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 Glimmer of Hope. [Isaak]

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Maëlly
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MessageSujet: Glimmer of Hope. [Isaak]   Sam 17 Sep - 13:32

« Glimmer of Hope.

« T’as entendu ? Paraît qu’y a eu une attaque bizarre à Criméa, une sorte de folle furieuse qu’a tué plein d’gens. » Tu tournes la tête, tends l’oreille. Le type fixe son comparse avec une grimace. Son visage est complètement déformé par cette mimique : la peur le transcende totalement. Tu arques un sourcil, concentrée sur leur conversation, les yeux perdus dans ton cocktail. « Ouaip’, beaucoup de victimes, mais on ne sait pas grand chose. » Un sourire naît sur tes lèvres. Pas grand chose, hein ? Bien sûr, bien sûr. Les gens ne savent que ce qu’on leur dit, mais il doit y avoir tellement de choses derrière. Une réalité cachée, étouffée, pour n’affoler personne. Tu balades le bout de ton doigt sur les bords de ton verre. « Ça me fait trop peur. » Tu hausses les épaules. Les grands combattants sont paniqués aussi alors ? Il est temps de passer à l’attaque. Tu attrapes ton verre et vas à leur table. Tu leur adresses un salut, les deux doigts sur ton front, un sourire sur les lèvres. « Yo. »

Ils lèvent subitement les yeux vers toi, scrutent tes ailes avec un air perplexe. Tu leur souris, amusée. Tu fais toujours cet effet-là aux gens. Être une Laguz, ça a aussi de mauvais penchants. « Bah, passez-moi vos airs de merlans frits, z’avez jamais vu un corbeau ? » Ils se détendent, puis tentent une ébauche de sourire. Ratée, mais c’est déjà ça. Tu t’assois face à eux, poses ton verre sur la table. « Bon alors, ces petites histoires, vous en savez plus ? » Ils haussent les épaules, comme paniqués à l’idée d’en parler. Rien que de raconter ces événements leur déplaît, comme s’il ne fallait pas en parler. À croire qu’il n’y avait pas que les dirigeants qui faisaient des cachotteries. L’un d’entre eux, un homme blond aux cheveux longs et lisses, décide de prendre la parole. « Il paraît que quelques personnes se sont retrouvées contre une machine meurtrière. Criméa a essayé de cacher les événements, mais comme un village entier a été décimé … »

Un village entier, hein ? Difficile de cacher ça, ouaip. Tu croises les bras et t’enfonces dans ton siège en hochant la tête. Le deuxième, un homme roux avec une moustache épaisse, se mêle à la conversation. « Ça fait froid dans le dos. Il paraît que la plupart des combattants là-bas sont morts, aussi. » Tu lâches un « Hum » pensif, puis prends ton verre et bois une gorgée. « Vous avez des informations sur ces combattants ? Ou ils l’ont caché ? » Ils se regardent un instant, déglutissent. « On sait qu’ils étaient puissants. Des mages, il paraît. Et un type qui est allé s’allier avec la créature. » Tu fronces les sourcils. « Quoi ? » Ils baissent les yeux. « Les gens disent que c’est un grand homme blond, avec une épée. Un peu suicidaire, un peu étrange. Qu’il s’est allié avec elle, mais qu’elle l’a détruit, comme les autres. » Un homme blond un peu suicidaire ? Tu connais des gens comme ça, toi. Mais des grands blonds avec des épées … « Vous en savez plus sur ce type ? » Il bougonne. « Pas vraiment. » Tu hoches la tête. « Très bien, merci. Je crois que j’ai une enquête à mener, maintenant ! » Tu leur souris puis te relèves. Tu payes le tenancier et t’en vas en direction de Criméa. Tu as besoin d’en savoir plus. Un homme blond un peu suicidaire. Qui s’allie à une étrange créature ?

Tu te métamorphoses et t’envoles promptement. Il est temps d’en savoir davantage.

•••


Les frontières entre Begnion et Criméa sont moins froides et austères que celles de Daein. Tu es arrivée ici après un long voyage, bien que tes dernières missions te rapprochaient encore et encore d’ici, puisque la bataille avait détruit beaucoup de terres. Tu décides de te rendre dans une taverne frontalière, à la recherche d’informations des personnes plus proches, qui ont pu en savoir davantage. Dans ce genre de tavernes, les gens ne t’adressent pas un regard, ou alors une œillade nonchalante. Tu t’installes près du tenancier, commandes un simple jus d’orange. « Excusez-moi, vous en savez plus sur le massacre de Criméa ? » Il se lisse la barbe. « Savez ma p’tite dame, les gens aiment pas trop parler d’ça. » Tu hausses les épaules. « J’ai vraiment besoin de cette information, beaucoup de personnes se bousculent pour m’envoyer là-bas. J’aimerais être en terrain connu, si vous voyez ce que je veux dire. » Il tripote ses quelques poils puis s’approche de toi. Son haleine fraîche te recouvre. « Il paraît qu’une créature difforme aux cheveux noirs s’est attaquée à des gens. Quelques personnes dont une petite armée gérée par un des chevaliers de Criméa. Il y avait des types moins connus là-bas. » Tu arques un sourcil, hoches simplement la tête. Jusque-là, les informations concordent. « Vous avez eu vent d’un type qui s’est presque suicidé ? » Il rit doucement. « Ouais, paraît qu’ils se sont bien occupés d’lui parce qu’il avait un sacré grain. C’est un grand homme blond, avec une carrure plutôt habituelle, ni trop musclé ni gringalet. Il avait une épée. »

L’épée revient, le grand homme blond musclé aussi. Qui cela peut-il être ? Qui se jette ainsi sur l’ennemi ? Tu réfléchis, fermes les yeux. Tu soupires. Pourrait-ce être … ? Non, il est mort. « Il a survécu ? » Il darde sur toi des yeux interrogateurs. « Peut-être ? Devriez faire des recherches. » Tu te mordilles l’intérieur de la lèvre. Tu n’as rien à perdre, tu devrais essayer, non ? Peut-être aurais-tu une grande surprise ? Ton cœur s’affole. Louka ? Pas Louka ? Et si ce n’était qu’un autre chevalier blond, prêt à risquer sa vie pour des broutilles ? Tu tentes de poser ça dans un coin de ta tête, puis poses tes mains sur tes joues. C’est impossible.

Impossible.
Impossible.
Tu vides ton verre de jus d’orange d’un seul trait, donnes de l’argent au tenancier. Tu te lèves, sors de la taverne.
Ce n’est pas impossible.
Tu as besoin de savoir.

La porte claque dans ton dos, tandis que tu t’enfonces plus profondément dans la frontière, presque dans Criméa. Tu as besoin de savoir. Ton Louka n’est peut-être pas mort, finalement. C’est peut-être lui. Ça peut aussi être quelqu’un d’autre, mais tu t’en fiches. Si tu n’en as pas le cœur net, tu ne t’enlèveras jamais cette possibilité de la tête. Tu ne sais pas vraiment où tu dois aller, mais tu vas chercher. Peu importe le temps que ça te prend. Hors de question de laisser passer ça. Tu te métamorphoses. Tu t’envoles. Tu te diriges vers la frontière même, là où se trouvent les gardes. Tu les attires d’un signe de main. « Bonjour ! Vous avez vu passer un jeune homme blond, avec une épée ? Musclé ? » Ils haussent les épaules. « Non ma p’tite dame. » Tu soupires. Rien, encore. Il est temps d’aller plus loin. Peut-être juste un peu plus loin sur la frontière.

Tu t’en vas, puis décides d’aller dans une auberge, la plus proche de la frontière, vraiment entre les deux. Tu t’installes sur un tabouret et attends. Le gérant s’approche de toi. « Vous faut quelque chose mam’zelle ? » Tu lui lances un regard blasé. « Mouais, de l’eau. Z’avez vu un blond musclé en épée passer par ici ? » Il te sert ton verre. « Nope, rien de ce genre. J’vois plein de gens passer, mais un blond armé comme ça, nan. Désolé. » Tu soupires et plonges les yeux dans l’eau. Ton reflet fait peur à voir. T’as l’air complètement désespérée.

Et si ça servait à rien au final ?
Et si tu ne le trouvais pas ?
Comment vas-tu faire ?
Quelle plaie.




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Isaak
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MessageSujet: Re: Glimmer of Hope. [Isaak]   Dim 25 Sep - 4:06

Des souvenirs par vagues venaient s'échouer sur l'esprit du jeune homme. Bien que paisibles en apparence, elles apportaient avec elle des images désagréables d'un champ de bataille, du sol rongé par la pourriture, du ciel tâché du sang de montures ailées et de leur cavalier. Et au cœur de ce tableau d'horreur, la silhouette trompeuse de l'incarnation de la faim, annihilant tout espoir parmi ses opposants.

Le blondin ferma les yeux, laissant la brise d'air effleurer son corps.
Le roulis de sa mémoire ne parvenait pas à effacer les marques de cet affrontement, ancrés dorénavant dans sa chair et son âme. Et de cette immobilité dans le temps et l'espace, le vagabond en tirerait dorénavant sa force. Chacune de ses cicatrices, lésant l'éclat innocent que portait encore son visage juvénile, portait en elle une raison supplémentaire de se surpasser, de changer, de devenir plus fort.

Dos à lui se tenait la ville, bastion de la civilisation. Un monde qui l'accueillait par moment, le rejetait par d'autres. Après de longs jours de rétablissement, tantôt parmi les pêcheurs, puis au sein des morbides, le quidam s'acquittait de cette société qui modelait son identité par ses faits. Autrefois terreur des montagnes lointaines de l'orient, il était à présent un lion sorti de sa cage, prêt à rugir la lame au clair.

Dos à Mélior, Isaak prit enfin son envol, totalement métamorphosé.




« C'est parti. »

❉  ❉  ❉

Son pas leste trahissait une perte de poids conséquente. Autrefois bien bâti, rompu par le travail à la forge et les tâches quotidiennes, sa bataille avec Famine avait fait s'effondrer son imposante charpente de muscles. À l'issue d'une maigre poignée de semaines de soins, le bretteur adoptait dorénavant une silhouette fine, aux muscles souples et fermes qu'une rééducation quasi militaire avaient sculpté en peu de temps. Une attention particulière fut portée à son faciès, qui se délesta de quelques années en l'absence de pilosité.

Sa silhouette s'était également débarrassé de cet imposant manteau de fourrure noire, qui inspirait la terreur chez ses ennemis comme le fanion d'un pirate. Ravagé par l'usure et les batailles, ses loques furent remplacées par des vêtements plus présentables. Une veste de cuir clair et un pantalon d'albe s'étaient substitués à la tenue imposante du quidam, illuminant davantage sa figure d'ordinaire si rigide. Néanmoins, malgré cette apparence plus juvénile, les stigmates de la guerre, elles, ne disparaissaient pas. Priorisant toujours les vêtements aux longues manches afin de couvrir les marques du passé, le mutilé en vint même à renforcer cette manie, se dotant dorénavant d'une paire de gants fins. Le contact maléfique qu'il avait instauré en tentant de tromper Famine, provoquant ainsi l'aspiration de toute chair précieuse, l'avait traumatisé. La sensation qui en résultait avait poussé alors le sabreur à éviter à l'avenir de ressentir le moins possible ce que pas même mille sangsues assoiffées pourraient faire éprouver au quidam.

Même sa plume d'acier charbonneuse se retrouvait dissimulée dans un fourreau. Ce même accessoire provenait des mages de Criméa, qui dans un élan protocolaire, isolèrent davantage l'artefact corrompu du contact extérieur. Au jeu de sangles cernant la lame succéda le tintement sourd de l'étui au gré des foulées de son porteur.

Porté par les vents du destin, le nouvel homme qu'était Isaak revint vers l'orient. Une idée étrange germait peu à peu dans sa tête, mais il manquait encore au vagabond l'ambition de l'accomplir. Néanmoins sur le chemin le menant à l'accomplissement de cette auto-suggestion, le bretteur retournait à la frontière séparant Begnion de Criméa. Habitué à l'errance, il eut suffi de quelques semaines d'immobilité pour redonner l'envie au convalescent de reprendre la route. Rester sur Criméa lui paraissait futile : il avait besoin de gagner en expérience par le voyage et non en s'accablant des accoutumances de la vie en société. Partir vers les territoires Laguz de l'ouest était encore trop tôt pour Isaak, qui n'était pas préparé à une telle destination. Il ne restait plus que la possibilité de revenir en arrière.

Revenir sur ses pas, certes, mais avec du changement.

