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 Rencontre martiale.

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Engar
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MessageSujet: Rencontre martiale.   Lun 17 Avr - 16:38


Et bien, vieil homme, on dirait que la réalité a décidé de mettre à l'épreuve tes leçons ! Enfin, en même temps je ne vais pas mentir, c'était prévisible. Cela dit, j'avoue que je ne comprends pas ce qui s'est passé. Tout se passait bien pourtant avec les deux bateleurs, et puis il y a eu ce laguz, ce félin, qui m'a percé à jour et là tout s'est bousculé. La rancœur, la méfiance, tout s'est manifesté de nouveau... A cet instant précis il m'aurait cependant encore été aisé de chevaucher Galopin et de partir, loin et vite, Seulement ainsi, cela aurait été risqué de mettre en danger mes compagnons de route,  qui n’auraient pas pu suivre mon rythme et auraient été vu comme complices d’un fuyard, alors je m'y suis refusé. Tsss, ça ne me ressemble pas vraiment quelque part, mais j'ai déjà laissé tomber quelqu'un qui m'a aidé en fuyant, je ne le referai pas... Ou bien c'est peut être justement les leçons du vieil homme qui ont commencé à faire effet.

Ainsi, au lieu de partir au loin, aussi vite que j’ai pu, je me suis dissocier tout bonnement de Phoenix et de son camarade de telle sorte que leur ignorance quant à ma nature ne faisait nulle doute, ou en tout cas, pas suffisamment pour qu’ils courent quelques dangers.  Ainsi ils peuvent continuer leurs routes, comme je leur ai enjoint à le faire, sans plus s’attarder sur moi. Au moins les habitants d’ici, malgré leurs défiances, paraissent moins hostiles qu’à Begnion. Une chance en somme. Pour autant soyons honnête, l’hospitalité n’est pas au rendez vous. Avez le temps qu’il me fallut pour dédouaner les bateleurs les villageois s’étaient arrangé pour m’interdire l’accès à mon cheval, l’ayant mené à une de leurs étables qu’ils surveillaient plus ou moins directement. Se faisant, l’air de rien, ils me coinçaient ici, car, dans le fond, sans ma monture, je ne peux pas faire grand-chose. Après tout qui recruterait un simple archer solitaire, pas particulièrement doué qui plus est ? Sans même parler de l’allongement des trajets. Enfin, au moins a t-on répondu à mes questions, lorsque j’ai demandé ce qu’ils comptaient faire… « Avertir les autorités compétentes. ». Bah tiens, je suis curieux de savoir de quoi il allait s’agir ! Des membres du clergé ? L’ancien du village ? Un semblant de milice formée à la va vite ? Allez savoir, mais au moins le projet n’est il pas de m’abattre sur le champs, même si je me demande si c’est beaucoup mieux.

Après tout, je me vois mal resté longtemps ici, surtout vu l’attitude des habitants à mon égard. A deux reprises, alors que je me rendais à l’étable où avait été emmenée ma monture, des matamores ont tenté de me chahuter pour que je retire mon bandeau, mais je ne suis pas idiot, j’avais gardé mon arc en main, et simplement faire mine de chercher une de mes flèches suffisait à les dissuader de poursuivre. Au moins ne suis je pas dérangé alors que je me dirige vers la taverne, mais je constate rapidement que le tavernier refuse de me servir à boire. Splendide… Bon de toute façon, on me fait rapidement comprendre qu’il vaut mieux que je reste près du puits, au niveau de la place centrale du village. A défaut de mieux, pourquoi leur déplaire ? Même si je dois avouer que c’est très tentant.

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Pendant ce temps, le laguz, accompagné par une poignée de villageois en colère avait cherché qui pourrait s’occuper officiellement du Marqué qui avait osé se monter au village ! A vrai dire, s’il n’y tenait qu’à lui il aurait probablement roué ce bâtard, mais il savait que les humains, en particulier ceux de Crimea, aimaient faire les choses dans les formes… Et s’il avait craint un moment que cela amène le marqué à s’en tirer, il avait eu la satisfaction d’être informé par un voyageur du village de la réputation de ce marqué en particulier. Un hérétique à ses dires qui n’hésitaient pas à insulter les déesses et leurs serviteurs et qui avait fuit de plus d’un village de Begnion pour cela. Cependant, l’homme en question semblait ignorer sa nature de marqué… Comme quoi cette vermine avait dû avoir de la chance avec son bandage et ne pas croiser de Laguz qui aurait reconnu sa présence si… Particulière.

Qui plus est, il eut une nouvelle agréable en apprenant que si l’ancien du village ne se considérait pas apte à trancher cette affaire, il s’avérait qu’un petits groupe de l’armée se trouvait non loin, et à défaut de milice ou de juge, qui de mieux placé que l’armée pour s’occuper d’une vermine probablement hors la loi ? Ainsi, il alla avec le petit groupe de villageois à la rencontre de ces hommes, et prit la parole devant le premier militaire venu afin de lui exposer les faits.

"Soldat ! Je me permets de vous déranger afin de demander votre assistance pour le village non loin. Moi même voyageur de passage, j’y ai reconnu un marqué, armé qui plus est ! Or nous savons ce qu’il en est concernant ces individus, plus d’un d’entre eux deviennent hors la loi, et celui là n’y fait pas exception ! Il s’est fait passer pour un bateleur, mais à Begnion il a commis plusieurs actes à l’encontre des déesses et leurs serviteurs ! On ne peut pas le laisser ainsi partir impuni !"

Les villageois avec lui confirmèrent ses propos, en une cacophonie parfois inaudible… Mais le Laguz, tout d’abord fier à l’idée de la sanction que subirait le marqué, parut quelque peu soucieux en voyant qui commandait cette expédition, et il hésita un bref instant. Déranger un général était il vraiment nécessaire ? Lui même en doutait, mais il était déjà trop tard pour reculer.

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A défaut de boire de l’alcool, je puise un peut dans le puits, et même ce simple geste me vaut quelques regards mauvais des passants, comme si j’allais l’empoisonner par mon simple contact… Dans le fond tant mieux que je ne boive pas d’alcool, comme ça j’aurai l’esprit clair, même si ça m’aurait au moins occuper. Alors,  pour tuer le temps, je réfléchis… Et ainsi je me demande comment le Laguz a pu me reconnaître comme Marqué.  Je ne me souviens pas l'avoir déjà rencontré à vrai dire... Avait il été employé par un religieux que j'avais un peu trop bousculé ? Ça me semblait peu probable, surtout que je ne m'étais jamais rendu à Crimea avant ! Bah, de toute façon, il m'a démasqué sans même voir ma marque, cette horreur, et c’est tout ce qui compte.

Mais qu’est ce qu’ils croient tous ? Qu’ils sont les seuls à être dégouté par cela ?! Si je pouvais m’en débarrasser je le ferai avec plaisir ! Mais non, je n’ai pas le choix, alors je subis… Mais allons, je dois avouer que sans cela la vie serait peut être un peu monotone, alors je décide finalement d’en tirer profit et d’anticiper par avance la discussion avec mon « juge », réfléchissant déjà à mes arguments, ou tout du moins à ce que je pourrai dire pour me distraire. Après tout ce n’est pas comme si je m’attends à ce qu’on m’écoute réellement !

Cela dit… Ma nonchalance s’efface un peu quand je vois le félin revenir, accompagné, et pas seulement des villageois… Mais de soldats, et je n’en ai aucun doute, Ethan, m’a assez parlé des armoiries de Crimea pour que je les reconnaisse en les voyant de la sorte. C’est donc l’armée qui va me juger ? Bah, au moins ce ne sont pas des religieux, mais leur rigueur risque assez mal de s’accommoder à mon tempérament. Je les observe ainsi s’approcher de moi… Je sais que je devrai probablement relâcher mon arc et mettre mes flèches à terre, mais au contraire, tout mon corps se tend alors que s’approchent de moi ces hommes de guerre. Ce n’est pas raisonnable sans doute, mais je me refuse à me débarrasser de mes armes face à des individus ainsi équipés, surtout dans une telle situation. Dans le même temps j’essaye de reconnaître leurs chefs… Et je blêmis… Ça aussi c’est une chose dont Ethan m’a beaucoup parlé. Mysti de Meline, général de Crimea… Il avait déjà eu l’occasion de le voir à l’œuvre, et s’il n’avait pu me dire de quoi il en retournait concernant l’homme, quelque chose me dit qu’il n’est pas devenu général en faisant preuve de miséricorde. Néanmoins, je me reprends, et regagnant mon assurance, je les accueille finalement d’un rictus.

"Ainsi c’est l’armée qui va trancher sur mon cas ? Naître marqué est donc une menace à la sécurité de Crimea ? Et sinon de quoi m’accuse t-on exactement ?"

Je suis un peu moqueur, c’est vrai, mais en même temps… Je pense que la question est légitime...
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MessageSujet: Re: Rencontre martiale.   Lun 17 Avr - 20:11

Depuis l'apparition de Famine en plein milieu des terres de Criméa, les villages proches de la zone sinistrée signalaient de plus en plus d'individus louches, de bandits, de criminels. Si cette initiative pouvait se comprendre, les villageois ne souhaitant que conserver leur tranquillité et leur sécurité, cela augmentait par ailleurs le nombre de plaintes injustifiées, de soupçons infondés et de déplacements inutiles de la part de l'armée.

Pour rassurer ce petit peuple harassé de craindre et d'attendre avec le ventre noué que l'on mît fin pour de bon à cette série d'événements plus ravageurs les uns que les autres -la mort du roi de Daein rajoutant de l'huile sur le feu-, Mysti entreprenait des patrouilles un peu plus fréquentes que d'ordinaire en campagne, avec la ferme intention de se montrer en personne, de dire aux paysans que même les officies les plus haut gradés veillaient sur eux. On lui demandait parfois l'impossible : amener de la nourriture, de l'eau claire, faire vérifier les puits, les voisins, les forêts, et il devait recourir alors à toute sa patience pour expliquer, une fois de plus, que ces choses-là étaient gérées par l'administration centrale à Mélior. Pour les cas les plus simples et afin d'éviter de compliquer encore les démarches et la surcharge de travail des uns et des autres, il avait obtenu l'autorisation du principal tribunal de la capitale de trancher, tant que cela n'impliquait pas une exécution, un emprisonnement prolongé ou toute autre peine jugée lourde.

C'est ainsi qu'on vint interpeler la quinzaine d'hommes qui constituait sa garde pour une histoire de Marqué. Il ne comprit pas véritablement toute l'histoire sur le moment, mais l'empressement des villageois, et surtout la présence d'un laguz parmi eux lui souffla que peut-être une visite dissiperait les tensions superflues.
Vêtu de son habituelle armure de cuir, d'une cape chaude et d'habits d'hiver, il prit la route pour le village en question et se fit réexpliquer les faits plus calmement en chemin. Des actes à l'encontre des déesses et de leurs serviteurs... La description avait l'air vague, et surtout il s'agissait de Begnion. Pouvait-il juger un ressortissant étranger ?

