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 Chemises mouillées, pour le meilleur, le pire, et les mensurations mystères [Pv : Luciella]

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Kerorian
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MessageSujet: Chemises mouillées, pour le meilleur, le pire, et les mensurations mystères [Pv : Luciella]   Mer 13 Sep - 22:49

Bordel de pluie. Le Rôdeur savait qu'il y avait toujours quelque chose pour l'énerver, puisqu'il ne supportait plus rien, mais ce jour-là particulièrement les nuages sombres lui tapaient sur les nerfs. S'il appréciait l'obscurité et le frais que cela apportait, bien qu'il en garde plus le souvenir que la sensation, le guerrier désormais lourdement cuirassé abhorrait royalement la gadoue qui entachait son acier et dérapait sous ses pieds de fer.
Son vieux capuchon élimé rabattu par-dessus sa crinière aux couleurs du feu et de la cendre, Kerorian progressait à travers Criméa en marmonnant dans sa barbe son mécontentement. Les histoires de mort-vivants, de l'assaut récent de Siennes - et de sa quasi-destruction - attisaient son humeur instable dans la mauvaise direction. Les zombies l'avaient ignoré, ce qui suffisait à l'énerver. Pire, ils paraissaient même l'éviter presque instinctivement, si tant est que ces saloperies pouvaient avoir un instinct, et ne pas avoir participé à cette guerre sans foi ni loi, ni vu la chute du roi des dragons, ou l'identité de son bourreau, faisaient naître chez le vagabond aux yeux rouges un sentiment de mise à l'écart particulièrement désagréable.
Il n'avait pas été là, alors que le monde s'embrasait dans la folie qui le hantait autant qu'elle ne l'animait. Il se morfondait dans l'ennui et l'errance tandis que les règles du monde se voyaient bouleversées par des puissances de mystère et de ruine. Cela lui déplaisait souverainement. Hélas, il ne pouvait rien y faire. Ni au moment de l'hécatombe, ni maintenant que la tempête était passée.

Mais maintenant, il errait à nouveau. Encore, sans autre but que d'attendre d'en trouver un, et cette passivité le rongeait. Lui qui n'aspirait qu'au combat, poussé par son instinct martial et la sorcellerie qui le grignotait corps et âme, se retrouvait à passer des jours entiers sans même se saisir de son arme. Et cette inaction totale allait vraiment le rendre fou ! Cette solitude permanente l'empêchait même de simplement s'énerver sur quelque chose ! Il n'y avait jamais personne autour de lui, et ça l'arrangeait car il ne supportait pas leur présence, mais quand il trainaît les pieds comme ça sous la pluie, sans qui que ce soit pour se défouler ou briser l'écho du silence et de sa démence, il regrettait vraiment d'être si seul.
Son oeil rougeoyant scruta les pénombres, se plongeant dans les ténèbres et l'orage à la recherche d'âme qui vive - jusqu'à ce qu'il s'en occupe - mais rien. Rien que lui, et la pluie, encore et toujours, cette foutue pluie.

Il marcha encore un moment, perdant la notion du temps. Il ne s'en souciait plus depuis un moment de toute façon, et finit par apercevoir quelque chose. Quelque chose de vraiment vivant, autour d'un truc inerte. Gros. A force de se rapprocher, il reconnut ce qui devait être un carriole, ou une charette, avec quelqu'un s'affairant autour. Un accidenté sur la route peut-être ? Alors c'était sûrement un civil. Le Rôdeur grimaça. La dernière fois qu'il avait fréquenté une charrette, un nabot trop curieux l'avait mis sur les dents avec ses questions à la con. Peut-être la solitude valait-elle mieux que l'ennui par les autres...mais il continua malgré tout sa route. S'il se rapprochait, il en saurait plus, et ça lui éviterait de toute façon de s'aventurer hors du sentier, qui était déjà bien assez pénible à traverser sous cette fichue grisaille.




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MessageSujet: Re: Chemises mouillées, pour le meilleur, le pire, et les mensurations mystères [Pv : Luciella]   Jeu 14 Sep - 1:45

Chemises mouillées, mensurations mystères

... Saleté de pluie. Luciella savait pertinemment que circuler par temps pluvieux, en particulier une pluie aussi forte, c'était un très mauvais plan. Les chemins de terre devenaient boueux, une boue épaisse et dans laquelle il devenait difficile de ne pas patiner, voire s'enfoncer vu le poids totale de sa charrette et tous les articles qu'elle contenait. Oberon avait beau être un cheval d'une force suffisante pour pouvoir assurer seul le trait d'une telle masse, ce n'était pas pour autant qu'il aurait dans ses capacités de sortir leur moyen de transport de la gadoue seul.

Elle le savait et... avait pourtant décidé de ne pas prêter attention aux nuages gris qui peuplaient le ciel quand elle avait décidé de reprendre la route ce matin, plus pressée par la question d'arriver à sa prochaine escale avant la nuit plutôt que par celle de savoir si elle parviendrait à circuler tout court et... voilà le résultat ! Elle et sa monture s'étaient, à cause de l'impatience qui avait mené à son imprudence, retrouvés coincés là depus ce qui semblait être maintenant facilement deux trois heures, voire même plus longtemps... sans avoir la position du soleil, masqué par de gris nuages lourds de pluie, il était bien difficile de pouvoir donner cette réponse précisément. Tout du moins Luciella percevait-elle ce temps comme tel, et les grelottements qui la prenaient ne semblaient pas vouloir indiquer le contraire.

Parce que tout ce temps, elle ne l'avait évidemment pas passé assise à l'abri de pluie pendant que son pauvre cheval prenait l'eau. Elle avait, tant bien que mal, étendu une bâche au-dessus de l'animal pour le protéger, même sommairement, de l'assaut des gouttes et s'était ensuite attelée à tenter de dégager une des roues, prise et même quasiment figée dans le mélange de terre meuble et d'eau, qui était la cause de l'immobilité de la boutique ambulante. Évidemment, sans grand succès.

La blonde était donc là, coincée dans un effort vain, haletante et grelottante de froid, vêtue d'atours qui n'offraient que peu de protection face à la cascade qui lui tombait presque littéralement sur la figure, et avait surtout totalement trempé ses cheveux comme ses vêtements, rendus horriblement collants et moulants par l'eau. Ses formes, déjà généreuses de base, s'avéraient donc bien plus accentuées qu'à l'habitude, et bien malgré elle alors que ses cheveux eux lui collaient au visage pour les mèches qui lui tombaient dessus, le reste de sa coupe s'effondrant en un amas difforme. Et, pour ne rien arranger, elle était évidement coincée dans des positions des plus saugrenues et inconfortables dans ses tentatives de pouvoir repartir.

Pousser la carriole ? Vain effort. Tenter de la soulever et prier pour un miracle ? Elle aurait plus de chance de percer le cuir d'un Laguz tigre avec une bête lance de bronze que d'y parvenir ! Utiliser la sienne de lance pour faire levier ? Elle avait failli y perdre son arme de prédilection, et cette dernière en était d'ailleurs ressortie légèrement tordue. Encore utilisable, mais à coup sur ça allait lui jouer des tours. Bref, peu importait comment elle prenait la situation, elle était dans une impasse, et en train de se résigner à attendre que le mauvais temps passe à l'abri de sa boutique, changer de vêtements aussi, quand le cliquetis caractéristique d'une armure en mouvement se fit entendre.

Et avec la pluie battante, ça ne pouvait signifier qu'une chose, c'était que le ou la propriétaire de la masse de métal n'était absolument pas loin ! ... Tellement pas loin en fait qu'il lui avait suffit de se tourner vers la source du son pour en identifier le propriétaire, un colosse littéral, dont l'armure suffisait à lui donner une aura peu rassurante avec la pluie et l'ambiance qu'elle créait... mais elle, elle avait besoin d'aide, alors ni une ni deux, elle s'était avancée vers cet inconnu... au pire sans doute récolterait-elle un refus un peu brusque ? ... ou alors des propositions indécentes, mais ça, elle savait comment gérer.

"Excusez-moi ? Serait-il trop vous demander d'apporter votre aide à une voyageuse ?"

Il fallait voir comment il allait réagir à ça, et si elle parvenait à en tirer quelque chose de positif, ou d'au moins neutre, continuer sur sa lancée.

"Comme vous pouvez le voir mon attelage est... totalement coincée dans la boue, et je ne parviens pas à le dégager moi-même. Pourrai-je vous demander votre assistance ? ... Evidemment je ne vous demande pas ça pour rien ! Vous pourrez vous abriter de la pluie à l'intérieur et faire route avec moi tant que nos chemins resteront les mêmes !"

Vu le temps, c'était une offre des plus raisonnables, et qu'il ne refuserai sans doute pas, mais après tout, on ne savait jamais vraiment... ?
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MessageSujet: Re: Chemises mouillées, pour le meilleur, le pire, et les mensurations mystères [Pv : Luciella]   Jeu 14 Sep - 10:43

Au moins il était fixé désormais. A vue de pif, la forme de vie devait être un genre de commerçante, ou d'aventurière particulièrement nécessiteuse en bagage - autrement dit une femme, hein - et semblait avoir planté sa carriole dans la boue. Une raison de plus de voyager à pieds tiens, que ce soit à cheval en en chariot, dès qu'il se passait un truc de travers c'était la cata. Lui ne faisait que gronder de colère et frotter ses frusques crottées lorsqu'il se vautrait, c'était peut-être ridicule, mais au moins il ne dépendait pas du petit bonheur la chance pour aller où il en avait envie.

Une chaleur suspecte, familière et inconnue en même temps, se disputa son corps et son esprit tordu au froid glacial d'une haine universelle lorsqu'il regarda la marchande lui demandant de l'aide. Une sensation...qu'il n'était pas certain de qualifier de désagréable. Mais ce trouble le mettait sur les dents, il avait déjà suffisamment à gérer pour ne pas subir en plus de nouvelles sensations alors que son oeil solitaire s'égarait sur le relief remarquable - pouvait-il en être autrement ? - de la dame en galère.
S'arrachant à la contemplation du paysage, il s'intéressa au chariot. Il paraissait bien chargé, à tous les coups il avait simplement coulé dans une creux de boue et de merdouille. Inutile de dire que la majorité de la masse corporelle de la quémandeuse étant visiblement répartie dans sa féminité, elle n'avait certainement pas la force de faire bouger son fardeau.
Le Rôdeur plissa le sourcil alors qu'il reportait son attention sur la femme. Délaissant cette fois ses formes qui perturbaient ses pensées, il se concentra sur son identité. La dernière fois qu'il avait rencontré une carriole sous la pluie, on lui avait cassé les pieds pendant un sacré bout de temps. En vérité, la discussion avait assez vite tourné court, mais le sinistre vagabond détestait parler.
Cela dit, il en avait marre de n'avoir personne à se mettre sous la dent. Une femme d'expérience fournirait toujours une meilleure compagnie qu'un pignouf lambda, et à y bien réfléchir, s'ennuyer dans une conversation au sec valait probablement mieux que trainer ses grolles dans la boue tout seul.

