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 Deux pouilleux dans la neige [pv Merlin]

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Félicia
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MessageSujet: Deux pouilleux dans la neige [pv Merlin]   Jeu 6 Juil - 15:09


Hé ben faisait pas chaud ! C'était un fait avéré, et qui embêtait bien la minette en cet instant. En tant qu'ancienne chevalière-pégase, Félicia n'était pas particulièrement frileuse...mais qu'elle le soit ou pas, l'hiver, ça caille. Elle soupira en s'insultant copieusement pour sa merveilleuse logique de bas-étage. Elle resserra un peu le col de son manteau autour de son cou, histoire de laisser s'échapper moins de chaleur, et continua à marcher, bien contente d'utiliser des lances au final, la sienne lui servant de bâton de marche dans la vie civile.
La jeune femme renifla, le nez rouge et sensible à cause du froid, et l'essuya d'un revers de la manche en continuant à avancer. Si elle était toute seule en ce moment, à crapahuter dans la neige qui lui montait au-dessus des chevilles, au lieu d'être bien au chaud devant un bol de soupe avec Liyu et la p'tite Louka, c'était bien parce qu'elle essayait de se racheter une conscience.
Eh oui, c'était bien beau d'avoir fait amie-amie avec la chanteuse et sa gamine et d'avoir repris un peu goût à la vie, mais Félicia sentait encore le poids de ses innombrables péchés l'écraser, l'étouffant le jour comme la nuit. Et puis, Liyu prétendait l'avoir engagée comme garde du corps, selon sa proposition, mais...la minette avait plus le sentiment d'être un parasite, une véritable sangsue qui pompait cette pauvre femme. Elle voulait prouver qu'elle pouvait être utile, servir une juste cause, gagner véritablement son pain et pouvoir aider son amie, plutôt que vivre lamentablement à ses crochets.

Aussi, quand l'occasion s'était présentée, Félicia avait tenté de prendre un contrat. Quelqu'un avait cherché à embaucher un habitué des armes pour poursuivre un voleur solitaire, qui l'avait détroussé dans la nature, loin des regards indiscrets. Si la cible était seule, et qu'il s'agissait simplement de la neutraliser pour récupérer des biens précieux...la fille du ciel s'en sentait à peu près capable, même si elle était salement stressée. Au pire, elle comptait bien sur son agilité et son actuelle sobriété pour foutre le camp si les choses tournaient mal.
Mais bon, pour l'instant et sans mauvais jeu de mot, la minette faisait chou blanc. Elle était soldate elle, du moins autrefois. Pas trappeuse hivernale ! Elle avait beau pouvoir suivre des traces dans la neige comme n'importe quel péquin moyen, ça ne l'avait pas des masses avancée. Des passages d'animaux, quelques traces de voyageurs solitaires sans doute, peut-être même celui qui s'était fait détroussé, mais rien d'utile. La jeune femme avait beau tourner et tourner, la seule chose positive qu'elle pouvait tirer de cette affaire...c'est qu'au moins il ne s'agissait probablement pas d'un piège, puisqu'elle ne trouvait pas non plus de traces d'une bande organisée.
Bon, hé bien le voleur avait probablement du foutre le camp aussitôt son larcin commis. Ou alors on lui avait monté un bobard. Brièvement, elle fut partagée entre la colère et l'angoisse. Si on avait voulu l'éloigner de Liyu, cette méthode aurait été très facile...la preuve ! Mais finalement elle se rassura en pensant que personne ne pouvait s'intéresser à deux pauvres filles comme elles, surtout au milieu d'un village pépère.

Fatiguée à force de patauger dans cette foutue neige, la lancière s'arrêta dans un espace assez découvert à son goût et bâilla dans un long miaulement, avant de s'essuyer à nouveau le nez. Elle devait se rendre à l'évidence, elle perdait son temps, à bon escient ou par malchance, elle ne trouverait pas de quoi gagner sa croûte aujourd'hui...tant pis.


"Ma pauvre Féli...tu vaux vraiment pas un clou."

Une pensée qu'elle avait souvent ruminée ces dernières années.. Enfin, au moins cette fois elle avait essayé, c'était déjà bon signe pas vrai ?
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Merlin
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MessageSujet: Re: Deux pouilleux dans la neige [pv Merlin]   Mar 11 Juil - 21:55

La neige. Le blanc. Merlin en avait vu passer des hivers, mais celui-ci possédait une saveur particulière. Probablement parce que c'était le premier d'entre tous qu'il passait loin du pré de Goldoa.
Après un bref séjour dans le foyer natal, il avait repris la route de l'exploration, s'attaquant cette fois aux forêts abondantes de Gallia. Peu de laguz croisaient sa route, et il se doutait qu'en ce pays félin il s'agissait plus d'un choix volontaire -l'odeur des Marqués étant, de ce qu'il avait compris, peu plaisante pour les laguz-, plutôt qu'une route peu fréquentée. Tant qu'il restait assez éloigné des villages, sans doute lui laissait-on le droit de circuler à sa guise. Et pour le moment cela lui allait.

Une longue réflexion le décida à pousser sa route jusqu'en terre criméane. Là, les beorcs ne reconnaîtraient pas sa nature, il pourrait danser, gagner sa croûte comme auparavant, et poursuivre sa ville tranquille de danseur itinérant. Il traversa donc le pays laguz en suivant la montagne, puis déboucha sur des forêts plus clairsemées, de grandes plaines partout à l'horizon.

Avant de s'engager à découvert dans ce pays totalement inconnu, et sans savoir vraiment où aller, il prit la décision de faire une halte pour se reposer. Il finit, emmitouflé dans ses chauds habits de voyage -surtout pour ses pieds-, par s'endormir au creux des racines d'un arbre recouvertes de branches en tous genres, formant une petite cabane. Ce ne fut qu'après plusieurs heures qu'il rouvrit les yeux, réveillé par un bruit de pas et une petite voix, tandis que son habit avait disparu sous une couche blanche.

Il s'étira en silence, puis colla son oreille au "mur" de son abri de fortune. Il s'agissait de ne pas tomber sur n'importe qui. La voix semblait lasse, enrhumée. Seule. Un peu dépassée aussi. Donc, probablement pas un bandit.
D'un coup de botte énergique, Merlin envoya valser sa couverture de branches et sortit de son trou, découvrant une jeune femme seule, à l'air plutôt frêle. Il s'étira de nouveau, tout en se demandant quoi dire à cette personne qui ne s'attendait sûrement pas à la voir là.

"Bonjour ! Belle journée n'est-ce pas ?"

Il sourit, trouvant ses paroles soudain très étranges dans le contexte.

"Je suis un voyageur ! Je cherche un village avec une auberge où je pourrais passer la nuit. Vous ne sauriez pas où je peux en trouver un par hasard ? Je suppose que vous voyagez aussi, haha. A vrai dire, ma carte n'est pas très précise..."

Le Marqué s'inclina, comme il le faisait d'habitude à la fin de ces spectacles, au cas où cette femme serait quelqu'un d'important, ou si les usages dans ce pays demandaient une quelconque gestuelle en guise de salutation.
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Félicia
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MessageSujet: Re: Deux pouilleux dans la neige [pv Merlin]   Jeu 13 Juil - 11:41

Félicia sursauta lorsqu'un branchage bougea subitement, poussé par un pied au bout duquel apparut un homme, d'allure plutôt jeune et athlétique. La première seconde, la minette serra un peu plus fort sa lance. Après tout, elle était venue pour confondre un bandit, et elle tombait sur un type bizarre...mais au final il s'avérait plutôt sympathique au premier abord. Comme il le disait lui-même, ce devait être un simple touriste, la lancière imaginait mal un voleur se planquer dans une tenue pareille et faire de grands sourires niais en surgissant d'un buisson.
Elle le regarda s'incliner avec stupeur, ne comprenant pas la raison d'un tel geste. Ce gars était soit très poli, soit sacrément atteint. M'enfin, dans les deux cas il avait l'air gentil, c'était l'essentiel.


