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 Une "dernière danse" [Pv : Liyu]

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Kerorian
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MessageSujet: Une "dernière danse" [Pv : Liyu]   Sam 27 Aoû - 18:58

Tac. Tac. Tac. Tac. L'ongle du Rôdeur cognait régulièrement contre le bois de la table de chevet, près du lit sur lequel reposait sa malheureuse femme. Ce geste était inutile, répétitif, énervant même. Mais le son sec, monocorde qu'il produisait lui donnait l'impression d'égrener le temps. Alors il tapait. Tac. Tac. Tac. Il tapait en attendant que sa compagne ne revienne à elle.
Et il réfléchissait, ses pensées se tournant encore et encore vers cette horrible semaine qu'ils venaient de passer. Quel cauchemar lorsque les gardes étaient venus annoncer qu'on avait enlevé Liyu. Et quelle rage l'avait alors envahi, il s'en fallut de peu qu'il ne les étrangle à mort pour leur incompétence ! Mais sa colère devait être tournée ailleurs, alors le guerrier l'avait transporté, et avec elle sa puissance malsaine, à travers tout Nevassa.

Ils avaient retourné les quartiers, les maisons glauques, les petits recoins obscurs jusqu'à enfin mettre la main sur la tanière des chiens qui avait osé lui prendre sa compagne...si tant est qu'elle pouvait encore porter ce nom, lorsqu'ils la retrouvèrent. A peine une semaine, une seule petite semaine, le même temps qui ne les séparait habituellement à cause de son travail qui l'avait éloigné d'elle...et c'était un animal terrifié qu'ils avaient découvert dans cette cellule.
Son regard solitaire, souligné de profondes cernes se tourna vers son épée maléfique. Kerorian plissa les yeux, il aurait juré l'avoir entendu murmurer. En fait, bien que son esprit ne puisse l'accepter, le Rôdeur était persuadé que l'épée venait de chuchoter quelque chose. Certainement qu'elle était encore insatisfaite de la boucherie qu'il lui avait offert, lorsqu'il avait chargé comme un ouragan contre les ravisseurs
Elle était insatisfaite, et lui subissait à nouveau cette faim qui lui tordait les entrailles...il avait salement puisé dans les pouvoirs de sa lame durant ces quelques pauvres jours, refusant tout repos ou sommeil tant qu'ils n'avaient pas remis la main sur la pauvre barde, sans qu'il ne sache s'il la reverrait un jour, vivante ou non.

Son attention se tourna à nouveau vers la musicienne brisée et encore inconsciente. Depuis qu'on l'avait ramenée et soignée, Kerorian n'avait plus quitté son chevet. C'est un de leurs gardes de maison qui lui apportait de quoi manger quotidiennement, mais l'assiette repartait généralement aussi chargée qu'elle n'était venue.
Pour une fois, le Rôdeur avait retiré son armure. La porter chez lui aurait été de mauvaise augure, et il espérait secrètement que Liyu puisse supporter une solide étreinte lorsqu'elle reprendrait conscience, auquel cas l'écraser contre une masse d'acier aurait été contre-productif. En revanche, toutes ses armes étaient là. Zwei pendait comme toujours à sa hanche, la Dragonslayer reposait contre le mur, détournant parfois brièvement l'attention de son possesseur ayant depuis longtemps dépassé les normes de l'épuisement physique et mental. Même sa hache était là, posée à même le sol. Juste au cas où.
Toute cette histoire le rendait complètement paranoïaque...

Alors parfois, il lui parlait. Murmurait son nom pour briser le silence et son attente, espérant que viendra plus vite le temps où elle lui répondra. Mais il n'osait pas la toucher, pas après ce qu'elle avait vécu. Alors il tapait du doigt sur la table et tuait le temps, abandonnant tout le reste. Tac. Tac. Tac.
C'était absurde d'attendre ainsi, mais il avait cru la perdre à jamais et ne supportait pas l'idée que, s'il détournait les yeux ou les fermait, même cinq minutes, qu'elle puisse à nouveau disparaître et ne point revenir... Qu'importait ce qu'il devait ou pouvait réellement ressentir, que ce soit par choix borné et stupide ou par passion, Liyu lui était précieuse et il ne pouvait accepter d'en être privé. Et certainement pas après tout ce qu'il avait fait pour l'avoir...




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Liyu
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MessageSujet: Re: Une "dernière danse" [Pv : Liyu]   Sam 27 Aoû - 21:12

Tac. Tac. Tac. Tac.
Elle secoua vivement la tête. Quelque chose arrivait, qu'elle ne voulait pas. Pas du tout.
Elle sentait le contact d'une main sur sa peau, rugueuse, brusque, sans aucun égard pour elle. Et pire encore. toujours pire, et encore pire derrière... Elle sentait les arrêtes des pierres contre ses bras, contre son dos, alors qu'on l'immobilisait sur le sol, et elle sentait la nausée monter en elle alors qu'elle subissait encore, et encore...
Tac. Tac. Tac. Tac.
Elle poussa un cri, ses oreilles résonnant du son des gouttes d'eau qui tombaient non loin d'elle, éternellement témoin de ses malheurs et des abus qu'elle subissait. Tellement, tellement mal... Au cœur, à la tête, et même à des endroits moins... moins...
Tac. Tac.
Tac. Tac.

Liyu ouvrit les yeux sur le plafond de bois de sa chambre, le souffle court. Elle se sentait affreusement mal... Pas de douleurs physiques, non. Elle s'était réveillée, une fois, la première, seule dans sa chambre, pour constater qu'elle supportait la lumière d'une bougie. Mais elle avait l'impression qu'elle allait vomir tant elle éprouvait de dégoût. Son corps était couvert de sueurs froides, et elle se sentait désagréablement moite. La barde se redressa dans un mouvement brusque pour regarder autour d'elle, comme pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas, qu'elle était encore chez elle.

Tout était encore là. Le placard, la table de nuit, la bougie, elle portait encore la chemise de nuit qu'elle avait enfilée. Mais cette fois-ci, elle n'était plus seule dans la pièce.

Le regard tourmenté de Liyu se posa sur Kerorian. Il ne portait pas son armure, et il semblait plus sombre encore qu'elle ne l'avait jamais vu. Il avait la main posée sur la table de chevet, et c'était ses doigts qui produisaient de "tac tac tac" qui l'avait obsédée durant son sommeil, se substituant au bruit des gouttes d'eau.

- Arrêtes ça.

Sa voix était rauque d'avoir chanté trop longtemps sans disposer d'assez d'eau pour hydrater sa gorge. Une semaine, un mois, une année..? Elle ne se souvenait plus. Un violent frisson de dégoût la traversa lorsqu'elle repensa à tout ce qu'on avait bien pu lui faire "boire", sans que cela ne contribue jamais à apaiser sa soif.

Comme pour se rassurer, elle retira sa couverture en faisant extrêmement attention à ne laisser voir aucun gramme de la peau couverte par la chemise de nuit. Posant ses mains tout d'abord sur ses cuisses, puis sur ses bras, et enfin sur son torse, elle se palpa longuement pour s'assurer qu'elle n'était plus blessée. Tout semblait aller mieux que jamais... Cependant, elle avait besoin de procéder à une dernière vérification. Elle porta une main tremblante à son crâne pour en palper l'arrière.
Rien.

Elle sentait bien entendu le cuir chevelu plus fin qu'avant là où la cicatrice s'était formée, mais elle n'était plus blessée, et elle ne sentait plus sous ses doigts la croûte de sang qui l'avait tant inquiétée. En revanche, quelque chose la dérangeait, sans qu'elle ne comprenne trop quoi. Elle tourna un regard effrayé vers Kerorian, reculant un peu sur le lit dans un réflexe incontrôlé pour ne pas être trop proche de lui. Elle se souvenait bien entendu qu'elle l'aimait, mais la perspective de se retrouver dans ses bras, comme avant, la répugnait. En cet instant précis, elle ne voulait plus jamais sentir la main d'un homme se poser sur elle. Plus jamais.

- Euh... Bonjour...

Elle avait parlé d'une voix un peu cassée à nouveau, douce quoi qu'empreinte d'un profond sentiment de détresse. Elle ne savait absolument pas quoi lui dire, mais elle avait l'impression qu'elle devait parler.

- Comment... vas-tu..?

A peine eut-elle posée la question qu'elle se rendit compte qu'elle était stupide. Elle connaissait Kerorian, elle savait qu'il ne pouvait pas aller bien après ce qui était arrivé à sa femme, même si il ne connaissait pas tous les tenants et aboutissants de l'affaire... Elle détourna les yeux, cherchant à éviter son regard. Finalement, elle tomba sur les volets fermés de sa fenêtre et elle frissonna légèrement.

- On peut ouvrir la fenêtre s'il te plais..?

Lorsqu'elle s'était finalement rendue compte que cette issue était bloquée, que la porte l'était également, et que la pièce était plongée dans l'obscurité, elle avait senti un indicible sentiment de panique monter en elle. Son souffle s'était fait plus court, et elle s'était visiblement crispée sur le lit.




