Une voix calme et apaisante qui lui dictait ses actes. Elle n’avait plus besoin de douter. On décidait pour elle. Elle savait quoi faire. Elle s’élança de nouveau mais au lieu d’abattre son épée, elle esquissa un mouvement empli de grâce suivit immédiatement d’une attaque rapide sur le coté. Sans même prendre le temps de faire attention à la parade, la femme se précipita sur l’autre coté, reprit appui sans frapper et attaqua par devant… Sa lame ricocha une nouvelle fois sur celle de l’épéiste mais il était trop tard. Le rythme était donné. Les ténèbres riaient. Le désespoir émanait de sa lame et suintait de l’espace environnant tel une liqueur démoniaque, se distillant dans les airs, enivrant les deux combattantes. Elle enchaina une nouvelle botte se révélant être une feinte avant de décocher un coup de pied aussitôt suivit d’une attaque gracieuse. Nouvelle parade. Elle pivota sur elle-même plusieurs fois, se retrouvant dans le dos de son adversaire. Le rythme s’accéléra. Deux coups fusèrent, l’un paré l’autre esquivé. Combien de temps allait-elle tenir ?

Elle lui souriait. Sans cesser de danser ni de frapper elle lui souriait de toutes ses dents. L’océan de noirceur dans lequel elles se trouvaient désormais ne faisait qu’augmenter leur rage mutuelle. Chaque coup était plus violent et plus puissant que le précédent mais la jeune femme parait avec détermination. Leurs lames étincelantes se croisèrent de nouveau tandis que Lain lui susurrait passionnément:

- Impressionnant… Mais après tout il s’agit de notre technique.

Elle accentua sa pression sur les lames pour forcer l’autre à maintenir le contact. Si elle se dérobait, elle aurait une magnifique ouverture. Elle ne percevait plus que haine et désespoir chez son adversaire. Il était temps. Ses yeux blancs se réduisirent à deux fentes reptiliennes tandis qu’elle se penchait bien plus près de son visage. Son sourire s’était élargit mais il contrastait étrangement avec le ton doucereux qu’elle employa :
- A quoi bon lutter ? La peur et le désespoir sont inutiles. Deviens forte, abandonne-toi à moi. Il ne tient qu’à toi de le faire. JE suis Lain Faren.

La Lame fantôme du réceptacle s’illumina alors, semblant flamboyer. Son éclat n’émettait pour autant aucune lueur. Les ténèbres semblaient même se refermer petit à petit, se resserrant sur les deux silhouettes solitaires, leur étreinte glacée s’ajoutant aux effets de la danse. Mais tandis qu’elles emprisonnaient l’une, l’autre semblait en tirer assurance, confiance et force. Une voix d’outre tombe répercutait sans fin les paroles de Lain tandis qu’elle se sentait grandie et soutenue :
- Deviens forte. Donne-moi… Le pouvoir de t’aider. Tu sais que c’est ce que tu souhaites.

Sa voix adoucie, presque langoureuse, contrastait avec la force qu’elle mettait dans sa poussée. La lueur de la lame fantôme irradiait désormais, éclat noir et froid et pourtant si attirant. Il n’y avait plus d’espace désormais. Elles étaient enfermées dans un cocon ténébreux… Si proche l’une de l’autre. Le regard blanc de la femme la fixait toujours, semblant capable de lire en elle, de fouiller son esprit avec tant de facilité. Si hypnotique… Si séduisant :
- Abandonne. Tu n’as pas besoin de souffrir.


"Les Dieux jouent avec les Hommes.
Moi, je me joue des Dieux."
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MessageSujet: Re: [PV : Lain]   Lun 22 Nov - 23:34

Abjectes et répugnantes.

Telles sont les personnes qui se sentent obligées de "copier" la personnalité des autres pour combler le vide qui constitue la leur. Ces pauvres copies, ces pauvres âmes, qui s'approprient ce que les autres font, ce qu'ils sont. Sans jamais penser à rien d'autre qu'à elles-mêmes..
Mais en oubliant qui elles étaient réellement.

