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 Thérapie anti-dépression [PV : Kerorian]

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MessageSujet: Thérapie anti-dépression [PV : Kerorian]   Lun 5 Sep - 0:53



RP

Thérapie anti-dépression - PV : Kerorian

Poussant un soupire, je repoussai sur mon bureau l'ouvrage sur lequel j'usait ma plume depuis maintenant deux heures biens comptées. A chaque fois qu'une accroche intéressante fleurissait au bout de ma plume, je ne pouvais pas m'empêcher de tourner la tête vers Kerorian. Depuis la triste histoire avec sa femme, la semaine qu'il avait consacré à la chercher et son départ à peine remise, mon garde du corps n'était plus que l'ombre de lui-même. Et ce n'était pas rien de le dire, puisque l'homme était réellement taciturne au quotidien. A présent, il arrivait presque à me déprimer moi-même... Certes, son histoire n'avait rien de très joyeuse, mais j'avais peur que cela n'interfère avec son travail. Il fallait réellement que je trouve quelque chose pour le sortir de sa torpeur.

Finalement, je reposai ma plume sur la table après avoir essuyé l'encre qui en maculait la pointe, puis je me levai de mon bureau, laissant retentir derrière moi le grincement des pieds de bois sur le parquet de mon bureau.

Ca ne va pas du tout, il faut que nous fassions quelque chose...


Je plantai mes mains sur mes hanches, me campant devant mon garde du corps apathique. Avait-il seulement retiré une fois son armure pour se reposer ou prendre un bain depuis cette semaine fatidique ? Je commençais à en douter sérieusement. Le regard sévère, je laissai filer un soupire de lassitude à son égard. Peut-être un peu de sport l'aiderait-il à se remettre en forme...

Viens t'entrainer avec moi. C'est un ordre.


M'attendant bien évidement à être suivie, j'ouvris la porte de mon bureau pour me rendre d'un pas vif jusqu'au terrain d'entrainement en plein air, une étendue de sable fin prévue pour que la chute ne soit pas trop dure si elle devait avoir lieux. Sur place, je laissai Kerorian se préparer à sa convenance le temps d'aller moi-même enfiler une toilette plus seyante pour un combat à l'amiable. C'est vêtue d'une chemise sans manches et d'un pantalon serré, mes jambes gainées dans de hautes bottes - sans talons pour changer - que je revint faire face à celui que j'avais désigné comme mon adversaire. A ma main, mon arme de prédilection, une longue rapière aux reflets métalliques.

Je n'avais aucune crainte de le blesser... Armuré comme il l'était, bien plus fort que moi, il n'aurait aucun problème à dévier mes coups. Cela me fournirait également un bon entrainement, puisque Kerorian était adepte d'un style de combat très direct que mon maître qualifiait de "barbare". Mais ceux qui en voudraient à ma personne ne s’embarrasseraient probablement pas de courtoisie dans leurs combats, comme j'avais si bien pu le constater cette fameuse journée où mon garde du corps me défendit si bien d'une embuscade, en plein milieu de Nevassa. Aussi me devais-je d'être prête à toute éventualité.

Cela ne m'empêcha pas d'adopter ma garde habituelle, ma main directrice - la gauche - tenant fermement ma rapière vers l'avant, la droite légèrement repliée et ramenée en arrière. Mon regard, dégagé pour l'occasion, était rivé sur mon opposant à présent, et mes yeux cherchaient à anticiper le moindre mouvement qu'il pourrait bien faire.

Je comptes sur toi pour te réveiller et m'offrir un entrainement digne de ce nom.




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MessageSujet: Re: Thérapie anti-dépression [PV : Kerorian]   Lun 5 Sep - 18:23

Cela n'avait aucun intérêt de pleurer l'absence d'une femme, en particulier d'une simple civile. Tu l'as toi-même dit : Il est grand temps de suivre ta propre voie, une voie faite de rouge, et de noir.
Une lame n'est qu'une lame, et un meurtre ne rachète pas une vie. Tout ce temps à se battre, à lutter contre spectres et périls pour réussir à revenir vers elle. Les leçons du vieux Daeroth, l'honneur, l'amour d'un jeune fou...rien de tout cela ne méritait d'être jeté ainsi aux orties.
Tu te retenais pour elle ! Elle t'enfermait ! TU t'enfermais à cause de cette larve fragile. Aucun autre chant ne mérite ton attention que celui de le l'acier contre l'acier, et quelle autre femme devrais-tu aimer que l'ange noir qui plane derrière toi ?
Assez d'images ! Qu'importe la raison, un combat à été mené et perdu, et avec cette amère défaite est venue une souffrance bien plus envahissante que n'importe quelle balafre, une plaie plus douloureuse et dont on ne peut tirer aucune fierté...

Depuis des jours, le Rôdeur était devenu apathique. Plus mort que vivant, une machine de fer et de sang qui obéissait aux ordres d'une unique maîtresse par instinct plutôt que par raison. Elle était là, petite et fragile silhouette à la voix fluette, petite chose qu'il devait protéger.
A quoi bon, puisqu'il n'existe qu'un seul destin.
Parce qu'elle est toujours là, qu'il le doit.
Alors le géant hagard suivait Pandora comme son ombre. Parfois, un interlocuteur approchait trop près, faisant de grands gestes, ou montait soudainement la voix. Ces fois-là, Kerorian menaçait déjà de tirer son arme, snas même croiser le regard de sa potentielle victime.

Ce n'est pas ta voie. Cette robe de rouge et de noir n'est pas ton avenir. Aucune lame ne peut sauver une vie. Une arme blesse, une arme tue. Tu ne protégeras personne. Tu n'es pas un défenseur.
C'est vrai, seule la mort aurait protégé Liyu de son triste sort. C'était la leçon d'Esberg...

Un ordre. La machine suivit sa maîtresse, sans réagir au soleil ni au sable. Elle lui dit d'attendre, il s'arrêta, luttant contre lui, contre ses pensées, encore, et encore. La fille De Cendrefer se représenta devant lui, l'arme à la main. Elle voulait combattre, s'entraîner.
Si elle avait appris à se battre...ce ne serait pas arrivé. Fauter, c'est humain. Deux fois, c'est un déshonneur.
C'est ça, joues donc avec la fillette, perds ton temps. Ce n'est pas ça ton destin, ni le sien, ni le leur à tous les autres qui sont là. Tu recommences à te leurrer.
Le Rôdeur tira la lourde bâtarde à sa hanche, refusant de croire aux sinistres prédictions qui le hantaient. Son bras se tendit, la pointe de sa lame croisa celle de son employeuse. Durant un instant, son regarda s'anima d'une flamme de raison, vacillante et triste, lorsqu'il posa son oeil fatiguée sur la jeune Pandora.
Elle était belle, douce derrière son masque de fierté.
Tout a déjà été perdu, tant de fois, on ne peut accepter que cela recommence enncore...
Tu n'as jamais perdu que ce dont tu n'avais pas besoin ! Pourquoi avoir une femme à traîner comme un boulet quand tu possèdes une lame ! Pourquoi posséder une simple lame lorsqu'un tel pouvoir brûle dans tes mains ? Tu as entendu son appel, n'est-ce pas ? Et tu y réponds encore...

Forgé à l'art de la guerre, comme un lingot de fer est martelé pour devenir l'épée qui tuera un roi, Kerorian n'était rien d'autre qu'une arme. Inflexible pour tuer, mais pourtant qui plie. Tantôt émoussé, tantôt acéré. Rien qu'une lame animée d'une volonté propre.

Une épée n'existe que pour tuer. Elle ne sauvera jamais personne, car elle n'y sera jamais destinée.
Juste une épée...
Le géant s'anima avec raideur. Il s'écarta d'un pas, et exécuta une taille pour exploiter au mieux son allonge, puis s'avança, balançant un retour à deux mains, utilisant l'élan pour armer une troisième attaque haut au-dessus de sa tête pour abattre la lourde Zwei, comme pour fendre une bûche.
Puis il reprenait sa garde, et recommençait. Un, deux, trois. Position. Une main, deux mains. Garde haute, garde basse. Et il recommençait encore, machinalement. La bâtarde reforgée sifflait dans l'air, obéissant à son maître comme lui même exécutait les volontés de sa maîtresse. Elle avait demandé à s'entraîner, alors il s'entraînait. Imprimés dans son corps, il libérait les leçons de son mentor, répétant encore, et encore, les attaques les plus simples.
Une taille en biais, pour trancher de la clavicule au coeur. Un revers net, pour séparer une tête un peu trop haute de ses épaules. Une estocade puissante, son ancienne technique fétiche, pour transpercer le mal.
Trois coups et il recommençait, repoussant à peine par réflexe cette rapière qu'il ne ressentait pas.
Tu ne sauveras personne."
Non...
Tu ne sauves personne."
Non...
Et tu n'as jamais sauvé personne...
Non...
Parce que tu ne le peux pas.
Il faut quand même essayer. Toutes ces luttes ne seront vaines que si on abandonne pour de bon.

Croiser le fer ainsi n'était même pas un jeu. Le Rôdeur ne s'éveillait pas au contact des lames, ni à l'éternel appel du sang. C'était une promesse, un serment, un pacte qu'il devait honorer, Pandora ne pouvait être sa cible...alors elle était un rappel de sa honte et son échec. Alors il obéissait, car c'est tout ce qui lui restait. Cette femme, qui continuait à lui donner un sens, quand il refusait de s'écouter, de satisfaire à cette faim qui grondait sans cesse depuis si longtemps...
Ce n'est pas Zwei qui a faim. Elle ne le peut pas.
Oui.
Et ce n'est pas elle non plus.
...




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MessageSujet: Re: Thérapie anti-dépression [PV : Kerorian]   Mer 7 Sep - 1:35


L'entrainement commençait. Concentrée, je ne quittai pas des yeux le visage de mon adversaire, essayant de deviner les mouvements qu'il allait faire pour pouvoir les éviter. Mais après qu'un premier coup n'ait manqué de me toucher, je réalisai que ce ne serait pas la peine d'appliquer cette méthode contre Kerorian. Quelque chose n'allait définitivement pas. Finalement, après avoir esquivé trois fois la même série de coups, je réalisai quel était le problème.

Mon garde du corps ne faisait absolument rien pour s'impliquer un minimum dans le combat. Il portait ses coups comme il marchait, automatiquement, sans y réfléchir, sans chercher réellement à la toucher... Mécanique. J'aurais aussi bien pu m’entraîner contre un cultivateur, que ses mouvements auraient étés plus réfléchis que ceux que me présentait Kerorian en cet instant.

Qu'y avait-il de réellement intéressant ou instructif dans un tel combat ? J'esquivait ses coups avec de plus en plus de facilité, aidée par ma rapidité et ma légèreté alors qu'il portait ses attaques à l'image d'un combattant balourd. Lui qui faisait habituellement preuve d'une certaine finesse dans ses exercices martiales, j'avais l'impression qu'il s'en moquait totalement à présent, comme si il était... vide. Cela avait le don de m'agacer prodigieusement.

Par les déesses, soit un peu sérieux ! Tu comptes me protéger efficacement si tu combat de la sorte ?


Peut-être qu'un danger le ferait réagir ? Il était à présent temps pour moi de cesser de me restreindre à la défensive et de passer à l'attaque. J'esquivai un nouveau coup, tout aussi mou que le précédent, puis effectuai une fente qui rata d'un cheveux la jointure de l'armure du rôdeur. Cela ne sembla pas non plus le faire réagir, et j'eus le sentiment d'une profonde contrariété. Il allait se faire tuer s'il continuait à jouer aux imbéciles... A nouveau, après sa série de trois coups, j'effectuai une estoc, la pointe de ma rapière filant vers l'articulation de sa cuirasse. Mais cette fois ma lame trouva sa cible, et je ne retint pas le cri d'horreur qui me sauta aux lèvres lorsque je sentis la pointe de ma rapière s'enfoncer dans la chaire molle de son épaule.

Retirant vivement la pointe de mon arme de l'épaule de Kerorian, je reculai de manière à me mettre hors de porté de ses coups afin de signaler la fin de notre échange.

Kerorian !


Ma voix claquait comme mes talons sur le parquet.

L'entrainement est finit pour aujourd'hui. Va t'asseoir et retire cette armure, que je puisse faire voir cette blessure à un guérisseur.


