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 Leçon de vie (Pv Agnan)

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Engar
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MessageSujet: Leçon de vie (Pv Agnan)   Lun 3 Avr - 19:45

Aujourd'hui est jour de colère… Certes, le ciel était gris, probablement prêt à déverser des trombes d'eaux sur la tête de tout ceux qui auraient le malheur de se trouver dehors, et un vent assez faible, mais glacial, soufflait sur les terres du royaume de Daein. Tout cela contribuait à rendre quelque peu ternes le décor de ce pays, encore souffrant suite aux grands conflits ! Seulement, la météo et les paysages m'importent au final assez peu tant qu'ils ne me gênent nullement. Néanmoins je ne peux m'empêcher que cela présageait les événements de la journée.

Pour faire simple, j'avais été embauché la veille pour une mission de routine, et plus parce que je possédais un cheval que pour mon armement. En effet, lors d'un bref séjour dans un village, certains membre de ce dernier m'ont demandé de me rendre à un lieu, où se trouvait par le passé une autre communauté qui avait été rasé par la guerre. Même après 8 ans, personne n'y était revenu à leur connaissance, mais leur propre village devenait un peu trop petit pour ses habitants. De fait, ma tâche s'est avéré être de simplement me rendre sur les lieux de l'ancien village, pour m'assurer que nul brigands ou individus peu fréquentables avaient profité des ruines et des quelques aménagements faits tels que le ruine et que la terre était toujours cultivable. En somme il me fallait constater sommairement que ce lieu était toujours apte à recevoir une communauté sans faire courir trop de risques à ceux qui s'y tenteraient. On m'a même précisé qu'en cas de danger ce n'était pas la peine de prendre des risques,  que ma constatation soit positive ou non je recevrai quand même mon paiement ! Ca de toute façon ils n'auraient pas eu besoin de me le dire, même si je suis confiant en mes aptitudes, je ne suis pas stupide au point d'éventuellement m'amuser à confronter seul une bande de filou. Après, ça ne m'aurait pas empêchés d'en flécher un ou deux...

Bref dans le fond, rien de notable et il en allait de même pour la paie ! Mais justement, si j'ai accepté cette tâche, c'était tout bonnement car je n'avais rien d'autre à faire et pas grand chose à y perdre... Et puis même ! Sans être un individu particulièrement altruiste, c'est le genre de tâches où aider ne coûte rien et cela aurait été mesquin de ma part de refuser ! Je dois de plus avouer que les récits d'Ethan sur la désolation que peut laisser la guerre m'encourage quelque peu à en atténuer les stigmates, même si dans le fond je n'ai aucun doute que ces mêmes villageois me réserverait un piètre sort s'ils voyaient ce que cache mon bandage. Déjà que mon accent de Begnion semblait avoir éveiller quelques suspicions.

Cependant, quoi qu'il en soit, je m'étais donc rendu à cet ancien village, pour effectivement en constater la ruine et le probable pillage. Pour autant, tout n'avait pas été rasé jusqu'au sol et la nature était loin d'avoir repris ses droits. Quant au puits, il n'était pas tari, et l'eau, ne semblait pas empoisonné, elle était même clair. Même pour moi qui était loin de m'y connaître il me paraissait évident qu'il serait aisé de s'établir ici relativement rapidement... Mais justement, quelques détails m'ont troublés... L'eau du puits qui était si clair déjà, mais également le fait que... J'avais l'impression que tout n'étais pas exactement à l'abandon, pour finalement en être convaincu quand mon regard se tourna vers ce qui semblait être un lieu de culte, intact.

Voilà qui suscita quelques méfiances et agacement Cette église, ce n'était pas comme si on l'avait restauré, mais davantage comme si on y avait à peine touché ! La porte en étant entrouverte, je mis pieds à terre, mon arc en bandoulière et mes flèches à la taille, laissant Galopin brouter librement, sachant pertinemment qu'il ne partirait pas et qu'un voleur aurait bien du mal à rester en selle, et m'en approchait, pour y jeter un coups d’œil.

Et qu'est ce que j'y ai vu ? Un homme, à genoux en train de prier., dans une tenue similaire à celle dont j'ai pris mon bandage, bien que plus terne..Et il n'en faut pas plus pour aviver ma hargne alors que j'imagine aisément ce qui s'est passé ! L'impunité de ce temple et de ce prêtre lors de la destruction de son village, probablement de par une certaine ferveur de la part du meneur responsable de l'assaut ou quelque sottise de ce genre... Une injustice où les idées seules d'un homme inutiles lui avait épargné de subir le tourment de ces pairs. Sa présence, et cette église intacte, sont au fond une injure à l'encontre de tout ceux qui ont pu souffrir ici.

Il est grand temps de rééquilibrer la donne... Tout à sa prière, le religieux ne m'entends pas entrer, malgré le léger grincement de la porte, et je commence à m'avancer vers lui. Mon regard s'attarde sur l'intérieur de l'église avivant ma hargne, comme à chaque fois que je pénètre, rarement, dans ce genre de lieu. Certes elle n'a rien de spectaculaire par rapport à d'autres, mais au regard de ce petit village il s'agit de l'édifice le plus élaboré qu'il ait probablement jamais compté, comme dans la plupart des communautés et pour quoi ? Pour des entités dont l'existence est peut être certaine, mais dont la divinité et le mérite me paraissent bien peu crédibles, tant d'effort et de ressources pour un si piètre but... Et encore c'est bien là le moindre des gâchis fait en leur nom !

Cependant, si détruire l'église est bien en dehors de mes moyens, la profaner, et enseigner une véritable leçon à ce croyant me semblent être largement faisables. Possible que cela déplaise à mes commanditaires, mais il n'y a aucune raison qu'ils en sache quoi que ce soit avant qu'ils ne me payent, hm ? Et puis même après, qu'est ce que cela pourra bien leur faire ? Leur attirer le courroux des déesses... Tss la bonne blague, s'il y a un courroux ce sera à moi de le subir, et si ce n'est pas le cas, ce serait bien une preuve de plus de l'hypocrisie de ces soi disant déesses !

Quoi qu'il en soit, je verrai bien, pour le moment, je m'approche de lui à pas rapides et souples, ce n'est que lorsque je ne suis plus qu'à quelques mètres de lui qu'il semble réagir, et se retourne. A cet instant je peux voir son visage,  un beorc, bien sûr, qui doit avoir la cinquantaine, à peu près comme Ethan...Et cette pensée ne fait que m'irriter davantage.

"Que faites vous i..."

Mais il n'a pas le temps de finir sa phrase ou de faire quoi que ce soit, que je saisis sa tunique au niveau de l'épaule et lui assène un véritable coups de poing, de quoi suffisamment l'étourdir pour le projeter d'une poussée au sol, en direction de la sortie. Un coups d’œil me suffit pour constater les quelques gouttes de sang versé sur ce sol consacré, j'ai dû frapper assez fort pour lui ouvrir la lèvre, ou peut être même lui casser le nez. Au vu de la main portée à son menton je pense qu'il s'agit plutôt de la première possibilités, mais ce n'est là que le début…

"Alors ? Qu'est ce que ça fait la douleur ? Celle dont tu sembles avoir été préservé alors que tes semblables ont soufferts ? Tout cela parce que tu vénérais ces… Idoles."

Sa seule réaction à mes mots dans un premier temps est de reculer, maladroitement, sans tout à fait se relever, la peur se lit aisément dans son regard. Pour ma part, toujours prêt de l'autel, mon regard s'y attarde brièvement, et je balaye d'un revers de main les symboles religieux que j'y trouve, avant de revenir vers lui en une poignée de pas. Lorsque je l’atteins il commence toujours à se relever. Je l'y aide, en saisissant son col et en le tirant vers le haut. Je sais que c'est « risqué » rien ne l'empêche  d'user de ses poings, mais ce genre de larve n'en fera rien…

"Réponds moi..."


"Je… Je ne comprends pas ce que vous..."

"MENTEUR !"

Après ce cri empli de rage face à cette hypocrisie, résonnant à travers la boute de l'église mon poing frappe de nouveau, mais cette fois ci au niveau du ventre, de quoi le plier en deux, mais mon autre main le maintient toujours debout, alors que ma colère commence à laisser place à un certain enthousiasme, alors que je lui demande.

"Dis moi… Comment les déesses vont t-elles te sauver de moi qui les méprise ? De l'hérétique que je suis ?"


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MessageSujet: Re: Leçon de vie (Pv Agnan)   Mar 4 Avr - 12:02

Ah Daein ! Ces contrées riches de reliefs et de fraîcheur, son vent glacial qui giflait les voyageurs quand arrivait l'hiver, ses forêts robustes résistant au passage du temps et des saisons. Le vieillard s'autorisa un sourire nostalgique en sentant une étrange ressemblance entre lui et les vieux bois qui peuplaient sa patrie.
Comme toujours, l'ancêtre avait simplement suivi ses pieds qui pour une fois l'avaient entraîné loin des routes communes. Agnan savait apprécier son quotidien, en compagnie des nouvelles générations ou seulement du faux-silence de la nature sauvage. Il se sentait à son aise, en toute circonstance, savourant les étoiles dans les yeux des jeunes qu'il faisait rêver par ses récits fantasques comme la douce nostalgie de ses jours passés.

Oh, se disait-il, ce n'est pas comme si la vie était meilleure autrefois. Beaucoup plus de haine, de méfiance, d'ignorance...les jeunes d'aujourd'hui n'avaient pas grand chose à envier à leurs ancêtres. Mais qu'il soit bon ou mauvais, son passé était son histoire, sa vie. Tout ce qu'il pouvait faire désormais, c'était se perdre sur les routes et dans ses pensées et se souvenir. Il ne regrettait pas ses choix.

Ah ben tiens, un village ! Le vénérable ancien s'extirpa de ses pensées solitaires en affichant un grand sourire. Quoiqu'il ait pu en dire autrefois, aujourd'hui Agnan savait apprécier un peu de compagnie ! C'était toujours agréable de raconter quelques histoires autour d'un repas chaud, de voir les sourires et d'entendre les rires d'une population qui ne vit pas dans la peur ou la haine aveugle.
Il fit quelques pas entre les maisons quand son sourire commença à s'effacer. Visiblement, ce n'était pas ici qu'il aurait l'occasion de faire rêver quelques gamins par une épopée chevaleresque. L'endroit paraissait désert. C'était une réalité, ça aussi. Il y aura toujours des crimes qui se perdront dans le silence de l'isolement. Une petite bourgade comme celle-ci à l'abri des regards était à la fois très bien protégée par son anonymat...et exceptionnellement livrée à elle-même.
Le vieil homme explora un peu le village, sinistrement vide. Il eut une pensée pour les malheureux qui y avaient probablement connu leurs heures les plus sombres alors que son regard accrochait l'allure familière d'une église, étonnamment en bon état. Dans son infinie bonté, la Déesse saura accorder le repos aux âmes de ces pauvres gens, se dit l'ancêtre qui estima bon l'idée de se recueillir dans une terre consacrée pour prier.

Mais en s'approchant il entendit des bruits, provenant de l'intérieur du temple. Initialement aussi surpris qu'enjoué à l'idée que des fidèles aient pu rester, motivé par leur dévotion envers la Sainte, ses beaux espoirs s'effondrèrent vite quand il reconnu le son caractéristique de la violence. Il allongea le pas, s'efforçant d'enfouir ses plus anciennes et brutales pulsions en s'indignant qu'on puisse profaner une église.
Le vieux Daeroth arrivait sur le seuil de la porte, découvrant un homme en train de molester ce qui ressemblait à un prêtre alors que des symboles religieux recouvraient le sol. Il paraissait y prendre un certain plaisir.


"Dis moi… Comment les déesses vont t-elles te sauver de moi qui les méprise ? De l'hérétique que je suis ?"

"Peut-être en t'envoyant un vieil homme qui te fera entendre raison ?"

Agnan était furieux. Il avait appris, au cours de plus de deux siècles d'existence, à se contrôler. Mais même ainsi, son ton avait été sec et son regard se faisait dur. Il n'était pas un fanatique, ni même un fervent pratiquant. Les rites religieux n'étaient pas son fort, mais il croyait en la bonté de la Déesse et savait surtout respecter ses sanctuaires. Apporter la violence dans la sainte maison, qui plus est pour battre un homme sans défense, était une abomination qui menaçait de le mettre hors de lui.
L'ancêtre lâcha une brève grimace lorsqu'il songea que, à peine un siècle plus tôt, il aurait immédiatement chargé ce malotru pour lui faire passer éternellement l'envie de souiller un sanctuaire.
Mais le temps avait fait son oeuvre, et dix décennies de méditation avait permis au vieil Agnan de comprendre que la jeunesse était fougueuse et ignorante, qu'il fallait la guider et non pas la punir.
Mais crédiou d'bon sang, qu'est-ce que ça démangeait des fois de laisser partir les torgnoles !


"Tu m'as l'air de t'être égaré mon garçon reprit le vieillard en s'efforçant d'adoucir sa voix "Viens donc t'asseoir un moment, et raconte moi ce qui t'as poussé ici. Ce n'est pas en battant un prêtre et ses artefacts que tu résoudras tes problèmes..."

Un nouveau cas. Assez rare fort heureusement, mais le genre difficile...les p'tits jeunes qui se rebellaient, contre les anciens, la religion, l'autorité...ça finissait toujours par arriver, et le plus souvent ça passait tout seul...mais certains avaient besoin d'un peu de sagesse et de confiance, chose qu'on ne leur accordait que rarement.
Que c'était difficile d'être un bon vieillard...
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MessageSujet: Re: Leçon de vie (Pv Agnan)   Mar 4 Avr - 14:12

Je dois avouer... Je suis tant surpris que je marque un temps d'arrêt, ni certain de bien avoir entendu les propos de la voix qui répond à ma remarque, une voix qui n'est pas celle du prêtre. Honnêtement, je ne me suis pas attendu à cela, à ce qu'une autre personne vienne  en ce lieu désert au même moment que moi ! Cela me paraît d'ailleurs si surprenant que je doute que cet individu soit là par hasard. Un survivant du village ? Un autre prêtre ? La question se pose à moi, et je me retourne sans attendre pour obtenir un début de réponse. Pour autant je ne quitte pas tout à fait ma proie du regard et, pour bien le lui faire comprendre, je sors une flèche de mon carquois et la pointe vers lui. Ça n'en est pas l'usage premier, mais cela peut être dissuasif, ainsi que suffisant si jamais il résiste sans être une réelle menace... Et je l'aurai éventuellement déjà en main s'il me faut à tout hasard également me saisir de mon arc.

Enfin, en attendant qu'une telle nécessité se présente à moi, je détaille le nouvel arrivant, sans lui répondre, et je suis quelque peu surpris. Même si la voix s'était présentée comme un vieil l'homme, l'assurance et son élocution claire, ainsi que la pointe de hargne qui s'y percevaient, ne m'avaient pas amenée à penser qu'il était si vieux... Enfin cela était relatif, car en dépit des rides de son visage et de ses poils blancs, il ne ressemblait aux anciens de mon village d'origine ou à ceux que j'avais pu croiser lors de mes voyages. Cela dit a t-il plus de raison que ses semblables ? J'en doute, ses propos me semble bien être ceux d'un bigot pour croire que ce sont le nom des déesses ou leur pseudo intervention qui me dissuaderont d'agir. Cela étant, rien chez lui, jusque dans sa tenue ne me fait penser à un religieux... Est ce là le seul fidèle qui reste à ce prêtre ? C'est l'hypothèse qui me semble la plus crédible.

Cela dit, d'où qu'il vienne, et aussi bien conservé qu'il soit, j'avoue ne pas vraiment m'en faire à la venue d'un tel opposant. Pour autant, n'ayant pas le temps de réagir suite à ma surprise à sa première phrase, je n'ignore pas ses propos suivants, et les écoute avec attention.Il n'est pas là question de me laisser convaincre par un prosélytisme de bas étage ! Seulement, quand bien même je considère la violence comme un moyen acceptable de montrer mon mépris aux déesses, les mots peuvent également être efficaces en ce domaine, surtout en réponse directe face aux inepties de leurs suivants. Après tout je ne suis pas impie par simple caprice ou, justement, par égarement ! Le fait qu'il me qualifie d'égaré m'amuse quelque peu. Comment peut on être égaré lorsqu'on choisit soit même notre chemin ? J'ai l'impression que c'est là une idée qui échappe souvent aux religieux.