La patrouille se déploya dans le village avec pour ordre de rétablir le calme et trouver la personne incriminée afin de la lui amener. Sans violence si possible. Les premiers à mettre la main sur Engar, un homme et une femme d'expérience, se trouvèrent apostrophés directement par la Marqué en question, et songèrent que cette fois un véritable trouble-fête venait d'être détecté.

"Veuillez nous suivre si vous ne voulez pas aggraver les faits !"

*

Le village ne disposant pas vraiment de structures législative, le chef de village avait fait installer une table et de nombreux sièges sous le kiosque central, où les courageux qui bravaient le froid pourraient écouter et témoigner à leur aise. Le général soupira de dépit face à une initiative qui ouvrait la porte à de nombreux commérages, mais s'il s'y prenait bien, pourrait étouffer les peurs dans l’œuf et donner à l'homme la juste sentence qu'il méritait. Vingt minutes plus tard on trouva donc les soldats disposés en cercle pour empêcher d'éventuels débordements, le Marqué assis à la table et Mysti face à lui, se demandant ce que pouvaient bien attendre les malheureux paysans pour en arriver à de telles mises en scène.

"Bien, si tout le monde est prêt, nous allons résumer les charges. Cet homme serait soupçonné de délits envers l’Église de Begnion et ses serviteurs... Quelqu'un peut-il préciser de quelle nature ?
-Et c'est un Marqué, lança une voix dans le public, vous avez oublié de dire que c'est un Marqué m'sieur !"

Un silence pesant tomba net sur kiosque. Le chevalier s'empêcha à grand renfort de sang-froid de soupirer devant tout le monde. Il se leva alors pour faire face aux humbles, mains sur les hanches.

"J'aimerais avoir l'attention de tout le monde avant de poursuivre. Tout d'abord, si voulez un vrai jugement, il va falloir respecter les tours de paroles quand je les donnerai et faire silence le reste du temps. Ensuite, et j'aimerais que chacun ouvre grand ses oreilles : être un Marqué ne constitue pas un crime de quelque nature que ce soit. On peut être fils de bandit et mener une existence honorable ! Un enfant n'a pas à hériter les crimes de ses parents, ni porter la responsabilité de son sang.
Vous, Criméans, devriez le savoir mieux que n'importe qui à Tellius ! Nos voisins sont des félins, et c'est même l'un d'eux qui nous a fait venir jusqu'à vous aujourd'hui. Envisagez, pendant une seconde, que deux êtres puissent s'éprendre l'un de l'autre sans tenir compte de leur race respective. Imaginez combien l'amour de ces deux êtres pourrait être difficile à supporter, à réfréner, quand ils savent que vous, les honnêtes citoyens de notre pays, ne leur laisserez pas l'occasion de mettre au monde un fruit né de leur volonté mutuelle ! Supposez que votre propre conjoint, craignant un rejet aussi violent de votre part, vous ai caché sa nature pour justement éviter un tel procès d'intentions. Je ne veux pas que vous vous accusiez les uns et les autres, ce serait une belle preuve d'idiotie de votre part, mais il faut que vous compreniez que les Marqués ne sont pas une menace parce qu'ils sont Marqués. Si certains d'entre eux sont hostiles, c'est avant tout parce qu'on les a traités comme des êtres hostiles toute leur vie. Vous créez vous-mêmes vos ennemis en agissant de la sorte. Maintenant, si j'ai bien été clair, je ne veux plus entendre qui que ce soit parler de Marqué comme d'une insulte. Reprenons.
"
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MessageSujet: Re: Rencontre martiale.   Mar 18 Avr - 16:06


Sobre et efficace... Ah ! Ça me rappelle bien Ethan ! Réagissant aucunement à ma petite pique, les soldats ne font que me donner un ordre, teintée d'une menace. Pour autant, la question de meure, de quels faits peuvent ils bien parler ? Enfin, je n'insiste don pas, et avec un soupir, je les suis... Au moins ne m'est il pas demandé de me débarrasser à proprement parler de mes armes, mais je sens bien qu'on surveille le moindre de mes gestes. Il suffirait que ma main fasse mine de s'approcher d'une de mes flèches pour provoquer une réaction immédiate, et probablement peu agréable. Se faisant, je suis rapidement amené au centre du village, avec une belle petite mise ne scène, pour un spectacle qui attirera de nombreux spectateurs, et c'est avec tristesse que je songe qu'il y en aura plus que lors des spectacles aux côtés de Phoenix et de son ami. Cet endroit était assurément une belle scène bien que tant exposé aux vents que moi même j'en frissonnais. Quant aux braves villageois, leur haine doit sans doute leur tenir chaud, mais pour le moment je me contente de les ignorer. Ce n'est pas eu qui m'importent, mais bien les hommes d'armes, et plus particulièrement leur chef. Le général en face duquel on me fait m'asseoir. Le temps de déployer les hommes et la mascarade allait commencer. Ce n'est qu'à cet instant que je pose mon arc, le carquois à même la table e l'arc reposant sur le siège. De tel sorte qu'i me serait difficile de m'en servir, tout en pouvant éventuellement m'en saisir rapidement. C'était bien là la seule concession que j'accepterai de faire, malgré tout le respect que j'ai pour l'homme qui me fait face. Il parait quelque part jeune, mais je ne suis pas dupe, Ethan m'a assez parlé de lui pour savoir que son rang, il l'a mérité par ses actes, et j'en viens même à penser que le fait qu'il s'attarde sur ma personne est un sacré gâchis de ses compétences !

Se faisant, aucun mot n'est dit entre nous, et je veille bien à ne pas le défier du regard, quand bien même je ne peux m'empêcher de le détailler davantage. Il semble quelque peu agacés, ou blasé, d'être ici, et je ne saurai dire si c'est une bonne chose pour moi... Au moins n'affiche t-il aucune agressivité à mon égard, à moins qu'il ne le dissimule bien ! Cela dit, je ne peux en apprendre plus par une simple observation, et je ne suis pas assez stupide pour moi même prendre l'initiative et le temps me parait bien long, avant qu'il ne prenne la parole... Et à vrai dire je ne peux retenir un léger sourire face à ses premiers propos. Au moins s'y prend t-il sérieusement, mais ce qu'il évoque, je ne compte pas le nier ! Ce serait bien vain d'ailleurs, et le respect que j'ai pour lui m'encourage d'autant plus à ne pas tenter de "fuir" mes actes, déjà que je ne le ferai pas en temps normal...

Pour autant toute sa raison ne peut pas grand chose face à la redoutable bêtise populaire, comme le confirme l'intervention d'une voix au sein du public, mais il ne se lasse pas désarmer, et ainsi se détournant de moi, c'est au public qu'il s'adresse pour un discours que j'ai bien peu l'habitude d'entendre et qui me rappelait un peu celui du vieil homme. Ah, si j'avais su qu'il me suffisait de voyager pour rencontrer de tels individus j'aurai demandé à Ethan qu'on le fasse bien des années auparavant ! Ainsi j'écoute son discours avec attention, quelque peu naïf dans sa formulation, mais qui à mes yeux est empli de vérité, m'amenant à doucement sourire... Néanmoins, comme il le souligne, cela n'a rien à voir avec l'affaire en question, et il faut y revenir. A peine conclut il cependant qu'un homme, au devant de la foule, prend la parole, un voyageur...Et à voir sa tenue, un pèlerin de Begnion... Ça ne présageait rien de bon pour moi ça.

"Sir ! Je peux détailler ce qu'il a fait ! Je n'y ai pas assisté, mais d'autres pèlerins m'en ont parlé, d'un grand escogriffe au visage pansé qu'on surnomme l'hérétique ! Et à raison vu ce qu'on m'a dit ! Il a déjà interrompu des sermons, contesté la parole des déesses et souillés les autels des déesses ! Il s'est même servi de son arc pour blesser un représentant de la mère de l'équilibre ! Et ça c'est que ce que j'ai entendu ! Il a dû faire bien d'autres choses, en tout cas à Begnion, et peut être même à Crimea. Certains pensaient déjà que c'était un marqué mais... "

Hm, et voilà, j'allais devoir donner mes propres arguments en présence d'un fanatique qui allait refuser de les écouter. Enfin, au moins a t-il été assez intelligent pour ne pas poursuivre sur la question de mes origines au vu du discours donné par le général... Mais le Laguz n'a pas la même pensée et prend à son tour la parole.

"Oui un marqué, et quoi que vous en disiez, général, ce n'est pas surprenant qu'il se comporte de la sorte. Il y a une raison pour laquelle la naissance d'un marqué est souvent source de malheur et cause toujours du tort à son parent Laguz !"

Je ne peux à cet instant retenir une grimace, comme toujours lorsqu'on insiste un peu trop sur mes probables origines, alors même que je ne me suis jamais réellement intéressé à qui ont pu être mes véritables parents... Mais je ne peux pas me contenter d'afficher un simple mécontentement, alors je réponds, affichant une nonchalance de façade et accompagnant mes propos d'amples gestes théâtraux, comme j'ai l'habitude de le faire quand je tourne quelque chose en dérision.

"Et oui, que voulez vous ? Il y a bien une raison pour laquelle les déesses punissent ceux qui nous donnent naissance ! Et qu'elles nous rendent si aisé à reconnaître ! C'est qu'elles ne veulent pas que l'on naisse ! Après tout, un fils de brigand peut très bien devenir quelqu'un de bien par ses actes, mais un marqué ? Peu importe ses actes, c'est toujours un marqué, et c'est pas nous qui le disons, ce sont les déesses..."

Je conclue cette phrase par un rire amer, mais mon regard se durcit, et pour la première fois, je le plante dans celui du général, alors que ma voix se fait bien plus sérieuse.

"Voilà ce que pensent les gens, et en particulier les religieux... Et voilà pourquoi, oui, je ne le nierai pas, je crache volontiers sur ces prétendues déesses et ceux qui les suivent aveuglément. Je suis en effet allé également plus loin que simplement "cracher" et j'ai effectivement blesser des individus, plus ou moins gratuitement, même si à chaque fois que ça a été "sérieux", c'était bien parce qu'au nom des déesses, on me jugeait coupable par mon sang ! Selon moi, ces entités, qui existent, je ne peux le nier, sont coupables de tant de choses qu'elles ne méritent nulle adoration, mais surtout, on répand tant de mensonges en leurs noms que ceux qui les prononcent méritent bien d'être invité à se taire, plutôt que de parer leur mots d'un voile de fausse vérité que nul n'oserait soulever ! Et cela est vrai, à Begnion encore plus qu'ailleurs de ce que j'ai pu voir."

Bien sûr, mes propos provoquent des huées de la foule... Mais je ne nierai pas les faits, pas plus que je ne tairai ma pensée à l'égard des "déesses", mais que va faire le général face à cela ? De quel crime compte t-il me blâmer ? J'ai certes fait couler le sang, mais parce qu'on en avait le plus souvent après le mien... Cela autant, je n'en ai pas fini, mais j'attends que la foule cesse ses huées pour conclure.