Aux champs prospères et abondants, firent à présent place de larges landes stériles. Sur son passage dans la région, le légat de la famine aux traits de succube avait changé l'or des céréales en une boue terne sans vie. La crainte se propageait sur les traces de la vermine, générant une population méfiante en difficulté. Il en allait de même du côté de Begnion. Les « Ailes de la Mort » était une expression presque taboue, apportant le mauvais sort. Et malgré son aversion évidente pour Famine, Isaak allait pouvoir appliquer l'adage expliquant que le malheur des uns fait le bonheur des autres…


❖ Les… les Ailes de la Mort ! Je les ai vues ‼ Elles viennent… de passer juste au-dessus de notre village ! Qu'allons-nous faire…

Immédiatement alarmé par un tel cri empli de détresse, le Fauve Noir accourut promptement dans la grande place d'où provenait l'exclamation. Un villageois, l'air totalement affolé, tenait difficilement sur ses jambes au milieu d'autres plébéiens, peu à peu pris d'inquiétude. Dans la précipitation, la rage d'Isaak fit bouillonner son sang, ses tempes tambourinant avec ardeur son envie d'en découdre une seconde fois avec la sorcière et sa monture cadavérique. Le bretteur n'était pas encore prêt, mais ses émotions et l'agitation populaire l'invitèrent à agir en dépit de toute logique.

Alors qu'il s'apprêta à tirer l'épée et à suivre les traces des ailes mortifères, l'errant ainsi que sa fougue furent freinées par la présence d'un chasseur, revenu de sa tâche et alerté par le tumulte du village. Ce dernier, plus calme que ses camarades, se tint à proximité du lanceur d'alerte et fit porter sa voix autant que possible pour sensibiliser autant de personnes que possibles.


❖ Cessez de vous affoler ! Les Ailes de la Mort n'ont rien à voir avec ce que cet homme, tout comme moi avons vu ! La rumeur parle d'un wyvern squelettique, ces ailes-là ressemblent plus à celles d'un grand oiseau, comme un corbeau.

Comme un corbeau.
Tel un corbeau.



Un corbeau. Les mots du chasseur frappèrent Isaak comme la foudre. Outre son incessante quête de force et d'expérience, l'orphelin errait à la recherche de cette personne qui autrefois, dans une cage de plumes d'ébène, lui avait offert un foyer chaleureux, l'espace d'une rencontre. Une sensation qui réchauffait son cœur encore aujourd'hui, au delà de toute temporalité. Un coup de vent suffit pour emporter la rage du guerrier et laisser l'intuition du jeune homme le guider vers les ailes de l'espoir.

Il courut, aussi vite qu'il le put. N'hésitant pas à interpeller qui que ce soit autour de lui pour s'assurer qu'il était sur le bon chemin, l'errant n'avait guère le temps de s'arrêter pour reprendre son souffle. Même s'il pouvait se tromper, il voulait vérifier si cette sensation correspondait à ce qu'il avait entraperçu. Il devait vérifier. Impérativement.

Ses foulées le portèrent jusqu'à un autre village frontalier. Rien de particulier dans la bourgade, si ce n'était la mine surprise des passants lorsqu'un Isaak essoufflé leur demanda la trace de ce qui ressemblait plus à un phénix qu'à un corbeau. Au prix de plusieurs tentatives infructueuses, le quidam parvint finalement à trouver une énième piste dans sa chasse vers l'absurde : direction la taverne. Isaak rassembla ses dernières forces, quitte à s’époumoner avant d'entrer avec fracas dans la bâtisse. Son irruption ne manqua pas de susciter l'attention générale. Aussi bien par son absence de discrétion, mais sa description de blondin à l'épée sombre, il attirait les regards.

Mais le sien, lui, était figé dans une unique direction.
Celle d'une demoiselle à l'air morose, l’œillade perdue dans le reflet de son verre. Et de ses omoplates partaient deux grandes ailes, à l'éclat semblable à celle de son épée. Médusé par une telle silhouette, le Fauve Noir crut voir le temps s'arrêter autour de lui, pire : le passé et le présent semblaient s'agglomérer en un seul point.

C'était Elle.
Celle qui offrait le foyer au creux de ses plumes d'obsidienne.
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Maëlly
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MessageSujet: Re: Glimmer of Hope. [Isaak]   Lun 26 Sep - 20:31

« Glimmer of Hope.

La porte s’ouvre dans un très grand fracas. En temps normal, tu n’aurais même pas relevé le nez. Les gens un peu fous dans les tavernes, on en voit davantage que les gens normaux. Mais là, là il y avait l’espoir. Cette petite lueur d’espoir qui faisait pulser ton cœur. Toute petite. Fébrile, face aux ténèbres de ton esprit. Et pourtant, quand tu as levé la tête, tu l’as vu. Et tout ton monde s’est écroulé. Tout s’est arrêté. D’un coup. Le néant. Plus de pensée, plus de respiration, plus de mot, plus même de battement de cœur. Un silence total, brutal, violent. Tu déglutis, clignes les yeux. Une fois. Deux fois. Trois fois. « Impossible … » Il glisse entre tes lèvres, tombe comme d’une falaise. Une chute vertigineuse, fracassante. Tu sens tout ton corps t’échapper. Animée par une volonté qui ne t’appartient pas, tu te lèves de ton tabouret. Plus rien autour de toi n’existe. Plus rien, sauf vous.

Tu n’oses pas avancer, clouée sur place. « Louka … » Tu n’y crois toujours pas. Tu plantes tes ongles dans ta paume. La douleur te prouve que c’est réel. Il a grandi. Il a changé. Mais à tes yeux il est toujours aussi chétif. Fragile petit Louka. Il n’était pas mort. Pendant tout ce temps, où était-il ? Tu desserres les poings, les bras ballants. Ton corps est mou, à l’instar d’un pauvre chamallow fondu. Tu ne trouves même pas la force d’avancer. Comment tout cela peut-il être réel ? « Louka … ? » Tu penches la tête. Est-ce vraiment lui, ton petit Louka ? Le petit homme que tu as sauvé, puis que tu as perdu ? Qu’est-ce qui lui est arrivé ? Tu as tué l’homme qui l’avait enlevé, mais après ? Qu’a-t-il vécu ? Tu penches la tête de l’autre côté. C’est lui. Différent, mais c’est lui.

Une nouvelle force s’agite en toi, te donne la force d’aller jusqu’à lui. Un frisson agréable, chaleureux, qui chatouille ton ventre. De petits papillons s’envolent en toi. Tu as l’impression que l’infini vous sépare quand tu avances. Il a l’air si loin, pourtant il est là. Juste devant toi. Tu l’as rêvé, tu l’as espéré. Tu l’as tellement cherché. Et il est là, finalement. L’étrange paralysie qui t’avait bloquée n’existe plus. Tu poses instinctivement ta main sur son visage. Son odeur caresse tes narines. Quelques notes ont changé, mais l’essence est la même. Tu fermes les yeux. « Louka. » Une larme court le long de ta joue, sans que tu ne puisses contrôler quoi que ce soit. Il est là, Maëlly. Louka. Ton Louka. Cet étrange être qui t’avait acceptée malgré tout. Le moteur de toute une vie, qui t’a ensuite transformée en mercenaire. Cet homme pour qui tu as remué ciel et terre. Il est là, face à toi. Pour de vrai. Et tu ne sais pas quoi dire à part son prénom.

Tu secoues la tête un instant et enlèves ta main. Puis tu fronces les sourcils. Tellement de questions en suspens, tellement de choses à lui demander, tellement de choses à lui dire. Tu lui prends la main et l’entraînes. De ton autre main, tu saisis ton verre au passage et vas t’installer à une table. Tu poses tes fesses sur un canapé et invites Louka à en faire de même. Ton petit cerveau palpite vite, très vite, il y a tellement de choses qui se passent dans ta tête actuellement. Tu as l’impression que tout va exploser autour de toi, qu’il ne restera qu’un corps sans capacité de réfléchir. Tu croises les bras sur ta poitrine et dardes un regard interrogateur sur le jeune blond. Tu ne sais même pas par où commencer. « Qu’est-ce que … » Tu soupires et baisses les yeux. Que dire à une personne que tu as perdu pendant tant de temps ? Que va-t-il penser de toi ? Toi aussi, tu as changé, après tout. Tu as énormément changé, même. Tu es passée de la petite corbette fébrile à une grande femme, mercenaire, en charge de nombreuses missions. Mais, et lui ?

Un éclair passe, voile ta vision, puis tu te reprends. Un sourire gigantesque naît sur tes lèvres. « Il est mort. » Ton visage semble s’être illuminé. Tu as accompli quelque chose, entre temps. Quelque chose de très personnel, de très violent. Mais quelque chose qui te tenait à cœur. « Il était là, avec la même bande et je l’ai tué. » Le sadisme ronge ton faciès, puis tu te calmes. « Il kidnappait des femmes dans les villages pour pouvoir accomplir d’étranges jeux sexuels. Comme quoi ces gens-là ne changent jamais vraiment. » Tu hausses les épaules. « Quoi qu’il en soit, maintenant il est mort. Il ne fera plus de mal à personne. » Voici exactement le but que tu poursuis, Maë. Préserver de potentielles victimes de leurs bourreaux. Leur faire mordre la poussière. Puis tu penches la tête, encore une fois. « Et toi ? J’ai cru … » Tu déglutis. « J’ai cru que tu ne reviendrais jamais … » Une brèche s’ouvre en toi. Faiblesse. Tu serres les dents. Tu n’as pas ressenti cela depuis une éternité. Tu ne sais pas s’il s’agit de bonheur, de tristesse … Une étrange euphorie qui te fait presque aussi mal qu’elle te rend heureuse. Tu baisses les yeux. Il est là, non ? Tu trouves la force de calmer la bête en toi, puis relèves les prunelles. « Alors, qu’est-ce qui t’est arrivé ? »




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MessageSujet: Re: Glimmer of Hope. [Isaak]   Sam 8 Oct - 1:03

Il y avait ce temps d'hésitation. Ce moment où planait encore le doute de son identité. La sensation de peut-être faire une énorme erreur, au milieu de la foule d'anonymes qui occupait la taverne. Cette impression étrange, celle où chaque sens, sauf la vue, se met en veille : le bruit des bavardages qui s'atténue soudainement, goûts et odeurs devenaient eux quasi-insipides. Bien qu'ayant fait irruption en ouvrant grandement la porte, le contact du bois semblait insignifiant, tant les yeux d'Isaak étaient rivés avec une lueur de détresse vers la fascination aux grandes ailes nocturnes. Les visages alentours sont flous, les mouvements altérés. Il ne comptait désormais que cette silhouette singulière qui quittait son siège pour se tourner vers l'arrivant.

Alors que la porte paraissait insuffisante pour supporter tout le poids qu’exerçait la main du blondin, ce dernier détailla vainement les formes et couleurs que mettait en mouvement la laguz aux traits corvidés. Plus qu'un choc, l'exilé fut foudroyé lorsque ses souvenirs confirmèrent bien l'identité de celle qui se tenait à présent face à lui. Mais au-delà du visage chamboulé de la demoiselle et de son souvenir qui émergeait davantage dans les méandres d'Isaak, un autre détail dérangeait de plus en plus le porteur de l'épée maudite. Si ennuyant, qu'il troublait les retrouvailles inespérées des deux compagnons d'une autre époque.

La raison ? Son passé.

Louka. Louka… ces mots semblaient darder de coups l'esprit du jeune homme, qui affichait une mine taciturne, plus sombre que celle qu'il abordait en adéquation avec son feu manteau noir de bourreau. Retrouver cet être qui scintillait dans son cœur impliquait aussi de faire émerger à nouveau la part d'ombre qui grondait en Isaak. L'image faussement innocente du Moine Fou et ses actes malsains assaillit ses pensées, tandis qu'il se laissa entrainer par la demoiselle.

Alors que le tandem d'hurluberlus prenait place ensemble dans un coin de la taverne, le traumatisme mnésique du blondin continua de faire surface. Perdu dans la lune, l'escrimeur suivait à moitié l'essai de conversation qui s'opérait entre lui et la Laguz. « …est mort. » Des morts… Isaak n'en comptait plus. Entre celles qui n'avaient aucun sens, celles qui devaient en avoir, il y perdait presque le compte. Inconsciemment, il espérait que celle-ci figurait dans la bonne catégorie. « …était là, avec la même bande… » les traits emplis de cruauté de la zoomorphe détournèrent les iris ternes d'Isaak. La poitrine du jeune homme se resserra en voyant l'innocence de son archange se froisser au nom de la vengeance. Perdu entre deux eaux, entre une identité qu'il voulait jeter aux oubliettes et une responsabilité qu'il devait assumer à la place de la demoiselle, celle de retirer la vie, le Beorc conserva un temps un étrange calme, avant que la tempête n'éclate.

