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 De l'apaisement au désespoir [CdC - Liyu]

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Liyu
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Localisation : Sur les routes, à nouveau...
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MessageSujet: De l'apaisement au désespoir [CdC - Liyu]   Ven 26 Aoû - 17:31



CdC

" De l'apaisement au désespoir "

Vous êtes fur qu'il habite ifi ?


Les deux types qui lui faisaient face hochèrent la tête. Kerorian était le genre de type que l'on repérait facilement dans une foule, et il était éminemment reconnaissable. Le bouche à oreilles avait fait son chemin, jusqu'à-ce qu'une certaine baston avec une lancière n'arrive aux oreilles de Marcel le fracassé. A force de faire des recherches, il avait finit par apprendre la présence sur les lieux d'une femme, qui semblait sous la protection du géant roux... Mais qui n'était pas son employeuse, dame Pandora de Cendrefer. Apparemment, il y avait également une petite enfant à la tignasse rousse, qui avait tout l'air d'être la fille de celui qui avait réduit son visage en charpie.

Ouais, certain ! On a dépêché un mec pour le suivre, et après avoir passé toute la semaine aux basques de la gosse de riche, il est allé dans cette maison. Et devine qui d'autre y'avais dedans ?

La fille qu'était avec lui au parc. J'te parie ce que tu veux que c'est sa meuf !


Les deux hochèrent la tête sous le regard plein de colère et de jubilation de Marcel. Ce satané Kerorian, qui lui avait balancé son poing tellement fort dans la face qu'il en avait eu la mâchoire fracassée et le nez cassé, des blessures dont il se remettait à peine... Il allait le lui payer ! Le bandit allait s'attaquer à ce que le colosse avait de plus précieux.

Ses proches.

On entendit son rire machiavélique à travers tout le quartier lorsqu'il le laissa enfin éclater.

* *
*

Liyu appréciait ce genre de soirées. Elle était assise sur une table, ses jambes repliées sous la plaque de bois, sa harpe de voyage patinée par l'usage posée sur ses genoux. Depuis qu'elle avait emménagé à Nevassa, elle faisait cela assez souvent... Quelque chose comme une fois tous les deux-trois jours. Le voyage lui manquait quelque part, et elle détestait le fait de dépendre complètement du travail de Kerorian. Alors elle faisait le tour des auberges et des tavernes, cherchant celles qui ne semblaient pas trop mal famées, puis elle proposait aux propriétaires de jouer pour mettre un peu d'ambiance, moyennant finances. Les pourboires complétaient assez bien cette paie, et elle économisait soigneusement les fonds ainsi obtenus.

Mais comme elle ne pouvait pas emmener Louka lors de ces excursions, elle la confiait à une femme que Kerorian et elle avaient engagée. Une femme qui l'aidait également dans l'entretien de cette maison qu'elle trouvait bien trop grande pour seulement deux personnes et demies, mais aussi pour le jardin, pour la cuisine... Au bout de quelques semaines, Liyu avait appris à connaître Sanya, et elle n'avait plus aucune inquiétude lorsqu'elle lui confiait Louka le temps d'une soirée.

Le cœur léger, elle pinça quelques cordes de son instrument,ramenant l'attention de la salle sur elle. Elle était plutôt du genre timide d'ordinaire, mais elle avait appris à mettre cette timidité de coté lorsqu'il s'agissait de pratiquer son art, aussi s'y employa-t-elle avec attention et sans la moindre hésitation. Après tout, c'était sa dernière chanson, et elle se devait de laisser la salle sur la meilleur impression possible... Le but était tout de même de pouvoir revenir plus tard jouer pour eux. Constatant que les convives commençaient à afficher des visages fatigués, elle décida de jouer ses dernières notes sur un air calme et détendu, et elle entama ainsi l'une de ses créations. Cette ritournelle n'avait rien de magique, elle était simplement calme et détendue, tissée de notes joyeuses en filigrane, un air qui avait le don de rester en tête sans être envahissant... Il fournirait probablement aux convives un bon souvenir sur lequel fermer les yeux.