"En somme ce qu'on me reproche est de refuser de reconnaître l'autorité d'entité à l'égard desquelles je n'ai nul respect, et de défier leur volonté, ou du moins celle de leur serviteur. Plus ou moins violemment, j'en conviens..."
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MessageSujet: Re: Rencontre martiale.   Ven 21 Avr - 15:06

Dès les premiers mots du voyageur, appuyés par ceux du laguz, la foule s'agita. Rien que par la teneur des accusations, Mysti savait que le "procès" tournerait au vinaigre, à partir du moment même où l'on s'égarerait dans des questions de naissance et de théologie. Le plus surprenant fut toutefois que le Marqué reconnut de lui-même les faits reprochés, sans manquer d'y ajouter sa petite pique. A ce moment-là plusieurs villageois se levèrent et les soldats se préparèrent aussitôt à réprimer un début d'émeute. La conclusion d'Engar acheva de faire monter les quolibets, et l'on voyait dans certains regards que les Criméans, effrayés à l'idée d'avoir affaire à un autre fléau, se résolvaient à en venir aux mains.

"Il suffit !"

Avant que quiconque ait compris de quoi il en retournait, une forme enflammée se dressa entre le public et l'accusé, flottant à quelques au-dessus du sol. Le général, tome en main, dirigeait la créature de façon à tracer une ligne nette à ne pas franchir. Cela refroidit toute velléité un peu trop accentuée.

"Que tous ceux qui ne sont pas capables de réfléchir avant d'en venir en mains quittent ce kiosque immédiatement ! Je ne le répèterai pas. Et ceux qui se sentiraient assez audacieux pour braver la justice se retrouveront aux fers le temps de méditer sur ce que signifie le mot "tolérance". Me suis-je bien fait comprendre ?"

Autant pour donner l'exemple que par loyauté envers ce jeune général qui prenait son rôle au sérieux, le maire du village exhorta ses pairs au calme, et le silence revint doucement se poser sur les alentours. Une fois assuré que l'ensemble se tiendrait tranquille, le chevalier laissa son sort se dissiper et remit son tome dans la sacoche suspendue à sa ceinture, dissimulée jusque-là par sa cape d'hiver. D'aucuns avaient également noté la présence de l'épée de verre, plus symbolique encore que les armes brodées sur sa tunique.
En quelques pas, le mage avala la distance qui le séparait du laguz, ayant bondi en arrière à la vue du feu, il lui attrapa le poignet avec douceur et l'entraîna à sa suite près de la table pour qu'il ait pleine vue sur ce Marqué tant honni.

"Maître félin, je nourris une grande sympathie à l'égard de votre peuple, premier entre tous à avoir soutenu ma reine lors de son exil forcé. Au nom de l'entente qui unit Criméa et Gallia, je vous prie d'abandonner un instant cette haine qui vous lie le cœur. Cet homme devant vous, ce Marqué, que vous a-t-il fait sinon qu'il est né Marqué ?"

Et de se tourner vers Engar, Mysti ajouta :

"Votre parent laguz a-t-il été victime d'un viol de la part d'un beorc ou était-ce de l'amour ? Je suis conscient que cette information est personnelle, mais de grâce mettons fin à ce débat stérile une bonne fois pour toutes. Je vais vous dire, en tant que juge désigné, ce que je vais juger aujourd'hui : violences volontaires sur autrui, discrimination religieuse, délit de fuite. Cessez de donner des raisons aux laguz et aux beorcs de vous maudire chaque jour un peu plus. Il est de votre responsabilité et de votre devoir de restaurer votre réputation, au nom de chacun des Marqués qui ont subi des injustices de par leur sang."

Avec le plus grand sérieux, Mysti indiqua au félin qu'il pouvait regagner sa place. Malgré le profond malaise qui l'étreignait, celui-ci obéit et scruta Engar longuement depuis sa place.

"Il existe des Marqués qui, loin de se cacher, de maudire le monde dans lequel ils sont nés, portent haut leur naissance, comme un étendard, une fierté. Certains d'entre eux sont des amis en qui j'ai pleine confiance, à qui je confierais sans hésitation ma propre vie. Ceux-là sont appréciés de tous, et leur naissance n'y change rien. Ils ont été accablés autrefois, mais depuis la dernière guerre, leur sort s'améliore à mesure qu'ils font preuve de bonne volonté. Je vous engage à faire de même, pour votre bien. Voilà pourquoi, encore une fois, je ne retiendrai pas ce fait comme une charge sur vos épaules.
En revanche Engar, puisque vous critiquez si hautement l’Église d'Ashera, dites-moi pourquoi vous ne vous êtes pas rendu vous-même aux autorités de Begnion ? Pourquoi venir vous réfugier à Criméa ? N'aviez-vous pas en tête l'idée que vous y seriez tranquille ? Que nos actes passés n'ont pas prouvé notre tempérance sur le sujet ? Si vous aviez peur des condamnations probables à Begnion, pourquoi les avoir provoquées ? Il existe des manières civilisées de critiquer d'autres points de vue, d'autres cultures. Dites-moi pour quelle raison je pourrais refuser de vous ramener moi-même à Begnion afin qu'on vous y juge sur place.
"

Les Criméans se mirent à murmurer, hésitant à crier une nouvelle fois au scandale. Le tour de flammes les avait dissuadés de s'exprimer trop vivement, mais l'expression qu'arborait Mysti les intriguait plus encore. Indéchiffrable, le soldat ne semblait pencher ni pour la libération totale, ni pour l'emprisonnement pur et simple. Les soldats se gardèrent bien d'émettre des hypothèses à voix basse ou d'échanger des regards, connaissant suffisamment leur supérieur pour se douter qu'il suivait un objectif connu de lui seul. Puisque personne n'endossait ce rôle, il jouait autant l'avocat que le juge.

Après avoir parcouru la surface du kiosque de long en large, comme pour s'en approprier les contours, le général revint s'asseoir face à Engar, posa délibérément les yeux sur l'arc comme pour lui rappeler qu'il s'était montré clément jusque-là.
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Engar
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MessageSujet: Re: Rencontre martiale.   Dim 23 Avr - 14:44

Pour être tout à fait honnête je n'ai que rarement eu l'occasion d'observer de façon durable les effets que produisaient mes propos, après tout j'étais souvent obligé de partir prestement et ne pouvait que brièvement profiter du spectacle ! Or , j'avoue, je ne pensais pas jusqu’alors que c'était aussi impressionnant. Décidément je ne comprends pas comment les gens peuvent tenir de telles choses tant à cœur, mais soit... En suis je vraiment surpris cela dit ? Pas vraiment, après tout il y a une raison pour laquelle je pars précipitamment d'ordinaire ! D'ailleurs, au vu du nombre relativement faible de gardes comparé aux villageois, je me tiens prêt à tenter de prendre la poudre d'escampette si les choses viennent à continuer à s'envenimer, et tant pis pour toute cette belle sincérité ! Seulement, le général ne semble pas l'entendre de cette oreille, et n'hésite pas à user de ses pouvoirs pour impressionner la foule, suscitant même de la surprise de ma part. Honnêtement de ce que je savais de lui, j'aurai dû m'y attendre, surtout qu'on ne devient pas général pour rien, mais il y a une différence entre entendre des récits sur le phénomène, et en constater l'existence. Il en alla d'ailleurs de même pour l'autorité du général, dont le subtil mélange de menace et d'autorité ramenèrent l'ordre dans la masse des paysans, aussi surement que dans les rangs de soldats disciplinés. Décidément, ce Mysti m'intrigue, et me plait, de plus en plus.

Pour autant, je me crispe un peu à son prochain geste, lorsqu'il vient chercher le principal responsable de cette mascarade et l'amène devant moi. A ses propos je comprends la raison de son geste, mais la haine que distingue dans le regard du félin, suffit pour que je lui rende la pareille, grimaçant face à cette hargne stupide et aveugle, d'autant plus à la peine qu'il manifeste à répondre à la question que lui adresse Mysti.

"Rien...A ce jour, hormis ce que sa naissance à induit pour un des nôtres, pour notre race."

Cette fameuse histoire comme quoi ceux comme moi faisaient perdre leurs pouvoirs à leurs parents Laguz... Je n'ai jamais pu en constater la véracité, mais c'est là une des rares rumeurs que je tiens pour vrai, encore une fois de par les dires d'Ethan... Mais quand bien même ? Nous ne sommes pas contagieux ! On ne va pas voler les pouvoirs des Laguz n'ayant rien à voir avec nous, et nous sommes de toute façon si rare que ce n'est pas comme si nos naissance étaient une menace pour la race des Laguz... Cependant alors que je rumine la chose, le général se tourne de nouveau vers moi, et m'adresse une question pour le moins inattendue, mais qui, pourtant, ne fait que m'arracher un léger sourire. J'ai entendu assez d'histoire sur ceux qui comme moi arborait cette odieuse marque pour savoir que cette interrogation était un de celle qui se posait le plus à notre sujet ! Cela n'est d'ailleurs pas sans me rappeler l'histoire de ce vieil homme, fruit d'un de ces viols à en croire sont récit. Mais en ce qui me concerne ? Et bien la seule réponse que je peux donner se retrouve dans le haussement d'épaule que je fais, tandis qu'il explique peu après ce qu'il compte juger. Mes actes, et non mes origines, ce qui dans un sens me convient, même si je me demande s'il comprend ce que j'ai fais, ou tout du moins pourquoi je l'ai fais.

Ce qui quelque part paraît drôle est le fait que Mysti n'est pas sans reprendre certains des propos du vieil homme quant à ma responsabilité dans ma réputation et celle des miens. Dans le fond j'ai presque l'impression d'entendre un peu un écho, et ce d'autant plus lorsqu'il évoque l’existence de Marqués "Honorables" et, je ne vais pas mentir, dans un sens je suis heureux pour ces derniers s'ils ont pu être reconnu pour leurs actes, et les envie un peu, mais en même temps est ce que cela pardonne ce qu'ils ont du vivre ? Je n'en suis pas sûr...

Mais Mysti ne s'attarde pas excessivement sur la question et il évoque un point plutôt intéressant. Pourquoi diable suis je donc ici, à avouer mes crimes... Mais surtout pourquoi il ne devrait pas me livrer à Begnion alors que c'est sur leur territoire que j'ai commis ces crimes. Une hypothèse qui à vrai dire m'amène à me crisper, et il est évident au vu de mon regard que c'est là la dernière chose que je souhaite. Néanmoins, mes seuls yeux ne suffiront pas pour me défendre. Ainsi, je me prépare à répondre, mais attends qu'il s’assoit près de moi pour le faire... Mais se faisant je remarque un petit détail...Et ainsi avec un soupir, je repousse finalement avec regret, mon arc dans sa direction, commentant.

"Désolé disons que ça m'aide à rester calme avec des hommes armés autour de moi... Mais sans ma monture et au vu de votre magie et de la situation ça ne me servirait pas à grand chose."

Bon, ce petit aparté étant fini il est temps de rentrer dans le vif du sujet, et se faisant, je plante mon regard dans le sien, et reprend la parole, aussi calmement que possible, afin de répondre à ses questions.