Brusquement, l'homme à la crinière solaire se releva et saisit la main de sa partenaire de fortune. Il l'emporta à l'extérieur de la taverne, loin des regards déconcertés de la plèbe les entourant. Mais surtout, loin des oreilles malintentionnées capables de retranscrire et d'amplifier une sombre vérité qu'Isaak tenait à dévoiler à la harpie à la plumaison charbonneuse. Le duo se retrouva isolé à proximité d'un mur, distant de toute fenêtre ou de l'agitation populaire. L'exilé relâcha la poigne certainement douloureuse qu'il exerçait sur le poignet de son interlocutrice et la fit se retrouver coincée entre le mur et lui-même. Certains auraient imaginé les prémices d'une scène assez osée d'un baiser entre les deux êtres. Mais le Fauve Noir en décida bien autrement. Le bras droit apposé contre la fondation pour isoler davantage la corbelle, il prit une longue inspiration, les yeux fermés, avant de laisser éclater le fond de sa pensée.




❖ Louka est mort.

Cette annonce sonna comme un coup de masse, tant le ton était presque brutal. Mais l'escrimeur néophyte tenait à enfoncer davantage le clou afin de bien faire passer le message, quitte à paraître rustre.

❖ Louka ne reviendra pas.

Admettant la dureté de ses propos, Isaak marqua un temps et soupira, relâchant la pression que les traits de son visage et son timbre exprimaient. L’œil mouillé, il reprit son discours, sa voix plus douce qu'auparavant, mais toujours empreinte de mélancolie.

❖ Louka ne mérite plus d'exister et doit tomber dans l'oubli. Lui et ses crimes. Il a longtemps semé le chaos dans les cœurs et dans les chairs dans les montagnes de Begnion, avec une magie noire qui transgresse tous les interdits de ce monde. Il a longtemps dupé les consciences avec son innocence juvénile. Mais c'est fini : Louka le moine fou repose désormais au fond d'une rivière boueuse, quelque part dans les hauteurs de Begnion.

Les mots étaient enfin sortis de sa bouche. Plutôt que de se confondre dans une douceur trop sucrée à son goût, trop contrastée avec la réalité dans laquelle il se morfondait, le jeune homme préférait lever le rideau, révélant une face plus sombre du Louka que la demoiselle avait côtoyé il y a des mois, peut-être même des années. Mais à la suite de ce discours teinté d'amertume et de noirceur, le visage du vagabond s'adoucit une nouvelle fois d'un cran. S'il avait vécu longuement dans les ténèbres, il faisait dorénavant face à la lueur qui repoussait les ombres du passé. Sa singularité. L'air digne, il présenta son épée et son lustre nocturne, tandis que les mots lui vinrent spontanément.

❖ Mais même si Louka est mort, il subsiste encore une part de lui dans ce monde. Elle se manifeste par cette épée, qui est chargée des souvenirs de son passé. Par ce corps, qui porte les stigmates du chaos qu'il a semé et récolté. Le corps d'un bretteur qui répond désormais au prénom d'Isaak. Et moi, Isaak, je porte dans mon cœur le souvenir d'une lueur chaleureuse qui m'enserre dans ses ailes. Je me suis donné la promesse d'un jour retrouver cette lueur qui me tenait à l'écart de la folie pour pouvoir la remercier.

Plus serein que jamais, le fléau des alpes de Begnion tira l'épée, laissant son éclat obscur se refléter difficilement au gré des rayons du soleil. Nonobstant les zombis de fumée qui cherchaient à le trainer en enfer, l'escrimeur s'appliqua à adopter une pose presque chevaleresque, comme une révérence l'arme en main.

❖ Tout comme tu m'as protégé, je te protégerai dorénavant, à mon tour. Je serai ta lame, prête à pourfendre tous les dangers de ce monde. Je manque certes encore d'expérience en tant qu’épéiste, mais je ferai tout mon possible pour gagner la force nécessaire pour te protéger.

Le Fauve Noir rangea alors son épée et apaisa les abominations spectrales qui en émergeaient pour offrir son plus beau sourire à la demoiselle aux ailes de corbeau. Un ris étrange, empli d'une innocence qui n'était pas sans rappeler celle d'un certain Moine Fou. Mais cette expression faciale n'avait rien à envier aux traits illusoires du bambin qui trainait sa bible satanique sur les sentiers escarpés de Begnion : authentique, le sourire d'Isaak exprimait cette nouvelle force qui se dégageait de l'adepte du sabre. Louka n'était pas exactement mort. Porté par le souvenir de Maëlly, il s'était éteint dans la boue, pour renaître avec un nouvel éclat, celui d'Isaak. Maturé dans un battement moribond des Ailes de la Mort, le Fauve Noir pouvait maintenant suivre une nouvelle voie, loin des ombres du passé.


« Car j’ai de chaque chose extrait la quintessence,
Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or. »
— Charles Baudelaire.

Pénétré de la conviction d'avoir brisé la solitude hanté de ténèbres qui caractérisait son errance quotidienne, le blondin plongea provisoirement dans le mutisme, laissant la Laguz réagir sur cette déclaration des plus solennelles.
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MessageSujet: Re: Glimmer of Hope. [Isaak]   Lun 10 Oct - 16:19

« Glimmer of Hope.

Il t’emmène, au loin, dehors. Il te serre la main à te broyer les phalanges. Tu as mal, effroyablement mal, mais il est là. Au fond de toi, la douleur te rappelle uniquement qu’il est là et c’est tout ce qui compte. Ça te prouve que ce n’est pas un rêve, que tout est bien réel. Que tu n’es pas encore dans un de tes songes. Pourtant, cette réalité vire très vite au cauchemar. « Louka est mort. » Ses prunelles tombent dans les tiennes, sa voix t’assomme. Tu fermes les yeux, secoues la tête. Non. Non, Louka n’est pas mort, il est là. Qu’est-ce qu’il raconte ? Qui est-il alors ? Tu te mords la lèvre. Puis il recommence, il continue. Il s’enfonce dans cette étrange phrase, dans ses histoires sans queue ni tête. Tes yeux se remplissent de larmes. Tu ne vois plus grand chose, pourtant tu serres les dents pour ne pas éclater. Tu le fixes, clignes des yeux pour ne pas te laisser noyer. Puis il se lance dans une histoire dont tu n’as pas grand chose à faire. Sa voix s’est adoucie mais le choc est toujours là.

Tu sens ton cœur partir. Il se brise. Tu sens les morceaux se former, doucement. Tu sens ton cœur qui disparaît. Tout en toi cesse d’exister. Chacun de tes organes se désagrège. Tout s’arrête de fonctionner. Tu pourrais même percevoir ton sang arrêter de courir dans tes veines. Tu fermes les yeux, inspires longuement. Mais tu ne parviens pas à y voir clair. « Louka est mort. » Comme un coup de couteau dans ta poitrine. La plus grosse baffe de ta vie. Ton monde qui tombe, tes espoirs qui se dérobent. Tout explose. Tu as envie de partir en courant, de tout quitter, de tout foutre en l’air pour t’en aller définitivement. Tout ton monde, toute ton existence, tous tes espoirs. Tout vient de disparaître, balayé par une simple phrase. Tu le fixes sans même le voir. Tu ne sais plus où tu es, ce que tu fais. Ce que tu es censée faire. Tu n’es même pas sûre de savoir qui se tient devant toi.

Isaak. Il t’a donné ce nom. Celui du nouvel homme, du nouveau Louka. Celui d’une personne dont tu n’as rien à faire. « Louka est mort. » Même s’il t’a cherchée, toi, la femme qui repoussais sa folie il y a longtemps, tu sens que quelque chose n’est plus pareil. Tu te renfrognes. Tu le regardes dégainer son épée avec dédain. Ce n’est plus Louka. C’est quelqu’un, quelque chose d’autre. Tu te mords violemment la lèvre, à en faire perler du sang. Tu le fixes, enlèves le sang avec le bout de ta langue. « Pourquoi ? » est le seul mot que tu parviennes à lâcher. Le seul mot que tu saches articuler est celui-ci, mais il n’a aucun sens. Tu ne sais même plus ce que tu dis. Tu n’y arrives plus. Tu as perdu quelque chose.

Il te tend son épée, te dit qu’il sera là pour te protéger, dorénavant. Et c’est le dernier coup de poignard. L’ultime coup de poignard. Celui qui fait trembler tout ton corps. Tu tressailles puis éclates. Tu éclates dans un rire nerveux, mauvais, presque méchant. La colère te tord les boyaux, te fait presque tomber. « Vraiment ? », exhales-tu entre deux crises. Tu te plantes les ongles dans les mains pour tenter de te calmer, mais rien n’y fait. La haine en toi est si forte, si profonde. « On fait comme ça alors, chez vous ? » Tu relèves les yeux sur lui. Des larmes roulent sur tes joues. « On disparaît et quand on revient, on s’invente une vie ? » Tu as un sourire mauvais. Ton cœur bat la chamade, comme une tempête. « Et en plus, tu viens me proposer de me protéger ? » Tu penches la tête, arques un sourcil. « Me protéger, vraiment ? » Ta colère gronde de plus en plus fort. Un orage sombre fait rage en toi, retourne chaque chose en toi. Tu inverses les rôles. Tu le plaques brutalement contre le mur et dardes un regard froid sur lui. « Tu crois que j’ai fait comment pendant tout ce temps ? » Tu fais claquer tes ailes. « Vraiment, Isaak ? », tu appuies volontairement sur son nom, détaches les syllabes.

Tu fais à nouveau claquer tes ailes, ce qui remue violemment la poussière alentour. « Tu disparais, puis tu reviens en me disant que celui pour qui j’ai remué ciel et terre est mort, puis tu me proposes de me protéger ? » Tu éclates. Le coup de vent est plus violent, ta télékinésie s’emporte, les petits objets du décor se soulèvent. « C’est tout ?! » Tout tombe. Une cacophonie désagréable résonne, fait paniquer tous les habitants qui passaient par-là. « Tu t’imaginais que ça passerait ? Que je te prendrais dans mes bras, ravie de te revoir ?! Que ça y est, on efface ce qui a pu se passer, qui on était, parce que de toute façon tu as fait mourir Louka ? » Tu croises les bras et le regardes de haut. « C’est comme ça qu’on fait, chez vous ? » Tu hausses les épaules.

La tempête se calme, redescend. Tu te tournes, dos à lui. « Tu ne peux pas revenir comme une fleur après tout ça. Pas après le temps que j’ai passé à te chercher, pas après tout le vide que j’ai ressenti. Ça ne marche pas comme ça. » Tu baisses la tête, soupires. « Tu n’es pas Louka. Il est mort. Tu l’as dit toi-même. » Et tu éclates. Ton monde s’écroule et toi avec. Tes genoux tombent contre le sol, tu te mets la tête entre les mains. Il n’est plus là. Toute cette course est finie. Ce type, ce n’est pas Louka. Il l’a dit, non ? Il marque la fin d’une ère, la fin d’un rêve. La fin de tous tes espoirs.




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MessageSujet: Re: Glimmer of Hope. [Isaak]   Lun 21 Nov - 1:17

Il espérait revoir son sourire, sa naïveté emplie d'espoir. Il s'attendait à ce que ses paroles chevaleresques touchent le cœur de sa muse. Au-delà du malaise généré par l'entente de son ancienne identité chargée de noirceur, le blondin aspirait au renouveau. Par cette mise en scène presque trop édulcorée, il aspirait à ce que l'ange d'anthracite l'accepte sous son nouveau jour. Il ne savait pas exactement à quoi s'attendre; lui-même n'avait pas réellement envisagé l'avenir qu'il désirait modeler aux côtés de Maëlly.

Toujours est-il que ce fut dans un élan d'enthousiasme maladroit qu'Isaak se présenta à la Laguz, alors qu'il meurtrissait littéralement à petit feu l'unique souvenir chargé d'optimisme de son être sous les yeux de sa demoiselle. Une innocence immolée par le rejet d'un être contre soi-même.

Et puis soudain, l'hystérie éclate.