"Ma foi, si vous continuez par là vers le nord vous devriez trouver un lit correct et pas trop cher. Avec cette foutue saison, vous ne risquez pas de chopper des puces, par contre leur bière c'est du vrai jus de chaussette."

Elle y avait déjà été l'année passée, et l'avait bien regretté. Au moins avait-elle fait des économies, écœurée par le piètre alcool, mais s'était gratté frénétiquement durant les deux semaines qui suivirent. Depuis, elle se méfiait assez. Félicia frotta ses mains l'une contre l'autre pour essayer de les réchauffer, ses gants ne suffisant pas, puis pointa une autre direction, celle qu'elle avait elle-même emprunté pour venir...approximativement.

"Et en continuant par-là, vous devriez arriver à un village pas trop mal. Vous n'y trouverez pas grand chose d'intéressant qu'une auberge de toute façon, par contre je ne sais pas si vous aurez le temps d'y arriver avant la nuit, la journée est bien avancée déjà..."

Cela lui faisait penser qu'elle avait pas du tout calculé son propre retour. Il faut dire qu'elle s'attendait à devoir jouer les trappeuses pendant un jour ou deux au moins, même si l'idée de pioncer dans la neige ne lui remontait pas vraiment le moral. Elle renifla de plus belle, espérant ne pas s'être enrhumée.
Puis elle détailla l'étranger de la tête aux pieds.


"Z'êtes pas du coin vous hein, qu'est-ce qui vous amène à Criméa ? Vous venez de Begnion ?"

S'il disait être un voyageur, et de ne pas pouvoir se repérer dans le coin à cause d'une mauvaise carte, c'est qu'il n'était clairement pas d'ici. Et, vu là où elle l'avait trouvé, Félicia supposait qu'il venait soit de la forêt des félins, soit de son ancienne patrie. Ne voyant pas d'oreilles ou de queue velue - apparente en tout cas - elle supposa que l'inconnu avait fait route depuis la théocratie, et se prenait à espérer pouvoir grappiller quelques nouvelles à propos de sa terre natale, qui lui manquait cruellement mine de rien.
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MessageSujet: Re: Deux pouilleux dans la neige [pv Merlin]   Dim 16 Juil - 10:46

Le Marqué attrapa au vol l'expression de surprise de la lancière suite à sa présentation quelque peu rapide. Habitué à observer les expressions et les gestes -pour mieux les retranscrire dans ses danses ou au théâtre-, il conclut prudemment qu'il s'agissait d'une femme de classe moyenne. Ou tout du moins pas une noble dame égarée, voilà qui était certain. Il se relâcha en conséquence, décidant qu'il valait mieux agir au naturel pour ne pas la mettre mal à l'aise.

Il haussa un sourcil lorsqu'elle répondit à sa question par une description plutôt... peu élogieuse d'un endroit qu'il pourrait trouver. D'un geste mécanique, il se passa les doigts sur le menton en se tournant vers la direction susmentionnée.

"Des puces... ? C'est étrange, je croyais avoir dépassé Gallia depuis longtemps..."

Une seconde option se présenta alors à lui qui, si moins douteuse en terme d'hygiène, apportait un problème de distance. Il nota dans son esprit d'acheter une VRAIE carte une fois en ville. A Begnion son pauvre bout de cuir pouvait suffire, annoté par lui-même et les routes relativement bien définies. Mais entre la montagne frontalière, les forêts broussailles du pays laguz et la campagne criméane, cela ne convenait définitivement plus.

"Donc j'ai le choix entre un lit correct mais de ce que je comprends pas le plus propre du monde, et une auberge pas trop mal et inintéressante ? Vous avez une drôle de manière de vanter votre pays..."

Tout à coup sorti de sa réflexion par le son disgracieux d'un reniflement, il ouvrit sa besace et plongea une main experte entre les plumes de son costume qui dépassaient et couvraient tout le reste. Après une poignée de secondes, il finit par extirper un mouchoir en tissu qu'il tendit à la jeune femme.

"Si vous me permettez."

Soucieux de ne pas laisser une aussi aimable personne frigorifiée devant lui, il passa dans son dos ostensiblement et entreprit de le lui frictionner. La pauvre semblait manquer d'habits adaptés à l'hiver, et il se sentirait mal de lui passer devant dans son manteau de voyage sans faire un geste à son encontre.

Ce ne fut que lorsqu'elle cessa de greloter sous ses doigts qu'il consentit à s'arrêter, guettant sur son visage les signes prouvant qu'elle allait déjà un peu mieux.

"Hum... oui et non. J'étais en Begnion dernièrement c'est vrai, mais je n'ai pas emprunté la route des marchands. La montagne ne me pose aucun problème, alors j'ai traversé directement vers Gallia, pour découvrir le pays des laguz. Selon ma carte, ce trajet semblait plus direct pour aller à Criméa, mais je n'en suis plus aussi certain. Et vous-même ? Vous me semblez être une chasseresse, ou quelque chose d'approchant, pourtant vous êtes peu vêtue pour la saison..."
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Félicia
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MessageSujet: Re: Deux pouilleux dans la neige [pv Merlin]   Mar 18 Juil - 11:45

A la première réflexion de l'inconnu, Félicia ne sut dire s'il souffrait d'un racisme latent, d'un humour mal dosé, ou d'une naïveté frôlant la stupidité. En le regardant bien, la minette penchait plutôt pour la troisième option, même si elle ne se serait risquée à s'y tenir.
Sa réponse en revanche la fit sourire, c'est vrai que présenté comme ça, à bien y réfléchir, c'était pas vraiment glorieux comme description. Mais alors qu'elle reniflait, avant de pouvoir préciser qu'elle n'était pas de Criméa, le jeune homme - dont elle ne se doutait pas un instant de l'âge - sortit un mouchoir qu'il lui tendit. Si elle était touchée par ce geste tout ce qu'il y avait de plus banal et amical, elle préféra refuser poliment l'offre toutefois, sortant son propre tissu qui paraissait avoir déjà bien souffert. La lancière hésita un instant à se rendre fort disgracieuse, puis se résigna en se disant que de toute façon d'une part, ça valait mieux que de renifler tout le temps, et que de toute façon ce n'était qu'un inconnu.
Mais pendant qu'elle se mouchait, ledit inconnu s'était glissé dans son dos et entreprenait de le lui frotter pour la réchauffer, ce qui ne manqua pas de la faire sursauter en poussant un énorme miaulement de panique.


"Whowhowhoooh, merci hein, mais non merci. C'est très gentil mais...ça ira hein ?"

La vache ! Mais il sortait d'où ce timbré ? Il était peut-être animé des meilleures intentions du monde - même si Félicia connaissait tristement bien le coup du câlin pour lui faire les poches - mais la jeune femme ne pouvait décemment pas se laisser tripoter le dos, même à travers sa veste, par un parfait inconnu...surtout un homme. A nouveau confuse par cette pensée, elle secoua vivement la tête pour se remettre les idées en place, le coeur battant à toute allure l'aidant à se réchauffer de toute façon...pour l'instant, alors que l'étranger lui racontait un peu son périple.