Pour autant, l’agressivité de ses premiers mots s'est dissipé, et je suis assez surpris de constater qu'il ne paraît ni me prendre de haut ni n'être qu'un moralisateur. Cela m'amène à faire quelques efforts pour calmer ma hargne et mon enthousiasme afin de lui répondre sur un ton similaire au sien, quoi qu'avec une pointe de moquerie.

"Je vous rassure vieil homme, je ne suis pas égaré, je sais exactement ce que je fais et pourquoi je le fais, plutôt que de chercher à impliquer ces entités dans tout mes actes pour les expliquer ! Cela dit, vous avez raison, j'ai pas mal chevauché et reposer mes jambes sera agréable."

A vrai dire, parler et garder le prêtre à l’œil est bien trop déplaisant et même frustrant alors... Bien que je garde ma flèche en main je la détourne du religieux, pour m'asseoir négligemment sur un des sièges de prière, croisant nonchalamment les jambes. Sans surpris, le clerc en profite pour se rapprocher du nouvel arrivant, sans pour autant oser sortir... De toute façon, s'il essaye, il me serait aisé de me relever et d'encocher ma flèche, une fois le vieux écarté de mon chemin.

"... Je suis content noble inconnu que les déesses vous aient amenés ici, je ne sais pas ce que cet homme me veut, à moi ou à mon temple."

Tiens donc ? Il ne le connait donc pas ? Le vieil homme est donc réellement ici par hasard. Quelle coïncidence surprenante, mais rien d'autre qu'une coïncidence tout de même, dont la pensée ne m'empêche pas de reprendre la parole, continuant de répondre au vieil homme, toujours avec la même intonation.

"Ce qui m'a amené ici, c'est simple. Une requête de quelques villageois, sachant ce lieu désert et qui voulaient s'assurer qu'il était toujours habitables et non pas tout à fait ravagé ou encore occupé par des bandits, afin de s'y installer, de le reconstruire. Peut être même que parmi eux il y en avait qui vivait ici avant, je ne sais pas. Et c'est vrai que ce n'est pas en m'attardant sur ce lieu ou ses habitants que j'accomplirai cette tâche, mais pour mes problèmes..."

Ma voix se durcit sur ces derniers mots, alors que je décroise mes jambes, et me redresse. Mes mains se joignent, la flèche pointée vers le sol, alors que mon regard soutient celui du plus vieux des deux. A vrai dire je me suis presque désintéressé du prêtre... Je n'allais tout de même pas aller à le tuer, et vu la trouille qu'il affiche, la leçon physique que je lui ai donné pourrait bien suffire, mais je n'en ai pas fini avec les mots.

"Cela a tout à voir au contraire... Lorsque je les vois, ces prêtres et leurs édifices, je songe à ceux qui ont priés ces entités en vains, pour n'avoir en réponse que le silence et la déception. Je pense à ceux qui ont souffert en leurs noms, que ce soit en croyant les servir ou de la main de ceux qui revendiquent les servir. Je suis confronté à ces édifices vains, mais qui ont demandé tant d'efforts, et à ces individus inutiles et pourtant respectés et protégés. Tu dois me comprendre, clerc, après tout, n'est pas simplement parce que tu te mettais à genou devant l'autel que tu as été épargné lors de la destruction de ce village ? Ou bien tu vas me faire croire que POUR UNE FOIS les déesses seraient intervenues pour protéger leur serviteur ! Mais auquel cas le fait qu'elles n'aient rien fait pour tes ouailles m'amènerait à me demander pourquoi tu les vénérerais encore ! Dans le fond, ma violence n'a que pour but de dévoiler un mensonge, et peut être même de le faire taire."

Bon sang, écoutez moi... Décidément je ne suis pas si doué que ça avec les mots. On dirait presque que je cherche à me faire passer pour un samaritain, mais il n'en est rien. M'interrompant brièvement, je conclus néanmoins avec un sourire, séparant mes mains et agitant vaguement ma flèche vers le vieil homme.

"J'ai conscience que ma façon de faire est discutable, mais si ça peut te rassurer je n'allais pas tuer cet homme, ni tout détruire ici, simplement... Profaner... Mais si je peux me permettre une question. Pourquoi t'en faire autant ? Est ce par ferveur sincère ou pour d'autres raisons ?"

J'avoue penser un bref instant que c'est peut être en raison de sa mort prochaine, mais je m'abstiens de faire ce commentaire mesquin. Seulement, ce n'est pas lui qui réagit en premier à mes propos, mais le prêtre, qui semble s'être quelque peu repris, et fait de son mieux pour dissimuler sa peur, se tenant droit et me toisant avec un semblant de détermination.

"Vos propos... Sont en partie vrais, oui mon église a été épargnée de par la ferveur des assaillants, mais je ne suis pas resté les bras croisés ! Je ne suis pas resté agenouillé devant l'autel alors que mes ouailles étaient menacés. Au contraire, à l'approche de l'assaillant, j'ai ouvert en grand les portes de la demeure des déesses et c'est moi qui suis resté sur le pas pour en interdire l'accès aux assaillants au nom des déesses, et heureusement pour nous, contrairement à vous, ils les respectaient assez pour ne pas forcer le seuil de ce lieu saint ! Je ne mentirai pas. Il y a eu des morts, mais ces derniers sont ceux qui ont essayés de fuir ailleurs ou de défendre leurs demeures, et je prie pour eux que je n'ai pas pu sauver... C'est même pour cela que je reste alors que tout les autres sont partis."

Oh... A vrai dire je ne peux m'empêcher de penser qu'il ment peut être, mais l'amertume dans sa voix semble sincère. Hmpf, peut être qu'en tant qu'homme il ne méritait pas mon jugement initial, mais ça ne change pas le fond du problème, m'amenant de faire à rajouter.

"Très bien, auquel cas votre action était louable... Mais quand bien même vous l'avez fait au nom des déesses, c'est vos actes qui ont sauvé vos pairs, pas ces entités même qui sont restés insensibles au sort de ceux demeurés en dehors de ces murs ! Qu'en dites vous vieil homme ? Se montrent elles vraiment dignes de ce que les fidèles leurs dévouent ?"

Dans le fond, je ne vais pas mentir, ça me soulage un peu d'en discuter, surtout avec des individus où il est assez peu probable qu'ils prennent les armes contre moi parce que je les aurai vexé ! Non pas que cela soit une perspective déplaisante à proprement parlé, mais je ne m'en rend compte que je n'ai jamais pu réellement conclure un tel dialogue.


Dernière édition par Engar le Lun 10 Avr - 16:23, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Leçon de vie (Pv Agnan)   Mar 4 Avr - 15:49

Bien. Au moins malgré son hostilité encore affichée, comme dans un besoin de réconfort, le profanateur semblait enclin à la discussion plutôt qu'à la bagarre. C'était déjà ça, et Agnan resta à proximité du prêtre, méfiant à propos de la flèche que tenait l'infidèle, pendant qu'il tenait son discours. Le vieillard soupira. Il avait déjà entendu ce refrain, il devait être aussi vieux que la religion elle-même...encore plus que lui, c'est dire !
Et tandis que l'intrus s'étendait sur ses motivations et crachait son venin à l'encontre de la foi, le vieux Daeroth commença à le rejoindre, de sa démarche patiente de vieil homme pour aller s'asseoir sur un autre siège, à même pas deux mètres de l'agresseur. Il n'était pas hostile, ce n'était...guère plus qu'un charognard. Pas un ennemi. Juste un petit jeunot qui voulait se rebeller.
C'était un soulagement au final. Il n'y avait rien de pire que des gens ouvertement malveillants, qui le faisait en toute bonne conscience parce qu'ils s'en amusaient. On les appelait des fous, des monstres, des démons...car ils n'accomplissaient leur vie qu'en brisant celle des autres.
De ce qu'il pouvait en juger, ce garçon n'en faisait pas partie. Agnan se passa les doigts dans la barbe, lentement, laissant son regard errer sur les dégâts causés à ce lieu saint en lissant ses longs poils blancs.


"Dans ce cas tu dois être le plus triste des hommes mon garçon, si tu cours après ce que tu considère toi même être un mensonge..."

Ce genre de discours, d'attitude destructrices, révoltés...était universelle. Contre la religion, les lois, les parents...tout. Ce n'était qu'une façon de se chercher, de tester ses limites et celle de son environnement. Une étape primordiale dans l'évolution de toute personne sensée, une façon de mûrir et de se grandir.
Maintenant, le vieux Daeroth ne ressentait plus de la colère, ni même une envie de venger ce saccage. Juste...de la tristesse. Cela le chagrinait de voir ces icônes renversées. Les églises étaient de lieu de foi, d'unité et d'espoir, souvent aussi de protection, tant spirituelles que physiques, puisqu'elles étaient souvent le dernier bastion de ce genre de petits villages, en cas d'attaques.
Ses yeux se reposèrent sur le profanateur. Son ton était redevenu calme, compatissant même. Il espérait pouvoir aider ce garçon qui s'était exprimé par la violence.


"Si tu en viens à attaquer des églises abandonnées en espérant te prouver quelque chose, de justifier des actes que tu sais déjà être désespérés, c'est que le chemin que tu as choisi n'est pas celui que tu souhaite. Tu ne fais qu'agir comme les mauvais prêtre de cette manière, en essayant d'imposer ta pensée par la force, à ceux qui sont vulnérables. Et ça, que la déesse existe ou non, ce n'est pas ce qu'elle nous enseigne."

Agnan le dévisagea intensément, comme pour scruter jusqu'à son âme alors qu'il laissait remonter tant de souvenirs. Il en était certain, ce jeune homme n'avait pas trouvé sa voie...et ne pouvait pas se résoudre seul à reconnaître qu'il s'était perdu, surtout pas sans une chance de retrouver un chemin sûr. L'ancêtre lui désigna la salle de l'église, vide, ses reliques renversées.

"Toi qui vient essayer de convertir autrui, penses-tu que ta raison est meilleure parce que tu es plus fort ? Combien de braves innocents ont pu survivre ici car ils pensaient que la Déesse veillait sur eux ? Regarde ce pauvre homme que tu as battu ajouta-t-il en montrant cette fois le prêtre "Que la Sainte soit réelle ou non, et qu'elle intervienne en personne ou pas, qu'est-ce que cela change au fait que sa foi l'ait poussé à braver le danger pour protéger ce en quoi il croyait, qu'il ait osé se dresser devant une bande armée au péril de sa vie pour sauver celles non pas de ses croyants, mais de ses pairs ?"

Intérieurement, le vieux Daeroth ne pouvait pas s'empêcher de repenser à ceux qui étaient tombés sous la lame. Il avait connu le frisson du combat, de dominer les autres par la force. Il n'oubliait pas leurs visages, leurs cris, les pleurs de ceux qui les avaient connu. Il ne voulait pas les oublier, il fallait honorer leur mémoire et donner un sens à leur vie comme à leur trépas.

"Alors que toi, combien d'innocents, d'hommes, de femmes et d'enfants, ton nihilisme a-t-il protégé ?"
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MessageSujet: Re: Leçon de vie (Pv Agnan)   Mar 4 Avr - 18:14

Que... Quoi ? Qu'est ce que ce vieillard raconte ? Triste ? Désespéré ? Croit il vraiment que c'est ce que je suis ?! Non... Non, je SAIS pourquoi je fais cela. Ainsi, alors même qu'il s'est rapproche de moi, je ne peux m'empêcher de laisser transparaître dans mon attitude la hargne que suscite en moi ses propos. Certes il ne fait preuve d'aucune hostilité à mon égard, mais d'une certaine façon c'est encore pire. En faisant mine de se ranger du côté de la raison il est d'autant plus difficile de trouver des arguments le contredisant sans paraître de mauvaise foi ou déraisonnable. Je dois avouer par ailleurs que la comparaison avec le mauvais prêtre est particulièrement insultante... Mais j'ai conscience que réagir par la violence reviendrait à lui donner raison. De fait, si je me lève tout de même sous l'effet de l'agacement, le seul geste un peu agressif que je fais est le tournoiement de ma flèche entre mes doigts, et peut être mon regard qui se fixe sur mon interlocuteur avec de plus en plus de rancœur, de hargne... Tss, c'est facile de défendre son point de vue en parlant des seuls aspects positifs de la foi, mais c'est comme s'il éclipsait le reste, TOUT le reste... Et bien sûr vient la question fatidique, celle qui revient assez souvent à vrai dire, celle de savoir ce que j'ai fais pour mériter de contester cette hypocrisie !

Or je dois avouer en avoir quelque peu assez et de fait, ma main balaye finalement l'air devant d'un geste sec, comme pour écarter ses arguments, du moins une partie d'entre eux, avant de prendre la parole.

"Je cours après ce mensonge afin de le détruire autant que je peux ! Mais ce n'est pas pour moi même, enfin pas que, et mon intérêt personnel est dans le fond tout autre que l'effacement même de ce mensonge..."

Et voilà que je m'emporte, j'en ai un peu trop dit dans l'énervement qui transparaît dans ma voix... Mais je m'efforce de ne pas m'attarder dessus et de poursuivre sans plus d'interruption.

"Quant à ce qu'enseignent les déesses, car il ne faut pas oublier qu'elles sont deux à ce petit jeu, et tout dépend de la façon dont leurs fidèles écoutent les mots qu'on leur prête, sans même parler de ceux qu'ils créent par eux mêmes ! Je suis sûr que pour de nombreux fidèles tes propos iraient à l'encontre de leurs convictions vieil homme ! Quant à la force... Elle n'est qu'un outil, tout comme les mots, même si je ne vais pas mentir en disant que je ne prends pas plaisir en démontrant par des ACTES que les déesses ne se soucient que peu de ce qu'on pense d'elles. Seul les hommes s'en soucient !"

Je repense alors à tout ces récits que m'a conté Ethan, cette foi qu'il avait au fond de lui lors de ses premiers conflits, lors des premières batailles qu'il avait mené... Et puis l'étiolement de cette dernière au fur et à mesure que le sang était répandu au nom de ses déesses. Moi même, je n'ai pas connu cela, et je sais que je peux donner l'impression de simplement suivre les propos de mon mentor, mais ce n'est pas tout à fait exact. J'en tire juste les conséquences, qui m'amènent à poursuivre, avec d'autant plus d'irritation.

"Quant à tes questions, soit, répondons y ! Peu m'importe combien ont survécu grâce à cette foi, car il m'apparaît que bien plus ont péris, et ont souffert des conséquences de cette foi qui a servi de prétextes et de raisons pour de nombreux conflits. Combien de batailles menées en leurs noms ? Combien de morts ? Combien de souffrance ? Bien trop ! Bien plus que d’individus que cette foi a sauvé, sans même compter que la force qu'elle leur a donné aurait pu être donné par autre chose !"

A force de m'emporter, mon souffle commence à se faire court, mais je ne compte pas m'arrêter là. Seulement, je ne parviens plus à rester immobile, et je commence ainsi à marche de long en large dans l'allée principale de l'église, tapotant parfois de la main les surfaces à ma porter. Tout en se faisant je m'efforce à calmer un peu ma voix, pour mieux être compris.

"Vieil homme... Avec votre âge vous avez forcément au moins vu certaines de ces batailles, peut être même celles menées entre les nobles de Begnion. Combien de fois les meneurs de ces guerres se sont ils servis de cette foi pour les justifier ? Combien d'individus ont cru à ce mensonge de se battre pour une cause supérieure qui les protégerait, alors qu'ils ne faisaient que tuer leurs pairs au nom d'autrui tout en exposant leur propre vie ?! Quant au fait que j'ai raison car je suis le plus fort... Ce n'est pas ça ! Je ne suis pas vaniteux au point de croire pouvoir triompher quiconque ! Seulement, le simple fait que je puisse user de cette force pour blasphémer et profaner n'est il pas une preuve suffisante du gâchis qu'est cette foi ?"