La colère gronde, et l'orage étouffe la lueur de ferveur du blondin comme une simple bougie. Isaak ne s'attendait pas à voir pareille tempête éclater. Impuissant face à la réaction de son interlocutrice, il manqua de se surprendre avec effroi quant à sa propre réaction. Face à la furie de ce qui dorénavant tenait plus de la harpie que d'une ange, les instincts bestiaux du jeune homme s'éveillèrent dans l'ombre de la confusion. Une sorte de réflexe d'autodéfense, lorsque l'intégrité du Fauve était heurté de plein fouet par la réalité. Une rage stupide envahit le spadassin, avec toute une farandole d'idées rongées par l'envie de réprimer l'opposition de cette rapace qui s'opposait au vagabond. Son bras était prêt à se balancer d'un côté pour trancher celle qui n'accepta pas le nouveau Louka. Pire, les voix de son artefact maudit semblaient l'inciter à passer à l'acte. Après tout, il n'en était plus à une mort près… Le jeune homme avait l'habitude de voir défiler les êtres chers sur le fleuve de l'Achéron, une nouvelle victime ne ferait plus la différence.  

Au final, l'acier ne vint pas chercher l'écarlate et Isaak serra les dents, retenant sa colère intérieurement. Sa mâchoire perdit en pression à mesure que le drame se poursuivit. À l'ire se succéda le remord. La réaction désespérée de Maëlly avait fait redescendre les pieds de la grande perche sur terre. Même en présence de cet ange gardien de son subconscient, la réalité persistait telle qu'elle l'a toujours été. Cette même réalité dure et impitoyable, celle qui arrache des vies et pousse à contribuer à ce cycle de souffrance. Rengainant l'arme, le quidam se rendit compte de la naïveté et de la stupidité dont il fit preuve précédemment à l'égard de son interlocutrice. Les lèvres débordant d'idéal et de rêve, il s'était adressé directement au souvenir qui nourrissait la chaleur de son cœur et non l'être qui avait vécu dans la peine entre ce moment et le présent.

Alors, réalisant une seconde fois la brutalité de ses propos, Isaak laissa s'échapper un long soupir. Au fil de ce soupir, les traits du jeune homme cessèrent d'être détendus, voire distordus par une joie excessive, reprenant une allure plus sérieuse. Plus conscient que jamais des circonstances de leurs retrouvailles, l'exilé de Belogor se tourna lentement vers sa muse, certainement encore sous le choc. Abandonnant sa voix solennelle et pleine d'assurance, Isaak revint à un timbre plus naturel, plus hésitant certes, mais plus proche de ce qu'un Louka adulte aurait tenu à dire à sa bienfaitrice.


❖ J'ai… j'ai été assez rude sur mes propos, et je m'en excuse. Ce n'était absolument pas mon intention. Néanmoins, je ne reviendrai pas sur mes paroles. Louka, le moine de Belogor doit cesser d'exister. J'ai trop commis d'erreurs par le passé pour continuer à porter ce nom sans risquer d'être traqué à nouveau et de me mettre en danger, tout comme je t'ai mis en danger par le passé.

Le quidam se remémora difficilement la scène de leur séparation. Un groupe de chasseurs parvint à encercler le duo d'errants, menaçant d'écourter leur vie d'une flèche. La réminiscence paraissait aussi pénible pour Isaak à reconstituer qu'à endurer.

❖ J'ai choisi de me construire une nouvelle identité avec ce nom, vierge de toutes mes fautes d'antan. Je n'avais que cette épée sur moi, alors j'ai vécu dans le mercenariat pour survivre par mes propres moyens et pour pouvoir poursuivre le seul être qui continuait de brûler dans ma poitrine. Ce n'était peut-être qu'une sensation, mais ça en valait la peine de me motiver à tâcher mes mains de sang pour espérer te retrouver un jour. Et puis un jour, il y a eu cette saloperie. Les "Ailes de la Mort", qu'ils appellent ça. C'était très certainement stupide, mais ça m'a attiré avec le sentiment que je pourrais me rapprocher de toi.

Et dans ces ailes emplies de corruption, Isaak avait plongé. Il avait connu la défaite et la souffrance sous des atours apocalyptiques, à l'image du village en ruines laissé par Famine et sa monture décharnée. Pourtant, malgré l'affront, le Fauve noir en était revenu plus fort, guidé par une force inédite qui lui avait permis de se frayer un passage dans les marécages sombres du destin jusqu'à retrouver celle qui rythmait inconsciemment ses jours et ses nuits.

❖ Je me suis retrouvé face à cette abomination et j'en ai payé le prix avec ma propre chair. Et quelques semaines plus tard, grâce à cette saloperie, je te retrouve enfin. Plutôt con comme moyen de te retrouver, mais qu'importe… Tu es enfin là.

Malgré ces belles paroles, ternies par endroits d'une vulgarité quelque peu inédite venant de la part du sabreur, ce dernier réalisa qu'elles étaient encore insuffisantes. Cela n’effaçait pas le vide et le chaos qui s'étaient entremêlés avec fracas dans l'esprit de la Laguz, tandis qu'Isaak le Fauve tuait Louka l'Enfant. Alors, prenant une grande inspiration, le jeune homme se lança une fois encore :

❖ J'ai changé, c'est certain. Mais j'ai toujours gardé ce souvenir précieux qu'est ton existence et ma rencontre avec toi au cœur de mon cœur. Sans ta douceur, je n'aurais certainement pas pu voyager à travers Tellius à ta recherche. Sans ta chaleur, je n'aurais jamais été tenté de me confronter aux Ailes de la Mort dans l'espoir de me rapprocher de toi. Il ne me reste que toi, Maëlly. Je n'ai connu dans ma vie que quelques rares personnes qui m'ont été proches. Toutes sont mortes, à l'exception de toi, l'être qui m'a marqué le plus, même en une poignée de jours. Tu es la seule qui a su effacer mes tourments et mes peines, d'une manière si singulière que je ne saurais encore aujourd'hui l'expliquer avec des mots et des idées. La seule qui puisse me donner autant de forces avec un simple mais pourtant si puissant souvenir. Et pour toutes ses raisons, je ne peux me permettre dorénavant de te perdre une nouvelle fois. C'est pour ça qu'aujourd'hui je veux que mon épée soit ton bouclier, aussi bien pour te remercier d'avoir cru en moi autrefois, que pour continuer à grandir à tes côtés aussi longtemps que possible.

Les larmes ne tardèrent pas à vouloir se manifester, mais Isaak résista, plus poussé par l'envie d'exprimer tout ce qui lui pesait sur le cœur qu'un désir puéril de sauvegarder sa virilité. Le cliquettement du métal s'interposa entre deux phrases, son épée de jais atterrissant entre lui et son archange.

❖ Je ne te demande pas une seconde chance. Je te demande un renouveau. Autour de ce souvenir, de construire ensemble un avenir loin de la peur de se quitter. Je veux pouvoir te protéger, te savoir en sécurité, te voir battre des ailes dans le grand ciel, libre comme tu mérites de l'être. Dans le cas contraire… scelle mon passé et mon futur avec cette lame, efface les tourments que je t'ai causé et envoie moi rejoindre mes proches là où je ne pourrai plus t'ennuyer.

Loin de l'idéalisme dont il fit preuve auparavant, l’œillade cérulescente du jeune homme traduisait dorénavant la détermination singulière qui l'habitait. Celle de mourir, ou de renaître aux côtés d'un phénix aux ailes de suif.
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MessageSujet: Re: Glimmer of Hope. [Isaak]   Ven 9 Déc - 22:24

« Glimmer of Hope.

Est-ce que c’est ce que tu veux ?
Ferme les yeux, réfléchis.
Est-ce que c’est ce que tu veux ?

Tu frottes tes yeux. Tu inspires longuement. Les larmes humidifient tes mains. C’est mouillé, c’est désagréable. Il t’a enlevé ce pourquoi tu t’étais battue sauvagement. Ce pourquoi tu avais grandi. Et puis il revient, comme ça, de nulle part, avec sa bouille d’ange et ses belles paroles. Tu soupires. Est-ce que c’est ce que tu veux, Maëlly ? Voir ta seule source d’espoir s’envoler en fumée, sous le visage d’un autre être. Tu arques un sourcil, fais la moue. Non, ce n’est pas ce que …
Sa voix te coupe. Elle est douce, caressante. Cette voix que tu pensais ne jamais entendre à nouveau. Cette voix agréable, qui fait vibrer ton cœur. Tu penches la tête. Une nouvelle identité pour éviter le danger. Tu hésites entre la lâcheté et le courage. Tout mettre de côté pour recommencer. Tu te redresses, te tournes vers lui. Tes yeux sont rouges, comme tout ton visage trempé de larmes. Quelles magnifiques retrouvailles, hein ? Est-ce que c’est ce que tu veux ? Tu hausses les épaules.

Ton petit ange a traversé bien des épreuves, depuis. Les Ailes de la Mort, hein ? Tu penches la tête. Alors il y était ? Il se trouvait face à cette sombre histoire ? Tu n’en as eu que de vagues échos, mais il paraît que c’était particulièrement horrible. Mais qu’est-ce qui est arrivé à ton Louka ? Tu as l’impression de faire face à une sculpture faite à partir de ton protégé. Une contrefaçon. Quelque chose de bizarre. Tu arques un sourcil et te le détailles de haut en bas. Quelque chose a changé, indéniablement. Bon dieu qu’est-ce qu’il est beau. Cette silhouette d’homme grandi, qui s’adapte, qui quitte son monde pour en découvrir un nouveau, lavé de tous ses pêchés. Un monde sans magie noire, sans histoires bizarres. Un monde où tu existes malgré tout. Cette pensée te réchauffe le cœur. Tu fermes les yeux et souris. Il est là, Maëlly. Nouveau, différent. Mais il est là.

Tes dents dévoilent un sourire que tu réprimes aussitôt. Il veut grandir à tes côtés, ne plus te perdre de vue. Est-ce que c’est ce que tu veux ? Tu te mordilles à nouveau la lèvre, ce qui perce la plaie qui se refermait à peine. Tu n’es pas sûre de vouloir cet avenir qu’il te propose. Il ne t’offre pas la liberté, il t’offre une présence, une épée. Une promesse de sécurité. Est-ce que tu as besoin de ça ? Tu saisis l’épée et la dresses entre lui et toi. Il n’y a plus que ça qui vous sépare. La pointe à proximité de son nez. Tes yeux se plongent dans les siens. Deux cieux qui se heurtent dans un fracas abominable. La fin d’un monde. Le silence devient pesant. Excessivement lourd. Tout s’arrête autour de vous. Tu lèves l’épée. Le soleil la baigne de lumière, lui donnant un éclat aveuglant.

Et tout s’abat brutalement.
La fin d’un tout.
La fin du monde.

L’épée cogne le sol et un sourire malicieux naît sur tes lèvres. « Je ne veux pas que tu me protèges, Isaak. » Tu passes à côté de l’épée et poses une main sur sa joue. « Je n’ai pas besoin que tu me protèges. » Ton sourire se mue en une mimique plus douce. « Je suis là, je suis en vie. Et pourtant j’en ai fait, des choses ! » Ta main redescend puis tu te tournes, embrassant ce qui t’entoure d’un grand geste de la main. « J’ai vécu ici, je me suis entraînée, j’ai grandi. Je t’ai cherché, aussi. » Tu baisses la tête. « Et en te cherchant, j’ai appris énormément de choses. » Tu te tournes à nouveau vers lui. « Ceci, par exemple. » Tu soulèves l’épée par la force de ton esprit puis la plantes à nouveau dans le sol. « Je sais me battre, Isaak. Je n’attends pas de toi que tu sois mon chevalier servant. » Tu remues les ailes avec un air de contentement enfantin. « Eh oui, je ne suis pas que des plumes et de la chair pleine de cicatrices ! » Tu ris doucement.

Tu penches doucement la tête. « Si tu veux venir avec moi, tu devras accepter que je sois parfois face au danger. Que je me batte. Que je me mette en danger. » Tu croises les bras sur ta poitrine. « Après tout, il n’y a pas que les hommes qui puissent être des mercenaires. J’en suis aussi. Je voyage au gré de mes contrats. Et ma liberté, ma vie, c’est ça. » Tu caresses tes plumes, pensive. « C’est comme ça que je veux vivre. Je veux aider les gens. Ne pas les laisser souffrir de la main d’autrui. Nous ne venons pas au monde pour nous faire malmener. Je sais que cela peut m’apporter de nombreux problèmes, des représailles, du danger. Mais je me sens vivante. Je n’ai jamais été aussi vivante que depuis que j’ai choisi cette voie. » Tu secoues les ailes et t’approches de lui, posant ta main sur le manche de son épée. « Si tu t’imaginais que j’étais toujours le gentil corbeau inoffensif … C’est raté, j’en suis désolée. » Tu lui tires la langue. « Après tout, il n’y a pas que toi qui as changé. »

Est-ce que c’est ce que tu veux ?
Réfléchis.
Tu plonges tes prunelles dans les siennes. Un regard glacé, sérieux, détaché de toute taquinerie. « Alors, Isaak … » commences-tu, en appuyant sur ce nouveau nom, « est-ce que c’est ce que tu veux ? »

Ainsi, le jeu se retourne, le manège s’inverse. Tu n’es plus le gentil corbeau de ses souvenirs. Tu es le nouveau corbeau, la nouvelle Maëlly. Maë. Courageuse, intrépide. Capable de se mettre en danger pour sauver la vie des autres. Mais ton ange gardien, ton protégé, cet étrange personnage … Acceptera-t-il cette nouvelle facette de toi ?