"... Même si j'ai l'impression que votre première question était purement rhétorique, je vais tout de même y répondre. C'est simple, je l'ignore, de ce que j'en sais un homme m'a trouvé sur le bord de la route et a fait le choix de m'élever et j'ai préféré ne jamais y penser. Voilà ce qu'il en est pour mes origines, mais quelque part cet homme est aussi important pour vos autres questions."


Je ne peux bien sûr, se faisant, m'empêcher de repenser à Ethan et à ce qui nous est arrivé. En conséquence de quoi, ma voix se durcit quelque peu alors que je poursuis, une de mes mains se crispant en un poing reposant sur la table.

"Car après tout, cet homme a aussi été jugé, traîné par de braves pèlerins devant les autorités de Begnion pour ne jamais être revu à ce jour.... Et quel était donc son crime, à cet homme ? Un Vétéran qui a participé aux deux guerres et à bien des conflits entre nobles de Begnion, sans doute s'agissait il de quelques obscures crimes de guerre ! Et bien non... Non, la raison pour laquelle on est venu l'arracher à sa demeure, c'est parce qu'il a fait le choix d'élever un enfant abandonné au bord de la route, au lieu de le tuer comme cela était son devoir selon certain ! Voilà quelle sorte de justice a été prononcé à Begnion et ce au noms de leur idole ! Après, c'est un fait qu'il n'était pas des plus croyants, mais il ne pouvait tout simplement pas oublier ce qu'il a vu durant les conflits... Quant à me rendre aux autorités de Crimea, ce n'était pas vraiment mon intention..."

Je marque une brève pause, balayant la foule du regard. Je pense alors brièvement à Phoenix et à leurs spectacles, à l'émerveillement qu'ils avaient causés auprès de leurs spectateurs... Et en dépit de la situation dans laquelle je me retrouve, je ne regrette pas mon choix, ce qui me permet de me calmer de nouveau, poursuivant en ne songeant plus à mon seul passé.

"A vrai dire, j'étais venu à Daein à l'origine, après avoir passé de nombreuses à Begnion, en me disant que ça serait plus aisé... Mais peu de temps après mon arrivée, les troubles causés par la mort du roi m'ont amené à changer d'avis, et à passer par le nord pour rejoindre Crimea. Une fois arrivé, j'ai voyagé avec deux personnes, des saltimbanques, qui ignoraient mes origines, et à vrai dire je me suis plutôt tenu calme dans votre pays ! Seulement... Et bien disons qu'arrivé à ce village j'ai été démasqué. A cet instant j'aurai pu fuir aisément en allant chercher ma monture en profitant du chaos désorganisé, mais ceux qui ont fait le voyage avec moi ? Je n'étais pas sûr qu'ils n'aient aucun problème pour avoir simplement voyagé avec moi... Alors j'ai fais le choix de rester et de souligner leur ignorance de mes origines pour qu'ils n'aient aucun problème et puissent partir... Après il aurait vrai que j'aurai très bien pu me défendre de mes actes, mais... S'il est vrai que j'ai plusieurs fui la justice à Beignon, je mens déjà assez sur ce que je suis pour ne pas mentir sur ce que je fais, que ce soit en bien ou en mal... Et puis même si j'aurai pu fuir ça aurait été sans ma monture, et sans elle, je n'ai pas grand chose qui me reste."

Une vision un peu absurde pour certains, mais n'est ce pas juste une question de point de vue ? Pour moi tout ce que je fais à une raison, un motif, et de fait je l'assume et ne m'en cache pas ! Cela nous amène d'ailleurs à la dernière question, la seule à laquelle je n'ai pas encore répondue, ce que je fais, avec un fin sourire aux lèvres, ne regardant que Mysti, le seul ici que je juge à même d'éventuellement me comprendre.

"Vous surestimez nombre de croyants, chez qui le moindre reproche, la moindre critique de leur foi, suscite les plus vives réactions, face auxquelles je me suis défendu... Mais vous avez raison, pourquoi ai je profané des lieux et brusqué verbalement et physiquement certains adeptes ? C'est simple... Quand un crime est commis, qui agit ? Le juge, mais si le juge commet un crime, que faut il faire alors ? J'ai simplement usé des armes qu'ils auraient utilisé contre moi, et encore, j'ai été tempéré, je n'ai tué personne, moi... Qui plus est rien ne m'énerve plus que les mensonges, et entre nous, ils en sont les champions."

Je jette alors un regard autour de moi, observant les réactions de la foule face à mes propos, me demandant si agir différemment aurait réellement changé quelque chose. Se faisant je pense au vieil homme, mais même s'il a quelque peu tempéré mes ardeurs, et que j'aurai plus de scrupule de bousculer quelqu'un avec pour seule raison sa foi, il était un fait que je l'avais déjà fait par le passé, et je ne m'en cacherai pas... Mais il est un tort que tout ces croyants ont, et c'est ce mensonge, qui prend de nombreuses formes. Avec cela, tout est dit, ou presque, car dans le fond il est vrai que même si je me suis défendu, d'une certaine façon, je ne lui donne concrètement aucune raison de ne pas m'emmener à Begnion pour y être jugé, or... Je crois que c'est une des rares choses que je n'accepterai pas, et c'est justement sur cela que je poursuis.

"Mais justement, ne nous mentons pas, Begnion me jugera pour mes actes, mais aussi pour ce que je suis... Sans même parler du fait qu'ils le feront au nom de leur culte. Or, peut être que cela est un soucis purement égoïste, mais je respecterai bien plus une décision prise par un homme dont la parole mérite ce respect, que celle prétendument issue d'une entité que je méprise, et que j'aurai une raison de plus de honnir, pour peu qu'on m'en laisse le temps. Qui plus est, qui respecterai le jugement de ceux qui lui ont tout pris ?"

En somme... Ce que je souhaite signifier, c'est simplement que si jamais c'était un homme de sa trempe qui me condamnait par lui même, j'accepterai ce jugement et en accepterai les conséquences, mais à Begnion ? S'ils m'enfermaient je ferai tout pour me libérer, et une fois libre je serai encore pire à l'encontre de leur foi, et s'ils me tuaient, je prononcerai mes blasphèmes jusqu'à mon dernier souffle ! En somme, je serai tout bonnement pire... Et je n'aurai aucunement l'opportunité, comme il le disait si bien, de restaurer la réputation des marqués. Ce qui serait dommage tout de même...
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MessageSujet: Re: Rencontre martiale.   Mer 26 Avr - 16:55

Le Verbe réussissait à museler la haine aveugle des villageois pour une curiosité et une compréhension plus poussée. Le général réalisait un tour de force en faisant admettre au félin que sa colère à l'égard du Marqué ne reposait sur aucune raison autre que sa naissance, hors de propos dans cette affaire, tout en laissant la possibilité d'un amour clandestin s'imposer dans les esprits. Son calme parfait face au haussement d'épaules d'Engar désamorça de nouvelles accusations dans l’œuf, sur lesquelles personne ne s'attarda davantage. Au moins, et c'était là l'essentiel, Mysti avait visé juste en suggérant que le viol n'intervenait pas forcément dans la naissance d'un Marqué, donc que le Déchu à son origine pouvait l'avoir voulu et accepté.

Une fois assis face au jeune homme, le chevalier lui adressa un regard bienveillant en le voyant remettre son arme sans résistance.

"Si je voulais vous tuer ou vous blesser, je n'aurais pas organisé votre jugement. Nous sommes des militaires. La traque d'un fugitif, de surcroît sur notre terre, ne pose pas le moindre problème. Tant que vous coopérez, personne ne portera la main sur vous, j'en réponds sur ma vie et mon honneur."

Et ce faisant, Mysti posa la main droite sur son cœur en signe de sincérité absolue. Il laissa Engar poursuivre sans l'interrompre, son expression toujours aussi neutre rivée droit dans ses yeux.

Le discours du Marqué évoquait la justice, et une colère sous-jacente qui datait de bien longtemps. Cet homme qui l'avait recueilli, probablement le considérait-il comme un père. Begnion avait commis bien des erreurs ces dernières années, mais pas plus que les beorcs et les laguz en général. Même Ashera avait rendu un jugement, que l'ensemble des Telliusiens s'étaient fait un devoir de contredire. Probablement Yune aussi, mais son statut de protectrice des vainqueurs de la Seconde Grande Guerre gardait son image intacte en la matière, et puis le Chaos suivait-il une quelconque idéologie ? Allez savoir. Peut-être même observait-elle à présent si l'un de ses "élus", en la personne de Mysti, défendait ses enseignements ou la bafouait comme ceux qui perdaient la foi un beau jour. Ou peut-être pas.

Un silence passa après le long monologue d'Engar, à peine perturbé par le sifflement du vent entre les poutres du kiosque. Incapables de distinguer le visage de Mysti, puisqu'il se trouvait dos à eux, les villageois ne prirent pas le risque de se répandre de nouveau en murmures, mais tendirent plutôt l'oreille.

Le représentant de la Loi prit une posture un peu plus détendue, le dos bien calé au fond de sa chaise, jambes à demi-étendues devant lui et les bras posés sur les accoudoirs. Il ferma les yeux un instant, songeur.

"Personne ne détient la vérité sur tout le monde, Engar."

Le vent soudain, se tut, de sorte que les mots du général résonnèrent sous le kiosque avec une acoustique parfaite. Il se leva de nouveau de son siège avec lenteur, sans lâcher le Marqué du regard.

"Il y a effectivement des jugements qui se sont avérés trop zélés de la part de l’Église de Begnion, à commencer par celui du massacre de Serenes. Cependant, les choses changent et ces vieux préjugés doivent tomber. Si je surestime les croyants, vous sous-estimez l'influence que l'impératrice Sanaki exerce depuis ses 10 années de règne. Elle a tenu sur ses épaules le poids des décisions de ses ancêtres, réconcilié les oiseaux et Begnion, nettoyé le Sénat de ses membres corrompus et progresse de la sorte dans les rangs de la noblesse, de l’Église, jusqu'à la plus basse strate sociale. Les prêtres d'Ashera ne sauraient se résumer à un seul être endoctriné et aveugle, tout comme les laguz ne sont pas que des bêtes féroces incapables de pensée ou les beorcs des intellects supérieurs assoiffés de pouvoir.
Il existe dans ce monde autant d'idées que d'êtres réfléchis, de tentations que de contrôles. Vous ne serez pas nécessairement jugé sur votre sang à Begnion, pas plus qu'à Criméa. Ce temps-là est révolu. Quand un juge commet un crime, il est déchu de sa fonction de juge et devient l'accusé. Alors, un autre juge choisi pour son intégrité prend sa place, et c'est ainsi que le système est prévu pour fonctionner. Les serments, l'honneur et les promesses ne sont pas que des mots en l'air. Les hommes et les femmes qui les prononcent sont tenus d'y obéir. Ne prétendez pas connaître la totalité des clercs de Begnion, savoir sur quels crimes vous serez jugé et comment, cela est parfaitement impossible. Par ailleurs, ce ne sont pas des prêtres qui vous jugeront, mais des hommes de Loi, dont le pouvoir temporel ne découle pas des croyances.
Vous dites haïr les mensonges, et dans le même temps vous avez affirmé mentir sur ce que vous êtes afin de vous protéger. N'est-ce pas en cela vous haïr vous-même ? Voici venu le temps de régler vos griefs envers vous-même dans ce cas. Peut-on faire confiance à quelqu'un qui ne tolère les crimes que lui-même commet ? Portez donc haute votre naissance, et ainsi vous serez légitimement à même de critiquer l’Église d'Ashera. L'agresser et fuir ne vous rend que plus apte à vous faire juger et chasser. Vous nourrissez vous-même le ressentiment à votre égard, qu'il vienne de vous ou d'autrui.