Répondant d'un grondement guttural, il dépassa la marchande pour rejoindre le chariot, s'avançant prudemment vers la boue qui emprisonnait le transport pour ne pas déraper pitoyablement. Il tâtonna jusqu'à estimer sa position plus ou moins sûre, puis empoigna la carriole par le bas, bandant ses muscles - et pas autre chose, vils lecteurs aux esprits corrompus - pour essayer de déloger tout ce bordel de sa prison terrestre. Il va sans dire qu'un homme normal, même de sa carrure, n'avait aucune chance de parvenir seul à accomplir pareil prodige, mais le Rôdeur ne portait pas sa malédiction pour le seul plaisir d'être fou.
Doté d'une force dépassant toute norme humaine, Kerorian força sur le véhicule. Tout d'abord, il ne bougea pas, solidement enlisé dans une boue presque coagulée autour de ses roues, mais bientôt l'effort fit bouger l'étau de terre et d'eau, jusqu'à ce que la carriole puisse enfin s'extraire , présumant que le cheval ou même la marchande ne remette le bordel en mouvement et que le tout redevienne apte à la route...jusqu'à la prochaine flaque en tout cas, songea amèrement le Rôdeur. Il y songeait plus qu'il ne le sentait, mais ce n'était pas un maigre effort qu'il avait fourni là, et il ne s'amuserait pas à le répéter tous les vingt mètres.
Sa bonne action accomplie, quand bien même il y avait une "récompense" à la clé, Kerorian entreprit maintenant de retrouver l'usage de ses pieds, s'étant enfoncés dans la boue coulante lorsqu'il avait élevé le chariot, et retourna auprès de la marchande, n'attendant que son invitation pour prendre place dans le transport.


"En espérant que ça ne se reproduise pas."

M'valà. Prêter main-forte à une inconnue dans le besoin, quelques mots appropriés, il avait rempli son quota de relation sociale pour la semaine au moins ! Quoiqu'il n'avait pas fait mine de sourire, mais il faut pas trop en demander non plus.




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MessageSujet: Re: Chemises mouillées, pour le meilleur, le pire, et les mensurations mystères [Pv : Luciella]   Jeu 14 Sep - 16:07

Chemises mouillées, mensurations mystères

Taciturne, c'était le moins qu'elle puisse dire concernant l'homme qui lui faisait face ! Ce dernier ne semblait pas bien motivé à lui répondre et, dans l'instant où lui laissait son regard errer sur ses formes, qui ne pouvaient que très difficilement être ignorées au de la situation et surtout d'à quel point elle était trempée, elle en profitait pour en faire de même, constatant l'armure a l'air épaisse qu'il portait, les traits de son visage, auquel un oeil semblait manquer... et de façon plus générale, son air horriblement renfrogné.

Pendant un long, long moment de silence qu'ils avaient mis à profit pour mutuellement s'observer, la marchande avait bien cru qu'il allait juger que l'aider n'en valait pas la peine, et allait simplement commencer à s'en aller, la poussant à tenter de mettre une récompense plus intéressante ou laisser tomber, et continuer d'essayer seule ou d'attendre que la pluie passe, et au passage chopper une mémorable pneumonie. Puis finalement, un son s'échappa enfin des lèvres du grand inconnu.

Un bref grognement qui aurait pu vouloir tout dire comme son contraire mais, qui au final s'était avéré être, bien heureusement pour elle, une réponse positive. Sans un autre son il alla trouver la zone du chariot coincée dans la boue, et, toujours en silence, s'était campé sur ses positions, pour aller l'en déloger. Seul. Là, maintenant tout de suite, Luciella comprenait la signification de l'expression fort comme un bœuf, elle n'avait juste pas pensée qu'elle la verrait être illustrée de façon aussi littérale. Et elle n'allait pas s'en plaindre, ni elle, ni Oberon d'ailleurs ! Sitôt que l'étalon avait senti sa charge se soulever et se dégager de sa prison, il s'était remis en marche et... le spectacle était plutôt amusant à voir.

La bâche que Luciella avait étendu au-dessus du canasson n'était pas destinée à le couvrir s'il se remettait en marche et, au bout de quelques pas, elle s'effondra sur lui, ses ancres au sol devenues inutiles, lui couvrant les yeux et le dos dans un bruit d'eau qui s'écoule, alors qu'il leva alors la tête, la secouant de droite à gauche en vain dans une tentative de retrouver la lumière, et potentiellement coller un coup de sabots à celui qui l'avait éteinte s'il lui mettait la patte dessus. C'était aussi amusant que désolant à voir, et en poussant un petit rire attendri, la cavalière alla bien vite dégager la vue de sa monture avant de revenir vers leur... bon samaritain ? Il avait pas une tronche à s'appeler Samaritain. Quelque chose dans le style de Ragnar le Destructeur semblait mieux lui aller, à franchement parler, mais il les avait sorti d'un sacré pétrin, et ça, elle ne pouvait pas le nier ! Même si sa remarque suivante l'avait faite légèrement, très légèrement tiquer. A l'entendre, c'était volontaire !

Mais bon, c'était carrément de sa faute si la situation présente prenait place, alors au final, elle ne pouvait faire grand chose d'autre que de pincer ses lèvres, avant de reprendre son sourire commercial habituel, tout en se dirigeant vers la place du conducteur, se saisissant des reines de son cheval, avant de lui faire signe.

"Eh bien, ne restez pas là ! A moi de tenir ma part du marché, à moins que vous ne préfériez marcher, finalement ?"

Et sitôt qu'il se serait installé (faisant au passage dangereusement grincer le bois de la structure entre son poids et celle de son armure combinés, il pourraient se remettre en route, finalement enfin protégés de la pluie. ... aaah, s'il avait été une femme, Luciella n'aurait pas craché sur l'occasion pour se déshabiller, se sécher, et enfiler des vêtements secs, mais là c'était un peu... déplacé ?
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MessageSujet: Re: Chemises mouillées, pour le meilleur, le pire, et les mensurations mystères [Pv : Luciella]   Jeu 14 Sep - 16:46

La situation précaire étant finie, la marchande s'empressa de retrouver le sourire et de regagner sa place de conductrice, l'invitant non sans une pointe presque moqueuse, à venir à ses côtés, colle leur "marché" le stipulait. Le Rôdeur hésita un instant encore, définitivement pas taillé pour les relations s...ociales, mais il ne se serait pas embêté à l'aider s'il n'avait pas envie, pour une raison ou une autre, de s'installer avec elle dans la carriole. Le vagabond douta de sa raison lorsque le bois craqua sous le poids de ses muscles et de son arsenal. Ca y est, se dit-il avec appréhension, ce bordel allait péter sous ses pieds et il allait se retrouver le nez dans le ruisseau.
Mais au final, le véhicule tint bon et le géant pu prendre place. Il ignorait si c'était pour le meilleur ou pour le pire, mais dans tous les cas, le sort en était jeté. Il décrocha la colossale épée qu'il portait dans le dos pour l'installer à ses côtés, symbole familier, ancre rassurante tant dans la réalité que dans ses songes éveillés...mais surtout car il lui était plus ou moins impossible de s'asseoir en la portant. Kerorian profita d'être au sec pour retirer sa capuche, libérant sa crinière rouge et noir qui s'éparpillait en tous sens, tant par un manque régulier d'entretien qu'à cause de l'humidité et de leur tendance naturelle à l'hirsutisme.

Il soupira d'agacement par anticipation. C'était dans ce genre de situation que les gens venaient l'interroger sur son arme si inhabituelle. Elle était trop grande, trop lourde pour qu'on puisse seulement envisager de la voir brandie par un homme, aussi tendait-elle à appeler la curiosité des mortels. Ce qui le gonflait magistralement, qu'il dise la vérité et il aurait inévitablement le discours de bonne foi moralisatrice de ceux qui le comprennent rien. Qu'il mente, et il se dégoûterait lui-même. Ces derniers temps, il avait tout bonnement gardé le silence, et ainsi compromis toutes ses maigres tentatives de relation sociale, même par ennui.
Son oeil écarlate se tourna vers la marchande, comme curieux. Après tout, n'était-il pas ici juste...pour être avec elle ? Son regard glissa tout naturellement vers ses appas pour le moindre alléchants, déchaînant nombre de cris dans sa tête. C'était le moins qu'on puisse dire, Liyu avait une très rude concurrence ! Même la p'tite Pando' avait du soucis à se faire là.
Le Rôdeur émit un nouveau grondement avant de se gratter le visage, du côté de cet oeil aveugle, comme s'il cherchait à chasser les échos de voix qu'il refusait d'écouter. Inutile de ressasser le passé, ou d'envisager ce qui aurait pu se passer. Seul importait le présent, l'immédiat. Il se détourna de la marchande dans l'espoir de réduire au silence ces consciences fragmentées qui l'importunaient.


" 'Pas un temps à voyager en carriole. Qu'est-ce que tu fais sur la route ?"

Kerorian n'y entendait goutte au marchandage et au commerce. Bien évidemment, autrefois, comme sur tant d'autres sujets, il s'était efforcé d'amasser quelques connaissances à ce sujet, mais rien de très probant au final, mis à part qu'une caravane se déplaçait rarement seule, en particulier par mauvais temps. Cette femme avait sans doute des raisons particulières l'ayant poussé, en mal comme en bien, à tenter un tel périple et accepter la présence d'un inconnu aussi sinistre que lui.
Cela le fit ricaner avec amertume. La confiance innée à la bienveillance présumée, que voilà une merveilleuse chose...mais comme on dit, l'espoir est le premier pas vers la déception. Il coula à nouveau le regard vers elle, cette fois son oeil de feu s'arrêta sur sa gorge. Si le Rôdeur avait parfois l'impression que sa vue s'usait au fil de ses tristes aventures, en cet instant il avait le sentiment de pouvoir voir le sang couler dans ses veines, de voir ses artères palpiter furieusement au rythme fragile d'un coeur chaud.
Durant quelques instants, il se focalisa sur cette vision, ce songe qu'il vivait les yeux ouverts. Lui qui ressentait si peu de choses, dénaturé, déshumanisé en échange d'un pouvoir plus immense que tout autre. Sentirait-il le goût de la vie de la marchande, s'il lui tranchait la gorge de ses crocs ? Sa faim sauvage lui mit l'eau à la bouche, cela faisait longtemps en plus, il se retenait trop souvent, et trop longtemps, il avait besoin de se lâcher...

Puis il détourna à nouveau la tête. Espoir docile d'une proie qui ne peut qu'obéir, ou courage insensé, la marchande osait supporter sa proximité alors qu'elle faisait ce que si peu tentaient. Elle était donc différente, hors des normes et des règles. Pour cela, elle lui plaisait. Les gens différents sont toujours intéressants.




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MessageSujet: Re: Chemises mouillées, pour le meilleur, le pire, et les mensurations mystères [Pv : Luciella]   Ven 15 Sep - 2:45

Chemises mouillées, mensurations mystères

"Du marchandage, tout simplement !""

Avait alors répondu de façon presque mécanique et automatique Luciella à la question du (presque) littéralement sombre inconnu, comme s'il s'agissait pour elle d'une simple évidence, de quelque chose qui ne pouvait être nié, et qui, peut-être même, aurait du être de connaissance publique. ... Puis elle se souvint qu'après tout, même si le nom de sa famille était peut être connu, ils n'avaient aucun logo, aucun emblème qui ne permettaient qu'on les reconnaisse de loin à la vue. Il n'en avaient jamais vraiment eu besoin, puisqu'il n'y avait jamais plus d'une caravane de Clémens en circulation, une génération à la fois, parfois accompagnée de la précédente, ou de la future suivante en apprentissage.

Mais au final, après quelques secondes, l'évidence lui sauta aux yeux : pas de logo, pas d'emblème, juste du bouche à oreille pour la plus vaste majorité. Evidemment qu'elle ne pouvait être reconnue et que ce qui lui paraissait être une évidence n'en était pas forcément une. Les regards que son invité lui jetaient ? Elle y était au final habituée, et n'en faisait pas grand cas. Ses vêtements n'étaient après tout pas spécialement faits pour masquer ses formes, c'était même tout l'inverse.