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MessageSujet: Re: Une "dernière danse" [Pv : Liyu]   Dim 28 Aoû - 0:01

Il y a bien des choses qui peuvent rendre un homme fier et sûr de lui. Le talent, la réussite, l'expertise...depuis le début de ses voyages, Kerorian en avait vu des paons se pavaner. Des riches plein aux as, des mercenaires plus fines lames les uns que les autres, de modestes anonymes qui parvenaient enfin à réaliser leur rêve... Pour sa part, enfant il n'était qu'un rêveur. Ignorant du monde réel, le Rôdeur s'était fié à son instinct et sa discipline pour vivre au jour le jour, guettant un signe de son destin et avait lentement pris conscience de sa force.
Puis l'Ombre s'était emparée de son âme, et l'aube chatoyante de ses rêves s'était mue en un sinistre crépuscule, au soleil éternellement mourant, sans jamais enfin disparaître à l'horizon. Depuis, il avait...vu des choses. Des spectres, des passés, des folies oubliées. Le plus sombre de l'humanité, imprégnés, gravés dans une épée corruptrice qui se nourrissait de tout ce qui pouvait être mauvais.

Et alors il avait commencé à réaliser quelle était réellement sa force, passée, présente, et surtout à venir. Dans ses tourments destructeurs, le mercenaire avait aperçu quel pouvait être son destin, qu'il pouvait devenir l'un des meilleurs guerriers que ce monde ait connu. Un monstre fait de sang et d'acier, écrasant par un pouvoir sans limites. Cette promesse...il la portait au plus profond de lui depuis que la Dragonslayer et lui s'étaient rencontré.
Mais le vieux maître Daeroth fut sage d'apprendre à son héritier la clairvoyance et la bonté, car grâce à ces dons il put se rendre compte que sa voie de l'épée aurait un chemin solitaire. Solitaire et meurtrier. Il n'y aurait jamais eu de femme pour le distraire, de petite fille babillante pour le faire soupirer d'amusement, ni d'ami sur qui compter. Uniquement le feu et l'acier, la mort encore et encore. Alors il s'était ravisé à contre-coeur, se contentant de sa force actuelle pour demeurer près des siens, qu'il avait eu tant de mal à rencontrer et conquérir.
Mais ce n'était rien tout cela. Rien qu'un vide au fond de son coeur, un froid dans son âme déchirée, et une erreur qu'il avait essayé de nier. Mais aujourd'hui, comme chaque choix qu'il avait fait par rapport à Liyu, la preuve de sa faute se tenait devant ses yeux.

Qu'il y a-t-il de pire que de posséder de grands pouvoirs, et d'être pourtant aussi impuissant que n'importe quel quidam, songeait sombrement le Rôdeur en regardant sa femme cauchemarder. Sa maîtrise des armes n'avait pu défendre celle pour qui il se bridait sans cesse, et tous ses savoirs ne pouvaient être d'une quelconque aide face aux tourments de la pauvre musicienne qui s'éveilla enfin en sursaut.
Leurs regards se croisèrent et elle demanda aussitôt à ce qu'il arrête. Sa main s'exécuta aussitôt, et le silence retomba tandis que la barde se tâtait sous toutes les coutures. Dérouté, incapable d'agir pour le mieux, Kerorian resta silencieux, immobile. Que pouvait-il bien faire, maintenant que tout ce qu'il avait entreprit avait été un échec retentissant ?

Son coeur se serra et son sang se fit glace lorsque la chanteuse se recula presque instinctivement sur le lit, lui jetant le regard d'un fauve pris au piège et lui marmonnant un "bonjour" mal-assuré. Son regard se baissa brièvement. C'était donc là, tout ce qui restait de ces mois, ces années à souffrir ? De se lamenter d'une nuit qu'il n'avait su appréhender, à se perdre dans le désespoir et la corruption, à basculer de l'autre côté du fil et de ruiner tous les efforts de tout le monde, avant d'enfin la récupérer, la ramener dans sa patrie, fonder une petite famille comme tout le monde...et finir comme ça.
Quelques jours pour gâcher le travail d'interminables mois, quelques vices pour ruiner une passion longuement développée. Et tout ça à cause de lui, comme toujours. Encore, et encore...le pire, c'est qu'il savait que ça arriverait. Depuis Esberg, il en était persuadé.
Son oeil solitaire se tourna à nouveau vers la Dragonslayer. Il eut un instant le sentiment d'avoir anticipé son murmure inaudible, et l'espace d'une seconde il sut quelle était la meilleure solution. La brandir, accomplir enfin la mission qu'il s'était donné dans ces tristes montagnes. S'il avait eu le courage de le faire la première fois, à Hatary...rien de tout cela ne serait arrivé.

Ses traits crispés, durcis comme une carapace dressée entre son être tiraillé et la barde brisée, se tournèrent vers sa femme lorsqu'elle lui demanda comment il allait. Kerorian n'eut même pas le courage de soupirer. Il était déprimé, incapable de faire quoique ce soit de bien, ou de prendre de véritables décisions. Comme bien d'autre "artistes", il était semblable à son art, son instrument. Inefficace, inutile en toute circonstance, pour tout but...excepté donner la mort. Il n'était qu'une lame sombre, aiguisée par les os brisées et trempée dans le sang de ses victimes. Rien d'autre, et il ne serait jamais rien d'autre, qu'importe le nombre d'essai...

Cette fois, ce que Liyu qui détourna les yeux. A son tour, le Rôdeur les baissa. Il comprenait bien sûr, qui n'aurait pas compris qu'une femme à ce point torturée puisse se sentir mal à l'aise...ce n'était peut-être qu'une question de temps avant qu'ils ne revivent comme avant, au moins entre eux, peut-être même encore plus proches car cette épreuve allait être dure pour eux deux, et qu'ils auraient besoin de leur soutien mutuel, leur présence l'un pour l'autre. C'était ce genre d'horreurs qui permettait de renforcer un couple et de prouver qu'il était solide et fiable.
La barde claustrophobe en devenir demanda, non sans une note d'inquiétude dans sa voix rocailleuse, s'il pouvait ouvrir la fenêtre. Il n'acquiesça pas, ne sourit pas et ne prononça pas un mot. Le natif des montagnes se leva simplement, le silence de la glaciale solitude qui l'envahissait uniquement rompu par le claquement de sa fidèle lame contre sa hanche. Habituellement, cela le réconfortait. Aujourd'hui, cela lui rappelait simplement que, tout comme Liyu, tout comme Kerowyn, tout comme lui-même l'avait été dans un certain futur...elle avait été brisée. Puis reforgée, il est vrai, mais elle était différente. Elle avait perdu quelque chose à jamais, tout comme sa femme, il le craignait.

Muet, le Rôdeur ouvrit grand la fenêtre et resta face à l'extérieur. Il plissa les yeux lorsqu'un rayon de lumière les menaça, puis s'écarta de l'ouverture pour se remettre dans l'obscurité, se glissant dans un recoin que le soleil n'éclairerait jamais avant de se tourner à nouveau vers Liyu.
Que lui dire ? Aucun mot ne serait utile. Il pourrait essayer de parler pour la réconforter, de lui dire que tout ira mieux, que ça n'arrivera plus jamais...mais ce n'était que du vent. De nouveaux mensonges. Cela pouvait recommencer, encore, et encore. Tant qu'il existerait la vie sur Tellius, cela recommençait un jour ou l'autre, avec elle, avec n'importe qui. Le mal, le vice, c'était la vie. Mais même lui était incertain que la mort en soit vraiment la délivrance...
Il ne pouvait pas la sauver ni la reconstruire.
Il savait que l'achever ne serait point son salut.
Alors le Rôdeur ne trouva qu'une seule chose à dire, tandis que ses yeux n'osaient plus croiser ceux de Liyu, fuyant son regard et la lumière, fuyant ses sentiments et ses regrets.


"Pardon..."




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Liyu
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MessageSujet: Re: Une "dernière danse" [Pv : Liyu]   Dim 28 Aoû - 0:49

C'est avec un soulagement presque palpable que Liyu sentit l'air passer par la fenêtre et inonder ses poumons. Elle avait l'impression qu'un poids venait de quitter sa poitrine, lui permettant enfin de respirer comme le voulait. passant à nouveau ses jambes hors du lit, elle se leva sur des jambes un peu tremblantes pour se rapprocher de la fenêtre alors que Kerorian s'en éloignait, et elle posa les mains sur le linteau de pierre pour regarder le jardin et la rue en contrebas. Ses yeux se perdirent dans la masse de toits qui s'étendaient à l'infini devant elle. Oserait-elle un jour parcourir à nouveau ces rues, reprendre son travail de barde dans les tavernes de Nevassa pour ne pas rester inactive chez elle ? Ou resterait-elle enfermée chez elle, de peur qu'il ne lui arrive à nouveau du mal ? L'une et l'autre de ces perspectives lui semblaient horriblement angoissante. Elle était terrorisée à l'idée qu'elle puisse à nouveau être victime des conflits que Kerorian semblait avoir un don pour développer avec les autres, mais quand elle envisageait de rester chez elle... Entre quatre grilles... Elle en était également glacée d'effroi.

La barde sursauta lorsqu'elle entendit Kerorian ouvrir enfin la bouche pour parler. Il s'excusait. Liyu arracha son regard à la contemplation du monde extérieur pour se tourner vers son mari, qui ne semblait définitivement pas aller bien. Quelque part, cela l'énervait. C'était elle qui venait de vivre une expérience traumatisante, elle qui devait aller mal, et lui qui devait essayer de la consoler...Mais lorsqu'elle pensa aux manières qu'il aurait pu employer pour tenter de faire passer le traumatisme de sa femme, ne serai-ce qu'une étreinte douce et aimante, elle sentit les larmes envahir ses yeux et son cœur se serrer à nouveau. Elle en aurait eu envie... Mais elle savait qu'elle ne supporterait pas ce contact. Si Kerorian la touchait, son contact se superposerait à celui des trois types qui avaient abusé d'elle, et elle ne voulait pas que Kerorian soit lié à eux de quelque manière que ce soit.