A la fin de sa prestation, elle fut remerciée par quelques applaudissements et un joli pourboire de la part d'un convive particulièrement généreux. Souriante, contente de sa performance, la barde alla récupérer sa paie auprès de l'aubergiste avant de chercher des yeux les deux gardes qui la suivaient partout. Liyu trouvait cette précaution futile, mais Kerorian avait insisté. Ces hommes, dépêchés par l'employeuse de son mari, étaient chargés de sa protection. La barde n'appréciait pas d'être ainsi suivie partout, mais si cela pouvait apaiser les inquiétudes du rôdeur alors elle passerait outre la gêne... Les deux hommes, aux couleurs des Cendrefer, étaient installés à une table et finissaient des verres de jus. Ils ne buvaient jamais pendant leur service, et de cela au moins Liyu pouvait se montrer satisfaite. L'employeuse de Kerorian avait beau ne pas lui paraître bien aimable - il fallait voir le portrait qu'en dressait Kerorian lorsqu'ils se voyaient - mais au moins, elle savait s'entourer des bonnes personnes... La barde s'approcha d'eux avec un léger sourire, elle-même assez fatiguée.

Vous venez ? Il est temps de rentrer.


Elle laissa tout de même aux deux hommes le temps de finir leurs choppes avant de sortir avec eux, soupirant un peu à la perspective du chemin qu'il leur restait à parcourir. Il lui faudrait vingt bonnes minutes pour parcourir tout le chemin... Enfin, ça... C'est si tout s'était passé normalement.

Sauf que tout ne se passa pas normalement.

Alors que le trio tournait à l'angle d'une rue, la jeune femme entendit un grand "BONK" derrière elle et se retourna dans un sursaut, surprise, pour constater que les deux gardes s'écroulaient, visiblement sonnés. Derrière eux, elle entrevit les silhouettes de deux bandits avant qu'un bras ne passe autour de sa propre gorge, la pointe d'un couteau venant chatouiller sa glotte.

Pas un bruit, pas un son ma volie...


Mais Liyu n'était pas du genre à se laisser faire... Ramenant son coude contre elle, elle le balança dans les côtes de son agresseur pour lui couper le souffle. Elle n'était pas très forte, mais elle réussi tout de même à bénéficier d'un certain effet de surprise qui lui permit de se dégager.

Gouh..! Ah la...


La barde commençait déjà à courir, mais elle n'eut tout de même pas le temps d'entendre la fin de la phrase qu'une douleur fracassante lui déchira le crâne. Un éclair blanc zébra sa vision, la recouvrit totalement, et elle finit par s'évanouir dans la rue, victime d'un méchant coup de massue...

* *
*

La douleur explosa dans son crâne alors même qu'elle reprenait conscience, lui arrachant un grognement digne de celui d'un ours. Se repliant sur elle-même, elle prit son crâne entre ses mains, les larmes envahissant ses yeux. Elle ne se souvenait pas avoir jamais été victime d'une tel migraine, et elle avait l'impression que la douleur se concentrait sur l'arrière de son crâne. Elle porta une main tremblante à cet endroit, mais à peine toucha-t-elle le cuir chevelu qu'elle poussa un nouveau gémissement de douleur. Le sang avait formé une épaisse croûte, et elle avait senti de vifs élancements de douleur alors qu'elle effleurait à peine... Elle en déduisit que quelqu'un avait dû la frapper extrêmement fort. Elle voulut ouvrir les yeux pour voir où elle était, mais un raie de lumière passant sous une porte l'aveugla et elle dut les refermer aussitôt.

Quelque part dans la pièce, elle entendait le goutte à goutte provoqué par une mauvaise isolation. Le lieux était visiblement suffisamment humide et froid pour que la condensation provoque ce son lancinant... Mais quelque part, la barde, sensible qu'elle était aux sons et aux rythmes, trouva dans l'écoulement régulier de ces gouttes d'eau un certain réconfort. Il lui permettait de conserver une certaine notion du temps. Plusieurs fois elle tenta d'ouvrir les yeux, mais à chaque fois ce fichu rai de lumière lui faisait voir des étoiles. Plusieurs fois, elle sentit qu'elle passait à deux doigts de l'inconscience, mais elle ne voulait pas se laisser sombrer malgré la migraine qui l'assommait de plus en plus. Elle n'avait même pas la force de se lever pour ouvrir la porte...