Et outre l'intérêt commercial, elle devait reconnaître que de tels regards sur sa personne n'étaient pas si désagréables que ça, tant qu'ils ne se faisaient pas trop insistant. Quant à l'épée, eh bien... elle s'était permise un léger haussement de sourcils en voyant l'arme, a l'air si peu pratique, plus proche d'une énorme plaque de fer que d'une véritable lame, avant de se raviser : s'il était assez fort pour soulever seul sa charrette, même pendant quelques instants à peine, sans doute ne devait-il pas éprouver de grandes difficulté à faire l'usage d'une telle arme. ... ça, ou il cherchait absolument à compenser quelque chose, mais ce n'était pas ses affaires, du moins pas dans l'immédiat.

Mais l'un dans l'autre, il n'y avait rien qui la regardait au final dans tout ça, et donc, pas de questions à poser, du moins, pas tant qu'il aurait l'air d'un lion à moitié prêt à lui sauter à la gorge, entre son regard et sa tignasse... qui aurait bien eu besoin de quelques soins. Ceci dit, sans se déconcentrer de la route, elle avait fini par assez vite se rattraper, et finalement apporter les précisions peut-être nécessaires...

"Je fais le trajet de ville en ville, et dans les villages entre deux villes.", expliqua-t-elle alors, avant de continuer "J'étais tellement obsédée par l'idée d'arriver au prochain village avant la tombée de la nuit que j'en ai négligé le ciel et la possibilité qu'il se mette à pleuvoir aussi fort ! Au final, j'ai perdu plus de temps que j'en ai gagné..."

S'était-elle lamenté un court instant, avant de jeter un regard vers son compagnon de route, son cheval au final tout à fait capable de suivre le chemin seul, du moins tant que la nuit ne commençait pas à tomber, ce qui finirait par grandement réduire la visibilité... et d'ici là, elle ne pouvait qu'espérer que la météo se fasse plus clémente cependant !

"Et vous alors ? Peu commun de voir des gens assez téméraires pour prendre la route par un temps pareil ! ... Oh, et je m'appelle Luciella !"
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MessageSujet: Re: Chemises mouillées, pour le meilleur, le pire, et les mensurations mystères [Pv : Luciella]   Ven 15 Sep - 9:53

Ainsi donc il s'agissait bel et bien d'une marchande, si avide de bourses bien remplies qu'elle avait fini trempée au milieu de la route. Le Rôdeur n'aimait pas beaucoup les commerçants, la plupart du temps intéressés seulement par leurs gains et parfois prêts à tout pour grappiller quelques pièces de plus. Un sursaut de raison l'invita à reconsidérer ses préjugés, lui-même avait été mercenaire autrefois, et cela ne l'avait pas empêché de faire mentir la réputation de ses lames-à-vendre et de se parer d'un fort sens de l'honneur.
Enfin. Tout cela n'avait guère d'importance...

L'oeil écarlate se tourna à nouveau vers la dame aux manières polies. Un nom, hein. Ses sourcils se plissèrent lorsque son regard accrocha à nouveau les courbes défiant la gravité de la marchande, elle était une femme, à n'en pas douter. Il avait toujours eu des problèmes avec les femmes, et plus il en rencontrait, plus ça se vérifiait. Par un effort de volonté, Kerorian arracha sa vue à l'attrait presque mystique des oreillers 100% naturels - probablement - et se gratta à nouveau le visage du côté droit. Il suspendit son geste lorsqu'il s'en rendit compte, et grommela. Voilà qu'il avait un toc de plus...
Il laissa retomber sa main, et évita quelques secondes de regarder sa compagne d'infortune humide. Devait-il l'envoyer chier ? Quel intérêt alors de chercher la compagnie des autres s'il ne faisait rien pour en profiter ? C'était là un bon argument, qui se voyait enfin prendre forme après l'avoir cherché si longtemps. De plus, fou ou lucide, le Rôdeur aimait à se considérer comme un homme d'honneur, fidèle aux préceptes martiaux que lui inculqua son maître depuis son plus jeune âge. Or, le vieil homme mettait toujours en avant en avant la galanterie, et l'honneur, à défaut de la gentillesse.
Finalement, son regard se tourna à nouveau vers cette Luciella. Un bref instant, il la jugea intensément, puis se résolut à suivre le mouvement qu'il l'avait amené à l'aider.


"Kerorian."

Voilà. Au moins s'étaient-ils présentés. Toutefois, une question pour une question lui semblait être un beau dicton, et la dame cupide et souriante avait répondu à la sienne, avant de lui en poser une similaire. Il hésita à lui répondre qu'il cherchait simplement quelque chose à tuer, mais il sentait que c'était faux. Puis, la question de Luciella devint la sienne. Qu'est-ce qu'il foutait ici, par un temps pourri dans ce pays qu'il estimait si peu, sinon pour ses paysages colorés ? A défaut d'une vraie réponse, le Rôdeur se dit que la question était justement la raison de sa présence, si tant est que ça puisse avoir un sens. Sans même y prendre garde, il posa une main sur la lame noire, imprégnée de tant de maléfices et y plongea le regard. Elle lui parlait sans cesse, mais il ne l'écoutait plus depuis longtemps.

"Je cherche..."

De cela, il en était certain. Il cherchait, mais ignorait quoi. Au fond de lui, il ressentait son véritable besoin, celui de tuer quelque chose, mais pas n'importe quoi. Il voulait, il devait surpasser un redoutable adversaire et le supprimer, s'approprier sa force et sa sauvagerie. Mais c'était vague, et rare. De plus, un paradoxe : chaque fois qu'il y parviendrait, cela deviendrait plus difficile. Etait-ce là toute la raison de son existence ? Chercher à devenir toujours plus difficile à satisfaire ?
Tandis qu'il réfléchissait, ses lèvres remuaient, sans un son. Accompagnant ses pensées torturées de mots muets. Sa quête était évidemment celle de la puissance, et en y repensant il en avait toujours été ainsi. Mais...était-ce la raison, le but, ou le moyen ? Son maître aimait à répéter qu'il fallait chercher à être heureux dans la vie, et que cela passait par se sentir bien dans son corps et son âme, qu'importe la voie à suivre. Le Rôdeur leva ses yeux flamboyants vers le ciel gris, songeur.


"Je cherche le défi...qui me fera me sentir vivant."

Vivre...pour un semeur de mort, un damneur insatiable, c'était un concept qui lui était devenu presque étranger, insensé. Pourtant c'est ce qui le poussait à allonger le pas, chaque jour. Trouver un nouveau rival, avec qui croiser le fer suffira à chasser le néant glacial qui envahit un peu plus son corps à chaque instant. Il voulait sentir la chaleur de son propre sang dans ses veines, en même temps qu'il s'abreuvait de celui de son adversaire.
Il secoua lentement la tête. Le Rôdeur ne craignait aucun danger dans le monde matériel, mais il redoutait de se perdre dans son propre esprit. Revenant à la réalité, il s'intéressa à nouveau à la marchande, comme s'il redécouvrait sa présence. Avoir placé des mots sur sa pensée l'aidait à la supporter, et il se dit brièvement que faire part de ses instincts aussi sanglants que brutaux ne serait peut-être la meilleure chose à faire, aussi haussa-t-il simplement les épaules.


"Quant à la pluie, malgré mes voyages je n'ai jamais entendu dire qu'un homme avait succombé, martelé à mort par des gouttes d'eau."




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MessageSujet: Re: Chemises mouillées, pour le meilleur, le pire, et les mensurations mystères [Pv : Luciella]   Ven 15 Sep - 14:24

Chemises mouillées, mensurations mystères

Un petit rire secoua Luciella, visiblement sincèrement amusée par la remarque sur la pluie du maintenant nommé Kerorian. Un peu de pluie en elle-même n'avait jamais tué personne, il était vrai, mais...

"Oh, détrompez vous ! La pluie en elle-même peut paraître sans dangers, bien qu'inconvenante, mais elle apporte des conséquences parfois terrible ! Je connais un ancien soldat, par exemple, qui ne peut plus se battre à cause d'une mauvaise toux qui s'est avérée devenir une grave infection des poumons, à cause de froid et de pluie combinée ! Et ça, c'est quand la météo reste simplement à la pluie, parce que dans les cas où il arrive qu'elle devienne de la grêle, là..." Elle fit une petite grimace, comme pour illustrer le propos qui était à venir "J'ai déjà vu un cheval et son cavalier se faire surprendre par les grelons ! Le cheval s'en est relativement bien sorti, juste un peu abimé, mais son cavalier, lui, a fini avec un bras cassé et un crâne en état peu enviable, heureusement qu'il portait un casque !"

Oui... une fois lancée dans la discussion, elle ne voyait pas vraiment de raison de s'arrêter, puisqu'après tout, meubler le temps était un des privilèges du voyage à plusieurs ! Ceci dit, ce n'était pas pour autant qu'elle se contentait de bêtement meublé. Sans l'observer de manière trop insistante, comme son métier lui avait appris à le faire, elle avait cependant prêté une oreille attentive à ses propos, et après ses anecdotes sur la pluie et le beau temps, elle s'était plongé dans un silence contemplatif, méditant un court instant sur les mots du guerrier sans piper mot, avant de finalement rouvrir ses lèvres.

"... La plupart des gens qui m'ont répondu comme vous l'avez fait avaient souvent soif de combats, souvent à mort... est-ce que c'est aussi votre cas ?"

Pas de jugement de valeurs caché dans sa question, mais une simple, et plutôt sincère, interrogation. Du genre qu'on ne pouvait réellement poser qu'après avoir côtoyé plusieurs individus de cette trempe, même s'il n'était pas forcément question de personnes en tout point similaire. Mais certaines réponses se recoupaient, et avec elles, elle parvenait souvent à dresser des portrait mentaux des gens. Bien évidemment, remplis de trous puisque chaque histoire était unique, et chaque être avait ses propres motivations, tenants et aboutissants. Mais tout du moins parvenait-elle à atteindre une approximation. Plus ou moins vraie, plus ou moins fausses... mais à en juger par le fait qu'il était borgne, elle pouvait déjà commencer à se faire une idée de son style de vie. ... et sa tête imaginaient déjà mille choses à lui vendre, mais c'était là une autre question.

"Peut-être aussi que vous cherchez moins le défi que le frisson qui vient avec ? Enfin, je parle, je parle, mais je peux aussi très bien me tromper !"

Se contenta-t-elle de conclure, avec un de ces sourires dont elle avait le secret, alors que leur moyen de transport, lui, continuait de paisiblement avancer, la pluie battant à son propre rythme sur le bois et la toile protégeant leurs têtes de l'humidité, mais sans perdre en intensité... au contraire, elle montait, et à ce rythme, la route risquait de devenr totalement impraticable dans les heures qui suivent, et il lui faudrait alors songer à s'arrêter pour éviter d'avoir droit à un nouvel accident du genre dont elle venait de faire l'expérience, voire pire...
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MessageSujet: Re: Chemises mouillées, pour le meilleur, le pire, et les mensurations mystères [Pv : Luciella]   Ven 15 Sep - 21:57

En fait c'était peut-être une mauvaise idée qu'il avait eu là. Comme toutes les femmes, cette Luciella était bien évidemment intarissable dès qu'elle ouvrait la bouche. Délaissant ce relief perturbateur, le Rôdeur roula des yeux pour la première fois depuis longtemps et serra brièvement sa cape contre lui, comme un enfant s'enroulant dans sa couverture la nuit venue. Il ne ressentait plus grand chose, et l'avoir réalisé depuis quelques temps ne faisait qu'accentuer cette triste réalité. Un jour, une jeune femme avait failli tourner de l'oeil en pointant du doigt une monstrueuse coulée de sang dans son flanc. Lui, ne s'en était même pas rendu compte, ni sur l'instant, ni une heure après. Pourtant, il redoutait les réactions des doubles chromosomes X. Chaque fois qu'il en rencontrait une, il se mettait sur la défensive et remerciait son armure épaisse qui le protégeait de leurs manières incompréhensibles.