La jeune femme secoua légèrement la tête pour signifier à Kerorian qu'il n'avait pas à s'excuser. Ce n'était pas de sa faute, elle avait simplement manqué de vigilance... Ce faisant, elle remarqua à nouveau quelque chose d'étrange, comme si elle avait la tête extrêmement légère. Avait-elle subi un traumatisme crânien tel que la différence de poids se fasse à ce point sentir, même à présent qu'elle était guérie ? Non, quelque chose clochait... Liyu s'écarta pour de bon de la fenêtre et se dirigea vers son placard qu'elle ouvrit. L'intérieur était muni d'une glace dans laquelle elle se mira, laissant la surprise s'afficher clairement sur son visage lorsqu'elle vit de quoi elle avait l'air.

Elle avait les traits tirés et le teint pâle. Sous ses yeux ternes, elle voyait clairement les lignes noires de ses cernes. Elle était aussi affreusement maigre, résultat d'un... temps indéterminé sans pouvoir se nourrir correctement. Mais ce qui la surprit le plus, ce fut sans doute ses cheveux. Cela faisait des années qu'elle les laissaient pousser, et elle était habituée à ce qu'ils lui tombent aux chevilles... A présent, ils avaient étés coupés un peu au dessus des épaules, et elle avait l'impression que sa tête s'était arrondie. Lentement, elle porta ses mains tremblantes à ses cheveux pour les saisir entre ses doigts, comme pour confirmer leur nouvelle taille. C'était futile comme changement pourtant... Ce n'était que quelques cheveux. Mais elle avait l'impression qu'il lui manquait quelque chose, peut-être parce-qu'elle liait la perte de sa tignasse à la perte de quelque chose de plus important : Sa confiance en elle et sa dignité.

Lentement, elle se tourna à nouveau vers Kerorian en refermant la porte du placard derrière elle. Elle se mordilla légèrement les lèvres en repensant aux réflexions qu'elle s'était faites lors de son premier réveil, puis maintenant... Il n'allait certainement pas apprécier. Mais elle devait dire ce qu'elle allait dire, et elle devait le mettre en application, sinon elle allait réellement devenir folle.

- Ceux... ceux qui m'ont emmenée... Ils ont dit...

Elle passa à nouveau une main tremblante dans ses cheveux, ramenant quelques mèches gênantes à l'arrière de son crâne. Elle sentait que cette nouvelle coupe allait s'avérer pénible de ce point de vue...

- Ils ont dit que... qu'ils en avaient après toi...Et que comme j'étais ta... enfin... ta compagne... C'est pour ça qu'ils m'ont emmenée.

Elle secoua légèrement la tête, s'émerveillant une nouvelle fois que cela ne déchire plus son crâne en deux sous la douleur. Elle avait envie de pleurer, et elle ne chercha pas à se retenir... Bientôt, ses joues furent inondées de larmes qui s'écrasèrent sur le tissu blanc de la chemise de nuit déjà moite de ses sueurs froides.

- Je veux pas rester à Nevassa... Je veux pas être là où les gens te connaissent... Je ne veux pas qu'on me prenne à nouveau pour cible pour t'atteindre toi... Je ne le supporterais pas.

Elle regarda à nouveau autour d'elle, comme pour considérer, à travers la chambre, la totalité de la demeure. Elle était grande et confortable certes, mais Liyu ne voulait pas qu'elle devienne une prison dans laquelle elle perdrait peu à peu la raison. La barde avait eu sa dose d'enfermement.

- Et je ne veux pas rester enfermée ici...

Rien qu'à l'idée, ses épaules s'étaient crispées à nouveau. Et puis, une nouvelle pensée se fraya un chemin dans son esprit. Une pensée qui avait la forme d'une petite tête rousse et de babillements enfantins, de quelques premiers mots prononcés... Ses yeux s'agrandirent sous un besoin qui fit vibrer tout son corps, celui de revoir sa fille. Sa petite Louka, qu'elle n'avait pas vu depuis trop longtemps, et qui lui manquait atrocement.

- Où est Louka ?




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MessageSujet: Re: Une "dernière danse" [Pv : Liyu]   Dim 28 Aoû - 1:55

Muré dans son mutisme, Kerorian goûtait à l'amertume d'un échec total. Depuis sa rencontre avec Liyu, jusqu'à ce jour, tout n'avait été qu'une immense série d'erreurs. Leur rencontre qui se solda par une mise en cloque, les retrouvailles à Hatary où il projetait de les assassiner, le rapatriement de Liyu jusqu'à Nevassa, son abandon pour surveiller le cul de Pandora au lieu de celui de sa femme...
Le Rôdeur se tira de ses douloureux regrets pour observer la malheureuse musicienne prendre l'air, puis exprimer une sorte de...curiosité avant d'aller s'examiner dans le miroir, pour découvrir la perte de ses cheveux. Longtemps. Il avait souvent entendu dire que les cheveux d'une femme était extrêmement précieux pour elle, même si ça lui paraissait stupide, mais à voir la réaction de Liyu ça devait être vrai.
A moins qu'il n'y avait autre chose derrière cette réduction capillaire ? Cela aurait été plus sensé...mais pouvait-il seulement demander à cette malheureuse d'être sensée ?

Lorsqu'elle se tourna vers lui, le guerrier sentit son corps se tendre, pressentant que les emmerdes n'avaient pas fini de s'entasser.
Il en avait marre d'avoir raison.
Cela aussi faisait partie des problèmes d'avoir une famille, de vivre dans la société, d'essayer de ressembler aux autres...ou tout simplement d'être différent. Ce sont ses proches qui payeraient pour lui...ici, Liyu avait raison. C'était de sa faute, une fois de plus, si ce cauchemar lui était arrivé, et il recommencerait tant qu'ils resteraient à Nevassa et qu'elle était en vie.
Mais là où elle se trompait...c'est que ce n'était pas le lieu qui comptait, mais la personne. C'était lui, le fléau de cette famille, sa malédiction. Tant qu'il serait avec eux, ce genre de choses arriverait encore et encore. Peu importe où et comment ils vivraient, il y aura toujours quelqu'un qui viendra s'en prendre à eux, par défi, orgueil ou vengeance.
Cependant sa poitrine lui faisait mal quant il envisageait la seule solution qui ne passait pas par une exécution pure et simple de cette pauvre femme qui réclama sa fille. Y voyant là une occasion de réfléchir à cette possibilité, autant qu'une opportunité pour s'isoler ne serait-ce que quelques instants, le Rôdeur se détacha du mur et ouvrit la porte, s'aventurant dans la maison jusqu'à rejoindre sa minuscule descendante, la soulevant à sa hauteur pour l'examiner.

Et elle ? Combien de temps avant que son innocence ne soit brisée ? Pour que sa vie deviennent agonie et qu'elle ne finisse encore plus bas que Kerowyn à ses pires moments ? Liyu, Louka, même Alan et tous les autres, tous ceux qu'il pouvait un jour rencontrer...aucun ne pouvait vivre avec lui. Jamais. Parce qu'il était l'ombre qui planait sur Tellius, maudit par la fatalité et destiné, dans cette trame ou une autre, à apporter le malheur à quiconque l'approcherait.
Une petite voix le tira de ses pensées. La petite rouquine le regardait, lui tapotait le visage de ses mains encore potelée. Colossal comparé à elle, il la cala pourtant doucement dans le creux de son bras et s'en retourna, les mâchoires toujours serrées jusqu'à Liyu. Il n'était peut-être qu'une arme, un outil de mort et de solitude, une lame destinée à être abandonnée, oubliée par l'humanité comme l'avait déjà été la noire épée qui avait révélé sa damnation, mais aujourd'hui peut-être, ne serait-ce qu'aujourd'hui, pouvait-il agir comme un homme...et blesser les siens, pour qu'ils puissent vivre.

Peut-être aussi mal à l'aise et tourmenté que sa compagne, le Rôdeur évita cette dernière lorsqu'il pénétra à nouveau dans la chambre et déposa la fillette sur le lit, qui alla se ruer contre les jambes de sa maman, trop heureuse de la voir enfin remise sur pieds. Malgré son jeune âge, elle avait bien compris que sa mère avait eu très mal, et qu'elle avait besoin de soutien.
Lui, comme une ombre, retourna se cacher dans le coin sombre de la pièce, sa tunique noire n'éclairant en rien son visage fermé. Il n'avait pas le courage ou la volonté de faire ce qui devait être fait. Il en avait trop fait, trop voulu pour...pour faire ça.
Mais cette fois, il refusait que sa faiblesse soit le prix de ceux qui avaient partagé sa vie, ne serait-ce qu'un peu. Il lui devait d'abord la vérité, puis la souffrance de la lui faire vraiment comprendre...


"C'est moi le problème. J'aurais toujours des ennemis, et toi...puis Louka...et ceux qui auraient pu venir derrière...c'est vous qui allez payer. Comme aujourd'hui."

Ouais. Peut-être qu'ils auraient pu avoir un nouvel enfant, un jour. Un héritier, mâle comme le voulait la tradition. Ce n'était plus envisageable, pas quand la réalité rattrape aussi cruellement ses fantasmes. Liyu devait être brisée, mais comment le vivraient-ils, l'un ou l'autre, si c'était leur pauvre petite fille qui subissait la vengeance de ses détracteurs ? Il préférait vraiment être à nouveau lui-même, délivré de ses obligations familiales, de ses sentiments, de cette faiblesse écoeurante qu'on appelle l'amour et faire pleurer les siens, plutôt que de les faire sombrer avec lui, que ce soit dans sa chute ou son triste triomphe.
Son oeil solitaire évitait les deux femmes. Cela lui faisait mal de les regarder, de savoir que...peut-être, c'était la dernière fois qu'il le faisait.