Pitoyables petites choses sans consistance, aucune.

Telle était l'abomination qui dansait avec elle en ce moment même.
L'horreur personnifiée en ses propres traits, qui lui affichait sans cesse ce sourire carnassier qu'elle rêvait de lui ôter, déchirer, réduire à tout jamais dans une bouillie infâme. La haine allait en s'accroissant, cela se ressentait aussi bien dans le propre ton de sa voix, ses mimiques, mais surtout dans la puissance de ses coups.
Cette "pâle" copie.. Comment osait-elle prendre son nom et ce qu'elle avait de plus cher, à savoir ses souvenirs ? Comment osait-elle se moquer d'elle de sa propre voix ? Et comment osait-elle vouloir défendre ceux qu'elle détestait le plus au monde ?
Lain avait resserré sa main sur la garde de son épée, à s'en faire blanchir phalanges. Prête à tout pour lui faire regretter d'avoir, ne serait-ce essayé de lui ressembler.
Prête à tout pour planter encore et encore son épée dans sa chair à la pâleur cadavérique. Le sang qui coulerait ferait alors écho à tout ce rouge qui suintait en ce moment même de son cœur meurtri.
Massacrer. Déchirer. Détruire. Elle n'avait plus que cette pensée en tête. Oui, elle se sentirait certainement mieux après, puisque son désir le plus ardent en ce moment était de faire souffrir cette entité. Voilà le tourment que subissait sa psyché à ce moment même.


Seulement voilà, cette chose avait beau la dégoûter à un point inimaginable, elle ne pouvait s'en défaire, et dansait toujours avec elle.

Une danse macabre, certes, mais qui en aurait charmé plus d'un spectateur éventuel si tant est qu'il puisse en avoir un dans cet univers irréel.
Les coups pleuvaient de toute part.
D'une précision mortelle et d'une cadence effrénée.
Mais chacun rencontrait un obstacle en chemin et ne parvenait pas à atteindre le point vital qu'il visait.

Les deux silhouettes virevoltaient. Encore et toujours. Elles rivalisaient de force et d'ingéniosité pour arriver à parer attaques et bottes qui n'avaient de cesse.
Tourne, tourne. Sans jamais t'arrêter.
Telle le voulait la danse.
Avec comme rythme, qui se voulait crescendo, la haine.
Le cœur battant à s'en faire exploser la poitrine, Lain n'entendait plus, ne voyait plus. Elle sentait juste et savait.

Elle sentait qu'elle se perdait d'avantage à chaque minute qui passait, à chaque rafale de coup qu'elle envoyait sur son ennemi. Pourtant, elle n'y pouvait rien. La jeune fille s'était piégée volontairement et ne pouvait désormais plus espérer un quelconque chemin de sortie.
Mais cela paya. Lain put enfin toucher sa victime après un laps de temps qui lui avait semblé durer une éternité, alors qu'il n'en était rien. Un mince sourire s'étira le temps d'un soupir sur le visage de la petite épéiste. Mais il disparut aussitôt lorsqu'un rire sardonique résonna dans les ténèbres environnantes.

Du sang noir s'écoula lentement, tandis que sa propriétaire s'en fichait complètement. Aussi noir que l'horreur qui se riait d'elle à présent, il semblait s'exhiber volontairement à son seul public qui n'était autre que Lain.
"Regarde, tu l'as blessée, mais qu'importe, sa plaie se referme déjà.
Tu ne pourras jamais la battre, contrairement à elle, tu seras affaiblie... Et bientôt morte !
Morte, tu entends ?! Tu ne peux rien. Tu as toujours été la faible petite fille qui ne pouvait rien faire d'autre que fuir. Tu n'as absolument pas changé malgré ce que tu essayes de montrer."
Son esprit enragé et maladif prit cette vision en horreur. La petite voix dans sa tête avait recommencé.
Ça faisait mal bordel, cette voix qui semblait la connaitre mieux qu'elle même.