Elle nota brièvement qu'il disait "avoir été en Begnion", mais pas qu'il en était originaire. Durant une seconde ou deux, la lancière plissa les yeux, suspicieuse. S'il n'était ni de Begnion, ni de Criméa, ça signifiait qu'il était soit de Daein, soit d'un pays Laguz...puis elle écarta cette idée fumeuse en se détendant. Il était bien trop gentil et "chaleureux" pour être un de ces enfoirés de Daein, et il ne présentait aucun attribut animal trahissant une origine bestiale. De toute façon, cela ne faisait que quelques années que les Beorcs pouvaient entrer sur les terres des animaux, et ce mec devait avoir son âge.


"Hé ben. Vous en avez fait de la route ! Surtout en passant tout seul chez ces fichus matous elle se mordit la lèvre. Entretenir la haine contre les Laguz n'était vraiment pas digne d'elle, même si elle ne les aimait pas et c'est vrai que quand on connait pas bien le coin, on s'égare facilement...m'enfin, on dit bien que tous les chemins mènent au rhum ! En continuant à marcher, vous finirez bien par arriver quelque part."

Bravo Féli, tu viens de perdre une magnifique occasion de la fermer. Encore. Comment faisait-elle pour débiter autant de conneries à la suite sans même se fatiguer ? Sa mère l'aurait probablement étranglée si elle avait entendu ça, et pourtant elle était douce au possible... L'ancienne chevalière pégase toussa, histoire de trouver une façon de changer de sujet, de stopper son débit d'âneries, et s'intéressa plutôt à la question de l'inconnu.

"Ho non, je n'ai rien d'une chasseresse hélas...tout au plus une mercenaire, à la limite, même si je me qualifierais plutôt de malheureuse pouilleuse..."

"Non vraiment ma fille, ferme ta gueule" se dit-elle. Trois coups sur trois, elle a réussi à dire des conneries. C'est bien, félicitations. Là effectivement, s'il te pense de Criméa, tu leur fais vraiment une mauvaise pub...mais est-ce que tu peux vraiment rattraper le coup et dire ta véritable origine ? Certainement pas.
Une idée la traversa alors, et si elle se disait de Daein ? Oui mais non, un frisson de dégoût la secoua à cette seule pensée. Mieux valait ne rien dire...aussi elle haussa simplement les épaules, en tirant un peu plus les pans de son manteau qui glissait.


"Et les affaires marchent pas fort on va dire...difficile de trouver du boulot quand on est toute maigrelette comme moi ! Et pas de boulot, pas d'argent, pas d'argent, pas de bouffe, et j'finis encore plus maigre..."

Bon, si c'est pas glorieux d'étaler ta pathétique misère, au moins tu as ENFIN dit un truc censé et intelligent ! Bravo Féli ! Tu es totalement minable...
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Merlin
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MessageSujet: Re: Deux pouilleux dans la neige [pv Merlin]   Mer 19 Juil - 11:37

L'étranger s'amusa de la réaction la jeune femme à un contact pourtant tout ce qu'il y avait de plus simple. Il fut presque sûr de sentir tout à coup sous ses doigts les pulsations de son coeur partir en trombe, tandis que, le sang lui montant à la tête, Félicia rougissait subitement de gêne. De bonne grâce, il leva les mains en l'air et vit passer sur son visage des expressions d'embarras, de suspicion, une touche de résignation et enfin pendant qu'elle parlait des laguz, de mépris. Cette dernière attrista le danseur, car si elle n'aimait pas les laguz, nul doute qu'elle serait choqué d'apprendre sa nature de Marqué.

"Je ne cherche pas particulièrement de rhum -ni de bière, comme vous l'évoquiez tout à l'heure. Juste un endroit où dormir au chaud."

Il l'écouta parler avec le même cynisme de sa condition de mercenaire, du manque de travail, de la faim qui n'aidait pas. A bien la regarder, même avec son manteau sur le dos elle ne semblait pas bien épaisse, et cette impression se renforçait avec le fait qu'il l'avait vue se moucher misérablement une poignée de secondes plus tôt.

Silencieux et attentif, son esprit travaillait déjà à trouver une solution qui les arrangerait tous les deux. Il finirait probablement poignardé dans le dos un jour, à aider tous ceux qu'il croisait, mais c'était plus fort que lui.

Comme pour mesurer la distance, il regarda dans les deux directions qu'elle lui avait indiquées préalablement. De part et d'autre, de la forêt. Au point qu'il songea qu'il pouvait de nouveau se perdre. Comment faisait-elle pour s'orienter ?

"Eh bien damoiselle -oui j'oubliais, je m'appelle Merlin !-, la première suggestion qui me vient en tête serait que vous changiez de métier. Si le mercenariat ne vous convient pas, trouvez quelque chose un peu plus dans vos cordes ? Il se trouve que je suis perdu, alors vous pourriez peut-être me guider justement jusqu'à l'un des villages dont vous m'avez parlé ? Personnellement je suis danseur. Nous pourrions faire un échange de bons procédés. Vous me menez à un village, j'y danse, je vous donne une part de ce que je gagne et j'ai mon auberge. Oh, à moins que vous soyez... en chasse ? Enfin, je ne sais pas comment disent les mercenaires. Je vous retarde probablement..."

Par réflexe, il balaya les environs du regard, cherchant à vérifier qu'on ne les observait pas ou qu'on n'allait pas leur sauter dessus d'une minute à l'autre. Avec la neige, la discrétion atteignait rarement des sommets, mais absorbés par leur discussion ils devenaient des proies beaucoup plus faciles pour des bandits embusqués.
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MessageSujet: Re: Deux pouilleux dans la neige [pv Merlin]   Mer 19 Juil - 16:40

Tiens, un voyageur clean. C'était assez inhabituel pour que la minette en prenne note, ce n'était pas si fréquent de tomber sur des marcheurs de longue distance qui ne touchaient pas à l'alcool.
Puis, l'étranger se présenta sous le nom de Merlin - étrange nom, mais pourquoi pas se dit la lancière - qui l'amusa par la suite de sa tirade. Il lui suggéra de changer de métier, opposant un optimisme très idéaliste au défaitisme résigné de Félicia. En revanche, il la surprit autant qu'il la fit sourire en lui apprenant qu'il était danseur ! Si l'ancienne chevalière soupçonna que son caractère un peu particulier soit lié à sa profession, la généreuse proposition qu'il lui fit ensuite était pour le moins cocasse !


"Moi c'est Félicia, et je ne mérite vraiment pas d'être payée simplement pour avoir donné une direction. Toutefois votre très aimable proposition me fait sourire, Merlin, car je suis justement déjà dans une telle situation. Il y a quelques temps de ça je me suis fait une amie, qui elle est chanteuse. Elle gagne sa croûte en faisant l'animation dans les lieux publics, comme les auberges, et moi je gagne la mienne en lui servant plus ou moins de garde du corps sur la route, à elle et sa môme..."

Alors qu'un danseur vienne lui suggérer à peu de choses près la même chose, ça avait quelque chose de comique ! Mais la lancière se retrouva plutôt à soupirer, s'essuyant encore le nez du revers de la manche. Même dit comme ça, elle ne se sentait pas très légitime.