J'en ai assez entendu pour le moment. La séance est levée. Ce soir et jusqu'à demain matin, vous serez enfermé sous bonne garde dans un logement convenable. Je rendrai alors mon verdict, et cette affaire sera close. Si vous souhaitez encore vous défendre, je vous recevrai en privé. J'espère que vous aurez pris le temps de bien réfléchir à votre perception du monde qui entoure avant cela cependant.
"

Sur ces derniers mots, les habitants se levèrent en suivant l'exemple du maire. Certains se permirent même d'applaudir, rapidement interrompus par des regards réprobateurs des militaires. Les civils s'en allèrent alors, plus rien ne les retenant dans le froid hivernal, puis les gardes et Engar, dirigé vers une maisonnette réquisitionnée pour l'occasion. Les armes et la monture du Marqué, confisquées pour le dissuader de toute tentative d'évasion, furent transportées ailleurs et gardées de même.

Pour le reste de la journée, Mysti s'isola dans des collines proches, à méditer sur la sentence qu'il devrait prononcer.
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MessageSujet: Re: Rencontre martiale.   Mer 26 Avr - 19:21

Implacable... Je pense que ce mot résume bien les propos du général, qui, au fur et à mesure de ses phrases exposent des faits qui, rien qu'à son intonation, ne sauraient souffrir la moindre contestation. Pour autant ce n'était pas la façon de faire de la brute qui s'imposait par sa seule force, et cela il me l'a prouvé une fois de plus par le simple serment qu'il m'avait adressé quand je lui ai tendu mes armes. Non, il s'agit de cette autorité qui émanent des individus dont l'expérience ne sauraient être remise en cause par ceux qui en ont autant qu'eux, des individus aussi dignes... Ça parait être une considération quelque peu romanesque, mais elle m'est familière, après tout Ethan dégageait cette même force, aussi bien lors de ses leçons que quand il imposait sa volonté pour me défendre à l'encontre des habitants de notre village. Il va dès lors de soit que je l'écoute, quand bien même je ne suis pas tout à fait d'accord avec ses propos. Je m'y connais trop peu en politique pour savoir ce que faisait exactement l'impératrice, mais quelle que soit son autorité, il m’apparaît évident que sa volonté ne porte pas sur la totalité du pouvoir de Begnion, et que, peu importe ses efforts, on est loin d'une évolution aussi conséquente que ce qu'avance Mysti... Peut être pas partout certes, mais cela reste bien trop peu.

Quant à ses propos sur les juges... C'est peut être comme cela que c'est sensé fonctionner, mais j'ai déjà pu constater que cela ne survenait que très rarement ! Non seulement, en l'absence de juge il était fréquent que ce soit les clercs, souvent les individus les plus éduqués, qui rendent la justice au sein des villages, et dans les villages isolés... Qui donc va révoquer le juge ne cause ou pouvoir prévenir les autorités compétentes ? Les villageois ont bien trop à faire généralement pour se soucier de telles choses. Et quand bien même, à titre plus personnel, ceux qui me jugeraient, ne seraient pas des serviteurs de la foi, leur pensée et leurs convictions seront certainement imprégnée de cette religion... On n'atteint pas de telles fonctions au sein de Begnion sans avoir un tant soit peu la foi.

Mais alors que je songe à cela il tient des propos... Douloureux...Réels, mais douloureux, m'arrachant une grimace que je ne parviens pas à dissimuler, me crispant et détournant brièvement le regard à cet instant. Tsss, j'aurai dû m'y attendre d’une certaine façon, mais cela me déplaît quelque peu de constater qu'il paraît si aisé pour les gens de saisir la vérité à mon égard, du moins une partie. Néanmoins je me reprends, et finit par lui adresser un léger sourire alors qu'il mentionne le manque de droit que j'ai à critiquer les crimes des clercs alors que je connais les mêmes. Une réflexion logique, mais qui oublie un élément important, l'intention... Après tout tuer un homme, le tuer pour son or ou en temps de guerre, cela suffit à faire la différence entre un criminel et un héros.

Cela fait bien des choses à dire... Pour autant je n'en fais rien. Non seulement de par l'ordre évident qu'il donne de mettre un terme à la "discussion", mais également car j'ai conscience qu'exprimer ces idées seraient soient vain soit... Malvenu, même selon mes critères devant un public de cet acabit... De fait je garde le silence face à la clôture de notre rencontre et me fait docile, ne me levant que quand on vient me chercher et suivant les gardes alors que ces derniers me mènent à ce qui me servira de demeure pour une soir. Il s'agit d'une maison, probablement une des plus petites du village, mais c'est à vrai dire plus que ce à quoi je m'attendais. Décidément, ce général sait obtenir ce qu'il veut, même pour les larrons comme moi. Certes, selon certains, m’accueillir dans une maison c'est m'offrir une possibilité de fuite, mais... Non, si je ne l'ai pas fait dès le début, ce n'est pas pour le faire maintenant, sans même parler du fait que, s'il m'est déjà arrivé de m'enfuir de la sorte, il y a une différence entre tromper l vigilance des villageois et celles de soldats entraînés, du moins je suppose, et je ne compte pas vérifier la chose à vrai dire.

Cela étant, l'ennui s'installe rapidement, alors qu'installé sur une paillasse contre un mur, sous la surveillance de deux gardes, dont l'un se tient près de la porte, je ne peux rien faire d'autre, même engager la discussion m'apparaît malvenu, même si en vérité ça ne m'a pas empêché d'essayer, en vain... Reste alors la possibilité de dormir, malgré l'heure prématurée, mais je me rend rapidement compte que je n'en ai pas envie, que quelque chose, d'une certaine façon, m'en empêche, sans que j'arrive à clairement mettre le doigt dessus durant de longues minutes... Jusqu'à finalement savoir, il y a eu des non dits, trop, en partie de par la présence de la foule, malgré la désinvolture dont j'ai essayé de faire montre... Des non dits que je serai à vrai dire incapable d'exprimer directement en face du général. C'est sur cette pensée cependant que me vient une idée, mais encore faudra t'il qu'on accède à ma requête... Je demande donc de quoi écrire. Le papier et l'encre ne sont pas chose courante, surtout dans de petit village, mais j'espérais que mes gardes en aient, ne serait ce que pour rédiger un rapport, faire une carte ou que sais je encore... Et si ma requête fait l'objet de méfiance pour commencer, le fait qu'il s'agisse d'une lettre que je souhaite adressé au général Mysti semble les convaincre de m'accorder un parchemin et de quoi écrire dessus, mais pas plus. C'est tout ce dont j'ai besoin de toute façon. JE passe ainsi de longue minute à inscrire mes pensées, et ce n'est qu'une fois cela achevée et la lettre ainsi rédigée donnée à un garde que je parviens à m'assoupir, malgré la question qui se pose inévitablement.

Comment va y réagir le général ?

----------------------------------------------------

Ainsi, dès que Mysti descendit de la colline, un des soldats chargé de veilleur sur l'accusé lors du premier tour de garde, relevé depuis lors, vint lui remettre un parchemin, l'informant qu'il venait du Marqué. Lorsque le général l'ouvrit, il put y voir ce qui semblait être ... Pas tant un aveu qu'une sorte de ...Confession.

"Général.

Il est des choses qui ne pouvaient être dites devant les villageois, des choses que je peux dire à un homme qui mérite mon respect, mais pas aux autres.

Tout d'abord mon père adoptif... Je vous ai déjà dit bien des choses sur lui, mais il en est un que j'ai tu, c'est que c'est de lui que je tiens mon incroyance, car je ne souhaitais pas qu'il soit hué comme moi. Non pas qu'il blasphémait comme moi, mais comme je vous l'ai dit il a participé à bien des conflits, des conflits souvent fait au service de nobles, mais qui ont toujours été accomplis au nom de déesses. Des conflits où ses prières n'ont jamais sauvé quiconque, ni ne lui ont permis de mourir quand ils le souhaitaient, pour finalement être châtié par l'idole qu'il avait vénéré... Même s'il avait déjà perdu ses illusions depuis longtemps, je me pose une question sincère. En tant que général vous avez forcément été confronté à ces situations, alors comment pouvez vous être aussi respectueux envers cela, alors que la simple écoute des récits de mon mentor suffisait déjà pour aviver en moi cette hargne contre la foi ?

Ensuite, concernant les marqués, mes semblables, vous avez parlé d'individus qui se sont épanouis. Pourtant je ne peux m'empêcher de penser que, peut être qu'ils ont trouvés des individus qui le acceptaient pour ce qu'ils étaient, mais pour ces mêmes individus, n'en ont il pas subis des conséquences? Après tout c'est bien pour cela que je suis entre vos mains, parce que je me suis laissé prendre pour éviter à mes compagnons de route d'être pris. Quel dommage alors que je venais d'apprendre comme leçon de ne tourner ma hargne que vers les croyants réellement fautifs, enfin bref...

Ce qui nous amène au mensonge. Vous m'avez posé certaines questions, auxquelles je n'ai pu répondre à cet instant. Oui... OUI je me hais. Je hais ce que je suis, je hais encore davantage cette marque que le fait que je doive la cacher. Pourquoi croyez vous que j'ai gardé mon bandeau alors même que tous savaient que j'étais marqué ? Et je hais également ceux qui ont fait que je suis né ainsi, et qui ont façonné le regard des gens sur cette marque. Mes crimes, en comparaison de celui là, me paraissent bien insignifiant. Je SAIS que je peux changer cela par mes actes, mais pourquoi devrai je fermer les yeux sur les responsables ?!

Voici les propos que je souhaitais vous tenir. Vous les dire en face m'aurait été trop difficile et aurait été par trop prendre de votre temps. J'ai bien conscience que ces mots ne serviront à rien pour me légitimer ou m'innocenter, alors pourquoi je vous les dis ?

C'est simple, après tout je l'ai dit, je hais le mensonge, et je respecte par trop l'homme dont les récits me sont parvenus et que j'ai pu rencontre aujourd'hui pour lui taire l'entière vérité.

Engar."