Le temps semblait s'étirer interminablement, et bientôt le décompte des gouttes d'eau se perdit dans les affres de la migraine qui ravageait son crâne. Elle se réveilla brièvement, prenant alors conscience qu'elle s'était encore évanouie, et elle tenta à nouveau d'ouvrir les yeux en vain. Elle s'évanouit à nouveau quelques instants plus tard, épuisée, vaincue par son traumatisme crânien, les sons des gouttes d'eau tombant sur le sol de pierre résonnant de plus en plus désagréablement à ses oreilles.

Lorsqu'elle se réveilla une énième fois, elle avait définitivement oublié combien de temps elle avait passé ici. Cette fois-ci, ce n'était pas sa volonté de rester consciente ou le bruit lancinant des gouttes d'eau qui l'avait tirée de son sommeil comateux, mais le grincement d'une porte qui résonna dans son crâne douloureux comme dans une cloche d'église, lui arrachant un nouveau gémissement de douleur. Voulant savoir ce qui avait provoqué ce bruit, elle tenta d'ouvrir les yeux pour regarder autour d'elle, mais elle n'eut le temps que d'entrapercevoir une silhouette trapue dans l'encadrement d'une porte avant de se cacher vivement les yeux, une nouvelle vague de douleur explosant dans son crâne.

Urgh...


Un rire gras retentit dans la pièce, et un frisson d'inquiétude remonta dans l'échine de la barde alors qu'au décompte des gouttes d'eau s'ajoutait celui des pas lourds du nouveau venu. Bientôt une main rugueuse saisit son épaule brusquement et la repoussa sur le dos.

Ton p'tfit copain apprendras qu'y vaut paf me faire fier...


L'individu était affublé d'un sérieux problème de diction, mais Liyu oublia bien vite ce détail lorsqu'elle sentit le bout ferré d'une botte s'enfoncer dans ses cotes. La bile lui remonta à la gorge, et le brusque mouvement que cela la poussa à faire sembla lui déchirer le crâne de part en part. Elle n'avait plus assez de souffle pour crier, mais elle sentit à nouveau ses yeux se remplir de larmes. A moitié assommée, aveuglée par la douleur, elle sentit a peine que des mains indiscrètes arrachaient ses vêtements humides et sales, mais elle gémit de plus belle en sentant la pierre nue et froide directement contre son dos.

La suite... Ne mérite pas d'être racontée ici. Alors qu'elle subissait les sévices infligés par son ravisseur, elle essaya de se concentrer sur le son des gouttes d'eau. Son crâne déchiré, ses côtes douloureuses, les coups de reins de son tourmenteur et le son de l'eau, tout cela formait une cacophonie de rythmes lancinants et désespérés dans son esprit, résonnait comme une fanfare sinistre, et lors qu'enfin elle fut seule sur la pierre froide et que la porte se referma sur cet homme dont elle ne connaissait pas l'identité mais dont elle avait vaguement souvenir d'avoir entendu la voix quelque part, elle fondit à nouveau en larmes, le son de ses sanglots se rajoutant au reste.

Puisant dans ses dernières forces, elle se traîna tant bien que mal jusqu'au coin de la pièce et s'y recroquevilla, essayant de se faire le plus discrète possible. Elle avait besoin de quelque chose à quoi se raccrocher, et sans le moindre mur sur lequel s'appuyer, elle se sentait comme perdue au milieu d'un océan de douleur et de déshonneur. Ainsi, et même si ce n'était qu'une impression futile, elle avait l'impression de reposer sur quelque chose de solide. Même si ce quelque chose était un mur de pierre humide. Inconsciemment, elle s'était rapprochée du bruit des gouttes d'eau.

Elle devait absolument se calmer pour pouvoir calmer la douleur... Hors de question de s'endormir à nouveau - comment savoir ce qu'on allait lui faire si elle n'en avait pas conscience ? - mais elle ne voulait pas rester prostrée et tourmentée... Elle réfléchirait probablement mieux une fois calmée... Se raclant la gorge, elle fouilla son esprit à la recherche de ces notes qu'elle connaissait si bien et qu'elle avait chanté pour tant de gens.

Le chant de paix.