"Mais bon...j'ai plus l'impression d'être un parasite profiteur qu'une vraie protectrice, et comme ça me met mal à l'aise vis à vis d'une pauvre femme qui voyage seule avec un enfant, j'ai voulu faire rentrer quelques sous par mes propres moyens, même si je sais pas faire grand chose... elle regarda aux alentours, ne voyant rien d'autres que le paysage sauvage et Merlin. Mouais, bah elle était toujours aussi minable...elle se demanda si Liyu lui en voudrait de se boire un coup ce soir pour faire passer son échec Et bien vu, j'étais en quelque sorte en chasse. M'enfin faut pas vous inquiéter mon gars, j'vaux pas un clou niveau traque et j'allais rebrousser chemin quand vous avez surgi de nulle part."

Après tout, sa cible pouvait bien être cachée quelque part dans le coin à lui tendre une embuscade, ou bien avoir déjà filé à l'autre bout du pays, ou même passé la frontière ! Et elle, elle était plantée là, sans même savoir dans quelle direction chercher.
Bon, du coup, est-ce qu'elle ferait pas mieux d'accompagner ce type un peu bizarre jusqu'au village où elle devait retrouver Liyu ? Peut-être qu'à eux deux, ils pourraient faire un spectacle de folies et se gagner chacun un bon petit pactole ? Comme ça en plus, elle n'aurait pas fait tout ce chemin pour rien, finalement sa journée n'était pas si pourrie que ça.


"Du coup vous voulez venir ? Je n'sais pas trop si vous serez en état de danser, vu l'heure à laquelle on risque de rentrer, mais au pire vous ferez votre spectacle demain, vous devriez avoir du public quand même, et peut-être qu'avec un peu de chance vous pourrez vous accorder avec mon amie chanteuse ?"

Il n'empêche, que ça sonnait assez comme "amassez plus de thunes et nourrissez moi". La minette commençait à se demander si elle ne méritait pas son surnom à force, et ça lui déplaisait pas mal.
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Merlin
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MessageSujet: Re: Deux pouilleux dans la neige [pv Merlin]   Dim 23 Juil - 11:43

A mesure que la lancière égrenait ses problèmes, Merlin songea qu'elle aurait très bien pu se reconvertir en actrice de pièces dramatiques. Entre ce regard battu, cette mine boudeuse et honteuse, ses yeux bas et ce nez qui coulait à cause du froid... Toutefois, loin de lui l'idée de l'humilier, il garda sa réflexion pour lui et son regard se fit plus compatissant petit à petit. Même si elle n'y arrivait pas très bien -pas encore !-, vouloir aider une amie et son enfant relevait d'une attitude noble qui manquait à ce monde. Rien que pour ce petit grain d'altruisme, il se sentait volontiers d'humeur à céder une partie de sa recette prochaine à Félicia et sa fameuse amie, surtout si celle-ci formait effectivement un duo avec lui.

"Effectivement la même idée me venait en tête ! J'ai déjà joué récemment dans une troupe de théâtre à Begnion et c'était une expérience intéressante de danser en suivant des couplets. Je me demande quel effet cela pourrait produire sur un public criméan. Nous sommes bien à Criméa, en définitive ?"

Il avait eu comme un doute après l'histoire des puces, mais comme elle parlait de représentation, qui ne faisait pas partie de l'apanage des traditions laguz, probablement avait-il mal interprété la chose. Rassuré à l'idée que sa carte, aussi imprécise fût-elle, continuait de le servir fidèlement, il lui fit signe qu'il la suivait.

Ainsi, déterminés à ne pas finir transformés en glaçons, les deux voyageurs entamèrent le trajet jusqu'au village que briguait Félicia. La nuit approchait effectivement à grands pas, et même si elle se prétendait inutile et faible, Merlin se voyait rassuré d'avoir un compagnon de route qui connaissait la région à ses côtés. Surtout que, le gibier abondant ici et là, il aurait craint de se retrouver attaqué par une bête sauvage -cela n'ayant aucun rapport avec des laguz. Il avait beau être grand, musclé, peut-être intimidant pour les gens dont il mesurait presque deux fois la taille, il se serait probablement réfugié en haut d'un arbre en attendant que la ou les bêtes se lassassent et allassent chercher proie ailleurs.

"Et donc, parmi tous les métiers qui s'offraient à vous, pourquoi avoir choisi celui de... garde du corps ? Ou mercenaire ? En fait je ne sais pas trop, en tant que garde du corps, ne devriez-vous pas rester avec votre amie ? Pourquoi vous être mis en tête de chasser à cette heure tardive ?"
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Félicia
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MessageSujet: Re: Deux pouilleux dans la neige [pv Merlin]   Sam 29 Juil - 17:06

Si Félicia se disait que ça pouvait être effectivement intéressant de voir le résultat du spectacle de deux artistes d'horizons et méthodes complètement différents, elle acquiesça tout de même à la question géographique du danseur qui parut vouloir continuer la conversation pendant la route. De cela, la minette ne s'en plaignit pas, elle qui n'appréciait guère la solitude et le silence, avait en plus eu la chance de croiser un étranger plutôt sympa.
Elle grimaça en revanche à sa question. Ah, la bonne vieille question qui faisait toujours mal aux fesses et qui la poursuivait depuis des années, tandis qu'elle s'efforçait de l'éviter...mais on ne peut pas fuir sa nature apparemment.


"En fait, j'ai pas vraiment eu le choix...je ne sais pas peindre ou dessiner, ni faire de la musique, ni chanter, ni même réellement coudre, et je ne suis même pas assez jolie pour utiliser pour corps... Félicia haussa les épaules en soupirant. Elle se répétait ce refrain depuis des années, et c'était à chaque fois un peu plus pénible "Aucun véritable talent, quoi. Mais bon, j'ai été à l'armée autrefois, du coup je sais me battre au moins. Enfin, un petit peu, presque suffisamment puisque je suis toujours en vie aujourd'hui."

Une boule lui noua la gorge, alors qu'elle sentait ses erreurs revenir appuyer sur ses épaules. Tu parles d'une combattante...elle avait échoué tout ce qu'elle avait entrepris, et en ressortait toujours un peu plus balafrée. La lancière commençait à trouver particulièrement pesant l'absence d'une bonne bouteille entre ses doigts et ses lèvres. Elle secoua la tête pour chasser cette mauvaise manie, elle voulait ralentir sur cette vilaine manie.

"Mais même ça...faut bien dire ce qu'il en est, déjà que les femmes mercenaires isolées ne sont pas très bien vues, mais en plus quand les gens veulent des gros bras, hé bien....bah ils veulent des gros bras ! Pas une p'tite minette toute maigrelette ! Du coup les affaires marchent pas bien fort..."

Et puis, Félicia avait beau être au fond du gouffre, elle préférait de loin se laisser mourir de faim et de soif dans la boue plutôt que de souiller tout ce qui pouvait l'être en prenant des boulots super glauques. Menacer des gens, aller casser une figure ou deux, servir de messagère pour une rupture, ça...elle l'avait déjà fait, et n'en était vraiment pas fière. Mais au moins, elle ne s'était encore jamais abaissée à tomber dans les crimes odieux.
Quoique pas ouvertement, songea-t-elle en fronçant un peu les sourcils. Plusieurs fois, elle avait trempé dans des affaires un peu étranges qu'elle n'avait compris, et espérait que ce n'était pas un sale coup...


"Enfin bref ! Tout ça pour dire que, comme ma copine était à peu près en sûreté au village et qu'on allait y rester quelques temps, je me suis dit qu'il était temps que je fasse rentrer deux trois sous et que je botte les fesses d'un mécréant ! elle haussa encore les épaules, avec un début de sourire forcé cette fois Et à la place je rentre avec un danseur, sans avoir refait le fondement à qui que ce soit...m'est avis que j'suis pas au point comme chasseuse de prime, hein ?"