"Moi...je ne partirais pas...ça ne ferait qu'aggraver les choses."

A quoi bon qu'il bouge de toute façon ? Même dans la nature sauvage on l'avait déjà attaqué pour régler des comptes, alors que ce soit à Criméa, Begnion, ou même en terre Laguz, il y aura toujours un jour ou l'autre ou une dague se plantera dans un dos.
Et ici, les montagnes familières, l'air frais et la rude mentalité des guerriers qui peuplaient la région...le réconfortait. Il pensait à la férocité des chevaliers wyvernes, à la détermination implacable des légions de chevaliers armurés, aux épéistes de grand talent qui étaient nés et morts en ces lieux. C'était à Daein que les guerriers se faisaient connaître pour leur force, pas à Criméa.
Ici, sa véritable nature pourrait s'exprimer et être reconnue, s'épanouir. Il pourrait être lui-même, surtout loin des siens, seul avec sa voie. Ailleurs, il recommencerait à se brider, à ronger son frein...et un jour, le Rôdeur en était certain, c'est lui-même qui briserait sa famille.
Ensemble, aucun ne pourrait être heureux. Lui renierait sa vraie personnalité, et Liyu et Louka souffriraient, par son état qui dégénérerait ou les ennemis qui se feront toujours plus nombreux...
Mais bordel, que cette idée faisait mal, et qu'il lui était dur d'essayer de l'accepter.


"Hélas tu as raison. Tu n'es plus en sécurité ici..."




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MessageSujet: Re: Une "dernière danse" [Pv : Liyu]   Dim 28 Aoû - 4:50

Lorsque Kerorian quitta la pièce pour aller chercher Louka, la chanteuse sentit la tension de ses épaules se dénouer quelque peu. Quelque part, elle se sentait soulagée de ne plus être dans la même pièce qu'un homme... Elle avait retirée de son expérience traumatisante un malaise constant, qui s'accentuait lorsque Kerorian était près d'elle. Peut-être étais-ce qu'elle se sentait honteuse de s'être faite violer, prendre par quelqu'un d'autre que le père de sa fille ? Ou alors c'était simplement qu'elle ne supportait plus que très difficilement la présence d'un être masculin... Elle n'était pas sur de pouvoir supporter un contact de son mari dans son état actuel... Non, elle en était même certaine. Elle sentait encore les mains vicieuses de ses tourmenteurs ramper sur sa peau, la mettre à nue... Elle ne voulait pas que Kerorian soit associé à un tel souvenir.

Finalement, le colosse entra dans la pièce avec Louka pour la déposer sur le sol. Regardant fixement sa fille, la barde ressentit un profond choc... Elle avait 'impression que le temps se ralentissait autour d'elle. La fillette, à peine un an et demie... Aux yeux de Liyu, elle fut soudain la chose la plus merveilleuse du monde. Elle tomba à genoux et tendit les bras pour y accueillir sa fille, la ramenant contre elle pour la serrer avec une délicatesse qu'elle aurait aussi bien pu manifester pour un objet très précieux et extrêmement fragile.

Ses yeux débordaient de larmes tandis qu'elle passait sa main sur les cheveux roux de Louka, se rassurant autant qu'elle ne tentait de rassurer la petite. Ne pouvant s'empêcher de parler, elle raconta à la petite tout ce qu'elle pensait d'elle... Elle l'aimait, elle avait eu peur de ne plus jamais la revoir... A présent, elle ne la laisserait plus jamais seule, elle serait toujours là pour sa fille, elle la protégerait, et elle l'aimerait plus que tout au monde... Ils allaient former une famille, et ils ne se sépareraient plus...Ni elle, ni Kerorian, ne partiraient, plus jamais.

Elle ne s'attendait pas à ce que Kerorian la fasse mentir.

Alors qu'il prononçait les mots qui allaient détruire le peu d'espoir qu'elle parvenait à reconstituer dans ses retrouvailles avec sa fille, elle le regardait, ses yeux s'élargissant de plus en plus. Il était d'accord avec elle, elle devait partir de Nevassa... Mais il ne voulait pas la suivre. Il ne voulait pas partir avec elle.

- Non...

Pourquoi ? Elle ne comprenait pas. Absolument pas. Les yeux rivés sur son compagnon, elle essayait de retrouver ses esprits, de comprendre comment il en était venu à prononcer ces mots. Il ne voulait pas venir avec elle ? Mais s'ils voyageaient, il n'aurait pas le temps de se faire réellement des ennemis... Et quand bien même, s'il restait avec elle, il pourrait la protéger. Ils veilleraient les uns sur les autres, s'occuperaient de leur fille... Et même si elle ne supportait pas son contact, même si elle doutait pouvoir un jour le supporter à nouveau... Elle ne supportait pas l'idée qu'il soit loin d'elle.

Elle avait tout laissé derrière elle pour venir vivre avec lui. Elle était venue s'installer dans ce pays froid et inhospitalier, elle s'était adaptée, elle avait même accepté qu'il ne soit pas là souvent pour pouvoir offrir à Louka un logement et un certain confort... Et maintenant, il voulait qu'elle parte sans lui ? Pou...

- C'est de sa faute hein..?

Cette fille. Pandora. L'employeuse de Kerorian. C'était forcément de sa faute. Après tout, il passait le plus clair de son temps avec elle... Ses semaines entières, le jour et la nuit, et lorsqu'il revenait et qu'il lui parlait de son travail, elle comprenait pourquoi : Elle était riche, et elle était plus belle que la barde, mieux dotée par la nature. Où était-il pendant qu'elle se faisait frapper et violer ? Probablement avec elle !

- Vous les hommes, vous... vous...

Les "mâles" n'étaient-ils donc capables de penser qu'avec leurs organes génitaux ? Elle s'en rendait bien compte ! Leur première rencontre ? Bam ! Quand il était venu la chercher ? Re-bam ! Et maintenant qu'ils étaient à Nevassa ? Il en avait trouvée une, avec des gros seins, avec qui il passait le plus clair de son temps. Jour et nuit ! Toute la semaine ! Et quand il revenait, un seul jour par semaine ? Re-re-bam ! Et ces trois enfoirés qui l'avaient séquestrée et avaient abusé d'elle... Eux aussi, pareille.

Ce n'était pas avec l'autre pétasse qu'il aurait dû être lors q'elle s'était faite enlever. Il aurait dû être avec elle, et protéger sa famille.

- Va-t'en... je ne veux plus te voir...

Alors qu'elle prononçait ces mots, elle sentit sa voix se briser. Elle serra de plus belle sa fille contre elle, totalement désespérée. Elle avait l'impression que son cœur se déchirait en deux. Comment avait-elle pu tomber amoureuse de lui ? Comment avait-il réussi à la convaincre de l'aimer ? Comment osait-il l'amener ici, la laisser subir ce qu'elle avait subi, pour ensuite la jeter dehors seule avec leur fille ? Mais le pire... Le pire, c'était que même avec tout ça... Elle continuait à l'aimer.

Le regard qu'elle leva sur lui était plein de colère, presque...de haine. Une haine teintée d'un amour farouche, qu'il venait de piétiner comme elle-même piétinait les fourmis. En cet instant, elle avait envie de le voir empalé par milles lames, brûler de milles flammes, tout en sachant que si elle devait voir cela, elle en serait parfaitement horrifiée...

- Je te déteste... Retourne avec ta connasse, et laisses-moi seule...




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MessageSujet: Re: Une "dernière danse" [Pv : Liyu]   Dim 28 Aoû - 5:32

Kerorian avait l'habitude de faire mal aux autres. Casser des os, tailler des membres...c'était son quotidien à une époque, sinistre lubie qui était devenue son essence. Mais cette fois, c'était différent, c'était quelqu'un qui lui était cher qu'il blessait, et d'une façon bien plus sournoise qu'à l'aide d'une lame.
C'est à sa propre femme qu'il allait causer une indicible et pernicieuse douleur. Ils avaient fait tant d'efforts pour essayer de se fonder une petite famille, et voilà que tout allait partir en fumée, leurs rêves s'avérant impossibles...parce qu'il était lui. Le Rôdeur n'osait pas regarder Liyu, ni en face, ni indirectement et laissait son oeil traîner partout, sauf à proximité de la musicienne.

En fait, il n'avait même pas besoin de la voir pour comprendre son désarroi, et c'était une raison de plus pour ne pas la fixer. S'il devinait déjà sa peine et son incompréhension à l'oreille, il ne supporterait pas d'en avoir en plus l'image...jusqu'à ce qu'elle accuse une femme. Quelques secondes lui furent nécessaires avant qu'il ne réalise qu'elle faisait référence à Pandora, lui fournissant suffisamment d'interrogation pour qu'il supporte de croiser son regard tandis qu'elle semblait s'étrangler de rage, ou de dégoût. Probablement les deux.