J'en viens finalement même à lui tourner le dos, pour revenir à cet autel... Trop de pensées confuses commencent à me venir malgré moi. Cette discussion est finalement moins aisée que cela. D'ordinaire je n'ai pas besoin de puiser aussi loin dans mes souvenirs pour argumenter. J'en viens même à frapper la surface de l'autel, mais la pierre de celle ci ne bronche pas, au contraire, une vide douleur ne tarde pas à se faire sentir dans ma main, une douleur qui me permet néanmoins de recadrer mes esprits.

"Ma façon de penser... N'a sauvé personne oui. Si j'en ai sauvé, c'est par mes actes, et eux seuls, sans donner de crédit à qui que ce soit d'autres, pas plus que je ne me donne de prétextes pour me dédouaner de mes torts. Or c'est bien de cela dont il s'agit avec la foi. Je ne renie pas la bravoure dont tu as fait preuve prêtre, et je dois reconnaître avoir penser qu'en effet vous vous étiez contenté de vous cacher dans votre dévotion et votre église… Mais dans le fond c'est toi, et toi seul qui mérite cette reconnaissance. Sans toi, que serait il advenu des tiens ? Sans doute le pire des sorts."

Mon regard s'élève alors vers la statue au fond, au-delà de l'autel, Ashera… Une de celle à qui je dois mon fardeau ! A qui je dois cette infamie et le regarde que porte les gens sur cette dernière. Le fruit de cette chose que je n'ai pas choisi et qu'aucun de mes actes ne saurait effacé… Soupirant brièvement, je chasse ainsi mon amertume et me retourne alors vers mon interlocuteur, un fin sourire aux lèvres.

"Quant à la tristesse… Il est vrai que mes pensées sont parfois amères, mais ça ne m'empêche pas de me satisfaire de bien des choses..."

A commencer par mes blasphèmes, il est vrai...


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MessageSujet: Re: Leçon de vie (Pv Agnan)   Mar 4 Avr - 23:19

Hé bien. Comme quoi l'âge apporte l'expérience...et avec elle l'acuité. Le garçon se montrait encore plus virulent dans sa défense que prévu, en crachant des arguments qu'il craignait très visiblement de savoir misérables. Il n'était nerveux, agité. Sa conviction aveugle, cette haine qui lui permettait de se cacher les yeux et de trouver une belle excuse, commençait à s'écrouler. Il avait l'air...blessé. Cela se sentant, s'entendait dans sa voix et ses propos. Le jeune homme avait envie de croire en de belles valeurs, de se rallier sous la bannière de la justice...sans qu'on l'y ait autorisé.
Quoiqu'il en soit, même si ses sourcils se froncèrent quand il frappa l'autel, affichant avec une ironie étrange l'impassibilité de la nature divine face aux volontés éphémères des mortels, Agnan resta calme, attentif à la douleur et à la colère qui avait besoin de sortir du garçon.


"Tu as parfaitement raison mon garçon. Quel que soit le nom que l'on donne aux actes, ce sont les Hommes qui les accomplissent, toujours."

C'était un terrain houleux. Agnan sentait que la discussion pourrait dériver sur des histoires politiques, de vérité et d'histoires. Des sujets dangereux et flous, il fallait les éviter. Ces discussions n'étaient bonnes qu'à donner de la voix dans les tavernes à ivrognes, pas à tendre la main à une âme perdue.
Réflexe machinal ou bien jeu d'acteur époustouflant, l'ancêtre recommença à lisser sa vieille barbe.


"Ce n'est que l'avis d'un vieil homme fatigué, mais je pense qu'il n'y a pas de pires mensonges que ceux que l'on se fait à soi-même...ni qu'il y ait rien de plus malhonnête et facile que de désigner un coupable."

Il ne gagnerait rien à lui démontrer qu'il avait tort à expliquer point par point les failles de son propre raisonnement. Le vieillard n'était pas là pour se battre avec lui, même avec des mots, mais à l'aider à retrouver son chemin, à faire le ménage dans ses propres préjugés. Seul lui pouvait, et devait le faire.
Au lieu de quoi, l'ancêtre laissa s'écouler quelques secondes en continuant à jouer avec sa pilosité séculaire, levant les yeux vers la représentation de la Déesse.


"Et peu t'importe combien de vies ont été sauvées et comment, c'est bien cela ? Hmm..."

Agnan planta ses yeux, aussi vifs qu'anciens, dans ceux du profanateur. Sans haine, sans mépris. Il le jugeait silencieusement, impartialement, ne brisant le silence que par le lent bruissement de ses doigts glissant le long de sa barbe. Au bout d'un moment, il plissa un peu les yeux et hocha lentement la tête avec circonspection.
Enfin, il tourna à nouveau son regard vers le pauvre prêtre.


"Mais dois-je alors comprendre que peu t'importe la justesse, la dévotion et le courage de quelques-uns, que tu peux te satisfaire de les battre et les humilier au sein même de tout ce qui leur est précieux, parce qu'une violence gratuite et déplacée vaut mieux qu'une foi sincère qui apprend le pardon et l'altruisme...parce que quelques hommes dotés d'un pouvoir qu'ils ne méritaient pas ont sali leur propre héritage ?"

Il fit claquer sa langue. Un geste...de contrariété, d'agacement ? Peut-être plutôt de scepticisme. Peu importe. Le vieillard regarda autour de lui avec une moue renfrognée, regrettant une millième fois de pas avoir une foutue canne sur laquelle s'appuyer. Puis, ne voyant rien qui pourrait remplacer l'accessoire du grand âge, il se résigna dans un haussement d'épaule et adressa un maigre sourire plein d'ironie et d'une certaine tristesse au jeune homme.

"Dans ce cas, penses dès aujourd'hui à tes actes mon garçon. Car dans vingt ans, ce sont peut-être des gens que tu n'auras jamais vu, qui sait, des paroissiens de cette église-même qui viendront s'en prendre à tes enfants et ta femme, pour se venger sur ce qui t'es précieux car ils auront estimé les as blessé."

Toujours une histoire de violence et de haine, ce fameux cycle qui ne prend jamais fin. Un jeu macabre que même la mort n'arrête pas...bien au contraire.
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MessageSujet: Re: Leçon de vie (Pv Agnan)   Mer 5 Avr - 0:25

Étrangement, entendre ce vieil homme me donner raison sur au moins un point de mes propos avait quelque chose d'apaisant, et m'aida à me calmer quelque peu. Mon sourire se fit alors un peu plus sincère alors que je le suis du regard, qu'il s'approche de moi. Seulement je ne suis pas non plus naïf et je me doute bien au vu de notre discussion qu'il n'allait pas approuver chacun de mes mots. J'en ai rapidement la confirmation quand, alors qu'il ne cessait de caresser sa barbe, paraissant ainsi pensif, il me fait des blâmes implicites. Oh certes, il ne me désigne pas directement, mais il n'est pas nécessaire d'être très vif pour comprendre que c'est bien de moi dont il parle à demi-mot. Seulement, je ne suis pas dupe, et au sujet de ce qu'il évoque mon esprit est des plus clair, m'amenant à reprendre la parole d'une voix plus confiante et sereine.

"Si je me mens, je me demande bien en quoi... Si tu veux savoir, ça fait 2 ans que je vis de la sorte, cela laisse du temps pour réfléchir à ce que l'on fait. Quant à désigner un coupable ce n'est facile et malhonnête que si on le fait pour des motifs injuste... Mais quand il s'agit juste de faire répondre ce coupable de ses crimes, le désigner est tout naturel, non ? ... Et c'est ce que je fais avec la foi et leurs suivants, je veux qu'ils soient face à leurs responsabilités."

Mais peu après le vieillard reprend la parole...Et sa remarque ravive ma hargne, tout mon corps se crispant de nouveau alors que, je dois le reconnaître, je manque de peu de le frapper en réaction à ses propos, et il est vrai que si ça n'avait été son âge, je l'aurai probablement fait. Il use de mes mots contre moi, mais en les déformant. Je ne sais pas si se faisant il est mesquin où se contente de faire preuve de rhétorique, mais malgré mon envie brûlante de lui répondre, j'en suis incapable, au lieu de cela je soutiens son regard, presque captivé par ce dernier, par la sagesse qui s'y lit, alors que je devine qu'il n'en a pas fini à ce sujet... Ce n'est cependant que lorsqu'il rompt notre échange de regard qu'il reprend la parole, mes yeux suivant les siens pour revenir vers le prêtre.

Je détourne cependant rapidement le regard avec un grondement suite aux propos du vieil homme. Ses propos sont justes sur bien des aspects, mais il ne comprends juste pas mon intention exacte ! Ou alors il fait exprès de l'ignorer ! Me reprenant je me tourne de nouveau vers lui, lui répondant, toujours sans colère, mais avec davantage d'amertume.

"Ce n'est pas que je me moque des vies sauvées par la foi, elles comptent, mais elles paraissent être si peu au regard du sang qui a été versé en son nom ! Et je... je reconnais la dévotion et la justice d'un homme quand je le vois. Seulement ma violence n'est pas tournée comme l'homme, mais contre le symbole qu'il est de par sa position... Même si pour ne pas mentir, il est certains individus pour lesquels j'use avec plaisir de cette violence. Ceux qui justement affichent ouvertement cette foi, mais sous son aspect qui n'est pas de l'altruisme, mais de la vindicte, et j'ai beau avoir parlé des seigneurs partant en guerre, une telle interprétation aussi bien les masses de croyants et certains religieux. J'ai pu le constater plus d'une fois et crois bien que pour nombre de mes blasphèmes ceux qui en ont subi les conséquences le méritaient, même en oubliant le symbole qu'ils étaient ou la foi qu'ils avaient manifesté, même en tant qu'homme... D'autres non, il est vrai, mais ceux là je les ménageais."

Disant cela, je décale légèrement mon pied que  bute alors sur quelque chose. D'un coup d’œil je constate qu'il s'agit d'un des symboles que j'ai renforcé...Et plus par réflexes que réelles intentions, je remets ma flèche au carquois et me penche pour le ramasser, le prenant en main, sans vraiment savoir quoi en faire pour le moment. Je constate alors le regard contrarié du vieil homme aux alentours, même si je ne comprends pas ce qui cause cet agacement soudain, avant de finalement m'adresser un sourire aller, et des paroles, que je suppose sages, bien qu'elles m'arrachant un bref soupir amusé, tandis que mon regard s'abaisse sur l'objet entre mes mains.

"Oh, je sais bien ce que je risque vieil homme... Mais vois tu, cela je risque moi même de déjà le subir, pour bien des raisons à vrai dire, et je ne compte pas laisser d'héritage, pas de ce genre, je ne suis pas cruel à ce point... Et encore faudrait il une femme qui supporte un gars comme moi, ce qui n'est pas gagné ! Même en oubliant l'horreur sous mon bandage, j'aurai du mal à rester au même endroit, ehehe..."

Ricanant doucement à cette idée pour le moins absurde de fonder un foyer, je sais en tout cas pertinemment que, de toute façon, les risques que je prend, je ne les fait courir à nul autre. Après tout la seule personne qui m'était cher a déjà payé pour les excès de la foi, et c'était avant même que je commence mon œuvre... Mais je préfère ne pas m'y attarder, suivant plutôt le prêtre qui s'approche de nous deux, du vieil homme plus exactement, et semble lui tendre son bras, comme pour qu'il y prenne appui.

"Je sais que certains suivants ont une conception bien à eux de l'ordre, et que d'autres ne sont que des menteurs s'en revendiquant alors qu'ils ne sèment que morts et désolations... Mais les déesses existent, et elles ont toujours existé au cœur des hommes. Pourquoi mener cette lutte que vous ne pourriez pas gagner ? Une lutte vaine qui ne pourra que faire souffrir."

Quelque part il a raison... Qu'est ce qu'un homme seul peut faire pour changer les mentalités. Mais ça aussi, j'y ai déjà pensé, beaucoup...Et c'est justement en y repensant que je finis par reposer le symbole sur l'autel, soupirant.

"Peut être car c'est la seule qui m'offre ce que je veux..."


Ce que je voulais dans le fond ? La vengeance, c'est vrai, mais, avec un peu d'imagination, si je parvenais à faire quelque chose à l'encontre de cette foi... Peut être que je pourrai sans plus même penser à cette marque...


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MessageSujet: Re: Leçon de vie (Pv Agnan)   Mer 5 Avr - 11:44

Plus le jeune homme parlait, plus Agnan soupirait et le considérait avec tristesse. Tellement déboussolé qu'il en venait à se justifier dans les pires travers qu'il prétendait combattre...jusque là, rien de très surprenant ou dramatique. Tout le monde traverse une période de déni à une époque ou une autre, mais le pire était qu'il n'envisage aucun autre avenir que ce qu'il sait être une erreur, une impasse.
Le vieillard ne manqua pas de remarquer également que, calmé et écouté, le garçon traitait maintenant avec un certain respect les icônes sacrées. Le soucis n'était pas qu'une crise de rébellion contre le pouvoir, ou l'indignation face aux pourris qui se noyaient dans leur propre cupidité...il plissa les yeux au sujet de ce qu'il tentait de cacher visiblement. Une honte qui s'affichait sur le corps, la source de ses maux ? L'ancêtre se demanda brièvement s'il n'était pas un de ses semblables...


"Tu es encore jeune, mon garçon. Certains restent égarés toute leur vie, à se mentir pour justifier leurs propres actes qui les répugnent, aussi deux ans ce n'est rien. Surtout à ton âge ! Et là dessus tu peux me croire sans hésiter."

Agnan se fendit d'un sourire plus chaleureux. Deux ans bon sang. Ce gosse se perd pendant deux ans et il se considère déjà comme un martyr qui doit faire ce qui est juste et difficile sans aucune aide... Deux ans, même pas le centième de sa vie.
Il prit une longue inspiration et soupira. Il y avait du boulot avec ce petit...mais la Déesse en soit remerciée, non seulement elle lui avait accordé une longue vie, mais elle lui permettait aussi de croiser ce genre d'âmes égarées à qui il pouvait tendre la main. Sans même y faire attention, il recommença à lisser sa barbe.


"Nous avons tous le droit de rêver d'une vie meilleure, d'une famille...tant qu'on est en vie, on a la possibilité de changer. De repenser ses actes et ses valeurs, de réfléchir à ce que l'on veut être, pour soi et pour les autres, et de ce qu'on pourrait être."

N'en était-il pas lui-même un bon exemple ? Meurtrier violent et sans pitié dans sa "jeunesse", indifférent aux cris et aux larmes, aujourd'hui un vieux schnok qui sert de psychologue pour détraqués. Oui bon, c'est un peu sarcastique.
Sentant qu'il se faisait trop sérieux, le vieillard laissa son regard se perdre vers le plafond, "remontant" presque littéralement dans ses souvenirs en se fendant d'un sourire de nostalgie...et d'ancienne douleur.


"Aujourd'hui je suis satisfait de ma vie, mais autrefois...autrefois j'ai commis quelques petites choses qui ridiculisent bien tes profanations. Je pensais que je n'étais bon qu'à ça, à manier une épée. J'étais bon à l'époque, et j'avais pas besoin d'autre raison pour vivre que de me battre. J'étais persuadé alors, jeune fou que j'étais, que je resterais comme ça toute ma vie, violent et égoïste. Et j'aurais pu le rester...si je n'avais pas rencontré cette splendide féline."

Ses yeux se plissèrent, son sourire manqua s'effacer. Il savait qu'au fond de lui brûlait toujours cette passion du combat, le frisson qui effaçait tous ses soucis lorsque les fers se croisaient. Ce n'était pas le moment. Il leva les mains aux ciels en élargissant son sourire.

"Il faut savoir qu'à l'époque, je traquais les Laguz comme de vulgaires animaux...pas glorieux hein ? Celle-ci, je l'avais attaqué par surprise, son seul crime à mes yeux alors ayant été d'exister. Je l'ai capturée et..."

Double blocage. Le vieillard n'aimait vraiment pas raconter son véritable passé, pas de façon si directe. Et puis, il commençait à se dire que son histoire devenait bizarre. Il toussa pour s'éclaircir la gorge et se donner une contenance.