Alea Jacta Est.




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MessageSujet: Re: Glimmer of Hope. [Isaak]   Sam 24 Déc - 1:03

En acceptant de remettre son propre sort entre les mains de la Laguz, Isaak se plongea dans une sorte de stase, un mutisme qui tenait plus de la méditation que de l'état agentique. Incapable pour autant de retracer le fil de sa vie en un éclair à l'instant crucial, il songea néanmoins à l'ampleur de la situation: c'était la première fois de sa vie qu'il délaissait son droit de vie et de mort à une tierce personne. Autrefois, qu'il s'agisse d'Uriel comme de Leif, le jeune homme s'était engagé à vivre à leurs côtés, à apprendre d'eux, à grandir grâce à leur influence. Aujourd'hui, l'orphelin confiait sa flamberge chargée de maléfices pour offrir la béatitude à son ange gardien, que ce soit par sa seule existence ou son simple trépas.

Alors que l'astre de lumière peinait à se refléter par rais sur la lame d'ébène de l'artefact maudit, Isaak se questionna sur cette mise en scène digne d'une exécution publique. Finalement, qu'avait-il accompli jusqu'ici pour en arriver à s'offrir tout entier à cette zoomorphe ? À cette interrogation, il y fut incapable d'y répondre concrètement, par manque de temps mais également car son esprit était perdu entre une sorte de transe et de délivrance vis à vis de Maëlly.

Au cœur de la tempête qu'il avait provoqué, Isaak sentit l'orage arriver. Mais avant le tonnerre, précède toujours l'éclair. Et ce fut prêt à l'entendre une dernière fois que l'exilé de Belogor laissa ses paupières couvrir ses iris d'azur, tandis que l'épée retomba lourdement.


❖ Je ne veux pas que tu me protèges, Isaak.

Une dextre soyeuse vient chercher la pommette du guerrier, qui rouvre lentement ses yeux. Le contact, presque fantomatique au premier abord, se veut finalement plus agréable, plus… vivant. L'épée étendue au sol, absente de tout vermeil, est la première chose que l’œillade cérulescente du jeune homme croise, avant de fixer la silhouette chaste de Maëlly. Et, au sein de ce ciel orageux, Isaak percevait enfin les lueurs dorées et bienveillantes du soleil. À moins qu'il ne s'agisse tout simplement des iris chatoyants de la Laguz perçant entre ses grandes ailes noires. Le temps de cette caresse, emprunte d'innocence, Isaak se sentit plus que vivant. Avec la même féérie que lords de leur première rencontre dans cette taverne corrompue par la lumière d'Asura, la douceur que dégageait la corvidé enivra légèrement de sérénité.

À cette volupté palpable s'ajouta les mots. Contrairement à Isaak, dont le parler était franc, parfois agressif, le verbe de Maëlly était plus aérien. Sa voix nuançait sa diction, chargée d'une assurance que sa vie d'aventure lui avait forgé au fil de ses péripéties. D'ange gardien, elle devenait à présent valkyrie, embrassant des idéaux justes en venant en aide à ceux dans le besoin. Voilà la vie que menait dorénavant la demoiselle. Il n'en tenait qu'à Isaak pour l'accepter pour suivre la Laguz à ses côtés.


❖ Alors, Isaak, est-ce que c’est ce que tu veux ?

Son ton nouvellement sérieux manqua de sortir le blondin de son rêve éveillé. Servir le bien, brandir l'épée pour protéger et non blesser… quelque part, c'était ce que faisait déjà le Fauve Noir, en jouant les coupe-jarrets. Néanmoins, l'acte et l'intention différaient: il ne semait pas la justice, il récoltait la vengeance. Isaak n'agissait pas pour le bien des gens, mais bien pour s'assurer que son voyage sans fin puisse prospérer, afin de poursuivre sa quête d'identité. Plus que redevable envers Maëlly, le rescapé de l'incident des Ailes Noires de la Mort considéra avec soin la question de la brunette. Par de-là les montagnes septentrionales et orientales de Begnion, il était émissaire de mort et de folie… était-ce le moment pour Isaak de se repentir de ses fautes en s'employant au bienfait du peuple ?

Il repensa alors à sa discussion en prison avec Mysti, ce général altruiste de Criméa. Aux cavaliers de l'apocalypse qui appelaient à la ruine et au désastre sur Tellius. Et au besoin imminent de réunir les plus puissants guerriers du contient, les artisans de la paix.
Diverses pensées traversèrent l'esprit du jeune homme, avant qu'entre ses lippes, les mots s'échappent:


❖ Si c'est cette vie d'aventure et de charité que je dois suivre pour mériter ma place à tes côtés, alors je l'accepte volontiers. J'ai assez rempli ma bourse d'or à coups de contrats et autres requêtes de villageois. Maintenant je suis prêt à racheter mes fautes en te suivant.

Sa main enrobe momentanément celle de son interlocutrice, échangeant un regard complice, tandis qu'il retire son épée du sol. Son poignet laisse ses articulations s'exprimer, alors qu'il lance quelques coups fluides dans le vide avant de ranger la lame chargée de cauchemars à sa place.

❖ Et je n'ai pas mieux rêvé comme moment pour me racheter on dirait… J'ai appris par le général de l'armée de Criméa lui-même qu'une, voire d'autres monstres semblables aux Ailes de la Mort sévissent à travers Tellius.

Une énième fois, le souvenir de sa cuisante défaite face à l'avatar de la faim et de la ruine défila dans ses pensées. Un frisson traversa l'ensemble de son corps, se rappelant de la sensation de faiblesse extrême que son être décharné expérimentait au contact de Famine.

❖ Mais pour le moment, je n'ai pas la force requise pour prétendre aider qui que ce soit à les affronter. Je dois devenir plus puissant… devenir un véritable épéiste.
 
Un rire nerveux arracha au bretteur en herbe une réflexion.

❖ Dire que jusqu'à présent je n'ai jamais fait qu'agiter mon épée à l'instinct, sans jamais avoir réellement appris comment manier une épée… Je t'avoue que tu es la première à qui je confie ça, ne va pas le répéter à tout le monde !

Maëlly put alors assister, pour une poignée de secondes, à l'un des innombrables trésors cachés de Tellius: le sourire spontané d'un Isaak qui s'adonnait à l'humour pour détendre l'atmosphère. Bien que le destin n'ait initié leurs retrouvailles que depuis quelques dizaines de minutes, la simple présence de la Laguz couvrait subtilement de gaieté le blondin. Et d'archange, elle jouait les sirènes sans le vouloir.
 
❖ Enfin bon… tout ça pour dire que j'ai encore de la route à faire, et qu'à tes côtés je compte bien me démerder pour être à la hauteur ! Mais avant… cela peut paraître très égoïste alors que l'on vient tout juste de se retrouver, mais il y a une chose que j'ai besoin de faire. Ou plutôt de finir.

Son regard se plongea dans les joyaux de la dame corbeau, cherchant à assurer cette dernière de la valeur singulière qu'attribuait Isaak à sa requête. Sur l'instant, le quidam fut incapable de formuler convenablement son souhait, tant il était chargé de souvenirs particuliers. Au fond de lui, ce dernier espérait qu'elle se souvenait de l'importance qu'il conférait à cette démarche. Et dans le cas contraire, qu'elle accorderait sa confiance pour le suivre.
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MessageSujet: Re: Glimmer of Hope. [Isaak]   Jeu 12 Jan - 20:20

« Glimmer of Hope.

« Alors nous irons. Et nous rachèterons tes fautes à deux. » Ta main presse doucement la sienne. La chaleur de Louka. La chaleur d’Isaak. La chaleur d’un renouveau. Tu inspires longuement, presque perdue dans tout ce réconfort. Tout semble aller mieux. Le temps s’est arrêté. Il est revenu. Le temps peut repartir. Tu ne sais à quel point tu es heureuse. Un bonheur étrange, différent de celui que procure l’amour. C’est simplement … Un mieux. Un retour à la normale ? Plutôt une nouveauté. Une nouveauté qui améliore le passé. Qui trace la voie vers un futur moins sombre. Son rire te tire de tes rêveries. Il admet être un épéiste sans qualification, un simple individu qui secoue une épée dans le but qu’elle fasse mouche. Tu ris. « Je vais en faire une affaire d’état. Dès demain, Tellius connaîtra l’histoire de l’épéiste masqué, l’homme qui ne sait pas vraiment se battre. » Tu lui tires la langue et lui adresses un gentil clin d’œil. Il y a bien longtemps que tu n’as pas éprouvé une vraie joie comme celle-ci. Une joie sans sadisme, sans malheur. Une joie pure. Douce.

Tu penches doucement la tête. Il t’a manqué. Ce gouffre dans ton cœur s’est refermé. Il ne fait plus mal. Tu n’as plus autant d’idées noires. Tu as trouvé ta voie et retrouvé ton Louka. Il s’est un peu transformé, c’est vrai, mais c’est pour le mieux. Peut-être est-ce le karma ? Tu hésites à lui octroyer une quelconque importance, vu que tu ne crois que très peu en toutes ces choses. Pourtant, dès que tu as songé à ta nouvelle voie, depuis que tu sauves des vies, la tienne semble s’améliorer dans tous les domaines. Et puis voilà que l’étincelle revient. Cette étrange créature, surgie de nulle part, qui revient du même endroit. Quel incroyable courant d’air.

Tu hoches doucement la tête et le regardes avec de grands yeux. « Se démerder », hein ? La personne qui se tient devant toi est quand même sensiblement différente de celle que tu as connue. Tu arques un sourcil. « Alors la virilité, c’est ça ? Dire des gros mots ? » Tu ris de bon cœur, taquine. A croire que les transformations ont lieu partout et elles sont particulièrement frappantes. Tu n’aurais jamais cru que ton petit Louka deviendrait ainsi. Tu as perdu un homme apeuré, impuissant, faible – appelons un chat un chat. Tu retrouves un homme fort, qui sait ce qu’il veut, prêt à effacer chaque erreur de son passé une à une. Prêt à se racheter. Qui a vu probablement plus d’horreurs que toi, d’ailleurs. Les Ailes de la Mort. Un nom qui fait froid dans le dos, un nom que tu as déjà entendu. Il l’a vécu.

Un élan de curiosité s’empare de toi. Tu as besoin de savoir, ces histoires ne se racontent que tout bas. Elles font trop peur. Ton protégé y était, il a tout vu. Il pourra t’éclairer. Te raconter les cauchemars que vit Tellius. Ce qui cause ses soubresauts, ses tremblements. Tu vas pouvoir tout savoir. Tu attrapes doucement ses mains et les serres à nouveau. « D’accord, je te suivrai. » Tu le suivras, tu le protégeras. Vous serez l’épée et le bouclier l’un de l’autre. Un rempart dressé contre le monde. Inflexible. Prêt. « Mais tu vas devoir me raconter ces petites histoires. » Ces histoires qu’on ne dit pas à tous, qu’on cache au maximum dans notre mémoire. Ces histoires cachées au fin fond de nos cœurs, celles qui font peur. Ces histoires tristes. Tu veux les connaître, tu veux leur faire face. Tu as besoin de savoir à quel point ce monde part en vrille. À quel point il a besoin d’être sauvé.

Tes prunelles plongent dans les siennes. Tu arpentes l’océan, à la recherche d’une quelconque marque. « Je veux savoir ce qui s’est passé avec les Ailes de la Mort. » Le froid gagne tout ton corps. C’est lourd, désagréable. Mais ton être réclame des réponses. « Qu’est-ce qui t’a rapproché de moi par ce biais ? Qu’a-t-elle fait ? A quel point les rumeurs se rapprochent de la réalité ? » Tu le relâches et chasses brusquement ton sérieux. Tu arques un sourcil. « Oh puis d’abord tu devras me dire où est-ce que tu m’emmènes et ce que tu veux y faire ! » Un sourire radieux naît sur tes lèvres.

Entre histoires passées et histoires futures, tu te fraies un nouveau chemin dans le présent. Tu n’es plus à la recherche de réponses ni d’une voie, tu es juste à la recherche du salut. Pas le tien, pas celui d’Isaak – peut-être un peu –, mais pour celui de ce monde. Tu espères, au fond, devenir suffisamment forte pour te dresser contre quiconque se dresserait contre vous, contre quiconque constituerait une menace pour le monde. Tu seras actrice de ce monde. Et lui aussi. Tu lui souris.