L'épéiste n'avait pas entendu les derniers mots - qu'elle aurait sans doute trouvé répugnants - lancés à toute volée par son ombre. Elle en avait suffisamment entendu. La petite voix aussi.
Tout allait être fini, elle la ferait taire une bonne fois pour toute.
Le regard plus haineux que jamais, elle fonçait déjà telle une furie sur sa proie qu'elle rêvait de déchiqueter. Malheureusement, elle se fit repousser sans trop grande peine.
Alors comme ça, elle lui avait aussi pris ses techniques ?
Le brouillard teinté de sang et de pensées assassines enveloppait toujours un peu plus l'esprit de Lain. Elle qui, d'ailleurs, ne contrait et n'attaquait désormais plus que par rage et pulsion qu'en utilisant réellement prémonition.
Ses mouvements n'avaient plus rien à voir avec ceux qu'elle employait habituellement. Elle y mettait tout sa hargne et son désespoir, gagnant assurément en puissance mais perdant de la vitesse par des gestes trop amples, non calculés.

Le souffle court, elle avait ses yeux plongés dans les autres miroirs grisés qui reflétaient les siens. L'infâme et doux désespoir du monde s'insinuait en elle tel un poison contre lequel elle ne luttait pas. Elle laissa les affres d'une folie meurtrière la bercer, tandis qu'elle s'y abandonnait toujours un peu plus avec délice.

Elle le touchait presque du bout des doigts.. Le bonheur au milieu de l'horreur.

Les deux épéistes s'étaient rapprochées dans leur étreinte mortelle. Des mots si doux à entendre, qui faisaient tant envie et qui promettaient monts et merveilles.
Lain, elle, ne voyait et n'entendait que ses maux à elle. Petite, elle n'avait du compter que sur elle même. Sa force et sa détermination, elle seule les avait forgées... avec l'aide de Rhayran, la seule personne à qui elle avait osé faire confiance et la seule qui pouvait la comprendre réellement...
Pourtant, les mots continuaient à filer. D'une langueur irrésistible, vers l'oreille de Lain qui ne pouvait plus se dérober au regard charmeur de l'entité.
Le cocon s'était fermé. Palpitant tel un cœur impatient qui attendait sa réponse.

La jeune fille se surprit à aimer cette vision si épouvantable et intense à la fois.
Son esprit malade crevait d'envie d'accepter cette demande. Son coeur, quant à lui, était toujours à vif. Elle avait l'impression que toute la douleur qu'elle avait ressentie le jour de la perte de son village était revenu au triple galop avec ce qu'elle venait de vivre.
Lain ne souhaitait qu'une chose : Que tout ça cesse.

Si proche, qu'elle pouvait sentir son souffle sur sa peau gelée. Il n'était pas chaud. Pas humain.
La beorc semblait hypnotisée, totalement à la merci. Mais elle n'avait prononcé de mot depuis tout à l'heure. Son corps ne répondait plus et agissait de lui même.
Sa main libre avança toute seule, comme mue d'une autre volonté, vers la tête de sa semblable d'apparence. Et, elle y déposa bientôt une caresse.
Une légère pression sur le front, qui suivit l'arcade sourcilière pour venir s'arrêter à la joue gauche.
Le temps semblait encore s'être arrêté l'espace d'une seconde, dans ce monde à l'horloge détraquée.
Ses doigts glacés remontèrent alors.

Tandis que les aiguilles de l'horloge se remettaient petit à petit en place.

Et ils plongèrent sans crier gare dans l'œil encore dilaté de son double. Le globe oculaire roula sous ses doigts fins, opposa une certaine résistance avant de s'arracher à son orbite dans une mare de liquide noir. Lain y avait employé une force insoupçonnée dans son état qui semblait léthargique.


- Te fous pas de moi...


Soudainement agitée de spasmes quand elle reprit conscience de ce qu'elle venait de faire et ce qu'elle tenait toujours en main, la jeune fille emplit l'espace du cocon d'un rire aussi sardonique et pur que celui de son double un instant plus tôt.

- Tu ne connais rien à la souffrance. Absolument rien.. Veux-tu que je t'apprenne pauvre petite chose perdue ?