Puis finalement, la sanction tomba et Liyu désirait le chasser. Un souffle fantasmagorique frôla son oreille, lui suggérant de lui rappeler que cette maison était sienne, tout comme ce pays...mais précisément. Kerorian ne souhaitait pas se battre avec elle, littéralement ou non, et abandonner cette pénible demeure au profit de la musicienne ne l'aurait pas dérangé, bien loin de là, mais il savait que si lui partait, la maison retomberait dans l'oubli.
Quand ses yeux croisèrent les siens, il fut sincèrement étonné d'y lire...cette rage, cette passion déchirée tournée à son encontre. Jamais le Rôdeur ne serait attendu à une telle...violence de la part de cette petite barde qui signait par quelques mots peut-être, la fin définitive de leur petite vie idyllique.
Mais quel était le pire, de savoir que, sans doute, plus jamais ils ne pourraient se serrer l'un contre l'autre, profiter d'une nuit avec quelqu'un de cher, tout simplement, à se découvrir petit à petit, à partager leurs vies...ou que cela lui faisait moins mal que prévu ? La colère de la chanteuse réveillait sa propre rage, habituellement enfouie profondément lorsqu'il était avec Liyu. C'était lui qui avait merdé, d'un bout à l'autre et elle qui en avait payé le prix...pourtant, sa réaction n'incitait en rien le Rôdeur à se montrer mielleux avec elle.


"Cette connasse comme tu dis a fourni la maison sous laquelle tu t'abrites et l'argent pour nourrir Louka. De plus..."

Hausser le ton et montrer les dents...voilà qui lui convenait. C'était trop difficile pour lui, à comprendre, à supporter, de jouer avec les émotions et de peser le pour et le contre de sentiments. Faire souffrir sa famille pour la sauver, ou la rendre heureuse en attendant qu'elle meurt brutalement à tout moment, c'était quoi le pire ? Aucune idée, et il n'avait pas envie de se prendre la tête plus longtemps avec ça malgré que la pensée l'obsède...
Tandis que trouver les failles chez l'autre et les exploiter, voilà qui lui parlait. Le géant se décolla à nouveau du mur, son visage de marbre se fendant d'une expression grognonne.


"C'est aussi elle qui a offert les soldats pour ta recherche et ton sauvetage. Pando' n'est peut-être pas la fille la plus sympa de Tellius, mais sans elle tu serais sûrement encore en train de moisir là-bas, loin de Louka !"

Merde...c'était trop fort ça. Se séparer de Liyu, c'était le plan oui...mais il ne voulait pas que ça se finisse comme ça, d'une façon aussi moche et brutale.
Pourquoi pas après tout ? Comme ça elle s'efforcerait de l'oublier rapidement et pourrait refaire sa vie, sans plus se soucier de ses malédictions. Tout benef' pour tout le monde !
Sauf qu'il l'avait aimé cette fille, et qu'elle l'avait aimé aussi...elle serait foutue au contraire de le pleurer encore et encore. Qui sait de quoi peut bien être capable une nana amoureuse ?

Kerorian soupira lourdement et se passa une main sur le visage. Il n'avait aucun moyen de savoir quelle attitude provoquerait quelle réaction. Tout ce dont il était certain, c'est que c'était en cet instant que ça allait se jouer. Un mot de travers, et il aurait réellement accompli tout ça pour rien, si ce n'est blesser encore et encore la pauvre femme...mais un autre mot, mal utilisé, mal pensé, et alors elle "l'attendrait" et souffrirait à jamais de son absence..cela pourrait bien lui ressembler. Il fallait qu'il nuance, mais ce n'était pas son fort...à défaut, il s'efforça de baisser d'un ton, ça ne les aiderait pas de crier et ça ferait pleurer la petite. Il n'aimait pas quand elle pleurer.


"Déteste-moi si tu veux, Liyu. J'aurais voulu continuer avec toi, ce n'est pas mon plus cher souhait que tout cela finisse ainsi, qu'on ait pas fait tout ça pour rien..."

Le guerrier força son regard à quitter la musicienne pour se porter sur les murs. Devait-il lui dire qu'elle serait toujours la bienvenue ? Inutile, elle ne remettrait probablement jamais les pieds à Daein...et puis, instable comme elle paraissait l'être, elle serait foutue de penser que c'était là une invitation à partager son lit une fois de plus. Mieux valait s'abstenir...

"Parce que moi, je t'ai aimée...toutes les deux. Mais vous serez en danger, si je vous accompagne. Aucun de nous deux ne supporterait que ça recommence."

Et avec cette phrase écoeurante de miel, le Rôdeur avait le pénible sentiment d'avoir foiré son plan. Il ne pourrait pas chasser Liyu ET en prendre soin. Soit il vire, soit il la garde, mais il n'avait le courage ou la cruauté de faire proprement le premier, et le second était impensable avec les récents événements...bordel.




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MessageSujet: Re: Une "dernière danse" [Pv : Liyu]   Dim 28 Aoû - 20:36

Et voila... Il se moquait encore d'elle. Et en plus, il venait de lui avouer que ce n'était même pas lui qui avait mené les recherches qui avaient permises de la retrouver, c'était cette grognasse pour laquelle il travaillait... Probablement qu'il avait envie de passer du temps avec elle hein ? Elle n'avait dû être que trop empressée de fournir les hommes pour la rechercher, puisque cela lui avait permit de passer du temps avec Kerorian...

- La maison sous laquelle je m'abrite ? On étaient très bien dans notre chaumière dans la forêt, et on n'y risquait rien. Je déteste Nevassa, et je déteste cette maison !

A vrai dire, si elle se retenait de tenter de fracasser les murs, c'était juste parce-qu'elle tenait encore Louka dans ses bras. La petite se blottissait contre elle, comprenant très certainement que sa mère était dans un sale état et qu'elle avait besoin de soutien. La barde ne cherchait d'ailleurs pas à retenir ses larmes, et elle se sentait absolument furieuse après le rôdeur. Cela lui brisait le cœur... Elle avait tellement mal...

Ah, comme elle regrettait l'époque où elle ne le connaissait pas ! Elle voyageait, faisait son petit bonhomme de chemin tranquillement, elle n'en voulait à personne et personne ne lui en voulait. Elle n'était pas assez intéressante pour attirer les bandits, et elle et Niall avaient de quoi manger, même si c'était parfois difficile... Mais elle n'avait jamais connu tant de souffrances que depuis qu'elle connaissait le rôdeur. Bien sur, il lui avait apporté son lot de bonheur, en la personne d'une fille adorable qui deviendrait une grande femme, belle et forte... Mais pour le reste ? Il l'avait arrachée à sa vie tranquille, l'avait poussée à venir avec lui jusqu'à la capitale de Daein, rien de moins, pour qu'elle puisse s'y faire séquestrer et violer pendant elle ne savait combien de temps.

- Et je déteste cette ville. Les gens sont tous... tous...

Pressés ? Agressif ? Concentrés sur eux-même, au point de ne pas se rendre compte que d'autres souffraient... Liyu détestait les brigands et les malfrats, déjà depuis l'incident avec son frère lorsqu'elle avait commencé à voyager seule, mais maintenant ils la terrorisaient pour de bon. Et la capitale était une concentration de personnes qui laissait une large place pour les malfrats.

- Même toi. Tu préfère rester ici pour garder ta précieuse petite Pandora que de venir avec moi pour élever notre fille et pour me défendre. Tu me dégoûtes...

Brusquement, elle se releva. La colère avait au moins eu le mérite de la rendre plus sur d'elle. Déposant Louka sur le sol, elle chercha sa harpe des yeux. Est-ce que quelqu'un avait au moins pensé à la récupérer après son agression ? Apparemment oui... Elle était dans un coin de la pièce, posée contre un mur. Elle récupéra la harpe, vérifia qu'elle était toujours dans son étuis... Tout était là. Parfait. Déposant l'instrument sur le lit, elle se dirigea ensuite vers l'armoire avant de l'ouvrir, puis elle y récupéra une longue robe aux teins verts et bruns. Rapidement, elle vérifia que le vêtement était fermé et comportait des manches, puis elle se tourna vers Kerorian, l'air furibonde.

- Dégages, que je puisse me changer. Tu veux plus que je te dérange dans tes petites affaires ? parfait, moi je n'ai pas envie de rester ici. Je m'en vais, tu pourras bien lui faire ce que tu veux à ta chienne, moi j'en ai plus rien à faire.

Elle mentait. Tellement... Ces mots, elle ne les pensaient absolument pas, mais elle avait envie de blesser Kerorian autant qu'il ne la blessait. Elle voulait qu'il ait mal, comme elle... Mais à quoi bon essayer de le faire en le rejetant ? Il avait déjà décidé qu'il ne voulait plus d'elle de toute manière... Elle laissa retomber ses bras, le tissu de la robe se froissant à ses pieds, et elle fondit à nouveau en larmes, de longs sanglots agitant ses épaules.




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MessageSujet: Re: Une "dernière danse" [Pv : Liyu]   Dim 28 Aoû - 21:11

Que c'était pénible d'aimer quelqu'un ! D'avoir de compatir à ses souffrances, à devoir se montrer patient avec ses erreurs...car Liyu avait perdu la boule à son avis. Leur vieille chaumière pourrie là, un lieu sûr ? Avec des trous partout et une porte moisie, le Rôdeur en était à faire le pari de qu'est-ce qui leur tomberait dessus en premier entre la pneumonie et les maraudeurs ! Et puis elle disait qu'elle détestait cette maison ? C'est nouveau ça aussi, jusqu'à maintenant elle s'en accommodait très bien de ce luxe.
Kerorian commençait à bouillir. Lui aussi souffrait de ce qu'il s'était passé, et plus encore de cette dispute qui allait mettre fin à un rêve enfantin...mais il prenait sur lui, s'efforçait de se retenir. La pauvre barde était celle qui n'avait rien à voir avec ça et qui avait payé le plus cher, les larmes qu'elle déversait en témoignaient. Lorsqu'elle cracha à nouveau sur la cité, le Rôdeur se contenta de serrer les dents. Lui non plus n'aimait pas les villes, sans la Dragonslayer en fait il n'aurait même pas pu s'en approcher. Mais en remontant le fil, sans l'épée il n'aurait pas non plus mis Liyu enceinte.