Mais, pour une fois, celle-ci avait un cerveau. Sans doute était-ce lié à l'âge qu'il n'osait pas fixer - Son maître lui avait dit que c'était inconvenant avec les femmes, sans qu'il n'ait jamais compris pourquoi ça l'était pour elle et non pour eux - et lui conférait l'expérience de la sagesse. Quoiqu'il en soit, cette capacité à prendre du recul, à respecter son attitude à la limite du sauvage, tout en analysant avec une perspicacité indéniable ses propos, valait à la marchande l'intérêt profond du Rôdeur. Cette femme était bien, et méritait de vivre. Son oeil s'illumina d'un éclat ardent un bref instant, comme une torche dans le noir, alors qu'il étudiait la corpulence de la commerçante. Aucun défi, aucun péril. Il aurait voulu la tuer qu'il n'aurait su choisir le moyen le plus commode. Puis, comme il était venu, l'éclat pourpre mourut tandis que le sombre guerrier se replongeait dans ses demi-songes.


"La vie, la mort...le plaisir, la souffrance. Tout cela...n'a plus vraiment d'importance, pour moi."

Tue-là, brises ses os avant d'en dire trop. Se découvrir, c'est être faible. Offrir ses secrets, ses émotions, c'est se rendre vulnérable. Voilà ce qu'il pensait, seigneur de la mort en armure rouillée par le sang. Mais il savait que ce n'était que des paroles en l'air. Elles étaient vraies, mais pas absolues. Kerorian pouvait cracher ses secrets sur tous les toits s'il lui en prenait l'envie, qu'importait ? Qu'importait qu'on sache son passé, ou son avenir, si on ne pouvait outrepasser sa force infernale et sa volonté meurtrière.

"Je ne tue pas pour le plaisir. Je tue pour vivre, je tue parce que je veux la force de mes ennemis. Leur valeur sera mon respect et ma raison d'être.

Une faim ardente lui tordit l'estomac. L'une de ses rares souffrances, de ses rares plaisirs, depuis des années. Celui de défaire plus valeureux que lui, de se sentir fort et vivant dans un combat où le temps n'avait plus d'importance, que d'aspirer leur force vitale, leur âme, d'asservir leur volonté à la sienne. Alors, il devenait le maître incontesté de la vie et de la mort, déniant l'éternité elle-même par son simple désir.
Il secoua violemment la tête. Il avait envie de sang et de fer, de sentir ses muscles contre ceux d'un autre, sa malédiction éternelle contre l'existence éphémère d'un impudent. S'il se laissait tenter, il tuerait cette pauvre femme. Elle avait réussi à lui plaire, la vie elle méritait. Tout simplement.


"Qu'importe. Tu es femme et seule. N'as-tu point peur de moi ? Je porte bien des noms qui font trembler le monde, parait-il. Que pourrais-tu contre ma colère, s'il me prenait de la tourner contre toi ?"

Et voilà. La menace. Incapable de supporter sa possible humanité, le Rôdeur devait se terrer derrière sa puissance comme le faisait un animal blessé derrière un mur. Il haïssait la vie, autant qu'il la vénérait. Sans vie, il n'était pas. Trop vie, et il n'était plus, lui qui n'existait que pour y mettre un terme.
Mais était-ce pour autant la véritable raison de sa logique et de sa vie, tuer pour tuer, puisqu'il était vivant ?




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MessageSujet: Re: Chemises mouillées, pour le meilleur, le pire, et les mensurations mystères [Pv : Luciella]   Dim 17 Sep - 21:14

Chemises mouillées, mensurations mystères

... Quelque chose toquait. Luciella n'aurait su dire quoi, ni pourquoi, et surtout pourquoi elle ne s'en rendait compte que maintenant, mais quelque chose toquait chez cet illustre inconnu. Il n'était pas seulement question d'un frisson de défi, et elle commençait à le comprendre maintenant. A la façon dont il parlait, la manière dont il choisissait ses mots, il y avait quelque chose d'autre. De plus profond. De plus dévorant. Une maladie mentale ? Un traumatisme qui l'enchaînait ? Ou... autre chose ? Elle n'aurait su le dire, mais maintenant, elle commençait à s'en rendre compte. Chez le dénommé Kerorian, quelque chose toquait. C'était profond, et dévorant... et sans doute, du moins dans une certaine mesure, au-delà dans son contrôle.

Elle pensait dans une certaine mesure, parce que sinon, quelque chose lui disait que plutôt que de parler, elle serait sur le dos d'Oberon, lance en main, à essayer de trouver un moyen de lui percer la tête de sa lance sans se faire couper en deux ou fracasser par cette énorme épée qu'il portait. Ou à comment fuir et sauver sa peau. Sa vie, au final, importait après tout plus que des biens matériels remplaçables (extrêmement couteux pour certains, mais remplaçables tout de même). Sans doute aussi, n'apparaissait-elle pas comme quelqu'un de digne de l'affronter à ses yeux, et cela faisait beaucoup de différence. Même si...

"Femme ou pas, pensez vous réellement qu'un marchand incapable de se défendre seul serait sur les routes sans escorte ?"

Le javelot fermement accroché sous la selle d'Oberon, qu'il portait même lorsqu'il se contentait de tirer le chariot et qu'elle montra rapidement de la main était alors une indication de plus, et il n'était pas la peine qu'elle montre l'intérieure de la caravane, où se trouvait également sa propre lance. La première arme suffisait sans doute comme indication que, malgré les apparences, elle savait parfaitement se défendre. Et puis... Et puis, elle lui adressa un grand sourire. S'il avait voulu tenter de se débarrasser d'elle, il l'aurait fait il y a longtemps.

"Et si je ne doute aucunement de votre potentielle dangerosité, si vraiment vous souhaitiez assassiner de la "femme seule", vous n'auriez as pris la peine de m'aider avec ma carriole, vous auriez pu immédiatement sortir votre épée, ou tenter de m'étrangler. Je me trompe ?"

Son raisonnement était peut-être faux, mais pas sans fondement. S'il avait voulu, il aurait été plus avantageux de se débarrasser d'elle tôt plutôt que de prendre son temps. Idem si son objectif était de voler sa marchandise. Il aurait été plus simple de se débarasser d'elle pour ensuite prendre le cheval et le contenu de sa carriole d'un coup d'un seul plutôt que de s'encombrer de la conductrice, l'un dans l'autre, s'il avait voulu à sa peau, sa démarche n'était pas logique. Et de cette réflexion, elle ne tirait peut-être pas une confiance aveugle en cet homme à la carrure d'ours, mais tout du moins lui faisait-elle assez confiance sur ses intentions de ne pas intenter à sa vie, du moins pas dans l'immédiat. Et de cette certitude découlait son attitude : pourquoi agir comme si elle devait avoir peur de lui et s'en méfier quand ce n'était pas le cas ? Même si, sans doute, elle parlait trop pour son propre bien. Et d'ailleurs...


"... Mais si vous tuez pour vivre, vous vous ferez forcément tuer un jour. Ou alors, vous détruirez tout autour de vous, vous-même y compris. Au final... il ne vous restera plus grand chose, si ce n'est pas déjà le cas."

Et la pluie continuait de tomber. Un éclair surgit, et le tonnerre gronda. Ce n'était définitivement pas bon signe, et elle secoua la tête, poussant un léger soupir. Décidément, cette journée n'était pas la sienne...


"... Il va sans doute falloir s'arrêter, l'orage va rendre la route totalement impraticable pour mon chariot. Et comme vous l'avez si bien dit tout à l'heure, vous n'avez nullement l'intention de le tirer hors de la boue un nombre incalculable de fois !"
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MessageSujet: Re: Chemises mouillées, pour le meilleur, le pire, et les mensurations mystères [Pv : Luciella]   Lun 18 Sep - 11:20

La marchande commençait à l'intriguer. Pour de bon. Le Rôdeur savait être une bille en analyse sociale, mais il s'étonnait toujours que les gens ne s'enfuirent pas lorsqu'il les menaçait de mort. Un jour il prendra vraiment le temps de mesurer la portée de ses paroles, car il obtenait presque toujours l'inverse de ce qu'il souhaitait. Toutefois, Luciella lui sortait l'universelle réponse du "penses-tu que je ne sais pas me défendre ?". Et elle avait raison, tous ceux qui le disent ont raison, lui-y compris...jusqu'à ce qu'ils aient tort. C'est amusant la vérité, on peut tomber juste éternellement sans que cela ne change rien, mais il suffit d'une seule faute pour tout perdre.

En revanche, pour une fois, la femelle lui donna une analyse correcte de son attitude. S'il voulait la tuer, pourquoi s'emmerder avec elle ? Bien vu. Lui le ressentait, mais n'arrivait pas à le formuler. Maintenant que quelqu'un avait enfin mis des mots sur ses songes, le guerrier pouvait construire une nouvelle idée. S'il ne l'attaquait pas, c'est qu'il n'en avait pas envie. Ou qu'il n'avait rien à gagner à le faire. En voyant la commerçante demeurer bon vivant et confiante, alors qu'elle était assise à ses côtés, le Rôdeur fut convaincu qu'il perdrait effectivement plus à l'abattre qu'à l'épargner. Cela faisait du bien de trouver un cerveau à écouter, pour une fois.
Puis, pour une fois, on n'essaya pas de lui faire la morale préservatrice à la mords-moi-le-nœud comme à chaque fois. Luciella lui simplement le constat évident de son avenir : Mourir, ou tout anéantir. C'était bien ce qu'il voulait, quelque part. Pour qui s'inquiétait-elle le plus, pour lui ou le monde qu'il souhaitait voir brûler ?

Quand l'orage redoubla de violence, la marchande soupira avant de lui annoncer leur arrêt prochain. Si l'état de la route s'aggravait, le chariot allait assurément se coincer à nouveau, surtout avec la masse affolante qu'il ajoutait par sa présence. Tandis qu'un éclair zébrait le ciel en l'illuminant d'une blancheur bleutée, Kerorian se fendit d'un demi-sourire cruel, presque pervers. Sa pupille s'embrasa, durant un battement de coeur, alors que ses pensées s'éclaircissaient, la torpeur sourde que lui infligeaient les murmures éternels s'estompa, comme avant de croiser le fer face à autre chose que la piétaille de bas-étage.
Son oeil rouge, redevenant sombre, se tourna vers la marchande. Il se fixa quelques secondes sur sa gorge. Quel goût pouvait-elle bien avoir ? Son regard glissa ensuite sur ses courbes, l'obsédante question se répétant dans sa tête, avant qu'il ne finisse par hausser les épaules.


"Soit. Au moins, nous aurons un autre interlocuteur qu'un cheval ou une épée."

Que pouvait-il bien faire pour le chariot ou la pluie, sinon accepter d'attendre en intéressante compagnie ? Peut-être avait-il enfin trouvé une nouvelle voix à ajouter à ses pensées, une voix utile, qui lui renverrait de pertinentes réflexions, et pas juste des esprits désincarnés ou des lopettes ayant peur de leur propre vie.