"Et je l'ai épargnée. Puis libérée. Pas dans la seconde bien sûr, mais quelque chose avait été bousculé en moi. Ah si tu l'avais vue mon garçon, tu aurais compris le sens de l'expression "courir les minettes". Quoiqu'il en soit, j'ai commencé à douter et à regarder autour de moi. Au lieu de simplement considérer que mon épée était ma raison, je me suis intéressé aux autres, à la façon dont ils vivaient, dont ils riaient et apprenaient."

Une longue et étrange époque...où la tendresse grandit en même temps que la jalousie. Mais aussi ce que les autres appelaient la sagesse. Enfin, avec un soupir fatigué, las de sa très longue existence, Agnan en vint enfin à la conclusion en allongeant ses vieilles jambes. Bien conservé ou pas, il resté sacrément usé l'ancêtre.

"J'ai douté mon garçon, de moi, des autres, de mon passé et de mon avenir. J'ai douté pendant plus de cinquante ans car j'étais seul. Personne ne m'a tendu la main quand j'en aurais eu besoin. Mais quand je finis par faire un choix, ma vie était différente. J'aurais pu m'installer où bon me semblait. Je ne fuyais plus les autres, et j'essayais même de les aider à comprendre la façon dont résoudre leurs problèmes. Pour une fois, j'étais apprécié pour mes actes, n'importe quelle ville m'aurait accueilli alors que j'avais passé une grande partie de ma vie à être rejeté et craint."

Finalement, il haussa les épaules en s'adossant nonchalamment à sa chaise. Il n'aimait pas raconter son histoire, mais ce garçon avait besoin d'une explication, de la preuve que même le plus attentif des vieillards avait pu être une horrible crapule. Agnan ne s'attendait pas à ce qu'il devienne brutalement un bon samaritain, c'était impossible en si peu de temps, même en une poignée d'année ça l'aurait surpris...mais un jour peut-être, à douter et se questionner, il aurait le déclic.
Cependant, il avait envie de changer de sujet. Toute l'expérience du monde ne suffit pas, lorsqu'on est face à ses erreurs et ses souvenirs. Et il restait un détail qu'il fallait impérativement régler, car si ses soupçons s'avérés juste...alors il y avait encore beaucoup à dire.
D'un ton léger, l'ancêtre sourit à nouveau au jeune profanateur.


"Mais de quelle horreur parles-tu donc ? Aucune cicatrice ne peut-être suffisamment moche pour t'interdire de penser à l'amour, certaines filles adorent ça même...Et puis t'as une bonne bouille gamin, peut-être même encore mieux que la mienne dans ma jeunesse, si je n'étais pas si vieux je crois que j'aurais été jaloux."

C'est vraiment pratique d'être si vieux qu'on parait ne même plus pouvoir se dessécher. On peut aisément passer d'un sujet grave et sérieux à un ton totalement stupide, plaisantin, il suffirait de s'excuser d'être sénile ou simplement fatigué. Comme quoi, l'âge a réellement ses avantages...même si la vigueur phénoménale de ses jeunes années lui manque parfois.
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MessageSujet: Re: Leçon de vie (Pv Agnan)   Mer 5 Avr - 13:46

Réfléchir, encore ? ... Ce n'est pas que c'est déplaisant dans le fond, mais en deux ans j'avais pourtant l'impression d'avoir fait le tour de la question. A chaque fois que je prend le temps d'y penser de nouveau, j'ai l'impression de simplement tourner en rond. A quoi bon réfléchir, encore et encore, simplement pour avoir les mêmes réponses, sans arrêt ? Cela dit il a raison dans le fond. On peut changer, du moins sur certains points. N'est ce pas ce que je cherche à faire en me prenant à cette foi qui me menace ? Et n'est ce pas ce qui est arrivé suite à mon départ précipité de mon village ? C'est vrai qu'à l'époque je me contentais de ne pas me soucier de ces déesses et de leurs cultes, comme Ethan, mais ce jour là j'avais été convaincu que ça ne suffirait pas, et je le suis toujours. Cela étant, peut être qu'un jour, je trouverai une autre façon de faire, plus efficace. En attendant, je continuerai sur cette voie faute de nouvelles réponses... Même si je sens bien que le vieux essaye de m'en apporter, ou tout du moins de me sortir de l'impasse dans laquelle je suis avec ma réflexion. Hm, pourquoi pas ? Ainsi, réfléchissant à ses mots, je m'égare un peu dans mes pensées, mais l'entendre parler de lui même m'interloque assez assez pour me tirer de ma rêverie, le fixant, tandis que je m'appuie légèrement sur l'autel.

Et je ne peux à vrai dire dissimuler une certain stupeur alors qu'il révèle son passé pour le moins martial ! Cela explique peut être le fait qu'il paraisse encore en forme malgré son âge... Ainsi à l'écouter, il avait été pire que moi selon ses propres critères, ce qui semble un peu ironique, mais qui dans le fond fait un exemple approprié par rapport à ses propos précédents, tant et si bien que je me demande un instant s'il n'invente pas cette histoire ! Cette réflexion n'est cependant que fugitive, il y avait quelque chose dans son récit, ni trop vague, ni trop précis, qui le pare d'un voile de sincérité. Cependant, si je ne peux nier le respect que suscite en moi le fait qu'il s'agisse d'un ancien combattant, je hausse le sourcil à sa façon de considérer ce fait. Ses propos, d'une certaine façon, me rappellent quelques peu ceux d'Ethan, parfois amer à la pensée de l'usage qu'il avait été fait de ses talents en la matière. Ici il s'agit cependant d'une chose différente, car les actes qu'évoque le vieil homme, il les présente  comme de sa seule responsabilité... Et je comprends rapidement pourquoi lorsqu'il évoque sa rencontre avec une laguz, ainsi que la haine qu'il éprouvait alors à leur égard... Or j'avoue que je ne peux dissimuler une grimace lors de cet aveu, en partie parce que cette attitude n'avait, dans le fond, que peu de différences avec celle de la plupart des gens face à mon origine, d'autant plus que je crois voir où il veut en venir exactement, un parallèle entre son ancienne rancœur et la mienne. Néanmoins je ne dis rien, il semble réellement peiner à poursuivre son récit, ces actes dont il n'est que peu fier, et je comprends très bien.

Mais vient alors le tournant, avec cette jeune femme qui, pour de nombreuses raisons sans doute, l'a amené à réfléchir de nouveau... Mais malgré le fait que ce soit son récit, je ne peux m'empêcher alors de penser à moi alors qu'il fait part de sa période d'observation, à laquelle je ne m'identifie que trop bien dans le fond, et à l'envie qu'elle suscite parfois en moi lorsque je m'y attarde, cette tranquillité que les individus ordinaires peuvent espérer... Et je me demande comment lui même fait aujourd'hui au vu de tout ce temps qu'il a perdu, ces 50 ans avant de trouver cette paix en parlant aux autres, sans doute d'une façon assez similaire à ce qu'il fait en cet instant avec moi, même si, sincèrement, je me demande comment il peut être aussi serein après avoir perdu tant de temps. Cela cependant est de son seul ressort. quant à ce qui me concerne personnellement, il est temps que j'y réponde, et je le fais avec un sourire.

"En somme, si je veux changer les idées des religieux il faudrait que je fasse comme la féline à ton égard ? Plus sérieusement, je crois voir où tu veux en venir... C'est vrai que d'une certaine façon je dois te ressembler un peu dans ta jeunesse. Ma haine de la foi par rapport à ta haine des laguz, l'usage de la force... Il y a cependant deux grandes différences. La cible de ta haine n'y peut rien, elle est née ainsi, là où la foi demeure le fruit d'un choix ! Et à l'inverse, si on te fuyait c'est de par tes actes et non pour quelque chose à l'égard duquel tu ne pouvais rien."

Je ne peux dissimuler une certaine amertume en pensant à cela... Mais cela est rapidement remplacée par une brusque surprise face au changement de sujet, et de ton de mon interlocuteur, revenant sur une de mes réponses, mais d'une façon triviale qui en était presque troublante, le rouge me venant sans doute aux joues à cette pensée ! Je ne suis d’ailleurs pas le seul surpris à priori, au vu de l'interpellation visible du prêtre. Seulement... Je sais déjà me faire mener par le bout du nez dans cette joute verbale, mais je ne compte pas pour autant rester désarmé ! Ainsi, souriant finalement face à sa remarque indiscrète et son compliment, sans doute exagéré, je pose brièvement la main sur le bandage, tâchant de ne pas m'énerver en pensant à ce qu'il dissimule, avant de répondre avec amusement.

"Oh je ne suis pas si sûr ! Certaines cicatrices peuvent être assez hideuses pour faire fuir toute personne qui ne soit pas désespérée ! Et tu dois te douter vu la taille de mon bandage que ça ne doit pas être beau à voir ! Crois moi, ce n'est pas juste pour exhiber un piètre trophée."

J'avais déjà laissé trop d'indice quant à ma véritable nature, et je m'efforce en cet instant d'user de mon prétexte habituel. Dans le fond, même si j'ai l'impression de ne pas risquer grand chose avec, je tiens tout de même à être au moins payé pour mon travail, or il suffirait d'un mot de travers, d'une révélation plus ou moins maladroite, pour qu'on me refuse ce paiement. Je préfère par ailleurs détourner son intention en poursuivant sur son compliment, commentant avec exagération.

"Pour le reste.. C'est vrai que j'ai déjà eu quelques approches de la gent féminine, mais j'ai généralement autre chose en tête, surtout avec mes déplacements constants ! Sans même parler du fait que je n'ai pas l'intention de laisser des bâtards derrière moi..."


Tout cela était vrai, après tout, même en oubliant ma marque et les conséquences qu'elle pourrait causer à mes proches, si j'en avais, je n'oubliais pas non plus que j'étais un enfant abandonné, et même si je n'en ai pas trop souffert, c'est en partie parce que j'ai eu de la chance de tomber sur Ethan... Bon, après, il y avait une autre raison, plus difficilement avouable qui était de toute façon ma gêne auprès de la gente féminine ! Après tout ce n'était pas comme si j'avais été habitué à me sociabiliser, alors à courtiser quelqu'un... C'était des plus malaisé pour moi. Néanmoins, je préfère ne pas m'attarder dessus, et de fait répond à mon interlocuteur, cherchant à lui retourner ces commentaires.

"Mais en quoi cela vous intéresse à ce point ? Rassurez moi, vous n'êtes quand même pas, en plus d'un vieil homme fervent, un entremetteur ? Auquel cas laisse tomber, comme je l'ai dit je ne serai pas assez cruel envers qui que ce soit pour lui imposer longtemps ma présence."

Ricanant doucement à cette pique et à ma propre autodérision, je me demande comment il va y réagir... Et je me demande également s'il a eu les réponses qu'il voulait ou allait chercher à en apprendre plus, et à cette simple pensée, je me surpris à être de nouveau sur mes gardes. Je ne risque rien dans le fond, mais... Même sans cela, c'est presque devenu un réflexe.


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MessageSujet: Re: Leçon de vie (Pv Agnan)   Mer 5 Avr - 18:40

C'était certain, plus il écoutait le jeune homme, plus Agnan était convaincu que sa colère et ses actes de violence n'était dus qu'à son sentiment de solitude. Si ce pauvre garçon avait été bien entouré, de gens patients et tolérants, il ne lui serait probablement même pas venu en tête de s'attaquer aveuglément à des prêtres. Sans parler de cette remarque encore une fois, à propos de ce qu'il cache...ce n'était pas qu'une simple cicatrice. Cela aurait pu être une marque de fer éventuellement, les "souvenirs" d'esclavage ou similaire, mais le vieillard doutait que même une humiliation de ce genre aurait provoqué une telle haine des nobles, de Begnion et de la religion.
Il éclata sincèrement de rire quand le garçon le soupçonna d'être un entremetteur. Voilà l'avantage de vivre très longtemps, on entendait de nouvelles choses tous les jours !


"Hohoho ! Certainement pas mon garçon, l'amour est un jardin qui ne peut être cultivé que par ceux qui y sont, et même mon grand âge ne me donnerait pas la prétention de pouvoir décider pour ton coeur à ta place."

C'était de plus en plus flagrant. Ce gamin rêvait...d'une vie simple, normale. Peut-être pourrait-il être un mercenaire, avec une vie rude et des règles difficiles, mais c'est ce qu'il aurait réellement choisi de faire, de s'entourer de gens qui lui ressemblent pour un objectif commun et non pas de s'enfermer lui-même dans l'isolement et la haine.
Son sourire s'effaça une nouvelle fois pour laisser place à un visage sérieux, pensif. Ce n'était que des suppositions mais...ça expliquerait beaucoup de choses. Lui-même avait été rejeté, menacé à cause d'une marque de honte. Une honte qu'il ne devait qu'à sa naissance et qu'il avait convertie en haine qu'il passa sur ceux qu'il jugeait responsable.
Il lui ressemblait beaucoup trop...


"Laissons donc ce pauvre homme remettre cette église en état suggéra le vieillard en se relevant lentement "Je pense que nous le dérangeons bien plus que de raison dans sa noble tache, et puis il ne fait jamais de mal de s'aérer un peu la tête quand on réfléchit trop."

Se posant une main dans le dos, simulant à moitié une vieille douleur, l'ancêtre s'en tourna vers la sortie. Il posa une main sur l'épaule du prêtre et hocha la tête à son attention, une façon de lui assurer que tout se passerait bien, et alla attendre le jeune profanateur à l'extérieur du temple en inspirant l'air frais à plein poumons.
Quand il l'eut rejoint, il commença à faire un peu le tour du village, d'une démarche paisible. Il était bien trop vieux pour se presser. Cependant, Agnan hésitait. Devait-il amener le sujet directement ? Ce garçon débordait très certainement d'envie d'enfin confier son fardeau à quelqu'un, surtout à un de ses semblables...mais s'il se montrait trop direct, trop invasif...il risquait fort d'obtenir l'effet contraire à ce qu'il souhaitait. Les choses tournaient lentement dans la bonne direction, ce n'était pas le moment de tout gâcher.
Et puis, le vieillard se disait qu'amener le jeune homme a se confier de lui-même le ferait bien plus progresser que s'il lui rentrait dans le lard.
Surtout que, dans l'éventualité - qui n'était pas improbable mine de rien - que sa marque n'ait rien à voir avec l'hybridage de deux espèces, commettre une telle erreur serait assurément une très mauvaise idée.


"Cette "horreur" que tu cache sous ton bandage...m'a tout l'air d'être à l'origine de tes problèmes, je me trompe ? Comme tu sembles détester radicalement les nobles pourris et la religion...je dirais que ta famille a connu quelques...désaccords avec ces pignoufs de Begnion et leur fichue mépris pour tout ce qui est différent, n'est-ce pas ?"

Pas sûr qu'il était été aussi subtil qu'il le voudrait. Mais l'ancêtre ne tenait pas à rester longtemps dans l'incertitude, ce qui augmenterait ses risques de faire une boulette. Au moins ne pensait-il pas prendre trop de risque avec cette formulation, il avait peut-être vécu sur une montagne durant le dernier siècle...mais il connaissait suffisamment les hommes et les dernières histoires pour savoir ce qui s'était passé.
Il se pencha vers lui en baissant le ton d'un air de conspirateur, un léger sourire flottant sur ses lèvres sèches.


"N'hésites pas à te lâcher à leur sujet hein, je ne les ai jamais porté dans mon coeur non plus et mes vieilles oreilles ont entendu suffisamment de vilains mots pour ne plus être dérangées."

Durant une seconde, Agnan avait hésité à lui dire qu'il était de Daein. Cependant, vu son âge et la réputation de sa patrie, il craignait que ça ne conduise à un blocage simple et net du jeune garçon s'il était effectivement un Marqué, et ça aurait été parfaitement compréhensible...
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MessageSujet: Re: Leçon de vie (Pv Agnan)   Mer 5 Avr - 23:34

J'avoue c'est étrange... Même si je m'amuse souvent lors de mes joutes verbales, il est rare que je le fasse avec mon interlocuteur et non à ses dépens. Pourtant c'est bien ce qui arrive, ne pouvant pas retenir mon rire alors que le vieil homme laisse libre court au sien. Néanmoins cela ne l'empêche pas pour autant d'écarter, toujours en restant aussi raisonnable, mon "accusation". Cela étant, il est vrai que le cadre pour de tels commentaires peut paraître peu approprié, même si personnellement je m'en moque royalement, et n'ayant plus la détermination, pour le moment, de tourmenter davantage ce prêtre et son édifice, j'acquiesce brièvement aux propos du vieil homme. Autant sortir d'ici, je me sentirai peut être un peu moins dérangé à l'idée d'être aussi "raisonnable". Alors soit, nous laissons le prêtre, qui a l'air des plus soulagés, tout à sa tâche, réparer ce qui a été fait et retourner à ses vaines activités et puis, il est vrai que le vieux doit avoir besoin d'air, m'amenant à commenter avec un sourire moqueur tout en me dirigeant vers la sortie.