Se faisant violence, elle ramena à elle les accords de ce chant, et si elle ne prit pas la peine de l'agrémenter de paroles, elle se força à en chanter la mélodie. Sa voix fredonnait, et montant et s'abaissant à mesure qu'elle restituait la mélodie, mais ce ne fut que lorsqu'elle se força à la reprendre qu'elle se rendit compte qu'elle avait cessé de chanter. Elle s'était assoupie quelques instants... Reprenant les notes à la dernière dont elle se souvenait, elle poursuivit sa chanson aussi longtemps qu'elle resta éveillée, et ce même après que sa gorge se soit asséchée. Ses larmes se tarissaient, son mal de crâne devenait comme un bruit de fond, lancinant, désagréable, douloureux, mais impossible à faire taire... Elle se sentait cependant l'esprit moins embrouillé. Le chant semblait produire son effet en fin de compte...

Elle ne sut pas réellement combien de temps elle resta là, prostrée, à tenter de se calmer à l'aide de son chant de la paix... Toujours est-il que la porte s'ouvrit à nouveau, laissant entrer un individu qu'elle ne parvint pas à identifier. Le son des pas était beaucoup plus lourd que celui produit par son précédent visiteur.

Hey, le moineau... J't'ai ramené un truc à grailler, alors ramènes-toi.


La chanteuse entrouvrit les yeux, constatant avec plaisir que sa migraine s'était suffisamment calmée pour qu'elle puisse les garder un minimum ouverts,même si elle devait plisser les paupières. De sa vision ainsi partiellement dégagée, elle constata la présence dans l'encadrement de la porte d'un homme ventripotent affublé d'un triple menton, tenant à la main une écuelle qu'il déposa sur le sol. Après quoi il ne bougea plus, attendant visiblement quelque chose d'elle. Affamée, elle ne s'attarda pas sur cette attitude étrange et se traîna jusqu'à l'écuelle pour la saisir d'une main tremblante. Elle était remplie d'un bouillon froid, dans lequel elle pouvait voir nager quelques légumes et un morceau de volaille. Elle trempa ses lèvres dans la nourriture, et aussitôt elle sentit son ventre gronder... Elle ne s'était pas rendue compte à quel point elle avait faim. Avide, elle vida le bouillon d'une traite et dévora avec les doigts les légumes et le morceau de viande, sans s'attarder à la graisse qui coulait sur son menton. En réalité, elle ne s'en occupa que pour la récupérer du bout des doigts et la manger ensuite.

Héhéhé... Le patron a dit qu'on pouvait t'faire c'qu'on voulait. Si t'as assez faim pour manger comme une cochonne, j'suis sur que t'auras assez faim pour la suite !


* *
*

Combien de temps avait passé ? Elle n'arrivait même pas à s'en faire une idée... Sa vie n'était plus rythmée que par les visites régulière de ses bourreaux, qui la frappaient et la violaient sans qu'elle ne puisse jamais se défendre. Son crâne ne cessait jamais de lui faire mal, on lui donnait à manger de temps en temps mais elle ne parvenait pas à garder un compte net de la fréquence de ses repas puisqu'elle s'évanouissait plus souvent qu'à son tour, ainsi laissée nue et affublée d'un sérieux traumatisme crânien contre les murs de pierre froide et humide. Ca, et le bruit de plus en plus obsédant de ces gouttes d'eau qui ne cessaient jamais de s'écouler non loin d'elle...

Son seul réconfort résidait dans son chant de paix, mais plus elle le chantait, moins elle avait l'impression qu'il marchait. Comme si elle cherchait à enfermer en elle quelque chose qui avait besoin de sortir, et que même la plus élaborée, la plus entraînée de ses mélodies ne suffisait pas à compenser. Pire encore, elle se rendit compte au bout d'un temps interminable qu'elle ne parvenait plus à la chanter correctement. Souvent, alors qu'elle suivait le fil conducteur de la mélodie, elle se perdait en circonvolutions sinistres, et elle ne s'en apercevait que bien plus tard, quand la mélodie s'était ancrée dans le rythme lancinant des gouttes d'eau. Le rythme sur lequel elle chantait à présent.

Elle se sentait comme amputée d'une partie de sa voix, comme si on la privait de ce qu'elle était. Plus elle essayait, et plus elle se rendait compte qu'elle n'arrivait plus à retrouver les accords de son chant de paix, qui s'étaient totalement modifiés d'eux-même... Et lorsqu'elle écoutait le chant qu'elle produisait, elle voyait encore le squelette de la musique d'origine, recouvert par les miasmes de son désespoir. Les notes provoquaient en elle une détresse indicible, une dépression presque palpable. Toujours sur cette boite à rythme que constituait l'écoulement régulier de l'humidité condensée.