En revanche, la barde le surpris sincèrement lorsqu'elle évoqua à nouveau Pandora, et pas pour le meilleur. Tous ses muscles se tendirent à sous la pique acerbe de la musicienne, et sous son dégoût. Son coeur se brisa pour de bon également. C'était là tout ce qu'il avait mérité, pour avoir essayé de racheter ses erreurs et de construire quelque chose de grand, de servir une belle vie à sa famille. La distance, l’écœurement, la haine...
Même ses pires meurtres ne lui avaient pas valu un tel rejet. Il avait envie d'exploser, de lui expliquer en long et en large tout ce qu'il avait fait pour cette pauvre abrutie, les souffrances qu'elle ignorait et qu'il subissait silencieusement pour elle, de lui coller des claques pour lui apprendre à le respecter.
Le Rôdeur serra les dents, ne réalisant pas sous l'insensibilité procurée par sa colère croissante qu'il s'était mordu, férocement, un mince filet de sang commença à perler au coin de ses lèvres tandis que le parfum tenace du fluide carmin jetait de l'huile sur le feu dans sa tête. Mais il ne cracha pas son venin. Ô combien le guerrier en mourait pourtant d'envie, mais il supposait que les mots de la barde dépassaient sa pensée. Elle avait été torturée, brisée et voilà que lui annonçait qu'ils devaient se séparer...alors il comprenait qu'elle parte dans tous les sens.
Puis elle enfonça le clou, plus vicieuse que le Rôdeur ne l'en aurait crû capable et ce fut la goutte de trop.


"Et si Pandora est ma chienne, alors toi t'es quoi, ma pute ?"

Qu'elle insulte la fille de Cendrefer ne le dérangeait pas vraiment plus que ça...enfin, la traiter d'emmerdeuse, de sale gosse et compagnie, c'était même ce qu'il aurait défini comme la norme. Mais là, elle manquait de respect à quelqu'un qui avait mis de sévères efforts pour la retrouver.
Mais surtout, la guerre était déclarée. Elle voulait se battre ? Parfait ! Il en avait marre de baisser la tête et de fuir, maintenant qu'il avait suffisamment encaisser c'était à son tour de distribuer ! Et par l'enfer, le Rôdeur n'allait pas se retenir sa colère ni sa pensée.


"J'ai passé une semaine à te chercher dans cette putain de ville, à ne pas manger ni dormir, à retourner le moindre recoin du moindre foutu quartier de merde. Tu crois que je me serais foutu mal à en cracher mes tripes si je préférais l'autre merdeuse ?"

Sa constitution robuste et les pouvoirs obscurs de son arme lui permettaient des exploits physiques que peu ou prou d'hommes seraient capables d'accomplir...mais même les maléfices de sa lame ou sa robustesse avaient leurs limites. Des jours, des nuits durant il avait secoué tout le monde, les paysans, les bourgeois, la racaille et les enfants des rues. Plus d'une fois ses nerfs avaient lâché et sans une solide poignée de garde pour le clouer au sol le temps qu'il reprenne un peu ses esprits, il aurait certainement fait parler les armes.
Cette souffrance /cdésespérée méritait-elle ce genre de remerciement ?


"Moi aussi je déteste Nevassa ! Je déteste Mélior, Sienne, je hais toutes les villes ! Avant d'avoir cette saloperie je pouvais même pas m'en approcher sans avoir le sentiment d'en crever, je hais les villes ! Je hais les gens ! Je supporte même pas de sortir dans la rue ! Tu crois que ça me fait plaisir de vivre dans une foutue capitale !?"

Ca n'avait jamais été que des emmerdes la civilisation. Des bandits, des nobles, de la corruption, c'était le foyer de tout ce qui pourrissait l'humanité et même l'influence damnée de la Dragonslayer ne lui épargnait pas le malaise qu'il ressentait dans pareil bourg, elle lui permettait seulement de la supporter.
Le Rôdeur haussa encore le ton, cédant à la colère et ponctuant ses phrases par des gestes violents, les dents rougies du propre sang qu'il avait fait couler en essayant de supporter l'averse. Mais bordel, c'était lui la tempête ! Pas question de se laisser marcher dessus par trois gouttelettes.


"Pandora a peut-être un bon fond mais ça reste une noble ! Ce sont les pires ! Ils parlent encore et encore pour ne rien dire, ils se vautrent dans la richesse quand leur peuple meurt de froid à quelques quartiers de là, j'aurais su que tu me "remercierais" comme ça je ne serais pas allé me faire chier à la supporter pour t'offrir de quoi vivre avec plus de luxe et de confort que tu n'en avais jamais eu !"

Bordel il avait envie de la cogner ! Si tout devait se finir comme ça alors autant n'en garder aucun souvenir ni regret et littéralement effacer tout ce merdier. C'était hypocrite quelque part, de lui répondre ainsi. Puéril aussi, le Rôdeur le sentait...mais il en avait assez de toujours se taire et d'encaisser. Lui aussi n'avait qu'une envie : Foutre le camp.




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MessageSujet: Re: Une "dernière danse" [Pv : Liyu]   Dim 28 Aoû - 21:42


Elle aurait pu ne pas écouter ce qu'il disait. Elle aurait franchement pu, après qu'il l'air traitée de pute. Mais elle aurait alors raté beaucoup de choses... Ainsi il l'avait cherchée pendant toute une semaine ? C'était bien peu, pour la femme de sa vie ! Combien de temps avait-elle passé dans cet enfer ? Elle ne s'en souvenait même plus... Mais une semaine, c'était bien trop court. Le temps s'était distordu, s'était allongé, elle avait été trop mal pour vraiment se rendre compte du temps qui avait passé, mais elle était certaine qu'elle y était restée bien plus d'une semaine.

Mais lorsqu'il haussa le ton, elle sentit à nouveau quelque chose se briser en elle. Le cri, la colère... Elle tomba sur les genoux, serrant contre elle le tissu de la robe qu'elle avait sortie du placard. Il... Il la terrifiait. Il lui criait dessus, et après il allait lui faire du mal, comme eux... A vrai dire, elle n'entendait même plus ses paroles, elle entendait juste qu'il lui criait dessus. Craintive, elle recula sur le plancher jusqu'à se coller au mur et s'y recroquevilla, serrant contre elle ses jambes en les entourant de ses bras. Tremblante, elle commença à se balancer d'avant en arrière, légèrement, sur le rythme à présent imprimé en elle des gouttes d'eau qui s'étaient écrasées sur le sol pendant toute la durée de sa captivité. Sans s'en rendre compte, elle avait recommencé à chanter.

Tout allait recommencer... Mais cette fois, ce n'était pas trois inconnus qui allaient lui faire du mal, mais un homme en lequel elle avait eu confiance, auquel elle avait confié sa vie. Chacun de ses gestes, ceux qu'elle voyait du coin de l’œil, faisait trembler son corps de crainte et lui arrachait un gémissement de terreur qui s'intercalait dans les notes qu'elle fredonnait. La mélodie dénaturée de son chant sembla ramper à travers la pièces, exprimant à nouveau le profond sentiment de désespoir qu'elle ressentait. A devoir partir, à devoir le quitter, à savoir qu'il n'était en réalité pas différents des autres... Elle sanglotait, mais elle gardait inlassablement le même rythme. Parfois, quelques mots que prononçait Kerorian lui parvenaient. Elle capta notamment "manger ni dormir", ou encore "l'autre emmerdeuse"... Qu'est-ce qu'il racontait ? Elle leva à peine les yeux. Son environnement était embrouillé à cause de ses larmes.

Sans cesser de fredonner, elle essaya d'entendre ce qu'il racontait. A présent, il parlait des efforts qu'il avait fait pour lui offrir ce qu'il appelait "le luxe et le confort". Mon cul... Pour tout confort, elle avait connu la pierre froide dans son dos pendant qu'on la forçait, pour tout luxe quelques écuelles de bouillon froid avec des restes de légumes... Et s'il détestait à ce point la ville, alors pourquoi ne voulait-il pas l'accompagner alors ? Il se moquait d'elle, et il croyait en plus qu'elle allait tomber dans le panneau...

- Alors pourquoi tu ne veux pas venir avec moi... Hein, pourquoi ?

Lorsqu'elle sentit la petite main de Louka se poser sur son genoux, elle déplia un peu les jambes pour permettre à sa fille de venir se lover dans ses bras. Elle la serra à nouveau doucement contre elle. Sa fille... Elle, elle était pure. Elle méritait qu'on s'occupe d'elle, qu'on l'aime... Liyu savait que sa fille ne lui ferait jamais de mal, et qu'elle ne ferait jamais de mal à sa fille. C'était comme si la petite lui redonnait des forces et du courage... Pour la protéger, elle, il fallait qu'elle se montre plus forte, plus déterminée.

Lentement, la barde releva un peu les yeux pour regarder Kerorian, même si le voile de ses larmes le rendait flou.

- Si tu déteste les villes, et si tu n'aime pas travailler pour l'autre, alors rien ne te retient ici, puisque moi je m'en vais... Si tu reste, c'est simplement parce-que tu est intéressé par sa poitrine. Tu me l'a dit, elle en a une plus grosse que moi... Alors arrêtes d'essayer de me faire croire que tu tiens plus à moi qu'à elle quand tu refuse de m'accompagner pour rester ici, dans ce lieux que tu "hait", pour rester avec elle !