C'était sûrement maman qui le disait souvent : "mieux vaut en rire qu'en pleurer". Et puis, au final, même si sa mission tombait à l'eau - ou plutôt à la neige - Félicia était bien contente de ramener un gentil danseur qui pourrait faire une belle animation avec Liyu, plutôt que de devoir croiser le fer avec un bandit. Déjà qu'elle n'aimait pas des masses les Hommes, quand ceux-ci se livraient aux délits et crimes en tout genre...elle n'était vraiment pas à l'aise avec l'idée de devoir les ramener toute seule sur de longs trajets.
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Merlin
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MessageSujet: Re: Deux pouilleux dans la neige [pv Merlin]   Mer 2 Aoû - 12:29

Le Marqué manqua de s'arrêter brusquement en écoutant le compte-rendu des aptitudes de la jeune femme. Une puissante -et désagréable- impression de déjà-vu, ou plutôt déjà-entendu l'empoigna tandis qu'il se remémorait douloureusement Toarsen et la situation dans laquelle il l'avait laissé à Sienne... Y avait-il dans ce monde des gens qui savaient quoi faire de leurs mains sans qu'on ait besoin de les y pousser ?

Il secoua la tête, imaginant sans mal qu'une déesse s'amusait à mettre sur son chemin ces pauvres âmes perdues, afin de vérifier si en bon Marqué qu'il était, son indignité irait jusqu'à passer outre.

Un petit sourire détrompa cependant son malaise lorsque la lancière parla de gros bras. Quand le voyait lui, grand, fort, athlétique, on pouvait aisément le prendre pour un soldat, mais il n'en possédait ni le courage, ni la vocation.

"J'ai juste une dernière question à vous poser à ce sujet avant de vous laisser tranquille. Je vois bien que je dérange... Lors de votre séjour dans l'armée, vous avez reçu un entraînement, appris des techniques de combats que vous utilisez probablement encore aujourd'hui. Alors pourquoi ne pas essayer d'apprendre autre chose ? Tout ce que vous énumérez, la peinture, le dessin, la musique, la couture... cela se travaille. De même que mes danses ou, j'en suis sûr, les chants de votre amie."

Les rares personnes à se trouver dotées de dons dès la naissance pour une discipline passaient elles aussi par une phase d'apprentissage, que ce fût pour en apprendre les codes et les règles, les techniques anciennes pour mieux en créer de nouvelles, ou pour se forger une expérience afin de s'améliorer au niveau des meilleurs. Cela paraissait si compliqué quand on écoutait son discours que Merlin se sentait étranger au monde dans lequel il vivait. Lui ne se posait pas la question de ce qu'il ne pouvait pas faire, mais plutôt comment y parvenir...

Il leva les yeux vers le ciel s'obscurcissant au-dessus d'eux sans cesser sa marche, puis les reposa sur Félicia dont la mine semblait de plus en plus sombre elle aussi.

"Je sais ce que vous pourriez faire. Et tout ce dont vous avez besoin pour cela, c'est de croire en votre amie. Devenez son agent. Partout où elle va, vous l'accompagnez et organisez ses spectacles. Vous trouvez des arrangements avec les aubergistes, avec les marchands, avec tous ceux qui recherchent une chanteuse, et elle n'a plus besoin que de venir et de travailler ses chants pour ravir les oreilles des passants. Cela suppose qu'elle ait du succès bien sûr, mais si son art est aussi poussé que ce que vos mots me laissent supposer, même sans mener une vie luxueuse vous auriez de quoi vivre décemment. Votre foi en elle serait une clef et non un fardeau. C'est un métier à part entière : trouver des opportunités, en créer, construire une réputation à un artiste..."
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MessageSujet: Re: Deux pouilleux dans la neige [pv Merlin]   Ven 11 Aoû - 16:36

Merlin reprit la parole, plein de bonne volonté et d'envie de bien faire visiblement, mais plus elle l'écoutait, plus Félicia le dévisageait avec des yeux ronds. Est-ce qu'il était vraiment possible d'être à ce point naïf et utopiste ? A mesure qu'il scénarisait un avenir idéal, la minette commença à se sentir gênée de le laisser continuer son délire, mais n'avait pas le courage de l'interrompre, trouvant ça de toute façon impoli.

"Je...ne veux pas avoir l'air méchante hasarda la lancière en se grattant la joue mais je crois que t'as ce qu'on appelle un grain"

Et s'il n'y en avait qu'un seul, ça aurait été facile à traiter...enfin, au moins l'ancienne chevalière se dit que même s'il était un peu timbré, le danseur était amical, ce qui simplifiait grandement les échanges.

"Avec ou sans talent, il faut passer par un apprentissage oui...or, c'est un luxe qu'une pauvre vagabonde sans expérience et sans le sou ne peut se permettre, pas sans mourir de faim et finir à la rue, incapable même de se trainer."

C'était bien mignon son histoire de "on a tous commencé quelque part", mais pour assimiler de nouvelles compétences, et à un niveau suffisant pour pouvoir remplir son assiette avec, elle avait besoin de temps. De beaucoup de temps, et elle passait déjà la plupart du sien à...oui bon, jusqu'à maintenant elle picolait le plus souvent, pour oublier sa misère, misère qui l'avait déjà poussé à s'abaisser parfois au plus indigne qu'elle pouvait imaginer pour grappiller quelques pièces...

"Et pour l'histoire d'agent...c'est pas mieux, mon vieux. Liyu a bien plus d'expérience que moi pour traiter son métier, et elle y parvient déjà parfaitement toute seule. Si je faisais ça, je passerais vraiment uniquement pour un parasite, pas une amie qui essaye de se rendre utile.

Elle frissonna un peu. Avec la nuit qui approchait petit à petit, la température baissait encore plus, et avec son manque de graisse, Félicia était assez sensible au froid. Elle regrettait déjà d'être partie si loin de l'auberge, même si la rencontre qu'elle avait fait n'était pas des plus déplaisantes.

"Sans compter que ça me rendrait absolument dépendante d'elle, j'ai beau pas être bien orgueilleuse, j'aimerais bien pouvoir me dire que je suis responsable de moi-même aussi, et pas devoir courir partout en espérant qu'une autre gagne quelques sous pour moi..."
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MessageSujet: Re: Deux pouilleux dans la neige [pv Merlin]   Dim 13 Aoû - 16:31

Un long, TRÈS long soupir passa les lèvres du demi-dragon. Il dut lutter contre l'envie de brusquement tourner les talons et de s'éloigner de cette femme, avec son impitoyable désespoir que rien ne semblait parvenir à atténuer.

"Je ne vous dis pas de faire cela toute votre vie, mais suffisamment pour pouvoir gagner de quoi apprendre autre chose sans vous traîner de faim dans les rues ! A vous entendre il y a 3 façons de vivre : savoir se débrouiller, et ce n'est pas votre cas, mourir de faim, et ce n'est toujours pas votre cas, et boire... Et peut-être que cette fois c'est votre cas, vous qui semblez si bien connaître la bière et le rhum des environs. Ouvrez votre cave, vous ferez d'une pierre deux coups."