Elle sentait de plus en plus de douleurs éclore dans son corps a mesure que les visites s’enchaînaient. Son esprit embrouillé ne parvenait pas à saisir la moindre logique dans les allées et venues de ses tourmenteurs. Elle savait simplement qu'ils étaient trois, qu'ils venaient seuls ou à plusieurs, qu'ils la frappaient, fort, et qu'ils la violaient, comme ils le voulaient, sans qu'elle ne puisse rien faire pour se défendre. Elle avait à peine assez de nourriture pour ne pas s'évanouir en permanence, un avantage que compensait largement le mal de crâne qui ne la quittait jamais puisqu'on ne lui offrait pas les conditions nécessaire à sa guérison. Parfois, un nouveau coup, porté à la tête, relançait la douleur, et lui donnait l'impression qu'on lui posait une cloche sur la tête pour frapper dedans à grand coup de massue.

Elle passait des heures interminables seule, à trembler dans la crainte de ce qui allait lui arriver lorsque quelqu'un pousserait à nouveau la porte de cette pièce où elle était séquestrée. A présent, elle ne pouvait plus s'empêcher de fredonner cette nouvelle mélodie qui avait remplacé son chant de paix. C'était sa mélodie, celle qui la définissait à présent le mieux... Elle avait le sentiment de chanter depuis une éternité, et par ce chant s'exprimait tout son malheur et le profond traumatisme qu'elle développait.

Allait-elle seulement, un jour, pouvoir sortir de cet enfer..?

* *
*

La violence... tout n'était que violence. Le monde au dessus d'elle résonnait de cris horrifiés, de son de souffrances, et son chant se mêlait parfaitement à ce nouvel univers. Peut-être n'était-elle plus la seule victime de ses bourreaux ? Peut-être avaient-ils trouvé quelqu'un d'autre à martyriser, et étaient-ce leurs cris qu'elle entendait ? Mais bientôt, le silence se fit à nouveau et elle sombra dans une nouvelle phase d'inconscience, emportée par son mal de crâne et sa somnolence perpétuelle...

La porte s'ouvrit à nouveau, et Liyu porta vivement sa main à ses yeux. Un coup, reçu... Quelques temps auparavant, avait relancé ses migraines, et elle ne parvenait à nouveau plus à ouvrir les yeux sans s'aveugler. Le soudain rai de lumière qui éclairait la pièce la fit gémir, et elle se recroquevilla de plus belle dans le fond de la pièce, tremblant comme un animal apeuré. Elle ne cessa cependant pas de chanter son chant tourmenté, qui était devenu une part entière de ce qu'elle était. Elle ne cessait de chanter que lorsqu'on lui fourrait quelque chose dans la gorge à présent... Des pas, lourds et métalliques, claquèrent sur la pierre. C'était la première fois qu'elle les entendaient, ceux-la... Une nouvelle personne pour la torturer ? Elle tenta d'ouvrir les yeux, mais elle les referma aussitôt, gémissant de douleur. Les pas s'étaient arrêtés après trois enjambées.

Entre elle et le nouveau venu, l'air était devenu lourd. Liyu se sentait entourée de plus de miasmes encore que d'habitude, comme si l'air lui-même s'était chargée de vice et de corruption. Son chant s’élança de plus belle, rampant sur le sol autour d'elle, se répercutant entre les quatre murs nus de son enfer. Finalement, le bruit des pas reprit, lent, et lourd, comme si le propriétaire de ces pas portait le poids du monde sur ses épaules. Il ne prononçait pas un mot.

Des bras, gantelés de fer, entourèrent son corps, et elle tenta de les repousser faiblement. Les bras étaient cependant pourvus d'une nouvelle douceur, qu'elle ne se souvenait pas avoir jamais connu. C'était un nouveau moyen de la torturer ? Lui faire goutter à quelque chose de doux, d'agréablement rassurant, pour le lui retirer ensuite ?

N...non... Lâchez-moi... Je vous en prie... Je vous en supplie...


Ses paroles se perdirent dans la mélodie qu'elle n'avait jamais cessé de fredonner. Les bras se firent plus ferme autour d'elle, et la moindre arrête de métal arrachait un nouvel élancement à son corps meurtri. Le son des pas lourds reprit, s'éloignant peu à peu de celui des gouttes d'eau, et elle réalisa que les bras l'emmenaient hors de sa prison...