Elle laissa négligemment tomber l'oeil dans les ténèbres, tandis qu'un sourire qui semblait se moquer totalement de la mort se dessinait. Le bras armé se repositionna, prêt à frapper et à découper celui qui tenait la lame fantôme pour qui elle ne sentait plus que du dédain.
C'était ça la cause de tout ce cirque.. Si elle parvenait à l'en délivrer, cette chose retrouvera la paix.
Cette même pensée qu'elle avait eu lorsqu'elle avait combattu le porteur de La Lame Fantôme il y a un peu plus de trois ans lui était revenue. Elle l'avait bien réussi une fois.. Pourquoi pas deux ?



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MessageSujet: Re: [PV : Lain]   Ven 24 Déc - 13:34

Le vacarme des combats avait cessé, le crissement grossier des lames avait laissé place à un silence de mort uniquement perturbé par le souffle agité des deux combattantes. Lain contemplait son adversaire alors que la pression sur sa lame se faisait de moins en moins puissante. La joie exubérante qu’elle ressentait transpirait de tous les pores de son être et son bonheur crispait son visage cadavérique en un rictus déformé. L’être qui la regardait désormais d’un œil vide était épuisé : la sueur trempait sa chevelure rousse et son souffle court trahissait sa fatigue autant que le tremblement incontrôlé qui agitait ses membres. Elle ne risquait jamais de ressembler à ça. Au contraire, ce petit échauffement l’avait tout à fait ragaillardie et, maintenant qu’elle sentait la victoire proche, elle ne pouvait empêcher sa vanité de prendre le pas.

La lame de son adversaire s’abaissa lentement vers le sol alors que la sienne en faisait de même. Cette pâle copie n’avait jamais eu la moindre chance face à son talent. Après tout, elle était Lain Faren ! Future meilleure bretteuse de tout Tellius et rien ne pourrait la détourner de ses objectifs ! Dans le silence absolu qui s’ensuivit, la main de la jeune rouquine vint se poser délicatement sur sa peau glacée lui arrachant un frisson de plaisir. Toute cette vie qui palpitante suffisait à réchauffer l’entièreté de son être. Toute cette énergie stupidement gâchée serait bientôt sienne et leurs deux corps s’uniraient dans une extase de désespoir. Une renaissance pour l’une mais une chute dans les abysses du malheur pour l’autre. L’extase qu’elle ressentait au contact de ces doigts fins et brulants n’était rien comparée à ce qu’elle ressentirait une fois complètement pénétrée de cette vie qui lui faisait de l’œil. Ses yeux avaient perdus de leur éclat blanc et reprenaient désormais une teinte grise tandis qu’elle sentait la chaleur de ce contact se répandre dans tout son être. Son rictus sardonique reprit la teinte d’un doux sourire alors que sa main remontait pour serrer celle désormais glaciale de la petite épéiste. Elle pencha la tête sur le côté, sentant qu’elle prenait enfin vie, qu’elle devenait réelle aux yeux de tous et pas seulement aux siens. Son sourire s’élargit alors que dans sa voix résonnaient les accents du bonheur :

- J’ai si longtemps attendu ce jour.

Et les doigts de Lain pénétrèrent la cavité orbitale de la monstruosité qui lui faisait face. La douleur fulgurante vrilla le cerveau de la créature qui poussa un hurlement inhumain. Un cri suraigu vrillant l’atmosphère, fissurant la gangue de noirceur qui les avait enveloppées. Toute l’humanité qu’elle avait pu gagner s’échappa sur cette simple trille monstrueuse, reflet de la déchéance humaine et miroir de la démence dans toute sa splendeur. Les paroles de l’épéiste lui parvenaient déformées au travers du brouillard sanglant qui s’obstinait à pulvériser l’intérieur de son crane et ce rire... Si semblable au sien, si... Dément ! Ce rire qui amplifia sa propre souffrance, ce rire qui pulvérisa tous les charmes qu’elle avait déployés. Le cocon implosa sur lui-même et se volatilisa en une fraction de seconde. Mais alors que l’une s’écrasait pitoyablement sur le semblant de sol de l’univers, l’autre atterrissait souplement sur ses pieds.