À vous deux, vous y arriverez.




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MessageSujet: Re: Glimmer of Hope. [Isaak]   Mer 18 Jan - 18:33

Loin de la discorde qui tentait de s'installer entre les deux voyageurs, la discussion était auréolé désormais d'un halo de bienveillance et de chaleur. Malgré ses péripéties épineuses et les révélations douloureuses de son protégé, Maëlly ne cessa de faire preuve de douceur à l'égard du blondin en question. Au contraire, dès lors qu'Isaak accepta l'offre de la Laguz et se livra à un instant de confessions, la demoiselle sembla apprécier répondre par le toucher, plus que par les mots. Dans un premier temps, le contact délivra au sabreur une impression particulière, presque étrangère, lui qui était peu familier aux attentions tactiles. Le souvenir très fort qu'il conservait de son enlacement avec la tendre harpie relevait plus d'une sorte de béatitude placentaire, celle d'un oisillon dans l’œuf couvé avec attention par l'aile chaleureuse.

Puis, apprivoisé par ce renouveau physique, l'orphelin baissa la tête, se laissant rire aux promesses ironiques de celle qui serait dorénavant son associée. Ses yeux détaillèrent attentivement les traits de la demoiselle. Il salua le talent de l'artiste aux airs de démiurge qui dessina habilement à l'encre noire la longue chevelure de Maëlly, s'appliqua à la doter de sourcils effilés qui paraient son regard cristallin. Il admira aussi ses grandes ailes d'ébène et dont l'éclat semblait puiser son azur dans les cours du temps la séparant de ses années de détention. Mais la contemplation s'estompa soudainement, alors que la dame ailée commentait le ton quelque peu familier de son partenaire d'aventure.


❖ Alors la virilité, c’est ça ? Dire des gros mots ?
❖ Avant, j'avais un début de barbe, maintenant à défaut d'en avoir une, faut bien compenser autrement ! Plus sérieusement, il fut un temps où j'étais morne, presque ennuyant à mourir. Plus déprimant qu'un corbeau encore… il accusa un léger rire, répondant à la malice de son interlocutrice, maintenant j'essaie d'être plus expressif, plus vivant, et le langage de charretier en fait partie il faut croire. Et puis disons que faire un séjour dans une prison remplie de bandits au parler fleuri n'aide pas trop… mais ça on en parlera une autre fois !

Il avait effectivement tant de choses à raconter à Maëlly. Cette dernière ne manqua pas d'en énumérer quelques unes, alors qu'elle continuait de caresser la dextre gantée du blondin: sa vie en tant que mercenaire, sa rencontre funeste avec les Ailes de la Mort, les raisons de sa demande incomplète… toutes ses questions auraient tôt ou tard le droit à une réponse, mais Isaak ne pouvait pour l'heure s'en assurer. Le jeune homme tenait en premier lieu à lever le voile sur sa demande à laquelle il avait conféré un caractère particulier en maintenant le mystère jusqu'à présent.

❖ Nous ferions mieux de trouver un endroit où passer la nuit afin de se reposer pleinement. Demain… je rentre à la maison. Voilà ce que je veux faire.

Sa maison, comme il l'appelait, devait être à l'heure actuelle un tas de ruines aux odeurs funestes avec des mouches pour l'accueillir. C'était en tout cas l'image triste qu'avait Isaak en tête en évoquant le monastère de Belogor qui l'avait vu grandir puis fléchir devant la folie. Ce retour chez soi était nécessaire malgré tout. L'orphelin en exprimant le besoin d'une manière telle que son corps semblait lui crier de revenir sur ses origines pour enfin laisser son passé de côté.

Son regard quitta les prunelles perlées de Maëlly pour balayer la bâtisse qui fut sujette aux retrouvailles houleuses entre les deux êtres. Arquant un sourcil, le mercenaire se confia d'un ton plus posé, comme un murmure respectueux qui ne valait mieux pas d'être entendu par les autres:


❖ Mais d'abord, quittons ce village, si tu le veux bien. Je crois qu'on a assez fait parler de nous ici pour aujourd'hui.

Il fit volte-face à la taverne, prêt à partir. La région frontalière offrait suffisamment de villages à proximité pour que le tandem puisse trouver le repos à un bon prix. Puis, se rappelant de la curiosité insistante dont fit preuve sa partenaire de fortune, il apposa sa main sur le crâne de cette dernière et esquissa le meilleur sourire qu'il put lui offrir, déclarant sur un air rassurant:

❖ Ne t'en fais pas: je te raconterai les détails sur le chemin. Après tout… une longue route nous attend à tous les deux !

Entre la recherche d'un toit pour cette nuit, et de la traversée d'ouest en est de Begnion jusqu'aux montagnes où gisait Belogor, c'était effectivement un vaste périple qui attendait les deux jeunes gens. Un moment propice à la confession, où le Fauve Noir pourrait prendre le temps de dévoiler son passé difficile en tant que Louka, puis sa renaissance inespérée en Isaak. Mais pour l'heure, le duo de mercenaires fit cap vers l'est dans le but de trouver un village apte à leur offrir le gîte.

Tandis que son épée d'un noir de jais cliquetait contre sa hanche, le sabreur exposa ses intentions auprès de la Laguz: revenir là où tout avait commencé pour repartir symboliquement de zéro. Son arme, porteuse des cauchemars d'un temps interdit, devait reposer auprès des siens, afin qu'il puisse d'une façon ou d'une autre enterrer son passé et se tourner enfin vers l'avenir. Il espérait également trouver sur place d'éventuels indices sur son passé lointain, sur ses véritables origines, sa famille de sang et non de foi, afin de savoir vers où s'orienter pour son futur. En expliquant le fond de sa pensée, le blondin s'appliqua à donner un ton sécurisant à ses propos. Il avait amèrement constaté les conséquences d'un parler trop franc, trop tranchant auprès d'une demoiselle dont les péripéties périlleuses semblaient concourir avec le nombre de cicatrices d'Isaak. Aussi, ce dernier s'essaya de son mieux à l'exercice de la finesse, une épreuve qu'il avait peu, voire pas du tout affrontée en temps que coupe-jarret aux airs de barbare.




Ils avaient traversé des sentiers, des villages. Des forêts entières, où le froissement des branches et des feuilles les guidaient vers l'orient. Ensemble, ils avaient passé de nombreuses journées, plusieurs semaines même à parcourir la plus grande nation Beorc d'une extrémité à l'autre. Au final, leur périple les conduisit à s'aventurer dans les hauteurs du pays, loin de la vie citadine, près des neiges éternelles.

Au cours de ce pèlerinage, Isaak ponctuait la marche par le récit de son passé. Il évoqua par bribes sa vie dans le monastère de Belogor, une vie dédiée à la prière et la quiétude qui bascula le jour ou la maladie ravagea les fidèles corps et âme. Sa conversion névrotique envers la cause hallucinatoire d'une divinité absurde, qui rejetait comme Louka l'existence des déesses jumelles. Dans son récit, il tâcha d'occulter certains passages, de les abréger car certains moments de sa vie, passée sous le filtre de la psychose, paraissait indescriptible avec un langage cohérent. Il détailla également de son mieux son incarcération, sa sentence quotidienne, avant de s'échapper in extremis à la peine capitale par un pouvoir qu'il domptait à présent en tant que don du combat.

La durée particulière du trajet lui permit en outre de résumer son parcours en tant qu'Isaak, un mercenaire en quête d'identité. Persuadé de retrouver cette lumière qui illumina un passé que Maëlly connaissait désormais davantage, il en était même venu à se retrouver face à l'un des Fléaux de Tellius, l'incarnation de la faim Famine et sa monture décharnée. Du reste, la dame-corbeau pouvait quasiment toute seule retranscrire les évènements ayant conduits le bretteur en herbe à se retrouver nez à nez avec elle.  

La suite de l'histoire ne dépendait dorénavant que de leurs choix, car ils se retrouvèrent au bout de leur chemin devant une vaste construction au milieu des montagnes où le silence régnait: c'était Belogor.

Le caractère sacré qui emplissait le lieu s'était au fil des âges ternis pour se convertir en une atmosphère pesante qui paraissait étouffer le son même. Seul le vent se permettait par moments de s'exprimer dans cet amas archaïque de pierre où pas une âme ne semblait vivre. Le malaise s'empara brièvement d'Isaak en arrivant sur les lieux. Des images nocives lui rongeaient l'esprit. Des visions de corps en putréfaction, d'Errants en proie au désespoir tentèrent de corrompre à nouveau son esprit sans aucune intervention physique de son épée. Mais c'était justement pour balayer ces mauvais rêves que le jeune homme était venu ici. Il était temps de tourner pour de bon la page. Isaak ferma les yeux un moment et parut apprécier le vent froid qui passait sur son visage. Autrefois moine prêchant la mauvaise parole, il devait maintenant devenir fine-lame pour protéger ceux dans le besoin. En tant qu'ancien Moine Noir, il savait pertinemment que le monde était sans cesse en proie à la menace d'êtres dépravés. Et tout comme il venait pour balayer l'être maléfique qu'il était, il était de son devoir de ne faire qu'un avec l'épée pour repousser le mal qui tentait de s'emparer du continent.

Conscient de la description horrifique qu'il avait fait auprès de Maëlly, l’épéiste néophyte réouvrit les yeux et se tourna vers sa partenaire. Si lui était déterminé à rentrer dans ce lieu ravagé par la Peste Pourpre, rien n'était vraiment sûr du côté de la Laguz. Maintenant plus familier avec l'archange au plumage charbonneux, Isaak s'adressa à la demoiselle en question d'une voix sûre, sérieuse, mais qui apportait néanmoins son lot de chaleur au cœur de ce microcosme mort et froid.


❖ Nous y sommes enfin. L'endroit est en réalité un peu moins insupportable à regarder que ce j'ai pu te décrire, mais libre à toi de m'attendre par ici ou de me suivre. Je ne veux rien t'imposer à partir d'ici: tu en as déjà fait assez pour moi Maëlly.

Son œillade cobalt toisa lentement l'impressionnant escalier de pierre qui conduisait à l'entrée du sanctuaire dédiée à Ashera le Soleil Blanc, l'icône des moines de Belogor. Bien que le monastère entier était abandonné depuis un moment, Isaak sentait qu'ils n'étaient pas seuls. Les spectres du passé marchaient dans les pas des Errants maintenant décédés et le Fauve Noir était assuré de devoir côtoyer leur présence éthérée jusqu'à accomplir son objectif…
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MessageSujet: Re: Glimmer of Hope. [Isaak]   Sam 4 Fév - 19:24

« Glimmer of Hope.

« Rentrer à la maison ». Cette pensée t’arrache une grimace. Tu ne considères pas cet endroit comme une maison. Une maison est censée être chaleureuse, accueillante, rassurante. Un véritable nid d’oiseau. Un lieu où l’on se pose sans aucune crainte. Belogor n’est définitivement pas une « maison » selon tes critères. Pourtant, tu ne t’y opposes pas. Il veut y retourner, il y retournera, quelle qu’en soit la raison. Tu ne t’y opposeras pas. Tu hoches la tête et acceptes de le suivre. Bon, au fond, tu acceptes parce que tu vas déjà aller dormir ailleurs et que tu as terriblement besoin de veiller sur lui, mais bon. Tu n’acceptes pas parce que tu as envie de savoir. Aucune curiosité ne t’amènera là-bas. Il y a certains passés que l’on ne déterre jamais, celui-ci en fait partie. Bah. Peu importe.

D’histoires en histoires, de jour en jour, vous traversez Begnion. Cela te fait une drôle d’impression de le suivre. D’agir comme cela aurait dû se passer il y a un certain temps. Ce voyage t’aura au moins permis d’en savoir davantage sur lui. Un jeune homme nommé Louka, élevé dans les bras d’une sombre religion. Porté au cœur d’un fanatisme mordant qui avait failli lui coûter la vie. Alors il devint Isaak et avala Louka. Mais son passé était toujours là. Dans l’ombre, son passé existait toujours. Sombre histoire, sombres répercussions. Tu as encaissé beaucoup de détails en peu de temps. L’avantage, c’est que tu es maintenant consciente de la réalité qui t’accompagne. De cet ancien phénomène de foire en plein repentir.