Les épaules du jeune homme s'affaissèrent et son enthousiasme chuta brusquement. Parfois il se demandait si cette manie de vouloir aider son prochain ne relevait pas de la malédiction plutôt que d'un trait altruiste. Et à chaque fois que cette pensée l'effleurait, il l'éloignait aussitôt, pensant à sa mère qui subissait une vraie malédiction, un peu par la faute de son fils...

"Écoutez, je comprends que vous vouliez conserver votre dignité, mais il faut faire des concessions quand on est dans le besoin. Si c'est votre amie, elle pourra comprendre. Et si malgré tout vous ne voulez pas essayer, allez proposer ce genre de services, je ne sais pas moi, à d'autres artistes moins professionnels, ou alors gardez son enfant pendant qu'elle fait son spectacle, ou ceux des voisins, peu importe ! J'essaie de vous aider, de vous donner des idées, ne faites pas comme si j'étais l'idiot du village. Personnellement je m'en sors très bien avec mes danses, je pourrais simplement passer mon chemin, mais je n'aime pas voir les gens dans le besoin autour de moi. A moins que vous ne préfériez tout de suite devenir une mendiante, et avec votre répartie tragico-dramatique vous y arriveriez probablement bien, mettez-y un peu du vôtre..."

Il se rendit compte de l'acidité de sa réponse, bien qu'il n'eut à aucun moment haussé la voix, et s'attendit aussitôt à la voir broyer de nouveau du noir. Toutefois il ne revint pas sur ses mots, conscient que certaines personnes demandaient à être bousculées un peu pour prendre leur courage à deux mains et se lancer dans de véritables démarches.

La nuit aidant, il se frotta les yeux un moment. La fatigue de la marche, ainsi que ses nerfs éprouvés par ce pesant pessimisme devenaient lourds sur ses épaules, et il se mit à penser à un bon lit dans une auberge où crépitait un feu chaleureux pour se donner du courage.

Au bout d'un temps, il ne sut si c'était parce qu'il y pensait, mais il crut deviner la silhouette d'une maison entre les arbres, puis une autre plus loin. Les contours du village se dessinaient au loin sous le clair de lune, ils arrivaient donc à destination. Ce devait être la première bonne nouvelle de la journée, car Merlin se sentit revigoré par la simple perspective de toucher au but comme si on l'avait séquestré loin de tout pendant des mois.
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MessageSujet: Re: Deux pouilleux dans la neige [pv Merlin]   Dim 13 Aoû - 21:28


Oula, le bonhomme avait du entendre ce refrain plus d'une fois car il était passé du bisounours sympathique au voyageur acerbe en moins de deux ! Félicia était tellement déstabilisée par ce changement soudain qu'elle resta sans voix, avant qu'il n'enfonce le clou avec une naïveté frisant dangereusement l'insolence. Il paraissait tellement absolument sûr de lui avec sa belle gueule sans un pet de travers que la minette commença à voir rouge, tandis qu'il lui faisait la morale comme s'il s'adressait à la plus stupide des enfants.

Durant quelques instants, la lancière resta à bouillir en silence, ses joues s'échauffant de façon pratique, avant de finalement attraper ce grand dadais par l'épaule pour l'amener à lui faire face. Après avoir passé un quart de sa vie dans la rue et les tavernes, la jeune femme lui aurait bien volontiers et spontanément mis son poing dans la bouche, mais elle restait - tant bien que mal, et au moins de nom - une fervente d'Ashera. Si ses derniers propos la faisaient sortir de ses gonds, Merlin ne pensait probablement pas à mal à l'origine, et lui démolir les gencives semblait être une façon fort peu honorable de traiter sa tentative.


"Dis donc la grande perche, tu vas descendre bien vite de ton p'tit nuage si tu veux pas que j'te pète les rotules ! Tu t'prends pour qui à oser me parler ainsi ?"

Elle sentait bien la différence de milieux de vies entre eux, et comprenait parfaitement la façon qu'il avait de la voir. Elle aussi était passée par-là en quelques sortes, quelques années auparavant, en passant de jeune fille à l'avenir prometteur à misérable moins que rien, son esprit habitué à la discipline de la chapelle comme la caserne devant subitement faire face à la pauvreté et la solitude.
Cela ne l'empêchait pas d'être furieuse face à ce prétentieux qui la prenait de haut. Elle le bouscula, n'ayant pas besoin d'être ivre pour se montrer physique, les gestes étant souvent bien plus éloquents que les mots.


"T'as du culot de me juger alors que t'es même pas foutu d'être sûr de ta route ! T'arrives à vivre décemment de ton art de pédale ? Tant mieux pour toi ! Tu m'en reparleras le jour où tu te péteras la jambe et que tu pourras dire adieu à ta carrière !"

Elle en avait entendu des rumeurs, des vieilles histoires de dégarnis, à propos de gloire passée. Des contes romantiques, des tragédies dans le sang, des passions perdues bêtement...il s'en fallait de peu pour n'être plus qu'une ombre amère. Félicia le savait, et ne digérait pas qu'un innocent ose la juger. Sous le coup de l'impulsion, elle lui donna un coup de pied dans le tibia, au moins pour le geste.

"T'es bien dodu et bien fringué et t'ose me parler de misère, de concessions et d'efforts ? Et t'oses y croire surtout ? Si tu veux donner des conseils aux gens dans l'besoin, commence par vivre ce qu'ils ont vécu. Tu crois p'tet que j'ai choppé ces cicatrices en faisant du tricot ? Quand t'auras connu la véritable humiliation de prendre tout ce que tu peux trouver, quitte à bouffer par terre ou à fouiller dans les poubelles, à risquer ta vie pour un malheureux bout de pain sec et même à songer même à te prostituer pour ne pas crever comme un chien sur le bord de la route, et à devoir porter le sang de tes amis sur tes mains, de ceux qui te faisaient confiance et qui sont morts par ta faute, LA peut-être que tu pourras me parler sur ce ton, connard !"

Elle lui jeta un regard assassin, emportée par sa propre colère, par l'occasion de se défouler de toute cette frustration qu'elle avait accumulé des années durant et qui trouvait enfin un exutoire qui ne méritait pas tant de haine. Elle ajouta en sifflant entre ses dents.

"Encore faudrait-il que tu en ai, des amis, puisque tu sembles si seul que tu arrives à te perdre avec une carte..."

La minette un peu pâlotte à cause du froid avait viré au rouge pourpre, haletante d'avoir tant crié, et commençait à peine à se calmer lorsqu'elle détourna les yeux. Elle regrettait déjà sa spontanéité, ce n'était pas la première fois qu'elle lui causait des problèmes, ou que ses propos dépassaient de loin sa pensée. Ce qu'elle venait de dire était odieux, et gratuit. Si elle n'avait que peu de honte de lui avoir dit de se mettre à sa place avant de la juger, la dernière réplique était de trop...
Sa colère retomba comme un soufflet, aussi vite qu'elle était venue, et le nez bas la lancière porta la main à son  amulette, la serrant entre ses doigts en implorant le pardon d'Ashera. Une fois de plus...
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MessageSujet: Re: Deux pouilleux dans la neige [pv Merlin]   Dim 13 Aoû - 22:56

Attendant un silence lourd de vérité, Merlin se retrouva bouche bée lorsque, lui tirant le bras pour ramener son attention vers elle, le petit bout de femme qu'était Félicia se changea en ouragan. Elle lui cracha sa colère au visage plus sûrement qu'un serpent son venin, sans se démonter. Elle l'insultait même, mais le Marqué resta sans bouger face à elle, à l'écouter. L'une de ses mains monta tout naturellement vers son cœur, se mit à serrer son manteau à s'en blanchir les jointures, comme si elle l'avait frappé directement là. Il se laissa bousculer, frapper -sans que le coup à son tibia ne fût vraiment empli de force, il le sentit passer-, resta silencieux.