Il y avait toujours deux pages près de moi lorsque je m’entraînais. L'un d'eux me rapporta une serviette, et j'envoyai l'autre chercher le guérisseur sus-mentionné. J'essuyai la rapière souillée du sang de Kerorian à l'aide de la serviette avant de la rengainer dans son fourreau, pendu à ma hanche. Quel imbécile...

Je n'aimais pas le voir ainsi. Il était mon garde du corps depuis plusieurs mois à présent, et il avait toujours été ombrageux, mais il atteignait à présent des sommets qui ne me plaisaient pas du tout. Ce n'était pas plongé dans sa dépression qu'il allait pouvoir faire efficacement son travail, et elle ne le payerait pas à rien faire, ça non !

Les lèvres pincées, je vint prendre place sur le banc de l'ère d'entrainement, attendant qu'i obéisse à mes ordres. Je n'étais pas médecin, mais je voulais me fixer sur la gravité de sa blessure. Nul doute qu'une plaie sérieuse serait un handicap pour le rôdeur... Même si parfois, à voir comment il gérait son temps de sommeil et ses repas, je me demandais s'il était réellement capable de ressentir comme un humain normal.



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MessageSujet: Re: Thérapie anti-dépression [PV : Kerorian]   Mer 7 Sep - 17:52

Un, deux trois. Un, deux, trois. Ce n'était pas une valse, ou une leçon enfantine. Uniquement l'acharnement déshumanisé d'un pauvre hère désorienté. Il n'entendait qu'à peine Pandora se plaindre - en vérité, il ne faisait pas la différence avec ces râleries quotidiennes - tandis qu'il continuait à frapper.
Bien sûr, ça devrait te faire plaisir pourtant de croiser le fer...
Entre le combat et Liyu, ce sont les lames qui sont encore là...
Mais tu sais que tu perds ton temps ici.
Ce n'est pas pour ça qu'elle a du partir seule, avec Louka.
Ça n'a rien d'un combat.
Ca n'a rien de...


- Kerorian !

Un, deux, trois. Cet appel était probablement un avertissement à sa lassitude interminable, mais ce n'est pas pour autant que le Rôdeur changea de rythme, continuant mécaniquement à attaquer alors que la nobliotte s'éloignait de lui, avant de donner de nouveaux ordres. Un, deux...
Il suspendit son geste. Pandora mettait fin à l'exercice. Sans une émotion de plus, le guerrier rengaina sa bâtarde dans un claquement sec, se redressant comme un poteau.
Oui maîtresse, bien maîtresse, à vos ordres maîtresse...comme toujours.
Allez fais pas genre, t'es bien content de l'avoir l'autre bonasse hein !
C'est tout ce qui reste à quoi s'accrocher. Un contrat, un engagement, quelqu'un à protéger...
Ca te fournit surtout une bonne excuse pour refuser d'accepter ce que tu es !
Cela viendra en temps voulu de toute façon...d'ici là, il faut obéir. Elle a donné d'autres ordres...

Comme un être artificiel, il alla s'asseoir, ou plutôt se laisser tomber lourdement sur la chaise qui protesta énergiquement sous la masse qui venait de lui tomber dessus. Puis il décrocha la Dragonslayer de son dos, trop encombrante pour la position assise, puis hésita alors que ses doigts s'affairaient sur les accroches de son armure. Il hésitait à satisfaire cet ordre là.
Envoie la chier
...
T'as envie de te rabaisser à ce point ?
Ce n'est qu'une armure...
Et ce n'est qu'une femme !
...

Le Rôdeur resta figé, le sang coulant sur son épaule, maculant sa tunique sans qu'il ne fasse geste. Il détestait se sentir faible, ou fragile. Et dans son état en particulier, Kerorian n'avait pas la moindre envie d'ôter sa carapace, de se défaire de cet abri de toute façon inutile...

Ce n'est pas elle qui te protégera...
Il s'anima à peine plus, poussant un soupir pour une fois avant de céder et de détacher ses épaulières, puis sa cuirasse. Méthodiquement, inflexible, le guerrier décrocha ensuite pièce par pièce chaque morceau de sa peau d'acier, laissant tomber les protections sur le sol les unes après les autres.
L'ordre de sa maîtresse étant satisfait, le Rôdeur redevint inerte, plongé dans cette veille éternelle, aux frontières d'un crépuscule sanglant. Un moment s'écoula, avant que son oeil ne s'accroche sur quelque chose. Une couleur familière, chaude, qui transportait de sensations de douleur et de gloire, une teinte qui était ancrée en lui tant et tant de fois.
Rouge.
...Du sang ?

Enfin distrait par quelque chose, par cette odeur et cette sensation, ces taches massives sur sa main, Kerorian releva le poignet et l'approcha de son oeil, intrigué par cette nouvelle couleur. Il ne prêtait aucune attention à l'environnement, si "quotidien", si ennuyeux et contemplait sa paume devenue écarlate.
D'où vient-il ?
De toi
Mais il aurait fallu se blesser pour ça
Un désagrément dans l'épaule lui fit alors réaliser qu'il s'était passé quelque chose. Le géant cligna à peine des yeux, et tourna son regard traînant vers l'articulation, remarquant enfin la tache qui s'étendait encore, mais n'y réagit pas. C'était étrange.
Cela ne l'affectait en rien. Pas de colère, pas de douleur, aucune satisfaction ou frénésie. Juste...ça.


"Ah bon..."




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MessageSujet: Re: Thérapie anti-dépression [PV : Kerorian]   Ven 9 Sep - 21:14


Lorsque j'avais mis fin à notre entrainement, Kerorian avait continué à effectuer ses mouvements jusqu'à-ce que je lui ordonne d'aller s'asseoir... Le départ de sa femme semblait l'avoir réellement affecté, plus que je ne l'aurais cru possible. Je l'avais déjà vue une ou deux fois - elle vivait après tout dans une propriété que j'avais offerte, mais elle ne m'avait pas parut si exceptionnelle pour mettre mon garde du corps dans cet état.

Le médecin arriva pour l'ausculter, étudiant sa blessure sans qu'il ne semble réagir, comme il le faisait depuis le départ de sa femme. Pendant un bon moment, je le regardai à l'ouvrage, avant qu'il ne sorte son bâton de soin pour soigner la blessure. Je le remerciai en l'absence de réaction de Kerorian, et le laissai retourner au chevet de Mère, préoccupée. Son état de sentait déclinait de plus en plus, et c'était la première fois qu'elle était malade aussi longtemps. Je devais être prête quand viendrait pour elle le temps de mourir.

Kerorian. Il faut que tu te reprenne. J'ai besoin d'un garde du corps valide, pas d'une larve amorphe.


Me plantant devant lui, je posai mes poings sur mes hanches, faisant claquer les talons bas de mes bottes.

Ta femme est partie ? Certes, mais tu travail encore pour moi. Alors si tu est incapable de faire ton travail correctement, je vais devoir trouver quelqu'un d'autre.


Je ne savais pas si je trouverais quelqu'un, mais j'espérais que cette menace le ferait bouger. C'était à présent le seul moyen de pression que j'avais sur lui, or avec les sombres événements qui se profilaient à l'horizon, j'allais avoir besoin de lui. Vraiment. Je ne pouvais pas me permettre d'aller seule à l'arène recruter un nouveau garde du corps, pas sans quelqu'un de fiable pour me défendre, et avec la mésaventure de la femme de Kerorian, il était plus qu'évident que mes gardes ne suffiraient pas.

Cela ne me fait pas spécialement plaisir, mais j'ai besoin de quelqu'un de fiable.


Quelque part, il me faisait de la peine... Je savais ce qui le rendait aussi mal, mais je ne parvenais pas vraiment à me mettre à sa place pour le comprendre - et je n'en avais pas envie, j'avais bien assez de problèmes comme ça.



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MessageSujet: Re: Thérapie anti-dépression [PV : Kerorian]   Ven 9 Sep - 23:01

Le Rôdeur resta à contempler sa main ensanglantée alors que le monde se déroulait autour d'eux, sans qu'il n'en ait cure. Ses chairs se refermèrent alors qu'il n'y prenait garde, fasciné, absorbé par le fluide carmin qui tachait sa paume.
Son regard à la teinte pareille à celle qui souillait sa dextre ne se leva enfin, vide d'émotions ou de sensations, que lorsque sa maîtresse aux généreuses mamelles se planta devant lui pour jouer aux dominantes.
Arrogante enfant.
Ce n'est qu'une gamine qui ne connait rien de la vie...
Il n'existe aucune excuse, aucun pardon pour ces imbéciles qui se croient les rois du monde !
Aucun pardon...pour personne.

Sa pupille se fixa sur le visage de Pandora directement tandis qu'elle évoquait Liyu, puis rappelait que c'était elle qui payait, qui commandait, et qu'elle avait le pouvoir d'annuler leur contrat. La jeune noble précisa aussi qu'elle avait besoin de quelqu'un d'actif, de dynamique, de vigilant. Qu'importe si ces mots avaient été prononcé ou non, un sentiment traversa enfin le guerrier hagard.
Son attention se centra sur la mamelle ambulante, et la glace cruelle qui avait recouvert son coeur se mit soudain à fondre, libérant ses émois, et avec eux ses démons. La douleur, le regret, la haine...
Rappelle à cette morveuse qui tu es
Ce n'est qu'une enfant...
Tu n'es son chien que parce que tu acceptes de l'être, elle ne doit pas l'oublier
Quel intérêt ? Liyu est déjà partie à cause de cette...chose, ce fantôme.
Tu n'es pas un chien, alors réveille toi ! Elle n'est pas ta maîtresse et c'est elle qui a besoin de toi !
Toujours solitaire, mais jamais seul...

Les yeux de feu du Rôdeur se firent durs alors qu'il claquait ses larges mains sur ses genoux, se redressant de toute sa stature massive. Dépourvu de son armure, sa musculature saillante malgré la tunique de cuir le rendait encore plus impressionnant, rappel de la force qui bouillonnait dans ce corps de feu et d'acier.
Il sentit ses doigts se crisper. Oh oui, nul besoin d'artifice, d'armure ou de masque lorsque l'on est la mort. Et s'il rappelait à cette petite idiote, cette fillette vierge de sang et de souffrance, qu'il est ce qu'elle craint, et ce dont elle a besoin ? Son oeil solitaire se posa sur la gracile gorge découverte de la Marquée. Si petite, si fragile, elle tiendrait aisément deux fois dans sa main de géant, et alors elle serait à lui, comme aurait du l'être Liyu.
Liyu...
C'était une erreur...
Une erreur de faible. Un vrai guerrier n'est jamais faible.

Rigide et imposant, noyant sa rage derrière un masque tendu, le Rôdeur domina par sa masse considérable la minuscule duelliste et fit gronder sa voix, lourde et rauque, le son qui sortait de la gorge d'un tueur entraîné au coeur de la guerre.


"Je crois que tu as oublié quelque chose, petite, minuscule et fragile Pandora."

Oui, c'est ça. Sens ton pouvoir, rappelle toi ta force !
Le ton grave du géant grimpa d'un cran, intimidant, retenant sa rage comme il en avait désormais l'habitude. Cela ne lui apporterait rien de se laisser guider comme auparavant par ses démons.
Plus jamais nous n'aurons de maître...
Tu es libre, et tu le seras toujours car tu le peux


"Je t'obéis, parce que je le veux bien. J'avais besoin de ton argent pour Liyu, pour Louka...mais maintenant qu'elles sont parties, qu'est-ce qui me retient ici ?"

Un voile rouge couvrit sa vue, et changea le monde quelques instants. Il vit le temps d'un battement de coeur une grande silhouette à la peau d'acier, plongeant sa lame, ses griffes interminables, dans le ventre encore innocent de la friable fillette. Un souffle après, son regard se noyait dans le sien, et il souriait, s'extasiant de son visage terrifié, de son incompréhension, de sa douleur.
Il n'y aurait plus âme qui vive s'il écoutait simplement son instinct...

Le colosse se pencha sur la Marquée, jusqu'à ce que ses yeux de feu et de sang se plongent dans les siens, oeil contre oeil, sa pupille morte face à la marque de la noble. Ses traits se renfrognèrent encore un peu. Ses lèvres se retroussèrent pour découvrir ses dents, des dents qui lui servaient d'arme. Sa voix resta brutale, mais il baissa le ton, pour rester dans la confidence. La guerre se livre dans le silence comme dans la tempête...