"Tu me plais, Luciella. Ca me change de rencontrer quelqu'un qui écoute et réponde avec une cerveau. En particulier une femme, je désespérais d'en trouver une dotée d'intelligence."

Par son intérêt, Kerorian sentait également sa faim se développer. Seulement il redoutait d'anéantir les valeurs qu'il appréciait chez elle en la fauchant. Ce dilemme avait quelque chose d'amusant, d'un peu fascinant.
Puis son rictus s'effaça. Le Rôdeur en venait à se demander s'il parlait vraiment à quelqu'un, ou seulement à l'un de ces rêves tordus. Dans tous les cas, cette discussion était importante à son goût. Des pensées prenaient place, des craintes étaient mises à jours, il éclaircissait des choses et il en avait besoin. La tigresse de l'autre jour n'avait été qu'une fanatique, à peine une proie en sursis.


"Quand à la vie, la mort...la mienne ou celle des autres m'importe peu. Je suis déjà damné, alors que peu bien me faire de l'être un peu plus ou un peu moins ? De toute façon..."

Son esprit se faisant plus vif, plus lucide, le vagabond devait à nouveau faire face aux conflits qui déchiraient sa conscience. Puisqu'il était fort, il devait agir, par exemple en se battant pour ceux qui ne peuvent pas le faire. Pour agir, il devait être plus fort, et ça nécessitait de tuer, beaucoup. Être gentil l'empêcherait d'être fort, la force rendrait inutile la bonté.

"Qu'importe grommela le géant mal luné "Et toi alors, te farcir des routes pleines de boues, d'idiots et de fous jusqu'à la fin de tes jours te semble un bel avenir ? Seule en plus ? Je risque moins de me faire trucider que toi pourtant."

Et voilà. Il recommençait à toucher un point sensible, à être troublé, alors il devait repartir à l'attaque...hé ben, c'était pas gagné de trouver une solution pour sa caboche de cinglé. Cela dit, cette interrogation au sujet de l'avenir l'intriguait...ou plutôt lui fournissait une excuse pour penser à autre chose qu'à ses véritables soucis.




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MessageSujet: Re: Chemises mouillées, pour le meilleur, le pire, et les mensurations mystères [Pv : Luciella]   Ven 22 Sep - 0:40

Chemises mouillées, mensurations mystères

... OK, that was sexist. ... En vérité, la réplique sur la présence ou l'absence d'organe crânien fonctionnel dans les caboches des femmes de façon générale avait failli attirer à Kerorian une réponse outrée et bien sentie, puis, le cerveau de Luciella avait fait demi tour, quelques vingt-deux ans auparavant.

Nombreux étaient les garçons -de son âge comme plus âgés, à son grand dégoût à l'époque- qui ne se gênaient pas pour poser les yeux sur un corps encore en développement mais qui déjà s'annonçait des plus plantureux, et rajouter des répliques bien plus déplacées que de simples regards. Retour au présent. Ouais, OK. Elle aurait pu dire pareil de la quasi totalité de la gente masculine. Touché. Elle avait refermé ses lèvres aussi vite qu'elle les avait entrouvertes, ravalant sa réplique, en se disant que l'inverse était tout aussi vrai et, tout en continuant de guider son cheval pour tenter de trouver tout du moins un simulacre d'abri, l'avait écouté parler.

Damné, hein ? Beaucoup utilisaient ce mot, ils se disaient maudits pour un oui ou pour un non mais, assez étrangement, la blonde ne se sentait pas de lui asséner cette vérité. Il y avait un certain poids dans ses paroles. Un poids suffisant pour que seule une sotte ose se permettre de le contredire aussi simplement, sans savoir exactement de quoi il était question, ou ce dont il parlait exactement. Encore une fois, elle était restée muette, si on mettait à part le léger refrain qu'elle fredonnait pour calmer Oberon qui, à chaque coup de tonnerre, manquait de partir en roue libre, visiblement paniqué par l'orage.

Tant qu'elle y était, elle pouvait très bien répondre à sa question, d'ailleurs, elle qui n'avait aucun doute sur la voie qu'elle avait choisi de suivre, quitte d'ailleurs à se battre contre les souhaits de son père, aussi bienveillants avaient-ils été.

"Parce qu'il faut bien que quelqu'un le fasse." Avait-elle fini par lancer en réponse, tout en restant concentrée sur sa route. "On ne demande pas pourquoi est-ce qu'un soldat se bat pour sa patrie, ou pourquoi est-ce qu'un marin prend la mer, malgré tout les risque que ça comporte en règle générale, non ? La réponse semble évidente, et là c'est la même chose. Si les marchands ne bougent pas, les biens ne circulent pas, pas plus que les informations. On fait plus qu'échanger des objets contre quelques pièces, et même si tout le monde n'est pas toujours honnête, c'est le cas partout non ?"

Elle aimait ce qu'elle faisait, mais ça ne l'empêchait pas d'être lucide sur la réalité de son métier. Des escrocs, il y en avait partout. Des gens prêts à vendre une pierre à plusieurs milliers d'écus quand, tout au plus, elle en vaut une centaine, d'autres qui promettaient monts et merveille, mais qui au final ne livraient qu'une réalité grise et sale, parfois même, avec la morsure de l'acier comme seul remerciement d'un paiement de bonne foi.

"Pendant la première grande guerre, tout le monde parle d'Ike des mercenaires de Greil, comment il a mené la reine Elincia jusqu'à Begnion, puis a repris Melior à ses côtés. On parle beaucoup moins de la troupe de marchand qui les accompagnaient, mais ils étaient tout aussi essentiels. A l'intérieur du pays, c'était pareil. Je n'ai peut-être pas fait la guerre sur un champ de bataille, mais sur les routes, si. J'ai... probablement eu a tuer plus de soldats de Daein pour pouvoir livrer de la nourriture ou des médicaments en urgence que nombre de combattants de l'armée, en vérité. Mais c'était nécessaire. Les marchands sont nécessaire, autant que le sont les soldats. Et j'aime voyager, alors on peut dire que c'est une vocation toute trouvée pour moi."

Elle ne s'en était sans doute pas rendue compte mais au fur et à mesure qu'elle parlait, un sourire s'était formé sur ses lèvres. Un sourire un peu idiot, mais heureux, ravi même. Elle savait ce qu'elle faisait de sa vie, et même si les aléas du destin et de la route n'étaient pas quelque chose qu'elle avait sous sa coupe, elle avait pris son destin en main, quelque part. C'était le sourire franc d'une personne qui n'hésitait pas, qui avait trouvé sa voie, et le savait.

Finalement, elle avait repéré ce qui l'intéressait. L'orée d'une forêt, et l'amas d'arbre qui l'accompagnait immanquablement. Peu accueillante, au vue de la météo, mais en s'y enfonçant très légèrement, il leur serait possible de subir moins de pluie à l'abri des branches qui tenaient lieu de plafond, ou du moins serai-ce le cas pour son cheval, qu'elle avait d'ailleurs détaché, histoire de permettre au canasson de s'abriter, et de pouvoir couvrir l'ensemble du système d'attache, histoire d'éviter au bois de prendre trop de pluie. Elle n'avait pas demandé d'aide, pas plus qu'elle n'avait pris la peine de plus se couvrir qu'elle ne l'était alors - elle était déjà trempée après tout !- avant de finalement reporter son attention sur son compagnon d'infortune.

"J'espère que dormir sur du bois vous convient, parce que même entre les arbres le sol est trempé, pas moyen d'y mettre une tente !"

Ceci dit, s'il pleuvait, et que cette zone était la seule à être à peu près à l'abri de la pluie... il ne faisait nul doute que d'autres personnes se trouvaient sans doute dans les environs, et pas forcément des plus bien intentionnées... même si pour l'instant, Luciella ne remarquait pas qu'on les observait, et que ces charmants messieurs n'allaient sans doute plus trop tarder à sortir de leur cachette...
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MessageSujet: Re: Chemises mouillées, pour le meilleur, le pire, et les mensurations mystères [Pv : Luciella]   Ven 22 Sep - 9:19

Sur la défensive, le Rôdeur se rembrunit tout d'abord à la réponse de Luciella. "Il fallait bien que quelqu'un le fasse"...résolution sage parfois, mais le plus souvent simple soumission à un destin qu'on a pas le courage d'affronter. Or, le vagabond au regard rubis abhorrait la lâcheté. Que brûlent les faibles et les oisifs, qui ne sont autre chose que de vulgaires vermines déguisées. Il ne prit même pas garde à ses doigts qui se serrèrent dans un cliquetis métallique autour de sa lourde épée.
Fort heureusement, la marchande capta à nouveau son attention et détourna la colère qui commençait à ourdir en lui, et ne manqua pas ensuite d'exposer un point de vue qu'il espérait entendre depuis fort longtemps. Bien sûr, Luciella donnait l'impression de se jeter quelques fleurs lorsqu'elle parla de l'importance des marchandes dans le périple du légendaire Ike et ses compagnons, et son tempérament ardent se calma petit à petit alors qu'un maigre sourire se dessinait au coin de sa bouche. Pour une fois, un véritable sourire, naturel.

Bien évidemment, tout particulièrement lui du moins autrefois, Kerorian appréciait les gestes épiques. Les histoires de puissants héros qui changeaient la face du monde et de l'Histoire par leur seule présence, ces entités énigmatiques que l'on élevait au rang de légende, de dieux incarnés ou encore de simple "on-dit" que tout le monde entend, d'une cour de château jusqu'aux sombres forêts. C'était en voulant leur ressembler que, plus jeune, il se dévouait à la vie et à l'espoir.
Puis avec l'expérience, et le recul glacial de sa malédiction, le Rôdeur vit et compris bien des choses. Il finit même par se demander si Ike en personne n'avait pas eu une pensée similaire, et que c'était là la raison de disparition. Car pour un seul héros que l'on glorifie, acteur majeur du théâtre de la vie, ce sont des milliers d'autres que l'on laisse à l'oubli et l'anonymat. Et tout autant dont ne se souvient même pas du visage, à tous ces martyrs de la folie des hommes et des laguz. Un continent entier, deux civilisations, mais un seul héros, tout juste bon à être montré du doigt pour canaliser la foule béate.
Mais jamais aucune pensée pour l'infinité de petits détails qui l'ont aidé. Solitaire, Kerorian connaissait ces détails. Luciella aussi, mieux même : elle en vivait. Elle en était consciente, et y trouvait pleinement sa raison de vivre. Elle était elle-même, ça lui suffisait, et elle aimait ça. Bientôt, ils atteignirent l'orée d'une forêt et la marchande projeta de s'abriter du plus gros de l'orage à proximité des branches.


"Les héros sont une hypocrisie, un beau mensonge créé par ceux qui ont besoin de quelqu'un d'autre pour mener leurs combats à leur place. Les mêmes qui donnent des ordres et trouvent facile de faire couler le sang, en se gardant bien d'y risquer le leur."