"Vous ne savez pas non plus ce que j'ai vécu."

Un instant, il eut envie de tout dire, ses origines, le drame de ses parents, les conditions dans lesquelles sa mère se trouvait condamnée à continuer le restant de ses jours, l'isolement, l'inconnu, l'impatience qui l'avait rongé si longtemps, et cette cruelle, immense désillusion face aux beorcs. Il n'en fit rien, car son salut en dépendrait peut-être.

"Excepté la partie sur le sang de mes amis, j'ai connu ce que vous décrivez."

Il soupira, se tourna vers le village à une petite centaine de mètres, puis de nouveau vers Félicia.

"Je ne sais pas où je suis né. Il y a longtemps, ma mère vivait dans une tribu nomade. Elle a transgressé certaines lois, et pour cette raison on l'a chassée. Elle a alors trouvé refuge dans mon village natal, mais là aussi on l'a chassée, car ma naissance elle-même la condamnait à ce que tous sachent quel pêché elle avait commis... Pour nous protéger, mon père, elle et moi, mes parents se sont trouvé un endroit sûr où vivre. Presque sans rien, ils ont construit leur propre maison et m'y ont élevé loin de tout. Je n'ai jamais pu jouer avec un enfant de mon âge, je n'ai jamais rien su de ce que j'appelais le "monde extérieur". Je n'ai aucun ami, c'est vrai. Et c'est pour cette raison que ma seule hâte était de partir, de découvrir par mes propres yeux ce monde dont on m'a tant parlé, qui me semblait inaccessible."

Une tristesse amère perçait dans sa voix, et son regard se fit vague. Il revoyait encore son père le couvrir de son inquiétude sur son lit de mort, sa mère qui dévisageait ses attributs draconiques dans un miroir terne et fendu. Ses pleurs à la mort de son père, plus de 100 ans auparavant.

"Une fois parti, j'ai vite déchanté. On m'avait prévenu que les gens pouvaient être dangereux, égoïstes, indifférents aux affres de la vie des autres, mais j'ai trouvé une misère que je ne soupçonnais même pas. Trop lâche pour m'approcher, j'ai refusé de danser ailleurs que dans la rue, et je partais à toute vitesse une fois que j'avais obtenu quelques pièces. Les jours de pluie, de neige ou de canicule, quand je risquais de faire de faux mouvements, je me suis résigné à ne pas danser du tout.
La faim me tenaillait le ventre et j'étais bien heureux de ne trouver qu'un pont ou un pan de mur pour m'abriter. Mais je me disais que ma mère ne voudrait pas me voir comme ça, alors j'ai commencé à rentrer dans ces lieux étranges appelés tavernes. J'ai parlé à toutes sortes de personnes. De gentils bonshommes enchantés d'avoir un peu de distraction, de vieux boucs gâteux à qui ils manquaient tous les chicots, ou des brutes sans foi ni loi prêts à me réduire d'une manière ou d'une autre en esclavage simplement pour pouvoir louer une chambre.
Ce n'est qu'avec de l'expérience que j'ai compris ce que je devais éviter de faire et ce qu'il m'était profitable de faire. J'ai ménagé mes forces pour mieux les investir petit à petit dans mon quotidien. Je suis toujours seul, mais je dors bien moins souvent dehors. Pourtant il m'arrive parfois de me retrouver au milieu d'une forêt enneigée, avec une mercenaire à moitié enrhumée. Je ne sais peut-être pas où chercher le prochain village, mais je sais où je vais dans ma vie. Et tout ce que je demande à cet instant, c'est que vous acceptiez mon aide.
"

Afin d'être un peu plus proche de sa taille, il se laissa tomber à genoux doucement devant elle. Son visage se fendit d'un sourire. Pas un sourire moqueur, ni un sourire narquois. Pas non plus un sourire supérieur ou arrogant. Il souriait avec un regard plein de compassion. Un instant, il farfouilla dans sa besace d'où ne dépassaient que des plumes, pour en ressortir un peu d'argent qu'il lui tendit.

"J'ai dit que je vous paierai pour m'avoir guidé jusqu'ici. Acceptez ceci, s'il vous plaît."

Elle avait visé juste sur plusieurs points, visé fort et avec rudesse, mais elle demeurait dans le besoin, plus que lui. Cela ne lui sautait peut-être pas aux yeux qu'il voulût se mettre à sa hauteur, donner ce qu'il avait en trop pour qu'elle manquât moins, mais il le fit quand même. On aurait beau dire que les Marqués étaient maudits même des déesses, Merlin ne souhaitait pas succomber au cycle de haine qui consistait à rejeter la faute sur tout le monde autour. Il avait trop attendu de pouvoir parcourir les chemins librement pour se priver de liberté et d'amour.
Dans sa besace, pas une pièce de plus. Ce soir encore il dormirait dehors, mais ne l'avait-il pas déjà fait ? Par ailleurs, Félicia ne semblait pas se rendre compte que son abri de fortune dans les bois dénotait d'une longue habitude de ce type de débrouille. Un citadin se serait probablement moins bien débrouillé, mais il sommeillait sans problème entre les racines d'un arbre. Ressemblait-il vraiment à un homme aisé ?

Il finit par se remettre debout sur ses deux jambes, les mollets mouillés par la neige fraîche, rajusta sa besace mille fois raccommodée sur son épaule.

"Au moins, maintenant vous n'avez plus froid. Et votre colère me dit que vous ferez ce qu'il faut pour vous en sortir. Je connais quelqu'un qui ne possède même pas cette volonté-là..."

Comme à leur rencontre, il s'inclina poliment.

"Sur ce, je ne vous dérange pas davantage. Bonne chance Félicia."
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Félicia
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MessageSujet: Re: Deux pouilleux dans la neige [pv Merlin]   Lun 14 Aoû - 0:36

Et merde, déjà qu'elle s'en voulait à mort d'avoir craqué et de s'être défoulé sur ce pauv'gars qui semblait gentil comme tout, voilà qu'il lui sortait lui aussi la tirade du mélodrame. Elle tiqua brièvement au "je suis né il y a longtemps", mais n'eut pas le temps de triturer ses méninges qu'il dévoila son histoire. Et ce n'était pas forcément joli à voir. En l'écoutant, elle se mordit la lèvre, vraiment honteuse de lui avoir crié ainsi dessus, de l'avoir gratuitement insulté, et d'avoir utilisé des mots qui auraient fait défaillir sa pauvre mère...mais pourtant, si elle ne voyait pas le corps du danseur, elle doutait qu'il soit aussi malchanceux qu'elle l'ait été.

Mais quand elle s'apprêta à reprendre la parole, morose, mais non plus énervée, il s'abaissa. Même si elle était très grande pour une - ancienne- chevalière pégase, le touriste la toisait largement. Elle ne sut pas vraiment si son attitude était vexante ou non, mais n'eut pas non plus le loisir de trancher qu'il lui tendit quelques pièces en lui donnant un sourire doux, comme s'il était le messie en personne et qu'il lui pardonnait tout dans sa sainte clémence.
Mais bordel, c'est pas parce qu'elle était pathétique qu'il fallait que tout le monde essaye de lui donner leur fric ! Bon, il y a quelques temps encore, elle en aurait rêvé...mais pas maintenant qu'elle remontait enfin la pente !
Quand il se releva après s'être incliné, elle lui balança ses pièces dans la figure. Elle n'était peut-être pas aussi virulente que plus tôt, mais la colère était revenue.