"Tu ne trouveras aucun guerrier plus fort que moi, ni plus inflexible. Et tu vas bientôt avoir besoin de moi, petite enfant. Tu auras bientôt besoin que je répande le sang pour préserver le tien, alors la prochaine fois que tu veux me menacer, rappelle toi qui de nous deux vivra si je pars."

Oui du sang ! C'est ça ! Cela fait trop longtemps qu'il n'y a pas eu d'adversaire à ta valeur !
Du sang...un défi, simplement quelque chose à tuer.
C'est ça, laisse enfin parler ta vraie nature ! Ce jeu de masques minable est insupportable !
Hé...héhé...bientôt mon frère, mon fantôme. Bientôt ce monde recommencera à nous craindre...alors prenons le temps d'attendre, le plaisir n'en sera que meilleur.




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MessageSujet: Re: Thérapie anti-dépression [PV : Kerorian]   Sam 10 Sep - 1:43


Après plusieurs jours d'apathie, voila qu'il se réveillait enfin pour tenter de m'intimider... Doucement, alors qu'il parlait, sa voix rauque sonnant bizarrement après tant de jours à ne prononcer que le strict minimum, je sentis un sourire étirer de plus en plus mes lèvres fines. Au moins il parlait, et je retrouvais un peu du Kerorian ronchon et direct que je connaissais. Quelqu'un de discret et solide, pas une loque humaine qui se traînait tant bien que mal du levé au couché comme un mort-vivant.

Force m'était d'admettre cependant qu'il m'intimidait, ainsi énervé... Mais ma satisfaction envers moi-même était tellement marquée que je m'en fichait bien. Qu'il essaye donc de me faire peur, cela prouvait au moins qu'il faisait quelque chose, et c'était tout ce qui m'importait. Les mâles fonctionnaient ainsi après tout. Pour obtenir d'eux ce que l'on souhaitait, il suffisait de titiller leur ego. Et même si Kerorian pouvait en laisser passer beaucoup, il restait un homme.

Essaye donc de m'intimider, ce sera toujours mieux que l'apathie dans laquelle tu était plongé.


Fière de moi, je continuais à le dévisager, sans quitter mon sourire triomphant.

Tu argues que tu es le seul capable de me protéger ? Même moi j'ai réussi à te blesser parce-que tu ne t'occupait plus du monde autour de toi. Si tu comptait faire ton travail avec la même efficacité que tu as déployé dans cet entrainement, alors en effet, tu n'aurais pus eu d'utilité pour moi.


Mon visage redevint soudainement sérieux alors que nos regards se confrontaient l'un à l'autre. Mon œil rouge dans le sien, mon œil jaune face à son iris laiteuse.

Je ne prétend pas en savoir plus que toi sur la vie et ses souffrances, il est clair que tu as plus d'expérience que moi dans le domaine des difficultés qu'elle peut engendrer. Reste que si tu te laisse battre par elles, tu deviens ce que tu étais des derniers temps, une véritable loque humaine. Tu comptes vraiment te laisser aller à ce point ? Tu vaux mieux que ça !


Je le savais. Je ne l'aurais pas engagé s'il n'avait pas eu plus de potentiel que celui de se laisser abattre. Kerorian avait une âme forte, et il était tout bonnement impensable que je l'ai méjugé. Je suis observatrice et je sais réfléchir, la preuve en était que malgré mes réticences initiales, j'étais allé le trouver pour lui remettre la bourse de son début de contrat. Qu'il n'essaye pas de se persuader lui-même qu'il n'était bon qu'à pleurer la perte de sa femme !



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MessageSujet: Re: Thérapie anti-dépression [PV : Kerorian]   Sam 10 Sep - 2:14


Kerorian avait toujours été, conformément à son apparence de bourrin et malgré sa nature très conciliante, quelqu'un d'extrêmement fier. Non pas orgueilleux, mais attaché à sa dignité, la faute incombe aux romans de chevalerie dont il s'était abreuvé étant enfant. Autrefois, il se contentait généralement de faire la leçon, sa stature imposante le faisant être écouté la plupart du temps. Depuis ses malheurs un peu plus récents, sa réaction face à une insulte était...aléatoire. La folie pouvait la lui faire ignorer, ou bien son instabilité pouvait au contraire l'amener à exploser subitement de rage pour un seul mot de travers.
Tout ça pour dire que l'idée de démembrer cette connasse prétentieuse était fort séduisante. Le plus terrible, c'est qu'elle avait peur. Cela se voyait, elle savait que sa vie pouvait ne tenir qu'au maigre fil de la raison de son "garde du corps" tandis qu'il se crispait nerveusement. Et pourtant elle en remettait une couche. Voilà pourquoi il n'aimait pas les nobles, provocants, hautains et cherchant toujours à avoir le dernier mot.
Et ce qui l'énervait le plus, c'est qu'elle lui tenait le même discours que les voix qui le hantaient dangereusement en profondeur, écho de ses propres et plus sombres pensées.

Il mourrait d'envie de la tuer.Brise la ! De détruire son corps, de déchirer ses chairs et de répandre son sang. Oh que cela serait jouissif de lui faire mal, d'écouter son horrible agonie. Plus...encore plus... Peut-être cela le soulagerait-il un peu de ses prétendus malheurs.
Mais au lieu de lui arracher le visage avec les dents, le Rôdeur lui retourna un sourire carnassier. Sa voix était sèche, cassante, mais il parlait très bas, pour rester dans la confidence.


"je vais t'apprendre deux trois trucs ma p'tite Pando. Je ne suis pas aussi...placide que tu peux le croire. Ce n'est qu'une façade pour te protéger."

Un tic nerveux tira sa joue. Il se la mordit pour concentrer son esprit sur quelque chose un instant, son visage se para un instant d'un voile de mélancolie, avant que la rage brûlante du chasseur, de l'artisan de la mort, ne revienne dominer ses traits.

"Une façade que je ne tenais vraiment que pour Liyu, et avec son départ brutal, c'est devenu...compliqué de rester moi, sans exploser de colère, et ta tête avec."

c'était bien pour cette fleur fragile qu'il avait tenté de surmonter ses tourments. Sinon, il se serait abandonné à eux il y a longtemps..ç'aurait été le mauvais choix bien évidemment, se soumettre n'est jamais la solution. Et certainement pas pour lui...mais ce qui était un espoir aveugle était devenu une habitude, un devoir, une manie. sa femme partie, cette...humanité s'en était allée avec elle.
Alors il ne restait plus que le mal. Le Rôdeur se fendit d'un immense sourire, provocateur et moqueur à son tour. La cruauté était le droit des forts. Qui donc l'était plus que lui ici ?


"Mais tu sais ma p'tite Pando dit le géant en lui attrapant le menton pour lui faire lever la tête, lui rappeler qui pouvait vraiment dominer - et accessoirement en pas avoir besoin de se baisser infiniment car ça le faisait chier - "Malgré les apparences, je t'aime bien au final. C'est pour ça que je suis resté, pour avoir quelque chose pour me retenir..."

Le rictus sadique s'effaça alors que le colosse réalisait qu'il était sérieux. Son visage se tordit de dégoût. Son être entier n'aspirait qu'à obtenir une puissance toujours plus grande, et les "belles valeurs d'amour et de respect" l'amenaient à s'imposer de lui-même des chaînes qu'il s'efforçait de protéger !?
Il ricana, puis se redressa, un sourire noir étirant ses lèvres en une nouvelle mimique, avant de disparaître pour laisser la place à son habituel visage de marbre, un masque protecteur, factice, tandis qu'il retournait équiper son armure, sombrant à nouveau dans ses pensées et savourant littéralement le poids de ses protections et de la Dragonslayer, comme si cet acier l'isolait, enfermait son coeur et ses faiblesses comme il dissimulait ses chairs.
Juste un monstre de fer de sang...





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MessageSujet: Re: Thérapie anti-dépression [PV : Kerorian]   Mer 21 Sep - 21:13


Il n'aurait été que fanfaronnade de dire que ses tentatives d'intimidation ne m'atteignaient pas. J'avais probablement pâli devant ses sourires, et si je n'avais appris depuis longtemps à être maîtresse de moi-même, alors nul doute que j'aurais déjà pris mes jambes à mon cou. Je me contentai cependant de déglutir, mais je ne reculai ni ne m'enfuis devant lui. Il était mon garde du corps, et moi son employeuse. Tournant les talons, je levai le menton et me tint droite avant de reprendre la parole :
Que tu tienne une façade ou pas, je m'en moque, du moment que tu fais correctement ton travail. Ah et... Ne m'appelles plus "Ma p'tite Pando", c'est excessivement irritant.

Ce n'était pas tout ça, mais j'avais autre chose à faire de ma journée que de m'occuper des états d'âmes de mon garde du corps... Je me dirigeai vers le vestiaire le temps de me rincer rapidement et de me vêtir convenablement, gardant tout de même ma rapière à mon coté, et retrouvant mes chers talons, avant de laisser porter mes pas vers la bibliothèque. L'heure était venue de lire un traité ou deux. Mère tenait à ce que je me familiarise de la politique et de l'économie, et même si je suivais des cours dans ces domaines depuis bien longtemps, je lisais à présent de grands auteurs, et j'en apprenais chaque jour un peu plus... Il le fallait.

Qu'il n'y ait aucune méprise, je n'envisageais pas sereinement la perspective du décès de ma mère. Je l'aimais, à ma manière... Mais me débarrasser de père... Voila qui était une idée alléchante. Je me laissai bercer par cette idée alors que j'entrais dans a bibliothèque, regardant rapidement derrière moi pour vérifier que Kerorian me suivait toujours. Il était bien là. Tranquillement, je portai la main à un lourd ouvrage dans une étagère et l'en sortit avec un léger gémissement sous la peine causée par la lourdeur du document. Puis je m'installai à une chaise et l'ouvrit à la page que j'avais fermée la dernière fois que je m'y étais intéressée.

Si tu souhaite t'occuper, tu peux choisir un livre.


Cela dit, je me plongeai dans les paroles de ces grands penseurs qui avaient vécu, et dont j'apprenais à présent la science sur le bout des doigts.



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MessageSujet: Re: Thérapie anti-dépression [PV : Kerorian]   Mer 21 Sep - 21:53

Que de la gueule ces nobliaux. Ca, ils savaient parler et faire les fiers, comme le prouvait la gamine face à lui, qui se tenait obligée de garder sa façade pour faire joli. Ha ! Même elle vacillait face à un péril potentiel, qu'elle fasse la belle ou pas.
Sa réponse faillit arracher un sourire au Rôdeur qui reprenait ses airs sombres, ses pensées recommençant à dériver alors qu'il s'enfermait de noirceur et d'acier.


"Entendu...ma p'tite Pando."

Une provocation mesquine, la dernière que son sursaut émotionnel lui autorisera avant qu'il ne se mure pour de bon derrière son masque de pierre. Un rappel aussi, qu'il ne lui obéit que parce qu'il en a bien envie, et que jamais tout son or, sa "noble naissance" ou sa poitrine ne pourront l'obliger à se soumettre à sa volonté.

A nouveau rigide comme une lame, le guerrier suivit comme son ombre la jeune fortunée, sentant son être se déchirer en permanence, tiraillé par les griffes de mille spectres luttant chacun pour leur propre cause. Les fantômes d'un passé heureux qui le lacéraient d'une lourde nostalgie, les effroyables serres de ce duo dominant d'un guerrier solitaire ne cherchant qu'à respecter les voeux de son maître...et ceux du monstre qui dormait en lui, et n'aspirait qu'au sang et à la violence...sans oublier les chaînes du coeur.
Et tant d'autre qui obscurcissaient sa conscience et ses sentiments alors que des ombres dansaient de plus en plus clairement dans son esprit, disparaissant, fugaces, dès qu'il s'y intéressait, pour reparaître dès lors qu'il se tournait ailleurs.
Des ombres mystérieuses, parfois simplement énigmatiques, d'autres fois oppressantes, envahissantes, comme si le ciel devenait le reflet de la terre au crépuscule. Angoissant. Qu'est-ce que c'était.

Pandora lui accorda la "permission" de bouquiner si ça lui chantait. Son regard solitaire se tourna vers les ouvrages, sans que son oeil ne perce les brumes noires qui l'entouraient, occultant les titres, les tomes. Une panique commença à le gagner, l'incompréhension.