Il réalisa alors qu'il avait relâché sa sombre épée. Signe de confiance peut-être ? Hm. Il s'en empara à nouveau avant de descendre du chariot, se gardant bien toutefois qu'il était heureux de retrouver le plancher des vaches, même ainsi détrempé, car jamais le Rôdeur ne s'était senti à l'aise sur un cheval ou dans un chariot.
Une sensation fugace lui fit tourner la tête, le regard perdu dans les ombres. Il resta là un moment à scruter les ténèbres sous le roulement sourd de la pluie, à guetter un signe quelconque alors que Luciella poursuivait, son entrain paraissant invulnérable.
Puis le Rôdeur se détourna des bois obscurs. Ce n'était sans doute rien. Possédé, il n'avait de cesse d'entendre et de voir des choses qui n'existaient pas, juste des échos flous provoqués par la folie des malheureux tourmentés, emprisonnés dans sa lame et sa tête. Cela pouvait aussi simplement être un animal, de l'écureuil jusqu'à la bich, quoi de plus normal dans une forêt. Ou peut-être pas. Dans le doute, il ficha la colossale épée noire dans le sol et la regarda avec un air suspicieux s'enfoncer de quelques pouces supplémentaires dans la boue. Ainsi, dans le doute, il affichait clairement sa force et son hostilité potentielle.
Son oeil de feu se tourna vers Luciella, s'efforçant de ne pas trop s'attarder - au prix d'un cruel effort - sur ses courbes délicieusement mises en valeur par la pluie, avant de se perdre à nouveau dans le noir. Pendant une seconde il crut voir une ombre bouger. Mais cela pouvait-être n'importe quoi, du reflet d'une branche jusqu'à une hallucination. Par réflexe, il effleura les poignées de ses armes. La lame noire était la plus puissante, une force irrésistible et inhumaine, mais le Rôdeur portait encore en évidence à la hanche une massive épée bâtarde et une hache en acier à manche court. Méfiant, parano même, il grogna brièvement.

Puis il se tourna à nouveau vers la marchande, gardant une oreille pour guetter les bruits suspects et s'efforça à nouveau de ne pas se perdre dans ses courbes. Son maître avait fait un travail extraordinaire avec lui, lui enseignant à ne craindre ni peur ni douleur, et à devenir très jeune un bretteur hors du commun...mais hélas, trois fois hélas, le vieil homme n'avait pas su le préparer aux femmes.
Un sursaut de lucidité lui fit prendre conscience que cela faisait bien longtemps qu'une femme n'avait réellement su lui plaire. Rien que pour ça, la marchande méritait toute son attention. Toutefois, bavard comme pas deux, le Rôdeur répondit à l'interrogation du "lit naturel" en toquant sur son armure, ne doutant pas que la dame au grand sourire saurait l'interpréter comme il se doit.


"J'apprécie ta compagnie, Luciella. de sa part, cela sonnait presque comme un compliment alors cesse de me vouvoyer. Garde le luxe de la politesse pour qui payera plus cher afin d'en profiter."

Par réflexe, son regard se tourna à nouveau vers les bois. Il porta la main à Zwei, sa chère épée bâtarde, lorsqu'il fut certain de voir une ombre bouger entre deux arbres. En fixant plus attentivement la forêt, tendu comme un arc, il finit par relâcher l'arme en se disant qu'il avait simplement vu un fantôme, comme tant et tant de fois. La nuit, en particulier en forêt, et sous un tel orage, il confondait aisément les esprits qui le hantaient avec de fausses-impressions. Ce n'était probablement rien...




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MessageSujet: Re: Chemises mouillées, pour le meilleur, le pire, et les mensurations mystères [Pv : Luciella]   Sam 30 Sep - 14:40

Chemises mouillées, mensurations mystères

... Au départ, Luciella haussa un sourcil quand Kerorian s'approcha de lui en tapotant son armure, sans avoir l'air de trop comprendre, avant de réaliser qu'il "parlait" de sa réplique quand au fait de dormir sur du bois... vrai, s'il étiat habitué à ne dormir dans rien d'autre que son armure, alors sans doute n'aurait-il aucun souci à s'accommoder des lattes de bois qui formaient le sol de l'intérieur de sa caravane. Elle s'était alors contenté de hocher la tête avec un grand sourire, tout en tirant un grand coup sur la corde qu'elle était occupée à nouer pour achever de faire tenir la bâche sur la partie avant de sa caravane, protégeant ainsi définitivement le bois de la pluie pour la nuit à venir, alors qu'Oberon revenait vers eux. Au galop. Luciella n'allait pas avoir le temps de répondre à l'invitation de Kerorian à le tutoyer.

De base, sans doute aurait-elle réagit au moment où elle avait entendu le bruit des sabots de son cheval cogner contre le sol dans un son si caractéristique que peu de personnes pouvaient confondre avec autre chose, mais entre la pluie battante et le sol mouillé, ce bruit avait été si étouffé qu'elle ne s'était rendu compte que quelque chose clochait qu'au moment où l'étalon blanc était redevenu visible, hennissant à plein poumons, alors qu'elle parvenait finalement à deviner la forme... d'un cavalier ? Sur SA monture ? OK, what ?

Toute concentrée qu'elle était sur le fait de correctement protéger son matériel, la blonde était obligée d'admettre qu'elle n'avait pas vraiment remarqué tout le manège mis en place par son compagnon de route pour, apparemment, dissuader d'éventuels empêcheurs de tourner en rond de se manifester. Le truc, c'est que maintenant, il y avait un type avec une hache de lancer sur son cheval, beuglant au "foutu canasson" de se calmer, alors que se dernier, tout en se rapprochant de sa maîtresse, semblait se débattre de toutes ses forces pour se débarrasser de l'inattendu parasite. Des bandits. Bien sur, il ne manquait vraiment plus que ça pour égayer la soirée enfin !

"Il s'appelle Oberon !"

Eut-elle tout juste le temps de lancer alors qu'elle se jetait sur le côté pour éviter de se prendre un coup perdu au milieu des nombreuses ruades de sa monture et des coups de hache dans l'air du type qui se permettait de le prendre pour un rodéo... et avant qu'elle ne s'en rende compte, le reste de la bande était sorti. Ils devaient facilement être une dizaine, mais sans doute d'autres se trouvaient-ils dans les bois, des petites frappes armées de haches, voire d'épées pour certains, au moins aussi trempés qu'elle et Kerorian ne l'étaient mais... Luciella voyait surtout qu'elle n'était pas à cheval. Son javelot était resté à sa place, fermement attaché à la selle de son cheval, mais sa lance d'acier, elle, était restée dans sa caravane, donc pour le moment totalement hors de sa portée... pas d'arme à portée de main, pas de monture, la voilà dans une situation des moins enviables. Il lui fallait espérer que Kerorian sache se débrouiller, mais au vu de sa force et de sa gigantesque épée ça ne faisait que peu de doute, parce qu'elle... devait d'abord faire sa priorité de récupérer la place revenant de droit à son postérieur sur le dos de son canasson !

L'ouverture pour se faire arriva cependant plus vite que prévue. Une énième ruade avait permit au cheval de se débarrasser de son intrus beuglant, qui à son tour allait donc goûter à la magnifique expérience d'attérir dans la boue, alors que Luciella n'allait pas perdre une seule seconde l'occasion de reprendre le contrôle d'au moins cette situation. Le mouvement avait été vif, sans doute plusieurs fois répété, et dans une cabriole peu probable, elle avait finalement réussi à s'installer sur la selle de la bête qui continuait de se débattre, qui avait fini par totalement se libérer du porc qui avait osé lui monter dessus d'un coup de sabot, suivi d'un cri de douleur et de l'abandon de ses rênes, dont se saisit bien vite Luciella d'une main... tandis que l'autre était maintenant fermement en possession de son javelot, dont le fer s'enfonça d'ailleurs sans la moindre trace de remord dans le crâne de l'agresseur, mettant fin à toute tentative actuelle ou future de détrousser quoi que ce soit pour celui là. Pas pour ses compagnons, et mine de rien, il s'était déjà écoulé un certain moment, durant lequel Kerorian avait du se retrouver seul pour gérer le reste de la bande. S'en était-il sorti, de son côté ? Les autres n'avaient pas de montures, mais avaient clairement l'avantage du nombre, et si elle avait pu si facilement récupérer sa monture, c'est qu'ils avaient concentré leurs efforts sur le grand baraqué en armure...
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MessageSujet: Re: Chemises mouillées, pour le meilleur, le pire, et les mensurations mystères [Pv : Luciella]   Sam 30 Sep - 22:25

Le Rôdeur devait bien avouer qu'il s'attendait à ce que la situation se corse, mais pas sous la forme d'un rodéo improvisé sous la pluie. Il demeurait tendu, méfiant envers la monture comme son cavalier improvisé, mais reporta bien assez vite son attention ailleurs. Luciella était bien plus apte que lui à récupérer le cheval vivant - lui se serait contenté de trancher les deux, mais ne tenait pas à tirer la charrette à la place du bourrin - et s'engageait déjà dans l'opération tandis que le reste de la bande s'avançait, l'arme à la main. D'un rapide coup d'oeil, il en dénombra neuf. Bien évidemment, inutile de se demander pourquoi ils attaquaient : Les voyageurs étaient deux, un guerrier menaçant, et une foutue bonasse tirant une carriole pleine à craquer de trésors divers et variés. Inutile de dire qu'ils étaient tombés sur le gros jackpot.
Son oeil de feu se glissa le temps d'un souffle vers sa lame noire, plantée dans le sol. Avec une telle puissance et allonge, il aurait tôt fait de balayer ces malandrins de bas étage, quoique certains paraissaient fort assurés avec leurs airs de brutes aguerries et couturées. Son regard coula vers la cavalière, qui essayait de ne pas se faire tabasser par son propre cheval, avant de focaliser sur les bandits qui se déployaient. La sombre épée était puissante...mais le pousserait à faire couler le sang. Non pas que ça le dérangeait, mais il craignait de perdre la tête, emporté dans son exquise frénésie meurtrière, et de s'en prendre aussi à sa camarade d'infortune mouillée. De plus, si le combat venait à se déplacer, il n'aurait pas la capacité de contrôler ses coups pour éviter de la faucher par inadvertance. Il avait trop l'habitude de se battre seul, et de faire de la place par la force pure.
Et puis il glisserait en un rien de temps, se dit-il en tirant Zwei et sa hache en acier. Sur terrain sec, ou même en pente, il sentait déjà la puissance de son arme menacer de l'entraîner avec elle à chaque coup. Dans cette gadoue, il allait juste faire un vol plané.

En le voyant abandonner sa prétentieuse épée démesurée, quelques uns des scélérats s'autorisèrent un sourire moqueur, rassurés. Ils pensaient que la taille absurde de son arme n'était que de l’esbroufe, et ça leur éviterait de risquer d'être fauchés à plusieurs d'un coup. L'un d'eux se permit même un commentaire acerbe fondé sur un préjugé du à la taille de l'arme, mettant en doute sa virilité et déclenchant le ricanement de ses compagnons.
Kerorian le réduisit au silence en lui envoyant sa hache en plein figure. L'arme n'était pas prévue pour ça, mais à cette portée il pouvait se le permettre. Leur chef, brandissant un lourd marteau, aboyait déjà des ordres pour abattre le Rôdeur, alors que Kerorian bondissait déjà sur l'une des extrémités du demi-cercle formé par les vandales, usant sa fantastique allonge pour estoquer le fou qui se trouvait à portée. Il rata sa poitrine, mais lui ouvrit le ventre à la place. Son pied glissa suite à son assaut dangereusement véloce pour un guerrier en armure, mais il se rattrapa avec son autre main, et reprit le mouvement, continuant à se mouvoir sur le bord de la formation ennemie.
Son maître avait dispensé durant de très longues années sa sagesse avec lui, l'élevant comme son propre enfant et disciple tout à la fois, puis le Rôdeur avait mis ces leçons en pratique, des années durant. Briser un encerclement n'était pas si difficile, lorsqu'on était certain de pouvoir tenir à un contre deux. En bougeant sans cesse sur l'extérieur de l'assaut avant qu'il ne se referme, on empêchait le nombre de jouer, amenant même les adversaires à se gêner les uns les autres.