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MessageSujet: Re: Une "dernière danse" [Pv : Liyu]   Lun 29 Aoû - 5:12

Le Rôdeur devait bien reconnaître une chose, c'est qu'il ne s'attendait pas à ce que la barde soudainement prompte à hausser la voix ne s'écroule subitement par terre, comme pétrifiée de peur. Cela découragea Kerorian de poursuivre sa harangue défouloir lorsqu'il croisa son regard, une nouvelle fois, ce visage d'animal terrifié. Dans cette cellule moisie, la pauvre fille avait donc perdu bien plus que sa dignité...
Renfrogné, il croisa les bras et détourna à nouveau les yeux, essayant de profiter de cette accalmie pour reprendre ses esprits et son calme alors que la musicienne chantonnait un air grinçant à ses oreilles, éveillant des sentiments désagréablement familiers.
C'était foutu pour retrouver sa placidité.

Puis enfin, son chant pénible cessa comme elle lui adressait une question. Tout à fait sensée cette fois, pertinente, logique même...et précisément ce qui allait achever leur scène de ménage sans doute. Kerorian n'avait pas la moindre envie de parler de choses aussi...il ne sait pas, intime peut-être. Cela serait probablement normal de se confier à son conjoint, dans un bon couple. Et à bien y réfléchir, le Rôdeur n'aurait sans doute pas vu de soucis à avouer qu'il n'aimait pas les chevaux, le ridicule ne tuant pas et certainement pas avec sa femme.
Mais lorsque cela touchait à sa...malédiction, c'était différent. Encore maintenant, à deux doigts de tout perdre, de gâcher tout ce qu'il avait entreprit avec et pour elle jusqu'alors, le géant à la lame noire ne pouvait admettre de révéler ses véritables peurs et rêves. Peut-être parce qu'il ne les comprenait pas tout à fait encore lui-même...ou parce qu'il s'agissait d'un destin différent, d'une voie sur laquelle il ne pouvait avancer que seul.

Son oeil solitaire se porta à nouveau sur la jeune mère, rejointe par la petite Louka qu'elle prenait maintenant dans ses bras, la serrant contre elle comme une poupée de porcelaine. Une tendresse qui lui était étrangère, impossible, interdite même. Cette scène lui flanqua encore un peu plus le cafard. Jamais il ne pourrait se contenter d'être là, simplement un père pour une famille chaleureuse et douce, ou bien sentir la tendresse de sa femme contre lui le soir ou de partager des moments innocents et simples avec sa fille qui paraissait fort enjouée.
Il ne connaissait rien de tout ça, ni de son sombre destin lorsqu'il avait tendu la main vers la Dragonslayer ce jour là. Mais aujourd'hui, face à sa femme et sa fille, ces deux merveilleuses "enfants" de douceur et d'amour, Kerorian le savait.
Il aurait fait le même choix.

Et Liyu lui donnait raison en cherchant encore à accuser sa masculinité, à le prendre pour un cliché de gros beauf' ou à essayer de rejeter le tort sur Pandora. Il murmura en même temps qu'il ne l'entendait depuis sa lame, sans même y réfléchir, qu'à tout prendre entre chieuse de planche et une bombasse friquée, la question ne se posait pas.
Puis il se recentra après ce micro-instant d'absence, comme s'il avait cligné des yeux trop longtemps en rétorquant de sa voix lourde, grondante comme le roulement de l'orage par-dessus les pics froids des montagnes qui l'avaient vu naître et grandir.


"Je pensais rester à son service un moment encore, pour toujours avoir de l'argent et un toit à te fournir. Mais je crois que je vais plutôt te laisser à ta jalousie et réaliser mes propres rêves sans plus me soucier de toi, de Louka et certainement pas de Pandora."

Retrouver enfin la liberté, ne plus se dire "qu'est-ce que je dois faire, quand est-ce que je dois rentrer", ne plus se distraire et craindre pour les autres...voilà une idée ô combien délicieuse, bien plus encore que toutes les femmes que ses yeux de sang avaient pu apercevoir. Les histoires d'âmes-soeurs c'était mignon, les deux êtres destinés à se réunir pour ne former plus qu'un, dans la passion et l'amour...que c'est romantique. Un sourire cruel étira maigrement le coin de ses lèvres.
Conneries. Lui, son âme soeur il l'a déjà trouvée, elle est longue, lourde et noire. Face à lui-même, il serait enfin réellement "un", au lieu de se scinder pour cette abrutie fragile.


"Et si ma passion se trouvait dans les seins, je ne t'aurais même pas regardé lorsqu'on s'est rencontré. Quant à pourquoi je ne peux venir avec toi..."

Le Rôdeur porta une main calleuse contre sa tempe, pris d'un féroce vertige. Le contrecoup d'une semaine entière d'efforts acharnés, mais aussi de la tourmente qui prenait place dans sa tête. Les codes d'honneurs d'un vieux barbu qui répétait encore et encore entre deux souvenirs les mêmes leçons l'incitaient à ménager la pauvre barde. Elle avait été blessée après tout, et brisée...et maintenant tout ce sur quoi elle se reposait volait en éclat.
Mais qu'elle aille se faire foutre ! Les accidents, ça arrive. Sauf que c'est pas en pleurnichant et en s'en prenant aux autres qu'on les surmonte ! L'amour, la vie, tout ce que peuvent accomplir ou espérer des êtres humains...s'obtient en se battant pour.
La morale, les sentiments qu'il avait éprouvé pour elle, qu'ils soient factices ou précipités ou non et simplement le respect dû à un autre Beorc devraient le pousser à révéler la sombre vérité.
Cependant, vraiment. Qu'est-ce qu'il peut bien en avoir à carrer du respect et de la morale ? Il a tué ses semblables. Beaucoup. Il a fracassé leurs os et arraché leurs âmes de leurs corps brisés, qu'est-ce qui l'obligeait à perdre son temps à faire quelque chose qui le rebutait ?


"...il vaut vraiment mieux que je ne t'en parle pas. Tu garderas un meilleur souvenir de cet imbécile qui t'as aimé."

Un gentil garçon, naïf et un peu idiot. Maladroit et dévoué, qui avait pris une musicienne errante pour une magnifique princesse de conte de fée. Il avait souffert, commis des erreurs, mais avait cherché à se racheter, à faire amande honorable, ils vécurent plus ou moins heureux ensemble, dans une belle maison avec une belle descendance, puis un jour vint l'incident et tout fut finit. Une belle histoire, et une triste fin. Cela laisserait de bons souvenirs à certaines...
Le Rôdeur se renfrogna de plus belle, mais cette fois il ne se faisait pas dur pour se cacher derrière un masque. Kerorian commençait à arborer le visage qu'il affichait au coeur des batailles, celui d'un homme qui se battrait pour sa vie et son propre destin, son regard n'était pas froid ou absent. Il savait ce qu'il voulait et ce qu'il allait faire. Du moins, pour ses rêves. Elle, ça restait encore à déterminer la meilleure façon d'en finir...

Un gentil garçon avait vécu, puis s'était évanoui dans le passé et la nature. Maintenant, place au guerrier qui n'avait que faire de s'encombrer d'une famille.




"Il y a...des ombres...dans ma tête..."
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MessageSujet: Re: Une "dernière danse" [Pv : Liyu]   Lun 29 Aoû - 5:47

Il refusait de lui répondre. Elle ne pouvait plus le croire, sur rien. Tout ce qu'il disait se contredisait, et elle ne parvenait pas à suivre le moindre fil cohérent dans ses paroles. Se mordant les lèvres, elle continua à passer sa main sur les cheveux de sa fille, la gorge serrée.

- Je suis désolée Louka... On dirait que ici aussi, tu ne pourras pas grandir avec une belle famille, forte et unie... Je suis tellement désolée...

A quoi bon continuer à questionner Kerorian ? Il ne voulait pas lui expliquer de toute manière... Cela lui donnait raison quelque part. S'il ne voulait pas lui répondre, c'était qu'elle avait trouvé, et qu'il n'avait pas besoin de lui donner sa réponse... Lentement, la barde se releva et déposa Louka sur le sol à nouveau pour recommencer à réunir ses affaires.

- Je m'en vais. J'emmènes Louka. Maintenant, quitte cette pièce que je puisse au moins mettre des vêtements décents.

Elle secoua rapidement la robe qu'elle avait sortie avant de la placer sur le lit, à plat. Il lui faudrait un ou deux changes, et aussi des vêtements de rechange pour Louka... A nouveau, la barde retourna au placard pour y chercher ce dont elle avait besoin en lingerie, puis elle alla s'asseoir sur le lit, attendant simplement que Kerorian sorte pour pouvoir se changer. Lorsqu'il quitta enfin la chambre, elle se laissa néanmoins tomber en arrière sur le lit, sans parvenir à retenir les larmes qui coulaient à nouveau depuis ses yeux jusqu'à ses tempes.

Elle resta étendue quelques instant, le cœur brisé. Elle y avait cru, vraiment... Elle avait essayé, elle avait voulu faire confiance à Kerorian, lui donner une chance de vivre heureux avec sa femme et sa fille... Mais non. En réalité, il ne s'intéressait qu'à lui. Il n'avait probablement pas envie de s'encombrer d'une femme brisée, tout juste bonne à pleurer toutes les larmes de son corps... Et bien elle lui donnerait tors. Elle s'en irait, elle parcourrait le le monde comme elle le faisait avant, avec sa fille... Et elle survivrait comme elle l'avait toujours fait, en chantant et en divertissant autrui, et non en se battant et en faisant du mal autour d'elle.