Qu'est-ce que c'est
Qu'est-ce que ça veut
Foutez-le camp !

Ces fichues ombres étaient en train de le ronger. Incertain du choix à faire, fragilisé par les événements auxquels il ne savait comment réagir, le Rôdeur souffrait lourdement de ces ténèbres qui l'étouffaient à petit feu. Loin de se saisir d'un livre que son oeil ne saurait lire, le guerrier des montagnes s'empara d'un papier, d'une plume et d'encre, et entreprit d'exorciser son enfer en le matérialisant.
L'arme à la main, le cuirassé n'aurait douté d'aucun péril. Mais ce combat était une lutte dans laquelle il ne possédait aucun atout Ni voir, ni entendre, pas d'adversaire à atteindre, de but à franchir. Uniquement des échos lointain, illusoires et pourtant si tangibles, venus de passés, de vies effacées et oubliées revenues pour se venger.
Aucune lame ni maître ne pouvait affronter les fantômes d'un autre temps, d'un autre plan. Parce qu'ils n'existaient pas. Pas de nom à donner, de visage à identifier. Rien. Rien que la solitude et la folie pour faire face et dos à un mal toujours plus oppressant et pernicieux.

Le temps passa, et sa main s'agita, griffant le papier, griffonnant de sa plume noircie par l'encre et par ses peurs. Kerorian avait été un amateur de dessin autrefois, et pas mauvais, passionné par le soucis du détail et de la qualité.
Mais ici, il n'était plus question d'art, d'observation ou de curiosité, mais de magie noire et de douleur. Une peur et une souffrance traversant les âges. Plus le Rôdeur couvrait le parchemin des démons qui l'habitaient, leur donnant un visage déchiré et impensable, plus son visage se glissait contre son autre main et petit à petit, sans qu'il ne s'en rende compte, il commença à gêner son oeil rescapé.
Bientôt, le guerrier maudit dessina presque à l'instinct. Son oeil mort grand ouvert fixait le paysage d'ombre et de nuit qu'il dessinait, où les corps, les faciès hurlants et les membres tordus dans ses angles improbables emplissait chaque recoin, chaque zone visible dans ce voile d'encre et de ténèbres.
Il respirait péniblement, alors que sa main recopiait maladroitement à la hâte les monstres irréels qui venaient racler leurs griffes contre les fonds et les bords de sa conscience.

Pragmatiquement, l'oeuvre était moche. Les perspectives étaient chaotiques, les morts qui envahissaient la feuille comme s'ils en sortaient, tendant des bouches sans visages ou des yeux sans vie vers leur dessinateur étaient écœurants. Un artiste les aurait dit "ratés comme une flèche dans la mauvaise cible", un poète les aurait décrit comme terrifiants par leur apparence cauchemardesque.
Ce qui prenait forme sur le papier était une réalité impossible, un enfer qui hantait le Rôdeur qui ne pouvait s'en extraire. Et son art maladroit ne parvenait guère à rendre "justice" à ces spectres immondes...pourtant il continuait à griffonner, percevant ses propres nuances de noir comme autant de niveau de folies.
Il ne s'en rendit pas compte, mais il marmonnait frénétiquement alors qu'il agitait sa plume. Des malédictions ou des prières, des formules obscures ou des litanies impies, simple tic ou besoin d'exister encore dans le présent réel. Qu'importe.
Ils étaient là.
Ils étaient toujours là, et ils l'étaient pour lui.




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MessageSujet: Re: Thérapie anti-dépression [PV : Kerorian]   Sam 24 Sep - 0:09

La lecture de ce traité était tout simplement passionnante. Les érudits de notre temps et de l'ancien avaient l'art et la manière de formuler les idées, de les rendre claires et abordables pour les gens cultivés tel que moi. Chaque ligne que je parcourrait m'apprenait de nouvelles choses qui me seraient sans doute utiles pourla gestion des biens et des gens de ma maison. Mais alors que je lisais, un griffonnement incessant me dérangeait. Je tentai de me concentrer sur mon ouvrage pendant une bonne heure, mais passé ce délais je finis par relever les yeux des pages jaunies de ma lecture pour lancer à Kerorian un regard agacé.

Je me trouvai alors face à une vision des plus surprenantes...

Mon garde du corps se tenait le visage dans une main, l'autre griffonnant sur une feuille de papier. Je le savais cultivé et doué de la connaissance de l'écriture, mais le plus surprenant était qu'il n'était justement pas en train d'écrire. Il dessinait. Et il fallait voir le dessin qu'il faisait.

Baissant les yeux sur la feuille de papier noircie, je ne put refréner un mouvement de recule. L'oeuvre... ne saurait se qualifier autrement que d'apocalyptique. Tout n'était qu'enfer, expressions d'horreur, corps déformés, membres tordus, partout la chair putréfiée et torturée, le tout rendu avec tant de détails que je manquai en rendre mon petit-déjeuné. Mais qu'étais-ce que cette... Chose !

- Kerorian !

Je claquai des doigts devant son nez dans l'espoir d'attirer son attention, lui trouvant un air étrange, comme s'il était hypnotisé par son ouvrage. Son œil valide était même caché par sa main, et pourtant l'encre continuait à couler, dessinant des formes toujours plus précises.

Mais que se passait-il donc dans la tête de mon garde du corps pour qu'il ne les expriment qu'avec ce genre d'horreurs ? Ce n'était tout simplement plus possible... En l'état des choses, il fallait que je le prenne en main. Visiblement, il était incapable de se reprendre seul. Et sa femme qui s'en était allée visiblement au pire moment... Cette garce ne devait pas tenir beaucoup à son homme pour le laisser dans un tel état !

- Kerorian, cesse tout de suite ce dessin et brûles-le hors de cette salle, il me donne la nausée.

Je ne me sentais en effet pas bien. Même à travers le filtre d'une feuille de papier, la scène dépeinte - si on pouvait réellement lui donner le nom de scène - était réellement révulsant, et je sentais une boulle désagréable se former dans ma gorge...



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MessageSujet: Re: Thérapie anti-dépression [PV : Kerorian]   Sam 24 Sep - 15:00

Griffe, griffe, griffe encore. Il entendait ce crissement odieux dans son crâne, les mains glacées d'innombrables lames effleurer ses anciennes cicatrices, comme d'autres qu'il n'avait jamais reçu, alors que sa plume grattait nerveusement le papier. Le bruit raclant de l'outil faisait écho aux visages qu'il traçait à la hâte dans sa fièvre noire, tandis qu'à mesure qu'il exorcisait ces spectres immondes en les faisant apparaître de sa main, d'autres remontaient d'encore plus loin et l'oppressaient encore plus.
Encore, et encore, ce combat semblait perdu d'avance mais il pouvait enfin avoir l'impression de lutter, de faire quelque chose contre ces fantômes envahissants. Dessine, trace, griffe, vite...

Le Rôdeur eut un brusque sursaut quand Pandora claqua des doigts devant ses yeux, le tirant brusquement de son absence morbide. Il fit reculer sa chaise de presque un mètre dans son bond alors qu'il porta la main à son arme, avant de se figer, reconnaissant la jeune Marquée, puis les lieux. Ses muscles se tendirent et il faillit dégainer en apercevant des vagues dans la réalité, mais laissa ses "amis" au fourreau en reprenant un peu de contenance.
Ce n'était que des spectres que lui seul voyait. Rien que des murmures d'un temps oublié...
La noble lui ordonna de cesser ce dessin et de le détruire. Durant quelques secondes, le Rôdeur la fixa de son oeil solitaire, sans comprendre son souhait, puis son regard se posa sur le papier qu'il avait griffonné et une sensation désagréable le traversa.
Un sentiment tout à fait humain, la peur d'un destin inéluctable, de l'impuissance face à un sort cruel. Il frissonna face à l'horreur qu'il avait lui-même dessiné maladroitement.

Il avait presque instinctivement essayé de donner corps et forme aux esprits qui hantaient ses pensées, mais maintenant qu'il fixait son propre dessin, Kerorian avait l'horrible sentiment de les avoir rendu réel. Quand son regard s'attardait sur un faciès torturé, rampant dans la fange et le néant, il lui semblait le voir bouger. Quand son oeil croisait un des regards morts, artificiels du papier, il jurerait que celui-ci le lui rendait.
Bordel, qu'est-ce qu'il avait foutu...

D'un geste brutal, le Rôdeur attrapa et froissa le dessin avec une rage évidente. S'ils avaient pris corps, alors il pouvait les toucher. S'il pouvait les atteindre, alors il pouvait leur faire mal, et hors de question de se priver de cette opportunité. Dans son poing serré, le précieux papier noirci d'une quantité outrageuse d'encre n'était plus qu'un torchon plié et plus défiguré que jamais. Ses doigts se crispèrent d'autant plus, de peur qu'en relâchant sa prise, les spectres ne s'échappent de leur prison matérielle.


"Je le jetterais dans la première cheminée venue."

Il n'osait pas le déchirer. Oh, cela lui aurait plût, de lacérer les incarnations de quelques uns de ses démons...mais il avait peur de les libérer de leurs chaines de papier et d'encre en le faisant. Tandis que le feu avait quelque chose de...rassurant, de ce côté-là. Le feu n'est ni bon, ni mauvais. Il brûle, il purifie. S'il jetait la cage froissée dans sa gueule, peut-être que les esprits s'évanouiront avec leur "sceau", dévoré par le bûcher impartial.

Le Rôdeur poussa un profond soupir en s'apprêtant à coller à nouveau Pandora comme son ombre, le papier maudit à la main. Ce qui venait de se passer le troublait grandement... Ces "visions" l'avaient toujours dérangé, c'est un fait, et cela même lorsqu'elles semblaient prendre l'unique forme de ce sale con de Drake...mais cela empirait. Plus il devenait puissant et abreuvait sa lame, plus il plongeait profondément dans les "souvenirs" de son épée noire. Chacun de ces fantômes hurlait et pleurait, de haine, de terreur ou d'agonie, et chacun tentait de s'agripper à sa raison et ce qu'il restait de sa propre âme pour l'attirer avec eux, le faire devenir l'un des leurs.
Et il n'avait pas la moindre idée de la réaction à avoir. Il ne pouvait ni lutter, ni fuir, et sans qu'il ne s'en soit rendu compte avant, le maléfice pesait de plus en plus sur lui, comme le prouvaient ses "absences" de plus en plus fréquentes et son besoin de faire quelque chose.
Mais quoi, son mal gagnait-il en force lorsqu'il tuait et se nourrissait d'âme et de souffrance...ou au contraire quand lorsqu'il ne faisait rien ?
Et ce n'était certainement pas Pandora, ou Liyu, ni qui que ce soit qui pourrait l'aider avec ça...[size=1]il était seul, et le resterait toujours face à lui-même.size]




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MessageSujet: Re: Thérapie anti-dépression [PV : Kerorian]   Dim 25 Sep - 14:54


Je regardai Kerorian froisser rageusement son dessin. Décidément, je le comprenais de moins en moins... Il venait de dessiner cela, dans un état second, et voila qu'il donnait l'impression de vouloir le détruire, l'éradiquer. Si c'était là le moyen qu'il avait choisi pour exorciser ses démons, alors pourquoi pas... Néanmoins, je me demandais réellement ce qui pouvait le ronger ainsi. Il n'était déjà pas ordinaire avant que sa femme ne le quitte, et j'avais déjà remarqué qu'il ne s'alimentait ni ne dormait correctement, et même si j'avais essayé de remédier à cela, il ne m'avais pas réellement écoutée... Et voila que depuis quelques temps, il devenait de plus en plus étrange, ce qui n'était pas peut dire.

Je refermai mon ouvrage d'un geste sec en poussant un soupire.

- Je n'ai plus envie de lire. De toute manière il est temps que nous allions nous sustenter...

Le temps était passé à une grande vitesse, et il était en effet temps de passer à table - j'étais peut-être même légèrement en retard... Mais alors que je quittai la bibliothèque pour me diriger vers la salle à manger, mes pensées s'attardèrent à nouveau sur l'attitude étrange de mon garde du corps.