Dernière édition par Engar le Lun 1 Mai - 18:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rencontre martiale.   Dim 30 Avr - 18:24

Toute la difficulté de juger autrui impartialement, réside dans le fait de ne pas prendre parti, ne pas s'impliquer personnellement, émotionnellement et idéologiquement. Le général se croyait peu apte à jouer les arbitres après cette guerre qui l'avait mené au pied des déesses, à les affronter ou à les défendre. Pourtant, on l'avait choisi comme juge. Son grade, son rang, ses titres. D'aucuns auraient pu se sentir honorés, flattés, admirés de remplir une telle fonction, balaieraient l'affaire d'un revers de main et passeraient à autre chose. Mysti voulait agir de façon équitable, droite. A la fois pour cet homme accusé sur de mauvais motifs, et aussi un peu égoïstement pour ne pas porter la culpabilité d'une autre vie gâchée sur la conscience.

Sa longue solitude le convainquit d'agir non pour les Criméans, mais dans le sens qui rachèterait les crimes du Marqué, peu importât que cela plut ou pas aux villageois. Après tout, eux ne déploraient aucune blessure, aucune dégradation matérielle, aucun dégât collatéral quelle que fût sa nature.
Mysti repassa en sa mémoire les accusations objectives et valables : coups et blessures, blasphèmes, fuite... Un échange de bons procédés avec Begnion voulait qu'on lui remît le "prisonnier" pour y être jugé sur place, mais d'une certaine façon Engar avait demandé l'asile en se livrant sans résistance aux Criméans. Ses "partenaires" dans l'histoire semblaient, à le croire, innocents et même ignorants de son passé. Le prétexte paraissait quelque peu vague, et sans ce félin là par hasard, le jeune homme aurait simplement continué de voyager. Les saltimbanques ne faisaient mesure que d'anecdote en fin de compte.

De retour au village, pas encore tout à fait décidé sur la sentence à appliquer, Mysti se vit remettre une lettre de la part d'Engar, une longue liste de points sur lesquels il voulait revenir. A la lire, le chevalier se félicita d'avoir écourté le débat sous le kiosque. Discuter plus avant avec le Marqué n'aurait mené qu'à faire gronder l'impatience des villageois, sans réellement apporter plus de poids pour ou contre son histoire. En tant qu'homme, le mage l'aurait volontiers écouté, détrompé ou approuvé, mais en tant que juge, tout cela allait à l'encontre de cette neutralité qu'il lui fallait à tout prix préservé.
Un mince sourire étira ses lèvres, puis il alla dîner, pour enfin se reposer dans une modeste bicoque chargée de faire office d'auberge ou de maison d'hôtes jusqu'au lendemain.

Sitôt levé, il donna les instructions nécessaires pour que son verdict ne passât pas pour un jugement de foire. Le public serait fort déçu mais il avait bien mieux à faire qu'orchestrer la justice en mascarade de foire dans de petits villages reculés. Famine courait toujours, de même que War et Peste. Un roi était tombé sous leurs coups, un village entier, des loups d'Hatary, un sénateur de Begnion... La logique voulait que le prochain acte de malveillance de la sorte survînt à Begnon ou dans une des terres laguz afin de semer le trouble. Mysti voulait être prêt à arrêter le responsable à toute heure.

Ainsi, les gardes amenèrent Engar dans ce qui tenait lieu de mairie, avec pour témoins du "procès" les militaires, le fonctionnaire en question, une greffier de circonstances et quelques gardiens de conscience ayant prêté serment de discrétion.

"Bien, allons droit au but. Les retenues vont toute à l'encontre de citoyens de l'empire de Begnion, de ses églises et de ses croyances. Greffier, veuillez noter : Criméa ne tenant aucune place dans l'accusation autre que celle d'avoir intercepté un fugitif, au nom des pouvoirs exceptionnels dont il dispose, le général Mysti de Méline déclare que l'homme répondant au nom d'Engar sera remis aux autorités de Begnion. Si accord avec les autorités locales il y a, il aura pour châtiment de présenter des excuses publiques à chacune de ses victimes pour les offenses et les blessures infligés, il devra répondre devant la déesse de son repentir, et enfin participer à la réconciliation d'usage entre les laguz et les beorcs par les actes symboliques de son choix reconnus par l’Église et les laguz pris à témoins. Son statut de Marqué ne devra en aucun cas être appuyé comme charge à retenir contre lui, le sang n'ayant aucune pertinence dans cette affaire, mais plutôt l'inciter à rétablir les relations de paix et d'amitié entre ses deux peuples parents. "

Un silence passa, troublé par le grattement de la plume sur le papier. Appliqué à sa tâche avec le plus grand sérieux, le greffier se fit répéter plusieurs fois la teneur du discours, sous le regard compatissant des militaires et du maire. Tandis qu'il produisait deux autres copies -une pour les archives du maire, l'autre afin de permettre à Engar de justifier sa purge une fois celle-ci accomplie et authentifiée-, Mysti vint se tenir près du Marqué à titre un peu plus officieux.

"Si vous avez quelques bagages à réunir, faites-le vite. Nous partons pour Begnion dans une heure. Bien entendu votre arc et vos flèches sont confisqués, votre cheval sera tenu en bride lorsque nous cheminerons, et je suis tenu de vous attacher ne serait-ce que les mains. Ils vous seront rendus dès lors que Begnion vous aura déclaré lavé de toute affliction judiciaire. Il ne tient donc qu'à vous de hâter votre délivrance si vous ne souhaitez pas séjourner trop longtemps là-bas..."

Le jeune homme glissa la main dans sa sacoche pour en tirer à demi la lettre remise la veille à son attention. S'assurant que le Marqué comprenait son geste, il la rangea alors et continua :

"Vous avez blessé Begnion, aussi il me paraissait équitable de vous rendre à Begnion. Cela ne signifie pas toutefois que vos paroles se sont perdues. Il vous appartient de restaurer les Marqués et de trouver une voie dans laquelle on ne regardera pas votre sang, mais bel et bien vos qualités. Cela pourra prendre du temps, de même que l'ouvrage de nos souverains de pacifier le continent. L'essentiel est d'y croire, en premier lieu."

Une fois assuré que tout était en ordre, le général laissa le soin au maire de faire connaître la nouvelle, aux soldats d'aider le prisonnier à se préparer à partir. Lui-même fit le tour de ses hommes dans le village afin de s'assurer qu'aucune plainte n'avait été déposée entre-temps, que les chevaux seraient harnachés, nourris, abreuvés et prêts à la fin de l'heure suivante, et qu'aucun rapport ne le mandait à Mélior.

Ils pourraient alors se rendre à Begnion.
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Engar
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MessageSujet: Re: Rencontre martiale.   Lun 1 Mai - 18:34

Je suis déjà réveillé lorsque les gardes viennent me chercher, et ainsi je me relève dès que la porte s'ouvre, croisant les bras dans mon dos en anticipation des liens qui lieraient mes poignets alors qu'on me mènerait une fois de plus au devant de mon juge. Se faisant pas un mot est échangé, pas plus que je ne manifeste la moindre réticence, on pourrait presque croire que je viens de me réveiller et suis encore un peu étourdi, mais il n'en est rien. Au contraire même, cela fait un certain temps que je ne dors plus et mon esprit est on ne peut plus clair. Seulement, il n'y a juste rien à faire, ni à dire. Oh, bien sûr, je suis le genre d'individu qui préfère lutter autant que possible et faire tout ce qu'il peut plutôt que de se laisser faire, mais cette fois c'est un peu différent. Ce n'est pas que je me considère comme impuissant, à vrai dire il y a probablement bien des choses que je pourrai faire ou tout du moins essayer, mais je n'en vois aucune qui serait préférable à ce qui se passe en cet instant... Peut être que je me trompe c'est vrai, peut être que je ne devrai pas tant faire confiance à Mysti, mais c'est un pari que je suis prêt à prendre...

Et c'est à vrai dire déjà un plaisir de ne pas être confronté à la foule haineuse des villageois. En effet, il est encore tôt et les gens se préparent davantage à partir au champs qu'à assister à mon procès, d'autant plus que je comprends rapidement que ce dernier ne se poursuivra pas sur la place du village, mais dans la demeure du maire du village, en un lieu donc un peu moins public... Et je constate rapidement que le comité est des plus réduits. Me tenant alors débout face à tout ce petit monde, me sentant bien moins observé que la veille, mon regard se tourne sur le champs vers le général lorsqu'il prend la parole, semblant dans le fond être le seul à avoir une réelle utilité ici dans l'immédiat... Et j'avoue ne pas pouvoir retenir une grimace, lorsqu'il mentionne le fait que je serai ramené à Begnion. Oh je comprends bien sûr son raisonnement, après tout je n'ai rien fait à Crimea même, et il apparaît normal donc que celui qui me sanctionne soit Begnion, cela a déjà été évoqué hier, mais l'idée d'être ramené en coupable dans ma terre natale n'a rien de plaisant. Pour autant je ne proteste guère, ni ne m'emporte, tout au plus baissais je le regard au prononcé de la sentence. Pourquoi ce calme ? Tout simplement car je comprends qu'il ne s'agit que d'un aspect de la sentence, et que le général a au moins l'égard de ne pas simplement me jeter en pâture aux autorités de l'empire, mais demeurera jusqu'au prononcé de la peine, une peine dont il a sa propre conception, et qui a des aspect positif, comme négatifs, à savoir que s'il réussit à obtenir cela, je repartirai en vie et sans demeurer en captivité. L'aspect déplaisant par contre c'est que j'allais devoir beaucoup mentir... Car s'il est vrai qu'il en est pour lesquels je m'excuserai sincèrement, il en est d'autres où je me considère dans mon bon droit, et plus particulièrement à l'égard des déesses même...

Enfin, c'est probablement la meilleure issue que je peux espérer quant à mon sacrifice, même si j'ignore si Mysti saura imposer sa volonté face aux juges de Begnion... Mais là encore je lui fais confiance, après tout il n'est pas général pour rien. Une confiance qu'il persiste à entretenir d'ailleurs en s'avançant vers moi pour évoquer mes conditions de détentions. Même si j'allais être privé de mes biens et quelque peu entravé, c'était là le minimum de ce à quoi pouvait s'attendre un criminel, et j'ai bien conscience d'avoir une certaine chance qu'on me laisse ma monture, plutôt que de me faire marcher. Je me souviens en effet très bien de ces longs cordons de prisonniers faits parmi les brigands, souvent dépouillé de tout, si ce n'est un pantalon, et attaché les uns aux autres... Certes, il n'y a pas d'autres coupables, mais ça ne m'empêche pas de savoir que j'aurai pu subir bien pire sur ce point là. Cependant, alors que je pense à cela, mon regard est attiré par un geste du général, me permettant d'entrapercevoir ma missive... Il ne m'en faut pas plus pour comprendre ce qu'i me signifie, ce à quoi je réponds par un hochement de tête... Et en conséquence, une fois que Mysti en eut fini quant à sa leçon de morale, aussi juste soit elle, je prends la parole, m'adressant à chacun présent, d'une voix claire et audible.

"Je prêtre serment sur mon sang que je respecterai la sentence et ne tenterai pas de m'échapper, tout comme je m'engage à œuvrer dans la voie que le général Mysti me désigne..."