"Serait ce parce que tu crains de prendre la poussière ? Enfin soit allons dehors, en espérant que le dit vent soit quelque peu clément."

Pour autant, je ne cherche nullement à le devancer, le suivant d'un pas long, même si pour cela je dois ralentir, et encore seulement de peur, ma démarche naturelle, ce qui me laisse le temps de réfléchir encore un peu. Dans le fond, pourquoi est ce que j'écoute cet homme ? Pourquoi est ce que je prends la peine d'approfondir cette conversation ? Il  m'aurait été si aisé de poursuivre mon œuvre initial en l'ignorant, de saccager tout simplement cette église et de repartir comme si de rien n'était, avec la satisfaction du blasphème accompli. Était ce par curiosité ? Un peu, mais il n'y avait pas que cela. Était ce l'envie de pousser mon raisonnement à son paroxysme ? Pas vraiment, au vu des pénibles réminiscences que cela m'amenait à faire. Peut être était ce tout simplement parce que depuis 2 ans je n'ai tout simplement pas eu l'occasion d'avoir une vraie discussion...

A l'instant où j'arrive à cette conclusion, mon pas franchit le seul de l'église, et les murs de cette dernière cessent de me protéger du vent, qui semble avoir quelque peu fraichi depuis mon arrivée. Certains y verraient sans doute un présage, mais en ce qui me concerne c'est tout au plus un peu déplaisant. Enfin, je n'y pense pas vraiment, et mon regard cherche surtout ma monture du regard, la remarquant à quelques mètres seulement de l'église, broutant avec toute la placidité du monde. Je m'en approche alors, lui flattant le museau et commentant avec un sourire.

"Et bien, je vois que tu manges bien ! T'aurais pas pu prendre la peine de ne serait ce que hennir pour me prévenir, hm ?"

... Ce qui s'approche le plus d'un soupir chez un cheval est la seule réponse que Galopin me fait. Il ne m'en faut pas plus et je me détourne de lui avec un sourire, revenant vers le vieil homme... Seulement, les mots qu'il ne tarde pas à formuler font disparaître sur le champ mon sourire. Même si ses propos sont imprécis, ils restent perspicace, à un point que c'en est presque inquiétant ! Cependant je m'efforce à garder une certaine constance cette fois, afin d'éviter qu'il puisse faire davantage de justes supposition, mais à vrai dire ma réponse est incertaine, les sujets évoqués allant au delà de ceux sur lesquels j'ai l'habitude depuis 2 ans de tisser des racontars. Et en vérité, le fait qu'il m'invite à m'exprimer sans détour, comme s'il savait de quoi j'allais parler, n'aide pas à tempérer ce trouble. Cela étant, pourquoi pas ? Pourquoi mentir, du moins en ce qui concerne les ennuis que j'ai pu avoir ? Après tout, même si je n'en ai jamais parlé jusque là, ce n'est pas comme si c'était un mystère qui peut me porter préjudice ! Et puis... Un mensonge ne serait pas convainquant vu ma surprise, et de fait c'est même par cela que je commence, un rictus mauvais aux lèvres.

"Tsss... Begnion a beau être une grande nation, apparemment, je ne peux m'empêcher de pencher qu'il y a quelque chose de rance en son sein. A commencer en effet par ces gorets nés avec une cuillère d'argent à la bouche et ces bigots ignorants. Si tu veux savoir, ma famille, ou plutôt l'homme que je voyais comme tel, a en effet eu certains problèmes avec, les vermines, ingrats et autres nuisances..."

Je marque une légère pause, alors que j'inspire profondément, oubliant l'aspect déplaisant du vent au fil de mon récit, tout en savourant le rafraîchissement qu'il procurait à le respirer. Cela me rappelle une leçon d'Ethan...

"Il m'a souvent dit de profiter de l'odeur du vent tant qu'un charnier ne l'empuantissait pas... Quand j'étais jeune, il m'a raconté beaucoup de récits sur son passé, je n'y ai vu alors que des récits de bataille glorieuses et d'héroïsme au début... Mais au fur et à mesure, ses histoires ont été de moins en moins embellies et j'ai de plus en plus compris à quel point tout ces conflits n'avaient rien eu de justes et à quel point mon père n'avait jamais été au final qu'un pion entre les main de quelques raclures cachant leurs mesquinerie derrière leurs titre pour jouer aux petits jeux qu'ils se faisaient entre eux, usant du le nom de la bigote de l'ordre pour justifier le versement de tant de sang... Ce nom qu'il a tant invoqué pour la vie de ses compagnons, tout comme il a parfois appelé celui de la catin du chaos pour qu'elle lui offre le trépas, mais jamais aucune ne lui a répondu. Je ne vais pas mentir, on ne peut pas dire qu'il a été un grand modèle religieux en la matière."

Je ne me rends compte qu'à la fin de ma phrase des termes que j'ai employé pour les déesses, ceux à vrai dire que j'ai l'habitude d'utiliser pour les désigner. Cela risque de déplaire, mais à vrai dire, je suis tellement plongé dans mes songes que je n'y pensais même pas. Je marque alors une brève pause avant de poursuivre, ma voix se durcissant un peu.

"Tout cela cependant je n'en ai réellement pris conscience qu'après l'avoir vu partir pour une guerre, plus grande que toutes les précédentes, et en revenir, usé, Et cela a été encore pire avec celle qui a suivi, où j'ai moi même eu l'occasion de suivre au loin l'armée... Que l'on soit clair, il n'était pas un lâche, au contraire même ! Il n'avait pas honte d'être un guerrier et il avait été assez habile pour survivre par lui même ! Seulement... Cela lui semblait si vain, et pourtant il ne pouvait se détourner de son rôle. Non seulement car il savait qu'il y était efficace et qu'il en recevait l'ordre mais également... De par ses pairs mêmes, et peut être un peu à cause de moi même. Je me le suis toujours demandé... Même si à vrai dire que je crois que j'aurai du mal, même aujourd'hui, à l'imaginer poser de lui même sa hache, et c'est pas l'entraînement qu'il m'a donné qui prouverait le contraire !"


Après tout, lors de ces deux conflits il était déjà relativement assez âgé, et il avait déjà combattu, plus que son compte. Des gens plus jeunes n'avaient pas eu à aller à la guerre au village, et pourtant il l'avait fait... Non pour lui, mais pour le regard que les autres avaient de lui, et indirectement, la tolérance qu'ils acceptaient d'avoir à mon égard... Mais j'écarte finalement ce songe, et continue, laissant toujours l'irritation poindre dans ma voix sans jamais la laisser pleinement se manifester.

"Néanmoins, c'était un bon père et je lui dois beaucoup... Et pour être honnête, lui même, pendant longtemps n'a pas eu de soucis concernant une quelconque question de différence. Au contraire, ses nombreuses batailles et sa survie l'avaient amenés à devenir un véritable héros local… Mais justement, en dehors de notre village les gens n'en avaient rien à faire, et puis un jour, certaines raclures ingrates emplies de foi, un peu plus excité que d'autres se sont intéressés à ce qu'ils ont vu comme un manque flagrant de piété… Ce jour là, j'ai voulu me battre à ses côtés, mais il m'a forcé à partir. Depuis… Disons que j'ai fais mon deuil, je crois."

Avec ça, même s'il est vrai que je me suis beaucoup étendu sur Ethan … Le vieil homme a je pense tout les éléments concernant ma hargne envers les déesses, . Du moins c'est tout ce que j'ai pu lui dire jusque là, ayant réussi à éviter le sujet de mes marques. Cela dit, quelque chose me chiffonne, et je devine rapidement quoi. Il est bien trop perspicace, il va se rendre compte que j'ai simplement éviter le sujet… De fait j'essaye de lui apporter une réponse crédible, mais que j'énonce néanmoins avec un nouvel éclat de rire.

"Quant à « l'horreur » elle même… Disons qu'il y a des enfants tellement moches que les déesses disent à leurs fidèles qu'il vaut mieux les voir morts ! C'est d'ailleurs sans doute pour cela que mes parents m'ont abandonnés. Heureusement pour moi que quand Ethan m'a découvert il avait déjà perdu la foi, sans quoi on ne serait pas en train d'avoir cette discussion !"


Voilà qui devrait lui suffire… Après tout, n'y a-t-il pas des enfants tués à la naissance justement parce qu'ils sont victime de difformités ? C'est généralement des histoires sordides, et heureusement j'en ai rarement entendu parler. Cependant, il est vrai que même les religieux cautionnent rarement ces actes là, mais je pense cela dit que c'est une réponse des plus acceptables pour la question du vieil homme.


Dernière édition par Engar le Lun 10 Avr - 16:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Leçon de vie (Pv Agnan)   Jeu 6 Avr - 10:26

Ce garçon réagit décidément bien aux "invitations" se dit Agnan en remarquant qu'à chaque fois il était devenu un peu plus...calme n'était pas le bon mot. Mais il était plus crédible, plus sincère. Il paraissait moins se chercher des excuses et ça c'était bon signe.
Le vieillard écouta attentivement l'histoire du profanateur, avec un grand sérieux. Il avait beaucoup à dire, beaucoup de choses douloureuses. Une haine envers les "têtes pensantes de Begnion" - même si jusqu'ici c'était tout ce qu'il y avait de plus normal se dit l'ancêtre - un rejet par sa véritable famille, l'une des raisons de ce nihilisme envers la religion - Agnan se crispa un instant en entendant les termes employés, mais se reprit vite et laissa le garçon continuer. Les déesses sont d'une infinie sagesse et sauront de toute façon lui pardonner ses écarts - et il s'attarda en particulier sur l'histoire de son père adoptif, ce Ethan. Un brave homme pour sûr, brièvement e vieillard recommanda son âme à la Déesse, et oui à Ashera car il ne ferait jamais confiance à l'autre pour son Salut, tandis que le jeunot terminait les origines de sa vie.

Pour Agnan, c'était absolument flagrant. La ressemblance avec sa propre histoire était bien trop évidente pour ne pas la remarquer immédiatement, sans parler de l'attitude du garçon vis à vis de ce qu'on pourrait aisément appeler...une marque. D'ailleurs, avant qu'il ne pousse plus loin son analyse, le jeune homme s'étale un peu plus à ce sujet, comme s'il craignait que l'ancêtre ne découvre ou ne sache de toute façon la vérité...et dans le même temps se livrait au même jeu que lui. Il tournait autour du vrai sujet sans entrer dedans.
Concentré, le vieux Daeroth ne quittait pas des yeux son interlocuteur, réfléchissait aux tenants et aboutissants de leur conversation. Le risque qu'il ne soit pas un Marqué après toute cette histoire était à peu près nul se disait le vénérable ancien.


"Voilà une triste histoire mon garçon, de telles épreuves t'ont certainement...Marqué."

C'était à peu près certain, il était un de ses semblables...mais pour autant Agnan ne parvenait pas à rentrer dans le tas. De ce qu'il avait pu cerner du jeune homme, celui-ci prendrait plutôt bien d'être reconnu par un compatriote qui s'en était sorti, ça pourrait même l'inspirer...mais le vieillard continuait à craindre un effet inverse, un "bug mental" qui lui grillerait juste toute logique en se voyant percé à jour par un vieux croûton tout sec.

"Mais c'est aussi pour ça que j'ai dit que tu étais égaré tout à l'heure, la voie que tu pensais avoir emprunté était similaire à celle de ces ignorants qui ont voulu te persécuter...ce n'est pas la route que devrait suivre un p'tit jeune comme toi, qui est promis à un avenir bien plus grandiose que tout ce à quoi peuvent aspirer ces mécréants, pour peu que tu le veuille ainsi."

Agnan lui posa une main rassurante sur l'épaule en lui souriant doucement. Il n'avait quasiment jamais abordé le sujet des "enfants maudits". Même depuis sa jeunesse, c'était un sujet absolument tabou. Aussi, malgré son grand âge, l'ancêtre n'avait pas la moindre idée de ce que le peuple moyen pouvait bien savoir aux sujets de leurs capacités, de leur longévité. Son sous-entendu serait peut-être trop subtil pour l'identification...mais d'un autre côté, c'était un conseil encourageant qui s'appliquerait de toute façon très bien à quiconque.

"Quelle tristesse...c'est peut-être parce que je ne sais plus faire que ça, mais j'adore les histoires, même si je regrette que même les plus fantastiques ont commencé dans la fange, la douleur et le sang soupira l'ancien "Et toi, mon garçon, tu aimes les histoires ? J'aimerais t'en raconter une. Une très ancienne, dont je suis sûr que même les grands-pères de tes grands-pères n'en ont jamais entendu parler."

Soufflant quand ses vieux craquèrent un peu lorsqu'il alla s'asseoir sur un banc en état acceptable, Agnan prit quelques instants pour réfléchir à la façon de tourner son aventure. Il ne s'adressait pas à un gamin aux yeux émerveillés, avide de chevaliers et de dragons, ni à une vieille femme en manque de sensations fortes, mais bien à ce qu'il pensait être un Marqué perdu dans la tourmente de la vie.
Machinalement, il recommença à lisser sa barbe.


"Tu es déjà allé à Daein ? C'est une belle région...le climat y est plus rude, surtout plus froid qu'ailleurs, en particulier à proximité des montagnes. Aujourd'hui, c'est une nation vraiment agréable, surtout sous le règne de Micaiah. J'ai cru entendre qu'elle n'était ni humaine, ni Laguz marmonna à peine plus bas l'ancien, comme s'il se perdait dans ses pensées en tripotant son bouc Peut-être est-elle un peu des deux ? Cela expliquerait pourquoi ce pays est parvenu à devenir si accueillant...mais je m'égare !"

Pas très subtil, mais il sentait que le jeune savait déjà qu'il savait sa véritable nature. Inutile de prendre des gants, et si, comme toujours dans l'éventuelle improbabilité qu'il ne soit pas un Marqué, il trouvait ses propos étrange...alors au pire il aura fait comprendre ce qu'était un Marqué à un Beorc normal et pourrait de toute façon prétendre être vieux. C'est sa botte secrète, ça fait toujours planer un gros doute.
Encore une fois, il regretta de ne pas avoir une foutue canne pour s'appuyer dessus. C'est dingue que même à son âge il ne soit toujours pas foutu de prendre une décision simple.


"Il n'en a pas toujours été ainsi...en fait, il y a encore quoi...dix ans, à peine, Daein était réputé tant pour sa puissance militaire que pour son racisme extrême. Les "sous-humains" le vieil homme ricana d'un ton sarcastique ça ne m'étonnerait même pas que cet horrible mot soit né là-bas...enfin bref. Quoiqu'il en soit, la logique de Daein était simple, du plus modeste paysan jusqu'aux têtes couronnées, tout le monde était d'accord. Si ce n'était pas "humain" on le tuait. Pire même, on le traquait ! Des siècles durant il y a eu des chasses organisées contre les non-humains, comme s'ils n'étaient que des animaux malfaisants."

Peut-être donnerait-il l'air d'un "regarde il y a bien pire dans la vie", mais qu'importe. Non seulement c'était vrai, mais en plus ce garçon avait eu une chance immense d'être accueilli et protégé par quelqu'un, une telle chance ne méritait pas d'être gâchée en tournant mal bêtement. Le vieil soupira.

"Un jour, un enfant est né, dans un tout petit village dans les montagnes. Il était la pire des abominations... Issu de l'union d'un Laguz et d'une Beorc, il portait une étrange marque sur la poitrine, comme un stigmate de sa nature "impie"..mais encore pire que ça, il était un bâtard indésiré, né d'une relation forcée."