Devant elle, la créature se tordait de douleur sur le sol, tentant d’endiguer le flot noir qui jaillissait sans discontinuer de la cavité désormais vide de son œil. Partout dans le néant qui les entourait, des reflets de la fillette rousse défendant les Laguz se volatilisaient, en proie à d’atroces souffrances. Un être complet disparaissait et son passé l’accompagnait. Dans cette triste chute vers les abîmes la victime venait d’inverser les rôles et menaçait d’y précipiter l’horreur qui l’avait provoquée.

Son bras s’était repositionné en attaque mais l’aura d’agressivité et de haine qu’elle dégageait n’avait plus rien à voir avec celle qu’elle dégageait auparavant. Plus aucun accent de tristesse n’y résonnait et la note de désespoir qui l’habitait n’y pratiquait plus sa sombre mélodie. Non, l’épéiste avait fait son choix et sa volonté n’avait plus pour cible qu’une seule et unique créature. Sa lame lui obéirait désormais car elle comptait très nettement mettre fin à l’existence de son esprit et rien ni personne ne l’en empêcherait.

- Tu ne connais rien à la souffrance. Absolument rien... Veux-tu que je t'apprenne pauvre petite chose perdue ?

Les échos de son hurlement s’éteignirent au loin alors que sa peau retrouvait son habituelle fraicheur. Son souffle, précipité à la suite de sa blessure, s’atténua alors que la détresse qu’elle ressentait disparaissait et que sa douleur s’amenuisait. Le sang suppura lentement et finit par ne plus s’écouler qu’en un mince filet sombre, tel une larme de haine sur la joue d’albâtre de la créature. Déjà, sa blessure se trouvait refermée d’un mince tissu cicatriciel qui empêchait le fluide vital de s’écouler.
- La souffrance...

Ses doigts glacés se décrispèrent et sa main tâtonna quelques secondes pour retrouver la garde de sa lame, dont l’éclat n’existait désormais plus que chez celle de son adversaire. S’appuyant sur un genou, la créature se releva, gardant toutefois la tête baissée et sa lame vers le bas. Le sang de son œil gouttait régulièrement sans pour autant renvoyer le moindre écho indiquant qu’il avait heurté un quelconque sol. Vacillant sur ses jambes la créature eut un nouveau rictus cruel que l’autre ne pouvait apercevoir :
- Toi qui parle comme si tu la connaissais... Connais-tu la souffrance de ne pas exister ?

Elle releva brutalement la tête. Ses yeux n’avaient plus de pupilles, ce n’était que deux orbes rouges recouvertes d’une épaisse tignasse noire qui semblait s’agiter tel un nid de serpents en furies. Jamais sa peau n’avait semblée si pâle et son sourire morbide laissait paraître une rangée de crocs acérés. Ses ongles avaient poussés en griffe et qui s’enfonçaient dans sa chaire alors qu’elle resserrait toujours plus sa poigne sur sa lame. Sa voix n’avait plus rien d’humain et semblait jaillir de tous les côtés à la fois :
- Sais-tu ce qu’est la souffrance de devoir vous supporter vous, pitoyables créatures de chaire et de sang ! As-tu seulement idée du sentiment de répugnance que m’inspirent vos ridicules efforts pour m’échapper et retourner à vos misérables vies !

La colère agitait son corps de spasmes nerveux alors qu’elle crachait son venin sur l’être pitoyable qui lui faisait face. L’espace tout entier vibrait de son désir ardent de vengeance :
- Aucun de vous n’a jamais su être maitre de son destin. Moi qui vous offre ce pouvoir, j’exige de posséder ton existence!

En un rugissement féroce, elle se précipita, lame en avant, droit sur l’épéiste. Un instant plus tard, elle s’abattait comme l’éclair sur la jeune rouquine :
- Soumets-toi ou crève !
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