Je savais qu'il écrivait et qu'illisait, ce qui m'avait déjà passablement surprise, mais alors qu'il dessine était véritablement un motif d'étonnement chez moi. Cet homme était un mystère... Guerrier féroce et impitoyable, lorsque je l'avais vu pour la première fois dans l'arène il m'avait semblé barbare, bien qu'empreint d'une certaine noblesse puisqu'il ne tuait pas inutilement ses ennemis. Mais j'apprenais au fur et a mesure qu'il était cultivé et artiste, mais d'une manière de loin très différente de celle des gens que je connaissais. Il ne s'en vantait, il s'en servait plutôt comme un outil, comme s'il négligeait le pouvoir qu'il avait entre les mains et ne profitait pas de ses atouts pour devenir meilleur. Il ne se documentait pas, ne lisait pas de livres de politique, de philosophie ou d'économie, peut-être de techniques militaires... Le voir gâcher ainsi un tel potentiel m'irritait également.

plongée dans les pensées, je ne réalisai pas que nous venions de croiser les pas de Père qui se rendait également à la salle à manger. Il  m'avait adressé quelques mots, auxquels je n'avais absolument pas fait attention. Secouant un peu la tête pour sortir de mes pensées, je levai les yeux vers lui avec un sourire effronté visant à le faire enrager. Il avait déjà l'air irrité que je n'ai pas fait attention à lui...

- Veuillez m'excuser, père, j'étais plongée dans mes pensées et vos mots, si intéressants aient-ils étés, ne m'en ont pas sortie... Pourriez-vous vous répéter je vous prie ?

Ma vois était empreinte d'une de ces mesquineries dont j'avais le secret. Déployer des trésors de vice pour le faire enrager sans qu'il ne puisse rien faire était devenu comme une seconde nature chez moi, car il était hors de question que je lui fasse oublier toutes ces années de mon enfance ou il s'était cru permis de me rabaisser plus bas que terre. Cet homme n'était rien que le mari de ma mère, même pas mon père, il n'obtiendrait rien de moi, pas même mon pardon.
Une veine palpita dangereusement sur la tempe de mon père tandis qu'il répétait ce qu'il avait dit précédemment, la voix aggravée par l'irritation.

- Je disais, très chère, que vous étiez en retard pour le repas, et que j'étais justement venu vous chercher pour vous y conduire. Une dame de votre rang ne devrait pas négliger ainsi les horaires lorsqu'elle a de la compagnie.
- En ce cas il est malheureux que ma seule compagnie réside en votre personne, qui au demeurant m'importe peu. Veuillez donc me pardonner de ne faire que peu de cas de votre présence et de déjeuner à l'heure qui me sied...

Cette fois, j'avais peut-être dépassées les limites... Mais mes divers sujets d'inquiétude - la santé de a mère et l'état psychologique de mon garde du corps - m'avaient peut-être conduite à lui parler de la sorte. Quoi qu'il en soit, ses joues s'empourprèrent de rage et il leva la main, s'apprêtant à me porter un coup...



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MessageSujet: Re: Thérapie anti-dépression [PV : Kerorian]   Dim 25 Sep - 15:43

Le Rôdeur continua à se faire un mauvais sang, plongé entre ses réflexions fondamentales et les démons qui le hantaient. Il ignorait quel chemin emprunter, quelle voie choisir. Chaque décision qu'il prenait n'apportait que malheur et ténèbres autour de lui, et le guerrier ne savait jamais s'il devait s'en désoler ou s'en réjouir.
Tuer était l'essence même de son existence, sa nourriture, son carburant, son talent...mais la belle éducation donnée par un vieillard le faisait sans cesse se question. Est-ce que la capacité de le faire justifiait de passer à l'acte ? Est-ce parce qu'une lame était forgée et acérée on devait toujours la dégainer et trancher dans le vif ? Et inversement, puisque le tranchant, même émoussé, n'a été créé que dans le seul but de tuer...quel intérêt d'en avoir un si c'est pour le laisser au repos ?

Presque inconsciemment, le Rôdeur déshumanisé suivit Pandora. Ce genre de rôle lui allait bien, dans sa situation actuelle... Perdu, il n'avait qu'à la suivre. N'étant rien de plus qu'un fantôme, il lui suffisait d'être son ombre...cela lui convenait parfaitement en ce moment, mais ça ne donnait que plus de force encore à ses cauchemars. Puisqu'il n'était lui-même qu'une obscure projection de la jeune femme, déformée par le jeu de la lumière, en quoi ses propres spectres seraient différents ? Comme une ombre parmi les ombres, en était-il moins réel pour autant ?

Totalement perdu dans ses pensées, égaré dans les ténèbres, il s'arrêta quand son employeuse fut interpellé par son "père" mais n'y fit même pas attention. Dans un autre monde, les mots ne semblaient même pas lui parvenir, ni l'arrogance de Pandora, ni la colère de son géniteur de substitution. C'est à peine si sa conscience commença à se recentrer lorsqu'il perçu un mouvement brusque, un geste menaçant.
Une attaque.
Clac.
Le noble ambitieux avait giflé la jeune Marquée, ne pouvant plus souffrir son arrogance. Bien mal lui en pris.

Passant brusquement de l'enfer à un champ de bataille, soudainement pleinement éveillé sous la violence naissante et appelé par son devoir de protéger la demoiselle de Daein, Kerorian n'eut même pas le temps de formuler une pensée qu'il se jeta déjà en avant, bondissant littéralement sur le paternel qui finissait à peine sa claque pour lui décocher un coup de poing lourd d'acier et de rage en pleine mâchoire.
L'impact produisit un bruit terrible lorsque la mâchoire et la pommette du trou du cul de service se brisèrent net sous la force colossale du Rôdeur qui l'envoya s'écraser au sol deux mètres plus loin, assommé par l'attaque brutale du garde du corps.

Dans un hoquet de stupeur, les deux gardes qui accompagnaient le paternel agrippèrent leurs lances pour les pointer vers le géant aux yeux rouges qui s'empara aussitôt de sa gigantesque épée et effectua un large balayage avec, les obligeant à bondir en arrière sous peine d'être fauchés net, la seule masse de la lame représentant à elle seule une promesse de mort.
Solidement planté, l'arme à la main, entre les gardes et son employeuse, Kerorian se sentait dans son élément. Pas de question, de logique...rien que de la violence, du sang, un jeu de lames et de muscles. Il n'avait plus l'habitude de faire attention à ses mouvements, mais il n'oubliait pas qu'il avait protégé les autres, dans des combats parfois bien plus intenses et dangereux que ça, par le passé.
Les deux soldats se concertèrent du regard, le premier esquissa un pas, le Rôdeur adopta aussitôt une garde offensive.


"Vas-y, essaye pour voir."

Il ignorait si la vie de Pandora comptait réellement pour lui. Tout ce qui importait, c'était d'avoir une bonne excuse pour brandir sa lame. Rien d'autre n'importait. Ni les conséquences de cette torgnole, ni la réputation qu'il se taperait ou ce que dirait son employeuse...qu'elle le félicite si elle était contente, qu'elle le vire dans le cas contraire.
Aujourd'hui, il n'était là que pour la protéger de toute menace, et ces couillons en étaient une.




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MessageSujet: Re: Thérapie anti-dépression [PV : Kerorian]   Lun 26 Sep - 0:26

A vrai dire, je ne m'attendais pas à ce qu'il ose lever la main sur moi. La joue cuisante, j'y portai la main, tellement surprise qu'il me fallut un moment pour réagir... D'autant plus que Kerorian s'était montré plus que prompt à réagir et avait bondit en avant pour écraser son poing dans la mâchoire de mon père, produisant par la même un atroce craquement qui m'arracha un frisson, me faisant sortir de mon état de choc.

Les choses dégénéraient beaucoup trop vite. Les gardes de mon père s'organisaient pour attaquer le mien, qui semblait les provoquer... Mon père s'était a moitié évanoui sous le choc et bougeait péniblement en gémissant de manière pathétique, un son que mon oreille trouva plutôt agréable. Mais avant toute chose, je devais remettre la situation en ordre.

- Vous deux ! Cessez de menacer mon garde du corps et occupez-vous plutôt de l'homme qui a osé poser la main sur moi !

Ainsi rappelés à l'ordre, les deux gardes se concertèrent du regard. Lorsqu'ils reconsidéraient les événements dans leur ensemble, il était vrai que leur employeur avait porté le premier coup... Mon garde du corps n'avait fait que son travail en me défendant de toute blessure, et ils durent bien se rendre à l'évidence : Ils ne seraient pas dans leur droit en nous attaquant. D'autant plus que Kerorian devait paraître à leurs yeux au moins intimidant, au pire mortellement dangereux. Finalement, ils décidèrent de faire montre de sagesse et vinrent soutenir Père pour l'amener à ses quartiers, où ils feraient sans doute venir un guérisseur... En tout cas, il était hors de question que je prenne la peine d'en faire venir un pour lui. Il était même hors de question que Mère se départisse du sien pour ce pourceau. Claquant des doigts, je fis venir un page et lui confiai la mission de transmettre un message au guérisseur de ma mère.

- Si on viens le voir pour l'amener au chevet de Père, il a pour mission de ne pas y aller. Mère à besoin de toute son attention.

Assurée que mes ordres seraient transmis, je me tournai vers un nouveau page, prenant soin de peindre un air passablement agacé sur mes traits malgré le sourire que je retenais à grande peine.

- Puisqu'il n'y a plus personne avec qui déjeuner, vous ferez porter le repas dans mes quartiers, pour mon garde du corps et moi-même. Soyez fastes en terme de nourriture, Kerorian auras probablement faim après s'être battu pour me défendre. Et...

Je pris quelques secondes pour réfléchir. Après tout, un tel événement méritait d'être fêté... Mais je ne mis que très peu de temps à me décider. Prenant les mains du page dans les miennes, je me penchai légèrement vers lui, prenant un air las.

- Voyez-vous, je suis inquiète pour la santé de Père. J'ai besoin de me détendre, et je voudrais à cette fin que vous fassiez parvenir avec notre repas une bouteille de rouge du meilleur cru que nous possédions. Je suis sur que vous comprendrez que ce qui viens de se passer me chamboule...

Le page n'était probablement pas dupe de ma comédie, mais il joua le jeu. Après tout, je commandais et il obéissait. Il comprendrait ainsi, cependant, qu'il avait tout intérêt à ne pas répandre les mauvaises rumeurs. Je m'orientai enfin vers Kerorian, retenant a grande peine un sourire.

- Nous parleront de cet écart lorsque nous serons loin des oreilles indiscrètes. Suis-moi.

Je le dépassai pour prendre l'escalier menant à mes appartements. Sans nul doute, Kerorian aurait droit à une sensible augmentation pour son action du jour.



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MessageSujet: Re: Thérapie anti-dépression [PV : Kerorian]   Lun 26 Sep - 19:45

Durant une seconde, le Rôdeur hésita à passer à l'attaque avant que Pandora ne se ressaisisse. En optant pour un comportement "protecteur", le tueur venait déjà de rater une excellente occasion de massacrer gratuitement deux cons, mais peut-être qu'en agissant promptement on pourrait faire passer ça sur l'excitation du combat, et...
Merde, trop tard. La nobliotte ne tarda pas à rappeler à l'ordre les deux gardes et les envoyer traîner le sac à purin que représentait son "père" au faciès quelque peu déformé. En le regardant se faire embarquer comme un pochtron indésirable, Kerorian ne put réprimer un sourire en coin mauvais. Vu le pain qu'il lui avait mis, même un excellent bâton de soin ne devrait pas être en mesure de restaurer totalement son visage...l'idée d'avoir laissé son "empreinte" dans cette tête de veau l'amusait.

Sa noirceur profonde parut gronder, ou bien était-lui qui produisait ce son guttural, presque caverneux, en regrettant d'avoir écouté son bon fond et de s'être contenté de défendre la petite fille au lieu de "prendre les devants" en taillant quelques chairs, "en prévention" qu'il aurait pu dire.
Enfin, soupira le géant en rangeant sa colossale épée sans vraiment remarquer que son maniement lui était de plus en plus aisé. il avait pu sécher net un troufion de noble, et ça, ça valait bien d'avoir épargné deux larbins.
Toutefois, Pandora ne s'arrêta pas là elle et continua à distribuer ses ordres, imposant de foutre la paix au prêtre de sa mère ainsi que de faire monter leur repas à tous deux dans sa chambre. C'est à peine si le Rôdeur haussa un sourcil, la Marquée avait précisé de faire monter du lourd pour lui. Lui qui pensait qu'elle avait remarqué qu'il s'alimentait bien moins qu'on ne le pensait...ou bien cherchait-elle une excuse, ou bien il l'avait surestimée.
...
Une fois de plus, le brutal garde ne savait pas vraiment que penser des propos de Pandora. Son petit jeu mensonger n'était là que pour fournir un contexte pour demander une bouteille de pinard, ce qui laissa d'autant plus perplexe le géant. Il comprenait qu'elle veuille "fêter" la déculottée de son père, mais jusqu'alors il ne l'avait jamais vu boire d'alcool...du moins, pas en privé.