Dehors...

Elle s'évanouit à nouveau sur une dernière note, les joues couvertes de larmes.

* *
*

Depuis combien de temps n'avait-elle pas ressenti la douceur des draps autour d'elle en se réveillant ? Peu importe... Elle se replia un peu sur elle-même, se couvrant du mieux qu'elle pouvait. Son crâne lui faisait beaucoup moins mal, et elle avait l'impression de pouvoir enfin réfléchir correctement. Un autre plaisir qu'elle redécouvrait. Elle n'éprouvait plus ce sentiment de pression sur ses poumons lorsqu'elle respirait. Derrière ses paupières closes, elle distinguait la lueur d'une bougie qui ne la blessait plus. Elle ouvrit les yeux, avide de découvrir où elle se trouvait pour mériter une telle amélioration de sa condition...

Chez elle. Elle était chez elle, sans sa chambre, sur son lit, entourée de ses affaires. Une bougie se consumait sur sa table de nuit, diffusant une douce lumière autour d'elle. Au pied du lit, elle pouvait voir le tissu d'une robe de chambre dont elle s'empara promptement en réalisant qu'elle était nue. Elle s'en couvrit, incapable de résister au besoin de se cacher. Ce faisant, elle passa les jambes hors du lit, réalisant qu'elle avait retrouvé un peu de forces. Suffisamment en tout cas pour ne pas s'écrouler à cause de la douleur... Elle ne quittait pas la bougie des yeux, comme émerveillée à l'idée de contempler cette source de lumière sans en souffrir.

Elle resta ainsi un long moment, à observer la bougie... jusqu'à se rendre compte qu'elle chantait à nouveau. Une pierre était tombée dans sa poitrine, et cette pierre, c'était son cœur. Ce chant, c'était celui qui était né de ses espoirs et qui s'était perdu dans son désespoir. Son chant de paix, qui était devenu un chant de la dépression. Elle cessa de chanter, et le silence se fit dans la chambre.

Et maintenant ? Que faire ? Elle ne voulait pas sortir, elle ne voulait pas risquer qu'on l'enferme à nouveau pour abuser d'elle... A cette idée, elle sentit la panique l'envahir, et elle se réfugia à nouveau sur ses couvertures.

Tant qu'elle serait ici, à Nevassa, où les gens connaissaient Kerorian, elle serait en danger. Elle serait un moyen de pression sur lui, mais avant tout elle serait une victime potentielle de tous ceux qui voudraient régler leurs comptes avec son mari. Elle l'avait entendu, plusieurs fois. Ses ravisseurs en avaient après Kerorian. Et à l'idée que d'autres puissent la prendre pour cible, un frisson de terreur noua ses entrailles.

Je ne peux pas... Je ne peux pas rester ici...


Elle ne voulait pas être une cible. Et elle ne voulait pas non plus que Louka en soit une. Elle devait s'en aller. Dès qu'elle aurait retrouvé quelques forces, elle partirait, et elle emmènerait sa fille avec elle. Elle ne pouvait pas vivre à Nevassa en sachant qu'elle pouvait à tout moment se faire agresser parce-qu'elle était la femme de Kerorian... Elle ne pouvait tout simplement pas.

Son chant s'éleva à nouveau dans la pièce vide.




« La musique ne résonne plus de la même manière qu'avant... »
–- Liyu Kiyaysha

Couleur des paroles de Liyu : GreenYellow
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MessageSujet: Re: De l'apaisement au désespoir [CdC - Liyu]   Ven 26 Aoû - 20:19

Eh bien, ça c'est du CdC O.o' Bien la torture du pauvre perso tout pur?
J'ai pas grand chose à dire, étant donné que tu vas le compléter dans un RP avec Kerorian. Bon, si, t'as vraiment été horrible avec Liyu ! Mais ça choque le perso, ça fait évoluer les chants, ça crée une nouvelle piste... Bref, un CdC comme on est censés en voir.

Je te valide donc Saltimbanque niveau 1 !
Pense à modifier ta fiche en conséquence & have fun avec cette nouvelle évolution !
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De l'apaisement au désespoir [CdC - Liyu]

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