"T'as rien appris de ta vie à la rue alors, ou alors tu es stupide. Car si t'avais vraiment souffert, tu m'aurais pas prise de haut comme ça !"

Elle avait bien conscience qu'il n'avait pas pensé à mal, qu'il n'était qu'un artiste, et qu'il considérait donc que sa solution à lui était la plus pratique et logique. Elle ne lui en voulait pas pour ça en vérité, et Félicia sentait qu'elle passerait les semaines à venir à regretter son impulsivité, encore, et encore.
Cela ne l'empêcha pas de pointer un doigt accusateur sur lui.


"J'vais pas jouer à qui est l'plus malheureux, mais j'peux te garantir qu'être une femme dans la rue c'est un enfer, même quand on veut vivre. Et moi, je n'y arrivais déjà plus quand j'y ai fini.

La minette soupira. C'était si...facile de juste cracher en suivant ses sentiments du moment. Surtout le mauvais, mais elle en avait assez d'avoir honte d'elle, et de ses actes. Distraitement, ses doigts commencèrent à suivre les cicatrices de son visage tandis qu'elle baissait les yeux. Sa voix baissa encore d'un ton, finalement la colère s'était dissipée elle aussi pour laisser place à une lourde mélancolie.

"Je ne voulais pas découvrir le monde, moi...j'ai fui. Ma maison, mes compagnons, ma patrie... J'ai tout quitté parce que je ne supportais plus ce que j'avais fait..."

Elle grimaça et retira vivement ses doigts, comme si elle s'était fait mal. Juste un souvenir, se dit-elle. Remontant à la guerre, le début de la fin pour elle...jusqu'à ce qu'elle rencontre enfin Liyu. Elle ignorait pourquoi ç'avait été aussi simple et naturel avec elle. Peut-être leurs malheurs les avaient rapprochés, ou alors c'était cette nuit dans le même lit - Ashera, faites qu'il ne s'y soit rien passé de trop indécent...ni même d'indécent tout court ! - mais qu'importe. Depuis ce soir-là, Félicia se sentait petit à petit sortir la tête de l'eau.
La minette ignorait ce qu'elle comptait faire en vérité le lendemain, ni même dans l'année à venir, ni de sa vie en réalité. Mais elle espérait qu'un jour elle ait le courage de retourner chez elle et de faire face, avec fierté. Un jour oui, peut-être en aurait-elle le courage, marmonna-t-elle la mine basse.
Puis elle releva les yeux sur Merlin, et grimaça. Elle aurait voulu sourire, mais n'en avait pas l'humeur, de même qu'elle ne pouvait simplement se renfrogner.


"Excuses-moi de m'être énervée, Merlin. T'es p'tet couillon comme tes pieds, et t'es tellement naïf que j'me demande comment t'as fait pour survivre jusqu'ici, mais t'es pas un méchant bougre. C'pas toi qui m'a tabassé dans la boue pour me voler trois sous, ou qui a failli m'égorger pour un regard de travers."

Elle grimaça à nouveau, sa bouche remuant alors qu'elle cherchait ses mots. Puis elle gonfla la poitrine et pointa à nouveau un doigt accusateur sur le danseur, en s'efforçant d'afficher au moins un demi-sourire.

"Mais re-traites moi comme une mendiante flemmarde, et j'te montrerais ce qu'on nous apprenait à l'armée ! Même si entre nous, on était pas trop fana' du corps à corps à coups de muscles et tétons saillants dans la Garde Sacrée."

Hmm....félicia, ta gueule. D'habitude, tu le penses plutôt quand tu sors d'une cuite, mais là t'as beau être sobre, franchement, ferme juste bien ta grande bouche. Ca vaudra mieux pour tout le monde.
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MessageSujet: Re: Deux pouilleux dans la neige [pv Merlin]   Mar 15 Aoû - 13:38

Ah, la dignité. D'aucuns auraient pu dire qu'en s'agenouillant comme il venait de le faire, Merlin la perdait. Un homme un vrai ne s'abaissait pas ainsi devant les demoiselles, plus encore quand lesdites personnes se trouvaient aussi misérables et inutiles. Mais ce que d'aucuns disaient, le Marqué s'en moquait éperdument. Il sentait que, à défaut de pouvoir l'aider concrètement, financièrement, il soulageait quelque peu une colère féroce au cœur de la jeune femme. Cela suffisait à le contenter dans son action.

Elle recommença à lui crier dessus, lui lança même son argent au visage qu'il eut juste le temps de protéger d'un revers de bras. En un instant son visage changea de la colère à l'amertume de nouveau, puis au regret. N'importe quel geste de Merlin pour la réconforter pourrait passer pour de la pitié, aussi resta-t-il spectateur et oreille attentive.

"A aucun moment je ne me suis prétendu supérieur à vous. Je m'excuse si vous l'avez ressenti comme tel."

De nouveau il se baissa, cette fois dans l'optique de ramasser les précieuses pièces. Il en avait déjà peu, si elle n'en voulait pas, autant ne pas les dilapider bêtement dans la neige. Et quand il se releva, surpris, il l'entendit s'excuser à son tour. Se faire traiter d'idiot naïf lui laissa une impression étrange, ne sachant pas si c'était sincère de sa part ou une plaisanterie pour alimenter la conversation, mais il n'insista pas plus avant sur ce point. Tant pis si elle le pensait vraiment.

Félicia rassembla alors tout son orgueil, l'invectiva comme un capitaine au combat avec une sorte de rictus forcé que le Marqué comprit. Elle ne l'y reprendrait plus. Mieux encore, elle le "menaça" d'une façon tout à fait singulière, qui arracha un rire de bon cœur au danseur.

"Venez me voir danser demain. Cela me ferait plaisir. Cependant si je veux être bon à quelque chose, j'ai besoin d'une bonne nuit de sommeil. Je vous quitte donc ici et vous souhaite bonne chance pour la suite. A demain."

*

"Vous arrivez b'en tard mon bon monsieur...
-Je sais, je prie de m'excuser de vous déranger à cette heure. Cela suffira-t-il pour dormir une nuit ici ?
-Ah... 'Manque un peu malheureusement. Je suis désolé mais vous allez devoir trouver ailleurs.
-Ne peut-on pas s'arranger ? N'avez-vous pas une étable ?
-Personne dort avec les chevaux. C'est pour éviter les vols ou les blessures. Même les palefreniers ont pas le droit.
-Alors je peux faire la vaisselle, le ménage, nettoyer l'écurie demain... Ou au moins puis-je dormir par terre devant la cheminée collective ? Peu m'importent les allées et venues, il fait froid dehors...
-T'fais quoi comme métier garçon ? T'as pas l'air d'un bon à rien.
-Je suis danseur itinérant. Je ne peux guère faire quoi que ce soit à cette heure, mais si vous patientez jusqu'à demain, j'aurais sans doute de quoi régler ce qu'il manque.
-Hum... Il manque vraiment pas beaucoup alors je te laisse une chance. Mais je te préviens, si tu m'as pas payé demain, j'appelle les gardes, et ils te mettront dans les geôles ! Et de ce que j'en sais, elles sont bien fraîches, les geôles !
-Merci. Je vous paierai demain, c'est promis.
-Bonne nuit petit gars. La 5e porte à gauche en haut des escaliers."
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Deux pouilleux dans la neige [pv Merlin]

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