Seule, elle n'en aurait probablement pas eu le courage. Elle serait restée assise dans un coin, à attendre de se laisser mourir de faim... Mais elle avait Louka, une petite fille qui n'était pour rien dans ses malheurs. L'instinct maternel était puissant chez Liyu... Et elle ne tolérerait pas que sa fille grandisse sans sa mère, puisque son père avait visiblement décidé qu'il n'y avait plus de place pour elle dans sa vie. Se redressant, la barde retira sa chemise de nuit avec hésitation, frissonnant de crainte lorsqu'elle se retrouva à nouveau nue. Elle ne supportait pas de sentir le courant d'air caresser ainsi sa peau, et elle s'empressa d'enfiler la première robe qu'elle avait sortie. Le tissu était confortable, et elle serra fermement la ceinture autour de ses reins pour l'empêcher de voler à tout vents.

Ainsi couverte, elle se sentait mille fois plus à l'aise... Elle réunit alors les vêtements de rechange qu'elle avait récupérés pour en faire un ballot avec l'in des draps du lit, puis elle s'empara de l'étuis de sa harpe qui avait connu tant de voyages avec elle. Et elle en connaîtrait bien d'autres... Liyu ceignit la lanière de cuir qui maintiendrait l'étuis contre son dos, puis elle tendit la main pour inciter Louka à la rejoindre. La fillette ne s'embêta pas à tenter de la rejoindre debout, préférant approcher à quatre pattes, et sa mère la ramassa finalement pour la ramener contre sa poitrine.

- Tu viens ? Tu va découvrir du monde avec Maman...




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MessageSujet: Re: Une "dernière danse" [Pv : Liyu]   Lun 29 Aoû - 15:07

Mais pitié, quelle mélodramatique celle-là ! Voilà qu'elle se mettait à chialer ou presque auprès de la gamine en s'excusant qu'elle ne grandirait pas dans une famille heureuse, tout comme sa version du futur. Sérieusement ? Elle compare vraiment Louka à Kerowyn là ? Mais c'est pas Alan qu'il aurait du tuer dans l'avenir alternatif, c'est elle !
Et puis merde, se mit-il à faire la gueule, on pouvait très bien grandir sainement et heureux avec un seul parent. Même quand il n'y avait aucun de lien de sang ! Alors elle va pas nous chier une pendule pour ça la Criméanne !

Puis voilà que la barde reposait la gamine pour recommencer à faire ses affaires. Hé bien, ce fut rapide au moins ! Une semaine à angoisser pour elle, à s'épuiser jour et nuit pour enfin la trouver, la sortir de ce merdier et rester à son chevet avec inquiétude...et dix minutes plus tard, elle se cassait. 'lle perd pas de temps la musicos hein ?
Lorsqu'elle lui ordonna de sortir, annonçant qu'elle partait avec la gosse, le Rôdeur renifla avec mépris avant de tourner les talons avant de s'arrêter deux pas après, faisant demi-tour pour récupérer son épée maléfique dont il avait l'impression de ressentir l'absence, puis sortit sans un regard, à grand pas.

Voilà tout ce qu'il méritait pour avoir voulu être gentil pas vrai ? Il avait cherché à protéger ce gamin qui faillit lui faire les poches, ce jour-là, puis s'était montré poli et amical envers sa "mère adoptive", même si ce complot de boisson et de maléfice avaient mal fait tourner les choses...puis, à Hatary, après son retour d'Esberg, il avait voulu tuer Drake pour qu'il ne puisse jamais tourner autour de la barde. Et pour finir, il s'était éreinté à chercher du travail, à faire des trucs qu'il n'aimait pas, pour des gens insupportables, dans un lieu qu'il détestait, tout ça pour essayer de fournir confort et modeste luxe à sa famille...
Et c'est ainsi qu'on le remerciait. C'est super, bravo le beau. Pas étonnant qu'il ait de moins en moins de regret à porter sa lame, si à chaque fois qu'il est gentil c'est la catastrophe.

La maison étant bientôt vide, Kerorian n'avait plus aucune raison d'y traîner. Avoir un toit, c'était bien évidemment, mais seul il s'en moquait éperdument. Le Rôdeur retourna enfiler son armure, équipant rapidement jambières, cuissardes, plastron...et s'arrêta au moment d'après les brassards.
Bientôt, Liyu partirait. Pour toujours. Cette maison, son argent, ce travail, tout ce qu'il avait gagné grâce à Pandora...ne servirait plus à rien. Absolument plus à rien. Est-ce que ça en valait vraiment la peine ? De gâcher entièrement tous ces efforts, toutes ces difficultés...juste comme ça ? Sa colère méritait-elle réellement d'abandonner la barde et sa fille à leur sort, sans plus rien faire pour elles, pas même au souvenir de quoique ce soit ?
Il ne l'aurait pas parié.

Sans prendre le temps d'enfiler les pièces les plus pénibles à mettre de son armure, le Rôdeur fila jusqu'au coffre où il avait entassé ses gains et attrapa dans ses larges mains les bourses pleines de pièces qu'il y avait rangé. Il n'avait pas travaillé réellement "longtemps" pour la fille de Cendrefer, mais la paye était plus que bonne, surtout pour des gens économes et aux exigences modestes. Ce n'était pas encore une fortune, pour des gens du petit peuple, cela représenterait quand même une belle somme.
Le guerrier soupesa les quelques sacs qu'il avait pu en tirer. Insensibilisé par sa malédiction, il ne remarquait guère les masses légères...mais il savait que ces petits machins, fait d'un métal à ses yeux inutile, représentait beaucoup au final. Les efforts, la passion stupide, la volonté de faire quelque chose de bien...tout ce qui prenait ainsi fin aujourd'hui.
Il poussa un profond soupir, et à moitié armuré alla attendre Liyu sur le chemin de la sortie, lui couper une dernière fois la route, échanger encore une fois quelques paroles peut-être, et lui tendre le salaire qu'il avait peiné à accumuler durant cette courte période.


"Prends ça. Tu en auras besoin pour Louka...et méfies-toi. Nevassa n'est pas le pire endroit de Tellius."

Le dernier geste "d'amour" effectué, leur accorda un dernier regard. Sa compagne, sa fille...il les imprima quelque part dans sa mémoire, puis se détourna, retournant équiper cette carapace d'acier qui l'écarterait du monde.




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MessageSujet: Re: Une "dernière danse" [Pv : Liyu]   Lun 29 Aoû - 15:41

Son ballot terminé, sa fille dans les bras, Liyu approcha de la porte de la chambre, mais hésita à l'ouvrir. Elle n'était pas sortie depuis une éternité... Quelque part, elle avait l'impression que le monde autour d'elle avait radicalement changé. Elle posa la main sur la poignée de la porte, tremblant légèrement. Sortir de sa chambre... Elle avait peur, mais en même temps elle se sentait prise d'un profond sentiment d'exaltation. Elle ne supportait plus de rester dans cette même pièce, elle voulait être libre... Réellement libre. Finalement, elle actionna la poignée et ouvrit le battant de bois pour sortir.

Réunissant encore quelques affaires - deux écuelles, deux cuillères, un briquet en silex et deux couvertures notamment, elle fourra le tout dans une sacoche de cuir avant de s'emparer des quelques économies qu'elle avait fait en chantant dans les tavernes de Nevassa. Et dire qu'elle avait réunit cet argent pour avoir un minimum d'indépendance, et peut-être à terme pouvoir acheter quelque chose qui ferait plaisir à Kerorian, un cadeau, une simple marque d'affection... A nouveau, elle sentit son cœur se serrer et elle dut s'essuyer les yeux. Réunissant quelques pièces dans une bourse qu'elle accrocha à sa ceinture, elle mit les restes dans sa besace de manière à moins attirer l’œil d'éventuels voleurs. Cela lui permettrait également de conserver quelques économies si elle se faisait tirer sa bourse...Mais une dernière surprise l'attendait alors qu'elle s'apprêtait à sortir de la maison.

Kerorian était là, et il lui tendait de l'argent. Pour s'occuper de Louka... Au début elle fut tentée de refuser. Elle ne voulait rien devoir à ce type qui l'abandonnait, mais s'il se préoccupait encore un peu du sort de sa fille, alors son geste était normal... Et elle ne pouvais pas se permettre de cracher sur une telle aide. Se mordant légèrement les lèvres, elle s'empara de l'argent qu'elle fourra avec le reste de ses économies dans son sac, puis elle ouvrit la porte de la maison. Sur le seuil, elle fut à nouveau prise d'hésitation. Si elle devait sortir de Nevassa, cela impliquait de passer dans ses rues pour rejoindre la grande porte... Elle voulut demander à Kerorian de l'accompagner au moins jusque là, mais elle n'avait en même temps aucune envie de sentir sa présence inquiétante derrière elle, ni ses pas lourds qui signifieraient qu'il allait bientôt la quitter pour de bon... Alors elle s'arma de courage et franchit le seuil, sa fille toujours dans les bras.

La gamine faisait des signes de la main à son père. Même si elle sentait que quelque chose se préparait, elle ne se doutait pas qu'elle ne le reverrait probablement jamais... Alors elle lui disait au revoir, tout simplement, un grand sourire éclairant son visage de bambine. Cela brisa encore un peu plus le cœur de la barde, mais si Kerorian ne voulait pas les accompagner elle ne pouvais pas l'y forcer... Alors elle avança, et lors qu'enfin elle n'eut plus le rôdeur dans son champ de vision, elle sentit son regard s'embrouiller de nouvelles larmes et ses épaules se secouer de sanglots.




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Une "dernière danse" [Pv : Liyu]

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