Agnan s'adossa au banc pour inspirer à pleine poumons lorsqu'il sentit ses sourcils se froncer. On n'oublie jamais son ancien caractère, les leçons de sa jeunesse...pour lui, elles n'étaient faites que de rage et de haine. Envers tout le monde. Se replonger dans ces souvenirs n'était pas des plus agréables.

"Tu devineras aisément ce que les villageois voulurent en faire. Il y avait un sage parmi eux, une espèce d'érudit, un peu énigmatique et un peu dur de la feuille, qui leur expliqua plus ou moins ce qu'était cet enfant. Cela n'arrangea rien et les villageois passèrent de la peur de l'inconnu à la haine de la différence...ah oui, à cette époque, la domination du continent était disputée, les Beorcs commençaient à résister aux Laguz qui continuaient à profiter de leur force supérieure pour les soumettre. Pas vraiment une belle époque."

Ce détail là en revanche, il savait que peu de gens le connaissait. Autrefois, c'était les Laguz qui imposaient leur volonté. Mais il y a...deux siècles et demie peut-être, les Humains ont commencé à améliorer leurs armes, à développer leur magie et à s'unir. Ce fut l'hécatombe pour les changeformes.

"Aussi étrange que ça puisse paraître, l'enfant-maudit fut sauvé par sa mère. A grands renforts de suppliques et d'arguments, elle parvint à le faire épargner le vieillard marqua un arrêt, coulant un regard en coin au jeune homme "Mais pas par amour, pitié ou piété. Mais bien par son désir de vengeance. On prétend que le fruit de ces unions étranges, qu'on appelle les Marqués, possèdent un grand potentiel, comme s'ils héritaient d'une partie de la force de leur parent Laguz. C'est ainsi que cette femme qui n'avait rien demandé condamna son propre enfant à devenir une arme. C'est tout ce qu'il ne fut jamais d'ailleurs à ses yeux, et aux yeux des autres. Soit un monstre, soit une lame contre d'autres monstres..."

Le vieil homme eut un reniflement et s'essuya le bout du nez quand un coup de vent un peu frais le fit légèrement frémir. Il ne s'y était pas attendu alors qu'il se perdait dans ses plus vieux souvenirs. La température était risible en comparaison de celles de son foyer, mais le vent l'avait surpris.

"Et ce garçon était doué ! Que ce soit du à un talent inné, à son soi-disant potentiel à cause de sa nature, ou les deux, il était très fort...et devenait toujours plus redoutable à chaque combat. Mais très vite, il développa une haine aveugle pour tout ce qui vivait. Les Laguz, qui avaient été responsable de sa...hmm...malédiction, et qui de toute façon "n'étaient que des animaux bons à être massacrés", comme disaient les villageois, mais aussi les Beorcs qui le traitent comme pire qu'un chien. Il en venait même à se haïr lui-même Agnan soupira. C'était bien là la pire époque de sa vie. Il fut peut-être l'un des meilleurs bretteurs de sa génération, et avait sans doute même joué un rôle conséquent dans l'ascension de Daein sur les Laguz...mais c'était une période dont il ne pouvait se rappeler sans avoir un pincement au coeur "Mais c'est tout ce qu'il avait. Juste une haine aveugle et sans limites contre tout ce qui respirait. Alors il continua. Et il continua très longtemps, si longtemps que sa mère devait certainement être morte de vieillesse depuis bien longtemps, alors qu'elle avait condamné son propre fils à une très longue vie de douleur intérieure."

Avait-il dit que les Marqués jouissaient d'une grande espérance de vie ? Peut-être...il ne parvenait plus à s'en souvenir, comme quoi, même un Marqué avec l'âge... Il lissa pensivement sa vieille barbe.

"Puis un jour il changea. Il se demanda à quoi rimer de se battre ainsi, et incapable de se fier à qui que ce soit, ou d'aimer quiconque, notre homme se retira loin dans les montagnes, disparaissant du monde sans laisser de trace pour réfléchir. La solitude est rarement bonne, pour qui que ce soit. Même les animaux ne supportent pas d'être seuls...mais lui en avait besoin. Pour juger ses actes et ses raisons Le vieux Daeroth ne put s'empêcher de lâcher un profond soupir. Les premières années en ermite avaient bien failli avoir raison de lui. C'était très difficile de vivre là-haut, en étant déjà à moitié dingue. Combien de fois avait-il pensé avoir perdu l'esprit, combien d'hallucinations et de cauchemars avait-il eu, durant plus d'un siècle ? "Et pourtant, c'est en s'éloignant de tout qu'il se sentit devenir "humain". Au fil du temps, sa colère se dissipa. Les décennies passèrent, sans qu'il ne sache encore décider de ses lendemains, mais il avait appris à accepter son passé et à le comprendre. Et il aurait probablement pu continuer ainsi jusqu'à la fin de ses jours, à simplement chercher la sérénité"

Une fois de plus, Agnan ne put contrôler sa réaction et se fendit d'un doux sourire nostalgique. La troisième, et probablement plus belle partie de sa vie commençait maintenant.

"Un jour, un mercenaire errant, engagé par des gens encore plus errants que lui, déposa chez lui un tout jeune bébé qu'il venait de sauver de parents timbrés. Il n'était ni Marqué, ni Laguz ni rien. Ce n'était qu'un bébé malchanceux et le vieil ermite se retrouvait soudainement avec un morveux dans les bras. Autant dire qu'l était bien embêté ! En se souvenant de la tête qu'il avait du faire ce jour-là, l'ancêtre ne put retenir un léger rire "Mais une fois la surprise passée, et après un moment à réfléchir en s'occupant tant bien que mal de cet étrange "cadeau", le Marqué comprit ce qu'il avait à faire. Il avait connu le pire de l'humanité et avait survécu pour méditer, et apprendre de ses expériences...et ensuite les transmettre à un héritier qui saurait rendre le monde meilleur, forgé par les talents et la sagesse de son grand-père."

Une pointe d'angoisse troubla ce beau tableau. Le vieux Daeroth se demandait ce que devenait son si cher petit-fils...il paraissait en grand trouble la dernière fois, même s'il l'avait surpris en ayant subitement fondé une famille, Agnan avait bien deviné que le petit Redeye, enfin le très grand Redeye plutôt, n'était pas à son aise.
Il renifla en haussant les épaules pour chasser son inquiétude et reprendre son grand sourire. Il ne fallait pas inquiéter le garçon qui l'écoutait. Pas maintenant alors que son histoire se terminait sur une jolie note.


"Et quand son petit-fils put enfin prendre la route et parcourir le monde, le Marqué retourna à sa méditation solitaire. C'était une vie qui lui plaisait désormais, même si l'absence de ce chaos aussi infernal que merveilleux qu'était l'éducation d'un enfant lui manquait. Mais...après quelques années, le vieillard commença à songer à quelque chose. S'il avait pu former, presque dès sa naissance, un enfant pour qu'il soit à la fois fort, sage et tolérant, ne pourrait-il pas en faire de même à travers le monde ? A tendre une main à ceux qui sont dans le besoin, à apprendre à ceux qui sont enfermés dans la peur par l'ignorance ? Il ne suffisait pas de grand chose pour que le monde entier se porte mieux..."

Avec une certaine mélancolie, Agnan soupira une dernière fois. Il avait un peu embelli la fin de son histoire, mais...ce n'était pas si loin que ça de la vérité. Il savoura quelques instants la simplicité d'être encore en vie, et de continuer son oeuvre, même à son âge. Au nom de la Déesse, du pardon, de l'humanité...ou tout simplement de ses choix, peu lui importait. Il le faisait.
Puis il se fendit d'un grand sourire, se permettant même un léger rire. Il ne devait pas rester sur une touche aussi sérieuse trop longtemps.


"J'aime beaucoup cette histoire personnellement, même si je dois avouer que ce qui me fait le plus rire, c'est d'imaginer que si ce vieillard existe, il doit être encore plus rabougri que moi ! Hohoho !"
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MessageSujet: Re: Leçon de vie (Pv Agnan)   Jeu 6 Avr - 22:40

Un mot... Il suffit cette fois d'un unique mot pour m'acculer, me faire disparaître mon sourire et m'ôter toute certitude quant à la préservation de mon secret. Ce mot que je honnissais que je haïssais, que chacun dans mon village murmuraient lorsqu'il s'agissait de parler de moi, comme si je n'étais que cela, une chose, un "Marqué", sans nom, ni vie propre... Bien sûr, je sais que ce mot peut être usé autrement et je ne réagis pas de la sorte dès que je l'entends. Seulement, la perspicacité dont a déjà fait preuve le vieil homme et la façon même qu'il a de dire cela m'amènent à penser que ce n'est pas un hasard. Après, peut être que je le surestime un peu, et de toute façon, quand bien même il aurait deviné, à quoi bon faire des aveux directs ? S'il lui reste un doute qu'il y reste ! Je n'ai aucune raison d'y apporter confirmation ! De fait, malgré la disparition de mon sourire, je me contente d'ignorer ce terme précis, et de grimacer à ceux qui suivant, affichant une moue sceptique, sans pour autant chercher à écarter sa main de mon épaule, même si je ne savais pas quoi en en penser exactement.

"Je vais finir par croire que tu as jeté un coups d’œil dans l'avenir au vu de toutes les certitudes que tu sembles avoir... Que diable m'amènerait à avoir un destin plus grandiose que tout autres individus, hm ? Je ne vois pas vraiment, au contraire même... Cette voie dont tu parles, c'est la seule que j'ai trouvée pour que la honte et l'oublie ne soient pas justement le seul destin possible pour moi, du moins où je survis !"

Malgré l'amertume de mes propos, je suis néanmoins interloqué par son offre, et j'y réponds par un simple hochement de tête. Après tout les histoires Ethan m'en avait raconté de nombreuses, et même encore aujourd'hui, c'est un de mes petits plaisirs d'écouter les récits du passé comme ceux du présent. Il y a souvent quelque chose à en apprendre, et si ce n'est pas le cas, on peut toujours en tirer un bon moment. Cela dit, au vu de ce que je crois savoir du vieux, je doute que l'histoire qu'il souhaite me conter ait pour seul but de me distraire ou de satisfaire quelques envies séniles, surtout si elle était si ancienne que cela.

Et ainsi le récit commence par une question, à laquelle je ne répond que par un mouvement négatif de la tête, pour ne pas l'interrompre, puisqu'il semble souhaiter poursuivre. Après tout, nous sommes certes à Daein, mais je ne m'y suis jamais rendu avant les quelques jours ayant précédés ma visite et je pense que le vieil homme songe à des temps plus ancien. Cela dit j'en sais un peu de ces derniers, après tout mon père s'était déjà rendu dans ces terres pour s'y battre et il m'avait tout conté ! Cela ne m'empêche pas pour autant d'écouter avec attention mon interlocuteur, d'autant plus qu'il évoque tout autre chose, les reliefs du pays et, surtout, sa dirigeante qui semble bien... Particulière, m'amenant à hausser le sourcil. Ni humaine, ni Laguz, mais un peu des deux ? Je ne vois alors qu'une possibilité, mais ça me parait si improbable qu'elle puisse alors être la souveraine d'une nation, non ça doit être autre chose, il doit se tromper. Les seuls récits que je sais de Daein l'ont dépeint comme un état guerrier et néfaste, et Ethan m'avait bien mis en garde d'y être toujours prudent de par leurs longues histoire d'hostilité à l'encontre de ceux qui leur était différent. Néanmoins, cela peut valoir que je m'y intéresse, après tout j'ai toujours considéré les choses depuis Begnion... Et si les choses étaient différentes ici ? Quelque part j'en doute, mais les propos du vieil homme font naître cet espoir... A voir s'il ne sera que source d'une nouvelle déception ou pas.

Et justement, il évoque ce qu'a été Daein, ce qui lui vaut sa réputation, et ce qu'est peut être toujours la nation à l'insu du vieil homme, un pays martial et emplie de hargne à l'encontre de tout ce qui ne leur ressemblait pas. Des chasses aux animaux, le terme me semble bien choisi au regard de ce qui m'arriverait probablement si j'avais le malheur de dévoiler ma nature à quelques individus trop zélés... Et c'est bien ce contexte qui semble être le cœur de l'histoire... L'histoire d'un homme, né en un autre temps, mais qui comme moi n'était pas tout à fait Beorc, mais aux origines plus troubles encore. Un enfant qui a échappé de peu à la mort, pour finalement devenir une arme, façonnée par sa propre mère dans la guerre contre les Laguz, un guerrier qui haïssait ces derniers...

Et à l'évocation de ce détail, il n'en fallut pas plus pour que j'assemble les différentes pièces du puzzle qu'a disséminé le vieil homme et y ajoute quelques savoirs personnels. Tsss, voilà qui explique en partie pourquoi il est si perspicace. Suite à quoi, tout les éléments qu'il évoqua, formant un récit a priori plein d'enseignement, ne firent que confirmer ma pensée, qu'il s'agisse de l'habilité du guerrier, de sa longévité, ou encore de sa rédemption. Cependant, bien que je commence à voir son schéma, je suis interloqué à la mention de l'enfant et de son éducation qui suscite quelques curiosité en moi, et quelques troubles chez le vieil homme, trahissant ce que j'avais deviné... Et sa conclusion est par trop évidente pour qu'il puisse réellement penser que je n'ai pas deviné de quoi il en retourne. Ainsi je le joignis dans son sourire regardant le ciel d'un air songeur, hésitant sur ce que je devais faire quant à ce qui allait suivre. Par contre pour l'instant précis, je sais exactement quoi dire et je ne m'en prive.

"Je crois qu'il serait probablement incapable de se déplacer ! Sauf si bien sûr le fait qu'il vieillisse lentement et son passé mouvementé lui ait permis de se conserver assez, hm ? Quoi qu'il en soit l'histoire est belle et intéressante, mais je trouve qu'il manque un élément. Comment le guerrier s'est il rendu compte de ses errances ? Cela s'est il fait par la rencontre avec son ennemi ? Une charmante féline peut être ?"

Retournant contre lui les allusions qu'il maniait si bien, avoir moins de finesse je dois l'admettre, je lui adresse un regard quelque peu complice, avant de poursuivre, d'une voix un peu moqueuse.

"Je t'ai sans doute paru stupide avec mon attitude, mais entre autre chose, j'ai tout de même appris à additionner, aussi bien les nombres que les faits ! Et il y avait bien trop de points similaires entre ton histoire personnelle et celle que tu viens de me compter... Ce marqué, c'est toi, hm ? J'ai beau savoir assez peu de chose sur ce qui nous définit, j'ai remarqué grandir plus lentement que les autres enfants et on m'a assez rabâché ma parenté bâtarde !"

Il va de soit que ces mots, je les prononce à vois basse, ne serait ce que pour éviter le risque que le prêtre puisse nous entendre. Après tout, je n'ai pas envie que le religieux se retourne contre son sauveur, quoi que cela serait assez cocasse ! Cependant malgré cette pensée amusante, je ne retiens pas un léger soupir, alors que je recule, poursuivant sur un ton plus amer.

"Je me demande bien où est ta marque cela dit, elle est assez bien cachée au moins... La mienne est bien plus évidente."

Après tout, ça ne sert plus à rien de m'en cacher. Je sais qu'il est marqué, et il sait que je le suis, à quoi bon continuer ce jeu de mensonge. Cela étant, il est vrai que je ne peux dissimuler une pointe de jalousie dans mes propos précédents. Je savais bien que je n'étais pas le seul marqué, mais j'ignorais que certains n'avaient pas un signe aussi visible de la honte de leur existence... Cependant j'essaye de ne pas m'y attarder.

"Toi... Tu peux marcher parmi les autres et on ne te demandera rien. Quelques précautions te suffisent pour cacher tes origines, mais moi..."