Bah, qu'elle fasse ce qui lui chante. Quand la noble se tourna vers lui, partagé entre sa façade et le sourire d'une petite fille qui reçoit un magnifique cadeau pour son anniversaire pour lui dire qu'ils en reparlaient une fois tranquilles, le Rôdeur haussa simplement les épaules.


"Okay."

Et sur cette répons digne de lui, suivit la jeune femme jusqu'à sa chambre sans se faire plus de soucis que ça. Qu'elle l'engueule pour son impulsivité en se torchant si ça lui chante, ou qu'elle le récompense pour avoir osé faire ce dont elle rêvait. Lui, il n'était là que pour distribuer des marrons en cas de besoins, et ça lui convenait très bien.




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MessageSujet: Re: Thérapie anti-dépression [PV : Kerorian]   Mar 27 Sep - 14:32

A mesure que je gravissais les marches menant à ma suite, enfin à l'abris des regards, je laissai mon sourire fleurir sur mes lèvres, envahie par la bonne humeur. J'avais envie de rire, de m'étaler sur mon lit et d'envoyer voler mes oreillers partout tant j'étais heureuse. Parce-que non de dieu, qu'est-ce que j'avais attendu de le voir mordre la poussière ! Le coup qu'avait porté Kerorian, la manière dont les os de sa mâchoire avaient craqués, comment ce tas de graisse s'était lourdement écroulé sur le sol impeccable de MA demeure... C'est presque en courant que je rejoignit ma chambre pour sauter sur mon lit dans un grand éclat de rire, attrapant un de mes oreillers pour le faire voler au dessus de moi.

- Hahaha ! Bravo Kerorian, je n'aurais pu espérer mieux pour égayer ma journée !

Ma joie était telle que le laissa l'oreiller tomber a coté du lit pour en prendre un autre. La pièce serait sans aucun doute totalement renversée d'ici quelques minutes, mais quelle importance ? Je me repassait en boucle la scène dans la tête : Père qui lève la main sur moi, Kerorian qui lui retourne un magistrale coup de poing, ce pourceau s'écroule comme une loque sur le sol... A nouveau, je pouffai, heureuse. Ma joue cuisante n'était qu'un faible prix à payer pour un tel instant de bonheur. Je m'en retrouvais avec une légère rougeur, là où mon paternel avait eu la mâchoire brisée, et probablement de manière irréversible... Qu'il pèse donc le pour et le contre la prochaine fois qu'il voudrait me manquer de respect et me frapper !

- Tu as bien mérité une augmentation pour cela... Même si je sais que tu n'y porte pas attention, puisque de toute manière tu ne fais rien de cet argent. Ah, et cette fois-ci, tu n'y coupera pas ! Tu va manger et boire avec moi, nous allons fêter cet instant mémorable comme il se doit !

Peu importe qu'il ne mange pas, qu'il ne boive pas, cette fois-ci il ferait la fête avec moi. Et puis, cela lui ferait probablement du bien de se sustenter convenablement, ainsi ressemblerait-il peut-être moins à un mort-vivant... Oui, sans aucun doute, reprendre des habitudes normales lui ferait le plus grand bien. Peu importe les démons qui l'assaillaient, il ne pourrait les affronter convenablement s'il ne retrouvait pas un minimum d'énergie et... d'humanité.

- Et c'est un ordre. Tu va manger.

Sur ces mots, un son retentit à la porte, quelqu'un y toquait. Je me levai de mon lit, remis mes vêtements en place et me présentai à l'entrée pour faire entrer les... trois serviteurs qui arrivaient avec des plateaux chargés de victuailles qu'ils disposèrent sur une table basse près de la cheminée de ma chambre. Deux couverts furent dressés, puis ils nous laissèrent enfin en paix et je pris place sur mon fauteuil habituelle, sans m'encombrer de m'y asseoir correctement. A vrai dire, j'avais collé mon dos contre l'un des accoudoirs et passé mes jambes par-dessus l'autre dans la plus grande décontraction.

- Aller, installes-toi.



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MessageSujet: Re: Thérapie anti-dépression [PV : Kerorian]   Mar 27 Sep - 18:46


Heureusement qu'il avait de très grandes jambes, songea brièvement le Rôdeur qui dut presque allonger le pas pour suivre une Pandora incroyablement pressée de retrouver sa chambre, pour se jeter sur le lit en riant aux éclats, laissant le colosse aux yeux rouges fermer la porte derrière elle, haussant un sourcil en la découvrant sous un jour nouveau.
A la voir comme ça, à se tordre en riant et à jeter sa literie dans tous les sens sans plus se soucier des manières, des apparences ou de la propreté. Comme à son habitude, il resta impassible, dans son coin, prêt à bloquer le moindre intrus qui oserait ouvrir la porte et observait la noble passer son euphorie sur ses draps et coussins en le félicitant d'avoir illuminé sa journée.

L'ancien Kerorian aurait certainement rougi et bafouillé sous le compliment, mais aujourd'hui le Rôdeur ne broncha même pas. Il n'était plus un enfant qui s'émoustillait d'un rien, ni un de ces "mecs normaux" qui appréciaient le regard des autres. Seul comptait son jugement, à lui et lui seul.
Et en ce moment, le guerrier des montagnes observait une jeune fille être enfin libre. Libre de toute contrainte sociale, de toute tenue à respecter et des façades à conserver. En sa présence, elle avait vu ce qui semblait être un rêve se réaliser et pouvait réellement agir selon ses envies, et n'être qu'une enfant capable de rire aux éclats, sans aucun devoir ni responsabilité. Juste une enfant folle de joie...
Il soupira malgré tout. Combien d'envies parfaitement naturelles réprimait cette pauvre gamine ? De petits plaisirs quotidiens, de pulsions élémentaires, combien de "petits écarts de conduite" devait-elle s'interdire au nom d'un code ridicule qui se fissurait sous ses poings ?

A peine parut-elle se calmer qu'elle explosa à nouveau de joie. Le Rôdeur croisa les bras et se renfrogna en sentant un pincement au coeur, avant que Pandora ne veuille lui coller une augmentation et n'insiste pour qu'il partage son repas. Elle y tenait vraiment, puisqu'elle appuya clairement son ordre.


"Hmpf."

Il obéirait pour une fois. Il n'avait rien à gagner à faire la forte tête, et à défaut de combler cet appétit sombre qui grondait depuis le fond de son être, au moins le guerrier pouvait alimenter son corps et éviter de retomber aux frontières de la non-mort, comme la dernière fois.
Mais comme souvent, la nourriture, la boisson, tout ce qui répondait aux besoins les plus humains n'avaient plus ou que peu d'attrait pour lui. Les viandes les plus juteuses n'avaient même pas le goût de cendre, et aucun breuvage n'apaiserait sa soif. Pas plus que le sommeil ne se montrerait un jour réparateur... Kerorian le savait, "perdre son humanité" n'était pas qu'une expression.

Pourtant, cette sensation désagréablement, ce...serrement dans sa poitrine continuait à peser alors qu'il surveillait le moindre geste des serviteurs qui vinrent apporter les mets de la jeune noble. Pandora se fourvoyait sur son compte et lui demandait, qu'elle s'en rende compte ou non, quelque chose qu'il ne pouvait lui apporter. En insistant sur son souhait de dîner ici, dans cette chambre où elle pouvait être elle-même et en présence de ce géant qui ne la jugeait pas, et en particulier après sa démonstration d'une joie sincère qu'il ne lui connaissait pas, Kerorian pensait comprendre ce qu'elle attendait de lui.
La Marquée n'avait pas besoin d'un garde, d'un mentor ni même d'un prince charmant. Elle voulait juste un ami avec qui elle pourrait être franche et sans-arrière pensée, quelqu'un en qui elle pourrait croire et se confier. L'héritière Cendrefer l'invitait à partager une intimité qui n'était pas prévue ni dans leur contrat, ni dans les bonnes moeurs de son rang.

Le colosse aux airs sombres la regarda se vautrer dans son fauteuil, s'installant comme un sale gosse entre les accoudoirs et soupira une fois de plus, tandis qu'elle lui demandait de prendre lui-même place. Sa gigantesque épée n'étant vraiment pas pratique pour s'asseoir, Kerorian la déposa contre la porte d'entrée, s'assurant en prime de la bloquer, au cas où, et s'installa à raisonnable distance de la fillette, comme si ces quelques centimètres grappillés pouvaient changer quelque chose.
Honnêtement, et même si cela ne se voyait pas vraiment sur son visage de pierre, le Rôdeur était mal à l'aise. Il n'était qu'un guerrier, un tueur. Preuve en était, la seule chose l'ayant véritablement tiré dans sa torpeur cauchemardesque était la violence. Ses mains tremperaient dans le sang jusqu'à son dernier souffle, et même encore au-delà. Comment pouvait-il lui offrir le moindre soutien ?
Et pourtant, aux côtés des spectres de haine et de douleur qui tourbillonnaient dans son âme subsistait une petite flamme, doucement chaude, fragile dans cette tempête, une faiblesse qu'il voulait rejeter le plus loin possible...mais dont il ne parvenait pas à se défaire. Le souvenir d'un jeune garçon aux yeux brillants, qui derrière ses airs rigides souriait tendrement en observant cette fillette, si heureuse pour une fois dans son déprimant quotidien.
Ce pincement au coeur qui refusait de le lâcher, c'était la satisfaction d'avoir fait du bien à quelqu'un, que ses actes aient eu du sens et avait bénéficié à autrui. Ce sentiment fragilisant, c'était la gentillesse...

Sombre et pensif, le Rôdeur s'empara tout de même de quelques victuailles. Cela...lui avait fait du bien à lui aussi. Non pas de frapper le vieux con, même si c'était un véritable plaisir de casser des gueules, surtout quand elles sont aussi moches, mais véritablement d'avoir permis à Pandora de se sentir si bien. C'était cette petite émotion qui vacillait dans son être qui l'avait fait tenir, face à ses démons, quand il était avec Liyu. Celle-ci même qui lui avait fait accepter le contrat avec la noble pour offrir le luxe et le confort à la barde...
Un reste d'humanité qui refusait tout comme lui de succomber...mais il ne pouvait pas se permettre de l'accepter, de le nourrir. Son esprit se briserait s'il l'ouvrait à nouveau.
Mais comment dire à Pandora qu'il ne pourrait jamais être celui qu'elle espérait qu'il soit ?


"Je ne boirais pas...mais je veillerais sur toi, gamine. Alors au moins ce soir, lâche-toi, amuses-toi, à part une migraine demain, tu ne risqueras rien."

Cela le déprimait d'être si lâche, si lâche et perdu qu'il ne pouvait même pas dire à une pauvre enfant qu'il...qu'il quoi ? Ne pouvait ni aimer ni être aimé ? C'était absurde, se mentir à soi-même n'était pas preuve de réalité... Le Rôdeur aurait bien été chercher le paternel pour le torturer, rien que pour pouvoir entendre à nouveau le rire purement sincèrement de la jeune Marquée.
Qu'il le veuille ou non, il éprouvait quelque chose... Kerorian en soupira et engouffra un bout de truc, sans même en sentir le goût. Il aurait pu manger de la terre que cela aurait été du pareil au même...dire que certains mourraient de faim, dans les rues, alors que lui ne pouvait même pas savourer des mets de luxe.
Encore de la pitié ? Cela n'en finira jamais...
Et si pour une fois, c'était lui qui s'accordait une petite soirée tranquille, sans penser aux monstres, aux lendemains sombres, à rien d'autre qu'un peu de temps loin de tout avec quelqu'un qui comptait sur lui.


"Désolé d'avoir été...absent, tout à l'heure. J'aurais été concentré, je t'aurais évité cette baffe...et je l'aurais frappé plus fort aussi."