Le silence t’écrase les poumons, te tord de l’intérieur. Une aura sombre entoure ce monastère. Tu n’avais vraiment pas envie de venir jusqu’ici. Certaines histoires devraient seulement être contées. Jamais vécues. Tu attrapes la main de Louka et la serres doucement. « Quel endroit étrange … » Tu peux ressentir toutes les âmes des morts flotter autour de toi. Tu perçois les auras, les restes. Tu perçois toutes ces âmes qui hurlent. Tu baisses la tête et inspires longuement. « Pourquoi … », murmures-tu entre tes dents. L’horreur t’avale toute entière. Tu hésites à y aller. Il te faut un moment pour trouver tout le courage en toi. Tu regardes les alentours. Une bâtisse détruite, sombre. Peut-être que le destin ne voulait plus lui laisser sa chance.

Tu lâches Louka et avances prudemment. Tes mains se baladent sur les morceaux de grès qui tapissent le sol. De la pierre grise, réduite en petits morceaux par le temps. Tu t’imprègnes de l’endroit. Tu as l’impression de tous les entendre hurler. Tous les gens qui sont tombés ici. Les âmes qui flottent, à la recherche du salut. Ces âmes interdites de quitter ce temple à cause de leurs pêchés. Tu penches la tête et regardes le morceau principal du temple. Les escaliers qui guident vers l’entrée. Les ténèbres qui t’apparaissent si claires et si terrifiantes. Tu recules jusqu’à Isaak et attrapes à nouveau sa main. « Ils souffrent. » Tu serres un peu plus fort. « Allons-y. » Les yeux portés vers l’horizon. Un horizon sombre, terrifiant. Mais la perspective d’un avenir meilleur.

Tu prends ton courage à deux mains et décides de te lancer. Tu entraînes Louka de toi-même vers l’intérieur. Tu arrives en haut des marches et tu hésites. Tu exhales un très long soupir. « Les fantômes … ça n’existe pas. » Mensonge. Un râle d’outre-tombe te secoue et t’arrache un violent frisson. « Bon, peut-être. » Tu pénètres dans le monastère en faisant mine de ne rien voir, rien entendre. Tu serres les dents. Ça sent la mort. Ça sent la peine. Ça sent les âmes qui n’ont pas pu s’échapper. Celles qui n’auront pas la chance de trouver le repos. « C’est … infâme. » Le soleil traverse le plafond, tu es entourée de lumière. Pourtant, cela ne te rassure pas. Les fantômes traînent malgré tout. Tu lèves la tête. Rien ne te rassure, pas même Louka. « Fais vite. » Tu serres sa dextre, peut-être un peu trop fort.

Bienvenue dans les affres de la mort.
Nous te souhaitons … Un bon voyage.




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MessageSujet: Re: Glimmer of Hope. [Isaak]   Lun 6 Fév - 0:16

Isaak était déconcerté. L'excitation fébrile de son retour à la "maison", comme il se plaisait ironiquement à l'appeler, céda bientôt à une certaine angoisse, une fois face à l'imposante entrée du lieu saint. Des années de délabrement et d'abandon avaient profondément transformé l'allure de l'abbaye. Malgré la clarté de la roche et l'ensoleillement, le lieu dégageait une atmosphère nocturne, un marasme de ténèbres qui accentuait chaque ombre, chaque crevasse, chaque ruine. C'était comme si la roche criait à tout instant « Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance » à travers les soupirs du vent.

Plus d'une fois, l'orphelin à la crinière hélianthe remercia en son for intérieur que la main de Maëlly se noue à la sienne. Le contact chaleureux, dont l'étreinte parfois excessive trahissait une hantise particulière de l'endroit, l'empêchait à tout instant de se morfondre dans l'inanité sépulcrale de Belogor. En retour, Isaak tâcha de son mieux de retenir les soubresauts qui le parcouraient de temps à autres. L'inertie environnante était parfois troublée par les souvenirs troublants de l'ancien adorateur d'Ashera. La cruauté de son esprit lui fit alterner des moments de son quotidien en compagnie de la communauté du monastère avec leur équivalent cauchemardesque.

Les deux aventuriers poursuivirent malgré tout leur ascension vers l'entrée de la bâtisse dégradée. Quelque peu nauséeux, le Fauve Noir de Begnion tâcha néanmoins de rassurer son acolyte dont les remarques maussades ponctuaient sa route. Son bras passa autour de la tête délicate de l'oiseau, prit appui sur ses minces épaules, tandis que son crâne se rapprocha dans le même mouvement de Maëlly pour lui confier d'un air à demi-sécurisant:


❖ Je n'en aurai pas pour longtemps, je te le promet.

Isaak échangea un regard avec son interlocutrice, puis se releva avant de faire face à nouveau à l'entrée. Au même moment, une étrange impression chaleureuse se dissipait dans la chair de l'escrimeur, une sensation que ce dernier fut bien incapable de décrire. Hors de la vision de Maëlly, il serra les dents. Le blondin se sentait maladroit à l'égard de sa partenaire de fortune. Les mots lui manquaient pour apaiser la dame corbeau, ce qui l’agaçait fortement. Ceux qu'il avait en tête ne convenaient pas à son goût.

« Ne t'en fais pas, je te protégerai » ? Ce serait là briser leur accord mutuel. Maëlly ne voulait pas d'un gardien, ni d'un chevalier galant. Elle ne devait pas être rabaissée à l'état de fleur fragile sans défense, car elle aussi avait maintenant des épines pour se défendre.

« Il n'y a pas âme qui vive ici, tu n'as rien à craindre » ? La Laguz aurait certainement approuvé. Mais ce n'était pas les vivants qui gênaient, mais bien les spectres. Ceux qui errent à travers l'ombre d'un muret, du hurlement de la bourrasque qui s'engouffre dans les failles, du craquement du bois flétri et de la pierre fragile. Alors, Isaak décida de prendre une énième fois son courage à deux mains au moyen d'une grande et profonde inspiration et fit le premier pas au sein du monastère de Belogor.

Comme il s'attendait, l'endroit était totalement laissé à l'abandon. Les pièces étaient au mieux vides, au pire ravagées par la ruine. Tout en évoluant dans la pénombre du lieu en guidant Maëlly par la main, il détourna à plusieurs reprises son regard. Confronté à de larges traces noires laissées par la fumée et à quelques résidus de cendres, il devina aisément contre son gré les endroits où le feu inquisiteur était allumé pour consumer le mal et la chair. L'odeur de brûlé affiné au gré du temps agressa son nez, tandis que les meurtrissures qui serpentaient le long de son corps se réveillaient au fil de son trajet.

Bientôt, ils quittèrent une première pièce, et poursuivirent leur marche le long d'un couloir donnant sur la cour intérieure, la première destination d'Isaak. Coulant des foulées à l'écho caverneux, ils gagnèrent rapidement l'accès à l'atrium. Autrefois paradis de végétation et de flore diverse, la cour n'était plus que les vestiges de ce qui devint une place condamnatoire. Les quelques ossements mal conservés qui ornaient çà et là la surface en plein air attestaient de cette reconversion macabre. Le souvenir de l'exécution d'Uriel remonta presque automatiquement dans la conscience d'Isaak, qui ne put s'empêcher de repenser à l'horreur de la scène. Partout où son regard se baladait, il y lisait le désespoir, aussi bien sur les visages que dans les flammes, et à présent sur les tas d'os corrompus.

Comme s'il eut répété auparavant cette scène des dizaines de fois, le garçon dégaina son épée spontanément. Le coulissement aciéreux de la lame contre le fourreau fendit l'air tout comme le silence funèbre de l'atrium. Un triste reflet miroita faiblement contre l'épée au lustre d'obsidienne. Quelques pas à l'enjambée déterminée placèrent Isaak totalement au centre de la cour. Une œillade hésitante s'adressa brièvement envers Maëlly avant que le jeune homme ne vienne planter brutalement son artefact maudit entre deux grosses dalles. Dorénavant la flamberge reposait droite au cœur de l'abbaye, la garde pointée vers le ciel lui donnant des allures de tombe.

Ce geste signait la fin d'un temps, d'une ère marquée par le chaos. Le fruit de la démence générée par la tragédie de Belogor retournait sur sa terre de naissance pour y être enterré à jamais. Personne ne songerait à revenir ici et à décrocher cette Excalibur maudite par les mémoires du Moine Fou. Pas même la Mort elle-même, laissant gravé ici à jamais le souvenir des malheurs de Louka, et par extension des moines de Belogor et des villages entiers en proie au courroux du dit Louka.

Isaak leva la tête et laissa un sourire béat s’agrandir sur son visage. Plus qu'un sentiment de libération, il sentait toute l'ironie d'une situation l'envahir. Perçant à travers la nue grisonnante, un rai lumineux trouva son chemin pour venir illuminer la cour. Plutôt que de l’interpréter comme un message d'Ashera envers le survivant de l'ordre du Soleil Blanc, le quidam considéra cet rayon comme le signal pour marquer définitivement sa nouvelle vie, tournée vers la prospérité et non la destruction.

Dans un dernier hommage, le jeune homme se tourna vers un saule famélique pleurant sempiternellement la mort des moines sujets à l'aliénation et à la maladie. L'être sylvestre semblait demeurer ici en ultime gardien vivant des lieux. Il s'en rapprocha, effleura sa dextre l'écorce fragile de l'arbre, et récolta une des feuilles. Un souvenir particulier se forma dans ses méandres, alors qu'il porta à ses lèvres la feuille du saule. Celui d'une chanson, que son défunt père Uriel lui avait appris au cours de son enfance et qu'il tâcha de retranscrire de son mieux.

Comme un ultime requiem pour les siens.


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MessageSujet: Re: Glimmer of Hope. [Isaak]   Sam 1 Avr - 0:45

« Glimmer of Hope.

Une intense vague de chaleur te parcourt. C’est terriblement agréable. Tu n’avais pas ressenti une telle sécurité depuis une éternité. Pourtant, cette sensation s’efface bien vite lorsqu’il se détache. La haine, la peur, la tristesse, l’agonie règnent ici comme des monarques impitoyables. Tous les péchés semblent s’être déchaînés ici, une véritable danse à la gloire du Mal, avec un très grand M. Tu serres les poings, serres les dents. D’un côté tu te dis capable de vaincre des gens, tu es une femme accomplie et une véritable mercenaire ; de l’autre tu es une vraie mauviette quand ça parle de fantômes. Contradictoire, contradictoire. Au fond de toi, tu sens une lueur s’éveiller, te donner la force de vaincre tes peurs. Elle est noyée sous un océan de craintes, mais elle scintille. Tu l’attises de ton mieux et commences à suivre Louka. Tu ne pourras pas trouver pire de toutes façons.

Vous progressez, passez à travers des pièces sombres, hantées jusqu’à la moindre brique. Les ruines sont partout, au même titre que tous ces êtres. Tu les sens grouiller tout autour de vous, ces créatures malmenées, incapables de passer de l’autre côté. Ces blasphèmes, oubliés par les dieux. Tu t’approches inconsciemment d’Isaak, rassurée par sa présence, pourtant consciente qu’il ne pourra rien contre les fantômes. Vous atteignez le cœur de tout, une mer d’ossements. Tu réprimes un frisson. Tous ces corps autour de toi, ces morceaux d’hommes, décédés ici dans des circonstances bien étranges. Étaient-ils tous comme Louka à l’époque ? Est-ce pour cela qu’ils se sont ainsi faits massacrer ? Tu penches la tête, pleine de lourdes interrogations.

Un reflet attire ton regard – les choses qui brillent, pour un corbeau … L’épée de Louka. Un étrange symbole, désormais planté dans le sol à la façon d’Excalibur. Un ancien mythe, conté par les vieilles femmes. Une épée ancestrale que seul un être au cœur complètement pur pouvait retirer du socle. En était-ce de même ici ? Tu n’en es pas certaine. Tu contemples l’action de ton partenaire, perplexe. Est-ce une bonne idée de retirer cette épée du sol ? Non, probablement pas. Il vaut mieux la laisser ici, ne plus jamais la toucher. Si Louka s’en débarrasse, c’est qu’il ne veut plus non plus y toucher. Un passé enterré, retourné à son origine. Tu souris. C’est peut-être le meilleur moment de cette étrange ascension. Il est temps d’aller de l’avant.

Louka n’est plus, enterré ici avec ses congénères, il trouvera le repos éternel. Isaak sera sa nouvelle forme, celle d’un être évolué, qui a grandi, s’est affranchi de ses crimes. Un être qui a décidé de quitter sa folie une bonne fois pour toutes pour affronter ce monde. Un nouveau regard, une nouvelle approche. Un nouvel homme. Tu n’es plus si triste de voir Louka disparaître. Au fond, c’est pour le mieux.