Je n'arrive pas à croire ce que je vais faire,  mes mains en tremblent. Pourtant... Pourtant c'est tout ce que je peux faire pour qu'il comprenne ce que MOI, je vis. Ainsi, moi qui dénoue cette étoffe seulement pour la nettoyer, sans que personne, même pas moi, ne puisse voir ce qu'elle cache, je le fais cette fois pour l'exhiber... Mais parce qu'il est mon semblable, que je sais, ou tout du moins espère fortement, qu'il ne me jugera pas pour cela. Il suffit ainsi de quelques gestes pour que le tissu se défasse, et alors que je le sens retomber entre mes mains, je sais déjà ce qu'il voit, alors que j'ai fais tant d'effort pour l'oublier. Ces deux traits, plutôt larges, l'un noir comme la nuit partant presque de mon menton, l'autre d'un gris cendré, presque argenté commençant à l'arrière de ma mâchoire, formant deux courbes mouvantes, s'entrelaçant une fois sous mon œil, puis une seconde fois au niveau de mon arcade avant de se rejoindre près du front. Cela pourrait pourrait paraître encore discret, mais chacun de ces tracés était lui même ponctué par d'autre traits, plus courts, les faisant ressembler à des ronces, et attirant particulièrement le regard, étant de la couleur du trait auquel ils n'étaient pas rattachés, le tout ressortant d'autant plus sur une peau plus pale que le reste de mon corps, sans doute à force de rester sous ce bandage...

En somme, une horreur sans raison ni harmonie, que seul un bandage, tels ceux que je porte depuis toujours, pouvait cacher. je... J'ai beau savoir qu'il est comme moi, le simple fait de montrer cette marque, cette horreur m'amène les larmes aux yeux, car je ne sais que trop bien ce qu'il en est ! Néanmoins, je me reprends assez pour réussir à prendre la parole, même s'il est assez difficile de le faire sans trop l'élever et risquer d'attirer l'attention.

"Co... Comment je suis censé vivre à découvert comme tu le fais ? Si je reste trop longtemps au même endroit ou aux côtés d'une même personne, il y aura un moment où les gens voudront savoir, voudront voir ce qu'il y a sous le bandage et alors...  Ce sera comme toujours, ils auront peur, me haïront... Tout cela parce qu'on leur aura appris à réagir ainsi, et ce peu importe ce que j'ai pu moi même faire ! Peu importe mes actes. Alors... Sincèrement... Puisque ce que je ferai ne sert à rien... Pourquoi... Pourquoi je ne me vengerai pas à l'encontre de celles qui sont sans doute responsables de ce que je suis et au noms desquels nombre de personnes me traitent ainsi ? Quel grand avenir pourrai je avoir quand la simple vue de mon visage m'attirera mépris et haine ? Quelle famille pourrai je espérer quand je sais que quand bien même j'aurai des proches je leur attirerai forcément le malheur ?"


Il s'en faut de peu pour que je crie, et ce de plus en plus au fur et à mesure de mes propos, alors que je reviens presque sans y penser au sujet initial de notre conversation, levant presque inconsciemment vers le ciel le point serrant l'étoffe qui couvrait mon visage... Seulement cette fois, pas de mystères ou de cachotteries, tout était dit de par et d'autres, et maintenant j'attends, appréhendant et espérant à la fois sa réponse, sans vraiment savoir ce que j'en attends ? Une approbation ? Un Rejet ? Ou autre chose... Je ne sais pas...  Peut être même ai je fais une erreur qui me forcera à fuir, une fois encore.


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MessageSujet: Re: Leçon de vie (Pv Agnan)   Ven 7 Avr - 12:18

Même si l'ancien était persuadé que seul un idiot du dernier degré n'aurait pas fait le lien, il ne put s'empêcher de sourire d'un air satisfait quand le jeune homme perça à jour ses petits jeux. Puis ensuite, il conserva le silence, laissant enfin la parole libérer les doutes du garçon alors qu'il pouvait enfin trouver un pair, quelqu'un qui lui ressemble...à quelques siècles près en tout cas, en se fendant d'un sourire paternel, un brin énigmatique, celui d'un vieillard qui regarde la jeunesse apprendre, révélant simplement la Marque noire en forme de griffe sur sa poitrine en écartant un pan de son habit séculaire lorsqu'il l'interrogea sur la localisation de son stigmate.
Agnan demeura muet alors que son semblable commençait enfin, peut-être pour la première fois, à afficher sa honte et sa peur. Un premier pas vers ce qui le libérerait peut-être un jour de ses démons, songea le vieil homme, puis le petit profanateur dévoila enfin son véritable trouble, ce qui lui avait donné ce doute et ce mauvais chemin, la raison erronée qu'il avait essayé d'éviter et oublier.

A son tour, le vieux Daeroth s'adossa simplement au banc et leva les yeux au ciel. Oui, ce genre de questions étaient toujours redoutables, elle pouvait rendre fou et pousser même le plus tranquille des hommes à commettre l'impensable, même en allant pleinement à l'encontre de sa nature.


"Il n'appartient qu'à toi de décider s'il est juste ou non de te venger de ceux qui t'ont fait du mal...mais, et pour ceux qui ne t'ont rien fait ?"

La peur....la peur était toujours à l'origine de doute. Quand l'être pensant à peur, il veut l'éliminer. Par la fuite ou la violence, généralement, et il entraîne ainsi d'autres peurs. Un cycle également, comme celui de la violence car les deux sont si intimement liés... Il recommença à lisser sa barbe, se demandant s'il n'avait pas fini par développer de la corne sur les doigts à force de répéter encore et encore ce geste depuis des décennies.

"Le monde change, mon garçon. Mais il change parce que des gens le font changer. Que tu sois un Beorc, un Laguz ou un Marqué, le véritable problème ne vient pas de ton origine, mais de ce que les gens pensent de toi il prit un instant pour soupirer doucement, paisible même dans sa façon de respirer Tu me demandais comment tu devrais faire pour vivre à l'extérieur, alors que ta seule peur soit qu'on voie ta Marque...mais dis moi mon garçon, penses-tu qu'il m'était facile de marcher dans la rue quand toutes les nations, des rois jusqu'aux paysans, connaissaient mon visage comme étant celui d'un tueur sanguinaire ?"

Ses yeux, toujours vifs malgré l'âge, suivirent un nuage qui flottait doucement, si haut dans le ciel bleu. C'était toujours une expérience particulière, de regarder vers l'infini. Il repensa à son petit Redeye, aux dernières fois qu'il l'avait rencontré, en particulier chez Liyu, cette longue discussion qu'ils avaient eu dans la nuit, en privé, juste entre eux. Le vieillard aurait parié que le Rôdeur avait résumé cela à sa femme par quelque chose du genre "on a parlé.", puis il soupira.

"J'ai revu mon petit-fils, il y a quelques mois. Enfin petit, il est tellement grand que j'avais l'impression de regarder une statue ! Enfin..tu sais, ce n'est qu'un Beorc. Tout ce qu'il y a de plus Beorc, et je l'ai élevé pour qu'il ne fasse aucune distinction entre les races. Je crois même qu'il est fasciné par les Laguz ! Tu l'aurais vu quand je n'avais pas encore à me tordre le cou pour le regarder dans les yeux, le plus adorable et curieux des petits garçons, plus chevaleresque qu'un chevalier, plus innocent qu'un chaton."

Cette époque pourtant récente dans la vie du vieillard lui paraissait subitement si lointaine...ce n'était même pas une vingtaine d'années en arrière, mais Agnan avait l'impression que c'était plus d'un siècle plus tard. A n'en pas douter, c'était la plus belle époque de sa vie...

"Il m'a parlé de la vie qu'il avait mené, pendant un moment. Où il offrait ses services à ceux qui en avaient besoin, pour tout et pour rien, du jardinage jusqu'à l'affrontement de bandits. Cet idiot m'a dit qu'il s'était même qualifié de "mercenaire bénévole" un jour, tu te rends compte ? l'idée fit rire doucement le vieillard, qui s'imaginait sans peine ce petit garçon, avec de grands yeux pleins de vies et de grands rêves inventer un concept aussi improbable "Il était toujours seul. Sans alliés, sans amis. Peu importe les difficultés ou le prix à payer, il continuait car il croyait en ce qu'il faisait. Il croyait qu'en persévérant, qu'en se...sacrifiant pour les autres, il pourrait leur apprendre à s'aimer et se comprendre."

Agnan sentit sa gorge se nouer en repensant à l'état qu'affichait son petit-fils quand celui-ci lui racontait tout cela. Il n'était qu'un Beorc, mais ses marques en disaient bien plus que la sienne...il avait souffert, bien au-delà de ce qu'un homme aussi bon n'aurait jamais du connaître.

"Il disait qu'à l'époque, rien ne comptait plus que la gratitude des gens qu'il aidait. Car il savait que, même lorsqu'il devait prendre une vie, il le faisait pour en sauver une autre. à nouveau, le vieillard soupira, se sentant subitement très âgé "Tout à l'heure, tu parlais des vies avec lesquelles les "puissants" jouaient en masse. T'es tu seulement représenté ce que cela signifiait vraiment ? On ne peut jamais prendre à la légère un meurtre... Redeye m'avait dit qu'un jour, il avait été engagé en urgence pour sauver une mère et ses deux filles d'un prise d'otage. Malgré tous ses efforts et qu'il ait failli mourir, il n'avait pas pu sauver la mère. Malgré tout son courage et son héroïsme, malgré qu'il avait tout de même sauvé deux vies au péril de la sienne...il n'a jamais pu s'enlever de la tête qu'il avait échoué à sauver une famille, que ces deux filles ne verraient plus jamais leur mère, et que c'était sa faute."

Rapidement, feignant de se gratter le nez, l'ancêtre s'essuya les yeux. On peut bien être tolérant et quand même considérer que pleurer est indigne d'un véritable homme, même si cela en dit long sur ce qu'il ressent réellement.

"Et pourtant il a continué. Durant des années, même lorsqu'il "échouait", il continuait. Il se disait qu'il devait devenir plus fort pour que cela n'arrive plus, qu'il devait réussir à changer les choses pour que plus personne n'ait à pleurer. Ca, c'était le garçon que j'avais élevé... un véritable soupir de déprime s'échappa du vieil homme. Il ne pouvait pas imaginer la souffrance qu'avait bravement enduré son garçon...ni la brutale déchéance qu'il avait connu, et sans doute même à cause de lui "Mais l'homme qui me racontait tout ça...ce n'était plus lui. Quelque chose avait brisé sa volonté et son courage et lui avait fait perdre son chemin. Il n'avait plus goût à la vie, ni la sienne, ni celle des autres. Je crois que c'est quand il s'est dit que ce qu'il faisait était inutile, que la violence et la haine était de toute façon universelle et omniprésente. Sa solitude a fini par avoir raison de sa résistance..."

Il revoyait ce colosse, dans la nuit, qui lui racontait son histoire, et Esberg. Ce mastodonte couvert d'une armure qui cachait bien plus son coeur que son corps, borgne et usé, et pourtant si jeune. C'était un monstre, s'était dit Agnan. Une force de la nature...puis il l'avait écouté, et ce qu'il avait devant lui n'était rien de plus qu'un petit garçon déboussolé. Il aurait pu fracasser le vieillard, ou Liyu, même avec un seul doigt et pourtant...il n'émanait aucune force de lui. Le vieux Daeroth sentit sa poitrine se serrer, en repensant au regard solitaire et blessé de son petit-fils.

"J'aurais voulu le gifler, et le secouer pour lui faire entendre raison...mais sans compter le fait que je me serais probablement cassé quelque chose, je n'en avais tout simplement pas le courage. Je me suis dit que s'il avait simplement eu la chance de rencontrer quelqu'un comme lui, au bon moment, Beorc, Laguz ou Marqué, quelqu'un qui partage sa volonté de surmonter l'adversité pour faire un monde meilleur pour tous...je me suis dit qu'il ne se serait pas effondré, et qu'il serait en train de sauver des vies au lieu de se griffer jusqu'au sang."

Encore, Agnan poussa un profond soupir, interminable. Il n'avait même pas su quoi dire à ce pauvre enfant perdu. Il avait donné des conseils, des astuces et des histoires à des centaines d'autres...mais pour le sien, il en avait été incapable.
Enfin, le vieillard tourna à nouveau le regard vers le jeune Marqué, ses lèvres sèches, pincées, s'étirant dans un maigre sourire plein de tristesse.


"Excuse un vieux fou qui s'inquiète pour son seul enfant...mais, c'est aussi pour cela qu'il ne faut pas céder ni à la peur, ni à colère. Quand on blesse quelqu'un, c'est soi-même que l'on blesse. Toi aussi tu le sais bien, tu voulais donner l'air d'être heureux de frapper ce pauvre prêtre tout à l'heure, mais...qu'en pensais-tu réellement ? Que ressens-tu maintenant, quand tu y repenses ?"

Le vieux s'était magistralement égaré, avait-il l'impression. L'expérience n'évite pas les erreurs, les déviances, ni l'angoisse. Mais peut-être que s'il s'était éloigné de son but initial, il avait tout de même pu donner une leçon importante à ce jeune homme...tout en exorcisant un peu ses propres démons.
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MessageSujet: Re: Leçon de vie (Pv Agnan)   Sam 8 Avr - 0:40


Au moins, a t-il l'honnêteté de me montrer sa marque alors que je dévoile la mienne... Mais en effet, j'ai vu juste, sur le torse et de taille moindre il lui était bien plus facile de le cacher et quelque part je l'envie, comme j'ai toujours envier dans le fond ceux qui sont nés sans avoir à se soucier de pareille chose. Cependant, je sais au fond que lui même n'a pas choisi de naître avec cela, et ma jalousie ne me fait pour autant oublier son récit, ces peines qu'il avait lui même enduré pour son héritage, et les actes qui en avaient découlé. C'est d'ailleurs dans le fond ce qui m'amène à me dévoiler, sans plus de mensonge, le fait que malgré nos divergences, il soit à même de me comprendre. D'ailleurs, comme je l'attendais de lui, le vieil homme ne demeura pas sans réponse. Accusant son grand âge, dans toute sa mesure, par son attitude, il n'en parla pas moins toujours avec autant de clarté dans la voix et sans cesse d'être en partie énigmatique par ses mots. Ainsi, s'il m'adresse une question, je sais bien que cette dernière est a priori rhétorique, mais n'en attends pas moins une réponse qui, cependant, attendrait qu'il ait fini de parler, car par son attitude et son intonation, il parait évident qu'il ne va pas s'en tenir à une simple intonation. D'une certaine façon, il me suffit pour le moment d'observer la course de ses doigts sur sa barbe...

Cependant alors que je m'attends à de simples conseils enveloppés dans de sages formulations, ce qu'il semble faire à m'invitant à façonner le monde par mes actes, tout en soulignant le fait qu'après tout, lui meme n'avait pas été mieux vu à son époque, quand bien en ce qui le concerne ça avait été pour ses actes et non ses origines, une chose qu'il pouvait changer...  Seulement, je ne m'attarde pas sur ce point de détail alors que le regard du vieil homme se perd dans le ciel et qu'il se dévoile encore un peu plus, me parlant davantage de cet enfant qu'il avait évoqué dans son précédent récit, se dévoilant un peu plus, tout comme je l'avais fait... Et je dois avouer que c'était plaisant, ou tout du moins rassurant.

Au contraire du récit qu'il me fait. Pourtant cela commence bien, avec un enfant éduqué à respecter tout le monde et se montrant digne  de cet enseignement une fois adulte, se comportant avec altruisme...Tel un héros dirait même certains. Pourtant, alors que mon interlocuteur en parle, il m'est aisé de deviner par son attitude que cette nouvelle histoire cache quelques ombres ou une fin amère. Cela ne m'empêche pas de rire avec lui à l'évocation de la notion étrange inventé par son petit fils... Mais c'est peu après que le récit commence à s'assombrir, avec la solitude de cet homme qui ne le méritait pas, puis les échecs meurtrissant auxquels il avait été confronté, qui avaient dû ébranler ses louables convictions, ne serait ce que cette fameuse confrontation avec la mort d'autrui, à laquelle le vieil homme me renvoie d'ailleurs...