C'était assez vrai dans le fond. En attaquant par pur réflexe, le guerrier avait privilégié une réaction rapide, alors qu'en y repensant, s'il avait prêté attention à la situation, c'est avec toute sa volonté et sa force qu'il aurait pu emplâtrer cet imbécile de faux-père. Quoique cela l'aurait peut-être tué...bah, à voir la réaction de la fillette devant l'assaut, ça aurait peut-être même été préférable.
Mais ce qui le dérangeait et l'empêchait de se détendre, c'est qu'il prononçait ces mots pour essayer de réveiller la joie de la Marquée, comme lorsqu'on raconte une blague, quelque chose qui tendait à lui échapper.




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MessageSujet: Re: Thérapie anti-dépression [PV : Kerorian]   Mar 27 Sep - 21:15

Il semblait réticent à manger, et j'attendis donc qu'il se mette à table avec moi et ne commence son repas pour commencer le mien. Chargeant mon assiette d'une lourde portion de viande en sauce et de légumes frits, je la ramenai ensuite sur mon ventre pour la manger tranquillement, sans me préoccuper de mon image. Kerorian s'en fichait comme d'une guigne, et il n'y avait personne avec nous de toute manière. Accompagnant mon repas, je remplis mon verre du liquide carmin de la bouteille de vin. J'en avais déjà u bien sur, mais toujours de manière modérée, comme accompagnement d'un repas... Il était bien vu de savoir apprécier un vin, même s'il était très mal vu de finir ivre lors d'une réception.

Mais aujourd'hui, je me fichais de tout ça. La scène qui tournait toujours dans ma tête était bien plus importante - et bonne pour mon morale accessoirement. Suivant ainsi le "conseil" de kerorian, je portai mon verre à mes lèvres pour en boire une gorgée, la faisant rouler dans ma bouche avant de l'avaler. Délicieux, comme prévu. Le meilleur cru de la cave à vin des Cendrefer se verrait amputé de l'une de ses bouteilles aujourd'hui, très certainement, et ce même si je devais la boire a moi seule.

A la seconde remarque de mon garde du corps, je ne pus retenir un nouveau sourire en attaquant mon repas avec entrain. Je ne mangeais bien entendu pas comme une sagouine, je savais rester propre et mesurée, mais je ne m'embarrassais pas de ne pas trop charger ma fourchette par exemple.

- Tu vois, c'est pour cette raison que tu dois te reprendre. Sinon, tu ne pourras pas être aussi efficace que tu le dois. Et crois moi, on va te remettre en forme. Des repas réguliers, au minimum. Et on te trouvera un horaire pour que tu dormes, j'y tiens.

En parlant, j'avais agité vaguement ma fourchette vide dans sa direction, prenant un air sévère. Il était peut-être plus âgé que moi, mais il faisait montre d'un manque affligeant de discipline... Je ne lui demandais pas non plus de savoir se tenir aussi bien que moi en toutes circonstances, mais au moins de prendre soin de lui... Or, j'étais obligée de le forcer à prendre ses bains et ses repas. Vraiment, il y avait trop de laissé-aller.

Je me laissai à nouveau aller dans le fauteuil en reprenant quelques généreuses bouchées de mon repas, les faisant glisser avec une gorgée de ce vin délicieux. Il se mariait merveilleusement bien avec la viande en sauce, et le tout contribuait à ma bonne humeur. Finalement, je déposai l'assiette à moitié vide sur la table basse pour m'asseoir de manière un peu plus pratique tout de même, un immense sourire toujours présent sur mes traits.

- Je suis contente. C'était une bonne idée de t'engager... Père cessera peut-être de me sous-estimer maintenant.

Qu'il nous fuit dans les couloirs, et je serais la plus heureuse des femmes.



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MessageSujet: Re: Thérapie anti-dépression [PV : Kerorian]   Mar 27 Sep - 22:09

Les "charmantes" attention de Pandora tendaient plus à l'énerver qu'autre chose. Il savait qu'au fond il avait raison, que n'importe quel homme raisonnable devrait bien manger, bien dormir et se laver régulièrement...bon, sur ce dernier point au moins, avoir accès à des salles d'eau facilitait les choses. Pour manger...il faisait des efforts. Mais aussi flegmatique que le Rôdeur pouvait être, avoir la sensation de ne manger que de la terre, ou même pire, n'aidait pas à développer un grand appétit.
Dormir en revanche, c'était impensable. Kerorian mâcha distraitement un plat qu'il n'essaya même pas d'identifier en fixant la jeune Marquée. Elle avait bien des problèmes à prendre en compte...son héritage, les us et coutumes de la cour, son père aussi tordu que pénible, tout le reste...mais elle n'aurait jamais aucune idée de ce que lui endurait. S'il fermait les yeux, il quittait son lit pour rejoindre l'enfer. S'il s'assoupissait, rien ne lui garantissait de trouver un jour son corps...

Face à sa petite sévérité d'une fille gâtée, le Rôdeur ne cilla même pas. Que pouvait-il bien avoir à faire des réprimandes d'une enfant qui avait besoin de lui ? Il avait bien pire à se soucier... Son attention se recentra sur la jeune noble quand elle se fendit d'un immense sourire, probablement en songeant que son père n'oserait plus l'approcher ou l'emm...quiquiner tant qu'il serait dans les parages. Ou alors il enverrait un bataillon et ça serait enfin à lui de s'amuser.
Pandora ne tarda d'ailleurs pas à confirmer sa pensée. Elle était ravie de l'avoir embauché. Kerorian lui, ne pouvait pas être aussi catégorique. Qu'avait-il gagné ici ? Que gagnait-il encore à y rester ? Mais était-ce seulement vraiment important...


"Ton faux-père me craindra moi, pas toi. Au contraire, il va encore plus te haïr."

Son oeil solitaire scruta encore plus attentivement la noble. Oui, elle avait bien fait de l'engager mine de rien...il avait choisi une façon de faire sa vie, qu'elle soit bonne ou mauvaise, cela importait peu. Il ne craignait ni les menaces, ni le rang, ni l'argent...en fait, même les armes le laissaient de glace. Avec lui, la Marquée était en sûreté tant qu'il parviendrait à garder conscience...
Toutefois, le Rôdeur ne resterait pas ici éternellement. Que ce soit cette manie de faire ce qu'il a à faire, ou bien à cause de ces...sentiments qu'il éprouvait pour Pandora, cela l'ennuyait de songer au fait que la pauvre enfant se fasse lamentablement égorger après son départ.
Non pas qu'il se souciait vraiment du monde, de son peuple et de tout le reste...mais avec sa position, son véritable caractère, cette gamine pourrait peut-être faire changer les choses. En lui permettant de vivre, de devenir adulte et influente, le guerrier du nord pouvait satisfaire la tendresse qui refusait de succomber en lui, tout en poursuivant sa quête de pouvoir...
Mais pour ça, il fallait la protéger.

Son regard écarlate la regarda en silence, un long moment, attendant qu'elle prenne un ou deux verres de plus. Sacrée descente la gamine, l'allait se rendre malade à ce rythme, il l'arrêterait certainement avant.


"Du moins...si je lui en laisse la possibilité."

Il y avait bien une solution...et elle était pile dans ses cordes.




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MessageSujet: Re: Thérapie anti-dépression [PV : Kerorian]   Sam 8 Oct - 19:54

Ce repas était décidément délicieux. Étais-ce mon bonheur qui lui donnait ce goût, ou simplement le travail toujours aussi bon de nos cuisiniers ? Peu importe, je me régalais. Finissant mon assiette je méditai sur les dernières paroles de mon garde du corps alors qu'une agréable torpeur s'emparait de mon esprit. C'était donc cela que l'on appelait l'ivresse... Je me sentais à peine bien, mais c'était une sensation suffisamment particulière pour que je l'identifie immédiatement. Je regardai mon verre, que j'avais vidé deux fois... Et puis, Kerorian ouvrit à nouveau la bouche sur des paroles qui me figèrent.

Mon esprit était légèrement embrouillé, mais je sentais qu'il essayait de me dire quelque chose. Plissant légèrement les yeux, je me penchai sur lui, essayant de décoder le message qu'il essayait de me faire passer.

- Si tu lui en laisse la...

M'interrompant en plein milieu de ma phrase, je m'emparai d'un nouveau plat, une salade richement assaisonnée. J'avais envie de manger du frais. Je piquai dans un quartier de tomate en essayant de percer le mystère de ces mots, et j'avais l'impression que mes idées se formaient avant même que je n'en prenne conscience, comme si je réfléchissait plus rapidement que moi-même. Une sensation très particulière.

- Si je veux qu'il ne me menace plus alors...

Je pouvais le faire capturer et attacher dans une cave. Ou alors... Je pouvais m'arranger pour le faire disparaître de manière plus... définitive...

Je considérai mon garde du corps d'un œil neuf, mon visage se vidant de ses couleurs. Faire assassiner mon père... Un sentiment d'effroi gagna ma poitrine et je me laissai tomber contre le dossier de mon siège. J'avais déjà assisté à des morts dans l'arène, mais j'en étais toujours restée très éloignée... Commanditer un assassinat... En étais-je réellement capable ? La vision de mon père, rigide et pâle dans la mort, fila dans mon esprit, et j'eus l'impression qu'il s'aiguisait, comme si cette perspective me dégrisait.

- Je ne sais pas si... j'en serais capable...

Ma main se tendit vers mon verre vide. Elle tremblait légèrement. M’efforçant de contrôler cette nervosité, je remplit a nouveau mon verre de in rouge. Je sentais que j'avais besoin d'un remontant...



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MessageSujet: Re: Thérapie anti-dépression [PV : Kerorian]   Dim 9 Oct - 11:55

Le Rôdeur observa, toujours figé dans son éternelle expression renfrognée, sa jeune noble qui commençait visiblement à sentir les effets de l'alcool qu'elle engouffrait étonnamment vite alors qu'elle réfléchissait tant bien que mal au sens de ses propos.
Au début, son cerveau engourdi parut avoir du mal à faire le lien, mais en la voyant se raidir et devenir blême, Kerorian sut qu'elle avait enfin compris. Quelque part, alors qu'elle se resservait un verre pour digérer l'idée, il fut un peu surpris d'apprendre qu'elle aurait répugné à faire égorger son faux-père. Cela dit, il ne s'en étonna guère plus que ça, après tout...là où elle était martelée pour faire une vieille tôle pleine de manières et de maquillage, lui n'avait été entraîné que pour devenir une arme. La Marquée se pavanait dans le luxe et les postures distinguées lorsque lui trempait ses mains dans la boue et le sang.
Sans parler de son état actuel...


"Tu n'auras qu'à dire un mot, quand tu en auras besoin, et j'en ferais un souvenir."

La tension qui était montée tout à l'heure avait du mal à passer pour le Rôdeur. Massacrer cet imbécile aurait été un plaisir, que même dans son état le plus lucide il aurait su apprécier. Mais bon, comme bien souvent, ce n'était pas encore l'heure...après tout, c'est ainsi qu'on fait durer le plaisir.
Pour l'heure, il s'efforça de mâcher encore quelques morceaux au goût effacé, puis tendit la main pour se saisir d'un verre qu'il remplit à moitié de ce liquide carmin. Malgré ses soucis avec l'alcool, le Rôdeur doutait de se cuiter avec si peu, et dans le pire des cas il saurait en faire abstraction.
Il leva le contenu à hauteur de son oeil et le regarda au travers de la lumière, comme fasciné par la consistance de cette boisson luxueuse, à l'odeur puissante et à la couleur mémorable. Le vin rouge avait toujours eu cet attrait pour lui, comme un sang épais que l'on savourait. Un liquide digne de Daein, digne de lui. Rouge, et sombre, à qui l'on prêtait diverses légendes.
Finalement, le Rôdeur se tira de son observation et tendit son verre à Pandora. Les coutumes voulaient que l'on trinque, lorsqu'on boit avec quelqu'un, non ?


"Mais pour cette nuit, oublions-le. Tu le jetteras bien assez tôt dans la rue, alors bois, mange et ris. Une fille de ton âge devrait s'amuser plutôt que de faire des courbettes. Donc lâche-toi, et fête donc le pain que je lui ai mis."