D'un violent coup à deux mains, il brisa la hache du bandit suivant qui essaya de se défendre avec et lui enfonça sa lourde épée dans la clavicule jusqu'aux côtes. Il pivota un peu le buste pour offrir plutôt la rondeur de son épaulière à la lame qui le menaçait. La hache ripa dessus dans un tintement sourd, et le Rôdeur répondit d'un violent revers, que le mécréant esquiva étonnamment bien. Kerorian reporta son attention sur le vaurien qui le chargeait avec un cri de bœuf. Trop facile. D'une poussée puissante, le guerrier l'empala sur son épée jusqu'à la garde avec son estocade favorite. Il saisit le corps soudainement raidi par le choc d'un coup fatal, et le souleva pour l'offrir au coup suivant. La hache se ficha dans son dos avec un craquement mauvais, puis Kerorian repoussa le tout pour pouvoir à nouveau manier sa lame.
Menaçant d'être débordé, il s'esquiva à nouveau par le côté. Il leva Zwei pour parer un coup, remerciant sa bonne vieille et robuste lame d'être si solide, et riposta de taille. Il toucha son ennemi à la hanche, et porta ensuite un revers pour repousser un autre adversaire, qui esquiva à son tour en se jetant en arrière mais frappa dans le vide. Mais quand il essaya de bondir une fois de plus, son pied glissa dans la gadoue et il se vautra dans la terre détrempée. Malgré le terrain, il se remit aussi vite que possible au moins à genoux en levant Zwei au-dessus de sa tête, seule partie vraiment vulnérable de son corps. Un choc violent lui secoua le bras, signe qu'il avait bien fait. Presque à l'aveugle, il tendit l'autre bras pour saisir le manche de la hache, et tira vers lui avant de frapper. Un hoquet étouffé ainsi qu'un éclat vif dans sa vision obscurcie lui confirma l'efficacité de la touche.

Il cracha une exclamation, plus de surprise que de douleur, quand une douleur lui remonta le long du dos. On pouvait empêcher un encerclement, même seul...mais pas indéfiniment, et surtout pas en étant si peu mobile. Il devina vaguement la position de son agresseur sournois dans son angle mort, mais n'eut pas le temps de le chercher plus précisément pour le châtier. trois hommes gisaient déjà dans leur dernier sommeil, un autre tentait vainement de ramasser ses tripes, à genoux dans la boue, un cinquième se traînait péniblement, la hanche brisée et un dernier était allongé au sol, face contre terre, se vidant de son sang. Mais le nombre jouait toujours en leur faveur, et la férocité et la maîtrise ne suffisaient pas seul à surclasser sans fautes une telle quantité.
Au lieu de pouvoir se venger du lâche qui le frappait dans le dos, il dut repousser un assaut mauvais de face, déviant la hache d'un coup de lame, et lui entaillant le ventre d'une riposte adroite, mais pas suffisamment. Il s'apprêta à bondir pour le sonner d'un coup à courte portée pour pouvoir l'achever ensuite, mais un second coup s'enfonça dans son dos et lui fit perdre l'équilibre. Blessé mais pas vaincu, son adversaire de face abattit sa hache sur lui. Kerorian eut à peine le temps de se tordre sur le côté pour laisser l'arme se ficher dans son épaulière, le touchant malgré la solide protection, mais ne causant hélas qu'une blessure légère. Puis il réussit cette fois à bondir et à placer d'un violent coup d'épaule au bandit, le repoussant plus loin alors qu'il glissait dans la boue et s'étalait par terre.
Maintenant débarrassé du gêneur, le Rôdeur fit immédiatement volte-face. Il sentait cette étrange chaleur glacée se diffuser dans ses chairs, là où l'acier avait traversé l'acier pour l'atteindre. Cette sensation post-humaine, comme un avant-goût de la mort, ou de la vie, se répandait dans son dos et son épaule comme un message sans mots. C'était sa façon de souffrir désormais, et il s'en accommodait bien. Ce sentiment était désagréable, pesant, oppressant lorsqu'on le poussait trop loin, mais il était aisé de le surmonter, et repoussa la douleur en même temps que l'assaut du sournois bandit qui l'assaillait depuis trop longtemps à son avis. Maintenant face à face, la donne allait changer. Confiant dans les blessures qu'il avait déjà infligé, le vaurien frappa à nouveau d'un coup lourd. Kerorian le dévia d'un coup d'épée, et enfonça le massif pommeau de Zwei dans le visage du malandrin, avant de lui décocher un crochet en pleine mâchoire avec la force d'un ours enragé. Le vilain s'écroula, assommé.

Résolu à se débarrasser des problèmes à mesure qu'ils venaient, le Rôdeur retourna son épée bâtarde et acheva le pendard inconscient. Un cri rageur le fit se retourner avant qu'il ne puisse retirer sa lame et il eut à peine le temps de se camper sur ses positions pour accueillir l'autre survivant, celui qu'il avait repoussé d'un coup d'épaule et qui revenait à la charge. Maintenant désarmé, il dut parer le coup en serrant sa garde, pliant le bras pour ramener le poignet contre son épaule et répartir la force de l'attaque. Son armure et sa solide constitution tinrent bon, même s'il devina à la morsure brutale qui répandit un peu plus de cette fausse chaleur qu'il avait pris un sale coup. Et bien campé sur ses appuis malgré la boue, tourné vers l'avant, le Rôdeur conserva solidement son équilibre, et bien qu'il glissa sur presque un mètre quand le bandit lui rentra dedans, il tint bon, et sitôt l'assaut encaissé il lui enfonça son poing dans le ventre et le plia en deux.
Puis, furieux, emporté par la frénésie du combat, il repoussa la hache d'un grand coup de bras et saisit à deux mains le bandit, le soulevant haut dans les airs comme s'il n'était qu'un enfant. Pourtant musculeux et large d'épaule, le criminel n'en demeurait pas moins bien plus léger et maniable que la gigantesque épée noire, et Kerorian était d'une force démentielle. Puis il abattit son ennemi sur son genou, et lui brisa la colonne vertébrale dans un craquement immonde qui surpassa même le roulement du tonnerre.

Mais il n'eut même pas le temps de savourer son triomphe, car quelques instants à peine après qu'il eut terrassé le dernier mécréant, leur chef attaqua enfin. Plus rusé et vicieux encore que ses séides, il avait guetté une occasion pour rentabiliser au maximum son marteau, se déplaçant avec astuce pour chercher la bonne opportunité. Ses hommes se bousculant sans cesse à la poursuite du féroce guerrier, l'opération s'était avérée plus compliquée que prévue, et lui avait coûté incroyablement cher. Toutefois, l'idée de profiter à lui seul de tout le butin et de la donzelle rebondie compensait largement ses pertes, et quand il observa le géant immobile, reprenant ses esprits après avoir défait ses ennemis, il l'approcha et le frappa de toutes ses forces en pleine poitrine.
Pris au dépourvu, le guerrier n'esquissa pas le moindre geste alors que la puissante masse enfonçait sa cuirasse et le projetait en arrière avec un bruit terrible. Les marteaux ne sont pas des armes très pratiques. Ni maniables, ni rapides, ils avaient cependant l'avantage de ne guère se soucier des armures, voire même d'être encore plus efficace que les armes conventionnelles puisqu'ils pouvaient froisser les articulations ou enfoncer l'acier et le rendre gênant pour son porteur.
Renversé par l'attaque surprise, Kerorian mit un moment avant de reprendre son souffle. Le choc avait vidé ses poumons de leur air, et quand il essaya de se redresser, la douleur qui irradiait lentement sa poitrine le laissa penser que le coup lui avait cassé quelques côtes. Il toussa, la respiration sifflante alors que son plastron plié lui appuyant sur les fractures quand il bougeait mais se releva pour faire face. Le criminel sourit, peu surpris de la ténacité absurde du guerrier et leva déjà le marteau pour frapper à nouveau.

Kerorian était engourdi, le souffle court mais toujours féroce. Être désarmé ne représentait pas une véritable gêne, quand on possédait sa force surhumaine. Le Rôdeur savait qu'il lui suffisait d'éviter la prochaine attaque pour reprendre l'avantage, et que le combat ne durerait pas, et face à coups lents d'une masse, il était confiant dans ses compétences. Il esquiva le première frappe d'un pas en arrière, grimaçant lorsque son pas lourd glissa dans la boue, l'obligeant à rattraper sa position de force et aggravant son état. A la seconde attaque, il essaya de saisir le marteau de la main droite, mais se rata et la masse cogna en plein dans ses doigts avec un craquement déplaisant. Puis il chargea avant le troisième assaut, voulant prendre son ennemi de court et le tabasser sans plus subir la menace du marteau.
Mais quand il s'élança, un tiraillement lui déchira la poitrine et le ralentit. Raté pour la charge, mais à cette distance le guerrier se sentait capable de contrer cette arme lente. Il l'aurait été, s'il n'avait pas subi autant de blessures. Simplement ralentit par son état, le Rôdeur avait surestimé ses aptitudes et au lieu d'empêcher le marteau de partir en le prenant de court, il le reçu de plein fouet dans l'épaule, et repoussé par le choc retomba dans la boue, incapable de compenser l'impact avec ses bottes glissantes sur un tel terrain. Cela n'arrangea en rien l'état de ses côtes non plus.

Peinant à respirer, il peina à seulement se remettre à quatre pattes, ou plutôt à trois pattes alors qu'il réalisait que son bras droit pendait mollement à son côté, l'épaule démise, puis remarqua que le criminel se tenait déjà triomphal, jouant avec son marteau, prêt à achever le géant aux cheveux rouges et noirs. Mais Kerorian avait encore une carte à jouer, il se jeta à terre, roulant sur le flanc avant de déployer les jambes pour faucher le tibia d'un ciseau horizontal, lui brisant la jambe net. Le vaurien s'effondra en criant alors que le Rôdeur roulait dans l'autre sens et s'efforça de se relever. Une voix chuchotait dans son esprit confus, troublé par la colère, les blessures, et l'adrénaline de la bataille. Il regarda vaguement l'épée noire plantée dans le sol. Elle semblait lui promettre des carnages, d'ignorer sa souffrance, la lourdeur qui ralentissait ses gestes, comme une panacée sanglante qui soignerait tous ses maux en les infligeant aux autres.
Par un effort de volonté, il se détourna de cet appel séduisant et tituba vers Zwei, toujours plantée dans le corps d'un de ses ennemis. La lame maudite était trop lourde pour être maniée d'un seul bras, même par lui, et il y avait encore des survivants. Le Rôdeur jeta un coup d'oeil, alors qu'il écrasait le cadavre sous son pied pour en extraire sa vieille bâtarde, vers la marchande. Elle paraissait s'en être mieux sortie que lui, puisqu'elle trônait fièrement sur sa monture, son ennemi gisant à terre, inerte.


"Si t'as envie d'en garder un souffla le Rôdeur d'une voix sifflante "C'est le moment de le dire..."

Sa vision se voila un instant. Il cligna des yeux et secoua la tête, avant de regretter de s'agiter. Aussi orgueilleux qu'il avait pu le devenir, Kerorian se rendait bien compte que son état était déplorable...mais il s'en soucierait lorsque ses adversaires ne se relèveraient plus jamais. Être capable de ramper, c'était encore beaucoup trop pour eux, à son goût.