Tu portes ton regard sur l’arbre auprès duquel se trouve Isaak, lorsqu’il entonne cette douce mélodie. Tu fermes les yeux et te laisses porter. Tu te sens comme l’oiseau que tu es. Tu bats doucement des ailes. Au bout d’un certain temps passé à entendre la mélodie, tu la reproduis en sifflant. L’avantage d’être un corbeau repose aussi dans la capacité à reproduire de nombreux sons avec votre propre voix. Tu mémorises les sons. Cette mélodie sera gravée en toi comme celle du renouveau.

Tu t’approches d’Isaak et lui prends gentiment la main. « Alors c’était ça … » Tu lui souris. « Je suis fière de toi. » Nouveau départ. Nouvelle vie ? Celle de mercenaire. De mercenaires, d’ailleurs. Une alliance particulière, qui promet d’être intéressante. « Allez … Allons-y, nous avons probablement assez dérangé les morts. » Tu te mets en route, en invitant ton compagnon. Tu t’approches de la sortie, puis te tournes, en direction de l’épée. Au revoir, Louka. Une légère nostalgie s’empare de toi. Ci-gît Louka, petit être chétif, ravagé par ses propres démons. Tu quittes totalement les lieux, portée par un désir de t’échapper de ces ruines au plus vite.

Une fois à l’extérieur, tu regardes ton partenaire. « Alors, où allons-nous maintenant ? » Peut-être a-t-il d’autres projets qui te sont inconnus ? Tu baisses la tête puis le contemples à nouveau. Un flash de ténèbres voile ton regard. « Ces gens … Ils étaient comme Louka ? Ou ils ne méritaient pas ce qui est arrivé ? » Les massacres ne sont jamais mérités. Tu serres les dents. Comment peut-on ainsi ôter la vie, à tant de gens ? Il y a toujours une part humaine en eux, on ne sait jamais ce qui se passe dans leur tête. Tu doutes qu’ils étaient tous comme Louka. Il doit y avoir une raison. « Je suis désolée de l’indiscrétion de ma question. » Tu crispes doucement les poings. Il ne devrait pas t’en vouloir pour autant. Tu ne sais pas. Mais tu as besoin d’en savoir plus, justement.




Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ?
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Isaak
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MessageSujet: Re: Glimmer of Hope. [Isaak]   Mer 12 Avr - 2:11

Les notes improvisées du musicien à la feuille de saule perçaient à travers l'antre du mal. Les yeux fermés, mais le cœur grand ouvert, il rendait une dernière fois hommage à ses proches disparus. Malgré l'adresse avec laquelle Isaak faisait usage de ses doigts et sa bouche pour retranscrire l'émotion du deuil, une certaine nervosité se faisait ressentir par moments au sein de la mélodie. Difficile en cet instant de recueil de rester maître de ses émotions. Ainsi, luttant contre les tremblements de ses mains et l'humeur aqueuse envahissante de ses yeux, Isaak tâcha de rester digne de son mieux. À la fois pour dissimuler sa fragilité latente à l'égard de Maëlly, comme pour maintenir une allure convenable à l'égard des défunts, il lutta contre cette faiblesse qui l'envahissait.

Loin des murmures de l'ombre qui grouillait autour, l'atrium où se situait le tandem de vivants paraissait vivre ses derniers instants dans une sorte de féerie solennelle. La mélopée apaisait les morts, repoussait les mauvais esprits et allégeait le cœur des vivants. Et, alors que la voix de Maëlly vint se joindre à son tour, l'assemblée de sonorités purgea l'esprit du blondin avec la vigueur d'une cascade à l'eau fraîche. Il avait certes renié la religion qui l'avait abandonné à un moment crucial de son existence. Mais le dogme du Soleil Blanc, tourné vers les autres et vers l'illumination, ou plutôt l'éveil, subsistait dans l'esprit d'Isaak. Il était désormais conscient de son don pour l'épée, de son désir ardent de maîtriser cet art à son paroxysme afin de protéger tout ce qui lui était cher.

Alors que la mélodie s'essoufflait, les pensées de l'escrimeur sans épée convergèrent sur une seule et simple résolution: devenir plus fort. Ce qui avait conduit Isaak à être prisonnier de son destin, c'était sa faiblesse, sa dépendance presque maladive aux autres qui l'empêchait de se délivrer des chaines de la fatalité. S'il avait eu le savoir, aurait-il pu sauver les siens de la maladie ? S'il avait eu la force, aurait-il pu protéger les siens des déments en quête de sacrifice ? Aurait-il pu protéger Uriel, Leif, Maëlly et bien des victimes des ravages causées par Famine ? Aurait-il pu se protéger lui-même ?

L'espace d'un bref silence, le tourmenté déglutit, assimilant une dernière fois cette trombe de souvenirs. Dorénavant, il ne serait plus esclave du destin. Il serait artisan de son propre futur, d'une paix qu'il construirait à la pointe de l'épée. Et en gage de liberté, les deux ailes de Maëlly le guideraient avec assurance sur son chemin.


❖ Allez … Allons-y, nous avons probablement assez dérangé les morts.
 
Guidé par la main de la corvidé, l’épéiste fit volte-face à ce qui pouvait s'apparenter à sa propre tombe, avant de reprendre la route vers la sortie du monastère. Une nouvelle page se tournait dans la vie d'Isaak… enfin presque.

Sur le chemin de la sortie, l'oeil azuréen du quidam se balada timidement à travers les scènes de désolation, pareille à celles causées par le passage de Famine. Entre la pierre érodée, les meubles en bois rongés par l'accalmie, son regard se porta sur un escalier à peine dissimulé derrière une étagère renversée, probablement par un Errant. L'escalier s'enfonçait dans le sous-sol, et plus exactement dans la bibliothèque. Le temple du savoir avait-il su résister aux affres du temps et du désastre ? Isaak risquait très probablement de ne plus jamais revenir à Belogor. Ce même homme en quête de vérité afin de construire une nouvelle identité se tenait à proximité d'un endroit idéal pour étancher sa soif de connaissance. Hésitant un instant, l'orphelin pressa la dextre de sa partenaire d'aventure et, lui adressant à cette dernière une mine à moitié gênée, lui déclara:


❖ J'ai un dernier truc à faire ici, on se rejoint à la sortie d'accord ? J'en ai vraiment pas pour longtemps, promis !

Il lâcha sa main et avec un sentiment de déjà-vu quant à sa phrase, abandonna provisoirement Maëlly pour s'engouffrer dans les archives de Belogor.

L'endroit était très sombre. Impossible d'y voir sans se fier aux faibles lueurs en provenance de l'escalier. La vue défaillante, les autres sens du blondin prirent le relais pour accentuer la vétusté de la grande salle. De l'odeur d'humidité, au clapotis des gouttes d'eau sur le sol en pierre, en passant par la rugosité des murs parfois couverts de mousse, tout suggérait que la bibliothèque n'avait pas été épargnée par le temps.

Un bref souvenir rappela au jeune homme de se diriger à gauche de l'escalier où, dans une commode plus ou moins épargnée par la sauvagerie de la Peste Pourpre, il trouva de l'amadou et des bougies. Isaak se saisit de la plus grande d'entre elles et fit usage de l'amadou, couplé à un morceau de pierre pour produire du feu. Une lueur safranée illumina la dite commode et ses alentours, alors que le débrouillard esquissa un sourire de satisfaction. S'abstenant d'un quelconque support pour son éclairage, l'explorateur saisit la bougie à la main et s'aventura à travers les vastes rayons d'étagère en quête d'informations. Instinctivement, il se rendit au fond de la bibliothèque, dans les quartiers qu'autrefois le reste de la communauté lui interdisait de par son jeune âge… ou peut-être d'autres raisons ? Qu'importe le motif, Isaak arriva dans la dite zone prohibée et se mit à examiner les ouvrages les mieux conservés.

Parmi les manuscrits les plus épargnés se trouvaient des écrits théologiques, métaphysiques, philosophiques autour de l'ordre du Soleil Blanc et la divinité Ashera. D'autres parchemins traitaient de l'histoire de la communauté, mais au final rien ne suscitait réellement l'intérêt du blondin. Alors que le garçon songea à se résigner dans ses recherches, son œillade se porta sur l'étrange espace entre le fond de l'étagère et certains ouvrages. En retirant les parchemins concernés, Isaak remarqua la présence d'un grand coffret, logé au fond de l'étagère. Une fois dépoussiéré convenablement, une inscription apparut à la lueur de la bougie, figeant les traits du visage du natif de Belogor: URIEL.

L'expression de surprise du jeune homme s'intensifia dès lors qu'il inspecta le contenu du coffre relié à son parent spirituel. Un journal à la couverture en cuir portant le titre de "Mémoires d'un pélerin", quelques effets personnels, mais surtout… une large épée. L'arme était une lame droite à double tranchant, décoré au niveau de la garde par une gravure représentant un soleil. Uriel, moine-soldat ? Les souvenirs d'Isaak étaient flous lorsqu'il avait rencontré Uriel, n'étant alors qu'un bambin. Néanmoins, il se souvenait d'Uriel en tant que pélerin, non pas de guerrier aux intentions évangélistes. Immédiatement intrigué par cette découverte, le blondin emporta le journal, ainsi que l'épée qui paraissait bien conservée. Il lirait plus tard le contenu du cahier, préférant se hâter de rejoindre Maëlly pour ne pas la faire attendre davantage. La lame cliquetant dans le fourreau à peine trop grand pour elle, le chercheur fit donc demi-retour et regagna une bonne fois pour toute la sortie du monastère.

La demoiselle attendait patiemment son équipier, envahie d'un certain sentiment de crainte quant à l'atmosphère lugubre du lieu. Afin de dissiper au mieux l'agitation qui tourmentait la Laguz, Isaak brandit de ses affaires le journal dont il venait de faire l'acquisition. Une sorte de gage de bonne foi pour montrer que les efforts du jeune homme à s'aventurer dans les abysses de l'abbaye ne furent pas vains. Si tôt à proximité de la dame-corbeau, cette dernière l'assaillit de quelques questions à son égard.


❖ Ces gens … Ils étaient comme Louka ? Ou ils ne méritaient pas ce qui est arrivé ?

La peine inspirée par cette interrogation en vint jusqu'à ternir l'azur des yeux de Maëlly, qui s'excusa par la suite de ses propos. Une fois encore, Isaak tâcha de faire s'évanouir cette tourmente volatile d'un revers de la main, venant au final s'apposer sur son épaule suivit d'un sourire rassurant. Le soleil peinait à percer à travers la nue, mais quelques rayons parvinrent à faire leur chemin jusqu'à éclairer le tandem au pied du monastère abandonné. Comme un signe du ciel pour donner davantage de chaleur à un lieu qui en avait cruellement besoin.

❖ Eh, t'en fais pas ! Maintenant j'ai fait mon deuil proprement, je n'ai plus rien qui me préoccupe l'esprit. Enfin, à part mon entrainement, toi, avec quels sous on va se nourrir et se loger le temps du voyage, toi… Bon, à part tout ça, j'ai plus rien qui me tracasse.

Il souffla du nez, affichant un sourire amusé quant à sa situation. C'était aussi l'occasion pour marquer une pause afin de détendre l'atmosphère.

❖ Pour répondre à ta question… ils n'avaient plus rien d'humain en eux. Belogor fut d'abord ravagé par la maladie, puis la démence suivit. Louka a fait partie de ce second fléau. À savoir maintenant s'ils méritaient leur sort… peut-être était-ce là une punition un peu trop sévère pour une communauté n'ayant que comme ressource une foi trop aveugle en une divinité qui ne s'est jamais réellement manifestée à leurs côtés. Triste ironie pour un ordre qui était placé sous le signe du soleil… C'est en tout cas l'enseignement que j'en ai tiré personnellement. Mais… ouais. Ils méritaient pas ça. Personne ne devrait subir ça. Pas même mon pire ennemi.

Un vent de noirceur souffla une fois encore autour du tandem, tandis que le soleil tentait de reprendre du terrain. Finalement, la lumière reprit le dessus sur le spleen, alors qu'Isaak releva la tête d'un air presque fier.

❖ Enfin bon. C'est pas en broyant du noir que cette montagne va se descendre toute seule ! Criméa nous attend ! J'ai quelqu'un d'important à rencontrer là-bas, et je pense que c'est le meilleur endroit à ma connaissance pour parfaire ma maîtrise de l'épée. On est parti ?

Dos à l'édifice en ruine qui fut autrefois sa terre d'accueil, Isaak était prêt à repartir avec un but nouveau en tête. Éclairci du noir qui ternissait son nom, le Fauve était dorénavant prêt à se gorger de nouvelles couleurs, tout autant que d'épées pour parfaire ses griffes et crocs. 
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Glimmer of Hope. [Isaak]

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