Cela...le déroutait. Tandis que son oeil solitaire continuait à fixer la jeune Marquée, Kerorian ressentait une fois de plus cet étrangle trouble quand il pensait à elle, à la façon dont elle avait éclaté de bonheur en revenant dans la chambre. Lui qui pensait être devenu une pierre glacée, déchiré par son épée, abandonné par ceux qu'il pensait aimer, se prenait à ressentir quelque chose quand il voyait la jeune fille paraître...heureuse.
Et cela le troublait d'autant plus qu'il avait tendance à noircir le destin de tout ce qu'il approchait, qu'il leur veuille du bien ou non...et n'avait pas la moindre idée de quoi en penser.





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MessageSujet: Re: Thérapie anti-dépression [PV : Kerorian]   Dim 9 Oct - 23:47

Je considérai pendant quelques secondes le verre tendu et plein de Kerorian, encore choquée de ce qu'il avait pu me suggérer. Ainsi, il avait décidé de boire un peu avec moi... J'appréciais le geste, tout en essayant de suivre sa recommandation. Ne pas y penser pour l'instant, se contenter de rester joyeuse d'avoir vu mon pourceau de père étalé par un simple coup de poing... Il avait beau dire, je ne parvenais pas à me sortir de la tête l'image d'un corps sans vie, un corps sur lequel mon esprit n'osait pas plaquer de visage...

Je trinquai avec Kerorian avant de reporter mon verre à mes lèvres. L'odeur me plaisait, mais cette fois-ci ce que je recherchais dans l'alcool, c'était de me changer les idées. Certes, je ne tenais pas à laisser le moindre iota de mon héritage à mon père, mais de là à le tuer... C'était la solution la plus sûre, la plus expéditive, mais... Rien que d'y penser, je ne pouvais pas m'empêcher d'avoir peur.

Ôter la vie d'un homme, même de celui-ci... Je me demandais si j'aurais le cran de le faire moi-même... Ou même d'en donner l'ordre.

Ne pas y penser. Ce n'était pas le moment. Je vidai d'une traite le contenu de mon verre, puis laissai échapper un frisson. L'amertume de la boisson m'avait prise de court, m'étant contentée jusqu'ici de la boire par petite gorgée... En tout cas, j'en sentais l'effet sur ma psychée, et j'avais l'impression que la pièce autour de moi n'était plus aussi stable que de coutume.

- Je crois... que je ne tiendrais pas debout si je me levais.

C'était la première fois que je buvais autant, et l'effet était... Au moins intéressant. Sentant une hilarité inexplicable monter en moi, je rappelai à ma conscience les images de Kerorian envoyant son poing d'acier dans la mâchoire de mon père de manière à justifier l'éclat de rire qui survint. Et puis, l'évoquer m'ayant rendue curieuse, je posai les mains sur les accoudoirs de mon fauteuil pour me lever.

La pièce tangua de plus belle et je dut me laisser retomber sur le velours de l'assise, sans quoi je serais probablement tombée dans les plats encore présents sur la table.

- Kerorian... Fait venir quelqu'un, qu'il nous débarrasse au moins de la nourriture. Sinon, cela pourrait bien me jouer un tour...

Je prélevai cela dit une large feuille de salade du bout des doigts pour la manger avant qu'elle ne disparaisse de la table, me faisant la réflexion que la fraîcheur du végétal me ferait sans doute du bien. Puis je m'étalai dans le fauteuil et fermai les yeux, laissant le monde tourner autour de moi et mes repères se perdre. Je souriais.

Les idées saugrenues de Kerorian m'étaient sorties de la tête, et je pouvais savourer tout simplement les événements de la matinée. A nouveau, je pouffai doucement en rependant à la manière dont mon père s'était assommé sous la douleur.

- Quel minable...



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MessageSujet: Re: Thérapie anti-dépression [PV : Kerorian]   Mar 11 Oct - 17:33


Visiblement, l'idée avait vraiment durement frappé la jeune noble, confortant le Rôdeur aux allures macabres sur ses premières pensées à son sujet. Juste une gamine bien plus tendre qu'il n'y parait...trop douce, trop ignorante, trop innocente pour même songer à faire exécuter quelqu'un. Une petite poupée de porcelaine dans un écrin doré. Typiquement une fille de la cour...

Au moins, le vin semblait faire son effet, puisque Pandora lui fit part de son incertitude au sujet de son équilibre et paraissait passer d'une humeur à l'autre, son visage sautant d'une anxiété certaine à une hilarité peu glorieuse, avant qu'elle ne s'écroule dans son fauteuil luxueux et ne lui demande d'appeler des serviteurs pour faire débarrasser tout ce bordel.
Son verre encore à moitié rempli, le Rôdeur se leva pour obéir, comprenant par là qu'elle était probablement trop cuite pour le faire elle-même, et au vu de sa stabilité plus que douteuse, la fillette redoutait de finir le nez dans le plat.

Il ne s'éloigna pas plus de quelques pas de la porte, haussant simplement la voix pour appeler des larbins pour qu'ils fassent leur travail, et referma derrière eux une fois le ménage effectué, sans avoir prêté la moindre attention aux regards qu'ils lui avaient coulé tandis qu'ils remportaient les plats nettoyés et la riche bouteille vidée jusqu'à la dernière goutte.
Une fois la pièce redevenue tranquille, Kerorian retourna à sa place et fixa à nouveau la jeune Marquée qui ne semblait guère se lasser de se remémorer encore et encore - tandis qu'elle paraissait follement s'amuser de ses vertiges d'ivresse - la torgnole qu'avait récolté son faux-père. Elle était bien plus mignonne à rire comme ça, gloussant même bêtement toute seule, que lorsqu'elle s'enfonçait un balais métaphorique jusqu'à en avoir le hoquet...après tout, direct et expéditif comme il l'était, il ne pouvait qu'avoir du goût pour les attitudes franches et spontanées.

Toujours rigide et l'esprit embrumé par mille et un soucis, le Rôdeur s'empara à nouveau de son verre au contenu opaque, plongeant son regard incandescent dans le fluide carmin, comme s'il cherchait une réponse dans cette parodie de sang à l'odeur caractéristique. Dans une grimace, le guerrier en prit une gorgée, bien qu'il fut incertain de sa saveur.
Sa rupture avec Liyu avait...perturbé pas mal de choses. Qu'il le veuille ou non, et quoi qu'il puisse bien en penser, la barde lui avait servi de repère, d'accroche, même naïve, lorsqu'il errait dans sa déprime et l'influence sournoise de l'épée noire. Bien évidemment, l'avoir perdue après s'être donné tant de mal pour la rejoindre lui serrait le coeur...mais il s'inquiétait aussi de ce qu'il allait devenir.

Son regard écarlate se posa sur la jeune noble. S'il était resté auprès d'elle malgré tout, c'est car quelque part elle lui offrait la même chose que la musicienne. Simplement quelque chose à protéger, un but, tout bêtement. Sans cela, Kerorian savait qu'il recommençait à vagabonder et que sa malédiction prendrait rapidement le dessus sur sa volonté...seulement, deux idées se bousculaient maintenant dans sa tête confuse.
Si Pandora servait de remplaçante à sa précédente compagne...devait-il aussi faire tourner les événements pour qu'elle lui apporte réellement les mêmes...avantages que cette dernière ? L'idée le troublait particulièrement, car si la Marquée avait "de gros arguments", et qu'il présumait qu'ils pouvaient développer des liens loin d'être inintéressants, cela...le mettait tout de même mal à l'aise.
Le Rôdeur reprit une gorgée de ce vin au prix impensable. La seconde pensée était plus pressante et facile à étudier. Il ne se plaisait pas ici. A jouer au larbin, en déambulant toute la journée sans rien glander au final, enfermé par un contrat qui n'avait plus de sens, dans un environnement qu'il aurait souhaité voir brûler...ça ne pouvait pas durer, et ça il n'en doutait pas un instant. La véritable question n'était même pas "quand partir" en vérité, ça il avait déjà une idée...mais plutôt, est-ce qu'il devait le faire ? Sans une meilleure ancre dans la réalité que cette femme en devenir, il ne ferait pas long feu...

Poussant un profond soupir alors que sa vision s'obscurcissait, Kerorian s'efforça de chasser dans un recoin de son esprit ses désagréables interrogations. Il aurait toute la nuit pour se torturer avec... Pour l'heure, il préférait se concentrer sur le bonheur d'une petite gamine qui se découvrait un nouveau visage, bien plus radieux que tous les autres.


"Alors Pando, ça fait quoi de t'amuser, te lâcher, d'agir un peu comme "une fille normale" ? Ca te plait ?"

Brièvement, le Rôdeur songea que cette question aurait pu s'appliquer à lui...s'il avait seulement songé un jour à rire. Cette comparaison n'ajouta que plus encore à son trouble, et il risqua un regard vers le misérable fond de vin qui restait dans son verre. Mouais. Mauvaise idée, picoler ne l'avait jamais aidé de toute façon...




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MessageSujet: Re: Thérapie anti-dépression [PV : Kerorian]   Ven 14 Oct - 22:06

Mes pensées ne faisaient que se troubler d'avantage à chaque instant qui passait. Les serviteurs passaient devant moi pour remporter les plats sans que je n'y fasse attention, les yeux encore clos, un large sourire étirant mes lèvres sans discontinuer. Ce vin laissait vraiment un très bon gout sur ma langue, mais ma bouche me faisait l'impression d'être remplie d'une pâte épaisse et collante, ce qui était assez désagréable. La tête me tournait, si bien que j'avais l'impression de me trouver sur un hamac. Cela ne m'était plus arrivé depuis ma tendre enfance, lorsque ma mère me balançait doucement en chantant pour m'apaiser et m'endormir...

Ce souvenir me fit ouvrir les yeux alors que Kerorian me posait une question. Je ne l'entendit qu'à moitié, et tentai d'y répondre de mon mieux alors que je me relevai avec dans l'idée de m'emparer de la carafe sur ma table de nuit pour étancher ma soif et atténuer l'épaisseur des muqueuses dans ma bouche.

- Je ne suis pas une fille normal. Je me comparez pas avec ces gens-là.

Je m'emparai de la cruche pour boire directement à sa source, avalant de longues gorgées. La fraîcheur de l'eau me fit du bien, et je la déposai finalement dans un geste brusque sur la table de nuit en poussant un grand soupire de satisfaction... avant de perdre l'équilibre et de tomber sur mon lit de tout mon long.

J'eus alors l'impression de flotter sur un nuage. Je n'aurais su le décrire autrement. Mon lit était si confortable que j'avais l'impression de m'y fondre, comme un petit chien se serait lové sur un coussin. Cela dit, je concevrais un certain inconfort dans le corsage si rigide autour de mon buste et de ma poitrine. Les coutures me rentraient dans la peau, et même mes bottes me parurent soudainement un sacrilège. Ce fut presque négligemment que je les retirai pour les laisser tomber au pied de mon lit, bataillant cinq bonne minutes avec mes lacets pour les ouvrir après avoir simplement essayé de les faire glisser sans succès. Mes pieds enfin libérés, j'entrepris de défaire les nœuds retenant mon corsage avant de réaliser que Kerorian était encore dans la pièce.

Ma main se figea. Devais-je lui demander de quitter la pièce le temps de me mettre à l'aise ? ou devais-je d'abord penser à ma sécurité et garder mes vêtements, de manière à ce que mon garde du corps ne s'éloigne pas de moi ? La question valait la peine d'être posée, mais en l'état actuelle des choses je me sentais parfaitement incapable d'y porter la moindre réponse...

- nyuuuumpf...

Voilà tout ce qui résulta de mon intense réflexion. Finalement, je décidai de retirer tout de même mon corsage, et tant pis pour Kerorian. Ou tant mieux ? Tout dépendait du point de vue... Mais j'étais lasse de sentir le tissu rigide me rentrer dans les côtes alors que je n'aspirai qu'au confort. Une fois le vêtement délassé, je m'étalai sur le dos, les yeux toujours clos, couvrant ma poitrine d'un pan de couverture. Avait-elle dépassé un moment ? Probablement... Mais je n'en étais pas certaine. Peu importe de toute manière.

J'étais ivre, autant en profiter pour ne pas s'embêter avec des détails, n'est-ce pas ?



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MessageSujet: Re: Thérapie anti-dépression [PV : Kerorian]   

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Thérapie anti-dépression [PV : Kerorian]

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