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MessageSujet: Re: Chemises mouillées, pour le meilleur, le pire, et les mensurations mystères [Pv : Luciella]   Mar 12 Déc - 2:47

Chemises mouillées, mensurations mystères

La situation aurait pu être pire, mais elle aurait aussi pu être bien meilleure. Sur le champ de bataille, le principal avantage d'un cavalier était assurément sa monture, qui se devait d'être solide et robuste pour pouvoir parer aux aléas du combat. Les chevaux de guerre étaient justement élevés dans ce seul but, de puissants étalons, souvent excités avec les batailles par ailleurs. Un coup de sabot pouvait être dévastateur, mais on oublie également aisément qu'un cheval pouvait mordre, et fort. Parfois même quand leurs cavaliers avaient été éjectés, morts ou pour d'autres raisons, les chevaux pouvaient continuer à se battre entre eux, à coup de morsures et de sabots, et si les chevaux avaient vu autant de batailles que leurs cavaliers, il était même possible de les voir couverts de cicatrices au même titre qu'eux. Oberon... n'était pas un cheval de bataille.

Il était certes, plus gros et robuste que ses cousins de traie, mais il n'était pas non plus une bête de bataille. Comme elle, l'étalon était un bâtard, mais cela signifiait que pour elle, il était parfait. Il pouvait tirer sa carriole, et elle pouvait le monter pour partir seule si nécessaire. Et se battre. Ils n'étaient peut-être pas les plus fort, mais Oberon comme elle n'étaient pas des inconnus au combat, ou au sang. C'était très certainement pour ça que Luciella pouvait se tenir sur son cheval sans avoir à se retenir de vomir devant la scène qui s'offrait à elle, ou que le cheval n'avait pas encore tenté de s'enfuir avec sa cavalière à travers la forêt.

La situation d'encerclement que Kerorian avait du subir aurait pu être plus aisément évitée par Luciella face à un groupe peu préparé à affronter un cavalier, les ruades et la peur de se prendre un coup de sabot aisément capable de briser une mâchoire ou un crâne était amplement suffisante pour maintenir à distance le prudent, et l'imprudent aurait tôt fait de comprendre son erreur, même si la douleur l'aurait ensuite certainement empêché de penser de façon cohérente. ... Long story short, l'état dans lequel Luciella voyait Kerorian avait suffit à la faire se sentir partiellement coupable. Aurait-elle repris plus tôt le contrôle de sa monture, une bonne partie de ses blessures auraient sans doute pu être évitées. Elle avait serré les dents, et son expression s'était durcie. De ce qu'elle voyait, il n'y avait plus qu'à achever les traînards, et le chef, avec sa jambe brisée, ne pouvait plus tenir debout, même s'il fallait encore se méfier de son marteau.

Mais l'un dans l'autre, Luciella se sentait parfaitement capable de gérer cette situation. Elle avait un avantage que l'autre n'avait pas, la portée de son arme, et le fait que la pluie rendait la visibilité mauvaise jusqu'à une certaine distance. Elle s'était alors contenté d'un hochement de tête, et...

"... Je crois que tu as aussi fait ma part de travail. Je vais finir le boulot"

... et même si théoriquement la faible visibilité devrait aussi jouer pour elle, elle avait deux avantages énormes. Une cible peu mobile, la jambe brisée, et relativement énorme en plus d'être mal équipée pour tenir contre elle. Certes, avec ce fichu marteau elle devrait éviter de s'approcher sous peine de risquer qu'Oberon finisse à son tour avec une patte brisée, mais... elle avait une énorme cible presque immobile.

Elle était mobile, elle pouvait y aller à distance, et par ailleurs sans plus un mot s'était lancée. Le bruit mouillé des sabots frappant herbe et boue était, dans ce contexte précis, des plus dérangeant. Plus dérangeant encore fut le bruit des sabots écrasant, sans hésitation aucune, les crâne, les cages thoraciques, et autres os des bandits effondrés au sol, déjà morts ou juste évanouis, sans la moindre trace d'hésitation ou de pitié. L'absence de réaction de son cheval était tout sauf naturel. Il était habitué à faire ça. Et elle aussi. Alors certes, de façon active, elle ne faisait pas grand chose, mais... ces sons d'os craquant sous le poids du sabot d'un cheval était bien assez pour mettre plus que mal à l'aise n'importe quelle personne l'entendant. La pluie battante, les formes qui devenaient floues... Luciella pouvait s'approcher en provoquant un état de panique au mieux avancé, au pire difficilement dissimulé chez son adversaire... qui était plus une proie.

Il était sans nul doute plus fort qu'elle, mais entre la douleur de sa jambe brisée, et le son, pour elle, il ne faisait aucun doute que la panique devait le gagner, et s'intensifier... la donzelle et son cheval n'étaient au fnal pas si inoffensifs, même si le géant avait fait bien plus de la moitié du travail, il était une cible facile à éliminer pour elle, encore au final en pleine forme... D'ailleurs, celui qui apparaissait être le chef des bandits, au final, se retrouvait à agiter son marteau de façon incertaine, tentant d'éloigner un assaillant qu'il ne voyait pas, tout en tentant de se traîner jusqu'au couvert des arbres... mais il ne l'attendrait pas.

L'air incrédule, il regarda quelques instants la pointe du javelot, au final non pas lancé, mais utilisé d'estoc, dépasser de sa poitrine, et se diriger vers son ventre, un trou maintenant béant dans le dos, du au calibre impressionnant de l'arme, et la force supplémentaire qu'offrait la poussée vers le bas fournie par la hauteur du cheval et sa propre position. En vérité, l'ensemble de la bataille ne devait sans doute pas avoir duré plus d'une dizaine de minutes, dans le bien pire des cas, peut-être un peu plus long, mais il était aisé d'en douter. Et l'action en elle-même n'avait pris que quelques minutes supplémentaires, mais... de la perspective de Luciella, tout cela devait bien avoir duré une éternité. Mais, une fois le danger passé, son expression, qui s'était figée, avait de nouveau changé, et elle s'était retournée vers la caravane, s'approchant de là où elle avait laissé Kerorian, et espérait le trouver s'il était resté en place...

"Où avez-vous été blessé ? Je dois avoir de quoi traiter vos blessures à l'intérieur, vous êtes en état de vous y hisser, ou dois-je vous y aider ? ... pardon de vous avoir laissé assumer la majeure partie du combat..."

... avec le retour de son expression et comportement habituels, le vouvoiement temporairement disparu était revenu. Et l'inquiétude transparaissait clairement dans sa voix.
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MessageSujet: Re: Chemises mouillées, pour le meilleur, le pire, et les mensurations mystères [Pv : Luciella]   Mar 12 Déc - 10:11

En plus de s'en être mieux sortie qu'il ne l'aurait pensé, Luciella ne se priva pas non plus de se salir les mains en s'assurant de la tranquillité définitive du bandit. Zwei dans la main gauche, le Rôdeur la regarda poursuivre le chef brisé à cheval, piétinant les cadavres et la boue sans aucune pitié.
La douleur engourdissait son épaule et irradiait à travers sa cage thoracique. Le géant planta son épée dans le sol et commença à essayer de défaire les accroches de sa spallière de sa main disponible en grimaçant. D'une seule main, c'était déjà difficile quand tout allait bien...mais alors avec un gantelet en acier et des dommages conséquents un peu partout, c'était un vrai calvaire.
La cavalière commençait à revenir vers lui alors qu'il parvenait enfin à détacher la lourde plaque d'acier qui alla s'écraser dans la boue, maculant encore un peu plus de crasse l'armure déjà bien ternie. Il avait beau faire le malin avec sa nature robuste, sa volonté frôlant la démence et les pouvoirs octroyés par l'épée noire renforçaient sa résistance, mais l'allègement conséquent sur l'articulation pendante fut un réel soulagement.

Retrouvant sa sociabilité normale, la cavalière s'inquiéta de son état et s'excusa pour l'avoir laissé géré le plus gros. Réaction normale, mais qui piqua au vif le guerrier solitaire qui pour toute réponse attrapa son bras pendant, cherchant une bonne prise qui ne lui glissera pas entre les doigts, serra les mâchoires en ayant l'air encore plus renfrogné qu'à l'accoutumée, puis tira avec violence pour se remboiter l'épaule dans un claquement sourd, lâchant un juron bien senti sous la douleur qui explosa durant une seconde dans ses côtes.
Son bras à nouveau fonctionnel, Kerorian le fit jouer un peu pour l'éprouver. Ce devrait faire l'affaire. Il remarqua alors ses doigts, le majeur et l'annuaire retournés, cassés quand il avait pris un coup de masse dessus. En roulant des yeux, il commença à se défaire de son gantelet, grinçant plusieurs fois des dents car l'opération s'avéra plus compliquée et douloureuse que prévue, mais la main était bien plus accessible que l'épaule. Le gant tomba à son tour, et le Rôdeur se saisit en soupirant de ses deux doigts, se rembrunissant alors qu'il les faisait craquer dans l'autre sens. Il ferma et rouvrit plusieurs fois le poing ensuite, il aurait quand même besoin de soins, mais le plus dur était fait.


"Ca va, j'ai l'habitude."

Il commença par ramasser Zwei, évacuant le plus gros du sang et de la boue d'un geste sec, puis la glissa le long de sa cape non sans une certaine minutie avant de la ranger. Il sentait encore ses côtes le tirailler, et c'était là ce qui le dérangeait le plus. Son oeil écarlate se tourna vers la marchande, luisant le temps d'un battement de coeur dans la pénombre.

"Des potions ne seraient pas de refus."

Kerorian détestait avoir à avouer qu'il était mal en point, encore plus de demander de l'aide. Et puis après tout, même dans son état, il aurait probablement pu supprimer la donzelle et se servir librement. Mais tout d'abord son maître lui avait souvent répéter de ne pas jouer avec ce qu'il ne connaissait pas, et ça s'appliquait tout particulièrement aux médecines et autres remèdes, mais en plus il appréciait plutôt Luciella. Des raisonnements sensés, du recul sur sa façon de vivre et de penser, assez de cran pour se salir les mains tout en restant humaine et soucieuse des autres...elle ne satisferait certainement jamais ses désirs les plus brûlants, mais elle restait une denrée précieuse qu'il trouverait stupide de gâcher.
Avec une certaine galère, il amarra à nouveau son épée géante que son dos et retourna jusqu'au chariot, ramassant son épaulière et son gant en passant. Le Rôdeur se retourna une dernière fois pour regarder le charnier, s'assurer que nul n'avait survécu, et prendre la mesure du combat.
Il renifla avec dédain. L'idée d'avoir pu être mis en si mauvais état par cette bande de pouilleux l'enrageait, tout ça à cause d'une petite pluie...c'était ça la limite de son talent et ses pouvoirs ? La météo ? C'était pathétique...
De mauvaise humeur, il rejoignit finalement la marchande, remontant à bord du chariot en déposant péniblement son fardeau, encore bien lourd pour son épaule fraîchement blessée, avant de commencer à défaire les attaches de son plastron, son oeil actif surveillant le moindre petit geste de Luciella, parfois avec brusquerie, alors qu'il se défaisait de ses protections en la compagnie d'autrui.


"Finalement, t'auras réussi à me vendre quelque chose."

Le cynisme était un langage qui lui parlait désormais. Le Rôdeur n'en était pas adepte autrefois, pas plus qu'il ne l'était de la communication en général, mais depuis quelques temps il trouvait cette façon un peu moqueuse de s'exprimer, parfois acide, appropriée à son état.




"Il y a...des ombres...dans ma tête..."
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Chemises mouillées, pour le meilleur, le pire, et les mensurations mystères [Pv : Luciella]

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