Finalement, il me raconte comment l'enfant qu'il a élevé a été brisé, malgré toute sa force, malgré toute sa bonne volonté, pour ne laisser qu'un individu désillusionné et amer et comment lui même a été impuissant à l'aider dans cette épreuve... Et je dois avouer, en cet instant il me serait si facile de simplement retourner ce récit contre lui, de me servir de cet exemple pour affirmer qu'en effet lutter de la sorte ne sert à rien ! Ce serait probablement aisé ! Seulement, en dehors du fait que je ne souhaite pas davantage meurtrir le vrai homme, c'est tout autre chose que je ressens dans le fond. Peut être une volonté de croire en ce que cet homme brisé a cru à une époque, ou tout du moins en quelque chose s'en approchant. Je n'en suis pas sûr, mais je crois que ça s'y apparente. Quoi qu'il en soit, c'est à mon tour de soutenir le vieil homme, et ainsi, au terme de son récit, c'est à mon tour de poser une main compatissante sur son épaule, sans un mot... C'est probablement le mieux que je puisse faire. Après tout, contrairement à lui, je n'ai pas l'expérience qui me permettrait de lui prodiguer de sages conseils... Et de toute façon, même son propre récit amer ne suffit pas à le déstabiliser, et il s'intéresse bien rapidement de nouveau à moi, bien que cela soit si soudain, que je ne peux retenir un sourire, bien qu'un peu mal à l'aise face à ses nouvelles questions.

"Sincèrement ? Quand j'y repense, j'éprouve une certaine honte. Cet homme ne m'a rien fait, et je n'ai aucun plaisir à l'avoir meurtri dans sa chair. Seulement c'est le seul moyen que j'ai d'atteindre celle qui sont les premières responsables de ce que je vis et à l'encontre desquelles, oui, je compte exercer ma vengeance, d'une façon ou d'une autre. C'est toujours comme cela que j'y pense, mais même si l'idée de m'en prendre à certains qui ne m'ont rien fait pour atteindre ceux qui m'ont meurtri m’écœurent dans le fond, j'ai appris que c'était parfois le seul moyen...Et alors cela soulève je suppose la grande question. Est ce que ça en vaut la peine ? Pour moi oui, même si ça dépend des circonstances exactes. Sans doute suis je allé un peu loin aujourd'hui, pour une injure qui ne sera probablement pas entendus par leurs destinataires..."

Il va de soit que mon sourire s'efface rapidement alors que j'évoque cela, ma main se retirant également de son épaule, pour ne pas me montrer trop familier. Je n'en poursuis pas moins, n'ayant pas oubliée une des questions soulevées au cours de son récit.

"Quant à aller jusqu'à tuer, oui j'y ai pensé, déjà en me demandant pourquoi les gens voulaient ma mort... Et puis aussi insolent que je sois, je n'ai que rarement ôté la vie, du moins humaine, seulement quand la mienne était en danger. Je n'oublie pas la peur que j'avais de ne pas voir Ethan revenir, et c'est, au fond, assez aisé de deviner que les familles de ceux que je hais éprouvent la même chose... Même si parfois elles même le méritent... Mais justement, je crois que c'est bien cette pensée à l'égard des morts qui rendait Ethan si amer, même s'il continuait malgré tout. Cela étant... Assez parlé de moi !"

J'avais répondu à ses remarques, et je fais preuve sur cette phrase par un certain enthousiasme, tel qu'il est évident que je cache quelque chose derrière. Néanmoins je laisse flotter un bref silence, le temps de renouer mon bandage promptement, avant de poursuivre, avec une attitude complice.

"Quelque chose me dit que tu espère que je ne prenne pas la même voie que votre petit fils, ou plutôt, que je la fasse en sens inverse... Cela étant, de ce que j'ai entendu de lui, c'est un gâchis qu'il est en train de faire, un gâchis pour lequel tu ne peux pas grand chose, mais peut être que quelqu'un d'autre le pourrait, en s'y prenant autrement. Alors, je me demande dans le fond... Tout cela, tu me l'as dit juste pour m'aider ? Me donner une comparaison de ce que je peux être ou de ce qui peut m'arriver ? Ou bien parce que tu espère que j'y fasse quelque chose ? Qu'il est encore temps pour ton petit fils de croiser quelqu'un qui pourrait l'y aider, hm ?"

Dans le fond, c'est une idée saugrenue, et moi même j'en ris avec sincérité, tandis que je finis le nœud de mon bandage, sans pour autant trop altérer ma vision...

"Dans le fond c'est une idée saugrenue, mais après m'en avoir parlé ainsi, j'avoue que je suis curieux de voir l'individu et ce qui a pu l'amener à cela, en tirer des leçons, et pourquoi pas, pour une fois, en donner ? Après tout il connait bien les votres, peut être lui en faut il de nouvelles..."

Mon sourire persiste à ces mots, mais à vrai dire ma voix se fait quelque peu moins jovial... Puis je lève à mon tour la tête vers les cieux, inspirant de nouveau, profitant du vent frais, réfléchissant encore un peu à tout ce qui avait été dit.. Avant d'enfin prononcer mon avis.

"Bref, quoi qu'il en soit...Tu as gagné vieil homme, du moins en partie... Je vais essayer... Je vais essayer de tracer ma voie par moi même, et d'agir moins aveuglement quant à ma rancœur. Je verrai bien ce que cela donne. Après tout qu'ai je à y perdre ? Si cela fonctionne peut être le monde s'en portera t-il mieux, et si ce n'est pas le cas... il me sera aisé de retourner à mes "travers."

Aucune promesse en somme, car à vrai dire, quand bien même j'ai écouté attentivement ses récits et en ait retenu des leçons, je n'oublie pas un élément primordial, qu'il a lui même évoqué. Le monde change, et il est parfois nécessaire de changer avec lui, en bien comme en mal... Seulement je suis prêt à agir un peu différemment, de faire autre chose pour le façonner...


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MessageSujet: Re: Leçon de vie (Pv Agnan)   Lun 10 Avr - 9:41

Voilà ce qu'il pouvait qualifier d'être véritablement une bonne journée, se disait le vieillard en écoutant dans un sourire compatissant les impressions de ce jeune homme. Il avait rencontré un Marqué, tellement perdu qu'il en venait à agresser à tout va même des innocents, à l'encontre même de ses propres valeurs, et était peut-être parvenu à lui redonner espoir, à éclairer son chemin. C'était déjà suffisant, comme il le disait lui-même, une vie est toujours précieuse, même si ce n'est qu'une seule vie parmi tant d'autres...
Mais le véritable succès de ce petit débat de convictions et d'histoires, c'est que ce garçon était prometteur. Il était loin d'être stupide, ou simplement borné. Il avait juste besoin d'un peu de confiance, d'un bon entourage, qu'on l'accueille et le soutienne...et il pourrait aller loin.
Les Marqués sont parfois appelés les enfants maudits, songea Agnan, mais comme le veut l'équilibre, pour tout mal il y a un bien. Ceux qui parviennent à surmonter leur "malédiction", à sortir du lot, ceux là voient leurs malheurs se changer en don. Leur potentiel est parfois supérieur, même si le vieux Daeroth lui-même tend à penser qu'il s'agit plus d'une légende qu'autrefois, mais surtout ils ont une espérance de vie bien plus longue...donc d'autant plus de temps pour apprendre et mûrir, se rapprocher toujours plus de ce que les gens appelaient "la sagesse". Lui-même en était un excellent exemple, autrefois honni et craint par tous, même ses propres pairs, désormais on l'écoutait et portait à ses paroles un poids certain, ne serait-ce que par son allure de vieux sage descendu de sa montagne
Hmm ? Oh ce n'est pas forcément faux...peu importe.


"Ma victoire est la tienne mon garçon, si dans cent ans tu te retournes pour voir le chemin que tu auras parcouru, et que tu hoches la tête en ne regrettant rien, alors là nous serons tous deux gagnants."

Agnan se moquait bien d'obtenir raison ou non. C'était d'ailleurs pourquoi il refusait de se considérer comme sage. Peut-être se trompait-il, ou avait une vision erronée. Cela n'avait pas d'importance à vrai dire, tout ce qui comptait, c'était que les âmes égarées comme celles-ci prêtent attention à ce qu'il essaye de dire, qu'elles trouvent un message et une réflexion, pour ensuite trouver leur voie.
Il hocha encore la tête, satisfait du potentiel qu'il pensait apercevoir dans ce garçon. Bien évidemment, Agnan espérait inviter son interlocuteur à suivre un chemin bienveillant et généreux.


"Tu es un brave petit. Sache que, peu importe la voie que tu choisiras et ce que les autres en penseront, ce qui compte, c'est que tu te sente accompli."

Puis, encore, le vieillard commença à lisser sa barbe en regardant le ciel, réfléchissant déjà lui-même à ses prochains mots...et se mit à rire doucement en étant convaincu qu'il ne pourrait jamais se considérer comme un sage. Comment pourrait-il l'être, quand il n'écoute pas ses propres conseils ?

"Mais s'il y a un conseil que je peux vraiment te donner...c'est de prendre ton temps. Là, je pense que tu as la tête sur le point d'exploser, tu te poses pleins de questions et de doutes...et c'est normal, c'est pour cela que nous avons un esprit et une conscience. Si tu prends le temps de vivre ta vie, tu pourrais bien vivre au moins aussi longtemps que moi, et quand tu es né à peu près en même temps qu'une nation, tu peux t'estimer âgé, crois-moi !"

Cela le fit rire un peu à nouveau, en même temps qu'il sentait malgré tout le poids des années affaisser un peu ses épaules. Sa mémoire se faisait assez floue, lorsqu'il remontait si loin, surtout qu'il était très loin d'être un érudit durant ses "jeunes années". Bâtard de Laguz et d'une paysanne mal dégrossie...élevé uniquement pour taper des gens, ce n'était pas gagné.

"Tu as le droit d'espérer mener ta vie comme tu l'entends mon garçon. Si tu doutes à nouveau, demandes toi ce que tu voudrais être, dans un petit siècle ou deux. Demande toi qu'est-ce que tu aimerais pouvoir dire et apprendre aux jeunes génération, à tes jeunes semblables égarés, si tu suis tes convictions tu ne peux pas te tromper..."

Après tout, tout a toujours un sens...le vieillard pouvait douter du bien-fondé de ses techniques d'épée, à l'époque. De la bonne cause qu'il "défendait", mais quand il avait élevé son garçon, il avait compris. Son art avait atteint ce niveau pour pouvoir être transmis.
Enfin...tout cela commençait à s'éterniser. Le jeune marqué avait probablement besoin de s'aérer un peu...et puis, à trop en rentrer d'un coup, on obtenait l'effet inverse.


"Oh, et ne cache pas ta Marque. Au contraire, portes là fièrement. Et compte, compte ceux qui te fuient, et combien t'accueillent malgré tout. Et pour ceux qui ne savent pas, instruis-les. La peur vient de l'ignorance, pas de la différence."

C'était là la dernière chose qu'il pouvait vraiment lui conseiller, en tant que vieillard avisé. C'était un risque bien sûr, dans les ombres il y avait toujours des gens pour haïr les gens comme eux...mais dans les ombres, tout le monde hait tout le monde, alors peu importe au final.
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MessageSujet: Re: Leçon de vie (Pv Agnan)   Lun 10 Avr - 16:18

Et bien... Le vieil homme semble décidément avoir une vision pour le moins ambitieuse de mon futur, mais je préfère en rire que le prendre avec gravité, répondant donc avec un fin rictus complice.

"Encore faudrait il que je les vive ces 100 ans...Et aucun regret ?  Voilà une perspective plaisante, mais je ne connais pas un homme qui n'en ait pas au moins un par mois !"

Après il est vrai que certains de ces remords ne sont que temporaires, s'effaçant alors que s'écoulent les jours, mais j'avoue je n'arrive pas à imaginer qui que ce soit ne pas avoir le moindre remords quant à ses choix. le vieil homme lui même après tout doit bien en avoir au vu de ce qu'il m'a dit, avec tout ces combats menés et ce qui est arrivé à son protégé. Cependant, je crois voir ce qu'il veut dire, ne pas s'embrumer l'esprit avec ce qui compte peu, les petites déconvenues et surtout... Surtout ne jamais rester retourner sur le chemin du passé, afin de toujours continuer à le construire. C'est là, je pense, la seule façon de pouvoir s'accomplir, comme il le dit si bien.

Cependant j'avoue que ce genre de réflexion dans le fond me dépasse un peu, j'ai beau avoir l'image en tête, j'ai du mal à voir comment l'appliquer concrètement, et c'est bien pour cela que je pense plus être un homme d'action que de réflexion. Ce que le vieil homme traduit d'ailleurs assez justement par son invitation à prendre du temps pour réfléchir à tête reposée sur notre discussion. ce à quoi je hoche la tête tout en riant doucement à l'évocation de sa notion de grand âge.

"J'avoue je ne sais pas trop. Bien sûr je vais y réfléchir, mais quant à vivre si vieux, j'avoue que c'est une perspective qui me paraît toujours étrange; même si je sais vieillir plus lentement... Disons qu'à force d'être mis à l'écart je me suis fait à l'idée que ma vie s'achèverait probablement prématurément et de façon violente. Bah nous verrons bien ! Et puis j'espère en effet vivre assez longtemps pour être sûr de comprendre tout ce que tu m'as conté !"

Et vint alors l'évocation de ce que je voudrai être... Mais j'avoue moi même ne pas le savoir ! Cela fait partie des choses qui me demanderont sans doute du temps, beaucoup de temps... Reste à espérer que ça ne soit pas "trop tard"... Enfin, je verrai bien, après tout, la voie que j'arpentais jusque là me convenait très bien, alors si j'en trouve une plus plaisante, tout devrait bien aller non ? Cependant, mon sourire s'efface lors de son dernier conseil, me faisant presque reculer d'un pas à cette seule idée, que je chasse finalement, secouant doucement la tête.

"Non... Désolé, mais je ne peux pas. Je... Je sais très bien comment réagissent les gens qui savent, même lorsque je la cache ! J'aime certes provoquer les idiots fanatiques et j'ai accepté l'idée que je ne survivrai peut être pas très longtemps, mais je tiens pas à accélérer la venue de mon trépas ! Surtout que je me vois mal "éduquer" ceux qui ignorent mais possèdent une fausse vérité qui leur convient très bien."

Il y a après tout une raison pour laquelle j'étais si troublé par le simple fait d'avoir défait mon bandage. Dans le fond, je crois que je ne me souviens pas d'une seule journée où je l'ai ôté pour plus de quelques heures... Déjà que le vieil homme est le premier auquel je montre cette ignominie de mon plein gré. Après tout, un détail qu'il semble ne pas envisager, c'est que moi même je DÉTESTE cette marque ! Pas au point de vouloir ma propre mort, mais je refuse que ce soit elle qui me définisse ou par laquelle les gens me jugeront ! Cependant, je reprends tout de même une certaine contenance, et ajoute avec un peu plus d'optimisme.

"Peut être plus tard, cependant... Lorsque je saurai ce que je veux laisser comme héritage, et si cela y est utile. En attendant... Je préfère me voiler encore un peu la face !"

Riant à mon propre humour, je me recule néanmoins un peu, mal à l'aise. Le vieil homme a raison, échanger davantage ne ferait que rendre tout encore plus confus, mais je ne sais trop comment mettre un terme à la conversation. Un simple au revoir avant de grimper sur ma monture, vers laquelle je tourne mon regard, me paraît quelque peu dérisoire. J'ai beau ne pas faire grand chose des formalités, je n'aime pas ce genre de gêne ... Et je me rends alors compte d'une chose, qui m'offre une porte de sortie inespéré.

"Hm... Cela étant, je crois que des paysans attendent avec hâte de savoir qu'ils pourront revenir ici, et seront même protégés par un brave homme. Il me faut donc partir, mais peut être que nous nous reverrons, ou même que vous entendrez parler de moi ! Que ce soit sous le nom d'Engar ou de l'hérétique !"


Après tout, ni l'un ni l'autre ne nous étions présentés à l'autre sous notre nom, et quand bien même j'ignore le sien, me présenter avant de partir me semble une bonne façon de conclure cette rencontre, même si je me doute que mon surnom lui déplaît quelque peu, mais... Eyh, ce n'est pas car je vais être plus tempéré dans mes cibles que je vais délaisser mes blasphèmes, ça non... Enfin, c'est sur ces mots que je me retourne, me dirigeant à pas lent vers Galopin, mon regard s'attardant brièvement vers l'Eglise du village... Décidément, non, si je peux encore réfléchir sur les errances des hommes, celles des déesses sont toujours aussi abjectes.
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Leçon de vie (Pv Agnan)

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