Inclinant une nouvelle fois la tête, je suis emmené par les gardes en vue de me préparer a u départ, mais à part harnacher ma monture, Galopin, il n'y a pas grand chose que j'ai à faire. Après tout, la plupart de mes biens sont soit sur moi, soit confisqué par les gardes, soit dans les fondes de ma selle, voyager léger m'étant une nécessité.

Ainsi il s'agit surtout d'attendre que le général et ses hommes soient prêt à partir, ce qui advint après environ une heure. C'est ainsi une petite troupe armée accompagnée d'un prisonnier, en ma personne, qui quitte le village, sous les regards encourageant ou quelque peu méfiants de certains villageois... Il ne faut pas longtemps cependant pour que le village s'avère hors de vue.

Quant au voyage lui même... Il est dans le fond assez peu notable. nous avançons à un rythme soutenu et si les gardes discutent entre eux, aucune conversation ne m'attire particulièrement l'oreille, et je dois avouer que la journée même est plutôt morose. Cela étant nous ne sommes pas non plus excessivement loin de Begnion et il est probable que nous franchissions la frontière dans la soirée, de fait le trajet ne serait pas trop long, et donc supportable.

D'autant plus qu'est finalement décrété une pause, afin de manger et abreuver les montures, dont la mienne. Se faisant, on me demande de descendre de mon cheval, et je m'exécute, ce qui m'amène à être installé, près d'un arbre à la vue de tous... Se faisant, on me délie les mains, pour que je puisse manger par moi même, mais on m’entrave les jambes dans la foulée. Je commence ainsi à me sustenter sans le moindre mot, mais un instant je surprends le général passer près de moi, et je ne peux retenir une question qui me trottait en tête depuis un certain temps, en dehors bien sûr de celles que je lui ai déjà adressée au travers de ma missive.

“Général… Puis je vous poser une question ? Mon mentor s’est toujours battu, mais à chaque fois que je revenais il semblait las, tant et tant que je me demandais pourquoi il continuait… Et cela me surprendrait que ça ne soit pas aussi votre cas. Est ce par devoir que vous continuez ? Ou est ce que c’était la seul voie que vous pouviez emprunter la tête haute ?”

La question peut paraître insolente, j’en ai conscience, mais dans le fond elle me préoccupe quelque peu, de par une question que je me pose de plus en plus, sur le chemin qu’il me faudra choisir une fois ce jugement conclu...
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MessageSujet: Re: Rencontre martiale.   Mar 2 Mai - 1:09

Les vérifications d'usage terminées, la troupe put enfin partir, et on sentit dans l'air la légèreté d'une menace écartée. Le laguz félin n'avait pas fait le fier, mais Mysti l'avait quitté en toute cordialité après quelques petites ultimes explications. On entendit, une fois hors de vue, quelques hourras pour ce général qui prenait le temps d'offrir de l'attention à un village isolé, puis le silence. On adopta une marche rapide au pas tout d'abord, puis un trot soutenu. Pas plus ou bien Engar risquait de désarçonner, mais les chevaux tinrent la cadence, même Galopin entraîné par les autres autour de lui. En tête de file, le chevalier montait Astero, son superbe étalon noir, dont l'impatience le poussait parfois à vouloir accélérer.

La conduite stricte et rigoureuse des militaires se relâcha quelque peu, et même s'ils regardaient attentivement autour d'eux, dans la forêt comme dans les ornières, certains se mirent à bavarder tranquillement avec un voisin. Environ 3 jours de ce régime serait nécessaire pour atteindre le pied des montagnes qui les séparait de Begnion, pour ensuite atteindre un passage aménagé qui réduisait la distance de traversée à 2 jours supplémentaires.

A la halte du midi, les soldats reprirent leur sérieux et sécurisèrent les environs avant de s'occuper des bêtes, puis des Hommes. Un feu rapide, des portions prédéfinies de viande séchée, de pain et de quelques légumes préparés le matin-même. Ceux qui ne montaient pas la garde eurent tôt fait de commenter le trajet et d'apprécier la belle journée, calme, que le ciel leur offrait. Mysti participa à la conversation tout en servant les bols tendus par un camarade. N'ayant plus que le sien en main, il se dirigea vers un tronc d'arbre pour s'asseoir, lorsque le Marqué dénoua enfin les lèvres pour la première fois du trajet. Sa question, peu surprenante, fit s'arrêter le mage dans sa marche, et il révisa sa trajectoire pour venir prendre place aux côtés d'Engar, à même le sol.

Le jeune homme inspira pour répondre, sembla réfléchir, puis il regarda ses subordonnés proches qui souriaient déjà.

"Hum... L'un de vous veut-il lui répondre ?
-Par devoir !
-Non, par amour.
-Par Foi ?
-Parce que vous nous aimez trop pour vous passer de nous !"

Ce fut au tour du général de sourire, sachant qu'ils connaissaient à peu près tous la réponse complète à la question. De sa cuillère il les désigna tous d'un mouvement circulaire puis son regard revint à Engar.

"Il y a de tout cela. Mais pas de honte ni de rédemption si c'est ce que vous sous-entendez. Et je m'excuse déjà auprès de ces messieurs pour avoir à répéter une histoire mille fois déjà contée...
-On préfère largement cette histoire-là que les chansons de geste à l'eau de rose ! Au moins, nous sommes sûrs qu'elle est vraie.
-Bien. Je vais donc essayer de faire la lumière sur les éléments qui vous manquent Engar. Comme vous le supposez, je suis effectivement militaire depuis un certain temps -trop court diraient certains-, et j'ai donc beaucoup de batailles à mon actif. Qu'elles soient d'ordre personnel, judiciaire comme présentement, ou véritablement tactique et militaire... Parmi ces batailles, on compte évidemment les deux Grandes Guerres...
Au départ, j'étais un enfant de haute noblesse comme d'autres. Ma famille est très liée à la royauté Criméane, depuis des générations. Pour cette raison, on m'a placé auprès d'Elincia dès mon enfance. Même cachée aux yeux du monde, elle avait besoin de connaître d'autres enfants, d'avoir un ami, de jouer. Nous nous sommes facilement adoptés l'un et l'autre. Nous avons grandi, et mon père a commencé à m'initier au maniement des armes, à la magie. La première guerre m'a coupé dans mon apprentissage et Daein a envahi Criméa, pour l'occuper. A ce moment-là je n'avais que deux choses en tête : prier pour que mon amie s'en fut sortie vivante aux côtés des mercenaires de Greil, et défendre mon pays, afin qu'un jour la Princesse cachée pût monter sur le trône et que la paix nous réunît, elle, moi, mais aussi nos camarades et nos confrères Criméans. Je me suis engagé dans la Résistance et j'ai appris sur le tard. La magie, mon domaine de prédilection, m'a servi d'une manière que je n'aurais jamais envisagée alors... Embuscades, démolitions, leurres... On m'a proposé un poste d'officier dans l'armée après cela, et n'ayant pas la fibre financière comme mon père ou sociale comme ma mère, j'ai accepté.
L'atmosphère au sein de l'armée est un peu différente de ce qu'on imagine. A force de côtoyer la mort ensemble, d'apprendre les faiblesses des uns et des autres, on devient un peu comme une grande famille. Et puis au moins la magie me servait à quelque chose d'utile. Protéger. Servir. Malheureusement j'ai aussi beaucoup tué, à mon grand regret... Je crois que c'est le plus étrange dans ma vie. Je ne cautionne pas toute cette violence, mais elle est nécessaire ne serait-ce que pour se défendre... J'ai alors prêté serment de Chevalerie.
"

Mysti poussa un soupir, encouragé du regard par les autres, devenus graves lorsqu'il avait abordé le sujet de la mort. Loin de se laisser décontenancer, le chevalier poursuivit :

"La Seconde guerre a été plus terrible encore. Daein qui se rebelle contre Begnion, Begnion qui opprime Daein, l'armée de la Chevelure de l'Aube parvenue à la frontière avec Criméa, puis l'Alliance laguz... Elincia, malgré sa bonté, ou plutôt à cause d'elle, a été vivement critiquée et diffamée... Il a fallu se battre encore pour préserver cette paix si fragile qu'elle avait instaurée, et surtout les relations naissantes avec les laguz, nulle part ailleurs aussi développées qu'à Criméa. Quand soudain, les déesses sont entrées dans l'histoire. Yune d'abord, puis Ashera. Un conflit que je n'aurais jamais cru possible, pas plus que la quasi-totalité de Tellius. Et pourtant, un jour, nous nous sommes retrouvés face à notre passé, à nos vices.
Il n'y avait plus qu'une poignée de beorcs, une poignée de laguz, plus de Daein, plus de Criméa, plus d'Alliance laguz. Et Yune. Tous les autres, changés en pierre. Vous aussi probablement, Engar, si vous n'en avez aucun souvenir. Il est bien difficile de faire admettre au plus grand nombre que vous faites partie des "élus", que tout cela est arrivé pendant qu'ils étaient pétrifiés, mais je l'ai vu. Alors, tous ceux qui restaient se sont unis sous la bannière de Yune. Ashera avait pour projet de "nettoyer" Tellius de ses habitants, afin qu'un nouvel ordre commence, purgé de la violence, de la haine, de la guerre. Nous avons avancés, tous ensemble, une cinquantaine, peut-être cents...
Nous nous sommes rendus jusqu'à Ashera, et là Yune nous a bénis, afin que nous ayons la force de l'affronter, et de la renvoyer dans le sommeil qu'elle n'aurait pas dû quitter, pas si tôt. Je n'ai personnellement fait que garder le pied de la Tour, empêcher les fidèles d'Ashera "élus" d'entrer pendant que nos actuels souverains ont mené le combat final. Mais rien qu'à entendre et sentir les vagues d'énergies se succéder, je sais que ce fut une épreuve redoutable à surmonter. Même les dragons, pourtant isolés du monde, y ont pris part.
Quand le calme est revenu, l'évidence se lisait dans tous nos regards : la paix passait avant la convoitise. Tellius, notre terre, notre mère, ne doit plus souffrir des discriminations ou de la guerre. Malgré toutes nos origines, nos rangs, notre sang, notre carrière, Tellius est la priorité. Le reste paraît tellement superficiel après tout cela... La richesse, les titres, les terres...
Tous ceux d'entre nous qui ont été bénis par Yune, qui se trouvaient là-bas ce jour-là, se sont trouvés changés à jamais, et on les a appelés héros... Héros de guerre. Héros du continent. Héros des laguz et des beorcs. Il y avait aussi parmi nous des Marqués, qui n'ont pas souhaité se dévoiler à cause de ce racisme difficilement extinguible que vous craignez vous-même, mais ils étaient là, avec nous.
Je suis devenu général consécutivement à cette bataille, et je m'emploie depuis à considérer le faible comme le fort, le riche comme le pauvre, les laguz, les Marqués et les beorcs avec le même regard. Considérer quelqu'un selon sa naissance est une foutaise. Et si cela peut vous faire sourire, j'en suis aussi victime. Les nobles de mon rang sont souvent considérés comme des êtres méprisants et pédants. On ne les connaît pas, on ne les a jamais vus, mais parce qu'ils possèdent tout et les autres rien, ils écrasent plus petit qu'eux sous leur botte. Cela est vrai pour une partie. Je m'emploie à prouver que ce n'est pas le cas de tous.
De même, Ashera n'a pas forcément tort et Yune raison. Le Chaos et l'Ordre sont tout aussi vitaux l'un que l'autre. Le Chaos est une puissance d'action extraordinaire, qui permet d'apporter du changement, des évolutions, du renouveau. L'Ordre constitue les bases sans lesquels nous ne sommes que des animaux incapables de se comprendre et de vivre ensemble. Ils sont un tout que l'on ne peut dissocier si facilement. Tout comme l'ombre et la lumière s'opposent et s'attirent en même temps, se complètent sans s'annuler. Et aussi vrai que la magie anima est la voix de la Nature, qu'elle constitue un entre-deux qui équilibre tout cela, je souhaite me faire gardien des deux cultes. Yune et Ashera. Ashunera. Pas l'un ou l'autre. L'un et l'autre.
Alors, pour reprendre votre question, je continue pour mon idéal, mais aussi par Foi, par amour pour mon pays, pour mes pairs, pour ma reine, par devoir, par serment de chevalier. Pour tout un ensemble de choses qui font que je suis qui je suis. C'est aussi simple que cela. Simple et compliqué.
"

Les soldats levèrent leur bol comme s'ils portaient un toast et scandèrent le nom de Mysti plusieurs fois, dévoués qu'ils étaient. Le général se permit un rire de connivence puis engagea chacun à manger pendant que le repas se trouvait toujours chaud. La route serait encore longue et ils ne pouvaient se permettre de tarder trop longtemps.
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MessageSujet: Re: Rencontre martiale.   Mar 30 Mai - 21:45

A ma question, Mysti s'adresse d'abord à ses hommes, qui apportent des réponses diverses, bien que parfois surprenante. Cela dit, je m'en moque dans le fond, pour de simples soldats j'ai conscience qu'il peut exister bien des raisons, des plus nobles au plus vénales, surtout pour les plus jeunes d'entre eux, mais pour un général, c'est autre chose. Heureusement vient finalement son tour d'expliquer ses raisons, et au vu de l'amorce de la chose, le récit sera bien plus complet que l'énoncé d'une simple raison comme ce fut le cas pour les soldats. Aurais je ce que j'attends ? Je l'espère et je suis en conséquent toute ouïe. Ainsi c'est une véritable biographie qu'il me fait, ce qui serait sans doute superflu pour certain, mais ma rencontre avec le vieil homme m'a bien montré que cela peut éclairer sur les motivations d'un individus et les raisons de ses actions. Or la chose est assez intéressante. Bien que je ne sois pas vraiment surpris par ses origines nobles, ces dernières amènent à une situation intéressante, probablement unique même, à savoir sa proximité avec la reine actuelle de Crimea... Je ne suis peut être pas originaire de ce pays, mais qui, sur tout le continent, n'a pas entendu parler d'Elincia, ne serait ce qu'au détour d'un récit sur les grandes guerres ? Et justement, sa propre histoire était liée à ces conflits, et il m'apprit alors sa séparation avec son amie et ses efforts pour résister à l'envahisseur. Dans le fond, rien de très original ici a priori, cela explique sa prédilection pour la magie, ainsi que ses motivations qui, je pense, ne sont pas si loin de celles qu'avaient Ethan, tuer n'était pas un plaisir, mais un devoir nécessaire... Je peux aisément comprendre cela, je crois.

Et à cela suit le récit de la seconde guerre, dont la mention m'arrache un sourire. C'est là une période sombre, peut être encore plus que le précédent conflit, mais je l'apprécie, pour la simple raison que les adorateurs des déesses sont généralement soit hypocrites soit des plus embarrassés à la mention des événements qui se sont produit dans cette guerre, en particulier en ce qui concerne les actes de la bigote de l'ordre, la destruction qu'elle avait apporté sur le monde pour quoi ? Rien de plus qu'un caprice dans le fond, une prétention de se comporter comme despote de l'humanité qui peut la juger dans son ensemble selon son bon vouloir ! Je n'ai en effet aucun mal à le croire, après tout, même si j'ai sans doute fait partie des pétrifiés et que j'étais encore trop jeune pour comprendre, Ethan avait compris lui, vaguement, ce qui s'était passé, et me l'avait expliqué, m'apportant une raison de plus de mépriser ces divinités. Certaines diraient bien sûr que je devrai au contraire vénérer Yune pour s'être opposer à sa sœur et avoir permis à une poignée de mortels de rompre le sortilège... Mais à mes yeux il s'agit juste là de quelque chose de très vague, ce sont
avant tout ces mortels qui ont empêché la déesse folle de ravager tout ce qui a été ! Je n'ai par contre aucune peine à croire que Mysti en ait fait partie, tout jusque là m'amène à croire qu'il en a la valeur, et les détails qu'il donne à son récit me laissent à penser qu'il ne s'est pas contenté de l'inventer, même si, pour être honnête je ne comprends tout simplement pas COMMENT, alors qu'il a été un des témoins les plus directs des événements il peut encore éprouver le moindre respect pour ces entités...

Or justement, après s'être attardé sur ses efforts personnels pour ne plus avoir à ce qui que ce soit ait à vivre ce à quoi il a été confronté, c'est bien de ces entités dont il me parle, de son opinion sur ces dernières, une opinion des plus favorables qui m'arrache une grimace, même si je ne l'interromps pas. Non seulement, vu ma position, je ne peux pas me permettre de faire la grande gueule, mais surtout je le laisse conclure, apporter sa réponse claire à ma question, une réponse dans le fond satisfaisante, même si les explications qui y ont mené résonnent longuement dans mon esprit, m'amenant à soupirer, d'une voix à peine audible.

"Malgré tout ce qu'elles ont fait, vous les vénérez encore ? J'avoue que c'est bien la seule chose qui m'échappe..."


Dans le fond je ne comprends pas son point de vue. Ces entités, l'une comme l'autre, ce sont deux extrêmes aussi odieux l'un que l'autre qui n'amèneront qu'à la destruction, sans même impliquer la magie dans cela, ceux qui ont à en garder l'équilibre ce sont nous, les mortels, et en aucun cas ces divinités, qui ne sont mues que par une seule et unique pensée, la leur ! Mais pour le reste je comprends, même si je trouve un aspect peut être un peu trop romanesque à ses propos, ou plutôt j'en viens à me demander, cet homme a t-il un seul défaut ? Il doit bien en avoir un, mais de ce que je vois, il est jeune, mais déjà plus sage que de nombreux vieillard, et ce qui pourraient aisément passer pour de la pédanterie ou un faux honneur est fait avec une telle sincérité qu'elles ne constituent que des qualités d'autant plus frappantes... J'aimerai pouvoir quelque part le targuer de naïveté, mais ce serait me mentir après tout ce qu'il a vu. Après tout ce n'est pas pour rien que ses propres hommes semblent ainsi l'acclamer. Jamais Ethan ne m'avait parlé d'un général aussi aimé... Cela étant, je ne sais pas quoi répondre dans le fond, alors je finis par me murer dans un profond silence, qui dure jusqu'à la fin de la pause, la marche reprenant peu après.

Les jours s'écoulent dès lors sans aucun événement notable, étant bien traité, je n'ai pas vraiment de quoi me plaindre, et je tends l'oreilles aux discussions des soldats, comme pour essayer d'en savoir plus sur eux, sur leurs vies, tout en essayant de m'imaginer quel serait exactement mon châtiment une fois arrivé à Begnion... Je l'appréhende, ça ne sert à rien de me mentir, mais il y a une chose qui m'empêche de paniquer, la confiance... Et c'est empli de ce sentiment qu'après une brève hésitation, je franchis la frontière de Begnion, arrivant dès lors à proximité de la ville où m'attendra mon châtiment... Reste à savoir ce que j'en retiendrai.

Sans savoir exactement qui je suis, la population se doute vu mes entraves que je suis un criminel, et elle ne tarde pas à se masser, plus par curiosité cependant qu'autre chose, une curiosité d'autant plus accrue par le fait qu'il s'agissait d'hommes d'armes du pays voisin. Il y eut bien sûr quelques inquiétudes, mais elles furent rapidement dissipés, et il  ne fallut dans le fond pas très longtemps, avant d'être amené devant les marches du bâtiment qui prononceraient ma sentence. A cet instant, je suis aux côtés du général, mais je sais que ça ne va pas durer, et quelque chose me brûle les lèvres, alors, maintenant, au stade où j'en suis, à quoi bon me retenir ? Je me tourne ainsi vers lui, affichant un fin sourire, avant de lui dire.

"Je sais avoir une dette envers vous... J'en ignore la teneur exacte, et seul le futur me le dira, mais si j'ai bien des défauts, je ne laisse jamais une créance impayé. J'espère vous revoir afin de vous rendre votre dû, et quand bien même, sachez que ce fut une honneur de croiser votre route, général, fut ce en de telles circonstances."

A cet instant, je lui accorde ce que je n'ai jamais fait devant la moindre représentation de la déesse, je m'incline devant lui, juste avant qu'une main me saisisse pour m'amener dans la salle où je serai jugé. Ça ne va pas être facile, et j'en ai bien conscience... Mais comme si j'allais laissé une poigne d'homme de loi me faire reculer, ce serait me faire honte après avoir rencontre un homme d'une telle trempe, la moindre des choses que je peux faire pour commencer est de faire honneur à ses efforts.

Ce que je crois parvenir à faire, alors que le procès se déroule promptement. Ma culpabilité ne fait aucun doute, il convient simplement de déterminer quelle sera la sanction, mais celle ci également est rapidement prononcé. Pour moi, il est dès lors évident que quelque chose s'est passé en coulisse, mais je ne vais pas m'en plaindre. Ainsi il est décidé qu'il me faudra rédiger moi même une lettre prononçant des excuses sincères à l'égard de ceux que j'aurai pu offenser, lettre qu'il me faudra lire chaque jour sur la place publique durant deux semaines, cela demandera une bonne dose d’hypocrisie, ce qui m'agace quelque peu... Mais ce n'est pas tout, ainsi je suis également condamné à faire offrande de la totalité de mon argent à l'église de la ville, ainsi qu'offrir gratuitement mon assistance au culte en toute choses qui me sera demandé, durant ces deux semaines, afin de prouver mon repentir, pour enfin, au terme de ces deux semaines, prêter serment devant la communauté de respecter les valeurs de tous, aussi bien des beorcs et des laguz...

Même si l'idée de mentir encore m'agace, je sais m'en tirer à bon compte, mais surtout, je me sens étrange. Durant tout le procès il ne m'a pas été demandé d'ôter mon bandage, ou même n'a été fait notion de ma nature, alors même que je ne doute pas un instant qu'au vu de sa probité, le général en ait parlé aux autorités... Mais je dois avouer, c'est plaisant, et ça motive quelque peu, quand bien même je sais qu'il repartirait et ne me surveillerait guère.

Allez... Deux semaines, c'est vite passé, hein ?
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